le Jeudi 4 juin 2026

Avec les informations de Camille Langlade.

Le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a demandé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de revoir l’une de ses décisions obligeant les plateformes de diffusion en ligne canadiennes et étrangères – y compris les géants américains – à investir 15 % de leurs revenus réalisés au Canada dans des productions canadiennes, notamment francophones et autochtones.

Le 3 juin, le gouvernement des États-Unis a manifesté son intention d’utiliser une vieille loi sur le travail forcé pour imposer de nouveaux tarifs de 10 % sur le Canada et d’autres pays.

De plus, la visite du ministre Dominic LeBlanc à Washington pour tenter de préparer les discussions entourant l’examen de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) ne semble avoir apporté aucun élément nouveau pour l’instant.

À lire aussi : L’APFC dénonce une «absence quasi totale» de considération francophone en diffusion de contenu

Un investissement pour l’«accessibilité financière»

Le ministre Miller a justifié sa demande au nom de «l’accessibilité financière», mercredi en mêlée de presse.

Il a également annoncé un soutien de 600 millions de dollars d’Ottawa aux entreprises canadiennes de production culturelle afin de répondre aux besoins de création et de diffusion de contenu. «Cette industrie en a besoin et ne peut pas attendre que les litiges soient résolus avant que des personnes et des emplois ne soient perdus», a-t-il avancé, en référence aux litiges déjà en cours entre le CRTC et les plateformes américaines de diffusion en continu.

Interrogé sur le fait que sa décision ressemble à une autre capitulation d’Ottawa face à Washington, Marc Miller a affirmé que «ce n’est un secret pour personne que le Bureau du représentant américain au commerce a identifié ces questions comme un problème commercial. Il serait malhonnête de suggérer que c’est le seul problème».

«Ça fait partie d’une longue liste qui a été communiquée par le représentant des États-Unis, poursuit-il. Ce n’est pas un secret que c’était et que ça constitue un irritant. Ce n’est pas l’enjeu numéro un qui nous a motivés à nous assurer que le secteur reçoive de l’argent.»

Réactions mitigées

Pour l’Association canadienne des producteurs médiatiques, cette annonce du ministre Miller «fait craindre que le gouvernement fédéral ait sacrifié la culture canadienne au profit des intérêts des géants américains de la technologie».

«Si l’affaire de la taxe sur les services numériques nous a appris quelque chose, c’est que les concessions accordées sans contrepartie ne mènent qu’à des demandes de concessions supplémentaires», indique leur communiqué de presse.

Le premier ministre Carney doit défendre les histoires canadiennes, la main-d’œuvre canadienne, les producteurs indépendants canadiens et la souveraineté culturelle du Canada. Il faut mettre fin à la situation où les géants américains de la technologie profitent du système sans rien donner en retour

— Kyle Irving, président Association canadienne des producteurs médiatiques

Pour l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (Adisq), cette injection de fonds représente «un soulagement concret pour nos entreprises», affirme l’organisme, également par voie de communiqué.

«Aujourd’hui, l’industrie musicale locale opère dans un contexte économique difficile et en constante évolution, dominé par de puissantes entreprises étrangères», indique la directrice générale de l’Adisq, Eve Paré. «Pour que la musique d’ici continue de rayonner, nos entreprises ont besoin de moyens stables, prévisibles et à la hauteur des enjeux.»

À lire aussi : Musique et identité francophones : «On coche les cases»

Les décisions du CRTC

Dans deux décisions rendues le 21 mai, le CRTC indique que les diffuseurs en ligne devraient dorénavant injecter 15 % de leurs revenus canadiens pour soutenir la création de contenu local, contre 5 % auparavant. Cela vise les grandes plateformes comme Netflix, Disney+ et Prime Video.

Parmi ces investissements, 30 % «doit être utilisé pour de la programmation originale de langue française en première diffusion». Un 2 % est aussi réservé à la production francophone à l’extérieur du Québec.

Les radiodiffuseurs concernés sont ceux qui ont des revenus canadiens supérieurs à 25 millions de dollars annuels. Les radiodiffuseurs traditionnels devraient de leur côté verser 25 % de leurs revenus annuels pour appuyer le contenu canadien et autochtone. Leurs contributions se situaient jusqu’à présent entre 30 % et 45 %.

Ces mesures devaient permettre de dégager 2 milliards de dollars pour appuyer la production locale.

Mécontentement de l’autre côté de la frontière

Lorsque le CRTC a annoncé sa décision fin mai, le groupe Motion Picture Association, qui représente des plateformes comme Netflix et Prime Video, l’a fermement condamnée par voie de communiqué. Il dénonce des «obligations d’investissement sans précédent, inutiles et discriminatoires».

«Ce cadre contraignant vise injustement les plateformes mondiales de diffusion en continu avec des exigences qui enfreignent directement les obligations du Canada au titre de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) […] Les studios et les services de diffusion en continu américains sont déjà les principaux investisseurs étrangers dans l’écosystème cinématographique et télévisuel canadien – ils fournissent du contenu au public canadien et font connaitre les histoires canadiennes au monde entier.»

À lire aussi : Le CRTC approuve la demande de hausse tarifaire de TV5 Québec Canada

Le 2 juin, en Comité permanent des langues officielles, c’était au tour de la commissaire aux langues officielles, Kelly Burke, de renvoyer Patrimoine canadien à la table à dessin sur la proposition de règlement qui concerne les régions à forte présence francophone (RFPF).

Ce dernier désigne des entreprises privées de compétence fédérale, qui devront – une fois le règlement adopté – notamment fournir des services en français dans ces régions.

À lire aussi : Ottawa désigne des régions où le service en français sera obligatoire

Étendre à d’autres régions

Premier problème soulevé par Kelly Burke : la Loi sur l’usage du français dans les entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP) prévoit d’autres critères pour définir les RFPF, qui ne sont pas repris par le règlement.

[Le règlement] ne tient pas compte de l’épanouissement des communautés, de leurs spécificités. Par exemple, le grand territoire de Toronto devrait idéalement être une région à forte présence francophone

— Kelly Burke

La commissaire a précisé qu’elle appuyait une «portée plus large de l’application de la loi». Il manque selon elle des définitions pour y parvenir.

Elle cible notamment la formule utilisée – entre autres, la nécessité d’une demande potentielle de services en français d’au moins 20 % –  pour déterminer les RFPF : «On veut étendre la portée de la LUFEP, avec au moins une région francophone dans chaque province et chaque territoire», propose-t-elle.

Elle demande aussi à Patrimoine canadien de procéder à une analyse d’impact afin que la nouvelle règlementation reflète un équilibre entre les droits des travailleurs francophones et les réalités opérationnelles des entreprises concernées, notamment si la liste des régions à forte présence francophone devait être élargie à de plus petites communautés.

Autre hic d’après elle : il manque des précisions sur les termes «services», «communications» ou encore «consommateur», qui n’est «pas défini du tout» a-t-elle déploré devant les députés.

«“Consommateur” sous-tend un achat de quelque sorte […], tandis que “public” ne limite pas la portée de la loi à un échange monétaire», illustre-t-elle.

Kelly Burke prend l’exemple d’un consommateur à l’aéroport, qui effectue une transaction monétaire en achetant un billet d’avion. «Mais celui ou celle qui dépose une personne à l’aéroport, est-ce un consommateur? Ça peut être une personne qui demande un service au comptoir et cette personne devrait avoir accès aux services en français, malgré le fait qu’il n’y a pas d’échange commercial», a-t-elle exposé.

À lire aussi : Régions à forte présence francophone : les employeurs et les banques préconisent plus de «flexibilité»

Kelly Burke soutient que le Commissariat aux langues officielles aurait besoin de plus de ressources pour gérer les demandes si l’avant-projet de règlement sur les régions à forte présence francophone demeure dans son état actuel. 

Photo : Courtoisie CLO

Plus de travail pour la commissaire

La nouvelle règlementation, telle qu’elle est proposée, entrainerait également une charge de travail accrue et des besoins budgétaires supplémentaires pour le CLO.

Patrimoine canadien n’a pas fourni de registre des entreprises privées qui seraient visées. Le CLO estime toutefois qu’il y en aurait au moins 386, soit 1580 nouveaux lieux de travail, 35 307 employés au Québec et 38 022 dans les régions à forte présence francophone.

«Le nombre de plaintes va refléter ces nouveaux chiffres […] il y aura une charge de travail supplémentaire», affirme Kelly Burke.

Selon elle, la mise en œuvre de ce nouveau cadre nécessitera un travail juridique supplémentaire, de nouvelles interprétations de la loi et «de nouveaux contacts avec de nouveaux partenaires, surtout s’il n’y a pas de registre des entreprises».

La recevabilité des plaintes deviendra notamment un processus «beaucoup plus laborieux que celui qu’on a actuellement pour les langues officielles. On ne connait ni la portée ni la nature de ces entreprises».

La commissaire a réaffirmé que la création d’un registre des entreprises visées – actuellement prévue comme une simple possibilité dans le projet de règlement – devrait devenir obligatoire.

La Cour fédérale a rejeté le 2 juin la poursuite intentée par Droits collectifs Québec (DCQ), un organisme de défense des droits constitutionnels et linguistiques, contre le Bureau du registraire de la Cour suprême du Canada (BRCSC). L’organisme cherchait à obtenir la traduction en français d’environ 6000 jugements rendus avant 1969.

«Les décisions historiques de la CSC ne constituent ni des “services” ni des “communications au public” assujetties à l’obligation de traduction prévue par les dispositions générales de la partie IV de la Loi sur les langues officielles (LLO)», écrit la juge suppléante, Denise A. LeBlanc.

À lire aussi : Plus de 6000 jugements non traduits : la Cour suprême devant la Cour fédérale

«On est déçus»

«On est déçus, réagit le directeur général de DCQ, Étienne-Alexis Boucher. On demandait quand même à la Cour de remettre en question un système qui est bien établi depuis plusieurs décennies.»

Selon lui, cette décision «ne permet pas à l’État fédéral de tendre vers une égalité réelle entre les citoyens et les citoyennes du Canada, peu importe le groupe linguistique officiel auquel ils et elles appartiennent».

«Indépendamment de la technique judiciaire, on est quand même convaincus que la situation actuelle demeure problématique quant au respect des droits linguistiques des francophones du Canada.»

Indépendamment de la technique judiciaire, on est quand même convaincus que la situation actuelle demeure problématique quant au respect des droits linguistiques des francophones du Canada.

— Étienne-Alexis Boucher, directeur général de Droits collectifs Québec

Pour l’heure, DCQ «étudie» un éventuel appel de la décision. L’organisme a 30 jours pour le faire.

La Cour fédérale a fondé sa décision sur les arguments du BRCSC. Pour la Cour suprême, l’affaire touche la partie de la LLO abordant l’administration de la justice.

À l’encontre du Commissariat aux langues officielles

Cette décision va à l’encontre de deux conclusions du Commissariat aux langues officielles (CLO) dans le cadre de ce jugement.

Pour DCQ et le CLO, l’affaire touche la partie de la Loi sur les communications et les prestations avec le public.

Le CLO avait affirmé que les deux plaintes faites respectivement en 2019 puis en 2024 étaient fondées.

Après le dépôt du deuxième rapport du CLO, la CSC a retiré de son site Internet, fin 2024, toutes les décisions rendues avant 1970. Elle avait alors annoncé son intention d’en traduire certaines; 24 ont été sélectionnées en juin 2025.

À lire aussi : Retirer plutôt que traduire : le choix controversé de la Bibliothèque du Parlement

Malgré l’annonce de la traduction de ces 24 anciens jugements,  DCQ a maintenu sa plainte, jugeant cette mesure insuffisante, notamment parce que les traductions ne seront pas officielles.

À lire aussi : Cour suprême : traduire 24 jugements n’est pas suffisant pour des organismes

L’avant-projet de règlement sur la partie VII de la Loi sur les langues officielles (LLO) était attendu au tournant : les communautés francophones en situation minoritaire espéraient y voir des mesures positives bien définies.

Déposée le 9 décembre dernier par le Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT), cette ébauche de règlement a toutefois fait l’objet de plusieurs critiques en raison du manque de mordant de ces mesures et autres définitions qui aideraient concrètement les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) à s’épanouir au même titre que la majorité linguistique, avec les mêmes droits.

À lire aussi : Mesures positives pour les langues officielles : le règlement déçoit

Rétablissement des mesures positives

Les mesures positives sont des actions prises par le gouvernement pour faire respecter les deux langues officielles du Canada, le français et l’anglais, à se développer en contexte minoritaire.

Pour les francophones vivant hors Québec, il s’agirait par exemple de financer des écoles dans leur langue ou de soutenir l’offre de services en français.

En début d’année, lors de témoignages aux deux comités des langues officielles (Chambre des communes et Sénat), les fonctionnaires avaient affirmé aux parlementaires qu’ils ne pouvaient pas inclure de définitions des mesures positives ni «imposer» des clauses linguistiques dans les ententes entre le fédéral et les provinces/territoires.

«Vous répétez des parties de la Loi, mais vous ne clarifiez pas [le règlement, NDLR]», leur avait alors reproché le député du Bloc québécois, Mario Beaulieu, le 12 février.

Dans leur rapport remis aux Communes, les députés font des demandes claires. Ils exigent de tenir des consultations avec l’objectif de prendre ce type de mesures; que les institutions fédérales et autres entités assujetties à la LLO en proposent elles-mêmes; et que ces mesures doivent être le résultat d’une analyse différenciée en langues officielles, soient adaptées aux besoins des communautés francophones, qui sont toutes différentes, avec des besoins différents à travers le pays.

Ces mesures doivent notamment produire un «un effet réel et mesurable sur l’épanouissement et le développement des minorités de langues officielles, la reconnaissance et l’usage du français et de l’anglais partout au Canada, la protection et la promotion du français, ainsi que l’apprentissage dans la langue de la minorité […]», indique le document.

Clauses linguistiques…

L’un des autres points phares du rapport exige que les institutions fédérales impliquées dans un accord entre le gouvernement fédéral et une province ou un territoire divulguent aux autres ordres de gouvernement les clauses linguistiques qu’elles ont proposées dans l’entente.

Les députés somment aussi le SCT de commander à ces institutions fédérales d’inclure les démarches à entreprendre si ces clauses ne sont pas respectées.

C’était d’ailleurs un point d’achoppement entre les différents paliers de gouvernement et les conseils scolaires ou organismes francophones lors de la conclusion d’accords sur les garderies en 2024 et lors d’accord pour la construction d’écoles en français, en Colombie-Britannique.

À lire aussi : Épanouissement des communautés de langues officielles : un règlement préoccupant

Un énoncé de l’objectif du règlement – qui manque à l’appel dans la version actuelle – doit être noté pour rappeler trois objectifs qui fondent l’importante partie VII de la LLO : l’épanouissement et du développement des communautés de langue officielle, attaché à la promotion de l’usage des deux langues officielles dans la société canadienne; la protection et la promotion de la langue française dans chaque province et territoire et les engagements envers l’apprentissage dans la langue de la minorité.

…et plan d’action clair

Pour s’assurer que le SCT tienne ses engagements, les députés ont également fait valoir la nécessité de la mise en œuvre d’un plan d’action spécialement dédié à la partie VII de la Loi.

Plus concrètement, ce plan aurait des objectifs liés à l’ensemble des engagements prévus par cette partie, les mesures positives envisagées pour les atteindre, les indicateurs de rendement permettant d’en évaluer les résultats ainsi que les mécanismes de reddition de comptes.

Ce plan devrait être publié sur les sites Web des institutions, transmis au Secrétariat du Conseil du Trésor dans le cadre des bilans sur les langues officielles et évalués périodiquement par ce ministère, avance le rapport, dans sa 4e recommandation.

L’une des autres nombreuses critiques visait le manque de suivi des obligations des ministères et institutions fédérales par le SCT – reproché par le Commissariat aux langues officielles (CLO) lui-même – et le manque d’évaluation d’impact pour les CLOSM.

Au lieu d’une révision du règlement tous les 10 ans, les députés du comité des langues officielles préconisent au gouvernement de le revoir tous les 5 ans.

Le Bloc québécois pas entièrement d’accord

Selon le Bloc Québécois, le rapport contient des éléments symétriques qui suggèrent que la communauté anglophone au Québec a besoin d’un soutien similaire à celui des minorités francophones hors Québec, et que les communautés francophones et acadiennes sont confrontées à des difficultés sans commune mesure avec celles des Anglo-Québécois, notamment au Québec, où l’anglais est en nette progression tandis que le français est en déclin rapide, selon le député Mario Beaulieu.

Ce dernier propose d’inclure que l’objectif du règlement est de développer une procédure pour que des mesures positives soient également prises pour le français au Québec.

Le Bloc Québécois souligne également l’importance de la recommandation 5 (évaluation de mi-parcours) pour réaligner le plan d’action 2023-2028, qu’il estime non conforme à la Loi sur les langues officielles car il ne contient aucune mesure positive pour le français au Québec.

Des festivaliers participent au festival Back to Batoche depuis plus de 50 ans! 

Photo : Page Facebook Back to Batoche

Le festival Back to Batoche est un événement de quatre jours où on célèbre la culture métisse. Il a lieu… à Batoche, en Saskatchewan, depuis plus de 50 ans. Au programme? Danse, musique, contes et arts traditionnels!

Cette année, pas besoin de te rendre en Saskatchewan pour prendre part aux festivités : tu pourras les découvrir directement dans Roblox.

«Les gens qui n’auront pas la chance de se rendre à Batoche auront l’occasion d’amener Batoche vers eux. C’est une partie de l’expérience, pour qu’ils puissent la vivre à leur manière», a expliqué Andrea Fiss, directrice des sports et de l’éducation de la petite enfance de la Nation métisse de la Saskatchewan, à Radio-Canada.

Jouer et célébrer… sans quitter la maison!

Le festival a collaboré avec Maskwa Games, un studio qui crée des jeux vidéos. Ce sont eux qui se sont occupés de construire cette version virtuelle de Back to Batoche dans Roblox. 

Dans le jeu vidéo, il y aura plusieurs activités inspirées du vrai festival.

Par exemple, les joueurs pourront visiter un espace pour enfants, participer à des courses de chevaux ou s’essayer au lancer de haches. Ils pourront aussi discuter et se déplacer ensemble dans l’univers virtuel.

Et à Batoche, des tablettes électroniques seront prêtées aux visiteurs du festival pour leur permettre d’essayer le jeu.

Apprendre une langue en jouant

Le projet veut aussi aider à faire connaître le mitchif, une langue parlée par plusieurs Métis.

Le mitchif mélange surtout le français et des langues autochtones. Aujourd’hui, peu de personnes le parlent encore. Dans le jeu, les joueurs pourront apprendre certains mots en mitchif.

Avant sa sortie officielle, le jeu sera testé par de jeunes adultes de la Nation métisse de la Saskatchewan. Et toi, tu pourras le visiter du 14 au 19 juillet!

Et toi, si tu pouvais créer ton propre festival, qu’est-ce qu’on y célébrerait?

Sources : Radio-Canada, Nation métisse de la Saskatchewan

Pierre Leibovici. 

Photo : Courtoisie

As de l’Info : Bonjour Pierre! Quel type de journalisme faites-vous?

Pierre : Dans notre média, qui s’appelle Disclose, on examine les grandes marques qui ont du succès, pour voir s’il y a anguille sous roche. On pense que c’est notre rôle de journaliste d’aller vérifier si les promesses se vérifient dans la réalité.

C’est ce qui vous a poussé à enquêter sur Décathlon?

Oui. Avec des collègues d’une émission de télé, on a voulu savoir ce qui se cachait derrière l’étiquette «Fabriqué en Chine» des produits textiles Décathlon, comme les vêtements et les chaussures. En 2025, Décathlon travaillait avec plus de 1300 usines dans le monde, dont 400 en Chine. Comment les employés sont-ils traités là-bas? 

Dans votre reportage, vous dites avoir découvert des pratiques qui ressemblent à de l’«esclavage moderne» dans certaines usines. De quoi parlez-vous exactement?

En général, Décathlon choisit les usines qui payent les salaires les plus bas. Au Bangladesh, on a pu voir des adolescents qui travaillaient dans des ateliers de fabrication de chaussures pour Décathlon, sous le salaire minimum. C’est légal dans ce pays, mais pas en France ou au Canada.

L’enquête de Pierre a révélé qu’au Bangladesh, des ouvriers ont reçu moins de 80 $ par semaine. Pour une paire de chaussures vendue 40 $ en magasin, l’ouvrier n’a gagné que 4,50 $.

En Chine, on a aussi trouvé une enfant de 12 ans qui travaillait dans une usine avec sa mère. Selon Décathlon, elle était là exceptionnellement, parce qu’elle ne pouvait pas se faire garder. Mais une de nos vidéos la montre en train de nouer des boutons sur un polo vendu par Décathlon. 

Parlant de la Chine, vous affirmez qu’on y trouve du travail forcé. Qu’est-ce que c’est?

Je me suis rendu compte qu’une usine avec qui Décathlon a fait affaire embauche beaucoup de Ouïghours. Il s’agit d’un peuple musulman qui vit énormément d’oppression de la part du gouvernement chinois. La Chine essaie depuis plusieurs années d’effacer cette culture. Une de ses méthodes : faire travailler des paysans ouïghours dans des usines textiles. Parce que c’est loin de leur maison, ça divise les familles et ça les éloigne de leur culture, leur identité. On appelle ça du travail forcé, parce qu’il y a une menace claire s’ils n’acceptent pas de travailler. 

On a même appris que le gouvernement chinois paye une des usines qui a fabriqué des produits Décathlon pour recruter des travailleurs ouïghours! C’est très dérangeant.

Est-ce que Décathlon était au courant que cette usine est payée pour embaucher des Ouïghours?

Décathlon dit, sans le prouver, n’avoir jamais travaillé avec cette usine et que, selon ses vérifications, il n’y a aucun cas de travail forcé dans ces usines. L’entreprise a quand même affirmé avoir amélioré certaines conditions, comme le temps de travail et le salaire.

Mais vous, vous avez des preuves! Comment avez-vous réalisé ces reportages?

On a vraiment utilisé toutes les méthodes possibles! Par exemple, j’ai regardé des dizaines d’heures de vidéos TikTok d’ouvriers et d’ouvrières qui se filment à l’intérieur des usines. J’ai pu confirmer qu’on y a fabriqué des produits Décathlon.

Dans un autre pays, au Bangladesh, des alliés sur le terrain sont entrés dans des usines avec des caméras cachées. On a aussi pu voir des ouvriers qui manipulaient des produits potentiellement dangereux sans protection. 

Et puis, à force d’enquêter, je me suis fait des contacts qui ont pu m’envoyer des documents confidentiels de Décathlon. 

L’enquête de Pierre et de ses collègues a fait beaucoup jaser, en France et même à l’international. Comment a réagi l’entreprise? Est-ce que les révélations des journalistes l’ont poussée à améliorer ses pratiques? Découvre-le dans la suite!

Et toi, cher As, si tu étais journaliste, sur quel sujet voudrais-tu enquêter?

Parler à une IA comme à une amie… pourquoi?

Les intelligences artificielles sont conçues pour répondre rapidement et gentiment aux questions qu’on leur pose. Contrairement aux humains, elles ne se fatiguent pas, ne se moquent pas et ne disent pas : «Je n’ai pas le temps». D’ailleurs, certains n’ont pas de famille ou d’amis à qui parler. Dans ces moments-là, discuter avec une IA peut leur donner l’impression d’être écoutés et compris.

 Parfois, discuter avec une IA peut même aider quelqu’un à se calmer ou à réfléchir à un problème. Par exemple, un élève stressé avant un examen pourrait demander des conseils pour mieux étudier ou pour gérer son stress. L’IA peut aussi proposer des idées d’activités, expliquer des notions ou répondre à des questions difficiles.

Pour certaines personnes, parler à une IA semble moins intimidant que de parler à un humain. Quelqu’un qui est gêné ou inquiet d’être jugé pourrait avoir plus de facilité à raconter ses émotions à une machine, puisqu’il sait que l’IA ne va pas rire d’elle, ni répéter ses confidences à d’autres personnes. 

Des spécialistes donnent leur avis

Même si elle semble gentille, une IA ne ressent pas d’émotions et ne réfléchit pas comme un humain. Elle ne peut pas être heureuse, triste, jalouse ou inquiète. 

Les spécialistes de la santé mentale rappellent aussi que les vraies amitiés sont plus compliquées et plus riches qu’une conversation avec une machine. Un ami peut ne pas être d’accord avec nous, nous surprendre, nous faire rire ou nous aider à voir les choses autrement. Entre humains, on apprend aussi à écouter les autres, à partager et à régler des conflits.

Lorsqu’on parle avec une IA, la conversation tourne surtout autour de nous. Le robot est programmé pour nous faire plaisir. Mais dans la vraie vie, les relations humaines demandent aussi d’écouter les autres, de partager et parfois de faire des compromis. Les experts expliquent que quand quelqu’un passe trop de temps à discuter avec une IA, il est plus difficile pour lui d’apprendre à parler avec les autres et de comprendre les émotions des gens autour.

Attention à ce qu’on partage

Quand on parle à une IA, même si une conversation semble privée, il vaut mieux éviter de partager des renseignements personnels importants, comme son adresse, ses mots de passe ou des détails très intimes. Une IA n’est pas un psychologue, ni une amie proche capable de protéger nos informations comme le ferait un professionnel ou un proche.

Un outil utile… mais pas une meilleure amie

Une IA peut être un outil utile pour poser des questions, trouver des idées ou nous donner des conseils généraux.

Mais elle ne remplace pas les vraies relations avec les humains. Les amis, la famille, les enseignants et les professionnels peuvent comprendre nos émotions d’une façon qu’une machine ne pourra jamais faire complètement.

Une IA peut discuter avec toi, mais une vraie amitié se construit entre des personnes avec des émotions, des expériences et du temps passé ensemble.

Et toi, quelles qualités trouves-tu importantes chez un vrai ami ou une vraie amie?

Jeunesse, J’écoute

Interligne (écoute, intervention et sensibilisation pour la communauté LGBTQ+)

Cet article est inspiré d’un dossier de Gravité Média portant sur la santé mentale et le numérique.

«Le monde de la technologie, c’est vraiment le futur de l’économie», amorce Luisa Veronis, titulaire de la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes à l’Université d’Ottawa. «Surtout avec l’IA maintenant, tout ce qui est innovation, recherche, éthique; c’est vraiment dans ce domaine-là.»

Un domaine qui évolue à vitesse grand V et qui a besoin de main-d’œuvre. Certes, certaines universités canadiennes proposent des programmes autour de ces technologies, «mais ça reste un bassin assez petit», remarque-t-elle. C’est pourquoi le Canada regarde aussi ailleurs.

À lire aussi : Immigration francophone au Canada : «Ici, c’est oui, mais non»

Dans la mire d’IRCC

Dans le cadre du Programme d’appui à l’immigration francophone, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé, le 20 mars dernier, une série de projets pour renforcer la présence francophone dans le secteur des technologies de l’information et des communications (TIC). Ces initiatives visent à attirer et retenir des talents d’expression française et bilingues au Canada hors Québec.

Le Conseil des technologies de l’information et des communications (CTIC), un organisme à but non lucratif, mène actuellement un projet visant à repérer, à l’échelle internationale, de la main-d’œuvre bilingue dans ce secteur, et ainsi établir une cartographie mondiale des talents francophones.

Kathleen Slemon est analyste en recherche et politiques au CTIC. 

Photo : Courtoisie

«Le but, c’est faire une analyse des marchés de travail francophones et bilingues et une mise en correspondance de la classification professionnelle avec celle du Canada», explique Kathleen Slemon, analyste en recherche et politiques au CTIC. «On sait qu’il y a des compétences qui sont en demande dans ce secteur, bilingues ou francophones.»

Ces profils incluent, entre autres, les ingénieurs, les concepteurs de logiciels, les scientifiques de données, les gestionnaires des systèmes informatiques ou les spécialistes en cybersécurité. «Ils ont des rôles techniques qui peuvent être dans plusieurs secteurs, comme celui de santé, le public ou les entreprises», ajoute-t-elle.

La directrice générale de l’Observatoire en immigration francophone au Canada (OIFC), Kimberly Jean Pharuns, trouve que cette initiative est «une bonne idée», qui s’inscrit dans «l’engagement du gouvernement fédéral de rétablir le poids démographique des francophones en contexte minoritaire».

Selon elle, il faut s’assurer que les personnes sélectionnées correspondent aux besoins de main-d’œuvre des communautés. «On entend sur le terrain qu’il y a ces besoins de main-d’œuvre, mais on reste beaucoup dans l’anecdotique.»

À lire aussi : L’immigration francophone face à des défis systémiques

De la France à l’Amérique latine

Parmi les pays étudiés dans le cadre du projet de IRCC, Kathleen Slemon cite le Cameroun.

Au-delà des motivations économiques, Kimberly Jean Pharuns rappelle que l’immigration comprend aussi une dimension sociale d’intégration. 

Photo : Courtoisie

«On sait qu’il y a plusieurs pays francophones qui ont des écosystèmes de technologie et qui constituent des bassins très, très intéressants», commente Kimberly Jean Pharuns. Outre le Cameroun, elle ajoute le Sénégal, le Maroc et la Côte d’Ivoire.

Des pays avec «une main-d’œuvre hautement qualifiée dans le domaine du numérique, francophone, et très jeune»; et des pays trop souvent négligés par le passé, d’après elle. «Plus on est capable de recruter dans un bassin diversifié, plus cela enrichit la francophonie.»

Les autres bassins potentiels de talents francophones en TIC se trouvent en France et en Tunisie, mais aussi en Amérique latine, avec les francotropes, complète Luisa Veronis. «Ils ont une affinité culturelle et linguistique avec la langue française. Beaucoup de latinos se dirigent vers le Québec par exemple.»

«Il y a des personnes chinoises ou indiennes qui peuvent apprendre le français», suggère-t-elle.

Qui sont les francotropes?

Un francotrope désigne une personne ou un groupe dont la langue maternelle est une langue romane autre que le français – comme l’italien et l’espagnol par exemple – et qui présente de ce fait une proximité linguistique et culturelle avec le français.

Source : Office québécois de la langue française

«La charrue avant les bœufs»

Pour Luisa Veronis, le Canada «met un peu la charrue avant les bœufs» : «Ils veulent faire venir ces gens-là ici pour en fait stimuler ce domaine de l’économie.»

Néanmoins, elle ne parlerait pas de «pénurie de main-d’œuvre» dans ce secteur. Au pays, Toronto représente un véritable «hub» en la matière, remarque-t-elle. La Ville Reine abrite les sièges canadiens de sociétés comme Google et Amazon. «Ils ont leur bureau dans le coin de Kitchener et Waterloo, qui se veut le technology triangle du Canada.»

Luisa Veronis rappelle qu’il y a un bassin de talents potentiel en Amérique latine, où les francotropes entretiennent un lien particulier avec la langue française. 

Photo : Courtoisie UOttawa

«Tout ça, c’est très anglophone, poursuit la professeure. Dans ce domaine-là, ça fonctionne en anglais.»

Toutefois, même une entreprise francophone a besoin de quelqu’un spécialisé dans ces domaines. «Cette personne, elle sera anglophone dans le sens où elle parlera l’anglais parce que le domaine est dominé par cette langue. Mais, au sein de l’entreprise, il faut pouvoir communiquer en français avec elle», illustre la chercheuse.

Reste la question de leur intégration. «On les attire parce qu’on veut qu’ils s’intéressent à la communauté francophone, mais une fois arrivés, il y a toujours encore la question de la reconnaissance des acquis, des diplômes, de leur expérience sur le marché du travail.»

En général, dans le monde de la technologie, c’est un peu plus facile, dit-elle. Contrairement à un ingénieur, il ne faut pas forcément faire partie d’un ordre ou d’une association professionnelle. «C’est plus souple. L’expérience vaut plus que les diplômes. On sait ou on ne sait pas faire […] C’est un domaine qui est un peu comme le Far West.»

«L’attraction des talents, ce n’est que la première étape. Le plus important, c’est que ces gens-là puissent s’intégrer, faire communauté», estime pour sa part Kimberly Jean Pharuns. 

Lorsqu’on parle d’immigration économique, il faut faire attention à ne pas uniquement focusser sur les besoins de main-d’œuvre. Il faut aussi voir l’immigration de manière plus globale, la voir comme un projet d’intégration pour les travailleurs.

— Kimberly Jean Pharuns

À lire aussi : Immigration : le bilinguisme favorise l’intégration des francophones

Des emplois vraiment bilingues?

Aussi, un poste affiché comme bilingue ne l’est peut-être pas vraiment, a pu constater Luisa Veronis dans le cadre de ses recherches. 

«Parmi des personnes qui avaient intégré un poste bilingue, plusieurs m’avaient dit : “Oui mon poste est supposé bilingue, mais en fait, 95 % de mon travail est en anglais et 5 % en français. Je suis la seule personne francophone, donc je travaille avec les clients francophones, mais je suis isolée, car personne d’autre dans l’entreprise ne parle français.”»

«Plusieurs personnes arrivent en pensant pouvoir travailler principalement en français, mais découvrent rapidement – et surtout dans ce domaine – qu’il faut un niveau très avancé d’anglais», abonde dans le même sens Kimberly Jean Pharuns.

FRANCOPHONIE

Jeudi, la Cour suprême du Canada a confirmé qu’elle entendra la cause concernant la fermeture des palais de justice de Caraquet et de Tracadie, au Nouveau-Brunswick. Le Forum des maires de la Péninsule acadienne conteste la décision de fermer ces deux établissements, prise par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick, en 2021.

Droits linguistiques : Le Forum affirme que cette décision porte atteinte aux droits linguistiques garantis par les articles 16 et 16.1 de la Charte canadienne des droits et libertés. En renvoyant la majorité des dossiers à Bathurst, l’accès à la justice en français serait affecté.

La Cour du Banc du roi du Nouveau-Brunswick avait donné raison au Forum des maires en 2024. La Cour d’appel de la province s’était plutôt rangée du côté du ministre en 2025.

Les dates des audiences n’ont pas encore été déterminées.

À lire aussi : Justice en français : un système sous pression faute de main-d’œuvre bilingue

Le règlement qui encadre la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP) est sur la table du Comité permanent des Langues officielles à la Chambre des Communes et au Sénat.

Manque de souplesse : Lundi au Sénat, les représentants des banquiers canadiens et des employeurs dans le secteur des transports et des communications sous régie fédérale ont demandé à Patrimoine canadien d’assouplir les critères qui désignent les régions à forte présence francophone. Selon eux, le règlement tel que proposé actuellement désigne de très petites régions où trouver des employés qualifiés et bilingues serait très  difficile.

À lire aussi : Régions à forte présence francophone : les employeurs et les banques préconisent plus de «flexibilité»

Proposition de la FCFA : En comité mardi, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) s’est appuyée sur son mémoire pour proposer d’utiliser plutôt l’aire de diffusion (400 à 700 habitants) comme unité de recensement. Une façon d’identifier les régions à forte présence francophone (RFPF), avec un critère de demande potentielle de services en français d’au moins 20 %.

Liane Roy et Alain Dupis, respectivement présidente et directeur général de la FCFA, ont également demandé de désigner les capitales provinciales et territoriales, comme Toronto, Halifax et Whitehorse, comme RFPF et d’intégrer les régions désignées par les régimes provinciaux, comme l’Ontario et le Manitoba.

Leur demande inclut les centres urbains qui accueillent de l’immigration francophone ainsi que la préservation des communautés francophones historiques.

La FCFA insiste également sur le fait que les services en français, une fois établis, devraient être maintenus même en cas de décroissance démographique. Elle souhaite que le gouvernement rende obligatoire l’offre de services en français en cas d’urgence.

Revisite des seuils : La FCFA demande en outre d’abaisser le seuil minimal d’employés pour l’application du règlement à 25 pour les entreprises privées de compétence fédérale dans les RFPF, comme au Québec, notamment au Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du Canada.

Photo : Courtoisie

Le sénateur acadien René Cormier a reçu la toute première distinction honorifique remise par la Commission nationale des parents francophones, le samedi 23 mai. L’organisme dit avoir voulu reconnaitre «l’engagement déterminant» du sénateur lors de l’étude de la Loi sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants au Canada. Son travail a permis l’adoption d’un amendement pour prendre en compte les besoins spécifiques des communautés de langue officielle en situation minoritaire dans le financement et le développement des services de garde. 

CANADA

Le député de Laurier–Sainte-Marie (Montréal) a annoncé son départ de la politique au caucus libéral, mercredi. Il laissera son siège au courant de la pause estivale du Parlement.

Cette démission intervient dans la foulée de l’accord consolidé pour la construction d’un oléoduc dans l’ouest du pays, entre le gouvernement fédéral et l’Alberta. Dans diverses entrevues, il ne fustige pas la direction choisie par le premier ministre Mark Carney, mais il sent que sa voix n’a pas d’impact dans les décisions.

Avant de rejoindre son caucus, mercredi, Mark Carney a simplement laissé tomber «c’est la vie», avant de remercier son député sur X : «Notre gouvernement partage cet engagement en faveur de l’ambition climatique, de la compétitivité climatique et de la préservation de l’extraordinaire patrimoine naturel du Canada.»

Lors de son discours plein d’émotion en Chambre, Steven Guilbeault a déclaré : «La lutte pour notre planète est le combat de notre génération. J’ai bien l’intention de continuer à me battre.»

Le Bloc québécois, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti vert, par la voix d’Elizabeth May, ont tous déploré son départ, écorchant au passage le gouvernement Carney pour la direction que prend sa politique environnementale.

Seuls les conservateurs ont critiqué Steven Guilbeault, notamment sa politique «anti-développement», selon Pierre Poilievre.

À lire aussi : Élection fédérale : où est passé le climat?

Mark Carney a indiqué que la Loi sur la clarté ne s’applique pas à la démarche référendaire lancée par la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Le 19 octobre prochain, les Albertains et les Albertaines seront amenés à répondre à la question référendaire suivante : «L’Alberta doit-elle rester une province du Canada, ou le gouvernement de l’Alberta doit-il entamer la procédure juridique prévue par la Constitution canadienne afin de tenir un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l’Alberta doit ou non se séparer du Canada?»

«C’est un bluff très dangereux», a mis en garde le premier ministre, Mark Carney, lundi, en mêlée de presse.

Loi non applicable : Une autre question se posait : le fédéral pouvait-il utiliser la Loi sur la clarté pour encadrer le processus de cette démarche référendaire? La réponse est non, a confirmé le premier ministre Mark Carney en Chambre, mardi. La Loi ne s’applique pas ici parce que la question n’engage pas directement une sécession de l’Alberta.

Qu’est-ce que la Loi sur la clarté?

Adoptée en 2000 après le référendum québécois de 1995, la Loi sur la clarté vise à encadrer toute tentative de séparation d’une province canadienne. Pour que des négociations puissent s’engager, la Chambre des communes doit d’abord juger que la question posée et la majorité obtenue étaient claires.

Le gouvernement du Canada n’a pas envoyé de représentant aux audiences du Tribunal permanent des peuples (TPP) qui se sont déroulées cette semaine à Montréal.

Le Tribunal siège, entre autres, à la demande du Foyer pour femmes autochtones de Montréal, qui exige que les personnes responsables des crimes présumés commis contre les enfants autochtones dans les pensionnats autochtones du Canada rendent des comptes.

L’accusation : La poursuite allègue que le Canada a violé ses obligations concernant la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Des survivants des pensionnats et de la stérilisation forcée ainsi que des experts en crimes contre l’humanité ont été entendus.

Instance internationale : Le TPP est un tribunal d’opinion international indépendant créé en 1979 en lien avec la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il se penche sur des cas allégués d’abus des personnes et des minorités. Son fonctionnement est modelé sur celui de la Cour internationale de justice.

Sept juges ont écouté les témoignages et les preuves déposées. Le TPP a une influence surtout symbolique, sans pouvoir punitif. Mais les audiences permettent aux minorités et aux peuples marginalisés de s’exprimer.

À lire aussi : «Va apprendre ta langue» : ces Autochtones qui reprennent le flambeau

INTERNATIONAL

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, estime qu’Israël a violé la Convention de Vienne dans le traitement réservé aux Canadiens et aux Canadiennes ayant participé à la flottille pour Gaza, une mission d’aide humanitaire.

Elle a déclaré sur X, lundi, s’être entretenue avec son homologue israélien. «J’ai souligné que le fait d’avoir refusé à des citoyens canadiens l’accès à des services consulaires pendant leur détention constitue une violation de la Convention de Vienne et que cela ne doit plus jamais se reproduire.»