Le Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026 publié par Environnement et Changement climatique Canada et rédigé par 23 spécialistes de l’étude du climat et des changements climatiques contient 15 énoncés qui mettent en lumière les constats qui ont les degrés de confiance les plus élevés.
L’énoncé 7 annonce que le «réchauffement climatique et les changements connexes du climat au Canada sont essentiellement irréversibles». Cela signifie que même si des mesures efficaces de réduction des gaz à effet de serre étaient mises en place partout dans le monde, il y a tellement de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air que les températures prendront des centaines d’années à redescendre.
Parmi les effets déjà irréversibles, on compte le changement du niveau de la mer, la fonte des glaciers et le dégel du pergélisol.
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Le Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026 est le deuxième du genre, le premier ayant été publié en 2019. Il rassemble les dernières données et les plus récents modèles et simulations du ministère.
Il s’agit d’un examen des modifications observées au Canada à partir de données connues et de leurs trajectoires possibles, et non d’une évaluation des impacts sur les résidents et sur l’économie. Il ne contient pas de recommandations.
Il présente trois scénarios : ce qui pourrait survenir si aucune politique n’existait, ce qui pourrait se produire selon les politiques actuelles et ce qui arriverait si la carboneutralité était atteinte d’ici 2050.
La première possibilité est la plus catastrophique, avec une augmentation moyenne des températures au Canada de 6,9 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Sur la même période, les politiques actuelles pourraient faire augmenter les températures moyennes de 5 °C, tandis que l’atteinte de la carboneutralité limiterait la hausse à 3,5 °C.
L’un des auteurs du rapport, le directeur par intérim de la division de la recherche sur la modélisation et l’analyse climatique chez Environnement et Changement climatique Canada, Chris Derksen, a présenté le rapport le 10 septembre dans le cadre d’un webinaire organisé par l’Institut climatique du Canada.
Les épisodes de froid extrême deviendront plus rares au Canada, alors que ceux de chaleur extrême seront plus fréquents, dit-il.
«Le sud du Canada vivra les changements climatiques à travers des évènements extrêmes. Dans le Nord, il y aura aussi des évènements extrêmes, mais c’est vraiment l’empreinte des changements climatiques sur le paysage qui sera le plus envahissant.»
La diminution de la glace sur l’océan Arctique sur une plus longue période et la fonte du pergélisol causeront le plus de transformations, aussi bien pour le paysage que pour le mode de vie des Inuit.
Les côtes est et ouest sont les endroits où l’augmentation des précipitations pourrait être la plus importante. Dans l’Atlantique, les ouragans et tempêtes tropicales pourraient remonter plus régulièrement vers le Nord et les provinces maritimes.
Dans l’Ouest, les glaciers sont presque condamnés. Même dans le scénario le plus optimiste, ils perdront environ 76 % de leur masse d’ici la fin du siècle. «Ils fondent trop pendant l’été et ne peuvent pas récupérer cette masse pendant l’hiver», explique Chris Derksen.
La fonte des glaciers aura diverses conséquences, notamment sur l’alimentation en eau de l’Ouest canadien. L’effondrement de sections de glaciers similaire à celui survenu au Népal le 26 aout est aussi possible au Canada.
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Au centre du pays, ce sont les sècheresses qui pourraient être plus fréquentes. Surtout dans le sud du Manitoba et de la Saskatchewan, ainsi que dans l’extrême nord de l’Ontario.
Tout le territoire canadien court le risque de voir la durée de la saison des feux de forêt s’allonger, avec quelques jours de plus à l’Est, à l’Ouest et au Nord.
Pour la première fois, les sciences autochtones ont été mises à contribution dans le Rapport sur le climat changeant du Canada. La prise en compte reste cependant partielle, car le mariage de ces savoirs avec les sciences occidentales reste nouveau et présente encore des défis.
Des études de cas des Premières Nations, des Inuit et des Métis qui abordent les conséquences des changements climatiques ont été incluses aussi souvent que possible.
Le président de l’Institut climatique du Canada, Rick Smith, a tenu à signaler en ouverture du webinaire que le rapport apporte une lueur d’espoir.
Chris Derksen a indiqué lors d’un webinaire que le rapport faisait environ 1500 pages.
«Il souligne que les pires dommages peuvent encore être évités si nous réduisons nos émissions de gaz à effet de serre et que nous planifions dès maintenant la création de communautés sures et résilientes. Ce rapport est un argument en faveur de l’action et du progrès, pas du fatalisme et de la résignation.»
Chris Derksen souligne que la diffusion de l’information était essentielle.
«Nous avons l’information dont nous avons besoin. Nous savons avec quels futurs potentiels nous devons travailler. Il nous revient à tous d’utiliser cette information de la façon la plus collectivement constructive pour affronter ce qui sera un véritable défi», conclut le chercheur.
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Le gouvernement fédéral vient d’ouvrir le processus de recrutement pour succéder à Doug Ettinger, l’actuel président-directeur général de Postes Canada, qui prendra sa retraite en mars 2027.
Selon l’avis de recrutement, la maitrise des deux langues officielles serait un atout jugé «préférable» pour occuper cette fonction au sein de la société d’État. Ottawa précise que les candidats et les candidates devront indiquer, dans leur profil, leur niveau de compétence en compréhension et en expression orale dans leur langue seconde.
Sur le plan financier, le poste offre une rémunération annuelle se situant entre 573 500 $ et 674 700 $.
Autre critère recherché : L’avis précise qu’une expérience de gestion de haut niveau est attendue, dans un contexte syndical complexe.
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Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, a réaffirmé, un mois après la controverse liée à son ministère sur les langues officielles, que pour son équipe, «le bilinguisme est un atout opérationnel qui renforce notre capacité à diriger, à collaborer avec nos alliés et nos partenaires, et à mener à bien notre mission tant au pays qu’à l’étranger».
Dans une déclaration écrite jeudi, à l’occasion de la Journée des langues officielles, le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, affirme prendre au sérieux les inquiétudes soulevées par les récents changements aux désignations de la langue de travail au sein des Forces armées canadiennes (FAC), qui ont fait craindre un recul de la place du français dans l’institution.
C’est pourquoi il rappelle avoir demandé un examen de la désignation de la langue de travail dans les unités des FAC. «Notre engagement envers les langues officielles doit se refléter dans le quotidien de notre personnel», écrit le ministre.
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Mardi soir, la Maison-Blanche a intensifié son conflit commercial avec Ottawa en réponse à la dernière série de droits de douane de rétorsion imposés par le Canada, entrés en vigueur le même jour. Le président Donald Trump a signé cinq nouveaux décrets.
Trois d’entre eux interdisent l’importation aux États-Unis de certains produits canadiens, dont les motos de plus de 800 cc, certains produits laitiers et les boissons alcoolisées, dès le 29 septembre.
Produits supplémentaires touchés : Les deux autres décrets élargissent la liste des biens canadiens soumis à des droits de douane de 50 %. Une série de produits supplémentaires, comme les matelas, les bateaux à moteur et les voiturettes de golf, sera assujettie à cette surtaxe à compter du 15 septembre.
À l’inverse, quelques produits canadiens ont été retirés de la liste déjà en vigueur, notamment le papier toilette, le sel de déneigement et le ciment.
Cette escalade est une réponse à l’imposition par le Canada de nouveaux droits de douane sur environ 28 milliards de dollars de produits provenant des États-Unis, elle-même en riposte aux surtaxes américaines en vigueur depuis le 22 aout.
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En visite officielle au Canada, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a rencontré le premier ministre Mark Carney à Calgary, en Alberta.
100 ans et 26 milliards de dollars au total : Jeudi, le Canada et l’Ukraine ont signé deux déclarations établissant un partenariat stratégique de 100 ans et une coopération renforcée en matière de défense, portant l’aide totale canadienne à l’Ukraine à plus de 26 milliards de dollars depuis 2022.
Les deux dirigeants ont scellé une entente à hauteur de 350 millions de dollars canadiens pour fournir des missiles d’interception essentiels à la défense aérienne dans le cadre du programme JUMPSTART.
En outre, Mark Carney a affirmé en conférence de presse que le Canada contribuera au Fonds pour la sécurité énergétique de l’Ukraine afin de «réparer les infrastructures énergétiques, d’augmenter la capacité de stockage et d’alimenter les hôpitaux en électricité».
Pour aider les Ukrainiens et les Ukrainiennes à affronter l’hiver, le Canada accordera plus de 430 millions de dollars sous forme de garanties de prêt pour l’achat de gaz naturel.
Marché numérique canadien : Le Canada crée également un marché numérique national des drones avec des contrats initiaux de 50 M$ à sept fournisseurs canadiens, un nouveau partenariat industriel entre General Dynamics Mission Systems Canada et l’Ukrainienne Green Tech Harvest, ainsi qu’un accord pour la production conjointe de systèmes sans pilote et de munitions.
À cela s’ajoutent des centaines de millions de dollars d’aide supplémentaire pour la reconstruction, les anciens combattants et le rapatriement d’enfants déportés illégalement par la Russie, assorti de nouvelles sanctions contre huit responsables russes.
Dans une déclaration commune, mardi, le Canada s’est joint à l’Espagne, au Danemark, à la Finlande, à la France, à l’Islande, à l’Irlande, à la Norvège, à la Pologne, au Portugal, à la Suède et au Royaume-Uni pour imposer des restrictions, nationales ou européennes, sur le commerce de biens issus des colonies israéliennes.
Ils exigent que l’État hébreu mette fin à l’expansion de ses colonies illégales et rende des comptes sur les violences commises.
Les cosignataires ont notamment jugé «inadmissible» la décision d’Israël de publier des appels d’offres pour le projet de colonie E1.
Selon les 12 pays, ces développements compromettent la possibilité d’une solution à deux États.
Les pays réaffirment par ailleurs leur soutien à la sécurité d’Israël et leur condamnation de l’attaque du 7 octobre.
Rejet : L’ambassade d’Israël au Canada a vivement rejeté la déclaration commune des 12 pays, qu’elle qualifie d’«ingérence» dans ses élections démocratiques internes et de mesure ciblant «injustement le seul État juif» et la «seule démocratie du Moyen-Orient».
L’ambassade soutient que ces gestes unilatéraux ne feront «qu’attiser la haine et accroitre les dangers pour la communauté juive canadienne, qui souffre déjà d’un manque de protection face à la montée alarmante de l’antisémitisme sous le mandat de ce gouvernement», tout en fragilisant davantage la relation bilatérale canado-israélienne.
Révélations : Selon une enquête publiée par le quotidien israélien d’opposition Haaretz, le premier ministre Benjamin Nétanyahou avait été mis au courant par le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, quelques jours avant le 7 octobre 2023, que le Hamas prévoyait une attaque.
Tu as sûrement déjà vu ce modèle de cahier : il s’agit d’un cahier Canada. Il est fabriqué par Hilroy, une entreprise qui crée des articles scolaires depuis plus de 100 ans. Sur la couverture, on peut apercevoir une carte du Canada, avec toutes ses provinces et ses territoires.
Le problème? Sur une récente version du cahier, la carte du Canada ne montrait pas la province de Terre-Neuve-et-Labrador au complet. Il manquait une partie importante : l’île de Terre-Neuve.
La partie de la province entourée en rouge est absente de la couverture des nouveaux cahiers Canada.
Et ce n’est pas tout! Il manquait également une partie de la Nouvelle-Écosse, Cap-Breton, ainsi que l’archipel Haida Gwaii, des îles appartenant à la Colombie-Britannique.
Des personnes des provinces atlantiques ont rapidement remarqué l’erreur. Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Tony Wakeham, a même réagi avec humour. «On peut effacer Terre-Neuve d’un cahier, mais on ne peut pas nous effacer», a-t-il déclaré lors d’une entrevue à la radio.
Lorsque cette bourde a été pointée du doigt, l’entreprise a rapidement réagi.
«À tous ceux qui ont repéré cette erreur : vous avez raison et merci de nous l’avoir signalée», a publié ACCO Brands, l’entreprise qui possède Hilroy, sur les réseaux sociaux.
Elle s’est excusée pour cette erreur et a annoncé qu’elle arrêtait de distribuer les cahiers avec la carte incomplète. En plus d’offrir un remboursement à ceux qui avaient acheté le cahier erroné, ACCO Brands a promis de corriger la carte de ses futurs cahiers pour y ajouter les territoires manquants.
«Nous croyons qu’il faut écouter, apprendre et corriger nos erreurs», peut-on lire dans une publication Facebook.
Hilroy assure maintenant que toutes les provinces et tous les territoires sont représentés sur la carte… même si le cahier est encore en vente dans certains commerces pour l’instant.
Source : La Presse
Va jeter un coup d’œil à tes cahiers Canada! Est-ce que la couverture représente bien un Canada complet? Dis-nous dans les commentaires!
«C’est l’un des plus grands défis : créer un changement de culture pour que la recherche réalisée en français soit autant valorisée que celle en anglais. Et développer une stratégie plus inclusive», résume la professeure émérite à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, Linda Cardinal.
La recherche en français constituerait même un vecteur de prospérité économique et une valeur stratégique pour le Canada. C’est ce que l’on peut lire dans un récent rapport du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion des savoirs scientifiques en français, dont Linda Cardinal est coprésidente.
Le français ne parvient pas à gagner du terrain dans la production du savoir canadien. Et malgré la progression, au Québec, de récentes initiatives pour la promotion du français – comme la Coopération en recherche dans la francophonie canadienne soutenue par l’Acfas, et les Chaires de diplomatie scientifique soutenues par le Fonds de recherche du Québec— le contexte axé sur la performance et la compétition s’avère plutôt défavorable au français.
C’est l’économie du prestige qui prime, «basée sur le volume des publications au sein des magazines anglophones de renom. Ces biais de performance poussent les chercheurs à publier en priorité en anglais», souligne la coprésidente.
Et le financement fédéral va majoritairement aux universités les plus compétitives – 15 des 90 universités recevraient près de 80% des subventions canadiennes, dont seulement deux francophones et une bilingue, selon la Pre Cardinal.
C’est en plus du fait que les revenus des universités québécoises sont en recul – les subventions et les contrats du fédéral sont passés de 46 % à 40 % de leurs revenus entre 2000 et 2023.
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Cette situation diminue la «découvrabilité» de la recherche francophone canadienne, tout comme la place du français dans les communications scientifiques et même dans les congrès.
Ces derniers se déroulent en effet de plus en plus en anglais «only», même à Montréal.
Cela développe un sentiment d’imposteur chez de nombreux collègues. Le français est souvent exclu de l’avancement de la science au pays, malgré les obligations législatives du gouvernement fédéral
Les établissements en milieu minoritaire seraient particulièrement affectés. «Les témoignages que nous avons recueillis montrent une dévalorisation systématique des réalités locales – par exemple, l’étude de la santé mentale des migrants francophones à Moncton ou d’autres enjeux que vivent les minorités francophones hors Québec. L’étude des réalités locales est trop souvent vue comme non pertinente et une coquetterie.»
Cette faible valeur accordée aux études liées aux groupes identitaires et à la recherche en milieu minoritaire, détourne les jeunes chercheurs de ces champs de recherche.
En fait, plus largement, les jeunes chercheurs francophones seraient particulièrement isolés dans les milieux de recherche où le français s’avère minoritaire au Canada. Peu de réseaux collaboratifs et de masse critique dans leur langue nuirait également à de la socialisation scientifique en français.
Par ailleurs, près de 40 % des 117 revues québécoises savantes publiant majoritairement en français ne bénéficient d’aucun financement gouvernemental. Enfin, malgré le Programme d’aide à l’édition savante, le livre, particulièrement crucial en sciences humaines et sociales, est insuffisamment soutenu, relève le rapport.
Ce manque de soutien institutionnel nuirait aussi au développement d’activités «science et société» en français. La vulgarisation reste d’ailleurs, en français comme en anglais, une activité peu valorisée dans le milieu académique, sans reconnaissance dans l’évaluation et la promotion des chercheurs.
Mais la vulgarisation en français, en plus, se montre peu attrayante pour la relève et pour des chercheurs plus expérimentés, en raison de la marginalisation des ouvrages francophones.
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Linda Cardinal
Cela prend donc un changement de culture pour mieux valoriser le français, comme on peut le lire dans la liste des recommandations du rapport.
Cela, en vue de l’élaboration d’une stratégie fédérale pour faire progresser la recherche et l’usage du français. «Avec une vision plus globale que juste la recherche : enseigner en français, diriger des thèses, réviser les thèses et même en faire la langue de laboratoire… Il faut s’assurer que chaque étape puisse être valorisée en français», soutient la Pre Cardinal.
Le rapport identifie 12 mesures à mettre en place, dont la création d’un secrétariat de coordination de la recherche en français (SCRF) et d’un Fonds d’appui et de valorisation de la recherche en français (FAVRF).
Cette stratégie devra faire la promotion des talents francophones, mais aussi des infrastructures existantes, comme la plateforme Érudit, en plus de hausser son soutien à l’édition savante en français.
«Il nous faut une vision inclusive avec la création d’une lentille francophone, dotée de directives claires et de financement dédié – par exemple, l’obligation de produire des résumés en français de toutes les recherches financées par le fédéral», note la coprésidente du rapport.
Le gouvernement devrait également s’acquitter de l’obligation de reconnaitre le français, comme langue scientifique et vectrice de la prospérité économique du pays, ajoute-t-elle.
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C’est un rapport qu’accueille favorablement Christian Agbobli, vice-président recherche, direction scientifique – secteur Société et culture, au Fonds de recherche du Québec.
«C’est salutaire que ce rapport existe. Il s’agit d’un bijou assez caché qu’il faut diffuser largement, particulièrement en contexte minoritaire où il faut appuyer les scientifiques francophones». Son souhait est que le gouvernement fédéral applique les recommandations du rapport pour «mieux soutenir financièrement la recherche en français, même si c’est avant tout symbolique, parce que c’est important pour notre société».
Les 40 millions $ réclamés par le rapport représentent moins de 5 % de la somme allouée en 2026-27 au secteur «innovation, sciences et industrie» dans le dernier Budget fédéral.
Même si l’anglais demeure actuellement la langue de la recherche scientifique mondiale, il faut promouvoir le français et le multilinguisme, car «la recherche est transversale, intersectorielle, intercontinentale», ajoute M. Agbobli. Et le français est, après tout, l’une des cinq langues les plus parlées dans le monde.
Favoriser la recherche en français «aura des conséquences sur tout l’écosystème, des maisons d’édition jusqu’à l’expertise des chercheurs locaux, ainsi que sur les politiques et la société en général. Faire la promotion de la diversité a même un impact concret sur le libre accès aux contenus scientifiques : cela permet d’être lu jusqu’au Congo, et ça permet la circularité des idées et du savoir», affirme encore l’expert.
Ce gros rocher est en fait une œuvre d’art fabriquée avec des milliers de kilos de plastique recyclé. Malgré son apparence surprenante et presque digne d’un film de science-fiction, il s’agit d’une sculpture faite avec des déchets de plastique!
Elle a été créée par Sans façon, un duo d’artistes de Calgary, en Alberta, formé de Tristan Surtees et Charles Blanc.
Les artistes ont installé trois gros rochers dans différents endroits de Saskatoon, en Saskatchewan. Ces sculptures s’appellent Modern Erratics. Mais pourquoi des rochers?
Parce que les artistes se sont inspirés des blocs erratiques glaciaires. Il s’agit de gros morceaux de roche que les glaciers ont transportés sur de grandes distances avant de les laisser derrière eux.
Les rochers de Sans façon racontent toutefois une histoire bien différente. Ils parlent de… nos déchets!
Pour créer les trois sculptures, les artistes ont utilisé plus de 4 500 kg de plastique récupéré dans les Prairies! C’est le poids d’un éléphant adulte!
L’une est faite de sacs de plastique noirs et blancs utilisés dans les fermes.
Une autre est composée de capsules de bouteilles colorées.
La troisième, la plus grosse, est fabriquée avec d’anciennes poubelles de Saskatoon qui ont été déchiquetées.
Les artistes ont travaillé pendant trois ans pour transformer tous ces déchets en sculptures monumentales.
«L’œuvre est une invitation à réfléchir à la Saskatchewan, à ses paysages, aux matériaux que nous utilisons et à la manière dont nous les consommons», a expliqué Tristan Surtees au journal L’Eau vive.
Et toi, as-tu déjà fait une œuvre d’art avec des matériaux recyclés? Laquelle?
Source : L’Eau vive
Une charrue, c’est une machine agricole tirée par un tracteur. Elle sert surtout à retourner et à préparer la terre avant qu’on y plante des graines.
Chaque charrue ancienne possède une ou plusieurs pièces courbées appelées «versoirs». Ce sont eux qui entrent dans la terre et la retournent.
L’idée de battre un record Guinness vient de François Latour. Lui-même fermier, il souhaitait ainsi rendre hommage aux agriculteurs de Saint-Albert, une région de l’Est de l’Ontario où l’agriculture occupe une grande place.
«Travailler la terre, on le fait depuis des années, chez moi. C’est une tradition qui m’a donné envie de créer ce grand rassemblement», explique-t-il.
L’objectif était de battre un ancien record qui avait été établi au Manitoba, en 2010. À ce moment-là, des tracteurs avaient tiré 66 charrues.
Pour accomplir cet exploit, les organisateurs ont assemblé des dizaines de vieilles charrues. Elles étaient reliées par une longue poutre métallique de près de 100 mètres. En tout, on retrouvait 83 charrues.
Le 22 août, devant 3000 personnes, quatre tracteurs les ont ensuite tirés, pour les faire avancer. Et ils ont réussi!
François Latour a rassemblé 83 vieilles charrues pour établir un record.
Au total, les charrues ont été tirées pendant environ 11 minutes. Mais derrière ces quelques minutes se cachent des centaines d’heures de travail. François Latour et son équipe préparaient leur projet depuis longtemps.
«Ça fait cinq ans qu’on travaille là-dessus», précise-t-il.
Son équipe était composée de bénévoles et de personnes qui connaissaient bien l’agriculture ancienne et ce genre de charrues. Ensemble, ils ont imaginé et construit l’immense machine.
Et devine quoi! Ce n’était pas le premier record Guinness de François Latour!
«Jamais deux sans trois! C’est mon troisième record. Les deux précédents étaient avec des moulins à vent», se souvient-il. Impressionnant, non?
Mais ce qui rend l’agriculteur particulièrement fier, c’est d’avoir réussi à rassembler des gens de partout.
«On avait des anglophones, des francophones, des Québécois, des Ontariens… Au final, tout le monde parlait le même langage : celui de l’agriculture! On tirait tous dans la même direction, avec le même but», lance François Latour.
Et toi, si tu pouvais battre un record Guinness, lequel choisirais-tu?
Lors d’un webinaire organisé par l’Observatoire en immigration francophone au Canada (OIFC), la professeure émérite à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, Linda Cardinal, a présenté les résultats d’une recension de 294 articles universitaires consacrés à l’immigration francophone au Canada depuis 2016.
Son analyse met en lumière un champ de recherche traversé par une tension entre une conception de l’immigration d’un point de vue strictement utile à l’économie et un impératif moral fondé sur l’expérience humaine que vivent les personnes qui s’installent dans les régions francophones du Canada.
Linda Cardinal dresse un portrait de la recherche en français sur l’immigration francophone ces dernières décennies.
En 2023, «les travaux des milieux universitaires étaient très peu connus», remarque la chercheuse. «Les gens savaient que ça existait, mais on avait peu accès à leurs travaux.» L’initiative de l’OIFC vise à rapprocher ces deux publics.
«Cette recension arrive à point nommé, parce que ça nous permet, trois ans plus tard, de proposer une vision d’ensemble de la recherche.»
Immigration francophone au Canada : «Ici, c’est oui, mais non»
«Il y a un avant et un après 1960», amorce Linda Cardinal. «Avant, on avait une approche très racialiste de l’immigration et on est passé dans les années 60 à une approche fondée sur le capital humain.»
Dans les années 1980, avec la montée du néolibéralisme émerge l’idée d’une «approche utilitaire» de l’immigration, qui doit aussi servir l’économie du pays. En parallèle, dans les années 1990, la francophonie change aussi de discours sur l’immigration.
«Avant 1990, on s’intéresse beaucoup au rapport entre immigration et multiculturalisme. On se pose la question : “est-ce que l’immigration vient renforcer le multiculturalisme au détriment de la francophonie, ou est-elle compatible avec le bilinguisme?”»
Mais à partir des années 1990, ce discours s’efface progressivement au profit d’une réflexion plus systématique sur l’immigration et son importance pour répondre aux besoins des communautés francophones.
Un virage amorcé à la fois par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), le Commissariat aux langues officielles et Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).
Ce qui est intéressant du point de vue de la recherche, c’est que ce sont ces instances communautaires, gouvernementales qui vont lancer le secteur de la recherche en immigration francophone.
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Puis, en 2008, viennent les premières cibles en matière d’immigration francophone, témoignant là encore d’une vision utilitaire, illustre la chercheuse. La recherche s’intéresse toutefois de plus en plus aux réalités vécues par les personnes immigrantes et aux conditions de leur intégration.
Cette tension sous-tend encore jusqu’à aujourd’hui les travaux liés à l’immigration francophone.
D’un côté, on veut planifier l’immigration en fonction de secteurs ciblés, pour combler les pénuries de main-d’œuvre. De l’autre, on s’attache à accompagner les nouveaux arrivants et favoriser leur intégration, comme la création des communautés francophones accueillantes.
Contrairement à leurs homologues francophones, les chercheurs anglophones «peinent à intégrer la francophonie canadienne dans la représentation de l’immigration au Canada», souligne Linda Cardinal.
La politologue a notamment voulu vérifier comment les travaux anglophones traitent de l’immigration et s’ils tiennent compte du caractère bilingue du pays. Elle constate que la reconnaissance des acquis, un thème largement étudié en anglais, est rarement abordée sous l’angle linguistique.
«Souvent, on va insister sur l’importance de donner des cours d’anglais aux immigrants, mais jamais des cours de français.»
«C’est comme si la recherche en anglais ne savait pas qu’il y a une francophonie canadienne», résume-t-elle. Si le Québec est généralement pris en compte, les besoins des communautés francophones hors Québec demeurent largement absents de ces travaux.
Linda Cardinal observe même des «ressacs» dans la recherche. Elle cite notamment les débats entourant le programme Entrée express, où l’attribution de points supplémentaires pour la maitrise du français a parfois été présentée comme susceptible de favoriser l’admission de candidats moins compétents. Une façon, selon elle, de continuer à associer la francophonie aux compétences plutôt qu’à la diversité linguistique.
«C’est un angle mort de la recherche en anglais», conclut-elle.
Certains chercheurs et chercheuses réfléchissent à l’identité des personnes immigrantes et à leur sentiment d’appartenance à plusieurs cultures, mais aussi aux relations entre colonisation et décolonisation et à la manière de les intégrer au récit de la francophonie.
Au niveau des thèmes abordés, Linda Cardinal dégage deux tendances : le questionnement sur l’identité et l’omniprésence de l’école.
«L’école, c’est le principal lieu d’expérimentation, d’inclusion et de tension pour les familles immigrantes», dit Linda Cardinal.
«Ce que je trouve intéressant, c’est qu’on n’étudie pas tant les politiques d’immigration que les acteurs communautaires et les besoins des immigrants», ajoute-t-elle.
Une autre spécificité de la recherche en immigration francophone réside dans son approche très ancrée dans le terrain, notamment par le recours aux entretiens et la formulation de recommandations.
«C’est une recherche qui ne finit pas avec des propositions théoriques, mais qui finit toujours avec des propositions de recommandations. Ça, c’est vraiment frappant», partage Linda Cardinal.
Malgré le statut officiel du français et la reconnaissance de sa vulnérabilité, la langue continue d’être perçue comme un obstacle à l’immigration francophone au Canada.
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Parmi les pistes de recherche à venir, Linda Cardinal cite de nouveaux besoins et enjeux à documenter, comme le logement, l’accès aux nouvelles technologies et les réalités vécues par les femmes immigrantes ou les étudiants étrangers.
Les nouvelles politiques d’immigration et les cibles qui vont avec représentent aussi des avenues à explorer.
Avec les informations de Julien Cayouette
FRANCOPHONIE
Droits collectifs Québec (DCQ) portera en appel la décision de la Cour fédérale dans sa poursuite contre le Bureau du registraire de la Cour suprême du Canada. L’organisme demande que le plus haut tribunal du pays traduise les quelque 6000 jugements rendus avant 1969.
Dans sa décision rendue en juin, le juge de la Cour fédérale estime que les jugements font partie du processus judiciaire. Contrairement aux communications, ils ne seraient donc pas soumis à la Loi sur les langues officielles.
Interprétation étroite : DCQ argumente que ce jugement ne respecte pas les interprétations plus généreuses de la portée de la Loi rendues lors de causes précédentes et qu’il crée un dangereux précédent pour les droits des minorités linguistiques.
Rappelons que la Cour suprême a retiré les anciens jugements unilingues de son site Web en 2024 et s’est engagée à traduire 24 causes ayant une importance historique.
L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a déposé cette semaine son Livre blanc des états généraux de l’Ontario français. Elle interpelle le gouvernement fédéral dans trois recommandations.
Réorganiser le financement : L’AFO propose de revoir le modèle de financement des organismes francophones en créant des volets différents pour la gestion courante et pour les projets en plus de préconiser des ententes de 5 ans.
Plus de transparence : Il faudrait améliorer la coordination et la reddition de compte des ententes sectorielles entre les provinces et territoires avec le fédéral.
Immigration distincte : La francophonie de l’extérieur du Québec a besoin de son propre programme d’immigration économique, avec des cibles distinctes et un financement prévisible pour l’intégration.
L’AFO ne demande pas de réponses, mais souhaite que les fonctionnaires fédéraux lisent le Livre blanc pour participer à la suite des discussions.
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CANADA
Lundi, les libéraux ont remporté avec facilité les circonscriptions de Chicoutimi–Le Fjord (Québec), North Vancouver–Capilano (Colombie-Britannique) et Beaches–East York (Ontario).
Ils solidifient ainsi leur majorité à la Chambre des communes, avec 173 députés, contre 138 conservateurs, 21 du Bloc québécois, 5 du Nouveau Parti démocratique et 1 du Parti Vert.
Six élections partielles à venir : Actuellement, cinq sièges sont à pourvoir. Le conservateur Larry Brock doit également quitter le Parlement le 18 septembre. Le premier ministre devra donc déclencher six élections partielles d’ici six mois.
Rien que cette semaine, trois sièges sont officiellement devenus vacants : celui de la conservatrice de la Saskatchewan Cathay Wagantall, du Québécois libéral Steven Guilbeault, de même que celui du Québécois néodémocrate Alexandre Boulerice.
Le ministre des Finances et du Revenu national, François-Philippe Champagne, a prolongé la suspension de la taxe équivalente à 10 cents sur l’essence et 4 cents sur le diésel jusqu’en janvier 2027.
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a annoncé mercredi la prolongation de la suspension de la taxe sur l’essence et le diésel jusqu’au 31 janvier 2027.
Un taux correspondant à 50 % du taux régulier de la taxe entrera ensuite en vigueur du 1er février au 31 mars 2027. L’absence de cette taxe fait économiser 10 cents par litre d’essence et 4 cents pour le diésel.
La décision de suspendre cette taxe était intervenue en avril dernier, lors de la flambée des prix causée par la guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz. La suspension devait prendre fin le 7 septembre.
Critiques : Pour des experts, l’exemption serait un recul environnemental parce qu’elle n’encourage pas le ralentissement de la consommation de l’essence. Elle n’aurait aussi que peu d’impact sur les ménages canadiens, car les prix restent élevés à la pompe.
Le premier ministre, Mark Carney, a annoncé jeudi un investissement fédéral de plus de 4,7 milliards de dollars permettant à VIA Rail d’acquérir 313 nouvelles voitures de trains voyageurs auprès d’Alstom Canada.
Fabrication canadienne : Ces voitures seront fabriquées à Thunder Bay (Ontario) et à La Pocatière (Québec). Elles seront conçues à Saint-Bruno-de-Montarville, au Québec.
Une manière pour le gouvernement Carney de renforcer sa politique, de s’approvisionner au Canada et de montrer son éloignement des États-Unis, près de deux semaines après le bris des négociations et l’annonce de la riposte tarifaire du Canada.
C’est d’ailleurs la première fois en 40 ans que ces voitures seront construites au Canada, a précisé le premier ministre lors de l’annonce.
Selon le gouvernement, le projet devrait créer près de 700 emplois en Ontario et au Québec, générer 1,6 milliard de dollars de retombées économiques et s’appuyer sur le réseau de plus de 900 fournisseurs canadiens d’Alstom, dans l’esprit de la politique «Achetez canadien».
INTERNATIONAL
Le 31 aout, le ministère Affaires mondiales Canada a fait état «d’environ 30 Canadiens et résidents permanents […] dont le sort et le bienêtre n’ont pas encore été confirmés», après les crues dévastatrices d’une rivière au Népal et dans la région autonome du Tibet.
Des mises à jour sur le site du ministère seront faites «à mesure que l’information sera disponible», selon un communiqué.
Aide humanitaire : Vendredi dernier, le Canada a accordé une aide humanitaire de 5 millions de dollars pour aider à fournir de la nourriture d’urgence, des abris, des services d’approvisionnement en eau, d’assainissement et de santé, via notamment la Croix-Rouge et des organisations non gouvernementales canadiennes.
C’est ce que suggère une étude britannique publiée en juin, qui conclut que la désinformation serait près de trois fois plus importante dans les régions qui ont peu de médias locaux reconnus ou n’en ont plus. Les auteurs, associés au groupe de réflexion Social Market Foundation, s’appuient sur 125 000 messages publiés sur des groupes Facebook locaux, sur X et sur Nextdoor —un réseau social qui se spécialise dans les communautés locales.
Sur Facebook et X, les deux sujets les plus souvent ciblés par de la désinformation étaient l’immigration et l’islamophobie. Des « pics » de désinformation ont été identifiés autour d’élections locales.
L’étude pointe du doigt des groupes soi-disant locaux qui citent de fausses communications des municipalités et de fausses accusations visant des élus, en plus de publier du contenu généré par l’IA.
Le point de départ de cette recherche était une préoccupation qui n’est pas propre aux Britanniques: celle des « déserts informationnels », soit des villes ou des régions dont les médias traditionnels sont disparus.
Un tel désert a-t-il un impact sur la politique? La réponse est affirmative, et ça a même pu être mesuré.
Dans cette même optique, il y a maintenant plusieurs années qu’on identifie, aux États-Unis et au Canada, le phénomène des « faux journaux »: des centaines de sites qui se donnent l’apparence d’un journal local mais ne sont là que pour défendre des prises de position conservatrices, ou défendre une industrie.
Ce texte fait partie de notre série sur Les coulisses de la désinformation en science