Le Bureau de la directrice parlementaire du budget (BDPB) a affirmé lundi dans un rapport que les couts de la Loi visant l’égalité réelle entre les langues officielles du Canada seront bien moindres que les 230 millions de dollars prévus par le gouvernement fédéral dans son Résumé de l’étude d’impact de la règlementation.
La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, et son équipe ont affirmé dans un rapport que les langues officielles couteront 148 millions de dollars de moins que la facture totale de 230 millions de $ initialement prévus par le gouvernement fédéral pour les entreprises privées sous juridiction fédérale.
148 millions de moins pour les entreprises privées : Cette facture allégée concerne principalement la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP), prévue par la Loi sur les langues officielles modernisée de 2023.
Le cout d’application de la LUFEP serait de 50,2 millions de dollars pour le fédéral et de 81,9 millions pour le privé, soit environ 148 millions de moins que l’estimation du gouvernement.
La LUFEP n’est pas encore en vigueur, mais le rapport du BDPB suppose qu’elle s’appliquerait dès le 1er avril 2027 et serait effective avant tout au Québec, puis, deux ans plus tard, dans les régions à forte présence francophone.
Ces régions sont : tout le Nouveau-Brunswick, des parties de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, de Winnipeg au Manitoba et d’Edmonton en Alberta.
La formation linguistique représente l’essentiel du cout d’application, dont 41,6 millions dans les régions hors Québec.
Total de 78 millions : Avec la Loi sur les langues officielles, entrée en vigueur en juin 2023, le fédéral dépenserait environ 78 millions sur cinq ans, de 2027 à 2032.
Pour l’application de la Loi, le rapport ne présente pas d’écart de dépenses avec le budget prévu par le gouvernement, mais rappelle que d’ici à 2028, elle couterait encore 27,5 millions au fédéral, montant issu du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028.
Cette loi comprend aussi un règlement obligeant les institutions fédérales à favoriser l’égalité des langues, ainsi que des sanctions pouvant atteindre 50 000 $ pour Air Canada, VIA Rail, Marine Atlantique et 21 administrations aéroportuaires. Ces sanctions n’ont pas été chiffrées par le rapport.
Statistique Canada a publié mercredi deux nouveaux rapports sur l’accès aux soins de santé dans la langue minoritaire, fondé sur une enquête de 2022.
Hors Québec, 66 % des adultes francophones jugent important de recevoir des soins en français. Parmi eux, 33 % estiment qu’il serait difficile, très difficile ou impossible d’y avoir accès dans leur communauté. De plus, 39 % reçoivent rarement ou jamais de tels services – contre 22 % chez les anglophones du Québec.
Près de 49 % demandent rarement ou jamais des services en français, surtout parce que 57 % croient que les professionnels ne parlent pas le français. Parfois même, 40 % pensent que les services ne sont pas offerts activement en français.
L’accès est perçu comme plus facile dans le nord et le sud-est du Nouveau-Brunswick et dans le sud-est de l’Ontario, et plus difficile à Toronto et dans les provinces de l’Ouest (excepté au Manitoba).
À lire aussi : Données linguistiques en santé : un portrait toujours aussi fragmenté au Canada
Selon des informations révélées par Le Devoir vendredi dernier, Ottawa a versé 13 millions de dollars à l’Alberta Machine Intelligence Institute (AMII) pour créer trois formations en ligne sur l’IA. Une première partie destinée aux étudiants a été mise en ligne le 21 septembre.
Selon le logiciel Pangram, des passages entiers auraient été générés à 100 % par IA, et ni l’AMII ni le ministère n’ont précisé le rôle de l’IA dans la création de la formation. Des experts québécois dénoncent ce manque de transparence ainsi qu’un biais «pro-adoption» et notent que la formation ignore les initiatives en français au Québec.
Version française bâclée : Traduction automatisée, vidéo uniquement en anglais, liens externes anglophones, la version française de la formation laissait aussi à désirer. Des vidéos doublées ont été publiées après les révélations du Devoir, ce qui était déjà prévu selon l’AMII.
L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, s’est montré de nouveau provocateur cette semaine en affirmant que les États-Unis «surveillent» les responsables canadiens qui pourraient faire des commentaires concernant les élections de mi-mandat américaines.
L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, affirme que Washington «surveille de près» la classe politique canadienne pour détecter toute ingérence électorale avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.
Il a évoqué la publicité de l’Ontario de 2025 (des extraits d’un discours de Reagan contre les droits de douane), qui avait poussé Donald Trump à rompre les négociations commerciales.
Il a aussi cité des propos de la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, qui aurait évoqué des droits de rétorsion ciblant des États politiquement sensibles, et de Justin Trudeau, qui avait critiqué l’administration Trump.
La ministre Joly réplique que le Canada ne fera jamais d’ingérence et qu’elle se concentre sur l’attraction d’investissements américains.
Pete Hoekstra prévient que les États-Unis réagiraient en cas d’ingérence. Le premier ministre Mark Carney a suspendu les négociations commerciales en cours en aout.
Parmi les membres du jury se trouvait un professeur de Nanjing University. Après la soutenance, il m’a fait savoir qu’il avait apprécié mon travail et qu’il serait heureux de me voir rejoindre son environnement de recherche. Je n’ai toutefois pas rejoint son équipe à ce moment-là.
Quelques mois plus tard, alors que je prévoyais poursuivre mon parcours de recherche par un postdoctorat, des raisons institutionnelles à mon université m’en ont empêché. J’ai alors repris contact avec ce professeur. Cette rencontre ponctuelle a finalement contribué à ce que je devienne chercheur postdoctoral à Nanjing University.
Cette expérience illustre une question plus générale étudiée par la sociologie : comment les relations transforment-elles des compétences en opportunités ?
Dans le monde universitaire, où l’on aime penser que les carrières reposent principalement sur les diplômes, les publications et l’excellence scientifique, la question peut être inconfortable. Pourtant, mérite et relations sont loin d’être deux mécanismes nécessairement opposés.
En 1973, le sociologue américain Mark Granovetter publie un article devenu classique, « The Strength of Weak Ties ». Il montre que nos relations relativement éloignées – connaissances, collègues occasionnels ou personnes rencontrées dans d’autres milieux – peuvent parfois nous donner accès à davantage d’informations nouvelles que nos relations les plus proches.
Nos proches évoluent en effet souvent dans des cercles semblables aux nôtres. Les « liens faibles », eux, peuvent servir de ponts entre des groupes qui communiquent peu entre eux.
Dans mon cas, le membre de mon jury n’était ni mon directeur de thèse ni un collaborateur de longue date. Il appartenait à un autre environnement universitaire. Cette relation constituait ainsi un pont entre l’institution où j’avais effectué mon doctorat et celle que j’allais rejoindre.
Parler de « réseau » dans une carrière provoque souvent un malaise. Le mot évoque facilement le favoritisme ou l’idée selon laquelle il suffirait de connaître les bonnes personnes.
Mais un réseau professionnel peut aussi se construire à partir du travail lui-même. Je ne connaissais pas personnellement le professeur de Nanjing University avant ma soutenance. C’est en découvrant mon travail qu’il s’est intéressé à mon profil.
La distinction est importante : la relation n’avait pas précédé l’évaluation de mon travail ; elle en était en partie le résultat.
La notion de capital social aide à comprendre ce mécanisme. Une étude de Scott Seibert, Maria Kraimer et Robert Liden, spécialistes en gestion et en comportement organisationnel, montre notamment que les réseaux professionnels peuvent favoriser la réussite de carrière en donnant accès à l’information, aux ressources et au soutien professionnel.
Le travail peut ainsi produire de la crédibilité ; cette crédibilité, de la confiance ; et la confiance, des relations capables de faire circuler une réputation au-delà de l’institution d’origine.
Cela explique aussi pourquoi « réseau » ne signifie pas simplement carnet d’adresses. Posséder des centaines de contacts sur une plate-forme professionnelle n’équivaut pas à disposer de centaines de relations capables de transmettre de l’information, de la confiance ou une réputation. Les soutenances, colloques, séminaires, publications et projets collectifs sont précisément des espaces où le travail devient visible et où des relations professionnelles peuvent se construire.
Il serait pourtant trompeur d’en conclure que chacun doit simplement « mieux réseauter ». Les réseaux sont aussi une source potentielle d’inégalités.
Le sociologue de l’enseignement supérieur Troy Heffernan, qui a étudié les réseaux académiques, montre leur rôle dans les trajectoires professionnelles : ils peuvent faciliter l’accès à des emplois, à des possibilités de publication ou à des opportunités qui ne sont pas toujours largement diffusées.
Ceux qui sont déjà insérés dans des réseaux bien positionnés peuvent donc bénéficier d’un avantage cumulatif.
La question est particulièrement importante pour les jeunes chercheurs, mais aussi pour ceux qui changent de pays ou de système universitaire. On peut posséder un doctorat, des publications et des compétences scientifiques tout en connaissant peu les institutions et les personnes de son nouvel environnement.
Le problème n’est donc pas seulement individuel. Si les relations influencent l’accès aux opportunités, les universités ont, elles aussi, un rôle à jouer : développer le mentorat, favoriser les rencontres entre chercheurs, rendre les occasions de collaboration accessibles et éviter que l’information professionnelle importante ne circule exclusivement dans des cercles fermés.
Autrement, l’injonction à « faire du réseau » risque simplement de reproduire les avantages de ceux qui en possèdent déjà un.
Après ma soutenance, j’aurais pu ne jamais reprendre contact avec le professeur de Nanjing University. Son commentaire serait resté un agréable souvenir. Lorsque ma première piste postdoctorale s’est fermée, j’ai choisi de revenir vers lui.
Le réseau avait créé une possibilité. L’initiative a permis de l’activer.
Rien de cela ne signifie que les compétences deviennent secondaires. La leçon est plutôt inverse : le mérite a besoin d’espaces dans lesquels il peut être observé et reconnu.
Pour les jeunes chercheurs, le meilleur conseil n’est donc probablement pas simplement : « Faites du networking. » Il serait plutôt de produire un travail solide, de le rendre visible dans les espaces scientifiques appropriés, de construire des relations professionnelles authentiques et, lorsqu’une porte s’entrouvre, de ne pas nécessairement attendre que quelqu’un d’autre la pousse.
Lorsque j’ai soutenu ma thèse en 2022, je ne savais pas que cette soutenance constituait aussi une rencontre professionnelle décisive.
Dans une carrière universitaire, le mérite demeure essentiel. Mais pour produire tous ses effets, il doit aussi pouvoir être vu, reconnu et relié.
Ils publient en anglais, car ils pensent avoir plus de chances de décrocher des bourses pour leurs recherches. Ils sont moins accompagnés, ont moins de places et doivent parfois même déménager en dehors de leur province d’origine pour le Québec ou le Nouveau-Brunswick – voire un autre pays – afin de voir leurs recherches publiées dans leur langue.
Telle est la réalité des chercheurs et chercheuses francophones du Canada. Une réalité qu’ont dénoncée des dirigeants d’universités et de collèges francophones, de presses universitaires; des fédérations de professeurs d’université et des chercheurs eux-mêmes, devant le Comité permanent de la science et de la recherche de la Chambre des communes.
Ce dernier les entendait des témoignages sur le rapport du groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français, du 24 septembre au 8 octobre.
À lire aussi : Recherche en français : des experts guident Ottawa vers une nouvelle façon de penser
Écarts chiffrés
Entre 2020 et 2024, le taux de succès des demandes en français aux subventions à la découverte du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) était de 47 %, contre 56 % pour celles en anglais.
Hors Québec, seuls 4 projets sur 73 présentés en français aux aux Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont été financés sur dix ans, soit un taux de réussite de 5,5 %.
Au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), le taux de succès des demandes francophones hors Québec atteignait 31,7 %, contre environ 42,5 % en moyenne.
Ces écarts mettent en évidence les difficultés particulières auxquelles se heurtent les chercheurs et chercheuses francophones dans les milieux minoritaires.
Pas une simple demande de fonds
Linda Cardinal est professeure émérite à l’Université d’Ottawa et membre du groupe consultatif qui a produit le rapport. Elle voudrait que le comité recommande au gouvernement majoritaire la mise en œuvre des recommandations du rapport, incluant l’investissement du fédéral de 40 millions de dollars, afin que cela devienne «un plan de départ» pour le gouvernement fédéral.
Le but : que les recommandations de ce rapport structurent le plan d’action, avec «des responsabilités très claires pour le ministère de l’Industrie», précise l’universitaire, pour ainsi voir une feuille de route émerger.
Le Service d’aide à la recherche en français (SARF)
Lancé par l’Acfas en mai 2023, le Service d’aide à la recherche en français (SARF) est un service national qui soutient les chercheurs et chercheuses francophones en contexte minoritaire pour préparer leurs demandes de financement de recherche en français auprès des conseils subventionnaires fédéraux.
Les conseils subventionnaires fédéraux principalement visés par le rapport sont :
«Des jeunes se disent que s’ils arrivent avec [des sujets] sur la francophonie canadienne, [leur] doctorat n’aura pas la même valeur que s’[ils] travaillaient […] sur l’économie canadienne», a fait valoir Linda Cardinal devant les députés.
Les trois organismes subventionnaires, soit le Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH), les IRSC et la Fondation canadienne de l’innovation ont tous été consultés par le groupe consultatif.
«Chacun y va de sa mesure positive, mais on a besoin d’une stratégie (…) pour diffuser la recherche en français. Ils reconnaissent tous qu’il faut en faire plus pour la recherche en français, mais on ne peut pas dire qu’ils ont commencé à mettre en place nos recommandations.»
Les trois recommandations pour le gouvernement
Compétition
Alors que les universités classées dans le top 15 des établissements canadiens les mieux réputés attirent les fonds, il faudrait «quelques forces externes pour favoriser un meilleur environnement» : «Les fonds attirent plus de fonds», estime Ghyslain Gagnon, cadre-conseil en développement stratégique de la recherche à l’Université du Québec.
Je suis un chercheur moi-même. Quand on reçoit 50 demandes, mais qu’il n’y a les fonds que pour deux personnes, la différence entre la 2e et la 3e se joue sur des virgules.
Il affirme que le déséquilibre des fonds entre les établissements francophones affaiblit les opportunités de financement futur.
Son collègue Francis LeBlanc, vice-recteur adjoint à la recherche et doyen à l’Université de Moncton, a insisté sur le fait que les fonds sont allés aux U15 automatiquement [le regroupement qui représente 15 des plus grandes universités canadiennes auprès des gouvernements, NDLR].
Selon lui, la concentration des fonds nuit aux établissements francophones.
Lynn Casimiro, du collège La Cité à Ottawa, a plaidé que pour contrer cette tendance, il fallait «que les établissements francophones travaillent ensemble pour attirer davantage de fonds et créer un écosystème plus solide».
Une manière de permettre de «passer des savoirs vers une mise en marché de produits. On peut faire travailler les plus petits et les plus grands établissements».
Reconnaissance du côté du gouvernement
Le sous-ministre adjoint dans le secteur des sciences et de la recherche, Nipun Vats, également témoin du comité, a concédé au député du Bloc québécois Maxime Blanchette-Joncas que «l’aspect linguistique n’a pas été pris en compte» dans son ministère lorsqu’arrive la question de la répartition des fonds.
Il a aussi reconnu qu’il «est plus difficile de mener des recherches en français».
À la question de savoir si son ministère finance suffisamment la recherche en français, le sous-ministre adjoint a tenté un pas de côté, affirmant qu’il existait «une évaluation de l’excellence» et faisant valoir qu’il fallait prendre en compte «le nombre de candidatures du programme d’établissements francophones».
Il faut savoir si les chercheurs francophones ont un accès équitable pour être compétitifs dans les demandes de bourses.
Nipun Vats a aussi reconnu que la majorité des fonds vont aussi aux universités «qui ont les structures nécessaires pour les appuyer», soit notamment, les U15.
De son côté, Leslie Weir, la bibliothécaire et archiviste du Canada, chapeauté par le ministère de Patrimoine canadien, a affirmé qu’une «analyse approfondie» des recommandations du rapport soumis par le groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français sera nécessaire pour «pour évaluer la mise en œuvre, les ressources et les possibilités de collaborations». Et ce, «bien que plusieurs objectifs concordent».
Le président de Hill Strategies, Kelly Hill, a présenté les résultats de ses analyses lors d’un webinaire le jeudi 8 octobre.
La part du secteur culturel de la francophonie de l’extérieur du Québec au PIB aurait augmenté de 16 % par rapport à 2023, alors qu’il était de 5,6 milliards de dollars. En 2022, il était de 5,83 milliards et de 5,63 milliards en 2021.
Ces totaux incluent l’impact direct des activités de productions, comme la vente de billets. On y ajoute les impacts indirects – comme les locations de salles, le markéting et les assurances – et les impacts induits – comme les dépenses des membres du personnel, des artistes et des fournisseurs.
«J’ai eu l’occasion d’aller à l’assemblée annuelle de la Société nationale de l’Acadie […]. J’ai présenté ces chiffres-là et ça a eu un impact très important. Les gens ne sont pas conscients [de l’importance économique de la culture]», raconte, pendant le webinaire, la présidente de la FCCF, Nancy Juneau.
Kelly Hill, souligne certaines dépenses, comme les chambres d’hôtel et les restaurants, ne font pas partie des calculs. Ce n’est pas une pratique courante en économie, explique-t-il. Il est impossible de savoir quelle portion des revenus de ces secteurs serait réellement attribuable aux activités culturelles.
Nancy Juneau affirme que c’est une précision importante à apporter lorsque les données sont présentées, puisqu’elle sous-entend que l’impact est encore plus important, surtout en milieu minoritaire.
À lire aussi : «Une crainte réelle de sous-financement» pour la culture francophone
Pour ses analyses au cours des 4 dernières années, Kelly Hill a utilisé les données de Statistique Canada, comme l’estimation annuelle du PIB du secteur culturel pour le Canada, chaque province et les territoires. Les multiplicateurs pour les impacts indirects et induits viennent de la même source.
Ces données ne tiennent cependant pas compte de la langue. Statistique Canada a très peu de données divisées par la langue, note Kelly Hill. Ceci limite ce qui peut être inclus dans le calcul. Dans le cas des données sur le secteur culturel, il pouvait seulement se fier au pourcentage de francophones qui travaillent en culture, que fournit Statistique Canada.
De plus, ce pourcentage est basé sur le recensement de 2021. Ce sont les données les plus récentes, en attendant celles du recensement de 2026.
Selon les calculs de Kelly Hill, il y avait 36 1000 francophones à l’extérieur du Québec qui travaillent dans 52 professions culturelles en 2021.
En ouverture du webinaire, l’analyste de politiques et recherche de la FCCF, Laurence Dubuc, a rappelé que les données sont le nerf de la guerre. La collaboration avec Hill Strategies a permis à la FCCF «d’accéder à des données dont nous avions vraiment besoin pour appuyer nos plaidoyers, nos actions de terrain, celles de nos membres, celles de leurs membres. On manque de données dans le milieu culturel de la francophonie canadienne et acadienne».
Nancy Juneau encourage les organismes culturels francophones à utiliser les conclusions de Hill Strategies.
Le travail de M. Hill «nous donne des armes tant à nous qu’à vous sur le terrain pour démontrer à quel point notre secteur génère, oui du bonheur, mais aussi des retombées économiques extrêmement importantes», dit Nancy Juneau.
Il y a une donnée qui reste absente : le retour sur l’investissement du financement public. Ce serait un argument de plus pour convaincre les gouvernements d’investir.
«Le financement public a un impact sur ces chiffres-là. Mais il n’y a pas de ventilation du financement gouvernemental. C’est une comparaison qui est très difficile à faire à travers le pays, et comparer d’une province à l’autre. Même s’il y a des conseils des arts dans la plupart des provinces, leur mandat diffère un peu», explique Kelly Hill en réponse à une question d’un membre du public.
De plus, le PIB ne dévoile pas tout, prévient-il. Il ne mesure que l’aspect financier. Les bénéfices des arts sur la qualité de vie, la santé et l’éducation, par exemple, sont également importants, rappelle Kelly Hill.
«On sait que notre secteur n’est pas qu’un impact économique. C’est beaucoup plus que ça. Vraiment, on sous-estime l’impact que ça peut avoir de présenter ces chiffres-là», ajoute Nancy Juneau.
À lire aussi : La culture francophone face au dilemme de la rentabilité
Paul Gallant pêche le homard depuis environ 40 ans, au large d’Abrams-Village, à l’Île-du-Prince-Édouard. Des crustacés, il en a beaucoup vu passer dans sa vie!
Paul Gallant.
Mais le 11 septembre dernier, sa journée de pêche lui réservait toute une surprise! Dans une de ses cages à homards se trouvait un homard très pâle, avec des teintes de rose, de bleu, de blanc et de mauve. C’est très différent de la couleur habituelle des homards dans la nature : plutôt brunâtre!
«Quand la cage à homards est arrivée sur le bateau, je pensais que c’était juste un sac de poubelles. Puis, j’ai vu qu’il bougeait», a raconté le pêcheur au journal La Voix acadienne.
Après avoir pris quelques photos, il a cherché des images sur Internet. Il a découvert que ce genre de homard est surnommé «homard barbe à papa»… et qu’il n’avait qu’une chance sur 100 millions d’en trouver un!
C’est que, la couleur foncée des homards leur sert aussi de camouflage. Avec ses couleurs pâles, la trouvaille de Paul Gallant était donc beaucoup plus facile à repérer par les prédateurs.
«J’ai pensé : non, je ne vais pas le faire cuire, parce qu’il est trop rare. Il faut qu’on mette ça dans un musée», a-t-il confié au journal.
Le pêcheur a même décidé de lui donner un nom : Pee Gee! Il l’a ensuite confié au Centre Homarus, au Nouveau-Brunswick. Le homard pourra y être conservé et montré aux visiteurs.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Paul découvre un homard aux couleurs particulières. Au cours de ses années de pêche, il a aussi trouvé des homards bleus et un homard orange!
D’autres homards de couleurs rares pêchés par Paul Gallant.
C’est une question de pigments! Les homards ont naturellement un pigment appelé astaxanthine dans leur corps. C’est lui qui est responsable de la couleur foncée de leur carapace.
Pee Gee, lui, aurait beaucoup moins de ce pigment. Sa carapace est donc beaucoup plus pâle!
Les scientifiques ne savent pas encore exactement pourquoi certains homards ont moins de pigments. Cela pourrait être lié à leurs gènes ou à leur alimentation.
Une chose est sûre, ça fait d’eux des découvertes surprenantes… et très jolies!
Et toi, as-tu déjà vu un animal avec une couleur très inhabituelle? Raconte-nous!
Sources : La Voix Acadienne, National Geographic
J’ai appris que j’avais un TDA assez tard, à 23 ans! Comme je n’ai pas d’hyperactivité, il était peut-être moins facile à remarquer quand j’étais enfant… mais il n’était pas pour autant invisible!
Oublier ma boîte à lunch dans l’autobus, ne pas être capable de finir un livre, laisser mes clés dans la serrure de ma porte (oui, je suis la meilleure amie des voleurs!)… ça faisait partie de mon quotidien.
À l’école, ma plus grande difficulté était la concentration. Juste le bruit d’un taille-crayon était suffisant pour me faire perdre mon focus. J’ai déjà passé un cours entier à regarder un écureuil se promener dans un arbre 😂!
Quand j’ai reçu mon diagnostic, ça m’a permis de mieux comprendre mes difficultés et de trouver des outils pour les surmonter. C’était aussi un soulagement. Non, je ne suis pas paresseuse ou plus désordonnée que les autres. Mon cerveau fonctionne juste différemment, et c’est très correct!
J’ai d’ailleurs réalisé qu’un TDA, c’est aussi un super pouvoir. Quand une activité me passionne, je reste très concentrée pendant des heures. Par exemple, lorsque j’étudie une matière que j’aime, que je fais de la couture ou du dessin. Aussi, grâce à mon cerveau qui produit tout plein d’idées en même temps, je suis très originale et créative!
Au lieu de voir mon TDA comme un défaut, je le vois tout simplement comme une façon différente de fonctionner. TDAH, ça peut aussi vouloir dire «Tu Débordes d’Atouts Hyperpuissants»!
Il y a 4 ans, j’ai fait une longue démarche pour avoir des réponses à une question que je me posais depuis très longtemps : pourquoi est-ce que mon cerveau est différent de celui des autres?
Parce qu’à l’école, je devais souvent trouver des stratégies créatives pour apprendre : composer une chanson avec des mots difficiles à épeler, inventer une histoire pour me rappeler d’une formule mathématique…
Et aussi parce que dans les conversations, les mots se bousculent dans ma tête et poussent très fort pour sortir de ma bouche. J’ai du mal à les contrôler! Qu’est-ce qui m’arrive?
La réponse des médecins, après des tests? «Tu as un TDAH!». Wow. Tout d’un coup, on venait de mettre un mot sur ma réalité. Et ça m’a beaucoup soulagée.
J’ai pris des médicaments (du biphentin) pendant quelques mois, le temps de m’outiller et de comprendre ma «nouvelle» vie! Aujourd’hui, je vis main dans la main avec mon TDAH : il n’est pas mon ennemi! C’est une facette de moi qui m’aide à être plus alerte, plus empathique et plus créative!
Oh, sans oublier qu’avoir ce point en commun avec plein d’As, je trouve ça très cool!
J’ai appris que j’avais un TDA lorsque j’étais en 6e année du primaire. À cette époque, si «être dans la lune» avait été un sport, j’aurais gagné beaucoup de médailles!
J’avais surtout des difficultés avec mon organisation. J’oubliais mes lunettes de soleil à la plage pendant un voyage, je quittais l’école avec le mauvais cahier pour faire mes devoirs. J’ai même déjà perdu mes bottes d’hiver… en plein hiver!
C’est un pédiatre qui m’a expliqué ce qu’était le TDA. Il m’a aussi fait réaliser quelque chose d’important : avoir un TDA peut aussi être une force. Moi, je suis très créative parce que je suis attentive aux choses qui m’entourent.
Je suis aussi sensible aux émotions des autres, ce qui m’aide à bien les comprendre et à créer des liens avec eux. Et quand quelque chose me passionne, je peux me concentrer très longtemps dessus et y mettre beaucoup d’énergie!
Avec le temps, j’ai aussi développé des trucs pour m’aider à m’organiser. Par exemple, je note tout dans mon agenda et je mets des rappels sur mon téléphone pour ne pas oublier des évènements importants.
Est-ce que j’oublie encore parfois où j’ai mis mes clés? Oh que oui! Mais disons que j’ai appris à mieux travailler avec mon cerveau plutôt qu’à lui en vouloir!
Tu vois, même des journalistes de ton média préféré peuvent avoir un TDAH! 😉
Si c’est aussi ton cas, on t’invite à partager avec les autres pourquoi c’est en partie une force!
Selon le professeur titulaire de science politique au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, Frédéric Boily, l’élection de Paul St-Pierre Plamondon aux commandes du gouvernement du Québec n’est «pas forcément» une bonne nouvelle pour les francophones.
Le chef du Parti québécois souhaite tenir un référendum sur la question de la séparation du Québec avec le Canada après le départ du président des États-Unis, Donald Trump.
«Cette élection remet la question du référendum au cœur de la dynamique politique entre le Québec et Ottawa. Du côté des francophones, ça crée davantage d’incertitudes et tout particulièrement, évidemment, pour les francophones albertains, où il y a déjà un processus référendaire en place.»
Frédéric Boily affirme que les questions séparatistes albertaine et québécoise ne sont de toute façon pas «deux mouvements qui marchent de front», et donc, constituent «deux problèmes différents pour le premier ministre canadien».
Il reconnait toutefois que les deux ont une «source commune» : l’unité nationale canadienne.
Comment maintenir l’unité nationale canadienne quand vous avez deux mouvements dans deux régions du pays et qui ont des récriminations qui ne sont pas les mêmes, des griefs qui ne sont pas les mêmes? On ne peut pas apporter une seule et même réponse pour les deux.
À lire aussi : Référendum de 1995 : «une question de vie ou de mort» pour la francophonie canadienne
Une solidarité, mais peu de place pour les francophones en situation minoritaire
Pour le professeur, «du côté du Parti québécois, on n’est pas contre les francophones vivant à l’extérieur du Québec [mais] on ne s’en préoccupe pas».
Que ce soit pendant la campagne, dans sa plateforme ou dans le Livre bleu sur l’indépendance du Québec, le Parti québécois a peu ou pas parlé de la francophonie canadienne.
En revanche, lors d’une visite en Alberta en septembre 2025, Paul St-Pierre Plamondon avait affirmé en entrevue avec le journal Le Franco que «c’est déjà dans notre programme de soutenir les francophones hors Québec». «Juste par solidarité dans la conception que nous avons la même histoire et les mêmes expériences.»
À lire aussi : Rencontre avec Paul St-Pierre Plamondon : Un nouveau dialogue Québec-Alberta (Le Franco)
Selon lui, le déclin du français au Canada et au Québec est dû à un problème structurel. «J’aime mieux en sortir et devenir un joueur de soutien pour chacune des communautés francophones.»
Paul St-Pierre Plamondon est tout de même très au fait du combat des francophones hors Québec. «C’est un modèle de courage. En même temps, ça devrait réveiller certains Québécois, parce que souvent je trouve que le traitement antifrancophone est intolérable», a-t-il déclaré en entrevue avec Francopresse en mars 2024.
Sans parler de ce que ferait un gouvernement du Parti québécois pour les francophones du Canada en tant que gouvernement provincial, il soutenait qu’«il n’y a pas mal plus de possibilités si le Québec se donne l’entièreté des pouvoirs et commence une diplomatie très active dans chaque province au soutien des francophones, qu’il y a des possibilités dans la posture de déclin et de défense dans laquelle le Québec se trouve en ce moment».
Les organismes francophones utilisent les fils de l’Histoire pour appeler à la collaboration
La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada espère de son côté que, comme dans le passé, le premier ministre québécois travaillera de près avec la francophonie canadienne pour la défense du français.
«Historiquement, la FCFA a eu d’excellentes collaborations avec les gouvernements péquistes. C’est notamment le gouvernement de Jacques Parizeau qui a lancé en 1995 la première Politique du Québec à l’égard des communautés francophones et acadiennes.»
La FCFA ajoute déjà entretenir de bonnes relations avec le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.
Pour la question de la souveraineté du Québec, Liane Roy dit que le choix appartient aux Québécoises et aux Québécois. «Mais il y a un espace où on peut faire front commun, à 11 millions de personnes parlant le français, et je souhaite sincèrement que nos relations se bâtissent dans cet espace.»
De leur côté, la Société Nationale de l’Acadie (SNA) et la Coalition des organisations acadiennes du Québec (COAQ) appellent le nouveau gouvernement québécois à poursuivre dans la voie de la collaboration.
«L’histoire acadienne fait partie intégrante de l’histoire de la nation québécoise. La présence des Acadiens sur les plaines d’Abraham et leur participation à la révolte des Patriotes en témoignent. Il est important que cette contribution soit davantage reconnue et enseignée aux nouvelles générations. La COAQ souhaite poursuivre ce travail avec le gouvernement du Québec», affirme Marc Thériault, président de la COAQ, par voie de communiqué.
Unité économique
Le Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada) entend profiter de l’occasion pour rappeler que la francophonie canadienne est également une force économique que le gouvernement québécois doit prendre en compte.
«Juste leur dire qu’il y a 116 000 entreprises francophones à l’extérieur du Québec, que la majorité de celles-ci sont bilingues, ça peut ouvrir des opportunités, un fait que beaucoup de gens ignorent.»
«Nous sommes d’avis, comme réseau national, que la meilleure circulation des biens et services, de la main-d’œuvre au sein du Canada, c’est dans l’intérêt supérieur du pays, de la francophonie canadienne et, à nos yeux, ça inclut la francophonie québécoise.»
Dans son rapport annuel 2025-2026, la nouvelle commissaire aux langues officielles, Kelly Burke, présente deux recommandations.
La première : que la formation sur les responsabilités linguistiques des gestionnaires fédéraux devienne obligatoire d’ici mars 2028, pour contrer la tendance de certains cadres à s’exprimer presque uniquement en anglais.
Kelly Burke demande d’intégrer une lentille francophone à la stratégie fédérale sur l’intelligence artificielle afin que les outils offerts aux fonctionnaires fonctionnent aussi bien en français qu’en anglais et que leurs biais linguistiques soient reconnus.
Plaintes envers Air Canada : Le rapport fait état d’un total de 4110 plaintes en 2025-2026, dont plus de la moitié concernent les services au public au Québec. Plus de 2300 de ces plaintes déposées au Québec visent Air Canada. L’année 2026 devient la seconde année où les plaintes ont explosé en raison de l’ex-PDG de la compagnie aérienne, Michael Rousseau.
Parmi ses recommandations pour le projet de règlement sur la désignation des régions bilingues, la présidente de la FCFA Liane Roy propose l’imposition des services en français en cas d’urgence dans les transports et la révision du règlement aux 5 ans pour suivre l’évolution démographique au pays.
Au Comité sénatorial permanent des langues officielles, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a plaidé pour que Patrimoine canadien inclue «l’aire de diffusion» pour calculer les régions à forte présence francophone pour la langue de travail, en ce qui a trait à l’application de la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétences fédérales (LUFEP).
L’aire de diffusion représenterait une unité de recensement afin de mieux cibler et protéger les communautés de langue officielle en situation minoritaire.
Cette démarche viserait à optimiser l’identification des données démographiques francophones grâce à des maillages géographiques plus précis.
La FCFA s’appuie notamment sur une étude d’impact de Patrimoine canadien parue le 18 juillet.
«La règlementation changera peu les habitudes hors Québec et ne devrait pas bouleverser la règlementation des entreprises privées. […] Le régime sera financièrement rentable dans l’année», a relayé Liane Roy, par rapport à cette étude, devant les sénateurs.
Selon la FCFA, la désignation des régions à forte présence francophone présentée par Patrimoine canadien dans son avant-projet de règlement «exclut une masse critique de francophones et de régions rurales et isolées. Il n’y a pas de spécificité des communautés, même si la Loi le prévoit. Le seul poids démographique des francophones ne peut suffire comme critère.»
À lire aussi : Ottawa désigne des régions où le service en français sera obligatoire
Le Comité permanent de la science et recherche se penchait mardi sur le rapport du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français.
Le sous-ministre adjoint au ministère de l’ Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Nipun Vats, avait été invité à comparaitre. Sous les questions du député du Bloc québécois Maxime Blachette-Joncas, le fonctionnaire a fini par reconnaitre que la lentille francophone n’avait pas été prise en compte dans la distribution des fonds à la recherche aux établissements universitaires, et notamment dans la représentation des chaires francophones au Canada.
Il a tenté d’expliquer l’attribution avec des critères qui ne relèvent pas de la langue, comme l’admissibilité aux fonds de recherche. La réponse n’a pas convaincu les membres du comité qui l’ont poussé à étayer sa réponse par écrit d’ici 15 jours.
À lire aussi : Recherche en français : des experts guident Ottawa vers une nouvelle façon de penser
Mercredi, les ministres fédéraux de la Justice, Sean Fraser et de la Santé, Marjorie Michel, ont annoncé qu’ils maintiendront l’exclusion de l’aide médicale à mourir pour les demandes en cas de maladie mentale à partir de mars 2027.
Le ministre de la Justice Sean Fraser prévoit exclure les cas de maladie mentale des demandes d’admission d’aide médicale à mourir.
Le gouvernement fédéral déposera cet automne un projet de loi pour maintenir cette exclusion pour une durée indéterminée, alors qu’elle devait prendre fin en mars.
Il suit ainsi la recommandation d’un comité de députés et de sénateurs, qui jugeait impossible de déterminer de façon fiable si une maladie mentale est irrémédiable. Les difficultés d’accès aux services de santé mentale dans plusieurs régions ont aussi été soulignées.
Le même projet de loi décriminalisera les demandes anticipées pour les personnes atteintes d’une maladie dégénérative et qui risquent de perdre leur capacité à consentir à recevoir l’aide médicale à mourir.
Mercredi, le président du Secrétariat du Conseil du Trésor, Shafqat Ali, a déposé le projet de loi S-7, Loi sur la réduction du fardeau administratif pour tous les Canadiens, qui vise à éliminer les fardeaux règlementaires que le gouvernement juge inutiles.
Ce projet de loi entrainerait des modifications ciblées pour 31 lois et règlements connexes, relevant de 11 ministères et organismes fédéraux. Aux premiers rangs : Santé; Agriculture; Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE); Environnement et changement climatique Canada (ECCC); Justice, Transports; et Ressources naturelles.
Issu de l’Examen du fardeau administratif lancé l’an dernier, le projet de loi vise à créer un système de règlementation plus agile et sera suivi de nouveaux projets de loi présentés périodiquement, à partir de la rétroaction des parties intéressées et d’un examen continu des exigences règlementaires.
Maintien des protections, dit Ottawa : Le gouvernement cherche à faire économiser du temps et de l’argent à la population et aux entreprises en simplifiant les processus, en évitant les chevauchements, en favorisant l’innovation et en accélérant la prise de décisions, tout en maintenant les protections importantes en matière de santé, de sécurité et d’environnement, a fait valoir Shafqat Ali, jeudi en conférence de presse.
Mark Carney a annoncé un investissement de 2 milliards de dollars pour des rénovations écoénergétiques de résidences et de logements.
Le premier ministre Mark Carney a annoncé jeudi à Sherbrooke un investissement de 2 milliards de dollars pour la rénovation écoénergétique d’un million de logements au pays. Le but est de réduire les frais de chauffage et les émissions de gaz à effet de serre.
Rabais et rénovations : Le plan comporte deux volets. Le premier est un nouveau Programme national de rabais pour les thermopompes, destiné à aider jusqu’à 820 000 ménages dont le revenu est inférieur au revenu médian pourront recevoir jusqu’à 10 000 $. Les autres pourront recevoir 2000 $. Ces montants étant cumulables avec les programmes provinciaux.
Les demandes pourraient, selon Ottawa, être approuvées en 24 heures pour permettre une installation aussi rapide que celle d’une chaudière.
Le second volet, mené avec la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) et la Banque de l’infrastructure du Canada, vise à soutenir les propriétaires d’immeuble dans la rénovation de 280 000 logements en immeubles d’ici huit ans.
Vingt-cinq mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre en moins : L’ensemble des mesures devrait réduire les émissions canadiennes de plus de 25 mégatonnes, dit Ottawa, soit l’équivalent d’environ 8,5 millions de voitures retirées de la route pendant un an.
Dans l’une de ses deux recommandations, la commissaire dit vouloir éviter une tendance vers l’unilinguisme dans les services au public et dans la langue de travail de la fonction publique.
Elle enjoint le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada à rendre la formation sur les responsabilités des gestionnaires de la fonction publique en lien avec les langues officielles obligatoire d’ici le 31 mars 2028. Cette formation est donnée par l’École de la fonction publique du Canada.
Une manière d’éviter cette «tendance préoccupante de fonctionnaires représentant des institutions fédérales qui prennent publiquement la parole uniquement ou majoritairement dans une seule des deux langues officielles», indique la commissaire dans le rapport.
«Il s’agit pourtant de chefs de file qui ont la responsabilité de promouvoir un milieu de travail bilingue et propice à l’usage des deux langues officielles», peut-on lire.
Sans l’évoquer, c’est l’unilinguisme anglophone qui est ici visé. La commissaire demande aux responsables à «promouvoir un milieu de travail bilingue», en rappelant que l’unilinguisme des personnes dans les postes d’autorité donne un «mauvais exemple» au personnel.
Le rapport souligne que 73 plaintes ont été recensées pour l’année 2025-2026 en lien avec les formations pour les fonctionnaires. L’accès inégal à la formation en français pour le personnel des institutions fédérales est pointé comme un irritant. Il y aurait un manque de ressources disponibles dans cette langue et une qualité et une fréquence parfois inférieures à celles offertes en anglais.
La langue choisie par l’employé dans les régions désignées bilingues en vertu de la Loi sur les langues officielles (LLO) n’est pas toujours respectée, notamment dans les outils de travail ou la supervision.
Il faut aussi mieux encadrer la conception des formations, exprime le rapport. Celles créées dans des régions unilingues et déployées à l’échelle nationale sont rarement traduites ou offertes dans l’autre langue.
Ces lacunes peuvent avoir des conséquences négatives sur les employés, comme «freiner son rendement, provoquer son exclusion ou créer une insécurité linguistique».
Des plaintes au sujet de séances d’information, de présentations ou de discours livrés entièrement dans une seule des deux langues officielles par des fonctionnaires représentant des institutions fédérales assujetties à la Loi ont été recensées. La présence écrasante de l’anglais dans des comités interministériels également.
À lire aussi : Des milliers de documents de travail seulement en anglais à Statistique Canada
Considérant la constance des manquements liés aux droits et obligations en matière de langue de travail au fil des ans, force est de constater qu’il est grand temps que la formation à ce sujet devienne obligatoire pour les fonctionnaires en situation de leadeurship […]»,
Les autres recommandations concernent l’intelligence artificielle (IA). Il y a un biais linguistique qui découle de cet outil, dénonce la commissaire aux langues officielles dans son rapport.
«[…L]es fonctionnaires fédéraux ont besoin de technologies qui fonctionnent dans les deux langues simultanément et de façon uniforme. De plus, ils ont besoin de formation pour apprendre à déceler les biais culturels linguistiques que peuvent entrainer les outils d’intelligence artificielle», affirme Kelly Burke, dans sa première recommandation.
Elle déplore notamment que le Guide sur l’utilisation de l’intelligence artificielle générative du Secrétariat du Conseil du Trésor ne fournisse pas de méthode pour remédier à ces biais, «qui pourraient représenter de manière disproportionnée les perspectives anglophones au détriment des perspectives francophones».
Kelly Burke et son équipe proposent au gouvernement fédéral d’adapter tout outil d’intelligence artificielle qu’il acquiert et de «proposer des interfaces et fonctionnalités d’égale convivialité en français et en anglais» aux fonctionnaires.
En outre, la Loi sur les langues officielles modernisée en 2023 devrait figurer dans la liste des lois qui touche de près ou de loin la Stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle du Canada : L’IA pour tous lancée le 4 juin 2026.
Le rapport fait état d’un autre point d’accroche majeur : l’exclusion de certaines entités qui devraient, selon la commissaire, recevoir des sanctions administratives pécuniaires.
Depuis la publication de l’avant-projet de règlement sur les sanctions administratives pécuniaires qui encadre un nouveau pouvoir du Commissariat aux langues officielles, la commissaire plaide pour que ces amendes visent les autorités portuaires, les autorités aéroportuaires et l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien.
«Patrimoine canadien croit que cette institution ne devrait pas être sujette à l’émission de sanctions puisqu’il s’agit d’une société d’État entièrement financée par des crédits parlementaires, mais le Commissariat n’est pas d’accord avec cette logique. L’inclusion de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien encouragerait une meilleure conformité de sa part ainsi que le respect des obligations prévues par la Loi», plaide le rapport.
La commissaire écrit également qu’elle attend toujours du ministère qu’il revoie sa position sur l’allègement du processus de procès-verbal d’une sanction administrative pécuniaire. Elle qualifie pourtant de «simple et direct» d’autres règlements de même nature dans l’appareil gouvernemental.
Elle rappelle que les deux comités permanents des langues officielles, à la Chambre et au Sénat, appuient sa vision.
À lire aussi : Langues officielles : des élus veulent doubler les amendes et élargir les sanctions
Sur un total de 4110 plaintes déposées auprès du Commissariat aux langues officielles en 2025-2026, 2493 ont été déposées par rapport aux services au public dans les deux langues officielles au Québec.
Cette province est largement en tête du nombre de plaintes. Arrive ensuite la région de la capitale nationale, Ottawa, avec 316 plaintes.
Selon les données du rapport, l’année 2025-2026 est la seconde année où il y a eu le plus de plaintes visant notamment la même entité et le même homme : Air Canada et Michael Rousseau, désormais ex-PDG de la compagnie aérienne.
L’année 2021 conserve la première place sur le podium. Cette année-là, il avait affirmé avoir «été capable de vivre à Montréal sans parler français» et que c’était «tout à l’honneur de Montréal», après un discours uniquement en anglais à la Chambre de commerce de Montréal.
À lire aussi : Affaire du PDG d’Air Canada, «le perpétuel recommencement»
L’un des nouveaux pouvoirs accordés par la Loi sur les langues officielles au Commissariat est d’utiliser la médiation, un processus qui permet à la personne plaignante et à l’institution fédérale concernée de chercher ensemble une solution à une plainte linguistique, avec l’aide d’une personne du Commissariat. Une manière d’éviter les solutions coercitives.
Si le Commissariat reconnait que les personnes qui déposent des plaintes «manifestent généralement peu d’intérêt pour la médiation», ce n’est «pas un échec», réfute Kelly Burke, en conférence de presse lors du dévoilement du rapport. La commissaire rappelle que sur les 16 plaintes soumises à ce processus au 31 mars 2026, 8 ont été réglées malgré tout. Elle et son équipe sont en train d’améliorer le processus, affirme-t-elle.
«Un grand nombre d’entre elles déposent une plainte uniquement dans le but de dénoncer une violation de la Loi, et ne souhaitent pas s’impliquer dans le traitement de la plainte», précise le rapport.
La crainte de dévoiler son identité pour les employés, par crainte de représailles, et la structure de certaines institutions qui rend la médiation compliquée font partie des obstacles que rencontre le Commissariat dans l’application de ce nouveau pouvoir.
Le projet d’une Maison de la francophonie à Iqaluit a été abordé à plus d’une reprise lors de l’assemblée générale annuelle de l’AFN, le 29 septembre. Le retour sur l’exercice 2025-2026 a aussi été l’occasion de parler de ce qui s’en vient.
L’Association «recherche activement» du financement pour la construction d’un nouvel édifice multifonctionnel. Il contiendrait des bureaux, des salles de réunion, des salles pour des évènements, une garderie, mais aussi des logements pour augmenter l’offre dans la ville où la pénurie empêche des personnes embauchées de venir travailler.
«On dépense beaucoup dans l’entretien [de l’actuel Franco-Centre] et nos employés sont tellement à l’étroit», souligne le président du conseil d’administration de l’AFN, Goump Djalogue, lors de l’assemblée.
Le bâtiment qui abrite le Franco-Centre a été construit il y a plus de 80 ans.
En entrevue avec Francopresse le lendemain, le directeur général, Christian Ouaka, explique que le bâtiment qui abrite le Franco-Centre date de la Seconde Guerre mondiale et que son état ne permet pas d’envisager un agrandissement.
«Nous avons lancé un nouveau projet de construction d’une Maison de la francophonie. Nous avons fait plusieurs études qui ont prouvé la faisabilité du projet et ont évalué certains couts.»
D’ailleurs, le 2 octobre, l’AFN a publié un appel d’offres pour obtenir un plan d’affaires, des dessins architecturaux préliminaires et une estimation des couts de construction et d’opération qui tiennent compte de la réalité d’Iqaluit.
Avec les investissements en défense annoncés dans le nord du Canada par le gouvernement fédéral, la population d’Iqaluit est appelée à augmenter, y compris le nombre de francophones, donc les besoins de l’AFN également, souligne Christian Ouaka.
Tout ce qui manque pour l’instant, c’est une réponse favorable des gouvernements. La conjoncture politique est favorable, croit Goump Djalogue, en raison de l’importance que prend la francophonie comme caractéristique distinctive du Canada.
Ce climat favorable à la francophonie donnera également l’occasion à l’AFN de poursuivre ses revendications pour que les paliers de gouvernement respectent davantage la Loi sur les langues officielles du Nunavut – qui inclut le français.
Les communications des instances gouvernementales ne sont pas toujours traduites, rapporte Goump Djalogue. «Certains organismes considèrent la traduction en français de certaines communications comme facultative.»
«Au Nunavut, il n’y a pas d’espace disponible même pour envisager une location ou un rachat», explique Christian Ouaka pour justifier la construction d’une Maison de la francophonie à Iqaluit.
Ouverte l’année précédente, la Clinique d’aide juridique et d’aide à la déclaration d’impôt de l’AFN a connu du succès en 2025-2026 avec une augmentation des 102 % du nombre de bénéficiaires, peut-on lire dans le rapport annuel. Une montée tout aussi importante est attendue pour l’année en cours.
Pour Christian Ouaka, ce succès démontre «la pertinence de l’offre de service de proximité en français».
Lors de l’assemblée générale annuelle précédente, l’intégration du Théâtre Uiviit dans l’AFN avait dominé les discussions. Christian Ouaka indique que la transition s’est poursuivie et que le Théâtre est maintenant «l’entité de présentation des activités culturelles» de l’Association.
Les membres ont exprimé leur désir que le Théâtre Uiviit soit encore plus actif dans l’organisation et la pérennisation de la vie culturelle francophone du territoire. «On essaie de travailler là-dessus», assure Christian Ouaka, mais le financement disponible pour ce genre d’activités est plus rare.
À lire aussi : Francophonie au Nunavut : croissance record de l’AFN et dissolution du Théâtre Uiviit
La multiplication des projets et des services a aussi apporté du financement supplémentaire. L’AFN termine l’année avec un léger surplus de près de 3 000 $ sur son budget de 3,3 millions de dollars et une réserve de plus de 500 000 $.
Le poste de dépense le plus important demeure les salaires, ceux des consultants et des honoraires professionnels ont connu les plus fortes augmentations. Dans le cas des consultants, les frais sont passés de 683 000 $ en 2024-2025 à 839 000 $ en 2025-2026.
Christian Ouaka a expliqué à l’assemblée que la nature des projets financés par les subventions exigeait de faire déplacer des spécialistes, ce qui entraine une augmentation des couts. La taille de l’organisme a également fait monter les frais de tenus de livre.
Du côté des revenus autonomes, la vente de services est passée de 204 000 $ à 177 000 $. Cette diminution est principalement attribuable à la baisse des achats de publicités dans les médias qui font partie de l’offre de services de l’AFN : le journal Le Nunavoix et la radio CFRT 107.3 FM. «Le gouvernement du Nunavut a fait des coupures cette année», justifie Christian Ouaka.
À lire aussi : Médias francophones en situation minoritaire : entre fragilité et résilience
«Une chose qui manque c’est un service d’accueil», dit Goumpe Djalogue (à droite). Un service qui guiderait les francophones qui arrivent à Iqaluit et qui les dirigerait vers les services dont ils ont besoin. «Nous travaillons d’arrachepied avec le gouvernement du Nunavut.».
Les discussions entamées l’année précédente avec Nunavut Tunngavik Inc. (NTI) ont peu avancées en raison de changements à la gouvernance de l’association de représentation inuite. Goump Djalogue affirme que le désir de collaborer est toujours présent et que les discussions, qui n’ont jamais totalement cessé, reprendront.
L’objectif est de créer davantage de collaboration entre les communautés inuite et francophone pour «construire un vivre ensemble» et défendre les langues officielles.
«Nul ne peut refuser d’admettre que, de temps à autre, il y a des questions d’harmonie entre les deux communautés et c’est ensemble que […] nous allons éliminer certaines des distances», a expliqué Goump Djalogue lors de l’assemblée générale.
Christian Ouaka confirme en entrevue que des questions sur la présence du français au Nunavut peuvent parfois être exprimées dans la communauté inuite, mais elles ne sont pas la norme. Au contraire, il croit que les deux communautés «ont beaucoup plus de similitudes» qu’on ne le pense.
La défense des langues, la promotion et la pérennité des deux cultures sont des exemples. «Il faut travailler ensemble pour atteindre nos objectifs.»
Une participante a rappelé qu’il n’y avait toujours pas de représentation inuite francophone au sein de l’AFN et que le besoin de tisser des liens était soulevé depuis plusieurs années.
L’assemblée a également suggéré de mieux cerner ce que l’AFN considère être la définition d’une personne francophone.
À lire aussi : L’identité francophone est-elle plus qu’une langue parlée?