le Samedi 14 février 2026

Plus sur la francophonie

Inauguré en 2022, le centre d’innovation en immigration francophone de Dieppe (Nouveau-Brunswick) devait compter de 30 à 40 employés. Or, à peine six personnes y travaillent, a rapporté Radio-Canada mercredi.

À lire aussi : Un centre pour stimuler l’immigration francophone voit le jour à Dieppe (Acadie Nouvelle)

Le centre a notamment pour but de rendre plus accessibles les programmes d’immigration, de faire des études de cas et d’appuyer la promotion à l’international pour recruter des candidats d’expression française ; le tout pour favoriser l’immigration francophone.

Questionné sur la situation en point de presse mercredi, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marc Miller, n’a pas voulu commenter directement la baisse du nombre d’employés, mais a assuré que le fédéral continuerait de financer le centre.

«Il n’y a que six personnes qui y travaillent en ce moment, mais c’est clair que leur objectif sera de nous aider à réformer un système où on n’a jamais vraiment bien exercé notre juridiction, c’est-à-dire en faisant la promotion des francophones, du fait français, en dehors du Québec, a lancé le ministre. C’est clair qu’il reste beaucoup de travail à faire.»

Alors que la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) demande une cible en immigration francophone hors Québec de 12 % dès 2024, Marc Miller a confirmé, sans donner d’échéancier, que son ministère travaille actuellement sur une nouvelle cible.

À lire aussi : Le Canada respecte enfin son objectif en immigration francophone hors Québec

Le député bloquiste Mario Beaulieu souhaite en savoir plus sur le plan de la GRC en matière de langues officielles. 

Photo : Courtoisie

Plusieurs hauts gradés au quartier général de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) occupent des postes bilingues, sans toutefois parler français, a révélé mardi Radio-Canada.

Ces officiers ne suivent pas non plus de cours de langue en ce moment, ce qui ne permet pas de garantir d’amélioration de leur français à court terme, précise le diffuseur public dans son article.

À lire aussi : C-13 : Pas d’obligation de bilinguisme pour les provinces et territoires

Ces dernières années, la GRC a déjà fait l’objet de critiques en lien avec l’utilisation du français, notamment par l’entremise de plaintes soumises au Commissariat aux langues officielles.

Lors d’une réunion du Comité permanent des langues officielles mercredi, le député bloquiste Mario Beaulieu a déposé une motion pour que le comité reçoive au plus tard le 18 octobre le commissaire de la GRC, Mike Duheme, afin de «discuter du plan de la GRC pour se conformer à la Loi sur les langues officielles et respecter le français».

La motion devrait être traitée à la prochaine réunion du comité.

Élections aux Communes et au Manitoba

Greg Fergus est la première personne noire à devenir président de la Chambre des communes. 

Photo : Courtoisie

Le député libéral de Hull–Aylmer, Greg Fergus, a été élu mardi président de la Chambre des communes.

Le Québécois succède au député franco-ontarien Anthony Rota, qui a démissionné la semaine après avoir rendu hommage à un vétéran ukrainien ayant combattu avec les nazis.

À lire aussi : Feuilleton de la Colline – Semaine du 25 septembre 2023

Après avoir remercié la Chambre, Greg Fergus a annoncé qu’il allait «remettre les pendules à l’heure» : «Il faut qu’on suive les règles de la Chambre des communes et quand on va suivre ça, on va avoir un débat fructueux.»

Le premier ministre, Justin Trudeau, a ensuite pris la parole pour féliciter et remercier les autres candidats. «Monsieur le président, aujourd’hui, vous êtes le premier Canadien noir à devenir président de cette Chambre. Ça devrait être inspirant pour tous les Canadiens, surtout les plus jeunes qui veulent s’impliquer en politique.»

Greg Fergus est bilingue et membre de la Section canadienne de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (CAPF).

À lire aussi : Le bilinguisme n’est pas requis à la présidence des Communes

Après avoir récolté 33 sièges et 44 % du vote, le Nouveau Parti démocratique (NPD) a remporté l’élection provinciale au Manitoba mardi. Son chef, Wab Kinew, est le premier premier ministre membre d’une Première Nation.

Les progressistes-conservateurs de l’ex-première ministre Heather Stefanson ont remporté 23 sièges et 42 % des suffrages, ne laissant qu’un seul siège et 12 % pour les libéraux.

Lors de sa campagne électorale, Wab Kinew s’est engagé à rétablir un poste de sous-ministre adjoint au Bureau de l’éducation française et à embaucher plus de personnel dans le département. En entrevue avec Radio-Canada, il a aussi promis de rétablir une cible d’immigration francophone.

Dans sa campagne axée sur les soins de santé, le NPD a promis de fouiller le dépotoir de Prairie Green s’il était élu. Les potentiels restes humains de deux femmes autochtones victimes d’un tueur en série présumé s’y trouvent peut-être.

L’ancienne première ministre, Heather Stefanson, avait refusé de financer la fouille, qui pourrait couter jusqu’à 184 millions de dollars.

Mises à jour sur C-18 et sur l’Inde

Pascale St-Onge, la ministre du Patrimoine canadien, affirme qu’elle continue de communiquer avec Google dans le cadre de la Loi sur les nouvelles en ligne. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

Google demeure insatisfait de la règlementation proposée par Ottawa dans le cadre de sa Loi sur les nouvelles en ligne (C-18).

À lire aussi : Nouvelles en ligne : le fédéral propose une règlementation

La loi, qui doit entrer en vigueur dans son intégralité le 19 décembre, vise à forcer les géants numériques comme Google et Meta à indemniser les médias pour partager leurs contenus.

En réaction à C-18, Meta a bloqué l’accès aux nouvelles sur ses plateformes Facebook et Instagram, mais Google ne lui a pas encore emboité le pas sur son moteur de recherche.

La ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, reste confiante et croit toujours que le gouvernement pourra s’entendre avec Google. «Les canaux de communication sont ouverts», a-t-elle déclaré devant les journalistes mercredi.

L’entreprise a en outre adopté «une attitude vraiment différente de celle de Facebook», a-t-elle souligné.

À lire aussi : Les médias francophones locaux en crise

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, n’a pas voulu commenter le mot d’ordre du gouvernement indien. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

Le gouvernement indien exige le départ de 41 diplomates canadiens, a rapporté mardi le quotidien britannique Financial Times. Ces derniers devront quitter l’Inde d’ici le 10 octobre.

Au moins 61 diplomates canadiens sont actuellement en poste dans ce pays.

En mêlée de presse mardi, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a refusé de commenter la situation autrement que pour dire que les conversations diplomatiques devraient demeurer privées.

Elle n’a donc pas confirmé l’existence de ce mot d’ordre ni donné son avis sur le sujet.

Sylvia Martin-Laforge, directrice générale de Québec Community Group Network (QCGN), un organisme de représentation des intérêts des anglophones du Québec, est particulièrement intéressée de suivre le processus de règlementation de la nouvelle Loi sur les langues officielles (LLO).

Selon Sylvia Martin-Laforge, les anglophones vivent «des moments difficiles au Québec». 

Photo : Courtoisie QCGN

Elle portera une attention particulière aux affaires intergouvernementales de la règlementation.

«Comment transfèrent-ils l’argent à la province compte tenu des relations de la communauté d’expression anglaise avec le gouvernement de la province? Est-ce que la communauté d’expression anglaise va avoir accès, au même titre [que la communauté francophone], à des fonds du gouvernement fédéral?»   

À lire aussi : Langues officielles : tensions entre communautés minoritaires au Sénat

Hugh Maynard, président de Qu’anglo Communications & Consulting, travaille avec des organismes anglophones un peu partout au Québec. Pour lui, l’incompréhension de la réalité des communautés anglophones du Québec punit injustement celles situées à l’extérieur de Montréal.

«Ils ont mis en place [les lois 101 et 96] parce que la situation à Montréal demande quelque chose, dit-il. Mais la communauté anglophone des Îles-de-la-Madeleine, par exemple, n’est pas une menace pour la langue française.»

Une forte proportion des anglophones du Québec se trouvent à Montréal. 

Source : Statistique Canada, Recensement de la population de 2016

Asymétrie : du concept à la réalité

Dans les moments menant à l’adoption de la nouvelle loi, QCGN a manifesté ses appréhensions face au principe d’asymétrie entre le français et l’anglais le jugeant menaçant pour les anglophones du Québec.

À lire aussi : C-13 : Les anglophones du Québec sentent avoir perdu le soutien d’Ottawa

«Le gouvernement nous a dit : “inquiétez-vous pas, il n’y aura pas de conséquences sur la communauté d’expression anglaise”. Ok good, allons-y. Faites en sorte qu’il n’y en ait pas», concède Sylvia Martin-Laforge, qui s’inquiète toutefois de l’application du concept d’asymétrie pour sa communauté par rapport aux francophones du Québec.

«Nous, au Québec, maintenant, on est 1,3 million. Par tête de pipe, on ne fait pas le poids au niveau du financement. Mais ça, c’est là depuis des années.»

Elle se questionne notamment sur l’application de l’asymétrie dans le processus de consultation de la communauté d’expression anglaise du Québec.

À lire aussi : Langues officielles : les dossiers chauds de Randy Boissonnault

La source du problème pourrait être ailleurs

Hugh Maynard craint les effets de l’américanisation. 

Photo : Courtoisie

Hugh Maynard rappelle que des communautés anglophones existent au Québec depuis des siècles et doute de leur culpabilité dans le déclin du français.

«Je suis d’accord avec la promotion du français, [mais] l’autre aspect est que l’anglais est la langue internationale. Il y a CNN partout, Netflix, il faut avoir une perspective différente. La communauté rurale d’expression anglaise, ce n’est pas la même chose que Netflix.»

Les États-Unis, pour lui, font bien plus de dégâts au français que les anglophones du Québec.

«[Ils] sont nos voisins, c’est impossible d’ignorer ça, dit-il. Mais la bataille avec la langue anglaise est plus, selon moi, internationale. Comment régler ça avec les besoins d’immigration et en même temps la communauté d’expression anglaise historique?»

À lire aussi : Deux ans pour appliquer la Loi sur les langues officielles

L’éducation : un dossier chaud

Comme les francophones en situation minoritaire, les anglophones du Québec font aussi face à des défis en matière d’éducation postsecondaire.

Hugh Maynard remarque la difficulté d’étudier en anglais pour ceux qui ne vivent pas à Montréal : «Pour la majorité, il faut sortir de la région pour avoir une éducation postsecondaire.»

«[À Montréal], il y a McGill, Concordia, trois-quatre cégeps, une concentration des services de santé et sociaux. Ce ne sont pas deux communautés séparées, mais le ratio entre les deux est très différent.»

D’après lui, même l’Université McGill, dont la réputation est reconnue à l’échelle internationale, «n’est pas une institution de la communauté [anglophone]. C’est une université internationale en anglais».

Lors de son discours prononcé à l’occasion de la visite du président Volodymyr Zelensky à la Chambre des communes le 22 septembre, le premier ministre Trudeau a réitéré avec force la volonté de son gouvernement de soutenir l’Ukraine «aussi longtemps qu’il le faudra».

Le premier ministre a même mentionné au passage que l’aide militaire du Canada à l’Ukraine avait maintenant atteint 9 milliards de dollars depuis le début du conflit en 2022.

Tout au long de son discours, M. Trudeau s’en est pris directement au président Vladimir Poutine, le traitant notamment de «despote», soulignant «ses délires impériaux» et l’accusant de gouverner «par la tromperie, la violence et la répression».

M. Trudeau a raison sur le fond, mais ce qui étonne dans son discours est la position maintenant entièrement assumée du Canada : le pays prend ouvertement parti dans un conflit armé se déroulant loin du territoire canadien. Le Canada appuie sans réserve l’Ukraine dans son combat face à son agresseur russe.

Ce changement est notable, car jusqu’à tout récemment le Canada faisait preuve de prudence dans les conflits impliquant d’autres pays.

Étant un très petit joueur sur la scène internationale, il ne peut tout simplement pas s’engager dans une aventure militaire qu’il sait qu’il ne peut pas gagner à lui seul.

Rappelons que les dépenses militaires du Canada sont infimes. En 2022, elles se chiffraient à 28 milliards de dollars US, soit 2,3 % des dépenses militaires de l’ensemble des pays membres de l’OTAN.

Un défenseur de la paix dans le monde?

Pendant longtemps, le Canada a élaboré sa politique étrangère en se faisant le gardien de la paix dans le monde. En écoutant le premier ministre Trudeau récemment, on peine à trouver des traces de cette stratégie.

Pourtant, à une certaine époque, le maintien de la paix faisait la fierté des Canadiens. On appuyait les missions de paix de l’ONU et on célébrait la contribution du premier ministre Pearson à la création des Casques bleus, cette force internationale onusienne chargée de veiller au maintien de la paix en zone de conflit.

Depuis les années 1990, cependant, la participation du Canada aux opérations de maintien de la paix a chuté considérablement. Alors que près de 4000 Canadiens contribuaient aux missions de paix de l’ONU en 1993, on en recensait seulement 58 en 2021.

On ne considère plus le Canada comme un médiateur influent sur la scène internationale. Si son opposition à la guerre en Irak en 2003 pouvait encore passer pour un refus de s’engager directement dans un conflit armé, son appui à la guerre au Kosovo et surtout à la guerre en Afghanistan marque un tournant.

Dans ces deux cas, toutefois, la stratégie canadienne consistait essentiellement à suivre l’exemple de ses alliés et tout particulièrement celui de son principal partenaire et protecteur, les États-Unis.

Ce qui est différent dans le cas de l’Ukraine, c’est que le Canada prend l’initiative.

Alors que plusieurs pays favorables à la cause ukrainienne hésitent quant à la marche à suivre, le Canada est on ne peut plus clair : il faut appuyer sans réserve l’Ukraine et combattre ce «despote» qu’est Vladimir Poutine.

Le problème de cette stratégie c’est que nous n’avons pas les moyens de nos ambitions. Nous ne possédons pas suffisamment de ressources militaires pour affronter un géant comme la Russie.

En fait, nous n’avons jamais eu de telles ressources. Pour cette raison, nous avons toujours privilégié le rôle de médiateur dans les conflits armés.

En changeant radicalement de stratégie, le premier ministre Trudeau ne nous entraine-t-il pas sur une voie dangereuse, semée d’incertitudes?

Et les autres conflits?

Outre le pari risqué que représente l’appui à l’Ukraine, on peut aussi se demander si les ressources consacrées à ce conflit n’auraient pas pu être mieux utilisées ailleurs.

Cette question semble prendre tout son sens lorsque l’on observe la situation actuelle à Haïti. Ce pays est plongé dans une crise sans précédent. Les institutions de l’État haïtien ont presque complètement disparu. Ce sont les gangs de rue qui contrôlent maintenant le pays avec une violence d’une rare intensité.

Le Canada aurait très certainement de bonnes raisons de participer activement au rétablissement de la sécurité à Haïti. Pourtant, il ne propose que de timides initiatives, souvent maladroites et surtout sans réelles retombées positives pour les Haïtiens jusqu’à maintenant.

Il serait très certainement légitime pour le Canada d’envoyer une force d’intervention de rétablissement de la paix à Haïti.

On pourrait aussi présenter des arguments similaires pour d’autres conflits armés actuels. Pensons au Mali, au Congo, par exemple. Ce serait certainement moins risqué que la présence canadienne en Ukraine, laquelle est susceptible de provoquer une réaction de la Russie à tout moment.

De plus, ces interventions seraient à la mesure de nos moyens. Nous avons les ressources et l’expertise pour les mener. Enfin, elles nous permettraient de retrouver une certaine légitimité sur la scène internationale, qui nous a toujours été utile par le passé.

Il fut une époque où quand le Canada prenait la parole sur les tribunes internationales, on l’écoutait. Ceci semble être de moins en moins le cas de nos jours. Le premier ministre Trudeau devrait y réfléchir.

Geneviève Tellier est professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa. Ses recherches portent sur les politiques budgétaires des gouvernements canadiens. Elle commente régulièrement l’actualité politique et les enjeux liés à la francophonie dans les médias de tout le pays.

Le 3 octobre, les députés fédéraux éliront la personne qui succèdera à Anthony Rota, qui a démissionné de la présidence des Communes le 26 septembre.

Même si le président n’est pas obligé de maitriser les deux langues officielles, la vice-présidence doit nécessairement maitriser parfaitement la langue officielle qui n’est pas celle du président, selon l’article 7 du Règlement de la Chambre des communes.

Roger Ouellette, professeur en sciences politiques, soutient que le président de la Chambre doit avoir de bonnes relations avec tous les députés, quel que soit leur parti politique. 

Photo : Courtoisie

Selon Roger Ouellette, professeur en sciences politiques à l’Université de Moncton, ce sont les relations interpersonnelles qu’entreprend le candidat qui seront prises en considération lors du vote.

«Est-ce que c’est quelqu’un qui est aimable, est-ce que c’est quelqu’un avec qui on peut travailler facilement? Est-ce que c’est quelqu’un qui est perçu, même si c’est une allégeance politique, vraiment quelqu’un qui peut faire ce travail de manière honnête, pas tomber dans la partisanerie ; c’est tous ces éléments-là qui rentrent en ligne de compte», soutient-il.

Impartialité nécessaire

Le président élu dans la Chambre a la responsabilité de maintenir le décorum lors des débats. «[Il] maintient l’ordre durant les délibérations et protège les droits et les privilèges de la Chambre», peut-on lire sur le site de la Chambre.

«C’est peu l’arbitre de la Chambre», explique Roger Ouellette.

Même si le président provient d’un parti politique distinct, il doit se montrer impartial dans ses décisions. Et dans cette optique, il ne participe jamais au débat, et ne vote qu’en cas d’égalité des voix.

Le 27 septembre dernier, le député bloquiste Louis Plamondon est devenu le président intérimaire de la Chambre des communes du Canada à la suite de la démission d’Anthony Rota.

Les députés en lice

Tous les députés qui ne font pas partie du cabinet ministériel ou qui ne sont pas chefs d’un parti officiel sont automatiquement en lice pour présider la Chambre.

Les députés qui ne souhaitent pas occuper le rôle de la présidence doivent le signaler au greffier pour être retirés de la liste des candidats à la présidence avant le vote préférentiel.

Liste des candidats : 

Seuls Chris d’Entremont et Carol Hughes représentent la francophonie hors Québec.

Carol Hughes est vice-présidente adjointe à la Chambre des communes.

Photo : Courtoisie

Chris d’Entremont est un député fédéral conservateur qui souhaite accéder à la présidence à la Chambre des communes.

Photo : Courtoisie

Se démarquer en tant que minorité

Roger Ouellette est ravi de voir des candidatures diverses à la présidence de la Chambre des communes.

«C’est intéressant d’avoir des députés provenant des minorités francophones qui réussissent à s’illustrer et puis avoir la confiance dans l’ensemble des députés de la Chambre.»

«Avoir une femme présidente de la Chambre, ce n’est pas juste symbolique, on envoie un message que les femmes occupent une place et elles sont reconnues», poursuit-il.

Chris d’Entremont, le Néoécossais

Acadien de la Nouvelle-Écosse, Chris d’Entremont est élu pour la première fois en 2019, et est devenu vice-président dans la Chambre des communes en 2021. Il a occupé la présidence occasionnellement en remplacement d’Anthony Rota.

Il souhaite créer une harmonie au sein des députés.

«[En tant qu’]Acadien de la Nouvelle-Écosse, on a une bonne façon de travailler avec les autres parce que notre existence dans la situation minoritaire dans les derniers 200 ans, 250 ans, on avait besoin de vraiment trouver une façon de travailler avec les autres […] donc c’est culturel, je dirais c’est presque génétique.»

Carole Hughes, la Franco-Ontarienne

Carole Hughes est vice-présidente adjointe à la Chambre des communes depuis la 43e législature. 

Députée néodémocrate de la circonscription Algoma–Manitoulin–Kapuskasing en Ontario depuis 2008, Carole Hughes est fière de ses origines franco-ontariennes. 

Si elle est élue présidente, elle deviendrait la première femme à occuper ce poste depuis la députée Jeanne Sauvé, en 1980.

«Je pense que ce serait bon pour la Chambre des communes d’avoir une femme [à la présidence]», avoue-t-elle. 

Tout comme Chris d’Entremont, elle souhaite pouvoir créer un climat coopératif au sein des députés de la Chambre.

Il y a trente ans, le 10 novembre 1993, l’Assemblée législative de l’Alberta adopte la loi 8. Le texte établit notamment les sept régions scolaires francophones. Autrement dit, les Franco-Albertains obtiennent le droit de gérer eux-mêmes leurs écoles.

Claudette Roy est une enseignante à la retraite, figure de proue du mouvement en faveur des écoles en français en Alberta. 

Photo : Courtoisie

Cette loi est l’aboutissement d’une longue bataille qui commence en 1982. Cette année-là, la Charte canadienne des droits et libertés est adoptée. Son article 23 garantit aux minorités francophones et anglophones l’éducation dans la langue de leur choix. 

C’est le déclic. Des citoyens s’organisent et des pétitions circulent pour demander l’ouverture d’écoles en français. En 1983, un groupe de parents crée l’Association Bugnet afin d’encourager l’éducation en français en dehors du système d’immersion.

«C’est inefficace, ce sont des écoles d’assimilation», renchérit le cofondateur de l’Association Bugnet, Paul Dubé, dont le fils fréquentait une classe d’immersion française au début des années 1980.

«Beaucoup s’estimaient déjà chanceux d’avoir l’immersion. Ils pensaient que ça suffisait, témoigne Claudette Roy. Mais l’immersion ne répond pas aux besoins pédagogiques et identitaires des enfants dont le français est la langue maternelle.»

«Il a fallu faire un énorme travail de sensibilisation au niveau politique, auprès des décideurs, du ministère de l’Éducation. Ça a pris beaucoup de lobbying et de réunions», se souvient Claudette Roy, ancienne enseignante et figure de proue du combat. 

À l’époque, l’idée divise au sein même de la communauté. Les militants doivent convaincre de nombreux parents francophones de l’intérêt de l’éducation dans leur langue maternelle. 

Première école en 1984

«Beaucoup s’estimaient déjà chanceux d’avoir l’immersion. Ils pensaient que ça suffisait, témoigne Claudette Roy. Mais l’immersion ne répond pas aux besoins pédagogiques et identitaires des enfants dont le français est la langue maternelle.»

«C’est inefficace, ce sont des écoles d’assimilation», renchérit Paul Dubé, dont le fils fréquentait une classe d’immersion française au début des années 1980.

Paul Dubé est l’un des fondateurs du groupe qui a porté l’affaire de la gestion des écoles francophones en Alberta devant la Cour suprême du Canada. 

Photo : Courtoisie

Avec son groupe, Claudette Roy obtient 1000 signatures en faveur de l’ouverture d’un premier établissement scolaire francophone à Edmonton. Ce travail de longue haleine finit par payer. 

En septembre 1984, le Conseil scolaire catholique d’Edmonton, qui est anglophone, accepte d’ouvrir la première école francophone financée entièrement par des fonds publics en Alberta, l’École Maurice-Lavallée.

«Un grand nombre de gens était là pour l’inauguration. Nous n’avions pas encore le deuxième cycle et la gestion, mais c’était déjà un tel succès», se remémore Claudette Roy.

L’Association Bugnet décide, quant à elle, de porter la lutte devant les tribunaux. «Nous ne voulions pas que nos écoles soient gérées, même partiellement, par des anglophones, explique Paul Dubé, l’un des cofondateurs. Nous considérions que nous étions les plus aptes à prendre les décisions adaptées à nos réalités.»

En parallèle, le groupe mène une «campagne tapageuse» dans les médias, selon les mots de Paul Dubé, pour contrer les arguments des autorités provinciales, hostiles à une gestion francophone. 

«On est entré en lutte avec l’establishment qui s’opposait à nous. On avait une image de têtes brulées, mais on s’était entourés d’avocats. On avait travaillé tous les côtés, financiers, juridiques, statistiques, raconte Paul Dubé. Notre initiative a eu une résonance importante au sein de la société.»

«Une immense étape franchie»

Claudette Roy reconnait que cette bataille judiciaire a contribué à éveiller les consciences. «Mais en ce temps-là, c’était quelque chose de tellement nouveau, beaucoup de parents et d’enseignants n’avaient pas idée de demander immédiatement la gestion. Ils préféraient y aller par étape», confie-t-elle.

En 1985, la Cour du banc de la reine examine le dossier, puis c’est au tour de la Cour d’appel de l’Alberta en 1987. 

Entretemps, de nouvelles écoles françaises ouvrent leurs portes et, en 1989, les Franco-Albertains obtiennent la création d’un deuxième cycle.

La Cour suprême du Canada rend finalement sa décision en 1990 dans ce qui est connu comme l’affaire Mahé.

«Le jugement de la Cour suprême du Canada dans l’affaire Mahé reconnait aux parents appartenant à la minorité linguistique, lorsque le nombre le justifie, le droit de gérer leurs propres établissements d’enseignement», peut-on lire sur le site Internet du Commissariat aux langues officielles du Canada.

Une immense étape venait d’être franchie, mais ce n’était qu’une partie de la bataille.

— Paul Dubé

Le ministère de l’Éducation albertain établit un groupe de travail pour définir plus en détail un modèle de gestion et adopter une règlementation provinciale. 

Combien de conseils scolaires francophones doivent être créés? Où faut-il les implanter? Comment financer les nouvelles écoles? Comment recruter les enseignants? Autant de questions auxquelles le comité mettra plus de deux ans à répondre. 

À lire aussi : 30 ans plus tard, l’héritage incroyable de l’arrêt Mahé

«Sentiment d’unité» au sein de la communauté

«Le gouvernement a accepté la plupart de nos recommandations, rappelle Claudette Roy qui a fait partie de ce comité. Il faut dire qu’avec les écoles existantes, nous avions déjà pas mal d’acquis, un historique d’enseignement et de résultats scolaires.»

Après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi scolaire, les premiers commissaires scolaires francophones sont élus en mars 1994.

Franck McMahon est l’un des premiers commissaires scolaires francophones, élus en mars 1994. 

Photo : Courtoisie

Très vite, les débats se cristallisent autour de la confessionnalité du système scolaire, comme l’explique Frank McMahon, élu au Conseil scolaire Centre-Nord de l’Alberta. 

«Les parents pouvaient décider si l’école restait ou non catholique, mais certains auraient préféré que tous les établissements soient non confessionnels», détaille-t-il. 

La première école publique, l’École Gabrielle-Roy, est ainsi fondée à Edmonton en 1997.

Aux yeux de Frank McMahon, la gestion francophone a contribué à forger un «sentiment d’unité» au sein d’une communauté isolée, éparpillée aux quatre coins de la province.  

«Les écoles sont devenues des lieux de rassemblement, des milieux enrichissants qui encouragent la vitalité de la culture et du tissu communautaire, souligne-t-il. Les familles apprennent plus facilement à se connaitre et interagissent dans leur langue.»

«Gérer nous-mêmes nos écoles nous a aussi permis d’avoir des programmes d’études plus adaptés à nos besoins et d’avoir plus d’établissements, plus rapidement», poursuit Claudette Roy.

À lire aussi : Éducation en Alberta : l’identité des francophones bafouée

Des écoles encore menacées 

Trente ans plus tard, l’inclusion constitue le principal défi selon les trois militants interrogés. 

«Notre communauté n’a jamais été aussi diverse. Nous devons rendre nos écoles accueillantes pour que tous les élèves, quelles que soient leurs origines et leurs cultures, se sentent intégrés et respectés», insiste Franck McMahon.

Aujourd’hui, c’est un défi de créer un sentiment d’appartenance. Il faut ouvrir en grand la porte de la francophonie et utiliser l’élément rassembleur que constitue le français pour assurer la pérennité de la communauté.

— Paul Dubé

Si l’Alberta compte aujourd’hui 44 écoles francophones, l’éducation en français reste menacée. 

«L’existence de nos conseils scolaires est protégée par la loi. La communauté a des droits garantis, mais nous devons rester vigilants et unis pour conserver nos acquis et des financements équitables», considère Claudette Roy.

«Il y a toujours un conflit avec le gouvernement provincial qui n’est pas convaincu de l’importance du bilinguisme, comme l’a montré l’affaire du financement du Campus Saint-Jean», estime Paul Dubé.

Il appelle la communauté à s’engager davantage : «Tout le monde doit retrouver le feu sacré que nous avions à l’époque pour sauver la langue française.»

À lire aussi : Campus Saint-Jean : vers une intervention fédérale?

J’ai longtemps perçu la course à pied comme le sport le plus ingrat qui soit. Je ne voyais pas l’intérêt de courir sans but. Je pensais qu’il me fallait un ballon, une raquette ou un vélo pour m’amuser. Et puis le confinement est arrivé.

La seule pratique sportive extérieure autorisée en France, où j’habitais à l’époque, était la course à pied. Alors, comme beaucoup de monde, j’ai pris mes baskets pour vagabonder dans les rues désertes.

Au début, je courais lentement, ce qui ne m’empêchait pas de souffrir. Courir 30 minutes sans m’arrêter était un calvaire ; plusieurs muscles jusqu’alors délaissés me rappelaient douloureusement qu’ils existaient.

Et puis j’y ai pris gout. J’ai aimé courir par -20 °C cet hiver. J’ai aimé faire des répétitions intenses, à devoir finir par marcher en fin de séance.

Anthropologie

Plus que tout, j’ai aimé mes longues séances du samedi matin, où j’ai couru parfois plus de deux heures trente, un balado dans les oreilles. À tel point que, lors des belles journées d’été, j’avais envie de courir deux fois par jour (sans forcément le faire, il faut savoir ménager sa monture).

Pendant mes longues heures à fouler le goudron, j’ai eu le temps de me poser cette question : comment suis-je passé d’une phase de détestation d’un sport – qui est d’ailleurs parfois vu comme une punition dans les cours d’éducation physique à l’école – à une phase d’amour fou en si peu de temps?

— Timothée Loubière

Il y a des raisons personnelles évidemment (gout de la performance, pratique extérieure), mais pas seulement. Je me suis beaucoup informé sur les secrets de cette discipline.

Un bon point de départ est sans doute l’approche anthropologique du livre Born to Run de Christopher McDougall qui rappelle, avec l’exemple du peuple mexicain des Tarahumara, que l’Homme est fait pour courir.

Nous sommes des bipèdes, plus lents que beaucoup d’autres animaux, mais beaucoup plus endurants. Pour capturer nos proies, on se devait de les épuiser en les chassant longtemps.

Dans nos sociétés modernes, où la nourriture nous est livrée sur le pas de la porte, cette endurance remarquable tend à être profondément enfouie. Mais l’évolution est lente et nos capacités biomécaniques sont toujours bien présentes, et la pratique régulière permet de la faire ressurgir.

Endorphines

D’un point de vue biologique, une donnée explique beaucoup de choses dans l’amour de la course à pied : la sensation de bienêtre à la fin de sa sortie. L’explication est simple. Quand on court, le système nerveux central libère des endorphines, les hormones du plaisir. C’est pour cette raison que le coureur a envie de retourner courir, pour sa propre satisfaction.

Un sentiment de satisfaction qui est renforcé par notre progression.

Avec un entrainement un minimum régulier et bien équilibré, quand on est débutant, on progresse vite. On court plus rapidement, plus longtemps, en se fatiguant moins.

Aujourd’hui, on peut partager nos exploits sur le réseau social Strava, où nos amis nous encouragent en envoyant des «kudos» et où l’on peut se comparer aux autres – ce qui s’accompagne nécessairement d’inconvénients.

Espérance de vie

Et que dire des bienfaits sur notre santé, pas toujours visibles au premier abord, mais bien réels? La liste est longue : renforcement du cœur, perte de poids, prévention des risques de diabète, de cholestérol ou encore d’hypertension…

C’est bien simple, une étude montre que courir, même de façon modérée, augmente de façon conséquente notre espérance de vie.

De plus, contrairement à la croyance très répandue qui veut que courir s’avère néfaste pour les genoux, la pratique de la course serait plutôt bénéfique en cas d’arthrose du genou, comme l’explique Blaise Dubois, physiothérapeute et fondateur de la Clinique du coureur.

Il y a aussi des répercussions bénéfiques indirectes. Quand on se fixe un objectif ambitieux, que l’on passe de nombreuses heures hebdomadaires à s’entrainer, on ne veut pas voir tous ses efforts gâchés par une hygiène de vie douteuse.

Ainsi, en me préparant pour le marathon, j’ai appris à mieux manger et à dormir davantage, deux piliers indispensables pour progresser. Car pour que le corps se renforce, s’entrainer c’est bien, mais bien récupérer l’est tout autant.

C’est simple, depuis que je me suis mis sérieusement à courir, je me sens beaucoup mieux, et ce, je tiens à le préciser, sans avoir la sensation de me priver de quoi que ce soit.

Reste le cas des personnes qui, pour une raison X ou Y, souvent liée à une pathologie, ne peuvent pas courir. Et bien la bonne nouvelle c’est que tous les bénéfices énoncés plus haut ne sont pas exclusifs à la course à pied. D’autres sports d’endurance, comme le vélo ou la natation par exemple, sont excellents pour la santé. Qu’attendez-vous pour vous y mettre?

Timothée Loubière est journaliste pupitreur au quotidien Le Devoir. Avant de poser ses valises au Québec en 2022, il était journaliste sportif en France, notamment au journal L’Équipe.

Faux pas à la Chambre

Lors de la visite du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 22 septembre à Ottawa, des députés se sont trouvés dans l’embarras après avoir applaudi Yaroslav Hunka, un vétéran ukrainien ayant combattu avec une unité nazie lors de la Seconde Guerre mondiale.

L’ancien président de la Chambre des communes, Anthony Rota.

Photo : Archives Le Voyageur

Le président de la Chambre des communes, Anthony Rota, avait invité le vétéran, qui habite dans sa circonscription de Nipissing-Temiskaming, à recevoir une reconnaissance du Parlement.

Dans une déclaration en chambre lundi, Anthony rota a présenté ses excuses et a pris l’entière responsabilité de cet acte. Il a assuré qu’il ne connaissait pas le passé de Yaroslav Hunka au moment de faire son éloge. «Je ne pense pas avoir vécu une période aussi difficile en chambre depuis mon arrivée en 2004», a-t-il confié.

Mardi matin avant la réunion de cabinet, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, et la leadeure du gouvernement à la Chambre, Karina Gould, ont invité le président à remettre sa démission. Quelques heures plus tard, Anthony Rota a perdu l’appui de tous les partis et a tiré sa révérence.

Mercredi, le premier ministre a présenté «les plus sincères excuses du Parlement». Anthony Rota était «l’unique responsable de l’invitation lancée à cet homme et de l’hommage qui lui a été rendu», a déclaré Justin Trudeau.

Le député bloquiste Louis Plamondon agit à titre de président intérimaire de la Chambre des communes depuis mercredi soir. L’élection d’un nouveau président aura lieu le mardi 3 octobre.

Lundi, le NPD et le Bloc québécois ont réclamé la démission du président de la Chambre.

Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a accusé le bureau du premier ministre, «chargé d’organiser et d’approuver tous les invités et programme des visites d’État de ce type», a-t-il écrit sur X.

Le président russe Vladimir Poutine a souvent défendu son invasion de l’Ukraine en prétendant procéder à une dénazification du pays. Sur la plateforme X, l’ambassade russe a accusé le Canada d’«ouvertement et sans aucune hésitation, glorifier les bouchers nazis».

Nouveaux fonds pour le logement et démolitions au chemin Roxham

Le ministère des Finances a annoncé mardi que la limite annuelle du programme d’Obligations hypothécaires du Canada passerait de 40 milliards à 60 milliards.

Selon le ministre du Logement, Sean Fraser, le programme d’Obligations hypothécaires du Canada permet de construire plus de logements. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

Ce nouveau financement devrait permettre la construction de 30 000 logements locatifs.

Le programme, géré par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), offre une assurance prêt hypothécaire et une titrisation pour la construction.

«Nous éliminons le risque de l’équation pour les prêteurs, a expliqué le ministre du Logement, Sean Fraser, en conférence de presse mardi. En intensifiant notre titrisation, nous pouvons fournir une assurance de sorte que les institutions financières qui prêtent l’argent ne courent pas autant de risques, ce qui leur permet de prêter à un taux plus bas.»

«Lorsque les taux sont plus bas pour les constructeurs, ces derniers construisent davantage de logements», a-t-il ajouté.

La ministre des Finances, Chrystia Freeland, a assuré que cette mesure n’impliquait «aucun impact fiscal pour le gouvernement du Canada».

La Gendarmerie royale du Canada (GRC), présente pendant six ans sur ce passage entre le Québec et les États-Unis, a démoli sa dernière installation lundi.

Le chemin Roxham a été fermé le 25 mars dernier suite à un accord conclu entre Ottawa et Washington, dans le cadre de la modernisation de l’Entente sur les tiers pays sûrs. C’était auparavant un point de passage irrégulier par lequel passaient des migrants souhaitant présenter une demande d’asile au Canada.

À lire aussi : Visite officielle de Joe Biden : la frontière fermée à l’immigration irrégulière dès le 25 mars

Élections au Manitoba et nouvelles données sur l’immigration

Les élections provinciales du 3 octobre au Manitoba donnent lieu à une lutte serrée entre le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti progressiste-conservateur actuellement au pouvoir.

Le NPD, parti de l’opposition officielle dirigé par le député Wab Kinew, mène présentement dans les sondages. S’il remporte l’élection, il deviendra le premier premier ministre provincial issu des Premières Nations.

Wab Kinew centre sa campagne sur la santé et l’équilibre budgétaire. En entrevue avec Radio-Canada, il a affirmé que le français faisait partie du patrimoine et de l’avenir de la province.

Il s’est notamment engagé à rétablir un poste de sous-ministre adjoint au Bureau de l’éducation française (BEF) et d’embaucher plus de personnel dans le département.

Le candidat a en outre confirmé son intention de rétablir une cible d’immigration francophone.

Selon Statistique Canada, la population d’immigrants temporaires (2,2 millions) a dépassé celle des Autochtones au Canada (1,8 million). Soit une hausse de 46 % de résidents non permanents par rapport à l’année dernière.

Cette augmentation est la plus importante observée depuis que des données comparables sont accessibles (1971-1972), rapporte l’agence fédérale.

Les résidents non permanents comprennent, entre autres, les travailleurs étrangers temporaires, les étudiants étrangers et les demandeurs d’asile.

De juillet 2022 à juillet 2023, près de 98 % de la croissance de la population au Canada était due au solde migratoire international. Seulement 2 % provenaient de la différence entre les naissances et les décès.

En 2010, un rapport de l’UNESCO identifiait 86 langues autochtones au Canada, selon les données du recensement de 2001. Ces langues se trouvaient soit en situation «vulnérable», «en danger certain», «sérieusement en danger» ou en «situation critique».

À l’époque, les langues en danger n’étaient parlées que par 10 % des locuteurs, l’autre 90 % ayant comme première langue parlée une langue autochtone viable.

Aujourd’hui, le Canada enregistre un déclin continu du nombre de locuteurs.

Selon le recensement de 2021, environ 237 420 Autochtones déclaraient «pouvoir parler une langue autochtone assez bien pour pouvoir tenir une conversation». Une baisse de 4,3 % comparativement à 2016.

Le nombre d’Autochtones ayant déclaré une langue autochtone comme la première langue apprise à la maison durant l’enfance a baissé de 7,1 % par rapport à 2016, et une hausse de 6,7 % a été enregistrée pour les langues autochtones comme langue seconde.

Une réappropriation des langues autochtones

Belinda kakiyosēw Daniels fait de la recherche en lien avec les langues autochtones.

Photo : Quin Bay

Selon Belinda kakiyosēw Daniels, professeure nēhiyaw en éducation autochtone à l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique, cette augmentation vient de locuteurs et d’apprenants qui se réapproprient la langue et qui la rapportent à la maison.

Elle constate un développement lent, mais certain, de programmes de langue seconde, d’immersion et de cours de langues autochtones : «Il y a un intérêt grandissant.»

«Il y a aussi la récente Loi sur les langues autochtones, ça va aider, assure-t-elle. On a aussi un commissaire aux langues autochtones et trois directeurs. Toutefois, on a besoin de politiques à travers le pays ou par province.»

Elle rappelle qu’en 2022, le mi’kmaw est officiellement devenu langue d’origine en Nouvelle-Écosse. Selon la professeure, il faut «plus d’occasions et d’expériences de ce genre dans chaque province».

«Je ne sais pas pourquoi le gouvernement canadien pense que c’est si compliqué. Si tu vas en Europe, c’est très multilingue. Le Canada peut être de cette façon aussi.»

La Loi sur les langues autochtones a reçu la sanction royale en juin 2019 et découle d’appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation.

Maintenant, «il faut de nouvelles politiques, des provinces, des conseils scolaires, des lois sur l’éducation qui aident à implanter la Loi sur les langues autochtones», détaille Belinda kakiyosēw Daniels.

La professeure indique également un besoin d’occasions et d’incitations liées à l’emploi où ces langues peuvent être employées.

Manque de formateurs

Aujourd’hui candidat aux élections provinciales manitobaines, Robert-Falcon Ouellette est professeur agrégé en éducation autochtone à l’Université d’Ottawa et membre de la nation crie Red Pheasant en Saskatchewan. Il explique que la perte d’une langue engendre une perte de fierté.

Le monde se questionne s’ils sont de vrais autochtones : “Ça fait trois générations, nous ne vivons plus sur des réserves, je suis autochtone mais je ne participe pas, je ne suis pas pratiquant dans les cérémonies traditionnelles” […] Ils ont le sentiment de ne pas être de vrais participants dans leur propre culture.

— Robert-Falcon Ouellette

L’ancien député fédéral libéral est heureux de constater une initiative de conseils scolaires qui invitent des Ainés autochtones et des conseillers pédagogiques spécialisés sur les questions autochtones dans les écoles.

«[Les Ainés] vont dans des classes d’école et font des présentations, parlent avec les jeunes, organisent des activités, parfois enseignent la langue, l’histoire, les enseignements traditionnels autochtones, la connaissance traditionnelle.»

Mais il s’interroge : qui forme ces intervenants?

Robert-Falcon Ouellette est professeur agrégé en éducation autochtone à l’Université d’Ottawa.

Photo : Courtoisie

«Il n’y a pas d’université ou de collège qui octroie un diplôme à un Ainé pour dire qu’il est qualifié et qu’il sait de quoi il parle, rappelle le professeur. C’est la même chose avec les conseillers pédagogiques. Ils ont peut-être beaucoup lu sur les Autochtones dans des cours universitaires, peut-être qu’ils ont suivi un microprogramme. […] Ils peuvent démontrer dans les livres ce que sont les Autochtones, mais est-ce qu’ils connaissent vraiment la vie ou les vraies traditions, les anciennes traditions des peuples autochtones?»

D’après lui, dans le cadre de la réconciliation, ça peut être très encourageant pour un jeune Autochtone de constater qu’un non-Autochtone a appris «au moins quelques mots».

«Ça devient un moment important pour le jeune de dire que sa langue est importante et que lui aussi devrait la connaitre.»

Mais la même question lui revient à l’esprit : qui sont les enseignants qualifiés?

Le pouvoir de la langue

«Si tout le monde parlait sa langue autochtone, nous aurions un sens d’identité et de connexion à la terre, et nous serions capables de nous exercer avec souveraineté», affirme Belinda kakiyosēw Daniels.

Selon elle, «ça ne serait pas l’intérêt de la Couronne britannique», qui a longtemps tenté d’assimiler les peuples autochtones.

Il y a une raison pour laquelle nos langues ont été attaquées, pour laquelle nos enfants ont été pris, volés, kidnappés et trafiqués. Ça nous a pris un moment pour nous relever et nous réapproprier qui nous sommes, et la langue est la chose la plus importante pour la Nation.

— Belinda kakiyosēw Daniels

La chercheuse appelle le gouvernement fédéral, les provinces et les municipalités à davantage mettre en œuvre la Loi sur les langues autochtones afin de les revitaliser, mais doute du travail effectué actuellement.

«La question que je me pose, c’est qui s’en occupe? Qui fait le travail? Parce que de mon expérience et de ce que je vois, de l’endroit où je suis, c’est principalement les Premières Nations qui font le gros du travail quand il s’agit de revitaliser nos langues.»

Michèle Audette a prêté serment lors de sa nomination au Sénat en français et en innu-aimun.

Photo : Courtoisie

Le statut des langues autochtones

Les débats entourant le projet de modernisation de la Loi sur les Langues officielles (LLO), adoptée en juin dernier, ont laissé place à une discussion sur la place des langues autochtones dans le préambule de cette loi.

La sénatrice innue-québécoise, Michèle Audette, a proposé des amendements de reconnaissance des langues autochtones dans la nouvelle Loi sur les langues officielles. Ses propositions d’amendements ont été rejetées, n’ouvrant pas la porte vers un statut plus officiel pour les langues autochtones.

À lire aussi : Refonte des langues officielles : «pas le véhicule» pour les langues autochtones

«La langue est ce qui nous donne notre identité, notre culture, notre relation à un territoire, nos responsabilités, une histoire, une vie contemporaine et nos aspirations pour demain», avait déclaré la sénatrice lors de la troisième lecture du projet de loi C-13 au Sénat, le 15 juin 2023.

«Je suis convaincue que dans 10 ans, les langues autochtones seront ajoutées comme langues officielles, avait-elle dit. Le fait qu’il y ait la Loi sur les langues autochtones est encourageant, cependant les droits et pouvoirs ne seront pas égaux à ceux que possèdent les langues officielles.»

À lire aussi : Langues autochtones : C-13 a «manqué le bateau»

L’esprit de la langue

Pour Belinda kakiyosēw Daniels, la langue n’est pas juste un moyen de communiquer, mais aussi un moyen de comprendre le monde dont nous faisons partie.

Elle explique que plusieurs termes de langues cries font référence à des éléments de la nature, comme «miskîk» pour les yeux et kîsik pour le ciel.

La langue reflète alors le rapport à la nature : «Nous faisons partie de la nature. Les colons croient posséder la nature.»

«Apprends une langue autochtone et tu apprendras une autre vision du monde quand tu vois l’environnement. Tu comprendras que cet arbre, cette montagne, sont des esprits vivants, dit-elle. Apprendre une langue autochtone aide à découvrir cette manière de voir le monde, et d’être connecté à lui.»

* Les segments de ce texte produits avec l’assistance d’un robot conversationnel sont clairement identifiés.

Fonction d’autocorrection de notre téléphone cellulaire, application de traduction automatique d’un texte en ligne, assistant virtuel personnel comme Alexa prêt à nous faire jouer notre chanson préférée. Nous utilisons tous l’intelligence artificielle (IA) dans notre quotidien, parfois même sans le savoir.

L’IA est utile, elle améliore notre efficacité. Elle semble aussi nous rendre plus «intelligents» en nous permettant d’accéder à des connaissances et des méthodes de travail qui étaient réservées jusqu’alors à des experts. Il suffit d’une recherche rapide pour comprendre que le métier de journaliste est l’un des plus menacés par l’arrivée de l’IA, plus précisément, l’IA générative.

L’IA dite «traditionnelle» permet d’automatiser des tâches ou d’exécuter des opérations comme la traduction ou des calculs complexes. L’IA générative, comme son nom l’indique, génère des contenus à partir de gigantesques bases de données. Elle a la capacité de créer notamment de l’audio, des images, des vidéos et des textes de toutes sortes, dont des articles journalistiques. Ses capacités sont immenses.

À lire aussi : L’intelligence artificielle, une odyssée vers l’inconnu

Distinguer le vrai du faux

Heureusement, les médias dignes de confiance sont plutôt prudents dans l’intégration de l’IA générative dans leur salle de rédaction.

À titre d’exemple, le Los Angeles Times utilise depuis quelques années le robot Quakebot pour rédiger des articles dans les minutes suivant un tremblement de terre. Le texte est ensuite soumis à un secrétaire de rédaction – en chair et en os –, qui jugera si l’article mérite d’être publié. Dans l’affirmative, par souci de transparence, le journal y ajoutera une mention précisant qu’il a été généré par une intelligence artificielle.

Malheureusement, de «prétendus médias» utilisent l’IA générative pour produire des articles d’apparence journalistique. Ces textes comportent une fausse signature et sont publiés sans vérification des faits.

Certains médias ont même l’audace de publier un «guide de déontologie» et une «politique d’information» sans déclarer qu’aucun être humain n’assure la validité des données derrière la machine. L’audience n’y voit que du feu.

Et pourquoi des médias agissent-ils ainsi? Simplement pour empocher des revenus publicitaires.

Ces producteurs malveillants de contenus réussissent à se faufiler dans les moteurs de recherche, sur les réseaux sociaux et participent activement à la mésinformation et à la désinformation.

En plus du contenu écrit, il ne faut pas oublier que des systèmes d’IA générative réussissent à produire de l’hypertrucage [deepfake], c’est-à-dire une création ou une altération numérique de contenu visuel, audio ou vidéo usurpant l’identité d’une personne.

En février dernier, le premier ministre du Canada a d’ailleurs fait l’objet d’un hypertrucage dans une fausse entrevue avec l’animateur américain Joe Rogan.

À lire aussi : Quelle place pour la francophonie canadienne dans l’intelligence artificielle?

Occasion à saisir avec prudence

L’intelligence artificielle offre une tonne d’outils qui facilitent la vie des journalistes. Que ce soit des outils de transcription d’entrevues, de traduction de documents, de compilation de statistiques et j’en passe. Somme toute, des outils qui permettent de gagner du temps et d’automatiser les tâches peu stimulantes.

Mais l’IA ne peut pas remplacer, du moins encore, la sensibilité du journaliste. Elle ne permet pas d’interpréter un silence dans une entrevue ou encore d’aller chercher l’émotion chez un interlocuteur. Elle ne parvient pas non plus à s’adapter à une audience cible et ne tient pas compte du contexte culturel comme le font nos journaux locaux par exemple.

Par curiosité, j’ai demandé au robot conversationnel Chat GPT (consultez la conversation complète) de déterminer les risques de l’utilisation de l’IA générative en journalisme. Il est arrivé à la liste suivante :

  1. Diffusion de fausses informations
  2. Perte de confiance [envers les médias]
  3. Biais algorithmique (reproduction de préjugés)
  4. Remplacement des journalistes
  5. Perte de créativité et de perspectives humaines
  6. Utilisation abusive par les gouvernements ou les acteurs malveillants (propagande)
  7. Protection de la vie privée

Une liste plutôt juste.

En fait, le robot conversationnel a repris essentiellement les mêmes points soulevés dans les divers documents publiés sur la question qui se trouvent assurément dans sa base de données.

Chat GPT y va aussi d’une sage mise en garde puisée dans ses multiples sources : «Il est important de noter que les risques associés à l’IA générative dépendent de la manière dont elle est utilisée et règlementée.» Entendons-nous que nous y avions pensé nous aussi.

Le temps est venu pour les médias de mettre la guerre des clics de côté et de travailler avec les élus et les citoyens pour baliser l’utilisation de l’IA en information. Une action qui s’inscrit dans la lutte à la désinformation, qui met à risque plus que jamais nos démocraties.

En aout dernier, des associations et des grands médias de partout dans le monde, ont signé une lettre ouverte réclamant une intervention des États afin de règlementer l’usage de l’IA. Même si les signataires se déclarent en faveur de l’utilisation de l’IA, ils réclament de «protéger le contenu qui alimente les applications d’IA et maintenir la confiance du public dans les médias qui promeuvent les faits et alimentent nos démocraties».

Se sensibiliser pour mieux s’informer

Que nous le voulions ou non, nous sommes tous ensembles dans cette aventure devant l’intelligence artificielle. D’une part, les gouvernements ont la responsabilité de légiférer, pour assurer une utilisation à bon escient de l’IA, notamment en information.

D’autre part, les médias professionnels, déjà confrontés à cette réalité, doivent s’imposer des balises d’utilisation des nouvelles technologies et mettre à jour leur politique d’information et leurs lignes directrices en matière de transparence, d’éthique et de déontologie pour maintenir le lien de confiance avec leur audience. Un média se doit d’être transparent dans tous les aspects de son travail.

En tant que consommateurs d’information, votre jugement importe.

Dans un monde où l’information nous parvient par algorithmes, par processus de référencement et par popularité de l’émetteur, vous êtes l’ultime rempart contre la désinformation.

Pour ce faire, il faut se sensibiliser au travail journalistique et il faut faire de la sensibilisation. Une bonne compréhension citoyenne du journalisme et des médias solidifiera nos démocraties.

Selon un sondage d’Abacus Data publié le 14 septembre, 37 % des répondants âgés de 18 à 29 ans voteraient pour le Parti conservateur contre 22 % pour le Parti libéral, si des élections devaient avoir lieu.

Pour les 30-44 ans, l’écart est similaire : 40 % voteraient pour le Parti conservateur, 22 % pour les libéraux.

Le sondage démontre aussi que les électeurs, tous âges confondus, dans l’hypothèse que des élections auraient lieu aujourd’hui, 41 % des électeurs engagés voteraient pour les conservateurs, contre 26 % pour les libéraux.

Pourtant selon certains politologues, les jeunes électeurs sont traditionnellement tournés plus vers la gauche que la droite politique.

Selon le professeur en sciences politiques Frédéric Boily, en raison de la situation économique actuelle, les jeunes sont moins captifs face aux discours du Parti libéral et du Nouveau parti démocratique.

Photo : Courtoisie

Inflation et crise du logement

Pour Frédéric Boily, professeur en sciences politiques au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, plusieurs facteurs expliquent l’érosion du vote libéral chez les jeunes, à commencer par la situation économique actuelle.

«La rareté du logement fait en sorte qu’il y a une préoccupation ici qui touche particulièrement les jeunes», observe le chercheur.

«Les jeunes sont touchés comme tout le monde, mais plus de plein fouet par la question du chômage, la question de l’inflation, la question de l’accès à un logement… Même louer un appartement ça devient difficile, ça devient très cher», renchérit Roger Ouellette, professeur en sciences politiques à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton.

Le bassin d’électeurs dans la trentaine a de la difficulté à s’acheter des propriétés en raison des taux d’intérêt élevés, ajoute le politologue.

«Les gens de ma génération, on est plus âgé, on est en fin de carrière, la maison est payée, on n’a pas de dettes, le jeune lui commence dans la vie.»

À lire aussi : Pauvres jeunes!

Le vote francophone

Selon Roger Ouellette, la majorité des francophones canadiens vote traditionnellement pour le parti libéral. Que ce soit au Québec ou au sein des minorités, le Parti conservateur n’arrive pas à connecter de manière significative le vote francophone.

Frédéric Boily abonde dans le même sens. «Il y a eu [dans le passé] une mobilisation francophone en milieu minoritaire très forte contre les conservateurs», constate-t-il. Le parti conservateur «était pratiquement un adversaire des communautés francophones».

Cependant, le professeur franco-albertain n’exclut pas la possibilité qu’il y ait des francophones qui songent à changer de parti pour les mêmes raisons socioéconomiques discutées plus haut.

Le message des conservateurs

Même si les conservateurs concentrent leur message sur les enjeux du logement et de l’économie, ils évitent de parler des valeurs qui touchent principalement les jeunes, tels que le conservatisme social et religieux ou la question de l’avortement, remarque Frédéric Boily.

Bien que les jeunes canadiens gardent les mêmes valeurs qu’auparavant, comme l’environnement, «ils sont préoccupés par des questions de nature économique, plus terre-à-terre», souligne le politologue.

Pour lui, le message porté par le chef conservateur, Pierre Poilievre, peut incarner, «jusqu’à un certain point, une sorte de renouveau ou incarner la jeunesse, par rapport à Justin Trudeau qui commence à être là depuis longtemps dans le paysage politique».

Le politologue Roger Ouellette soutient que le jeune électorat canadien subit les conséquences de l’inflation et du taux d’intérêt élevé.

Photo : Courtoisie

«L’usure du pouvoir»

Le Parti libéral est frappé par ce que les experts appellent «l’usure du pouvoir». 

Roger Ouellette rappelle que le premier ministre actuel, Justin Trudeau, avait défait le gouvernement conservateur de Stephen Harper en 2015, alors qu’il entamait sa dixième année au pouvoir.

Après presque 10 ans de gouvernement libéral, «on dirait que les Canadiens ont envie de changer d’équipe ou de changer de premier ministre», lance-t-il.

Le professeur soutient par ailleurs que dans la «nature de notre système politique», quel que soit le parti au pouvoir, ce dernier sera toujours pointé du doigt lorsque les choses ne vont pas bien.

D’ailleurs, le Parti conservateur blâme dans ses communications le gouvernement de Justin Trudeau, soulèvent les politologues.

«Les conservateurs disent “bien voilà, les libéraux ont dépensé sans compter, ils ont jeté de l’argent par les fenêtres et puis la résultante de cela, ça a entrainé ou ça a alimenté l’inflation”», commente Roger Ouellette.

«À la Chambre des communes, Pierre Poilievre utilisait beaucoup l’expression “Trudeauflation”», indique-t-il.

«Les conservateurs marquent constamment que c’est là le problème principal, insiste à son tour Frédéric Boily. Le Parti conservateur répète constamment ce même message-là, et il le répète sur toutes les plateformes.»

Pour lui, le gouvernement libéral est «à court de solutions» et les jeunes électeurs, tout comme la population canadienne, s’interrogent donc sur sa capacité à gouverner.

De plus, les ministres ne sont pas sortis de leur retraite à la fin du mois d’aout «avec nécessairement des solutions», déplore-t-il.