le Jeudi 24 septembre 2026
le Jeudi 24 septembre 2026 17:00 Économie et finances

Économie francophone : il faut profiter de toutes les occasions

Pourquoi faire confiance à Francopresse.
L’importance de l’immigration et de l’intégration économique a fait l’objet de plusieurs présentations lors du 2e Sommet national sur la francophonie économique.  — Photo : Julien Cayouette – Francopresse
L’importance de l’immigration et de l’intégration économique a fait l’objet de plusieurs présentations lors du 2e Sommet national sur la francophonie économique.
Photo : Julien Cayouette – Francopresse

FRANCOPRESSE – Relations entre provinces, immigration, reconnaissance des compétences, repreneuriat, place des femmes, des jeunes et du postsecondaire… L’économie francophone se déploie sur de nombreux fronts. Le Sommet national sur la francophonie économique canadienne, tenu à Ottawa les 22 et 23 septembre, en a abordé plusieurs.

Économie francophone : il faut profiter de toutes les occasions
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Il y a 116 760 entreprises qui appartiennent à des francophones à l’extérieur du Québec, 3 millions de francophones dans la même région et 396 millions de locuteurs francophones dans le monde, a martelé Yan Plante, président-directeur général du Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada), organisateur de ce deuxième Sommet.

Cette réalité économique est trop peu connue à l’extérieur du réseau, a-t-il rappelé dans son discours de clôture. Les 400 personnes présentes, représentant aussi bien des agences et associations économiques que des entreprises, sont reparties avec la mission de la faire connaitre.

Pour Brian Gallant, il faut faire plus de missions économiques en Afrique et trouver des façons de collaborer avec les pays. «La francophonie canadienne a un rôle à jouer pour convaincre le gouvernement de développer ces relations.» 

Photo : Julien Cayouette – Francopresse

Le français a de la valeur, mais elle est difficile à mesurer

Lors d’une causerie, l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick et président-directeur général d’Espace Canada, Brian Gallant, a justement encouragé l’assistance à parler aux personnes élues.

Il ne faut cependant pas croire que ministres et députés connaissent d’emblée tous les secteurs d’activités. Il est préférable de prendre le temps d’expliquer les enjeux et d’arriver avec des solutions, «d’être quelqu’un qui est là pour aider».

Selon lui, les entreprises francophones disposent de plusieurs avantages. «Le bilinguisme facilite le commerce», puisque l’on peut communiquer avec plus de clients, comprendre les deux cultures canadiennes.

Il cite notamment les centres d’appels et le tourisme parmi les domaines où les entreprises francophones et bilingues peuvent se démarquer facilement.

Brian Gallant reconnait cependant que l’avantage linguistique reste difficile à mesurer monétairement : «L’aspect culturel, humain, est très difficile à évaluer.»

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Mobilité et équité à l’avant-plan

Au-delà de la reconnaissance de leur existence, les entreprises francophones font face aux mêmes défis que les anglophones.

Le «choc américain» de 2025 a réveillé beaucoup de provinces et d’entreprises à propos de l’importance du commerce intérieur. Les gouvernements ont facilité le passage de plusieurs produits. Il y a néanmoins eu un ralentissement du «momentum» en 2026, note le vice-président des affaires nationales à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Jasmin Guénette.

Les marchandises ne sont pas les seules qui ont besoin de circuler plus librement, les travailleurs aussi, précise l’ancien sous-ministre fédéral du Commerce international, Louis Lévesque. Sans mobilité de la main-d’œuvre, les grands projets désirés par le gouvernement de Mark Carney accapareront des corps de métiers dans une région, ce qui pourrait créer des «pics inflationnistes».

Il faut aussi faire plus de place aux femmes et aux jeunes.

Alexandra Lafontaine, directrice adjointe de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, soutient que l’impact économique des femmes est sous-estimé. Des pratiques «équitables et inclusives» doivent encore être mises en place pour leur permettre de se réorienter et d’être traitées équitablement.

Avec un taux de chômage de 12,9 %, il n’y a pas assez d’emplois pour les moins de 25 ans, note pour sa part la directrice générale de la Fédération de la jeunesse canadienne-française, Josée Vaillancourt. La hausse du cout de la vie et des études fait pourtant en sorte qu’ils ont besoin de travailler plus que jamais.

Nos jeunes n’ont plus le luxe de travailler sans se faire payer.

— Josée Vaillancourt

La responsable plaide pour que plus d’occasions de travailler leur soient offertes et qu’une lentille francophone soit appliquée aux programmes d’aide à l’emploi des jeunes du gouvernement fédéral.

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L’avenir économique du Canada lié «en partie» à l’immigration

Invité à s’exprimer sur la bataille des talents lors de la deuxième journée, l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, a fait valoir que le Canada devait être «centré pour chercher du monde, des talents. Et ça rime avec l’immigration et l’intégration». «Là, le Canada sera un pays qui se démarquera.»

Le gouvernement fédéral a pourtant décidé de réduire les cibles d’immigration, notamment les étudiants, soit les talents potentiels que le Canada pourrait accueillir.

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Le Canada était l’un des derniers pays où l’opinion publique appuyait l’immigration. Jean Charest dit être déçu que ce soit en train de changer en raison des débordements des dernières années. 

Photo : Julien Cayouette – Francopresse

«Le gouvernement Carney est en réaction à des décisions antérieures, où il y a eu un débordement de l’immigration», affirme Jean Charest en entrevue après sa présentation. «C’est comme un réajustement. Cependant, il faut revoir nos politiques d’immigration de fond en comble.»

Il faut simplifier le système d’immigration actuel, qui est «illisible» selon lui.
Ensuite, se limiter à «une vision puis un objectif axé sur le recrutement de talents dont nous avons besoin», en rappelant que la population du Canada vieillit et fait moins d’enfants.

Jean Charest croit aussi qu’il faut tirer profit des «politiques d’immigration de Trump».

«Sa politique d’immigration, elle peut être populaire, mais il va handicaper l’économie américaine et, nous, on devrait profiter de cette occasion pour aller dans l’autre sens. On est moins gros, mais il faut être stratégique et, à mon avis, l’avenir du Canada va se décider en bonne partie là-dessus.»

L’ancien premier ministre a affirmé être ouvert à un programme d’immigration économique francophone distinct, ce que la Fédération des communautés francophones et acadienne demande depuis près de deux ans.

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L’Afrique parmi les solutions

La représentante de l’Organisation internationale de la francophonie pour les Amériques, Zahra Kamil Ali, rappelle que l’organisme a calculé que 65 % des 396 millions de francophones sont déjà en Afrique. Cette proportion continuera de croitre.

«C’est vrai que ce poids est essentiel pour l’avenir de la francophonie, mais il ne faut pas réduire l’Afrique juste à cet angle-là», dit-elle. Il y a aussi beaucoup de développement qui s’y fait et une jeunesse prête à participer à l’économie.

En réponse à une question du public, Brian Gallant a reconnu que l’Afrique et l’Afrique francophone n’étaient pas encore assez présentes dans le discours économique canadien. «C’est un but à long terme», tandis que la bataille économique avec les États-Unis pousse les politiciens à rechercher des solutions à court terme.

Il faut rappeler aux personnalités politiques que les objectifs à long terme sont encore importants, dit-il.

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La francophonie doit faire sa part

Yan Plante explique en entrevue avec Francopresse que, quatre ans après un premier Sommet, il était temps de faire le point «dans un contexte géopolitique économique qui est complexe».

L’un des objectifs était d’apporter des solutions aux défis existants. «Dans le contexte actuel, les communautés francophones veulent et doivent faire leur part.»

Pour certains participants, le Sommet a été l’occasion de confirmer qu’ils ramaient dans la bonne direction.

«Les choses que l’on fait depuis longtemps, comme les missions économiques à Montréal, fonctionnent très bien. On a entendu plusieurs exemples similaires ici. On voit qu’on est sur la bonne piste, qu’on a fait les bonnes choses», avance le directeur général du RDÉE de l’Île-du-Prince-Édouard, Stéphane Blanchard.

Pour d’autres, c’est un rappel qu’ils ne sont pas seuls. «On fait partie d’un continuum de francophones plus large […] et on peut travailler ensemble pour créer une dynamique qui est spécifique. Les autres de la langue majoritaire le font; si on ne le fait pas, tant pis pour nous», lance le directeur général du Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest, François Afane, à Francopresse.

L’entrepreneure originaire du Burkina Faso, Salaman Yameogo, a écrit un livre à propos de l’intégration dans une nouvelle terre d’accueil, inspiré par son expérience et celles d’autres personnes immigrantes. 

Photo : Julien Cayouette – Francopresse

L’entrepreneur basé à Edmonton en Alberta et fondateur de l’entreprise Talentree, Salamane Yameogo, s’était fixé trois objectifs dans le cadre de sa participation au Sommet : «Rencontrer des gens et créer des relations, apprendre des autres et explorer l’avenir. Et je crois que je suis satisfait.»

La directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale, Pascale de Montigny Gauthier, est d’avis que des sommets du genre sont nécessaires, aussi bien au niveau national que provincial. «C’est pertinent qu’on se rencontre, qu’on collabore.»

Elle aurait aimé voir encore plus de politiciens et de décideurs pour que les enjeux de l’entrepreneuriat francophone soient bien compris.

Photo : Julien Cayouette – Francopresse

Le Sommet a été l’occasion de féliciter les huit Lauriers de la PME 2026. Parmi les récipiendaires, le journal francophone La Voix acadienne, de l’Île-du-Prince-Édouard, représenté par son ex-directrice, Marcia Enman (deuxième à partir de la gauche), qui vient de prendre sa retraite après 48 ans dans l’entreprise qui a fêté ses 50 ans.

Les Lauriers de la PME 2026 (ne suit pas l’ordre dans la photo) :

  • Femme entrepreneure de l’année : Louise Gauthier – Festival CB Nuit (Terre-Neuve-et-Labrador)
  • Jeune entrepreneur de l’année : Théo Boucherie – Sustainscale Consulting (Colombie-Britannique)
  • e immigrant.e de l’année : Hanane Jaouich – Agence De Garderie Ô Koala (Ontario)
  • Entreprise coup de cœur : Wildfoods & Fine Products (Nouvelle-Écosse)
  • Bâtisseur.euse de la francophonie : Assomption Vie (Nouveau-Brunswick)
  • Entreprise de l’année – moins de 5 employés : Fromagerie Kapuskoise Inc. (Ontario)
  • Entreprise de l’année – plus de 5 employés : Atome Bakery (Colombie-Britannique)
  • Entreprise d’économie sociale : La Voix acadienne (Île-du-Prince-Édouard)

Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par un journaliste sans l’aide d’outils de l’intelligence artificielle.

Données de parution:

Ottawa

Julien Cayouette

Rédacteur en chef

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