Les représentants d’Air Canada ont affirmé que le règlement sur les nouveaux pouvoirs du Commissariat aux langues officielles (CLO) est «incohérent», car la compagnie est le seul transporteur aérien à être visé.
«C’est inéquitable, tant pour les transporteurs que les passagers […] Les Canadiens et les Canadiennes se retrouveront, en fin de compte, dans un environnement linguistique fragmenté et parfois incohérent. Une plus grande harmonisation est de mise», a plaidé David Rheault, le vice-président aux relations avec les gouvernements et les collectivités pour Air Canada.
«C’est inéquitable, tant pour les transporteurs que les passagers […] Les Canadiens et les Canadiennes se retrouveront, en fin de compte, dans un environnement linguistique fragmenté et parfois incohérent. Une plus grande harmonisation est de mise», a-t-il développé.
Le règlement, déposé en novembre par le gouvernement fédéral, permet au CLO d’imposer des sanctions administratives pécuniaires.
Des montants «considérables»
Lors des deux comités, David Rheault, a également fait valoir que «50 000 $, ça pourrait représenter un montant considérable», s’il y a plusieurs plaintes.
Si l’on regarde 50 000 $ sur le chiffre d’affaires d’Air Canada, c’est une chose, mais si on le regarde en fonction des routes et en fonction du profit fait par billet d’avion, c’est beaucoup. Cela ajoute des couts à notre exploitation que nos compétiteurs n’ont pas.
Pierre Leduc, commissaire adjoint aux langues officielles et témoin au même comité au sénat, a rappelé que l’ex-commissaire Raymond Théberge avait mentionné que les montants étaient un «pas dans la bonne direction», mais que son équipe considère ces amendes comme un «dernier recours».
Le règlement devrait être revu tous les dix ans, a également plaidé le commissaire adjoint.
VIA Rail comme Air Canada ont toutefois indiqué qu’il est difficile de faire un suivi pour certaines plaintes, notamment celles qui sont «soulevées trois ou quatre mois après le voyage et qu’il s’agit d’une expérience qui se passe entre un client et un employé».
«Des efforts» malgré les plaintes, selon Air Canada
Les représentants d’Air Canada ont tenté de mettre de l’avant leurs efforts devant le Sénat lundi soir, en assurant une diminution à 85 plaintes recensées pour l’année 2024-2025.
Le transporteur est mal perçu en matière de langues officielles et fait l’objet de centaines de plaintes annuellement.
Le nombre de plaintes a atteint un pic à plus de 2 600 en 2021-2022, en lien avec le tollé médiatique et politique de novembre 2021, lorsque le PDG de la compagnie, Michael Rousseau, a prononcé un discours quasi entièrement en anglais et déclaré pouvoir se passer du français à Montréal.
«Ce n’est pas le manque d’effort ou de volonté qui fait qu’on reçoit des plaintes», a défendu David Rheault.
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De leur côté, les représentants juridiques de VIA Rail présents au même comité ont affirmé qu’ils trouvaient que la liste de critères demandés était «raisonnable» et qu’ils se plieraient aux exigences du règlement.
Ces derniers ont précisé que leurs services en matière de langues officielles avaient fait l’objet de 37 plaintes entre 2020 et 2025.
«Nos collègues de VIA Rail ont 4 millions de passagers par année et nous en avons 50 millions. À cause de l’ampleur de notre exploitation, qui se trouve aussi partout dans le monde, cela fait en sorte qu’on est un peu plus exposé que d’autres institutions fédérales», a estimé David Rheault.
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Le Commissariat veut aussi des modifications
De son côté, Patrick Wolfe, commissaire aux langues officielles adjoint, a rappelé que le but des sanctions pécuniaires du CLO n’était pas de «faire de l’argent», mais de s’assurer que les institutions comprennent leurs obligations et les respectent .
Dans un cas où l’on décide d’enlever ou d’exclure certaines institutions, on pourrait envoyer un message qu’ils n’ont pas besoin de les respecter autant ou que les conséquences ne sont pas les mêmes.
En effet, les ports du Canada ne sont pas visés par les nouvelles sanctions pécuniaires que peut distribuer le CLO, tandis que les aéroports le sont.
L’équipe du Commissariat a également critiqué la procédure qu’ils devraient suivre pour émettre une sanction, toujours en derniers recours.
Pascale Guiguère, avocate générale au Commissariat aux langues officielles, a affirmé qu’il y avait «trop d’exigences»; notamment pour fournir un procès-verbal dans le cadre d’une sanction pécuniaire.
«Chaque procès-verbal doit être justifié de façon substantielle. C’est long et onéreux», a-t-elle fait valoir aux sénatrices et sénateurs.
Son équipe a analysé une quinzaine de lois et aucune n’a de règlement aussi strict et lourd administrativement. Ils espèrent que le règlement sera modifié.
«Les droits culturels font partie des droits humains, qui sont inhérents à chaque personne. Ils sont donc indivisibles», pose d’emblée Johanne Bouchard, spécialiste en droits humains au Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
Ils permettent à une personne, seule ou en groupe, de choisir et d’exprimer son identité. «Cela englobe le droit de chacun d’accéder à la culture, de la créer, d’y participer, d’en jouir», résume la présidente de la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), Nancy Juneau.
«Pour des communautés qui sont minoritaires, c’est aussi d’avoir une voix et pouvoir dire : “Je ne dénie pas le fait qu’il y ait d’autres groupes et un groupe dominant, mais la réalité qui est la nôtre fait aussi partie de la réalité canadienne et elle doit être représentée”», ajoute Johanne Bouchard.
Afin de souligner le 20e anniversaire de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité dans les expressions culturelles de l’UNESCO, la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) et la Commission canadienne pour l’UNESCO ont organisé le 12 janvier à Ottawa l’évènement «Regards croisés : 20 ans de diversité culturelle».
Johanne Bouchard y présentait une conférence autour des droits culturels, du vivre-ensemble et de la diversité.
La culture peut inclure toutes sortes de réalités. Johanne Bouchard prend l’exemple de la culture du soccer, «qui peut être très forte et qui peut vraiment créer des identités comme des rivalités entre certains groupes, même s’ils viennent du même endroit».
Johanne Bouchard, experte en droits humains au Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme auprès de la rapporteuse spéciale dans le domaine des droits culturels.
«On peut s’identifier de manière plus ou moins forte avec différentes communautés culturelles et références.»
Pour elle, cette notion prend tout ton sens au sein des communautés francophones en situation minoritaire, composées de personnes de différents parcours et origines.
«L’expérience migratoire est très forte là-dessus, parce que ça permet justement de combiner à la fois ce qui nous a été donné, transmis par des parents, mais aussi ce qu’on a connu tout au long de sa vie», remarque la spécialiste.
Elle enjoint d’ailleurs les francophones «à de ne pas oublier leur propre diversité interne».
Quand ils parlent de groupes francophones ou de minorités francophones au Canada, qu’ils les mettent au pluriel, parce qu’ils sont différents d’un endroit à l’autre.
«J’espère qu’ils accueillent et qu’ils célèbrent eux aussi cette diversité-là qui fait la richesse, quelque part, de leur mouvement.»
Johanne Bouchard évoque aussi les alliances que les francophones peuvent faire et tisser avec d’autres groupes minoritaires aux défis similaires, comme les anglophones au Québec ou les communautés autochtones.
«Elles aussi essaient de défendre leur droit d’exister en tant que groupe linguistique, incluant le droit d’enseigner, de transmettre leur langue, et qu’elle soit écrite et représentée dans l’espace public.»
«Cette alliance-là va être nécessaire, insiste-t-elle. Les droits culturels, c’est pour tout le monde. Ce n’est pas que pour un groupe, une culture ou une langue.»
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La liberté de s’identifier à plusieurs groupes culturels et à des références diverses permet de prévenir les replis identitaires ou «quand les personnes se sentent menacées, parce que non reconnues, parce qu’écrasées, parce qu’on leur dit : “Ce que tu es, on ne veut pas l’entendre”», explique Johanne Bouchard.
Ce repli implique de répondre à la question : «Soit tu fais partie du “nous”, soit du “eux”», illustre-t-elle.
«Ça coupe la liberté de choisir qui on est, mais ça réduit aussi tout l’espace qui est possible dans une société démocratique pour de la nuance, pour du mélange.»
Dans un contexte de montées nationalistes, il est, selon elle, d’autant plus important d’affirmer et de revendiquer cette richesse.
La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles de l’UNESCO vise à garantir la souveraineté des États en matière culturelle.
Ratifié en 2005, ce traité juridiquement contraignant engage les pays signataires à adopter des politiques pour soutenir leurs artistes et les industries culturelles, mais aussi à garantir l’accès équitable aux expressions culturelles, nationales et mondiales.
«Pour toute communauté minoritaire, travailler avec les droits culturels, c’est s’appuyer sur un cadre légal international contraignant qui permet de renforcer la légitimité des demandes de reconnaissance, de participation, d’être entendues dans les discussions démocratiques qui ont un impact sur la vie culturelle au Canada», énumère Johanne Bouchard.
Elle rappelle qu’il est possible de signaler des violations des droits culturels. «S’il y a des personnes qui sont discriminées sur la base de qui elles sont, elles peuvent remonter le problème.» D’abord aux autorités puis jusqu’au Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qui examine les cas individuels.
Nancy Juneau met de l’avant l’idée d’une culture «qui nous distingue, mais qui ne divise pas» : «Cette nuance-là est importante parce qu’on sait qu’il y en a qui instrumentalisent la culture à d’autres fins.»
«Ce qui nous lie, c’est que la culture est une force essentielle qui structure nos identités culturelles, façonne nos territoires et nourrit notre vivre-ensemble», décrit Nancy Juneau, présidente de la FCCF.
Elle cite l’idéologie MAGA (pour «Make America Great Again») de Donald Trump, qui illustre selon elle «l’utilisation de la culture américaine comme une force de division».
«À l’ère du numérique, de l’intelligence artificielle et de la dématérialisation des œuvres et des productions, il faut protéger le rôle de la culture et les droits culturels, pour ne pas tomber dans une hégémonie culturelle dictée par des géants du numérique», ajoute-t-elle.
Dans ce contexte, les francophones ont aussi leur place à prendre. La présidente de la FCCF se réjouit en ce sens de la candidature d’Ottawa pour accueillir le Sommet de la francophonie 2028.
«On y voit vraiment une occasion exceptionnelle de mettre en valeur la vitalité culturelle francophone du pays et l’engagement du Canada de soutenir la diversité des expressions culturelles francophones.»
L’occasion aussi de montrer ce qui se fait au Canada en matière de droits culturels, mais aussi ailleurs dans le monde. «Ce n’est pas parce que vous n’avez pas le pied sur le ballon que ce que vous faites sur le terrain ne contribue pas au but.»
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Près de 2700 membres se sont déplacés entre les 29 et 31 janvier à Calgary pour un congrès du Parti conservateur du Canada (PCC). Le vendredi, ils devaient exprimer leur satisfaction pour le travail de leur chef, Pierre Poilievre. Les délégués qui avaient le droit de voter lui ont largement manifesté leur soutien.
Stephen Harper est le dernier chef conservateur à s’être soumis à un tel vote de confiance, lors du Congrès conservateur de Montréal, en 2005. Il avait recueilli 84 % des voix des quelque 2800 partisans, selon les informations de Radio-Canada de l’époque.
Après un discours de près d’une heure vendredi soir, Pierre Poilievre semble avoir convaincu les partisans qu’il était «l’homme de la situation», observe Frédéric Boily, professeur de science politique à l’Université de l’Alberta.
«Avec toujours un peu de risque, il n’y avait quand même pas beaucoup de partisans conservateurs de l’Est du pays, du Maritime, du Québec», commente-t-il.
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Selon Frédéric Boily, si le chef conservateur a remporté une victoire «très solide» auprès de ses partisans – la plupart de l’Ouest –, mais c’est une autre paire de manches dans la relation avec son caucus ou même pour d’éventuelles élections fédérales.
«C’est un appui solide, très solide, mais qui vient surtout des partisans conservateurs les plus convaincus. Pour le futur du Parti conservateur, ça laisse entendre que Pierre Poilièvre n’a pas encore complètement les coudées franches, d’abord avec son caucus. Vendredi, il n’a pas vraiment parlé à ses députés, il a parlé à ses partisans», élabore Frédéric Boily.
Le professeur rappelle que Pierre Poilievre a notamment perdu deux députés en novembre et en décembre au profit des libéraux – Chris d’Entremont et Michael Ma. Il n’est pas à l’abri d’autres départs.
Il a parlé de collaboration, mais il n’a pas dit dans quelle mesure il serait prêt à le faire, soutient Frédéric Boily. Et ça complexifie les choses quand il faut se trouver un nouvel électorat.
Le professeur fait notamment référence à la baisse drastique de popularité que connait actuellement le chef du Parti conservateur par rapport à Mark Carney. Ce dernier est en avance de 15 points dans les sondages nationaux qui portent sur l’impression favorable qu’il donne auprès des Canadiens.
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Frédéric Boily affirme qu’après s’être réconforté cette fin de semaine auprès de sa base conservatrice de l’ouest surtout, Pierre Poilievre ne peut quand même pas s’opposer à «chaque geste que pose le gouvernement». Parce que sa popularité est en baisse dans les sondages et il a déjà offert de «collaborer» pour les prochains mois.
Sur la collaboration avec les libéraux, «ce qu’il n’a pas vraiment dit vendredi, c’est dans quelle mesure il serait prêt à collaborer et, surtout, sur quel dossier précis il pourrait collaborer. Et ça, ça complique sa tâche lorsque vient le temps de vouloir trouver des nouveaux électeurs en dehors de la base partisane», affirme encore le professeur.
Dans un discours adressé aux Canadiens «écartés, abandonnés», le chef du PCC a vilipendé l’actuel gouvernement libéral de Mark Carney et écorché son bilan.
«Est-ce que depuis que Carney est devenu premier ministre, ça a changé quelque chose dans votre vie?», a-t-il lancé à son auditoire.
«Le gouvernement n’a pas réussi à tenir parole. Les familles n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Le gouvernement libéral abandonne les gens […], les jeunes n’ont pas les moyens de vivre», a-t-il blâmé.
Il a notamment plaidé pour un gouvernement plus petit et a critiqué la rupture du contrat social selon lequel lorsqu’on «travaille fort» on peut se payer «une belle maison», avoir une «bonne vie» et un «bon salaire».
«Mais aujourd’hui, vivre au Canada coute plus cher. Carney a promis qu’il serait jugé sur l’épicerie, mais l’inflation est la pire du G7», a-t-il affirmé.
À l’instar de son collègue chef du Bloc québécois la semaine dernière en Chambre, Pierre Poilievre a déploré que Mark Carney n’avait pas livré les résultats promis. Le chef conservateur a surtout souligné le fait qu’«aucun pipeline» n’ait été construit.
«Carney est un grand parleur ailleurs, mais un petit faiseur chez nous», a-t-il avancé, sous les applaudissements nourris de ses partisans.
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En plus du vote de confiance pour leur chef, les membres du Parti conservateur présents cette fin de semaine à Calgary ont voté sur 62 mesures. Trente-et-une ont été acceptées après révision du Comité national sur les politiques.
Voici celles qui ont capté l’attention :
Le chef du PCC n’est pas obligé d’inscrire les résolutions approuvées lors du Congrès dans sa plateforme.
Alors que planent des possibilités de référendums sur l’indépendance au Québec et sur le séparatisme en Alberta, Pierre Poilievre s’en est tenu à les évoquer rapidement comme une conséquence du gouvernement libéral : «Après 10 ans de gouvernement libéral, les mouvements séparatistes se réveillent».
«C’était criant vendredi, Pierre Poilievre a appelé à l’unité nationale. Dans son caucus conservateur en Alberta, il y a des partisans qui tendent vers l’indépendantisme ou le séparatisme. Donc il ne peut pas condamner ça fermement. […] S’il avait voulu vraiment critiquer le mouvement séparatiste albertain, il aurait pu s’appuyer sur une critique économique en disant que ça créait beaucoup d’incertitude et qu’il ne voulait surtout pas que ce mouvement aille de l’avant», commente Frédéric Boily.
Les plaines d’Abraham, c’est un lieu très important dans l’histoire du Québec. En 1759, une grande bataille y a eu lieu entre les Français et les Britanniques. Les Français ont perdu cet affrontement. C’est à ce moment que la Nouvelle-France est devenue un territoire britannique.
Après cette bataille, les Britanniques ont pris le contrôle du territoire et ont essayé de faire disparaître la langue et la culture francophones. C’est un processus qu’on appelle l’assimilation.
Mais M. Carney a dit l’inverse : que le Canada n’a pas choisi l’assimilation! C’est en contradiction avec un fait historique connu, bien documenté, en plus d’être un sujet douloureux pour les francophones.
Le mot «partenariat» a aussi mal passé. Parce que dans les faits, c’est une bataille qui a été perdue par un groupe. Ensuite, les francophones ont bel et bien subi la domination des vainqueurs. Il leur a fallu beaucoup d’efforts pour survivre et protéger leur identité. C’est loin d’être un exemple de «collaboration» comme l’a dit le premier ministre.
Depuis 1969, l’anglais et le français sont les deux langues officielles du Canada.
Plusieurs politiciens ont trouvé que cette phrase donnait l’impression que la langue française s’est protégée toute seule. Pour eux, c’est oublier que des francophones ont dû se battre pendant des années pour défendre leur langue et obtenir des lois pour la protéger. C’est même encore difficile pour les communautés francophones à l’extérieur du Québec.
Plusieurs politiciens québécois, comme Paul St-Pierre Plamondon du Parti québécois, ont réagi très vivement au discours. Ils ont reproché à Mark Carney d’avoir présenté une version beaucoup plus positive du passé du Canada, loin de la réalité. Selon eux, cela revenait à «réécrire l’histoire». Yves-François Blanchet, le chef du Bloc Québécois, a affirmé que «c’est un grave manque de respect pour l’Histoire». Lui et d’autres politiciens québécois ont demandé des excuses.
Mark Carney, lui, a répondu aux critiques en disant qu’il estime avoir reconnu les luttes des francophones dans son discours.
Charles Milliard, un candidat à la chefferie du Parti libéral du Québec, a déclaré que le discours du premier ministre manquait de nuances. «On ne peut passer sous silence les pans plus sombres de notre histoire», a-t-il écrit sur les réseaux sociaux. Ça m’a inspiré ma question : et toi, penses-tu qu’il est important de parler des moments difficiles du passé? Pourquoi?
C’est le nom de la police de l’immigration, aux États-Unis. Avant d’être élu, le président des États-Unis, Donald Trump, a promis d’expulser du pays des millions d’immigrants. Depuis qu’il est au pouvoir, il a donc donné beaucoup d’argent à ICE. Il a aussi envoyé ces agents armés dans de grandes villes partout au pays pour arrêter des personnes immigrantes.
Mais les interventions de ICE sont très critiquées, car elles sont souvent violentes et ciblent régulièrement des personnes qui n’avaient rien à se reprocher. Beaucoup de manifestations anti-ICE sont organisées pour dénoncer ces opérations.
Cela fait plus d’un mois que les agents de ICE font des arrestations à Minneapolis. La population est en colère. Samedi, malgré une température de -30 degrés Celsius, une grande manifestation contre ICE a eu lieu. Des centaines de commerces étaient fermés pour protester.
Mais un drame est arrivé : Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans, a été abattu par ICE.
C’est la deuxième personne tuée par ces agents à Minneapolis en très peu de temps. On t’a parlé de Renee Good, cette mère de famille qui a aussi perdu la vie le 8 janvier. Encore une fois, deux versions contradictoires des événements ont tout de suite circulé :
La version du gouvernement a tout de suite été qualifiée de «mensonges» par de nombreuses personnes. Le gouverneur de l’État du Minnesota, Tim Walz, a réclamé le départ de ICE. Sur les réseaux sociaux, les anciens présidents américains Barack Obama et Bill Clinton ont aussi critiqué les gestes du gouvernement de Donald Trump. Même des membres de son parti, le Parti républicain, ont exprimé leur désaccord.
Dimanche et lundi, des milliers de personnes sont retournées dans les rues pour manifester. On assiste aussi à une grande vague de solidarité. Pour éviter que leurs voisins soient arrêtés par ICE, des habitants s’organisent. Par exemple, ils utilisent des sifflets pour signaler la présence de voitures appartenant à ICE. Il y a aussi des citoyens américains qui font des courses pour les personnes immigrantes qui ont peur de sortir de leurs maisons, et qui amènent leurs enfants à l’école.
Lundi en fin de journée, le ton de Donald Trump s’est adouci. Le président dit maintenant que la mort d’Alex Pretti est une «tragédie». Il a discuté avec le gouverneur de l’État du Minnesota et le maire de Minneapolis. Celui-ci a ensuite déclaré que les agents de l’immigration allaient commencer à quitter la ville.
Selon les observateurs, ils souhaitent tous apaiser les tensions.
As-tu été témoin d’un geste de solidarité dernièrement? Ou as-tu toi-même été généreux? Raconte!
Sources : La Presse, Radio-Canada, Agence France-Presse
«Les changements que j’ai vus depuis une dizaine d’années, c’est complètement fou, lâche Philippe Marquis, double olympien et désormais entraineur-chef de l’équipe canadienne de bosses de prochaine génération.
Philippe Marquis a fait partie de l’équipe canadienne de ski acrobatique jusqu’en 2019. Il a participé à deux Olympiques en 2014 et en 2018. Il est depuis 2022 l’entraineur-chef de l’équipe canadienne de bosses de prochaine génération.
Le déclic survient en 2017-2018, vers la fin de sa carrière. L’été, les glaciers sur lesquels le skieur acrobatique s’entraine se dégradent à vue d’œil.
«La glace était ternie, grise, il y avait des particules de déchets», raconte-t-il en évoquant le glacier de la Grande-Motte, en France. En Colombie-Britannique, le glacier Horstman fond si vite que les zones skiables doivent être relocalisées. «Depuis trois ans, il n’opère plus et a complètement fermé par manque d’épaisseurs de neige.»
Deux exemples qui illustrent, selon lui, les effets du réchauffement climatique et, «c’est là que c’est épeurant», la rapidité à laquelle ces changements opèrent, avec à la clé des annulations de compétitions en cascade.
Selon une récente étude de l’Université de Waterloo menée par le professeur Daniel Scott, sur les 93 sites actuellement équipés pour accueillir des compétitions de sports d’hiver de haut niveau, seuls 52 pourraient encore recevoir des Jeux d’hiver d’ici 2050, et 22 les Jeux paralympiques.
Les chercheurs soulignent également le rôle crucial de l’enneigement artificiel : sans lui, seuls quatre sites resteraient viables pour accueillir des Jeux d’ici les années 2050.
Des solutions existent, assure Anik Champoux, directrice des programmes et du markéting à Protect Our Winters Canada, «mais il faut faire plus que l’adaptation».
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Entre hausse et baisse soudaine de températures, chutes de neige puis de pluie, «il n’y a rien de stable», résume Anik Champoux, directrice des programmes et du marketing à Protect Our Winters (POW) Canada. Une instabilité qui met à rude épreuve les corps, mais aussi les esprits.
«C’est toutes des petites choses qu’on peut faire, mais tous ensemble, ça peut avoir un grand impact», veut croire Anik Champoux de l’organisme POW.
«Ce n’est pas facile», confie Philippe Marquis. Il faut être flexible et «ouvert à avoir des plans qui changent à la dernière minute».
Selon lui, les nouvelles générations d’athlètes doivent être mieux préparées, tant sur le plan physique que mental, pour gérer les imprévus et des conditions de pratique de plus en plus difficiles.
Cette imprévisibilité pèse aussi sur la sécurité des pistes et crée une pression supplémentaire pour les fédérations internationales, qui doivent respecter leurs engagements envers leurs commanditaires.
«On a moins de neige et de la neige qui a souvent été conservée de l’année précédente, qui est usée, a glacé, fondu et refigé», témoigne le skieur. Une neige plus dure, et donc moins sécuritaire.
Sans disposer de données scientifiques précises, il dit avoir observé une augmentation des blessures autour de lui depuis deux ans.
Certains athlètes font pression pour changer le calendrier et réduire leur impact carbone. «Tant qu’à voyager d’un bord à l’autre du pays, est-ce qu’on peut rapprocher certains évènements qui sont dans la même région?», propose Anik Champoux.
Elle prend aussi l’exemple des Jeux paralympiques, qui ont lieu après les JO et qui font souvent face à des conditions de neige encore plus difficiles. Pourquoi ne pas les «commencer un peu plus tôt, au mois de janvier», suggère-t-elle.
On essaie de faire beaucoup d’entrainement à un même endroit pendant une plus longue durée. Au lieu de faire trois voyages dans l’été, on essaie d’en faire deux.
Jules Burnotte souligne que certaines technologies pour faire de la neige artificielle consomment moins d’énergie qu’un aréna ou qu’un centre d’achat.
«Ça prend de gros changements systématiques. C’est pour ça que les athlètes s’impliquent pour être des porte-paroles, des éducateurs, utiliser leur voix» pour appeler à l’action climatique, avance Anik Champoux.
Pour elle, leur voix est d’autant plus audible qu’ils et elles sont adoubés par le public et souvent érigés en modèles au sein de la jeunesse. Ils apportent une perspective différente, sans agenda : «Ce ne sont pas des scientifiques, ce ne sont pas des gens qui sont au gouvernement.»
Philippe Marquis l’avoue : il a commencé à s’éduquer vers la fin de sa carrière, en s’entourant de spécialistes de l’environnement. «Ça m’a permis d’avoir une communauté autour de moi pour faire un peu d’efforts de lobbying, d’en parler un peu plus sur mes plateformes, mes réseaux sociaux.»
Depuis plusieurs années, il observe une mobilisation grandissante chez les athlètes partout dans le monde et dans toutes les disciplines.
Et l’olympien d’ajouter : «Quand on en parle, quand on s’organise […] on peut avoir un impact auprès de nos gouvernements et des entreprises, qui, eux, mettent des règlementations en place et prennent des décisions.»
En octobre dernier, près de 80 athlètes du Canada ont signé une lettre ouverte (en anglais) destinée au premier ministre, Mark Carney, lui demandant de garder l’urgence climatique et la protection de la planète parmi ses priorités.
«Des Jeux olympiques aux Coupes du monde en passant par les championnats nationaux, la chaleur extrême, le recul des glaciers, la diminution de l’enneigement et la mauvaise qualité de l’air menacent et ont détruit les sites sur lesquels nous comptons et dont nous avons besoin», écrivent-ils.
L’immense vitrine dont bénéficient les athlètes – notamment lors des Jeux olympiques – pourrait être mise au service de l’action climatique. «Ce serait assez dommage de ne pas se servir de cette tribune», estime le biathlète québécois Jules Burnotte.
Il ne faut pas opposer le sport puis le climat; il faut trouver des façons de faire du sport d’élite en faisant la promotion d’une certaine sobriété.
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Mais au-delà de la mobilisation, les limites physiques du terrain se font déjà sentir.
Angelica Alberti-Dufort est spécialiste en recherche et transfert des connaissances à Ouranos.
«Dans les régions les plus au sud du Québec – qui sont aussi celles où l’on trouve les principales stations de ski alpin –, on s’attend à une diminution de la neige au sol en quantité et aussi en durée», rapporte Angelica Alberti-Dufort, spécialiste en recherche et transfert des connaissances à Ouranos.
Certaines stations investissent dans la neige artificielle ou même des couvertures isolantes pour conserver la neige d’une saison à l’autre. «On fait aussi le snow farming où on déplace la neige et on essaie de mettre ça sur le glacier pour essayer de réparer les choses», décrit Anik Champoux.
Selon Jules Burnotte, les sportifs de haut niveau ont toujours trouvé des solutions pour s’entrainer et continueront d’en trouver : «Il y a toujours bien de la neige quelque part.»
En revanche, il se montre plus inquiet pour les nouvelles générations d’athlètes et la population en général, qui n’ont pas les mêmes ressources. «On peut s’imaginer qu’il y aura moins de relève.»
L’aménagement des stations et des terrains peut également avoir un impact sur la rétention du couvert de neige, indique Angelica Alberti-Dufort. «Dans les zones très agricoles, il va y avoir de grandes étendues avec pas d’arbres. Le vent va avoir tendance à balayer la neige, donc d’avoir des haies ça peut vraiment aider à garder le couvert de neige.»
«Des fois, les stations sont prises avec des aménagements qui ont été faits il y a longtemps. Peut-être qu’elles vont commencer à réfléchir à vraiment revoir l’orientation des pistes par rapport au vent, ou planter des arbres sur les versants skiables, pour aider à réduire le vent.»
Fédérations, organismes, commanditaires, équipementiers : tous ont un rôle à jouer. «Ça reste quand même timide […] Le bras de fer se fait en ce moment beaucoup auprès des athlètes qui eux se font de plus en plus vocaux», analyse Philippe Marquis.
Le skieur acrobatique souligne toutefois l’effort croissant des fédérations, «qui se parlent entre elles et essaie de mettre de meilleures pratiques en place». L’autre levier d’action reste le choix des commanditaires.
Il faut tourner nos dos aux commanditaires pétroliers et gaziers.
Jules Burnotte milite pour des publicités tournées vers le transport en commun, les mobilités douces, le matériel usagé ou encore des centres communautaires.
«On atteindrait tellement de gens sur une échelle large, puis on rendrait en même temps le sport plus accessible en allant rejoindre des gens qui n’ont peut-être pas les moyens de s’acheter ce que les commanditaires mettent de l’avant.»
Selon lui, cela donnerait «un nouveau ton», encore peu entendu dans le sport actuellement. «C’est difficile d’être la première personne à faire un grand pas. Tout le monde fait un peu des petits pas par-ci, par-là.»
«Ça coute cher. Il y a des solutions qu’ils peuvent entreprendre, mais des fois, c’est de l’effort», conçoit Anik Champoux. «Il faut vraiment que ça soit le système au complet.»
La skieuse acrobatique québécoise Marion Thénault s’est engagée à rendre son parcours vers Milano Cortina 2026 carboneutre. Elle essaie d’adapter ses déplacements, notamment en avion.
L’athlète intervient aussi dans les écoles pour parler de l’action climatique et collabore avec plusieurs organismes pour rendre les évènements sportifs plus écoresponsables.
Elle affirme que ses efforts lui ont permis de réduire de 27 % ses émissions de GES.
Car oui, l’argent reste – encore et toujours – l’éternel nerf de la guerre. «Le sport est dans un système qui est sous-financé présentement, qui est sous haute pression et tension, autant médiatique qu’à l’interne», reconnait Philippe Marquis.
Dans ce contexte, les changements climatiques sont parfois relégués au second plan. «Les organisations sont quand même limitées en termes de ressources autant humaines que financières pour mettre de l’avant des principes de durabilité et des coresponsabilités qui vont avoir vraiment un réel impact dans l’avenir.»
Une fédération qui se coupe de revenus risque en outre de perdre de l’influence. «C’est un jeu qui se joue comme ça. Autant dans le sport que dans les médias et tous les domaines : quand on décide de jouer plus petit, on joue avec moins de ressources», tranche Jules Burnotte.
Philippe Marquis se dit à la fois craintif et confiant pour l’avenir, avec «un brin d’optimisme».
Quand on a des situations de chaos ou de changements brusques, ça force la société, les communautés, les gens, à s’adapter et à mettre sur pied des technologies ou des pratiques qui vont faire en sorte qu’éventuellement on va passer à travers.
Le Comité olympique canadien (COC) vient de dévoiler un plan visant, entre autres, à promouvoir la lutte contre les changements climatiques. Le mouvement est lancé… reste à voir si l’effet boule de neige suivra.
Kelly Burke sera la prochaine commissaire aux langues officielles.
La nomination de Kelly Burke comme commissaire aux langues officielles a été officialisée lundi.
Son nom avait fuité dans les médias en novembre. Les comités doivent encore approuver son entrée en poste – une formalité administrative.
Kelly Burke succède à Raymond Théberge, qui tenait la barre du Commissariat aux langues officielles depuis 2017.
Lors du Conseil de la fédération à Ottawa cette semaine, qui a réuni les 13 premiers et premières ministres provinciaux et territoriaux, le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a conclu jeudi la conférence de presse en français, après une question sur un éventuel référendum sur l’indépendance du Québec en cas de victoire du Parti Québécois.
Les affaires francophones existent dans l’Ouest aussi et partout dans le pays. Alors oui, l’élection [au Québec] est très importante. Oui, le Québec est central, il a beaucoup de pouvoir pour la francophonie mondiale.
Il a ensuite commenté l’unité affichée par les premiers ministres présents, en plaisantant : «En conférence de presse, il y a toujours quelqu’un qui essaie de trouver la division […] Ils aimeraient que ce soit Heated Rivalry entre Doug Ford et moi-même!», en référence à la populaire série télévisée canadienne du moment.
Alors que le Parlement a repris lundi après une relâche de six semaines, le leadeur du gouvernement à la Chambre des Communes, Steven MacKinnon, a souligné que Pierre Poilievre a «tendu la main» au gouvernement en leur offrant de «collaborer» sur plusieurs enjeux.
«On accepte sa main tendue […]. Cela veut dire qu’il faut travailler constructivement sur les lois et les faire avancer en Chambre et en comité, notamment adopter les mesures sur l’abordabilité.»
En Chambre cette semaine, les conservateurs ont largement décrié le fait que les libéraux n’ont avancé sur aucun grand projet. Ils ont également critiqué le ministre de la Justice, Sean Fraser, pour la hausse de l’extorsion au Canada.
MacKinnon a affirmé que Poilievre devrait «libérer ses députés» pour approuver plusieurs projets de loi, dont C-13 et C-14; pour protéger les victimes de crimes et la mise en liberté sous caution, entre autres.
«Aucun engagement de respecté» : De son côté, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a affirmé que le premier ministre n’avait pas tenu ses promesses, neuf mois après son élection.
Il a fait référence notamment à la fin des tarifs imposés par la présidence américaine, la renégociation des ententes commerciales et «le respect du Québec».
Les 13 premiers et premières ministres des provinces et territoires se sont réunis mercredi et jeudi à Ottawa, pour le Conseil de la fédération, présidé par le nouveau premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard, Bloyce Thompson.
Un message d’unité : C’est ce qu’ont envoyé les dirigeants provinciaux et territoriaux aux côtés de Mark Carney, face aux menaces toujours plus appuyées de Donald Trump.
On ne reconnait plus nos amis de longue date.
La première ministre de l’Alberta a affirmé jeudi en conférence de presse qu’il fallait être «réaliste» quant à la construction du pipeline en Alberta et en Colombie-Britannique, pour répondre au refus de son homologue David Eby de voir ce projet avancer.
Elle s’est également inquiétée de la présence d’agents fédéraux américains de la police de l’immigration (ICE) à la frontière entre le Nouveau-Brunswick et le Maine. À Minneapolis, deux citoyens américains ont été tués ce mois-ci lors d’opérations coordonnées par des agents fédéraux d’immigration et de la police des frontières.
Tout comme le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, Susan Holt a affirmé que «rien n’était plus pareil» dans la relation entre le Canada avec les États-Unis.
Dissensions : Mercredi, les projecteurs de la rencontre se sont braqués sur la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, et le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby.
Ce dernier s’oppose toujours au projet d’un pipeline pétrolier traversant l’Alberta pour rejoindre l’Ouest et le nord de la Colombie-Britannique, malgré les pressions de Danielle Smith pour faire avancer le projet. Celui-ci a fait l’objet d’une entente signée en novembre entre la première ministre albertaine et Mark Carney.
À la recherche d’un promoteur, elle espère obtenir un tracé en juin, puis l’aval du gouvernement fédéral d’ici l’automne. Elle soutient que les Premières Nations qui seraient touchées par le projet pourraient en devenir «actionnaires».
De l’autre côté du pays, si Susan Holt a affirmé qu’elle «apprécierait» qu’un oléoduc passe par le Nouveau-Brunswick, elle a affirmé qu’il fallait respecter la volonté des parties impliquées – dont le Québec.
Sur les élections au Québec : Le premier ministre Doug Ford a exhorté les Québécois et les Québécoises à ne pas élire le Parti québécois, jugeant «inacceptable» son projet de référendum sur l’indépendance.
Il qualifie l’élection du PQ de «désastre» pour le Canada, alors que le parti mène dans les sondages. Selon lui, l’heure est à l’unité face à la guerre commerciale avec les États-Unis.
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Depuis jeudi, les membres du Parti conservateur du Canada se réunissent à Calgary, en Alberta, pour prendre part au congrès national qui se tient jusqu’à samedi.
Le leadeurship de leur chef, Pierre Poilievre, fera l’objet d’un vote de confiance dont le résultat devrait être connu vendredi soir.
Interrogé sur l’avenir du chef conservateur lors du Conseil de la fédération, Doug Ford a préféré ne pas se prononcer : «Je suis concentré sur l’Ontario.» Il laisse aux membres le choix de «déterminer s’ils veulent continuer avec Pierre Poilievre».
Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, a laissé savoir que les discussions avec les plateformes en ligne étaient à un stade «préliminaire».
Interrogé sur d’éventuelles discussions avec Meta, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, Marc Miller, a affirmé qu’il ne commenterait rien publiquement, tout en affirmant que les échanges étaient «préliminaires».
Contexte : Les nouvelles canadiennes en ligne sont bloquées par Meta sur Facebook et Instagram depuis que le Canada a adopté la Loi sur les nouvelles en ligne, en 2023.
Les médias sont soutenus par un fonds de 100 millions de dollars financé par Google à la suite d’une entente avec le gouvernement fédéral, tandis que l’opposition et le Bloc québécois pressent Ottawa d’agir face à la domination des géants du numérique et à la montée de la désinformation.
«Porte ouverte» : La porte-parole du ministre, Hermine Landry, a toutefois indiqué que les discussions n’avaient jamais cessé : «La porte a toujours été ouverte de la part de notre gouvernement pour discuter de ces questions. Nous avons des discussions régulières avec les plateformes depuis l’élaboration de la Loi sur les nouvelles en ligne. Ce n’est pas nouveau.»
Mercredi, la Banque du Canada a annoncé qu’elle maintient son taux directeur à 2,25 %, car elle juge la politique monétaire appropriée dans un contexte de croissance modeste et d’incertitudes accrues.
Au Canada, les droits de douane et l’incertitude freinent l’activité, la croissance ayant stagné en fin d’année malgré un redressement graduel de la demande intérieure et de l’emploi, alors que le chômage reste élevé.
La Banque prévoit une croissance de 1,1 % en 2026 et de 1,5 % en 2027. L’inflation devrait rester près de la cible de 2 %.
L’avenir des communautés francophones en situation minoritaire se joue dans les espaces physiques, indique la professeure émérite en géographie de l’Université d’Ottawa, Anne Gilbert. Selon elle, la concentration géographique de la population, des organismes et des institutions constitue un levier de vitalité.
Anne Gilbert étudie les régions francophones du Canada, leur influence sur la vitalité de la communauté francophone et l’importance des espaces occupés et désirés.
Par exemple, si la population francophone de l’Ontario n’était pas regroupée dans des régions précises, son influence ne serait pas aussi importante. «Si on n’avait pas ces concentrations-là, la francophonie ontarienne serait probablement un phénomène assez marginal», affirme-t-elle. À ses yeux, les pôles de regroupement d’organismes créent une attractivité réelle qui permet de faire vivre les services et, plus largement, les communautés francophones.
Au-delà des services proposés, Anne Gilbert considère que les lieux qui réunissent des organismes francophones ont aussi une valeur symbolique. «Ça crée un genre de sentiment d’appartenance pour la communauté francophone, mais aussi, c’est comme une fierté.»
Elle indique qu’à long terme, ces endroits jouent un rôle déterminant pour leur région : ils agissent sur le plan de la géographie, en attirant la population, mais aussi sur celui des engagements, de l’utilisation du français et de la croyance dans l’avenir de cette langue.
«On est plus attiré par l’anglais, même dans les loisirs ou dans la musique qu’on écoute, […]. Donc, avoir un espace qui est beau, qui est accueillant, qui est convivial, ça peut aussi jouer dans l’appréciation publique [pour le français], et d’aider le français si on veut avoir davantage de prestige», croit Marie-Ève Forest, présidente de la firme de consultation Sociopol.
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Kip Daechsel, avocat torontois, considère la transmission du français comme une priorité familiale. Il est fier que ses fils et ses petits-enfants puissent parler en français.
La visibilité en question
Le professeur en sociologie à l’Université de Moncton, Mathieu Wade, indique que les lieux de regroupement d’organismes francophones permettent à la communauté de se voir. C’est une minorité audible, explique-t-il, donc on ne sait pas si une personne parle le français juste en la regardant.
Kip Daechsel nuance sur la question de visibilité : le Centre francophone du Grand Toronto se trouve actuellement dans un endroit « beaucoup moins accessible », au deuxième ou troisième étage.
Selon Mathieu Wade, le regroupement d’organismes francophones répond aussi à la complexification du milieu associatif et facilite la collaboration entre services.
Pour Mathieu Wade, le milieu associatif francophone s’est diversifié et complexifié depuis environ 30 ans, donnant naissance à de nouveaux organismes sectoriels. Il y a donc des opportunités d’économies, car les moyens de l’associatif sont limités.
Cette proximité favorise une meilleure circulation de l’information et une coordination naturelle des actions : «[Dans ces lieux où on retrouve plusieurs services francophones], on a plein d’organismes qui se côtoient, qui cohabitent. Puis […] ils se voient, ils discutent des dossiers, ils peuvent avoir des rencontres informelles. Donc, sur le plan de la gouvernance, ça évite de travailler trop en silo», explique-t-il.
La Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse prépare un projet du genre à Halifax. Son directeur général, Jules Chiasson, explique que 12 organismes francophones sont actuellement dispersés à travers la ville.
À son avis, leur rassemblement permettrait une synergie, une visibilité accrue auprès du gouvernement et un accès simplifié aux services pour les citoyens et les citoyennes francophones aux alentours.
«Il n’y aura pas besoin de se promener d’un bout à l’autre de la ville d’Halifax [pour accéder aux différents services]», souligne-t-il. Le futur centre – qui a reçu du financement du gouvernement fédéral – permettra, selon lui, d’offrir un point de repère pour la communauté.
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Mathieu Wade évoque le modèle des centres scolaires communautaires, très présent au Nouveau-Brunswick, mais aussi dans d’autres provinces et territoires. Dans celui-ci, l’école devient un lieu multifonctionnel ouvert à l’ensemble de la population après les heures de classe, donnant accès à des bibliothèques, des salles de spectacle et des services communautaires.
Pour Anne Gilbert, la présence d’écoles et de services de garde au sein de pôles francophones constitue un facteur d’attraction pour les familles. «Autour de ça, il y avait déjà un quartier français, de la langue française, et la population de langue française augmente ici parce que ça devient un facteur d’attractivité.»
L’ancien président du projet abandonné de Maison de la Francophonie à Toronto, Kip Daechsel, souligne que celui-ci prévoyait d’accueillir la garderie Les Bouts d’Choux comme locataire principal afin de répondre à la pénurie de services de garde francophones dans la ville.
Le projet de Maison de la francophonie à Toronto comptait acheter cet édifice sur la rue Isabella.
Il explique que les programmes d’infrastructure torontois ne favorisent pas présentement la construction de garderies hors du milieu scolaire. Les garderies installées dans les écoles doivent restreindre le nombre de places par manque d’espace. Résultat : des familles francophones peinent à trouver des services de garde dans leur langue, surtout dans les quartiers centraux.
Dans le plan d’affaires du projet de Maison de la francophonie à Toronto, on retrouve cette citation provenant du Commissariat aux langues officielles du Canada : «Dans les cas où le français n’est pas parlé de manière dominante à la maison, la garderie peut constituer le principal lieu de socialisation en français dans les premières années d’un enfant.»
La Place des Arts du Grand Sudbury a mis en place cette approche intégrée dès sa conception, rappelle son directeur général, Denis Bertrand. L’édifice, qui abrite sept organismes culturels francophones depuis 2022, intègre un centre de la petite enfance. Il raconte que les enfants y sont régulièrement en contact avec des artistes professionnels de disciplines variées, qui viennent animer des activités et les initient aux arts dès le plus jeune âge.
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Kip Daechsel constate qu’à Toronto, plusieurs services francophones sont éparpillés entre le centre-ville et les grands axes routiers. À ses yeux, cette répartition géographique rend difficile l’émergence de quartiers de langue française.
Du même avis, Anne Gilbert explique que cette dispersion rend la francophonie torontoise moins visible et moins accessible au quotidien. Elle empêche aussi, d’après l’experte, le développement de quartiers où les francophones auraient tendance à se regrouper.
D’après ses observations, les francophones d’Edmonton, en Alberta, sont environ deux fois plus engagés dans leur communauté que ceux de Toronto. Un écart qu’elle attribue en partie à la concentration des institutions dans la ville albertaine.
Anne Gilbert estime que la proximité géographique importe moins qu’elle avait il y a 20 ou 30 ans, car beaucoup de choses peuvent être faites avec le téléphone aujourd’hui.
Par contre, «c’est une erreur à long terme» de croire que le numérique peut remplacer les espaces physiques pour favoriser la vitalité et l’épanouissement des communautés francophones. «C’est quelque chose qui nécessite, ultimement, des êtres humains en chair et en os qui se fréquentent», constate Marie-Ève Forest.
Le professeur en sociologie à l’Université de Moncton, Mathieu Wade, souligne le besoin de rechercher l’autonomie financière pour les organismes francophones qui désirent se regrouper, car le financement gouvernemental disponible les place dans une «situation assez précaire, assez fragile».
Selon Denis Bertrand, la Place des Arts du Grand Sudbury accueille environ 40 000 personnes annuellement.
Le directeur général de la Place des Arts du Grand Sudbury, Denis Bertrand, souligne que le financement public est structurellement «insuffisant».
La directrice générale de la Maison de la Francophonie à Vancouver, Catherine Tableau, voit venir un changement de priorités de financement du secteur public : «[Dans] les années à venir, ça va être très, très compliqué parce que les objectifs des bailleurs [de fond] ne vont pas vraiment vers la culture et le communautaire, ils vont privilégier l’économique et l’armement».
Elle craint également ce qu’annoncent les récents ajustements budgétaires du fédéral, qu’elle trouve «monstrueux».
Catherine Tableau dirige la Maison de la francophonie à Vancouver depuis 16 ans. L’institution elle-même compte une quinzaine d’organismes à but non lucratif, une prématernelle et un café.
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Pour renforcer l’autonomie financière de la Place des Arts, Denis Bertrand explique la gérer comme une «petite entreprise culturelle», bien que les bailleurs de fonds reconnaissent ses valeurs culturelles, institutionnelles et économiques. Ouverte en 2022, celle-ci abrite sept organismes francophones et deux salles de spectacle.
Il explique que, lorsque son équipe et lui considèrent un projet artistique, sa première question est : «Est-ce qu’une telle activité nous aide à atteindre nos objectifs financiers?»
Catherine Tableau encourage aussi le secteur associatif à générer leurs propres revenus, notamment par la location d’espaces commerciaux ou l’offre de cours de langue certifiés. La Maison de la Francophonie à Vancouver compte une quinzaine de locataires et loue des salles de réunion et une salle de spectacle.
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Mariève Forest est spécialiste des l’analyse des développements des communautés francophones en situation minoritaire.
La présidente et chercheuse principale de la firme de consultation Sociopol, Mariève Forest, souligne que les subventions pour la construction ou la planification de projet de regroupement d’organismes francophones proviennent souvent d’enveloppes déjà prévues pour les infrastructures publiques en général. «Ultimement, les francophones ont droit à toutes sortes d’enveloppes qui ne leur sont pas réservées», estime-t-elle.
Dans sa lettre ouverte expliquant les raisons derrière la fin du projet de Maison de la Francophonie à Toronto en mars 2025, le président Kip Daechsel dénonce le «pingpong fatal» qui a fini par mettre fin à leurs plans.
Les paliers de gouvernement fédéral et provincial refusent parfois de s’engager avant que l’autre le fasse, créant une «inertie qui finit par tuer le projet», explique-t-il. Un risque pour tout nouveau projet qui a besoin de subventions.
«On a frappé à toutes les portes», raconte Kip Daechsel en entrevue à Francopresse. Mais ce qu’il qualifie de blocage volontaire de la part de fonctionnaires et de ministre a fini par épuiser les bénévoles et condamner le projet.
La Maison de la Francophonie à Vancouver est un exemple de «grand succès» pour Kip Daechsel de Toronto, car elle répond aux besoins de la communauté francophone locale depuis les années 1980.
À la Maison de la Francophonie à Vancouver, sa directrice générale évoque que 40 % des personnes qui louent leur salle de spectacle sont soit anglophones, soit allophones, notamment des hispanophones et des sinophones.
«On n’est pas un ghetto pour les francophones et on est vraiment un espace ouvert à toute la communauté de Vancouver», explique Catherine Tableau.
À la Place des Arts au Grand Sudbury, les clients anglophones font 60 % des réservations des salles, selon Denis Bertrand. Si un lieu de rassemblement pour les francophones est créé dans l’intention qu’il soit uniquement pour les francophones, «ce lieu-là va finir par s’étouffer», dit-il.
Le directeur explique que son équipe doit aller au-delà des subventions et créer des projets et des initiatives pour augmenter les revenus autonomes, compte tenu de la situation minoritaire de la Place des Arts. La gestion reste entre les mains des francophones et que les intérêts de la communauté francophone restent prioritaires.
Mathieu Wade soutient que «plus [une langue] est partagée, plus elle est forte», tout en prévenant que «c’est la dose qui fait le poison»; il faut doser l’influence externe pour ne pas perdre la saveur francophone du lieu.
«L’important, c’est que la gouvernance de ces lieux soit pour et par les francophones. […] Après, je pense qu’une langue, c’est comme la culture, plus elle est partagée, plus elle est forte», estime le professeur de l’Université de Moncton.
Francopresse : Quel bilan tirez-vous de vos neuf ans de mandat?
Raymond Théberge : Lorsque j’ai entamé mon mandat en 2018, je voulais assurer une présence continue des langues officielles sur la scène nationale. Et je pense qu’on a réussi à être très présents sur l’échiquier national.
C’était une période où il y a eu des changements importants dans le domaine des langues officielles avec la modernisation de la loi, auquel le Commissariat a participé proactivement.
Mais on attend toujours certains règlements.
Ce qui est important dans la nouvelle loi, c’est qu’on reconnait la vulnérabilité du français. On a une loi précise, claire, moderne. On doit poser des gestes pour assurer l’activité du français à l’échelle du pays.
On a [aussi] eu un impact sur le Plan d’action pour les langues officielles. On a fait des recommandations et on a beaucoup travaillé dans le domaine de l’immigration
L’immigration va continuer d’être un enjeu important étant donné la fragilité démographique de nos communautés.
Nous avons également entrepris des travaux de recherche dans le domaine de la sécurité publique, de la langue de travail, de l’état des lieux des communautés, etc.
Et finalement, il y a eu un travail important au niveau de la mobilisation des communautés. On a travaillé de très près avec les parlementaires pour faire progresser des langues officielles, donc un projet de société qui est fondé contre les espaces de respect, la diversité et l’inclusion.
C’est un mandat qui a été, à mon avis, très rempli. On a un travail d’équipe extraordinaire. Les intervenants ont aussi été extrêmement importants dans nos travaux.
Maintenant je passe le bâton et on s’en va à une prochaine étape de l’évolution des langues officielles.
Justement, quel est votre message pour Kelly Burke, qui prendra votre suite? Que lui léguez-vous?
Nous léguons un nouveau régime linguistique avec une nouvelle loi qui offre beaucoup de possibilités et de flexibilité pour assurer une meilleure conformité en matière de langue officielle et […] pour appuyer le développement de nos communautés.
Je pense que madame Burke apporte à cette tâche une expérience importante.
Il y a le travail qui doit se faire immédiatement au niveau des règlements. L’important, c’est d’assurer une mise en œuvre robuste de la nouvelle loi.
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Cette mise en œuvre, vous l’avez en partie commentée en formulant de premières inquiétudes, notamment concernant le règlement de la partie VII de la Loi sur les langues officielles, qui cible les mesures positives pour les francophones. Est-ce que vous avez des suggestions aux parlementaires et à Kelly Burke pour bonifier ce règlement?
Je pense qu’on doit tenir compte des travaux des comités parlementaires. Par la suite, le gouvernement doit, à mon avis, écouter les propos des comités. Plusieurs intervenants – y compris le Commissariat aux langues officielles – vont faire des propositions.
La partie VII appuie le développement de nos communautés, donc on doit trouver un équilibre entre flexibilité et rigidité sur sa mise en œuvre. Ce qui est extrêmement important, c’est de s’assurer que les institutions fédérales respectent leurs obligations liées à cette partie.
Toutes les institutions fédérales ont une obligation de prendre des mesures positives, des obligations de limiter l’impact négatif de leurs décisions sur les communautés. C’est un travail de longue haleine.
Sur les nouveaux pouvoirs de sanctions pécuniaires administratives du Commissariat aux langues officielles, pensez-vous que les montants devraient être revus à la hausse? Le ministre Marc Miller s’est dit ouvert à les revoir.
Je pense que le montant qui est fixé [actuellement de 5000 à 50 000 $], qu’il soit plus élevé ou non, doit limiter la lourdeur administrative des sanctions administratives pécuniaires. À ce moment-ci, c’est très très lourd pour arriver à en imposer.
Ce que je souhaiterais aussi, c’est d’élargir le nombre d’institutions qui sont assujetties à ce règlement. Par exemple, les agents de sécurité dans les aéroports, des services frontaliers, etc. Tous ceux et celles qui sont impliqués dans ce qu’on appelle le public voyageur.
Sur un autre sujet : Marc Miller a décidé de ne pas faire appel de la décision qui reconnait que le ministère dont il est responsable, Patrimoine canadien, doit consulter les communautés, ici, le conseil scolaire francophone de Terre-Neuve-et-Labrador. Mais rien ne l’oblige à prendre en compte les demandes raisonnables formulées par les communautés. Avez-vous une mise en garde particulière à faire à ce propos?
Je pars de la perspective que lorsqu’on consulte, qu’on tienne compte des propos de ceux qui sont consultés pour s’assurer qu’on a les meilleurs programmes et les meilleurs politiques pour appuyer le développement de nos communautés.
Dernière question : est-ce que vous êtes particulièrement inquiet dans les mois, les années à venir, pour les communautés francophones en situation minoritaire? Et si oui, pourquoi?
Les deux communautés en situation linguistique minoritaire, que ce soient les communautés anglophones au Québec ou les francophones hors Québec, ont leurs propres défis.
Lorsqu’on parle des communautés francophones en situation militaire, il y a toujours le défi démographique, d’où l’importance de l’immigration et de la mise en œuvre du continuum en éducation.
Lorsqu’on parle des communautés anglophones du Québec, on parle d’une communauté tout à fait différente. Ils veulent faire partie du projet de société québécois.
Je pense que ces deux communautés sont reconnues dans la Loi sur les langues officielles et on doit tenir compte de leurs spécificités.
Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de clarté.