«Trop souvent, les mesures d’adaptation, cela part du haut vers le bas», rappelle Marianne-Sarah Saulnier, de l’Observatoire québécois des inégalités. «Nous sommes moins à l’écoute des plus vulnérables, car ils sont souvent difficiles à rejoindre – sans compter l’enjeu du manque de confiance envers les institutions», ajoute celle qui était aussi co-organisatrice du colloque «Vers une résilience climatique équitable, participative et transformatrice», lors du dernier congrès de l’Actas, en mai 2026.
«Le réchauffement climatique, bien que grande menace, est balayé par le travail plus urgent dans la lutte aux inégalités : santé, revenu et logement», rappelle la chercheuse.
Lors d’évènements extrêmes comme des canicules ou des tempêtes de verglas, les obstacles concrets s’accumulent : des refuges d’urgence pas accessibles, les animaux d’assistance qui ne sont pas bienvenus ou les haltes fraicheur-chaleur peu adaptées aux différents types de handicaps.
S’il y a, en plus, des pannes d’électricité, les personnes à mobilité réduite en pâtissent. «Elles ne peuvent plus recharger les fauteuils électriques, se retrouvent sans ascenseurs et sans équipements médicaux», résume Muriel Mac-Seing, professeure adjointe en santé mondiale à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.
Elle mène actuellement une étude qualitative, avec la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec, auprès d’experts de diverses thématiques (handicaps, santé publique, climat-environnement, sécurité civile) de trois régions: Montréal, Capitale-nationale et Gaspésie.
De nombreux plans et outils climatiques existent localement, mais comportent des angles morts qu’il serait possible d’éviter avec plus de concertation avec les personnes directement concernées.
C’est un groupe vulnérable, peu vocal et peu visible, avec de multiples barrières pour se déplacer et se faire entendre
Si en Gaspésie, la famille et l’entourage agissent encore comme un bon filet social, ce qui facilite l’aide en cas d’alerte, les premiers groupes de discussion montrent que de trouver une information claire et accessible reste compliqué, ce qui cause beaucoup d’anxiété chez les participants.
Malgré cela, «un guichet unique n’est souvent pas la solution, il faut penser les spécificités des régions, et aussi celles des individus», note l’experte.
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Les changements climatiques exacerbent aussi le sentiment d’isolement. «Les personnes en situation de handicap vont le ressentir encore plus et les messages de santé publique ne les rejoignent souvent pas : peu clairs et peu accessibles», relève le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les droits de la personne, la santé et l’environnement à l’Université McGill, Sébastien Jodoin.
Au Canada, 49 % des adultes montrent de faibles compétences en littératie et un adulte sur cinq n’est pas capable de lire la posologie d’un médicament. «Adopter un langage clair pour parler des aléas climatiques, c’est la base», croit-il.
L’isolement est également un problème avec les itinérants. «Les avertissements peuvent bien annoncer que c’est dangereux dehors (canicule ou froid extrême), mais leur maison, c’est dehors!», rappelle la Pre Saulnier, de l’Observatoire québécois des inégalités.
Elle a mené une recherche-action en collaboration avec des personnes itinérantes – des «pairs chercheurs» dont elle a rassemblé les témoignages d’adaptation aux transformations climatiques. Ces collaborateurs de la rue lui ont ainsi permis de revoir l’interprétation des résultats et de mieux cibler les défis.
Parmi ces défis, il y a clairement celui de la cohabitation sociale : le «pas dans ma cour». «Cela prend un lieu sécuritaire, comme la bibliothèque ou les haltes chaleur et fraicheur», rapporte la chercheuse.
Il y a aussi l’urgence de mieux diffuser l’information sur les ressources et sur les actions concrètes. «Ils nous demandent des sacs à pain pour garder les choses au sec, des tapis contre l’humidité du sol, des moyens de sécher les vêtements», détaille-t-elle.
C’est en plus du fait que lors des inondations à répétition, la santé des personnes qui vivent dehors se dégrade. «Il y a plus de problèmes de peau, car beaucoup d’humidité vient avec une macération des plaies et des infections existantes.»
Quant à Sébastien Jodoin, il travaille plus spécifiquement avec des organismes de personnes handicapées sensorielles et physiques et avec ceux qui œuvrent auprès des personnes à déficience intellectuelle – de 1 à 3 % de la population québécoise.
Une recherche est actuellement co-construite avec un groupe de ces personnes de Saint-Eustache, afin d’élaborer une trousse de secours. «Ils ont vécu les récentes inondations et sont donc très mobilisés. Les discussions nous amènent à comprendre leurs vulnérabilités, mais aussi à montrer leur leadeurship et les solutions à généraliser», explique-t-il.
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Avec son équipe, Mme Saulnier a élaboré un guide de réponses aux changements climatiques à l’intention du milieu communautaire. Cette brochure recommande l’ajout de casiers dans divers endroits de la ville, de linge imperméable, des sécheuses mobiles ou encore des trousses de santé, avec certains médicaments sans ordonnance et des serviettes sanitaires.
«Souvent, ces serviettes sanitaires sont mises dans les chaussures pour isoler les pieds. Il y a aussi la nécessité de s’intéresser plus particulièrement aux conditions de vie des femmes, qui ne se sentent pas toujours en sécurité dans les haltes», rappelle la chercheuse.
Elle s’est intéressée aux différentes réponses de trois villes québécoises, Saint-Jérôme, Gatineau et Montréal. Alors que cette dernière détruit souvent les camps des itinérants et adopte une architecture municipale hostile aux sans-abris, la ville de Gatineau les déplace dans un stationnement avec des tentes cordées, le site Guertin.
«C’est une idée aux nombreux angles morts : le site subit de plein fouet les inondations et les grandes chaleurs, et on y gèle en hiver. Les feux se propagent entre les tentes et il n’y a pas eu de réflexion sur la cohabitation hommes-femmes», relève la chercheuse.
Tandis qu’à Saint-Jérôme, la municipalité, en collaboration avec le CISSS des Laurentides, a proposé un plan d’action. «Il a été plus réfléchi et propose une vision plus complète de la lutte à l’itinérance, en misant sur le logement et la réinsertion, mais aussi sur la sensibilisation de la population pour réduire la stigmatisation», relève Mme Saulnier, dont le rapport sera publié au printemps 2027.
Il reste aussi à mieux communiquer en général sur les aléas climatiques. «C’est un réel enjeu. Cela va bénéficier à plein de monde. Ça constitue une occasion pour revenir à la base et bâtir une société plus solidaire», relève la Pre Mac-Seing.
C’est Alexis Belliveau, un musicien de Moncton, au Nouveau-Brunswick, qui a eu l’idée. En cherchant un émoji du drapeau acadien pour une publication sur les réseaux sociaux… il a alors découvert qu’il n’en existait pas!
Pour remédier à la situation, il a décidé d’essayer d’en créer un, avec son ami Julien Robichaud.
«On jasait un peu des difficultés liées au fait d’exprimer notre fierté acadienne. C’était tannant de devoir utiliser différents émojis pour représenter le drapeau acadien», raconte Julien à Acadie Nouvelle.
Par exemple, certaines personnes utilisent le drapeau français avec une étoile ou d’autres émojis pour essayer de représenter l’Acadie. 🇫🇷⭐
Alexis et Julien ont lancé une initiative avec la boite de création Chiac.com et le groupe de musique d’Alexis, Tcheu Misère. Leur objectif? Convaincre Unicode, une organisation qui établit les règles pour les émojis, d’accepter leur idée.
C’est elle qui examine les propositions et décide quels nouveaux émojis peuvent être créés. Camille t’en a parlé dans son article sur l’émoji poutine.
«Quand on a trouvé comment faire, on s’est dit : pourquoi ne pas essayer? On est deux jeunes Acadiens, et on en est fiers», se rappelle Julien!
Pour mettre plus de chance de leur côté, les deux amis ont lancé une pétition en ligne. Et elle compte déjà plus de 13 500 signatures!
Plus leur demande recevra de soutien, plus ils pourront montrer à Unicode que les gens veulent vraiment utiliser cet émoji.
Pour les deux amis, ce projet ne sert pas seulement à ajouter un petit symbole sur nos téléphones. «Il y a beaucoup de fierté autour du drapeau acadien. Ce serait bien de pouvoir l’exprimer avec un émoji», explique Alexis à Acadie Nouvelle.
Le processus pour faire accepter un nouvel émoji peut prendre jusqu’à deux ans, mais les deux amis sont optimistes.
«On a de bonnes chances que l’émoji du drapeau acadien soit reconnu. Ça s’explique parce qu’on fait partie d’une même culture et on se reconnait sous ce drapeau».
Y a-t-il un symbole de ta culture ou de ta région que tu aimerais voir devenir un émoji?
Source : Acadie Nouvelle
Un «squishy», c’est un jouet spongieux qui sert à être écrasé et compressé. On en retrouve sous différentes formes: boules, nourriture (comme les fameux dumplings!), animaux mignons… il y en a pour tous les goûts! C’est un objet antistress: en le serrant dans sa main, il peut procurer des sensations de soulagement et de défoulement.
Mais depuis quelques mois, une nouvelle tendance inquiète les médecins: celle de mettre un «squishy» au micro-ondes pour le rendre plus souple. Le problème? Sous la chaleur, les jouets peuvent exploser. En plus, quand il est chauffé, son enveloppe extérieure reste tiède. On ne se rend donc pas compte que le liquide à l’intérieur est bouillant.
Malheureusement, plusieurs jeunes ont été brûlés au visage, au torse et aux mains après avoir manipulé des «squishy» qui ont explosé. Ces brûlures font très, très mal et peuvent laisser des cicatrices pour la vie.
C’est le cas d’un Écossais de 8 ans qui a dû passer plusieurs semaines à l’hôpital et même recevoir une greffe de peau, en mai. Résultat: il ne pourra pas s’exposer au soleil pendant deux ans, le temps de guérir complètement.
Heureusement, au CHU Sainte-Justine et à l’Hôpital de Montréal pour enfants, deux grands hôpitaux québécois pour les jeunes, aucun accident en lien avec un «squishy» n’a été signalé.
Les «squishies» sont sensibles à toutes les sources de chaleur. L’été, dans une auto, ils peuvent surchauffer. Plusieurs jeunes ont subi des brûlures en manipulant un jouet laissé dans une voiture au chaud.
Au Canada, une vingtaine de personnes se sont plaintes au gouvernement de l’odeur très forte que dégagent des jouets en forme de dumplings. Santé Canada enquête en ce moment même pour déterminer si ces jouets peuvent être dangereux pour la santé.
Une enquête similaire a été menée au Royaume-Uni, sur les jouets «Squeezy Dumplings». La conclusion? Ils contenaient une substance qui peut irriter les yeux, le nez, la gorge et la peau, en plus de provoquer des sensations de brûlure dans le système digestif. Là-bas, les commerces n’ont plus le droit de les vendre.
Tu es fan des «squishies»? Attention avant de les acheter sur des sites chinois comme Temu et Shein: on y vend énormément de contrefaçons. Ces jouets sont de très mauvaise qualité, et peuvent contenir des substances qui ne sont pas permises au Canada.
J’ai demandé à l’équipe de l’Hôpital de Montréal pour enfants de nous partager quelques astuces pour «squisher» sans danger!
J’ai un secret à te révéler! On prépare un dossier 100% «squishy» pour la rentrée! De quoi aimerais-tu qu’on parle?
Sources: BBC, The New York Times
L’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) y songeait depuis longtemps; cette année sera la bonne. Une délégation de 17 sociétés de production francophones du Canada et de la France participera au TIFF : le Marché (TIFF : The Market), le nouveau marché international du Festival international du film de Toronto.
«Le TIFF attire des délégations étrangères du monde, y compris les pays de la francophonie internationale», rappelle la directrice générale de l’APFC, Carol Ann Pilon. Le Marché réunira acheteurs, vendeurs et créateurs.
La délégation de l’APFC regroupe neuf sociétés de production francophones du Canada et huit de France.
Côté Canada, cinq sont de l’Ontario, une de la Colombie-Britannique, deux du Manitoba et une de l’Atlantique.
L’APFC a mis en place une stratégie d’exportation pour le contenu produit par ses membres en 2019, afin de développer des marchés à l’international.
Pour la directrice générale de l’APFC, Carol Ann Pilon, il est essentiel de développer des projets à l’international.
«On organise à chaque année au moins trois à quatre délégations, soit à l’étranger ou soit des collaborations qu’on installe sur le territoire canadien entre nos membres et des producteurs de l’étranger», détaille Carol Ann Pilon.
Les projets de collaboration internationale avec des productions francophones réalisées à l’extérieur du Québec existent, mais ils ont été relativement peu nombreux par le passé, admet la responsable.
«On arrivait quand même assez bien à financer nos contenus avec les outils et les mécanismes de soutien nationaux. Cette ère-là est révolue.»
«Il y a de moins en moins d’argent pour produire nos contenus. Il faut se tourner vers des partenaires à l’étranger si on veut continuer à produire des contenus de qualité et qui vont aussi rejoindre des auditoires de partout», poursuit-elle.
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À l’heure hégémonique des plateformes de diffusion en ligne, les publics ont désormais accès facilement à des contenus internationaux. Bien que les productions américaines de langue anglaise dominent le marché, les coproductions francophones ont aussi leur carte à jouer.
«Il y a une ouverture du monde vers des contenus en langue étrangère», observe Carol Ann Pilon.
Bien que ça demeure difficile pour le contenu francophone de trouver son public à l’extérieur du Canada, il y a des possibilités, et on veut s’assurer qu’on exploite ces possibilités-là au maximum.
«Bien que ça demeure difficile pour le contenu francophone de trouver son public à l’extérieur du Canada, il y a des possibilités, et on veut s’assurer qu’on exploite ces possibilités-là au maximum.»
Le TIFF se tiendra du 10 au 20 septembre. Le TIFF : le Marché se déroulera du 10 au 16 septembre et devrait accueillir 81 projets et participants canadiens et 225 exposants internationaux.
Les mesures de protection de la langue française auraient été l’une des raisons qui auraient brisé les négociations entre le Canada et les États-Unis, a induit Mark Carney samedi dernier, en annonçant l’échec des discussions visant à éviter la dernière vague de tarifs américains du 22 aout.
Il a précisé que l’une des raisons de l’échec des négociations découlait de certaines demandes de l’administration Trump concernant les mesures canadiennes de protection du français et de la culture.
En jeu dans les discussions : la Loi sur la diffusion continue en ligne, la loi 109 du Québec sur la découvrabilité des contenus québécois et les règles d’étiquetage bilingue.
Le premier ministre Carney s’est présenté en défenseur du bilinguisme et de l’identité canadienne. Le président américain, Donald Trump, et le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, ont raillé et diminué le Canada, affirmant n’avoir «aucun problème» avec cette langue.
Mardi, des ministres fédéraux ont présenté le plan de riposte canadien : 27,6 milliards de dollars des exportations américaines seront taxés par le Canada, pour répondre «dollar pour dollar» et «taux pour taux» aux tarifs américains appliqués le 22 aout pour le même total.
Recul canadien : Jeudi, Ottawa a décidé de retirer les poissons et fruits de mer américains de sa liste de produits frappés par les contretarifs canadiens.
Le Canada a procédé à des ajustements ciblés pour protéger son économie en retirant les produits du secteur des fruits de mer et du poisson de la liste de ses contretarifs. Le secteur du poisson et des fruits de mer est le moteur de l’économie côtière du Canada. https://t.co/ve9GVj0iHW
— Joanne Thompson (@Joanne_NL) August 27, 2026
Cette décision intervient à la suite des réactions de l’industrie de la pêche, notamment des transformateurs, qui craignent une hausse de leurs couts, et des producteurs qui redoutaient des représailles américaines.
Le gouvernement Carney dit vouloir éviter des dommages économiques plus importants, tout en maintenant une riposte aux tarifs américains équivalente.
Aide : Ottawa a aussi débloqué 7,5 milliards de dollars pour venir en aide aux travailleurs, aux entreprises et aux personnes au chômage affectés par les droits de douane.
Entreprises :
Travailleurs :
Chômeurs :
Investissements dans la formation et la réorientation professionnelle pour faciliter la transition vers de nouvelles occasions d’emploi.
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Joute verbale : Jeudi, dans une déclaration postée sur X (ci-dessous), le premier ministre Carney s’est également montré ferme face à la signature d’un décret par Donald Trump, afin de rebaptiser le lac Ontario lac d’Amérique.
La veille, le représentant au Commerce américain, Jamieson Greer, avait averti que les États-Unis répliqueraient face aux mesures de rétorsion canadiennes annoncées mardi.
Le nom du lac Ontario tire son origine du mot wendat « Ontari’io », qui signifie « le lac est beau, le lac est grand ».
— Mark Carney (@MarkJCarney) August 27, 2026
Ce nom remonte à plus de 400 ans, bien avant la Confédération canadienne et la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique.
Nous savons que les…
La première ministre québécoise, Christine Fréchette, et ses principaux concurrents issus de quatre autres formations politiques sont officiellement en campagne depuis jeudi, et ce, jusqu’au 5 octobre, date du scrutin des élections provinciales.
Les élections provinciales québécoises ont été déclenchées officiellement jeudi. La campagne durera 39 jours, jusqu’au scrutin du 5 octobre.
Les cinq principales formations politiques sont désormais en campagne. Les Québécois et les Québécoises devront choisir les 127 députés qui siègeront à l’Assemblée nationale.
Le Parti québécois part en avance dans les sondages, après avoir annoncé qu’il ne tiendrait pas de référendum sur l’indépendance du Québec tant que Donald Trump serait président des États-Unis. La Coalition avenir Québec a remonté tranquillement dans les intentions de vote après un changement de cheffe. Ils sont presque à égalité avec le Parti libéral du Québec.
Mercredi, le Canada a annoncé une aide de plus de 2 millions de dollars pour les opérations de secours d’urgence en Colombie à la suite du tremblement de terre du 10 aout.
Aide ciblée : Les fonds serviront notamment à fournir une aide alimentaire, des abris d’urgence, de l’eau et des services d’hygiène, appuyer les opérations de la Croix-Rouge colombienne et la construction de logements temporaires.
Cette contribution s’ajoute aux 8,5 millions de dollars déjà accordés par le Canada cette année pour répondre aux besoins humanitaires de la Colombie.
L’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) et la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) accueillent favorablement la décision du Canada de se retirer des négociations commerciales avec les États-Unis.
En entrevue avec Francopresse, la présidente de la FCCF, Nancy Juneau, salue «la fermeté du gouvernement, qui a affirmé que la langue française, la culture francophone, les médias d’expression française et les politiques de découvrabilité des contenus culturels ne sont pas des marchandises».
On est content que cela n’ait pas été sacrifié sur l’autel du commerce.
Lorsqu’il a annoncé la rupture des négociations, le samedi 22 aout, Mark Carney a cité la protection du français et de la culture parmi les «irritants» soulevés au cours des discussions.
Pour Nancy Juneau, les récents rebondissements de la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis représentent une occasion pour le fédéral de réexaminer sa position sur les redevances imposées aux diffuseurs en ligne.
Nancy Juneau privilégie la version du premier ministre canadien à celle de l’administration Trump, qui nie avoir exigé des concessions sur le français.
«Ça fait longtemps que certains acteurs aux États-Unis trouvent inutile le fait de devoir traduire leurs notices, les étiquettes en français. Ça ne date pas d’hier. Donc que ça revienne pendant les négociations et que ça devienne une ligne rouge, ça ne nous surprend pas», note-t-elle.
Du côté de l’APFC, «on est plutôt rassurés», déclare en entrevue la directrice générale, Carol Ann Pilon. «On espère maintenant que le gouvernement tiendra sa parole sur cette ligne rouge et que la culture – s’il retourne à la table de négociation – ne reviendra pas non plus sur la table comme une monnaie d’échange.»
À la mi-juillet, le gouvernement Carney a confirmé faire marche arrière sur les redevances que le CRTC comptait imposer aux grandes plateformes de diffusion en ligne. Ottawa renonçait ainsi à la contribution de base de 5 %, privilégiant plutôt un financement public de 600 millions de dollars par an pour soutenir la production canadienne.
Un montant insuffisant selon Nancy Juneau, qui partage sur ce point la position de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC), dont font partie la FCCF et l’APFC.
Néanmoins, la responsable voit dans le contexte actuel une occasion pour Ottawa de réexaminer sa décision et «de remettre à l’ordre du jour l’obligation des plateformes numériques de contribuer au financement des productions canadiennes».
L’écosystème culturel s’appuie sur deux piliers : la découvrabilité des contenus canadiens, mais d’abord et avant tout, le financement de ces contenus-là pour qu’ils existent. On ne va pas les découvrir s’ils n’existent pas.
Elle se dit confiante quant à la volonté du gouvernement de protéger le français et la culture canadienne.
«Reste encore à savoir qu’est-ce qui va se retrouver dans le décret qui va être émis par le gouvernement, parce qu’on n’en a pas vu copie», rappelle Carol Ann Pilon, faisant référence à la décision d’Ottawa vis-à-vis des plateformes de diffusion en ligne.
Carol Ann Pilon espère que la culture ne se retrouvera pas sur la table des négociations.
«Est-ce que le gouvernement va revenir sur sa décision? On n’en sait rien à ce point-ci.»
Pour elle, le retrait soudain du Canada des négociations commerciales avec les États-Unis reste une lame à double tranchant.
«Ça a le potentiel de peut-être réparer certaines choses, d’améliorer les prochaines décisions que le CRTC pourrait prendre pour mieux soutenir la production de langue française en contexte minoritaire, mais il y a aussi un risque que ça dilue les décisions qui ont déjà été émises, et que les niveaux de contribution soient revus à la baisse, ce qui aurait un impact très négatif sur le secteur.»
«Dans tout futur accord, il faudrait demander des garanties, estime Nancy Juneau. On se rend compte que les mécanismes actuels sont vulnérables aux pressions commerciales.»
«On parle de la culture comme si ce n’était pas économique. Mais c’est une industrie comme bien d’autres», rappelle-t-elle.
Les 600 millions promis par le gouvernement demeurent «des décisions gouvernementales», remarque Carol Ann Pilon.
«Elles ne sont pas ancrées dans une loi ou une règlementation. Elles sont plus faciles à changer au fil des gouvernements qui se succèderont ou encore sous d’autres pressions économiques. Tandis qu’une règlementation, c’est plus difficile à changer.»
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Dans son annonce de rupture des négociations avec les États-Unis le samedi 22 aout, Mark Carney a évoqué le français comme l’un des «irritants».
Plus précisément, il a expliqué que l’une des raisons de l’échec des négociations émane des demandes de l’administration Trump concernant certaines règles et lois pour la protection du français et de la culture au Canada. Des conseillers du président auraient demandé de revoir la loi sur la diffusion en continu du gouvernement fédéral et la loi 109 sur la découvrabilité du Québec. Les règles d’étiquetage sont aussi un irritant de longue date.
Selon le professeur de science politique à l’Université d’Ottawa, Charles-Étienne Beaudry, la sortie de Mark Carney aurait «jeté un pavé dans la mare de l’élection provinciale au Québec».
Ce dernier affirme que le gouvernement canadien et le gouvernement québécois de la Coalition avenir Québec, actuellement au pouvoir, auraient cherché à se présenter comme des défenseurs du français pour gagner des votes face au Parti québécois, un parti indépendantiste nationaliste qui mène dans les sondages à l’approche de l’élection d’octobre.
«S’ils ont voulu faire une manœuvre politique pour nuire au Parti québécois, ils ont peut-être donné des munitions à Donald Trump. Il pourrait se mettre à soutenir l’indépendance du Québec pour briser le Canada», prévient le professeur.
La francophonie canadienne est aussi entrainée dans la tourmente, poursuit Charles-Étienne Beaudry. Le désir des plateformes de diffusion en ligne, comme Netflix et Amazon Prime, que les règles fédérales concernant la mise en valeur du contenu francophone soient assouplies est également «instrumentalisée» par Trump.
«Avoir mis l’emphase là-dessus, je ne sais pas si c’est une si bonne idée que ça, questionne le professeur Beaudry. Les stratèges de Mark Carney ont peut-être dit : “En disant ça, vous allez montrer que vous vous souciez du français et de la culture francophone au Canada”. Mais là, attention, à ne pas donner d’armes à notre adversaire qui n’hésitera pas à les utiliser.»
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Donald Trump a profité d’un message sur son réseau social le 25 aout pour contrer l’argument de Mark Carney, qui a dit vouloir protéger la langue française contre les demandes des États-Unis comme l’une des raisons de la rupture des négociations. Cette déclaration d’amour pour la francophonie canadienne fait abstraction du fait que les règles d’étiquetage du Québec ont été identifiées comme une «barrière technique au commerce» dans un rapport en avril 2025.
Le 25 aout, le Canada a annoncé sa riposte face à cette plus récente salve de tarifs douaniers des États-Unis. Cette dernière concernant des produits canadiens totalisant 27,6 milliards de dollars est finalement entrée en vigueur le 22 aout.
Les ministres fédéraux François-Philippe Champagne, Patty Hajdu, Mélanie Joly et Evan Solomon ont annoncé des contretarifs «dollars pour dollar» qui se chiffrent à un total de 27,6 milliards de dollars de produits américains. Des tarifs douaniers variant entre 15 et 50 % seront appliqués dès le 8 septembre sur des produits de fer et d’acier, alimentaire, laitiers, électroménagers et agricoles, entre autres.
Cette réponse canadienne survient après la rupture des négociations entre les États-Unis et le Canada, le 22 aout. Ottawa a refusé la dernière entente truffée de «lignes rouges», a mentionné le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, sur les ondes de Radio-Canada.
La réplique canadienne est assortie de différentes mesures de soutien à hauteur de 7,5 milliards de dollars pour les entreprises et travailleurs canadiens touchés.
Après cet échec des négociations, est-ce que le gouvernement canadien pourrait permettre au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de ramener la demande de contribution de 15 % des revenus canadiens des plateformes de diffusion des États-Unis pour financer la production de contenu canadien et francophone? En réponse par courriel à Francopresse, le ministère de l’Identité et de la Culture canadiennes préfère envoyer la question vers le bureau du premier ministre.
Le professeur Charles-Étienne Beaudry reste prudent sur cette possibilité : «On a déjà reculé, donc ce n’est pas évident. Il faut se tenir solides dans nos décisions, peut-être trouver de nouvelles mesures.»
Le CRTC avait décidé en mai 2026 de faire passer de 5 à 15 % de leurs revenus canadiens la contribution des grandes plateformes de diffusion étrangères, comme Netflix, Apple TV+ ou Amazon Prime, à la production canadienne et francophone.
Les plateformes américaines contestent depuis cette mesure devant les tribunaux. Selon eux, le Canada leur impose une obligation financière beaucoup plus lourde qu’aux entreprises canadiennes, ce qu’ils considèrent être une mesure discriminatoire ou un obstacle commercial visant spécifiquement les entreprises américaines.
Le gouvernement canadien a toutefois indiqué en juillet qu’il comptait retirer cette obligation de contribution et la remplacer par du financement public. Cette décision est survenue alors que la contestation judiciaire était toujours en cours.
Selon le professeur, la contribution de 15 % c’était «trop». Il avance notamment un retour à 5 % comme possible solution.
Le Canada pourrait aussi s’inspirer du modèle de l’Union européenne, où Netflix adapte son contenu aux différentes cultures et régions.
Les entreprises américaines de diffusion de contenu, comme Netflix ou Amazon Prime, ont tendance à considérer le Canada comme une «extension du marché américain», ce qui «agace», note-t-il.
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Selon Charles-Étienne Beaudry, l’autre «carte maitresse» du Canada est le retour de l’alcool américain sur les tablettes canadiennes.
Huit des dix provinces l’ont banni de leurs étagères ou ont cessé d’en acheter, notamment le vin californien et le whisky du Kentucky qui sont le «nerf de la guerre», selon le professeur.
Plusieurs États producteurs d’alcool «sont des États importants pour les élections, cruciaux pour que les républicains de Trump conservent la Chambre des représentants, conservent le Sénat.»
Ce boycottage de l’alcool américain était l’une des demandes de la plus récente vague de tarifs. «Carney a vu qu’il était manipulé et a refusé», analyse le professeur.
L’Acadie n’est pas une province comme le Québec ou le Manitoba. C’est une nation regroupant les populations qui parlent français dans les provinces de l’Atlantique (le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse).
L’Acadie a été la toute première colonie française en Amérique du Nord. Elle est ensuite devenue une colonie britannique en 1713. La Grande-Bretagne décide alors d’expulser la population acadienne du territoire. C’est ce qu’on appelle le Grand Dérangement ou la déportation des Acadiens.
Entre 1755 et 1763, plus de 10 000 Acadiens ont été arrachés de leur terre natale, mis à bord de bateaux et envoyés vers d’autres colonies britanniques, comme aux États-Unis. Certains ont pu revenir à la maison après plusieurs années, mais d’autres n’ont jamais revu leur famille. Voilà pourquoi c’est un moment douloureux pour les Acadiens.
Cela explique aussi pourquoi les Acadiens sont fiers de faire du bruit à chaque 15 août, pour montrer qu’ils sont toujours là!
Durant cette fête nationale, tout le monde attend avec impatience ce qu’on appelle le Tintamarre. Le premier Tintamarre de la Fête nationale de l’Acadie a eu lieu en 1955 à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Le Tintamarre s’inspire d’une coutume médiévale française qui consiste à faire le plus de bruit possible pour marquer un événement triste ou joyeux. Dans le cas de l’Acadie, le Tintamarre représente les deux. Il évoque la tristesse du Grand Dérangement et il souligne aussi la solidarité et la joie. Il rappelle aux autres la présence des Acadiens.
J’ai pu m’entretenir avec Philippe Basque, un historien du Village historique acadien de Caraquet. Il m’a dit qu’il existait toutes sortes de Tintamarres partout dans la région. Parfois, c’est sous forme de musique, parfois ce sont de grandes parades sur plusieurs kilomètres ou des rassemblements. Peu importe la manière, il faut faire le plus de bruit possible!
Je lui ai posé la question suivante : est-ce qu’on doit utiliser un objet en particulier pour faire du bruit durant un Tintamarre? Voici sa réponse :
«Aujourd’hui, je dirais que ça peut être n’importe quoi. Dans les années 1970, on utilisait surtout des chaudrons ou des cuillères, parce que tout ce qui était en métal faisait plus de bruit. Maintenant, on peut entendre de tout : cris, klaxons, cloches, instruments… C’est très varié.»
Tu l’auras compris, tous les bruits sont les bienvenus à la Fête nationale de l’Acadie! La tradition du Tintamarre est devenue tellement populaire qu’elle attire même les touristes.
Et toi? Ça te tenterait de participer? Quel objet choisirais-tu pour faire du bruit? Moi je pense que j’irais avec ma trompette! TU-TU-TU-TUUUU 🎺
Saint-Pierre-et-Miquelon a beau se trouver à 20 kilomètres du Canada, c’est un territoire français. Oui oui! Même si l’île se situe à 4300 kilomètres des côtes françaises! Les 5800 habitants vivent surtout de la pêche. Comme ils sont techniquement en France, ils achètent leurs croissants avec des euros et quand ils votent, c’est pour élire le président français.
Le village est situé à 2 mètres au-dessus du niveau de la mer et il est au bord de l’eau. Ça veut dire que si le niveau de la mer augmente de deux mètres, le village sera complètement inondé!
Malheureusement, avec le réchauffement climatique, des experts prévoient que le niveau de la mer montera de 75 cm à 1 mètre d’ici 2100. Pourquoi? Les glaciers fondent dans l’Arctique, ce qui ajoute plus d’eau dans l’océan.
Depuis 2022, le gouvernement français aide les 600 habitants de Miquelon à déménager. Comment? En rachetant les maisons des habitants volontaires, il leur donne les moyens d’en construire une plus loin.
Le nouveau village de Miquelon se situera à 55 mètres de hauteur sur une colline, à 1,5 kilomètre de son lieu actuel.
Pour l’instant, 14 familles ont accepté de déménager et neuf maisons sont en cours de construction. Le reste des habitants de Miquelon a encore du temps : ils peuvent demander l’aide financière du gouvernement jusqu’à 2100!
En plus des maisons, il faut aussi déménager la mairie, l’église et l’école. Et c’est tout un travail pour relier les nouveaux bâtiments au réseau d’eau potable et d’électricité! Ensuite, quand tout le monde aura déménagé, les maisons dans l’ancien village seront détruites et remplacées par des espaces naturels.
Les Miquelonnais (les habitants de Miquelon) sont les premiers migrants climatiques français. C’est-à-dire qu’ils sont les premiers en France à devoir déménager à cause du réchauffement climatique. Mais ailleurs dans le monde, ce n’est pas nouveau!
En 2012, les 380 habitants du village Newtok, en Alaska, ont dû déménager à cause de la fonte du pergélisol et de l’érosion de leur terre.
Dans certains cas, ce sont des îles entières qui risquent de disparaître sous l’eau. C’est le cas de Tuvalu au milieu de l’océan Pacifique. Ses 12 000 habitants devront tous quitter l’île d’ici 2060.
On peut se sentir impuissant face à des nouvelles sur les conséquences du réchauffement climatique. Je te conseille de lire ou de relire ce super article d’Ophélie, où des enfants inspirants font leur part pour renverser la tendance partout dans le monde!
Peux-tu nommer trois gestes que tu fais pour préserver notre belle planète?
Source : La Presse