le Dimanche 22 février 2026

Au Canada, les réserves d’eau souterraines se remplissent surtout en hiver et au printemps, quand la neige fond et entre dans le sol. Pour bien comprendre, observe ce dessin qui explique le parcours de l’eau.

Image : As de l’info

Le cycle de l’eau

1️⃣ Quand il pleut ou quand la neige accumulée au sol fond, une partie de l’eau s’écoule jusqu’aux rivières puis jusqu’à l’océan. C’est le ruissellement.

2️⃣ Une autre partie de l’eau entre dans le sol. Elle circule sous la terre jusqu’aux racines des plantes. Elle se rend aussi à l’océan et… jusqu’aux réservoirs d’eau souterraine. C’est l’infiltration.

3️⃣ Sous la chaleur du soleil, l’eau des lacs, des rivières, de l’océan, et même l’eau présente dans les plantes se transforme en gaz. C’est l’évaporation et la transpiration.

4️⃣ Cette eau se retrouve dans l’air et forme des nuages. C’est la condensation.

Ce cycle se poursuit à l’infini.

Moins d’eau dans le sol, plus de problèmes

Les eaux souterraines sont très importantes. Si les réserves diminuent, ça veut dire :

🚰 Moins d’eau disponible pour alimenter les habitations

🚜 Moins d’eau pour les agriculteurs, qui en utilisent une grande quantité pour arroser les champs

🦠 Une eau de moins bonne qualité, qui peut contenir des bactéries mauvaises pour la santé

🌱 Moins d’eau pour les plantes, les arbres…

💦 Moins d’eau dans les milieux humides, les lacs et les rivières!

Capturer la neige pour remplir les réserves

Pour que les réserves d’eau souterraines se remplissent un peu plus, une entreprise a eu l’idée d’installer des haies brise-vent dans des champs. Ces clôtures en bois empêchent la neige de partir au vent. Résultat? De bonnes quantités de neige s’accumulent derrière la clôture.

Au printemps, les tas de neige fondent, s’infiltrent dans le sol et remplissent progressivement les réservoirs d’eau souterraine! Pendant ce temps, on enlève les haies pour que les agriculteurs puissent cultiver et arroser leurs champs grâce… aux réserves d’eau souterraine. Et le tour est joué!

Même si les haies brise-vent donnent un coup de main, cela ne suffit pas à bien remplir complètement les réserves. On peut aussi :

➡️ Réduire notre consommation d’eau

➡️ Aménager des réservoirs artificiels

➡️ Planter des arbres et des plantes : eux aussi aident à garder la neige au sol!

Est-ce que tu trouves cette idée ingénieuse? Et toi, as-tu déjà eu une idée de génie pour régler un problème? Raconte-moi!

Cet article a été produit grâce à une collaboration avec le Climatoscope 360 et la participation financière du gouvernement du Québec.

Ève – Directrice des As de l’Info

Je dois l’avouer, je n’aimais pas beaucoup l’école. Mes parents étaient exigeants et leurs attentes me mettaient de la pression. Je crois que c’est le stress que je n’aimais pas de l’école, au fond. Mais ce qui me motivait énormément, ce qui me donnait envie d’y aller tous les matins, c’était mes amis et les activités dans lesquelles j’étais impliquée. Les projets, c’était mon moteur! Journal étudiant, comité environnement, comité social, j’y trouvais mon énergie pour persévérer dans mes études. En fait, j’ai puisé ma motivation dans tout ce qui était à l’extérieur de la classe! Ça peut paraître bizarre, mais pour moi, c’est vraiment ce qui m’a accrochée à l’école! 

Camille – Journaliste

Au primaire, j’ai changé d’école CINQ fois! Les rentrées scolaires étaient donc très stressantes, puisque je devais toujours me faire de nouveaux amis et parce que je devais créer de nouveaux repères. Aller à l’école devenait pénible, puisque j’étais rongée par l’anxiété! Ce qui m’a aidée :

Clémence – Journaliste

Au primaire et au secondaire, j’avais beaucoup de difficulté à me concentrer en classe… et avec les mathématiques! Pour m’aider, j’allais en récupération et un tuteur venait m’aider avec mes devoirs chaque semaine. Ce qui m’a poussée à persévérer, ce sont les encouragements de ma famille et de mes amis. Je me suis aussi impliquée dans des projets qui me motivaient vraiment, comme un voyage scolaire de coopération en Équateur! Au secondaire, j’ai aussi pu choisir des cours qui me ressemblaient plus. Et avec le temps, j’ai pris confiance en moi. En plus, un de mes anciens tuteurs est devenu un de mes meilleurs amis!

Audrey-Lise Rock-Hervieux – Collaboratrice… et porte-parole de la semaine de la persévérance!

Kuei! Pour moi, la persévérance, ça me ramène en 6e année. Je pleurais à chaudes larmes parce que je ne comprenais rien aux divisions. Pendant que les autres allaient jouer dehors, je restais avec mon enseignante pour essayer encore. J’ai souvent pleuré. Je me sentais découragée. Mais je voulais tellement comprendre que je n’ai pas abandonné. Enfin… pas au primaire. Mais des circonstances ont fait que je n’ai pas réussi à terminer mon secondaire.

Mais une fois adulte, j’ai décidé de retourner à l’école pour terminer mon diplôme d’études secondaires. Ce n’était pas toujours facile de reprendre les cahiers et de me remettre en mode «élève», mais je l’ai fait! Et aujourd’hui, à 36 ans, je suis encore étudiante à l’université! Et je suis devenue une ambassadrice de la Semaine de la persévérance scolaire. Eh oui!

La persévérance, ce n’est pas réussir du premier coup. C’est accepter que ça prenne du temps et continuer quand même. Alors même si quelque chose te semble difficile en ce moment, rappelle-toi que tu as le droit d’apprendre à ton rythme. L’important, c’est de ne pas abandonner tes rêves.

Et toi, qu’est-ce qui te motive à persévérer quand c’est plus difficile à l’école?

Si seulement 27 % des Canadiens et des Canadiennes estiment que l’intelligence artificielle (IA) peut fournir des renseignements fiables en matière de santé, près d’un sur deux utilise tout de même ces outils pour obtenir des conseils.

C’est ce que révèle l’Étude de suivi sur la santé et les médias 2026 de l’Association médicale canadienne (AMC), menée auprès de 5000 personnes.

Une large majorité (89 %) se tourne vers Internet pour obtenir de l’information en santé, principalement parce que cette option est jugée plus rapide et plus pratique, malgré les risques de conséquences néfastes.

Un système à bout de souffle

«L’explication, c’est malheureusement le manque d’accès aux soins de santé au Canada», amorce le Dr Jean-Joseph Condé, médecin de famille et porte-parole francophone de l’AMC.

Le Dr Jean-Joseph Condé est médecin de famille et porte-parole francophone de l’Association médicale canadienne. 

Photo : Courtoisie

«Les gens y vont parce que c’est plus rapide de consulter l’IA que de consulter un médecin; 6,5 millions de Canadiens actuellement n’ont pas de médecin de famille ou d’équipe de première ligne pour les prendre en charge.»

«Et parmi ceux qui ont la chance d’en avoir, 50 % nous disent qu’ils ne sont pas capables de les consulter dans un délai raisonnable», observe-t-il.

À lire aussi : Santé mentale : des outils numériques pour pallier la pénurie de soins

Méfiance et défiance

L’étude de l’AMC montre toutefois que la population distingue encore clairement les sources fiables : 85 % font confiance aux médecins pour les aider à naviguer dans le flot d’informations lié à la santé.

La majorité des répondants et des répondantes (64 %) disent être régulièrement exposés à des informations trompeuses en matière de santé. Un niveau comparable aux années précédentes.

Cette exposition alimente un scepticisme généralisé : près de 7 personnes sur 10 (69 %) affirment désormais douter de toute information en matière de santé trouvée en ligne, même lorsqu’elle provient de sources supposées fiables.

Ce qui nous inquiète le plus, c’est le 27 % qui font confiance à l’information qu’ils obtiennent de l’IA.

— Dr Jean-Joseph Condé

Les Canadiens et Canadiennes qui ont suivi des conseils en matière de santé issus de sources d’IA sont cinq fois plus susceptibles d’avoir subi des effets néfastes que ceux et celles qui ne l’ont pas fait, alerte-t-il.

À lire aussi : La fragile couverture vaccinale des enfants au Canada

Risques réels sur la santé

«On parle aussi d’une érosion de la confiance envers certains médias, les réseaux sociaux et le système en général», poursuit le Dr Condé.

En ligne, les gens vont lire des informations différentes de ce que va proposer leur professionnel de santé, «donc ça crée de la confusion quant au traitement, et de la réticence».

«Ils hésitent à croire le médecin, ils se questionnent, ils vont aller faire d’autres recherches, donc ça érode la confiance. Ils sont réticents face à des traitements qui sont prouvés comme étant scientifiquement et médicalement efficaces.»

Certaines personnes retardent même le début de leur traitement. C’est le cas de l’un de ses patients, qui a repoussé le début de sa chimiothérapie «parce qu’il avait lu sur Internet que c’était du poison».

Le contexte américain joue aussi un rôle dans cette perte de confiance : 77 % des répondants et des répondantes se disent préoccupés par la hausse des fausses informations en provenance des États-Unis.

La hausse des cas de rougeole au Canada suit celle observée aux États-Unis.

En 1998, la rougeole était complètement éradiquée au Canada. Et là, en 2025, imaginez-vous, nous avons eu 5400 cas de rougeole au Canada en un an. Pourquoi? Parce que les gens hésitent à se faire vacciner et ne font plus vacciner leurs enfants.

— Dr Jean-Joseph Condé

À lire aussi : IA : Une fausse solution à l’épidémie de solitude (Éditorial)

Double responsabilité

Face à cette situation, l’AMC exhorte les gouvernements et les plateformes numériques à encadrer l’IA et à investir dans des sources d’information certifiées pour protéger la population.

En octobre 2025, l’organisme a présenté une série de recommandations au gouvernement fédéral visant à orienter le développement de l’IA de manière à renforcer la confiance du public, à protéger la vie privée et à améliorer les soins de santé pour l’ensemble de la population.

«Il y a une double responsabilité : c’est le rôle des gouvernements de responsabiliser les plateformes des grands médias sociaux et il y va de la responsabilité des grands médias sociaux de contrôler l’information qui est véhiculée sur leur propre site», statue Dr Jean-Joseph Condé.

Au niveau provincial, le médecin estime qu’il faut particulièrement augmenter les ressources en première ligne, avec la mise sur pied de plus d’équipes multidisciplinaires.

On le sait aujourd’hui, le médecin ne peut plus être la seule porte d’entrée du réseau de la santé. Il faut travailler en équipe. Ça va nous prendre des infirmières, des infirmières praticiennes spécialisées, des physiothérapeutes, des pharmaciens.

Et le porte-parole d’ajouter : «Si on augmente l’accès aux soins, les gens auront moins besoin de consulter l’IA. Parce que quelles sont les options d’un patient qui n’a pas accès aux soins? C’est d’aller attendre 12 heures, 16 heures dans une salle d’urgence ou de consulter l’IA.»

Vérifier ses sources

Le Dr Condé remarque qu’auparavant, les gens devaient fournir un effort de recherche en ligne. «On pouvait taper un symptôme, une maladie, mais après ça vous deviez choisir sur quel site Internet vous alliez lire l’information. Le problème avec l’IA, c’est qu’on ne connait pas les sources.»

Il enjoint les personnes à toujours vérifier leurs sources et de se référer à des spécialistes et organismes reconnus et locaux, comme l’hôpital communautaire, la pharmacie.

La télémédecine constitue aussi un premier rempart. «Il y a certains problèmes qu’on peut régler par télémédecine, ce qui évite au patient un déplacement, de perdre une demi-journée de travail pour aller à son rendez-vous.»

Mais les outils numériques restent souvent insuffisants. «Pour certaines pathologies, il faut quand même examiner le patient, être capable de faire un examen physique pour avoir un diagnostic», nuance-t-il.

En toile de fond, l’étude illustre un écosystème informationnel fragmenté : malgré une confiance en déclin, les jeunes générations privilégier encore les médias sociaux pour s’informer, alors que les babyboumeurs privilégient la télévision.

Le Dr Condé rappelle que les médias d’information ont également un rôle à jouer dans la diffusion d’informations vérifiées.

FRANCOPHONIE

La ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada (IRCC), Lena Diab, a annoncé l’ajout de trois nouveaux volets de résidence permanente au système Entrée express du Canada.

Ceux-ci visent notamment les chercheurs, certains cadres ayant une expérience de travail au pays, des professionnels du transport (pilotes, mécaniciens et inspecteurs) ainsi que des militaires étrangers recrutés par les Forces armées canadiennes, dont des médecins, des infirmiers et des pilotes.

Ces nouveaux volets s’ajoutent aux catégories déjà existantes pour les professionnels de la santé et les métiers spécialisés.

Entrée express et les francophones : En conférence de presse, la ministre Diab a affirmé qu’elle continuera d’utiliser Entrée express pour augmenter le nombre de francophones hors Québec.

Une approche critiquée par le consultant en immigration, Steve J. Paolasini, lors de la séance du 9 février dernier devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration. Celui-ci demande qu’Entrée Express ne soit pas utilisé pour augmenter l’immigration francophone et laisse plus de place à l’immigration économique.

Ces mesures s’inscrivent dans la stratégie fédérale visant à attirer des talents hautement qualifiés tout en réduisant le nombre global de résidents permanents et temporaires admis chaque année. Pour 2026, le budget fédéral prévoit l’accueil de 380 000 résidents permanents en 2026, 2027 et 2028.

L’annonce fait partie du plan de 1,7 milliard de dollars pour attirer des chercheurs et soutient aussi la nouvelle stratégie industrielle de défense (détails ci-dessous).

Lena Diab a annoncé mardi un financement de plus de 540 000 $ pour soutenir le programme annuel de Canadian Parents for French en Nouvelle-Écosse. Il vise à faciliter l’accès des familles aux programmes de français langue seconde.

CANADA

Mardi, le premier ministre Mark Carney a lancé la première Stratégie industrielle de défense du Canada, pour corriger un système d’approvisionnement jugé «trop lent et trop dépendant de l’étranger», dit gouvernement dans son communiqué.

Le Canada veut réinvestir massivement dans les Forces armées canadiennes pour atteindre la cible de dépenses de 2 % fixée par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), avec une hausse des demandes d’enrôlement.

La stratégie priorise la production nationale, les partenariats avec des alliés et des retombées économiques au pays pour les achats à l’international.

Des milliards : Prévue sur dix ans, cette stratégie coutera plus de 500 milliards de dollars en investissements. Le gouvernement Carney a précisé qu’elle vise aussi à créer 125 000 emplois, à accroitre les exportations en défense et à porter à 70 % la part des contrats attribués à des entreprises canadiennes.

L’un des objectifs majeurs reste également d’améliorer l’état de préparation des flottes maritime, terrestre et aérospatiale, tout en renforçant l’innovation et les chaines d’approvisionnement du Canada.

Les cinq candidats aspirants à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD) ont tenu leur deuxième débat, en anglais, jeudi soir à New Westminster, en Colombie-Britannique.

Les cinq candidats ont commencé par observer un moment de silence en hommage à la tuerie de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique, qui a fait 9 victimes le10 février. 

Photo : Capture d’écran – CPAC

La menace Trump : Avi Lewis a mentionné un «bouclier canadien» et des négociations «fermes» pour éviter les tarifs imposés par l’administration Trump, tandis que la seule élue fédérale sur le plateau, Heather McPherson, a de son côté affirmé qu’il fallait investir dans les travailleurs et les matériaux canadiens via des lois. Elle a également mentionné un réseau est-ouest d’énergies renouvelables.

Rob Ashton, leadeur syndical, veut de son côté créer une «sécurité économique», de bons emplois, et des «partenariats solides avec le monde».

Tanille Johnston a assuré qu’elle souhaitait investir dans le secteur manufacturier pour éviter que la production ne se fasse à l’étranger.

Tony McQuail s’est différencié des quatre autres en parlant d’une «défense non-violente». Il souhaite notamment repenser la façon actuelle du Canada de faire du commerce en prenant en compte la transition environnementale, le respect des agriculteurs et l’éducation, notamment les garderies.

Environnement et énergies renouvelables : Avi Lewis veut éliminer les combustibles fossiles avec un «nouvel accord vert canadien» qui remet les travailleurs au centre de l’économie.

Tanille Johnston vise la fin de la dépendance aux «30 milliards de subventions pétrolières».

Cette dernière, Heather McPherson et Tony McQuail croient que les travailleurs canadiens doivent être au centre de la transition vers des métiers axés sur les énergies renouvelables.

«Il y a de la désinformation à propos de ces métiers : ils sont très bien payés!», a affirmé Tanille Johnston.

La francophonie : Dans une question posée en français, les candidats se sont prononcés sur la possibilité pour le NPD d’une autre vague orange, comme en 2011 sous Jack Layton. Les aspirants à la chefferie néodémocrate ont répondu dans un français inégal, très approximatif pour Rob Ashton, Tanille Johnston et Tony McQuail.

Ce dernier a affirmé qu’il n’était pas nécessaire d’apprendre le français et qu’il s’entourerait d’interprètes. «En cas de crise, les francophones au Québec ne vont pas disparaitre», a-t-il affirmé, en faisant primer la compétence de reconstruire le parti et une vision plutôt sur la compétence linguistique.

Les autres se sont engagés à apprendre le français, Tanille Johnston rappelant également que des langues autochtones et les cultures locales ont été «décimées par le colonialisme» et qu’elle aurait besoin d’au moins «un an» pour apprendre le français. «Je compte maintenir ma culture», a-t-elle fait savoir, étant la seule Autochtone candidate.

Avi Lewis s’est démarqué sur la question francophone, en étant le seul à affirmer que les Canadiens ne devraient pas «avoir confiance dans un chef qui ne parle pas le français».

Lui et Heather McPherson ont été les deux seuls candidats à mentionner qu’ils protègeraient la langue française au Québec, mais aussi ailleurs au Canada.

Date des résultats : Le nom de la prochaine cheffe ou du prochain chef du NPD sera connu le 29 mars prochain, lors d’un congrès à Winnipeg, au Manitoba.

Matt Jeneroux, député conservateur de la circonscription albertaine d’Edmonton Riverbend, est passé du côté des libéraux cette semaine.

Il s’agit du troisième député conservateur à traverser le plancher, après Chris d’Entremont, député d’Acadie–Annapolis en Nouvelle-Écosse, et Michael Ma, député de Markham–Unionville, à Toronto en Ontario.

Matt Jeneroux a été immédiatement nommé «conseiller spécial sur les partenariats économiques et de sécurité», un nouveau titre.

Dans une entrevue avec LCN, son ancien chef de parti, Pierre Poilievre, a affirmé que Matt Jeneroux a «trahi ses commettants», accusant Mark Carney d’agir de façon «antidémocratique».

À lire aussi : Changer de parti ou non : la foudre vient souvent d’anciens collègues

Tatiana Auguste ne fait plus partie du caucus libéral, à la suite d’une décision de la Cour suprême. Sa victoire à l’élection fédérale d’avril dernier dans la circonscription de Terrebonne à une voix a été annulée. Une élection partielle s’y déroulera bientôt. 

Photo : Courtoisie Chambre des Communes

Retour à la case départ à Terrebonne : La Cour suprême a tranché : Tatiana Auguste, députée élue à Terrebonne au Québec, doit laisser son siège au Parlement du Canada et l’élection doit être reprise.

L’ex-députée libérale avait remporté la circonscription en avril 2025 par une voix, juste devant la candidate du Bloc québécois. Une électrice avait indiqué que son bulletin de vote spécial lui avait été renvoyé à cause d’une erreur d’adresse sur l’enveloppe fournie par Élections Canada.

La candidate bloquiste a soutenu que l’erreur correspond à une irrégularité, qui a influencé le résultat serré.

Le premier ministre devra déclencher une élection partielle dans Terrebonne dans les prochaines semaines.

Les libéraux comptent toujours 169 députés, à trois sièges de la majorité de 172 requise. Le caucus conservateur compte de son côté 141 députés, contre 144 lors de l’élection d’avril dernier.

INTERNATIONAL

Le ministre du Commerce intérieur, Dominic LeBlanc, a estimé cette semaine que la mission commerciale du Canada au Mexique pourrait mener à de nouvelles ententes d’ici le printemps.

La mission rassemble plus de 370 délégués issus d’environ 230 organisations et comprend des visites à Mexico, Monterrey et Guadalajara, afin de renforcer les relations commerciales entre le Canada et le Mexique.

L’incertitude entourant la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) suscite des inquiétudes chez les entreprises canadiennes.

Le ministre LeBlanc espère sceller des accords concrets d’ici la fin du mois de mars.

Inspirée du poème de Henry W. Longfellow (1847), l’œuvre dépasse la simple adaptation romantique. Ici, l’histoire d’amour devient le fil conducteur d’un récit plus vaste : celui de la déportation des Acadiens.

Sur scène, l’histoire prend vie grâce à une distribution en partie acadienne. Gabriel Lajeunesse est incarné par le Québécois Olivier Dion, Évangéline Bellefontaine par l’Acadienne Maude Cyr-Deschênes, tandis que le personnage historique de Joseph Broussard, dit Beausoleil, leadeur de la résistance acadienne avant, pendant et après la Déportation de 1755, est interprété par l’acadien Raphaël Butler.

Le récit entraine le spectateur dans un voyage allant de la Nouvelle-Écosse au Québec, puis jusqu’en Louisiane, suivant les tentatives des deux amants de se retrouver. 

La comédie musicale s’articule autour d’une trame de 22 chansons originales, mêlées à des pièces musicales traditionnelles acadiennes et mi’kmaq, pilotée par le metteur en scène et directeur de création d’origine française, Jean-Jacques Pillet.

À la toute fin, on peut entendre une interprétation de la célèbre chanson Évangeline.

À lire aussi : La statue emblématique d’Évangéline au site historique de Grand-Pré a 100 ans

Une production ancrée dans l’Histoire

Rachel Léger, Acadienne originaire de Caraquet, installée à Montréal depuis 35 ans, était présente à la première. Elle a été surprise par l’ampleur de la production. «Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Tout était original : les textes, les chansons, les costumes. C’est une grosse production. J’ai été très agréablement surprise».

André-Carl Vachon a travaillé pendant deux ans sur la révision historique de la comédie musicale. 

Photo : Courtoisie

Elle souligne le caractère touchant et émotif du spectacle, mais aussi sa la prise de conscience qu’il peut entrainer. En sortant de la salle, l’Acadienne raconte avoir entendu d’autres spectateurs s’étonner de ne pas mieux connaitre l’histoire de la Déportation.

Cette dimension éducative n’est pas un hasard. L’historien André-Carl Vachon, engagé dès janvier 2024 comme réviseur historique, a travaillé pendant plus de deux ans à valider les textes, les dates et les lieux mentionnés dans la pièce. Son rôle consistait à assurer la cohérence entre la liberté artistique du scénario et la rigueur des faits historiques.

«Je recevais les textes, je les commentais, je proposais des corrections lorsque nécessaire», confie-t-il en entrevue avec Francopresse.

Par exemple, une scène évoquait l’incendie d’un village à une date erronée. «Le village dont ils parlaient avait déjà été brulé au moment du récit. Je suis retourné aux sources et j’ai suggéré de camper cette scène dans un autre lieu.»

Aussi, les chiffres présentés sur les affiches historiques que les spectateurs peuvent consulter hors de la salle et dans le programme du spectacle n’ont pas été arrondis. Ils correspondent aux données documentées sur la population acadienne avant 1755, estimée à 12 521, ainsi que sur le nombre d’Acadiens déportés au Québec et vers les treize colonies américaines, soit 9149. «Je préfère la précision. À force d’arrondir, on finit par gonfler les chiffres», explique André-Carl Vachon.

À lire aussi : Plongée dans l’histoire des francophonies canadiennes

Des artistes interprètent des danses autochtones pendant le spectacle, en s’inspirant de traditions mi’kmaq. 

Photo : Annie Diotte

Une relation à remettre de l’avant 

Le spectacle intègre un aspect longtemps laissé en marge de l’histoire : l’alliance entre les Acadiens et les Mi’kmaq. Pour l’historien, cet élément était essentiel. «Dès 1610, une alliance est créée. Il y a eu entraide, cohabitation, mariages. C’est une réalité historique.»

Il rappelle que cette alliance ne relevait pas que de la diplomatie, mais d’une coopération quotidienne. «Ce qui s’est installé, c’est une relation qui a permis aux deux peuples de vivre en paix. Il y a eu entraide. Les Autochtones ont aidé les Acadiens (et les Français à l’époque) à s’installer, à apprendre comment survivre à l’hiver. Ils ont cohabité sans gêne.»

Sur scène, cette relation prend forme à travers le personnage d’Hanoah, interprété par l’actrice Océane Kitura Bohémier-Tootoo, et des chorégraphies qui rendent hommage à la culture mi’kmaq. 

Pour Rachel Léger, cet aspect était primordial. «On ne parle pas souvent de cette partie de notre histoire. J’ai trouvé ça très beau qu’on leur fasse une place dans les danses et les chansons.»

Le cinéaste acadien Phil Comeau était également présent à la première. «C’est un spectacle d’une puissance remarquable», confie-t-il. Celui-ci a été particulièrement touché par Maude Cyr-Deschênes dans le rôle d’Évangéline : «Quelle interprétation belle et inattendue de ce personnage! Elle est présentée comme une femme forte et combattante».

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Une représentation par les racines acadiennes

À l’annonce de la distribution, certaines voix s’inquiétaient du nombre limité d’artistes acadiens dans la distribution et de la place accordée à l’accent acadien.

Rachel Léger aborde la question avec nuance. «Pour moi, il n’y a rien que je trouve plus faux qu’un accent forcé». Elle rappelle qu’il n’existe pas un seul accent acadien. «Moi, je viens de Caraquet. À Saint-Simon, ce n’est pas le même accent. À Moncton non plus. Alors on prend lequel?» 

L’acteur Olivier Dion dans le rôle de Gabriel Lajeunesse et Maude Cyr-Deschênes qui interprète Évangéline Bellefontaine. 

Photo : Paul Ducharme

André-Carl Vachon, qui est également généalogiste, ajoute une perspective au débat. Face aux critiques évoquant un manque de représentation acadienne, il a entrepris de retracer la généalogie des artistes. «Tous les comédiens et chanteurs de la production ont des ancêtres acadiens», affirme-t-il, à l’exception d’Océane Kitura Bohémier-Tootoo, artiste innue.

Il rappelle qu’une large proportion des Québécois ont des racines acadiennes  – 78,5 % selon une recherche de Claude Bhérer de 2014–, signe d’une diaspora encore bien vivante.

Au-delà des débats, Évangéline touche une corde sensible. Pour Rachel Léger, la pièce s’inscrit dans un mouvement plus large de redéfinition identitaire. «Il y a une fierté acadienne qui est renouvelée depuis 10 ou 15 ans», relate-t-elle.

«La comédie musicale parle d’une histoire très importante. Et moi, ça m’a donné beaucoup de fierté», ajoute l’Acadienne. 

La scène de la Déportation est difficile à regarder, reconnait-elle. «Mais on ne peut pas effacer notre histoire. Elle est tragique, mais on s’est relevés. On est encore là.»

Avec 33 représentations prévues à Montréal, Québec, Trois-Rivières et Moncton, la production amorcera sa tournée en mars. Elle sera présentée à Moncton en juillet. 

À lire aussi : L’odyssée des Cadiens de la Louisiane

Porté par le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC), le projet Francobadges vient de franchir une nouvelle étape. L’organisme a signé une entente avec l’organisation Chantier de l’économie sociale pour faire de Francobadges une coopérative de solidarité.

L’initiative vise la mise en place de badges numériques afin de valoriser les compétences sociales et économiques des francophones d’un bout à l’autre du pays.

Le RESDAC assurera la coordination et le développement global du projet. Le Chantier de l’économie sociale doit fournir un accompagnement stratégique et une expertise-conseil pour guider la création de la coopérative. L’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICEA) participe également au projet.

Les badges seront accessibles via les organismes de la francophonie partenaires.

À lire aussi : Un premier sommet pour répondre à l’urgence éducative des francophones

Du formel à l’informel

Le but est de faire valoir les compétences et les expériences acquises dans des contextes formels, non formels ou informels.

Denis Desgagné est le directeur général du Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC). 

Photo : Communication RESDAC

«Ce qui est formel, ce sont des formations dans des écoles, dans des institutions reconnues par l’État», explique le directeur général du RESDAC, Denis Desgagné. Il cite les diplômes délivrés par les institutions postsecondaires.

Le non formel peut concerner le milieu du travail, par exemple des formations liées à un emploi en particulier. «Ce sont des formations bien organisées, structurées, comme dans le formel, sauf qu’elles ne sont pas reconnues par l’État», précise le responsable.

Enfin, l’informel désigne tout ce qu’on peut apprendre dans une vie, hors des cadres professionnels ou institutionnels.

C’est comme si on s’en va en auto et puis on a une crevaison et on me montre comment changer le pneu, où il est, les outils, etc. Ce n’était pas planifié, ce n’était pas structuré, mais j’ai appris dans l’action.

— Denis Desgagné

Un employeur pourra ainsi cliquer sur le badge numérique, qui regroupera toutes les compétences acquises par une personne dans ces différents contextes.

Un outil pour les organismes francophones

«C’est un outil qu’on remet à l’ensemble des organisations, des entreprises et des composantes de la francophonie au Canada pour vraiment reconnaitre les apprentissages, surtout dans des contextes non formels et informels», appuie Denis Desgagné.

Pendant presque deux ans, le RESDAC a consulté les organisations et fait des présentations pour mieux faire connaitre le projet Francobadges. «Il faut dire que c’est assez nouveau au Canada, encore plus nouveau dans la francophonie canadienne, donc il fallait démystifier cette plateforme de reconnaissance», conçoit le directeur général.

«Plusieurs partenaires sont déjà en train de travailler de près ou de loin avec nous pour devenir membres et s’approprier les outils de reconnaissance.»

Denis Desgagné espère que cette initiative améliorera l’apprentissage tout au long de la vie. «Il y a beaucoup d’improvisation et très peu de financement pour l’apprentissage ou la formation dans nos milieux, que ce soit pour les bénévoles ou les employés […] On a tellement de rattrapage à faire dans l’apprentissage chez les francophones du Canada.»

Il espère que la coopérative sera entièrement opérationnelle au cours de l’année.

Selon la directrice générale de Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC), Marie-Julie Desrochers, l’intelligence artificielle (IA) générative a révolutionné les industries culturelles depuis son apparition, il y a à peine trois ans.

Pour Marie-Julie Desrochers, la culture a une double nature : économique, car elle crée des emplois, et identitaire. 

Photo : Dany Lepage – CDEC

Ce secteur «a généré 65 milliards de dollars en valeur ajoutée et a soutenu 1,1 million d’emplois à travers le pays» en 2024, selon un rapport de la CDEC. En contrepartie, la directrice générale indique que plusieurs personnes dans ce domaine ont perdu des contrats face à la montée de l’IA. Des jeunes ont décidé de changer de voie, car ils ne perçoivent aucun avenir dans les industries créatives, poursuit-elle.

Marie-Julie Desrochers souligne qu’il est donc important de prendre en compte la perspective des milieux culturels, des artistes et des entreprises qui les soutiennent. C’était l’idée de l’évènement Valoriser la créativité humaine à l’ère de l’IA, présenté par la CDEC le 11 février au Centre national des Arts, à Ottawa.

«On avait 150 inscriptions. Pour une organisation comme la nôtre, c’est beaucoup. On voit que c’est vraiment un sujet qui intéresse», souligne Marie-Julie Desrochers en entrevue avec Francopresse.

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À l’épreuve du système «colonial»

Derrière les chiffres et les panels, une autre voix se fait entendre : celle des experts inuits qui voient dans l’IA un outil de survie culturelle.

La vice-présidente inuite de Heritage Lab, Natasha Ita MacDonald, a affirmé que son organisme se sert de l’intelligence artificielle pour protéger l’identité de cette nation qui habite le Nord depuis des milliers d’années. Avec l’aide de ces outils, ils ont créé le Projet Ai!, un outil pour la préservation linguistique.

Les deux panélistes (Thomassie Mangiok à gauche et Natasha Ita MacDonald à droite) ont un héritage familial similaire : une mère inuite et un père non autochtone. À leur avis, cela leur permet de témoigner de leur expérience des deux sphères culturelles. 

Photo : Dany Lepage – CDEC

Lors d’un panel avec un des membres du conseil d’administration de Heritage Lab, Thomassie Mangiok, ils ont présenté comment l’IA peut être un levier pour la diversité linguistique et culturelle.

Selon Natasha Ita MacDonald, l’IA n’est pas une menace en soi. «C’est un outil pour nous; ce n’est pas pour nous remplacer.» Elle a insisté sur le fait qu’il faut pouvoir imaginer les utilisations de l’IA dans la société pour soutenir le travail effectué en relation avec la culture.

Natasha Ita MacDonald explique que quatre régions inuites existent actuellement. Dans les communautés du Nunavut, environ 90 % de la population locale parle toujours l’inuktitut, au Labrador, c’est 22 % et, dans l’Ouest, 21 %. Toutefois, ces chiffres sont en baisse constante.

«[La culture et la langue] sont en train de se perdre. Cela pourrait se faire en une seule génération», s’inquiète Natasha Ita MacDonald. Elle a également constaté un autre changement : les élèves de ces communautés parlent anglais à la maison; qui n’est pas leur langue maternelle.

Parmi les causes, la vice-présidente de Heritage Lab a souligné la présence de la langue «coloniale» dans le monde numérique. Les étudiants inuits utilisent l’intelligence artificielle comme tout le monde, mais ils accèdent seulement à des versions «coloniales», et non à des versions développées par les Inuit pour les Inuit, dit-elle.

Natasha Ita MacDonald refuse l’idée que la modernité efface l’identité de sa communauté : «Chaque nouvelle technologie […] ne nous a pas rendus moins Inuit. Nous nous sommes simplement approprié ces technologies pour répondre à nos besoins. C’est ainsi que je vois l’IA.»

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Heritage Lab partage son modèle Projet Ai! avec d’autres communautés autochtones afin de protéger et de préserver leur langue et leur culture. Par exemple, l’organisme collabore actuellement avec les Anishinaabé. 

Photo : Dany Lepage – CDEC

L’IA par et pour les Inuit

Pour Natasha Ita MacDonald, le cœur du problème est celui du contrôle : la communauté inuite doit effectuer le développement de son IA. «Nous devons donc assurer un contrôle autochtone, car nous ne voulons pas que notre langue, notre culture et nos valeurs soient emballées et revendues.»

Au cours de la conférence, elle a abordé les dérives des grandes entreprises, comme Meta et Microsoft; notamment un manque de respect pour les coutumes et traditions inuites. Elle a raconté : «À peine avions-nous terminé notre présentation [sur le Projet AI! de Heritage Lab] que Microsoft et Meta sont venus directement à notre table : “Que pouvons-nous faire pour vous?” Ma question a été : “Qu’est-ce que vous y gagnez ?” Ils n’ont pas su, ou pas voulu, répondre.»

La réponse passe par l’autonomie selon elle : les données du Projet AI! sont hébergées sur des terres autochtones, plutôt que dans des serveurs aux États-Unis. Elle indique que le gouvernement chinois et l’armée américaine tentent de collecter des données auprès des organisations inuites. Elle est convaincue que cet intérêt est dû à la course à l’Arctique. La souveraineté des données inuites est ainsi de la plus grande importance.

Natasha Ita MacDonald a ajouté que son projet compte actuellement plus de 3000 entrées terminologiques dans sa base de données, toutes collectées avec les autorisations nécessaires.

Une voix inuite encore fragile

Le colonialisme systémique persiste encore aujourd’hui, a soutenu Natasha Ita MacDonald, citant les systèmes scolaires, de santé et de justice. «La décolonisation consiste donc à repenser et à redessiner les systèmes pour qu’ils répondent aux besoins des Inuit.»

Pour l’experte, les Inuit doivent concilier deux réalités : «Nous devons maitriser les langues coloniales […] mais nous devons aussi trouver le moyen de préserver notre identité et notre fierté».

Elle a néanmoins rappelé la fragilité financière de son organisme : comme c’est à but non lucratif et compte seulement trois employés, son équipe cherche de nouveaux financements tous les deux mois.

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Connais-tu l’histoire des Acadiens?

Les Acadiens sont les descendants de colons français venus s’établir dans les provinces maritimes du Canada.

Il y a plus de 270 ans, les Acadiens vivaient en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard. Ce territoire était aussi la terre ancestrale des Mi’kmaq, un peuple autochtone, et les deux peuples vivaient en paix. 

Mais en 1713, le territoire français passe aux mains de la Grande-Bretagne.

Quelques années plus tard, les autorités britanniques prennent la décision d’expulser les Acadiens de leurs terres. Entre 1755 et 1763, plus de 9000 Acadiens sont forcés de quitter leur maison. On les fait monter à bord de bateaux pour les envoyer dans d’autres colonies britanniques, notamment aux États-Unis. Cet événement porte un nom : le Grand Dérangement, aussi appelé la Déportation des Acadiens.

Certaines familles réussiront à revenir des années plus tard. Mais d’autres seront séparées pour toujours. 

Le peuple acadien existe encore aujourd’hui, mais n’a jamais oublié cette blessure qui a marqué leur identité. 

Maude Cyr-Deschênes et Olivier Dion incarnent les amoureux Évangéline et Gabriel. 

Photo : Paul Ducharme

C’est à l’époque de la Déportation que l’histoire d’Évangéline prend vie 

La comédie musicale Évangéline s’inspire d’un poème écrit en 1847 par Henry W. Longfellow. Il raconte l’histoire fictive d’Évangéline et Gabriel, deux amoureux séparés par la déportation des Acadiens. 

Pendant la première partie de la pièce, on voit Évangéline et Gabriel tomber amoureux et vivre dans leur village natal, en communauté avec les Mi’kmaq. Puis, leur vie est bouleversée par la déportation. Ils tenteront de se retrouver dans la seconde partie de la comédie musicale. On voyage avec eux dans les endroits où de nombreux Acadiens ont été envoyés, comme la Louisiane ou le Québec, et on découvre leur histoire… tout en musique!

Mon moment fort du spectacle? 

Voir l’amitié entre les Acadiens et le peuple mi’kmaq sur scène. C’est un aspect de l’histoire des Acadiens que je connaissais moins. Dans le spectacle, cette relation a donné lieu à de magnifiques danses autochtones qui racontent les traditions de ce peuple. 

Mon moment bof…

2 h 30 de spectacle, c’est un peu long! Je gigotais sur ma chaise à certains moments. Je crois que certains moments de la deuxième partie auraient pu être coupés. 

Avant la première du spectacle, certaines personnes se demandaient si l’histoire des Acadiens serait bien représentée. Les inquiétudes venaient du fait qu’il n’y avait pas beaucoup d’Acadiens dans la distribution et que l’accent acadien se ferait peu entendre.

Rachel Léger, une Acadienne présente lors de la représentation, m’a rassurée : «Même en Acadie, l’accent n’est pas toujours le même, alors pour moi, ça n’enlève rien au spectacle. Les comédiens ont vraiment bien représenté notre histoire».

«La comédie musicale Évangéline m’a fait vivre énormément de fierté et montre que notre histoire vit encore aujourd’hui», a-t-elle ajouté. 

Le spectacle sera présenté de février à septembre 2026 à Montréal, Québec, Trois-Rivières et Moncton.

Et toi, connais‑tu une légende qui raconte l’histoire de ta culture?

Pendant ces quelques jours, ils ont joué différents rôles pour découvrir comment fonctionne le vrai Parlement. Ils ont aussi pu réfléchir à ce qu’ils aimeraient voir changer de la politique actuelle. Allons voir ce qu’ils ont eu à dire!

C’est quoi le parlement jeunesse?

C’est tout simplement une simulation du vrai Parlement canadien! Les participants occupent tous les postes qu’on y retrouve : ministres, députés de l’opposition, journalistes.

Le but? Comprendre comment fonctionne la politique canadienne et apprendre à débattre et réfléchir aux enjeux importants. Cette activité est organisée chaque année depuis 13 ans et elle s’adresse à des jeunes de 14 à 25 ans.

Ce que les participants ont remarqué pendant l’expérience

En s’impliquant au Parlement jeunesse, les jeunes n’ont pas seulement appris comment fonctionne la politique. Ils ont aussi réfléchi à ce qu’ils attendent des politiciens et à leur manière de travailler ensemble.

Pour Sofia Lemay, originaire de Vancouver, la réponse est claire. «Personnellement, j’aimerais me sentir plus vue et écoutée par les politiciens autour de moi. Si le Parlement jeunesse m’a enseigné quelque chose, c’est que les jeunes ont le désir et la capacité de s’impliquer en politique. Maintenant, il faut juste qu’on nous écoute», dit-elle à une journaliste de Francopresse.

Pendant la simulation, Sofia faisait partie de l’opposition. Ce qu’elle a préféré? Faire des discours devant les autres.

À la suite de sa participation au Parlement jeunesse, Alexandre Veilleux, originaire de Moncton au Nouveau-Brunswick, a compris une chose : «La situation politique actuelle serait pas mal mieux si les politiciens collaboraient autant qu’on l’a fait dans nos simulations parlementaires», fait-il valoir à Francopresse.

Ce qui a le plus marqué Alexandre, c’est de voir comment les différents partis arrivent à se comprendre et travailler ensemble, malgré les désaccords.

Il ajoute en riant : «Moi, je sortirais la bonne vieille méthode acadienne : l’union fait la force»!

Et toi, quelle est la qualité qui ferait de toi un bon politicien?

Source : Francopresse

«Nous sommes en 2026 et le constat est clair : la demande en santé mentale dépasse toujours l’offre traditionnelle. La pandémie a non seulement exposé, mais amplifié les lacunes de notre système de santé», a amorcé Louis Moubarak, gestionnaire principal des affaires extérieures et des relations francophones à la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC).

Le spécialiste a brossé un portrait succinct de la cybersanté mentale au pays avant de répondre aux questions des participants et des participantes.

La cybersanté mentale désigne l’utilisation des technologies numériques pour fournir des soins et de l’information en matière de santé mentale.

Elle inclut, entre autres, les applications pour téléphones intelligents, les portails d’information en ligne, les dispositifs de réalité virtuelle, la coordination des parcours de soins, la prévention, l’autogestion, la téléconsultation ou l’entraide.

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Intégrer la cybersanté dans le système

Face à une demande exponentielle et des listes d’attente qui ne cessent de s’allonger, la technologie peut apporter un début de solution. «Elle permet de franchir les barrières géographiques et temporelles», note Louis Moubarak.

La CSMC a élaboré la première stratégie nationale de cybersanté mentale au pays afin de structurer cette discipline et la rendre accessible à toute la population. «La cybersanté mentale doit faire partie intégrante du système [de santé].»

«Les données montrent que les solutions numériques peuvent être aussi efficaces que les traitements en personne et souvent plus rapides», commente le spécialiste.

Il rappelle que ce système doit inclure les principes IDEA (Inclusion, Diversité, Équité, Accessibilité) et des contenus adaptés culturellement, notamment pour les communautés autochtones.

La CSMC recommande en outre la création d’une plateforme nationale, à l’image de l’initiative Head to Health en Australie, un service d’aide en santé mentale gratuit.

Il est essentiel que le public et les professionnels aient accès à un guichet unique de ressources fiables

— Louis Moubarak

Les outils de santé mentale numérique permettent de rejoindre des populations qui se trouvent isolées géographiquement des centres de soins, mais aussi les minorités linguistiques, car ils peuvent proposer des services dans plusieurs langues.

Louis Moubarak est gestionnaire principal des affaires extérieures et des relations francophones à la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC). 

Photo : Courtoisie

Populations isolées

Parmi les obstacles à la santé mentale numérique, Louis Moubarak identifie, entre autres, «la réticence ou le manque de confiance des cliniciens».

«La recommandation clé est de développer et intégrer des compétences en cybersanté mentale dans les programmes de formation initiale et continue. Une personne professionnelle doit savoir quand et comment intégrer un outil numérique, évaluer son efficacité et assurer une prise en charge éthique.»

L’accès à la technologie peut également représenter un défi pour certaines populations, notamment celles vivant en milieu rural. Si des personnes ne disposent pas d’un accès Internet suffisant pour utiliser des outils en ligne, Louis Moubarak les encourage à se rendre chez leur pharmacien ou leur pharmacienne.

«Dans certains centres, on peut avoir accès à un ordinateur pour pouvoir faire une session de télésanté», ajoute-t-il.

«ChatGPT n’est pas un psychologue»

Le spécialiste a tenu à rappeler que l’intelligence artificielle ne saurait remplacer des professionnels de santé. «ChatGPT n’est pas un psychologue.»

Il ne faut pas prendre à la lettre ce qui est proposé par un robot. Ça reste un outil.

— Louis Moubarak

Il conseille plutôt l’utilisation d’applications comme ChillTime ou Mindshift, qui proposent des séries d’exercices (en anglais et en français) pour réduire son anxiété.

«Ces applications font attention et stockent leurs données d’une façon sécuritaire et confidentielle. Vos données ne sont partagées avec personne, alors qu’avec ChatGPT, on ne sait pas où nos données vont se ramasser finalement.»

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Désamorcer une crise

Louis Moubarak souligne que la cybersanté mentale sert avant tout à désamorcer une crise et «trouver immédiatement de l’aide». Mais cela ne remplace pas un rendez-vous en présentiel.

En cas d’urgence, la ligne fédérale téléphonique 988, gratuite et disponible 24 h/24, permet aux personnes ayant besoin d’un soutien immédiat d’obtenir de l’aide, soit en parlant à un psychothérapeute ou en étant redirigées au centre de crise le plus proche, par géolocalisation.

Le spécialiste invite plutôt les francophones en situation minoritaire à choisir l’option de parler à un professionnel en français en ligne, sinon, «vous allez vous ramasser à parler en anglais».

«Le principal pour désamorcer une situation en santé mentale, c’est de parler à quelqu’un de ce qu’on ressent», insiste-t-il. Cela peut être à un ami, un collègue ou tout simplement quelqu’un de confiance.