le Vendredi 26 juin 2026

Seuls 35 % des enfants admissibles à l’instruction en français hors Québec ont fréquenté un service de garde en français, tandis que 12 % ont utilisé un service bilingue.

Les données sont tirées d’un rapport inédit de Statistique Canada sur les services de garde dans la langue officielle minoritaire. Il combine deux enquêtes de 2022 et le Recensement de la population de 2021.

Contexte particulier

Au vu des dates des sources de données, 2021 et 2022, «il faut être conscient que […] c’est un contexte qui était assez particulier», a commenté l’analyste principal de l’étude, Étienne Lemyre, lors d’un webinaire organisé par l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC).

«Il y a eu des restrictions liées à la pandémie qui ont eu des répercussions sur le secteur des services de garde.»

Ces informations n’en demeurent pas moins pertinentes, a-t-il rappelé. «Ça demeure les données qui sont les plus récentes, les plus riches, les plus étendues sur la question.»

«C’est certain que le visage de notre francophonie et de nos communautés francophones, et même le visage de ces données-là, pourrait éventuellement changer», avance de son côté la directrice générale de la Commission nationale des parents francophones (CNPF), Marie-Andrée Asselin, en entrevue avec Francopresse.

Le Nouveau-Brunswick arrive en tête pour la fréquentation des garderies en français avec 63 % (75 % dans le nord de la province). En revanche, les taux sont beaucoup plus bas en Alberta (17 %) et en Colombie-Britannique (13 %).

Source : Statistique Canada

L’influence du milieu familial

L’étude met en lumière l’effet de la langue parlée à la maison sur le choix. Les enfants dont les deux parents parlent français à la maison sont trois fois plus susceptibles (66 %) d’avoir fréquenté une garderie francophone que ceux dont aucun parent ne parle le plus souvent français à la maison (20 %).

Lorsqu’aucun des parents ne parle français le plus souvent à la maison, 69 % de ces enfants admissibles finissent dans une garderie anglophone.

Dans les familles où les deux parents parlent le plus souvent français, l’identité (68 %) constitue la principale raison invoquée pour avoir choisi un service de garde en français plutôt qu’en anglais.

Dans les foyers où le français n’est pas la langue la plus utilisée, c’est le bilinguisme (73 %) qui est mis de l’avant.

Choix par défaut

De précédentes études de Statistique Canada ont montré une hausse du personnel des services de garde utilisant le français au travail au Canada hors Québec, entre 2001 et 2016.

Comme l’a remarqué l’analyste principal da la nouvelle étude, Étienne Lemyre, lors d’un webinaire organisé par l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC) : «Cette augmentation-là était plus rapide que le nombre d’enfants vivant dans une famille de langue française. Alors, ces premiers résultats-là suggéraient une croissance de la disponibilité des services de garde en français.»

Or, il n’en est rien.

Parmi les parents qui ont eu recours à un service de garde en anglais, environ 40 % auraient préféré que leur enfant fréquente un service de garde en français.

On est tout à fait conscient que parfois, il n’y a pas de choix. C’est le service de garde qui est disponible, qui est le plus près, qui fonctionne le mieux.

— Étienne Lemyre

Pourquoi ce fossé? Le rapport identifie plusieurs facteurs qui expliquent pourquoi l’augmentation du personnel ne s’accompagne pas nécessairement d’une hausse de la fréquentation.

Pour Mariève Forest, les ententes entre le fédéral et les provinces et territoires devraient prévoir des cibles en matière de services de garde en français. 

Photo : Courtoisie

À commencer par le manque de places persistantes : les services de garde francophones sont moins susceptibles d’avoir des places disponibles à temps plein (41 %) par rapport à la moyenne globale (46 %) hors Québec.

La distance pèse aussi dans la balance. Pour un tiers (33 %) des parents qui utilisent un service en anglais par dépit, la distance par rapport à l’établissement francophone est un facteur déterminant.

Une donnée intéressante, estime la présidente et chercheuse principale de la firme de consultation Sociopol, Mariève Forest, car elle remet «la quotidienneté» et l’aspect géographique au cœur de la réflexion, alors que «des fois, on ne la prend pas en compte».

À lire aussi : Garderies à 10 $ : des prix en baisse, mais toujours pas assez de places

Le français peine à s’imposer seul

Au sein du personnel, l’usage du français dans les services de garde à l’extérieur du Québec reste largement minoritaire et souvent indissociable de l’anglais.

Le français – seul ou combiné à d’autres langues – est utilisé avec les parents ou les enfants par 19 % des fournisseurs en centre, comparativement à 6 % en milieu familial agréé et 8 % en milieu familial non agréé.

L’usage exclusif du français demeure, quant à lui, un phénomène marginal à l’échelle du pays, ne concernant que 2 % des centres de garde.

Seul le Nouveau-Brunswick, province officiellement bilingue, fait figure d’exception. Près d’un fournisseur de services de garde sur quatre (23 %) utilise le français comme seule et unique langue de communication.

En 2021, à peine 6 % des travailleurs et travailleuses des services de garde hors Québec utilisaient le français au moins régulièrement au travail.

Source : Statistique Canada, Recensement de la population, 2021

Maillon essentiel du continuum en français

Les services de garde constituent le premier maillon d’un continuum éducatif essentiel à la survie des communautés francophones en situation minoritaire : 93 % des enfants ayant fréquenté une garderie francophone poursuivent leur éducation dans une école primaire de langue française.

Ce taux tombe à seulement 30 % pour les enfants admissibles qui ont fréquenté un service de garde en anglais.

Marie-Andrée Asselin alerte contre le risque d’assimilation. 

Photo : Courtoisie

«Ce qui nous inquiète surtout, c’est le manque flagrant de garderies un peu partout au pays», dit la directrice générale de la Commission nationale des parents francophones (CNPF), Marie-Andrée Asselin, en entrevue avec Francopresse.

«On voit l’importance de la garderie francophone pour la continuité de l’éducation en français de nos enfants, pour la continuité juste le fait de transmettre notre langue, notre culture.» Elle alerte contre le risque d’assimilation.

À lire aussi : Petite enfance francophone : mobiliser les connaissances pour mieux agir

Ententes entre Ottawa et les provinces

La Loi sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, qui a reçu la sanction royale en avril 2024, précise que les investissements fédéraux transférés aux provinces doivent être guidés par les engagements énoncés dans la Loi sur les langues officielles.

«En ce moment, dans ces ententes-là, le gouvernement fédéral n’exige pas qu’il y ait des nombres précis ou des proportions précises de services de garde prévus pour les ayants droit», précise Mariève Forest.

«C’est une mesure qui pourrait aisément être ajoutée dans les ententes, qu’elle soit obligatoire, parce que là, en ce moment, les ententes stipulent qu’on va offrir des services de garde en français, mais on ne se dit pas exactement quel effort va être déployé pour offrir ce service-là.»

«Dans les ententes ça dit que les provinces et les territoires doivent tenir compte des besoins des francophones, mais c’est dans les plans d’action de chacune des provinces et territoires où souvent les cibles ne sont pas précisées, où il n’y a pas de programme spécifique ou du financement qui est dédié directement pour les francophones», complète Marie-Andrée Asselin.

Selon Mariève Forest, tant qu’il n’y a pas d’obligation ou de quantification, l’écart restera difficile à combler. Avec «des faibles pourcentages des enfants admissibles qui ont accès à un service de garde, on ne peut pas s’étonner après qu’il y ait autant de transferts linguistiques vers l’anglais».

Le Congrès libéral a accueilli plus de 4500 membres, selon l’organisation du parti. Bien que l’évènement se soit déroulé à Montréal, au Québec, la plupart des membres et des bénévoles parlaient uniquement anglais. La majorité des discussions et panels se sont tenus dans cette langue. La traduction simultanée était toutefois accessible aux membres dans les deux langues.

Les exceptions sont survenues lors du panel sur la protection de la culture et de la langue française et lorsque des députés plus connus pour défendre la francophonie se sont exprimés, comme Mona Fortier, Steven MacKinnon, Ginette Lavack et Guillaume Deschênes-Thériault.

Les votes sur les politiques du parti ont créé les moments forts du congrès, samedi matin.

Des propositions qui concernaient la réforme du mode de scrutin et l’encadrement de l’utilisation de la disposition de dérogation de la constitution ont été rejetées.

Les débats les plus vifs ont été provoqués par des propositions pour restreindre l’accès à l’intelligence artificielle et aux robots conversationnels pour les enfants et les adolescents ainsi que pour protéger les jeunes sur les réseaux sociaux.

À lire aussi : Au Congrès libéral, la frustration sur le français éclipse le bilinguisme

À quoi mènent les résolutions?

Les résolutions votées lors du congrès d’un parti politique ne sont généralement pas contraignantes. La direction du parti – soit le conseil des ministres et le premier ministre – n’est pas forcée de présenter des projets de loi sur les résolutions adoptées. Elles indiquent tout de même les enjeux qui préoccupent les membres du parti et la direction qu’ils souhaitent prendre.

«Terrifiée» devant l’IA…

Proposée par le Parti libéral du Québec, la motion qui vise à restreindre l’accès à l’intelligence artificielle et aux robots conversationnels pour les enfants et les adolescents a été adoptée à 411 votes pour et 315 contre.

Elle invite notamment le Parli libéral au pouvoir à restreindre l’âge d’accès aux agents conversationnels à 16 ans. L’accès aux conversations en ligne avec des intelligences artificielles serait toutefois permis pour des services en ligne, comme pour des compagnies aériennes ou pour rediriger un client vers le bon service d’une entreprise, par exemple. 

«L’IA, c’est le wild west» a fait remarquer une jeune femme du Nouveau-Brunswick, lors du débat.

Je suis très inquiète de mes contemporains qui sont censés être le futur de notre pays. Je suis même terrifiée. J’ai vu les impacts des étudiants au lycée, qui n’apprennent pas comment faire des recherches à part sur l’IA. Ça a un impact sur l’esprit critique. Je pense qu’il faut d’abord que les enfants travaillent leur esprit critique avant d’utiliser l’IA.

— Une membre du parti libéral, lors du débat sur la restriction de l'IA aux jeunes

Une autre jeune membre libérale s’est opposée à la restriction, en affirmant que l’IA avait un rôle à jouer dans les études et l’apprentissage. Une autre encore a affirmé que la motion réduisait au silence les plus vulnérables en bannissant l’accès à l’IA aveuglément.

Dans son discours de fin de congrès, samedi, Mark Carney a tenté de présenter l’IA comme un outil incontournable pour le parti, et plus largement pour le gouvernement, afin de parvenir à ses buts principaux plus efficacement.

Selon le premier ministre, l’IA doit servir toute la population canadienne et ne pas profiter à seulement quelques personnes.

… Inquiets des réseaux sociaux

L’autre motion du Parti libéral du Québec a nécessité un débat avant d’être finalement adoptée par environ les deux tiers des membres. Elle visait la protection des jeunes Canadiens «contre les dangers des médias sociaux», selon l’intitulé.

Un enseignant de Montréal, le deuxième qui a donné son point de vue en français sur les 24 politiques votées, a fait valoir que cette motion aiderait vraiment les enseignants. «Au Québec, il n’y a plus de cellulaires dans les écoles», a-t-il rappelé, en soulignant qu’il voyait des résultats positifs depuis l’interdiction.

Les voix contre se sont dites inquiètes du processus de vérification de l’identité employé par les plateformes en ligne, entre autres. «On ne sait pas encore à quoi ça ressemble», a averti un membre.

Une autre a suscité l’indignation en affirmant qu’il n’y avait «pas de corrélation entre les médias sociaux et la santé mentale».

À lire aussi : Réseaux sociaux : Ottawa pressé d’agir pour protéger les enfants

Autres résolutions adoptées par les libéraux :

Une «société juste» en rupture avec les États-Unis

Le discours de clôture de Mark Carney, prononcé en français environ à 30 %, s’est concentré sur l’unité du Canada.

Le premier ministre a évoqué une «trahison» de la part des États-Unis. 

Bon nombre de nos anciennes forces, qui reposaient sur nos liens étroits avec les États-Unis, sont devenues nos faiblesses. […] Et si nous avons dépassé le choc initial de cette trahison, nous ne devons jamais en oublier les leçons.

— Mark Carney, premier ministre du Canada, lors de son discours au congrès du parti libéral, le 11 avril

Mark Carney a insisté sur le fait que le temps où le Canada envoyait aux États-Unis 70 cents par dollar investi pour la défense était «terminé».

Le premier ministre a aussi illustré l’unité canadienne à travers les moments les plus difficiles de l’histoire du pays, une référence appuyée à la tuerie récente de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique.

«C’est ça, le Canada : se soutenir les uns les autres et se tenir ensemble lorsque ça devient difficile, pour que ce soit meilleur. Je suis là avec vous, tout comme le nouveau gouvernement du Canada.»

«Les Canadiens ont été appelés à servir. Non pas contre quelque chose, pour quelque chose. Pour chacun de nous», a énoncé le premier ministre.

À lire aussi : L’invitation (économique) de Mark Carney au reste du monde (Éditorial)

Tout commence par un goût étrange… Un dimanche matin, le journaliste d’enquête Gaétan Pouliot mange ses crêpes avec du sirop d’érable acheté en épicerie. Sur la conserve, il est marqué «100 % pur», mais le journaliste a un doute. Son sirop ne goûte vraiment pas comme d’habitude.

Gaétan Pouliot lance l’enquête. Il demande à des complices de rendre visite au producteur de sirop d’érable dont le nom est marqué sur la canne de sirop : Steve Bourdeau. Cet acériculteur de la Montérégie vend ses cannes de sirop dans des centaines d’épiceries au Québec et même ailleurs dans le monde. Sans savoir qu’il est filmé par une caméra cachée, M. Bourdeau affirme produire plus de 1 million de cannes de sirop par année.

En secret, le journaliste fait tester 5 conserves de sirop d’érable de Steve Bourdeau en laboratoire. Le résultat : elles contenaient toutes plus de 50 % de sucre de canne!

Quel est le problème?

Le Québec est le plus grand producteur de sirop d’érable au monde. C’est une industrie avec beaucoup de règles à respecter. Le sirop d’érable vendu en épicerie doit être composé d’un seul ingrédient : de l’eau d’érable. La mention «100 % pur» signifie qu’il ne devrait y avoir rien d’autre. Surtout pas 50 % de sucre de canne!

Est-ce que c’est grave?

Les personnes qui ont mangé de ce sirop n’ont pas à s’inquiéter : le sucre de canne n’est pas toxique ni dangereux. C’est juste qu’elles ont été trompées : elles n’ont pas mangé ce qu’elles croyaient acheter. Et du sirop de sucre de canne… c’est moins savoureux que du véritable sirop d’érable. Au Québec, on appelle ça du «sirop de poteau»! 

Mais pourquoi ajouter du sucre de canne? 

Le sirop d’érable, ça coûte cher à produire. Tandis que du sucre de canne, c’est moins cher. Mélanger du sucre de canne au sirop d’érable permet de vendre son sirop moins cher que les autres producteurs. Et moins le produit est cher, plus les consommateurs en achètent! 

C’est ce que Steve Bourdeau a fait en vendant ses produits pour aussi bas que 5 $. 

Comment est-ce possible?

Selon les règles au Québec, le sirop d’érable vendu en épicerie doit être inspecté. Alors comment se fait-il que personne n’avait détecté plus tôt qu’il y avait du sirop trafiqué? C’est parce que Steve Bourdeau échappait aux vérifications obligatoires en mettant lui-même son sirop en conserve et en le vendant directement dans les épiceries. 

Ses produits ont été retirés des tablettes après la diffusion du reportage d’Enquête

Comment le producteur a-t-il réagi?

Quand le journaliste l’a confronté, Steve Bourdeau a nié être responsable du mélange dans ses conserves. Il a affirmé que le sucre de canne devait être déjà présent dans le sirop qu’il avait acheté de l’extérieur du Québec et qu’il avait revendu.  

Prétendre vendre du véritable sirop d’érable, alors que c’est en fait du «sirop de poteau», c’est tromper les clients. Mais c’est aussi interdit. Cette fraude, c’est du jamais-vu dans l’histoire du sirop d’érable. 

Vérifie ton sirop!

Les clients qui ont acheté du sirop de Steve Boudreau peuvent rapporter la conserve en épicerie et demander un remboursement. Pour savoir si c’est le cas, vérifie l’étiquette de la conserve, s’il est écrit le numéro 9227-8712 Québec inc. ou le nom de Steve Bourdeau.

Mise à jour 🚨

Mercredi, une femme qui a acheté des produits de Steve Bourdeau a déposé une demande d’action collective. C’est-à-dire qu’elle s’est tournée vers les tribunaux pour demander qu’elle et tous les autres clients qui ont acheté du sirop trafiqué dans les 3 dernières années reçoivent 100 $ en guise de compensation. Mais ce n’est pas automatique : un ou une juge devra d’abord autoriser la poursuite. Ensuite, il ou elle devra entendre les arguments des deux côtés (les clients et M. Bourdeau) avant de trancher. C’est un processus qui peut prendre des années!

Et toi, es-tu capable de faire la différence entre sirop d’érable et «sirop de poteau»? Que préfères-tu?

Le pouvoir étonnant des cheveux

Chaque jour, des tonnes de cheveux sont coupés dans les salons de coiffure. La plupart finissent au dépotoir… Là, ils se décomposent lentement et peuvent produire des gaz à effet de serre qui réchauffent l’atmosphère. 

Cette nouvelle te fait dresser les cheveux sur la tête? Rassure-toi. D’abord, pour éviter que les cheveux coupés polluent, on peut les mettre au bac de compost plutôt qu’à la poubelle. Mais mieux encore, on pourrait les utiliser pour aider l’environnement!  

Des scientifiques ont fait des tests et ils ont découvert quelque chose d’étonnant : en plus d’être très résistants, les cheveux absorbent très bien les huiles. Même qu’un seul kilo de cheveux peut absorber jusqu’à 8 litres de pétrole! 

Bingo! Il n’en fallait pas plus pour que des esprits ingénieux passent à l’action.

Deux projets verts à base de cheveux!

Voici deux inventions surprenantes qui utilisent les cheveux coupés pour protéger l’environnement :

🌊 Des boudins ou des matelas remplis de cheveux : ils sont utilisés pour nettoyer les endroits pollués par des produits comme le pétrole.

L’organisme américain Matter of Trust crée des matelas et des boudins à partir de cheveux, de poils d’animaux et de laine de mouton. Sur cette photo, le boudin permet d’empêcher les polluants venant de la route d’entrer dans les égouts. 

Photo : matteroftrust.org

🌱 Des toiles protectrices pour les plantes : elles permettent de limiter l’arrosage, empêchent les mauvaises herbes de pousser et protègent les plantes de la sécheresse ou du gel.

En 2020, un navire japonais qui transportait du pétrole s’est échoué à l’île Maurice. Des boudins de cheveux flottants ont aidé à retenir et absorber le pétrole qui s’est déversé dans l’océan Indien. 

Photo : Armand et Françoise Gachet

Des salons de coiffure écolos

Aller chez le coiffeur, ça pollue, et pas seulement à cause des cheveux coupés! Les emballages et les produits chimiques utilisés pour les colorations, par exemple, sont mauvais pour l’environnement s’ils ne sont pas bien recyclés ou s’ils sont versés dans le lavabo. 

L’entreprise canadienne Green Circle a trouvé une solution. Depuis 2009, elle a récupéré et recyclé plus de 5000 tonnes de déchets dans des salons de beauté. Ces déchets ont servi à créer toutes sortes de nouveaux produits, comme des boudins absorbants, justement! L’entreprise a ainsi évité la production de 42 tonnes de gaz à effet de serre!

Est-ce que tu te fais souvent couper les cheveux? Est-ce que ce sont tes parents qui le font, ou tu vas dans un salon?

Anne Adams est membre du Parti libéral du Canada (PLC) et résidente du quartier de Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal. En marge d’un panel sur la protection de la culture et de la langue française, elle a affirmé être mécontente, car à la table du Conseil national d’administration, «on parle toujours anglais».

«Le président est anglophone [Sachit Mehra], dans le moment. Ça se pourrait […] que quelqu’un de bilingue devienne président», a-t-elle expliqué, en entrevue avec Francopresse, après le panel.

«Sauf que quand on est bilingue, on tombe dans le panneau de parler en anglais, parce qu’il y a plus de monde qui comprend l’anglais, enchaine celle qui a passé plusieurs années à la coprésidence francophone de la Commission des ainés du parti dans le passé. C’est un problème systémique. Si, dans le système, on ne s’assure pas que la pensée, la façon de penser de l’autre langue est intégrée, ça ne changera jamais rien.»

À lise aussi : Marc Miller sur les services en français, Air Canada et la Cour suprême

Plus de services dans les deux langues

Anne Adams affirme aussi qu’il faut mettre fin à la pratique des quotas minimaux de francophones ou d’anglophones pour que les rapports de circonscriptions du parti soient accessibles dans les deux langues officielles du Canada.

Au niveau de sa circonscription, les rapports trimestriels sont dans les deux langues, rapporte la Montréalaise. Mais ce n’est pas le cas partout et elle ne trouve «pas ça correct».

Cette dernière a demandé des comptes à l’un des panellistes, le député de Québec–Centre, Jean-Yves Duclos.

«M. Duclos vient de m’expliquer que le sien est seulement en français parce qu’il n’y a pas assez d’anglophones dans son comté», rapporte-t-elle. «Il faut arrêter ça partout au Canada.»

Anne Adams ne tire pas grand-chose de son échange avec l’ex-ministre. «Ça ne me convient pas. C’est une explication, bien sûr. Mais qu’est-ce qu’on va faire pour changer ça?»

Dans les faits, le PLC n’est pas assujetti à la Loi sur les langues officielles et rien dans le règlement du parti n’oblige les associations de circonscription à publier des documents systématiquement dans les deux langues.

En revanche, sa constitution établit que les deux langues officielles sont l’anglais et le français. Ainsi, on se serait attendus à ce que les associations de circonscriptions présentent leurs documents dans les deux langues officielles, de même que les rapports.

De plus, Anne Adams affirme avoir proposé de traduire un document public de son député fédéral de l’anglais vers le français quand elle demeurait à Vancouver-Ouest, mais cela lui a été refusé.

«Est-ce que notre Loi sur les langues officielles va insister sur le fait que tous nos députés, à travers le Canada, qu’ils soient francophones en Colombie-Britannique ou en Alberta, ou anglophones au Québec, envoient leurs [documents] à leurs commettants dans les deux langues?», a-t-elle demandé aux députés, dans le cadre du panel sur la protection de la langue française.

À lire aussi : La fonction publique réticente au bilinguisme, selon le rapport du commissaire

Questions sans réponse

Les questions d’Anne Adams sont restées sans réponse, l’organisation du parti n’ayant pas prévu assez de temps pour les réponses.

Une autre membre du parti a partagé sa frustration au moment de la période de questions sur le fait que les anglophones du Québec «n’ont pas les mêmes services» que les francophones. «Nous sommes fatigués!», a-t-elle critiqué, demandant l’égalité des services fournis.

Un autre a demandé pourquoi les dirigeants canadiens ne montraient pas toujours l’exemple pour parler les deux langues.

Plusieurs de ces questions ont soulevé un intérêt sur les minorités linguistiques, mais celui-ci est vite retombé.

Les députés ont toutefois tenté de répondre aux questions dans les corridors.

La nouvelle commissaire aux langues officicelles, Kelly Burke.

Photo : Courtoisie CLO

Kelly Burke se fixe trois priorités : veiller à ce que les institutions fédérales respectent la Loi sur les langues officielles (LLO), écouter les besoins des communautés de langue officielle minoritaires sur le terrain et suivre le développement des règlements qui encadreront plusieurs aspects de la Loi.

Parmi ceux-ci : les sanctions administratives pécuniaires que pourra imposer la commissaire aux entreprises de transport qui enfreignent la LLO. Il y a aussi le développement de mesures positives dans les ententes entre le gouvernement fédéral et les provinces et territoires.

À lire aussi : Nouvelle commissaire, nouvelles priorités : Kelly Burke vise les manquements à la Loi sur les langues officielles

Appuyées par la députée du NPD Leah Gazan, des femmes autochtones ont rappelé les obligations d’Ottawa de respecter les 231 appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

CANADA

Mercredi, des femmes autochtones représentant des familles de filles et de femmes disparues ou assassinées ont déploré l’absence de renouvèlement du financement fédéral qui soutient les services que leurs organismes fournissent. Hilda Anderson-Pyrz, présidente du Cercle national des familles et des survivantes, demande un financement «stable et équitable» pour ces organismes.

Engagements non respectés : «Mark Carney semble à l’aise avec le fait que des femmes autochtones viennent supplier pour du financement», a déploré Leah Gazan, députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) de Winnipeg–Centre, au Manitoba.

«Son gouvernement fournit 0 $ pour les femmes autochtones, […] mais a promis 13 milliards de dollars en dépenses militaires» a-t-elle fustigé.

Les représentantes des organisations ont demandé que le gouvernement fédéral applique son «obligation légale» de respecter les 231 appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, en reprochant à Ottawa de manquer à ses engagements.

À lire aussi : Commission de vérité et réconciliation : dix ans après, où en est le Canada?

La députée conservatrice de la circonscription ontarienne de Sarnia–Lambton–Bkejwanong, Marilyn Gladu, a rejoint les rangs du Parti libéral du Canada. Avec 171 élus à la Chambre des communes, il n’est plus qu’à un siège de la majorité.

Élections cruciales : Les élections partielles du 13 avril prochain pourraient permettre à Mark Carney d’obtenir un gouvernement majoritaire.

Celles-ci ont lieu à Terrebonne (Québec), à University–Rosedale et à Scarborough-Sud-Ouest. Ces deux dernières circonscriptions se situent dans la banlieue de Toronto et sont considérées comme des bastions libéraux.

«En janvier, Marilyn Gladu a affirmé qu’un député qui change de camp devrait laisser le dernier mot aux électeurs lors d’une élection partielle. Je suis d’accord avec elle. […] Ils ont choisi les conservateurs, pas le gouvernement libéral couteux qu’elle vient de rejoindre. Elle devrait respecter sa parole et se soumettre au verdict des électeurs», a déclaré sur le réseau social X le chef conservateur, Pierre Poilievre.

Dans un communiqué de presse, le NPD a rappelé que Marilyn Gladu s’est positionnée à plusieurs reprises contre l’avortement, une «preuve» que «Mark Carney est un conservateur et qu’il y a maintenant deux partis conservateurs à la Chambre des communes».

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Le Budget 2025 du Canada a créé le «Fonds pour bâtir des collectivités fortes», à hauteur de 51 milliards de dollars, afin d’accélérer la construction d’infrastructures essentielles comme les hôpitaux, les routes et le traitement des eaux usées.

Trois volets structurent ce Fonds : un volet provincial et territorial de 17,2 milliards de dollars pour des infrastructures clés en collaboration avec les provinces, un volet de prestation directe de 6 milliards de dollars pour des projets majeurs et climatiques, et un volet communautaire de 27,8 milliards de dollars pour les infrastructures locales, comme des routes, des ponts et des centres communautaires.

Premiers projets : Un premier projet a été annoncé par le premier ministre mardi. Il s’agit d’un centre communautaire de 64 millions de dollars à Brampton, en Ontario.

Douze autres annonces de ce type doivent suivre un peu partout au pays et couteront 300 millions de dollars (prévus dans le budget 2025).

À lire aussi : Budget 2025 : justifier le déficit par les investissements

INTERNATIONAL

Sur sa plateforme Truth Social, mardi matin, le président Donald Trump a menacé de détruire «une civilisation entière» si l’Iran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.

Il n’a finalement pas mis sa menace à exécution après que l’Iran et les États-Unis ont accepté un accord de cessez-le-feu de deux semaines.

Inquiétude de la classe politique canadienne : De passage à Brampton, en banlieue de Toronto, mardi, le premier ministre Mark Carney a rappelé que le droit international interdit de cibler des civils ou des infrastructures civiles et a appelé à la prudence, soulignant un «décalage» fréquent entre les déclarations publiques de Donald Trump et ses décisions.

Le NPD et le Bloc québécois ont condamné les propos du président des États-Unis et demandé au gouvernement canadien de rappeler l’ambassadeur américain pour exprimer leur opposition à toute menace contre des civils iraniens.

ENTRE LA TERRE ET LA LUNE

Mercredi soir, le premier ministre s’est entretenu d’abord en français avec l’astronaute canadien Jeremy Hansen, alors en mission dans l’espace avec trois astronautes américains, à bord de la capsule spatiale Orion.

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a pu parler avec les astronautes de la capsule Orion alors qu’ils étaient en route pour leur retour sur la Terre.

Photo : Capture d'écran – Agence spatiale canadienne

Celle-ci a contourné la Lune et était à 406 000 km de la Terre, soit la plus grande distance jamais atteinte par des humains dans l’espace. Les quatre astronautes d’Artémis II ont pu observer la face cachée de la Lune, une première pour une mission habitée.

Échange : «Des millions de Canadiens sont incroyablement fiers de ce que tu fais actuellement, a déclaré Mark Carney lors de la communication. C’était incroyable de t’entendre parler français pour la première fois depuis l’espace.»

Le premier ministre a ensuite demandé, en anglais, comment l’équipe collaborait et a plaisanté sur la préférence du sirop d’érable de l’équipage ou leur chanson pour se réveiller le matin.

«C’est un honneur d’avoir le premier ministre à bord avec nous, s’est enthousiasmé Jeremy Hansen. Je suis si fier […] Le Canada a mis tout l’effort pour créer l’opportunité d’être ici.»

«Nous sommes un exemple de cette collaboration», a complété l’astronaute américaine Christina Koch, seule femme à bord. Nous avons différents talents. On a montré que les impacts sont bien plus grands […].»

Plus tôt cette semaine, le président Donald Trump avait lui aussi échangé avec l’équipage, mettant de l’avant le leadeurship américain. L’astronaute Hansen avait répondu que le Canada était aussi au premier rang de cette mission.

Les astronautes ont passé 10 jours dans l’espace.

Francopresse : Vous êtes officiellement entrée en poste le 30 mars; comment s’est fait tout le breffage des dossiers et quelles sont, selon vous, les trois priorités sur lesquelles doit plancher le Commissariat aux langues officielles (CLO)? Votre prédécesseur indiquait que le travail immédiat était au niveau des règlements.

Kelly Burke : J’ai une équipe très bien rodée qui attendait impatiemment mon arrivée.

Une des priorités, évidemment, c’est d’assurer une meilleure conformité à la Loi sur les langues officielles, d’identifier où sont les problèmes systémiques au niveau des communications des services au public et de la langue de travail dans la fonction publique fédérale.

Dans un deuxième temps, je pense que c’est de bien comprendre les communautés et les frustrations partout au pays, que ce soit du côté anglophone au Québec ou du côté francophone partout ailleurs. Je vois l’importance d’être présente et à l’écoute sur le terrain.

Dans un troisième temps, c’est vraiment d’assurer que le cadre règlementaire est suffisamment robuste pour refléter une loi qui est robuste elle aussi.

À propos du règlement sur les sanctions administratives que vous pourrez distribuer aux entreprises de transport en cas de non-conformité à la Loi sur les langues officielles : doit-on augmenter les montants, selon vous?

Je crois que le gouvernement a évolué dans son positionnement quant au maximum qui pourrait être imposé comme sanction.

Ça va me prendre du temps supplémentaire pour bien saisir les tenants et les aboutissants du montant qui a été identifié et avec le temps, avec mon équipe, j’aurai des commentaires supplémentaires à offrir à ce niveau-là.

Votre prédécesseur suggérait d’assujettir au règlement les agents de sécurité dans les aéroports, des services frontaliers, etc. Donc selon vous, faut-il que le règlement inclue davantage de compagnies canadiennes de transport?

Selon ma lecture des choses, oui, il y a quand même un règlement qui n’a pas évolué grandement à la suite des soumissions de la part du commissariat et de plusieurs intervenants. 

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Le commissaire antérieur a pris une position que j’appuie. Le règlement ne va pas assez loin pour comprendre des institutions qui devraient être assujetties à la Loi.

— Kelly Burke, commissaire aux langues officielles

On aimerait que ce règlement s’applique aussi aux autorités portuaires et à l’administration canadienne de la sécurité du transport aérien. On aimerait que ce règlement s’applique de façon plus étendue pour comprendre ce type d’institution.

M. Théberge avait également affirmé qu’il était préoccupé par le manque de mesures positives dans le règlement sur la Partie VII, qui porte entre autres sur l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire et la promotion des deux langues officielles. Partagez-vous cette opinion?

C’est important de souligner que les mesures positives sont codifiées dans la Loi et la Partie VII prévoit des engagements concrets de la part des institutions fédérales.

Les parlementaires s’attendent à ce que les engagements sur les mesures positives soient respectés par les institutions fédérales.

Il y a trois éléments qui s’attachent à cela : l’épanouissement des communautés, la protection et la promotion du français et l’apprentissage tout au long de la vie.

Mon prédécesseur avait mentionné que la Partie VII et les mesures positives précisément doivent évoluer pour que les institutions fédérales développent les mesures positives afin de respecter les trois éléments que je viens de mentionner.

Il y a plusieurs exemples et des rapports qui ont souligné que la fonction publique fédérale était parfois hostile au bilinguisme et aux travailleurs francophones. Le CLO a rappelé à l’ordre le Conseil du Trésor. Comment comptez-vous aborder ce problème qui semble être récurrent?

Selon moi, ce qui est essentiel au cœur de la fonction publique fédérale, c’est un leadeurship qui apprécie et reconnait l’importance du bilinguisme canadien et le choix des employés de travailler dans leur langue de choix.

J’ai pleinement l’intention de collaborer avec les institutions fédérales pour cela.

Au-delà du leadeurship, ça va prendre des ressources pour que les institutions soient suffisamment outillées pour [effectuer] une bonne surveillance des droits linguistiques et une mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles.

— Kelly Burke, commissaire aux langues officielles

Votre prédécesseur affirmait aussi que l’immigration francophone en dehors du Québec était nécessaire pour la survie du français au Canada. Même question : partagez-vous cette opinion?

Oui, et c’est un positionnement qui est reflété dans le recensement de 2021 qui démontre que le bilinguisme canadien est demeuré stable à 18 % de la population, en grande partie attribuée à l’immigration francophone et au programme d’immersion française.

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L’immigration francophone, c’est un principal moteur de croissance des communautés de langues officielles en situation minoritaire, le facteur clé de l’équilibre linguistique au Canada.

Le gouvernement avance quand même dans une bonne direction au niveau de l’immigration, l’atteinte des cibles en fait preuve, mais il reste du chemin à faire pour établir un poids démographique au niveau souhaité.

Est-ce que vous êtes préoccupée par les suppressions de postes au sein de la fonction publique fédérale? Et selon vous, est-ce que cela pourrait avoir un impact sur les services en français?

Je reprends ce que j’ai dit, la Loi exige que la fonction publique fédérale exerce un leadeurship au niveau de la qualité du service que la fonction publique doit rendre accessible aux Canadiens et aux Canadiennes.

Je crois que le gouvernement doit investir dans la qualité de service qui va répondre aux besoins de sa clientèle canadienne et permettre aux employés également de progresser du côté de l’emploi des deux langues officielles dans la fonction publique.

Dernière question : est-ce que votre départ soudain du Commissariat aux services en français de l’Ontario, en 2023, a été un point de discussion avec le ministre Marc Miller pour déterminer votre embauche au CLO?

Je ne comprends pas la question. Mon départ de l’ancien Bureau et du poste de Commissaire aux services en français s’est fait par entente mutuelle.

Nous avons réalisé des objectifs importants, j’ai produit trois rapports annuels avec des recommandations qui ont été acceptées.

Le mandat du Commissaire aux services en français est prescrit par la Loi et exige que les services en français soient améliorés. J’ai amélioré les services en français à plusieurs égards, y compris les alertes d’urgence dans la province, les points de presse, la commission d’enquête sur la COVID-19 et d’autres.

Le tout pour vous signaler que cela a été une bonne base qui m’a permis de bien me positionner pour ce poste de commissaire aux langues officielles.

«La flamme politique qu’il y a à l’intérieur de moi, ça fait juste partie de mon ADN.»

Geneviève Pelletier est une créatrice et metteuse en scène métisse. Elle a assumé la direction artistique et générale du Théâtre Cercle Molière, de Winnipeg au Manitoba, de 2012 à 2025. 

Photo : Marie-Josée Vendette

L’artiste métisse Geneviève Pelletier, ancienne directrice artistique du Théâtre Cercle Molière à Winnipeg, au Manitoba, a participé à la conférence «Quand francophonie et autochtonie font bon ménage», coorganisée par le Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF).

L’occasion était bonne pour elle de revenir sur son héritage et l’identité métisse. «Les Métis, c’est un peuple politique, qui s’est affirmé haut et fort depuis les années 1700, quand les premières rencontres se sont faites entre – on va dire – la femme autochtone et l’homme européen, et a créé cette nation.»

«Il y a toujours eu une volonté d’affirmer des droits […], de vouloir trouver un lieu de rencontre entre nous, les gens qui sont issus des plusieurs nations. Parce qu’on pourrait dire que quelqu’un qui est Métis peut être Anishinaabe, Cris, Dakotas, francophone, peut avoir de l’anglophonie; c’est un peu les mélanges qui se sont continués à travers les siècles.»

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Qui sont les Métis?

La Constitution canadienne de 1982 reconnait trois peuples autochtones : les Premières Nations, les Inuit et les Métis.

L’identité métisse va bien au-delà d’une simple ascendance mixte autochtone et européenne. Les Métis forment un peuple distinct, doté de leur propre langue, le michif, de leur propre culture et de revendications territoriales qui leur sont propres.

Bien que la nation métisse soit historiquement ancrée dans la vallée de la rivière Rouge et les Prairies, elle est présente partout au Canada.

Leurs origines remontent au 18e siècle, dans la région des Grands Lacs, où des commerçants de fourrures français ont fondé des familles avec des femmes autochtones.

Source : L’Encyclopédie canadienne

Des communautés en mutation

Cette revendication politique, Geneviève Pelletier l’a notamment trouvée dans le théâtre, en proposant des pièces originales et multiculturelles.

La communauté francophone au Manitoba est en changement de façon assez exponentielle […] et je pense que c’est comme ça à travers beaucoup d’autres communautés francophones au pays

— Geneviève Pelletier

L’ancienne directrice artistique cite le Festival Noir et Fier, présenté par le Théâtre Cercle Molière, qui a permis à la compagnie de renouveler sa programmation, et son public.

«C’est à l’intérieur de ce type de travail là, où les gens de la communauté peuvent venir se voir, voir ce qu’ils sont devenus, mais aussi contribuer de façon active à ce qu’on va devenir. Pour moi, c’était devenu impératif, que les communautés qui venaient de partout au monde pour s’installer à Winnipeg, dans cette francophonie, trouvent une place et que nous soyons aussi à la rencontre.»

Dans les écoles francophones aujourd’hui, on est à 60-70 % de jeunes qui sont issus de l’immigration. Ce sont les publics de demain. Ce sont les acteurs de demain.

Selon elle, il faut aller au-delà de la dichotomie être ou ne pas être francophone : «Tout le monde qui parle français est franco-manitobain. Donc comment est-ce qu’on arrive à trouver ces liens, tisser ces liens, faire en sorte qu’on devienne autant influencé des empreintes des gens qui viennent d’ailleurs que de faire en sorte que ces gens-là puissent être sur la scène?»

C’est pourquoi elle s’est efforcée de proposer des spectacles où plusieurs cultures se mêlent et dialoguent, autour du français.

«Les valeurs autochtones, les valeurs métisses que je promulgue ou que je tente d’incarner au quotidien font partie de pourquoi l’international est devenu intéressant et important.»

Elle prend l’exemple du projet L’Armoire, réalisé en collaboration entre le Théâtre Cercle Molière, la Compagnie du Jour, en France, et L’Aparté, au Maroc.

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Transformer la honte en force

L’artiste utilise la honte comme un moteur, sans vouloir la cacher, «ce qui a été le cas pendant une centaine d’années» chez les Métis.

«Louis Riel a une prophétie qui stipule : “Mon peuple va s’endormir pendant 100 ans et ce seront les artistes qui vont le réveiller.” […] Ce qui veut dire que quand on parle de 100 ans, on parle de lutte, on parle de honte, on parle de lutte intérieure. Est-ce que j’ai le droit d’être qui je suis?»

«La honte de mon grand-père, elle m’accompagne parce que je trouve de la force là-dedans et c’est aussi quelque chose qui met en flamme ce côté politique et artistique qui m’anime à tous les jours.»

Langues autochtones, anglaise et française

Quant à la façon de naviguer à travers différentes identités, où se mêlent autochtonie et héritage colonial, Geneviève Pelletier appelle au dialogue et à la déhiérarchisation.

«C’est une question qui est glissante un peu parce que les deux langues, le français et l’anglais, ce sont deux langues coloniales. Ce sont deux langues qui se sont immiscées sur des territoires où les gens ne parlaient aucunement ces langues. Il y avait des milliers de langues qui se propageaient sur ces territoires.»

Et l’artiste d’ajouter : «Je n’ai pas une relation antipathique avec l’anglophonie. Pour moi, elle fait partie de qui je suis aussi.»

Elle qualifie son rapport aux langues de «fluide».

On ne peut pas dire qu’il y a l’anglais et le français et les langues autochtones. Comment est-ce qu’on arrive à dans tout contexte, soulever ou déhiérarchiser, décoloniser, pour faire en sorte que ces langues-là puissent se rencontrer de façon circulaire.

Elle admet la tension, historique, entre l’anglais et le français, mais elle trouve cela «fatigant» : «Est-ce qu’on peut juste discuter entre nous et se dire les vraies choses dans le sens où, oui, on est bilingue, mais on a aussi enseveli des gens et leur langue pendant des centenaires de temps. Essayons de retrouver un peu l’empathie que l’on a tous l’un et l’autre autour de cette conversation.»

«Le dialogue, il peut être difficile parce qu’il y a des perspectives où toi et moi, on voit les choses différemment parce qu’on a vécu des choses différemment. On a acquis des choses différentes. Notre bagage est autre. Donc, quelque part, c’est de ne pas avoir peur d’être dans ce malaise, l’inconfort, le bonheur de l’inconfort.»

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Combats à venir

Les intervenants et le public ont abordé la question des revendications à venir pour les Autochtones au Canada.

«Les peuples sont en train de se préparer pour des combats, prévient Geneviève Pelletier. On est dans un moment où le gouvernement va vouloir venir sur les territoires qu’ils ont cédés aux Autochtones. Ils vont dire : pour le bienêtre de l’économie mondiale et canadienne, on doit aller chercher les minerais rares. Ça ne va pas passer.»

Geneviève Pelletier fait référence aux grands projets d’importance nationale du gouvernement de Mark Carney, qui visent, entre autres, l’exploitation des minéraux critiques.

Olivier, est-ce que cette mission va se poser sur la Lune? 

Non. La capsule Orion, dans laquelle les astronautes font le voyage, fera le tour de la Lune sans se poser. Ce sont probablement les missions Artemis 4 et 5, prévues en 2028, qui permettront le retour des humains SUR la Lune. À ce jour, seulement 12 astronautes hommes ont eu la chance de marcher sur la Lune.  

Cette mission sert à quoi précisément?

À tester la capsule Orion. Tout doit bien fonctionner pour les futures missions. À bord, il y a quatre astronautes, dont le Canadien Jeremy Hansen et l’Américaine Christina Koch, qui est la première femme à voler autour de la Lune. 

Combien de temps seront-ils partis?

Environ 10 jours : 1 jour environ autour de la Terre après le lancement, puis 4 jours pour aller vers la Lune, un court passage autour et environ 4 jours pour revenir. Ils deviendront les humains à être allés le plus loin dans toute l’histoire : ils seront à un peu plus de 410 000 km de la Terre! Ils sont vraiment courageux. C’est très risqué de faire ce genre de mission, mais la récompense de voir la Lune d’aussi près en vaut le coup! 

Que feront-ils à bord?

Ils apprendront à vivre ensemble dans un espace très petit, à manger, à se laver, aller aux toilettes… tout ça en apesanteur! Ils devront aussi faire du sport, c’est essentiel pour que le corps reste en bonne santé. Ils auront aussi la chance de manger des biscuits feuilles d’érable en regardant la Lune ou la Terre! Qui n’a pas rêvé de ça? 🙂 Ils auront leur mascotte. C’est une peluche du nom de Rise. Elle représente une lune souriante, coiffée d’une casquette! 

La dernière fois que des humains sont allés sur la Lune, c’était en 1972. Pourquoi c’est si long avant d’y retourner?

Entre autres parce que le coût des lancements est très élevé. Et aussi parce que c’est dangereux. Les humains ne sont pas faits pour vivre longtemps dans l’espace. C’est pourquoi on a jugé que ce n’était pas utile d’y retourner pendant toutes ces années.

Pourquoi y retourner maintenant?

Il y a actuellement une course entre les États-Unis et la Chine. Les deux veulent absolument être les premiers à retourner sur la Lune. Mais il y a aussi des objectifs scientifiques au programme d’Artemis. Explorer la Lune (avec des robots ou des humains) permet d’en savoir plus sur sa formation, mais aussi celle de la Terre et du système solaire. C’est important pour les chercheuses et chercheurs de comprendre comment notre système solaire s’est formé et comment l’eau a pu apparaître sur notre planète. La Lune pourrait nous apporter de belles pistes de solution. 

Toi, si tu pouvais aller dans l’espace, qu’aimerais-tu explorer?