le Lundi 20 juillet 2026

La ville de Shediac est surnommée la «capitale mondiale du homard». Chaque année, des milliers de visiteurs se rendent dans cette ville pour le célébrer. Cette année, le Festival du homard a attiré plus de 30 000 personnes.

La tablée que tu peux voir sur la photo mesurait 228 mètres de long. C’est presque aussi long que deux terrains de soccer mis bout à bout!

700 personnes y étaient assises pour déguster leur repas. Et tu dois t’en douter… le homard était au menu!🦞

«La grande table, c’est parfait pour favoriser les rencontres. Les gens sont un peu tassés, mais ça les incite à jaser avec leurs voisins. Il y a des rencontres qui se font et des amitiés qui se développent. Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui reviennent chaque année pour cette occasion», explique François Poirier, le porte-parole de l’événement.

Le Festival du homard de Shediac est une tradition qui existe depuis 77 ans. La fête proposait, encore cette année, plusieurs activités comme des spectacles, des dégustations et même un concours de mangeurs de homards!

Et toi, quel aliment de ta région aimerais-tu faire découvrir aux As?

Source : Acadie Nouvelle

La situation

Les feux de forêt se sont déclarés à la fin du mois de juin, surtout dans le nord-ouest de l’Ontario. Et, malheureusement, ils se sont rapidement propagés. En 24 heures, de mercredi à jeudi, 20 nouveaux incendies ont été signalés dans la province.

Mais qu’est-ce qui les cause? Il y a plusieurs coupables : la chaleur extrême, le temps très sec, la foudre et le vent. Résultat : jeudi matin, il y avait plus de 180 feux de forêt en Ontario.

Image : As de l’info

Les conséquences

Heureusement, pour le moment, les autorités n’ont rapporté aucune victime. Mais tu dois t’en douter : la situation inquiète quand même les Ontariens. Voici ce qu’ils vivent :

🏠 Des communautés détruites : Les incendies ont ravagé plusieurs communautés, dont des territoires autochtones. Par exemple, la Première Nation de Namaygoosisagagun a presque tout perdu. Le feu a détruit ses maisons, ses bâtiments et l’endroit où elle vit. Heureusement, les gens qui y habitent ont pu fuir à temps.

🧳 Des évacuations : Des milliers d’Ontariens, qui vivent près des feux, ont reçu l’ordre d’évacuer. Ça veut dire que le gouvernement de l’Ontario exige que les gens quittent leurs maisons et se rendent plus loin, à l’abri. 

🚧 Des routes fermées : Jeudi, deux autoroutes étaient fermées en Ontario, par mesure de sécurité.

💨 De la fumée : Mercredi, la pire qualité de l’air au monde était… à Toronto, la capitale de l’Ontario. C’est à cause de l’épaisse fumée qui se dégage des feux et qui pollue. Tu l’as peut-être vue : c’est elle qui rend le ciel jaune, ces jours-ci. Elle se propage au Québec et aux États-Unis. Toronto a annulé la majorité des activités extérieures et a demandé à sa population de rester à l’intérieur le plus possible. Elle a aussi ouvert six centres où les citoyens peuvent aller pour respirer l’air frais et propre.

Les secouristes sur les lieux

En ce moment, plus de 150 équipes de pompiers sont sur place. Leur mission : contenir et éteindre les flammes. En plus, 50 avions et hélicoptères transportant de l’eau pour arroser les incendies survolent les zones en feu. Leur priorité est de secourir les gens et les bâtiments. 

Hier, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a publié un message de remerciement sur Facebook : «Au nom des Canadiennes et des Canadiens, je tiens à remercier les courageux pompiers, premiers intervenants, dirigeants autochtones et locaux qui travaillent sans relâche pour assurer la sécurité de la population».

Ailleurs au Canada

Si on te parle de la situation en Ontario, c’est parce que les incendies se sont propagés trèèèès rapidement. Toutefois, des feux de forêt font rage ailleurs au pays. Il y en présentement:

Aux As, on a une grosse pensée pour les équipes qui combattent les flammes dans toutes ces provinces!

Et toi, as-tu senti ou vu la fumée qui vient des feux en Ontario?

Sources : Gouvernement de l’Ontario, Radio-Canada

Les données de l’Enquête sur la population de langue officielle en situation minoritaire de 2022 révèlent que 94 % des adultes hors Québec qui ont le français comme langue maternelle et qui parlent français et anglais à la maison utilisent l’anglais quotidiennement, contre, 83 % de ces mêmes adultes parlent français quotidiennement.

Selon l’auteur de l’étude La catégorie «français et anglais» dans les données linguistiques du Recensement de la population, Étienne Lemyre, cette prépondérance de l’anglais dans ces foyers vient du plus grand nombre de personnes qui ont indiqué utiliser l’anglais plus souvent que le français à la maison. Ceux et celles qui ne parlent pas quotidiennement en français à la maison utilisent tout de même cette langue plusieurs fois par semaine.

Étienne Lemyre est analyste principal pour le programme de la statistique linguistique chez Statistique Canada. Il a réalisé cette courte étude pour donner plus de contexte et de détails à propos des personnes en situation minoritaire qui disent utiliser les deux langues officielles à la maison. Elle a été publiée le 16 juillet.

Les données du recensement sont utilisées par les gouvernements et des organismes afin d’évaluer les besoins pour divers services et programmes. «Plus on a d’informations sur ce que les concepts veulent dire, plus ça aide les gens à faire des choix éclairés», explique Étienne Lemyre en entrevue avec Francopresse.

Par exemple, il a pu déterminer que plus de 94 % des francophones du Canada et des anglophones du Québec qui estiment avoir une très bonne ou une bonne connaissance de leur deuxième langue officielle disent pouvoir soutenir une conversation dans cette langue.

«Ce qui est intéressant de voir, c’est qu’au Canada hors Québec, les gens de langue maternelle française répondent à la question de la même façon que les gens de langue maternelle anglaise au Québec. Donc, à compétences égales, ils sont autant susceptibles de déclarer pouvoir soutenir une conversation dans leur deuxième langue officielle. C’est ça vraiment le résultat percutant ici», indique Étienne Lemyre.

À lire aussi : Les francophones en milieu minoritaire, orphelins de données

En famille, mais pas seulement

À l’extérieur du Québec, 25,2 % des adultes de langue maternelle française parlent les deux langues officielles du pays à la maison au moins régulièrement selon le recensement de 2021. Cela représente environ 226 246 personnes.

Les données étudiées par l’analyste à propos de ces personnes révèlent d’autres détails sur leur utilisation des deux langues officielles dans leur quotidien.

Par exemple, 60 % de ceux et celles qui sont en couple disent parler français et anglais avec leur conjoint ou conjointe. Les autres parlent seulement en français (14 %) ou en anglais (25 %) avec leur conjoint ou conjointe, mais indiquent tout de même utiliser régulièrement l’autre langue à la maison.

Étienne Lemyre est l’auteur de l’étude La catégorie «français et anglais» dans les données linguistiques du Recensement de la population. 

Photo : Courtoisie

Cela signifie qu’ils et elles parlent avec des personnes qui ne demeurent pas dans le même foyer. «Ça peut être des amis, ça peut être de la famille [élargie], ça peut être aussi […] au téléphone ou dans d’autres contextes», explique Étienne Lemyre.

Même s’ils utilisent les deux langues à la maison, ceux et celles qui ont des enfants sont plus susceptibles de leur parler en français (94 %) qu’en anglais (66 %). «Ce qu’on peut en tirer, c’est que la quasi-totalité des parents de langue maternelle française parle français avec leurs enfants à la maison. Mais il y en a quand même les deux tiers qui parlent aussi anglais avec leurs enfants», précise Étienne Lemyre.

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À l’aise de parler en français

Une des sections de l’étude décortique l’aisance de parler les deux langues officielles.

Au Canada hors Québec, les personnes qui déclarent avoir seulement le français comme langue maternelle sont aussi un peu plus à l’aise de parler en français (35 %) qu’en anglais (25 %). Une proportion plus grande se dit autant à l’aise en français qu’en anglais (40 %).

De leur côté, ceux et celles qui indiquent avoir les deux langues officielles comme langue maternelle sont plus à l’aise en anglais (54 %) qu’en français (4 %) ou se disent à l’aise dans les deux langues (42 %).

Pour être considérée comme ayant deux langues maternelles, une personne doit les avoir apprises en même temps à la maison, avant d’aller à l’école. Le recensement de 2021 indique que 291 325 personnes dans tout le Canada disent avoir le français et l’anglais comme langue maternelle.

À lire aussi : L’identité francophone est-elle plus qu’une langue parlée?

Avec des informations de Julien Cayouette

FRANCOPHONIE

Le Franco-Manitobain Glenn Joyal a été officiellement assermenté à titre de juge de la Cour suprême du Canada. 

Photo : Collection de la CSC

Le Franco-Manitobain Glenn Joyal a officiellement été assermenté à titre de juge de la Cour suprême du Canada, mercredi. La cérémonie privée a été présidée par le juge en chef Richard Wagner.

Glenn Joyal occupait le poste de juge en chef de la Cour du Banc du Roi du Manitoba depuis 2011. Il a exercé dans les domaines du droit pénal et du droit constitutionnel. Il a également été membre de l’Association des juristes d’expression française du Manitoba.

À lire aussi : L’audience du juge Joyal utilisée pour critiquer les processus de nomination

CANADA

Du 14 au 16 juillet, des chefs représentant plus de 630 Premières Nations se sont réunis à Ottawa pour l’assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations (APN). La rencontre se déroule après une année marquée par des tensions entre les chefs des Premières Nations et Ottawa sur les grands projets d’intérêt national et le projet de loi sur l’eau potable.

Au programme : 53 résolutions débattues, portant notamment sur les grands projets, la protection de l’enfance, l’accès à l’eau potable, le statut en vertu de la Loi sur les Indiens et des appels au Vatican pour qu’il abroge une série de décrets pontificaux.

Eau potable : Le projet de loi C-37 doit établir un nouveau cadre législatif sur l’accès à l’eau potable dans les communautés des Premières Nations.

Si Ottawa le présente comme une avancée importante, l’APN soutient que le texte devra être bonifié : plutôt que de reconnaitre un droit plein à l’eau potable, comme le faisait le projet de loi précédent, le C-37 ne s’engage qu’à une «réalisation progressive» de ce droit, un recul que dénoncent plusieurs chefs, qui déplorent aussi un manque de consultation dans son élaboration.

La porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d’affaires autochtones, Leah Gazan, s’est jointe aux chefs mardi pour demander au gouvernement libéral de mettre fin «aux violations persistantes des droits de la personne» contenues dans le projet de loi.

Rencontre à venir : Les chefs participeront à une rencontre avec Mark Carney et les premiers ministres des provinces et territoires le 26 octobre, a annoncé la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Cindy Woodhouse Nepinak.

La ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), Lena Metlege Diab. 

Photo : Courtoisie

Mercredi, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé suspendre la réception de nouvelles demandes dans le cadre du Programme des parents et des grands-parents. Ce dernier permet aux personnes résidentes permanentes et citoyennes de parrainer ces membres de leur famille pour qu’ils immigrent au Canada.

Le ministère précise toutefois qu’il continuera à traiter les demandes existantes et prévoit d’accorder la résidence permanente à un maximum de 15 000 personnes dans le cadre de ce programme.

Les parents et les grands-parents peuvent toujours rendre visite à leur famille au Canada grâce au super visa, qui leur permet de séjourner au pays pendant 5 ans de façon continue.

Mercredi, la Banque du Canada a annoncé qu’elle maintenait son taux directeur à 2,25 %, pour la sixième fois d’affilée. Elle s’attend à ce que l’économie rebondisse après un début d’année difficile.

L’inflation a atteint 3,2 % en mai, alimentée par la flambée des prix de l’essence au printemps, conséquence du choc énergétique mondial provoqué par la guerre en Iran. Dans son rapport, la Banque du Canada souligne toutefois que l’inflation demeure près de sa cible de 2 % lorsque les prix de l’essence sont exclus.

Le Conseil canadien des ministres de l’Environnement s’est réuni cette semaine à Calgary.

«Le Canada est prêt à construire de nouveau», a affirmé en ouverture de la conférence de presse de clôture le ministre de l’Environnement et des Aires protégées de l’Alberta et président du Conseil, Grant Hunter. De l’avis du Conseil, les décisions concernant l’environnement ont trop souvent été prises sans penser à leur impact économique, dit-il.

Les discussions se sont concentrées sur la possibilité de protéger l’environnement tout en appuyant la croissance économique, attirer des investissements et créer des emplois. Réduire les dédoublements entre les règlementations, augmenter la coordination et offrir plus de certitude pour les investissements font aussi partie des priorités abordées.

La ministre fédérale de l’Environnement, Julie Dabrusin, a commencé son allocution en parlant de la crise énergétique mondiale et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le long terme.

Le ministre albertain Grant Hunter est actuellement le président du Conseil canadien des ministres de l’Environnement. 

Photo : Capture d’écran CPAC

L’économie avant tout : La conférence a eu lieu pendant que des incendies de forêt, très probablement attisés par les changements climatiques, ravagent les Territoires du Nord-Ouest et l’Ouest de l’Ontario. Interrogé si ces feux ont influencé les discussions, Grant Hunter s’est tourné vers les besoins en énergie.

«Nous avons eu des saisons d’incendies de forêt à travers toute l’histoire de notre pays. Ça ne s’arrêtera pas. Nous pensons que notre proposition de valeur porte sur le fait que le monde aura besoin de plus d’énergie provenant du Canada. Nous croyons que nous le faisons mieux que n’importe quelle autre juridiction en raison de nos normes environnementales», a répondu le ministre albertain.

INTERNATIONAL

Cette semaine, le Parlement canadien a accueilli les membres d’une mission d’étude de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN sur la sécurité dans l’Arctique. Cette délégation multinationale de 30 parlementaires issus de 15 pays a assisté à des séances d’information sur la sécurité dans l’Arctique à Ottawa, avant de se rendre à Iqaluit, au Nunavut, pour sa mission d’étude.

Défense : Cette mission vise à améliorer les infrastructures et les capacités militaires du Canada dans l’Arctique. Les délégués ont également rencontré des dirigeants et des personnalités autochtones.

Lorsque Air Canada a nommé Anko van der Werff à sa tête, plus tôt cette semaine, le ministre québécois de la Langue française, Jean-François Roberge, a salué le multilinguisme du nouveau dirigeant. Mais il a aussitôt ajouté l’essentiel : au-delà de la langue parlée par le PDG, sa responsabilité est d’assurer l’accès à des services en français partout au pays — et là-dessus, il reste du travail à faire.

Le ministre a en effet mis le doigt sur ce que la couverture médiatique a presque entièrement occulté. Pendant que les manchettes soulignaient que le Néerlandais, dirigeant depuis 2021 de Scandinavian Airlines (SAS), « maîtrise » le français, la vraie histoire linguistique de la semaine était ailleurs — dans une directive interne qu’Air Canada venait d’émettre.

Quelques jours plus tôt, le transporteur avait réduit de deux à un le nombre minimal d’agents de bord parlant français sur certains vols internationaux long-courriers au départ de Toronto et de Vancouver — vers Manille, Hong Kong ou Tokyo, notamment. Son vice-président aux communications l’a confirmé à Radio-Canada, parlant d’une mesure temporaire liée à une pénurie de personnel bilingue, et précisant que ces vols — une dizaine par jour sur plus de 1 100 — ne font pas partie de ceux où l’entreprise est légalement tenue d’offrir un service bilingue.

C’est là que se loge la vraie histoire, car cette affirmation est à la fois exacte et trompeuse.

Dépasser le plancher légal

L’affirmation est exacte parce que les obligations d’Air Canada sont propres à chaque liaison.

Le transporteur est assujetti à la Loi sur les langues officielles par la Loi sur la participation publique au capital d’Air Canada, adoptée en 1988 lors de sa privatisation. Le règlement exige un service bilingue là où, sur une période d’un an, au moins 5 % de la demande sur une liaison est dans la langue minoritaire. Une couverture est automatique pour les vols touchant Montréal, Ottawa ou Moncton.

Certaines liaisons long-courriers en partance de Toronto et de Vancouver passent sous ce seuil. Sur la stricte question juridique, Air Canada n’est pas en défaut.

Mais sur le plan des engagements, c’est moins clair. Pendant des années, Air Canada a affirmé devant le Parlement qu’elle faisait bien plus que la règle des 5 %. Lors de ses témoignages sur cette question devant les élus, le transporteur a confirmé qu’il affectait des agents de bord bilingues dans tous les vols qu’il opère directement, que la demande atteigne ou non le seuil. Même sa convention collective garantissait un nombre minimal d’employés bilingues selon le type d’appareil.

Dépasser le plancher légal n’était pas un hasard : c’était un engagement dont l’entreprise s’est vantée, à répétition, devant un comité des Communes.

Un dangereux recul

La directive émise cet été est un recul sur cet engagement. Air Canada n’enfreint pas la règle des 5 %. L’histoire est ailleurs, dans l’abandon, discret, de la norme qu’elle avait elle-même dictée au Parlement. Et en présentant ce recul comme une « exemption technique » dont elle disait pourtant ne pas avoir besoin.

Ce qui ramène au nouveau PDG, Anko van der Werff, et aux manchettes sur sa maîtrise du français. Air Canada ne l’affirme jamais par ailleurs : le communiqué le décrit prudemment comme « capable de s’exprimer en français ». La nuance a son importance. Elle correspond à ce qu’indique sa propre biographie chez SAS. Les manchettes ont arrondi vers le haut ce que l’entreprise, elle, formule avec soin.

Son bilan positif chez SAS — restructuration, faillite évitée, retour à la rentabilité — est bien réel. Mais il n’a jamais dirigé une entreprise qui a un statut d’institution bilingue de par la loi, et où une simple note d’horaire d’équipage devient une affaire politique de dimension nationale, confirmée par un vice-président à la radio publique. Son prédécesseur, Michael Rousseau a été bien malgré lui au cœur de polémiques à la suite de ses aveux gênants.

Compagnie bilingue à court d’employés bilingues

Chez Air Canada, le français n’est pas une compétence qu’on évalue lors d’une allocution. C’est à la fois une obligation légale, une contrainte de main-d’œuvre et un piège politique.

La directive émise en juillet relativement aux agents de bord démontre que le transporteur aérien peine déjà sur ces trois éléments, avant même l’arrivée de son nouveau patron. On saura bien assez tôt s’il peut commander son repas en français. Mais la question qui définira son mandat sera plutôt celle que le ministre Jean-François Roberge a soulevée dès le premier jour : peut-il diriger une compagnie bilingue qui est déjà à court d’employés bilingues ?

Le moment pour faire ces deux annonces mérite aussi qu’on s’y attarde. La compression de services en français et la nomination du nouveau PDG sont tombées le même jour… la mauvaise nouvelle le matin, la bonne l’après-midi. Des observateurs y ont vu une mécanique de communication classique. Peut-être. Mais on ne corrige pas les erreurs du passé avec la production d’une vidéo promotionnelle. On va de l’avant en tenant ses engagements. Un visage bilingue au sommet ne compense pas un service bilingue amputé en cabine.

Et serait-il possible qu’Air Canada se prépare à déplacer son siège social de Montréal vers une autre ville canadienne ? Il s’agirait indéniablement d’un autre pas vers la diminution de l’importance du français chez le transporteur national. En tant qu’observateur de l’industrie aérienne canadienne depuis des décennies, je crois que cette éventualité est bien réelle.

John Gradek est professeur et coordonnateur de programme de formation, Réseau d’approvisionnement et gestion du transport aérien à l’Université McGill.

La Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) tire ces grandes conclusions dans les Actes du premier Sommet pancanadien sur l’éducation artistique. Le document publié à la fin juin revient sur les moments forts de la rencontre tenue à Ottawa les 12 et 13 mars 2026, qui a rassemblé 282 personnes participantes.

Ce Sommet a entre autres été l’occasion de souligner que les preuves tangibles s’accumulent concernant le rôle fondamental de l’éducation artistique dans le développement des jeunes.

La démonstration a été faite en partie par le directeur du Centre pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), Stéphan Vincent-Lancrin.

Les recherches de l’organisation internationale ont permis de montrer que les diplômés et diplômées en art sont les deuxièmes plus grands contributeurs à l’innovation sur le marché du travail, juste après ceux et celles en ingénierie. «Il est beaucoup plus facile de développer l’esprit critique avec les arts qu’avec les mathématiques», a illustré Stéphan Vincent-Lancrin.

Les travaux de l’OCDE et de l’Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) «montrent que l’éducation artistique a des répercussions positives sur la pensée critique, le pouvoir d’agir, l’autorégulation, l’expression de soi, la communication, l’empathie, l’appréciation de la diversité, l’inclusion et la joie», peut-on lire dans le document.

À lire aussi : Éducation artistique en français : «Le plus grand défi, ce n’est pas l’anglais, c’est le silence»

Diversifier les sources francophones

En francophonie minoritaire canadienne, l’éducation artistique joue aussi un rôle dans la construction identitaire et dans la passation de la culture francophone. Le corps enseignant et la direction jouent un rôle de leadeurship dans ces domaines, rappelle le rapport.

Les jeunes qui représentaient les diverses provinces et territoires du Canada ont d’ailleurs souligné pendant le Sommet que les activités parascolaires artistiques sont souvent plus porteuses pour le développement identitaire que l’éducation en classe.

De plus, ils et elles ont indiqué que les grands évènements francophones permettent d’aller à la rencontre d’autres jeunes francophones provenant d’horizons variés.

Du côté du personnel enseignant, l’intégration d’un nombre grandissant d’enseignantes et d’enseignants issus de l’immigration francophone offre une occasion en or de diversification des expériences. Mettre à contribution leurs bagages culturels, et peut-être aussi ceux des familles des élèves, permettrait d’ouvrir davantage les esprits à la différence et de mieux représenter tous les élèves de la classe dans l’enseignement.

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La place de la philosophie autochtone

Le Sommet a aussi donné la parole à des éducateurs et éducatrices autochtones, qui ont apporté leur perspective de l’enseignement des arts. Une philosophie qui intègre davantage la nature et les principes de circularité.

Ces intervenants ont souligné que les méthodes d’enseignement occidentales – qui ont un début et une fin avec un résultat à évaluer – n’étaient pas les seules valables.

«La pensée et l’apprentissage circulaire nous disent qu’il n’y a jamais de fin et qu’on va toujours approfondir» ses connaissances, a expliqué Bonnie Lépine Antoine, membre de la nation wendate aux racines Michif et directrice de la Réconciliation et de l’Éducation autochtone au Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. Cette façon de faire les choses permet aussi de reconnaitre que la pédagogie peut prendre plusieurs formes.

Les intervenants se sont également faits rassurants sur les craintes d’appropriation culturelle soulevées par des participants. Il n’est pas interdit de pratiquer des formes d’arts autochtones pour les apprécier personnellement et les présenter aux enfants. Il faut par contre rappeler d’où viennent ces techniques et qui a le droit de vendre les œuvres qui les utilisent.

Comparer avec le financement des sports

La question monétaire n’a pas été mise de côté durant le Sommet. Les participants ont surtout noté que le financement actuel n’est «ni équitable, ni adapté, ni suffisant», indique le rapport.

Cette iniquité devient très visible lorsque les montants investis dans l’éducation et les activités artistiques sont comparés à ceux pour les sports, par exemple.

Pourtant, compte tenu des rôles assez importants que joue l’éducation artistique dans le développement, un financement qui serait plus substantiel, stable et prévisible est justifiable, note le rapport. Aussi bien pour les activités que pour la formation des artistes et du personnel enseignant.

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C’est quoi, le racisme?

Le racisme, c’est lorsqu’une personne est insultée, rejetée ou traitée injustement à cause de sa couleur de peau ou de ses origines. Malheureusement, le racisme existe encore aujourd’hui, même dans le monde du sport. Des athlètes reçoivent parfois des messages haineux après des matchs, surtout sur les réseaux sociaux.

Un match sous haute tension

Tout a commencé samedi dernier lors d’un duel ultraserré de la Coupe du monde de FIFA 2026. La France et le Paraguay (un pays d’Amérique du Sud) s’affrontaient en huitième de finale. Le suspense était à son maximum! C’est finalement Mbappé qui a délivré son équipe en marquant le but de la victoire (1-0) sur un tir de pénalité.

Malheureusement, la fête des Français a été gâchée par une sénatrice du Paraguay nommée Celeste Amarilla. Déçue de la défaite de son pays, elle a publié des messages très graves sur le réseau social X. Elle a traité Kylian Mbappé d’«abruti» et l’a comparé à des singes, une insulte extrêmement raciste et blessante pour les personnes noires. Rapidement, ses propos choquants ont fait le tour de la planète.

La réplique du capitaine

Pas question pour le numéro 10 des Bleus (c’est le surnom de l’équipe de soccer française) de se laisser faire ou de garder le silence. Avec le même sang-froid que lorsqu’il affronte les meilleurs gardiens du monde, Mbappé a répliqué sur X.

Dans son message, il a qualifié la sénatrice de personne «méprisable et indigne de sa fonction» et a affirmé qu’il ne laisserait «jamais aux gens comme elle propager leur haine et leur racisme à travers le monde».

Son message était clair : le racisme ne doit jamais être accepté. Il a aussi rappelé que ces propos ne représentaient pas le peuple paraguayen, dont plusieurs supporteurs avaient montré beaucoup de respect pendant le tournoi.

Le monde du soccer voit rouge

Rapidement, plusieurs personnes et organisations ont dénoncé ces paroles inacceptables envers Mbappé. La FIFA, l’organisation qui dirige le soccer mondial, a rappelé l’importance de combattre le racisme dans le sport. Le président français en personne, Emmanuel Macron, a apporté son soutien au meilleur buteur de l’histoire des Bleus (63 buts en 103 parties avec l’équipe de France).

Une enquête a été ouverte à Paris, après que la Fédération française de football a porté plainte contre la sénatrice paraguayenne devant un tribunal. Si elle est reconnue coupable d’insultes à caractère racial, la justice française pourrait la condamner à une amende pouvant aller jusqu’à 72 000 dollars canadiens et une peine d’un an de prison.

Du côté du Paraguay, le gouvernement a également rejeté les commentaires de Celeste Amarilla. Il a affirmé que ses propos étaient contraires aux valeurs de respect et de dignité humaine. Mais dans les rues d’Asunción, la capitale du Paraguay, une poupée portant le nom de Mbappé a été brulée lors d’une fête. Il faut dire que le pays n’est pas reconnu pour traiter correctement la minorité noire de sa population. Cela ne fait même que quatre ans que les actes racistes sont punis par la loi.

Des excuses… et d’autres accusations

Devant toutes ces critiques, Celeste Amarilla a reconnu qu’elle n’aurait pas dû tenir des propos racistes, qu’elle justifie par le type d’éducation qu’elle a reçue. Elle a supprimé son message et dit regretter ses paroles. Cependant, elle a aussi demandé des excuses à Kylian Mbappé : selon elle, il l’aurait attaquée parce qu’elle est une femme. Le capitaine des Bleus n’a pas répondu à cette nouvelle accusation.

Cette histoire rappelle une chose importante : les mots ont un impact. Que l’on soit une vedette du soccer, un politicien ou un élève à l’école, chacun a la responsabilité de respecter les autres.

Et toi, que ferais-tu si tu entendais des propos racistes vis-à-vis quelqu’un? Garderais-tu le silence ou prendrais-tu la parole pour défendre cette personne?

On y voit une jeune femme noire assise au milieu d’un groupe d’hommes habillés de la même façon : le visage caché par des foulards et des lunettes de soleil.

Ces hommes font partie de Patriot Front, un groupe de suprémacistes blancs. Ceux-ci croient que les États-Unis devraient appartenir aux personnes blanches, qu’ils croient supérieures aux autres. Ce sont des idées fondamentalement racistes.

Le 4 juillet, alors que les États-Unis célébraient leur anniversaire, des centaines de membres de ce groupe se sont rendus à Washington. Dans quel but? Participer à une manifestation et faire entendre leurs messages.

Mais dans le métro, ils se sont retrouvés tout autour d’une passagère… noire. Cette image est forte parce qu’elle montre deux réalités très différentes.

D’un côté, une femme noire qui vit aux États-Unis. De l’autre, des hommes qui cachent leur visage pour réclamer que les personnes comme elle devraient avoir moins de place dans le pays.

On ne connait pas l’identité de cette femme, mais son regard a beaucoup fait réagir. On peut y lire de l’inquiétude, mais aussi du calme et du courage.

La photo est rapidement devenue virale sur les réseaux sociaux. Pour beaucoup de gens, cette image rappelle que, malgré les festivités du 4 juillet, le racisme et les divisions demeurent bien présents aux États-Unis.

Et toi, avais-tu déjà vu cette photo? Qu’est-ce que tu remarques en premier en la regardant? Qu’est-ce qu’elle te fait ressentir?

Olivier, qu’est-ce qui se passe avec le télescope Swift?

Swift devrait normalement être en orbite à 600 kilomètres au-dessus de la Terre. Mais il perd de l’altitude et de la vitesse. En ce moment, il est à environ 319 kilomètres. La limite critique est autour de 300 kilomètres.

Qu’est-ce qui se passe à 300 kilomètres?

À cette altitude, les objets en orbite sont trop près de la planète et sont affectés par la gravité. Ils ralentissent au point de s’arrêter. Puis ils tombent vers la Terre et se désintègrent en entrant dans l’atmosphère. Si ça arrive, ce sera la fin de Swift.

Pourquoi Swift s’est-il mis à descendre? Il est défectueux?

Non, c’est l’atmosphère terrestre qui l’attire. L’atmosphère, c’est comme une bulle autour de la Terre. Son épaisseur varie avec l’activité du Soleil. C’est un peu comme si l’atmosphère respirait au rythme des humeurs de notre étoile.

Quand l’atmosphère gonfle, son pouvoir d’attraction augmente. Comme un aimant qui deviendrait plus puissant. Tous les objets autour de la Terre sont affectés par ça : les télescopes, les satellites et même la Station spatiale internationale. Ils perdent tous de la vitesse et de l’altitude avec le temps, au rythme des «respirations» de l’atmosphère.

Pourquoi la NASA tient à sauver Swift?

C’est vrai que c’est un vieux télescope. Il a été lancé en 2004 et devait fonctionner seulement deux ans. Pourtant, il rend encore d’excellents services! Il étudie les sursauts gamma. Ce sont d’immenses explosions cosmiques qui projettent énormément d’énergie dans l’espace. Swift est un outil extrêmement important pour l’astronomie. Et comme la NASA n’a pas le budget pour construire un remplaçant, elle tente de prolonger sa durée de vie. C’est l’objectif de cette mission.

Justement, parlons de la mission!

Si ça fonctionne, ce sera vraiment spectaculaire! LINK le robot a été lancé dans l’espace vendredi. Il est de la taille d’un frigo. Il est présentement en orbite autour de la Terre. Il a voyagé vers l’espace à bord d’une fusée. Mais cette fusée n’a pas décollé de la Terre. Elle a été accrochée sous un avion qui l’a conduite et lâchée en haute altitude!

Que va faire LINK exactement?

LINK devrait atteindre le télescope dans environ un mois et demi. Là, il devra tenter de l’attraper avec ses trois bras robotisés. Ce qui rend la mission compliquée, c’est que tout doit être contrôlé à partir de la Terre. La difficulté supplémentaire, c’est que Swift n’a jamais été conçu pour être attrapé par un autre véhicule spatial. Il n’y a pas de poignées! Si LINK réussit, il va remonter Swift à 600 kilomètres d’altitude. Swift sera alors hors de danger.

J’imagine que cette mission doit couter très cher?

Oui! Environ 42 millions de dollars. C’est moins cher que de construire et lancer un nouveau télescope. Et si la NASA ne fait rien, il y a 100 % de chances que Swift tombe et se détruise dans les prochains mois. Alors, c’est un risque à prendre.

Si c’est un succès, d’autres objets pourraient être sauvés?

Oui, le télescope spatial Hubble, par exemple, est lui aussi à risque de tomber. J’espère vraiment que ce nouveau savoir-faire sera utilisé pour le bien de la société, pas seulement pour faire du profit.

Toi, si tu pouvais construire un robot, il servirait à quoi?

Dans les rues de Toronto, les chandails français se mêlent à ceux du Maroc, du Sénégal et du Canada. «On n’a peut-être pas le même maillot, mais on a la même passion», s’amuse Olivier De Bregeas, président de la Fédération Tricolore de la ville.

Olivier De Bregeas est cofondateur et président du PSG Fan Club Toronto.

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L’association diffuse les matchs de la Coupe du monde à la Maison des Bleus, la fan zone officielle des supporteurs de l’équipe de France dans la Ville Reine.

Installé à Toronto depuis 16 ans, Olivier De Bregeas voit la place du soccer grandir «chez les francophones comme chez les anglophones».

«Des gens qui ne se connaissent pas vont se retrouver côte à côte, puis, après 90 minutes, se sauter dans les bras. 90 minutes où on oublie finalement toute cette partie un peu socioéconomique», décrit-il.

«Mini coupe du monde francophone»

En marge de la compétition, la Fédération Tricolore organise des matchs amicaux entre des équipes amateurs représentant la France, le Maroc, le Sénégal et le Canada.

«On l’appelle “la mini Coupe du monde des francophones”, sourit le responsable. On aurait pu rajouter la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Congo, l’Algérie, etc., mais on n’avait malheureusement que quatre places.»

De l’autre côté du pays, en Colombie-Britannique, les retransmissions des matchs des équipes francophones à la Coupe du monde de la FIFA servent de point de rencontre.

«Le soccer est un beau prétexte pour rassembler la communauté francophone et francophile. Ce type d’évènement montre que la francophonie dans l’Okanagan est vivante et très diversifiée», souligne Lucie Perroudon, responsable marketing et communications au Centre culturel francophone de l’Okanagan.

Ce sport suscite un intérêt particulier «auprès des nouveaux arrivants provenant de pays où il occupe une place importante», dit-elle.

La Société francophone de Victoria diffuse les matchs commentés en français. «On a une atmosphère presque familiale, décrit la directrice générale de l’organisme, Nathalie Astruc. On voit un intérêt croissant.»

Le public déborde d’ailleurs la communauté francophone : «On a des anglophones et des francophiles, des personnes qui ont un intérêt pour la langue française. On ne s’y attendait pas forcément.»

Guillaume De Pauw, qui assiste à ces évènements, se plait à observer les différents tempéraments de supporteurs : certains plus «latins» et expressifs, d’autres plus mesurés.

Gabriel Selway trouve intéressant de voir des Canadiens curieux côtoyer de grands fans de soccer lors des retransmissions de matchs. 

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Pour Lucie Perroudon, le public de la Coupe du monde reflète la diversité de la francophonie. 

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Guillaume De Pauw partage la passion du soccer avec ses filles.

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Selon Nathalie Astruc, les visionnages des matchs de la Coupe du monde favorisent les échanges interculturels.

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«Mélanger les communautés»

«Ça a permis de mélanger quelques communautés qui ne se seraient pas vraiment rencontrées dans un autre contexte», partage Gabriel Selway, coordinateur communautaire et culturel à l’ARCf à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, qui diffuse aussi les matchs de la compétition.

Des Canadiens curieux côtoient de grands fans de soccer. «Il y a eu des échanges de règles, des explications. C’est quand même assez rigolo, mais aussi fascinant.»

Au Caribou RV Park, à Whitehorse, au Yukon, le propriétaire Steve Berger-Husson retransmet les rencontres dans sa salle de restaurant, devant une clientèle mixte : moitié touristes, moitié locaux.

«On a eu quelques matchs où on avait une soixantaine de personnes, ce qui est énorme. L’ambiance était incroyable», se réjouit cet admirateur de soccer, qui sent ce sport, autrefois «négligé», «monter en puissance» dans la région, Coupe du monde ou pas.

Tout le monde soutient son équipe d’origine, mais aussi le Canada. Ça montre que les communautés francophones, même immigrées, ont cette double appartenance qui leur est chère.

— Steve Berger-Husson

À Winnipeg, au Manitoba, le soccer représente «une bonne porte d’entrée» pour les nouveaux arrivants dans la communauté francophone, relève la directrice générale de Sports en français, Chantal Young, qui y voit aussi un pont entre les générations.

«C’est quelque chose que les parents, les enfants aiment jouer. Si on doit choisir un sport pour rassembler plein de gens, on prend le soccer.»

Dans son restaurant, Steve Berger-Husson, Luxembourgeois d’origine, voit défiler les maillots de plusieurs pays. 

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«Cet amour du foot puis de la Coupe du monde, le fait qu’il y ait des groupes autour de nous, les Canadiens; je pense que c’est en train de nous influencer un peu puis de nous embarquer», confie en riant Chantal Young.

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Une jeunesse inspirée et inspirante

«Depuis 1990, j’ai vu grandir au cours des années le soccer – ou si vous préférez, le foot – à travers nos écoles, nos jeunes», témoigne l’enseignant en éducation physique à la retraite, Gérald Arseneault, aussi président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

Gérald Arseneault espère voir un Acadien ou une Acadienne dans l’équipe de soccer canadienne. 

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«C’est le sport qui grandit le plus vite et le plus en Acadie.» Il était d’ailleurs au programme des Jeux de l’Acadie.

La Nouvelle-Écosse n’échappe pas à cet engouement. «On commence à voir des jeunes des milieux ruraux qui commencent à vouloir jouer au plus haut niveau possible», constate Moussa Sangaré-Ponce, agent de liaison communautaire à la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse (FéCANE) et entraineur de soccer féminin.

Les chiffres confirment cette tendance ailleurs au pays. Rem Dinga dirige l’Association sportive francophone de la Colombie-Britannique (ASF) et la Paris Saint-Germain Academy (PSGA) à Vancouver.

À son arrivée, en 2010, la province comptait environ 60 000 personnes (joueurs, entraineurs, arbitres, etc.) évoluant dans le soccer; elle en compte aujourd’hui 150 000. «C’est plus du double en 15 ans. C’est énorme», commente le responsable, qui y voit l’effet combiné d’une vague d’immigration en provenance de pays où le foot est déjà roi, et d’une popularité grandissante du sport à l’échelle mondiale.

«Il y a une vague d’immigration qui est arrivée au Canada ces vingt dernières années, avec des personnes qui viennent de pays où le foot est très populaire», remarque Rem Dinga.

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«Comme tout pays où on accueille l’immigration, on aime s’enrichir des savoirs, ce qui nous arrive d’ailleurs, et ça inclut le sport», rejoint Gérald Arseneault. À ses yeux, les nouveaux arrivants stimulent et apportent une nouvelle vision du jeu.

Chez les plus jeunes, un autre moteur s’ajoute : celui des idoles. «Ils s’identifient en premier à une vedette, avant même de représenter un pays, en voyant les grands noms, comme Lamine Yamal, Lionel Messi, Ronaldo, Mbappé», note Guy Verna, président du Saint John Soccer Club, à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Selon cet ancien arbitre national, l’arrivée de grosses pointures comme Lionel Messi dans la ligue de soccer américaine contribue à cet engouement.

«C’est important que le Canada inspire la jeune génération, pour continuer à travailler sur avoir de meilleures infrastructures au pays, et pour dire : “OK, il n’y a pas que le hockey, on peut aussi aimer le football et puis en faire carrière”», remarque Olivier De Bregeas.

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Un sport plus abordable et accessible

Comme le souligne Gérald Arseneault, le soccer, contrairement à d’autres sports, exige un équipement et un cout minimal.

«C’est beaucoup plus accessible. Il y a aussi une énergie d’équipe; 11 personnes qui se retrouvent sur le terrain et qui travaillent ensemble, qui doivent coopérer. Les jeunes adorent ça.»

Au Manitoba, Sports en français propose des activités de soccer pour les 3-12 ans. «C’est un de nos programmes les plus populaires. C’est un sport facile à présenter», partage la directrice de l’organisme, Chantal Young.

Le Canada embarque à son tour

«On dirait que l’Amérique du Nord était la seule partie du monde qui n’avait pas encore été sous l’effet de cette fièvre du foot mondial; mais on l’a toujours été», nuance Gérald Arseneault.

Il rappelle que l’équipe féminine du Canada a déjà fait ses preuves dans les compétitions internationales et a contribué à l’essor du soccer au pays : «On a malheureusement tendance à oublier tout ce succès féminin là.»

Cette année, c’est au tour de l’équipe masculine de capter les projecteurs. «C’est un évènement mondial majeur, et l’avoir dans notre jardin, c’est une énorme carte de visite pour le Canada – pour ma génération, la génération d’immigrés […], mais surtout la jeune génération, qui va pouvoir être inspirée par ces jeunes joueurs», s’enthousiasme Olivier De Bregeas.

À Vancouver, la fièvre est palpable. «Il y a quelque chose d’extraordinaire qui se passe, je ne m’attendais pas à vivre ça», décrit Rem Dinga, qui a vu l’effervescence gagner les rues, où les gens jouent au soccer jusqu’à tard le soir, où crépitent des fumigènes, où se mêlent des airs brésiliens, de salsa et de musique française. Un mélange de cultures à l’image du Canada.