L’Acadie n’est pas une province comme le Québec ou le Manitoba. C’est une nation regroupant les populations qui parlent français dans les provinces de l’Atlantique (le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse).
L’Acadie a été la toute première colonie française en Amérique du Nord. Elle est ensuite devenue une colonie britannique en 1713. La Grande-Bretagne décide alors d’expulser la population acadienne du territoire. C’est ce qu’on appelle le Grand Dérangement ou la déportation des Acadiens.
Entre 1755 et 1763, plus de 10 000 Acadiens ont été arrachés de leur terre natale, mis à bord de bateaux et envoyés vers d’autres colonies britanniques, comme aux États-Unis. Certains ont pu revenir à la maison après plusieurs années, mais d’autres n’ont jamais revu leur famille. Voilà pourquoi c’est un moment douloureux pour les Acadiens.
Cela explique aussi pourquoi les Acadiens sont fiers de faire du bruit à chaque 15 août, pour montrer qu’ils sont toujours là!
Durant cette fête nationale, tout le monde attend avec impatience ce qu’on appelle le Tintamarre. Le premier Tintamarre de la Fête nationale de l’Acadie a eu lieu en 1955 à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Le Tintamarre s’inspire d’une coutume médiévale française qui consiste à faire le plus de bruit possible pour marquer un événement triste ou joyeux. Dans le cas de l’Acadie, le Tintamarre représente les deux. Il évoque la tristesse du Grand Dérangement et il souligne aussi la solidarité et la joie. Il rappelle aux autres la présence des Acadiens.
J’ai pu m’entretenir avec Philippe Basque, un historien du Village historique acadien de Caraquet. Il m’a dit qu’il existait toutes sortes de Tintamarres partout dans la région. Parfois, c’est sous forme de musique, parfois ce sont de grandes parades sur plusieurs kilomètres ou des rassemblements. Peu importe la manière, il faut faire le plus de bruit possible!
Je lui ai posé la question suivante : est-ce qu’on doit utiliser un objet en particulier pour faire du bruit durant un Tintamarre? Voici sa réponse :
«Aujourd’hui, je dirais que ça peut être n’importe quoi. Dans les années 1970, on utilisait surtout des chaudrons ou des cuillères, parce que tout ce qui était en métal faisait plus de bruit. Maintenant, on peut entendre de tout : cris, klaxons, cloches, instruments… C’est très varié.»
Tu l’auras compris, tous les bruits sont les bienvenus à la Fête nationale de l’Acadie! La tradition du Tintamarre est devenue tellement populaire qu’elle attire même les touristes.
Et toi? Ça te tenterait de participer? Quel objet choisirais-tu pour faire du bruit? Moi je pense que j’irais avec ma trompette! TU-TU-TU-TUUUU 🎺
Saint-Pierre-et-Miquelon a beau se trouver à 20 kilomètres du Canada, c’est un territoire français. Oui oui! Même si l’île se situe à 4300 kilomètres des côtes françaises! Les 5800 habitants vivent surtout de la pêche. Comme ils sont techniquement en France, ils achètent leurs croissants avec des euros et quand ils votent, c’est pour élire le président français.
Le village est situé à 2 mètres au-dessus du niveau de la mer et il est au bord de l’eau. Ça veut dire que si le niveau de la mer augmente de deux mètres, le village sera complètement inondé!
Malheureusement, avec le réchauffement climatique, des experts prévoient que le niveau de la mer montera de 75 cm à 1 mètre d’ici 2100. Pourquoi? Les glaciers fondent dans l’Arctique, ce qui ajoute plus d’eau dans l’océan.
Depuis 2022, le gouvernement français aide les 600 habitants de Miquelon à déménager. Comment? En rachetant les maisons des habitants volontaires, il leur donne les moyens d’en construire une plus loin.
Le nouveau village de Miquelon se situera à 55 mètres de hauteur sur une colline, à 1,5 kilomètre de son lieu actuel.
Pour l’instant, 14 familles ont accepté de déménager et neuf maisons sont en cours de construction. Le reste des habitants de Miquelon a encore du temps : ils peuvent demander l’aide financière du gouvernement jusqu’à 2100!
En plus des maisons, il faut aussi déménager la mairie, l’église et l’école. Et c’est tout un travail pour relier les nouveaux bâtiments au réseau d’eau potable et d’électricité! Ensuite, quand tout le monde aura déménagé, les maisons dans l’ancien village seront détruites et remplacées par des espaces naturels.
Les Miquelonnais (les habitants de Miquelon) sont les premiers migrants climatiques français. C’est-à-dire qu’ils sont les premiers en France à devoir déménager à cause du réchauffement climatique. Mais ailleurs dans le monde, ce n’est pas nouveau!
En 2012, les 380 habitants du village Newtok, en Alaska, ont dû déménager à cause de la fonte du pergélisol et de l’érosion de leur terre.
Dans certains cas, ce sont des îles entières qui risquent de disparaître sous l’eau. C’est le cas de Tuvalu au milieu de l’océan Pacifique. Ses 12 000 habitants devront tous quitter l’île d’ici 2060.
On peut se sentir impuissant face à des nouvelles sur les conséquences du réchauffement climatique. Je te conseille de lire ou de relire ce super article d’Ophélie, où des enfants inspirants font leur part pour renverser la tendance partout dans le monde!
Peux-tu nommer trois gestes que tu fais pour préserver notre belle planète?
Source : La Presse
«J’avais 19 ans. Tout ce que je voulais, c’était servir mon pays. Mais j’ai été arrêtée, interrogée et congédiée […] Je ne croyais pas pouvoir gagner un recours collectif ou avoir des excuses officielles du gouvernement», a déclaré la coprésidente du conseil d’administration du Fonds Purge LGBT, Martine Roy, lors de l’inauguration officielle du premier monument national 2ELGBTQI+*, près du pont Portage, sur la rue Wellington à Ottawa.
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En préparation depuis 2024, le monument Coup de Tonnerre est une immense colonne de 11 mètres fendue par un nuage qui représente les discriminations routinières et les violences subies par la communauté.
Le monument a été exclusivement financé par les fonds reçus après la victoire en justice du recours judiciaire de Martine Roy contre le gouvernement fédéral, il y a 10 ans.
L’ex-premier ministre Justin Trudeau a, comme son père, défendu les droits de la communauté 2ELGBTQI+.
Les Trudeau père et fils pour les droits LGBT
Présent pour l’inauguration, l’ancien premier ministre Justin Trudeau a affirmé aux journalistes, en marge de la cérémonie, que son gouvernement avait reconnu et œuvré pour les droits LGBT, mais qu’il avait laissé «beaucoup de travail» à son successeur.
En s’excusant en 2017 auprès de la communauté 2ELGBTQI+, Justin Trudeau s’est inscrit dans le sillage de son père, Pierre Elliott Trudeau, ex-premier ministre lui aussi, à l’origine du projet de loi qui a partiellement légalisé l’homosexualité en 1969.
Ce dernier avait affirmé : «L’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation.»
Pour sa part, son fils a mis en place un Plan d’action fédéral 2ELGBTQI+ et modifié le Code criminel pour interdire les thérapies de conversion.
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Martine Roy a affirmé que le Monument national appartient à tout le monde, quel que soit la province ou le territoire.
Le 21 aout, lors de l’inauguration du monument, l’ancien député néodémocrate Svend Robinson a rendu hommage aux deux hommes et leurs politiques.
Il a toutefois souligné l’absence du chef de la RCMP, Michael Duheme. Mais la générale Jennie Carignan, cheffe d’état-major de la Défense, était présente.
Plusieurs espaces entourent le monument : un jardin médicinal, un verger, le Mur des parcours, qui retrace les histoires de discrimination et de militantisme, 13 pierres choisies par des personnes bispirituelles et des Ainés queers de chaque province et territoire, ainsi qu’un cercle de guérison avec feu sacré.
Martine Roy et d’autres survivants et survivantes ont rappelé que le monument appartient à tous les Canadiennes et Canadiens, même s’il est à Ottawa.
FRANCOPHONIE
Depuis l’entrée en vigueur d’une nouvelle directive linguistique en janvier 2025, le ministère de la Défense nationale a modifié le statut linguistique de 348 unités du ministère et des Forces armées canadiennes.
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Au total, 203 unités sont passées du bilinguisme à un statut unilingue, dont 174 anglophones et 29 francophones, tandis que 145 unités sont devenues bilingues.
Recul pour le français : Le bilan représente une perte nette de 107 unités où le français est une langue de travail, alors que 49 unités supplémentaires ont ajouté l’anglais.
Le ministère explique ces changements par des difficultés à respecter les obligations linguistiques dans certaines régions unilingues et pour s’aligner sur les mêmes régions linguistiques que le reste de la fonction publique fédérale.
La directive est toutefois critiquée par des groupes francophones et des partis d’opposition, qui craignent un recul du français au sein des Forces. Une pétition sur le sujet a été lancée mercredi.
Le ministre de la Défense, David McGuinty, a ordonné un examen et une révision de la directive, sans toutefois la suspendre pour l’instant. Des plaintes ont aussi été déposées auprès du Commissariat aux langues officielles.
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Deux rapports d’Alto issus des consultations avec la population, dont un avec les communautés autochtones ont été publiés à l’avantage du projet de TGV entre Québec et Toronto.
CANADA
Dans une mise à jour sur les retombées économiques publié jeudi, Alto défend la pertinence du projet de train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Toronto, malgré son cout estimé entre 60 et 90 milliards de dollars.
Les avantages selon Alto : Selon l’analyse de la firme, un TGV couterait au maximum 20 % de plus qu’un train à grande fréquence, mais génèrerait des retombées économiques et sociales supérieures, jusqu’à une hausse de 24,5 milliards du PIB, des économies de temps de transport et une réduction des accidents et des émissions de CO2.
Avec un bassin de 15 millions d’habitants, Alto estime que le corridor pourrait attirer jusqu’à 17 millions de passagers par an dès les premières années, puis jusqu’à 24 millions en 2055. L’entreprise prévoit une rentabilité sur les 40 premières années d’exploitation.
Projections provisoires : un plan d’affaires plus précis, fondé sur des données actualisées, doit être présenté en 2027. Le gouvernement fédéral maintient pour l’instant son appui au projet.
L’entente-cadre conclue entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador prévoit le développement des projets hydroélectriques de Churchill Falls et la construction de Gull Island, avec des investissements d’Hydro-Québec qui pourraient atteindre 70 milliards de dollars.
À la fois le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador obtiendraient davantage d’électricité quand dans la première version de l’entente.
Entente de principe : Ottawa prévoit un investissement d’environ 10 milliards de dollars. Pour l’instant, l’accord est une entente de principe. Des consultations avec les communautés autochtones et plusieurs modalités doivent être réglées avant une ratification prévue au plus tard en mars 2027.
À Terre-Neuve-et-Labrador, le premier ministre Tony Wakeham, qui avait fait rouvrir les négociations après avoir rejeté l’entente de 2024, présente le nouvel accord comme une amélioration majeure pour sa province.
Les emplacements des projets de Churchill Falls et Gull Island incluent dans la nouvelle entente de collaboration pour la production d’électricité entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador.
ÉCONOMIE
Mardi, le président des États-Unis, Donald Trump, a finalement repoussé de trois jours la vague de tarifs douaniers qu’il prévoyait appliquer sur une gamme de produits canadiens le 19 aout.
Toutefois, à l’heure d’écrire ces lignes, les premières ministres du Québec et du Nouveau-Brunswick ont affirmé ne pas encore connaitre les détails de l’entente conclue entre le Canada et les États-Unis pour éviter ces tarifs.
Pour la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, la question de remettre l’alcool américain n’est envisageable que si tous les tarifs sur l’aluminium, le bois d’œuvre et les véhicules électriques canadiens sont définitivement levés.
Le gouvernement fédéral n’a pour l’instant pas encore présenté les détails de l’entente.
INTERNATIONAL
Le Canada rejoint l’Allemagne, la France, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni dans une déclaration publiée le 20 aout pour condamner le projet israélien de coloniser la Cisjordanie via le projet immobilier, «E1».
«Inacceptable» : « La décision du gouvernement d’Israël de lancer des appels d’offres pour la construction du projet de colonisation E1 est inacceptable. La communauté internationale s’oppose depuis longtemps à cette expansion des colonies et a exprimé ses vives préoccupations à cet égard en privé comme en public. Le projet E1 compromettra les perspectives d’une solution à deux États en creusant un fossé au cœur de la Cisjordanie et en portant atteinte à la contigüité territoriale des territoires palestiniens.»
La déclaration rappelle que le droit international a qualifié les colonies israéliennes en Cisjordanie «d’illégales», et reconnu que la «grave instabilité en Cisjordanie […] caractérisée par des niveaux de violence sans précédent de la part des colons à l’encontre des civils et par de sévères restrictions pesant sur l’économie palestinienne» rend ce projet de colonisation d’autant plus «préoccupant».
Dans sa mise à jour du 18 aout, le Centre de gestion des opérations du gouvernement a fait état de 4,1 millions d’hectares brulés par plus de 580 feux actifs, un pallier minimal qui se poursuit depuis 2023.
Ces feux ont poussé à l’évacuation de milliers de personnes (49 000 en 2025, selon les chiffres du gouvernement), un «nombre record», a affirmé une fonctionnaire, lors du breffage pour les médias le 18 aout.
Aucune région n’est épargnée, comme le montre le graphique du Centre de gestion des opérations (ci-dessous), mais la Colombie-Britannique et les Territoires du Nord-Ouest sont les plus touchés.
Le palier de 4,1 millions d’hectares brûlés, franchi depuis 2023, a de nouveau été atteint cet été 2026, selon la mise à jour du 18 aout 2026.
Les Premières Nations fortement touchées
Ce sont également les Premières Nations qui sont le plus touchées et le moins équipées. Pour cette raison les ministères de la Sécurité civile et Services aux Autochtones Canada travaillent de concert.
En point de presse le 18 aout, la ministre de Service aux Autochtones Canada, Mandy Gull-Masty, a affirmé que «80 % des Premières Nations sont dans les régions à risque de feux de forêt».
Depuis le 1er juillet, 4295 personnes au sein de 25 Premières Nations ont été évacuées, selon les chiffres du gouvernement.
Pour lutter contre les feux, il y a 320 postes de gestion d’urgence au sein des Premières Nations.
Une fonctionnaire a assuré que Service aux Autochtones Canada finance entièrement les couts de reconstruction des maisons et des infrastructures brulées dans les communautés autochtones qui sont admissibles.
Interrogée sur la mise en œuvre d’un projet de loi sur la gestion des feux de forêt au Canada, la ministre Olszweski a affirmé que ce «n’était pas prévu pour l’instant».
Financement fédéral
Cet été, le gouvernement du Canada a débloqué des millions de dollars en aides, conjointement avec les provinces et territoires. Ces dernières sont également des parties prenantes dans l’aide à la lutte et à la préparation contre les feux.
Le 12 aout, Environnement Canada a annoncé plus de 34 millions de dollars pour financer 141 projets de «résilience climatique». Toutefois, dans les détails, seulement 70 000 $ a été accordé à la municipalité de Jasper pour l’aider à mieux se préparer contre les feux.
«Nous devons travailler avant que le désastre n’arrive», a déclaré la ministre de la Gestion des urgences et de la Résilience des communautés, Eleanor Olszewski, lors de la mise à jour gouvernementale du 18 aout.
Entre compressions et suppression de postes…
Des critiques se sont élevées à propos du manque de préparation et la gestion générale des feux par le gouvernement Carney, notamment sur les compressions qui ont lieu au sein d’Environnement et Changement climatique Canada.
Début aout, des membres de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada ont manifesté à Ottawa pour protester contre ces coupes.
Entre décembre et l’été 2026, le gouvernement canadien a procédé à des compressions d’emplois dans la recherche scientifique au sein d’Environnement et Changement climatique Canada.
L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFCP) recense un total 80 postes supprimés définitivement parmi ses membres et au moins 56 postes «touchés», c’est-à-dire qui sont sujets à des changements. Ils précisent que ce chiffre pourrait être plus élevé, car les chiffres de l’Institut ne concernent que ses membres.
Sean O’Reilly dit être inquiet lorsque la ministre Olszewski affirme que les suppressions de postes effectuées à Environnement Canada et Ressources naturelles n’ont «pas d’impact» sur la prévention et la gestion gouvernementale des feux de forêts.
… minimisées par le gouvernement
Questionnée à ce sujet, la ministre Eleanor Olszewski a balayé les répercussions de suppressions d’emploi sur les opérations de lutte contre les feux de forêt, ne prenant en compte que celles opérées au COG : «Je peux vous indiquer qu’un peu plus de dix postes permanents ont été supprimés au cours de l’année dernière, mais que ces suppressions n’ont en aucune façon affecté la capacité opérationnelle de ce centre.»
Une réflexion qui inquiète le président de l’IPFCP, Sean O’Reilly.
«Le problème, c’est qu’on ne dispose pas réellement de données factuelles concrètes sur les personnes concernées par ces coupes ni sur les programmes qui sont supprimés. C’est très vague. On dit que ces coupes n’auront pas d’impact, alors qu’elles en auront un. Avec tous ces nouveaux risques qui apparaissent en raison des changements climatiques, la charge de travail ne diminue pas. Et quand on supprime des postes, le travail est toujours là, mais on a moins de personnel.»
| Service | Nombres de postes | Actions du service |
|---|---|---|
| Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre | 25 postes touchés | Cartographie des feux de forêt et des inondations |
| Programmes climatiques de RNCan | 66 postes supprimés | Recherche sur les risques et le climat |
| Solutions climatiques naturelles du SCF | 22 des 50 employé·es sont touchés | Atténuation des effets des changements climatiques |
| Répercussions des changements climatiques et adaptation par la CGC | 9 des 27 employé·es sont touchés | Prévision des risques climatiques |
| Commission géologique du Canada (CGC) | 14 postes de plus supprimés | Préparation aux catastrophes naturelles |
| Source : Institut professionnel de la fonction publique du Canada | ||
L’IPFPC souligne trois autres diminutions de services :
Le président de l’IPFPC nuance ses propos dans son analyse de la réponse du gouvernement, qu’il estime dans l’ensemble «bonne, mais on peut mieux faire : […] protéger et renforcer l’expertise scientifique».
«Ce qui m’inquiète, c’est qu’il s’agit là d’une approche très réactive de la lutte contre les incendies de forêt. Le gouvernement laisse de côté les mesures proactives, qui devraient être prises avant le début de la saison des incendies.»
Des fonds fédéraux qui alimentent le risque
Des solutions existent et sont à portée de main du fédéral. Le directeur de la recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada, Ryan Ness, avance en entrevue avec Francopresse que le fédéral doit revoir ses programmes de construction de maisons et d’infrastructures, comme FireSmart, ou Intelli-feu en français.
Ce programme, créé il y a plus de 30 ans, contribue à rendre les maisons résistantes au feu, mais est «loin d’atteindre l’ampleur nécessaire pour faire la différence», souligne-t-il.
«Dans tout le pays, des projets immobiliers et de nouveaux aménagements continuent d’être approuvés dans des zones exposées aux risques d’incendies de forêt, développe Ryan Ness. Ces projets bénéficient souvent d’un financement fédéral. Si le gouvernement fédéral pouvait faire preuve de plus de prudence dans l’octroi de ses subventions pour qu’elles servent à construire dans des endroits plus sûrs, cela permettrait de réduire l’ampleur des nouveaux risques que nous créons.»
Un rapport de l’Institut climatique du Canada explique en détail comment mieux protéger les foyers canadiens des incendies de forêt et des inondations.
Selon lui, des «millions de maisons, de foyers, sont exposés aux risques des feux de forêt». «Des millions de personnes sont en danger de mort en ce moment et seulement une fraction d’entre eux ont été protégés par des programmes comme FireSmart.»
Par courriel, le bureau des communications du ministère de la Défense affirme qu’un total de «203 organisations et unités sont passées d’obligations bilingues à des obligations unilingues en matière de langue de travail. Un total de 174 a maintenant une désignation anglophone et 29 une désignation francophone.
Comme l’avait noté le directeur des langues officielles au ministère de la Défense nationale, le capitaine de vaisseau Vincent Pellerin, en entrevue avec Francopresse, des unités unilingues sont aussi passées à un statut bilingue. Sur les 145 qui ont fait le changement, 67 sont passés de l’anglais au bilinguisme et 78 du français au bilinguisme.
Selon ces données, il y aurait donc 107 unités de moins où le français est une langue de travail. Il y a en échange 49 unités de plus où il est possible de travailler en anglais.
Le ministère rappelle que ces chiffres sont «fondés sur une analyse réalisée à ce jour» et qu’ils pourraient être appelés à changer. Le ministre de la Défense, David McGunity, a en effet demandé la semaine dernière une révision de la nouvelle directive et son implantation.
Dans la réponse écrite, le bureau des communications du ministère indique que «les travaux préliminaires pour déterminer la portée, l’approche et le calendrier de l’examen ont commencé».
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Dans une infolettre publique du 27 juillet, le ministère de la Défense explique avoir modifié la désignation linguistique de plusieurs lieux de travail en partie parce que «plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entrainait des plaintes fondées et de la frustration».
La nouvelle directive sur la langue de travail au ministère de la Défense et dans les Forces armées canadiennes est entrée en vigueur en janvier 2025. La langue de travail des unités suit depuis les régions désignées bilingues dans la Loi sur les langues officielles.
Le Commissariat aux langues officielles confirme avoir reçu jusqu’à présent cinq plaintes concernant «les répercussions de la décision» du ministère de la Défense nationale de modifier son approche en matière de langue de travail.
À ces plaintes s’ajoutent sept autres plaintes concernant plus précisément le changement de la langue de travail au Collège militaire royal du Canada à Kingston, une des régions où la langue de travail est passée du bilinguisme à l’anglais.
Par écrit, la commissaire, Kelly Burke, dit avoir pris connaissance de la décision du ministre de réviser la directive et les effets de son application. Une enquête est en cours.
«Je m’intéresse particulièrement aux répercussions potentielles de cette situation. C’est pourquoi j’ai porté la question à l’attention du Comité permanent de la Défense nationale de la Chambre des communes, en soumettant un mémoire écrit le 15 mai dans le cadre de l’Étude sur la situation des francophones et des Autochtones au sein des Forces armées canadiennes.»
Kelly Burke dit s’attendre à ce que toutes les organisations assujetties à la Loi sur les langues officielles «respectent leurs obligations linguistiques et l’esprit de la Loi en tout temps».
La révision est un mécanisme trop lent, selon Éric Sauvé. La pétition qu’il préparait avec d’autres anciens combattants a été ajoutée au système des pétitions de la Chambre des communes le 18 aout.
La pétition demande le retrait de la directive afin de «rétablir un régime permettant de désigner officiellement bilingues les unités, organisations et établissements militaires lorsque leur mission, leur mandat national, leurs responsabilités de formation ou leurs besoins opérationnels le justifient».
Elle demande également de «renforcer le bilinguisme comme capacité opérationnelle et stratégique et de publier l’examen et ses conclusions demandés par le ministre.
La pétition avait amassé près de 1000 signatures, majoritairement du Québec, à la fin de sa première journée en ligne.
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Quatre facteurs sont en cause : la pollution de l’air, les fumées des feux, la chaleur extrême et la hausse des allergènes, poursuit le coauteur de cette revue de littérature scientifique
La saison des feux de 2023 témoigne d’ailleurs de l’urgence, avec une forte dégradation de la qualité de l’air. Six fois plus de territoires forestiers avaient alors été incendiés par rapport à la moyenne annuelle : une perte de 15 millions d’hectares.
Cette saison d’incendies serait d’ailleurs la source de 9600 décès au Canada — 1300 décès soudains et 5400 liés aux maladies chroniques – pour un total de 86 500 décès autour de la planète.
On se rappellera que les vents avaient porté cette pollution jusqu’à Montréal – sacrée alors comme la ville ayant la pire qualité de l’air au monde – et jusque chez nos voisins américains.
Les feux de forêt produisent des particules fines – moins de 2,5 microns, un diamètre 25 fois plus petit qu’un cheveu – mais aussi des contaminants nocifs et irritants pour les poumons.
Au-delà des feux de forêt, les polluants liés aux changements climatiques comprennent notamment une plus forte quantité d’ozone libérée dans l’air – responsable en grande partie du smog – mais également l’augmentation de la présence d’allergènes (pollen et moisissures).
Au Canada, la pollution atmosphérique occasionnerait près de 15 300 décès prématurés annuels et plus de 9000 nouveaux cas de bronchite chronique chez les adultes, lit-on dans l’étude
La pollution de l’air serait de plus associée au tiers des maladies cardiovasculaires, à des maladies pulmonaires obstructives chroniques et à des cancers respiratoires. Juste au Québec, les experts estiment que ce sont près de 4000 décès prématurés annuels.
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Les auteurs de la nouvelle étude soulignent que la moyenne annuelle de la température au Canada a augmenté de 2 degrés Celsius entre 1948 et 2023, soit deux fois plus que la moyenne mondiale. Les Canadiens sont donc plus à risque de souffrir du réchauffement climatique.
«Cela provoque un stress thermique et une bronchoconstriction – rétrécissement des bronches – et l’augmentation du nombre de troubles respiratoires chez les personnes âgées et celles souffrant de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), beaucoup plus vulnérables aux chaleurs extrêmes. Mais aussi une hausse de la mortalité respiratoire et des comorbidités», détaille le chercheur.
En suivant une cohorte longitudinale de 1500 patients – la cohorte CanCOLD – à travers neuf sites de collectes de données de différents hôpitaux canadiens pendant 15 ans, les chercheurs se sont rendus compte que même une faible exposition aux polluants nuit à la fonction respiratoire.
Ceux qui présentent des troubles respiratoires comme l’asthme sont donc plus à risque. Mais aussi les enfants, les ainés et les personnes plus défavorisées.
Les maladies respiratoires constituent la principale cause de morbidité et la deuxième cause de décès liés aux épisodes de chaleur extrême chez les personnes âgées, selon Santé Canada.
Un rapport de l’Association canadienne de santé publique rapportait qu’entre 2020 et 2024, les Canadiens âgés de 60 ans et plus avaient vécu une augmentation de 284 % du nombre de jours-personnes exposés à une vague de chaleur, par rapport à la période 1986-2005.
La maladie pulmonaire obstructive chronique est la troisième cause de décès dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé et la première cause d’admission à l’hôpital pour les maladies chroniques. C’est une maladie qui intéresse particulièrement le Pr Doiron.
«Nous avons examiné, avec un groupe de pneumologues, les facteurs de risque autres que le tabagisme chez ces patients atteints de MPOC. Ce que l’on constate, c’est que la concentration de particules fines et les polluants atmosphériques vont en augmentant en raison de la chaleur et des feux de forêts.»
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Les chercheurs mettent par ailleurs de l’avant les risques disproportionnés de problèmes respiratoires chez les populations économiquement défavorisées.
«Les inégalités exacerbent les vulnérabilités face à la chaleur car ces populations sont plus exposées et ont moins de moyens pour se protéger – sans climatisation ou d’endroits pour se mettre à l’abri. C’est plus difficile de suivre les avis de santé publique», relève le chercheur.
L’été, il fait plus chaud dans les quartiers défavorisés de la métropole, car il y a aussi moins d’espaces verts, avançait récemment une autre étude québécoise. L’inégale répartition, entre les quartiers, d’aménagements urbains végétalisés a une incidence dans la capacité à se refroidir en cas de canicule.
Même si on leur conseille de réduire les activités extérieures, ces personnes doivent souvent se déplacer pour leur travail ou pour leurs autres activités – aller chercher les enfants, veiller sur des ainés, etc. Sans compter que «ce sont souvent les personnes les moins au courant de tels évènements de chaleur et de pollution, car elles n’ont pas lu les médias qui relatent ça».
Cette revue de littérature scientifique vise particulièrement à informer les pneumologues et les professionnels en soins respiratoires et critiques. Car les cliniciens et les professionnels de la santé publique ont un rôle crucial à jouer pour protéger les populations les plus vulnérables et renforcer la résilience face au climat.
«Ils doivent conseiller au mieux leurs patients, mais aussi préparer le système de santé aux défis croissants», relève le chercheur. Peut-être par des collaborations avec les organismes communautaires œuvrant auprès de ces personnes vulnérables.
Bref, la crise climatique remet à l’avant l’importance de la prévention et d’investir en santé publique.
Cette étude synthétise bien les effets multiplicateurs des changements climatiques sur la santé respiratoire, principalement en termes de crises d’asthme et de réactions allergiques, commente la Dre Eve Riopel, pédiatre et membre de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement.
Il n’est pas fait mention du potentiel cancérigène de la pollution atmosphérique sur les voies respiratoires, qui est majeur selon notre experte, surtout que «le risque de mortalité secondaire à un évènement cardiorespiratoire ou à un cancer pulmonaire apparait à des niveaux d’exposition beaucoup plus bas que ce qui était autrefois considéré».
L’impact de la pollution est plus grand que ses effets respiratoires, note-t-elle, car «les particules inhalées poursuivent leur route par la circulation sanguine et vont se loger dans les cellules des autres organes du corps».
«La santé de tous s’en trouve affectée à court terme. Plusieurs études tendent ainsi à suggérer que de s’entrainer lors de journées avec mauvaise qualité de l’air, augmente les risques d’évènements respiratoires et cardiaques et annule les effets bénéfiques de l’exercice physique», ajoute la Dr Riopel.
Elle appuie l’idée de mobiliser l’ensemble de la population autour de cet enjeu. «Au-delà des mesures de mitigation et d’adaptation, des changements de société majeurs sont nécessaires pour minimiser les effets des changements climatiques sur la qualité de l’air».
La fumée crée des tensions avec le gouvernement américain de Donald Trump. Et la situation risque de s’aggraver, puisque le phénomène El Niño pourrait entraîner en 2027 des perturbations météo et peut-être de nouveaux records en matière d’incendies.
L’intensification des changements climatiques causera des étés enfumés, des vagues de chaleur intenses, des crues soudaines en toute saison, des tornades fréquentes et des vagues de froid extrêmes. Face à cette nouvelle normale qui s’installe, la protection civile fédérale est à la croisée des chemins.
De l’avis des spécialistes, un changement s’impose. Dans deux rapports distincts, une commission parlementaire et le Sénat ont critiqué les lacunes de l’approche fédérale en matière de gestion des catastrophes. Tous deux ont pointé du doigt le manque d’implication d’Ottawa, notamment quant à la prévention et au sous-financement des programmes locaux.
Rien de nouveau sous le soleil. Dès 2008, le Sénat avait levé un drapeau rouge. De même pour le Vérificateur général du Canada en 2013 et en 2022, quant à la gestion des urgences chez les Premières Nations.
Le rapport consultatif d’experts réalisé en 2022 sur les « Accords d’aide financière en cas de catastrophe » a également révélé la nécessité d’ajuster tous les programmes fédéraux en matière d’adaptation et de réduction des risques afin d’en assurer une meilleure intégration et un meilleur financement.
Au Canada, la prévention des catastrophes et l’application de la protection civile relèvent des provinces et territoires. En théorie, du moins, car ceux-ci transfèrent cette responsabilité aux autorités locales, lesquelles n’ont ni l’autorité, ni les outils administratifs, ni les ressources pour faire face.
Certes, les municipalités, provinces et territoires peuvent toujours appeler les Forces armées canadiennes en renfort. Mais l’action principale d’Ottawa s’est toujours bornée, historiquement, à financer une partie des interventions et des réparations et à veiller à la disponibilité de services d’urgence chez les Premières Nations — une prérogative fédérale.
Le gouvernement fédéral a annoncé des investissements dans la lutte aux feux de forêt et un nouveau centre des opérations de Sécurité publique Canada.
Cependant, l’approche actuelle très décentralisée et distante du gouvernement fédéral diverge fortement de la tendance ailleurs dans le monde. Curieusement, d’après Sécurité publique Canada, chaque dollar investi dans la prévention permettrait d’économiser entre 7 et 13 dollars en frais d’intervention et de réparation.
Des études ont montré que le manque de coordination a souvent empiré la situation dans les communautés affectées en plus de créer des tensions durables avec les provinces.
Ainsi, selon le ministre responsable de la protection civile en Colombie-Britannique, les dommages lors de récentes inondations découlent du manque d’implication fédéral lors du désastre de 2021 dans la vallée du Fraser, qui avait entraîné plus de 8,7 milliards de dollars de dégâts, dont la mort de 1,3 million de bêtes.
De même, le bilan des interventions durant les feux de forêt qui ont ravagé les Territoires du Nord-Ouest en 2023 déplore des délais trop longs. Et certains évacués n’ont pas obtenu le soutien prévu faute de coordination entre les gouvernements.
Les étés sont de plus en plus synonymes d’incendies de forêts, mais il y a aussi les innondations au printemps et les bordées de neige records en hiver.
Si l’on considère toutes les études produites depuis 20 ans, quatre idées émergent qui pourraient guider l’action fédérale.
Financer la réduction des risques : le pays a besoin d’une nouvelle structure fédérale qui améliorerait le financement des mesures de prévention, lesquelles protègent nettement mieux les vies et les biens que les interventions d’urgence à saveur hollywoodienne.
Penser local : les communautés, leurs dirigeants et intervenants connaissent le terrain et leurs besoins. Elles sont souvent mieux à même d’évaluer l’expertise et les moyens nécessaires. Les structures et programmes fédéraux doivent donc mieux les épauler dans le respect des politiques locales et des efforts mis en place.
Soutenir les communautés autochtones : les communautés autochtones, particulièrement exposées par leur géographie, savent gérer les urgences liées aux risques naturels sur leur territoire. Les programmes devraient leur faciliter le travail.
Soutenir les groupes vulnérables : les immigrants, les réfugiés, les itinérants, les aînés, les communautés isolées et défavorisées sont sous-représentés dans la planification de la protection civile. Des interventions ciblées doivent répondre à leurs réalités.
La commande est grosse, mais elle répond à un paradoxe. Certes les perturbations climatiques et les effets de catastrophes majeures, comme les feux ou les inondations, parce qu’elles ne connaissent pas de frontières, exigent de voir loin. Mais toute intervention, en étant foncièrement locale, doit s’appuyer sur les caractéristiques culturelles, sociales, environnementales et économiques propres au milieu. Même si la protection civile exige des compétences techniques, sa gouvernance est déterminante.
Les experts s’accordent à dire que, si les organisations nationales jouent un rôle crucial dans la coordination et la préparation des mesures d’urgence, celles-ci ne doivent pas céder à la tentation de dicter les besoins et d’uniformiser les programmes.
Pour élaborer de meilleures politiques, le gouvernement fédéral peut s’appuyer sur des décennies de recherches approfondies. Mais plusieurs questions restent en suspens.
Comment éviter les interférences de la politique partisane ? Comment garantir que les décisions soient fondées sur des données scientifiques et la compréhension fine des besoins et enjeux locaux ?
Selon certaines études, la partisanerie politique entrave la prévention et les interventions en cas de catastrophe. Les décisions prises dans ce contexte sont souvent plus nuisibles qu’aidantes.
Comment le gouvernement fédéral peut-il trouver l’équilibre entre une action locale et à grande échelle ? Une seule institution devrait-elle être responsable des quatre piliers de la protection civile (prévention, préparation, intervention et réparations) ?
Et comment gérer les situations transfrontalières dans le climat tendu des relations avec les États-Unis ? La décision géopolitique s’accompagne désormais de considérations économique et politique quant aux dommages environnementaux.
En matière d’aménagement du territoire, les décisions à venir seront hautement politiques, car elles feront des gagnants et des perdants. Les interventions d’Ottawa quant à l’occupation des sols, la construction résidentielle et le développement d’infrastructures, par exemple, seront controversées. Et l’absence de garanties de protection influencera le cadre réglementaire, ce qui aura un impact sur la construction de logements et leur abordabilité.
Quel que soit le niveau politique, les décisions en matière de protection civile devront certes s’appuyer sur les savoirs traditionnels et scientifiques. Mais le coût d’une société plus sûre sera élevé. Souhaitons que la mise en place éventuelle par Ottawa de structures et programmes appropriés suscitera le nécessaire débat social quant à notre sécurité.
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Ce texte a d’abord été publié par La Conversation sous licence Creative Commons.
2024 : Le projet Panama
Commençons avec notre personnage principal : Anthropic. C’est une grande entreprise américaine qui construit des intelligences artificielles. Elle a créé le modèle Claude, un robot conversationnel très utilisé, comme ChatGPT.
En 2024, la compagnie a téléchargé illégalement de l’Internet 7 millions de livres publiés avant 2022. Son but? Créer une bibliothèque numérique qui contient tous (oui, tous!) les livres du monde. Elle servirait à Claude, son IA, pour qu’il puisse les lire et apprendre à bien écrire. Le nom de cette opération : le projet Panama.
Ça lui a coûté très cher. Anthropic a été accusée de piratage et a dû donner 1,5 milliard de dollars aux auteurs des livres volés! L’entreprise a donc dû réfléchir à une autre solution pour entraîner Claude…
Mais pourquoi des livres d’avant 2022?
Anthropic ne veut pas que Claude s’entraîne… sur des contenus créés par l’intelligence artificielle. Aucune chance de trouver des traces d’IA (et de ses erreurs) dans les vieux livres, qui sont garantis 100 % humains! C’est ironique, non?
2026 : Claude et ses amies IA, les mangeuses de livres
Ça nous amène à aujourd’hui!
Des journalistes des médias américains Washington Post et 404 Media ont appris que des compagnies d’intelligence artificielle (dont Anthropic) achètent des millions de vrais livres pour entraîner leur IA… avant de les détruire. Cette méthode a été choisie parce qu’elle coûte moins cher :
Les journalistes de 404 Media ont parlé à des vendeurs de livres rares qui pensent avoir vendu des ouvrages à des compagnies d’IA. C’est difficile de le savoir à 100 %, puisqu’elles achètent les livres sans donner leur vraie identité.
«J’ai des sentiments partagés. Ça m’aide financièrement et ça me permet de vendre des livres que je n’aurais probablement jamais vendus. Mais je n’aime pas comment ils sont utilisés. Et je n’aime pas que des livres peu communs soient détruits», a déclaré un vendeur au média américain.
Et c’est ce qui choque les gens : «Ça veut dire que s’ils sont détruits dans le processus d’entraînement de l’IA, ils seront encore plus difficiles à trouver», écrit Emanuel Maiberg, le journaliste de 404 Media qui signe l’enquête.
Cette nouvelle a même fait réagir Elon Musk, qui est aussi en train d’entraîner un modèle IA avec des livres. «J’ai demandé à mon équipe de préserver tous les livres rares dans une bibliothèque et de les numériser sans les détruire», a-t-il écrit sur le réseau social X.
Heum… Bravo Elon?
Et toi, que penses-tu de cette utilisation/destruction des livres? Donne-nous ton opinion en commentaire!