Le directeur général de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), Jules Chiasson, ne cache pas son enthousiasme face à cette la nomination de Réjean Aucoin.
«On est très ravis, on applaudit la nouvelle. […] Ça faisait plusieurs années que la FANE demandait au premier ministre de nommer un sénateur acadien.»
Même son de cloche chez Rémi léger, professeur de sciences politiques à l’Université Simon Fraser en Colombie-Britannique.
«Je pense qu’il y a une histoire d’avoir un sénateur ou sénatrice acadienne de la Nouvelle-Écosse, explique-t-il en entrevue. Une histoire malheureusement qui a été interrompue avec la démission de Gérald Comeau. […] Avec la nomination de Me Aucoin, je pense qu’on vient de relancer cette tradition.»
Un défenseur des droits linguistiques
Réjean Aucoin est un avocat spécialiste en droit criminel reconnu dans la communauté acadienne de la Nouvelle-Écosse. Défenseur des droits linguistiques francophones, il est le président fondateur de l’Association des juristes d’expression française de la Nouvelle-Écosse (AJEFNE).
Réjean Aucoin est le premier Acadien de la Nouvelle-Écosse nommé au Sénat depuis 10 ans.
«Il est bien respecté et bien apprécié», affirme Jules Chiasson.
Le principal intéressé se dit honoré d’avoir été nommé au sein du Sénat canadien.
«C’est certain que je vais représenter les Acadiens de la Nouvelle-Écosse, les francophones en milieu minoritaire à travers le Canada, ma région et ma province», précise le sénateur Aucoin.
L’avocat de Chéticamp a représenté la FANE dans le combat pour la création d’une circonscription électorale protégée à Chéticamp. L’audience a eu lieu le 23 octobre dernier devant la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse.
«C’est un dossier qui m’a tenu beaucoup à cœur», admet-il alors qu’il attend toujours la décision de cette audience.
Parmi les autres dossiers, il surveille notamment les développements au sujet de la loi sur le divorce et le droit des Canadiens de divorcer en français.
Représenter les minorités
Selon Rémi Léger, le Sénat canadien a été conçu non seulement pour représenter les régions canadiennes, mais pour aussi représenter les minorités qui ne retrouvent pas leur voix au sein de la Chambre des communes.
«C’est difficile parfois pour les minorités de se faire élire au Parlement canadien parce qu’elles sont des minorités», détaille-t-il.
Rémi Léger applaudit la nomination de Réjean Aucoin au Sénat.
Avoir un représentant acadien de la Nouvelle-Écosse au Sénat, offre une opportunité de plus pour les Acadiens de la province de faire entendre les enjeux de la communauté indique Jules Chiasson.
«Ce sont des personnes qui peuvent nous ouvrir des portes quand on va à Ottawa pour plaider certains dossiers, soutient-il. Pour plaider certaines causes auprès de certains ministres, auprès de certains ministères, auprès de certains fonctionnaires, hauts fonctionnaires du gouvernement fédéral.»
Dans cette optique, Réjean Aucoin se dit prêt à travailler et à mettre de l’avant ces dossiers qui touchent sa communauté.
«Il y a encore beaucoup de chemin à faire pour les justifiables francophones qui se présentent en cour, dit-il. Par exemple, peu demandent d’avoir des procès en français parce qu’ils sont intimidés par le système ou pensent que le juge ne va pas apprécier.»
Pour Rémi Léger, le sénateur Aucoin «devient un allié, [il] devient un autre champion des Acadiens, oui, mais de la francophonie de manière générale au Sénat canadien.»
La particularité de Chéticamp
Quelques années après la Déportation, les Acadiens autorisés à revenir en Nouvelle-Écosse ont été dispersés sur le territoire.
«[Pendant plus de 200 ans], les Acadiens de différentes régions de la Nouvelle-Écosse ne se connaissaient pas, ne se fréquentaient pas, vu qu’ils habitaient très loin les uns des autres», retrace Rémi Léger.
Au fil du temps, des Acadiens de plusieurs régions de la Nouvelle-Écosse ont siégé au Sénat, mais Réjean Aucoin est le premier sénateur originaire de Chéticamp, dans le Nord de la province.
Le premier ministre, Justin Trudeau, a annoncé la nomination de quatre autres sénateurs en Atlantique : l’infirmière Joan Kingston, l’avocat John McNair, l’ancienne cheffe de la direction à la Chambre de commerce de Fredericton Krista Ross, tous les trois représentant le Nouveau-Brunswick. L’ancien consul général du Canada à Boston pour la Nouvelle-Écosse, Rodger Cuzner, représente, lui aussi, la Nouvelle-Écosse.
Il y a encore 11 sièges vacants au Sénat sur un total de 105.
Le 20 octobre 2023, le gouvernement du Parti saskatchewanais a adopté un projet de loi baptisé «Déclaration des droits des parents» ou «Parents’ Bill of Rights». Cette loi fait suite à une directive en éducation prévoyant qu’une école doit consulter les parents avant d’utiliser de nouveaux pronoms ou un nouveau nom pour leur enfant.
Cette mesure législative prévoit aussi que les parents doivent être avertis deux semaines à l’avance lorsque la santé sexuelle sera abordée en classe, et ce, afin qu’ils puissent retirer leur enfant de ces cours.
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Ces éléments sont inclus dans la nouvelle loi, aux côtés d’autres «droits» de consultation, d’information et de décision.
Un contexte constitutionnel et politique éclairant
Toutefois, le contexte et la manière d’adopter cette loi en disent beaucoup sur ce qu’elle doit véritablement accomplir.
Le 28 septembre, l’organisme saskatchewanais UR Pride, soutenu par l’organisme pancanadien Égale, a obtenu une injonction de la Cour du Banc du Roi quant à l’application de cette directive. Ces organismes visaient à protéger les droits des personnes 2ELGBTQIA+ en contestant la constitutionnalité de la directive.
Or, dès la loi adoptée, la Saskatchewan a annulé la directive contestée en cours. La province tentait de ce fait d’annuler les procédures judiciaires.
À la suite de cette injonction, le gouvernement a annoncé qu’il rappellerait l’Assemblée législative pour une session d’urgence, avant la session d’automne. Il cherchait ainsi à contourner le processus parlementaire habituel pour une question qui ne relève aucunement de l’urgence.
La loi elle-même incluait le recours à la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés, ce qui contourne le processus habituel d’adoption et de contestation des lois.
Le discours du trône du 25 octobre n’a pas fait mention de cette nouvelle loi, mais est rempli d’allusions au rôle néfaste que jouerait le gouvernement fédéral, qui devient un bouc émissaire pour les problèmes que le gouvernement provincial n’a pas pu, su ou tenté de résoudre.
On voit ainsi un refus de l’autorité des tribunaux, un mépris pour les processus législatifs, ainsi qu’une attaque contre un gouvernement vu comme un rival. Toute une vision de la politique est mise en œuvre avec cette nouvelle loi.
Une Charte contestée
L’intitulé de la mesure législative «Bill of Rights» n’est pas innocent. Il renvoie à l’ancêtre de la Charte canadienne des droits et libertés. Une Déclaration sous forme de loi peut être aisément transformée et annulée par le gouvernement. Au contraire, une charte enchâssée dans une constitution doit passer par plusieurs étapes.
Pour cette raison, l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés en 1982 n’a pas été aisée. Lors des négociations constitutionnelles de 1980-1981, les premiers ministres provinciaux s’y opposaient.
La première ministre de la Grande-Bretagne de l’époque, Margaret Thatcher, aurait même cherché un avis pour savoir si elle était en position de l’empêcher. Après tout, la loi constitutionnelle canadienne était jusqu’à ce moment une loi du Parlement britannique.
La disposition dérogatoire a répondu à la peur qu’avaient plusieurs politiciens de mettre les décisions dans les mains des juges. Elle permet en effet aux gouvernements de maintenir une loi en vigueur malgré un jugement de la Cour Suprême qui affirmerait que la mesure législative contrevient à la Charte.
Mais cette disposition devait aussi avoir ses limites et être une mesure exceptionnelle afin de protéger les populations vulnérables.
Depuis, le recours à la Charte est devenu une stratégie politique. On a critiqué la juridicisation de la politique qu’elle a entrainée, c’est-à-dire le fait de remettre à la Cour des décisions qui devraient plutôt revenir au gouvernement.
Toutefois, on peut tout aussi bien voir dans le refus de certains gouvernements de légiférer et de plutôt attendre un jugement de la Cour une manière d’éviter à devoir payer aux urnes le cout de politiques plus inclusives.
Une attaque ciblée contre les droits
L’usage de la disposition dérogatoire en Saskatchewan en octobre 2023 répète une expérience québécoise au moment de l’adoption de la loi 21. Dans les deux cas, le recours à la disposition s’est fait dans le texte même de la loi, de manière préventive.
Par un tel recours, le gouvernement reconnait tacitement qu’il contrevient aux droits des personnes affectées par la loi.
Cette attaque contre les droits des enfants a d’ailleurs poussé l’une des commissaires des droits de la personne de la province à démissionner.
Ce recours marque plus encore. L’on s’attendait à ce que les gouvernements qui invoquent la disposition soient vus d’un mauvais œil par l’électorat.
Ces deux exemples nous montrent des gouvernements qui courtisent plutôt un certain vote et qui comptent sur le fait d’être récompensés par la majorité pour cette violation des droits de minorités ciblées.
C’est que l’emploi de la disposition ne se fait pas dans un milieu neutre. Dans les deux cas, il suit de longues campagnes de démonisation de groupes minoritaires et une montée des discours islamophobes et antiimmigrants au Québec pour la loi 21, et transphobes et homophobes en Saskatchewan pour la loi sur les «droits des parents».
La menace autoritaire
Les processus législatifs et politiques en place sont déjà fort insuffisants pour défendre les droits de groupes minoritaires et surtout des plus vulnérables.
Combattre cette loi et critiquer les étapes qui ont mené à son adoption devient alors nécessaire non seulement pour défendre les enfants et leurs droits, mais aussi se défendre contre la menace autoritaire.
Les droits enchâssés dans la Charte canadienne, comme dans plusieurs déclarations internationales, sont un outil qui vise à limiter le pouvoir de la majorité et la capacité d’un gouvernement à retourner cette loi contre des minorités pour son gain.
Ils sont loin d’être parfaits, mais ils permettent une participation active de la population au moment de la contestation.
En empêchant cette participation même minimale, le gouvernement de la Saskatchewan se place au-delà des lois et refuse que la population puisse avoir son mot à dire sur les lois qui la touchent directement.
Cette participation est encore plus importante lorsqu’une loi cible une population aussi précise et aussi vulnérable.
Jérôme Melançon est professeur agrégé en études francophones et interculturelles ainsi qu’en philosophie à l’Université de Regina. Ses recherches portent notamment sur la réconciliation, l’autochtonisation des universités et les relations entre peuples autochtones et non autochtones, sur les communautés francophones en situation minoritaire et plus largement sur les problèmes liés à la coexistence. Il est l’auteur et le directeur de nombreux travaux sur le philosophe Maurice Merleau-Ponty, dont «La politique dans l’adversité. Merleau-Ponty aux marges de la philosophie» (Metispresses, 2018).
Début octobre, lors d’une réunion du Comité permanent des langues officielles, Marc Miller avait mentionné qu’il envisageait une cible de 6 % à cet égard.
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La présidente de la FCFA vise l’augmentation de la proportion d’immigrants francophones à l’extérieur du Québec et non pas l’augmentation de la cible totale d’immigration au Canada.
La FCFA, qui juge cet objectif insuffisant, a lancé une campagne pour qu’Ottawa instaure une cible de 12 % plutôt.
Plusieurs associations et organismes membres de la FCFA lui ont emboité le pas, tels que la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) ou encore l’Association franco-yukonaise (AFY).
Le but : encourager une cible plus ambitieuse, afin que la francophonie canadienne, à l’extérieur du Québec, voie son poids démographique rétabli à ce qu’il était en 1971.
«L’objectif en soi c’est de démontrer que le 6 % ce n’est pas assez pour freiner le déclin démographique. [En d’autres mots], le 6 % va poursuivre le déclin démographique», explique Liane Roy. La présidente de la FCFA souhaite que la cible de 12 % soit atteinte dans les trois prochaines années.
En entrevue avec Francopresse, le ministre Marc Miller avait cependant soutenu qu’Immigration, Réfugiés Citoyenneté Canada (IRCC) ne possède pas les outils nécessaires pour atteindre cette cible.
Liane Roy, convaincue, affirme qu’il est nécessaire, dans cette optique, de mettre en place des mesures «par et pour les francophones».
Recruter à l’international
«Il faut participer à du recrutement dans les pays sources francophones, suggère-t-elle. Quand on regarde la pénurie de main-d’œuvre au niveau des enseignants, au niveau de la petite enfance, au niveau de la santé, au métier de construction, il faut absolument qu’on rétablisse le poids démographique et qu’on aille justement vers une immigration francophone qui soit plus forte.»
Raymond Théberge est d’avis que l’immigration francophone est une solution parmi tant d’autres pour contrer la pénurie de main-d’œuvre dans les communautés, mais il faut miser sur la formation.
Le Commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, abonde dans le même sens. Cependant, «c’est loin d’être la seule mesure qu’on peut prendre», a-t-il dit lors d’une séance du Comité sénatorial permanent des langues officielles, le 23 octobre.
«Pour y arriver, il faut une cible qui est beaucoup plus importante que 6,1 % [le poids démographique des communautés francophones hors Québec en 1971], a-t-il lancé. On peut accueillir un plus grand nombre de gens, mais est-ce qu’on a la capacité de les intégrer dans nos communautés? Est-ce qu’on va reconnaitre leurs antécédents et leur expérience?»
Pour Raymond Théberge, il faut d’abord et avant tout miser sur la formation de la main-d’œuvre. «Il faut développer une capacité au sein de nos institutions pour former plus de gens», a-t-il précisé.
«Il faut être réaliste»
Le président-directeur général du Réseau de développement économique et d’employabilité Canada (RDÉE), Yan Plante, a affirmé devant le Comité permanent des langues officielles des Communes que la cible de 12 % est «reconnue dans l’écosystème des organisations de la francophonie».
Selon Yan Plante, la cible de 12 % semble irréaliste pour le gouvernement fédéral.
«C’est aussi celle que [RDÉE] utilise. On veut être ambitieux, a-t-il admis. Mais pour moi, ce qui est important, c’est que le gouvernement fasse un pas dans la bonne direction.»
«Il faut être réaliste, on ne peut pas passer de 4 % à 12 % en deux ans, ça n’arrivera pas», a-t-il nuancé.
Liane Roy ne partage pas l’avis de Raymond Théberge et de Yan Plante.
«Les communautés francophones sont engagées à faire leur part pour trouver des solutions novatrices, assure-t-elle. Si on nous donne la chance, on ne devrait pas priver les communautés francophones des bienfaits de l’immigration.»
Elle rappelle d’ailleurs que sa demande ne devrait pas augmenter le taux d’immigration total, «mais bien une proportion francophone plus élevée au sein du nombre total d’immigrants au pays».
Un nouveau plan
Le 31 octobre, IRCC a publié un rapport qui définit la voie à suivre pour renforcer l’immigration à travers le pays. Dans ce document, le ministère présente des mesures pour élaborer des politiques afin d’«accroitre la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire», peut-on lire dans le communiqué.
Le plan de niveaux d’immigrations à la Chambre des communes, qui comprendra sa cible en immigration francophone, est attendu le 1er novembre.
Après les festivités, si «la citrouille n’est pas abimée, ça peut se conserver dans un endroit frais et sec, la chambre froide, jusqu’à six mois», déclare Clémence Desjardins, nutritionniste et étudiante au doctorat en sciences pharmaceutiques à l’Université Laval, à Québec.
La citrouille peut «être utilisée de tellement de façons, autant en soupe, qu’en tarte, pour faire des potages», ajoute Marie-José Mastromonaco, directrice des opérations à Deuxième Récolte, un organisme luttant contre le gaspillage et la faim au Canada.
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Un délice culinaire
Selon la nutritionniste Clémence Desjardins, la citrouille contient beaucoup de nutriments comme du bêtacarotène et des fibres.
Il est possible de consommer les citrouilles en les faisant rôtir avec d’autres légumes, dans le four, en muffins, en biscuits ou en les ajoutant à d’autres plats, indique Clémence Desjardins. Comme une purée de pommes de terre.
Pour les graines de citrouille, nul besoin de les jeter. Elles peuvent accompagner différentes recettes. Il suffit de prendre un bol d’eau pour défaire les filaments, assécher avec un linge à vaisselle, puis mettre de l’huile dessus et les assaisonnements de notre choix, et enfin les mettre au four sur une plaque à cuisson et veiller toutes les cinq minutes à remuer pour ne pas les bruler, détaille la nutritionniste.
«Par exemple, moi j’aime bien mettre du sel, du paprika et de la poudre d’ail, mais vraiment libre à chacun.»
Saine et nutritive
«Comme tous les fruits et légumes, la citrouille c’est très nutritif, très bon pour la santé», affirme-t-elle.
Sa couleur rappelle les éléments nutritifs retrouvés dans les fruits et légumes orange comme le bêtacarotène, qui contient de la vitamine A, informe Clémence Desjardins.
C’est aussi une excellente source de fibre. «Généralement, la population ne mange pas assez de fibres, donc c’est intéressant à ce niveau-là», observe-t-elle.
Les graines de citrouille contiennent d’ailleurs «des protéines, des fibres, du fer, du magnésium, du zinc et aussi de bons gras, donc des gras insaturés», rapporte la spécialiste.
Prévenir le gaspillage
Pour profiter des bienfaits de la citrouille, il faut en prendre soin et éviter de l’exposer trop tôt à l’extérieur, au risque qu’elle se fasse manger par des écureuils ou d’autres animaux sauvages, remarque Clémence Desjardins.
Marie-José Mastromonaco conseille d’acheter une quantité raisonnable de citrouilles, qui pourra être consommée par la suite.
La nutritionniste rappelle qu’il n’est pas recommandé de manger des citrouilles endommagées au risque d’être exposé à des bactéries ou une infection alimentaire toxique.
Afin d’aider à mieux préserver sa citrouille, Marie-José Mastromonaco conseille de changer la façon de la décorer. «Pourquoi à la place, tout simplement ne pas mettre des lumières dessus, et mettre des autocollants?»
Les personnes peuvent en outre «dessiner dessus comme avec des crayons marqueurs au lieu de la couper», suggère Clémence Desjardins.
Mais finalement, pour éviter le gaspillage, il n’y a qu’une solution : «acheter le nombre de citrouilles qu’on va pouvoir consommer», rappelle Marie-José Mastromonaco.
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La mise en œuvre de solutions écologiques – comme la rénovation énergétique de bâtiments, la plantation d’arbres, la création de parcs publics et de systèmes de transport durables – peut conduire à l’augmentation du cout de la vie et provoquer le départ de certains résidents, incapables de rester dans un quartier rendu trop cher pour eux.
Ce phénomène porte un nom : l’éco-embourgeoisement, aussi appelé la gentrification verte.
Autrement dit, ces actions de verdissement augmentent l’attractivité d’un secteur, et donc le prix de ses logements. «On voit l’arrivée de nouvelles personnes qui sont plus riches, plus éduquées, plus jeunes», observe Marie Lapointe, conseillère scientifique spécialisée en verdissement urbain à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).
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Un concept récent
En 2009, la chercheuse américaine Sarah Dooling définit le concept de «gentrification écologique» comme «la mise en œuvre d’un programme d’aménagement de l’environnement relatif aux espaces verts publics qui conduit au déplacement ou à l’exclusion des populations les plus vulnérables sur le plan économique (les sans-abris)».
En 2012, les chercheurs Kenneth Gould et Tammy Lewis parlent de «gentrification verte», prenant l’exemple du Prospect Park de Brooklyn, à New York.
Mais le phénomène reste encore rare dans la littérature canadienne. «Il y a peu [d’écrits sur le sujet] au Canada. C’est beaucoup des sources américaines et d’Europe», remarque Marie Lapointe, conseillère scientifique spécialisée en verdissement urbain à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).
«Il faut que le gouvernement intervienne pour s’assurer que les logements abordables sont protégés pour les populations à faible revenu», soutient Lorien Nesbitt.
Exclusion sociale
Au-delà d’un déménagement physique, l’éco-embourgeoisement peut également provoquer un «déplacement psychologique» quand un quartier «change [et] ne correspond plus à la culture ou à la communauté des résidents d’origine», souligne Lorien Nesbitt, professeure adjointe de foresterie urbaine et de justice environnementale à l’Université de la Colombie-Britannique.
«Cela peut mener à leur exclusion sociale. Ils peuvent rester, mais ne plus se reconnaitre dans le quartier, ne plus avoir accès aux services dont ils ont besoin», ajoute Marie Lapointe.
Pour Lorien Nesbitt, la source du problème n’est néanmoins pas le verdissement urbain, mais la spéculation immobilière qui en résulte. Rénovation durable ou pas, embourgeoisement il y aura, «parce que c’est ainsi que notre marché du logement est organisé à l’heure actuelle», lâche-t-elle.
Un phénomène inévitable?
«Si vous réaménagez un quartier pour construire de nouveaux appartements, c’est généralement dans le but d’augmenter les loyers, ce qui attirera des personnes à revenus élevés. Et aujourd’hui, ce réaménagement est vert», analyse la chercheuse.
Mais selon elle, l’aménagement durable n’est pas optionnel. «Il est important que tout le monde en ville ait accès à la nature. […] On devrait toujours planter des arbres, et il est possible de le faire tout en limitant le prix des loyers pour éviter l’embourgeoisement», défend-elle.
Il faudrait cesser de se préoccuper des arbres et s’intéresser davantage aux modèles de développement qui visent à augmenter les rentes foncières.
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Dans cette optique, Marie Lapointe préconise le logement social pour «protéger les locataires en place, puis maintenir les populations vulnérables en place».
Mieux comprendre les réalités des municipalités canadiennes
Logements sociaux
«Cela inclut les habitations à loyer modique, mais aussi les coopératives d’habitation et les OBNL [organismes à but non lucratif] d’habitation», détaille-t-elle.
La conseillère scientifique prend notamment l’exemple des fiducies foncières communautaires : «Les municipalités peuvent faire l’acquisition de terrains dans des zones à risque, puis les geler. Puis, si elles-mêmes n’ont pas les pouvoirs ou les moyens de faire du logement social, elles peuvent louer ces terrains-là ou les donner ou les vendre à des organismes qui en font.»
Dans tous les cas, l’objectif reste le même : soustraire les logements du marché immobilier. «À ce moment-là, il ne peut plus y avoir de spéculation», assure Marie Lapointe.
Attention toutefois à ne pas confondre logement social et logement abordable.
«Le logement abordable, ça ne fait rien par rapport à la gentrification. Ce serait des logements, entre guillemets, moins chers que les autres, mais qui sont quand même trop chers pour les personnes en situation de vulnérabilité. Il faut parler vraiment de logements sociaux, de logements qui sont hors marché», plaide-t-elle.
L’exemple des jardins communautaires
Pour Jennifer Barrett, directrice principale de l’Institut urbain du Canada (IUC), les jardins communautaires de New York constituent une initiative de verdissement réussie.
Ces jardins ont vu le jour dans les années 1970 et 1980, lorsque les quartiers centraux de la ville ont été désertés, laissant de nombreux terrains vacants. «La Ville de New York a cédé ces terrains à chaque quartier pour créer des espaces verts.»
Pendant les années 1990 et 2000, la métropole a connu une forte croissance et a donc envisagé de reprendre certains de ces terrains pour y permettre des constructions. «Certains jardins ont été supprimés, mais beaucoup ont été conservés et préservés», raconte-t-elle.
Si ces espaces verts ne garantissent pas nécessairement l’absence de déplacements de population, ils restent d’après elle «un exemple de verdure créé par la communauté pour la communauté, dans des quartiers où il y avait peu d’investissements».
Consulter les résidents
«Lors du réaménagement d’un quartier, il est très important d’écouter les résidents en place et de leur rendre des comptes, surtout s’ils pourraient être contraints de devoir déménager», ajoute Lorien Nesbitt.
«Il faut aller vers eux, il faut faire des rencontres dans leur milieu de vie, dans leur langue, pour qu’ils puissent vraiment s’exprimer sur leurs besoins, appuie Marie Lapointe.
Il faut répondre aux besoins de ces personnes-là avant de répondre aux besoins de personnes qu’on s’imagine qui pourraient aimer déménager dans le quartier.
«Il y a souvent des consultations locales au début afin de définir une vision pour le réaménagement, mais sans promesse que cette vision se concrétisera», regrette Lorien Nesbitt.
Et la professeure de constater, amère : «L’éco-embourgeoisement n’est qu’un exemple de planification du haut vers le bas qui déplace la population vulnérable que nous essayons soi-disant de servir.»
Entrepreneuriat local
«Pour combattre l’éco-embourgeoisement, il faut aussi que les entreprises locales aient des perspectives d’affaires», note de son côté Jennifer Barrett, directrice principale de l’Institut urbain du Canada (IUC).
Pour Jennifer Barrett, la lutte contre l’éco-embourgeoisement passe aussi par l’entrepreneuriat local.
Elle prend notamment l’exemple des Sociétés de développement commercial (SDC) à Montréal, des associations à but non lucratif qui visent «le développement économique et la mise en valeur d’une zone commerciale», explique le site Web de la Ville.
«Il est important que tous les services d’une ville ou d’une municipalité travaillent ensemble – que le service des parcs collabore avec le service du logement et de l’urbanisme, par exemple – pour s’assurer que des mesures sont prises pour éviter les déplacements», soutient Jennifer Barrett.
Toutes les Villes n’ont cependant pas les mêmes moyens de lutter contre l’embourgeoisement. «Certaines municipalités sont vraiment sous-financées, rappelle Marie Lapointe. Elles dépendent beaucoup trop des revenus fonciers et cela a des répercussions pas juste sur le logement, mais aussi sur les lieux naturels.»
«Pourquoi conserver un milieu naturel quand elles pourraient le développer et faire des fonds pour pouvoir payer une école? Elles ont des choix tellement difficiles à faire», ajoute-t-elle. Verdir ou ne pas verdir, telle est la question.
Le Canada en villes
La série Le Canada en villes propose un regard sur les succès et les défis des municipalités canadiennes.
Plus sur la francophonie
Mary Moreau a cofondé l’Association des juristes d’expression française de l’Alberta.
Le premier ministre, Justin Trudeau, a annoncé jeudi la nomination de la juge francophone Mary Moreau à la Cour suprême. Elle remplacera le juge Russell Brown, qui a démissionné en juin dernier après des allégations d’inconduite.
C’est la première fois qu’une majorité de femmes siègera au plus haut tribunal du pays.
Le premier ministre avait promis de respecter la tradition selon laquelle deux juges de l’Ouest ou du Nord siègent à la Cour suprême, à la condition qu’ils soient bilingues.
La carrière de Mary Moreau est marquée par les luttes pour les droits linguistiques, notamment lors de l’affaire Mahé. En 1990, la Cour suprême concernait le droit des francophones en milieu minoritaire de gérer leurs propres établissements scolaires.
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Dans un communiqué de presse, la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Liane Roy, se réjouit de cette nomination : «Le premier ministre a fait un excellent choix et pour les communautés francophones et acadienne, c’est une avancée formidable. Franco-Albertaine, la juge Moreau possède une connaissance extensive non seulement des réalités de la francophonie, mais aussi des droits linguistiques.»
Israël – Hamas : mises à jour et hausse des tensions
Le Canada a mis fin aux vols d’évacuation en provenance d’Israël lundi, invoquant une baisse de la demande et une offre croissante des vols commerciaux.
«À ce jour, nous avons aidé près de 1 600 Canadiens, résidents permanents et membres de leurs familles éligibles, ainsi que des ressortissants étrangers, à quitter Israël», a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, le 21 octobre.
Jeudi matin, Affaires mondiales Canada (AMC) a confirmé qu’un septième Canadien a été tué dans la guerre entre Israël et le Hamas.
«Israël n’a pas attaqué l’hôpital le 17 octobre 2023. Le scénario le plus vraisemblable est que la frappe venait d’une roquette errante tirée depuis Gaza», a indiqué avec un «haut degré de certitude» le ministre de la Défense nationale, Bill Blair, le 21 octobre en soirée.
Celui-ci s’appuie sur une analyse indépendante du Commandement du renseignement des Forces canadiennes et emboite le pas au président des États-Unis, Joe Biden, qui soutient que la frappe a été causée par un tir raté du Djihad islamique palestinien.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, l’explosion aurait tué des centaines de personnes.
Justin Trudeau, qui n’a toujours pas appelé à un cessez-le-feu au Proche-Orient, est favorable à des «pauses humanitaires».
Le conflit au Proche-Orient fait monter la tension au sein même du caucus libéral.
Dans une lettre adressée au premier ministre, 33 députés signataires, dont 23 libéraux, huit néodémocrates et deux du Parti vert, réclament que le Canada se joigne à l’appel pour un cessez-le-feu immédiat. Les élus demandent aussi de faciliter l’ouverture d’un couloir humanitaire et de défendre le droit international.
«J’entends la position de plusieurs de mes collègues. J’entends le fait que les Canadiens s’attendent à ce que le Canada joue un rôle qui est équilibré et en même temps un rôle qui est basé sur notre position qui a toujours été celle d’être un joueur constructif, ami et allié d’Israël, ami du peuple palestinien», a déclaré Mélanie Joly en conférence de presse lundi.
Spamouflage chinois et indemnités aux Premières Nations
AMC a affirmé lundi par voie de communiqué que depuis le début du mois d’aout, des «ordinateurs zombies» ont laissé des milliers de messages de propagande et de désinformation sur les comptes Facebook et X d’une dizaine de députés fédéraux canadiens.
Cette campagne de «spamouflage» (camouflage de pourriels), liée à la République populaire de Chine, s’est faite en anglais et en français et n’a pas épargné le premier ministre ni le chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre.
«Rien de ce qui avait été observé dans le cadre de cette analyse ne représentait une menace pour leur sécurité ou celle de leur famille», a indiqué AMC.
Mardi, la Cour fédérale a approuvé un règlement historique de 23 milliards de dollars qui permettra d’indemniser plus de 300 000 enfants des Premières Nations et leur famille.
L’accord, conclu entre l’Assemblée des Premières Nations (APN), les demandeurs des recours collectifs Moushoom et Trout, la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations et le Canada, vise entre autres à compenser le sous-financement discriminatoire du programme des Services à l’enfance et à la famille des Premières Nations.
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La Banque du Canada a annoncé mercredi qu’elle maintenait son taux directeur à 5 %.
La Banque indique que l’inflation se chiffrait à 2,8 % en juin, 4,0 % en aout et 3,8 % en septembre. D’après les projections, l’inflation devrait atteindre 2 % en 2025.
«Nous avons laissé le taux directeur au même niveau parce que la politique monétaire est en train de ralentir l’économie et d’alléger les pressions sur les prix, et parce que nous voulons lui laisser le temps de faire son travail», a expliqué le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, dans une conférence de presse.
La banque centrale a toutefois prévenu que d’autres hausses pourraient être nécessaires à l’avenir, afin d’atteindre la cible de 2 %.
Dans un rapport provisoire publié en juillet, le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones recommandait aux organismes gouvernementaux et entités qui ne l’auraient pas encore fait de transférer rapidement les documents liés aux pensionnats pour Autochtones au Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR).
Comme prévu dans le rapport, le Comité a tenu des audiences au début de l’automne pour demander des comptes aux entités qui n’avaient toujours pas remis les pièces demandées.
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Les sénateurs impatients
Le président du Comité, le sénateur Brian Francis, membre de la Première Nation de Lennox Island, située dans l’Île-du-Prince-Édouard, est lui-même un ancien élève de «l’externat indien» de Lennox.
«Les Autochtones font face à de nombreux obstacles pour accéder aux dossiers liés aux écoles résidentielles et les institutions qui y sont associées, explique-t-il en entrevue avec Francopresse. Ça comprend les statistiques de base, les coroners, les rapports médicaux. […] Plusieurs de ces dossiers ont été détruits par les gouvernements et l’Église.»
Pour lui, ces documents sont essentiels dans le chemin de vérité et de réconciliation.
Sans la vérité, il n’y a pas de justice et il ne peut y avoir de réconciliation.
Le Sénateur Brian Francis s’impatiente face au retard de transfert de certains documents en lien avec les pensionnats pour Autochtones.
«Tous les Canadiens devraient se demander, comme le Sénat est en train de le faire aujourd’hui, pour quelle raison des organisations auxquelles la vie des enfants autochtones a été confiée refusent maintenant de faire le nécessaire», a de son côté lancé le vice-président du Comité, David M. Arnot, lors de la séance du 19 septembre.
«Les gens ne vivent qu’un certain temps, a renchéri le sénateur Scott Tannas, également membre du Comité. Il y a beaucoup de gens qui cherchent des réponses.»
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Délai de traitement des documents
Selon la sous-ministre à Bibliothèque et Archives Canada (BAC), Jasmine Bouchard, les délais que présente l’organisme sont principalement liés aux grands nombres de parties prenantes qui sont assises autour de la table.
L’institution gouvernementale possède jusqu’à présent 6 millions de pages de documents liés aux externats pour Autochtones.
«Évidemment, notre intention, c’est de transférer partager les copies le plus possible avec le CNVR… Il y a beaucoup de gens autour de la table [les autres départements fédéraux, le centre, les survivants, etc.]. Il y a beaucoup de gens qui doivent s’entendre à ce qui doit être fait, comment ça doit être fait.»
Bibliothèque et Archives Canada a reçu 25 millions de dollars pour traiter ces documents. Jasmine Bouchard estime que c’est un processus qui peut prendre deux ans.
Avec une soixantaine d’employés sur ce dossier, il y a plusieurs étapes à suivre, précise Jasmine Bouchard. Par exemple : le repérage, la fouille, la numérisation, le traitement des métadonnées et la révision pour tenir compte de la vie privée.
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Les lois sur la protection de la vie privée
«Il y a beaucoup d’informations sur les élèves qui ont été dans ces établissements-là qui ne peuvent pas être partagés facilement par ce que ça va à l’encontre des lois sur l’accès à la vie privée, souligne Jasmine Bouchard. Ça, c’est la partie de notre travail qui demande plus de temps souvent.»
Jasmine Bouchard explique que les délais de traitements impliquent différentes étapes.
Au Canada, deux lois ont pour but de protéger la vie privée : la Loi sur la protection des renseignements personnels, qui s’applique au secteur public, et la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, qui concerne au secteur privé, peut-on lire sur le site de la Bibliothèque du Parlement.
Le directeur général de l’entreprise Know History, Ryan Shackleton, et le chercheur Edward G. Sadowski ont aussi déclaré être dans la même situation.
Ryan Schackleton a soutenu qu’il détient des accès à tous les dossiers des ministères. Toutefois, les documents sont largement caviardés.
«Ce sont des documents qui peuvent nous aider à retracer des lieux de sépulture, mais ils sont en grande partie inaccessibles», a-t-il déclaré devant les membres du Comité.
Selon lui, pour accéder aux informations complètes, il faudrait faire signer par chaque personne un document qui permettrait de retracer et de communiquer les informations en question.
«Mais nous ne pouvons même pas voir les informations qui nous indiqueraient quelles sont les personnes qui devraient signer les documents», assure le directeur général.
Pour sa part, Edward G. Sadowski va plus loin. «Les droits de propriété intellectuelle autochtones n’ont été cédés au titre d’aucun traité», a-t-il lancé.
Ces documents appartiennent aux Autochtones. Nous travaillons dans le cadre de structures coloniales qui empêchent les peuples autochtones d’accéder à leurs propres documents.
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Le manque de financement : un obstacle, mais pas le moindre
La recherche de financement reste en outre un enjeu important pour plusieurs des entités convoquées, comme le Musée royal de la Colombie-Britannique et la Société historique de Saint-Boniface.
Selon Jodi Giesbrecht, vice-présidente Archives, Collections et Recherche au Musée royal de la Colombie-Britannique, la recherche des archives reçoit un financement provincial. Néanmoins, celui-ci reste insuffisant.
«Nous sommes à la recherche d’autres possibilités de financement pour accélérer le processus de numérisation et de transfert», a-t-elle fait savoir lors de la séance du 20 septembre.
Notre financement opérationnel issu des gouvernements provincial et fédéral n’a pas augmenté depuis près de 25 ans.
«Sans un financement accru et des ressources humaines pour entreprendre cette tâche à temps plein, ce processus pourrait prendre des décennies», a-t-elle lancé, ajoutant que ce manque de financement retarde «la justice pour ces communautés».
Brian Francis se veut compréhensif de cette situation. Cependant, il presse les gouvernements et l’Église catholique d’allouer le soutien financier nécessaire afin d’expédier tous les documents.
Le Comité prévoit de produire un prochain rapport à ce sujet au début de l’année 2024.
Au début d’octobre, j’ai eu l’occasion de me rendre en Louisiane pour aider la jeune équipe du Louisianais à lancer son média numérique francophone. Les membres de l’équipe du journal se donnent le mandat d’écrire en français louisianais – et ils y tiennent – pour assurer la pérennité de leur langue et de leur culture.
Ils vont même plus loin en faisant paraitre certains articles en créole louisianais. L’article Ki çé Kouri-Vini? est le premier texte publié entièrement dans cette langue sur le site du journal.
L’article s’amorce ainsi : «Ent 1791 é 1815, dê mil zimmigran ki sòr ansyin kolonni-la de Sin-Doming, ça yé pèl Ayiti ojòddi, té rivé endan Lalwizyàn.» Vous comme moi, en lisant à voix haute, pouvons comprendre qu’entre 1791 et 1815, deux-mille immigrants de l’ancienne colonie de Saint-Domingue, qui s’appelle Haïti aujourd’hui, sont arrivés en Louisiane.
Choisir de publier en français et créole louisianais est un geste d’affirmation clairement indiqué dans la mission du journal :
«Le français louisianais est un dialecte régional du français, porteur d’une culture forte et rassembleuse, mais aussi immergé dans une mer anglophone qui menace sa survie. […] Le Louisianais met également en valeur le créole louisianais, une de nos langues patrimoniales, en couvrant des histoires sur la communauté créolophone ou en rédigeant des articles en créole louisianais.»
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Symbole d’une résistance
La réalisation de ce projet montre la résilience, ou plutôt la résistance, du peuple cajun au cours du dernier siècle.
En 1812, lors de son annexion aux États-Unis, la Louisiane était le seul État américain où l’anglais n’était pas la langue de la majorité. Le français est même demeuré langue majoritaire jusqu’en 1940.
Mais, en 1921, la nouvelle constitution de la Louisiane stipulait que l’anglais devenait la seule langue d’usage enseignée à l’école publique, interdisant ainsi l’enseignement du français, du créole et des langues autochtones. C’était le début d’une lente assimilation.
Cent ans plus tard, malgré ces tentatives d’assimilation, la Louisiane compte environ 200 000 personnes qui parlent le français ou le créole.
Aujourd’hui, les Franco-Louisianais ont leur journal, mais ils ont aussi leur chaine de télévision, Télé-Louisiane, et ils ont accès à des programmes en français à l’Université de la Louisiane.
Cent ans plus tard, des parents font des pieds et des mains pour fonder des écoles d’immersion française où l’on y enseigne le français de la Louisiane. Aujourd’hui, il y aurait 5 000 enfants qui apprennent la langue de leurs ancêtres.
Tout ça existe parce que des gens ont le désir profond de pouvoir vivre dans leur langue et leur culture et parce qu’ils se donnent les moyens de le faire.
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Parler français sans s’excuser
Au-delà des institutions officielles, le français se vit aussi en communauté et sans jugement.
Pendant mon court séjour à Lafayette, j’ai rencontré des gens natifs de la région qui renouent avec la langue de leurs parents ou de leurs grands-parents. Au cours de ces conversations, personne ne s’est excusé de ne pas parler «un français sans faute».
Ils ont cette fierté de pouvoir parler une langue qui trouve racine dans leur histoire, dans leur identité. Ils sont conscients qu’elle a évolué dans une direction bien à elle, qu’elle est différente du français normatif. Mais qu’importe, ils vont de l’avant et parlent français, point final.
On est loin du «sorry, my French is not good enough» qui s’entend trop souvent au Canada.
L’identité franco-louisianaise ne passe pas que par la langue. En fait, savoir s’exprimer en français n’est même pas un prérequis. L’identité s’exprime par la culture, la musique et la cuisine ; elle passe par la danse, le zydeco et le gombo. C’est là la recette secrète pour gagner le cœur des gens.
Contrairement à ce que nous vivons ici, le français de la Louisiane n’est pas politisé. Il ne divise pas. La langue et la culture se vivent par choix et surtout avec plaisir.
Nous devons nous inspirer de cette fierté et ignorer le jugement d’autrui, cesser de nous empêcher de reconnecter avec qui nous sommes, et nous exprimer sans nous excuser.
«Sans justice, il ne peut y avoir de paix.» C’est par ces mots que le révérend Mitri Raheb, docteur en théologie et recteur de l’Université Dar Al-Kalima de Bethléem, concluait son message envoyé aux participants du congrès «Land, People and Culture» auquel j’ai participé il y a quelques semaines.
Ce message nous informait que tous les conférenciers étaient parvenus à rentrer à bon port et que Bethléem était coupé du monde par le blocage des sorties de la ville instauré par l’armée israélienne, comme toutes les autres villes de la Cisjordanie occupée.
Aucune justification
Rien ne justifie les atrocités commises par le Hamas.
Rien.
Même pas les souffrances, nombreuses, atroces et injustifiables, subies par le peuple palestinien depuis 75 ans.
Même pas le fait que la bande de Gaza, avec ses 2,2 millions d’habitants sur 365 km2 (à titre de comparaison, le Grand Sudbury, en Ontario, fait 3 228 km2!), ait été transformée en prison à ciel ouvert depuis le blocus imposé par Israël en 2007.
Même pas la résistance à l’oppression. Il ne faut pas salir l’esprit de la résistance, un acte notable qui n’a rien à voir avec des attaques sauvages et délibérées sur des civils.
Rien ne justifie le siège décrété par les autorités israéliennes de la bande de Gaza et les nombreuses violations du droit international humanitaire commises par les forces de l’État hébreu depuis une semaine.
Cette spirale de violence, dans laquelle Tel-Aviv est tombée, le piège grossier tendu par le Hamas, ne mènera à rien. Elle ne fera revenir ni les morts ni les otages. Elle ne sert qu’à alimenter la haine et à former une nouvelle génération de militants qui, à leur tour, prendront les armes.
Elle souligne cependant un premier point fondamental à comprendre : le fait que les actes abjects commis de part et d’autre relèvent d’une logique fondamentaliste religieuse. Ce que l’on voit à l’œuvre, c’est l’odieuse loi du Talion.
Il s’agit d’une très ancienne ineptie que l’on retrouve déjà à l’époque de Babylone, que les rédacteurs de la Torah, le Pentateuque pour les chrétiens, ont reprise à leur compte, et qui sera logiquement reprise dans le Coran. D’où une première porte de sortie : exclure tous discours et acteurs religieux des discussions.
Rentrer dans la modernité
On n’en serait pas là si, depuis deux décennies, les fondamentalistes religieux des deux côtés ne menaient pas le bal.
Le Hamas s’est évertué depuis plus de 30 ans à voiler les femmes palestiniennes et à défendre un projet politicoreligieux néomédiéval qui n’a aucun intérêt pour penser le politique ni la paix, au XXIe siècle.
Les fondamentalistes religieux juifs ont de leur côté durablement affaibli Israël, aujourd’hui une société profondément divisée. D’une part, il y a une majorité (encore) d’Israéliens qui travaillent, se comportent en citoyens modernes, débattent et souhaitent une solution politique.
D’autre part, il y a des communautés ultraorthodoxes qui passent leurs journées à étudier les textes religieux et qui ne contribuent que très peu à l’édification d’un pays, ni en travaillant, ni en payant des impôts, ni en faisant le service militaire.
Dire que les tensions en Israël entre ces groupes sont fortes serait un euphémisme.
Le problème c’est qu’au fil du temps, ces communautés ultraorthodoxes se sont installées dans le paysage politique israélien et que leurs partis servent de forces d’appoint aux gouvernements successifs dirigés par Nétanyahou.
Le signal était pourtant clair
Le monde aurait dû comprendre que la situation avait atteint un point de non-retour il y a près d’un an quand le gouvernement Nétanyahou VI a nommé le chef du Parti sioniste religieux, Bezamel Smotrich, comme ministre des Finances et le chef du parti Force juive, Itamar Ben Gvir – qui, précisons-le, n’a jamais fait son service militaire –, comme ministre de la Sécurité nationale.
Ces deux sinistres personnages d’extrême droite ne sont en fait que les deux faces d’une même pièce de monnaie avec le Hamas.
Smotrich est un suprémaciste juif défendant ouvertement la ségrégation (qui, de toute façon, est un fait accompli, comme j’ai pu le constater en Cisjordanie et en Israël pendant une semaine) et souhaitant l’annexion pure et simple des territoires palestiniens.
Quant à Ben Gvir, il s’agit d’un multirécidiviste dont on ne compte plus les condamnations notamment pour racisme, et dont le président israélien Isaac Herzog disait en novembre dernier que «le monde entier s’inquiétait de ce personnage».
Eh bien non, M. Herzog, le monde ne s’en est pas inquiété!
Les Occidentaux se sont entêtés dans leur soutien inconditionnel au premier ministre Nétanyahou, malgré toutes les bavures des derniers mois.
Parmi ces bavures, deux doivent être soulignées.
Premièrement, il y a les changements législatifs visant à diminuer le rôle de la Cour suprême israélienne. Primo, ces changements témoignent de l’effacement de la démocratie israélienne (déjà parcellaire) et secundo ils ont affiché au grand jour la coupure claire et nette du pays en deux.
Deuxièmement, la présence de ces extrémistes, de ces fondamentalistes messianiques, au gouvernement a poussé Nétanyahou à se concentrer uniquement sur la Cisjordanie, l’objet des convoitises de ces colons, et donc à ignorer tous les signes avant-coureurs de ce qui se tramait à Gaza, y compris les avertissements de l’Égypte.
Laisser la place aux gens de raison pour négocier la paix
Dès le premier jour, toutes les voix israéliennes de la raison ont souligné la responsabilité immense que Nétanyahou portait dans cette effroyable catastrophe.
Un sondage mené pour le compte du Jerusalem Post confirme qu’un nombre écrasant d’Israéliens (65 % des répondants) sont de cet avis. Et 56 % des répondants pensent que Nétanyahou doit démissionner.
Ce serait la moindre des choses.
Ce n’est pas tant pour le fait qu’il a ignoré les avertissements, déjà en soi un acte criminel, que pour ses politiques absolument calamiteuses des 20 dernières années qui ont conduit Israël au bord du gouffre, qui nous ont éloignés comme jamais de la paix.
Il se trouve en Israël, encore, bien des personnes de bonne volonté et raisonnables, des personnes qui savent que non seulement une paix est possible, mais qu’elle constitue la seule voie de sortie.
Des personnes qui savent que la colonisation des terres palestiniennes au profit d’illuminés religieux ne peut pas continuer.
Des personnes qui savent que la solution vient du dialogue avec leurs voisins palestiniens et non de Washington.
Des personnes qui savent qu’ériger des murs ne garantit pas la paix.
Il se trouve en Palestine, encore, plein de personnes de bonne volonté et raisonnables, qui veulent la paix.
Des personnes qui savent que les Israéliens juifs sont là pour de bon et qu’il faudra coexister.
Des personnes qui savent que la coexistence est possible puisqu’elles la vivent au quotidien ; à Bethléem où Arabes musulmans, protestants et catholiques vivent ensemble et étudient ensemble ; à Majdal Shams où Druzes, chrétiens et musulmans survivent ensemble.
Des personnes qui savent qu’il faut commencer par nettoyer dans sa cour et se trouver un président digne de ce nom (il est plus que temps que le président palestinien Abbas prenne sa retraite).
Des personnes qui savent que ni l’Égypte, ni aucun autre État arabe, ni l’Iran ne se soucient réellement d’eux et que seul un processus local par des acteurs locaux non inféodés sera à même d’aboutir à une paix pérenne.
Ces personnes raisonnables savent aussi qu’il faut en finir avec les chimères des plans de partage. C’était inique en 1947 ; c’était ridicule à Oslo en 1995 ; cela ne sera pas plus censé demain.
La Palestine n’est pas un gruyère. Les ressources en eau sont trop rares pour envisager un partage territorial. Il faudra penser une solution à un État avec des mécanismes de partage du pouvoir. Les exemples sont nombreux. Ce n’est pas une solution idéale, mais c’est la moins pire.
Sans justice, sans égalité, sans liberté pour toutes et tous, entre toutes et tous, il ne peut y avoir de paix.
Aurélie Lacassagne est politicologue de formation et doyenne des Facultés de sciences humaines et de philosophie de l’Université Saint-Paul à Ottawa. Elle est membre du Comité de gouvernance du Partenariat Voies vers la prospérité.
La ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, affirme que les négociations sont toujours en cours avec Google sur la loi C-18.
«On est encore à l’étape d’analyser les commentaires que Google a faits et de chercher la voie de passage pour répondre aux interrogations de Google», a expliqué Pascale St-Onge en mêlée de presse mercredi.
Alors que Patrimoine canadien travaille actuellement sur la version finale de la règlementation, le géant du numérique demande plus de clarifications entourant le processus d’exemption.
«Nous pensons, comme d’autres, qu’il existe des approches constructives pour élaborer un régime qui soutienne une industrie canadienne de l’information diversifiée, indépendante et durable», peut-on lire dans la soumission de Google Canada.
Depuis plusieurs mois, le géant du Web dit plutôt favoriser le concept d’un fonds comme celui du Fonds des médias du Canada «auquel Google contribuerait, mais ne gouvernerait pas», a déclaré le président des affaires mondiales et directeur juridique, Kent Walker lors de son témoignage au Comité permanent du Patrimoine canadien le 20 avril dernier.
«Ce fonds serait distribué selon des critères clairs, régis par un conseil d’experts indépendants, conformément à l’approche déjà adoptée par le Canada par le biais de son crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique», écrit dans le discours de Kent Walker.
Pour sa part, Pascale St-Onge a assuré travailler pour éclaircir le processus d’arbitrage souhaité par Google Canada.
Menace de blocage
La Loi sur les nouvelles en ligne (C-18) obligerait les géants du Web comme Meta (maison mère de Facebook et Instagram) et Google à indemniser les médias canadiens pour l’utilisation de leurs contenus sur leurs plateformes.
Selon Google, l’hypothèse du gouvernement selon laquelle les géants du Web génèrent des revenus significatifs à partir des contenus médiatiques est fausse. «Bien que les nouvelles comportent une valeur sociale énorme, elles sont difficiles à rentabiliser», détaille Google dans son document.
Pour riposter au projet de loi, Meta a bloqué l’accès aux nouvelles sur ses plateformes Facebook et Instagram.
De son côté, Google maintient toujours sa menace de poser une action similaire si aucune entente n’est conclue entre les deux parties. Si la menace est mise à exécution, l’entreprise ne sera pas soumise à la nouvelle loi.
Mais contrairement à Meta, Google est toujours à la table de négociations.