Des dirigeants de grandes compagnies comme Uber ou Nvidia ont récemment affirmé aux médias que leurs coûts d’utilisation de l’IA surpassaient maintenant leurs coûts en main-d’œuvre. Le Détecteur de rumeurs s’est donc penché sur les effets de l’IA sur la productivité et la rentabilité des entreprises.
Depuis l’arrivée de ChatGPT en 2022, l’IA est souvent présentée comme une solution pour diminuer les coûts de fonctionnement des entreprises. Dans un rapport publié en 2025, la banque américaine Morgan Stanley estimait même que l’adoption complète de l’IA pourrait mener à des bénéfices annuels de 920 milliards de dollars, en partie grâce à la réduction des frais de fonctionnement.
Cependant, des données récentes semblent confirmer que ces prévisions étaient trop optimistes. Par exemple, dans un sondage réalisé auprès de 753 chefs d’entreprises canadiens en septembre 2025, seulement 2 % disaient avoir constaté un retour sur investissement après avoir adopté l’IA générative dans leur entreprise.
C’est que, même si l’IA peut accélérer certaines tâches, cela ne se traduit pas automatiquement par une amélioration de la performance globale d’une entreprise, confirmait en mai 2026 Julien Pillot, un docteur en économie à l’Université de Nice, qui s’intéresse entre autres à la régulation de la technologie et du numérique. «Cela ne signifie pas que l’IA est inutile. Cela signifie que son coût réel a été sous-estimé.»
Déjà en 2024, des chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) avaient estimé que l’IA serait moins chère que l’humain pour seulement 23 % des tâches. Leur étude avait été réalisée avec un type d’IA appelée vision par ordinateur, dont les coûts sont bien documentés. Selon les auteurs, leurs conclusions pourraient s’appliquer également aux grands modèles de langages, qui sont derrière l’IA générative.
Dans un article sur la macroéconomie de l’IA publié en 2025, Daron Acemoglu, lui aussi chercheur au MIT, concluait que d’ici 2034, la productivité de l’économie ne devrait pas augmenter de plus de 0,66 % en raison de l’utilisation de l’IA. Selon lui, le fait que l’IA ne parvienne pas à être plus efficace qu’un humain dans plusieurs tâches complexes expliquerait cet impact limité.
De plus, l’utilisation de l’IA en entreprise peut avoir des coûts cachés, soulignait Julien Pillot en 2026. Cela peut inclure l’intégration de l’IA dans les systèmes existants, la maintenance, la formation des équipes, la supervision humaine et le contrôle de la qualité, dont la gestion des erreurs commises par le robot, voire ses inventions (ou «hallucinations»).
L’augmentation récente des coûts associés à l’utilisation de l’IA en entreprise coïncide avec l’arrivée de ce qu’on appelle l’IA agentique. Un agent IA est un système autonome qui peut prendre en charge des tâches complexes en élaborant un plan qui lui permet d’interagir avec d’autres systèmes, puis de le réanalyser et de corriger ses actions au besoin. Ces agents ont été développés au départ pour le codage, parce qu’ils sont très efficaces.
Or, paradoxalement, le recours à de tels agents IA a fait grimper la facture. Il faut savoir que, pour réaliser les tâches qu’on leur confie, les systèmes d’IA utilisent des jetons (en anglais, token) définis comme des unités de données traitées. Les agents conversationnels comme ChatGPT utilisent aussi les jetons, mais ils sont beaucoup moins gourmands que les agents IA.
À quel point? En avril 2026, une équipe de chercheurs du MIT, de Google et de Microsoft, a publié un article sur la plateforme de prépublication ArXiv, où elle concluait que les tâches nécessitant des agents IA utilisaient en moyenne 100 fois plus de jetons que les tâches de conversation ou de réflexion.
Cette augmentation du nombre de jetons utilisés s’explique par le fonctionnement même des agents. Ceux-ci doivent continuellement lire la tâche qui leur a été attribuée, obtenir une réponse, puis relire la tâche et la réponse avant la prochaine action. Tous ces allers-retours consomment énormément de jetons.
Or, les entreprises se sont retrouvées dans des situations où elles n’avaient pas le choix de facturer davantage pour demeurer rentables. «Pendant les deux premières années, écrit Julien Pillot, beaucoup d’acteurs de l’IA ont subventionné l’usage de leurs modèles. Ils disposaient de cash, d’investisseurs, d’une forme d’euphorie de marché. Mais cette période touche à sa fin. Les modèles économiques changent.»
Les compagnies d’IA sont pour cette raison passées progressivement d’abonnements très larges, où l’utilisation de jetons était illimitée, à des tarifications à l’usage, c’est-à-dire au nombre de jetons consommés. «Pour les entreprises qui utilisent massivement l’IA, la facture peut alors exploser très vite», ajoutait Julien Pillot en mai 2026. Nous serions présentement, explique-t-il, dans une phase où le travail humain reste plus rentable que le travail numérique. L’IA, qui devait réduire la masse salariale ou améliorer fortement la productivité, devient plutôt un poste de dépense supplémentaire.
Au point où Gartner, une entreprise américaine de recherche-conseil en informatique, prédisait en juin 2025 que 40 % des projets utilisant des agents IA seront abandonnés d’ici 2027 à cause des coûts. Puis, en février dernier, elle prédisait que 50 % des entreprises qui ont coupé des postes en raison de l’IA réembaucheront des travailleurs pour faire des tâches similaires.
Malgré les promesses faites par les compagnies d’intelligence artificielle, l’utilisation de l’IA ne permet pas encore de réaliser des économies claires pour les entreprises.
Le potentiel de production d’énergie solaire au Canada est «fortement éclipsé» par les occasions de production éolienne, note Evan Pivnick, directeur associé des affaires publiques chez Clean Energy Canada. Il étudie les meilleures pistes pour la transition électrique en exploitant au maximum les énergies renouvelables au sein de cette organisation associée à l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique.
Evan Pivnick souligne que les crédits d’impôt à l’investissement dans l’électricité propre et à l’investissement dans l’économie propre du fédéral ont déjà des effets positifs sur la production d’énergie propre.
«Du côté de l’Alberta et de l’Ontario, le solaire aura une contribution significative», précise-t-il. Dans la plupart des autres provinces, il y aura des projets qui seront aussi pertinents, surtout avec l’amélioration de la technologie et des piles, explique-t-il.
Yves Poissant est gestionnaire de recherche et spécialiste principal en technologies solaires photovoltaïques au centre de recherche CanmetÉNERGIE – une agence de Ressources naturelles Canada. Il souligne que des pays situés plus au Nord que le sud du Canada produisent une proportion plus importante de leur énergie grâce au soleil. «Il y a des pays comme l’Allemagne, qui tirent plus de 20 % de leur électricité à partir de l’énergie solaire, qui ont un potentiel inférieur à celui du Canada.»
Evan Pivnick rappelle que le Canada est depuis longtemps l’un des plus importants producteurs d’électricité propre, mais surtout en raison de l’hydroélectricité. «Pour ce qui est des nouvelles énergies, le Canada n’a pas suivi l’explosion mondiale pour la production d’énergies renouvelables.»
Le potentiel photovoltaïque représente la production moyenne d’électricité en kWh prévue sur la durée de vie du système.
La région du Centre-Sud des prairies a le potentiel de production le plus élevé sur une base annuelle au pays. En deuxième place vient une section plus grande de ces provinces, la région d’Ottawa ainsi que l’ouest et la pointe sud de l’Ontario.
Selon un rapport de l’Association canadienne de l’énergie renouvelable (CanREA), le Canada disposait d’une capacité installée d’un peu plus de 5 gigawatts (GW) d’électricité par énergie solaire en 2025. En comparaison, le pays a une capacité installée de 19 GW en énergie éolienne.
Ce sont l’Ontario et l’Alberta qui mènent la charge. L’Ontario a presque la moitié du total de la capacité du pays – avec un mélange d’installations industrielles et résidentielles – avec 2,5 GW. L’Alberta n’est pas très loin derrière avec 2,2 GW.
Yves Poissant de CanmetÉNERGIE souligne le fait qu’il ne faut pas pour autant négliger le potentiel solaire du Nord : le Yukon a le plus d’installation solaire par habitant, révèle-t-il. «Un système bien orienté au Yukon va sans doute produire plus en été que le même système situé en Ontario», mais évidemment presque rien en hiver.
Malgré cela, pour des communautés éloignées qui dépendent souvent des génératrices, l’énergie solaire peut permettre de les éteindre pendant plusieurs semaines en été.
Le principal obstacle au développement des productions éoliennes et solaires au Canada a longtemps été le faible cout de production des autres méthodes, surtout de l’hydroélectricité, explique Yves Poissant.
La tendance est cependant en train de s’inverser en raison de la diminution du prix des matériaux et des batteries pour l’énergie solaire. Le solaire est maintenant le moyen le moins dispendieux par kilowattheure pour produire de l’électricité.
Evan Pivnick constate que les gouvernements provinciaux voient venir la hausse de la demande en énergie et évaluent davantage les projets selon la valeur de leur production et de leur apport économique, plutôt que sous un angle partisan. «C’est mieux pour les prix, c’est mieux pour la planification du système.»
«Il y a malheureusement l’Alberta, qui a le plus grand potentiel solaire au pays, mais c’est aussi le seul gouvernement qui a des politiques qui minent la compétitivité de l’énergie solaire», note Evan Pivnick. Les nombreuses infrastructures en place en Alberta ont été installées avant les nouvelles politiques du Parti conservateur, instaurées en 2024.
Jusque-là, l’Alberta était de loin le leadeur en nouvelles installations d’énergie renouvelable au Canada. Le marché encourageait la compétition.
En ce moment, l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique sont les provinces les plus généreuses pour des programmes de remboursement pour l’installation de panneaux solaires. La Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut et quelques municipalités ont aussi de tels programmes. Il y a aussi des programmes de financement dans plusieurs provinces.
L’énergie est une responsabilité provinciale, mais le rapport Coup de circuit : Comment électrifier la croissance du Canada de l’Institut climatique du Canada, publié en juin 2026, propose des mesures que le gouvernement fédéral pourrait entreprendre pour bâtir un meilleur réseau électrique pour tout le pays. Appuyer la planification des connexions interprovinciales, soutenir le développement de manière ciblée et établir un Règlement sur l’électricité propre qui assurerait une prévisibilité à long terme sont les principales recommandations.
Evan Pivnick ajoute que les crédits d’impôt à l’investissement dans l’électricité propre et à l’investissement dans l’économie propre du fédéral ont déjà des effets positifs.
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La production d’énergie solaire au Canada n’est pas optimale toute l’année. Les heures d’ensoleillement sont plus longues en été, mais plus courtes en hiver. De plus, l’hiver est habituellement le moment de l’année où la demande en électricité est plus importante, pour le chauffage.
Evan Pivnick entrevoit tout de même que le solaire peut jouer un rôle pour répondre à la hausse de la demande en été. Elle restera forte en hiver, mais la hausse des températures fera augmenter les besoins en climatisation, sans oublier l’électrification des transports.
«Je crois que l’on verra plus de solaire que ce qui est actuellement prévu, mais en raison de la disponibilité du vent tout au long de l’année, le solaire restera un joueur dans le mix», dit l’expert.
La baisse du cout des batteries rend la production solaire encore plus intéressante. Elles permettent d’emmagasiner ce qui est produit en excédent pendant la journée pour l’utiliser le soir ou la nuit. De plus en plus de projets de production sont accompagnés d’une composante batterie.
Yves Poissant ajoute que les innovations rendront aussi la technologie plus attrayante. Les cellules gagnent en efficacité et les designs s’intègrent à l’architecture. «Parfois, on ne s’aperçoit même pas que c’est un panneau solaire tellement que c’est bien intégré et que ça ressemble à un autre revêtement conventionnel.»
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Cette carte des installations existantes au Canada en 2024 a été créée par Aela Fejzulla, Jenna Pare et Dr. John Parkins du département des ressources économiques et sociologie de l’environnement de l’Université de l’Alberta.
Un des autres avantages de l’énergie solaire, c’est qu’elle peut être produite à plus petite échelle – sur le toit des maisons par exemple.
Yves Poissant compte trois facteurs qui influencent la rentabilité d’une installation solaire résidentielle : les caractéristiques du site physique, le cout du système et le cout du financement.
Selon l’Évaluation du potentiel photovoltaïque du parc immobilier du Canada, réalisée en 2024 par Erin Gaucher-Loksts et Sophie Pelland, la surface totale des toitures des bâtiments résidentiels offre des possibilités de production beaucoup plus importantes que celle des toitures commerciales et industrielles, et ce, dans toutes les provinces et tous les territoires. «Le secteur résidentiel représente 64 % à 70 % de la capacité et de la production d’électricité [solaire] totale au Canada», peut-on lire.
Leur calcul tient compte de l’orientation des toitures. Pour être productifs, les panneaux solaires fixes doivent être à un angle maximal de 30 degrés par rapport au sud, note Yves Poissant.
Dans l’état actuel du marché, il faut de 16 à 18 ans pour que l’économie sur la facture d’électricité rembourse l’investissement, précise le gestionnaire de CanmetÉNERGIE. La baisse des couts d’installation et des programmes de subventions rend l’investissement encore plus intéressant si le cout peut être amorti sur environ 10 ans.
Fin juin et début juillet 2021, en l’espace de huit jours, 619 personnes sont décédées des suites de la canicule. La plupart étaient des personnes âgées. Beaucoup vivaient seules. Presque toutes sont mortes chez elles. Ce qui s’est passé n’était pas seulement un phénomène météorologique. C’était un échec des politiques en matière de logement, de santé, de préparation aux situations d’urgence et de politique sociale.
Aujourd’hui, la question qui dérange n’est pas de savoir si nous avons tiré les leçons de cette tragédie. C’est de savoir si nous en avons tiré suffisamment.
Ce mois-ci, une grande partie de l’Europe est à nouveau sous alerte canicule. L’Italie a émis ses alertes de niveau maximal dans plusieurs villes. La France et le Royaume-Uni ont enregistré des températures supérieures à 44 °C, des écoles ont fermé, les réseaux de transport ont été perturbés et les gouvernements s’efforcent de protéger les habitants vulnérables. Des milliers de décès ont déjà été associés à la vague de chaleur actuelle, touchant principalement les personnes âgées.
Les récentes vagues de chaleur qui ont touché le Canada rappellent que les risques sanitaires liés au réchauffement climatique s’aggravent aussi chez nous. Fin juin et début juillet 2026, des périodes prolongées de chaleur extrême ont donné lieu à des alertes de chaleur généralisées en Ontario, au Québec et dans certaines régions du Canada atlantique, avec des indices humidex dépassant les 40 °C par endroits.
Ces scènes nous sont familières, car le problème sous-jacent est le même. Les vagues de chaleur extrême ne sont plus des événements rares. Elles sont en train de devenir un enjeu majeur de santé publique du XXIe siècle. Pourtant, notre réponse reste largement réactive.
La vague de chaleur a mis en évidence ce que les chercheurs savent depuis longtemps : la chaleur n’affecte pas tout le monde de la même manière. L’âge, le handicap, les revenus, la qualité du logement, l’isolement social, les responsabilités familiales et l’accès à des moyens de rafraîchissement sont autant de facteurs déterminants. Les personnes les plus exposées sont celles qui disposent du moins de ressources pour se protéger.
Les personnes âgées sont souvent considérées comme un groupe vulnérable en cas de canicule, mais la vulnérabilité ne dépend pas uniquement de l’âge. Elle dépend des choix politiques.
Les personnes deviennent vulnérables lorsqu’elles vivent dans des logements mal ventilés, n’ont pas les moyens de s’équiper d’une climatisation, ont une mobilité réduite, sont socialement isolées ou dépendent de systèmes de santé et d’aide sociale fragmentés qui peinent à identifier les personnes à risque avant qu’une crise ne survienne.
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La population canadienne est désormais « hyper-vieillissante ». Plus de 20 % des Canadiens ont plus de 65 ans. Parallèlement, le changement climatique augmente à la fois la fréquence et l’intensité des épisodes de chaleur extrême.
Santé Canada prévoit que la mortalité liée à la chaleur continuera d’augmenter au cours des prochaines décennies. En Colombie-Britannique, des modélisations suggèrent que, sans mesures d’adaptation significatives, la chaleur extrême pourrait causer la mort de plus de 1300 personnes par an d’ici 2030.
La température a dépassé 40oC à plusieurs reprises en Europe cet été; l’Est du Canada a aussi vu des indices humidex dépassant les 40 °C par endroits.
Au sein du National Collaborative on Climate Change and Aging (Collectif national sur les changements climatiques et le vieillissement), dont je suis la directrice scientifique, nous savons ce qui pourrait aider. Les villes peuvent étendre la canopée urbaine et les espaces publics ombragés. Les codes de construction peuvent privilégier le refroidissement passif et la conception résistante à la chaleur, et nous pouvons garantir et faire respecter la législation afin que les logements disposent d’espaces dédiés au contrôle de la température.
Les logements sociaux, les établissements de soins de longue durée, les résidences pour personnes âgées et les logements communautaires peuvent être adaptés et soumis à des obligations visant à prévenir les températures intérieures dangereuses. Les systèmes de santé peuvent mettre en place des mécanismes pour identifier et soutenir les personnes les plus exposées. Les plans d’action chaleur-santé peuvent associer la santé publique, les services sociaux, la gestion des urgences et les organisations communautaires avant que les températures ne grimpent. Nous pouvons également nous appuyer sur les experts de terrain qui font face à ces problèmes depuis des années.
Le problème n’est pas un manque de preuves. C’est un manque d’empressement.
Au lendemain du dôme de chaleur de 2021, de nombreux gouvernements ont promis de prendre des mesures. Des améliorations importantes ont été apportées, mais l’adaptation reste fragmentée et inégale. Trop souvent, la préparation à la chaleur repose encore sur la responsabilité individuelle, alors que les risques sont largement déterminés par des conditions sociales et environnementales plus vastes.
Au cours des 20 prochaines années au Canada, la population âgée de 65 ans et plus devrait augmenter de 68 %. Soutenir les personnes âgées face au changement climatique deviendra une priorité politique croissante pour les collectivités.
Étant donné que la plupart des personnes âgées préfèrent vieillir chez elles – c’est-à-dire rester aussi longtemps que possible dans leur logement et leur communauté –, les stratégies d’adaptation au changement climatique devraient aller au-delà des interventions d’urgence. Elles devraient inclure des logements adaptés aux personnes âgées, des infrastructures de quartier, des services accessibles et des soutiens communautaires, afin que chacun puisse rester en sécurité chez soi dans un climat en mutation.
Il y a cinq ans, 619 personnes ont perdu la vie en Colombie-Britannique, et cette immense tragédie a servi d’avertissement au pays. L’Europe nous en donne aujourd’hui un autre. La leçon à retenir n’est pas que la chaleur extrême est à venir ; elle est déjà là. L’hypothèse la plus dangereuse que nous puissions formuler est que nous disposons encore de temps.
La ville de Shediac est surnommée la «capitale mondiale du homard». Chaque année, des milliers de visiteurs se rendent dans cette ville pour le célébrer. Cette année, le Festival du homard a attiré plus de 30 000 personnes.
La tablée que tu peux voir sur la photo mesurait 228 mètres de long. C’est presque aussi long que deux terrains de soccer mis bout à bout!
700 personnes y étaient assises pour déguster leur repas. Et tu dois t’en douter… le homard était au menu!🦞
«La grande table, c’est parfait pour favoriser les rencontres. Les gens sont un peu tassés, mais ça les incite à jaser avec leurs voisins. Il y a des rencontres qui se font et des amitiés qui se développent. Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui reviennent chaque année pour cette occasion», explique François Poirier, le porte-parole de l’événement.
Le Festival du homard de Shediac est une tradition qui existe depuis 77 ans. La fête proposait, encore cette année, plusieurs activités comme des spectacles, des dégustations et même un concours de mangeurs de homards!
Et toi, quel aliment de ta région aimerais-tu faire découvrir aux As?
Source : Acadie Nouvelle
Les feux de forêt se sont déclarés à la fin du mois de juin, surtout dans le nord-ouest de l’Ontario. Et, malheureusement, ils se sont rapidement propagés. En 24 heures, de mercredi à jeudi, 20 nouveaux incendies ont été signalés dans la province.
Mais qu’est-ce qui les cause? Il y a plusieurs coupables : la chaleur extrême, le temps très sec, la foudre et le vent. Résultat : jeudi matin, il y avait plus de 180 feux de forêt en Ontario.
Heureusement, pour le moment, les autorités n’ont rapporté aucune victime. Mais tu dois t’en douter : la situation inquiète quand même les Ontariens. Voici ce qu’ils vivent :
🏠 Des communautés détruites : Les incendies ont ravagé plusieurs communautés, dont des territoires autochtones. Par exemple, la Première Nation de Namaygoosisagagun a presque tout perdu. Le feu a détruit ses maisons, ses bâtiments et l’endroit où elle vit. Heureusement, les gens qui y habitent ont pu fuir à temps.
🧳 Des évacuations : Des milliers d’Ontariens, qui vivent près des feux, ont reçu l’ordre d’évacuer. Ça veut dire que le gouvernement de l’Ontario exige que les gens quittent leurs maisons et se rendent plus loin, à l’abri.
🚧 Des routes fermées : Jeudi, deux autoroutes étaient fermées en Ontario, par mesure de sécurité.
💨 De la fumée : Mercredi, la pire qualité de l’air au monde était… à Toronto, la capitale de l’Ontario. C’est à cause de l’épaisse fumée qui se dégage des feux et qui pollue. Tu l’as peut-être vue : c’est elle qui rend le ciel jaune, ces jours-ci. Elle se propage au Québec et aux États-Unis. Toronto a annulé la majorité des activités extérieures et a demandé à sa population de rester à l’intérieur le plus possible. Elle a aussi ouvert six centres où les citoyens peuvent aller pour respirer l’air frais et propre.
En ce moment, plus de 150 équipes de pompiers sont sur place. Leur mission : contenir et éteindre les flammes. En plus, 50 avions et hélicoptères transportant de l’eau pour arroser les incendies survolent les zones en feu. Leur priorité est de secourir les gens et les bâtiments.
Hier, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a publié un message de remerciement sur Facebook : «Au nom des Canadiennes et des Canadiens, je tiens à remercier les courageux pompiers, premiers intervenants, dirigeants autochtones et locaux qui travaillent sans relâche pour assurer la sécurité de la population».
Si on te parle de la situation en Ontario, c’est parce que les incendies se sont propagés trèèèès rapidement. Toutefois, des feux de forêt font rage ailleurs au pays. Il y en présentement:
Aux As, on a une grosse pensée pour les équipes qui combattent les flammes dans toutes ces provinces!
Et toi, as-tu senti ou vu la fumée qui vient des feux en Ontario?
Sources : Gouvernement de l’Ontario, Radio-Canada
Les données de l’Enquête sur la population de langue officielle en situation minoritaire de 2022 révèlent que 94 % des adultes hors Québec qui ont le français comme langue maternelle et qui parlent français et anglais à la maison utilisent l’anglais quotidiennement, contre, 83 % de ces mêmes adultes parlent français quotidiennement.
Selon l’auteur de l’étude La catégorie «français et anglais» dans les données linguistiques du Recensement de la population, Étienne Lemyre, cette prépondérance de l’anglais dans ces foyers vient du plus grand nombre de personnes qui ont indiqué utiliser l’anglais plus souvent que le français à la maison. Ceux et celles qui ne parlent pas quotidiennement en français à la maison utilisent tout de même cette langue plusieurs fois par semaine.
Étienne Lemyre est analyste principal pour le programme de la statistique linguistique chez Statistique Canada. Il a réalisé cette courte étude pour donner plus de contexte et de détails à propos des personnes en situation minoritaire qui disent utiliser les deux langues officielles à la maison. Elle a été publiée le 16 juillet.
Les données du recensement sont utilisées par les gouvernements et des organismes afin d’évaluer les besoins pour divers services et programmes. «Plus on a d’informations sur ce que les concepts veulent dire, plus ça aide les gens à faire des choix éclairés», explique Étienne Lemyre en entrevue avec Francopresse.
Par exemple, il a pu déterminer que plus de 94 % des francophones du Canada et des anglophones du Québec qui estiment avoir une très bonne ou une bonne connaissance de leur deuxième langue officielle disent pouvoir soutenir une conversation dans cette langue.
«Ce qui est intéressant de voir, c’est qu’au Canada hors Québec, les gens de langue maternelle française répondent à la question de la même façon que les gens de langue maternelle anglaise au Québec. Donc, à compétences égales, ils sont autant susceptibles de déclarer pouvoir soutenir une conversation dans leur deuxième langue officielle. C’est ça vraiment le résultat percutant ici», indique Étienne Lemyre.
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À l’extérieur du Québec, 25,2 % des adultes de langue maternelle française parlent les deux langues officielles du pays à la maison au moins régulièrement selon le recensement de 2021. Cela représente environ 226 246 personnes.
Les données étudiées par l’analyste à propos de ces personnes révèlent d’autres détails sur leur utilisation des deux langues officielles dans leur quotidien.
Par exemple, 60 % de ceux et celles qui sont en couple disent parler français et anglais avec leur conjoint ou conjointe. Les autres parlent seulement en français (14 %) ou en anglais (25 %) avec leur conjoint ou conjointe, mais indiquent tout de même utiliser régulièrement l’autre langue à la maison.
Étienne Lemyre est l’auteur de l’étude La catégorie «français et anglais» dans les données linguistiques du Recensement de la population.
Cela signifie qu’ils et elles parlent avec des personnes qui ne demeurent pas dans le même foyer. «Ça peut être des amis, ça peut être de la famille [élargie], ça peut être aussi […] au téléphone ou dans d’autres contextes», explique Étienne Lemyre.
Même s’ils utilisent les deux langues à la maison, ceux et celles qui ont des enfants sont plus susceptibles de leur parler en français (94 %) qu’en anglais (66 %). «Ce qu’on peut en tirer, c’est que la quasi-totalité des parents de langue maternelle française parle français avec leurs enfants à la maison. Mais il y en a quand même les deux tiers qui parlent aussi anglais avec leurs enfants», précise Étienne Lemyre.
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Une des sections de l’étude décortique l’aisance de parler les deux langues officielles.
Au Canada hors Québec, les personnes qui déclarent avoir seulement le français comme langue maternelle sont aussi un peu plus à l’aise de parler en français (35 %) qu’en anglais (25 %). Une proportion plus grande se dit autant à l’aise en français qu’en anglais (40 %).
De leur côté, ceux et celles qui indiquent avoir les deux langues officielles comme langue maternelle sont plus à l’aise en anglais (54 %) qu’en français (4 %) ou se disent à l’aise dans les deux langues (42 %).
Pour être considérée comme ayant deux langues maternelles, une personne doit les avoir apprises en même temps à la maison, avant d’aller à l’école. Le recensement de 2021 indique que 291 325 personnes dans tout le Canada disent avoir le français et l’anglais comme langue maternelle.
Avec des informations de Julien Cayouette
Le Franco-Manitobain Glenn Joyal a été officiellement assermenté à titre de juge de la Cour suprême du Canada.
Le Franco-Manitobain Glenn Joyal a officiellement été assermenté à titre de juge de la Cour suprême du Canada, mercredi. La cérémonie privée a été présidée par le juge en chef Richard Wagner.
Glenn Joyal occupait le poste de juge en chef de la Cour du Banc du Roi du Manitoba depuis 2011. Il a exercé dans les domaines du droit pénal et du droit constitutionnel. Il a également été membre de l’Association des juristes d’expression française du Manitoba.
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Du 14 au 16 juillet, des chefs représentant plus de 630 Premières Nations se sont réunis à Ottawa pour l’assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations (APN). La rencontre se déroule après une année marquée par des tensions entre les chefs des Premières Nations et Ottawa sur les grands projets d’intérêt national et le projet de loi sur l’eau potable.
Au programme : 53 résolutions débattues, portant notamment sur les grands projets, la protection de l’enfance, l’accès à l’eau potable, le statut en vertu de la Loi sur les Indiens et des appels au Vatican pour qu’il abroge une série de décrets pontificaux.
Eau potable : Le projet de loi C-37 doit établir un nouveau cadre législatif sur l’accès à l’eau potable dans les communautés des Premières Nations.
Si Ottawa le présente comme une avancée importante, l’APN soutient que le texte devra être bonifié : plutôt que de reconnaitre un droit plein à l’eau potable, comme le faisait le projet de loi précédent, le C-37 ne s’engage qu’à une «réalisation progressive» de ce droit, un recul que dénoncent plusieurs chefs, qui déplorent aussi un manque de consultation dans son élaboration.
La porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d’affaires autochtones, Leah Gazan, s’est jointe aux chefs mardi pour demander au gouvernement libéral de mettre fin «aux violations persistantes des droits de la personne» contenues dans le projet de loi.
Rencontre à venir : Les chefs participeront à une rencontre avec Mark Carney et les premiers ministres des provinces et territoires le 26 octobre, a annoncé la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Cindy Woodhouse Nepinak.
La ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), Lena Metlege Diab.
Mercredi, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé suspendre la réception de nouvelles demandes dans le cadre du Programme des parents et des grands-parents. Ce dernier permet aux personnes résidentes permanentes et citoyennes de parrainer ces membres de leur famille pour qu’ils immigrent au Canada.
Le ministère précise toutefois qu’il continuera à traiter les demandes existantes et prévoit d’accorder la résidence permanente à un maximum de 15 000 personnes dans le cadre de ce programme.
Les parents et les grands-parents peuvent toujours rendre visite à leur famille au Canada grâce au super visa, qui leur permet de séjourner au pays pendant 5 ans de façon continue.
Mercredi, la Banque du Canada a annoncé qu’elle maintenait son taux directeur à 2,25 %, pour la sixième fois d’affilée. Elle s’attend à ce que l’économie rebondisse après un début d’année difficile.
L’inflation a atteint 3,2 % en mai, alimentée par la flambée des prix de l’essence au printemps, conséquence du choc énergétique mondial provoqué par la guerre en Iran. Dans son rapport, la Banque du Canada souligne toutefois que l’inflation demeure près de sa cible de 2 % lorsque les prix de l’essence sont exclus.
Le Conseil canadien des ministres de l’Environnement s’est réuni cette semaine à Calgary.
«Le Canada est prêt à construire de nouveau», a affirmé en ouverture de la conférence de presse de clôture le ministre de l’Environnement et des Aires protégées de l’Alberta et président du Conseil, Grant Hunter. De l’avis du Conseil, les décisions concernant l’environnement ont trop souvent été prises sans penser à leur impact économique, dit-il.
Les discussions se sont concentrées sur la possibilité de protéger l’environnement tout en appuyant la croissance économique, attirer des investissements et créer des emplois. Réduire les dédoublements entre les règlementations, augmenter la coordination et offrir plus de certitude pour les investissements font aussi partie des priorités abordées.
La ministre fédérale de l’Environnement, Julie Dabrusin, a commencé son allocution en parlant de la crise énergétique mondiale et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le long terme.
Le ministre albertain Grant Hunter est actuellement le président du Conseil canadien des ministres de l’Environnement.
L’économie avant tout : La conférence a eu lieu pendant que des incendies de forêt, très probablement attisés par les changements climatiques, ravagent les Territoires du Nord-Ouest et l’Ouest de l’Ontario. Interrogé si ces feux ont influencé les discussions, Grant Hunter s’est tourné vers les besoins en énergie.
«Nous avons eu des saisons d’incendies de forêt à travers toute l’histoire de notre pays. Ça ne s’arrêtera pas. Nous pensons que notre proposition de valeur porte sur le fait que le monde aura besoin de plus d’énergie provenant du Canada. Nous croyons que nous le faisons mieux que n’importe quelle autre juridiction en raison de nos normes environnementales», a répondu le ministre albertain.
Cette semaine, le Parlement canadien a accueilli les membres d’une mission d’étude de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN sur la sécurité dans l’Arctique. Cette délégation multinationale de 30 parlementaires issus de 15 pays a assisté à des séances d’information sur la sécurité dans l’Arctique à Ottawa, avant de se rendre à Iqaluit, au Nunavut, pour sa mission d’étude.
Défense : Cette mission vise à améliorer les infrastructures et les capacités militaires du Canada dans l’Arctique. Les délégués ont également rencontré des dirigeants et des personnalités autochtones.
Lorsque Air Canada a nommé Anko van der Werff à sa tête, plus tôt cette semaine, le ministre québécois de la Langue française, Jean-François Roberge, a salué le multilinguisme du nouveau dirigeant. Mais il a aussitôt ajouté l’essentiel : au-delà de la langue parlée par le PDG, sa responsabilité est d’assurer l’accès à des services en français partout au pays — et là-dessus, il reste du travail à faire.
Le ministre a en effet mis le doigt sur ce que la couverture médiatique a presque entièrement occulté. Pendant que les manchettes soulignaient que le Néerlandais, dirigeant depuis 2021 de Scandinavian Airlines (SAS), « maîtrise » le français, la vraie histoire linguistique de la semaine était ailleurs — dans une directive interne qu’Air Canada venait d’émettre.
Je prends acte de la nomination de Anko Van der Werff comme PDG d’Air Canada. Il en va de soi que le dirigeant d’Air Canada doit démontrer une maîtrise du français, notre langue officielle au Québec. Il semble que ce soit le cas. Je lui souhaite donc plein succès dans l’exercice…
— Jean-F. Roberge (@jfrobergeQc) July 8, 2026
Quelques jours plus tôt, le transporteur avait réduit de deux à un le nombre minimal d’agents de bord parlant français sur certains vols internationaux long-courriers au départ de Toronto et de Vancouver — vers Manille, Hong Kong ou Tokyo, notamment. Son vice-président aux communications l’a confirmé à Radio-Canada, parlant d’une mesure temporaire liée à une pénurie de personnel bilingue, et précisant que ces vols — une dizaine par jour sur plus de 1 100 — ne font pas partie de ceux où l’entreprise est légalement tenue d’offrir un service bilingue.
C’est là que se loge la vraie histoire, car cette affirmation est à la fois exacte et trompeuse.
L’affirmation est exacte parce que les obligations d’Air Canada sont propres à chaque liaison.
Le transporteur est assujetti à la Loi sur les langues officielles par la Loi sur la participation publique au capital d’Air Canada, adoptée en 1988 lors de sa privatisation. Le règlement exige un service bilingue là où, sur une période d’un an, au moins 5 % de la demande sur une liaison est dans la langue minoritaire. Une couverture est automatique pour les vols touchant Montréal, Ottawa ou Moncton.
Certaines liaisons long-courriers en partance de Toronto et de Vancouver passent sous ce seuil. Sur la stricte question juridique, Air Canada n’est pas en défaut.
Mais sur le plan des engagements, c’est moins clair. Pendant des années, Air Canada a affirmé devant le Parlement qu’elle faisait bien plus que la règle des 5 %. Lors de ses témoignages sur cette question devant les élus, le transporteur a confirmé qu’il affectait des agents de bord bilingues dans tous les vols qu’il opère directement, que la demande atteigne ou non le seuil. Même sa convention collective garantissait un nombre minimal d’employés bilingues selon le type d’appareil.
Dépasser le plancher légal n’était pas un hasard : c’était un engagement dont l’entreprise s’est vantée, à répétition, devant un comité des Communes.
La directive émise cet été est un recul sur cet engagement. Air Canada n’enfreint pas la règle des 5 %. L’histoire est ailleurs, dans l’abandon, discret, de la norme qu’elle avait elle-même dictée au Parlement. Et en présentant ce recul comme une « exemption technique » dont elle disait pourtant ne pas avoir besoin.
Ce qui ramène au nouveau PDG, Anko van der Werff, et aux manchettes sur sa maîtrise du français. Air Canada ne l’affirme jamais par ailleurs : le communiqué le décrit prudemment comme « capable de s’exprimer en français ». La nuance a son importance. Elle correspond à ce qu’indique sa propre biographie chez SAS. Les manchettes ont arrondi vers le haut ce que l’entreprise, elle, formule avec soin.
Son bilan positif chez SAS — restructuration, faillite évitée, retour à la rentabilité — est bien réel. Mais il n’a jamais dirigé une entreprise qui a un statut d’institution bilingue de par la loi, et où une simple note d’horaire d’équipage devient une affaire politique de dimension nationale, confirmée par un vice-président à la radio publique. Son prédécesseur, Michael Rousseau a été bien malgré lui au cœur de polémiques à la suite de ses aveux gênants.
Chez Air Canada, le français n’est pas une compétence qu’on évalue lors d’une allocution. C’est à la fois une obligation légale, une contrainte de main-d’œuvre et un piège politique.
La directive émise en juillet relativement aux agents de bord démontre que le transporteur aérien peine déjà sur ces trois éléments, avant même l’arrivée de son nouveau patron. On saura bien assez tôt s’il peut commander son repas en français. Mais la question qui définira son mandat sera plutôt celle que le ministre Jean-François Roberge a soulevée dès le premier jour : peut-il diriger une compagnie bilingue qui est déjà à court d’employés bilingues ?
Le moment pour faire ces deux annonces mérite aussi qu’on s’y attarde. La compression de services en français et la nomination du nouveau PDG sont tombées le même jour… la mauvaise nouvelle le matin, la bonne l’après-midi. Des observateurs y ont vu une mécanique de communication classique. Peut-être. Mais on ne corrige pas les erreurs du passé avec la production d’une vidéo promotionnelle. On va de l’avant en tenant ses engagements. Un visage bilingue au sommet ne compense pas un service bilingue amputé en cabine.
Et serait-il possible qu’Air Canada se prépare à déplacer son siège social de Montréal vers une autre ville canadienne ? Il s’agirait indéniablement d’un autre pas vers la diminution de l’importance du français chez le transporteur national. En tant qu’observateur de l’industrie aérienne canadienne depuis des décennies, je crois que cette éventualité est bien réelle.
John Gradek est professeur et coordonnateur de programme de formation, Réseau d’approvisionnement et gestion du transport aérien à l’Université McGill.
La Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) tire ces grandes conclusions dans les Actes du premier Sommet pancanadien sur l’éducation artistique. Le document publié à la fin juin revient sur les moments forts de la rencontre tenue à Ottawa les 12 et 13 mars 2026, qui a rassemblé 282 personnes participantes.
Ce Sommet a entre autres été l’occasion de souligner que les preuves tangibles s’accumulent concernant le rôle fondamental de l’éducation artistique dans le développement des jeunes.
La démonstration a été faite en partie par le directeur du Centre pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), Stéphan Vincent-Lancrin.
Les recherches de l’organisation internationale ont permis de montrer que les diplômés et diplômées en art sont les deuxièmes plus grands contributeurs à l’innovation sur le marché du travail, juste après ceux et celles en ingénierie. «Il est beaucoup plus facile de développer l’esprit critique avec les arts qu’avec les mathématiques», a illustré Stéphan Vincent-Lancrin.
Les travaux de l’OCDE et de l’Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) «montrent que l’éducation artistique a des répercussions positives sur la pensée critique, le pouvoir d’agir, l’autorégulation, l’expression de soi, la communication, l’empathie, l’appréciation de la diversité, l’inclusion et la joie», peut-on lire dans le document.
En francophonie minoritaire canadienne, l’éducation artistique joue aussi un rôle dans la construction identitaire et dans la passation de la culture francophone. Le corps enseignant et la direction jouent un rôle de leadeurship dans ces domaines, rappelle le rapport.
Les jeunes qui représentaient les diverses provinces et territoires du Canada ont d’ailleurs souligné pendant le Sommet que les activités parascolaires artistiques sont souvent plus porteuses pour le développement identitaire que l’éducation en classe.
De plus, ils et elles ont indiqué que les grands évènements francophones permettent d’aller à la rencontre d’autres jeunes francophones provenant d’horizons variés.
Du côté du personnel enseignant, l’intégration d’un nombre grandissant d’enseignantes et d’enseignants issus de l’immigration francophone offre une occasion en or de diversification des expériences. Mettre à contribution leurs bagages culturels, et peut-être aussi ceux des familles des élèves, permettrait d’ouvrir davantage les esprits à la différence et de mieux représenter tous les élèves de la classe dans l’enseignement.
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Le Sommet a aussi donné la parole à des éducateurs et éducatrices autochtones, qui ont apporté leur perspective de l’enseignement des arts. Une philosophie qui intègre davantage la nature et les principes de circularité.
Ces intervenants ont souligné que les méthodes d’enseignement occidentales – qui ont un début et une fin avec un résultat à évaluer – n’étaient pas les seules valables.
«La pensée et l’apprentissage circulaire nous disent qu’il n’y a jamais de fin et qu’on va toujours approfondir» ses connaissances, a expliqué Bonnie Lépine Antoine, membre de la nation wendate aux racines Michif et directrice de la Réconciliation et de l’Éducation autochtone au Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. Cette façon de faire les choses permet aussi de reconnaitre que la pédagogie peut prendre plusieurs formes.
Les intervenants se sont également faits rassurants sur les craintes d’appropriation culturelle soulevées par des participants. Il n’est pas interdit de pratiquer des formes d’arts autochtones pour les apprécier personnellement et les présenter aux enfants. Il faut par contre rappeler d’où viennent ces techniques et qui a le droit de vendre les œuvres qui les utilisent.
La question monétaire n’a pas été mise de côté durant le Sommet. Les participants ont surtout noté que le financement actuel n’est «ni équitable, ni adapté, ni suffisant», indique le rapport.
Cette iniquité devient très visible lorsque les montants investis dans l’éducation et les activités artistiques sont comparés à ceux pour les sports, par exemple.
Pourtant, compte tenu des rôles assez importants que joue l’éducation artistique dans le développement, un financement qui serait plus substantiel, stable et prévisible est justifiable, note le rapport. Aussi bien pour les activités que pour la formation des artistes et du personnel enseignant.
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Le racisme, c’est lorsqu’une personne est insultée, rejetée ou traitée injustement à cause de sa couleur de peau ou de ses origines. Malheureusement, le racisme existe encore aujourd’hui, même dans le monde du sport. Des athlètes reçoivent parfois des messages haineux après des matchs, surtout sur les réseaux sociaux.
Tout a commencé samedi dernier lors d’un duel ultraserré de la Coupe du monde de FIFA 2026. La France et le Paraguay (un pays d’Amérique du Sud) s’affrontaient en huitième de finale. Le suspense était à son maximum! C’est finalement Mbappé qui a délivré son équipe en marquant le but de la victoire (1-0) sur un tir de pénalité.
Malheureusement, la fête des Français a été gâchée par une sénatrice du Paraguay nommée Celeste Amarilla. Déçue de la défaite de son pays, elle a publié des messages très graves sur le réseau social X. Elle a traité Kylian Mbappé d’«abruti» et l’a comparé à des singes, une insulte extrêmement raciste et blessante pour les personnes noires. Rapidement, ses propos choquants ont fait le tour de la planète.
Pas question pour le numéro 10 des Bleus (c’est le surnom de l’équipe de soccer française) de se laisser faire ou de garder le silence. Avec le même sang-froid que lorsqu’il affronte les meilleurs gardiens du monde, Mbappé a répliqué sur X.
Dans son message, il a qualifié la sénatrice de personne «méprisable et indigne de sa fonction» et a affirmé qu’il ne laisserait «jamais aux gens comme elle propager leur haine et leur racisme à travers le monde».
Son message était clair : le racisme ne doit jamais être accepté. Il a aussi rappelé que ces propos ne représentaient pas le peuple paraguayen, dont plusieurs supporteurs avaient montré beaucoup de respect pendant le tournoi.
Rapidement, plusieurs personnes et organisations ont dénoncé ces paroles inacceptables envers Mbappé. La FIFA, l’organisation qui dirige le soccer mondial, a rappelé l’importance de combattre le racisme dans le sport. Le président français en personne, Emmanuel Macron, a apporté son soutien au meilleur buteur de l’histoire des Bleus (63 buts en 103 parties avec l’équipe de France).
Une enquête a été ouverte à Paris, après que la Fédération française de football a porté plainte contre la sénatrice paraguayenne devant un tribunal. Si elle est reconnue coupable d’insultes à caractère racial, la justice française pourrait la condamner à une amende pouvant aller jusqu’à 72 000 dollars canadiens et une peine d’un an de prison.
Du côté du Paraguay, le gouvernement a également rejeté les commentaires de Celeste Amarilla. Il a affirmé que ses propos étaient contraires aux valeurs de respect et de dignité humaine. Mais dans les rues d’Asunción, la capitale du Paraguay, une poupée portant le nom de Mbappé a été brulée lors d’une fête. Il faut dire que le pays n’est pas reconnu pour traiter correctement la minorité noire de sa population. Cela ne fait même que quatre ans que les actes racistes sont punis par la loi.
Devant toutes ces critiques, Celeste Amarilla a reconnu qu’elle n’aurait pas dû tenir des propos racistes, qu’elle justifie par le type d’éducation qu’elle a reçue. Elle a supprimé son message et dit regretter ses paroles. Cependant, elle a aussi demandé des excuses à Kylian Mbappé : selon elle, il l’aurait attaquée parce qu’elle est une femme. Le capitaine des Bleus n’a pas répondu à cette nouvelle accusation.
Cette histoire rappelle une chose importante : les mots ont un impact. Que l’on soit une vedette du soccer, un politicien ou un élève à l’école, chacun a la responsabilité de respecter les autres.
Et toi, que ferais-tu si tu entendais des propos racistes vis-à-vis quelqu’un? Garderais-tu le silence ou prendrais-tu la parole pour défendre cette personne?