le Mercredi 19 août 2026

Par courriel, le bureau des communications du ministère de la Défense affirme qu’un total de «203 organisations et unités sont passées d’obligations bilingues à des obligations unilingues en matière de langue de travail. Un total de 174 a maintenant une désignation anglophone et 29 une désignation francophone.

Comme l’avait noté le directeur des langues officielles au ministère de la Défense nationale, le capitaine de vaisseau Vincent Pellerin, en entrevue avec Francopresse, des unités unilingues sont aussi passées à un statut bilingue. Sur les 145 qui ont fait le changement, 67 sont passés de l’anglais au bilinguisme et 78 du français au bilinguisme.

Selon ces données, il y aurait donc 107 unités de moins où le français est une langue de travail. Il y a en échange 49 unités de plus où il est possible de travailler en anglais.

Le ministère rappelle que ces chiffres sont «fondés sur une analyse réalisée à ce jour» et qu’ils pourraient être appelés à changer. Le ministre de la Défense, David McGunity, a en effet demandé la semaine dernière une révision de la nouvelle directive et son implantation.

Dans la réponse écrite, le bureau des communications du ministère indique que «les travaux préliminaires pour déterminer la portée, l’approche et le calendrier de l’examen ont commencé».

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Nouvelle politique linguistique

Dans une infolettre publique du 27 juillet, le ministère de la Défense explique avoir modifié la désignation linguistique de plusieurs lieux de travail en partie parce que «plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entrainait des plaintes fondées et de la frustration».

La nouvelle directive sur la langue de travail au ministère de la Défense et dans les Forces armées canadiennes est entrée en vigueur en janvier 2025. La langue de travail des unités suit depuis les régions désignées bilingues dans la Loi sur les langues officielles.

5 + 7 plaintes

Le Commissariat aux langues officielles confirme  avoir reçu jusqu’à présent cinq plaintes concernant «les répercussions de la décision» du ministère de la Défense nationale de modifier son approche en matière de langue de travail.

À ces plaintes s’ajoutent sept autres plaintes concernant plus précisément le changement de la langue de travail au Collège militaire royal du Canada à Kingston, une des régions où la langue de travail est passée du bilinguisme à l’anglais.

Par écrit, la commissaire, Kelly Burke, dit avoir pris connaissance de la décision du ministre de réviser la directive et les effets de son application. Une enquête est en cours.

«Je m’intéresse particulièrement aux répercussions potentielles de cette situation. C’est pourquoi j’ai porté la question à l’attention du Comité permanent de la Défense nationale de la Chambre des communes, en soumettant un mémoire écrit le 15 mai dans le cadre de l’Étude sur la situation des francophones et des Autochtones au sein des Forces armées canadiennes.»

Kelly Burke dit s’attendre à ce que toutes les organisations assujetties à la Loi sur les langues officielles «respectent leurs obligations linguistiques et l’esprit de la Loi en tout temps».

Pétition

La révision est un mécanisme trop lent, selon Éric Sauvé. La pétition qu’il préparait avec d’autres anciens combattants a été ajoutée au système des pétitions de la Chambre des communes le 18 aout.

La pétition demande le retrait de la directive afin de «rétablir un régime permettant de désigner officiellement bilingues les unités, organisations et établissements militaires lorsque leur mission, leur mandat national, leurs responsabilités de formation ou leurs besoins opérationnels le justifient».

Elle demande également de «renforcer le bilinguisme comme capacité opérationnelle et stratégique et de publier l’examen et ses conclusions demandés par le ministre.

La pétition avait amassé près de 1000 signatures, majoritairement du Québec, à la fin de sa première journée en ligne.

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Quatre facteurs sont en cause : la pollution de l’air, les fumées des feux, la chaleur extrême et la hausse des allergènes, poursuit le coauteur de cette revue de littérature scientifique

La saison des feux de 2023 témoigne d’ailleurs de l’urgence, avec une forte dégradation de la qualité de l’air. Six fois plus de territoires forestiers avaient alors été incendiés par rapport à la moyenne annuelle : une perte de 15 millions d’hectares.

Cette saison d’incendies serait d’ailleurs la source de 9600 décès au Canada — 1300 décès soudains et 5400 liés aux maladies chroniques – pour un total de 86 500 décès autour de la planète.

On se rappellera que les vents avaient porté cette pollution jusqu’à Montréal – sacrée alors comme la ville ayant la pire qualité de l’air au monde – et jusque chez nos voisins américains.

Les feux de forêt produisent des particules fines – moins de 2,5 microns, un diamètre 25 fois plus petit qu’un cheveu – mais aussi des contaminants nocifs et irritants pour les poumons.

Au-delà des feux de forêt, les polluants liés aux changements climatiques comprennent notamment une plus forte quantité d’ozone libérée dans l’air – responsable en grande partie du smog – mais également l’augmentation de la présence d’allergènes (pollen et moisissures).

Au Canada, la pollution atmosphérique occasionnerait près de 15 300 décès prématurés annuels et plus de 9000 nouveaux cas de bronchite chronique chez les adultes, lit-on dans l’étude

La pollution de l’air serait de plus associée au tiers des maladies cardiovasculaires, à des maladies pulmonaires obstructives chroniques et à des cancers respiratoires. Juste au Québec, les experts estiment que ce sont près de 4000 décès prématurés annuels.

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Trop chaud pour respirer

Les auteurs de la nouvelle étude soulignent que la moyenne annuelle de la température au Canada a augmenté de 2 degrés Celsius entre 1948 et 2023, soit deux fois plus que la moyenne mondiale. Les Canadiens sont donc plus à risque de souffrir du réchauffement climatique.

«Cela provoque un stress thermique et une bronchoconstriction – rétrécissement des bronches – et l’augmentation du nombre de troubles respiratoires chez les personnes âgées et celles souffrant de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), beaucoup plus vulnérables aux chaleurs extrêmes. Mais aussi une hausse de la mortalité respiratoire et des comorbidités», détaille le chercheur.

En suivant une cohorte longitudinale de 1500 patients – la cohorte CanCOLD – à travers neuf sites de collectes de données de différents hôpitaux canadiens pendant 15 ans, les chercheurs se sont rendus compte que même une faible exposition aux polluants nuit à la fonction respiratoire.

Ceux qui présentent des troubles respiratoires comme l’asthme sont donc plus à risque. Mais aussi les enfants, les ainés et les personnes plus défavorisées.

Les ainés plus à risque

Les maladies respiratoires constituent la principale cause de morbidité et la deuxième cause de décès liés aux épisodes de chaleur extrême chez les personnes âgées, selon Santé Canada.

Un rapport de l’Association canadienne de santé publique rapportait qu’entre 2020 et 2024, les Canadiens âgés de 60 ans et plus avaient vécu une augmentation de 284 % du nombre de jours-personnes exposés à une vague de chaleur, par rapport à la période 1986-2005.

La maladie pulmonaire obstructive chronique est la troisième cause de décès dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé et la première cause d’admission à l’hôpital pour les maladies chroniques. C’est une maladie qui intéresse particulièrement le Pr Doiron.

«Nous avons examiné, avec un groupe de pneumologues, les facteurs de risque autres que le tabagisme chez ces patients atteints de MPOC. Ce que l’on constate, c’est que la concentration de particules fines et les polluants atmosphériques vont en augmentant en raison de la chaleur et des feux de forêts.»

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Photo : Jefferson Sees – Unsplash

Le climat exacerbe les vulnérabilités

Les chercheurs mettent par ailleurs de l’avant les risques disproportionnés de problèmes respiratoires chez les populations économiquement défavorisées.

«Les inégalités exacerbent les vulnérabilités face à la chaleur car ces populations sont plus exposées et ont moins de moyens pour se protéger – sans climatisation ou d’endroits pour se mettre à l’abri. C’est plus difficile de suivre les avis de santé publique», relève le chercheur.

L’été, il fait plus chaud dans les quartiers défavorisés de la métropole, car il y a aussi moins d’espaces verts, avançait récemment une autre étude québécoise. L’inégale répartition, entre les quartiers, d’aménagements urbains végétalisés a une incidence dans la capacité à se refroidir en cas de canicule.

Même si on leur conseille de réduire les activités extérieures, ces personnes doivent souvent se déplacer pour leur travail ou pour leurs autres activités – aller chercher les enfants, veiller sur des ainés, etc. Sans compter que «ce sont souvent les personnes les moins au courant de tels évènements de chaleur et de pollution, car elles n’ont pas lu les médias qui relatent ça».

Cette revue de littérature scientifique vise particulièrement à informer les pneumologues et les professionnels en soins respiratoires et critiques. Car les cliniciens et les professionnels de la santé publique ont un rôle crucial à jouer pour protéger les populations les plus vulnérables et renforcer la résilience face au climat. 

«Ils doivent conseiller au mieux leurs patients, mais aussi préparer le système de santé aux défis croissants», relève le chercheur. Peut-être par des collaborations avec les organismes communautaires œuvrant auprès de ces personnes vulnérables. 

Bref, la crise climatique remet à l’avant l’importance de la prévention et d’investir en santé publique.

Un appel à la mobilisation

Cette étude synthétise bien les effets multiplicateurs des changements climatiques sur la santé respiratoire, principalement en termes de crises d’asthme et de réactions allergiques, commente la Dre Eve Riopel, pédiatre et membre de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement.

Il n’est pas fait mention du potentiel cancérigène de la pollution atmosphérique sur les voies respiratoires, qui est majeur selon notre experte, surtout que «le risque de mortalité secondaire à un évènement cardiorespiratoire ou à un cancer pulmonaire apparait à des niveaux d’exposition beaucoup plus bas que ce qui était autrefois considéré».

L’impact de la pollution est plus grand que ses effets respiratoires, note-t-elle, car «les particules inhalées poursuivent leur route par la circulation sanguine et vont se loger dans les cellules des autres organes du corps».

«La santé de tous s’en trouve affectée à court terme. Plusieurs études tendent ainsi à suggérer que de s’entrainer lors de journées avec mauvaise qualité de l’air, augmente les risques d’évènements respiratoires et cardiaques et annule les effets bénéfiques de l’exercice physique», ajoute la Dr Riopel.

Elle appuie l’idée de mobiliser l’ensemble de la population autour de cet enjeu. «Au-delà des mesures de mitigation et d’adaptation, des changements de société majeurs sont nécessaires pour minimiser les effets des changements climatiques sur la qualité de l’air».

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La fumée crée des tensions avec le gouvernement américain de Donald Trump. Et la situation risque de s’aggraver, puisque le phénomène El Niño pourrait entraîner en 2027 des perturbations météo et peut-être de nouveaux records en matière d’incendies.

L’intensification des changements climatiques causera des étés enfumés, des vagues de chaleur intenses, des crues soudaines en toute saison, des tornades fréquentes et des vagues de froid extrêmes. Face à cette nouvelle normale qui s’installe, la protection civile fédérale est à la croisée des chemins.

De l’avis des spécialistes, un changement s’impose. Dans deux rapports distincts, une commission parlementaire et le Sénat ont critiqué les lacunes de l’approche fédérale en matière de gestion des catastrophes. Tous deux ont pointé du doigt le manque d’implication d’Ottawa, notamment quant à la prévention et au sous-financement des programmes locaux.

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Un problème qui ne date pas d’hier

Rien de nouveau sous le soleil. Dès 2008, le Sénat avait levé un drapeau rouge. De même pour le Vérificateur général du Canada en 2013 et en 2022, quant à la gestion des urgences chez les Premières Nations.

Le rapport consultatif d’experts réalisé en 2022 sur les « Accords d’aide financière en cas de catastrophe » a également révélé la nécessité d’ajuster tous les programmes fédéraux en matière d’adaptation et de réduction des risques afin d’en assurer une meilleure intégration et un meilleur financement.

Au Canada, la prévention des catastrophes et l’application de la protection civile relèvent des provinces et territoires. En théorie, du moins, car ceux-ci transfèrent cette responsabilité aux autorités locales, lesquelles n’ont ni l’autorité, ni les outils administratifs, ni les ressources pour faire face.

Certes, les municipalités, provinces et territoires peuvent toujours appeler les Forces armées canadiennes en renfort. Mais l’action principale d’Ottawa s’est toujours bornée, historiquement, à financer une partie des interventions et des réparations et à veiller à la disponibilité de services d’urgence chez les Premières Nations — une prérogative fédérale.

Mauvaise coordination

Le gouvernement fédéral a annoncé des investissements dans la lutte aux feux de forêt et un nouveau centre des opérations de Sécurité publique Canada.

Cependant, l’approche actuelle très décentralisée et distante du gouvernement fédéral diverge fortement de la tendance ailleurs dans le monde. Curieusement, d’après Sécurité publique Canada, chaque dollar investi dans la prévention permettrait d’économiser entre 7 et 13 dollars en frais d’intervention et de réparation.

Des études ont montré que le manque de coordination a souvent empiré la situation dans les communautés affectées en plus de créer des tensions durables avec les provinces.

Ainsi, selon le ministre responsable de la protection civile en Colombie-Britannique, les dommages lors de récentes inondations découlent du manque d’implication fédéral lors du désastre de 2021 dans la vallée du Fraser, qui avait entraîné plus de 8,7 milliards de dollars de dégâts, dont la mort de 1,3 million de bêtes.

De même, le bilan des interventions durant les feux de forêt qui ont ravagé les Territoires du Nord-Ouest en 2023 déplore des délais trop longs. Et certains évacués n’ont pas obtenu le soutien prévu faute de coordination entre les gouvernements.

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Les étés sont de plus en plus synonymes d’incendies de forêts, mais il y a aussi les innondations au printemps et les bordées de neige records en hiver.

Photo : Alfredo Marco Pradil – Peexels

Que faire ?

Si l’on considère toutes les études produites depuis 20 ans, quatre idées émergent qui pourraient guider l’action fédérale.

Financer la réduction des risques : le pays a besoin d’une nouvelle structure fédérale qui améliorerait le financement des mesures de prévention, lesquelles protègent nettement mieux les vies et les biens que les interventions d’urgence à saveur hollywoodienne.

Penser local : les communautés, leurs dirigeants et intervenants connaissent le terrain et leurs besoins. Elles sont souvent mieux à même d’évaluer l’expertise et les moyens nécessaires. Les structures et programmes fédéraux doivent donc mieux les épauler dans le respect des politiques locales et des efforts mis en place.

Soutenir les communautés autochtones : les communautés autochtones, particulièrement exposées par leur géographie, savent gérer les urgences liées aux risques naturels sur leur territoire. Les programmes devraient leur faciliter le travail.

Soutenir les groupes vulnérables : les immigrants, les réfugiés, les itinérants, les aînés, les communautés isolées et défavorisées sont sous-représentés dans la planification de la protection civile. Des interventions ciblées doivent répondre à leurs réalités.

La commande est grosse, mais elle répond à un paradoxe. Certes les perturbations climatiques et les effets de catastrophes majeures, comme les feux ou les inondations, parce qu’elles ne connaissent pas de frontières, exigent de voir loin. Mais toute intervention, en étant foncièrement locale, doit s’appuyer sur les caractéristiques culturelles, sociales, environnementales et économiques propres au milieu. Même si la protection civile exige des compétences techniques, sa gouvernance est déterminante.

Les experts s’accordent à dire que, si les organisations nationales jouent un rôle crucial dans la coordination et la préparation des mesures d’urgence, celles-ci ne doivent pas céder à la tentation de dicter les besoins et d’uniformiser les programmes.

Et maintenant ?

Pour élaborer de meilleures politiques, le gouvernement fédéral peut s’appuyer sur des décennies de recherches approfondies. Mais plusieurs questions restent en suspens.

Comment éviter les interférences de la politique partisane ? Comment garantir que les décisions soient fondées sur des données scientifiques et la compréhension fine des besoins et enjeux locaux ?

Selon certaines études, la partisanerie politique entrave la prévention et les interventions en cas de catastrophe. Les décisions prises dans ce contexte sont souvent plus nuisibles qu’aidantes.

Comment le gouvernement fédéral peut-il trouver l’équilibre entre une action locale et à grande échelle ? Une seule institution devrait-elle être responsable des quatre piliers de la protection civile (prévention, préparation, intervention et réparations) ?

Et comment gérer les situations transfrontalières dans le climat tendu des relations avec les États-Unis ? La décision géopolitique s’accompagne désormais de considérations économique et politique quant aux dommages environnementaux.

En matière d’aménagement du territoire, les décisions à venir seront hautement politiques, car elles feront des gagnants et des perdants. Les interventions d’Ottawa quant à l’occupation des sols, la construction résidentielle et le développement d’infrastructures, par exemple, seront controversées. Et l’absence de garanties de protection influencera le cadre réglementaire, ce qui aura un impact sur la construction de logements et leur abordabilité.

Quel que soit le niveau politique, les décisions en matière de protection civile devront certes s’appuyer sur les savoirs traditionnels et scientifiques. Mais le coût d’une société plus sûre sera élevé. Souhaitons que la mise en place éventuelle par Ottawa de structures et programmes appropriés suscitera le nécessaire débat social quant à notre sécurité.

À lire aussi : Dérèglement climatique : les villes canadiennes se mobilisent

Ce texte a d’abord été publié par La Conversation sous licence Creative Commons.

2024 : Le projet Panama

Commençons avec notre personnage principal : Anthropic. C’est une grande entreprise américaine qui construit des intelligences artificielles. Elle a créé le modèle Claude, un robot conversationnel très utilisé, comme ChatGPT.

En 2024, la compagnie a téléchargé illégalement de l’Internet 7 millions de livres publiés avant 2022. Son but? Créer une bibliothèque numérique qui contient tous (oui, tous!) les livres du monde. Elle servirait à Claude, son IA, pour qu’il puisse les lire et apprendre à bien écrire. Le nom de cette opération : le projet Panama.

Ça lui a coûté très cher. Anthropic a été accusée de piratage et a dû donner 1,5 milliard de dollars aux auteurs des livres volés! L’entreprise a donc dû réfléchir à une autre solution pour entraîner Claude…

Mais pourquoi des livres d’avant 2022?

Anthropic ne veut pas que Claude s’entraîne… sur des contenus créés par l’intelligence artificielle. Aucune chance de trouver des traces d’IA (et de ses erreurs) dans les vieux livres, qui sont garantis 100 % humains! C’est ironique, non?

2026 : Claude et ses amies IA, les mangeuses de livres

Ça nous amène à aujourd’hui! 

Des journalistes des médias américains Washington Post et 404 Media ont appris que des compagnies d’intelligence artificielle (dont Anthropic) achètent des millions de vrais livres pour entraîner leur IA… avant de les détruire. Cette méthode a été choisie parce qu’elle coûte moins cher :

  1. Une fois achetés, les livres passent dans une machine qui coupe leur reliure;
  2. Les pages «lousses» sont envoyées dans un «scanner» pour qu’elles soient numérisées, page par page;
  3. Quand le processus est terminé, le papier est recyclé. Le livre ne peut donc plus être lu.

Les journalistes de 404 Media ont parlé à des vendeurs de livres rares qui pensent avoir vendu des ouvrages à des compagnies d’IA. C’est difficile de le savoir à 100 %, puisqu’elles achètent les livres sans donner leur vraie identité.

«J’ai des sentiments partagés. Ça m’aide financièrement et ça me permet de vendre des livres que je n’aurais probablement jamais vendus. Mais je n’aime pas comment ils sont utilisés. Et je n’aime pas que des livres peu communs soient détruits», a déclaré un vendeur au média américain.

Et c’est ce qui choque les gens : «Ça veut dire que s’ils sont détruits dans le processus d’entraînement de l’IA, ils seront encore plus difficiles à trouver», écrit Emanuel Maiberg, le journaliste de 404 Media qui signe l’enquête.

Cette nouvelle a même fait réagir Elon Musk, qui est aussi en train d’entraîner un modèle IA avec des livres. «J’ai demandé à mon équipe de préserver tous les livres rares dans une bibliothèque et de les numériser sans les détruire», a-t-il écrit sur le réseau social X. 

Heum… Bravo Elon?

Et toi, que penses-tu de cette utilisation/destruction des livres? Donne-nous ton opinion en commentaire!

L’auteur Albert Roy est un résident de la région d’Edmundston (N.-B.). Il a été témoin de la fermeture du journal Le Madawaska, dans la même région, en 2018. Il dit avoir constaté depuis une plus grande absence «d’un trait d’union entre ce qui se passe sur les médias sociaux» et sur ce qui se passe à l’extérieur de cet univers numérique.

«Il y a vraiment plusieurs endroits où si un membre [de Réseau.Presse] ferme, ça veut dire que sa communauté francophone n’aurait plus accès à de l’information locale en français», indique Maryne Dumaine. 

Photo : Christian Kuntz

«Au lieu d’être la petite histoire vraie, ce sont des ragots, une désinformation totale. Ça me fait penser à quand on faisait partir des rumeurs sur le parvis de l’église», compare-t-il.

Une partie de la «structure» d’une communauté

Un média local en santé fait plus que rapporter des nouvelles de la francophonie minoritaire. «Les journaux contribuent énormément à la cohésion sociale», note la présidente de Réseau.Presse*, Maryne Dumaine.

«Ce sont des outils, des vecteurs de rassemblement, d’échange. Nos journaux éclairent sur l’information, mais ils rassemblent aussi nos communautés. On apprend à se connaitre les uns et les autres […]», dit-elle. Ils participent à la «structure» de la communauté.

«Il ne peut alors y avoir de communauté que si l’ensemble des individus peut accéder à une information semblable. Le recours aux médias devient donc incontournable», ajoute le chercheur Simon Laflamme, sociologue à l’Université Laurentienne, qui a mené plusieurs recherches sur les médias de langue minoritaire.

Plus que de l’info

«Quand une communauté dans une région précise, dans une municipalité, a un enjeu sérieux qui peut miner son affirmation francophone ou son épanouissement francophone, les médias locaux sont là pour appuyer la communauté, puis couvrir, puis exposer les défis, les obstacles», rappelle la professeure de journalisme à la retraite, Marie-Linda Lord.

«Il y a encore de l’appétit pour la radio communautaire», soutien Simon Forgues. La preuve : l’ouverture de Radio IPE en juin 2025. 

Photo : Courtoisie

Alors qu’en Ontario Le Droit commente la crise de l’hôpital Montfort en Ontario, L’Aquilon traine en cour le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest pour qu’il applique équitablement sa Loi sur les langues officielles.

Pendant que Le Courrier de la Nouvelle-Écosse fait de la recherche sur l’insécurité linguistique de son lectorat, le journal La Liberté prépare les jeunes lecteurs et journalistes de demain.

En francophonie minoritaire, les médias ont donc un mandat plus large que d’informer.  

«Dans une communauté linguistique minoritaire, avoir une radio ou un journal communautaire n’est pas un luxe. La langue et la culture se préservent aussi grâce à des outils comme ceux-là», pointe Simon Forgues, acteur et observateur de l’écosystème des radios communautaires de la francophonie canadienne depuis environ 35 ans.

Les médias font d’ailleurs partie des indicateurs de vitalité des communautés linguistiques minoritaires dans la documentation de Patrimoine canadien.

À lire aussi : Le destin des communautés de langue officielle est lié à leurs médias

Dans ses analyses du contenu de nombreux journaux francophones, Simon Laflamme a constaté que «ce sont des journaux qui sont vraiment attachés à une communauté, tu le vois dans leur vocabulaire, tu le vois dans les thématiques qu’ils discutent, ils parlent à une communauté». 

Photo : Courtoisie

Éviter la disparition

Lorsqu’un média francophone ferme, c’est le droit d’une partie de la population canadienne de s’informer dans sa langue sur des enjeux locaux qui est atteint, rappelle Maryne Dumaine.

Simon Laflamme souligne que dans le monde moderne, «il n’y a pas de communauté qui n’a pas de médias». Celles qui n’en ont pas s’effondrent et sont «condamnées à disparaitre», puisqu’elles n’ont pas de façon de se représenter elles-mêmes.

Si un média ferme, «c’est la fin de la communauté», renchérit le directeur général d’Alliance Radios, Louis Béland.

Sans être aussi catégorique, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Fabien Hébert, croit tout de même que les communautés sont affaiblies par la disparition «de ce véhicule de partage d’information».

Pour cette raison, l’AFO, et d’autres associations francophones, incluent les médias dans les moteurs de développement communautaire et pour «assurer la durabilité de la communauté», dit-il.

Une des façons qu’à l’AFO d’appuyer les médias francophones, c’est de «rappeler au gouvernement qu’on a besoin d’avoir des médias francophones, que ça fait partie de notre écosystème comme les médias anglophones le font pour l’écosystème anglophone».

Photo : Courtoisie

Aide insuffisante

L’Assemblée cherche ce qu’elle appelle la «complétude institutionnelle». «On veut être capable de naitre en français puis de mourir en français puis d’avoir accès à tous les services en français entre les deux», incluant des médias, explique le président.

Le gouvernement fédéral a créé des programmes d’aide pour les médias au cours des dernières années – plus pour les médias écrits que les médias électroniques. Malgré cela, 81 % des médias communautaires de langues officielles en situation minoritaire affirment manquer de financement dans le Livre blanc : Vérités, défis, occasions à saisir et pistes d’avenir.

Simon Forgues note que même si le gouvernement canadien compte les médias de langue minoritaire dans ses indicateurs de vitalité, il y a un désengagement de sa part du côté du financement. Surtout par le manque d’achat de publicité, qui serait pourtant une façon de donner l’exemple «d’acheter Canadien».

À lire aussi : Médias francophones en situation minoritaire : entre fragilité et résilience

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Madeleina Daignault souligne que la FJCF mise sur en bonne partie sur l’éducation pour que la jeunesse franco-canadienne comprenne le rôle et l’importance des médias francophones en situation minoritaire. 

Photo : Courtoisie FJCF

Éviter la rupture avec les jeunes

Dans de nombreux sondages, les jeunes de moins de 25 ans disent en grande majorité s’informer davantage sur les réseaux sociaux. Malgré des données qui suivent cette tendance, le Baromètre jeunesse 2025 de la Fédération de la jeunesse franco-canadienne (FJCF) montre qu’environ la moitié des personnes répondantes2 se soucie de la survie des médias de langue minoritaire.

La vice-présidente, Madeleina Daigneault, indique que l’organisme est bien au courant des habitudes de ses membres, mais «on pousse pour éviter une rupture de contact entre les jeunes et les médias canadiens traditionnels».

Une telle rupture aurait des conséquences sur l’appartenance linguistique des jeunes, mais aussi sur la vitalité de nos communautés et de nos médias locaux et nationaux.

— Madeleina Daigneault

La Fédération le fait à travers des initiatives et des partenariats qui encouragent les projets spéciaux pour les jeunes au sein des radios et des journaux.

«On va aussi inviter les médias traditionnels qui doivent aller chercher ces jeunes en renforçant leur présence sur les réseaux sociaux, autres que ceux de Meta, et en développant des sites Web, des infolettres engageantes qui s’adressent spécifiquement aux jeunes. Je pense qu’on ne peut pas parler d’un rapprochement vers les jeunes sans parler de médias sociaux.»

  1. Réseau.Presse est l’éditeur de Francopresse.
  2. Le Baromètre jeunesse 2025 a un total de 295 personnes répondantes de partout au pays. Le sondage a été mené à l’été 2025. La taille de l’échantillon ne permet pas d’extrapoler les résultats à la population.

Le ministre de la Défense du Canada, David McGuinty, a voulu répondre aux «préoccupations» soulevées après la décision de modifier les langues de travail de plusieurs unités dans les Forces armées et au ministère.

Marianne Dépelteau – Francopresse

FRANCOPHONIE

Fin juillet, le ministère de la Défense du Canada annonçait avoir modifié la désignation linguistique de plusieurs lieux de travail. Dans une infolettre, le ministère soulignait que certaines régions unilingues anglophones du Canada avaient des «difficultés à respecter leurs obligations linguistiques [de bilinguisme], ce qui entrainait des plaintes fondées et de la frustration».

Une manière de baisser les bras devant l’ampleur de la tâche, selon un vétéran.

Vers un rétropédalage? : Dans une déclaration publiée le 13 aout, et après de vives réactions de la part des francophones du pays, le ministre de la Défense, David McGuinty, a annoncé qu’il demandait l’examen du changement de politique sur les régions désignées bilingues, en fonction des besoins des forces armées canadiennes.

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) s’est «réjouie» de cette révision de la part du ministère : «Cette annonce est une bonne première étape et nous espérons qu’elle mènera à la remise en place du droit de travailler en français là où il existait auparavant.»

À lire aussi : Langue de travail en défense : la FCFA voulait aussi une étude d’impact

La sénatrice Raymonde Gagné a voyagé 14 fois avec des collègues et du personnel depuis qu’elle est présidente du Sénat, à hauteur de plus de 900 000 $.

Courtoisie Sénat du Canada

Selon les rapports financiers du Sénat, les 14 voyages à l’étranger de Raymonde Gagné, en tant que présidente du Sénat du Canada, ont couté environ 875 677 $ aux contribuables depuis qu’elle a accédé à ce poste, en 2023.

Ces frais incluent des voyages et des frais d’accommodation pour elle, deux autres sénateurs et deux employés du Sénat, ainsi que le compagnon de la sénatrice Gagné.

La Fédération des contribuables canadiens a déploré le fait que ces voyages coutent aussi cher pour une personne non élue.

Shaun Chen laisse son siège torontois en raison des séquelles d’un accident de la route à l’automne 2025. Mark Carney dispose de maximum 6 mois pour déclencher des élections partielles pour le remplacer.

Courtoisie Chambre des communes

CANADA

Le député libéral de Scarborough–Nord (Ontario), Shaun Chen, a annoncé mardi qu’il laisse son siège le 15 aout.

Il explique son départ par les séquelles d’un «grave accident de la route» subi à l’automne 2025.

«J’espère que la personne qui représentera cette circonscription dans le futur aimera son poste autant que je l’ai aimé.» 

Le premier ministre Mark Carney a salué le député sur X. Il a entre 11 et 180 jours à partir du 15 aout pour déclencher une élection partielle dans cette circonscription. 

Le gouvernement du Canada et la Fédération canadienne des municipalités investissent ont investi cette semaine 34,2 millions de dollars dans 141 projets visant à renforcer la résilience climatique de 128 collectivités à travers le pays.  

Ces projets leur permettront notamment de mieux se préparer aux inondations et aux vagues de chaleur, d’évaluer les risques climatiques et d’adapter les infrastructures et les logements.

Plus de résultats concrets, moins de programmes : Ryan Ness, de l’Institut climatique du Canada, estime que jusqu’à 1,5 million de ménages restent fortement exposés aux inondations.

Selon lui, seulement un tiers des Canadiens se sont préparés aux risques climatiques et que les communautés autochtones demeurent particulièrement vulnérables. Les efforts fédéraux se concentrent davantage sur les programmes et les initiatives, plutôt que sur des résultats réels, déplore-t-il.

Il appelle donc à des mesures plus concrètes, ciblées et assorties d’investissements, d’échéanciers et d’une reddition de comptes.

Dans une déclaration publiée lundi, et en pleine semaine de négociations entre le Canada et les États-Unis avant l’entrée en vigueur de tarifs américains sur une panoplie de produits canadiens le 19 aout, le Parti conservateur et le Bloc québécois ont exhorté Mark Carney de tenir sous la pression.

Demandes des conservateurs : Dans une lettre envoyée au chef de l’État, Pierre Poilievre, chef conservateur, et Shuvaloy Majumdar, responsable conservateur des relations entre le Canada et les États-Unis, pressent la fin des tarifs sur le bois et l’acier ainsi qu’un «pacte automobile sans tarif» et que les États-Unis recommencent à acheter canadien pour les projets d’infrastructure.

Le Bloc, défendeur du secteur laitier : De son côté, le Bloc québécois demande à Carney de ne «rien céder» sur la gestion de l’offre. Selon La Presse, le Canada serait prêt à des concessions sur les concessions sur la place des produits des États-Unis au Canada.

La Presse canadienne a obtenu une note selon laquelle le ministère de l’Identité et de la Culture canadienne (PCH) a récemment fait appel à des experts indépendants pour recenser les régions qui ne sont pas couvertes par des médias au Canada.

Les différentes phases du projet s’étendent sur plusieurs années, jusqu’en 2028. Le ministère affirme répondre aux demandes des parties prenantes pour accéder à de meilleures données afin de cibler des politiques publiques spécifiques au domaine des médias.

Une pétition en ligne vise à expulser l’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra. Elle a pour le moment plus de 130 800 signatures.

Global Entrepreneurship Summit – Wikimedia commons (Archives)

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Lancée par une Canadienne de l’Alberta, la pétition en ligne a atteint plus de 130 800 signatures en fin de journée le 13 aout. Elle demande que l’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, soit désigné «personae non grata», et qu’il soit expulsé en tant que diplomate.

La pétition sera présentée à la Chambre des communes par Elizabeth May, la cheffe du Parti vert, dès cet automne.

Le document demande aussi qu’une commission parlementaire se penche sur l’ingérence politique des États-Unis au Canada.

Propos provocateurs : Selon l’autrice de la pétition, Pete Hoekstra a égratigné les Canadiens en pleine guerre tarifaire, en affirmant, par exemple, que les élections fédérales de 2025 étaient «anti-américaines», ou que qualifier le Canada de 51e État des États-Unis était une «marque d’affection».

Il se serait également ingéré dans les affaires politiques canadiennes, tout en accusant le Canada d’un tel comportement envers les États-Unis.

Le ministre de la Défense, David McGunity, a annoncé le 13 aout qu’il demande une révision de la décision qui a modifié la langue de travail dans son ministère et dans les Forces armées canadienne (FAC). Un de ses effets a été de supprimer des unités de travail bilingues dans les régions unilingues anglophones.

La Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) a rencontré le ministre la veille de la révision de sa décision.

«Lors de cette rencontre, la FCFA a demandé au ministre McGuinty de revoir la décision de son ministère, à la lueur des objectifs de la Loi sur les langues officielles modernisée. Le ministre s’est dit engagé à trouver des solutions. […] Cette annonce est une bonne première étape et nous espérons qu’elle mènera à la remise en place du droit de travailler en français là où il existait auparavant.»

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Doute sur l’évaluation d’impact sur les communautés francophones

En entrevue avec Francopresse, la présidente de la FCFA, Liane Roy, affirme toutefois qu’elle a exposé son souhait que le ministère procède également à l’évaluation d’impact de ses récentes décisions sur les communautés francophones du pays, notamment dans celles où les familles de militaires sont installées. 

Mais Liane Roy et son équipe n’ont rien vu de tel dans la déclaration du ministre publiée le 13 aout.

Il n’y a pas eu d’information publique qui nous permettrait de déterminer si le ministère procède à ce type d’analyse-là, [soit] les incidences de cette réforme sur les communautés autour des bureaux et autour des bases militaires.

— Liane Roy

La présidente de la FCFA cite entre autres Comox, en Colombie-Britannique, où les organismes francophones ont tout fait pour que des infrastructures, comme les écoles, soient présentes pour accueillir le personnel et les familles francophones.

Le militaire à la retraite et président de la firme de consultants Innovigo, Éric Sauvé, a de son côté des échos des effets de la nouvelle politique linguistique. Selon ce qu’il entend du personnel en fonction, le changement «fait grincer des dents» dans des unités affectées. «On demande de fournir des services bilingues quand ils étaient en français. C’est un peu comme s’il y avait une régression du français. Même au Québec.»

Nouvelle politique linguistique

Dans une infolettre publique du 27 juillet, le ministère de la Défense explique avoir modifié la désignation linguistique de plusieurs lieux de travail en partie parce que «plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entrainait des plaintes fondées et de la frustration».

La nouvelle directive sur la langue de travail au ministère de la Défense et dans les Forces armées canadiennes est entrée en vigueur en janvier 2025. La langue de travail des unités suit depuis les régions désignées bilingues dans la Loi sur les langues officielles. 

«Annuler la directive»

Trois députés du Parti conservateur ont réagi à la controverse par communiqué le 13 aout. Ils demandent au ministre d’annuler la directive afin de revenir aux règles en vigueur avant janvier 2025.

«Le problème fondamental de cette directive est qu’elle fait principalement dépendre la langue de travail d’une unité de son emplacement géographique. Or, les militaires sont affectés partout au pays selon les besoins du service», écrivent Pierre Paul-Hus (Charlesbourg–Haute-Saint-Charles), Joël Godin (Portneuf–Jacques-Cartier) et James Bezan (Selkirk–Interlake–Eastman).

«Un militaire francophone ne devrait pas perdre la possibilité de travailler, de commander ou de progresser professionnellement en français simplement parce qu’il est affecté dans une région majoritairement anglophone.»

Éric Sauvé est inquiet du message véhiculé par la nouvelle directive linguistique du ministère de la Défense. 

Photo : Courtoisie

Une pétition en préparation

Éric Sauvé fait partie d’un groupe qui prépare une pétition demandant un retour à la directive linguistique d’avant janvier 2025. «On ne demande pas de réviser ou de faire des études. On demande d’annuler, de revenir au statuquo ante, et s’il faut faire des études, les faire par la suite.»

Les études prendront du temps, dit-il, et laisseront le temps à la nouvelle directive de s’implanter davantage. 

«On juge que ça n’a pas été bien évalué comme directive, affirme Éric Sauvé. La preuve vient de la réaction dans le Canada français, des francophiles», mais aussi du côté anglophone, comme l’exprime l’Ango-Québécois Andrew Caddell

«Le français, ce n’est pas juste quelque chose qu’on accommode, c’est un atout, une richesse dans notre jeu», insiste Éric Sauvé. Elle permet aux Forces armées canadiennes de collaborer plus efficacement avec d’autres pays. «On est allé combien de fois à Haïti?»

Le vétéran rappelle que la nouvelle directive pourrait décourager l’utilisation du français à long terme dans les Forces, ce qui diminuerait ses capacités opérationnelles et le recrutement. 

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Dans un rapport d’enquête récent du Commissariat aux langues officielles (CLO) et obtenu par Francopresse, la personne plaignante affirme que le 4 mai 2025, le CN a manqué à ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles, après qu’un employé n’ait pas donné de consignes assez claires en français.

Selon la personne à l’origine de la plainte, ces consignes encadraient une course à vélo tenue pour amasser des fonds pour le Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO), situé à Ottawa.

«Ne pas donner de consignes en français dans la Capitale nationale est un manque de sensibilité pour un évènement avec des enfants, des familles dont la moitié étaient francophones», estime la personne plaignante, avec qui Francopresse a pu s’entretenir.

Dans le rapport, le CN confirme que l’employé «n’occupe pas un poste bilingue et ne détient pas un niveau de compétence élevé en français».

En revanche, le CN se défend d’avoir violé la Loi sur les Langues officielles. Pour l’entreprise, aucune question n’a été posée après les consignes et les employés du CN bilingues qui étaient présents lors de cet évènement auraient pu répondre à toute question posée en français.

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Infraction à la Loi

Dans son rapport, le CLO a conclu que les consignes de sécurité étaient une communication et, qui plus est, «dans la région de la Capitale nationale», une région désignée bilingue. Les articles 22 et 27 de la Loi s’appliquent […], et le CN devait s’assurer que les consignes de sécurité étaient données dans les deux langues officielles et qu’elles étaient de qualité égale en français et en anglais».

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Le Commissariat aux langues officielles demande à l’entreprise sous compétence fédérale de «mettre en œuvre une politique, une procédure ou des lignes directrices afin de garantir que les employés choisis pour représenter l’institution à des évènements dans la région de la capitale nationale possèdent les compétences linguistiques requises pour assurer des communications de qualité égale dans les deux langues officielles».

La porte-parole du CN, Ashley Michnowski, a affirmé par courriel à Francopresse que l’entreprise a «mis en place des mesures afin d’assurer que les employés représentant le CN lors d’évènements publics dans la région de la capitale nationale puissent offrir des communications de qualité dans les deux langues officielles». 

Mais cette mesure n’a pas été mise en place spécialement après le rapport d’enquête de la commissaire, ce qui indique que le CN n’a pas apporté de changement à ses politiques. 

La porte-parole a précisé que l’entreprise disposait «déjà d’une politique sur les langues officielles encadrant les services et engagement avec le public».

Le 28 juillet 2026, on apprenait l’intention du gouvernement canadien d’abolir l’obligation de contribution de base imposée aux services de diffusion continue en ligne, pour la remplacer par du financement public.

Le premier ministre Mark Carney nie avoir plié devant les États-Unis : il ne s’agit, dit-il, que du prolongement de l’orientation annoncée début juin, quand il avait demandé au CRTC de revoir sa décision sur la hausse de la contribution des plates-formes numériques.

Pourtant le 17 juillet, dans une lettre adressée à la Cour d’appel fédérale, le gouvernement ne parlait plus de modérer la contribution des diffuseurs en ligne, mais bien de l’abolir. Zéro. Si Ottawa confirme cette intention, ce ne sera plus un recul. Ce sera un effacement.

Cette décision porte en elle un risque de dérives qu’il faut nommer : sur le plan de la souveraineté politique, de l’indépendance de nos institutions et de l’avenir de nos milieux de création.

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Le contexte

Rappelons d’abord que la Loi sur la diffusion continue en ligne a été adoptée en 2023, à partir de recommandations émises, après cinq ans de travaux, par un comité mandaté pour moderniser l’ancienne loi, vieille de 30 ans. C’est le CRTC qui a le mandat d’appliquer cette loi, notamment en fixant la contribution exigée des diffuseurs en ligne afin de soutenir la création de contenus canadiens, comme le font déjà toutes les entreprises canadiennes de radiodiffusion.

En 2024, le CRTC a annoncé une première contribution de base, à 5 %. Cette décision a aussitôt été contestée devant les tribunaux par diverses plateformes numériques, et pas un seul dollar n’a été versé à ce jour. Et le CRTC, après avoir complété ses évaluations, a annoncé en mai 2026 une contribution fixée en fin de compte à 15 %, notamment pour mieux soutenir la production francophone au pays.

Le 3 juin Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, a demandé au CRTC de renverser cette décision afin, dit-il, d’éviter une hausse des frais d’abonnement pour les consommateurs. Puis six semaines plus tard, par la voix du haut fonctionnaire signant la lettre du 17 juillet, on apprend que l’abandon du principe même d’une contribution obligatoire pourrait se produire.

L’argument de l’«abordabilité» des contenus pour les Canadiens cité par le ministre Marc Miller est fallacieux lui aussi.

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

Mark Carney nous met «au menu»

Nombreux sont les commentateurs qui expliquent cette concession par la volonté du gouvernement canadien d’améliorer son rapport de force dans les négociations commerciales avec les États-Unis. Mais l’argument s’effrite dès qu’on le confronte aux faits : déjà l’abolition de la taxe sur les services numériques, qui remonte à juin 2025, n’avait eu aucun effet sur l’agressivité tarifaire américaine et sur les critiques répétées du président Trump à l’endroit du Canada.

On a aussi évoqué le souci de protéger la révision de l’ACEUM, dont l’échéance tombait le 1er juillet. Or, aucune négociation entre les deux pays n’avait lieu à ce moment. Et le 1er juillet l’administration Trump a simplement refusé de reconduire l’accord, avant d’annoncer, fin juillet, une nouvelle salve de tarifs.

L’argument de l’«abordabilité» des contenus pour les Canadiens cité par le ministre Marc Miller est fallacieux lui aussi. Une entreprise privée peut toujours justifier une hausse de tarifs par de multiples facteurs : augmentation des coûts, rentabilité exigée par les actionnaires, investissements nécessaires, etc. À moins qu’Ottawa n’ait obtenu de ces entreprises un engagement explicite (qu’on aimerait bien voir), rien ne garantit que les abonnements n’augmenteront pas, à court ou moyen terme. La Coalition pour la diversité des expressions culturelles soulignait souligne d’ailleurs que l’expérience observée dans d’autres pays, notamment en Europe, dément cet argument.

Nous voici donc sans le moindre effet d’apaisement, et sans le moindre gain. La question se pose : que pense-t-on obtenir avec ces concessions qui touchent aux principes fondamentaux de notre système de radiodiffusion ?

Mark Carney disait à Davos en janvier 2026 que «si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu». Dans les faits, il cuisine lui-même nos acquis culturels pour nourrir l’appétit vorace des géants américains de la «Big Tech».

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Une menace pour tout l’écosystème

Les récentes décisions ne répondent à aucune demande exprimée par les milieux de la production ou par la société civile. Au contraire, elles suivent près d’une décennie de représentations soutenues de la part des professionnels du cinéma, de la télévision, de la musique et de l’ensemble des guildes et associations sectorielles.

Plus troublant : plutôt que d’être communiquée par une politique publique, cette intention a été glissée dans une correspondance en réponse à la question d’un juge. La Cour en sait donc déjà plus que le CRTC, les intervenants du dossier et le public. Annoncer une orientation aussi lourde de conséquences par voie de plaidoirie plutôt que par un processus réglementaire ouvert est définitivement un raccourci démocratique.

C’est une dynamique que plusieurs chercheurs documentent aujourd’hui : la fusion croissante entre pouvoirs étatiques et pouvoirs technologiques et, par là, le lent effritement de nos souverainetés politique, numérique et culturelle. La politicologue Asma Mhalla, dans son livre Cyberpunk, parle d’une politique «post-légale» : «La loi existe, les résistances seraient théoriquement possibles, mais elles sont inaudibles ou impraticables. Le pouvoir centralisé n’avance pas contre elle mais à travers elles.»

Tout ça ouvre la porte pour dérèglementer l’ensemble de l’écosystème, ce qui causera d’immenses dommages au secteur audiovisuel canadien. La prochaine étape logique serait de réduire substantiellement le mandat même du CRTC qui, rappelons-le, mène ses décisions au terme d’un processus de gouvernance ouvert : audiences publiques, mémoires, conseillers représentant l’ensemble des provinces et territoires. Une gouvernance lente, certes, mais qui a l’avantage d’être transparente.

Un autre indice de cette orientation se manifeste dans la nouvelle Stratégie nationale sur l’intelligence artificielle, «L’IA pour tous» dévoilée le 4 juin 2026 par Mark Carney et le ministre de l’IA et de l’Innovation numérique Evan Solomon. On n’y trouve aucune mention du droit d’auteur, aucun mécanisme de rémunération pour l’utilisation de propriétés intellectuelles canadiennes par les systèmes d’IA, ni aucun cadre de gouvernance pour protéger les contenus créatifs. La seule mesure concrète destinée aux créateurs (un programme de technologies créatives de 50 millions $) reprend en fait un engagement déjà annoncé par le passé et jamais concrétisé.

Pourtant en mars 2026, lors d’un Sommet national sur l’intelligence artificielle et la culture tenu à Banff, plus de 300 représentants des milieux culturels, technologiques et de la recherche avaient formulé de nombreuses propositions constructives. La stratégie annoncée deux mois plus tard n’en a rien retenu de concret.

Saper nos atouts à l’international

Quant au financement annuel (600 millions $) annoncé en lieu et place des redevances, il ne peut pas remplacer un financement structurel et à long terme de l’industrie. Les difficultés des milieux de la création ne datent pas d’hier : l’érosion des redevances s’accélère depuis le milieu des années 2010, à mesure que les Canadiens délaissent le câble et le satellite pour des plateformes majoritairement américaines. À cela s’ajoute l’exil des revenus publicitaires, captés aujourd’hui majoritairement par les réseaux numériques de Meta et d’Alphabet.

Notre gouvernement se dirige, décision après décision, vers une marchandisation toujours plus poussée des politiques culturelles canadiennes, et leur assujettissement aux diktats économiques des plates-formes. Avec, comme effets potentiels, la disparition des petites entreprises, la consolidation accélérée autour de quelques groupes en mesure de rivaliser avec les multinationales, et l’acquisition d’actifs de propriété intellectuelle canadienne par des capitaux étrangers.

En somme, moins de diversité, moins de voix autochtones et moins de protection pour la production francophone. Nous ne pourrons bientôt plus maintenir ce qui fait notre force sur les marchés internationaux : l’audace créative, la prise de risque et l’indépendance éditoriale. Ajoutons à cela, les dommages potentiellement irréparables à notre crédibilité sur la scène internationale, en particulier auprès de l’Europe et de l’Australie, nos principaux alliés en matière d’encadrement de la culture et du numérique.

Nous avons connu, et évacué, l’époque de la collusion entre État et Église pour laisser la place, dans les marchés d’après-guerre, à l’alliance entre État et économie. Maintenant un autre régime se dessine, où le complexe techno-industriel devient plus puissant que les États eux-mêmes, au point de dicter la marche à suivre dans le monde entier.

Ce que nous devons craindre va bien au-delà des quelques millions de dollars en jeu : le Canada s’apprête à faire cavalier seul à la fois en matière d’environnement, d’encadrement du numérique et de protection de sa culture, ce qui risque seulement d’accélérer notre américanisation.

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