Le patron d’Air Canada a annoncé lundi qu’il prendra sa retraite à l’automne 2026.
Controverses : Michael Rousseau a suscité la controverse la semaine dernière en ne s’exprimant pas en français dans une vidéo sur la tragédie de l’aéroport LaGuardia, à New York, où le pilote et le copilote d’un avion d’Air Canada Jazz ont perdu la vie dans la collision avec un camion de pompiers.
Le poisson d’avril du Bloc québécois.
En 2021, le PDG avait créé une première polémique en affirmant en marge d’un discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qu’il était possible de vivre uniquement en anglais, même après 14 ans de vie dans la métropole québécoise.
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Poisson d’avril : Sur ses réseaux sociaux le 1er avril, le Bloc québécois a annoncé que le député Mario Beaulieu quittera la Chambre des communes pour devenir PDG d’Air Canada, dans la foulée de l’annonce du départ de Michael Rousseau.
Une joke rapidement débusquée par les internautes.
Selon de nouvelles données publiées par Statistique Canada la semaine dernière, la langue parlée à la maison influence fortement le choix des services de garde.
En contexte minoritaire, les enfants dont au moins un des parents parle le français le plus souvent à la maison sont plus susceptibles de fréquenter un service de garde dans cette langue.
Défis d’accès : Cependant, plusieurs parents ne peuvent pas accéder à ces services malgré leur préférence. Les principaux obstacles sont le manque de places disponibles et la distance des établissements.
Hors Québec, 54 % des enfants admissibles à l’instruction en français ont fréquenté des services de garde en anglais, même si une partie importante (40 %) de ces parents avait préféré le français.
Langue utilisée par le personnel : La disponibilité des places varie selon la langue du personnel. Hors Québec, les services en français offrent moins souvent des places, tandis qu’au Québec, les services en anglais en proposent proportionnellement plus.
Cette situation s’explique notamment par un manque de personnel capable de travailler dans la langue minoritaire. Selon Statistique Canada, environ un travailleur sur dix au Canada utilise régulièrement une langue officielle minoritaire.
En 2021, 6 % des employés des services de garde hors Québec utilisaient le français, contre 16 % au Québec qui utilisaient l’anglais.
Le Tribunal canadien des droits de la personne a approuvé un accord majeur de 8,5 milliards $ permettant aux Premières Nations de l’Ontario de gérer elles-mêmes leurs services à l’enfance.
Lundi, le Tribunal canadien des droits de la personne a entériné un accord majeur sur la protection de l’enfance des Premières Nations, conclu entre les chefs de l’Ontario et le gouvernement fédéral. Ottawa versera dans ce contexte 8,5 milliards de dollars.
Des services portés par les communautés : Cette décision marque une étape majeure dans la reconnaissance du droit des Premières Nations à prendre en charge le bienêtre de leurs enfants.
Porté par les Premières Nations de l’Ontario – notamment les chefs de l’Ontario et la Nation Nishnawbe Aski –, cet accord vise à offrir des services culturellement adaptés et dirigés par les communautés.
Il soutiendra la prévention, le maintien des familles, les services après la majorité ainsi que des infrastructures essentielles, dont 258 millions de dollars pour le logement afin d’assurer la sécurité des enfants.
Le premier ministre Mark Carney a présenté mardi la stratégie «Une force de la nature», un plan de 3,8 milliards de dollars pour protéger et restaurer les écosystèmes du Canada.
Protection de 30 % des terres : L’objectif principal est de protéger 30 % des terres et des eaux d’ici 2030, notamment grâce à la création de nouvelles aires protégées et à des investissements pour préserver la biodiversité.
La stratégie prévoit aussi un soutien accru aux initiatives autochtones, des mesures pour mieux concilier développement économique et environnement, ainsi que la mobilisation de capitaux privés afin d’assurer une protection durable de la nature pour les générations futures.
Le chef de l’opposition officielle, Pierre Poilievre, a fait savoir par communiqué mardi que son parti s’oppose au projet des libéraux de construire une ligne de train à grande vitesse (TGV) qui relierait Québec à Toronto.
Le cout total est estimé à 90 milliards de dollars «pour un service que les deux tiers des Canadiens interrogés ont déclaré ne pas vouloir utiliser ne serait-ce qu’une fois par an», fustigent les conservateurs. Ils contestent aussi l’effet des expropriations qui pourraient être nécessaires.
Pour le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, ce projet doit se faire en consultation avec Québec. Il a notamment mis en garde contre les expropriations qu’un tel projet pourrait entrainer, en référence à celles qu’Ottawa avait imposées à 1700 familles de Mirabel – soit près de 12 000 personnes – pour construire l’aéroport maintenant presque inutilisé.
Paradoxe sur le TGV : Les journalistes ont questionné le chef conservateur sur le fait que son parti n’a pas tenté de stopper les changements proposés par les libéraux pour gérer les expropriations lors de grands projets, comme le TGV. Le parti a voté en faveur de C-15, qui porte plusieurs dispositions du budget 2025 et qui aurait été l’occasion pour le Parti conservateur de montrer sa position sur les expropriations.
En conférence de presse, Pierre Poilievre a simplement réitéré que son parti s’y opposait au projet de TGV, sans répondre sur les expropriations.
À lire ailleurs : Ontariens et Québécois unis contre le TGV (Agricom)
Le chef conservateur a annoncé un plan s’il devient premier ministre pour baisser le cout de l’essence au pays.
Lors d’une conférence de presse à Ottawa jeudi, le chef conservateur a demandé l’élimination totale des taxes fédérales sur l’essence et le diésel pour le reste de l’année 2026.
Il affirme que pour faire face aux prix élevés de l’essence actuellement, son parti propose supprimer la taxe d’accise sur les carburants, la norme sur les combustibles propres et la Taxe sur les produits et services (TPS), permettant ainsi aux Canadiens d’économiser 25 ¢ par litre, selon lui.
Les conservateurs prévoient également éliminer définitivement la taxe carbone industrielle.
La ministre d’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada (IRCC), Lena Metlege Diab, a annoncé mardi que les Ukrainiens arrivés au Canada en vertu de l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU) auront un an de plus pour présenter une demande de prolongation de leur permis de travail, jusqu’au 31 mars 2027.
Pour être admissibles, les Ukrainiens et les membres de leur famille doivent être arrivés au Canada au plus tard le 31 mars 2024, ou il faut qu’ils aient été autorisés à arriver au plus tard le 31 décembre 2024.
IRCC a rappelé que ces mesures sont temporaires.
En explorant comment les francophones de l’Ontario nommés au Sénat ont défendu les intérêts de la francophonie de cette province, le chercheur en histoire politique canadienne, Yves Y. Pelletier, a réalisé que les comptes-rendus des débats du Sénat entre 1874 et 1896 n’existaient qu’en anglais.
La Bibliothèque du Parlement relève à la fois du Sénat et de la Chambre des communes.
«Ça devient impossible aujourd’hui pour les historiens de tracer la pensée, les réflexions dans la langue de communication de ces sénateurs», note-t-il en entrevue avec Francopresse.
Le sténographe embauché par le Sénat en 1874 a seulement transcrit les débats en anglais. Cette façon de faire ne respectait pas la Loi constitutionnelle de 1867, qui exige que les archives et les procès-verbaux soient en anglais et en français.
Yves Y. Pelletier a déposé une plainte au Commissariat aux langues officielles (CLO), qui s’est ensuite tourné vers la Bibliothèque du Parlement, puisqu’elle héberge les documents historiques sur son site Web.
La Bibliothèque renvoie la balle au Sénat
Le chercheur a publié le rapport d’enquête dans un article qu’il a coécrit avec deux professeurs de l’Université d’Ottawa pour La Conversation.
«À ma grande surprise, en entreprenant l’analyse des interventions du premier sénateur francophone de l’Ontario, Charles‑Eusèbe Casgrain, j’ai découvert que le Sénat du Canada n’avait pas respecté ses obligations constitutionnelles en matière de langues officielles», dit Yves Y. Pelletier.
«L’acte de publier ces transcriptions en ligne pour les rendre disponibles au public est considéré comme une communication au public et est ainsi assujetti aux articles 22 et 27 de la Loi [sur les langues officielles]», peut-on lire. Autrement dit, la Bibliothèque doit publier les documents en anglais et en français.
Pour se conformer à la Loi, la Bibliothèque a choisi de retirer les documents unilingues de son site Web. Il est possible d’y avoir accès en faisant une demande.
«Il est important de rappeler que la Bibliothèque agit comme dépositaire du patrimoine documentaire parlementaire, et non comme organisme responsable de la création ou de la publication des débats», précise l’institution par courriel.
La décision de traduire ou non les débats revient au Sénat. Ce dernier n’avait pas répondu à notre question à propos de leur intention avant l’heure de tombée pour la publication de cet article.
Yves Y. Pelletier a déposé une nouvelle plainte afin que le CLO étudie la question, cette fois sous l’angle de l’article 5 de la LLO. Elle impose le bilinguisme aux activités du Sénat et du Parlement. «J’ai hâte de savoir ce que cette enquête va démontrer.»
Yves Y. Pelletier raconte que la traduction d’anciens débats a un précédent. Avant 1875, les débats à la Chambre des communes n’étaient pas transcrits. Malgré cela, entre 1960 et 1990, un projet a permis de reconstruire les débats à partir des synthèses publiées dans les journaux de l’époque.
«Quand ils les ont reconstitués, ils se sont assurés que les débats soient disponibles dans les deux langues officielles de façon simultanée. Ça peut donc se faire sur plusieurs années. Tout est possible.»
Pour la deuxième fois en deux ans, une institution fédérale a décidé de retirer des documents historiques publiés uniquement en anglais pour se conformer à la Loi sur les langues officielles (LLO), à la suite d’une enquête du Commissariat.
François Larocque rappelle que la Cour suprême a statué que d’invoquer des impératifs budgétaires n’était pas un argument valable pour refuser un droit linguistique. «C’est de dire qu’on bafoue la substance du droit, qui est de traiter les deux communautés linguistiques de manière égale.»
La Cour suprême du Canada a utilisé la même approche et a refusé de traduire 6000 jugements unilingues rédigés avant 1970. Pour justifier ce refus, elle invoque entre autres le cout que cela représenterait.
La Bibliothèque du Parlement souligne aussi «avoir discuté de la question avec le Sénat». «[La Bibliothèque] a précisé que sa mise en œuvre serait très couteuse et prendrait au-delà de 20 ans», est-il écrit dans le rapport d’enquête.
L’argument financier a été réfuté par la Cour suprême elle-même dans des jugements pour l’éducation dans la langue de la minorité ou d’accès à la justice. Invoquer cette justification revient à dire «qu’il y a des choses que la majorité a le droit d’avoir, mais que la minorité ne peut pas», estime le professeur de droit à l’Université d’Ottawa, François Larocque, un des coauteurs de l’article, en entrevue avec Francopresse.
Le cout d’une mise en œuvre est souvent utilisé comme argument en droit de la personne, indique la troisième coautrice, la professeure associée à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, Anne Levesque. «C’est vrai que parfois c’est pertinent, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut absolument rien faire.»
Elle donne l’exemple de la Cour suprême qui a mis en place un projet pour traduire 24 jugements jugés plus importants.
Droits collectifs Québec a déposé une poursuite en Cour fédérale à propos des jugements non traduits de la Cour suprême. Est-ce qu’un jugement dans cette cause pourrait affecter la décision de la Bibliothèque? «Chaque cause doit être décidée sur la base de ses faits et les normes qui s’appliquent à chaque institution, mais l’analogie se tient», répond François Larocque.
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Pour Anne Levesque, le fait qu’un historien se soit intéressé à cette documentation suffit à justifier le besoin de les traduire : «C’est une question de démocratie et de transparence.»
«Le droit d’égalité devrait lever la barre pour tout le monde et pas pénaliser tout le monde. Et c’est ce que les institutions fédérales commencent à faire», remarque Anne Levesque.
Les spécialistes en droits de l’égalité dénoncent ce type d’action, qu’ils qualifient de «nivèlement par le bas», explique Anne Levesque dans l’article. Au lieu de chercher l’égalité, on retire le droit à tout le monde. «La réaction de priver même la majorité d’un service, ça n’a rien à voir avec la protection de la minorité», précise-t-elle en entrevue.
«De carrément retirer le service, c’est l’équivalent de détruire un édifice qui est inaccessible [aux personnes handicapées]», illustre-t-elle.
Même si ces deux retraits semblent des premières pour la question de l’égalité des langues, Anne Levesque a déjà vu des menaces similaires dans d’autres domaines.
«Par exemple, j’ai travaillé sur une plainte pour les services pour les Premières Nations et le gouvernement disait : “Nous, on offre ce service et si on reçoit des plaintes, on va arrêter de financer ces services-là et les provinces vont le faire.” Et le Tribunal de droit de la personne, la Cour fédérale et la Cour d’appel fédérale ont dit : “Non, vous avez une obligation d’offrir un service égal.”»
«J’aimerais que les tribunaux dénoncent cette pratique de retirer des services [pour l’égalité des langues] quand quelqu’un se plaint», dit-elle.
«Ce projet est né d’un constat très simple : c’est que malgré le talent et l’engagement et la contribution à la richesse du paysage culturel, les femmes artistes noires francophones continuent de faire face à des obstacles systémiques très importants», amorce Aïssatou Soumaré, directrice du projet «La Visibilité invisible».
Dans le cadre de ce projet, l’organisme Mosaïque Interculturelle a dévoilé le plaidoyer «La Route vers l’équité», qui met en lumière les obstacles systémiques auxquels font face ces femmes.
L’initiative vise à renforcer leur visibilité et leur reconnaissance institutionnelle et à promouvoir leur participation équitable dans les instances culturelles.
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Des consultations ont été menées auprès de 55 artistes noires francophones, en plus de 36 entrevues individuelles réalisées à Gatineau, Montréal, Ottawa et Toronto.
Aïssatou Soumaré est la directrice du projet «Visibilité invisible», portée par l’organisme Mosaïque interculturelle.
«Nous avons créé des espaces de parole avec des groupes de discussion, des entrevues individuelles avec les professionnels des arts, pour justement amplifier leur voix, leurs revendications et leurs expériences», retrace Aïssatou Soumaré.
Mécanismes d’embauche, dépendance aux réseaux informels, diversité de façade, stéréotypes : ces témoignages ont permis d’identifier les barrières qui freinent le développement professionnel des femmes artistes noires francophones et limitent leur accès aux instances gouvernementales.
Sans oublier «la présence de racisme systémique et de marginalisation linguistique», ajoute Aïssatou Soumaré, «et surtout un manque de données documentées». D’où l’idée d’un projet qui permette de récolter ces informations et identifier les problèmes afin de mieux les résoudre.
Les femmes noires francophones demeurent peu représentées au sein des conseils d’administration, des jurys, des comités de sélection et des directions artistiques.
Dans les faits, la diversité se limite trop souvent à la programmation, sans véritable accès aux espaces de pouvoir.
«L’objectif c’est aussi de bâtir des partenariats durables avec les acteurs du milieu artistique et communautaire. Et enfin – mais surtout –, encourager l’adoption des politiques culturelles plus équitables, plus inclusives et plus représentatives», explique Aïssatou Soumaré.
Le plaidoyer est articulé autour de cinq grands axes stratégiques, incluant la lutte contre les biais, les stéréotypes et la diversité de façade, ainsi que l’inclusion linguistique et la reconnaissance de la triple marginalisation (linguistique, raciale et territoriale).
Le document présente une dizaine de recommandations à destination des gouvernements fédéral et provinciaux, des conseils des arts et des institutions culturelles. Déconstruire les préjugés et éviter les pratiques symboliques en font partie.
Le projet appelle aussi à reconnaitre la diversité des francophonies noires dans les politiques culturelles fédérales et soutenir les communautés francophones en situation minoritaire.
Aïssatou Soumaré espère que cette initiative amènera un changement de paradigme et aboutira à une plus grande représentativité des femmes artistes noires francophones, afin de «les faire s’assoir sur la table des décisions».
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Selon le directeur général de l’Association des collègues et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), Martin Normand, le rapport Les réformes du Programme des étudiants étrangers du Bureau de la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan, a ignoré une part importante du contexte. Elle oublie d’expliquer l’une des raisons majeures de la baisse de demandes de visas de la part des étudiants étrangers : le timing.
La vérificatrice a «raison sur les chiffres», dit-il. La cible d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) était de délivrer 2300 visas pour les étudiants francophones hors Québec pour 2024-2025 pour la première année. La vérificatrice générale n’en compte que 780.
Moment mal choisi
En revanche, le rapport est en partie «erroné», car il n’explique pas les chiffres à la baisse.
En effet, Martin Normand note qu’il était «impossible» de mettre en place le Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire (PPECFSM) pour septembre 2025, car il a été annoncé en janvier 2025.
Les établissements postsecondaires n’ont donc pas eu une année complète pour le mettre en œuvre.
«Quand on arrive en février, la grosse période de recrutement international est déjà passée. Donc, c’est juste le timing de cette première année-là qui n’a pas été le bon. On est beaucoup plus conscient pour la deuxième année. Moi, j’entends de certains de nos membres qu’ils ont déjà écoulés les places dans le projet pilote pour la deuxième année. Donc, on pense qu’on sera beaucoup plus proche des cibles fixées.»
Martin Normand précise que les demandes ne seront pas forcément toutes approuvées sur les 2300 places prévues pour 2025-2026.
«En ce moment, environ 70 % des demandes ont été approuvées [dans le cadre du PPECFSM] l’année prochaine. Peut-être qu’on va se rapprocher ou même dépasser 2000 étudiants dans le programme pilote, ce qui serait plus en phase avec les cibles fixées.»
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De nombreux changements dans les politiques d’IRCC
D’autres changements expliqueraient la baisse des demandes provenant des étudiants étrangers, explique la professeure à l’Université d’Ottawa et membre du comité IRCC – Communautés francophones en situation minoritaire (CFSM), Luisa Véronis.
La réduction de 35 % du quota d’étudiants en 2024, la fin des permis de travail ouvert pour les conjointes et conjoints des étudiants et la hausse significative de la preuve de fonds ont refroidi les demandes de permis d’étude. Ce ne sont que trois de la dizaine de changements opérés par IRCC depuis décembre 2023 pour réduire le nombre d’étudiants étrangers, rappelle Luisa Véronis.
Par exemple, le seuil pour prouver qu’un ou une étudiante dispose de fonds suffisants pour vivre – en plus de ses frais d’études et de transport – a doublé à la fin de 2023, passant de 10 000 $ à 20 635 $. Ces frais ont encore augmenté en 2025, pour atteindre plus de 22 000 $.
Luisa Véronis et Martin Normand affirment aussi que la fermeture de l’accès au permis de travail postdiplôme est une autre potentielle raison de baisse des demandes.
Devenir un étudiant international, c’est comme une porte d’accès à l’immigration pour les personnes qui ne remplissaient pas les critères pour venir comme immigrants économiques [avec un permis de travail, NDLR]. En recherche, on appelle ça les «édu-migrants». C’est un projet migratoire, qu’ils font par la voie des études.
Les chiffres du rapport ne surprennent pas non plus Jason Carey, doyen du Campus Saint-Jean, à Edmonton, en Alberta.
«On voit qu’il y a eu un froid au niveau de l’intérêt des étudiants internationaux pour le Canada en général.» Ce froid concerne notamment les francophones, car du côté des anglophones, l’Université d’Alberta «semble avoir une hausse par rapport à l’année passée».
Le doyen regrette que la politique d’IRCC ne visait pas davantage «ceux qui faisaient de vrais problèmes», en référence à des universités et collèges en Ontario qualifiés de «diplomat mills», autrement dit, des usines à diplômes.
Le doyen Jason Carey constate une baisse des demandes d’étudiants étrangers au Campus Saint-Jean, à Edmonton, en Alberta.
«Ils ont causé des problèmes pour nous tous», dit Jason Carey.
Baisse des demandes au Campus Saint-Jean
Au sein du campus francophone de l’Université de l’Alberta, Jason Carey observe bien une baisse des demandes d’admissions des étudiants étrangers, malgré les efforts que l’établissement déploie depuis deux ans.
«On a moins de demandes qu’on s’attendrait à avoir et on est certainement moins où on s’attendrait à être. Cette année, je me serais attendu à avoir peut-être le double si les choses s’alignaient avec nos efforts, mais ce n’est pas le cas.»
Les demandes sont en légère baisse cette année, avec une dizaine de moins que l’an dernier. «Ce qui est un peu surprenant. On s’attendait à voir une augmentation», commente le doyen.
Il pense toutefois que le Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire a «certainement dû aider» l’établissement franco-albertain. «Si on ne l’avait pas, je pense qu’il y aurait moins de monde.»
«Le Campus n’a jamais eu une grande population internationale, c’est pour ça que c’est devenu vraiment une de nos cibles.»
Néanmoins, le nombre d’offres d’inscription envoyées à des étudiants étrangers de la part de l’établissement francophone a, pour sa part, augmenté. «On voit aussi que le nombre de gens qui ont accepté leur offre jusqu’ici a doublé par rapport à l’année passée.» Signe, à ses yeux, d’une meilleure qualité de demande.
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L’image du Canada écorchée
Le rapport de la vérificatrice générale évalue aussi l’effet des changements des trois dernières années comme un coup porté à «l’image du Canada comme un pays accueillant».
Martin Normand abonde dans le même sens : «Ces annonces-là ont été reçues à l’international comme si le Canada fermait la porte aux étudiants internationaux, que les étudiants internationaux n’étaient plus nécessairement autant les bienvenus au pays et, donc, ils se sont tournés vers d’autres pays pour soumettre des demandes d’admission dans des établissements postsecondaires».
En revanche, Martin Normand affirme que le rapport étudie une période où le ministère a été pris de court par les décisions du gouvernement, sans nécessairement avoir un plan pour s’adapter.
Le 11 mars 2026, Doug Ford, le premier ministre de l’Ontario, a fait une grande annonce. Laquelle? À partir de septembre, le gouvernement donnera 750 $ par année à chaque enseignant du primaire.
Concrètement, les enseignants recevront une carte d’achat de 750 $, qu’ils pourront utiliser en allant sur un site Web pour commander du matériel scolaire.
Le premier ministre explique vouloir simplifier la vie des profs. «Je croise des enseignants […] qui achètent des fournitures pour leur classe de leur poche», a-t-il expliqué dans un communiqué. Avec cette mesure, ils n’auront plus à payer eux-mêmes ou à attendre un remboursement.
On pourrait croire que les enseignants sont très contents, mais c’est plus compliqué que ça. En fait, certains syndicats d’enseignants comparent la solution de Doug Ford à un pansement sur un plus gros problème : le manque de financement dans les écoles.
Autrement dit, ce 750 $ ne règle pas le fait qu’il manque de personnel dans les classes, que les écoles ont besoin de rénovations, etc.
Pour eux, il n’est pas non plus normal que les enseignants doivent acheter du matériel pour leurs classes.
Ils sont d’avis que le système devrait déjà fournir tout ça, sans que les enseignants aient à gérer un budget eux-mêmes.
«C’est comme donner un chèque à un pompier et lui dire d’acheter lui-même un tuyau avant d’aller éteindre un incendie», note Martha Hradowy, présidente de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario.
J’ai voulu savoir si les enseignants québécois dépensaient aussi pour du matériel. J’ai posé la question à notre chère communauté de profs des As de l’info… et les réponses étaient très variées!
Certaines enseignantes m’ont révélé qu’elles dépensaient de leur propre poche plusieurs centaines de dollars par année, parfois même jusqu’à 1000 $!!!
Cet argent sert à acheter toutes sortes de choses : des autocollants pour motiver les élèves, des affiches, des livres pour la bibliothèque, des décorations pour les fêtes ou encore des paniers pour organiser la classe.
Une enseignante québécoise raconte : «Je suis en début de carrière et j’aime acheter des nouveautés pour varier mon enseignement. Je pense dépenser environ 1000 $ par année, et probablement plus, pour du matériel, des livres et même de la décoration».
«Je dois dépenser entre 200 $ et 300 $ par année. Parfois, je me dis que je devrais arrêter, mais je suis dans le local 6 heures par jour, donc je veux qu’il soit beau et à mon goût», explique Maude, qui enseigne au secondaire.
Mais pour d’autres enseignantes, c’est non. Elles jugent que ce n’est pas à elles de compenser pour ce qui manque dans les écoles, ou qu’elles n’en ont pas les moyens.
Pour Caroline, enseignante au primaire, il faut parfois faire des compromis : «Je laisse tomber plusieurs projets qui pourraient plaire aux élèves pour ne pas avoir à débourser».
Seraient-elles intéressées à obtenir plus de sous pour équiper leur classe? La réponse est similaire à celle de plusieurs enseignants en Ontario : «À mon avis, il faudrait que l’argent soit investi vers la réduction du nombre d’élèves par classe ainsi que vers l’amélioration des conditions de travail», résume une autre enseignante du Québec.
Et toi, si tu avais un budget de 750 $ pour ta classe, qu’achèterais‑tu en premier?
Récemment, un avion d’Air Canada a été impliqué dans une collision à l’aéroport de LaGuardia, à New York. Cet accident a causé la mort du copilote et du pilote de l’appareil. Le pilote s’appelait Antoine Forest et il était québécois. Son copilote s’appelait Mackenzie Gunther et venait de l’Ontario.
Comme chef d’Air Canada, Michael Rousseau a voulu offrir ses condoléances aux familles de deux victimes. C’est ce qu’il a fait, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.
Le problème, c’est qu’il a livré son message presque entièrement en anglais. En fait, il n’y dit que «bonjour» et «merci» en français.
Parce que le Canada est un pays bilingue. Les deux langues officielles sont le français et l’anglais. Au pays, presque 1 Canadien sur 4 a le français comme première langue.
«Nous vivons fièrement dans un pays bilingue, il y a deux langues officielles, et Air Canada a une responsabilité particulière de communiquer tout le temps, dans n’importe quelle situation, dans les deux langues officielles», a expliqué Mark Carney, le premier ministre du Canada, à des journalistes.
Plusieurs personnes estiment que, dans une situation aussi grave, Michael Rousseau aurait dû faire l’effort de parler en français, surtout pour s’adresser à la famille du pilote québécois décédé. Ça a été perçu comme un gros manque de sensibilité.
Ce qui empire les choses, c’est que ce n’est pas la première fois que Michael Rousseau se retrouve dans cette situation.
En 2021, il avait déjà fait scandale en assurant qu’il pouvait vivre à Montréal sans parler français. Devant le choc que ça avait causé, il avait promis d’apprendre le français. Mais, cinq ans plus tard, sa vidéo de condoléances en anglais montre qu’il n’a pas fait assez de progrès.
Le premier ministre du Québec, François Legault, a dénoncé la situation. «Il y a 5 ans, il a promis d’apprendre le français. S’il ne parle toujours pas français, c’est un manque de respect envers ses employés et ses clients francophones. Donc oui, s’il ne parle pas français, il devrait démissionner», a-t-il déclaré à des journalistes.
Simon Jolin-Barrette, le ministre de la Justice du Québec, est du même avis : «Air Canada devrait le forcer à démissionner. Honnêtement, c’est un récidiviste. C’est arrivé à plusieurs reprises. C’est du mépris envers tous les francophones du pays».
Québec solidaire a aussi critiqué Michael Rousseau. Le parti trouve étrange qu’on demande aux immigrants d’apprendre le français très vite… alors que le président d’une grande entreprise comme Air Canada ne le parle toujours pas.
«Je demande ce matin la démission du p.-d.g. d’Air Canada. Ça fait cinq ans qu’il nous rit en pleine face», a dit Ruba Ghazal.
Jeudi, Michael Rousseau a présenté ses excuses, à l’écrit. Il a aussi admis qu’il était incapable de s’exprimer en français malgré les cours qu’il suit.
Et toi, penses-tu que les patrons doivent toujours montrer l’exemple? Pourquoi?
Sources : Radio-Canada, Le Devoir, La Presse
TV5 Québec Canada amorce un virage et redessine son image : Unis TV devient TV5 Unis. Les contenus de la chaine, axés sur la francophonie canadienne, et ceux de TV5, tournés vers l’international, convergent désormais sur la plateforme gratuite TV5+.
Lors du lancement de la programmation, le 26 mars, à Montréal, le directeur principal des contenus de TV5, Jérôme Hellio, a mis de l’avant l’audace et la prise de risque de la chaine en matière de création, qui s’adresse à un public de 25-44 ans.
«Les contenus, on les veut moins consensuels, on les veut plus frontaux, plus papier sablé. On veut des séries qui font jaser, on veut des personnalités flamboyantes […] Dans le fond, on veut prendre des risques, et on va les assumer.»
Les francophones en situation minoritaire ne seront pas en reste.
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Première série de fiction tournée en français en Colombie-Britannique, Surf Bay, côte Ouest plonge dans le combat d’une surfeuse professionnelle prête à tout pour sauver la forêt centenaire de son village natal, menacée par un projet touristique.
L’équipe de tournage a pu rencontrer la communauté francophone locale. Les 10 épisodes de 22 minutes seront diffusés sur le mardi à 20 h 30 dès le 28 avril; et mis intégralement en ligne sur TV5+ le 24 avril.
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Nadia Campbell et Vincent Poirier, de la formation Improtéine, repartent pour une deuxième saison d’Habitants du Nord, cette fois-ci en direction du Nunavut.
À l’automne, le réalisateur Simon D’Amours nous emmène au Yukon, avec Cuisiner le Nord, à la découverte d’une cuisine aussi vaste que son territoire.
En fin d’année, les Newbies – Christian Essiambre, Luc LeBlanc et André Roy – reviennent à l’antenne pour Le grand ménage des Fêtes, leur revue de l’actualité francophone canadienne.
«C’est intéressant que les francophones se reconnaissent. On parle de nous tout d’un coup. Et c’est la seule émission comme ça qui est capable de parler de choses qui se passent dans leur quotidien, dans leur région, et tout d’un coup, quand on parle de nous, on s’identifie, on se reconnait et on existe», a déclaré André Roy, présent lors de l’évènement de TV5 à Montréal.
Parmi les autres programmes phares de la chaine, on retrouve la saison 2 de la série FEM, qui suit le parcours de Zav, une jeune artiste trans, et ses premiers pas dans l’industrie musicale. Tous les épisodes sont déjà disponibles depuis le 27 mars sur TV5+.
Valérie Plante troque l’hôtel de ville pour les rues du monde : l’ex-mairesse de Montréal animera Ça brasse en ville, une série documentaire sur les quartiers urbains qui font battre leurs villes.
Dans Terrain de jeu, Raed Hammoud part jouer sur des terrains de soccer insolites aux quatre coins du monde : sur une ile paradisiaque des Maldives, au cœur de la ville de New York, dans les montagnes andines du Nord de l’Argentine, au bord des fjords de Norvège, dans les favélas de Rio de Janeiro et sur la côte amalfitaine en Italie.
Même si l’examen de la Loi sur la laïcité de l’État – aussi appelé Loi 21 – touche d’abord le droit de religion, l’affaire concerne aussi d’autres enjeux du droit canadien en raison de l’utilisation de la disposition de dérogation (article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés).
Pendant quatre jours, la Cour suprême a entendu les arguments dans l’affaire opposant la Commission scolaire English-Montréal au Procureur général du Québec. Au cœur du débat : l’utilisation de la disposition de dérogation et son effet potentiel sur d’autres droits fondamentaux garantis par la Charte.
La disposition de dérogation permet aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux d’adopter des lois même si elles contreviennent à certaines dispositions de la Charte. Le Québec l’a utilisé à quelques reprises pour protéger la langue française.
Le Commissariat aux langues officielles (CLO), la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), la Commission nationale des parents francophones (CNPF) et l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), ont plaidé en soutien à la Commission scolaire English-Montréal, l’un des principaux appelants.
En l’occurrence, les opposants à la Loi 21 allèguent qu’elle porte atteinte au droit de gestion et de contrôle des anglophones du Québec sur leur éducation et leurs commissions scolaires.
Si ce droit peut être restreint de la sorte, la minorité linguistique francophone du Canada pourrait également être affectée par l’utilisation de la clause de dérogation.
L’ACÉPO, le CLO, la CNPF et la SANB ont soutenu que la Loi empiète sur des domaines fondamentaux de compétence exclusive des commissions scolaires.
Selon eux, cette loi est incompatible avec les préoccupations culturelles de la communauté anglophone et nuit à leur capacité de promouvoir le développement communautaire.
Ainsi, la Commission scolaire English-Montréal a «imploré» les juges de la Cour suprême de «préserver l’autonomie culturelle [via] l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, dont les minorités francophones hors Québec bénéficient», a fait savoir l’avocate Perri Ravon.
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Lundi, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui se positionne contre la Loi 21, a affirmé devant les juges que l’utilisation de la disposition de dérogation devait être limitée, au cas où un «mini Trump» accédait au gouvernement.
Interrogée par le juge en chef de la Cour suprême, Richard Wagner, sur cette éventualité, l’avocate du gouvernement québécois, Isabelle Brunet, a affirmé qu’il fallait «avoir confiance en notre démocratie» et que l’électorat devait trancher, à égalité avec les juges.
Me Léon H. Moubayed, qui défend l’une des appelantes à qui la Loi 21 interdit de porter le voile dans l’exercice de ses fonctions au Québec, a de son côté avancé que «la protection des minorités est un principe constitutionnel».
Pour sa part, l’avocat de la FAE, Me Frédéric Bérard, a demandé aux juges d’évaluer si la laïcité était «un besoin réel et urgent».
La Charte, dans son article 23, affirme le droit à l’éducation dans la langue de la minorité et le droit des communautés à la gestion de ses écoles. La portée de ce droit a été renforcée par la refonte de la Loi sur les langues officielles, en 2023, qui oblige le gouvernement fédéral à estimer le nombre d’enfants admissibles à l’éducation dans la langue de la minorité.
Selon des intervenants dans cette cause, cet article vise à protéger non seulement la langue, mais aussi la culture des minorités linguistiques officielles au Canada afin de prévenir leur assimilation et de garantir l’égalité réelle.
Dans son mémoire, le CLO a notamment critiqué l’interprétation restrictive de la Cour d’appel du Québec, qui protège la culture uniquement «par le vecteur de la langue elle-même».
Selon le CLO, l’ACÉPO et la SANB, cette interprétation est incompatible avec l’objet de l’article 23 de la Charte.
Pour eux, c’est la minorité elle-même – notamment les francophones hors Québec – qui doit définir ce qui caractérise sa culture. Ses représentants sont les seuls qui peuvent déterminer si une loi peut avoir un impact négatif sur leur culture et de leur identité.
En outre, l’avocate de la CNPF, Julie Mouris, a affirmé aux juges de la Cour suprême, jeudi, que l’immigration francophone hors Québec devait être prise en compte dans l’affaire, notamment parce qu’elle «pèse différemment en 2026 qu’en 1982».
«Sans un regard vers l’avenir et la réalité sociale au sein des minorités francophones, l’accroissement démocratique de la minorité linguistique francophone serait menacé.»
Interrogée sur le lien entre le développement des communautés francophones à l’extérieur du Québec et la religion, Me Mouris a réaffirmé que la culture doit être définie par la minorité linguistique : «Est-ce que ça pourrait contenir des éléments religieux dans une optique culturelle? Potentiellement. Selon nous, ce concept de la culture devrait être assez souple pour comprendre des éléments mis de l’avant par la minorité.»
FRANCOPHONIE
Du 23 au 26 mars, les juges de la Cour suprême ont entendu les arguments de plus de 60 intervenants dans l’examen de la Loi sur la laïcité de l’État, adoptée par le Québec en 2019.
Cette loi – également appelé Loi 21 – interdit le port de signes religieux à certains fonctionnaires en position d’autorité, comme les enseignants, les policiers ou les juges.
Ces audiences étaient très attendues, car la Loi est hautement controversée. Certains l’accusent notamment de cibler de manière disproportionnée les femmes musulmanes portant le hijab, limitant leur accès à l’emploi et leur liberté de religion.
Plus à propos de la clause : La plupart des plaidoiries se sont davantage concentrées sur la disposition de dérogation – aussi connue comme la «clause dérogatoire» ou la «clause nonobstant» – que sur la question de laïcité en elle-même.
Prévue par l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés, cette disposition permet aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux d’adopter des lois qui s’appliquent même si elles contreviennent à certains droits de la Charte.
Le gouvernement du Québec l’a utilisée à titre préventif pour se prémunir contre des recours juridiques, notamment ceux qui invoquent une atteinte à la liberté de la personne.
Côté francophone : Plusieurs intervenants, dont le Commissariat aux langues officielles et la Commission nationale des parents francophones, ont appelé la Cour suprême a examiner l’affaire sous l’angle de l’article 23 de la Charte canadienne, qui permet la gestion et le contrôle de l’éducation aux deux minorités linguistiques du pays.
Les critiques se sont accumulées au cours de la semaine envers le président-directeur général d’Air Canada, Michael Rousseau. C
L’incapacité du président-directeur général d’Air Canada, Michael Rousseau, de parler français a encore fait les manchettes.
L’accident : Tard dimanche, un avion d’Air Canada Jazz est entré en collision avec un camion lors de son atterrissage à l’aéroport LaGuardia de New York. Le pilote et le copilote sont décédés, plusieurs passagers ont été blessés.
Lundi, Air Canada a publié une vidéo de son PDG afin de présenter ses condoléances aux familles et de faire le point sur la situation. La colère est rapidement montée dans les commentaires sur les réseaux sociaux en raison de l’absence de français – à l’exception de «bonjour» et «merci» – dans le message de près de 4 minutes. Le pilote était québécois. La vidéo est sous-titrée dans les deux langues officielles.
Pas la première : Rappelons que Michael Rousseau avait fait l’objet de plus de 2000 plaintes au Commissariat aux langues officielles en 2021 pour avoir prononcé un discours uniquement en anglais à Montréal. Il s’était engagé, devant un comité parlementaire, à apprendre le français.
Mardi, le Comité permanent des langues officielles a décidé d’inviter Michael Rousseau à s’expliquer au plus tard le 1er mai.
Appel à démission : Devant cette nouvelle bourde de communication, les appels à la démission de Michael Rousseau se sont multipliés, surtout au Québec.
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, n’est pas allé jusqu’à demander son départ, mais s’est dit «tellement déçu» de la vidéo, qui montrait un «manque de jugement et de compassion».
Dans un communiqué envoyé jeudi matin, Michael Rousseau a offert cette explication : «Malgré un grand nombre de leçons au fil des années, je demeure incapable de m’exprimer adéquatement en français. Je m’en excuse sincèrement et tiens à préciser que je poursuis mes efforts pour m’améliorer.»
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En 2024, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé une réduction du nombre de nouveaux permis d’études délivrés aux étudiants étrangers. Mais selon un rapport déposé lundi au Parlement par la vérificatrice générale, Karen Hogan, le nombre d’étudiants étrangers a diminué davantage que prévu.
Attentes trop élevées : IRCC a lancé en 2024 le Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire. Lors de sa première année, 780 demandes ont été reçues, un chiffre inférieur aux prévisions initiales de 2300.
Le rapport indique aussi que la proportion d’étudiants issus de pays d’Afrique francophone est passée de 9,2 % en 2023 à 13,6 % en 2024, avant de redescendre à 8,7 % en septembre 2025.
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CANADA
Le Canada a atteint pour la première fois depuis la fin des années 1980 l’objectif de consacrer 2 % de son PIB à la défense; fixé par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Le premier ministre Mark Carney s’en est félicité à Halifax jeudi, tout en affirmant que ce seuil ne sera pas une limite et que les investissements militaires continueront d’augmenter.
Son gouvernement a notamment accéléré les dépenses en ajoutant 9,3 milliards de dollars au budget de la défense, portant le total à plus de 61 milliards.
Trois autres milliards ont été annoncés pour moderniser les infrastructures militaires dans le Canada atlantique (base d’Halifax, drones, installations, logements militaires, etc.).
Plus dans les prochaines années : Le Canada reste parmi les pays qui dépensent le moins pour leur défense. La hausse observée ces derniers mois répond à des pressions d’alliés, notamment les États-Unis, et à un contexte international tendu, avec la guerre en Iran, au Liban et en Palestine, dont les frappes sont menées par Israël et les États-Unis.
De fait, de nouveaux objectifs plus ambitieux émergent : les pays de l’OTAN visent désormais jusqu’à 5 % du PIB.
En conférence de presse lundi, le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree a rappelé que le Programme d’indemnisation pour les armes à feu de style arme d’assaut (PIAFSAA) arrive à la fin de sa phase volontaire au 31 mars, avec plus de 26 000 participants et 51 000 armes déclarées.
Après le 31 octobre, la conformité sera obligatoire. Le ministre a précisé que les forces policières devront appliquer, à terme, la loi.
La secrétaire parlementaire pour la Nature et rescapée de la tuerie de Polytechnique en 1989, Nathalie Provost, a de son côté affirmé que seules les armes de style assaut sont visées et a dénoncé que des municipalités du Québec sont exposées à de la «désinformation», laissant croire que le programme vise les armes de chasse, ce qui les pousse à hésiter, à se retirer et même à refuser de le soutenir.
Le gouvernement encourage l’inscription, rappelant que la majorité des armes de chasse et de sport demeure permise.
Le gouvernement tente d’augmenter la protection du système électoral canadien en interdisant, entre autres, les hypertrucages visant les personnalités politiques et l’ingérence étrangère, tout en protégeant les renseignements personnels.
Plus de «brownies» : Inspiré par un récent scandale au Québec, le fédéral interdit formellement «l’offre ou l’acceptation de pots-de-vin dans l’intention d’influencer un vote» lorsqu’un parti politique élit un nouveau chef.
Plus de bulletins longs : Pour qu’il n’y ait plus de bulletin de vote de plusieurs mètres de long, les électeurs pourront seulement signer un seul acte de candidature et chaque candidat devra avoir un agent officiel distinct.
Amende salée : Les sanctions administratives pécuniaires pour non-respect de la loi passeront de 1500 $ à 25 000 $ pour les particuliers et de 5000 $ à 100 000 $ pour les organismes.
INTERNATIONAL
Jeudi, Elizabeth May, cheffe du Parti vert, et Jenny Kwan, députée du Nouveau Parti démocratique, ont tenu une conférence de presse en soutien au Bateau canadien pour Gaza, qui embarquera au printemps prochain afin tenter de briser le blocus imposé par Israël à la Palestine et d’acheminer de l’aide humanitaire à Gaza.
Mission : Global Sumud Canada et Bateau canadien pour Gaza participeront à une mission internationale via la flottille d’une centaine de bateaux originaires de près de 100 pays réunissant 1000 soignants et des participants de plus de 100 pays.
L’ONU a adopté mercredi une résolution non contraignante reconnaissant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité.
Le Canada s’est abstenu, comme plusieurs pays européens. L’Argentine, les États-Unis et Israël ont voté contre, invoquant notamment un risque de hiérarchiser les tragédies historiques, tandis que le texte – porté par le Ghana et soutenus par 123 autres pays – appelle à des excuses, des réparations et des mesures de lutte contre le racisme.
Dans son mémoire déposé à la Cour suprême dans le cadre la contestation de la Loi sur la laïcité de l’État du Québec, connue comme la « Loi 21 », l’avocat de Quebec Community Groups Network (QCGN), Julius Grey, a provoqué le courroux du juge en chef de la Cour suprême, Richard Wagner.
Julius Grey a affirmé que la loi 21 imposerait une «uniformité [qui] réduirait significativement la liberté de choix individuelle et désavantagerait de manière disproportionnée les membres anglophones des groupes minoritaires».
En d’autres termes, il sous-entend que la minorité anglophone serait plus diversifiée que la minorité francophone.
Pas le «monopole de la diversité»
«Vous avez fait valoir dans votre mémoire que, pour l’essentiel, la minorité anglophone du Québec est beaucoup plus diversifiée, est extrêmement diversifiée – ce sont les termes que vous utilisez –, plus que la communauté francophone [en situation minoritaire, NDLR]. Je ne suis pas d’accord avec ça. Je trouve ces commentaires presque scandaleux», s’est insurgé Richard Wagner.
Le juge a fait valoir que les enfants qui allaient à l’école francophone à Montréal étaient tout autant issus de la diversité, religieuse et ethnique.
Je ne pense pas que la communauté anglophone au Québec ait le monopole de la diversité.
L’avocat Julius Grey s’est corrigé, affirmant que la législation du Québec – qui définit la culture dans la Charte de la langue française – a un impact négatif sur la communauté anglophone au Québec, non en raison de la «particulière diversité de l’anglais, mais parce que c’est une tradition culturelle différente».
Les provinces pour la clause
L’avocat de QCGN s’exprimait pendant le troisième jour des audiences sur la Loi sur la laïcité de l’État.
Cette loi québécoise, également appelée «Loi 21», a été adoptée par le Québec en 2019 et interdit à certains employés de l’État exerçant une autorité de porter des signes religieux.
Le gouvernement du Québec a invoqué la clause dérogatoire afin de limiter les contestations judiciaires fondées sur les droits inscrits dans la Charte canadienne des droits et libertés. Cela signifie que, même si la loi 21 était jugée contraire à certaines libertés canadiennes, elle peut continuer de s’appliquer. Une révision législative devra être faite dans cinq ans.
Ce recours à la clause est controversé, car il soulève un débat entre la souveraineté parlementaire et la protection des droits et libertés individuels au Canada.
L’une des plaidoiries attendue ce mercredi était celui du Procureur général du Canada, Guy J.Pratte, qui a davantage abordé l’interprétation de l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés sur la clause dérogatoire, plutôt que sur la question de la laïcité de l’État.
Les procureurs des provinces de l’Ontario, du Manitoba, de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et de l’Alberta ont tous plaidé en faveur de laisser l’utilisation de la clause dérogatoire à la discrétion des provinces. La Charte elle-même met cet outil à leur disposition, a affirmé l’un d’eux.
La Colombie-Britannique s’est démarquée des quatre autres provinces en affirmant que l’invocation de la dérogation n’empêche pas la Cour [suprême] de donner son avis sur une loi.
«La compréhension du public est un facteur important. Ce sont des considérations particulières, uniques. L’exercice d’un « pouvoir discrétionnaire [de la Cour suprême] est préférable à la rigidité, à l’absolue et inflexible règle posée par les procureurs généraux du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta et de la Saskatchewan, qui ne laisse aucun champ pour les tribunaux de dire ce qu’est la loi», a fait savoir Trevor Bant, le procureur général de la Colombie-Britannique.