professeur titulaire, Chaire de recherche Droits et enjeux linguistiques, Faculté de droit, Université d’Ottawa
rofesseur titulaire, Université de Moncton
Une majorité de six juges a répondu par l’affirmative. Trois juges ont exprimé leur désaccord. Des personnes raisonnables peuvent débattre du bienfondé de cette décision. Mais ce débat doit commencer par une compréhension exacte de ce que la majorité a réellement décidé.
Il faut d’emblée écarter l’affirmation erronée selon laquelle la Cour suprême aurait considéré les Canadiens qui ne parlent que l’anglais ou que le français comme des citoyens «inférieurs», moins dignes ou moins compétents. Rien dans l’arrêt ne permet de soutenir une telle interprétation.
Nous sommes professeurs de droit et avocats spécialisés en droits linguistiques au Canada, un domaine du droit qui sert trop souvent de cible aux détracteurs du bilinguisme officiel. À l’instar de la Cour suprême, nous estimons que les garanties linguistiques de la Charte canadienne des droits et libertés contribuent à l’unité nationale, à la tolérance et au respect de la diversité.
La Cour a conclu que la personne nommée lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick doit être capable d’exercer les fonctions constitutionnelles de sa charge tant en français qu’en anglais. Cette conclusion ne constitue nullement une condamnation des Canadiens unilingues. Elle reconnait simplement que certaines charges publiques comportent des qualifications inhérentes à leurs responsabilités constitutionnelles.
Les sénateurs doivent satisfaire à des conditions constitutionnelles relatives notamment à l’âge et à la propriété. Les juges doivent posséder une formation juridique et plusieurs années d’expérience professionnelle. Personne ne prétend que ces exigences rendent les autres Canadiens moins dignes ou moins compétents. Elles définissent les qualifications nécessaires à l’exercice d’une fonction particulière. Le même principe s’applique ici.
Le raisonnement de la majorité repose sur le statut constitutionnel unique du Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du Canada. La Charte y reconnait non seulement l’égalité du français et de l’anglais, mais également l’égalité des deux communautés linguistiques officielles ainsi que de leurs institutions.
Pour parvenir à sa conclusion, la majorité examine attentivement le texte de la Charte, l’histoire constitutionnelle de la province, l’évolution de la jurisprudence linguistique et le rôle institutionnel du lieutenant-gouverneur.
La décision n’impose donc pas le bilinguisme aux titulaires d’autres fonctions publiques, comme les premiers ministres provinciaux, ni à l’ensemble des hauts fonctionnaires du pays. Elle porte sur une charge constitutionnelle précise, dans une province dont le régime linguistique ne trouve d’équivalent dans aucune autre juridiction canadienne.
Cela dit, le Nouveau-Brunswick devra réfléchir aux enseignements plus larges de l’arrêt pour ses principales institutions publiques. Cette réflexion ne signifie pas que toutes les fonctions seraient désormais assujetties à une exigence automatique de bilinguisme personnel. Elle invite plutôt à se demander, dans chaque cas, si l’institution concernée est véritablement en mesure de servir également les deux communautés linguistiques officielles.
Une part importante du raisonnement de la majorité repose sur les exigences de l’égalité réelle : aucune des deux communautés linguistiques officielles ne doit être placée dans une position subordonnée à l’autre.
Au Nouveau-Brunswick, ces communautés doivent jouir d’un statut égal au sein des institutions constitutionnelles établies pour les servir toutes les deux. Exiger que la personne qui est nommée lieutenant-gouverneur puisse communiquer directement avec chacune d’elles ne revient pas à favoriser les personnes bilingues. Il s’agit plutôt de garantir que l’institution que cette personne incarne puisse s’acquitter également de ses obligations envers tous les Néobrunswickois.
Il est tout aussi erroné de présenter le bilinguisme comme une préférence élitiste imposée par des juges militants. Une telle affirmation fait abstraction de la réalité historique qui a donné naissance aux protections linguistiques constitutionnelles.
Ces garanties n’ont pas été adoptées pour récompenser les professionnels bilingues ni pour créer des possibilités réservées à une classe privilégiée. Elles découlent d’une longue histoire d’inégalités linguistiques et d’exclusion politique vécue par les communautés acadienne et francophone.
Leur constitutionnalisation visait à faire en sorte que les institutions publiques respectent et reflètent le caractère linguistique particulier du Nouveau-Brunswick. C’est à la lumière de cette histoire que le jugement majoritaire doit être compris.
Le désaccord entre les juges de la Cour porte ultimement sur l’interprétation de l’article 16 de la Charte canadienne des droits et libertés. Cette disposition proclame que le français et l’anglais sont les langues officielles du Canada et du Nouveau-Brunswick et qu’ils ont un statut ainsi que des droits et privilèges égaux.
La majorité a conclu que l’article 16 possède une force normative autonome : il ne constitue pas seulement une déclaration symbolique, mais impose une exigence constitutionnelle de bilinguisme institutionnel et d’égalité réelle. Les juges dissidents ont plutôt estimé que le texte de cette disposition ne permettait pas d’en tirer une obligation de bilinguisme personnel applicable au titulaire de la charge de lieutenant-gouverneur.
Que l’on partage l’opinion de la majorité ou celle de la dissidence, le raisonnement majoritaire constitue un argument constitutionnel sérieux, fondé sur le texte, l’histoire, la structure et l’objet de la Charte. Il mérite d’être discuté pour ce qu’il affirme réellement, et non à partir de caricatures sur la valeur ou la compétence des Canadiens unilingues.
Des personnes raisonnables peuvent diverger sur l’interprétation de la Constitution. Les juges eux-mêmes l’ont fait dans cette affaire. Un tel désaccord est non seulement légitime, mais salutaire dans une démocratie constitutionnelle.
Mark C. Power et Darius Bossé, associés au cabinet Power Law à Ottawa, ont participé à la rédaction de cette analyse.
Le pont Gordie-Howe relie la ville canadienne de Windsor, en Ontario (🇨🇦), à la ville américaine de Détroit, au Michigan (🇺🇸). Il traverse la rivière Détroit. La frontière entre le Canada et les États-Unis passe en plein milieu du cours d’eau. Le pont a six voies (trois par direction) et mesure 2,5 kilomètres de long.
Il y avait déjà un pont et un tunnel qui reliaient Windsor et Détroit, et plus de 75 000 véhicules traversaient cette rivière-frontière chaque jour. Mais ce n’était pas assez! C’est parce que le transport de marchandises entre le Canada et les États-Unis est une industrie majeure dans la région : 30 % des échanges commerciaux par camion entre les deux pays passent par là. Le nouveau pont, avec son passage aux douanes simplifié et ses accès rapides aux routes importantes, devrait faciliter la vie des gens des deux côtés de la rivière.
Gordie Howe était un joueur de hockey canadien qui a fait partie des Red Wings de Détroit pendant 25 ans. Un athlète canadien, qui a fait carrière à Détroit… c’était le nom parfait pour un pont qui relie le Canada à cette ville! Surtout que Gordie Howe est considéré comme l’un des plus grands joueurs de hockey de l’histoire. Il a remporté la Coupe Stanley quatre fois avec les Red Wings dans les années 1950. C’est son petit-fils, lui aussi prénommé Gordie, qui a été le premier automobiliste à traverser le pont lundi.
Et c’est le Canada qui a tout payé. Le pays compte se rembourser en partie grâce au péage. Eh oui! Le pont Gordie-Howe est payant. Les voitures doivent débourser 11 $ pour chaque passage. Les gros camions, eux, paient en moyenne 50 $. Ça peut sembler beaucoup, mais c’est la moitié du prix pour traverser l’autre pont. C’est un autre grand avantage pour l’industrie du camionnage.
Depuis qu’il est au pouvoir, le président américain accuse le Canada de profiter des États-Unis. Il a donc imposé des tarifs aux produits canadiens. C’est pour la même raison qu’il a empêché l’ouverture du pont en février dernier. Selon lui, les États-Unis ont été traités injustement dans le dossier.
Donald Trump a exigé que les frais de péage soient partagés avec son pays pour les 15 prochaines années. Sinon, le pont n’ouvrirait jamais. Face à cette menace, le Canada a finalement accepté de partager également les revenus du péage. Avec quelques mois de retard, le pont a donc pu être ouvert… mais les Américains n’ont pas été invités à la cérémonie.
As-tu déjà emprunté une route ou un pont à péage? C’était où? Raconte!
Il est important de savoir que pendant longtemps, les pratiques spirituelles des Premières Nations ont été découragées ou interdites. Avec l’arrivée des religieux et des pensionnats, il n’était plus possible de suivre librement ces traditions. Certaines cérémonies et certains savoirs ont même failli disparaître.
Aujourd’hui, plusieurs communautés travaillent à les faire revivre et à les transmettre aux jeunes générations.
Quand on parle de spiritualité, il faut savoir une chose : il n’existe pas une seule et bonne façon de la vivre. Chacun a ses croyances et sa recherche de bien-être.
Certaines personnes participent à des cérémonies en groupe. D’autres préfèrent vivre leur spiritualité de façon plus discrète, un peu comme moi.
Ça fait quatre ans que la spiritualité occupe une place plus importante dans ma vie. Au début, je participais davantage à différentes cérémonies. J’aimais apprendre et découvrir. Avec le temps, j’ai réalisé que je me sentais mieux avec ma spiritualité dans le calme de ma maison.
Tu connais la sauge? Tu y as peut-être déjà goûté dans un repas, car c’est une herbe qui s’utilise pour parfumer des mets. Elle a des bienfaits comme faciliter la digestion et guérir les maux de gorge.
Chez les Premières Nations, la sauge est une plante sacrée. On en fait brûler lors de rituels, pour se purifier avec la fumée lorsqu’une personne ressent de mauvaises énergies, veut se recentrer, ou prendre un moment pour elle.
Pour ma part, quand je me purifie avec de la sauge, je prends d’abord un moment pour déposer de bonnes intentions. Je me mets dans un état de paix. Je passe ensuite la fumée autour de moi. Je purifie ma tête, mon esprit, mes yeux pour voir les belles choses qui m’entourent, mes oreilles pour entendre les bonnes choses et ma bouche pour que les paroles que je prononce viennent de mon cœur.
J’en profite aussi pour remercier le Créateur pour les belles choses qui se trouvent dans ma vie et pour demander la protection des personnes que j’aime.
C’est un rituel autochtone que j’affectionne. Chaque personne développe sa propre relation avec ses croyances, ses traditions et ce qui lui apporte du bien-être. Pour certaines personnes, ce sera la prière et pour d’autres, ce sera le territoire, la chasse, les cérémonies, le tambour ou encore les moments passés avec les aînés.
Et toi, y a-t-il une activité ou un endroit qui t’aide à te sentir calme, bien et en connexion avec ce qui est important pour toi?
Te souviens-tu de l’histoire des bélugas du parc aquatique Marineand, en Ontario? En 2024, l’établissement a dû fermer ses portes et n’avait plus assez d’argent pour s’occuper de tous ses animaux.
Les responsables devaient donc trouver un nouvel endroit où les bélugas pourraient vivre et recevoir les soins dont ils ont besoin.
Eh bien, bonne nouvelle! Les premiers bélugas du groupe ont enfin trouvé une nouvelle maison! Six d’entre eux ont été transportés vers deux établissements spécialisés aux États-Unis, où vivent déjà d’autres bélugas.
Quatre sont arrivés à l’aquarium Shedd, à Chicago, et deux autres à SeaWorld, au Texas.
Selon les responsables, les animaux sont arrivés en bonne santé et s’adaptent tranquillement à leur nouvel environnement.
Et ce n’est pas terminé : 24 autres bélugas et quatre dauphins doivent encore quitter Marineland dans les prochains mois, puisque le célèbre parc aquatique ferme définitivement.
Tu te rappelles aussi de Joey, le jeune kangourou roux aperçu à Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal?
Pendant plusieurs jours, il a échappé aux personnes qui tentaient de l’attraper. Finalement, des agents de la Faune et des policiers ont réussi à le mettre en sécurité.
Depuis, Joey habite au Zoo de Granby, au Québec.
Après un peu plus d’un mois de soins, le zoo affirme qu’il s’est remis de ses émotions et est en très bonne santé.
Bientôt, Joey déménagera dans un autre zoo spécialisé. Le nom du zoo est encore tenu secret, mais on nous promet que le petit kangourou y sera bien.
Même si son aventure a commencé de façon mouvementée, on peut croire que Joey pourra bondir vers une vie plus tranquille… dans un endroit mieux adapté à ses besoins!
Et toi, quel animal t’a le plus marqué dans les nouvelles cette année?
En 2013, le programmeur informateur italien Alberto Brandolini écoute une entrevue de l’ancien premier ministre de son pays, Silvio Berlusconi, dans laquelle ce dernier enchaine si rapidement les mensonges que le journaliste qui l’interroge ne parvient pas à les réfuter.
Alberto Brandolini dépose ensuite sur Twitter, qui était alors un lieu de discussion plus agréable, cette phrase : «L’asymétrie du baratin : la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter les mensonges est largement plus grande que celle pour les produire.» (Traduction libre)
The bullshit asimmetry: the amount of energy needed to refute bullshit is an order of magnitude bigger than to produce it.
— Alberto Brandolini (@ziobrando) January 11, 2013
Même si John Arbuthnot en 1712, Jean-Jacques Rousseau en 1751 et Daniel Kahneman en 2011 ont évoqué des idées similaires, ce sera cette vulgarisation en langage simple, et même familier, qui immortalisera Alberto Brandolini en donnant son nom au principe et en mettant des mots sur l’un des mécanismes de base de la désinformation.
Allons-y d’un exemple concret.
Vous parcourez votre réseau social préféré et tombez sur le message d’un compte que vous ne connaissez pas – peut-être partagé par quelqu’un que vous connaissez – qui clame haut et fort que les hippopotames des familles sont un fléau. Il y a même une image qui semble réaliste comme preuve.
Vous avez un doute, un vieux souvenir… Heureusement, dans ce cas-ci, une recherche rapide vous mènera à une vieille publicité qui utilisait cet exemple pour rappeler d’être vigilant sur ce que l’on voit sur nos écrans.
Mais qu’en est-il lorsque l’affirmation est plus complexe et concerne une loi? Votre recherche sera beaucoup plus laborieuse.
C’est le cas pour les journalistes ou créateurs et créatrices de contenu qui entreprennent de démontrer qu’une déclaration est fausse. Ils devront éplucher des comptes rendus, des rapports, appeler des spécialistes… Un mensonge inventé et craché en 5 secondes prendra peut-être 8 heures à décortiquer et démentir avec preuves à l’appui.
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L’arrivée des réseaux sociaux a permis d’exploiter cette asymétrie. La quantité de mensonges produits chaque jour – pour ne pas dire chaque minute – est si grande qu’il est difficile de tous les réfuter.
L’introduction des outils d’intelligence artificielle rend la tâche tout simplement impossible. Non seulement en raison de la hausse exponentielle du nombre de faussetés, mais aussi parce que démontrer qu’une image ou qu’une vidéo a été faite avec l’un de ces outils ajoute une couche de recherche et de complexité.
L’asymétrie ne concerne pas seulement la production des mensonges, mais aussi leurs effets.
Une fausse affirmation simplifie souvent un fait ou un évènement et tente de provoquer une émotion spécifique. Des recherches ont montré que les émotions comme l’anxiété, la joie, le dégout, la peur ou la colère augmentent la probabilité qu’une personne partage une information. De plus, si elle est déjà en accord avec la déclaration, les chances qu’elle la partage sont encore plus grandes.
Les algorithmes des réseaux sociaux, calibrés pour garder les internautes engagés à travers du contenu qui chatouille ces émotions, multiplient la portée de ces messages au détriment des contenus plus nuancés et vérifiés – autrement dit plus plates.
Finalement, notre propre cerveau nous joue des tours. La mémoire retient plus facilement ce qu’elle apprend en premier. L’effet de primauté, surtout s’il fonctionne en tandem avec le biais de confirmation, fait en sorte que le mensonge a plus de chance de rester gravé dans la mémoire. Même si les preuves de la supercherie sont consultées par la suite.
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Le mouvement antivaccin est un exemple qui illustre comment la loi de Brandolini et les biais cognitifs de notre cerveau interagissent.
L’article d’Andrew Wakefield, qui avançait avoir trouvé un lien entre les vaccins et l’autisme, a été démenti 12 ans après sa publication. Il a été retiré et l’auteur n’a plus le droit de pratiquer la médecine. Entretemps, plus de 40 autres études n’ont trouvé aucun lien entre les vaccins et l’autisme.
Andrew Wakefield n’a pas écrit son article en quelques heures. Il a pris le temps de sélectionner ses cobayes et de manipuler les données pour obtenir le résultat qu’il voulait. Ça lui a probablement pris des mois.
Cependant, le journaliste Brian Deer a fait des recherches et des entrevues pendant 7 ans pour dénicher les preuves de sa supercherie.
Malgré cela, l’article original continue d’être brandi comme preuve par ceux qui ont probablement vu ses mensonges en premier. Le nom du fraudeur est aussi plus connu que le nom de celui qui l’a démasqué.
Pour limiter l’influence de la loi de Brandolini dans votre vie, appliquer d’abord les mêmes techniques qui permettent de confirmer si une information est valable :
Ces techniques mettent de l’avant un principe important pour garder votre scepticisme bien éveillé : le fardeau de la preuve revient à la personne qui lance une affirmation. Si on vous jure que le gazon devient bleu après la pluie, demandez plus de détails sur les sources, demandez les preuves. Restez incrédules tant qu’ils n’ont pas fourni un véritable effort de vous convaincre honnêtement.
Une affirmation extraordinaire demande des preuves extraordinaires. Soutenir que la terre est plate nécessite un plus grand nombre de corroborations que de dire que les oiseaux volent bas quand la pluie approche.
Les outils d’intelligence artificielle pourraient un jour être utilisés pour démasquer plus rapidement les fausses informations et renverser la loi de Brandolini. Des groupes y travaillent. Mais encore ici, le processus sera toujours plus complexe que de demander à une IA de nous produire une vidéo d’une maman renard qui a protégé son bébé contre un incendie de forêt (oui, cette vidéo existe et elle est fausse).
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La secrétaire parlementaire de la ministre des Services aux Autochtones, Ginette Lavack, était à Saskatoon mardi pour confirmer un financement de 4 millions de dollars destiné à divers organismes francophones de la Saskatchewan.
Les fonds ne constituent pas de nouveaux investissements, puisqu’ils proviennent des enveloppes du Fonds d’action culturelle communautaire et du Programme Développement des communautés de langue officielle du ministère du Patrimoine canadien. L’annonce comprenait toutefois un appui destiné à de nouveaux projets.
Littérature et mémoires : Cinq organismes reçoivent un total de 160 000 $ concernant soit la production littéraire, soit la mémoire vivante. Par exemple, l’Association des parents fransaskois recevra environ 48 000 $ sur deux ans pour une formation en bande dessinée pour les jeunes. De leur côté, les Auvergois de Ponteix et la Société canadienne-française de Prince Albert pourront chacune consigner les mémoires orales de leurs ainées.
Le reste du montant vise des projets et programmes réguliers d’une vingtaine d’organismes.
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Dimanche, le bureau du premier ministre a annoncé que trois élections partielles auront lieu le 31 aout 2026.
Les circonscriptions concernées sont Beaches–East York (Ontario), pour remplacer le libéral Nathaniel Erskine-Smith, qui a tenté sa chance en politique provinciale; North Vancouver–Capilano (Colombie-Britannique), laissée vacante après la nomination du libéral Jonathan Wilkinson comme ambassadeur du Canada auprès de l’Union européenne en avril; puis Chicoutimi–Le Fjord (Québec), où le conservateur Richard Martel a été nommé au Sénat.
Majorité peu menacée : Les libéraux de Mark Carney ont besoin de remporter un seul de ces trois sièges pour conserver leur majorité au Parlement.
Le gouvernement libéral n’a pas l’intention d’exiger une contribution financière pour le secteur de la production télévisuelle canadienne aux grandes entreprises de diffusion continue en ligne.
En juin, Patrimoine canadien avait demandé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de réviser sa décision d’augmenter le taux des redevances de 5 à 15 %.
Selon un document envoyé par le procureur général du Canada à la Cour d’appel fédérale, le gouvernement retirera cette exigence et la remplacera par un financement gouvernemental.
Recul : Le Nouveau Parti démocratique critique la décision. «Il ne s’agit là que d’une mesure d’apaisement destinée à complaire à Donald Trump et à ses allié·es milliardaires du secteur technologique; cette décision menace l’avenir des médias et du contenu canadiens», déclare la porte-parole en matière de patrimoine, Heather McPherson, par voie de communiqué.
La décision affaiblit aussi la Loi sur la diffusion continue en ligne, ajoute-t-elle.
Pour le cout de la vie : Questionné sur cet enjeu en conférence de presse en Alberta mercredi, le premier ministre, Mark Carney, reprend les réponses de juin et insiste sur le fait que «la décision a été prise il y a deux mois».
«Les Canadiens sont affectés depuis la covid par une augmentation de l’inflation. Nous avons vu une décision [d’une agence fédérale] qui pourrait entrainer une augmentation pour des services que les Canadiens utilisent. Nous nous sommes dit qu’il y avait une meilleure façon de le faire et nous avons fait l’investissement.»
En juin, le ministre Marc Miller avait effectivement annoncé 600 millions de dollars pour le secteur de la production culturelle.
Le gouvernement des États-Unis considérait cette redevance comme un obstacle commercial. Interrogé sur les bénéfices pour le Canada de ce genre de recul, le premier ministre a simplement répondu que le pays a déjà la meilleure entente commerciale au monde avec les États-Unis.
Demande de stabilité : La Coalition pour la diversité des expressions culturelles ne critique pas la décision, mais exige que le financement soit récurrent et à la hauteur des 200 millions de dollars que la redevance aurait pu apporter annuellement. Il devra aussi être indexé aux revenus de ces plateformes, précise l’organisme dans un communiqué.
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Le groupe citoyen Démocratie en surveillance conteste devant les tribunaux la conclusion du commissaire aux conflits d’intérêts que Justin Trudeau n’a pas commis de faute lorsqu’il ne s’est par retiré d’une décision de financement de l’organisme de bienfaisance UNIS, avec lequel sa famille avait des liens.
L’article 66 de la Loi sur les conflits d’intérêts limite la possibilité de demander un contrôle judiciaire pour les décisions du commissaire aux conflits d’intérêts. Dans une décision unanime, la Cour suprême a conclu jeudi que cet article viole la garantie constitutionnelle qu’ont les cours de justice de vérifier si les autorités publiques ont respecté les lois.
Une décision en lien avec UNIS et Trudeau : La demande de vérification de validité de l’article a été menée devant la Cour suprême par le groupe citoyen Démocratie en surveillance, qui conteste une conclusion du commissaire aux conflits d’intérêts.
Après une enquête en 2021, ce dernier avait conclu que le premier ministre d’alors, Justin Trudeau, n’avait pas enfreint la Loi lorsqu’il avait participé à deux décisions concernant le financement de l’organisme UNIS, avec lequel sa famille avait des liens.
La décision de la Cour suprême annule une décision de la Cour d’appel fédérale qui avait refusé d’étudier la plainte de Démocratie en surveillance en raison de l’article 66. Cette cour devra maintenant se pencher sur la légalité de la décision du commissaire.
Une étude de professeurs de l’Université McGill (Montréal) dévoilée mardi montre que lors d’élections fédérales, les partisans des partis défaits font moins confiance aux autres citoyens.
Ils ont utilisé des données d’élections fédérales et provinciales entre 2004 et 2024 pour en arriver à cette conclusion. Les données comprenaient des informations sur les intentions de vote et le niveau de confiance envers leurs concitoyens.
Polarisation : L’auteur principal de l’étude, le professeur adjoint au Département de science politique, Mark Williamson, rappelle que le Canada est l’un des pays où la polarisation augmente. D’ailleurs, la perte de confiance est plus accentuée chez les personnes qui ont un attachement plus fort à un parti et des sentiments plus négatifs envers les autres.
Fondement démocratique : «La confiance sociale est l’un des fondements d’une société fonctionnelle. Notre article avance que la concurrence électorale – mécanisme par lequel les démocraties sont censées canaliser les conflits et produire des résultats légitimes – pourrait nuire à la cohésion sociale, particulièrement lorsque l’animosité entre les partis s’accentue», explique Mark Williamson dans le communiqué.
Être professionnelle de la santé mentale en 2026 est à la fois un privilège et un défi. Chaque jour, j’observe les répercussions des bouleversements sociaux, environnementaux et humains sur le bienêtre psychologique des personnes que j’accompagne. Une question me revient constamment : où s’en va notre société et quelles seront les conséquences de ces transformations sur notre santé mentale?
Aujourd’hui, il devient difficile d’être satisfait de ce que nous avons. Les réseaux sociaux nous exposent à un paradoxe : une image idéalisée du bonheur fondée sur la réussite, la performance et la consommation, tout en nous confrontant quotidiennement aux changements climatiques, aux conflits et aux crises humanitaires.
Nous vivons dans une société où la réussite est souvent mesurée par nos accomplissements et nos biens matériels, faisant de la consommation un symbole de statut social.
Cette surconsommation et le gaspillage alimentaire accentuent la pression exercée sur les agriculteurs, les pêcheurs et les autres travailleurs des ressources naturelles, déjà confrontés aux effets des changements climatiques.
Voici le témoignage d’un fermier d’expérience de la péninsule Acadienne qui affirme que les changements climatiques ont une incidence directe sur le revenu des agriculteurs. Les épisodes de chaleur perturbent le cycle de reproduction des animaux et entrainant une diminution des vêlages. Moins de naissances signifient moins de production et, par conséquent, une baisse des revenus des exploitations agricoles. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.
Véronique Robichaud est travailleuse sociale à l’Université de Moncton et doctorante en éducation à la même université.
En 2022, 2,5 milliards d’adultes étaient en situation de surpoids, dont 890 millions vivant avec l’obésité. Dans un monde de plus de huit-milliards d’habitants, cette réalité illustre les paradoxes de notre société de consommation.
Mais pourquoi avons-nous constamment besoin de plus? Le striatum, une région du cerveau impliquée dans le système de récompense, nous pousse naturellement à rechercher la nouveauté et la satisfaction. Essentiel à notre adaptation et à notre survie, ce mécanisme peut aujourd’hui contribuer à une quête incessante du «toujours plus». Dans ce contexte, nous devenons des insatisfaits chroniques.
Les problématiques auxquelles nous faisons face sont de plus en plus complexes : isolement, polarisation sociale, incertitude économique, violence, crises climatiques et itinérance. Notre tissu social s’effrite, la fatigue de compassion augmente chez les intervenants et les organismes communautaires s’épuisent.
C’est dans ce contexte que l’écoanxiété prend de l’ampleur. L’Office québécois de la langue française la définit comme un «sentiment d’anxiété, de préoccupation ou d’appréhension devant les bouleversements causés par les changements climatiques et leurs conséquences».
Comme travailleuse sociale sur un campus universitaire, je rencontre des jeunes qui hésitent à poursuivre leurs projets parce qu’ils perçoivent l’avenir comme incertain. Certains se demandent même s’ils vieilliront dans un monde viable. Au Nouveau-Brunswick, environ 55,8 % des élèves de la 4e à la 12e année rapportent des symptômes d’anxiété ou de dépression.
Les changements climatiques ne touchent donc pas seulement notre environnement : ils influencent également notre santé mentale, notre sentiment de sécurité et notre capacité à envisager l’avenir.
Fait intéressant : la chaleur est associée à une augmentation de l’agressivité et de certains troubles de santé mentale, alors que notre système de santé est déjà sous pression.
Quelles sont les solutions? Comme travailleuse sociale, je crois qu’il est essentiel de reconnaitre et de normaliser les émotions liées aux changements climatiques. S’engager dans sa communauté, limiter son exposition aux nouvelles lorsque nécessaire et échanger avec les autres favorisent la résilience et réduisent l’isolement.
Collectivement, nous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre, poursuivre la transition énergétique et adapter nos sociétés vers un modèle plus écologique et durable.
Avec ma lunette de doctorante, j’ajouterais l’importance d’investir dans la recherche, l’accessibilité des soins en santé mentale et surtout dans l’éducation, qui demeure, selon moi, l’un des outils les plus puissants pour transformer le monde. Il faut également développer des programmes de santé mentale adaptés aux pêcheurs, aux agriculteurs et aux autres travailleurs des ressources naturelles afin de mieux répondre à leur réalité et de briser les tabous entourant la santé mentale.
Reconnaitre les effets des changements climatiques sur notre santé mentale ne signifie pas sombrer dans le découragement, mais plutôt reconnaitre notre capacité d’agir et de construire un avenir meilleur. Car oui, le monde peut être beau : la solidarité, l’empathie collective et la capacité des communautés à se soutenir après une catastrophe demeurent de puissantes sources d’espoir pour les générations futures.
Aucun geste n’est insignifiant : chaque choix quotidien contribue à réduire notre impact sur la planète. Il est temps d’agir.
Je vous laisse, cher lecteur, sur cette citation attribuée à Douglas K. Wilson : «N’essayons pas de créer un monde meilleur pour nos enfants. Éduquons plutôt nos enfants afin qu’ils créent un monde meilleur.»
La série documentaire consacrée aux réalités des francophones en situation minoritaire au Canada suit un fil conducteur. Le premier revient sur les grandes luttes des francophones en situation minoritaire. Le deuxième s’intéresse aux relations linguistiques au Canada. Le plus récent aborde notamment l’insécurité linguistique, l’assimilation et les différentes façons de parler français.
Entrevue avec Phil Rivière, un créateur qui veut donner la parole aux communautés francophones d’un bout à l’autre du pays.
Phil Rivière : «Quand j’étais jeune, j’avais l’impression qu’il n’y avait pas beaucoup de représentation des francophones en milieu minoritaire. À 10 ans, j’ai quitté le Québec pour m’installer en Ontario, sans même parler anglais. C’est là que j’ai découvert qu’il existait une francophonie bien vivante à l’extérieur du Québec. Au Québec, on en parle très peu.
En arrivant en Ontario, je me suis aussi mis à me poser des questions sur mon identité. Est-ce que je parle bien? Est-ce que je suis un «vrai» francophone? Cette insécurité linguistique fait partie du parcours de beaucoup de gens.
Au départ, je voulais créer la représentation que j’aurais aimé avoir en étant jeune. Je ne voulais pas faire un documentaire qui explique les réalités des francophones; je voulais leur donner la parole».
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Ce délai fait aussi partie de l’histoire du projet. Je dis souvent que Donner sa langue au chat est un projet de résilience, autant dans son contenu que dans la façon dont il a été produit.
Créer en français en milieu minoritaire, ce n’est jamais simple. Le milieu est fragile et il y a beaucoup de défis. Pendant cette période, la maison de production avec laquelle je travaillais, Le Réveil, a fermé ses portes. Je n’ai donc pas eu le choix de lancer ma propre compagnie pour reprendre le projet. J’ai réembauché la même équipe afin qu’on puisse terminer cette aventure ensemble.
Pendant cette période, je terminais aussi mes études, j’essayais aussi de trouver ma place comme jeune adulte et, surtout, le projet est devenu beaucoup plus ambitieux.
Je voulais représenter toutes les provinces et tous les territoires, donner la parole au plus grand nombre de francophones possible et respecter les histoires qu’on m’avait confiées. Je ne pouvais pas me contenter de leur offrir 30 secondes de visibilité. Je voulais vraiment plonger dans leur réalité.
Je dois aussi beaucoup aux organismes qui nous soutiennent. Sans les subventions, je ne pense pas que cette série aurait pu voir le jour. Beaucoup de créateurs francophones ne pourraient tout simplement pas créer sans ces ressources.
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La production du troisième épisode a été ralentie par les aléas de la vie. Mais Phil Rivière compte bien terminer le quatrième et dernier épisode de la série.
C’est difficile d’en choisir un!
Il y a quand même deux personnes qui m’ont particulièrement marqué. D’abord, Michel Bénac, du groupe Swing. C’est le premier artiste franco-ontarien que j’ai découvert quand je suis arrivé en Ontario. Pouvoir mener une entrevue avec lui des années plus tard, c’était très spécial.
L’autre personne, c’est la dragqueen Xénia Gould, aussi connue sous le nom de Chiquita Mère. En tant que jeune homme gai franco-ontarien, je ne me suis pas toujours senti représenté et son témoignage sur l’insécurité linguistique m’a énormément touché. Cette rencontre m’a rappelé qu’on n’est jamais seul.
Avec le quatrième chapitre, on regarde vers l’avenir. On va parler de transmission du français, d’éducation, d’arts, de culture et, surtout, de jeunesse.
J’ai envie de réfléchir à ce qu’on peut faire pour renforcer nos communautés. Je veux terminer cette série avec une note d’espoir. Ce ne sont pas seulement des constats : il nous reste encore toute une histoire à écrire.
J’espère d’abord que les gens vont se reconnaitre dans cette série et qu’ils se sentiront moins seuls.
Je veux qu’ils soient plus fiers de leur accent, plus fiers de leur francophonie, plus fiers de leur langue. Pas la langue de quelqu’un d’autre : la leur.
Il n’existe pas une seule bonne façon de parler français. Nos accents, nos dialectes et nos façons de parler sont une richesse. Si quelqu’un termine cette série en se sentant un peu moins seul et un peu plus fier de parler français, pour moi, le projet sera accompli.
Et j’espère que les gens qui connaissent moins nos communautés découvriront toute la richesse, mais aussi les défis de la francophonie canadienne.
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Donjons et Dragons est ce qu’on appelle un jeu de rôles. C’est un jeu très populaire qui a été créé il y a plus de 50 ans. Chaque joueur y incarne un personnage fantastique. Magicien, guerrier, voleur, elfe, gnome, nains… il y a toutes sortes de combinaisons possibles!
L’histoire est dirigée par un maître du jeu. C’est lui qui raconte l’aventure, qui décrit les défis que les joueurs doivent surmonter et qui fait parler les personnages qu’ils rencontrent. Les joueurs doivent jouer leur rôle, improviser et réagir à ce que le maître de jeu raconte. À plusieurs moments de l’aventure, les joueurs lancent des dés. Selon le résultat ainsi que les forces et faiblesses du personnage, on réussit… ou on échoue!
Thomas Wardell et Charlie Dilk sont tous les deux travailleurs sociaux chez Playwell Therapy. Il s’agit d’un organisme qui utilise le jeu pour aider des gens à surmonter certains défis.
En jouant à Donjons et Dragons avec des jeunes, Thomas a remarqué que le jeu leur permettait d’explorer différentes façons de réagir à des situations difficiles, sans conséquence dans la vraie vie.
Par exemple, un joueur peut avoir à parler à un roi, faire face à de l’intimidation ou résoudre un conflit. Ensuite, les jeunes discutent de ce qu’ils ont ressenti et font des liens avec leur propre vie.
«En tant que maître de donjon, je joue le rôle de personnages qui peuvent les mettre au défi et les placer dans des situations inconfortables. Le but est qu’ils puissent explorer différentes façons d’y réagir dans un univers fantastique», explique Thomas Wardell.
Après avoir accompagné plusieurs groupes jusqu’à la fin de leur aventure, le travailleur social dit avoir vu des résultats encourageants. Certains jeunes lui ont raconté qu’ils sortaient davantage de chez eux et participaient à plus d’activités sociales.
Comme quoi, vaincre un monstre dans un jeu peut aussi aider à affronter certains défis dans la vraie vie!
Et toi, y a-t-il un jeu ou une activité qui t’aide à prendre confiance en toi?