le Vendredi 28 août 2026

FRANCOPHONIE

Les mesures de protection de la langue française auraient été l’une des raisons qui auraient brisé les négociations entre le Canada et les États-Unis, a induit Mark Carney samedi dernier, en annonçant l’échec des discussions visant à éviter la dernière vague de tarifs américains du 22 aout.

Il a précisé que l’une des raisons de l’échec des négociations découlait de certaines demandes de l’administration Trump concernant les mesures canadiennes de protection du français et de la culture.

En jeu dans les discussions : la Loi sur la diffusion continue en ligne, la loi 109 du Québec sur la découvrabilité des contenus québécois et les règles d’étiquetage bilingue.

Le premier ministre Carney s’est présenté en défenseur du bilinguisme et de l’identité canadienne. Le président américain, Donald Trump, et le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, ont raillé et diminué le Canada, affirmant n’avoir «aucun problème» avec cette langue.

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CANADA

Mardi, des ministres fédéraux ont présenté le plan de riposte canadien : 27,6 milliards de dollars des exportations américaines seront taxés par le Canada, pour répondre «dollar pour dollar» et «taux pour taux» aux tarifs américains appliqués le 22 aout pour le même total.

Recul canadien : Jeudi, Ottawa a décidé de retirer les poissons et fruits de mer américains de sa liste de produits frappés par les contretarifs canadiens.

Cette décision intervient à la suite des réactions de l’industrie de la pêche, notamment des transformateurs, qui craignent une hausse de leurs couts, et des producteurs qui redoutaient des représailles américaines.

Le gouvernement Carney dit vouloir éviter des dommages économiques plus importants, tout en maintenant une riposte aux tarifs américains équivalente.

Aide : Ottawa a aussi débloqué 7,5 milliards de dollars pour venir en aide aux travailleurs, aux entreprises et aux personnes au chômage affectés par les droits de douane.

Entreprises :

Travailleurs :

Chômeurs :

Investissements dans la formation et la réorientation professionnelle pour faciliter la transition vers de nouvelles occasions d’emploi.

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Joute verbale : Jeudi, dans une déclaration postée sur X (ci-dessous), le premier ministre Carney s’est également montré ferme face à la signature d’un décret par Donald Trump, afin de rebaptiser le lac Ontario lac d’Amérique.

La veille, le représentant au Commerce américain, Jamieson Greer, avait averti que les États-Unis répliqueraient face aux mesures de rétorsion canadiennes annoncées mardi.

La première ministre québécoise, Christine Fréchette, et ses principaux concurrents issus de quatre autres formations politiques sont officiellement en campagne depuis jeudi, et ce, jusqu’au 5 octobre, date du scrutin des élections provinciales. 

Photo : Creative Commons Zero, Public Domain Dedication

Les élections provinciales québécoises ont été déclenchées officiellement jeudi. La campagne durera 39 jours, jusqu’au scrutin du 5 octobre.

Les cinq principales formations politiques sont désormais en campagne. Les Québécois et les Québécoises devront choisir les 127 députés qui siègeront à l’Assemblée nationale.

Le Parti québécois part en avance dans les sondages, après avoir annoncé qu’il ne tiendrait pas de référendum sur l’indépendance du Québec tant que Donald Trump serait président des États-Unis. La Coalition avenir Québec a remonté tranquillement dans les intentions de vote après un changement de cheffe. Ils sont presque à égalité avec le Parti libéral du Québec.

INTERNATIONAL

Mercredi, le Canada a annoncé une aide de plus de 2 millions de dollars pour les opérations de secours d’urgence en Colombie à la suite du tremblement de terre du 10 aout.

Aide ciblée : Les fonds serviront notamment à fournir une aide alimentaire, des abris d’urgence, de l’eau et des services d’hygiène, appuyer les opérations de la Croix-Rouge colombienne et la construction de logements temporaires.

Cette contribution s’ajoute aux 8,5 millions de dollars déjà accordés par le Canada cette année pour répondre aux besoins humanitaires de la Colombie.

L’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) et la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) accueillent favorablement la décision du Canada de se retirer des négociations commerciales avec les États-Unis.

En entrevue avec Francopresse, la présidente de la FCCF, Nancy Juneau, salue «la fermeté du gouvernement, qui a affirmé que la langue française, la culture francophone, les médias d’expression française et les politiques de découvrabilité des contenus culturels ne sont pas des marchandises».

On est content que cela n’ait pas été sacrifié sur l’autel du commerce.

— Nancy Juneau

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Ligne rouge

Lorsqu’il a annoncé la rupture des négociations, le samedi 22 aout, Mark Carney a cité la protection du français et de la culture parmi les «irritants» soulevés au cours des discussions.

Pour Nancy Juneau, les récents rebondissements de la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis représentent une occasion pour le fédéral de réexaminer sa position sur les redevances imposées aux diffuseurs en ligne. 

Photo : Courtoisie

Nancy Juneau privilégie la version du premier ministre canadien à celle de l’administration Trump, qui nie avoir exigé des concessions sur le français.

«Ça fait longtemps que certains acteurs aux États-Unis trouvent inutile le fait de devoir traduire leurs notices, les étiquettes en français. Ça ne date pas d’hier. Donc que ça revienne pendant les négociations et que ça devienne une ligne rouge, ça ne nous surprend pas», note-t-elle.

Du côté de l’APFC, «on est plutôt rassurés», déclare en entrevue la directrice générale, Carol Ann Pilon. «On espère maintenant que le gouvernement tiendra sa parole sur cette ligne rouge et que la culture – s’il retourne à la table de négociation – ne reviendra pas non plus sur la table comme une monnaie d’échange.»

Une occasion à saisir

À la mi-juillet, le gouvernement Carney a confirmé faire marche arrière sur les redevances que le CRTC comptait imposer aux grandes plateformes de diffusion en ligne. Ottawa renonçait ainsi à la contribution de base de 5 %, privilégiant plutôt un financement public de 600 millions de dollars par an pour soutenir la production canadienne.

Un montant insuffisant selon Nancy Juneau, qui partage sur ce point la position de la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC), dont font partie la FCCF et l’APFC.

Néanmoins, la responsable voit dans le contexte actuel une occasion pour Ottawa de réexaminer sa décision et «de remettre à l’ordre du jour l’obligation des plateformes numériques de contribuer au financement des productions canadiennes».

L’écosystème culturel s’appuie sur deux piliers : la découvrabilité des contenus canadiens, mais d’abord et avant tout, le financement de ces contenus-là pour qu’ils existent. On ne va pas les découvrir s’ils n’existent pas.

— Nancy Juneau

Elle se dit confiante quant à la volonté du gouvernement de protéger le français et la culture canadienne.

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Prudence de mise

«Reste encore à savoir qu’est-ce qui va se retrouver dans le décret qui va être émis par le gouvernement, parce qu’on n’en a pas vu copie», rappelle Carol Ann Pilon, faisant référence à la décision d’Ottawa vis-à-vis des plateformes de diffusion en ligne.

Carol Ann Pilon espère que la culture ne se retrouvera pas sur la table des négociations. 

Photo : Courtoisie

«Est-ce que le gouvernement va revenir sur sa décision? On n’en sait rien à ce point-ci.»

Pour elle, le retrait soudain du Canada des négociations commerciales avec les États-Unis reste une lame à double tranchant.

«Ça a le potentiel de peut-être réparer certaines choses, d’améliorer les prochaines décisions que le CRTC pourrait prendre pour mieux soutenir la production de langue française en contexte minoritaire, mais il y a aussi un risque que ça dilue les décisions qui ont déjà été émises, et que les niveaux de contribution soient revus à la baisse, ce qui aurait un impact très négatif sur le secteur.»

Besoin de garanties

«Dans tout futur accord, il faudrait demander des garanties, estime Nancy Juneau. On se rend compte que les mécanismes actuels sont vulnérables aux pressions commerciales.»

«On parle de la culture comme si ce n’était pas économique. Mais c’est une industrie comme bien d’autres», rappelle-t-elle.

Les 600 millions promis par le gouvernement demeurent «des décisions gouvernementales», remarque Carol Ann Pilon.

«Elles ne sont pas ancrées dans une loi ou une règlementation. Elles sont plus faciles à changer au fil des gouvernements qui se succèderont ou encore sous d’autres pressions économiques. Tandis qu’une règlementation, c’est plus difficile à changer.»

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Dans son annonce de rupture des négociations avec les États-Unis le samedi 22 aout, Mark Carney a évoqué le français comme l’un des «irritants».

Plus précisément, il a expliqué que l’une des raisons de l’échec des négociations émane des demandes de l’administration Trump concernant certaines règles et lois pour la protection du français et de la culture au Canada. Des conseillers du président auraient demandé de revoir la loi sur la diffusion en continu du gouvernement fédéral et la loi 109 sur la découvrabilité du Québec. Les règles d’étiquetage sont aussi un irritant de longue date.

Une stratégie de Carney qui pourrait être instrumentalisée par Trump

Selon le professeur de science politique à l’Université d’Ottawa, Charles-Étienne Beaudry, la sortie de Mark Carney aurait «jeté un pavé dans la mare de l’élection provinciale au Québec».

Ce dernier affirme que le gouvernement canadien et le gouvernement québécois de la Coalition avenir Québec, actuellement au pouvoir, auraient cherché à se présenter comme des défenseurs du français pour gagner des votes face au Parti québécois, un parti indépendantiste nationaliste qui mène dans les sondages à l’approche de l’élection d’octobre.

«S’ils ont voulu faire une manœuvre politique pour nuire au Parti québécois, ils ont peut-être donné des munitions à Donald Trump. Il pourrait se mettre à soutenir l’indépendance du Québec pour briser le Canada», prévient le professeur.

La francophonie canadienne est aussi entrainée dans la tourmente, poursuit Charles-Étienne Beaudry. Le désir des plateformes de diffusion en ligne, comme Netflix et Amazon Prime, que les règles fédérales concernant la mise en valeur du contenu francophone soient assouplies est également «instrumentalisée» par Trump.

«Avoir mis l’emphase là-dessus, je ne sais pas si c’est une si bonne idée que ça, questionne le professeur Beaudry. Les stratèges de Mark Carney ont peut-être dit : “En disant ça, vous allez montrer que vous vous souciez du français et de la culture francophone au Canada”. Mais là, attention, à ne pas donner d’armes à notre adversaire qui n’hésitera pas à les utiliser.»

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Photo : Capture d’écran

Donald Trump a profité d’un message sur son réseau social le 25 aout pour contrer l’argument de Mark Carney, qui a dit vouloir protéger la langue française contre les demandes des États-Unis comme l’une des raisons de la rupture des négociations. Cette déclaration d’amour pour la francophonie canadienne fait abstraction du fait que les règles d’étiquetage du Québec ont été identifiées comme une «barrière technique au commerce» dans un rapport en avril 2025. 

La réplique canadienne

Le 25 aout, le Canada a annoncé sa riposte face à cette plus récente salve de tarifs douaniers des États-Unis. Cette dernière concernant des produits canadiens totalisant 27,6 milliards de dollars est finalement entrée en vigueur le 22 aout.

Les ministres fédéraux François-Philippe Champagne, Patty Hajdu, Mélanie Joly et Evan Solomon ont annoncé des contretarifs «dollars pour dollar» qui se chiffrent à un total de 27,6 milliards de dollars de produits américains. Des tarifs douaniers variant entre 15 et 50 % seront appliqués dès le 8 septembre sur des produits de fer et d’acier, alimentaire, laitiers, électroménagers et agricoles, entre autres.

Cette réponse canadienne survient après la rupture des négociations entre les États-Unis et le Canada, le 22 aout. Ottawa a refusé la dernière entente truffée de «lignes rouges», a mentionné le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, sur les ondes de Radio-Canada.

La réplique canadienne est assortie de différentes mesures de soutien à hauteur de 7,5 milliards de dollars pour les entreprises et travailleurs canadiens touchés.

Plateformes de diffusion : le Canada «pas une extension» des États-Unis

Après cet échec des négociations, est-ce que le gouvernement canadien pourrait permettre au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de ramener la demande de contribution de 15 % des revenus canadiens des plateformes de diffusion des États-Unis pour financer la production de contenu canadien et francophone? En réponse par courriel à Francopresse, le ministère de l’Identité et de la Culture canadiennes préfère envoyer la question vers le bureau du premier ministre.

Le professeur Charles-Étienne Beaudry reste prudent sur cette possibilité : «On a déjà reculé, donc ce n’est pas évident. Il faut se tenir solides dans nos décisions, peut-être trouver de nouvelles mesures.»

La contribution de 15 % devant les tribunaux

Le CRTC avait décidé en mai 2026 de faire passer de 5 à 15 % de leurs revenus canadiens la contribution des grandes plateformes de diffusion étrangères, comme Netflix, Apple TV+ ou Amazon Prime, à la production canadienne et francophone.

Les plateformes américaines contestent depuis cette mesure devant les tribunaux. Selon eux, le Canada leur impose une obligation financière beaucoup plus lourde qu’aux entreprises canadiennes, ce qu’ils considèrent être une mesure discriminatoire ou un obstacle commercial visant spécifiquement les entreprises américaines.

Le gouvernement canadien a toutefois indiqué en juillet qu’il comptait retirer cette obligation de contribution et la remplacer par du financement public. Cette décision est survenue alors que la contestation judiciaire était toujours en cours.

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Selon le professeur, la contribution de 15 % c’était «trop». Il avance notamment un retour à 5 % comme possible solution.

Le Canada pourrait aussi s’inspirer du modèle de l’Union européenne, où Netflix adapte son contenu aux différentes cultures et régions.

Les entreprises américaines de diffusion de contenu, comme Netflix ou Amazon Prime, ont tendance à considérer le Canada comme une «extension du marché américain», ce qui «agace», note-t-il.

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L’alcool : l’autre irritant

Selon Charles-Étienne Beaudry, l’autre «carte maitresse» du Canada est le retour de l’alcool américain sur les tablettes canadiennes.

Huit des dix provinces l’ont banni de leurs étagères ou ont cessé d’en acheter, notamment le vin californien et le whisky du Kentucky qui sont le «nerf de la guerre», selon le professeur.

Plusieurs États producteurs d’alcool «sont des États importants pour les élections, cruciaux pour que les républicains de Trump conservent la Chambre des représentants, conservent le Sénat.»

Ce boycottage de l’alcool américain était l’une des demandes de la plus récente vague de tarifs. «Carney a vu qu’il était manipulé et a refusé», analyse le professeur.

Tout d’abord, c’est quoi l’Acadie? 

L’Acadie n’est pas une province comme le Québec ou le Manitoba. C’est une nation regroupant les populations qui parlent français dans les provinces de l’Atlantique (le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse).

Image : Montage As de l’info

L’Acadie a été la toute première colonie française en Amérique du Nord. Elle est ensuite devenue une colonie britannique en 1713. La Grande-Bretagne décide alors d’expulser la population acadienne du territoire. C’est ce qu’on appelle le Grand Dérangement ou la déportation des Acadiens. 

Entre 1755 et 1763, plus de 10 000 Acadiens ont été arrachés de leur terre natale, mis à bord de bateaux et envoyés vers d’autres colonies britanniques, comme aux États-Unis. Certains ont pu revenir à la maison après plusieurs années, mais d’autres n’ont jamais revu leur famille. Voilà pourquoi c’est un moment douloureux pour les Acadiens. 

Cela explique aussi pourquoi les Acadiens sont fiers de faire du bruit à chaque 15 août, pour montrer qu’ils sont toujours là! 

Une tradition acadienne

Durant cette fête nationale, tout le monde attend avec impatience ce qu’on appelle le Tintamarre. Le premier Tintamarre de la Fête nationale de l’Acadie a eu lieu en 1955 à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Le Tintamarre s’inspire d’une coutume médiévale française qui consiste à faire le plus de bruit possible pour marquer un événement triste ou joyeux. Dans le cas de l’Acadie, le Tintamarre représente les deux. Il évoque la tristesse du Grand Dérangement et il souligne aussi la solidarité et la joie. Il rappelle aux autres la présence des Acadiens. 

J’ai pu m’entretenir avec Philippe Basque, un historien du Village historique acadien de Caraquet. Il m’a dit qu’il existait toutes sortes de Tintamarres partout dans la région. Parfois, c’est sous forme de musique, parfois ce sont de grandes parades sur plusieurs kilomètres ou des rassemblements. Peu importe la manière, il faut faire le plus de bruit possible!

Je lui ai posé la question suivante : est-ce qu’on doit utiliser un objet en particulier pour faire du bruit durant un Tintamarre? Voici sa réponse : 

 «Aujourd’hui, je dirais que ça peut être n’importe quoi. Dans les années 1970, on utilisait surtout des chaudrons ou des cuillères, parce que tout ce qui était en métal faisait plus de bruit. Maintenant, on peut entendre de tout : cris, klaxons, cloches, instruments… C’est très varié.»

Tu l’auras compris, tous les bruits sont les bienvenus à la Fête nationale de l’Acadie! La tradition du Tintamarre est devenue tellement populaire qu’elle attire même les touristes.  

Et toi? Ça te tenterait de participer? Quel objet choisirais-tu pour faire du bruit? Moi je pense que j’irais avec ma trompette! TU-TU-TU-TUUUU 🎺

Une île française au Canada! 🇫🇷

Saint-Pierre-et-Miquelon a beau se trouver à 20 kilomètres du Canada, c’est un territoire français. Oui oui! Même si l’île se situe à 4300 kilomètres des côtes françaises! Les 5800 habitants vivent surtout de la pêche. Comme ils sont techniquement en France, ils achètent leurs croissants avec des euros et quand ils votent, c’est pour élire le président français.

Image : As de l’info

Pourquoi Miquelon déménage?

Le village est situé à 2 mètres au-dessus du niveau de la mer et il est au bord de l’eau. Ça veut dire que si le niveau de la mer augmente de deux mètres, le village sera complètement inondé!

Malheureusement, avec le réchauffement climatique, des experts prévoient que le niveau de la mer montera de 75 cm à 1 mètre d’ici 2100. Pourquoi? Les glaciers fondent dans l’Arctique, ce qui ajoute plus d’eau dans l’océan. 

Depuis 2022, le gouvernement français aide les 600 habitants de Miquelon à déménager. Comment? En rachetant les maisons des habitants volontaires, il leur donne les moyens d’en construire une plus loin.

Le nouveau village de Miquelon se situera à 55 mètres de hauteur sur une colline, à 1,5 kilomètre de son lieu actuel.

L’île de Miquelon vue du ciel. Photo : Doc Searls – CC BY 2.0

Pour l’instant, 14 familles ont accepté de déménager et neuf maisons sont en cours de construction. Le reste des habitants de Miquelon a encore du temps : ils peuvent demander l’aide financière du gouvernement jusqu’à 2100! 

En plus des maisons, il faut aussi déménager la mairie, l’église et l’école. Et c’est tout un travail pour relier les nouveaux bâtiments au réseau d’eau potable et d’électricité! Ensuite, quand tout le monde aura déménagé, les maisons dans l’ancien village seront détruites et remplacées par des espaces naturels. 

Des îles inondées partout dans le monde

Les Miquelonnais (les habitants de Miquelon) sont les premiers migrants climatiques français. C’est-à-dire qu’ils sont les premiers en France à devoir déménager à cause du réchauffement climatique. Mais ailleurs dans le monde, ce n’est pas nouveau!

En 2012, les 380 habitants du village Newtok, en Alaska, ont dû déménager à cause de la fonte du pergélisol et de l’érosion de leur terre.

Dans certains cas, ce sont des îles entières qui risquent de disparaître sous l’eau. C’est le cas de Tuvalu au milieu de l’océan Pacifique. Ses 12 000 habitants devront tous quitter l’île d’ici 2060.

De l’espoir!

On peut se sentir impuissant face à des nouvelles sur les conséquences du réchauffement climatique. Je te conseille de lire ou de relire ce super article d’Ophélie, où des enfants inspirants font leur part pour renverser la tendance partout dans le monde!

Peux-tu nommer trois gestes que tu fais pour préserver notre belle planète?

Source : La Presse

«J’avais 19 ans. Tout ce que je voulais, c’était servir mon pays. Mais j’ai été arrêtée, interrogée et congédiée […] Je ne croyais pas pouvoir gagner un recours collectif ou avoir des excuses officielles du gouvernement», a déclaré la coprésidente du conseil d’administration du Fonds Purge LGBT, Martine Roy, lors de l’inauguration officielle du premier monument national 2ELGBTQI+, près du pont Portage, sur la rue Wellington à Ottawa.

À lire aussi : Purge LGBT au Canada : en parler «pour ne pas que l’histoire se répète»

En préparation depuis 2024, le monument Coup de Tonnerre est une immense colonne de 11 mètres fendue par un nuage qui représente les discriminations routinières et les violences subies par la communauté.

Le monument a été exclusivement financé par les fonds reçus après la victoire en justice du recours judiciaire de Martine Roy contre le gouvernement fédéral, il y a 10 ans.

L’ex-premier ministre Justin Trudeau a, comme son père, défendu les droits de la communauté 2ELGBTQI+.

Inès Lombardo – Francopresse

Les Trudeau père et fils pour les droits LGBT

Présent pour l’inauguration, l’ancien premier ministre Justin Trudeau a affirmé aux journalistes, en marge de la cérémonie, que son gouvernement avait reconnu et œuvré pour les droits LGBT, mais qu’il avait laissé «beaucoup de travail» à son successeur.

En s’excusant en 2017 auprès de la communauté 2ELGBTQI+, Justin Trudeau s’est inscrit dans le sillage de son père, Pierre Elliott Trudeau, ex-premier ministre lui aussi, à l’origine du projet de loi qui a partiellement légalisé l’homosexualité en 1969.

Ce dernier avait affirmé : «L’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation.»

Pour sa part, son fils a mis en place un Plan d’action fédéral 2ELGBTQI+ et modifié le Code criminel pour interdire les thérapies de conversion.

À lire aussi : Plan d’action fédéral 2ELGBTQI+ : une «belle surprise» aux contours flous

Martine Roy a affirmé que le Monument national appartient à tout le monde, quel que soit la province ou le territoire.

Inès Lombardo – Francopresse

Le 21 aout, lors de l’inauguration du monument, l’ancien député néodémocrate Svend Robinson a rendu hommage aux deux hommes et leurs politiques.

Il a toutefois souligné l’absence du chef de la GRC, Michael Duheme. Mais la générale Jennie Carignan, cheffe d’état-major de la Défense, était présente.

Plusieurs espaces entourent le monument : un jardin médicinal, un verger, le Mur des parcours, qui retrace les histoires de discrimination et de militantisme, 13 pierres choisies par des personnes bispirituelles et des Ainés queers de chaque province et territoire, ainsi qu’un cercle de guérison avec feu sacré.

Martine Roy et d’autres survivants et survivantes ont rappelé que le monument appartient à tous les Canadiennes et Canadiens, même s’il est à Ottawa.

FRANCOPHONIE

Depuis l’entrée en vigueur d’une nouvelle directive linguistique en janvier 2025, le ministère de la Défense nationale a modifié le statut linguistique de 348 unités du ministère et des Forces armées canadiennes.

À lire aussi : Défense : perte nette de 107 unités où le français est une langue de travail

Au total, 203 unités sont passées du bilinguisme à un statut unilingue, dont 174 anglophones et 29 francophones, tandis que 145 unités sont devenues bilingues.

Recul pour le français : Le bilan représente une perte nette de 107 unités où le français est une langue de travail, alors que 49 unités supplémentaires ont ajouté l’anglais.

Le ministère explique ces changements par des difficultés à respecter les obligations linguistiques dans certaines régions unilingues et pour s’aligner sur les mêmes régions linguistiques que le reste de la fonction publique fédérale.

La directive est toutefois critiquée par des groupes francophones et des partis d’opposition, qui craignent un recul du français au sein des Forces. Une pétition sur le sujet a été lancée mercredi.

Le ministre de la Défense, David McGuinty, a ordonné un examen et une révision de la directive, sans toutefois la suspendre pour l’instant. Des plaintes ont aussi été déposées auprès du Commissariat aux langues officielles.

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Deux rapports d’Alto issus des consultations avec la population, dont un avec les communautés autochtones ont été publiés à l’avantage du projet de TGV entre Québec et Toronto.

Flickr – Domaine public

CANADA

Dans une mise à jour sur les retombées économiques publié jeudi, Alto défend la pertinence du projet de train à grande vitesse (TGV) entre Québec et Toronto, malgré son cout estimé entre 60 et 90 milliards de dollars.

Les avantages selon Alto : Selon l’analyse de la firme, un TGV couterait au maximum 20 % de plus qu’un train à grande fréquence, mais génèrerait des retombées économiques et sociales supérieures, jusqu’à une hausse de 24,5 milliards du PIB, des économies de temps de transport et une réduction des accidents et des émissions de CO2.

Avec un bassin de 15 millions d’habitants, Alto estime que le corridor pourrait attirer jusqu’à 17 millions de passagers par an dès les premières années, puis jusqu’à 24 millions en 2055. L’entreprise prévoit une rentabilité sur les 40 premières années d’exploitation.

Projections provisoires : un plan d’affaires plus précis, fondé sur des données actualisées, doit être présenté en 2027. Le gouvernement fédéral maintient pour l’instant son appui au projet.

L’entente-cadre conclue entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador prévoit le développement des projets hydroélectriques de Churchill Falls et la construction de Gull Island, avec des investissements d’Hydro-Québec qui pourraient atteindre 70 milliards de dollars.

À la fois le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador obtiendraient davantage d’électricité quand dans la première version de l’entente.

Entente de principe : Ottawa prévoit un investissement d’environ 10 milliards de dollars. Pour l’instant, l’accord est une entente de principe. Des consultations avec les communautés autochtones et plusieurs modalités doivent être réglées avant une ratification prévue au plus tard en mars 2027.

À Terre-Neuve-et-Labrador, le premier ministre Tony Wakeham, qui avait fait rouvrir les négociations après avoir rejeté l’entente de 2024, présente le nouvel accord comme une amélioration majeure pour sa province.

Les emplacements des projets de Churchill Falls et Gull Island incluent dans la nouvelle entente de collaboration pour la production d’électricité entre le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador.

Google Map

ÉCONOMIE

Mardi, le président des États-Unis, Donald Trump, a finalement repoussé de trois jours la vague de tarifs douaniers qu’il prévoyait appliquer sur une gamme de produits canadiens le 19 aout.

Toutefois, à l’heure d’écrire ces lignes, les premières ministres du Québec et du Nouveau-Brunswick ont affirmé ne pas encore connaitre les détails de l’entente conclue entre le Canada et les États-Unis pour éviter ces tarifs.

Pour la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, la question de remettre l’alcool américain n’est envisageable que si tous les tarifs sur l’aluminium, le bois d’œuvre et les véhicules électriques canadiens sont définitivement levés.

Le gouvernement fédéral n’a pour l’instant pas encore présenté les détails de l’entente.

INTERNATIONAL

Le Canada rejoint l’Allemagne, la France, l’Italie, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni dans une déclaration publiée le 20 aout pour condamner le projet israélien de coloniser la Cisjordanie via le projet immobilier, «E1».

«Inacceptable» : « La décision du gouvernement d’Israël de lancer des appels d’offres pour la construction du projet de colonisation E1 est inacceptable. La communauté internationale s’oppose depuis longtemps à cette expansion des colonies et a exprimé ses vives préoccupations à cet égard en privé comme en public. Le projet E1 compromettra les perspectives d’une solution à deux États en creusant un fossé au cœur de la Cisjordanie et en portant atteinte à la contigüité territoriale des territoires palestiniens.»

La déclaration rappelle que le droit international a qualifié les colonies israéliennes en Cisjordanie «d’illégales», et reconnu que la «grave instabilité en Cisjordanie […] caractérisée par des niveaux de violence sans précédent de la part des colons à l’encontre des civils et par de sévères restrictions pesant sur l’économie palestinienne» rend ce projet de colonisation d’autant plus «préoccupant».

Dans sa mise à jour du 18 aout, le Centre de gestion des opérations du gouvernement a fait état de 4,1 millions d’hectares brulés par plus de 580 feux actifs, un pallier minimal qui se poursuit depuis 2023.

Ces feux ont poussé à l’évacuation de milliers de personnes (49 000 en 2025, selon les chiffres du gouvernement), un «nombre record», a affirmé une fonctionnaire, lors du breffage pour les médias le 18 aout.

Aucune région n’est épargnée, comme le montre le graphique du Centre de gestion des opérations (ci-dessous), mais la Colombie-Britannique et les Territoires du Nord-Ouest sont les plus touchés.

Sécurité publique Canada

Le palier de 4,1 millions d’hectares brûlés, franchi depuis 2023,  a de nouveau été atteint cet été 2026, selon la mise à jour du 18 aout 2026. 

Sécurité publique Canada

Les Premières Nations fortement touchées

Ce sont également les Premières Nations qui sont le plus touchées et le moins équipées. Pour cette raison les ministères de la Sécurité civile et Services aux Autochtones Canada travaillent de concert.

En point de presse le 18 aout, la ministre de Service aux Autochtones Canada, Mandy Gull-Masty, a affirmé que «80 % des Premières Nations sont dans les régions à risque de feux de forêt».

Depuis le 1er juillet, 4295 personnes au sein de 25 Premières Nations ont été évacuées, selon les chiffres du gouvernement.

Pour lutter contre les feux, il y a 320 postes de gestion d’urgence au sein des Premières Nations.

Une fonctionnaire a assuré que Service aux Autochtones Canada finance entièrement les couts de reconstruction des maisons et des infrastructures brulées dans les communautés autochtones qui sont admissibles.

Interrogée sur la mise en œuvre d’un projet de loi sur la gestion des feux de forêt au Canada, la ministre Olszweski a affirmé que ce «n’était pas prévu pour l’instant».

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Financement fédéral

Cet été, le gouvernement du Canada a débloqué des millions de dollars en aides, conjointement avec les provinces et territoires. Ces dernières sont également des parties prenantes dans l’aide à la lutte et à la préparation contre les feux.

Le 12 aout, Environnement Canada a annoncé plus de 34 millions de dollars pour financer 141 projets de «résilience climatique». Toutefois, dans les détails, seulement 70 000 $ a été accordé à la municipalité de Jasper pour l’aider à mieux se préparer contre les feux.

«Nous devons travailler avant que le désastre n’arrive», a déclaré la ministre de la Gestion des urgences et de la Résilience des communautés, Eleanor Olszewski, lors de la mise à jour gouvernementale du 18 aout.

Entre compressions et suppression de postes…

Des critiques se sont élevées à propos du manque de préparation et la gestion générale des feux par le gouvernement Carney, notamment sur les compressions qui ont lieu au sein d’Environnement et Changement climatique Canada.

Début aout, des membres de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada ont manifesté à Ottawa pour protester contre ces coupes.

Entre décembre et l’été 2026, le gouvernement canadien a procédé à des compressions d’emplois dans la recherche scientifique au sein d’Environnement et Changement climatique Canada. 

L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFCP) recense un total 80 postes supprimés définitivement parmi ses membres et au moins 56 postes «touchés», c’est-à-dire qui sont sujets à des changements. Ils précisent que ce chiffre pourrait être plus élevé, car les chiffres de l’Institut ne concernent que ses membres.

Sean O’Reilly dit être inquiet lorsque la ministre Olszewski affirme que les suppressions de postes effectuées à Environnement Canada et Ressources naturelles n’ont «pas d’impact» sur la prévention et la gestion gouvernementale des feux de forêts.

Courtoisie IPFPC

… minimisées par le gouvernement

Questionnée à ce sujet, la ministre Eleanor Olszewski a balayé les répercussions de suppressions d’emploi sur les opérations de lutte contre les feux de forêt, ne prenant en compte que celles opérées au COG : «Je peux vous indiquer qu’un peu plus de dix postes permanents ont été supprimés au cours de l’année dernière, mais que ces suppressions n’ont en aucune façon affecté la capacité opérationnelle de ce centre.»

Une réflexion qui inquiète le président de l’IPFCP, Sean O’Reilly.

«Le problème, c’est qu’on ne dispose pas réellement de données factuelles concrètes sur les personnes concernées par ces coupes ni sur les programmes qui sont supprimés. C’est très vague. On dit que ces coupes n’auront pas d’impact, alors qu’elles en auront un. Avec tous ces nouveaux risques qui apparaissent en raison des changements climatiques, la charge de travail ne diminue pas. Et quand on supprime des postes, le travail est toujours là, mais on a moins de personnel.»

Service Nombres de postes Actions du service
Centre canadien de cartographie et d’observation de la Terre 25 postes touchés Cartographie des feux de forêt et des inondations
Programmes climatiques de RNCan 66 postes supprimés Recherche sur les risques et le climat
Solutions climatiques naturelles du SCF 22 des 50 employé·es sont touchés Atténuation des effets des changements climatiques
Répercussions des changements climatiques et adaptation par la CGC 9 des 27 employé·es sont touchés Prévision des risques climatiques
Commission géologique du Canada (CGC) 14 postes de plus supprimés Préparation aux catastrophes naturelles
Source : Institut professionnel de la fonction publique du Canada

L’IPFPC souligne trois autres diminutions de services :

Le président de l’IPFPC nuance ses propos dans son analyse de la réponse du gouvernement, qu’il estime dans l’ensemble «bonne, mais on peut mieux faire : […] protéger et renforcer l’expertise scientifique».

«Ce qui m’inquiète, c’est qu’il s’agit là d’une approche très réactive de la lutte contre les incendies de forêt. Le gouvernement laisse de côté les mesures proactives, qui devraient être prises avant le début de la saison des incendies.»

Des fonds fédéraux qui alimentent le risque

Des solutions existent et sont à portée de main du fédéral. Le directeur de la recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada, Ryan Ness, avance en entrevue avec Francopresse que le fédéral doit revoir ses programmes de construction de maisons et d’infrastructures, comme FireSmart, ou Intelli-feu en français.

Ce programme, créé il y a plus de 30 ans, contribue à rendre les maisons résistantes au feu, mais est «loin d’atteindre l’ampleur nécessaire pour faire la différence», souligne-t-il.

«Dans tout le pays, des projets immobiliers et de nouveaux aménagements continuent d’être approuvés dans des zones exposées aux risques d’incendies de forêt, développe Ryan Ness. Ces projets bénéficient souvent d’un financement fédéral. Si le gouvernement fédéral pouvait faire preuve de plus de prudence dans l’octroi de ses subventions pour qu’elles servent à construire dans des endroits plus sûrs, cela permettrait de réduire l’ampleur des nouveaux risques que nous créons.»

— Ryan Ness, directeur de la recherche en adaptation à l’Institut climatique du Canada

Un rapport de l’Institut climatique du Canada explique en détail comment mieux protéger les foyers canadiens des incendies de forêt et des inondations.

Selon lui, des «millions de maisons, de foyers, sont exposés aux risques des feux de forêt». «Des millions de personnes sont en danger de mort en ce moment et seulement une fraction d’entre eux ont été protégés par des programmes comme FireSmart

Par courriel, le bureau des communications du ministère de la Défense affirme qu’un total de «203 organisations et unités sont passées d’obligations bilingues à des obligations unilingues en matière de langue de travail. Un total de 174 a maintenant une désignation anglophone et 29 une désignation francophone.

Comme l’avait noté le directeur des langues officielles au ministère de la Défense nationale, le capitaine de vaisseau Vincent Pellerin, en entrevue avec Francopresse, des unités unilingues sont aussi passées à un statut bilingue. Sur les 145 qui ont fait le changement, 67 sont passés de l’anglais au bilinguisme et 78 du français au bilinguisme.

Selon ces données, il y aurait donc 107 unités de moins où le français est une langue de travail. Il y a en échange 49 unités de plus où il est possible de travailler en anglais.

Le ministère rappelle que ces chiffres sont «fondés sur une analyse réalisée à ce jour» et qu’ils pourraient être appelés à changer. Le ministre de la Défense, David McGunity, a en effet demandé la semaine dernière une révision de la nouvelle directive et son implantation.

Dans la réponse écrite, le bureau des communications du ministère indique que «les travaux préliminaires pour déterminer la portée, l’approche et le calendrier de l’examen ont commencé».

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Nouvelle politique linguistique

Dans une infolettre publique du 27 juillet, le ministère de la Défense explique avoir modifié la désignation linguistique de plusieurs lieux de travail en partie parce que «plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entrainait des plaintes fondées et de la frustration».

La nouvelle directive sur la langue de travail au ministère de la Défense et dans les Forces armées canadiennes est entrée en vigueur en janvier 2025. La langue de travail des unités suit depuis les régions désignées bilingues dans la Loi sur les langues officielles.

5 + 7 plaintes

Le Commissariat aux langues officielles confirme  avoir reçu jusqu’à présent cinq plaintes concernant «les répercussions de la décision» du ministère de la Défense nationale de modifier son approche en matière de langue de travail.

À ces plaintes s’ajoutent sept autres plaintes concernant plus précisément le changement de la langue de travail au Collège militaire royal du Canada à Kingston, une des régions où la langue de travail est passée du bilinguisme à l’anglais.

Par écrit, la commissaire, Kelly Burke, dit avoir pris connaissance de la décision du ministre de réviser la directive et les effets de son application. Une enquête est en cours.

«Je m’intéresse particulièrement aux répercussions potentielles de cette situation. C’est pourquoi j’ai porté la question à l’attention du Comité permanent de la Défense nationale de la Chambre des communes, en soumettant un mémoire écrit le 15 mai dans le cadre de l’Étude sur la situation des francophones et des Autochtones au sein des Forces armées canadiennes.»

Kelly Burke dit s’attendre à ce que toutes les organisations assujetties à la Loi sur les langues officielles «respectent leurs obligations linguistiques et l’esprit de la Loi en tout temps».

Pétition

La révision est un mécanisme trop lent, selon Éric Sauvé. La pétition qu’il préparait avec d’autres anciens combattants a été ajoutée au système des pétitions de la Chambre des communes le 18 aout.

La pétition demande le retrait de la directive afin de «rétablir un régime permettant de désigner officiellement bilingues les unités, organisations et établissements militaires lorsque leur mission, leur mandat national, leurs responsabilités de formation ou leurs besoins opérationnels le justifient».

Elle demande également de «renforcer le bilinguisme comme capacité opérationnelle et stratégique et de publier l’examen et ses conclusions demandés par le ministre.

La pétition avait amassé près de 1000 signatures, majoritairement du Québec, à la fin de sa première journée en ligne.

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