le Lundi 29 juin 2026

Une fête très ancienne

La Saint-Jean existe depuis très longtemps. À l’origine, on y célébrait le solstice d’été, la journée où il fait le plus longtemps clair dans l’année. Plus tard, cette fête est devenue la Saint-Jean-Baptiste.

Aujourd’hui, pour bien des francophones à travers le pays, c’est surtout une occasion de célébrer la langue française, la culture et le plaisir d’être ensemble.

La chanteuse Roxane Bruneau était à Kapuskasing dans le Nord de l’Ontario pour célébrer la Saint-Jean avec les Franco-Ontariens le 20 juin. 

Photo : Kevin Anderson – La Voix du Corridor

Vive la francophonie!

Comme je te disais plus haut, les francophones de tout le pays profitent de cette journée pour célébrer la langue française. Dans plusieurs provinces, les francophones vivent en situation minoritaire, entourés d’une majorité anglophone. Ces célébrations deviennent alors une façon importante de montrer leur fierté de parler français.

Comme le 24 juin n’est pas un jour férié dans la plupart des provinces, les célébrations ont souvent lieu la fin de semaine d’avant. 

Au Manitoba, par exemple, la communauté de La Broquerie vient de tenir la 129e édition de sa fête de la Saint-Jean. Cette année, près de 1000 Francos-Manitobains étaient présents!

En Alberta, des activités sont organisées dans une dizaine de villes. Au Yukon, les francophones célèbrent le Solstice Saint-Jean avec un concert. La fin de semaine dernière, il y avait aussi une grande fête à Kapuskasing, en Ontario. Des artistes que tu connais peut-être étaient présents : Roxane Bruneau et Louis-José Houde!

Une des traditions de la Saint-Jean à Sudbury, dans le Nord de l’Ontario, c’est d’installer un drapeau franco-ontarien sur un nouveau lieu de la ville. 

Photo : Diane-Emma Kouakou – ACFO du grand Sudbury

À Sudbury, en Ontario, Lyse Lamothe participe à l’organisation de la Saint-Jean depuis plus de 25 ans. Pour elle, cette fête est une façon de souligner la présence des francophones dans la région. «C’est une autre façon de montrer qu’on est là», m’a-t-elle confié.

Elle m’a expliqué qu’à Sudbury, les festivités s’étendent pendant tout le mois de juin. Au menu cette année? Spectacles, journée familiale et une exposition d’art mettant en vedette les œuvres d’élèves du secondaire!

«En 25 ans, j’ai constaté que nos jeunes sont fiers d’être francophones. Si on leur donne des occasions où il fait bon vivre en français, ils sont toujours présents», affirme Lyse. 

Et toi, quelles activités sont organisées dans ta ville pour célébrer la Saint-Jean?

À l’École St. Patrick, huit élèves de 16 et de 17 ans participent à un nouveau programme. Depuis septembre, ils passent la fin de chaque journée chez la compagnie aérienne Summit Air, pour apprendre le métier de pilote.

Avant de s’envoler, les élèves doivent suivre des cours et apprendre tout ce qu’il faut sur les commandes et le fonctionnement d’un avion. Ils devront aussi accumuler environ 70 heures de vol avant de pouvoir passer leur examen final et obtenir leur licence… ainsi que leur blouson d’aviation, qui sera remis à chaque élève.

Mais ce programme ne sert pas seulement à faire découvrir l’aviation aux élèves. Il vise aussi à former plus de pilotes dans le Nord et à encourager les jeunes à y rester pour travailler plus tard.

Pourquoi? Parce que de nombreuses communautés nordiques dépendent de l’avion pour se déplacer et faire venir de la nourriture ou des marchandises.

Une passion qui prend son envol

Même s’ils n’ont pas encore piloté un avion seuls, plusieurs élèves ont déjà la tête dans les nuages!

C’est le cas de Leander Dun.

«C’est incroyable. C’est mon rêve depuis que je suis tout petit», a-t-il dit à un journaliste de Radio-Canada. 

Le jeune homme aime tellement les avions que sa mère et lui ont déménagé à Yellowknife pour qu’il puisse s’inscrire à au programme de pilotage.

«Quand j’étais petit, si je pleurais, mes oncles m’installaient devant l’ordinateur et me faisaient regarder des vidéos d’avions. Ça me calmait tout de suite», se souvient-il.

Même chose pour Nicholas Graham, un autre futur pilote de l’École St. Patrick. 

«Je viens d’une Première Nation près de Hay River, une ville située dans les Territoires du Nord-Ouest. Je n’ai pas eu beaucoup de modèles dans le domaine de l’aviation dans ma vie. À tous les enfants des Premières Nations : vous pouvez faire ce que vous voulez et poursuivre vos rêves», a-t-il confié à Radio-Canada.

Source: Radio-Canada

Et toi, si tu pouvais apprendre un métier à l’école, lequel choisirais-tu?

Isabelle, avec Simon Wendat, tu amènes les lecteurs dans une aventure fantastique. Parle-moi de cette nouvelle série!

C’est l’histoire de Simon, qui est Wendat, comme moi. Mais il ne vit pas dans sa communauté, à Wendake. Il habite en ville. Un jour, il doit préparer un exposé oral sur les Iroquoiens. Sa mère lui donne une boîte remplie d’objets qui pourraient peut-être l’aider. Il fouille et découvre… une carte magique (c’est le titre du premier livre!). Avec son cousin Antoine, qui vit à Wendake, Simon essaie de comprendre d’où vient cette carte et où elle mène.

Image : Édition Les Malins

Sais-tu déjà ce qui va arriver dans le deuxième livre de la série?

Oui, le deuxième livre est déjà écrit et il va sortir en novembre. C’est là qu’on va comprendre que Simon a découvert quelque chose de vraiment particulier : un lieu magique qui le mènera vers d’autres époques. Les lecteurs vont faire des liens avec ce qu’ils étudient à l’école : les Iroquoiens, les Algonquiens, les maisons longues… J’avais envie que les enfants en apprennent plus. Mais ce n’est pas un cours, c’est une aventure!

Avec Simon et son cousin, on entre dans un mode de vie d’une autre époque. On découvre des choses, on suit des indices. C’est très amusant! 

Mais c’est souvent comme ça qu’on apprend le mieux : en s’amusant!

Exactement. Il y a plein de belles valeurs qui viennent avec le mode de vie autochtone qu’on présente dans les livres d’histoire : le respect de l’environnement, des aînés, une certaine façon de vivre. J’avais envie de montrer tout ça. Simon va vraiment être au cœur de l’action.  

Cette année, tu es la porte-parole d’une campagne qui s’appelle Je lis autochtone. Qu’est-ce que c’est?

Je lis autochtone existe depuis six ans. L’objectif est d’encourager les non-Autochtones à découvrir des livres écrits par des auteurs autochtones. Ça se déroule chaque année au mois de juin, le Mois national de l’histoire autochtone. Quoi de mieux que les livres pour raconter des histoires, faire découvrir des cultures et des imaginaires? Et cette année, c’est la littérature jeunesse qui est à l’honneur! 

Ta série de romans Nish va être adaptée à la télé! On pourra voir ça quand?

Le tournage est terminé. Nish sera diffusé en ligne sur Tou.tv cet automne et à la télévision à l’hiver 2027. J’ai vu les deux premiers épisodes. Je suis extrêmement fière du résultat.

Est-ce que tu travailles sur d’autres projets jeunesse?

Oui. Je dirige un livre de courtes histoires écrites par des auteurs autochtones. C’est pour les jeunes de 8 à 12 ans. Il devrait sortir cet automne. Je suis vraiment contente parce que nous avons des auteurs issus de huit Premières Nations différentes. Il y a même une autrice métisse du Manitoba. J’ai lu tous les textes et il y en a vraiment pour tous les goûts : des légendes, des histoires qui se passent dans le futur, etc. Comme c’est court, c’est une belle façon de donner la piqûre de la lecture à ceux qui aiment moins lire!

«Depuis la pandémie, on a beaucoup entendu parler de la part des ainés que le cout de la vie était élevé et que certaines personnes, à un âge quand même relativement avancé, devaient considérer retourner sur le marché de l’emploi», amorce le directeur général de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC), Jean-Luc Racine.

À la suite d’une étude, la FAAFC a recueilli les témoignages de plusieurs personnes qui disent avoir été confrontées à des préjugés et à des employeurs peu attentifs aux besoins spécifiques des travailleurs âgés.

L’organisme a lancé le 17 juin 2026 une nouvelle initiative destinée aux communautés francophones en situation minoritaire : Zone Emploi 50+. Celle-ci vise à faciliter, favoriser et accélérer le retour au travail des francophones de plus de 50 ans partout au pays.

À lire aussi : Ces ainés francophones qui veulent travailler et «ne plus vivre en retrait»

Suivi personnalisé

Zone Emploi 50+ propose un programme d’aide en ligne gratuit et personnalisé, entièrement en français, avec des ateliers, des outils et des rencontres avec des personnes spécialisées en développement professionnel.

L’âge de la retraite a tendance à remonter à la hausse ces dernières années, constate Jean-Luc Racine.

Photo : Chantallya Louis – Francopresse (Archives)

«On a même des ateliers sur comment contrer l’âgisme dans la recherche d’emploi», complète Jean-Luc Racine. L’initiative comprend aussi un mentorat intergénérationnel avec des intervenants et intervenantes âgés de moins de 50 ans.

«On veut vraiment une attention particulière où on passe du temps avec les gens, chaque personne de façon individualisée, pour voir quels sont leurs besoins, pour réaligner un peu le tir au niveau de la recherche d’emploi.»

Un programme de certification auprès des employeurs visant à reconnaitre les milieux de travail favorables à l’embauche et à la rétention des travailleurs expérimentés est également en cours de développement.

La FAAFC collabore actuellement avec des services d’aide à l’emploi dans huit provinces. «C’est eux qui nous envoient soit les clients de 50 ans et plus, ou aussi les clients de 50 ans et moins pour le programme de mentorat», précise le responsable.

«On s’est fait les dents depuis le printemps […] On a déjà rencontré plusieurs clients et on a un taux de satisfaction très élevé. Les évaluations sont très positives.»

«Combattre l’âgisme»

Pour la professeure au Département de communication de la Faculté des arts à l’Université d’Ottawa et spécialiste de l’âgisme, Martine Lagacé, «c’est une excellente initiative».

D’abord parce qu’elle cible les francophones : «On sait très bien que les besoins de main-d’œuvre sont encore plus criants dans les communautés francophones.» Elle cite les secteurs de la santé, de l’éducation et des transports.

«C’est aussi une façon de combattre l’âgisme», avance-t-elle.

C’est un message qu’on envoie aux employeurs et aux travailleurs, aux adultes plus âgés, en leur disant : à partir de 50 ans, on n’est pas en déclin, on a encore quelque chose à contribuer, on a besoin de l’expertise de ces travailleurs plus âgés.

— Martine Lagacé

«Souvent, à partir de 50, 55 ans, on nous incite beaucoup plus à penser à la retraite qu’à avoir une réflexion sur est-ce que je veux continuer à me développer professionnellement.» 

Pourtant, comme le rappelle la professeure : «La retraite, ce n’est pas la seule option.»

La force de l'âge

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Une autre vision de la retraite

«L’âge de la retraite avait tendance à diminuer. Or, depuis à peu près une vingtaine d’années, c’est remonté à la hausse. Les gens demeurent plus longtemps maintenant sur le marché de l’emploi ou désirent y retourner», relève Jean-Luc Racine. Et pas uniquement pour des raisons économiques.

Quand on a pris la retraite, on a profité, on a voyagé. Et là, soudainement, on revient à la maison, la routine s’installe, et on se rend compte qu’il y a un petit vide. Il y a des gens qui sentent le besoin de s’accomplir.

— Jean-Luc Racine

Certains vont opter pour un travail à temps partiel, «une bonne façon de se sentir toujours engagé, impliqué dans la communauté», décrit-il. «C’est toujours un petit revenu d’appoint qui aide pour des petits luxes de la vie.»

C’est aussi au travail que certaines personnes peuvent utiliser et partager leur expertise, ajoute Martine Lagacé. «C’est aussi une source de maintien de liens sociaux importants. On a souvent des réseaux de collègues, certains qu’on aime moins, mais beaucoup qu’on apprécie.»

À lire aussi : Francophones, âgés et queer : vieillir avec fierté malgré l’isolement

Martine Lagacé plaide pour un discours plus diversifié par rapport au travail, à l’âge et à la retraite. 

Photo : Université d’Ottawa

«Angle mort»

L’embauche et la rétention des personnes de plus de 50 ans peuvent aussi faire partie de la solution aux pénuries de main-d’œuvre, remarque Martine Lagacé.

«Oui, on recrute des jeunes, oui, on recrute des immigrants qualifiés, mais maintenant, il faut vraiment se tourner vers une main-d’œuvre vieillissante et qui souhaite, pour beaucoup d’entre eux, rester en milieu de travail.» Elle invite les gens à avoir un discours diversifié par rapport au travail et à l’âge.

«C’est un angle mort. Mais il y a quand même une progression depuis les cinq, dix dernières années, les employeurs de plus en plus se rendent compte que ça fait partie de la solution.»

Les consultations menées par le ministre Marc Miller pour orienter le prochain plan sur les langues officielles ont débuté et se poursuivront jusqu’en novembre 2026.

Inès Lombardo – Francopresse

FRANCOPHONIE

Lundi, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, et responsable des Langues officielles, Marc Miller, a lancé des consultations pancanadiennes pour orienter la prochaine stratégie fédérale sur les langues officielles.

Les citoyens et les organisations pourront participer en ligne ou soumettre un mémoire afin de contribuer à la promotion du français et de l’anglais, au soutien des communautés de langue officielle en situation minoritaire et au renforcement de l’égalité linguistique au Canada.

Les consultations sont menées jusqu’en novembre 2026.

À lire aussi : Plan d’action sur les langues officielles : le gouvernement a encore du pain sur la planche

Le premier ministre Mark Carney a nommé lundi le juge manitobain Glenn D. Joyal à la Cour suprême du Canada. Il remplacera la juge albertaine Sheila Martin, qui prend sa retraite.

Bilingue, M.Joyal devrait passer en comité parlementaire dans les prochains jours pour être confirmé à ce poste. D’ici là, le Comité permanent de la justice et des droits de la personne questionnera le ministre de la Justice et procureur général du Canada, Sean Fraser, au sujet de la nomination le lundi 29 juin.

CANADA

Le gouvernement fédéral a dévoilé ses trois premiers projets d’intérêt national mercredi.

Il s’agit du projet de Grays Bay au Nunavut, qui comprend une route et un port en eau profonde pour soutenir le développement minier et l’accès à l’Arctique; la route de la vallée du Mackenzie dans les Territoires du Nord-Ouest, visant à relier plus efficacement les communautés nordiques; et le dépôt géologique en profondeur de la Société de gestion des déchets nucléaires (SGDN) près d’Ignace, en Ontario, destiné à l’entreposage permanent du combustible nucléaire usé.

Ces projets, considérés comme stratégiques pour le développement économique, la sécurité et la souveraineté du Canada, bénéficieront d’un processus d’approbation accéléré afin de favoriser les investissements et de permettre leur réalisation plus rapide.

Accroc environnemental : La question se pose sur le contournement de certaines lois environnementales canadiennes pour construire ces trois grands projets.

Le projet de TGV Québec-Toronto avance avec l’étude d’un possible arrêt à Kingston, en Ontario, à la suite des consultations publiques, a annoncé le leader du gouvernement en Chambre, Steven MacKinnon, lundi en conférence de presse.

Un arrêt à Kingston : Le gouvernement fédéral a demandé à la société Alto d’évaluer cette option, qui pourrait améliorer la connexion entre Kingston, Montréal et Toronto.

Le projet vise à créer un réseau ferroviaire rapide reliant Québec et Toronto, mais le tracé final, les couts et les impacts sur les citoyens, notamment les propriétaires touchés par le passage du corridor, restent à préciser.

L’inflation au Canada a accéléré en mai, avec une hausse de l’IPC de 3,2 % sur un an, contre 2,8 % en avril, selon une analyse de Statistique Canada, lundi.

La hausse des prix de l’essence a principalement contribué à cette progression, mais l’inflation hors essence a aussi augmenté. Sur un mois, les prix ont grimpé de 1 %, notamment en raison des couts liés aux loisirs, à la formation, à la lecture et aux transports.

Jeudi, le premier ministre a tenu une conférence de presse pour commenter son bilan parlementaire de l’année, et les 19 projets de loi adoptés au cours des 14 dernières semaines. Interrogé sur plusieurs sujets, il a répondu sur les suivants :

Pas de réponse sur la prohibition du SKS : Cette arme à feu a été utilisée par l’auteur de la tuerie à Montréal, lundi, qui a coûté la vie à trois personnes: «On fait une réforme de ce processus pour décider [quelles armes]il faut interdire. [] On cible les crimes violents motivés par la haine, notamment ceux motivés par la misogynie et […] également des actes terroristes. […] Il y a des contestations fondées sur la Constitution, il y aura une décision rendue l’année prochaine.»

Citoyenneté canadienne : La loi C-3, entrée en vigueur en décembre 2025, a élargi l’accès à la citoyenneté canadienne en permettant aux Canadiens et Canadiennes nés à l’étranger de transmettre leur citoyenneté à leurs enfants, sous certaines conditions, tout en appliquant certaines mesures rétroactivement.

Toutefois, plusieurs milliers de dossiers sont maintenant réexaminés par le gouvernement après que certains bénéficiaires ont reçu des demandes de retour de leurs documents de citoyenneté. Face à la controverse, le premier ministre Mark Carney et la ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, ont annoncé une enquête et confirmé que les certificats ne seraient pas retirés sans justification.

Sur les éventuels référendums séparatistes en Alberta : Mark Carney a affirmé que le référendum prévu en Alberta sur un éventuel processus de séparation du Canada représente un «bluff dangereux», qui pourrait avoir des conséquences imprévues. Selon lui, l’Alberta a un «rôle essentiel» au sein du Canada, affirmant que l’avenir de cette province est meilleur dans une fédération unie.

INTERNATIONAL

Deux puissants séismes ont frappé le Venezuela mercredi et causé d’importantes pertes humaines et matérielles.

Le premier ministre Mark Carney a annoncé que le Canada préparait une aide humanitaire d’urgence pour soutenir la population vénézuélienne dans les jours et semaines à venir.

Ottawa a exprimé ses condoléances aux victimes et indiqué suivre la situation de près alors que les opérations de secours se poursuivent dans les régions les plus touchées.

«Changer les politiques» : Jeudi en conférence de presse, le premier ministre a affirmé que c’était un «problème» que le Canada n’ait pas d’ambassade dans les pays comme le Venezuela ou l’Iran et qu’il était pour «changer les politiques» en ce sens.

«Il y a des Canadiens. C’est très difficile d’agir rapidement. Selon moi, on doit changer la politique. Si on est engagé [envers un pays], ça ne veut pas dire qu’on approuve le régime, mais ça sauve des vies humaines.»

Sénateur Allister Surette – Président du Comité sénatorial permanent des langues officielles et sénateur de la Nouvelle-Écosse

Sénatrice Rose-May Poirier – Vice-présidente du Comité sénatorial permanent des langues officielles et sénatrice du Nouveau-Brunswick

Le Comité sénatorial permanent des langues officielles a déposé le 16 juin un rapport intitulé Incarner l’égalité réelle : pour un règlement de la partie VII complet, robuste et ambitieux, lequel fait état des lacunes de la proposition règlementaire présentée par le gouvernement fédéral. Un consensus clair se dégage des témoignages entendus : dans sa forme actuelle, l’avant-projet de règlement ne permet pas de répondre aux objectifs et aux engagements de la partie VII de la Loi.

La partie VII de la Loi est centrale afin de mettre en œuvre certains des principes constitutionnels qui sont au cœur même de notre identité canadienne, à savoir l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais, ainsi que la protection des minorités. Elle énonce notamment, à ces égards, l’engagement du gouvernement de promouvoir les deux langues officielles dans la société canadienne, en plus de son obligation de prendre des mesures positives afin de favoriser le développement et l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada.

C’est donc dire que cette partie de la Loi sur les langues officielles est particulièrement importante pour ces communautés. Celle-ci incite, entre autres, le gouvernement fédéral à investir dans les secteurs essentiels à l’épanouissement de ces communautés, tels que l’éducation, la santé ou encore dans le domaine des arts et de la culture.

L’avant-projet de règlement de la partie VII (progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais) cherche à préciser comment les institutions fédérales devront agir afin de respecter leurs obligations.

Sénateur Allister Surette est président du Comité sénatorial permanent des langues officielles et sénateur de la Nouvelle-Écosse. 

Photo : Sénat du Canada

Malheureusement, les organismes des communautés de langue officielle en situation minoritaire n’ont pas trouvé dans l’avant-projet de règlement proposé l’outil robuste imaginé pour favoriser leur épanouissement. Les organismes de promotion de la dualité linguistique, les experts académiques, les experts juridiques et le Commissariat aux langues officielles ont eux aussi exprimé leur déception. Si l’expression «progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais» se retrouve dans le titre même de l’avant-projet de règlement, les témoins que nous avons rencontrés n’y ont pas trouvé l’incarnation d’une égalité réelle ni l’occasion d’atteindre des résultats concrets en la matière.

L’objectif d’avoir un règlement qui viendrait préciser et définir des notions qui demeurent ambigües dans la Loi — comme celle de «mesures positives» — ne date pas d’hier. En effet, lorsque la partie VII a été modifiée en 2005, la possibilité d’adopter un règlement pour clarifier les modalités d’exécution de la partie VII avait été introduite dans la Loi, sur recommandation du Sénat. En juin 2019, le Comité sénatorial déposait son rapport final sur la modernisation de la Loi sur les langues officielles et recommandait qu’un règlement soit adopté afin qu’il soit fondé sur une interprétation large de ses obligations et de veiller à ce que les mesures positives prisent par l’ensemble des institutions fédérales suivent des principes communs.

Nourri par les riches témoignages et propositions mis de l’avant par les 48 témoins et les 19 lettres et mémoires reçus, le Comité sénatorial propose 17 recommandations visant à réviser et bonifier le cadre règlementaire pour que celui-ci soit à la hauteur des attentes et qu’il conduise à des résultats concrets, robuste et ambitieux.

Sénatrice Rose-May Poirier est vice-présidente du Comité sénatorial permanent des langues officielles et sénatrice du Nouveau-Brunswick. 

Photo : Sénat du Canada

Notamment, celui-ci devrait être clair et précis dans son langage, en plus d’obliger les institutions fédérales à élaborer un plan d’action — comprenant des indicateurs de rendement — portant sur la mise en œuvre de leurs obligations. Plus encore, une «lentille des langues officielles» devrait être systématiquement appliquée dans l’examen de l’ensemble des politiques, des programmes et des initiatives des institutions fédérales. L’avant-projet de règlement doit également clarifier comment des analyses pourront s’appuyer sur des mécanismes de consultation efficaces.

Les recommandations du Comité sénatorial offrent ainsi au gouvernement les outils nécessaires afin de réviser l’avant-projet de règlement pour que celui-ci mène enfin à des résultats concrets et mesurables permettant de respecter les engagements inscrits dans la partie VII de la Loi.

Enfin, l’atteinte de l’égalité réelle passe par une mise en œuvre rigoureuse des engagements de la partie VII, tels que la promotion des deux langues officielles et le développement des communautés de langue officielle en situation minoritaire. Des actions en ce sens ne contribuent pas uniquement à l’épanouissement de ces communautés, mais bénéficient à l’ensemble du pays. En effet, le développement d’un Canada fort et uni passe par le respect et la défense de cette valeur commune qu’est sa dualité linguistique.

À lire aussi : «Pas à la hauteur» : des sénateurs étrillent le projet de règlement sur l’épanouissement des francophones

Des Territoires du Nord-Ouest à l’Amérique latine, en passant par Terre-Neuve et Haïti, 45 jeunes francophones de 22 pays et territoires des Amériques se sont retrouvés à Montréal du 15 au 19 juin dans le cadre du Forum sur le leadership et l’engagement citoyen organisé par le Centre de la francophonie des Amériques.

Âgés de 20 à 35 ans, ils ont participé à différents ateliers et panels avant d’obtenir le titre d’ambassadrices et ambassadeurs de la francophonie des Amériques.

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«Role model»

Cela fait un an qu’Eloïse Speleers est directrice générale de l’Association des francophones des Kootenays Ouest (AFKO), en Colombie-Britannique.

«Je suis très contente d’avoir ce poste, mais ça a été un gros défi. J’avais envie de participer à ce forum pour trouver des idées en partant d’une francophonie plus grande pour la ramener vers une communauté plus petite», explique la francophone originaire de Belgique.

Elle cherchait aussi à rencontrer d’autres personnes engagées pour la francophonie, «pour revenir inspirée et engagée», ainsi que «prendre sa place, s’engager et se sentir légitime». 

La responsable repart grandie sur le plan personnel et professionnel, avec la volonté de devenir une «bonne leadeuse», et de travailler avec son équipe sur leurs forces et leurs faiblesses.

Axel Belgarde est conseiller en développement durable à Horizon TNL, à Terre-Neuve-et-Labrador. Il propose aussi des visites et des expériences culturelles aux visiteurs francophones et fait partie du groupe Port-Aux-Poutines, «qui utilise la musique comme moteur d’apprentissage du français dans les écoles».

Le Terre-Neuvien se décrit aussi comme un «role model», surtout auprès de la jeunesse francophone, notamment grâce à son rôle d’artiste.

J’ai voulu m’inscrire à ce forum-là pour bien avoir cette formation sur comment je peux être présent comme un leadeur positif au sein de la communauté.

— Axel Belgarde

«Tout le monde a droit à la parole»

Marilou Pilote avait de grandes attentes envers le Forum, sans toutefois imaginer à quel point cette expérience la toucherait : «J’ai l’impression que [cette expérience] a changé quelque chose dans mon ADN», confie la coordinatrice markéting et création de contenus au Collège nordique de Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest.

Un des moments les plus forts, à ses yeux, a été le visionnement du documentaire Parler mal. «Pendant longtemps, j’ai été insécure par rapport à ma façon de parler. Je me suis souvent demandé si j’étais aussi professionnelle que des personnes qui maitrisent un français plus soutenu ou plus normatif. Pourtant, ma façon de communiquer fait partie de qui je suis.»

La jeune francophone vit aussi avec un handicap invisible : la narcolepsie, un trouble du sommeil qui provoque une somnolence excessive et des endormissements incontrôlables au quotidien.

J’ai longtemps vu ma vulnérabilité comme une faiblesse. Pourtant, toute la semaine, des gens m’ont dit que c’était une force.

— Marilou Pilote

Elle repart avec une confiance toute renouvelée.

En venant à Montréal, Emma Alward cherchait à «devenir plus courageuse et moins gênée», confie cette Acadienne originaire de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Lors de son séjour, elle a pris conscience de l’importance de la communication et de l’écoute, afin que «tout le monde ait le droit de parole».

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Des francophonies méconnues

«Ce forum a surtout changé mon regard sur la francophonie des Amériques», poursuit Axel Belgarde. Le Terre-Neuvien a notamment été impressionné par l’engagement de leadeurs en Amérique latine, «qui ont appris la langue et travaillent en français par choix, démontrant que la francophonie est une communauté accueillante».

«J’ai apprécié comparer notre perception de la langue française, surtout avec des pays comme Haïti, où le français est enseigné comme la langue de l’élite, alors qu’elle a été une langue interdite dans les écoles pendant plusieurs générations dans la majorité du Canada.»

Avant le Forum, Marilou Pilote voyait surtout les réalités francophones minoritaires à travers un prisme canadien. Elle réalise désormais qu’elles dépassent largement ce cadre.

«J’ai été frappée par les parallèles entre ce que nous vivons dans le Nord canadien et ce que vivent certaines communautés francophones ailleurs dans le monde. Même lorsque les contextes géographiques, culturels ou politiques sont complètement différents, plusieurs défis se ressemblent.» Elle cite la rétention linguistique, l’accès à l’éducation, le manque de ressources adaptées ou encore le sentiment d’appartenance.

Nous avons souvent tendance à regarder les défis de nos communautés sans toujours voir les forces qui les accompagnent. Le forum m’a permis de comprendre que vivre en situation minoritaire peut aussi nous rendre plus créatifs, plus résilients et plus solidaires.

— Marilou Pilote

«Cette expérience m’a également rappelé à quel point la francophonie du Nord canadien a quelque chose d’unique à offrir. Trop souvent, lorsque l’on parle de francophonie canadienne, les conversations se concentrent naturellement sur les grands centres», regrette-t-elle.

«Tisser des liens»

«Je suis un peu au début de ma carrière et je veux apprendre plus comment tisser les liens avec les autres régions francophones minoritaires parce que je trouve qu’on peut être en communication, on peut résoudre les problèmes dans d’autres régions», raconte Taryn Fenez, responsable du service à clientèle à la Société de la francophonie manitobaine (SFM).

Sur le plan personnel, c’était une forme d’honneur pour elle d’être dans une place «où c’est la francophonie qui nous réunit».

Ma famille a perdu la francophonie et c’est avec ma génération qu’on retient la francophonie.

— Taryn Fenez

Elle n’a pas été déçue. «On avait tellement de chances de se connecter avec des gens comme nous, de jeunes francophones engagés.» La jeune francophone a beaucoup appris sur elle-même, ses forces, ses capacités et son engagement, notamment grâce aux différents ateliers de la formation.

Elle a également réalisé «à quel point la portée de la francophonie des Amériques est vaste» : «On devrait profiter de cette immensité et collaborer avec d’autres communautés […] J’ai beaucoup appris sur les communautés autochtones et le réchauffement climatique. Je reviens dans ma communauté avec ces enrichissements afin de pouvoir les partager. Surtout, je reviens avec une banque d’énergie bien remplie.»

Étudiante en gouvernance, leadeurship et éthique à l’Université Western, en Ontario, Hope Banga a particulièrement été marquée par les rencontres autour des communautés autochtones en Amérique.

«J’ai eu l’opportunité d’échanger et d’apprendre plus sur leur passé en faisant une simulation de comment ils ont été envahis dans leurs terres.» Une activité immersive qui a suscité chez elle des sentiments mêlés de tristesse et de colère.

Repartir inspiré, et transformé

Au-delà des idées et des outils concrets, plusieurs disent repartir avec une nouvelle manière d’envisager leur rôle dans leur communauté.

Axel Belgarde ne repart pas les mains vides à Terre-Neuve-et-Labrador. Il compte notamment appliquer ce qu’il a appris en matière d’animation. «Je travaille étroitement avec les écoles francophones, d’immersion française et de français langue seconde. J’aimerais également amener davantage d’ateliers de sensibilisation à l’histoire des Premières Nations.»

Il veut aussi utiliser ses nouvelles connaissances sur l’évaluation et la balance des forces et valeurs au sein d’une équipe pour être un «leadeur positif».

Pour Eloïse Speleers, le message à retenir est clair : «Ne pas perdre espoir, ne pas lâcher prise et continuer.»

Marilou Pilote revient elle aussi avec une nouvelle perspective dans le Nord. La jeune francophone a pris conscience de la nécessité, parfois, de «ralentir davantage».

«Cette semaine m’a rappelé que ma responsabilité n’est pas de porter tous les enjeux sur mes épaules ni de vouloir sauver un groupe. Mon rôle est plutôt d’accompagner les gens avec les forces que j’ai, d’être présente.» En faisant davantage confiance au collectif.

Les jeunes issus des programmes d’immersion française demeurent dans une zone grise au Canada : ni totalement anglophones, ni totalement francophones, ou, au mieux, «francophiles».

«Ils sont réputés provenir de la majorité de langue anglaise, mais en même temps ils ont appris le français, ils parlent français, ils désirent maintenir le français dans leur vie. Puis ils visent aussi souvent à contribuer à la vitalité du français dans leur propre collectivité», résume Catherine Levasseur, professeure agrégée à l’Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB) de l’Université d’Ottawa.

Lors d’une rencontre en ligne organisée par le Réseau Dialogue, la spécialiste a présenté le rapport de recherche «Accroître l’inclusion des jeunes issus de l’immersion française au sein des collectivités francophones et acadiennes : une responsabilité partagée», dans laquelle sont interrogés 31 jeunes de 19 à 29 ans et 19 organismes communautaires.

Selon elle, ces jeunes sont au cœur d’une tension qui traverse la francophonie canadienne actuelle, «entre le besoin de se protéger en tant que minorité linguistique de langue officielle et le besoin d’inclure la diversité qui caractérise ces collectivités-là».

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Sentiment d’illégitimité

Le rapport montre que ces jeunes ressentent souvent un sentiment d’illégitimité; celui de ne pas parler un «bon» français et de ne pas être un «vrai» francophone.

On idéalise les locuteurs natifs et leur façon de parler, et cela met des normes auxquelles tout le monde tend à vouloir atteindre.

— Catherine Levasseur

«À moins de parler français tous les jours, vous ne serez jamais aussi à l’aise que les Acadiens. Les diplômés de l’immersion ne réussiront donc jamais vraiment à établir un lien avec les locuteurs natifs ni à trouver leur place parmi eux», déclare un des participants de l’étude.

Pourtant, les jeunes d’immersion française ont leur rôle à jouer dans la vitalité des collectivités francophones et acadiennes.

«S’iels parlent français, iels sont francophones et méritent de pouvoir vivre leur vie en français autant que le restant de la communauté», partage un membre du Comité FrancoQueer de l’Ouest interrogé dans la recherche.

Francophone, francophile, d’expression française : difficile de trouver le mot juste

Catherine Levasseur suggère d’employer «personnes d’expression française» au lieu de «francophiles» ou même de «francophones», chargés identitairement. 

Toutefois, elle reconnait que cette expression, bien que plus inclusive, n’est pas parfaite et que le terme «francophone» reste porteur de symboles et de revendications historiques importantes.

«Il faut essayer de trouver un peu la nuance; est-ce qu’on s’adresse à des personnes francophones pour leur aspect identitaire ou pour leur aspect linguistique?»

Quant au terme «francophile», entre les lignes, il veut dire : «OK, on reconnait que tu parles français, mais tu ne fais pas vraiment partie de notre gang», selon elle.

Catherine Levasseur rappelle également que certains élèves d’immersion sont des ayants droit qui auraient pu aller dans une école francophone, mais dont les parents en ont décidé autrement.

Responsabilité partagée

Mais la pierre, dans cette situation, ne saurait être lancée dans une seule direction. Il s’agit d’une «responsabilité partagée», insiste Catherine Levasseur.

«Cette dynamique-là, elle vient des deux côtés : des jeunes eux-mêmes qui doutent de leur place dans la francophonie canadienne, mais aussi des organismes qui reconnaissent que leurs pratiques, des fois, peuvent faire émerger ce sentiment-là [d’insécurité linguistique et d’illégitimité].»

Un employé d’un conseil jeunesse participant à l’étude suggère de miser sur la sécurité linguistique.

C’est la base. C’est d’éliminer cette impression qu’il y a différents niveaux de francophonie. Parce que si on veut vraiment intégrer l’immersion, c’est ça, c’est qu’ils sont francophones à part entière. Ils ont juste un parcours différent dans la francophonie, mais ils sont francophones à part entière.

D’autres contraintes, notamment financières, peuvent freiner la participation des jeunes aux organismes communautaires.

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Les conseils scolaires anglophones aussi concernés

Les conseils scolaires anglophones ne sont pas en reste. Ils ont un rôle à jouer pour soutenir les enseignants dans les programmes d’immersion et faire en sorte que les élèves aient plus d’expérience dans la communauté, qu’ils connaissent les organismes qui sont actifs dans leur région, remarque Catherine Levasseur.

On se rend compte que les jeunes connaissent souvent mieux le Québec parce qu’ils ont fait des voyages là-bas, mais ils ne connaissent pas leur communauté et la collectivité francophone ou acadienne où ils résident.

— Catherine Levasseur

«Les conseillers pédagogiques [des conseils scolaires anglophones] n’encouragent pas assez cette inclusion. Les jeunes ne sont pas au courant des opportunités qui sont là pour les organismes communautaires [francophones]», a témoigné une intervenante lors de la période de questions qui a suivi la présentation.

Aussi, les organismes sont souvent en contact avec une seule personne-ressource au sein des écoles anglophones. «Si celle-ci change de poste ou quitte l’école, c’est à recommencer à chaque fois», témoigne Catherine Levasseur.

«Les écoles de langue anglaise ont un travail à faire de leur côté pour tendre vers un partenariat plus systémique, plus établi, formel, de manière à ce que si les gens changent dans les postes, le partenariat, lui, reste.»

Le vent tourne

«Si on veut vraiment amorcer un changement au sein des collectivités, il faut aussi réfléchir à comment on socialise ces jeunes-là; c’est quoi leur contexte d’apprentissage du français, puis comment on les reçoit», avance Catherine Levasseur.

La période de questions qui a suivi la présentation du rapport a témoigné de l’enthousiasme et de la motivation des acteurs et des actrices du milieu, bien décidés à poursuivre leurs efforts.

Différentes initiatives fleurissent d’un océan à l’autre pour intégrer les jeunes d’immersion française à la vie des collectivités francophones.

Le Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique offre le programme Connecte, qui s’adresse à tous les jeunes d’expression française de 14 à 25 ans de la province désirant s’engager dans leur communauté. Ils sont jumelés avec un organisme communautaire. «On a une dizaine de projets cette année qui sont en lien avec des élèves qui sont dans des programmes d’immersion», témoigne l’organisme dans le rapport.

Dans les Prairies, la Société historique de la Saskatchewan remet une ceinture fléchée fransaskoise aux finissantes et finissants des écoles francophones. Depuis peu, des élèves d’immersion arborent également ce symbole très fort de la communauté fransaskoise lors de leur remise de diplôme. Car finalement, ils et elles parlent tous la même langue.

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Petit retour dans le painssé… euh passé!

L’histoire commence en 2001, lorsque deux boulangeries industrielles, Canada Bread et George Weston, se rencontrent secrètement pour conclure un accord. 

En effet, elles s’entendent pour augmenter en même temps le prix du pain qu’elles vendent aux supermarchés. Puis, les deux compagnies convainquent plusieurs épiceries, dont Loblaw, de participer au stratagème. C’est ce qu’on appelle une entente anticoncurrentielle (ou un cartel)… et c’est interdit par la loi.

Une entente anticoncurren… quoi!?

Imagine que Marilys et son amie Alice vendent toutes les deux des tomates. Normalement, si Alice baisse son prix, elle attirera plus de clients, et Marilys devra s’ajuster. On appelle ça la concurrence. C’est un processus qui, en général, favorise la baisse des prix.

Mais si Marilys et Alice s’entendent pour augmenter le prix de leurs tomates en même temps et éviter de le baisser par la suite, il n’y a plus de concurrence. Résultat : les coûts ne feront qu’augmenter, car personne ne cherche à offrir le meilleur prix. C’est ça, une entente anticoncurrentielle. Et c’est le client, le perdant. 

Loblaw avoue la supercherie (ou… supaincherie??)

En 2015, Loblaw admet avoir fixé des prix trop élevés sur le pain emballé vendu dans ses magasins depuis 2001. Une enquête a lieu et on découvre que plusieurs supermarchés que tu connais sûrement, comme Metro, Walmart ou encore Tigre géant, auraient également participé au stratagème. L’existence du cartel du pain est révélée, mais ceux-ci nient tout. 

D’après l’enquête, cette pratique illégale aurait permis aux entreprises participantes d’empocher des milliards de dollars. On peut dire qu’elles s’en sont mis pain les poches!

Des clients en colère!

Les aveux de Loblaw enragent les consommateurs, qui réalisent qu’ils ont payé environ 1,50 $ leur pain trop cher pendant des années!

Pour réparer son erreur, Loblaw a du pain sur la planche! Elle distribue donc des cartes-cadeaux de 25 $ aux clients qui en font la demande. Mais, pour plusieurs, ce n’est pas suffisant. C’est pourquoi, en 2018, une action collective est lancée contre la compagnie.

C’est quoi, une action collective? 

Une action collective, c’est quand un grand groupe de personnes s’unit pour porter plainte contre une entreprise ou une organisation. Elles le font parce qu’elles ont toutes été victimes du même problème. Cela permet de régler le problème pour tout le groupe en une seule fois.

Puis, en mars 2025, une entente est finalement conclue. Loblaw accepte de rembourser 500 millions de dollars à la population canadienne. Loblaws s’engage à collaborer pour aider les personnes qui poursuivent les autres compagnies impliquées dans l’enquête.

C’est maintenant que les gens reçoivent leur argent!

Pour recevoir le dédommagement, les consommateurs devaient soumettre une réclamation avant décembre 2025. La plupart des gens reçoivent un montant de 42,50 $. S’ils avaient accepté par le passé une carte cadeau de 25 $, ils reçoivent plutôt 17,50 $. 

Les POUR ✅

Ça permet de VRAIMENT profiter du concert

Interdire les cellulaires, ça permet aux spectateurs de se concentrer à 100% sur un spectacle qui a été fait pour être vu avec les yeux. Pas à travers un petit écran! C’est plus facile de bien apprécier ce qui se passe devant nous sans notre cell (ou celui du voisin) qui nous déconcentre. Quand on prend la peine de payer des billets et de se déplacer pour voir notre chanteur préféré, la moindre des choses, c’est d’en profiter!  

Ça crée une ambiance spéciale!

Les artistes s’en plaignent: de la scène, ils voient une mer de téléphones. Pas des visages. Difficile de vraiment connecter avec la foule. Mais quand les cellulaires disparaissent, la magie opère! Un photographe qui a assisté à un spectacle sans téléphones de Harry Styles à Manchester a vu la différence: «Tout le monde semblait simplement profiter du moment présent. J’ai trouvé ça vraiment, vraiment spécial.»

Ça préserve les surprises

Les créateurs travaillent pendant des mois et parfois même des années pour nous en mettre plein les yeux et les oreilles avec leurs spectacles. Effets spectaculaires, chansons surprises ou des chorégraphies enlevantes: impossible de garder quoi que ce soit secret quand tout est filmé et diffusé partout. C’est plate de tout savoir d’avance!

Les CONTRE ❌

On veut garder des souvenirs!

Aller voir un concert, c’est un événement! Encore plus quand on va voir son idole! On veut pouvoir le partager et garder des images en souvenir! C’est vraiment plate de ne pas pouvoir prendre quelques photos pour immortaliser ce moment unique! Surtout quand on paye cher!

Ce n’est vraiment pas pratique!

Dans les concerts où les téléphones sont interdits, on doit glisser notre appareil dans une pochette qui est ensuite scellée. Interdit de l’ouvrir, sinon la sécurité nous expulse! Résultat: impossible d’être contacté par nos parents ou de communiquer avec eux en cas de pépin, à moins de quitter le spectacle. Pas possible non plus de se servir de son téléphone pour payer. Il faut traîner des cartes ou des sous. Vraiment pas pratique! 

Moins de visibilité pour les artistes

Toutes les photos et les petites vidéos qui circulent et qui se partagent entre fans, c’est de la belle publicité GRATUITE pour les artistes. C’est comme ça qu’on crée une communauté autour d’une vedette. Se priver de ça, c’est se couper de beaucoup de visibilité!

Sources: Billboard, CNN