le Mercredi 23 septembre 2026
le Mercredi 23 septembre 2026 5:00 Politique

Étudiants étrangers : les établissements francophones encaissent le recul

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Les titulaires de permis d’études ont baissé dans toutes les provinces entre 2024 et le premier trimestre 2026.  — Freepik
Les titulaires de permis d’études ont baissé dans toutes les provinces entre 2024 et le premier trimestre 2026.
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FRANCOPRESSE – Les récents chiffres d’IRCC font état d’une forte diminution du nombre d’étudiants étrangers sur les bancs des établissements postsecondaires francophones, après les resserrements successifs des règles sur l’immigration temporaire.

Étudiants étrangers : les établissements francophones encaissent le recul
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«Nous avons le nombre de chambres suffisant de résidences pour les étudiants étrangers et plus encore», affirme le recteur de l’Université Saint-Paul, Louis Patrick Leroux.

Courtoisie Université Saint-Paul

Entre 2024 et 2026, le nombre d’étudiants étrangers a diminué de 20 % à l’Université bilingue Saint-Paul, à Ottawa. Selon le recteur, Louis Patrick Leroux, cela génère un manque de revenu, «en partie compensé par la hausse des admissions d’étudiants canadiens».

Cette baisse d’étudiants étrangers se répercute sur «tout», continue le recteur, notamment l’opérationnel et l’organisation des cours.

Au total à l’année, l’établissement accueille quelque 1100 étudiants, étrangers et Canadiens confondus.

Le recteur affirme que cette année 2026-2027 marque la «plus grosse différence» : une diminution de 52 % par rapport à l’année précédente, avec au total 249 étudiants étrangers inscrits cette année, dont 127 francophones.

«C’est 35 % de moins que l’année dernière pour les étudiants étrangers francophones», déplore-t-il. Une bonne partie de ces étudiants viennent du Congo et du Rwanda. Le virus Ebola et la guerre en République démocratique du Congo ont sans doute contribué à cette baisse, d’après lui.

À lire aussi : Un rapport sur la baisse de demandes des étudiants étrangers jugé incomplet

Baisse de l’immigration temporaire au Canada

Depuis son élection au printemps 2025, le premier ministre Carney vise une réduction de l’immigration temporaire pour « réduire la pression », notamment un nombre d’étudiants internationaux en deçà des 5 % de la population canadienne.

En 2024, lors de la mise à jour annuelle du plan d’immigration fédéral, le gouvernement Trudeau avait déjà réduit l’immigration.

Compensation

À l’instar de l’Université Saint-Paul, le collège La Cité, à Ottawa, a aussi connu une baisse du nombre d’étudiants étrangers : de 22 % entre 2024 et 2025, puis de 8 % entre 2025 et 2026.

Mais l’établissement a réussi à équilibrer son budget en enregistrant une «importante augmentation des inscriptions d’étudiant.e.s canadien.ne.s au cours de la même période», écrit Emy Lafortune, conseillère en communications et en relations publiques à La Cité.

Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) s’inscrit dans le même sillage : une perte de 80 étudiants en 2025 sur les 1187 étudiants étrangers accueillis en 2024, tous campus confondus, compensée par une hausse de pratiquement le même nombre d’étudiants canadiens.

Les «lourds» processus d’IRCC pour les universités

L’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, connait elle aussi une baisse du nombre d’étudiants titulaires d’un visa d’études à temps plein. Ils étaient 146 au 1er octobre 2024, un an plus tard, ils ne sont plus que 114.

«L’Université Sainte-Anne est certainement affectée par cette baisse puisque non seulement cela représente moins de revenus, mais aussi moins de main-d’œuvre francophone pour l’Acadie de la Nouvelle-Écosse. […] Plusieurs de nos diplômés s’installent en Nouvelle-Écosse après leurs études et contribuent à nos communautés», affirme par courriel à Francopresse la directrice des communications et des affaires publiques de l’établissement, Rachelle LeBlanc.

Elle pointe aussi le processus d’admission, devenu plus lourd et plus long pour les étudiants étrangers, notamment «depuis le plafonnement imposé par IRCC».

«Aucune université en Nouvelle-Écosse n’utilise ses lettres d’attestation provinciales (LAP) et l’Université Sainte-Anne a du mal à utiliser la totalité des lettres d’attestation qui nous sont assignées dans le cadre du Programme pilote pour les étudiantes dans les communautés francophones en situation minoritaire (PPECFSM).»

«Réputation entachée» à l’international

«La réputation du Canada comme destination pour poursuivre des études supérieures n’est plus ce qu’elle était, sans compter que c’est très difficile pour les étudiants provenant de l’Afrique subsaharienne qui n’ont pas accès à une ambassade canadienne de se procurer les documents nécessaires», affirme Rachelle LeBlanc.

Le recteur de l’Université Saint-Paul, à Ottawa, va dans le même sens : selon lui, la réputation de l’établissement est «entachée» à l’international par la réduction du nombre de visas, ce qu’il déplore, dans un contexte de repositionnement sur la scène internationale.

«Ça peut couter jusqu’à 36 000 dollars d’étudier pour une année [en Ontario, NDLR]. Les étudiants de l’international paient trois fois plus cher que les étudiants domestiques parce qu’ils sont non subventionnés par l’État. À la maitrise de leur doctorat, c’est quatre fois plus cher. Donc, il faut toujours compenser la perte de revenus par trois ou quatre étudiants canadiens.»

«Nous étions un pays attirant, mais maintenant, ça coute très cher d’étudier en Ontario lorsqu’on est étranger.»

— Louis Patrick Leroux, recteur de l'Université Saint-Paul, à Ottawa

Selon les établissements, les couts d’inscription pour les étrangers sont deux à trois fois plus chers que pour les étudiants canadiens.

Compenser

Selon Louis Patrick Leroux, l’Université Saint-Paul n’est pas dans une situation dramatique. «Mais avec le temps, ça peut le devenir, dans la mesure où ça fait quand même trois automnes qu’on est sous le nouveau régime de l’IRCC qui a restreint largement les inscriptions.»

«Un étudiant qui n’entre pas cette année, on le perd pour 4 à 6 ans. Je ne sonne pas l’alarme à l’instant, mais je sais qu’il faut compenser avec une gestion des plus serrées.»

Conséquence et nouvel objectif pour l’établissement : attirer davantage des étudiants canadiens. «C’est navrant, car on a tout de même une réputation internationale. […] On est à l’époque où il faut transcender les frontières. On a besoin de ces étudiants.»

Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par un/une journaliste.

Un outil d’intelligence artificielle a servi à la transcription des entrevues. Le/La journaliste a révisé l’exactitude des extraits utilisés.

Données de parution:

Ottawa

Inès Lombardo

Francophonie canadienne

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