le Lundi 28 septembre 2026

Selon l’Office québécois de la langue française (OQLF), l’empathie désigne la «capacité d’une personne à s’identifier à autrui et à éprouver à l’intérieur d’elle-même les émotions ou les sentiments ressentis par l’autre».

C’est exactement ce qui se passe à l’écoute d’Empathie, la nouvelle série écrite et portée par la comédienne Florence Longpré. Avec beauté, finesse et humanité, elle nous plonge dans le monde souvent mal connu – et perçu – de la psychiatrie, loin des camisoles blanches et des asiles fantasmés à la Arkham.

Dès les premières minutes, on embarque. Suzanne (Florence Longpré), en lendemain de veille, poutine oubliée au pied du lit, découvre qu’elle a couché pour la première fois avec un homme.

Entre galères diverses et mésaventures menstruelles, elle s’apprête à commencer un nouvel emploi de psychiatre dans un hôpital pénitentiaire, avec des patients jugés dangereux pour eux-mêmes ou pour autrui.

On se dit : «Oh boy, comment va-t-elle survivre à cette première journée?» Réponse : brillamment.

Un chandelier et des poubelles

Les personnages défilent, leurs états d’âme aussi. Plus que de faire ressentir les émotions, la série les donne également à voir, à travers des métaphores dansées – magnifiques – ou les visages déformés, habités, des patients de l’institut psychiatrique où travaillent Suzanne et son équipe.

On entrevoit ainsi un monde intérieur invisible à l’œil nu. Certaines scènes, comme celle du chandelier ou des poubelles, sont incroyables. Le jeu des acteurs et des actrices est impeccable, sans parler de la mise en scène.

Le tout est accompagné par une bande-son éclectique, qui mêle Sia, Capitaine Flam ou encore Gene Kelly. Les mots ne sont pas en reste; les répliques fusent, parfois crues, mais toujours dans le mille. Bref, c’est bon.

La série Empathie met en scène les personnages de Suzanne Bien-Aimé (Florence Longpré) et de Mortimer Vallant (Thomas Ngijol), respectivement psychiatre et agent d’intervention à l’Institut psychiatrique Mont-Royal. Elle a reçu le prix du public au festival Séries Mania, qui s’est déroulé à Lille, en France, en mars 2025.

Photo : Crave

Le patient Anton Koskov (Igor Ovadis), surnommé «Costco», et M. Dallaire (Benoît Brière), deux personnages extrêmement touchants de la série Empathie. 

Photo : Crave

L’équipe qui travaille dans l’institut psychiatrique fictif Mont-Royal. 

Photo : Crave

L’auteure de la série Empathie, Florence Longpré, y interprète également le rôle de la psychiatre Suzanne Bien-Aimé. 

Photo : Crave

Empathie fait partie de ces séries qui vous secouent, vous embarquent sans crier gare et vous font voir le monde autrement, ici les maladies mentales notamment. Le genre de série où l’on attrape la télécommande sans trop savoir à quoi s’attendre, juste pour passer le temps – et BIM! Ni une, ni deux, on est accroché. Et on ne peut plus décrocher.

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Préparez-vous à avoir les yeux remplis d’eau, à rire et à vous révolter en un seul épisode. Voilà donc une tragicomédie qui a le don d’aborder des sujets déprimants sans nous déprimer. Empathie redonne foi en l’humanité et ça fait du bien, surtout en ce moment.

Les 10 épisodes de la série Empathie, réalisée par Guillaume Lonergan, sont disponibles sur la plateforme payante Crave.

Parce qu’il n’y a pas que le hockey dans la vie, les boys s’illustrent aussi sur les pointes. Le documentaire Les boys du ballet – sélectionné aux Prix Gémeaux pour le Meilleur documentaire arts et culture en 2016 – suit le parcours de trois danseurs du Ballet royal de Winnipeg, l’une des plus anciennes compagnies en Amérique du Nord et l’une des plus sélectives. Sur 700 candidatures, une trentaine seulement seront retenues.

Dans un milieu où les ballerines dominent l’imaginaire collectif, le film explore les espoirs, les doutes et les certitudes de ces trois jeunes hommes francophones.

Tomber pour mieux se relever

Logan (10 ans) rêve de passer de la division récréative à l’école professionnelle du Ballet, où seuls quelques élus accèdent chaque année. Michel (14 ans), déjà dans la division professionnelle de l’école, doit prouver qu’il a l’étoffe d’un grand. Tandis que Philippe (21 ans), en fin de parcours, vise un contrat professionnel, malgré une blessure qui remettra tout en cause.

«Quand je me réveille le matin, je me demande vraiment, sérieusement, pourquoi est-ce que je fais ce que je fais?», confie Michel. Les danseurs parlent de leur passion avec sincérité et candeur, sans filtre. On suit leur parcours, autant sur le plan personnel que professionnel, un cheminement qui est forcément différent à 10 ans et à 21 ans.

Et c’est là toute la force du documentaire : montrer l’évolution et la vision de leur pratique, du sortir de l’enfance à l’âge adulte, où l’on ne cherche plus seulement à danser, mais aussi à trouver un emploi.

On est ému par l’espièglerie de Logan, un sourire lumineux toujours accroché aux lèvres malgré une terrible épreuve, et par la pression, l’inquiétude qu’on lit dans les yeux des deux plus âgés.

L’occasion aussi d’en apprendre davantage sur la dimension professionnelle d’un art loin de se limiter au tutu, qui demande autant de grâce que de résilience. Une incursion sensible et inspirante dans un univers où chaque pas compte.

Logan, 10 ans, auditionne pour intégrer la division professionnelle du Ballet royal de Winnipeg. 

Photo : Wookey Films

Michel, 14 ans, s’apprête à passer un cap dans sa carrière de danseur. 

Photo : Wookey Films

Philippe, 21 ans, doit passer des auditions pour décrocher un contrat professionnel. 

Photo : Wookey Films

Les boys du ballet, réalisé par Janelle Wookey et Jérémie Wookey, est disponible sur la plateforme de TFO.

«À moitié japonais et à moitié canadien, je me suis toujours senti obligé de naviguer entre deux mondes, entre deux personnalités et deux identités.» Né d’un père japonais et d’une mère québécoise, Mamoru Vincent Blais-Shiokawa a grandi au Manitoba. Il est «hafu», ce qui signifie «métissé» en japonais.

Il profite d’un voyage avec son père au Japon pour essayer de résoudre ce dilemme qui l’habite depuis toujours : «Qui suis-je?»

Un entredeux difficile à porter

Entre une mère extravertie et un père «qui réfléchit beaucoup», Mamoru Vincent a toujours essayé de trouver sa place. Son père n’a jamais demandé la nationalité canadienne, tandis que sa mère ne parle pas japonais.

Il est bien parti étudier un an au Japon, mais, loin de la vision fantasmée qu’il s’en faisait, il a été confronté au rejet.

Le Franco-Manitobain questionne aussi ce que c’est de grandir dans une petite ville où il n’y a qu’un seul asiatique la ronde, alors qu’au Japon, on lui fait bien comprendre qu’il n’est pas considéré comme Japonais.

Dans le documentaire Hafu, Mamoru Vincent Blais-Shiokawa explore sa double identité, entre le Canada et le Japon. 

Photo : Unis TV

Hafu permet de formuler et réfléchir à une question que doivent se poser bon nombre d’enfants de couples mixtes ou de nouveaux arrivants au Canada : qui sont-ils, quelle est leur place dans un monde aux multiples lectures? Comment appréhender les nuances d’une vie à l’intersection de deux cultures, sans savoir quelle direction prendre?

Pudique, le réalisateur laisse peu à peu tomber sa carapace devant la caméra. Un film sensible et initiatique, malgré une chronologie quelquefois décousue.

Hafu, réalisé par Mamoru Vincent Blais-Shiokawa, est disponible sur la plateforme TV5Unis.

FRANCOPHONIE

Liane Roy est devenue la première Acadienne présidente de la FCFA en 2021. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Liane Roy a été réélue présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, lundi. Seule candidate à ce poste, elle l’occupe depuis 2021. Trois autres postes au conseil d’administration seront pourvus la semaine prochaine : 15 candidats y prétendent.

Présente au discours du Trône, elle n’a pas caché sa déception à propos de la place limitée de la francophonie dans celui-ci : «On n’en sait pas beaucoup plus sur la vision du premier ministre pour réellement promouvoir et renforcer la francophonie.»

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CANADA

Pour réaffirmer la souveraineté du Canada, le roi Charles III et la reine consort Camilla sont venus à Ottawa lundi et mardi. Le monarque a lu le discours du Trône, qui a ouvert la 45e législature et fixé les objectifs du nouveau gouvernement canadien.

Un exercice réussi, mais avec deux grands absents : la francophonie minoritaire et l’environnement.

Opposition : Le Bloc québécois était aussi absent au Sénat lors de la lecture du discours par le roi Charles III. Son chef, Yves-François Blanchet, a affirmé avec humour mercredi : «Le premier ministre conviendra avec moi que parfois, c’est plus clair quand on lit que quand on entend.»

Il a aussi pressé Mark Carney, critiqué pour ne pas avoir inclus la crise climatique dans le discours, de reconnaitre l’existence de celle-ci.

«Oui il y a une crise climatique, a répondu Mark Carney. Nous aurons cette discussion au G7, en Alberta (qui se tiendra la semaine prochaine, NDLR).»

C’est un Mark Carney calme et taquin qui s’est présenté mercredi pour sa première période de questions comme député et premier ministre.

Mark Carney a connu sa première période de questions à la Chambre des Communes, mercredi. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Taquinerie politique : Alors que le chef de l’opposition par intérim, le député Andrew Scheer, lui posait une question sur le budget, le premier ministre a répondu avec un sourire taquin : «Le chef de l’opposition est très occupé, il n’a pas pris le temps d’étudier de près le plan de 100 jours de l’ancien député de Carleton, qui ne comprenait pas de budget.»

Une flèche décochée à Pierre Poilievre, le chef du Parti conservateur du Canada, qui a perdu son siège aux Communes lors des dernières élections fédérales.

Mark Carney a ensuite égrené ses promesses de campagne, incluant la baisse d’impôts et les projets d’intérêt national.

Les conservateurs ont aussi profité du départ du premier ministre après la période de questions pour l’interpeller sur ses actifs dans des paradis fiscaux, questions que le leadeur du gouvernement en Chambre, Steven MacKinnon, a balayées avec ironie.

Les débats autour du discours du Trône se déroulent jusqu’au mardi 3 juin à la Chambre des Communes.

À retenir : Jeudi matin, le premier ministre Mark Carney a approuvé la décision d’un tribunal américain de bloquer les tarifs. Le Bloc a introduit un sous-amendement pour reconnaitre le «respect absolu des champs de compétence et des institutions du Québec et des provinces».

À suivre : La semaine prochaine, un comité décidera quand, avant la relâche du 23 juin, les quatre jours de travaux dédiés l’examen des fonds seront fixés.

Ce sont pendant ces travaux, appelés «les subsides», que le gouvernement demande au Parlement d’approuver des crédits pour respecter ses obligations financières et mettre en œuvre ses programmes.

Aussi, le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, a déposé mardi une motion en vue du dépôt d’un projet de loi concernant certaines mesures d’abordabilité pour les Canadiens, notamment la baisse d’impôt pour la classe moyenne. La motion sera étudiée après les débats sur le discours du trône.

Enfin, comme promis pendant sa campagne, le chef du Bloc québécois a déposé son projet de loi pour protéger la gestion de l’offre des négociations commerciales internationales. Celle-ci est une cible de Trump, qui souhaitait en mars imposer 250 % de droits de douane sur les produits laitiers canadiens.

Côté société civile : Mercredi, des médecins de retour de Gaza ont décrit aux journalistes ce qu’ils y ont vu et les blessures de Palestiniens et Palestiniennes, en majorité des enfants, qu’ils ont soignés après des frappes ou attaques de l’armée israélienne. «C’est un génocide», ont affirmé plusieurs médecins présents, tous traumatisés.

Des médecins tout juste revenus de Gaza ont décrit «l’horreur» qu’ils y ont vue, notamment à propos de la famine qui fait rage actuellement, notamment chez les enfants, et des blessures, mortelles ou à vie, physiques et psychologiques des Gazaouis. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Le lendemain, en conférence de presse, quatre organisations humanitaires internationales ont pressé le gouvernement du Canada de poser les «mesures concrètes» évoquées par le Canada – lors d’une déclaration commune avec le Royaume-Uni et la France – il y a 10 jours. Les deux autres pays ont imposé des sanctions, mais le Canada se fait attendre.

Elles ont affirmé que sur le terrain, la Fondation humanitaire de Gaza, un mécanisme d’aide imposé et «coordonné par Israël et les États-Unis, écarte les acteurs humanitaires expérimentés et impartiaux» et utilise la nourriture pour «attirer» et tuer des Palestiniens.

Côté politique : La députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) d’Edmonton–Strathcona, Heather McPherson, a réintroduit la motion de son parti – déposée l’an dernier, mais jamais débattue – pour que le nouveau gouvernement canadien fasse pression pour un cessez-le-feu immédiat et la reconnaissance de l’État de Palestine.

Interrogée par Francopresse à ce sujet, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a évité les questions des journalistes à ce sujet, mercredi.

Le même jour, le porte-parole du Bloc québécois en matière d’Affaires étrangères et de droits de la personne, Alexis Brunelle-Duceppe, a publié une déclaration pour que Mark Carney «décrète des sanctions».

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La députée du NPD du Nunavut, Lori Idlout, a demandé mercredi un débat d’urgence sur la santé et le bienêtre des enfants autochtones, afin de combler les «lacunes», a-t-elle déclaré, en vertu du respect du principe de Jordan.

Qu’est-ce que le Principe de Jordan?

Selon l’Encyclopédie canadienne, qu’il s’agit du «principe de l’enfant d’abord, qui garantit que les enfants des Premières Nations peuvent avoir accès aux mêmes services que les autres enfants du Canada».

Le principe de Jordan doit son nom à Jordan River Anderson, un enfant cri décédé à l’âge de 5 ans, après avoir attendu d’être approuvé pour des soins à domicile depuis l’âge de deux ans. Ces soins ne sont jamais arrivés «en raison d’un différend financier entre le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial».

L’urgence en question : La députée a rappelé que 141 000 enfants autochtones attendent des soins. Elle a aussi mis de l’avant que lors de la campagne électorale «les libéraux ont annulé le programme de dons alimentaires», dont environ 15 000 enfants inuits bénéficiaient.

Le président de la Chambre des Communes, Francis Scarpaleggia, a toutefois tranché que malgré cette «question importante et vitale», les critères n’étaient pas tous réunis pour en faire un débat d’urgence en Chambre.

Contacté par Francopresse, son bureau n’avait pas encore précisé les raisons de sa décision au moment d’écrire ces lignes.

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Sous son nom d’artiste JOLY, le Franco-Ontarien Marc-Antoine Joly a remporté les prix pour Réalisation et arrangements ainsi que Rock/Metal/Punk pour l’album Deuil.

Il partage aussi le prix Prise de son et mixage avec Simon Joly pour le même album et le prix Initiative artistique avec Nicholas Monette pour le balado De quoi tu parles de?

Reney Ray obtient un des prix les plus convoités : Coup de cœur du public. 

Photo : Philippe Larivière

Le duo Beau Nectar, formé de la Franco-Ontarienne Marie-Clo et de la Fransaskoise éemi, avait récolté le plus grand nombre de nominations, avec 10. Elles repartent finalement avec deux prix : Pop/EDM et Groupe.

Un autre groupe franco-ontarien, De Flore, récolte aussi deux prix : Conception visuelle et EP (minialbum).

Le Fransaskois Étienne Fletcher est le seul autre artiste à remporter deux trophées : les prix Vidéoclip, pour sa chanson Jeu de mémoire, et Export Ouest.

Le prix sans doute le plus convoité par les artistes, Coup de cœur du public, a été remporté par l’artiste country nord-ontarienne Reney Ray.

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Étienne Flectcher, Jeu de mémoire

La longue carrière de l’animateur radio et chroniqueur musical Marc Lalonde a été soulignée par le prix Bâtisseur Paul-Demers. 

Photo : Philippe Larivière

Ontario

Les artistes de l’Ontario étaient les plus représentés dans la liste des nominations. Ils ont aussi remporté le plus grand nombre de prix.

Natalie Aloessode-Bernardin, de l’agence de gestion et de booking dédiée aux artistes francophones Amixie Solution, repart avec le prix Impact entreprise.

La violoniste de Toronto, Aline Homzy alias Aline’s Étoile magique, repart avec le prix Musiques contemporaines.

Le rapeur Kimya remporte le prix Hip-Hop/Rap/Musiques urbaines.

Le groupe composé d’artistes provenant des quatre coins de l’Ontario, Les Rats d’Swompe, a été reconnu avec Export Ontario.

Le Sudburois Mclean reçoit le prix Auteur·e et/ou compositeur·trice (solo ou groupe).

Une autre artiste originaire de Sudbury, Mimi O’Bonsawin, a été déclarée meilleure Artiste solo.

Animal chic de Mehdi Cayenne remporte la catégorie Album.

Finalement, la grande gagnante de La Voix 9 – première Franco-Ontarienne et la plus jeune à décrocher ce titre – Sophie Grenier, est couronnée Révélation de l’année.

Mehdi Cayenne, Animal chic

Manitoba

Trois artistes originaires du Manitoba ont été honorés.

Le duo Beauséjour, composé de la Franco-Manitobaine Jocelyne Baribeau et de l’Acadienne Joannie Benoît, a remporté le prix Country.

Willows, alter ego de Geneviève Toupin, remporte la catégorie Folk.

Alexis Normand repart avec le prix pour le meilleur spectacle. 

Photo : Philippe Larivière

Le projet de Micah Baribeau, fils de Jocelyne de Beauséjour, Micah!, remporte le prix Musique pour enfants.

Saskatchewan

Étienne Fletcher n’était pas le seul représentant de la province. Alexis Normand comptait le plus de nominations chez les artistes de l’Ouest. Elle repart finalement avec un seul prix, celui de Spectacle de l’année.

Le multiinstrumentiste Mario Lepage, sous le nom de Ponteix, a remporté le prestigieux prix de Chanson primée pour St. Denis.

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Ponteix, St. Denis

Francopresse : Que pensez-vous de la nomination de M. Guilbeault à titre de ministre des Langues officielles?

On l’a vu comme vire-vent au niveau de la taxe sur le carbone. Est-ce qu’il va agir de la même façon au niveau des langues officielles? Je ne le sais pas. Je vais donner la chance au coureur.

Je suis beaucoup plus dérangé par l’attitude du gouvernement Carney qui a mis en place un ministre qui a un double chapeau et qui n’a pas le titre de ministre des Langues officielles.

Il a le titre du ministre responsable des Langues officielles. Il y a une nuance bien importante en termes de signal, et ça me dérange au plus haut point.

C’est un élément comparable à la nomination de la Gouverneure générale qui ne parle pas français. Si en haut, on ne lance pas le signal, on ne pourra pas inciter les gens dans la machine gouvernementale et dans la société à valoriser le bilinguisme français-anglais au Canada.

— Joël Godin

Votre chef, Pierre Poilievre, a séparé les Langues officielles de l’Identité et la Culture canadiennes au sein de votre cabinet fantôme. Pourquoi?

Joël Godin : Il y a toujours eu dans le passé un ministre du cabinet fantôme pour Patrimoine [canadien, NDLR], de même pour les Langues officielles. Le problème que l’on a présentement, c’est que Steven Guilbeault occupe les deux fauteuils.

Nous, on pense que c’est un dossier très important. Le dossier des langues officielles n’est pas dans la cour de Rachael Thomas [ministre du cabinet fantôme responsable de l’Identité canadienne et de la Culture, NDLR], c’est dans ma cour, même si c’est le même ministre.

Maintenant, je pense qu’on aurait dû nommer un ministre des Langues officielles [au sein du gouvernement libéral, NDLR]. Ça démontre que le Parti libéral du Canada n’a pas cette sensibilité-là, ni la volonté et l’intention de défendre réellement les langues officielles.

— Joël Godin

Selon moi, si on a à donner un chapeau à un autre ministre pour s’occuper des Langues officielles, on aurait dû le donner au Conseil du Trésor.

Le ministère de Steven Gilbeault, c’est une erreur flagrante parce que le Conseil du Trésor devrait être la seule agence centrale, mais les libéraux […] sont allés à l’encontre de ce qu’ils avaient écrit dans le livre blanc de Mélanie Joly.

Le rôle du Conseil du Trésor en 2021

C’est dans le Livre blanc de 2021 – fruit du travail de la ministre libérale du Développement économique et des Langues officielles de l’époque, Mélanie Joly – que le rôle du Secrétariat du Conseil du Trésor était désigné comme central, en ces termes :

«Le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada élabore des règlements et des politiques concernant les communications avec le public et la prestation des services aux citoyens, la langue de travail et la participation équitable des francophones et des anglophones dans la fonction publique fédérale. Il assure également le respect de ces exigences.»

Est-ce que séparer les Langues officielles et l’Identité et la Culture canadiennes de votre côté ne laisse pas entendre que les deux dossiers n’ont aucun lien?

Je ne le vois pas de cette façon-là. Les Langues officielles est un dossier spécifique et [Pierre Poilievre] a nommé quelqu’un pour s’en occuper, comme il l’a fait dans le passé. Il ne le fait pas pour s’adapter au Cabinet Carney, mais parce que sa préoccupation est de protéger les deux langues officielles et de faire en sorte d’arrêter le déclin du français.

Regardez la liste des ministres d’État [du gouvernement de Mark Carney]. Moi, je pense que ça aurait dû être prioritaire de nommer un ministre dédié aux Langues officielles. La ministre d’État à la Nature, par exemple, alors qu’il y a un ministre de l’Environnement. C’est quoi un ministre d’État de la nature? Ça veut dire que c’est plus important ça que les langues officielles?

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Pourtant, confier les Langues officielles et l’Identité et la Culture canadienne à un francophone n’aurait-il pas envoyé un message fort à la francophonie?

Je ne le vois pas ainsi. Les Langues officielles [est] un moyen de communication [au Canada]. Après, c’est un dossier qui s’applique au niveau économique, au niveau culturel, ça s’applique à toutes les sauces.

Dans quelle mesure allez-vous travailler avec la ministre fantôme qui gère l’Identité et de la Culture canadiennes, Rachael Thomas?

Je n’ai pas d’affaires avec elle. Je suis responsable du portefeuille des Langues officielles, comme je l’étais avant, et je vais faire mes représentations auprès du ministre Guilbeault pour les langues officielles.

Je n’ai pas nécessairement besoin de travailler en accord avec Mme Thomas. Je ne relève pas d’elle.

Mais il y a 38 ministres dans le Cabinet des libéraux en incluant les secrétaires d’État et 73 chez les conservateurs. La différence est notable. Pourquoi autant de ministres au sein de votre parti?

Oui, mais il [faut prendre en compte le fait qu’il] y a des ministres associés, ce sont comme des secrétaires parlementaires.

Quels sont les premiers gestes que vous allez poser en tant que ministre fantôme des Langues officielles?

Je vais m’assurer que le gouvernement libéral procède au dépôt des décrets pour ce qui est des [sanctions administratives] que le commissaire aux langues officielles a le droit d’appliquer.

Ce décret aurait dû être déposé depuis longtemps après le dépôt de la Loi [sur les langues officielles, NDRL], en juin 2023.

Le deuxième décret pour la partie II de la Loi [est aussi à surveiller], et [je vais également] mettre de la pression pour qu’ils déposent les règlements le plus tôt possible. Et je vais suivre activement la nomination du prochain commissaire [aux langues officielles].

Mathieu Lacombe, le ministre de la Culture et des Communications du Québec a déposé un projet de loi sur la découvrabilité du contenu culturel francophone. Est-ce que le fédéral peut s’en inspirer?

C’est une bonne réflexion. Je suis d’accord avec le projet de loi du Québec, pour toute action qui est faite pour augmenter le contenu francophone. Mais je ne travaille pas pour le Québec, je travaille pour la langue française au Canada.

Je ne peux que féliciter les initiatives de chacune et chacun des provinces et territoires qui font en sorte d’avoir plus de contenu francophone.

Maintenant, prendre la démarche pour faire en sorte que les autres provinces et territoires puissent mettre en place ce genre d’initiative là, je vais les encourager, mais je ne ferai pas des pieds et des mains parce que je ne suis pas en position de pouvoir.

Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de clarté.

Au début, l’algorithme de TikTok a mené la danse de la recherche.

Lors de la première séance, il a fallu ignorer des vidéos pendant une bonne trentaine de minutes avant de finalement tomber sur une vidéo d’information en français. Il s’agissait de la chaine française Infos Minutes. Radio-Canada est apparue presque tout de suite après.

Après plusieurs séances de furetage sur TikTok, d’autres chaines dites d’information se sont mises à apparaitre de temps à autre. Finalement, la recherche active de comptes a permis de dénicher un peu plus de contenu d’information en français, mais peu d’actualités.

Et non, le «vieux monsieur» qui approche la cinquantaine n’était pas si seul dans cet espace. Avec des extraits d’émissions de Stéphan Bureau, de QUB Radio et autres, il est clair que le public de TikTok ne compte pas seulement des jeunes de moins de 35 ans. Mais ceux-ci restent minoritaires, selon les récentes données de l’Académie de la transformation numérique de l’Université Laval.

Pêlemêle

Suivre l’actualité en français sur TikTok ne se fait pas sans efforts.

D’abord, beaucoup de contenu informationnel arrive de France. Radio-Canada assure une bonne présence sur TikTok, tout comme Le Devoir, TVA et Noovo. Il y a par contre un nombre inquiétant de comptes qui ne font que rediffuser les vidéos des chaines d’information, c’est-à-dire des contenus qui ne leur appartiennent pas.

Mais même après avoir essayé de «cultiver» un algorithme efficace, la fonction de vidéo aléatoire présente plus d’humoristes que d’actualités. TikTok continue de livrer ce qui fonctionne le plus pour nous garder sur la plateforme, pas nécessairement ce que nous cherchons. Le fil aléatoire n’est donc pas un idéal de découvrabilité de l’information.

Sans oublier que TikTok est une sorte de machine à voyager dans le passé très imprécise. Les dates des vidéos ne sont pas toujours bien indiquées. Il est difficile de savoir si l’information est récente ou non. Parfois, elle date de plus d’un mois.

Ce n’est pas une lubie de «vieille personne» que de vouloir situer une information dans le temps. La chronologie est importante pour suivre une situation qui évolue ou pour la situer dans son contexte.

Cela dit, il y a des producteurs de contenu plus spécialisés qui présentent une nouvelle, une information ou une analyse sous un angle différent. On tombe alors plus dans l’information lente, ce qui peut être une mauvaise chose.

Les francos sont là

La francophonie minoritaire canadienne est présente sur TikTok. L’Acadie en particulier, y a plusieurs chaines qui présentent entre autres des vidéos de «traduction» de mots typiquement acadiens. Il y a aussi des chaines en Ontario, mais plus rarement dans le reste du pays.

Le Courrier de la Nouvelle-Écosse et tout récemment l’Aurore boréale sont pour l’instant les seuls médias francophones en milieu minoritaire que nous avons trouvé qui maintiennent une présence active sur TikTok.

Qui ça?

Ce qui reste le plus difficile, c’est de déterminer le degré de crédibilité à accorder à une chaine. Surtout les premières fois que l’on tombe sur son contenu.

Quelle confiance peut-on accorder à un jeune qui parle d’impôts en se faisant couper les cheveux chez son barbier? Qu’est-ce qui garantit qu’il a les compétences nécessaires pour livrer ce type d’informations?

Est-ce que cette femme en blouse blanche qui parle de crise cardiaque est vraiment médecin comme elle l’affirme?

TikTok est un univers relativement différent des autres réseaux sociaux. Il faut y entrer avec l’esprit ouvert et son sens critique bien réveillé. 

Photo : Nik – Unsplash

Il est plus facile de confirmer la crédibilité d’une personne quand une chaine fournit un lien vers un site Web externe. D’autres, par contre, existent seulement sur TikTok, ce qui complique la vérification de la notoriété.

Sans savoir qui parle, il est impossible de savoir si la personne a les compétences nécessaires pour être dignes de confiance dans le domaine qu’elle aborde.

La capacité d’identifier une source et de vérifier ses compétences est pourtant l’une des bases de la confiance en information. Un bon critère, peu importe l’âge de la personne qui s’aventure sur les médias sociaux.

TikTok n’est pas une plateforme d’actualités, mais on peut s’y informer. Les vidéos peuvent servir de porte d’entrée vers la recherche plus approfondie d’un sujet et mener vers les sites des médias reconnus pour la qualité de leur travail journalistique.

À lire : Le réseau social TikTok : un outil pour la réconciliation? (L’Aquilon)

Une place à l’ombre

Le mot d’ordre chez les médias est d’atteindre les consommateurs d’information là où ils se trouvent. Les jeunes de 18 à 34 ans, eux, se trouvent sur YouTube et TikTok.

Selon les données de l’Académie de la transformation numérique, 70 % des personnes de cette tranche d’âge visitent YouTube et 51 % utilisent TikTok.

Le défi reste important. TikTok ne favorise pas la découvrabilité des contenus médiatiques. Les jeunes font peu confiance aux médias traditionnels. Les codes de ces vidéos ne sont pas les mêmes.

De plus, ces réseaux construits pour donner toute la place au contenu de masse laissent peu d’espace aux petits médias. Ceux-ci doivent se faire remarquer – en 5 secondes – sans pour autant dénaturer leur ligne éditoriale.

En même temps, quel est l’avantage de donner notre contenu à une plateforme sur laquelle la monétisation est impossible au Canada? Est-il éthique de donner notre contenu à une plateforme qui exploite les biais cognitifs pour créer une dépendance?  

Mais il s’agit d’une occasion de reconstruire la confiance dans les médias. La planche de salut est peut-être là. Si un créateur ou une créatrice de contenu peut arriver à inspirer la confiance de son auditoire au fil du temps, peut-être que les médias traditionnels peuvent y arriver aussi.

P.-S. Oui, Francopresse a maintenant un compte TikTok, mais il ne compte aucune vidéo pour l’instant.

À lire : Interdiction des cellulaires en classe : éduquer plutôt que réprimander

Un sondage [en anglais] d’Angus Reid, publié juste avant l’arrivée des souverains, affirmait que 83 % de Canadiens interrogés sont «indifférents» ou «ne s’intéressent pas» à la visite historique du monarque.

Les rues d’Ottawa semblaient démontrer l’inverse, les lundi 26 et mardi 27 mai.

Des milliers de Canadiennes et de Canadiens se sont massés derrière les barrières pour espérer voir le roi et la reine, après le discours du Trône, le 27 mai. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Les rues bondées depuis la veille n’ont pas empêché Shay Murray et Anna Swaan, deux étudiantes francophones de l’Ontario, de s’installer derrière les barrières dès 8 heures du matin lundi, pour apercevoir le roi Charles III et la reine Camilla, en visite dans la capitale canadienne.

Visite au cours de laquelle le souverain a lu le discours du Trône pour ouvrir la nouvelle session parlementaire. Une manière de réaffirmer la souveraineté du Canada face aux menaces répétées et concrétisées des États-Unis.

Les deux amies faisaient partie des milliers de Canadiens et de Canadiennes qui bordaient le chemin depuis l’édifice du Sénat jusqu’au Monument commémoratif de la guerre.

Ma mère l’a vu à Halifax, il y a plusieurs années. Elle m’a poussé, en disant qu’il n’y a probablement pas une autre chance dans ma vie de voir le roi. Ça dit tellement pour notre pays de voir toutes les personnes ensemble, de voir le roi et la reine. C’est vraiment symbolique à nous.

— Anna Swaan

Ce sont bien les menaces étatsuniennes qui poussent les deux jeunes femmes à être présentes pour démontrer leur patriotisme. «Évidemment, s’il n’y avait pas toutes ces émotions négatives, ça ne sera pas si excitant», confie Anna Swaan.

Pour Shay Murray et Anna Swaan, deux étudiantes francophiles, la visite royale était «importante, surtout en ce moment». 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

L’unité avant le désamour des francophones pour la royauté?

Sur la question du peu d’affection souvent démontré par les francophones envers la royauté, Anna affirme qu’il y a «beaucoup d’histoire» à considérer pour comprendre «toutes les émotions» qui entourent la relation entre les francophones et le roi, faisant notamment référence à la déportation des Acadiens.

Mais je pense, juste quand tu regardes les situations qu’on a avec les États-Unis, que les Québécois et les francophones sont intéressés à l’idée d’unité. J’ai vu qu’il y a des personnes au Québec qui ont dit qu’ils préfèrent être Canadiens au lieu d’Américains!

— Anna Swaan

Les francophones hors Québec seraient en outre moins enclins à totalement monter aux barricades lorsqu’il s’agit de royauté.

Avec son amie Shay, Anna espère que les menaces des États-Unis «ramènent les gens ensemble [au Canada, NDLR]».

Plus loin, une Franco-Ontarienne établie aux Mille-Îles, à la frontière avec les États-Unis, affirme que l’unité canadienne «passe avant tout».

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Si la francophonie a bien été évoquée dans le discours du Trône, lu par le roi Charles III ce 27 mai pour ouvrir la 45e législature du Parlement du Canada, elle ne l’a pas été «à égalité avec l’anglais», estime Geneviève Tellier, professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa.

«Cela a pris du temps avant qu’on commence à parler en français. Habituellement, dans l’introduction, une phrase ou deux auraient pogné. Ça n’a pas été le cas. Le français du roi était bon, un peu rouillé. Peut-être que ça pourrait expliquer en partie la place du français», ajoute-t-elle.

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Le discours du Trône?

Le discours du Trône, qui comprend le programme et les objectifs du gouvernement, ouvre une nouvelle session parlementaire.

Rédigé par le premier ministre, il est habituellement lu par la Gouverneure générale, qui est la représentante du roi au Canada.

Il a été prononcé pour la première par un souverain en 1957, par la reine Élisabeth II, au Sénat. Elle a réitéré l’exercice 20 ans plus tard, en 1977. Quarante-huit ans plus tard, c’est son fils, le roi Charles III, qui s’est prêté à l’exercice.

La francophonie canadienne réduite au Québec

Le discours du Trône comportait un paragraphe sur la langue française, mais celle-ci a davantage été reliée à la culture québécoise.

«La langue française et la culture québécoise sont au cœur de l’identité canadienne. Elles définissent le pays que les Canadiens, les Canadiennes et moi aimons tant. Le Canada est un pays où l’on respecte et célèbre les langues officielles et les langues autochtones», a lu le roi Charles III, dans un français un peu hésitant, mais correct.

Le roi Charles III et de la reine consort Camilla à leur arrivée au Sénat pour la lecture du discours du Trône. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Le souverain a en outre rappelé que le gouvernement était déterminé à «protéger les institutions qui font rayonner ces cultures et cette identité […], comme CBC/Radio-Canada».

Un quart environ des 20 pages du discours ont été livrées en français. Malgré quelques références symboliques à la diversité du Canada du fait des langues officielles, des langues autochtones et de la multitude de peuples qui y ont immigré, la francophonie est restée à l’arrière-ban, particulièrement celle en situation linguistique minoritaire.

Une déception que ne masque pas le sénateur acadien René Cormier, plusieurs fois président du Comité sénatorial des Langues officielles, et défenseur de la langue française.

Ça ne témoigne pas de la présence et de la vitalité des communautés francophones et acadienne à travers le Canada. Et ça ne met pas de lumière sur cette réalité-là, qui est une vraie réalité, qui fait en sorte que si le français est parlé partout au pays, qu’on a des langues officielles, c’est bien aussi parce qu’il y a des communautés qui le parlent partout.

— René Cormier

René Cormier a toutefois salué la présence du roi et la qualité de son français.

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Des excuses pour l’Acadie : «pas le bon moment»

Le souverain n’a jamais présenté d’excuses pour la déportation des Acadiens, ni pour les torts infligés à ce peuple par la Couronne britannique.

Le sénateur René Cormier affirme à cet égard : «Je ne crois pas que c’était le moment pour ça. Parce que c’est clair qu’il s’agissait dans ce cas-ci non pas de s’excuser, mais de célébrer cette espèce de mouvement actuel d’adhésion à une certaine identité canadienne.»

Des «efforts pédagogiques» pour le gouvernement Carney

Dans son discours, le roi a également souligné «une admiration pour l’identité sans pareille du Canada», marquant ainsi une distinction entre le pays et son voisin du Sud.

Il a notamment mis de l’avant les racines «britanniques, françaises et autochtones» du Canada, devenu un «pays audacieux, ambitieux et novateur, qui est également bilingue, véritablement multiculturel et engagé dans la voie de la réconciliation».

Toutefois, le Canada n’est pas entièrement bilingue. Geneviève Tellier rappelle que les langues n’ont toujours pas la même égalité partout au pays.

On a l’impression que tant que ce n’est pas sur le radar québécois, ça devient secondaire. Puis on attend la catastrophe.

— Geneviève Tellier

La politologue illustre cette «catastrophe» par les seuils d’immigration francophone hors Québec, que le gouvernement fédéral n’a atteints «qu’à la dernière minute», après avoir réduit ses cibles d’immigration générale.

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Pour elle, Mark Carney «ne démontre pas de sensibilité aux enjeux francophones hors Québec» : «Ça lui a été rapproché avec la disparition d’un ministre des Langues officielles. Il a corrigé le tir par la suite, mais c’est comme si à chaque fois il va falloir le rappeler à l’ordre. Il va très certainement y avoir un effort pédagogique assez soutenu à faire.»

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Avec cette distinction, l’APCM souhaite saluer l’engagement de celui qui, depuis plus de 30 ans, fait rayonner la chanson franco-canadienne, notamment au micro de son émission Can-Rock : l’autoroute de la francophonie musicale canadienne.

Paul Demers était un auteur-compositeur-interprète franco-ontarien. 

Photo : CCA-Share Alike 3.0 – Unported license

Le prix Bâtisseur Paul-Demers récompense une personne ayant eu une incidence durable sur l’industrie musicale par son travail et ses actions.

D’abord animateur de la discothèque mobile de ses parents, Marc Lalonde, dit «Lalonde des ondes», s’est lancé en autodidacte dans l’aventure Can-Rock en 1994, sur les ondes de CHUO FM, la radio de l’Université d’Ottawa. L’émission est aujourd’hui diffusée sur 16 stations membres de l’Alliance des radios communautaires du Canada (ARC).

Actuellement établi à Penetanguishene, en Ontario, Marc Lalonde collabore depuis plusieurs années avec l’APCM et a notamment contribué à l’élaboration du Gala Trille Or. Il revient sur ces trois décennies de chansons et de rencontres.

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Francopresse : Comment avez-vous réagi à l’annonce du prix Bâtisseur Paul-Demers?

Marc Lalonde : Je vais être honnête avec vous, j’ai été perplexe, dans le sens que ça m’a fait du bien; finalement on m’a reconnu à ma juste valeur, parce que ça fait 30 ans que je fais ça, avec pas une cenne dans les poches.

Mais de l’autre côté, j’étais un peu gêné, parce que la seule chose que je fais, c’est de parler d’artistes, de musiciens, puis de faire jouer leurs tounes.

Mais c’est sûr que ça fait du bien. Étant vraiment très passionné, je me demande tout le temps la même question que tout le monde se pose : «Est-ce que je vais laisser une trace? Est-ce que les gens vont se souvenir de moi?» Et puis ça, c’est une bonne façon de dire : «Bravo Marc, on apprécie ce que tu fais. Lâche pas.»

— Marc Lalonde

Justement, vous parlez de cette passion qui vous anime depuis plus de 30 ans pour la musique francophone. Comment est-elle née?

Chez nous, on avait une discothèque mobile et j’étais animateur. Je parlais aux gens et je les rencontrais. Ça me faisait du bien. Ç’a peut-être commencé là, mais ç’a pris du temps avant de germer comme il faut.

Après ça, quand j’ai fini mes études en cinéma à Saint-Jérôme [au nord de Montréal], je suis revenu en Ontario. Je voulais continuer à faire du cinéma ou quelque chose d’artistique. J’ai été faire de la télé communautaire à Rogers 23, à Ottawa.

Puis j’ai été invité par deux amis qui m’ont dit : «Ça te tente-tu de te joindre à une émission de cassettes de groupes de région?» J’ai dit : «Oui, sure.» Je suis arrivé au mois d’octobre, puis au mois de janvier, je me suis retrouvé tout seul.

J’avais dit à la directrice générale de CHUO de l’époque : «Je peux-tu l’essayer pour un mois, voir si j’aime ça?» Ça fait 30 ans que je le fais, donc I guess que j’aime ça.

Marc Lalonde a été honoré par l’APCM pour sa carrière consacrée à faire connaitre la musique francophone du Canada. 

Photo : Philippe Larivière

Quels moments vous ont marqué?

Lorsque j’étais à la télévision de Rogers, je faisais partie de l’équipe de l’émission Coup d’œil avec Denis Labrèche. J’ai fait des entrevues avec des artistes qui viennent en région, les groupes de l’époque : Notre-Dame, Les Parfaits Salauds, tout ça. C’est comme ça que mon gout s’est développé.

Pis à un moment donné, j’ai participé à un tournage extérieur pour le carnaval de Casselman. Puis là je me disais : «Man, où est-ce qu’ils sont ces artistes-là, toutes les Véronic DiCaire et compagnie qui chantent super bien? C’est l’fun, c’est intéressant, mais où ce qu’ils sont ces artistes?» C’est là que je me suis mis à travailler un peu là-dessus.

Puis à mesure que les années passaient, j’ai découvert qu’il y avait beaucoup de jeunes artistes franco-ontariens : Kif-Kif, Hardis Moussaillons, Paul Demers, Serge Monette avec son groupe.

J’ai commencé à faire des entrevues à la radio pour Can-Rock avec des artistes de l’Ontario français. Pis là je me disais : «C’est-tu juste l’Ontario français parce qu’on était à côté du Québec?»

Puis à un festival franco-ontarien, il y avait, entre autres, Michel Marchildon, des Acadiens, Suroît… Je me suis dit : «Ben crime, il y a des francophones en dehors du Québec qui font de la bonne musique en français.» Donc, j’ai commencé à les chercher.

J’ai été invité à donner un grain de sel pour les Trille Or. J’ai suggéré des choses en tant qu’animateur radio; ce que j’aime entendre, ce que je pense que les gens voulaient entendre et puis c’est comme ça que s’est développé les Trille Or.

En plus de 30 ans de carrière, vous avez été témoin de l’évolution de l’industrie musicale francophone. Qu’est-ce qui a le plus changé selon vous?

C’est des milliards d’années-lumière de différence. Aujourd’hui, les jeunes sont tous équipés, ils s’entraident. Mais au début, c’était pas évident. Il fallait qu’ils aillent dans le studio, ça coutait cher.

Au début du Can-Rock, on recevait des nouveautés musicales une fois aux deux mois, trois mois peut-être.

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Êtes-vous confiant quant à l’avenir de la musique francophone canadienne? Quels défis attendent la prochaine génération d’artistes?

Je suis confiant, un petit peu, pas beaucoup. Ces derniers temps, on parlait beaucoup – à cause que Trump voulait envahir le Canada – de la culture francophone, la culture québécoise, au Québec… Oui, mais on est là [les francophones en milieu minoritaire], on est là, oubliez-nous pas!

Je suis confiant que oui, il y a des jeunes qui sont influencés par les Serge Monette, les Robert Paquette, les Céleste [Lévis] et les différents groupes d’aujourd’hui.

Les artistes qui vont dans les écoles aujourd’hui font une grosse part pour s’assurer d’un avenir possible de la musique franco-canadienne. C’est avec ces échanges-là qu’on va réussir peut-être à garder la communauté musicale franco-canadienne et à influencer les jeunes à faire de la musique en français. Je trouve ça super important.

C’est facile de faire de la musique en anglais, mais faire de la musique en français, c’est une prise de fierté, une prise de parole.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier d’animateur? Qu’est-ce qui vous motive à continuer, année après année?

Ce sont les rencontres et les découvertes.

[Aux Trille Or], il va y avoir des vitrines qui vont être faites avec Reney Ray, Jessy Lindsay et bien d’autres. Il y a des artistes que je n’ai pas vus depuis longtemps. J’ai hâte de voir Jocelyne Baribeau, Marie-Véronique Bourque, qui a fait un superbe album inspiré de la nature avec Christine Tassan. Ces rencontres-là, c’est le fun.

Mais aussi, je remarque qu’en nomination au gala des Trille Or cette année, il y a plusieurs artistes que je ne connais pas. Donc moi, ce qui m’excite, c’est d’aller voir ces gens-là en spectacle, puis aller les rencontrer, échanger, les encourager à continuer à faire de la musique en français.

Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de clarté.

Trille Or 2025 : une scène franco-canadienne vibrante

Les célébrations Trille Or auront lieu du 27 au 29 mai 2025, au Centre national des Arts (CNA) et ses environs, à Ottawa.

Le gala principal de cette 13e édition se tiendra le 29 mai au Studio Azrieli du CNA. Comme en 2023, la cérémonie sera animée par Éric Robitaille, animateur radio à ICI Nord de l’Ontario/Radio-Canada.

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Parmi les artistes qui reviennent le plus souvent dans les nominations cette année, on retrouve Beau Nectar, Mclean, Mehdi Cayenne et Mimi O’Bonsawin.

La scène émergente n’est pas en reste avec Flora Luna, Jessy Lindsay, Kelly Bado, Fire & Smoke et Sophie Grenier, en lice pour la Révélation de l’année.

La catégorie Coup de cœur du public regroupe 25 artistes et groupes de tout le Canada.