le Jeudi 13 août 2026
le Jeudi 13 août 2026 17:21 Francophonie

Langue de travail en défense : la FCFA voulait aussi une étude d’impact

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Le ministre McGuinty a tenté de rassurer les francophones en revenant sur une directive issue de son ministère qui modifiait les lieux de travail désignés bilingues, vus comme trop “difficiles” pour les unilingues anglophones.  — Photo : Marianne Dépelteau - Francopresse (Archives)
Le ministre McGuinty a tenté de rassurer les francophones en revenant sur une directive issue de son ministère qui modifiait les lieux de travail désignés bilingues, vus comme trop “difficiles” pour les unilingues anglophones.
Photo : Marianne Dépelteau - Francopresse (Archives)

FRANCOPRESSE – Le ministre de la Défense a demandé de réviser la nouvelle directive sur la langue de travail au ministère et dans les Forces armées. La Fédération aurait cependant aussi voulu savoir comment les communautés francophones sont touchées. Une pétition qui demande l’annulation de la directive est également en préparation.

Langue de travail en défense : la FCFA voulait aussi une étude d’impact
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Le ministre de la Défense, David McGunity, a annoncé le 13 aout qu’il demande une révision de la décision qui a modifié la langue de travail dans son ministère et dans les Forces armées canadienne (FAC). Un de ses effets a été de supprimer des unités de travail bilingues dans les régions unilingues anglophones.

La Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) a rencontré le ministre la veille de la révision de sa décision.

«Lors de cette rencontre, la FCFA a demandé au ministre McGuinty de revoir la décision de son ministère, à la lueur des objectifs de la Loi sur les langues officielles modernisée. Le ministre s’est dit engagé à trouver des solutions. […] Cette annonce est une bonne première étape et nous espérons qu’elle mènera à la remise en place du droit de travailler en français là où il existait auparavant.»

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Doute sur l’évaluation d’impact sur les communautés francophones

En entrevue avec Francopresse, la présidente de la FCFA, Liane Roy, affirme toutefois qu’elle a exposé son souhait que le ministère procède également à l’évaluation d’impact de ses récentes décisions sur les communautés francophones du pays, notamment dans celles où les familles de militaires sont installées. 

Mais Liane Roy et son équipe n’ont rien vu de tel dans la déclaration du ministre publiée le 13 aout.

Il n’y a pas eu d’information publique qui nous permettrait de déterminer si le ministère procède à ce type d’analyse-là, [soit] les incidences de cette réforme sur les communautés autour des bureaux et autour des bases militaires.

— Liane Roy

La présidente de la FCFA cite entre autres Comox, en Colombie-Britannique, où les organismes francophones ont tout fait pour que des infrastructures, comme les écoles, soient présentes pour accueillir le personnel et les familles francophones.

Le militaire à la retraite et président de la firme de consultants Innovigo, Éric Sauvé, a de son côté des échos des effets de la nouvelle politique linguistique. Selon ce qu’il entend du personnel en fonction, le changement «fait grincer des dents» dans des unités affectées. «On demande de fournir des services bilingues quand ils étaient en français. C’est un peu comme s’il y avait une régression du français. Même au Québec.»

Nouvelle politique linguistique

Dans une infolettre publique du 27 juillet, le ministère de la Défense explique avoir modifié la désignation linguistique de plusieurs lieux de travail en partie parce que «plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entrainait des plaintes fondées et de la frustration».

La nouvelle directive sur la langue de travail au ministère de la Défense et dans les Forces armées canadiennes est entrée en vigueur en janvier 2025. La langue de travail des unités suit depuis les régions désignées bilingues dans la Loi sur les langues officielles. 

«Annuler la directive»

Trois députés du Parti conservateur ont réagi à la controverse par communiqué le 13 aout. Ils demandent au ministre d’annuler la directive afin de revenir aux règles en vigueur avant janvier 2025.

«Le problème fondamental de cette directive est qu’elle fait principalement dépendre la langue de travail d’une unité de son emplacement géographique. Or, les militaires sont affectés partout au pays selon les besoins du service», écrivent Pierre Paul-Hus (Charlesbourg–Haute-Saint-Charles), Joël Godin (Portneuf–Jacques-Cartier) et James Bezan (Selkirk–Interlake–Eastman).

«Un militaire francophone ne devrait pas perdre la possibilité de travailler, de commander ou de progresser professionnellement en français simplement parce qu’il est affecté dans une région majoritairement anglophone.»

Éric Sauvé est inquiet du message véhiculé par la nouvelle directive linguistique du ministère de la Défense. 

Photo : Courtoisie

Une pétition en préparation

Éric Sauvé fait partie d’un groupe qui prépare une pétition demandant un retour à la directive linguistique d’avant janvier 2025. «On ne demande pas de réviser ou de faire des études. On demande d’annuler, de revenir au statuquo ante, et s’il faut faire des études, les faire par la suite.»

Les études prendront du temps, dit-il, et laisseront le temps à la nouvelle directive de s’implanter davantage. 

«On juge que ça n’a pas été bien évalué comme directive, affirme Éric Sauvé. La preuve vient de la réaction dans le Canada français, des francophiles», mais aussi du côté anglophone, comme l’exprime l’Ango-Québécois Andrew Caddell

«Le français, ce n’est pas juste quelque chose qu’on accommode, c’est un atout, une richesse dans notre jeu», insiste Éric Sauvé. Elle permet aux Forces armées canadiennes de collaborer plus efficacement avec d’autres pays. «On est allé combien de fois à Haïti?»

Le vétéran rappelle que la nouvelle directive pourrait décourager l’utilisation du français à long terme dans les Forces, ce qui diminuerait ses capacités opérationnelles et le recrutement. 

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Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par des journalistes. Un outil d’intelligence artificielle a servi à la transcription des entrevues. La journaliste a révisé l’exactitude des extraits utilisés.

Données de parution:

Ottawa - Sudbury

Inès Lombardo

Correspondante parlementaire

Adresse électronique: