Avec les informations de Julien Cayouette
Dans ses réponses à l’évaluation des programmes d’immigration des travailleurs hautement qualifiés, le ministère d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) reconnait pour la première fois que le système Entrée express cadre mal avec certains objectifs de l’immigration francophone hors Québec, notamment le renforcement de la vitalité des communautés en situation minoritaire.
Besoins francophones vs travailleurs hautement qualifiés : Selon la professeure agrégée en Géographie de l’Université d’Ottawa, Luisa Véronis, les emplois recherchés dans ces communautés, par exemple en petite enfance, en santé ou en construction, ne sont pas nécessairement considérés très qualifiés ni bien payés. Les candidats hautement qualifiés se dirigent plutôt vers les grands centres urbains.
Or, la nouvelle mesure en vigueur depuis le 3 novembre accorde jusqu’à 100 points pour une offre d’emploi et jusqu’à 70 pour une expérience canadienne de travail, contre 25 ou 50 pour la maitrise du français. Le ministère assure que ces changements n’auront «aucune incidence» sur l’atteinte des cibles francophones.
À lire : IRCC reconnait les limites d’Entrée express pour favoriser l’immigration francophone
Le Budget fédéral 2026 annonce un déficit de 62,3 milliards de dollars à la fin du présent exercice budgétaire, un peu moins que les 63,3 milliards projetés par le Directeur parlementaire du budget (DPB) pour 2026-2027.
Le budget du ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, insiste surtout sur la souveraineté du Canada, principalement du côté de l’énergie et des investissements.
Cout de la vie : Quelques mesures sont introduites dans le budget pour réduire le fardeau de l’augmentation du prix des aliments. Plus de 12 millions de personnes qui reçoivent l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels recevront un supplément de 50 % en 2027, qui pourrait porter le remboursement total à environ 2500 $ pour une famille de 4 personnes.
Le crédit canadien pour proche aidant deviendra entièrement remboursable à compter de 2027-2028. La mesure pourrait permettre à 180 000 personnes de plus de recevoir du soutien pouvant aller jusqu’à 1260 $ par année.
Dans son budget 2026, le gouvernement indique vouloir «créer les conditions qui permettront de mettre fin à l’itinérance d’ici 10 ans» en finançant les services aux personnes itinérantes et en stimulant la construction, entre autres des logements dits hors marché.
Logements : Le gouvernement veut «créer les conditions qui permettront de mettre fin à l’itinérance d’ici 10 ans», indique-t-il dans son budget. Différentes mesures sont proposées pour atteindre cet objectif : nouveaux investissements en santé mentale et pour la construction de logement avec des services de soutien; renouvèlement de l’Allocation canadienne pour le logement pour 10 ans, dynamiser la construction de logement hors marché; préparer plus de terrains fédéraux pour la construction de logements et travailler avec les villes pour accélérer l’attribution de permis.
Entreprises : La nouvelle «mégadéduction à la productivité» s’applique sur une multitude d’investissements matériels des entreprises. Elle permet de déduire la totalité des couts d’un nouvel investissement dans une seule année. Le gouvernement avance que cette mesure stimulera les investissements et augmentera la productivité au pays.
Selon le gouvernement, cette déduction fait du Canada le pays du G7 où le fardeau fiscal est le moins élevé.
Francophonie et immigration : Les investissements énumérés pour la francophonie canadienne se limitent à 393 millions de dollars pour préparer le Sommet de la francophonie à Ottawa en 2028 ainsi qu’à une partie des 600 millions promis pour la culture.
Les cibles en immigration restent les mêmes à 380 000 résidents permanents. Les cibles pour l’immigration francophone hors Québec restent inchangées également à 9,5 % de l’immigration totale en 2027 jusqu’à 12 % en 2029.
Le premier ministre Mark Carney a déclenché dimanche des élections partielles dans six circonscriptions fédérales. Le scrutin aura lieu le 7 décembre : trois au Québec, dans Laurier–Sainte-Marie; Rosemont–La Petite-Patrie et Saint-Hyacinthe–Bagot–Acton.
Deux autres se tiendront en Ontario, dans Scarborough-Nord et Brantford–Brant-Sud, et une en Saskatchewan pour Yorkton–Melville.
Au Québec, les sièges étaient détenus par le Parti libéral; le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois. Ces trois partis y présentent à nouveau des candidats.
Pari du Parti libéral : Les libéraux misent notamment sur l’ex-patron du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, dans Laurier–Sainte-Marie, l’ancien siège de Steven Guilbeault.
Le Bloc et le NPD affrontent les libéraux dans les trois circonscriptions.
En dehors du Québec, les libéraux défendent le siège de Scarborough-Nord, laissé vacant par Shaun Chen pour des raisons de santé, et tentent de s’imposer dans deux circonscriptions conservatrices, Brantford–Brant-Sud et Yorkton–Melville.
Résultats historiques : Une vague démocrate a déferlé sur les États-Unis qui a permis au parti de mettre la main sur plusieurs États qui avaient des républicains à leur tête. Le Parti démocrate sera également majoritaire à la Chambre des représentants et au Sénat.
Le ministre Dominic LeBlanc dit ne pas avoir l’intention de changer de stratégie dans ses négociations avec le gouvernement des États-Unis après les défaites historiques du Parti républicain aux élections de mi-mandat.
Les personnalités politiques canadiennes n’étaient pas pressées de réagir aux élections de mi-mandat aux États-Unis. Aucun message sur les réseaux sociaux du premier ministre ou du chef de l’opposition le soir même ou le lendemain matin.
Garder le cap : Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a offert la première réponse du gouvernement mercredi. «Ça ne va pas changer notre approche face à ces négociations commerciales. On sait ce qu’on veut en termes d’une entente qui est dans l’intérêt économique», a-t-il affirmé.
Il a ajouté avoir hâte de parler avec ses interlocuteurs des États-Unis au cours des prochains jours, mais qu’il les laisse analyser ce que veulent dire les résultats de l’élection.
Un message clair : Le chef conservateur, Pierre Poilievre, a suggéré au gouvernement d’être un peu plus agressif. «Nous avons vu les résultats d’hier aux États-Unis. Le message est très clair. Exactement le message que j’avais livré. Les Américains détestent les tarifs. Les tarifs sur le Canada, ce sont des taxes sur les Américains. Nous devrions utiliser ce levier et la bonne foi des Américains, pour enlever tous les tarifs.»
Il dit compter retourner aux États-Unis pour continuer faire la promotion du commerce ouvert entre les deux pays.
Avec les informations de Julien Cayouette
Le Budget fédéral canadien 2026 indique un déficit de 62,3 milliards de dollars à la fin du présent exercice budgétaire, un peu moins que les 63,3 milliards projetés par le Directeur parlementaire du budget (DPB) pour 2026-2027.
Il devrait légèrement augmenter l’année suivante pour retomber à 57,6 milliards de dollars en 2028-2029, selon les projections gouvernementales. Le DPB prévoyait plutôt 70 milliards de dollars pour la même période.
Le Sommet de la Francophonie, qui se tiendra à Ottawa en 2028, recevra une enveloppe de plus de 393 millions de dollars. Elle servira à 10 ministères dans la mise en place des mesures à prendre pour cet évènement – des mesures qui n’ont pas encore été dévoilées.
Par ailleurs, le gouvernement respecte sa promesse de fournir une aide de 600 millions de dollars aux secteurs audio et audiovisuel, sans préciser ni la distribution ni de calendrier spécifique.
Le journalisme obtient une enveloppe de 134 millions de dollars sur quatre ans dès 2027 pour l’Initiative de journalisme local (IJL), soit 33,5 millions de dollars par an avant d’augmenter à 41 millions de dollars par année par la suite.
Le crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique canadienne est élargi aux organismes privés de nouvelles audios et audiovisuelles – il était accordé jusque-là aux médias écrits seulement. Tous bénéficieront du crédit d’impôt de 35 %. Le cout est estimé à 501 millions de dollars sur 5 ans.
La Société d’État CBC/Radio-Canada voit son enveloppe temporaire accordée l’année précédente doublée pour les deux prochaines années : elle passe à 300 millions dès 2026.
Le budget fédéral est avare de détails sur les niveaux d’immigration francophone et mentionne que la ministre d’IRCC, Lena Metledge Diab, donnera davantage de détails lors du dépôt du Rapport annuel du Parlement sur l’immigration de 2026, attendu ce mois-ci.
Le Budget fédéral 2026 maintient la cible à 12 % d’immigration francophone en dehors du Québec en 2029
l’immigration francophone à 12 % d’immigration francophone en dehors du Québec en 2029 et se concentre sur une réduction annoncée des niveaux d’immigration généraux, ponctuée de mesures d’aide pour certains profils d’immigrants seulement.
Le budget mentionne que les détails seront donnés lorsque la ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) déposera le Rapport annuel du Parlement sur l’immigration de 2026.
Le gouvernement poursuit la modernisation du système Entrée express, qui est pour le moment la voie qui amène le plus d’immigrants francophones à l’extérieur du Québec, malgré sa reconnaissance récente des limites de ce système.
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| Année | Plan 2025-2027 (oct. 2024) | Plan 2026-2028 (budget 2025) | Plan 2027-2029 (à remplir) |
|---|---|---|---|
| 2025 | 8,5 % | Réalisé : 8,9 % | |
| 2026 | 9,5 % | 9 % (30 267 admissions) | |
| 2027 | 10 % | 9,5 % (31 825) | Maintenue par rapport au plan 2026-2028 |
| 2028 | 10,5 % (35 175) | Maintenue par rapport au plan 2026-2028 | |
| 2029 | Engagement : 12 % | Maintenue par rapport au plan 2026-2028 |
Le plan pour les langues officielles 2023-2028 attribuait 137,2 millions de dollars pour l’immigration : aucun détail sur un ajout à cette somme ne filtre dans le budget de cette année.
Mark Carney veut reprendre le contrôle de l’immigration en priorisant des personnes dont l’expertise se situe dans des domaines précis, comme l’IA et les technologies de pointe.
Le gouvernement fédéral conserve le cap sur l’accueil prévu de 380 000 résidents permanents pour les années 2027-2029.
Le Budget affirme vouloir «faciliter la transition vers la résidence permanente pour de nombreux résidents temporaires de longue date», en visant 200 000 personnes déjà présentes sur le territoire canadien d’ici la fin de 2027. Les plans des niveaux d’immigration précisent que sur ces 200 000 immigrants, deux catégories seront visées : une catégorie de travailleurs et une catégorie humanitaire.
Ces 200 000 personnes constituent une cible séparée des 380 000 résidents permanents visés par an, mais ces 380 000 incluraient tout de même une part de résidents temporaires candidats à la résidence permanente.
Pour y parvenir, le gouvernement investit 302,3 millions de dollars sur quatre ans dès 2027-2028 et prévoit plus de 90 millions pour les années suivantes. Cette enveloppe, initiée sous Mark Carney, est considérablement gonflée comparée au budget de 2025, qui prévoyait uniquement 19 millions de dollars pour appuyer cette transition.
Dans le budget 2025, le gouvernement Carney comptait admettre 370 000 résidents temporaires dès 2027. Le budget fédéral 2026 maintient cette tendance en précisant que 150 000 étudiants étrangers font partie de ces chiffres, ainsi que 220 000 travailleurs.
Le Programme des travailleurs étrangers temporaires devrait bénéficier d’un plus grand contrôle des employeurs potentiellement abusifs des conditions de travail. Il y aura également des services en ligne pour ceux qui ne peuvent se rendre dans les grands centres urbains.
En parallèle, le Volet des talents mondiaux de ce Programme des travailleurs étrangers temporaires se voit garantir un délai de traitement accéléré pouvant être aussi bas que 10 jours ouvrables.
Le gouvernement investit 151,5 millions de dollars sur 5 ans, soit un peu plus de 30 millions de dollars par an, pour que le ministère d’Emploi et Développement Social Canada (EDSC) réaliser ces réformes.
IRCC prévoit «des mesures ciblées pour les médecins, les étudiants des cycles supérieurs et les chercheurs, ainsi que sur la Stratégie industrielle de défense du Canada».
Le gouvernement dit vouloir changer son approche pour l’action climatique en laissant tomber les mesures punitives du passé et plutôt investir dans l’électrification et l’efficacité énergétique.
Il met sur la table 65 milliards de dollars pour doubler la production d’électricité au pays et assurer son transport. La production électrique ne se limite pas aux énergies renouvelables par contre, puisque le gouvernement propose de mettre à jour le Règlement sur l’électricité propre au Canada «pour une souplesse accrue», entre autres en permettant l’utilisation du gaz naturel à court terme.
Il compte faire la promotion du nucléaire, au pays et à l’étranger. Une somme totale de 536 millions servira à renforcer les chaines d’approvisionnement, à la recherche et à la promotion de l’énergie nucléaire.
Le gouvernement prévoit que les véhicules électriques représenteront 40 % des ventes de véhicules au pays d’ici 5 ans. Pour encourager leur achat, il compte investir 587 millions de dollars sur cinq ans pour l’installation de 55 000 bornes de recharge supplémentaires en ciblant des secteurs en déficit de ces installations.
Aucune autre mesure n’est annoncée pour encourager l’acquisition des véhicules électriques. Le Programme pour l’abordabilité des véhicules électriques est mentionné comme une mesure en cours, mais ses fonds sont presque épuisés et le gouvernement ne propose pas de le prolonger.
Le budget reprend une annonce faite le 8 octobre sur l’installation de thermopompes. Un programme financé avec 2 milliards de dollars pourrait permettre à 820 000 foyers de remplacer leur système de chauffage par une thermopompe électrique.
Finalement, le programme de Transition stratégique vers des installations industrielles à haute efficacité énergétique sera prolongé avec 400 millions sur 7 ans.
Les secteurs prioritaires pour l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques.
La professeure agrégée en Géographie à l’Université d’Ottawa, Luisa Véronis, affirme que le gouvernement tient un discours ambivalent et technocratique pour rassurer les Canadiens et les Canadiennes sur une immigration choisie, dans un contexte économique complexe.
«C’est la première fois que je vois IRCC reconnaitre les limites et les défis liés à l’intégration économique des immigrants francophones», lance Luisa Véronis, en entrevue avec Francopresse.
Dans ses réponses à l’évaluation des programmes d’immigration des travailleurs hautement qualifiés, rédigée par sa Division de l’évaluation, le ministère d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté (IRCC) se félicite de l’augmentation de l’immigration francophone dans les provinces autres que le Québec.
Mais dans sa réponse à la deuxième recommandation, il reconnait que le système Entrée express «ne cadre pas avec certains des objectifs plus larges de l’immigration francophone visant à renforcer la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire (CFSM)».
En février, le ministère affirmait que tout allait «super bien», résume la professeure agrégée à l’Université d’Ottawa, Luisa Véronis. Au même moment, des consultants anglophones en immigration contestaient en comité parlementaire les points supplémentaires accordés et le nombre de places réservées aux francophones dans Entrée express.
Le discours ministériel a changé, analyse-t-elle : les catégories spéciales créées pour les francophones ont épuisé le bassin de candidats.
Dans sa réponse à la première recommandation, IRCC disait envisager d’ajouter des points pour l’expérience canadienne et les emplois à salaire élevé.
Le ministère a annoncé le 16 octobre une mesure qui s’applique depuis le 3 novembre : les candidats peuvent obtenir jusqu’à 70 points supplémentaires pour leur expérience, ou jusqu’à 100 points pour une offre d’emploi, selon le salaire médian de leur profession. Les deux ne se cumulent pas.
En outre, plus besoin de l’évaluation de l’impact sur le marché du travail pour les offres d’emploi, une démarche couteuse qui était assurée jusqu’ici par les employeurs.
À titre de comparaison, la maitrise du français rapporte 25 ou 50 points supplémentaires, selon le niveau d’anglais.
Dans un courriel à Francopresse, Julie Lafortune, conseillère en communication d’IRCC, présente l’annonce du 16 octobre comme «la première étape de la modernisation d’Entrée express».
Elle assure que «les changements annoncés n’auront aucune incidence sur la capacité du ministère à contribuer à l’atteinte des cibles pour les francophones, principalement au moyen des catégories d’Entrée express».
Le ministère ne précise toutefois pas si les nouveaux points modifieront le poids du français dans le calcul, ni les chances des candidats francophones d’être invités pour déposer leurs demandes de résidence permanente.
Pour professeure Luisa Véronis, l’ajout de points pour les postes à salaires élevés tire dans la direction opposée de la seconde recommandation, qui vise à répondre aux besoins des communautés francophones.
Pour immigrer au Canada par Entrée express, une personne crée un profil en ligne où elle indique son âge, ses études, ses langues et son expérience de travail.
Si elle remplit les conditions de base, elle entre dans un bassin de candidatures et reçoit une note qui mesure son potentiel de réussite au Canada, via le Système de classement global (SCG).
Ces points permettent de recevoir une invitation à déposer un dossier pour devenir résident permanent, si la note est assez haute.
Les points viennent surtout des qualités de la personne, ou le «capital humain», soit l’âge, les études, les langues maitrisées, etc.
D’autres facteurs peuvent s’ajouter et ajouter des points, comme une offre d’emploi, des études, une expérience de travail au Canada ou la maitrise du français.
C’est ce dernier élément qui intéresse particulièrement les francophones hors Québec, car le poids accordé au français dans cette note influence leurs chances d’être invités.
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La seconde recommandation suggère au ministère de l’Immigration de «peaufiner son approche actuelle pour améliorer le processus de sélection des personnes immigrantes d’expression française susceptibles de bien s’intégrer et [de] rester» dans les communautés francophones en situation minoritaire.
L’évaluation relève que le système, basé sur un calcul de points, ne cadre pas avec certains objectifs plus larges, notamment la régionalisation et les besoins particuliers de ces communautés sur le marché du travail. Luisa Véronis cite la petite enfance, la santé et la construction. Le ministère concède aussi qu’il lui est difficile de repérer des francophones à fort capital humain.
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Dans le document, IRCC rappelle avoir lancé deux programmes pilotes : le Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire, en 2024, et le Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones, en 2025.
Il répond aussi qu’il cherchera «d’autres moyens» de sélectionner des francophones «tout en contribuant au bien-être économique du Canada», mais ne donne pas davantage de détails.
Par courriel à Francopresse, le ministère ajoute un renvoi vers le Parcours d’intégration francophone, qui comprend l’information et l’orientation, l’évaluation des besoins et l’aiguillage, et des services liés à l’emploi. Il ne précise pas quels services s’ajouteraient.
Selon la professeure Véronis, «le type d’emploi qu’on veut uniquement en français ne correspond pas forcément à des emplois hautement qualifiés avec des salaires très élevés. Donc là, il y a une inadéquation».
Ces personnes hautement qualifiées vont aller dans les grands centres urbains, pas dans les communautés francophones en situation minoritaire.
Plusieurs voix francophones en contexte minoritaire ont souligné à plusieurs reprises que les besoins du marché sont différents dans les communautés francophones, notamment celles qui sont souvent éloignées, en dehors des grands centres.
Des associations, comme la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada et l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne, plaident pour une immigration économique distincte depuis des années pour une immigration francophone autonome.
Luisa Véronis interprète le virage en immigration vers les personnes «hyperqualifiées» comme partie intégrante d’une stratégie pour «rassurer l’électorat canadien» et sélectionner «la crème de la crème» via un outil de points présenté comme neutre.
Tout cela, alors que l’économie canadienne «ne peut absorber» autant de talents ultraspécialisés, affirme-t-elle, en soulignant que les personnes diplômées au Canada peinent déjà à trouver un emploi.
Luisa Véronis y voit une politique d’immigration canadienne de plus en plus sélective et déplore un «discours technocratique».
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«Pour nous, c’est vraiment renversant ce qui est identifié», lance la présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Nathalie Lachance lors d’une rencontre du Comité sénatorial permanent des langues officielles, le 2 novembre.
Le comité poursuit son étude de l’avant-projet de règlement qui mettra en œuvre la Loi sur l’usage du français au sein d’entreprises privées sous compétences fédérales (LUFEP).
Nathalie Lachance et d’autres intervenants craignent que désigner un seul quartier dans une grande ville n’encourage les entreprises à déménager leurs succursales quelques rues plus loin pour éviter d’être assujetties à la Loi. Comme proposé actuellement pour Edmonton et Winnipeg.
En Colombie-Britannique, où aucune région n’est désignée, la présidente de la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB), Marie-Nicole Dubois, croit que «la proposition de règlement sur la LUFEP, dans sa forme actuelle, risque fortement de nuire à la protection du fait français en Colombie-Britannique».
Hors Québec, les francophones sont souvent dispersées sur de vastes territoires, ou ne comptent que pour une fraction des populations des grandes villes. Les francophones sont pourtant bien présents, avec leurs écoles et leurs organismes culturels.
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Selon l’avant-projet de règlement, les régions à fortes présences francophones seraient :
Les entreprises privées de compétence fédérale visées sont définies dans la LUFEP et incluent des entreprises régies par le Code canadien du travail et non les lois provinciales. Ces entreprises peuvent être dans les domaines des télécommunications, de transports, des banques ou Postes Canada, par exemple.
Les organismes francophones demandent au gouvernement d’utiliser des seuils et des calculs différents pour inclure plus de régions dans le règlement, mais aussi les capitales et les métropoles. Ils reprennent le mémoire de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada sur l’avant-projet de loi pour faire leur demande.
Par exemple, en Alberta, l’ACFA demande que tout Edmonton, Calgary et les communautés historiquement francophones – comme Plamondon et Rivière-la-Paix dans le Nord-Ouest de la province – soient inclus.
Les ajouts ailleurs au pays comprendraient entre autres la région de Port-au-port à Terre-Neuve-et-Labrador, Clare en Nouvelle-Écosse; Summerside à l’Île-du-Prince-Édouard; Penetanguishene en Ontario; Prince Albert en Saskatchewan et Squamish-Lilooet en Colombie-Britannique.
Lors de son témoignage devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes, la commissaire aux langues officielles, Kelly Burke, a aussi suggéré d’étendre «la portée de la LUFEP, avec au moins une région francophone dans chaque province et chaque territoire».
Elle avait en revanche suggéré d’analyser l’interaction entre les droits des travailleurs et la réalité dans le fonctionnement des entreprises qui devront offrir des services en français dans les régions désignées.
De leur côté, des organisations représentant des entreprises sous compétence fédérale demandent moins de régions désignées et plus de flexibilités dans l’application du règlement.
Le Nouveau-Brunswick étant entièrement désigné dans l’avant-projet de règlement, le président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Gérald Arseneault, admet qu’ils sont dans une situation enviable.
Mais la LUFEP peut tout de même apporter des bénéfices supplémentaires. Comme «renforcer la possibilité de travailler en français dans les entreprises visées et soutenir l’attractivité de nos régions», dit-il.
«Les bilingues , il faut les créer», illustre le directeur général de la SANB, Ali Chaisson.
Et une fois qu’on a réussi à les créer, ben il faut faire en sorte qu’ils puissent s’épanouir et qu’ils puissent conserver leur bilinguisme.»
Les entreprises privées où un francophone n’a pas besoin d’utiliser ses deux langues deviennent un bassin d’assimilation, poursuit-il.
«La perte de cette deuxième langue officielle est une tragédie. C’est une tragédie pour les systèmes scolaires qui ont formé ces gens-là. C’est une tragédie pour les contribuables qui ont financé la création de ces bilingues-là.»
Dans la même veine, la directrice générale FFCB, Emmanuelle Corne Bertrand, plaide pour faire valoir aux entreprises l’avantage économique d’offrir des services en français.
Elle avance que les entreprises qui affichent leur capacité d’offrir des services en français augmentent leur bassin de clients. «Je pense qu’il y aurait aussi besoin d’accompagner les entreprises pour les rassurer. Peut-être que ça nécessite effectivement un investissement de départ, mais ça va leur permettre d’avoir une clientèle plus importante et exclusive.»
Les Canadiens ont jusqu’au 5 novembre pour voter pour leur artiste préféré. Le chanteur ou la chanteuse ayant reçu le plus de votes représentera officiellement le Canada au concours Eurovision, qui se tiendra en Bulgarie les 11, 13 et 15 mai 2027. L’artiste devra interpréter une nouvelle chanson pour la compétition. On pourra regarder le concours sur les ondes de Radio-Canada!
Chanteuse pop du Nouveau-Brunswick, Josiane chante en anglais et en français. Elle recommande d’écouter sa chanson Take Care of You pour découvrir son talent.
«Représenter le Canada dans les deux langues officielles du pays, c’est tellement spécial. Je veux rendre mon Acadie fière», a-t-elle déclaré, mardi, lors du dévoilement des candidats.
L’artiste montréalaise Rêve crée de la musique qui fait danser! Et selon elle, c’est sa chanson Ctrl + Alt + Del qu’il faut écouter pour avoir un avant-goût de ce qu’elle peut faire.
«Je promets de pousser toutes les limites que la scène de l’Eurovision a vues!», a-t-elle annoncé, mardi.
Talk est un auteur-compositeur-interprète né à Ottawa, qui a un style complètement sauté! Il suggère l’écoute de son morceau «dramatique et plein de vie» Goodbye Forever, à ceux qui ne le connaissent pas.
«Les gens viennent à mes spectacles parce que je suis moi-même, parce que je suis différent et authentique», a-t-il dit, lors de la présentation des artistes.
Originaire de la Colombie-Britannique, Tyler Shaw est l’artiste derrière la ballade With You, qu’il a aussi chantée en français.
«La chanson que je vais écrire pour l’Eurovision va, je l’espère, résonner avec tout le monde, partout dans le monde», a-t-il déclaré mardi.
Tu as sûrement déjà entendu son nom! William Cloutier est un artiste québécois qui a remporté l’édition 2021 de Star Académie. Et selon lui, c’est sa chanson sur l’environnement, Nous, qu’il faut écouter pour entendre de quoi il est capable.
«Si je vais à l’Eurovision, j’aimerais amener la francophonie. Et arriver sur scène en volant, soutenu par des câbles, ça serait un méchant trip!», a-t-il blagué, mardi.
Envie de voter? Rends-toi sur le site de Radio-Canada!
Quel extrait as-tu préféré parmi les 5?
C’est le Parti conservateur, dirigé par Lorne Doerkson, qui a remporté les élections avec 64 députés élus. Il formera donc un gouvernement majoritaire. Son parti n’avait pas dirigé la province depuis près de 100 ans!
Le Nouveau Parti démocratique, qui était au pouvoir depuis 2017, a remporté 27 sièges. Il formera donc l’opposition officielle.
Après sa défaite, l’ancien premier ministre, David Eby, a annoncé qu’il démissionnerait de son poste de chef du parti.
Les élections en Colombie-Britannique devaient avoir lieu en 2028. Mais David Eby a décidé de les devancer en les organisant dès cette année. Son objectif? Remporter plus de sièges pour obtenir une majorité plus solide et gouverner plus facilement.
C’était un pari risqué : en demandant aux citoyens de voter plus tôt, il espérait obtenir davantage de soutien. Finalement, ce sont ses adversaires qui ont remporté la victoire!
Lorne Doerkson, le futur premier ministre, a fait plusieurs promesses pendant sa campagne.
Il souhaite améliorer l’économie de la province en réduisant les impôts. Il s’agit de l’argent que les citoyens versent au gouvernement pour financer des services publics, comme les écoles, les hôpitaux et les routes.
Il veut aussi supprimer la Loi sur la Déclaration des droits des peuples autochtones. Cette loi exige que le gouvernement de la Colombie-Britannique consulte les peuples autochtones et travaille avec eux sur les questions qui les concernent. Il peut s’agir, par exemple, de décisions concernant l’utilisation du territoire et des ressources naturelles de la province. Lorne Doerkson trouve que cette loi crée trop de divisions au sein de la province.
Le conservateur veut aussi retirer des classes un programme qui aide les enseignants à parler d’identité de genre et d’orientation sexuelle avec les élèves. Selon lui, ce sujet n’a pas sa place à l’école.
Et l’environnement, dans tout ça? Le nouveau premier ministre appuie la construction d’un oléoduc qui transporterait du pétrole de l’Alberta en traversant la Colombie-Britannique, pour l’envoyer vers d’autres pays. Le gouvernement de David Eby, lui, était en partie contre cette idée. Mais Lorne Doerkson croit que ce projet pourrait créer des emplois et être bon pour l’économie de la province.
Voici ce à quoi ressemble un oléoduc.
«Ensemble, nous avons saisi cette occasion et, ensemble, nous avons voté pour une Colombie-Britannique meilleure», a-t-il déclaré aux citoyens de la province lors de son élection.
Et toi, si tu gagnais tes élections pour diriger ta province, quel serait le premier changement que tu ferais?
Sources : Radio-Canada, La Presse, Le Devoir
Un partenariat a déjà existé entre les deux organismes de promotion de la langue française auprès de la jeunesse canadienne dans le cadre des Jeux de la francophonie canadienne, explique le directeur général du réseau, Derrek Bentley. Mais c’était la première fois que des jeunes issus du réseau Canadian Parents for French (CPF) – qui regroupe surtout des jeunes dont le français est la deuxième ou une autre langue – participaient au Forum.
«Souvent, les jeunes en programme d’immersion française n’ont pas l’occasion de créer des liens avec la francophonie locale», note Derrek Bentley.
Les sept jeunes et leur accompagnatrice ont adoré l’expérience. Les membres du groupe ont créé des liens avec de jeunes francophones de leur province.
Par contre, pour un petit nombre, quatre jours de conférence qui se déroulent dans un français différent de celui auquel ils sont habitués en classe «a été une expérience un petit peu overwhelming», raconte Derrek Bentley en entrevue. S’il y a une prochaine fois, l’équipe de CPF les préparera à cette réalité, ajoute-t-il.
La présidente du conseil de la direction de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), Emma Raphaelle, considère également l’expérience concluante. «Je pense que c’était super le fun de discuter avec ces jeunes-là puis de comprendre mieux comment l’organisation fonctionne, mais aussi quels sont leurs besoins.»
Avant de confirmer la continuité de ce partenariat au prochain Forum, dans deux ans, Derrek Bentley dit qu’ils évalueront la participation de cette année. Intégrer les jeunes issus du système d’immersion à la francophonie reste important pour Canadian Parents for French.
«Je pense qu’il faut viser avec des actions très concrètes, quels sont nos moments où on va faire venir ensemble ces jeunes-là avec des parcours différents, mais avec beaucoup de similarités en même temps», indique-t-il.
Emme Raphaelle explique que pendant les forums jeunesse, les discussions portent sur les défis des jeunes et ce qui est important pour eux. «Ça nous permet à la FJCF de savoir que la direction qu’on prend est vraiment celle que la jeunesse veut.» Photo : Jean-François Bergeron
Les Forums de la jeunesse pancanadienne ont le double rôle d’informer et d’outiller plus de 70 jeunes de 14 à 25 ans, mais aussi de donner la chance à la FJCF d’entendre leurs doléances.
Cette année, les sujets abordés tournaient autour du thème «Mission : information». Ils allaient des médias à la santé mentale, en passant par l’insécurité linguistique et l’intelligence artificielle.
Être sur place était important pour Emma Raphaelle, présidente depuis le 1er septembre seulement, pour écouter les jeunes. «C’est vraiment une occasion pour moi de remplir mon verre de perspectives, parce que, venant du Nouveau-Brunswick, parfois je me sens privilégiée par rapport aux autres, puisque le français est quand même notre langue officielle. Et donc, ça me donne vraiment l’opportunité de mieux comprendre les réalités du terrain. […] Parce que je ne suis pas là pour représenter ma perspective personnelle.»
Le représentant du Manitoba au conseil de la direction, Gabriel Gagnon, abonde dans le même sens. «On les a vraiment écoutés et on a vraiment été poussés pour donner des réponses concrètes, des choses que la FJCF peut concrètement faire pour aider.»
Gabriel Gagnon et été particulièrement impressionné par la pensée critique de plusieurs jeunes participants et participantes, sur leur niveau de connaissances, entre autres à propos de l’intelligence artificielle et les effets des centres de données sur l’environnement.
Pour Gabriel Gagnon, les moments à l’extérieur des salles de conférence ont été tout aussi productifs. «C’est là où j’ai eu les meilleures discussions et où j’ai appris le plus.»
Connaitre de nouvelles personnes, repartir chez soi avec de nouveaux contacts permet de poursuivre la réflexion. «Moi, je vais continuer à échanger avec plusieurs gens que j’ai rencontrés dans le Forum, continuer ces discussions-là.»
Même si cette génération est née avec Internet et les réseaux sociaux, Emma Raphaelle note que les jeunes ne sont pas tous et toutes «des experts». Ils et elles essaient de comprendre les nouvelles technologies comme tout le monde.
«On a beaucoup parlé de désinformation, mésinformation, malinformation, à mieux comprendre ces réalités-là, mais aussi on a parlé avec les jeunes de comment aller chercher de la bonne information.» Par exemple, la travailleuse sociale Laure Sabini était au Forum afin de montrer comment trouver de l’information fiable sur la santé mentale.
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«Dans un monde où il y a tellement de fausses informations et qu’on est plus facilement, on va dire, truqués par les fausses nouvelles, c’est tellement important de montrer aux jeunes comment identifier les bonnes nouvelles et entendre leurs idées et pas juste répéter les mêmes choses qu’on voit en ligne. Vraiment pousser pour de la meilleure pensée critique», plaide Gabriel Gagnon.
Pendant l’un des ateliers du Forum, les jeunes ont pu s’exprimer en rédigeant un article sur la jeunesse.
Emma Raphaelle raconte que des jeunes présents ont exprimé leur déception d’avoir peu ou pas accès à de l’information locale en français sur les réseaux sociaux.
«C’est difficile quand on n’a pas accès à l’information fiable de nos journaux locaux sur nos médias qu’on consomme», déplore-t-elle. Meta bloque effectivement les médias au Canada depuis 2023 et les médias canadiens n’ont pas tous des comptes TikTok.
Ce genre de conférence peut aussi servir à créer de nouvelles habitudes. Gabriel Gagnon avoue que la majorité de ses sources de nouvelles sont en anglais. «J’ai eu la chance d’échanger avec des gens de différentes provinces, qui m’ont partagé des sources francophones, fiables, autres que Radio-Canada», raconte-t-il.
La représentante du Yukon au conseil de la direction, Rébecca Fico, repart un peu plus rassurée à propos de l’intelligence artificielle grâce aux spécialistes à qui les jeunes pouvaient poser des questions. «Ça m’a aidé un peu à démystifier c’était quoi les vrais risques de l’IA, puis comment on pouvait les éviter, mais aussi de voir comment elle peut être utilisée de manière responsable.»
Rébecca Fico raconte aussi qu’après les sourires courtois et les poignées de mains polies de la première journée, plusieurs jeunes se sont ouverts et ont partagé des expériences plus personnelles au fil des conversations.
«Plusieurs jeunes ont fait des partages sur leur propre expérience avec la santé mentale et l’experte c’était une thérapeute, alors elle a pu leur offrir des conseils. Ça a vraiment un peu montré une différente approche de prendre soin de soi et de gérer sa santé mentale quand on est jeune», raconte Rébecca Fico.
Les conversations autour de la santé mentale l’ont particulièrement marquée.
«Ça fait réaliser à plusieurs jeunes à quel point il y a des fissures sous la surface des personnes et comment les réalités, même des jeunes, peuvent être vraiment plus complexes que ça parait.»
C’est d’ailleurs la principale intention d’action qu’elle rapporte avec elle au Yukon. Elle veut «voir s’il y a quelque chose que je peux faire dans ma communauté pour supporter les jeunes dans leur santé mentale avec les nouvelles approches que j’ai apprises».
Les suggestions et recommandations adoptées par les jeunes rassemblés au Forum seront examinées en novembre par le conseil de la direction de la FJCF. Un exercice auquel Emma Raphaelle a très hâte de participer.
Elle s’attend à ce que la santé mentale fasse partie des discussions à travers la création d’un cahier de propositions en rapport avec la santé mentale, afin que «la FJCF ait des propositions concrètes venant de la jeunesse sur ce qu’ils veulent voir améliorer dans la santé mentale».
FRANCOPHONIE
Dans un rapport publié jeudi, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) conclut que le réseau des organismes et institutions francophones en situation minoritaire a évité le point de rupture, mais demeure fragile.
L’étude, intitulée Des fondations essentielles pour la francophonie, s’appuie sur un sondage mené auprès de 158 organismes de la francophonie et met à jour un rapport de 2022 qui sonnait l’alarme sur le sous-financement et la pénurie de main-d’œuvre.
Plus de la moitié en fragilité : Selon le sondage, 59 % des organismes disent qu’ils ne peuvent pas qualifier leur situation de stable, 80 % n’ont ni l’équipe ni la capacité de recrutement pour remplir leur mandat, 67 % offrent des salaires inférieurs à la moyenne canadienne et 45 % citent l’instabilité financière et l’érosion causée par l’inflation parmi les défis que le Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028 n’a pas réglés.
Les petits organismes, qui portent souvent les services en français dans les petites communautés, sont les plus vulnérables. La présidente de la FCFA, Liane Roy, reconnait que les investissements fédéraux ont permis de maintenir les activités, mais affirme qu’on ne peut pas dire que la situation soit stabilisée. Elle souligne le contraste avec l’image d’une francophonie forte que le Canada veut projeter à l’approche du Sommet de la Francophonie de 2028.
L’étude a été produite dans le cadre des consultations en cours sur le prochain Plan d’action, pour la période 2028-2033.
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CANADA
Le premier ministre Mark Carney a ouvert la porte à l’abolition ou à une réforme de la Loi sur les Indiens, vieille de 150 ans. Il l’a qualifiée de «loi raciste» lundi, à l’issue d’une rencontre historique tenue à Ottawa entre des premiers ministres et les chefs des Premières Nations.
Le premier ministre Carney accepte ainsi une proposition du premier ministre manitobain, Wab Kinew, qui juge que le Canada ne devrait pas avoir de «système d’identification fondé sur la race».
Les suites concrètes : Le premier ministre a chargé les ministres Mandy Gull-Masty et Rebecca Alty de travailler avec l’Assemblée des Premières Nations (APN) afin de «dépasser la Loi sur les Indiens», sans dicter la marche à suivre.
La cheffe de l’APN, Cindy Woodhouse Nepinak, a précisé qu’il revient aux Premières Nations de trancher la question.
Mark Carney a par la même occasion annoncé 2,5 milliards de dollars sur cinq ans pour la préparation aux urgences (incendies, inondations) et promis un fonds souverain destiné aux Premières Nations, avec une rencontre qui se tiendrait tous les deux ans plutôt que chaque année, comme le proposait le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Francis Verreault-Paul.
Critique : Deux jours plus tard sur la Colline, Katisha Paul, militante autochtone de la Colombie-Britannique liée à l’Union of British Columbia Indian Chiefs (UBCIC) et issue des nations W̱JOȽEȽP et Lil’wat, a critiqué cette annonce :
«Je dénonce la récente annonce faite par le premier ministre visant à abroger ou à modifier la Loi sur les Indiens sans le consentement libre, préalable et éclairé de nos nations, car aucune promesse n’a été faite et rien n’a été prévu quant à ce qui remplacera cette loi […]»
Le nouveau premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, n’a pas été invité à prendre la parole au Sommet sur le rapprochement entre le Canada et l’Union européenne (UE), qui s’est tenu à la fin de la semaine à Montréal, «en sol québécois», a déploré Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois. Ce dernier y voit une ingérence du fédéral.
«Quand on n’est pas à la table, on est au menu, disait le premier ministre», a-t-il cité en Chambre lundi. «Clairement, le Québec est aujourd’hui au menu».
Mark Carney affirme de son côté que le nouveau premier ministre du Québec a été invité à sa table au diner avec des représentants de l’UE, une occasion «très utile».
Réaction du principal concerné : Paul St-Pierre Plamondon a publié un message sur Facebook à l’adresse des Québécois à laquelle il a joint une lettre officielle pour les représentants de l’UE. Le message déplore une «vassalisation et l’invisibilisation» du Québec par rapport à Ottawa.
J’ai pris note aujourd’hui de la nouvelle offre de Mark Carney d’obtenir le droit de m’assoir à sa table d’honneur à titre de spectateur, sans droit de parole ni droit de négocier au nom du Québec. Cette proposition revient à demander au Québec de rentrer dans les rangs, avec la vassalisation et l’invisibilisation du Québec que cela implique, en échange d’obtenir de meilleurs sièges de spectateurs pour regarder la partie. Comme premier ministre, je refuserai toujours que le Québec soit réduit au rôle de spectateur lorsqu’il s’agit de représenter et protéger les intérêts économiques et politiques des Québécois. La réalité est que nous sommes devant une stratégie de marginalisation du Québec sur la scène internationale et de subordination des champs de compétence du Québec à la volonté du fédéral. Je note à cet effet que tous les chefs de partis de l’Assemblée nationale ont indiqué hier que s’ils étaient dans la position de premier ministre et devant un tel sommet sur le territoire du Québec, ils s’attendraient à prendre la parole et à participer à part entière. À Ottawa, le chef de l'opposition officielle ainsi que le chef du Bloc Québécois ont également appuyé notre demande. J’ai donc pris la plume et j’ai écrit aux représentants de l’Union européenne pour leur rappeler que des ententes qui impliquent l’Europe et le Québec doivent forcément passer par le gouvernement du Québec, et à plus forte raison si le sommet se tient sur notre territoire. Le refus de nous donner la parole à titre d’hôte pour souhaiter la bienvenue à nos invités y est également mentionné. Je lance donc l’invitation pour une discussion bilatérale dans un meilleur contexte qui permettrait au Québec de ne pas être exclu. À ce titre, j’enverrai le diplomate en chef du Québec, Pascal Paradis, pour ouvrir ces canaux de discussion pour la suite.
— Paul St-Pierre Plamondon (@PaulPlamondon) October 28, 2026
«Les ententes qui impliquent l’Europe et le Québec doivent forcément passer par le gouvernement du Québec, et à plus forte raison si le sommet se tient sur notre territoire. Le refus de nous donner la parole à titre d’hôte pour souhaiter la bienvenue à nos invités est également mentionné [dans la lettre]», résume-t-il sur Facebook.
Il enverra finalement son diplomate en chef, Pascal Paradis.
Le premier ministre Mark Carney a voulu cimenter le rapprochement du Canada avec l’Union européenne lors du sommet de Montréal sur fond de guerre commerciale avec les États-Unis.
En amont du Sommet, l’Europe a écarté l’offre faite par Ursula von der Leyen il y a un mois à Strasbourg de faire du Canada son premier membre associé, un statut que l’Allemagne, la France et d’autres pays contestaient et qu’Ottawa n’avait jamais réclamé.
Le Canada vise plutôt une «alliance pour l’avenir» en tirant parti de l’Accord économique et commercial global (AECG), développer les minéraux critiques, fournir du gaz naturel liquéfié à l’Europe et régler des irritants, comme la règlementation européenne sur la déforestation et la taxe carbone aux frontières.
Des jeunes des collectifs Algonquin Youth Collective, Assembly of Seven Generations, Here We Stand, Okiniwak et Napanak ont pris la parole à Ottawa en signe de solidarité, réaffirmant leur juridiction inhérente sur leurs terres et leurs eaux.
Trois projets de loi ciblés : Les projets de loi C-39, C-37 et C-5 sont dénoncés comme des textes législatifs visant à «construire la nation», adoptés sans consentement libre, préalable et éclairé ni véritable partage de juridiction avec les Premières Nations.
Le projet minier Ring of Fire, situé au cœur de l’un des plus grands complexes de tourbières de la planète, qui stocke 30 milliards de tonnes de carbone — illustre les enjeux climatiques liés aux désignations d’«intérêt national» prévues par le projet de loi C-39, selon eux.
Ils ont rejeté l’offre du gouvernement fédéral d’une participation minimale de 10 % au capital de l’oléoduc Pacific Link, financé par le gouvernement, soulignant qu’aucun consentement n’avait été obtenu avant l’annonce du projet.
Une intervenante a exhorté les jeunes à faire de leur voix une arme et à appeler les députés et les sénateurs pour éviter que ces projets de loi soient adoptés.
Cinq groupes de jeunes autochtones ont critiqué le gouvernement Carney et partagé leurs inquiétudes sur les conséquences des projets de loi C-5, C-37 et C-39 sur l’environnement et les droits des Autochtones.
Le gouvernement fédéral canadien est poursuivi en justice pour la première fois pour «inaction climatique», dans un procès qui s’est ouvert lundi à Vancouver.
Quinze jeunes âgés de 17 à 24 ans tenteront de faire condamner l’État canadien pour inaction climatique dans un procès inédit au pays, qui s’est ouvert lundi devant la Cour fédérale à Vancouver. Le procès survient après sept ans de procédures et doit s’achever fin février 2027.
Droits constitutionnels engagés : Dans l’affaire La Rose contre Sa Majesté le Roi, les plaignants soutiennent que leurs droits constitutionnels à la vie, à la liberté et à la sécurité ont été bafoués par un manque de protection contre le changement climatique et demandent au tribunal d’obliger Ottawa à renforcer son plan de réduction des émissions et à respecter ses cibles.
Ce plan prévoit une baisse de 40 à 45 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 2005, un objectif que le gouvernement a déjà indiqué ne pas pouvoir atteindre.
Cinq semaines d’audiences sont prévues, avec des témoignages de scientifiques, d’un pédiatre et d’ingénieurs.
Le procès survient alors que le premier ministre Mark Carney a aboli plusieurs mesures environnementales de son prédécesseur, dont la taxe carbone pour les particuliers et le plafond d’émissions du secteur pétrolier.
INTERNATIONAL
Le Canada a accueilli cette semaine le prince héritier d’Abou Dhabi, le cheik Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan.
Ententes : Lors de la première visite au Canada d’un prince héritier d’Abou Dhabi, Ottawa et les Émirats arabes unis ont lancé un partenariat stratégique et signé un accord de partenariat économique global, négocié en amont en 47 jours, qui doit éliminer ou réduire les droits de douane sur plus de 99 % des exportations canadiennes vers ce pays dès son entrée en vigueur, prévue en 2027.
Ils ont aussi signé un protocole d’entente sur la coopération en défense et une entente sur la formation diplomatique.
En lien avec les 70 milliards de dollars d’investissements promis par les Émirats, des ententes ont été conclues sur un corridor de transport passant par le port de Churchill et sur la coopération en énergie renouvelable. Des négociations sur un traité d’extradition et un traité d’entraide juridique ont par ailleurs été annoncées.
Préoccupations en matière de droits de l’homme : Le pays est critiqué par des organismes comme Human Rights Watch ou Amnesty international sur les droits de la personne depuis des années, notamment sur l’exploitation et l’abus des migrants, des détentions arbitraires d’Émirati critiques du gouvernement ou encore les discriminations contre les femmes et les personnes LGBT.
Gouvernement canadien : Interrogé sur le sujet des droits de l’homme, le ministre du Commerce international, Maninder Sidhu, a affirmé que les droits de la personne ne «passent jamais au second plan pour le Canada». Il a ajouté qu’il faut rester à la table pour pouvoir soulever ces enjeux.
Le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller a de son côté évité de répondre à une question à ce sujet.
Pour bien des employés, ce virage a apporté davantage d’autonomie et de souplesse. Le temps autrefois passé dans les transports peut maintenant être consacré à la famille ou aux amis. Des études montrent aussi que le travail hybride peut favoriser la fidélisation du personnel sans nuire au rendement.
Tout le monde n’en profite toutefois pas également. Le travail à distance et le travail hybride peuvent se révéler particulièrement ardus pour les employés en début de carrière, dont le perfectionnement professionnel repose encore en grande partie sur l’apprentissage auprès de collègues expérimentés.
C’est ce qu’examine notre nouveau rapport.
Pensez à votre premier emploi. Ce que vous y avez appris ne venait sans doute pas, pour l’essentiel, du guide de l’employé. Vous avez plutôt appris en observant votre entourage.
Vous avez entendu vos collègues réfléchir à voix haute devant un problème. Quelqu’un a relevé une erreur avant qu’elle ne fasse boule de neige. Un mentor vous a invité à une réunion. Vous avez posé des questions en prenant un café. Vous avez appris qui s’occupait de quoi, à qui faire confiance et comment les choses se passaient vraiment.
C’est ce qu’on appelle le savoir tacite : des connaissances difficiles à formaliser, souvent acquises par l’observation, l’expérience et les échanges.
Les conversations informelles et la collaboration jouent un rôle important dans la façon dont les employés apprennent à s’orienter dans le milieu de travail.
Traditionnellement, c’est sur les lieux de travail que cet apprentissage se faisait, en parallèle de la formation structurée. Au fil du temps, ces interactions permettent aux employés d’aiguiser leur jugement, de gagner en assurance, de bâtir leur réseau et de comprendre comment fonctionne leur organisation.
Une étude menée auprès d’ingénieurs logiciels illustre l’importance de la proximité. Ceux qui étaient assis près de leurs collègues recevaient 18,3 % plus de commentaires sur leur code et produisaient un code de meilleure qualité. Ces gains profitaient surtout aux employés plus jeunes et moins expérimentés, qui consolidaient encore leur capital humain.
Certaines données indiquent aussi que le travail à distance influe sur le profil des personnes embauchées. Pour les postes qui se prêtent le mieux au télétravail, les employeurs embauchent moins de jeunes. Une étude internationale a révélé qu’en 2025, les travailleurs en début de carrière représentaient une part nettement plus faible des nouvelles embauches dans les professions les plus propices au travail à distance. Quand les chercheurs ont vérifié si l’IA pouvait expliquer ce recul, son effet s’est en grande partie dissipé. Celui du travail à distance, lui, persistait.
Les données sur l’embauche au Canada révèlent des tendances similaires : les postes professionnels d’entrée restent plus souvent exercés sur place, tandis que la souplesse augmente avec l’ancienneté.
Les jeunes travailleurs semblent également tenir beaucoup aux occasions de perfectionnement et de mentorat. Aux États-Unis, seuls 23 % des employés de la génération Z dont le poste permet le télétravail disent préférer travailler entièrement à distance, contre 35 % chez les générations plus âgées.
Selon un sondage de Deloitte réalisé en 2025, la moitié des répondants de la génération Z souhaitent que leur gestionnaire joue un rôle de mentor, mais seuls 36 % disent bénéficier d’un tel accompagnement.
Il pourrait donc y avoir un décalage entre les postes où la souplesse est offerte et ceux où les occasions d’apprentissage sont sans doute les plus nécessaires.
Or, il faut bien acquérir de l’expérience quelque part. Si les employeurs embauchent surtout des travailleurs qui possèdent déjà les compétences recherchées plutôt que de les développer à l’interne, moins de jeunes auront la chance de faire leurs premières armes.
Les organisations peuvent avoir du mal à mesurer les effets d’un recul de l’apprentissage informel.
Les employeurs suivent aisément les projets menés à bien, les réunions et autres résultats tangibles, mais évaluent moins souvent si un employé débutant a affiné son jugement professionnel, tissé des liens au sein de l’organisation ou appris à résoudre les problèmes de façon autonome.
Des recherches indiquent que le travail à distance peut modifier ces relations. Une étude menée auprès de plus de 61 000 employés de Microsoft a montré qu’en télétravail, la collaboration devenait plus cloisonnée à l’échelle de l’entreprise : les employés communiquaient davantage au sein de leurs réseaux existants et moins avec les autres équipes.
C’est particulièrement préjudiciable pour les jeunes professionnels, qui n’ont pas encore bâti de vaste réseau. Leur progression dépend en partie de leur accès à des gens capables de les renseigner, de leur donner de la rétroaction et de leur ouvrir des portes.
Le retour au bureau cinq jours par semaine n’est pas nécessairement la solution. Selon certaines recherches, un modèle de travail hybride bien conçu peut préserver la souplesse sans sacrifier le rendement ni l’avancement professionnel.
La question n’est pas de savoir si les employés devraient travailler à distance, mais de savoir comment les organisations devraient agencer le travail à distance et en présentiel pour que les employés continuent de développer leurs compétences.
Les employeurs doivent concevoir le travail hybride en fonction du développement des compétences, et non de la présence. Certaines formes d’apprentissage qui se faisaient autrefois de manière informelle pourraient désormais exiger un encadrement plus ciblé. Il s’agit de repérer les activités qui gagnent à se faire en présence et de veiller à ce que les employés en début de carrière y aient accès.
Une part de responsabilité revient aussi aux travailleurs et aux gestionnaires plus expérimentés. Le mentorat, la rétroaction et la possibilité de voir concrètement comment le travail se fait sont essentiels au développement du jugement professionnel et à l’intégration des normes de l’organisation.
Les établissements d’enseignement postsecondaire se heurtent à un défi semblable en matière d’apprentissage intégré au travail. La valeur d’un stage ne tient pas seulement à l’expérience de travail qu’il procure, mais aussi à la qualité de l’encadrement et à l’accès qu’ont les stagiaires à des professionnels expérimentés.
Les gouvernements qui financent des programmes d’apprentissage intégré au travail devraient donc accorder plus d’importance aux retombées sur le perfectionnement des participants et à la façon dont ces programmes facilitent la transition des nouveaux diplômés vers le marché du travail.
Le travail hybride a donné à de nombreux travailleurs expérimentés une plus grande maîtrise de leur horaire. Mais cette souplesse ne doit pas se faire au détriment de la formation de la relève. Quels que soient notre poste ou notre niveau d’expérience, nous avons tous un rôle à jouer pour que ces occasions perdurent.