Le député franco-ontarien Francis Drouin confirme que la francophonie et les dossiers connexes n’ont pas été «un symptôme du caucus» libéral qui s’est tenu juste avant la rentrée parlementaire. En revanche, «ça donne toujours une chance aux [députés francophones] de se rencontrer», affirme-t-il.
Même si Francis Drouin ne se représentera pas aux prochaines élections, il affirme que le plan des libéraux pour la prochaine session parlementaire reste «le meilleur».
Après une discussion avec les ministres des Langues officielles, Randy Boissonnault, et de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marc Miller, Francis Drouin veut surtout «s’assurer qu’on a compris ce qu’on allait faire», soit avancer sur les dossiers plutôt que d’accorder trop de temps aux «crises qui agitent les bureaux de ministres».
Francis Drouin fait une référence à peine voilée à la controverse dont il a été le point de départ au printemps, après ses propos à l’endroit de témoins lors d’une réunion du Comité permanent des langues officielles.
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Si les conservateurs spéculent sur le retour ou l’absence de Francis Drouin au Comité, l’élu ne semble pas s’en préoccuper.
«À ce que je sache, je suis encore là, rappelle-t-il, légèrement agacé. Je contesterais la volonté de certains collègues membres du Comité des langues officielles à continuer à parler de moi. Je ne vois pas comment cela va servir la situation minoritaire dans le pays. Je ne suis pas à Ottawa pour me représenter [mais] pour représenter mes concitoyens. Je n’ai pas un chat qui me parle de ça chez nous.»
Toujours des travaux en langues officielles
Du côté des autres partis, rien de concret ni de nouveau sur la francophonie n’est à l’agenda pour la rentrée parlementaire, à part les dossiers en cours.
Joël Godin, le député québécois à qui Pierre Poilievre a confié le dossier francophone au sein du Parti conservateur, assure qu’il souhaite mettre la pression sur la règlementation de la partie VII de la Loi sur les langues officielles «adoptée depuis un bout de temps maintenant».
Le règlement sur la partie VII
Le règlement sur la partie VII de la Loi sur les langues officielles, rédigé par le Conseil du Trésor, touche à l’application de la Loi en ce qui concerne l’obligation des institutions fédérales de faire la promotion de l’égalité du français et de l’anglais au sein de la société, autant le statut que l’usage.
Le député du Bloc québécois, Mario Beaulieu, assure que son parti ne souhaite pas faire tomber le gouvernement Trudeau à tout prix.
Le porte-parole du Bloc québécois en matière de langues officielles, Mario Beaulieu, manifeste le même désir : «On continue avec la même approche, c’est-à-dire que tout ce qui est bon pour le Québec, on l’appuie. Ce qui est mauvais, on va voter contre.»
Il assure qu’une étude sur le continuum en éducation en français sera sur la table du Comité des langues officielles.
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Une ambiance préélectorale
Le député québécois rappelle ce qui a été dit au caucus du Bloc la semaine dernière : la priorité d’Yves-François Blanchet n’est pas de faire tomber le gouvernement, mais de voter pour les intérêts du Québec. «Le caucus va évaluer ça à mesure que [la session] avance», garantit Mario Beaulieu.
Au premier jour de session le 16 septembre, la leadeure du gouvernement à la Chambre des communes, Karina Gould, a ouvert les hostilités en qualifiant Pierre Poilievre d’«imposteur», car il «ne dit jamais la vérité».
Elle a notamment assuré que, quelles que soient les menaces de motion de censure des conservateurs contre le gouvernement libéral minoritaire, son parti continuera de faire avancer les projets de loi en cours.
Joël Godin assure que les francophones au Canada peuvent être rassurés s’ils «embarquent en auto avec Pierre Poilievre».
Sur les sept jours auxquels auront droit les partis d’opposition pendant la session qui s’amorce, cinq sont destinés au parti conservateur. C’est à cette occasion que Pierre Poilievre pourra déposer sa motion de censure sur la taxe carbone. Ce qu’il promet de faire depuis plusieurs semaines, notamment depuis que Jagmeet Singh, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), a rompu son pacte avec le Parti libéral. Cette entente devait maintenir les libéraux au pouvoir au moins jusqu’en juin 2025.
Joël Godin affirme que la motion sera déposée lors d’une journée d’opposition, sans donner de date : «C’est le gouvernement qui est à l’agenda».
«Il y a sept journées d’opposition. On va donner les jours d’opposition dans le processus normal, comme on l’a fait d’habitude», a confirmé Karina Gould en conférence de presse lundi.
Sur la question, le nouveau chef de cabinet de Jagmeet Singh, Jonathan Gauvin, affirme que les députés du NPD «n’excluent aucune option» quant à leur vote sur une prochaine motion de censure qui serait déposée par les conservateurs.
«Tous nos postes d’enseignants sont pourvus, mais c’était très serré, certains étaient encore vacants quelques jours avant la rentrée», témoigne le directeur général du District scolaire francophone du Nord-Ouest (DSF-NO), au Nouveau-Brunswick, Luc Caron.
Selon Luc Caron, directeur du DSF-NO, au Nouveau-Brunswick, «le stress» lié à la pénurie d’enseignants «va s’agrandir» dans les années à venir.
À l’évocation du recrutement, le responsable n’hésite pas à parler de «casse-tête» et de «stress continuel».
En Nouvelle-Écosse, le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP) espérait dénicher quelque 170 enseignants; une vingtaine de postes demeurent inoccupés. En attendant, toutes les classes ont un suppléant à temps plein certifié par la province, assure le directeur général, Michel Collette.
Même son de cloche du côté du Conseil des écoles fransaskoises (CÉF), où une dizaine de postes ne sont toujours pas pourvus. Le CÉF a, lui, été contraint de faire appel à des individus non certifiés, des retraités de l’enseignement dans le meilleur des cas.
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Le recours à des enseignants non qualifiés est nécessaire dans plusieurs provinces. Au Nouveau-Brunswick, Luc Caron a dû se tourner vers neuf personnes sans brevet d’enseignement.
En Ontario, 150 personnes étaient non certifiées en 2015-2016, contre 700 en 2021-2022, rapporte l’Association des enseignants et des enseignantes franco-ontariens (AEFO).
En Ontario, Gabrielle Lemieux estime que le manque d’enseignants est «critique» et fragilise l’éducation francophone.
Tous les directeurs de conseil scolaire affirment offrir un soutien accru aux novices, comme des formations, des ressources pédagogiques ou un accompagnement en gestion de classe.
Mais ces arguments ne convainquent pas les syndicats. «Ça ne donne pas aux apprenants les compétences et les connaissances dont ils ont besoin pour réussir dans le futur», déplore la présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB), Stéphanie Babineau.
«Ça alourdit la tâche de travail des enseignants qui doivent souvent aider ces recrues inexpérimentées», poursuit la présidente de l’AEFO, Gabrielle Lemieux.
En Saskatchewan, le directeur du CÉF, Ronald Ajavon, reconnait que «ce n’est pas l’idéal». «Mais nous n’avons pas le choix, la pénurie, omniprésente depuis dix ans, s’est aggravée au cours des trois dernières années.»
De nombreux facteurs expliquent la pénurie. Les acteurs de l’éducation mettent en cause les départs à la retraite massifs des générations du babyboum.
«À la suite de la pandémie de COVID-19, on a aussi commencé à voir des mouvements de départ à la retraite anticipée», rapporte le directeur général de la Commission scolaire francophone du Yukon, Marc Champagne.
Au même moment, les jeunes désertent les formations postsecondaires en enseignement. «Ça crée un déséquilibre naturel, il y a plus d’enseignants qui quittent le métier que de nouvelles recrues à même de les remplacer», résume Marc Champagne.
Les besoins n’ont pourtant jamais été aussi pressants. «L’éducation en français n’a jamais été autant populaire et le nombre d’élèves dans nos écoles grandit constamment», affirme Ghislain Bernard à la Commission scolaire de langue française de l’Î.-P.-É.
Les difficultés de recrutement sont encore plus grandes en milieu rural. À l’Île-du-Prince-Édouard (Î.-P.-É.), le directeur général de la Commission scolaire de langue française (CSLF), Ghislain Bernard, évoque un «processus compétitif» en ville, avec souvent cinq à douze candidatures pour un poste. À l’inverse, à la campagne, les postes suscitent peu d’intérêt et «peuvent rester ouverts plusieurs mois».
Dans les Territoires du Nord-Ouest, Yvonne Careen regrette que le métier d’enseignant ait une «connotation négative».
La pénurie gagne cependant les villes. «C’est rendu difficile partout», explique Michel Collette. De la même manière, le directeur des ressources humaines du Conseil scolaire public du Grand Nord de l’Ontario (CSPGNO), Éric Despatie, parle d’un manque de personnel qui «affecte pas mal toute la région».
Néanmoins, certains conseils scolaires s’en sortent mieux que d’autres. À l’Î.-P.-É., la CSLF a réussi à engager les 15 nouveaux enseignants qualifiés dont elle avait besoin. Ghislain Bernard note tout de même des embauches «de plus en plus dernière minute». «Il y a dix ans, tous les postes étaient remplis en juin. Aujourd’hui, le processus dure jusqu’en septembre.»
Les responsables de l’éducation dans le Grand Nord canadien s’estiment également chanceux. Aucun enseignant ne manque à l’appel au sein de la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO) et de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY).
«Ça reste difficile, ça prend plus de temps qu’avant, mais la pénurie ne nous affecte pas autant que les gros districts scolaires de l’Ontario ou du Nouveau-Brunswick», relève la directrice générale de la CSFTNO, Yvonne Careen.
Le directeur général de la CSFY, Marc Champagne, fait le même constat : «Sur les cinq dernières années, on a de moins en moins de candidats qui appliquent.»
Dans ce marché du travail particulièrement tendu, les conseils scolaires sont présents sur tous les fronts. Ils écument les foires d’emploi et les campus universitaires à travers le pays, se font connaitre sur les réseaux sociaux.
Au Yukon, Marc Champagne s’inquiète aussi de la difficulté de trouver des suppléants : «C’est la catastrophe, ça apporte beaucoup de stress au quotidien.»
Ils rivalisent aussi de propositions alléchantes pour attirer les candidats. Le CSAP et le CÉF offrent des bourses d’études, d’autres développent du mentorat et tous approchent les futurs diplômés en éducation avec des contrats permanents.
Le CSPGNO couvre les frais de déménagement au-delà de 200 kilomètres. Le CÉF travaille avec les universités saskatchewanaises pour rendre leurs formations plus accessibles aux jeunes des régions rurales.
Le CSFY a lancé un projet pilote de séjour exploratoire en partenariat avec l’Association franco-yukonaise. Les candidats intéressés ont été invités à visiter le Yukon. «Ça nous a donné beaucoup de visibilité à l’échelle du pays, nous avons reçu plus de 80 CV», se réjouit Marc Champagne.
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Le recrutement à l’international reste une autre solution privilégiée. L’an dernier, le CSPGNO a embauché 11 personnes à l’étranger.
Dans les Territoires du Nord-Ouest, Yvonne Careen compte, elle, sur le bouche-à-oreille : «Les meilleurs vendeurs, ce sont les professionnels qui ont déjà travaillé avec nous.»
Pour les syndicats, ces efforts ne règlent pas le problème à long terme. Selon eux, le monde de l’éducation doit avant tout s’attaquer au problème de l’attractivité du métier.
«On n’a pas une grande banque de candidats qui postulent, mais on n’a pas non plus besoin d’aller les chercher», observe Ghislain Bernard, directeur général de la CSLF à l’Î.-P.-É.
«L’attitude négative de la société, la remise en question de l’école publique, du professionnalisme et de la compétence des enseignants crée une tempête parfaite. Les jeunes ne choisissent plus cette profession», analyse Stéphanie Babineau.
Elle pointe également la charge de travail «qui s’alourdit de façon alarmante», ou encore la violence en hausse.
Les directions scolaires appellent de leur côté à réduire le nombre d’années d’études pour le baccalauréat en éducation, tout en revoyant à la hausse les financements des facultés et le nombre de places dans les programmes de formation.
Car la pénurie n’est pas prête de s’arrêter, bien au contraire. D’après les données de l’AEFO, les besoins sont tels en Ontario que 1000 étudiants devraient être formés annuellement durant les quatre prochaines années. Seulement 450 nouveaux enseignants sont diplômés chaque année.
«La pérennité du système francophone est en jeu, alerte Gabrielle Lemieux. C’est un cercle vicieux, la pénurie ajoute un fardeau aux enseignants en place, ce qui les incite à quitter la profession.»
Au Nouveau-Brunswick, Luc Caron anticipe 200 postes à combler d’ici 2031 : «C’est impossible que l’Université de Moncton nous fournisse autant de monde, il va falloir réfléchir à de nouvelles stratégies.»
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Francopresse a tenté de rejoindre des intervenants de toutes les régions. L’article a été produit avec ceux qui ont été en mesure de répondre avant la date de tombée.
Les débats sur les «témoins pleins de marde» et le Québec bilingue occasionnés par les députés libéraux Francis Drouin et Angelo Iacono ont amplifié la discussion sur la défense du français.
«La solution est dans la solidarité. La solution c’est de travailler ensemble pour le français», dit Mario Beaulieu.
Si les élus ne sont pas tous d’accord sur le diagnostic et la manière de régler l’enjeu, le besoin d’agir fait consensus.
«Pour les francophones hors Québec, je considère [que le gouvernement] devrait en faire beaucoup plus», statue le porte-parole du Bloc québécois en matière de langues officielles, Mario Beaulieu. Il rappelle que les chiffres du dernier recensement de Statistique Canada démontrent un déclin de leur poids démographique partout au pays.
«Je pense que tous les francophones doivent être solidaires contre le déclin du français et on va continuer à travailler encore davantage avec les communautés francophones et acadiennes», ajoute-t-il.
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La porte-parole néodémocrate en matière de langues officielles, Niki Ashton, presse quant à elle le gouvernement de présenter le règlement d’application de la nouvelle Loi sur les langues officielles : «Le projet de loi est essentiel, mais relié à ça, on a besoin de financement, de soutien.»
Le ministre fantôme des langues officielles du Parti conservateur, Joël Godin, trouve aussi le gouvernement libéral lent, surtout à l’égard de la règlementation de la nouvelle Loi.
«C’est notre travail de défendre les langues officielles, parce que moi je ne mets pas en opposition l’anglais et le français. Je veux défendre les deux langues officielles et le français est la langue vulnérable, alors c’est à elle qu’il faut investir beaucoup d’énergie.»
Joël Godin rappelle que le Comité a mené une étude sur ce thème et a «réussi à mettre dans un rapport l’obligation au ministère de l’Immigration de trouver des solutions pour augmenter les cibles en immigration francophone».
Darrell Samson a été surintendant des écoles du Conseil scolaire acadien provincial, le seul conseil scolaire francophone de la Nouvelle-Écosse.
Le député libéral Darrell Samson, qui siège au Comité, est d’accord : il faut plus d’immigration francophone. C’est d’ailleurs un dossier dont il a discuté en privé avec le ministre de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté, Marc Miller. «Ma discussion avec le ministre [en juin] m’avise qu’on devrait être très solide pour réaliser la cible cette année, et même la dépasser.»
En novembre 2023, Marc Miller a annoncé de nouvelles cibles progressives : 6 % en 2024 et 8 % en 2026.
La nouvelle a été plutôt mal accueillie par les organismes francophones, qui demandaient une cible plus ambitieuse. «On a juste pris une approche différente», explique Darrell Samson, qui était lui aussi «un peu déçu» sur le coup.
«On donne un minimum et on s’assure de réaliser le minimum comme on ne l’a jamais fait pendant 20 ans. Si on réussit, les gens seront encore plus fiers.»
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«J’ai proposé une étude sur le continuum en éducation que l’ensemble des organismes réclament depuis plusieurs années. On a réussi à le faire accepter par le Comité des langues officielles. Alors ça, pour moi, c’est une victoire», dit Joël Godin.
Le conservateur Joël Godin affirme qu’il profite d’une «belle et grande» réceptivité de son parti et de son chef en réponse à son travail de défense des francophones hors Québec.
«Le résultat final est que des familles à travers l’Ouest canadien qui veulent, soit comme ayant droit soit comme anglophones, que leurs enfants apprennent le français n’ont pas la possibilité [de le faire].»
«Le financement doit être là pour le secteur de petite enfance, l’éducation et le postsecondaire en français, ajoute-t-elle. On est préoccupé que les établissements postsecondaires n’aient toujours pas le financement stable, adéquat et à long terme dont ils ont besoin.»
Le Comité a quasiment terminé son étude sur le financement fédéral pour les institutions postsecondaires de la minorité de langues officielles, rappelle Darrell Samson, qui admet que «nos universités ont besoin d’aide».
C’est un dossier chaud pour Mario Beaulieu, qui estime que les établissements postsecondaires anglophones au Québec sont surfinancés.
À quelques reprises lors de réunions du comité, il a critiqué le fait que leur financement était disproportionnellement élevé par rapport à leur poids démographique, alors que le contraire prévaut pour les francophones hors Québec.
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«Les promesses pour adopter des mesures pour protéger le français au Québec, c’était de la poudre aux yeux. Par exemple, le programme d’appui aux langues officielles au Québec continue essentiellement à appuyer l’anglais, on ne voit pas de changement», déplore encore l’élu.
Niki Ashton souhaite entendre les réalités du terrain, en particulier de la part des francophones de l’Ouest canadien.
À l’extérieur du Québec, «le gouvernement a fait un investissement supposément de 300 millions [de dollars] supplémentaires aux organismes en milieu minoritaire pour leur permettre d’être plus outillés et de faire leur travail. Je peux vous dire que les organismes courent après cet argent-là, ils n’en voient pas la couleur», assure Joël Godin.
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Le Comité mène une étude sur le développement économique des communautés de langue officielle en situation minoritaire qui, selon Darrell Samson, «va donner d’autres outils importants pour faire avancer vers le progrès puis les objectifs de C-13», devenu la nouvelle Loi sur les langues officielles.
«On n’a pas eu le temps de la finir à cause du dégât avec nos collègues, déclare-t-il en faisant référence aux débats entourant Francis Drouin et Angelo Iacono. Mais on est prêts à finaliser celle-là.»
«Il y a de plus en plus une poussée pour aller vers les plateaux verts», confirme Xavier Léger, directeur général des Productions du milieu, une boite indépendante située à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
D’après Xavier Léger, s’ouvrir à de nouvelles façons de tourner reste essentiel, non seulement pour réduire le budget, mais aussi pour éviter le gaspillage autant que possible.
Cela fait partie des objectifs de la plupart des sociétés de production, mais aussi des conditions imposées par les bailleurs de fonds, explique-t-il.
«Ça nous force de repenser comment on approche le tournage, de la préproduction jusqu’à la postproduction, puis comment l’industrie fonctionne, parce qu’on s’entend que c’est une industrie qui demande énormément d’énergie pour produire et pour diffuser.»
«Ça sera jamais un impact zéro, comme on dit, mais c’est simplement d’être conscients de ce qu’on fait et comment on peut approcher ça autrement», dit-il.
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Un rapport de 2023, commandé par Téléfilm Canada et produit par le Green Spark Group, une agence fondée à Vancouver qui accompagne les artisans de l’industrie dans leur transition écologique, examine l’impact environnemental des productions audiovisuelles au Canada.
L’empreinte carbone annuelle totale du contenu audiovisuel financé au Canada est ainsi estimée à 7 126 t CO2e (équivalent dioxyde de carbone) pour la production de longs métrages et à 260 843 t CO2e pour les séries télévisées, soit la consommation d’énergie de respectivement 1 669 et 61 087 foyers par an.
Parmi les sources d’émissions les plus polluantes, on retrouve le transport (58 %), notamment les déplacements routiers, suivi du matériel (23 %), avec, entre autres, la nourriture et le textile.
Aux Productions du milieu, les équipes réfléchissent aux façons de rendre le tournage le plus écologique possible dès la préproduction. «Si t’établis un protocole dès le départ, y’a pas de surprise. Les gens s’habituent, puis on s’adapte», témoigne Xavier Léger.
Dans le domaine de l’écoresponsabilité , «le Canada devance les États-Unis et l’Australie, mais peut-être qu’on n’a pas autant de progrès qu’en France et qu’en Allemagne. Mais il y a beaucoup de choses qui bougent», remarque Andrew Robinson.
Les professionnels du milieu sont aussi de plus en plus nombreux à suivre des formations sur le sujet, comme celles du programme On tourne vert. Ils utilisent aussi des outils, comme le calculateur Albert, pour mesurer l’empreinte carbone d’une production.
Andrew Robinson est conseiller principal au Green Spark Group : «C’est important de s’assurer que les maisons de production et les télédiffuseurs et les studios puissent donner des guides, des mandates, une structure pour des équipes de production qui eux autres sont embauchés pour créer du contenu.»
«Ils ne sont pas embauchés pour être des environnementalistes et ce n’est pas leur expertise. Donc, ils ont besoin de soutien», ajoute-t-il.
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Mais finalement, est-ce que ça coute plus cher de tourner au vert? «Ça dépend», nuance Xavier Léger.
«En documentaire, c’est très difficile de modifier les couts pour adopter des méthodes écoresponsables. Alors, on cherche des méthodes qui sont faciles à incorporer.»
Même si les équipes sont souvent réduites, il faut quand même les déplacer. «C’est là où ça devient important d’être efficace et de pas avoir à retourner à plusieurs reprises [au même endroit].»
Aux yeux de Rayne Zukerman, un tournage responsable enrichit aussi la communauté.
Sur les gros plateaux, la recette diffère. «S’il faut calculer notre impact – quelque chose qui est demandé dans des gros projets de 2 millions et plus – on engage quelqu’un qui devient genre un coordonnateur du tournage vert, qui doit aller chercher toutes les données et s’assurer qu’il y a un plan et que celui-ci est exécuté», précise Xavier Léger.
Pour Rayne Zukerman, productrice et cofondatrice de la compagnie francophone torontoise Zazie Films, sur des petites productions comme les siennes, «aider l’environnement et sauver de l’argent, ça va main [dans] la main».
«Les grands tournages, ils ont des villages avec des camions. La location coute une fortune, l’essence aussi. Et puis ça consomme, parce qu’il faut que tous les équipements aient de l’électricité toute la journée. C’est énorme», observe-t-elle.
Penser que tout ce qui touche à l’écoresponsabilité coute plus cher est une «fausse idée», signale Andrew Robinson. Certes, investir dans de nouvelles technologies reste dispendieux, «mais pour le reste, mieux gérer ses déchets, son transport, l’hébergement, la nourriture, ça peut être moins cher», assure le spécialiste.
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Avoir des productions écoresponsables constitue un des piliers stratégiques des chaines TV5 et Unis TV, rapporte le directeur des contenus, Jérôme Hellio. «On est d’ailleurs en train de faire notre bilan carbone à l’interne.»
Un des objectifs de l’entreprise est d’atteindre ou du moins de tendre vers la carboneutralité. «C’est un chemin qui va prendre du temps, mais qui se déploie quand même assez rapidement.»
Certaines productions achètent par exemple leurs crédits de carbone pour compenser leurs voyages en avion. La chaine demande aussi à ses collaborateurs de calculer l’empreinte carbone de leurs programmes.
Côté transport, le rapport du Green Spark Group (voir encadré) suggère d’utiliser des véhicules électriques et hybrides quand cela est possible, ainsi que de limiter les lieux de tournage en extérieur pour réduire les déplacements.
Mais toutes les productions ne sont pas logées à la même enseigne. «La plupart de nos tournages sont en région, […] on a beaucoup moins de ressources, il faut se déplacer beaucoup plus pour trouver nos scènes de tournage. Tout ça, ça apporte plusieurs couts, non seulement financiers, mais aussi en termes de pollution», souligne Xavier Léger.
«On ne crée pas de décors supplémentaires, on utilise les lieux qui existent déjà. C’est la même chose pour les décors et pour les garde-robes», explique Ania Jamila.
«C’est un grand défi pour nous de devoir jongler entre les deux : produire de plus grande qualité et avoir des plateaux écoresponsables […] On doit toujours considérer le budget en premier parce qu’on essaie de faire plus avec moins.»
«[Sur le tournage de la série Paris Paris], il y a beaucoup de choses qu’on achetait pour aider l’environnement, mais malheureusement, le kilométrage, c’était comme la seule chose qu’on n’était pas vraiment capables de contrôler», admet Rayne Zukerman.
«On n’avait pas le budget pour louer des voitures électriques. On a besoin de grandes voitures, souvent des minivans, et ce sont des véhicules qui ne sont pas encore disponibles à un budget abordable.»
La réalisatrice, productrice et scénariste franco-ontarienne Ania Jamila se veut également lucide. «On est vraiment coupables dans le sens où on fait des coproductions interprovinciales, donc on a beaucoup de trajets à faire. […] On privilégie le covoiturage et on encourage l’utilisation des transports en commun.»
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«Dans les productions francophones, on a des moins grands budgets. Il faut qu’on soit beaucoup plus créatifs», remarque Rayne Zukerman.
Sur le plan du matériel, les articles de seconde main tiennent le haut de l’affiche. Sur le tournage de la série Paris Paris, la plupart des costumes avaient déjà vécu, les décors et les accessoires aussi.
«Le bois et toutes les choses qui sont utilisées dans les matériaux de construction, c’est utilisé pour une semaine, deux semaines, puis c’est dans la poubelle. C’est assez problématique», déplore-t-elle.
«On a fait un petit peu de construction parce qu’il fallait qu’on ait des murs qu’on puisse bouger. Mais sinon, on préfère tourner dans des vrais lieux où on n’a pas ces couts», poursuit-elle.
Le tournage de la série Paris Paris a principalement eu lieu dans une église qui sera reconvertie en salle de musique à Hamilton en Ontario.
«Ce qui serait bien, c’est qu’il y ait un incitatif», glisse Ania Jamila, comme un crédit d’impôt supplémentaire.
La réalisatrice rappelle par ailleurs l’importance de «conscientiser les personnes». «Il y a plein de moyens de s’améliorer, et on est tous capables de le faire.»
Qu’en est-il des histoires racontées à l’écran; montrent-elles des pratiques, des comportements écoresponsables?
Le Conseil québécois des évènements écoresponsables a analysé plusieurs épisodes de séries de fiction pour examiner la présence – ou non – d’écogestes à l’écran.
«Ça dépend de l’histoire et ça dépend des personnages», observe Rayne Zukerman. La productrice essaie toutefois d’inclure ces gestes quand un projet le permet.
Parler davantage d’environnement fait aussi partie des prérogatives de certaines chaines. «On traite des sujets comme les modes de vie alternatifs […] On se dit qu’on peut modifier nos comportements, mais en parler fait aussi partie de la mission de rendre ça finalement très ordinaire pour tout le monde», défend Jérôme Hellio, directeur des contenus chez TV5 et Unis TV.
«En tant que productrice, je pense qu’il y a une responsabilité qui vient avec l’argent et d’essayer de l’utiliser d’une façon responsable», estime Rayne Zukerman. Une responsabilité écologique, mais aussi sociale.
Le transport reste le secteur qui produit le plus de gaz à effet de serre lors des tournages.
Certaines scènes de Paris Paris ont notamment été tournées dans un centre communautaire de Hamilton, en Ontario, où sont offerts des programmes pour les jeunes et les sans-abris.
«On essaie de vraiment créer un écosystème, de travailler avec des organismes qui ont une valeur exceptionnelle dans la communauté. Comme ça, on se sent comme si l’argent qu’on dépense sur la production est en train d’enrichir la communauté où on a tourné.» Une source de fierté pour la productrice.
L’ancien ministre libéral québécois Pierre Moreau a été nommé sénateur par Justin Trudeau. Il siègera au sein du groupe indépendant.
À 66 ans, Pierre Moreau, ancien ministre libéral provincial du Québec sous les gouvernements de Philippe Couillard et de Jean Charest, a été nommé sénateur cette semaine par Justin Trudeau. Il siègera à titre indépendant.
Député des circonscriptions de Marguerite-D’Youville et de Châteauguay, près de Montréal, entre 2003 et 2018, Pierre Moreau a notamment occupé les postes de ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles et de président du Conseil du Trésor.
Il ne reste désormais plus qu’un seul siège de sénateur vacant au Québec, ainsi que deux en Colombie-Britannique, un au Nunavut et un en Ontario.
Les quatre principaux partis officiels ont préparé leur rentrée parlementaire cette semaine. Tandis que le Parti libéral s’est éloigné d’Ottawa pour tenir sa réunion sur les rives du Pacifique à Nanaimo, en Colombie-Britannique, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD) ont choisi de se réunir au Québec. Le Parti conservateur, dont le caucus se tiendra dimanche, est le seul à réunir ses troupes à Ottawa.
La toile de fond de ces rencontres concerne la possibilité que des élections fédérales soient déclenchées à tout moment, maintenant que le NPD a mis fin à son entente avec les libéraux.
Mercredi en conférence de presse, le chef du Parti conservateur du Canada a lancé un défi au Bloc québécois en français et un autre au NPD, en anglais, leur demandant d’appuyer la motion de censure qu’il dit vouloir déposer en Chambre dès qu’il peut afin de faire tomber le gouvernement.
Cette motion, qui portera sur la taxe carbone, pourrait être déposée à tout moment.
Jeudi, le chef de cabinet de Jagmeet Singh, Jonathan Gauvin, a assuré n’exclure aucune option relative à un vote de confiance du parti conservateur sur la taxe carbone.
Une source proche du Bloc québécois a affirmé qu’ils n’appuieraient pas une telle motion.
Plusieurs centaines de fonctionnaires se sont rassemblés cette semaine à Ottawa pour protester contre leur retour au bureau trois jours par semaine.
Près de 200 fonctionnaires fédéraux ont manifesté à Ottawa, et ailleurs au pays, lundi contre la directive qui les oblige à retourner au bureau trois jours par semaine, adoptée le 9 mai dernier.
«Nos membres vont encombrer les routes et les transports en commun pour se rendre dans des bureaux dégoutants où il n’y a pas de place pour s’installer et faire des appels vidéos, alors que ce serait si facile de faire tout ça depuis la maison», a déclaré le président de l’Association canadienne des employés professionnels, Nathan Prier.
En cas de non-respect de la directive, les sanctions peuvent aller de l’avertissement verbal à la cessation d’emploi.
Comme l’a rapporté Le Droit, le secrétariat du Conseil du Trésor estime que cette nouvelle mesure ne représente pas un «changement significatif» pour les fonctionnaires qui devaient déjà être deux jours par semaine au bureau.
Goldy Hyder, président et chef de la direction du Conseil canadien des affaires, et Candace Laing, directrice de la Chambre de commerce du Canada, ainsi que plusieurs PDG se sont alignés avec Air Canada et ont pressé le gouvernement de recourir à l’arbitrage exécutoire.
La principale compagnie aérienne du pays a demandé au gouvernement d’intervenir pour empêcher un arrêt de travail dans une lettre transmise au ministre du Travail et des Ainés, Steven MacKinnon, le 7 septembre. C’est aussi ce que demandent les principales organisations d’affaires canadiennes dans une missive envoyée mercredi.
Air Canada et la Chambre de commerce du Canada, qui représente plusieurs milliers d’entreprises au pays, souhaitent que le gouvernement impose le recours à un arbitrage exécutoire pour éviter la grève des 5400 pilotes de la compagnie, représentés par l’Association internationale des pilotes de ligne (ALPA). La grève doit commencer le 18 septembre.
Les deux entités enjoignent le ministre à utiliser l’article 107 du Code canadien du travail. Celui-ci permettrait au ministre de demander au Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) de prendre les mesures qu’il juge nécessaires pour éviter une grève. Ils souhaitent une intervention d’ici dimanche.
Fin aout, Steven MacKinnon avait déjà décidé d’user de son autorité pour demander un arbitrage exécutoire et forcer le retour au travail des employés de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) et de Canadien Pacifique Kansas City (CPKC).
Cette décision est actuellement contestée devant la Cour fédérale, à la demande du syndicat des deux compagnies ferroviaires, la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada. «Si ces décisions ne sont pas contestées, elles établiront un précédent dangereux où un seul politicien pourra briser un syndicat à sa guise», avait estimé le président du syndicat, Paul Boucher, dans un communiqué le 30 aout.
La survivante de la tuerie de Polytechnique à Montréal en 1989 et porte-parole de l’association PolySeSouvient, Nathalie Provost, a critiqué le gouvernement Trudeau, car le programme de rachat des armes à feu «ne sert à rien».
Dans un communiqué publié mercredi, l’association PolySeSouvient – en référence à la tuerie de 14 femmes à l’École Polytechnique de Montréal en décembre 1989 – a déploré que le programme de rachat d’armes à feu bannies par le gouvernement Trudeau n’allait pas assez loin.
L’association dénonce une loi trop facile à contourner pour les fabricants et qui «ne change rien».
Nathalie Provost, porte-parole de PolySeSouveint, blessée par balles lors du massacre de 1989, explique que les propriétaires d’une arme à feu interdite par le gouvernement Trudeau peuvent utiliser l’argent du rachat d’armes pour s’en procurer d’autres, équivalentes, qui sont légales et qu’il est possible d’acheter en ligne.
Mark Carney devient le conseiller économique du Parti libéral, tandis que les spéculations sur sa candidature en tant que député ou chef de parti, en remplacement de Justin Trudeau, vont toujours bon train.
Mark Carney, l’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque du Royaume-Uni, pressenti depuis plusieurs semaines comme un possible remplaçant de Justin Trudeau à la tête du Parti libéral, s’en tiendra pour l’instant au rôle de conseiller économique du parti.
Cette annonce a donné du grain à moudre au Parti conservateur : son chef, Pierre Poilievre, s’est empressé de rebaptiser Mark Carney «Carbon Tax Carney», en conférence de presse cette semaine.
L’évènement virtuel qui célèbre les langues officielles le 12 septembre, sous le thème «Nos langues en ACTION!», est organisé, entre autres, par Patrimoine canadien pour le public.
De deux sous-ministres fédéraux au commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, en passant par des «champions» régionaux en la matière, les animateurs de cette édition ont les langues officielles au cœur de leur travail.
Des champions des langues officielles?
Les champions des langues officielles appuient l’administrateur général d’une agence fédérale donnée «dans le développement d’une vision intégrée du programme des langues officielles au sein de son institution».
Ils ont aussi comme rôle de promouvoir les langues officielles et de veiller à ce qu’elles soient prises en compte dans les processus décisionnels, selon la Politique sur les langues officielles du gouvernement fédéral.
Ils sont une sorte de relai entre le gestionnaire d’un service de la fonction publique et les employés.
Le président de l’Association canadienne des employés professionnels (ACEP), Nathan Prier, le confirme : aucune célébration, aucune note sur la Journée des langues officielles n’a été reçue par les fonctionnaires qu’il représente.
La Journée, créée par le gouvernement en 2009, est surtout une «opportunité de rappeler tous les besoins qui ne sont pas complètement atteints de la protection des langues officielles», souligne-t-il.
C’est une bonne journée pour exhorter le gouvernement du Canada à faire plus.
Nathan Prier dénonce le fait que certains fonctionnaires francophones rapportent toujours «une protection différenciée» dans la fonction publique par rapport aux langues officielles.
L’ACEP connait bien le sujet puisqu’elle représente des membres du Bureau de la traduction, censé garantir le droit d’accès aux deux langues à la population canadienne.
Nathan Prier souhaite que le Bureau reçoive davantage de ressources financières et humaines du gouvernement pour qu’il redevienne «le centre d’excellence en langues officielles du gouvernement fédéral qu’il était en 1994».
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«Plus facile en anglais»
Jean-Bernard Bitchoka, évaluateur principal à la Direction des instruments médicaux (DIM) de Santé Canada, confirme lui aussi qu’il n’a pas reçu de directive de son ministère ou de courriel quelconque pour marquer la Journée des langues officielles au sein de son service.
Rien n’est organisé à l’avance, mais il rappelle que c’est aux champions des langues officielles dans chaque région du pays de garantir la protection et la promotion des deux langues parmi les employés.
S’il assure qu’il ne s’est «jamais senti opprimé» sur son droit d’utiliser le français dans son travail, Jean-Bernard Bitchoka, qui est bilingue, explique qu’utiliser l’anglais pour rédiger des conclusions de rapports est «plus facile», car «les mots sont déjà dans le texte, notamment avec les variations des produits thérapeutiques».
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Appel à de l’action concrète
De son côté, l’ACEP demande notamment au gouvernement fédéral un plan d’action pour «donner aux fonctionnaires la possibilité d’améliorer leur maitrise d’une deuxième langue officielle et de maintenir leur niveau de compétence».
Sans les ressources et un plan, les traducteurs représentés par l’association «ne sont pas toujours habilités à fournir une réponse à la hauteur des attentes de l’employeur et des Canadiens, qui s’attendent à recevoir des communications de grande qualité dans les deux langues officielles», estime Nathan Prier.
L’ACEP dénonce également l’absence de contrôle et de surveillance du gouvernement fédéral sur la performance linguistique des membres de direction dans la fonction publique.
Mise à jour 9 h : Dans une réponse par courriel, le ministère des Langues officielles précise que des évènements ont lieu et visent «à souligner le rôle important que jouent les langues officielles du Canada dans l’édification de notre identité nationale et l’établissement de relations avec un vaste monde».
Une affirmation que le chef Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a répétée ad nauseam lors de son point de presse de la première semaine de septembre.
Sa décision aura pour conséquence immédiate d’ouvrir la voie à la multiplication des motions de censure contre le gouvernement dès la rentrée parlementaire, le 16 septembre. Des motions dont l’issue du vote n’est plus facilement prévisible : le gouvernement tombera-t-il ou pourra-t-il se maintenir au pouvoir?
Cette incertitude s’explique par le fait que chacun des partis aux Communes se demandera, lors de chaque vote, s’il a plus à gagner ou à perdre en provoquant des élections.
Précisons que les trois partis d’opposition – le Parti conservateur, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique – doivent tous voter contre le gouvernement minoritaire actuel pour le renverser.
Tous les partis politiques vont donc agir comme si la campagne électorale était déjà officiellement lancée.
En ce moment, les sondages indiquent que seul le Parti conservateur peut s’en tirer avantageusement si des élections avaient lieu maintenant.
Les sondeurs prédisent même une hausse substantielle du nombre de sièges conservateurs à la Chambre des communes. Ce parti réussirait à former un gouvernement majoritaire sans aucune difficulté.
Les sondages laissent aussi entrevoir que le Bloc québécois tirerait bien son épingle du jeu si une élection était déclenchée ces jours-ci. Le nombre de sièges bloquistes pourrait même augmenter à la Chambre des communes. Le phénomène d’engouement que l’on observe partout ailleurs au Canada pour le Parti conservateur ne se produit pas au Québec.
Toutefois, même s’il pouvait compter sur un plus grand nombre de députés, le Bloc québécois perdrait beaucoup d’influence si le prochain gouvernement était majoritaire. Ce qui risque de se produire, si les prévisions des sondages se confirment.
En conséquence, le Bloc québécois y réfléchira certainement à deux fois quand il devra indiquer en chambre s’il appuie ou non les libéraux.
Quant aux libéraux et aux néodémocrates, les deux partis se trouvent dans une position plus que difficile. Actuellement, aucun ne peut espérer former le prochain gouvernement et rien n’indique que les choses vont changer dans un avenir proche.
Depuis maintenant un an, les sondages montrent les uns après les autres que les intentions de vote sont en baisse constante pour les libéraux, alors qu’elles font du surplace pour les néodémocrates.
Ainsi, si les choses ne bougent pas sur le plan des intentions de vote, peut-on raisonnablement penser que le gouvernement libéral survirera aux motions de censure?
La réponse à cette question est fort probablement oui, il survivra encore quelque temps.
Toutefois, les choses pourraient changer. C’est du moins ce qu’espère de tout cœur le chef néodémocrate.
Lorsque Jagmeet Singh «déchire», selon ses propres mots, l’entente avec les libéraux, lorsqu’il justifie sa décision par le biais d’une vidéo qui a toutes les allures d’une publicité de campagne électorale, lorsqu’il hausse le ton et les attaques personnelles envers Justin Trudeau et Pierre Poilievre, il tente de brasser la cage.
Cette stratégie que Pierre Poilievre utilise lui-même l’a certainement déjà servi. À vrai dire, on peut se demander si, justement, Jagmeet Singh ne s’est pas inspiré des conservateurs en se lançant dans les attaques personnelles contre Justin Trudeau, le traitant notamment de «faible», «d’égoïste» et «d’ami des ultrariches».
Mais ce qui peut produire de bons résultats dans certains cas peut ne pas fonctionner dans d’autres. Le style abrasif de Pierre Poilievre plait à un certain groupe d’électeurs naturellement plus enclins à voter pour les conservateurs.
La même recette ne fonctionnera probablement pas aussi bien pour les néodémocrates. Beaucoup de Canadiens n’aiment pas les campagnes électorales négatives. Celles-ci pourraient même en inciter à ne pas voter, ce qui n’aiderait certainement pas la cause des néodémocrates.
Par ailleurs, beaucoup de Canadiens veulent aussi connaitre les propositions des partis politiques. C’est une chose de dire que ça va mal, ça en est une autre de proposer des solutions convaincantes. Les attaques personnelles ne suffisent pas.
Le NPD saura-t-il convaincre les électeurs que ses propositions sont meilleures que celles des autres partis politiques?
C’est ce qu’il espère, bien évidemment, mais la tâche sera difficile.
En fait, le NPD est dans une position délicate. Étant le parti politique fédéral le plus à gauche (j’exclus le Parti vert qui n’est plus réellement dans la course), il peut difficilement se redéfinir.
Se positionner encore plus à gauche, c’est risquer de perdre des appuis, surtout dans un contexte où la santé des finances publiques commence à préoccuper de plus en plus de gens.
S’il se repositionne plus au centre, alors il devra convaincre l’électorat qu’il n’est pas le Parti libéral, ce qui ne serait pas chose aisée. Faut-il rappeler la campagne électorale de 2015? C’est exactement ce qu’avaient fait les néodémocrates, alors dirigés par Thomas Mulcair. Cela avait grandement contribué à la victoire libérale.
Il ne faut donc pas s’étonner si Jagmeet Singh cherche maintenant à présenter Justin Trudeau et le Parti libéral comme étant à droite, voire très à droite. C’est en fait la seule porte de sortie pour le NPD.
Ce sera même le principal message que l’on entendra de la part de Jagmeet Singh au cours des prochaines semaines, des prochains mois. Parce que la campagne électorale est déjà commencée.
Reste à savoir maintenant si les électeurs le croiront, car le Parti libéral a bien montré, au cours des neuf dernières années, qu’il n’était pas un parti de droite.
Geneviève Tellier est professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa. Ses recherches portent sur les politiques budgétaires des gouvernements canadiens. Elle commente régulièrement l’actualité politique et les enjeux liés à la francophonie dans les médias de tout le pays.
Le 22 aout dernier, les gouvernements du Canada et du Nouveau-Brunswick ont annoncé plus de 2,7 millions de dollars sur deux ans pour l’Université de Moncton. Les fonds permettront de moderniser les équipements spécialisés des trois campus de l’établissement, «pour qu’ils répondent aux normes actuelles du marché du travail», lit-on dans le communiqué de presse.
Ils visent aussi à «remplacer l’équipement informatique dans les laboratoires de formation, devenu incompatible avec les versions récentes des logiciels professionnels» et à financer des travaux de rénovation aux campus d’Edmundston et de Shippagan.
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Denis Prud’homme remercie les gouvernements pour les 2,7 millions de dollars, mais explique qu’il en faudrait plus à l’avenir.
La taille compte
«Je dirais que [dans] toutes les institutions, particulièrement dans les milieux minoritaires, il y a un rattrapage à faire au niveau de l’infrastructure physique», observe le recteur de l’Université de Moncton, Denis Prud’homme, en entrevue avec Francopresse.
Selon ses estimations, l’institution aurait besoin d’environ 120 millions de dollars sur les dix prochaines années pour «mettre à niveau le maintien ordinaire» de ses édifices et de ses résidences.
Le Campus Saint-Jean en Alberta effectue présentement des rénovations pour améliorer, entre autres, les salles de classe, les lieux communs et le gymnase.
«C’est du rattrapage. Le Campus Saint-Jean ne date pas d’hier. Il y a quand même, selon moi, des rénovations qui auraient dû être faites il y a longtemps», déclare le doyen, Jason Carey.
Le financement gouvernemental reçu et celui qui sera reçu dans les prochaines années répondent seulement aux «besoins immédiats, dit-il. On pourrait toujours en faire plus.»
Il existe, avance Denis Prud’homme, une différence entre les grands établissements et ceux de petites et moyennes tailles. Et comme il le rappelle, la majorité des établissements francophones en situation minoritaire font partie du second groupe.
On doit offrir des installations équivalentes à ce qu’on retrouve dans les grandes universités, mais on n’a pas ce qu’on appelle le gain d’échelle du volume du nombre d’étudiants pour financer ces infrastructures et ces équipements.
«C’est là que le gouvernement fédéral, à travers Patrimoine canadien, a la responsabilité sur la base de la Loi sur les langues officielles de prendre des actions positives pour que les francophones dans les milieux minoritaires aient accès à des institutions postsecondaires qui offrent un environnement de formation et d’enseignement équitable aux grandes universités», ajoute-t-il.
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Où le fédéral peut intervenir
Selon la sénatrice Lucie Moncion, qui demande une stratégie nationale sur le postsecondaire, financer l’infrastructure reste l’un des leviers du gouvernement fédéral pour soutenir le postsecondaire sans empiéter sur les champs de compétences provinciales.
En entrevue avec Francopresse en avril dernier, elle a rappelé le cas de l’Université Laurentienne, en Ontario, qui s’est mise à l’abri de ses créanciers menant au renvoi de centaines d’employés et la fermeture de nombreux programmes.
Elle explique que l’établissement a voulu attirer des étudiants en investissant dans son infrastructure, ce qui a engendré des dettes importantes et un problème dans la «liquidité qui était utilisée pour rembourser les emprunts qui avaient été faits pour l’infrastructure».
Selon Pierre Zundel, les investissements des gouvernements dans l’infrastructure du postsecondaire sont historiquement insuffisants.
Le président-directeur général du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB), Pierre Zundel, rappelle que les établissements francophones en situation minoritaire ont accès à des fonds «pour des investissements dans un renouvèlement de technologie pédagogique, par exemple».
Ces fonds sont compris dans le Programme des langues officielles en enseignement (PLOE) du fédéral et ont permis au CCNB d’intégrer de nouvelles technologies dans ses salles de classe.
Mais ce programme n’est pas toujours suffisant. Par exemple, le Campus Saint-Jean n’a pas vu sa part du gâteau PLOE augmenter entre 2009 et 2021, une réalité déplorée par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) au Comité permanent des langues officielles en 2021.
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L’Université de Moncton a reçu un financement pour mettre à jour de l’équipement qui n’était plus aux normes.
Plus cher qu’avant
«On devrait avoir un investissement plus important des deux paliers du gouvernement pour accélérer la mise à niveau de nos infrastructures physiques, estime Denis Prud’homme. Puis plus on retarde, évidemment les couts peuvent augmenter.»
Ça fait près de 40 ans que Pierre Zundel œuvre dans le postsecondaire francophone. «Je peux vous dire que presque partout, il y a systématiquement un sous-investissement dans l’entretien de l’infrastructure des institutions postsecondaires», affirme-t-il.
Pierre Zundel espère moderniser le campus prochainement, un projet qui couterait à lui seul jusqu’à 150 millions de dollars de plus. «Dans les 5 dernières années, on a vu les couts de construction doubler ou tripler. Ce qu’on avait évalué à 20 quelques millions coute maintenant 35 millions.»
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Des prix de construction en hausse
Selon Statistique Canada, l’indice des prix de construction de bâtiments non résidentiels a augmenté partout au pays dans les dernières années.
Pour les bâtiments institutionnels comme les écoles, Ottawa présente l’indice le plus élevé, suivie par Toronto. Moncton a dépassé Montréal en 2023.
Michel Doucet, qui est tout de même confiant par rapport à la situation financière de l’établissement.
Demeurer attirant
Au Collège Boréal, qui dispose de huit campus en Ontario, les infrastructures vont bien, assure son vice-président aux Services corporatifs, Michel Doucet.
Pour assurer la meilleure expérience possible à ses étudiants, le Collège Boréal met régulièrement à jour ses équipements et installations. «Un bel exemple, c’est que le Collège Boréal vient d’accueillir un simulateur d’ambulance, qui est unique en Ontario et le troisième du genre au Canada, pour un investissement de 700 000 dollars», se réjouit-il.
Entre les financements gouvernementaux et les projets d’investissement, l’établissement dépense entre quatre et six-millions de dollars par an pour l’entretien de ses infrastructures.
«Les besoins ont changé, explique M. Doucet. Les étudiants d’il y a 10, 15 ans n’avaient pas les mêmes besoins avec l’[évolution] de la technologie.»
Jason Carey explique que des équipements et locaux mis à jour attirent les inscriptions. «Les étudiants veulent venir dans un environnement qui les encadre bien, qui représente leur vision de ce qu’ils veulent faire, d’où ils veulent aller. [Alors il faut] créer un environnement moderne, qui retient quand même aussi le côté historique de l’établissement.»
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Les Sœurs Marleau, Diadem à leurs débuts, œuvrent dans la chanson depuis 1979 et cumulent une dizaine d’albums à leur actif. Le trio franco-ontarien, formé des sœurs Diane, Denyse et Marie Marleau, propose un onzième opus sous le signe de l’espérance.
Pochette de l’album Osons l’espérance des Sœurs Marleau.
Osons l’espérance nous interpelle avec une douzaine de textes sur des thèmes universels. Les Sœurs Marleau nous parlent d’espoir, d’amour, de rédemption, de violence conjugale et de fierté francophone. Côté musique, elles livrent un bel univers adulte contemporain, aux nuances multiples faites de pop-rock, reggae et parfois presque orchestrales.
L’un des moments forts de ce nouvel album est Le coin de mon pays. Cet hymne à la fierté s’inspire de l’univers de Gilles Vigneault et rend hommage aux nombreuses familles qui ont bâti l’Ontario français.
Féminisme est un petit reggae sur l’émancipation des femmes. Place à la non-violence est un appel à lutter contre la violence conjugale et à respecter les femmes. La pièce titre, Osons l’espérance, résume bien le propos de l’album : le désir d’un monde meilleur.
Après une carrière de 45 ans bien remplie, Les Sœurs Marleau ont une belle raison de fêter. Osons l’espérance est un bouquet de souhaits universels et de musiques contemporaines.
Sur son nouvel album, L’Osstidtour, David Dufour, dit D-Track, livre 16 chansons hors du commun. Poète, slameur, rapeur de l’Outaouais, il ne cesse de peaufiner son art tout en gardant son authenticité et sa sincérité.
Pochette de l’album L’Osstidtour de DTrack.
Si vous cherchez un hip-hop où le F Word se retrouve tous les trois mots, vous êtes sur la mauvaise piste. D-Track a bâti son art avec un souci du verbe. Il travaille autant ses textes que ses hooks. Ces dernières sont très souvent des échantillonnages des musiques souls, R&B des années 1970 et 1980.
Cela crée des ambiances moins violentes, mais tout aussi puissantes. D-Track s’impose un travail ardu afin d’éviter les rimes faciles et pour offrir une poésie urbaine franche, authentique et très puissante.
Plus de vie, plus de musique dresse bien l’ambiance de l’album. Sur une accroche jazzy à la 1970, L’Osstidtour à condo dresse le désarroi de D-Track sur la perte du cachet de son quartier d’enfance à cause de condos plus modernes.
Chez l’opto est un autre excellent morceau aux influences jazz. Les deux bombes de cet opus sont La peine, un duo extrêmement puissant avec Koriass, et Post-its à soi-même, un texte révélateur sur le moi intérieur, une autoévaluation de sa propre personnalité.
La jeune autrice-compositrice-interprète Céleste Lévis, originaire de Timmins en Ontario, nous offrait un 4e opus en octobre 2021. Celle qui a su grandir à chaque étape de sa carrière proposait Si tu veux tout savoir, un album infusé d’une maturité évidente.
Pochette de l’album Si tu veux tout savoir de Céleste Lévis.
Dès les premières notes de Case départ, c’est évident que nous aurons droit à des mélodies rocks bien peaufinées qui marquent une nouvelle étape dans la musique de Céleste Lévis.
Les textes aussi nous emmènent ailleurs avec un propos plus mature et des émotions à fleur de peau, qui collent bien à la voix de la jeune artiste. Cette voix prend de plus en plus d’assurance et offre des harmonies vocales fort bien contrôlées.
Les pièces maitresses de cet opus sont entre autres C’est flou, un pop solide. Fragile nous dévoile une certaine tendresse, autant dans la mélodie que dans l’interprétation. Jamais seule est une mélodie puissante à la Fleetwood Mac, accompagnée d’une voix en plein contrôle. Il s’agit de l’un des meilleurs textes de l’album grâce à des propos remplis d’émotions.
Le tout se termine en beauté avec À quoi ça sert. Céleste Lévis nous offre un cri d’amour profond sur une guitare blues planante.
Ce 4e opus, empreint de maturité, offre des textes bien peaufinés. Céleste Lévis nous captive avec une voix puissante, accompagnée par des mélodies rocks solides. Elle démontre qu’elle n’est pas seulement là pour quelques succès éphémères.
Marc Lalonde, dit Lalonde des ondes, est chroniqueur musical depuis plus de 25 ans au sein de la francophonie musicale canadienne et animateur de l’émission radiophonique Can-Rock. Il se fait un malin plaisir de partager cette richesse dans 16 stations de radio à travers le pays chaque semaine.