En donnant un aperçu du fonctionnement de la vie politique fédérale lorsque le Parlement siège, cette simulation réservée aux jeunes francophones qui s’inscrivent auprès de la FJCF a éveillé des prises de conscience ou les a ravivés, comme celle de vouloir être plus «vu» par les politiciens et politiciennes au niveau fédéral.
Issus de toutes les provinces et territoires du Canada, 72 francophones de 14 à 25 ans se sont retrouvés à Ottawa pour siéger lors d’une simulation de Parlement.
Les participants ont occupé tous les rôles qui font fonctionner le Parlement : ministres, députés de l’opposition officielle, journalistes, pages : tous les rôles ont été joués avec un but : mieux connaitre la vie politique canadienne courante.
Trois jeunes ont accepté de répondre aux questions de Francopresse. Les trois ont déjà à leur actif entre deux et treize simulations de Parlement jeunesse, dans leur province ou au niveau national.
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«Maintenant, il faut juste qu’on nous écoute»
Ce que Sofia Lemay, porte-parole de l’Économie dans l’Opposition et originaire de Vancouver, a préféré, c’était «l’aspect théâtral de donner un discours», indique-t-elle, à Francopresse.
Mais la jeune étudiante en littérature a pris conscience d’une autre chose : «Personnellement, j’aimerais me sentir plus vue et écoutée par les politiciens autour de moi. J’ai l’impression que beaucoup d’attention est accordée à de grosses corporations, ou encore à des électeurs dans des grandes villes et correspondant à des profils spécifiques. Si le Parlement jeunesse m’a enseigné quelque chose, c’est que les jeunes ont le désir et la capacité de s’impliquer en politique. Maintenant, il faut juste qu’on nous écoute.»
Sans aller jusqu’à vouloir travailler en politique, l’étudiante en littérature, qui souhaite enseigner plus tard au secondaire, affirme ressortir de la simulation avec une envie de s’impliquer. «Par exemple, en faisant du lobbying ou en [intégrant] des groupes qui militent pour les droits des jeunes ainsi que pour d’autres enjeux», en référence notamment à la FJCF.
Sofia Lemay espère voir davantage de projets de loi qui défendent l’environnement et les droits de la personne.
«Plusieurs enjeux requièrent de la collaboration entre partis politiques et à l’international. J’aimerais que cela soit un point focal.»
Les sénatrices Bernadette Clément et Suze Youance ont raconté leurs parcours respectifs avant d’être nommées au Sénat.
La sénatrice du Québec et ingénieure de formation, Suze Youance, a participé à un panel avec les jeunes lors du Parlement jeunesse. Celle-ci y a décelé «un processus de questionnement» de la part des jeunes, «qui ont aussi leurs points de vue très arrêtés».
Avec cela en tête, «ils se demandent donc quels sont les dossiers qu’ils veulent faire avancer, comment ils peuvent exprimer leurs objectifs, comment ils peuvent s’impliquer en politique».
«Ils ont un sac à dos et puis ils veulent savoir où passer pour porter ce qu’ils ont dans leurs sacs à dos», résume la sénatrice.
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«Plus de collaboration aiderait pas mal mieux»
De son côté, Alexandre Veilleux, originaire de Moncton, était le chef du «tiers parti», l’équivalent du Bloc québécois. Il a particulièrement apprécié la collaboration entre les personnes participantes, quel que soit le parti politique auquel ils appartenaient pendant la simulation.
«La situation politique actuelle serait pas mal mieux si elle permettait de collaborer autant que nous on s’est permis de collaborer dans nos simulations parlementaires», a-t-il fait valoir.
«Moi, je sortirais la bonne vieille méthode acadienne : l’union fait la force», ajoute Alexandre Veilleux, avec humour.
«Je me considère chanceux d’être au Canada, nuance-t-il, en comparaison à nos voisins du Sud. On a quand même des politiciens qui font attention. On est encore dans un mindset où on peut y arriver ensemble. Mon inquiétude, c’est qu’un jour, on arrête ce mindset», précise-t-il.
Connexions francophones
Sa collègue de l’autre bord de la Chambre, Céleste Beaupré, une Franco-Albertaine qui en était à son 13e et dernier Parlement jeunesse entre sa province et le fédéral, raconte que cette session était unique, surtout pour la participation qu’elle a affichée.
«Je n’ai jamais participé à un parlement jeunesse dont la majorité des participants était là pour la première fois, mais j’ai été impressionné par leur intérêt, leur passion et de leur participation à la simulation», souligne celle qui était ministre au sein du gouvernement dans la simulation.
Céleste Beaupré précise que la préparation des participants quant à l’analyse des projets des lois ainsi que les lignes de partis a surtout permis d’avoir «un bon déroulement des débats».
«Ce niveau de participation était une première et je suis très confiante pour l’avenir des parlements jeunesse», dit-elle.
Céleste Beaupré en est à son 13 et dernier Parlement jeunesse.
Sa longue expérience dans les parlements jeunesse ne l’a pas poussée vers les sciences politiques, mais plutôt en finance et la fonction publique. Céleste Beaupré travaille maintenant au sien du ministère de Patrimoine canadien.
Elle assure que les divers parlements jeunesse auxquels elle a participé et les «connexions» qu’elle a créées au sein de la francophonie canadienne «ont joué un grand rôle pour que j’y sois».
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Les audiences se sont tenues les 21 et 22 janvier au siège de la Cour fédérale du Canada à Montréal.
«C’est vraiment deux visions complètement antagonistes qui se sont opposées», rapporte le plaignant et directeur général de DCQ, Étienne-Alexis Boucher, en entrevue avec Francopresse le 22 janvier.
D’un côté, DCQ soutient que la publication des jugements constitue un acte de communication et de service visé par la Loi sur les langues officielles et qu’ils devraient donc être accessibles dans les deux langues officielles.
De l’autre, la Cour suprême estime que la traduction relève du fonctionnement interne de la justice et qu’elle n’est pas tenue de produire une version officielle en français des décisions rendues avant 1970.
Un jugement est attendu au cours des prochains mois dans ce dossier qui s’étire depuis plusieurs années.
Étienne-Alexis Boucher rappelle que les droits linguistiques sont des droits fondamentaux.
En décembre 2023, Étienne-Alexis Boucher, directeur général de DCQ, dépose une plainte auprès du commissaire aux langues officielles (CLO) pour dénoncer l’absence de traduction en français de plus de 6000 jugements rendus par la Cour suprême du Canada avant 1970 et toujours accessibles sur le site Web du plus haut tribunal du pays.
À l’issue de son enquête, le CLO donne raison à l’organisme dans un rapport final publié en septembre 2024. Dans ce rapport, le commissaire recommande la traduction des décisions affichées.
Malgré ces conclusions, le BRCSC conteste le bienfondé de la plainte et dit ne pas être tenu de traduire en français le texte des décisions ni de donner suite aux recommandations du CLO.
Face à cette position, DCQ et M. Boucher portent l’affaire devant la Cour fédérale, le 1er novembre 2024, afin d’obtenir une ordonnance judiciaire contraignant le BRCSC à traduire l’ensemble des jugements visés.
Le CLO a déposé une demande afin de participer aux audiences à titre d’intervenant. Le BRCSC s’y est opposé par l’entremise de ses avocats. La Cour fédérale a annoncé le 16 janvier qu’elle refusait d’accorder le statut d’intervenant au commissaire.
«Nous avons été surpris alors que pour nous il allait de soi que le CLO avait quelque chose de pertinent et de complémentaire à apporter», souligne Étienne-Alexis Boucher.
À l’été 2025, la Cour suprême met sur pied un comité indépendant chargé d’identifier les jugements devant faire l’objet d’une traduction prioritaire. Elle s’engage à traduire 24 décisions au cours des prochaines années – une traduction qui, selon elle, ne pourrait toutefois pas être considérée comme officielle.
«En dépit d’une apparente bonne volonté, cet engagement n’a cependant rien d’impressionnant et encore moins de satisfaisant au fond», déclare DCQ dans un communiqué envoyé le 16 janvier.
L’organisme affirme que la mesure proposée ne concernerait que 0,4 % des décisions non traduites et que, faute de caractère «officiel», les traductions réalisées ne seraient pas formellement recevables en contexte judiciaire.
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Alors qu’en 2023 les couts étaient estimés à 10 millions de dollars, le Bureau du registraire affirme désormais que la traduction de l’ensemble des jugements couterait entre 62,6 et 68,9 millions de dollars, selon une réévaluation plus récente incluse dans les documents remis à la Cour fédérale.
La Cour suprême elle-même a toujours reconnu dans des jugements que le manque de ressources financières n’est pas une justification pour brimer des droits fondamentaux. Les droits linguistiques sont des droits fondamentaux au Québec, au Canada.
Le responsable rappelle que DCQ a offert «une certaine marge de manœuvre» au BRCSC : «Si jamais on a un jugement positif en notre faveur, on estime qu’un horizon de dix ans pourrait être tout à fait raisonnable afin de permettre à la Cour de procéder à l’ensemble de la traduction des jugements.»
«On n’est pas dans quelque chose qui est impossible et qui prendrait 350 ans», ajoute-t-il.
À la question de savoir si l’organisme fera appel en cas de jugement défavorable, Étienne-Alexis Boucher préfère réserver ses commentaires.
Sans aucun doute, l’allocution du premier ministre canadien était bien écrite, bien rendue, courageuse et empreinte de réalisme; ou de pragmatisme, comme il le dit souvent. Il a dit tout haut ce que beaucoup de chefs d’État semblent avoir de la difficulté à comprendre ou à accepter – du moins en public. Soit qu’il n’y a plus de grandes puissances économiques qui travaillent dans un esprit de collaboration.
Il ne faut cependant pas oublier où et devant qui ce discours a été fait. Le Forum économique mondial de Davos est une conférence sur le développement économique. Des milliers de chefs et cheffes d’État et d’entreprises y sont invités pour échanger sur la «croissance, la résilience et l’innovation», est-il écrit sur le site du Forum (traduction libre).
Les phrases coup de poing et les envolées lyriques de Mark Carney créaient une carte au trésor où le «X» était mis en évidence. S’il a peint l’image d’un monde où les relations internationales sont en pleine rupture et que les grandes puissances imposent l’instabilité, c’était pour mieux présenter le Canada comme un pays stable, fiable, où il est prudent d’investir.
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Entre les constats politiques, il y avait plusieurs listes sur ce que le Canada a, ce que le Canada est. Le terme «we have» («nous avons») revient neuf fois dans le discours. Le terme «we are» («nous sommes») revient 18 fois en lien avec ce que le Canada fait ou représente.
Qu’est-ce que «nous avons», selon Mark Carney? Des baisses d’impôts, des ententes stratégiques existantes, la population la plus éduquée du monde, des capitaux, du talent et un gouvernement prêt et capable d’agir de façon décisive. Surtout, le «Canada a ce que le monde veut».
Ce que «nous sommes», toujours selon le discours? Une superpuissance énergétique, un pays qui collabore déjà avec les autres pays de la planète et qui entend poursuivre sur cette lancée. Et surtout, «un partenaire stable – dans un monde qui est tout sauf stable – qui construit et apprécie les relations à long terme».
Cette liste, qui présente l’économie canadienne de façon favorable, est avant tout un argument de vente destiné aux investisseurs et aux élus et élues assis dans la salle devant lui. Ce n’est pas un appel à la résistance.
Il vaut la peine de le répéter : il a fait le portrait d’un Canada clairement défini dans l’image d’un monde flou et imprévisible.
Son invitation à collaborer entre pays de taille moyenne plutôt que de construire chacun sa forteresse joue le même rôle : inclure le Canada dans la grande forteresse en investissant dans nos ressources naturelles.
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Les hommes et les femmes d’affaires ont très probablement décelé ce discours dans le discours. Le directeur général des politiques économiques et énergétiques au Forum des politiques publiques du Canada, Jay Khosla, confirme l’intention de l’allocution dans un article de la Presse canadienne. Il dit que «M. Carney semble présenter le Canada comme un pays “en pleine croissance économique”».
Il ajoute qu’il aurait aimé que le premier ministre parle davantage des mesures d’accélération des projets nationaux. Des projets qui pourraient stimuler les investissements.
Ce que Mark Carney a dit dans son allocution, tous ceux et celles qui suivent de plus ou moins près la politique canadienne l’avaient déjà entendu. L’idée de ne plus se fier aux États-Unis, d’élargir les partenariats économiques, de regarder ailleurs, de ne pas mettre tous ces œufs dans le même panier, l’électorat canadien connait cette vision. Le premier ministre l’a simplement présentée au reste du monde économique.
C’était donc un discours plus économique que politique, avec une dose de pragmatisme…
Dans un mémoire présenté en aout 2025, dans le cadre des consultations budgétaires fédérales de 2026, le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC) souligne le sous-financement chronique en formation continue des communautés francophones en situation minoritaire au Canada.
Il dénonce un déséquilibre des investissements entre les organismes anglophones et francophones, alors que la Loi sur les langues officielles stipule que les institutions fédérales doivent prendre des mesures positives pour favoriser l’épanouissement des minorités francophones.
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«On s’est rendu compte qu’on avait parfois du mal à aller chercher du financement pour le développement des compétences pour les francophones», amorce le président du RESDAC, Geoffroy Krajewski, en entrevue avec Francopresse.
Geoffroy Krajewski est le président du Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC).
«Quand on voit l’état des lieux de la situation, on se rend compte qu’effectivement les organismes anglophones comme Palette Skills ou Future Skills reçoivent plusieurs centaines de millions de dollars pour travailler au développement des compétences, là où les francophones ne reçoivent rien. Donc la différence est évidemment énorme à ce niveau-là.»
Le gouvernement du Canada affirme de son côté soutenir la vitalité économique et le bienêtre des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM), «en veillant à ce qu’elles disposent des ressources nécessaires pour accéder à l’emploi et progresser dans leur carrière», affirme par courriel Emploi et développement social Canada (EDSC).
Il rappelle que le Plan d’action pour les langues officielles 2023 2028 prévoit des investissements totalisant 4,1 milliards de dollars, dont 1,4 milliard en nouveaux fonds.
Le ministère met en avant des initiatives comme le Fonds d’habilitation pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire ou Compétences pour réussir dans les CLOSM, qui visent à améliorer l’accès aux ressources, aux outils et à la formation de qualité axés sur les compétences fondamentales et transférables.
On ne demande pas de nouveaux fonds, mais juste un meilleur rééquilibrage. On se rend bien compte qu’on est en période de récession […] Ce n’est pas aujourd’hui qu’on va sortir de nouvelles enveloppes. Ce qu’on demande, c’est de répondre aux besoins des francophones au même titre qu’on répond aux besoins des anglophones.
Le RESDAC déplore le phénomène de «window dressing» ou «approche de façade», parce que ce sont parfois des organismes anglophones qui ont le mandat de répondre à des besoins francophones. Ils ne font alors que le minimum, en ajoutant quelques éléments symboliques, comme la traduction du site Web.
Résultat : les services sont théoriquement ou partiellement disponibles en français, mais pas réellement adaptés, ni accessibles pour les communautés francophones en situation minoritaire.
Ils sont là pour répondre aux besoins des francophones, mais ils n’ont aucune idée de ce que c’est que la francophonie […], mais en tant que francophones, on a des besoins particuliers.
Le responsable défend une approche «par et pour».
Il prend également l’exemple de programmes fédéraux qui, par le passé, donnaient de l’argent à des organismes québécois pour répondre à des besoins pour la francophonie minoritaire. «C’est le même principe.»
Dans son mémoire, le RESDAC recommande également l’inclusion de clauses linguistiques contraignantes dans les transferts fédéraux-provinciaux-territoriaux afin d’assurer un soutien équitable à travers tout le pays.
L’organisme critique en outre le manque de considération envers les talents et les compétences des francophones.
Si un francophone veut développer ses compétences, il n’a pas le choix que de se tourner vers l’anglais. Et c’est comme ça qu’on tombe dans ce qu’on appelle un bilinguisme soustractif.
En d’autres termes, c’est quand les francophones deviennent bilingues, mais finissent par parler presque uniquement anglais au travail et en société, jusqu’à perdre l’usage du français. Le français n’est donc pas ajouté à l’anglais : il est progressivement remplacé.
«On préconise davantage une approche de bilinguisme additif, où l’anglais devient une langue seconde pour les francophones en situation minoritaire; une qualité qu’ils peuvent développer, mais qu’ils continuent à pouvoir travailler en français, avoir des activités en français, vivre dans leur communauté en français», explique le président du RESDAC.
En 2012, le gouvernement fédéral avait commandé un échantillonnage des compétences des francophones dans plusieurs provinces où il y avait un bassin suffisant.
Mais depuis, aucune mise à jour n’a pas été faite. «Donc on se retrouve avec des données qui valent pour la majorité», note Geoffroy Krajewski.
«On n’a aucune idée de c’est quoi les spécificités pour les francophones. Quand on demande de mettre en place des mesures positives dans le cadre de la modernisation de la Loi sur les langues officielles, ça fait partie des choses qui, pour nous, systématiquement, devraient être demandées, d’avoir des données pour les francophones pour qu’on puisse aussi après justifier des demandes de financement.»
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La francophonie pourrait également représenter un levier économique conséquent pour le Canada. «On sait que le développement des compétences dans le milieu communautaire, c’est une expérience extraordinaire pour pouvoir accroitre finalement la main-d’œuvre canadienne», indique Geoffroy Krajewski.
Les formations, les bilans de compétences peuvent faire partie des outils que mettent en place les organismes concernés. «On travaille à la fois sur des développements de compétences au niveau de la littératie numérique, des compétences socioémotionnelles, l’employabilité, la littératie financière, etc.», détaille-t-il.
Dans le contexte actuel – notamment en raison des tensions avec les États-Unis –, le développement de la main-d’œuvre canadienne est «hyper important», dit le responsable.
«Si on veut développer de nouveaux marchés dans la francophonie, qu’ils soient en Afrique ou en Europe, les francophones ont leur place à prendre aussi à ce niveau-là.»
La juge Sheila Martin devrait être remplacée par un ou une juge bilingue et originaire de l’Ouest, pour respecter la tradition de la représentation régionale.
Sheilah Martin a annoncé la semaine dernière qu’elle quittera ses fonctions le 30 mai prochain. Originaire de Montréal, elle a exercé principalement comme juge en Alberta et a été nommée à la Cour suprême par Justin Trudeau en 2017.
Justin Kingston, président de la Fédération des associations de juristes d’expression française de common law (FAJEF) et avocat franco-albertain, rappelle que la Loi sur les langues officielles modernisée prend désormais en compte l’importance du bilinguisme des juges candidats à la Cour suprême, ce qui n’était pas le cas avant.
La loi affirme en effet que le Bureau du commissaire à la magistrature fédérale «évalue la capacité de parler et de comprendre clairement les deux langues officielles de tout candidat qui a indiqué posséder des compétences dans les deux langues officielles».
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Selon l’avocat Justin Kinston, le ou la successeure de la juge Martin devrait venir de l’Ouest, sans nécessairement représenter l’Alberta.
Par courriel à Francopresse, le directeur général des nominations à la magistrature, François Bovin, remarque que les plus récentes nominations à la Cour, comme celle de Mary Moreau en 2023, sont des juges «qui sont effectivement bilingues».
«Un juge nommé à la plus haute cour [doit] lire des documents et comprendre un plaidoyer sans devoir recourir à la traduction ou à l’interprétation et, idéalement, discuter avec un avocat pendant un plaidoyer et avec les autres juges de la Cour en français ou en anglais», souligne-t-il.
Il y a un nouveau processus d’évaluation en trois parties pour considérer «chaque volet de l’exigence linguistique».
À titre d’exemple, la juge Mary Moreau a rempli un formulaire, où elle a dû inscrire ses compétences dans les deux langues officielles.
«La question devient à quel niveau le gouvernement fédéral devrait prendre en compte [le facteur du bilinguisme, NDLR], commente Justin Kingston. Le raisonnement, c’est que lorsque vous avez des causes d’importance constitutionnelle qui affectent l’ensemble du Canada, avoir un ou deux juges qui ne sont pas habiles dans les deux langues peut affecter le fonctionnement du processus et essentiellement la décision.»
Le président de la FAJEF souligne toutefois que les juges qui siègent actuellement à la Cour suprême ont une bonne capacité dans les deux langues. «S’ils ne l’avaient pas, ils ont travaillé fort pour l’accroitre.»
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La représentation régionale constitue aussi un critère traditionnel dans la sélection des candidats à la magistrature.
François Bovin confirme que «trois juges de la Cour suprême du Canada proviennent du Québec en vertu de la loi; par convention, trois autres proviennent de l’Ontario, deux de l’Ouest et des Territoires et un autre de l’Atlantique».
Lors de la nomination de la juge Moreau en 2023 – soit après la modernisation de la Loi sur les langues officielles – le questionnaire évoqué ci-dessus était réservé aux candidats de l’Ouest canadien et du Nord.
Pour Justin Kingston, Sheilah Martin étant Albertaine, il faudrait que sa ou son successeur vienne de l’Ouest, sans que ce soit forcément de la même province.
Lors de sa nomination à la Cour suprême en 2017, Sheilah Martin avait elle-même remplacé une magistrate albertaine, Beverley McLachlin, qui avait siégé toute sa carrière en Colombie-Britannique.
Avocate et juge à la Cour du Banc de la Reine de l’Alberta et à la Cour d’appel de l’Alberta, Sheilah Martin a également occupé le poste de doyenne de la faculté de droit de l’Université de Calgary.
Selon Justin Kingston, s’il y a de bons candidats pour succéder à Sheilah Martin en Alberta, il y en aurait aussi dans d’autres provinces, «notamment des juges bilingues». Il affirme toutefois ne pas connaitre de juge bilingue en Saskatchewan
Pour la présidente de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO), Naaila Sangrar, le bilinguisme est un élément «requis du travail que fait la Cour suprême du Canada».
Elle affirme que si les avocats ou les juges veulent se donner toutes les chances pour voir leurs candidatures considérées un jour pour la Cour suprême, les «ressources sont là».
Pour la juriste, la Cour suprême du Canada étant la plus haute juridiction du pays, elle se doit d’être un exemple pour les cours inférieures, puisque son comportement «va naturellement informer les autres».
«Il y a toujours ce débat sur le bilinguisme et c’est quelque chose que je ne comprends pas très bien. […] Je crois que le bilinguisme est plus fort qu’on le pense», avance-t-elle.
Elle cite des opportunités d’apprentissage à travers des programmes d’immersion et universitaires, mais également via Jurisource, une ressource des associations de juristes qui existent dans les autres provinces et territoires.
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Liane Roy accueille positivement la nouvelle, mais affirme qu’il faut continuer.
La ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Lena Metlege Diab, en a fait l’annonce le 19 janvier à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Dans la continuité du gouvernement Trudeau, Ottawa visait initialement une cible de 8,5 % d’immigrants francophones hors Québec pour 2025.
«Ça nous encourage parce qu’on est dans la bonne direction. On n’est pas tout à fait encore où nous devions être, mais on progresse», affirme la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Liane Roy, en entrevue avec Francopresse.
Les années de perte de vitesse «terminées» pour la francophonie?
«C’est bon d’avoir le 12 % pour 2029, il faut continuer à aller en progression et en augmentation», complète la responsable.
«On n’est pas tout à fait rendu à avoir fait le rattrapage nécessaire. Pendant les 20 dernières années, on avait du mal à aller chercher 2-3 % d’immigrants francophones. Au moins, ces années-là sont terminées. On est dans une progression et une trajectoire pour augmenter l’immigration francophone.»
Le gouvernement de Mark Carney s’est «engagé» à atteindre les taux d’admissions de résidents permanents de 9 % en 2026; de 9,5 % en 2027 et de 10,5 % en 2028.
En revanche, le ministère recense 1 000 immigrants de moins sur cette période, en chiffres absolus, car le gouvernement fédéral souhaite limiter les admissions de résidents permanents à moins de 1 % de la population totale canadienne.
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«Quand on a commencé à avoir cette discussion sur les cibles en 2022, l’étude sociodémographique qui a été faite pour établir les cibles a été faite à partir d’un chiffre d’immigration générale de 500 000. Maintenant, nous sommes rendus à 385 000 immigrants [au total, NDLR]. Donc, bien qu’on augmente les cibles en pourcentage, les nombres absolus d’immigrants et d’immigrantes diminuent», explique Liane Roy.
«Réparer la perte du poids démographique»
Lena Metlege Diab a aussi affirmé que son ministère ajouterait 5 000 places supplémentaires dans la catégorie des Candidats des provinces. Ce programme permet aux immigrants et aux immigrantes d’obtenir la résidence permanente en étant sélectionnés par les gouvernements des provinces et territoires.
«Derrière ces chiffres, la croissance de l’emploi et de l’économie reste des priorités clés», a affirmé la ministre en conférence de presse.
La ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a affirmé que 5000 places sont ajoutées par le fédéral dans la catégorie des Candidats des provinces et territoires.
Interrogée par un journaliste sur la capacité d’accueil des personnes immigrantes de certains organismes, «débordés» depuis plusieurs années, la ministre Diab a rappelé qu’«il y a beaucoup à faire avec les provinces et les territoires parce que l’immigration est un rôle pour les deux».
L’ex-ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, présente lors de l’annonce, a de son côté soutenu : «On ne peut ignorer que l’immigration francophone est en déclin au cours des dernières années. La motivation pour cela est vraiment d’assurer que nous pouvons réparer la perte démographique que nous avons vécue.»
Elle répondait notamment à une question sur la motivation de renforcer l’immigration francophone en situation linguistique minoritaire, récemment critiquée par les immigrants non francophones.
Les conservateurs «à la même place» que le gouvernement sur l’immigration
Joël Godin, porte-parole conservateur pour les Langues officielles au Parlement, appuie Liane Roy, réaffirmant que c’est un «pas dans la bonne direction».
Sur la question de ralentir l’immigration, il assure que «le Parti conservateur est à la même place que le gouvernement. […] On en prendrait plus, mais il y a un gain : [les libéraux] ont enfin compris les représentations que nous avons faites.»
Concernant les 1 000 immigrants de moins en 2025 par rapport à 2024, Joël Godin préfère souligner que le pourcentage d’immigrants francophones est en hausse.
En ces instants charnières, nous devons nous tourner vers les valeurs qui nous unissent ici, chez nous, et qui renforcent notre présence à l’étranger – ces valeurs qui font notre force. Conjugué à la réconciliation et au multiculturalisme, le bilinguisme officiel est au cœur de notre identité. En tant que Canadiennes et Canadiens, nous ne devons jamais laisser les pressions politiques ou les contraintes économiques éroder ces valeurs qui nous définissent.
Garantir le soutien des droits linguistiques n’est pas un choix difficile. C’est la pierre angulaire de notre politique linguistique durement acquise, qui est portée par nos valeurs communes et qui constitue une source inépuisable de fierté nationale.
À une époque où les droits linguistiques sont renforcés dans la société canadienne, il est crucial de préserver la capacité du gouvernement fédéral de servir la population canadienne dans la langue officielle de son choix et de protéger sans relâche les communautés de langue officielle en situation minoritaire qui sont présentes dans chaque province et territoire.
Le respect des droits linguistiques repose ultimement sur la volonté politique et le leadership. Il s’agit d’une double responsabilité de veiller au respect des droits linguistiques des Canadiennes et des Canadiens aujourd’hui et de préserver notre identité linguistique et culturelle dans l’avenir.
Je me souviens du sentiment que j’ai éprouvé en tant que jeune francophone au Manitoba, en 1969, lorsque ma langue et ma culture ont été pour la première fois reconnues, protégées et même célébrées. Au milieu d’une crise d’unité nationale, des dirigeants francophones et anglophones s’étaient réunis pour parvenir à une des réalisations législatives déterminantes au Canada : la Loi sur les langues officielles.
Nous l’oublions parfois, mais, sans cette loi, le Canada tel que nous le connaissons aujourd’hui n’existerait tout simplement pas. Elle a contribué à concrétiser le rêve d’un projet politique distinct en Amérique du Nord – une démocratie parlementaire bilingue qui comprend des protections pour les communautés linguistiques en situation minoritaire. Heureusement, nous avons maintenant aussi la Loi sur les langues autochtones qui vise à aider à se réapproprier, à revitaliser, à maintenir et à renforcer les langues autochtones et à prévenir les pertes culturelles.
En tant que Canadiennes et Canadiens, nous reconnaissons les droits linguistiques, que ce soit pour le français, l’anglais ou les langues autochtones, comme des droits individuels et collectifs fondamentaux qui sont nécessaires à notre démocratie.
Aujourd’hui, nous avons une Loi sur les langues officielles actualisée pour s’inscrire dans la modernité et qui intègre un changement majeur adopté il y a tout juste deux ans : elle reconnaît sans détour la vulnérabilité du français au Canada et en Amérique du Nord dans son ensemble.
Après l’anglais, le français est toujours de loin la langue la plus répandue au Canada – y compris à l’extérieur du Québec – et c’est, bien sûr, la langue courante au Québec. L’influence internationale écrasante de l’anglais a toutefois des répercussions sur tout ce que nous disons et faisons en français, particulièrement dans un univers numérique où les algorithmes et l’intelligence artificielle intensifient la présence de plus en plus dominante du contenu culturel anglais américain dans les médias d’information et d’actualité en ligne. C’est une préoccupation non seulement pour le français au Canada, mais pour les langues minoritaires dans le monde entier.
Alors que je m’apprête à tourner la page, j’aimerais vous partager quelques réflexions finales sur les langues officielles au Canada.
En tant que société, nous devons protéger le bilinguisme officiel pour préserver non seulement nos langues elles-mêmes et notre façon de les exprimer, mais aussi les cultures auxquelles elles sont intimement liées. Nos cultures.
Pour les francophones, la reconnaissance du français permet de s’identifier à la plus vaste communauté politique du Canada, bien que l’anglais soit la langue majoritaire au pays globalement. Le soutien du bilinguisme officiel au sein de la population canadienne est resté constant, notamment chez les personnes issues de divers milieux culturels. La population canadienne convient que la présence de deux langues officielles, au lieu d’une seule, favorise l’ouverture à la diversité et confère un avantage sur la scène internationale.
Par ailleurs, la cohabitation des francophones et des anglophones nous a enseigné l’art de coexister dans la diversité et les différences. Elle nous a libérés des entraves de l’homogénéité culturelle et de l’isolement, elle a fait de nous un peuple meilleur que ce que nous aurions pu être autrement. Cela, en soi, confère tout son sens au bilinguisme officiel.
Pourtant, trop peu de Canadiennes et de Canadiens sont conscients de l’existence même de nos communautés de langue officielle en situation minoritaire dynamiques, qui incluent les communautés anglophones au Québec et les communautés francophones dans tout le Canada. Nous n’avons pas suffisamment fait la promotion du fait que les deux langues sont parlées dans tout le pays et pas uniquement dans une seule province.
Les communautés de langue officielle en situation minoritaire incarnent la preuve tangible que nous n’avons pas à être tous identiques. C’est grâce à leur présence dans tout le pays que nous savons que des personnes de langues et de cultures différentes peuvent cohabiter et bâtir ensemble une nation inclusive et fondée sur des valeurs fondamentales partagées plutôt que sur un héritage ethnique commun.
Les Québécois d’expression anglaise veulent se sentir chez eux dans leur province et avoir la pleine reconnaissance de leurs droits et de leur rôle constructif dans la promotion du français au Québec et du bilinguisme au Canada. Pour réduire les clivages et renforcer la compréhension, il faut multiplier les interactions positives entre les francophones et les anglophones, tant au Québec que dans le reste du Canada.
Les communautés francophones en situation minoritaire hors Québec montrent par leur persévérance que les deux langues officielles peuvent coexister pleinement aux quatre coins du pays. Ces communautés sont résilientes et contemporaines; elles ne ressemblent en rien au village où j’ai grandi. Elles évoluent, se diversifient et s’adaptent en phase avec les changements sociétaux. Leur situation démographique demeure toutefois fragile. Il est maintenant plus que jamais essentiel d’offrir des occasions continues d’apprendre et d’utiliser le français, de la garderie à l’enseignement supérieur, pour assurer la transmission de cette langue à la prochaine génération.
À cette fin, la majorité francophone du Québec doit pouvoir constater que la langue française est valorisée et respectée au niveau fédéral et que son rôle de langue principale dans la vie sociale québécoise est confirmé. Veiller à la pertinence continue du français à l’échelle internationale et à l’engagement du Canada envers la francophonie démontre que langue et culture bénéficient d’une reconnaissance authentique chez nous, y compris au Québec.
De son côté, la majorité anglophone hors Québec doit continuer de se percevoir comme faisant partie intégrante du projet sociétal pancanadien qu’est le bilinguisme officiel. Bien qu’il soit largement admis que le français et l’anglais sont nos langues officielles, il faut encourager leur usage, notamment par l’accès à l’enseignement du français langue seconde et aux programmes d’immersion pour les jeunes anglophones afin qu’eux aussi profitent des avantages du bilinguisme.
Il importe aussi de renforcer les relations entre francophones et anglophones bilingues à l’échelle canadienne pour offrir davantage d’occasions aux deux communautés de s’exprimer en français de façon constructive au quotidien.
Ce fut un immense honneur de servir en tant que commissaire aux langues officielles, avec pour mandat de protéger et de promouvoir les droits linguistiques de la population canadienne. J’ai eu l’incroyable chance de travailler aux côtés de membres de la communauté, de décideurs et de parlementaires de ce grand pays qui façonnent le présent et l’avenir de nos langues officielles.
J’ai aussi pu constater un fait : deux langues qui alimentent la conversation nationale – deux langues d’intégration – d’un océan à l’autre contribuent à faire du Canada une nation plus grande que la somme de ses parties.
Le bilinguisme officiel fait partie de notre passé, de notre présent et de notre avenir, et c’est l’une des caractéristiques les plus distinctives de ce qui fait de nous des Canadiennes et des Canadiens. Pendant que nous réinventons un Canada uni, indépendant et fort, engageons-nous à reconnaître, à soutenir et à célébrer la force unificatrice de nos langues officielles aujourd’hui et pour les générations à venir.
À certains endroits, les températures sont montées jusqu’à 8 degrés. C’est presque 30 degrés au-dessus de ce qui est habituel à cette période de l’année!
Iqaluit est tout au Nord du Canada, sur l’île de Baffin, dans le territoire canadien du Nunavut.
Habituellement, l’Arctique est entouré par des vents qui aident à garder l’air très froid emprisonné dans le Nord. En hiver, quand cette barrière de vents est bien en place, les températures restent donc très basses dans l’Arctique.
Mais parfois, cette barrière de vents se déforme ou s’affaiblit. Le froid peut alors descendre vers le sud, pendant que de l’air plus doux remonte vers le Nord. C’est ce qui s’est produit à la fin de l’année.
Résultat : le froid s’est déplacé, et la chaleur aussi.
La situation est du jamais vu d’après David Qayaq, qui vit à Iqaluit depuis 2011.
Normalement, la mer gèle tôt en hiver dans l’Arctique. Cette glace est essentielle pour les Inuit, qui se déplacent et chassent en marchant dessus. Mais cette année, la glace est arrivée en retard.
Selon David Qayaq, un habitant d’Iqaluit, au Nunavut, ce manque de glace complique la vie des chasseurs. «Il n’y a pas assez de glace pour être en sécurité», explique-t-il au Nunavoix.
«Les chasseurs doivent transporter leur bateau sur des VTT, ce qui coûte beaucoup d’argent. Ensuite, il faut ramener les prises sur la terre ferme. D’habitude, on donne beaucoup de nourriture traditionnelle aux aînés, mais cette année, c’est plus compliqué», raconte-t-il.
Et cette situation n’est pas près de changer. L’Arctique se réchauffe près de quatre fois plus vite que le reste du monde. «Le climat a tellement changé ces cinq dernières années. Nous tentons de faire de notre mieux pour nous adapter, mais les changements sont très rapides», constate David Qayaq.
Dans le Nord, les habitants observent ces changements avant bien d’autres. En partageant ce qu’ils voient avec des chercheurs, ils aident les scientifiques à mieux comprendre les changements climatiques.
Et toi, aimes-tu le froid? Que ferais-tu s’il n’y avait plus d’hiver?
Sources: Le Nunavoix
Gabriel Plourde, aussi connu sous le nom de Gabocarina96 sur YouTube, a toujours eu deux grandes passions : la guitare et les jeux vidéos. Depuis des années, le Néo-Brunswickois s’amuse à créer des pièces musicales qu’il partage ensuite sur sa chaîne YouTube.
Gabriel a entendu dire qu’un créateur de cartes pour Fortnite, CooliSushi, cherchait quelqu’un pour composer la musique de son nouveau monde.
Tout de suite, le jeune homme s’est dit : «Pourquoi pas moi?». Alors, il a contacté directement le créateur de la nouvelle île pour lui proposer sa musique.
«Il a regardé mes projets, on a parlé un peu et il a dit : “C’est beau, tu as la job!”», a raconté Gabriel à un journaliste de Radio-Canada.
Le jeune musicien a passé des heures à écrire, écouter et ajuster chaque note, pour que sa musique colle parfaitement à l’ambiance du célèbre jeu vidéo.
Et en seulement une semaine, il a créé une composition que tu peux maintenant entendre en jouant à Fortnite!
«J’ai fait 3 variations du même thème musical pour qu’elles soient utilisées dans différentes situations dans le jeu», a-t-il expliqué au journal Acadie Nouvelle.
Pour écouter la pièce de Gabriel, c’est ici! ⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️⬇️
Le nom de Gabriel apparaît directement dans la carte, pour que tous les joueurs sachent qui est l’artiste derrière cette musique.
Pour lui, savoir que sa musique vit dans un univers que des millions de joueurs explorent chaque jour est une grande réussite. «C’est quand même impressionnant de savoir qu’il y a une création qui vient à 100 % de moi, dans ce jeu vidéo», confie-t-il à Acadie Nouvelle.
Aujourd’hui, la chaîne YouTube de Gabriel Plourde compte plus de 37 000 abonnés. Chaque composition, chaque projet, est un pas de plus vers son rêve : réussir à gagner sa vie en alliant sa passion pour la musique et les jeux vidéos.
«Au départ, je faisais tout ça pour le plaisir. Je n’aurais jamais imaginé que ça m’emmènerait aussi loin», s’enthousiasme-t-il.
Alors, si jamais tu joues à Fortnite, ouvre bien les oreilles : tu pourrais être en train d’écouter la musique d’un jeune Néo-brunswickois qui transforme ses rêves en réalité!
Et toi, si tu pouvais combiner deux de tes passions pour créer quelque chose, que ferais-tu?
Sources : Radio-Canada, Acadie Nouvelle
Le premier ministre du Québec a démissionné mercredi, après une plongée dans les sondages.
Mercredi, le premier ministre du Québec, François Legault, a annoncé son départ prochain comme chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) et premier ministre de la province, affirmant vouloir agir pour le bien de son parti et du Québec après près de 30 ans en politique.
Il restera en poste jusqu’à l’élection d’un nouveau chef de la CAQ, un parti affaibli par de mauvais sondages, des défaites électorales et la démission de plusieurs députés.
Malgré avoir longtemps assuré qu’il se représenterait en 2026, il a reconnu que la population souhaitait un changement de leadeurship.
Fondateur et unique chef de la CAQ depuis 2011, il a rappelé en conférence de presse ses deux gouvernements majoritaires, la gestion de la pandémie et l’adoption de lois majeures sur la laïcité et la langue française.
«Ce fut le plus grand honneur de ma vie», a-t-il conclu.
Le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a décidé de ne pas faire appel d’une décision de la Cour fédérale qui a reconnu que le ministère Patrimoine canadien avait manqué à son obligation de consulter le Conseil scolaire francophone de Terre-Neuve-et-Labrador.
La cour a constaté que le ministère n’avait pas impliqué la communauté francophone, ce qui contrevient à la Loi sur les langues officielles et à la Charte canadienne des droits et libertés.
Le ministre a reconnu que son ministère devait améliorer ses pratiques et le Conseil scolaire se dit satisfait. Il espère participer activement à la mise en œuvre du programme d’éducation en français. Ce cas rappelle des situations similaires dans d’autres provinces, comme en Colombie-Britannique.
La ministre de la Santé fédérale Marjorie Michel a annoncé un financement de plus de 345 000 $ à la Colombie-Britannique pour un projet visant à faciliter l’accès aux services de santé en français.
Mise à jour numérique : Cette initiative permettra de moderniser les outils numériques du système de santé de la province en tenant compte de la langue officielle préférée des patients afin de mieux planifier et offrir des services adaptés aux communautés francophones.
Le projet s’inscrit dans le cadre du Programme pour les langues officielles en santé.
Le gouvernement fédéral investira 640 000 $ sur trois ans pour soutenir l’intégration des nouveaux arrivants francophones et la vitalité des communautés en situation minoritaire.
Le projet Culture d’entreprise, mené conjointement par la Fédération culturelle canadienne-française et l’organisme Culture pour tous vise à fournir des outils et ressources aux acteurs du milieu des affaires et de la culture afin de faciliter l’intégration, renforcer les liens interculturels et permettre aux nouveaux arrivants de participer pleinement à la vie communautaire et culturelle.
À lire aussi : Immigration francophone : quand la culture favorise l’intégration et la rétention
Le gouvernement du Canada investit plus de 50 000 $ dans trois organismes culturels de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, pour soutenir des festivals, des activités communautaires et des publications d’auteurs canadiens.
Une enveloppe de 10 500 $ est réservée pour le Centre culturel francophone de l’Okanagan. L’aide servira notamment à financer le 47e Festival de l’Érable, qui se tiendra à Kelowna en avril 2026. Le programme offre des spectacles de musique et de danse, d’art du cirque, des mises en récit par des Autochtones et des ateliers artistiques.
D’autres fonds permettront à Éditions de la Montagne Verte de produire et distribuer des livres, à Global Citizen Events Society d’organiser le festival Think Global – Act Local avec spectacles et de l’art visuel.
Le Grand Chef du Conseil Mushkegowuk, Leo Friday, a expliqué que son peuple avait besoin d’aide «maintenant». «Nos communautés ne vont pas mendier», argumentant qu’il s’agissait de respecter les responsabilités issues des traités.
Les dirigeants du conseil Mushkegowuk, qui représentent des Premières Nations cries du Nord de l’Ontario, demandent aux gouvernements fédéral et provincial d’accélérer les évacuations et de mettre en place des solutions durables face à la grave crise sanitaire de Kashechewan, où des défaillances majeures des systèmes d’eau ont entrainé des infiltrations des eaux d’égout dans l’eau potable.
Trop lent : Bien que l’état d’urgence ait été déclaré le 4 janvier et que les autorités aient annoncé des réparations et l’évacuation des personnes vulnérables, moins du tiers de la population a été évacué à ce jour.
Le Grand Chef du conseil Mushkegowuk, Leo Friday, le Grand Chef adjoint Amos Wesley et l’ancien Grand Chef Lawrence Martin ont dénoncé un manque d’urgence et de respect des obligations gouvernementales en conférence de presse, mercredi.
Ils soulignent que cette crise récurrente, liée à des infrastructures vieillissantes et inadéquates, démontre la nécessité d’investissements à long terme, notamment dans une usine de traitement des eaux et des services de santé fonctionnels.
La sénatrice Paula Simons incite les élus et élues à quitter la plateforme X, après que son outil d’intelligence artificielle Grok, intégrée à X, ait généré des hypertrucages à caractère sexuel, mettant parfois en scène des enfants.
La diffusion massive d’images truquées à caractère sexuel produites sans consentement par l’intelligence artificielle (IA) Grok sur le réseau social X a ravivé les appels de parlementaires et de sénateurs canadiens à quitter la plateforme.
La sénatrice Paula Simons et le député néodémocrate Alexandre Boulerice dénoncent la prolifération de contenus haineux, de désinformation et d’images sexuelles non consensuelles, parfois impliquant des mineurs, et estiment que la présence continue des élus sur X revient à cautionner et à «subventionner» ces dérives.
Alors que plusieurs pays ont lancé des enquêtes sur Grok, Ottawa n’a pris aucune mesure concrète, se limitant à évoquer de futurs cadres législatifs, ce qui alimente les critiques sur l’inaction du gouvernement face aux risques posés par l’IA et les plateformes numériques.
Jeudi, le commissaire à la protection de la vie privée du Canada a annoncé qu’il étendait son enquête sur X Corp. et xAI, après des signalements selon lesquels Grok crée des images explicites sans consentement. Il vérifie si la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques a été enfreinte par X.
L’enquête, lancée initialement en février 2025, est toujours en cours.
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Des membres de la communauté iranienne d’Ottawa ont manifesté lundi devant l’ambassade des États-Unis pour demander une intervention face à la répression violente des manifestations en Iran, où jusqu’à 3400 personnes auraient été tuées et plus de 20 000 arrêtées, selon les estimations de l’organisme Iran Human Rights, basé en Norvège.
Les manifestations, initialement liées à la situation économique, sont devenues un mouvement national antigouvernement. Les familles à l’étranger ont été isolées puisque le régime iranien a coupé internet et le téléphone. Elles ne peuvent pas avoir de nouvelles de leurs proches.
Les protestataires au Canada appellent à la fin de la violence et au départ du régime, tandis que la situation continue d’attirer l’attention et les condamnations internationales.
Vendredi, le Canada et la Chine ont conclu un accord commercial préliminaire visant à réduire leurs tensions. Pékin allègera ses droits de douane sur le canola et certains produits canadiens, tandis que le Canada autorisera l’entrée de 49 000 véhicules électriques chinois par an avec un tarif réduit de 100 à 6,1 %. Annoncé par Mark Carney à Pékin après une rencontre avec le président chinois Xi Jinping, l’accord marque un tournant dans des relations tendues depuis plus d’une décennie et s’inscrit dans la stratégie canadienne de diversification des exportations, malgré des divergences persistantes sur les enjeux économiques, politiques et humanitaires.
Les deux pays ont également signé huit protocoles d’entente dans des domaines comme l’énergie, le bois, la culture, la sécurité alimentaire et la lutte contre le crime.