En huit ans, la Fondation Baxter & Alma Ricard a plus que triplé le nombre de ses personnes boursières, passant de huit en 2018-2019 à 26 en 2026-2027. «Chaque année, les candidatures augmentent», commente le directeur général de la fondation, Elia Eliev.
Selon lui, poursuivre des études postsecondaires peut couter entre 56 000 $ et 60 000 $ par année. «Et ça, ça comprend le logement, les frais de scolarité, les frais de subsistance, etc.»
«Nos récipiendaires passent à travers plusieurs étapes pour recevoir la bourse. On sélectionne les meilleurs des meilleurs. Parfois, c’est très difficile parce qu’on aimerait en donner plus au niveau financier, mais on a une enveloppe très précise par année», précise Elia Eliev.
Créée en décembre 1998 par Alma Ricard et son défunt mari, Baxter Ricard, à Sudbury dans le Nord de l’Ontario, la fondation soutient des francophones issus de communautés en situation minoritaire au Canada qui terminent un deuxième baccalauréat, une maitrise ou un doctorat.
La fondation offre également une bourse de logement en partenariat avec la Maison des étudiants canadiens (MEC), située à Paris. Celle-ci permet à une personne francophone vivant en situation minoritaire au Canada et inscrite à un programme d’études de 2e ou de 3e cycle d’envisager de poursuivre une partie de ses études dans la capitale française.
«On veut s’assurer que la francophonie puisse vivre, rayonner, vibrer, à travers les projets de nos récipiendaires», témoigne Elia Eliev.
Si la majorité des boursiers de la fondation viennent de l’Ontario, celle-ci entend bien se faire connaitre d’un océan à l’autre. «On est là pour le rayonnement de la francophonie, pas juste émettre des chèques», dit Elia Eliev.
«Depuis 4 ans déjà, on a déployé des activités de promotion à travers le Canada, surtout dans l’Ouest, parce qu’historiquement, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba étaient bien représentés à la Fondation», indique le directeur général.
«On a aussi beaucoup de demandes provenant de francophiles, qui ont fait l’immersion […] On est en train d’appuyer et d’activer une nouvelle francophonie, une nouvelle génération de francophones.»
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«Les jeunes, de plus en plus, demandent et essaient de trouver des bourses, mais même suite à ça, ils essaient aussi de se trouver un emploi à temps partiel, parfois à temps plein ou parfois deux emplois à temps partiel», confirme la présidente de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), Emma Raphaelle.
Tout augmente : le cout des études postsecondaires, la vie, le logement, la nourriture, l’essence. Ça rend l’éducation postsecondaire de moins en moins accessible pour les personnes étudiantes.
Les dépenses s’accumulent et les difficultés financières se font sentir. Dans le Baromètre jeunesse 2025 de la FJCF, les jeunes réclament notamment plus de soutien financier et de bourses.
Selon le Baromètre jeunesse 2025 de la FJCF, 80 % des jeunes de 18 à 21 ans occupent un emploi, 64 % travaillent à temps partiel et 36 % à temps plein. La plupart poursuivent parallèlement des études postsecondaires à temps plein.
Parmi les jeunes qui subviennent entièrement ou en partie à leurs besoins, deux sur cinq (40 %) déclarent éprouver des difficultés financières.
Même parmi les personnes répondantes qui ont des bourses, 49 % indiquent rencontrer des difficultés à subvenir à leurs besoins.
Selon Emma Raphaelle, l’éducation postsecondaire doit être vue comme un investissement par les gouvernements et non une dépense.
L’organisme francophone propose d’ailleurs, en partenariat avec l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), les Bourses jeunes engagé·es. Un concours ouvert aux jeunes d’expression française en contexte minoritaire qui se démarquent par leur engagement, au sein de leur école ou de leur communauté francophone.
«C’est certain que plus on offre de bourses, mieux c’est. Subventionner et financer les institutions postsecondaires, c’est quelque chose qui est très important», insiste Emma Raphaelle.
Un investissement, pas une dépense
Selon Statistique Canada, les droits de scolarité moyens des étudiants canadiens au premier cycle ont augmenté de 1,4 % en 2025-2026, pour atteindre 7 734 $ à l’échelle du pays. En Ontario, ils s’élevaient à 8 958 $ au premier cycle et à 9 930 $ aux cycles supérieurs. Ces montants n’incluent ni le logement ni les frais de subsistance.
Il y a des défis au niveau des études postsecondaires en Ontario et à travers le Canada. Il y a de moins en moins de financement
Aux yeux d’Emma Raphaelle, les gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral doivent comprendre que l’éducation postsecondaire constitue un investissement, pas une dépense. «Parce que si on cherche des électriciens, des nurses, des enseignants par exemple, il faut investir dans l’éducation.»
«L’accessibilité de cette éducation en français est primordiale, ajoute-t-elle. Cela devrait être reflété dans le financement des gouvernements, que ce soit à travers du financement direct dans les institutions ou justement des bourses pour les personnes étudiantes.»
La responsable rappelle que les jeunes francophones partent déjà avec un fardeau. «Quand les jeunes choisissent d’aller au postsecondaire en français, c’est très souvent une grosse décision pour eux, parce que l’option la plus facile, c’est très souvent d’aller en anglais plus proche de chez nous.»
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Depuis le mois de mai, Leonard Nkengue est le premier agent de liaison de l’Association des francophones du Nunavut (AFN) à Rankin Inlet. Une tâche qu’il occupe en plus de son rôle d’enseignant en mathématique et en sciences à l’école de langue anglaise.
Pour lui, ce lien avec l’AFN est une question de survie pour langue française dans cette ville d’un peu moins de 3000 habitants. Parce que le français y est pratiquement «inexistant».
C’est la quatrième langue après l’inuktitut, l’inuinnaqtun et l’anglais dans les communications gouvernementales, rappelle-t-il.
«Dans la communauté, c’est moi et quelques amis qui avons créé un ilot où on peut s’exprimer en français dans les rencontres familiales et dans les activités qu’on organise ensemble pour que l’expression française puisse rester», rapporte Leonard Nkengue.
Il n’y a pas d’école, pas de garderie pour les jeunes francophones. Garder la langue est un choix et un effort qui se fait principalement en famille, mais qui peut être plus facile grâce à la solidarité.
«J’ai toujours dit, l’homme a un instinct grégaire, il faut toujours qu’il soit en communauté. C’est mieux d’être en communauté, on est plus fort ainsi.»
Selon son décompte, une vingtaine de francophones et francophiles sont devenus officiellement membres de l’AFN.
«Avec une association francophone, on aura toujours cette opportunité-là, on a un endroit où on peut parler en français et maintenir la langue. Donc, c’est un partenariat vraiment gagnant-gagnant et très, très nécessaire», insiste l’agent de liaison.
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Christian Ouaka veut que l’AFN desserve aussi les 10 % des francophones du Nunavut qui résident à l’extérieur d’Iqaluit.
Le directeur général de l’AFN, Christian Ouaka, affirme que le désir de rejoindre les autres francophones du Nunavut est bien présent depuis son entrée en poste en 2020.
Iqaluit compte près de 90 % des francophones du territoire. Il y en a donc dans d’autres communautés qui ont aussi besoin de services. «Si nous ne sommes pas présents dans la vie de ces communautés, il y a certaines choses qui peuvent être facilement mises de côté; comme l’obligation de donner des services dans les langues officielles du territoire», mentionne-t-il.
Le responsable explique que l’antenne de Rankin Inlet est en fait le «hub» pour toute la région du Kivalliq – l’ouest du Nunavut –, qui compte une soixantaine de francophones. «Ils ont besoin de services en français, d’avoir des activités, de se rassembler, parce qu’ils ne font que vivre en anglais là-bas, par défaut de services en français.»
L’AFN espère que cette antenne permettra de démontrer aux gouvernements qu’il y a une présence francophone à l’extérieur d’Iqaluit et qu’elle a aussi besoin d’appui. Éventuellement, le financement pour les activités au Nunavut pourrait comprendre le cout du déplacement d’un artiste vers Rankin Inlet et ailleurs, par exemple.
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Pour Leonard Nkengue, l’affiliation avec l’AFN apporte une solidarité essentielle à la survie de la langue, mais aussi l’attention des décideurs. «Pour atteindre des objectifs vraiment palpables et grands, il faut fonctionner avec les organismes qui sont capables de porter la voix francophone plus haute.»
Première action déjà lancée : la création d’un service de garde après l’école. «L’AFN va nous venir en aide là-dessus. Il y a des personnes que je dois rencontrer pour la disponibilité des salles et il y a un budget qu’il faut fournir», indique-t-il.
L’objectif est de créer un service pour toute la communauté, «parce qu’il y a un fort besoin d’un service de garde après l’école».
Le deuxième coup de main que l’Association peut fournir est logistique et financier.
C’est un point non négligeable. Avant que l’AFN arrive, quand on organisait des activités, c’était de notre propre effort et c’était de notre propre financement.»
«La dernière activité que [les francophones ont] faite, c’était lors de la fête du Travail. Nous nous sommes rencontrés pour discuter sur la résolution des conflits en milieu de travail dans le contexte du Nunavut», raconte Leonard Nkengue.
Il donne comme exemple une soirée pour souligner le Mois de l’histoire des Noirs en 2024, que les francophones de Rankin Inlet ont décidé de financer avant même de savoir s’ils auraient de l’aide d’autres organismes de la communauté.
Ce que Leonard Nkengue souhaite, c’est un jour de pouvoir organiser les mêmes activités qu’à Iqaluit, mais avec des adaptations selon le contexte de Rankin Inlet.
Les francophones de Rankin Inlet ne veulent pas s’isoler du reste des habitants de la ville, insiste Leonard Nkengue. Bien au contraire, ils veulent partager leur langue et leurs cultures.
Que le service de garde après l’école puisse accueillir tous les enfants fait partie de cette ouverture. La célébration du Mois de l’histoire des Noirs en 2024 a été organisée avec la même démarche inclusive, en invitant tout le monde.
«[Il y a une] curiosité pour des personnes qui n’ont jamais entendu la langue avant. Et puis, il a un certain intérêt, du moins professionnel, beaucoup plus parfois pour l’apprendre», dit-il.
Le sondage a été instauré en 2016 par le Commissariat aux langues officielles afin de prendre le pouls tous les 5 ans de la perception des deux langues officielles au Canada, l’anglais et le français. Le sondage a été réalisé par Environics Research Group au printemps 2026, avec 1502 personnes sondées en ligne de partout au Canada et 1500 au téléphone.
Dans le premier cas, les données ne peuvent pas être extrapolées à la population canadienne puisque la représentativité de l’échantillon ne peut être garantie. Par contre, plus de questions ont été posées dans le sondage en ligne.
Le premier constat est le même depuis 10 ans : les francophones sont toujours beaucoup plus exposés à l’autre langue officielle que les anglophones. Selon les réponses recueillies en ligne, 59 % des francophones interagissent au moins à l’occasion avec des gens qui parlent surtout anglais, contre 21 % des anglophones avec des francophones.
Les francophones déclarent maitriser plus l’anglais que les anglophones le français.
L’écart est encore plus grand pour les médias (radio, télévision, Internet, médias sociaux) : 66 % des francophones en consomment en anglais, contre 13 % des anglophones en français. Il en va de même pour les arts, la culture et le divertissement.
Les francophones sont ainsi plus à même de parler l’anglais que l’inverse.
Parmi les personnes qui ont répondu au sondage téléphonique, 44 % des francophones disent pouvoir parler couramment l’anglais, tandis que 9 % des anglophones disent pouvoir parler couramment le français.
À l’inverse, 61 % des anglophones se disent incapables de soutenir une conversation en français, contre 16 % des francophones pour l’anglais.
Les justifications les plus répandues pour ne pas apprendre l’autre langue officielle sont assez similaires dans les deux types de sondages.
La raison principale invoquée par les francophones […] est le manque d’occasions de s’exercer, raison qu’ils invoquent un peu plus souvent que les anglophones; ces derniers sont pour leur part plus susceptibles que les francophones de mentionner l’impression de ne pas en avoir besoin, le manque d’intérêt, le manque de temps ou l’impression qu’il est trop difficile d’apprendre le français
En parallèle, les Canadiens et les Canadiennes appuient très largement le bilinguisme dans les services fédéraux et des personnes à leur tête, mais l’appui varie selon le sujet, le mode de sondage et la langue.
Le sondage met en lumière qu’une nette majorité de personnes répondantes est en faveur d’un premier ministre bilingue et des ministres fédéraux bilingues.
Là encore, le clivage linguistique transparait : au téléphone, 96 % des francophones veulent un premier ministre bilingue, contre 80 % des anglophones.
Les francophones veulent à 93 % des ministres bilingues, contre 68 % chez les anglophones.
Le besoin des grands évènements – comme des évènements sportifs et culturels – de se dérouler dans les deux langues recueille moins d’appui (72 % et 58 %), avec de nouveau un clivage linguistique fort entre les personnes francophones sondées et les anglophones.
L’un des points qui ressortent également du sondage porte sur le bilinguisme officiel : environ 44 % des personnes sondées (en ligne et par téléphone) doutent de son utilité dans les régions unilingues.
L’idée qu’Ottawa dépense trop pour le bilinguisme reste, car elle est partagée par une part importante des personnes répondantes : 34 % au téléphone et 41 % en ligne. Le clivage est linguistique : les francophones y adhèrent beaucoup moins (17 %) que les anglophones (38 %) dans les réponses par téléphone.
Environ 9 personnes sur 10 appuient la Loi sur les langues officielles modernisée en 2023, toutes langues confondues.
Presque tout le monde (94 % au téléphone, 85 % en ligne) estime que les Canadiens et Canadiennes devraient pouvoir obtenir des services fédéraux en français ou en anglais, y compris 96 % des francophones et 94 % des anglophones au téléphone.
Ginette Petitpas Taylor, ex-ministre des Langues officielles, en juin 2023 après la sanction royale de la Loi sur les langues officielles modernisées, plaide pour «l’égalité réelle» entre les deux langues.
En revanche, ce sont 79 % des personnes répondantes en ligne qui croient à tort que tous les services fédéraux sont offerts dans les deux langues partout au pays.
La croyance que tous les services fédéraux sont offerts dans les deux langues reste majoritaire depuis 10 ans, selon le document.
Mais tous les bureaux fédéraux ne sont pas tenus d’offrir les services dans les deux langues. Plus précisément, la Loi sur les langues officielles vise les sièges sociaux des institutions fédérales, les bureaux où la demande est importante, ou ceux avec des missions spécifiques – comme les ambassades.
Les services de transport assujettis à la Loi doivent aussi être capables de servir le public voyageur dans la langue officielle de leur choix.
Selon le rapport annuel 2022-2023 du Conseil du Trésor, environ le tiers des bureaux et points de service avaient cette obligation.
Le 79 % des personnes qui pensent que les services fédéraux sont offerts dans les deux langues partout évoquées ci-dessus est calculé sur l’ensemble des personnes répondantes en ligne, excluant les réponses au téléphone. Les chiffres en ligne ne sont pas extrapolables à la population.
«Certains mythes problématiques persistent», affirme le document.
L’un d’eux réside dans le fait que six personnes sur dix croient qu’au Canada, en dehors du Québec, le français n’occupe plus le deuxième rang des langues les plus couramment parlées après l’anglais.
«Les anglophones sont plus susceptibles (62 %) que les francophones (52 %) de croire que ce mythe est vrai», peut-on lire dans le sondage.
De l’autre côté, 23 % de toutes les personnes répondantes pensent que la minorité anglophone du Québec est plus privilégiée sur le plan socioéconomique que la majorité francophone, contre 41 % qui jugent l’énoncé faux et 36 % ne savent pas.
L’écart est frappant : 48 % des francophones y croient, contre 16 % des anglophones.
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Oui! Quand j’étais petit, j’habitais au pied du mont Mégantic. Il y avait beaucoup de forêt autour de chez nous et j’y passais beaucoup de temps. Je cueillais des noisettes avec mes parents et j’essayais souvent d’observer des salamandres près des cours d’eau.
Gabriel Grenier près d’un vieil érable à sucre âgé entre 150 et 200 ans, au Domaine naturel du Lac Gale, à Bromont, en Estrie.
Je vais en forêt tous les jours. Je m’y sens libre. J’adore prendre le temps d’observer les changements de saison. En ce moment, par exemple, il ne reste plus que les mélèzes qui ont des feuilles colorées. Elles sont comme la dernière flamme avant l’hiver!
C’est une forêt dans laquelle il n’y a jamais eu de grosses coupes d’arbres. On y trouve beaucoup de vieux arbres, mais aussi des arbres morts, des lichens, des mousses, des champignons…
Dans le monde, leur nombre diminue continuellement. Au Québec, moins de 1 % de la forêt est ancienne. Pourquoi? C’est parce que, depuis l’arrivée des Européens, on l’a beaucoup coupée pour utiliser le bois, faire de l’agriculture…
Elles abritent des espèces rares, comme le caribou dans le nord, mais aussi des espèces encore inconnues! Ce n’est pas tout : les vieux arbres stockent énormément de carbone dans leur bois et dans le sol. Les conserver permet de limiter les changements climatiques. Et puis, savoir qu’il y a des endroits qui n’ont pas été modifiés par l’humain, c’est précieux à mes yeux.
Je lui dirais de regarder à quel point les arbres sont tous différents. Certains peuvent ressembler à un bonhomme sourire, d’autres à une bouteille de boisson gazeuse! Aussi, de prêter attention aux textures, aux odeurs, au bruit du vent dans les feuilles, au chant des oiseaux…
As-tu déjà observé un arbre remarquable, avec une forme étrange? Raconte-moi.
Une grande majorité pour le Canada!
Même s’il reste encore des votes à compter, les résultats sont assez clairs! En date de mardi, près de 76 % des Albertains qui ont voté ont choisi que leur province reste au Canada. Un peu plus de 24 % ont plutôt voté pour entamer des démarches vers l’indépendance.
La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, s’est dite heureuse des premiers résultats. Elle souhaitait, elle aussi, que l’Alberta reste au sein du Canada. Le soir, elle s’est adressée aux Albertains dans un discours pour revenir sur les résultats du vote.
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, s’est lui aussi réjoui du résultat. «Les Albertains ont choisi l’unité, de bâtir ensemble et de prendre soin les uns des autres», a-t-il déclaré.
Pour le moment, l’Alberta reste donc une province canadienne, comme elle l’est depuis 1905!
Et toi, est-ce que le résultat de ce vote te surprend? Pourquoi?
Sources : Le Journal de Québec, Le Devoir
Avancée comme «intouchable» par le gouvernement canadien lors des pourparlers qui ont pris fin le 22 aout avec les États-Unis, la souveraineté culturelle reste au cœur des préoccupations du milieu culturel canadien – francophone en majorité –, dont les représentants étaient réunis sur la Colline mardi soir lors d’une réception.
Le ministre Miller n’a pas explicitement annoncé que les 600 millions de dollars prévus pour la culture en compensation de l’absence des redevances que les plateformes de diffusion en lignes américaines seraient au budget 2026 du 5 novembre prochain.
Le ministre de l’Identité et de la Culture canadienne, également responsable des Langues officielles, Marc Miller, a réitéré lors de cette rencontre que les 600 millions de dollars annoncés en juin pour compenser la décision du gouvernement de ne pas faire payer des redevances par les grandes plateformes américaines, en juin, étaient toujours d’actualité.
«Ça s’en vient», a-t-il simplement lâché, devant l’assemblée de professionnels de la culture réunis autour du thème des Souverainetés culturelles sous pression.
«Défendre qui nous sommes, c’est aussi […] savoir dire non quand il le faut, a-t-il défendu […]. Et évidemment, dans le contexte des négociations commerciales tendues avec les États-Unis, ç’a été clair : nous ne ferons pas de compromis sur notre souveraineté culturelle, sur la protection du français et sur la découvrabilité de notre culture.»
Une déclaration qui s’inscrit dans le sillage du discours du premier ministre, Mark Carney, lors de l’arrêt des pourparlers avec les États-Unis.
Hélène Messier a rappelé les priorités de la Coalition pour la diversité des souverainetés culturelles.
Mardi soir, la CDEC a rappelé que son gouvernement est attendu au tournant avec le budget 2026 qui s’en vient.
Dans une allocution à la suite du ministre Miller, Hélène Messier, coprésidente de la CDEC et présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) a réaffirmé : «Le secteur compte sur le déploiement immédiat de l’aide d’urgence de 600 millions de dollars annoncée en juin dernier.»
«Je semble comprendre que ce sera dans le prochain budget», a-t-elle ajouté, en se tournant vers le ministre Miller.
Devant le silence du ministre, Hélène Messier a continué : «Je n’ai pas de confirmation de ça. C’est ce qu’on a tous compris. Mais enfin, je vous écrirai le six [novembre, le lendemain du budget, NDLR].»
Plus tôt en Chambre, le député du Bloc québécois, porte-parole du parti en matière de Patrimoine canadien, Martin Champoux, parrain de la réception du milieu culturel mardi soir sur la Colline, avait talonné Marc Miller pour savoir si les 600 millions seront bel et bien dans le budget.
Aucun détail n’a été donné, si ce n’est que l’annonce des 600 millions de dollars pour le secteur culturel est toujours d’actualité.
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Carol-Ann Pilon, directrice générale de l’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) et membre du comité exécutif de la CDEC, confirme qu’elle aurait aimé savoir que les 600 millions de dollars allaient faire partie du budget fédéral, qui sera dévoilé le 5 novembre prochain.
Elle explique que ç’aurait été la «bonne occasion» de rassurer le milieu de la culture, majoritairement francophone, réuni mardi soir à Ottawa.
Martin Champoux a parrainé la réception donnée pour la Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) mardi au Parlement.
Marie-Julie Desrochers, directrice générale de la CDEC, est de son côté carrément «déçue», explique-t-elle à Francopresse, au lendemain de la réception.
En plus des 600 millions de dollars, elle voudrait voir arriver rapidement le décret d’instruction du ministère de Patrimoine canadien au CRTC, pour que la mise en œuvre de la Loi sur la radiodiffusion puisse avancer, notamment au niveau des redevances des plateformes de diffusion américaines.
La CDEC avait exprimé «sa profonde déception», pointant un «recul majeur et très préoccupant face aux pressions exercées par les États-Unis», au lendemain de la décision du ministre Marc Miller de demander au CRTC de revoir sa décision qui obligerait les plateformes étrangères de diffusion en ligne de payer leurs redevances à hauteur de 15 % de leurs revenus.
La directrice générale de la CDEC espère aussi voir la mise sur pied du comité IA et culture promis par le gouvernement en marge du Sommet national sur l’intelligence artificielle, en mars dernier, à Banff.
Jeudi, le Bloc québécois a organisé sa journée d’opposition sur la culture. En conférence de presse, Martin Champoux a déploré : «On est devant un gouvernement qui a abandonné la culture.»
Pour lui, le Canada a fait des «concessions sur le dos de la culture [avec une] bien mince compensation de 600 millions de dollars, financés à même la poche des Québécois et des Canadiens. Cet argent n’est pas encore sur la table, c’en est assez!»
Le Bloc a ainsi déposé une motion qui demande au gouvernement de réinstaurer ces redevances imposées au GAFAM dans la Loi sur la radiodiffusion et de verser les 600 millions de dollars au secteur culturel.
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Avec les informations de Julien Cayouette et de Camille Langlade.
L’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) a mené cette semaine des négociations pour les langagiers et langagières fédéraux. Elle réclame de meilleures conditions de travail et un encadrement strict de l’intelligence artificielle (IA) dans la traduction.
L’Association canadienne des employés professionnels mène des négociations pour les langagiers et langagières fédéraux cette semaine, et est à l’origine d’une campagne ciblant les «attaques» du gouvernement Carney contre la langue française.
Ambivalence : Son vice-président aux relations de travail, Antoine Hersberger, accuse Mark Carney de défendre les droits linguistiques à l’étranger tout en affaiblissant les services en français au Canada.
Dans une déclaration envoyée par courriel à Francopresse, il dénonce les compressions, la sous-traitance, les outils d’IA peu fiables et les charges de travail excessives. Selon lui, les erreurs de l’IA pourraient avoir de graves conséquences pour la population.
La commissaire aux langues officielles, Kelly Burke, a affirmé dans son rapport dévoilé il y a deux semaines qu’une lentille francophone devait absolument être intégrée à la Stratégie d’intelligence artificielle du gouvernement. Pour l’instant, ce n’est pas le cas.
Campagne publicitaire : L’ACEP mène en parallèle une campagne qui cible les «attaques de Mark Carney contre la langue française», pour que le premier ministre «cesse son double discours sur l’importance du bilinguisme, et s’engage à garantir à l’ensemble des Canadiennes et des Canadiens un accès égal aux services, dans la langue de leur choix», affirme l’ACEP dans un communiqué.
Des publicités sont visibles au Québec et dans la région d’Ottawa, en lignes et dans les rues, pour exiger du premier ministre canadien qu’il «cesse de tenir des paroles creuses sur la Loi sur les langues officielles».
La Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) était à Ottawa cette semaine pour présenter des demandes concrètes pour le secteur culturel québécois et canadien, en vue du budget 2026, qui sera présenté le 5 novembre prochain par le gouvernement fédéral.
Dans son mémoire «Souveraineté culturelle sous pression», publié mardi, la CDEC salue d’abord la sortie de Mark Carney de la table de négociation avec les États-Unis le 22 aout, au nom de la souveraineté, de la langue française et de la culture.
Demandes : La Coalition demande toutefois que cette fermeté se traduise par des gestes concrets : maintenir l’exemption culturelle dans la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), sans mesures de représailles, et défendre la Loi sur la diffusion continue en ligne, qu’elle juge essentielle à un financement durable de la création pour assurer un financement durable de la création, tout en préservant l’indépendance du CRTC.
Elle accueille bien les 600 millions de dollars d’aide d’Ottawa annoncés en juin, mais estime qu’ils ne sauraient remplacer les obligations imposées aux plateformes, et considère que le recul d’Ottawa peut encore être évité.
Journée d’opposition : Le Bloc québécois s’est emparé du sujet culturel lors de sa journée d’opposition, jeudi 22 octobre, à la Chambre des Communes, en déposant une motion pour demander au gouvernement fédéral de rétablir les redevances exigibles aux plateformes de diffusion en ligne américaines et de verser au secteur culturel les 600 millions qui lui ont été promis.
Plus de détails à venir à ce sujet sur Francopresse.ca
La Chambre des communes a observé une minute de silence lundi, en hommage aux victimes de l’incendie survenu samedi à la base militaire de Wainwright, en Alberta, et a suspendu ses travaux pour la journée.
Quatre militaires sont morts : le sergent Morgan Wong, d’Edmonton; les soldats Shaun Farrell, de Prince Albert; Hayden Lykkemark, de Langley; et Aidan Goulding, de North Vancouver. Trente-neuf soldats ont été blessés.
Enquêtes : Le premier ministre Mark Carney a indiqué que les circonstances de la tragédie restent floues.
Un feu de broussailles s’était déclaré à environ un kilomètre de la zone d’entrainement et le commandement en était informé depuis plusieurs heures. Il avait été jugé suffisamment maitrisé pour que l’entrainement continue. Poussé par des vents violents, l’incendie a parcouru ce kilomètre en moins d’une minute jusqu’aux soldats. La cause initiale de l’incendie est inconnue.
La cheffe d’état-major de la Défense du Canada, la générale Jennie Carignan, a indiqué que trois enquêtes sont en cours : celles de la police militaire, du coroner de l’Alberta et du Service des incendies. Elle a promis de rendre publiques les conclusions, tout en protégeant la vie privée des personnes concernées.
Tous les responsables politiques des partis de l’opposition ont rendu hommage aux soldats.
Aujourd’hui, je me suis rendu à la BFC Wainwright avec la ministre Olszewski. Nous avons rencontré des membres des Forces armées canadiennes et des premiers intervenants, et avons fait le point avec les dirigeants des FAC sur l’intervention en cours. Face à une perte immense, ils ont fait preuve d’une force remarquable, ainsi que d’une compassion et d’une bienveillance exceptionnelles les uns envers les autres. Nous continuerons d’être à leurs côtés et à ceux de leurs familles, et de veiller à ce qu’ils reçoivent tout le soutien dont ils ont besoin. 🇨🇦
— David McGuinty (@DavidMcGuinty) October 20, 2026
Mardi, des députés de l’opposition, des organisations de défense de la santé et de l’environnement, des chercheurs et une victime de pesticides reconnue se sont réunis pour s’opposer au projet de loi C‑31, qui, selon eux, affaiblirait la règlementation des pesticides.
C-31, actuellement à l’étude devant le Comité permanent des finances, prévoit notamment d’abolir la réévaluation obligatoire des pesticides homologués tous les 15 ans par Santé Canada.
Risques pour la santé : Adopté en juin, un autre projet de loi budgétaire omnibus, C‑30, a permis au gouvernement d’autoriser l’utilisation de pesticides qui ont été interdits par Santé Canada, pour des raisons de «sécurité économique et alimentaire».
La coalition dénonce un manque de transparence et un risque pour la santé humaine et l’environnement. Une pétition parlementaire demande le retrait des dispositions relatives aux pesticides du projet de loi C-31 et l’abrogation de celles qui sont prévues au projet de loi C-30. Elle a recueilli plus de 14 500 signatures.
Recul sur recul : Au rayon environnement, un autre méga projet de loi, C-39, mobilise les groupes de défense environnementaux. Mardi, des élus des trois partis d’opposition ont tenu une conférence de presse aux côtés de représentants de groupes environnementaux et syndicaux pour réclamer le retrait du texte.
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Le premier ministre du Canada, Mark Carney, et le premier ministre ontarien, Doug Ford, ont annoncé un plan conjoint de 8,7 milliards de dollars pour soutenir les industries stratégiques de l’Ontario et les travailleurs touchés par les droits de douane américains.
Le premier ministre canadien, Mark Carney, et le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, ont annoncé conjointement des investissements de la part de leur gouvernement pour la modernisation et la protection de l’acier, de l’automobile et des minéraux critiques.
Pour l’acier : Un nouveau Fonds d’action conjoint (3,55 milliards de dollars du fédéral et 1,67 milliard de dollars de l’Ontario sur cinq ans) servira à diversifier la production, moderniser les aciéries et ouvrir de nouveaux marchés.
L’acier canadien sera privilégié dans les marchés publics, une application plus stricte sera effectuée contre le dumping. Un groupe de travail Canada-Ontario sur la compétitivité du secteur a été annoncé, mais aucune date de création n’a été dévoilée lors de la conférence de presse.
Pour l’automobile : 2,5 milliards de dollars sur deux ans (1,5 milliard d’Ottawa, 1 milliard de la poche de l’Ontario) aideront les constructeurs à moderniser leurs chaines de production pour les véhicules connectés et électriques.
Les normes d’émissions des véhicules légers seront maintenues aux niveaux de 2026 jusqu’aux modèles 2029, avant de reprendre leur hausse annuelle en 2030.
Pour les minéraux critiques : Ottawa égalera la mise de l’Ontario, jusqu’à 1 milliard de dollars sur trois ans, afin de développer les routes du Cercle de feu, avec un processus de permis coordonné, l’identification de projets prioritaires pour le financement fédéral et un autre groupe de travail pour collaborer avec les Premières Nations, notamment sur les options de conservation autochtone.
Dans sa réponse au Rapport sur le quota de la musique vocale de langue française dans les médias radiophoniques au Canada, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, Marc Miller, reconnait le bienfondé de la plupart des recommandations du Comité permanent des langues officielles.
Il semble en revanche rejeter la recommandation qui demande au gouvernement de dépenser au minimum 50 % de ses budgets publicitaires dans les médias traditionnels canadiens.
«L’objectif de la publicité gouvernementale n’est pas d’apporter un soutien financier ou des subventions aux organisations médiatiques», répond par écrit au comité le ministre. Chaque ministère, agence et organisme établit ses priorités selon ses objectifs pour «rejoindre des publics diversifiés».
Le 19 octobre 2026, l’organisme Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient a demandé au gouvernement canadien d’imposer des sanctions globales et ciblées contre les colonies israéliennes et les acteurs politiques et économiques qui les soutiennent.
Attaques continues : Cet appel fait suite à une fin de semaine de violence exceptionnelle en Cisjordanie occupée, où des colons ont attaqué la photojournaliste du Washington Post Heidi Levine, des diplomates européens et un maire français, en pleine récolte des olives.
Selon le CJPMO, la ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, a bien condamné les attaques, mais accorde une «confiance excessive à l’enquête policière interne menée par Israël, compte tenu des preuves accablantes démontrant qu’Israël est incapable de mener ses propres enquêtes».
L’organisation souligne également que le 19 octobre était la date limite de soumission des offres pour un premier appel d’offres portant sur 1234 logements dans le secteur E1, un projet qui risque de fragmenter davantage la Cisjordanie et de compromettre la contigüité du territoire palestinien. Elle déplore que les avertissements du Canada aux entreprises n’aient pas fait changer Israël de cap.
Selon un sondage Léger commandé par Équiterre publié le 17 octobre, 66 % des Canadiens et des Canadiennes souhaitent maintenir ou renforcer les exigences environnementales du Canada. Tandis que seulement 20 % des personnes sondées souhaitent les réduire.
Une tendance qu’on retrouve chez les répondants et répondantes qui se disent proches du Parti libéral : 80 % d’entre eux tiennent également à conserver ces règles, alors que le gouvernement de Mark Carney fait l’objet de vives critiques de la part de groupes écologistes, des communautés autochtones et de l’opposition en raison de l’abandon de plusieurs politiques climatiques.
Le projet de loi C-39, intitulé «Loi visant à bâtir un Canada fort», cristallise les critiques depuis plusieurs mois. Il vise notamment à accélérer la réalisation des grands projets d’infrastructures au pays en simplifiant les procédures d’autorisation et en réduisant le nombre et les délais d’évaluation.
Les organisations environnementales craignent que cette loi affaiblisse durablement la protection des espèces en péril, compromette l’évaluation des répercussions écologiques des projets et réduise la participation du public et des communautés autochtones.
Tandis que le gouvernement affirme vouloir accélérer les projets sans remettre en cause les normes environnementales, les détracteurs du projet de loi redoutent que les impératifs économiques prennent le pas sur la protection des écosystèmes.
«Le projet de loi C-39 est l’omnibus des omnibus, une tentative musclée d’accroitre sans entrave les pouvoirs de l’exécutif au détriment de notre environnement et de notre processus démocratique», a déclaré Elizabeth May, cheffe du Parti vert du Canada, par communiqué, le 14 octobre.
Le projet de loi C-39 prévoit de supprimer la clause d’extinction de cinq ans prévue dans la loi C-5, adoptée en 2025, qui s’applique à certains pouvoirs exceptionnels conférés au gouvernement. C-39 propose également d’imposer un délai maximal d’un an pour rendre certaines décisions fédérales concernant de grands projets.
Selon le sondage Léger, la moitié des Canadiens et des Canadiennes (49 %) souhaitent que les mesures qui visent à accélérer les projets et à assouplir certaines exigences environnementales soient limitées dans le temps. Chez les personnes proches du Parti libéral, cette préférence atteint 57 %.
Pour le directeur général d’Équiterre, Daniel Rotman, le gouvernement doit entendre ces messages, «y compris dans sa propre famille politique», peut-on lire dans le communiqué.
Entre 68 % et 75 % des personnes sondées souhaitent maintenir ou renforcer la portée de lois environnementales, à commencer par la Loi sur les espèces en péril (75 %), suivie par la loi qui protège les rivières (74 %), la Loi sur les pêches (73 %), la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (72 %) et la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (68 %).
L’étude de C-39 à Ottawa a commencé le 19 octobre. Elle est faite par un comité composé de sept députés libéraux, quatre conservateurs et un bloquiste.
Le député Patrick Bonin est porte-parole du Bloc québécois en matière d’environnement.
Le 21 octobre, Elizabeth May, le député du Bloc québécois Patrick Bonin et le leader parlementaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), Don Davies, ont tenu une conférence de presse sur la Colline du Parlement aux côtés de représentants de groupes environnementaux et syndicaux pour réclamer le retrait du projet de loi C-39.
«La crise tarifaire a le dos très large. En déposant le projet de loi C-39, le gouvernement Carney agit comme si les lois environnementales, les espèces menacées, les droits des autochtones et ceux des travailleurs et travailleuses l’empêchaient de régler la crise tarifaire», a martelé Patrick Bonin, porte-parole du Bloc en matière d’environnement.
«La crise tarifaire, je vous le rappelle, elle ne sera pas permanente, mais C-39, lui, le sera.»
«Les femmes francophones qui vivent en situation linguistique minoritaire au Canada jouent un rôle dans la vitalité économique, sociale et culturelle de la communauté, mais c’était toujours très invisibilisé. On n’avait pas de chiffres concrets pour le démontrer», amorce en entrevue avec Francopresse la présidente de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), Nour Enayeh.
C’est désormais chose faite. Le rapport «Portrait économique des femmes francophones et acadiennes : un levier stratégique pour le Canada», réalisé avec la firme Raymond Chabot Grant Thornton et publié en septembre, lève le voile sur une contribution longtemps passée sous le radar, mais aussi sur les obstacles qui la freinent.
Les femmes francophones et acadiennes en situation minoritaire génèrent 119 milliards de dollars de produit intérieur brut (PIB), environ 4 % de l’économie canadienne, selon les calculs de la firme. «Même en sachant que leur contribution était assez grande, elle est toujours sous-estimée et souvent invisible», déplore Nour Enayeh.
L’étude croise des microdonnées du recensement de 2021 de Statistique Canada, un sondage Léger auprès de 633 femmes francophones et trois groupes de discussion.
Selon la définition de l’AFFC, sont considérées comme francophones les femmes qui comprennent uniquement le français ou à la fois le français et l’anglais.
À partir de la proportion de femmes francophones en 2021 et en l’extrapolant à l’estimation de la population canadienne en 2025, l’étude porte ainsi sur 1,8 million de francophones vivant en situation minoritaire hors Québec, soit 5,4 % de la population canadienne.
Les femmes francophones en situation minoritaire sont plus scolarisées que la moyenne : 44 % détiennent un diplôme universitaire, contre 32 % de l’ensemble des femmes et 28 % des hommes. Elles sont surreprésentées en administration publique et en éducation, des secteurs où la maitrise des deux langues officielles est un atout.
«C’est une contribution qui est très absente des statistiques officielles, mais qu’on a pu ressortir», indique Nour Enayeh.
Leur revenu médian s’élève à 42 000 $, soit 13,5 % de plus que celui de l’ensemble des femmes (37 000 $). Il demeure toutefois 10,6 % inférieur à celui des hommes de l’ensemble de la population.
Mais si leurs contributions économiques sont bien réelles, les obstacles aussi. «Il y a encore l’écart salarial, le problème de la reconnaissance des diplômes, l’accès limité à des services, surtout les places en garderie pour les mamans. Tout cela limite quand même pleinement l’apport que les femmes ont au PIB du pays», observe Nour Enayeh.
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La maitrise du français reste un atout professionnel pour 65 % des femmes francophones et acadiennes sondées. Mais ce sont surtout celles qui s’expriment également bien en anglais qui en profitent. Chez les femmes qui parlent peu ou pas l’anglais, 60 % gagnent moins de 40 000 $, contre 32 % chez celles qui le parlent bien ou très bien.
Les répondantes rapportent plus souvent des obstacles liés à leur langue (28 %) qu’à leur genre (22 %); 40 % signalent des barrières à l’avancement dans les milieux majoritairement anglophones. Le rapport évoque notamment des documents en français parfois moins valorisés et des jugements liés à l’accent.
Chez les membres issus de la communauté 2ELGBTQIA+, 69 % déclarent avoir rencontré des obstacles liés à leur genre ou à leur francophonie, contre 36 % chez les non-membres.
Nour Enayeh retient un autre chiffre : 34,4 milliards de dollars par année, soit la valeur du travail non rémunéré, qu’il s’agisse de soins aux proches, de bénévolat ou de tâches domestiques.
Les répondantes déclarent y consacrer en moyenne 15,1 heures par semaine. Les participantes aux groupes de discussion estiment même que ces chiffres sont sous-évalués. Pour 24 % des répondantes, ce fardeau a une incidence sur leur parcours professionnel.
En parallèle, 40 % des femmes sondées disent avoir la fibre entrepreneuriale et 16 % de celles-ci ont déjà lancé leur entreprise. «Le principal défi que ces femmes ont, c’est l’équilibre entre la vie personnelle et professionnelle», indique Nour Enayeh.
Beaucoup de ces femmes peuvent trouver du soutien si elles parlent anglais, mais dès que l’anglais n’est pas là, l’accès à des services ou à du soutien pour ces femmes entrepreneures est très peu existant.
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Pour Mme Enayeh, ce rapport permettra sans aucun doute aux femmes francophones de «prendre leur place» : «Quand on parle des francophones, et surtout des femmes en général, on ne pense pas automatiquement à leur impact économique.»
Au-delà des gouvernements, l’AFFC invite les organismes communautaires à consulter ce document, car plusieurs des 14 recommandations les visent directement. Celles-ci proposent notamment d’outiller les femmes francophones avec des formations gratuites ou à faible cout pour améliorer leurs compétences linguistiques.
L’écosystème communautaire pourrait également soutenir la création ou l’expansion de réseaux d’entraide francophones dans les régions isolées. Pour les barrières qui se cumulent chez les femmes issues de la diversité, l’AFFC recommande du mentorat ciblé.
L’organisme appelle également à mieux répartir le travail non rémunéré avec des politiques publiques, «par exemple des congés parentaux plus flexibles, du soutien aux garderies francophones; toutes ces choses qui pourraient faire que la charge des femmes soit moins lourde», énumère Nour Enayeh.
La responsable insiste sur un dernier point : les bénéfices dépasseraient les femmes elles-mêmes. «Quand on réduit ces freins auxquels les femmes francophones font [face], c’est vraiment un win-win pour tout le monde.»
Dans un rapport publié le 13 octobre, le Bureau de la directrice parlementaire du budget (BDPB) fait état d’une facture allégée pour les entreprises privées de compétence fédérale afin qu’elles se conforment à la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP). La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, avance qu’il leur en coutera 148 millions de dollars de moins que les 230 millions avancés par le gouvernement dans son Résumé de l’étude d’impact de la règlementation.
En tout, le BDPB estime à 81,9 millions sur cinq ans (2027 à 2032) les couts de conformité du secteur privé à la LUFEP. Ces estimations reposent sur une potentielle entrée en vigueur de ce régime le 1er avril 2027.
En outre, le rapport affirme que si les couts sont moins élevés, c’est que moins d’entreprises sont assujetties à la LUFEP et que plus d’entreprises québécoises se conforment déjà à la Charte. Selon l’Office québécois de la langue française (OQLF), 76 % des entreprises visées étaient certifiées au 31 aout 2026.
L’écart entre les deux estimations vient principalement d’une baisse des dépenses en formation, précise le rapport, avec une enveloppe de 108 millions de dollars de moins que l’étude d’impact et 37 millions de moins pour la traduction.
Au Québec, ce sont les entreprises privées de compétence fédérale comptant 25 employés ou plus.
Dans un courriel de réponse au bureau de DPB, l’Office québécois de la langue française dit avoir recensé 411 entreprises de compétence fédérale certifiées, avec 25 employés et plus, en date du 31 aout 2026.
Le directeur de l’analyse budgétaire au sein du bureau de la DPB, Govindadeva Bernier, réaffirme qu’au Québec, environ une centaine d’entreprises sont encore dans leur processus d’obtention de la certification.
Dans le reste du pays, dans les régions désignées bilingues, les entreprises concernées par la LUFEP comptent 100 employés ou plus.
Selon les informations recueillies par Francopresse en marge du comité, il y aurait entre 50 et 100 entreprises certifiées dans les régions désignées bilingues pour le moment. Ces régions incluent le Nouveau-Brunswick, Saint-Boniface, Edmonton ainsi que des parties de la Nouvelle-Écosse et de l’Ontario, mais pas les métropoles de Toronto, Calgary et Vancouver.
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Annette Ryan maintient que les entreprises privées qui devront se conformer Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale – comme les banques et les transports de passagers – ne dépenseront collectivement que 81,9 millions de dollars.
Plusieurs sénateurs et sénatrices, dont René Cormier et Amina Gerba, ont commenté les données utilisées par le DPB.
Le directeur de l’analyse budgétaire au sein du BDPB, Govindadeva Bernier, a défendu le «bon portait» estimé du type d’industries sous juridiction fédérale et de leur main-d’œuvre. Il a reconnu que le plus difficile était la répartition de ces entreprises entre les régions qui seront désignées comme étant «à forte capacité francophone».
«On se base sur le recensement de Statistique Canada. Donc, ça donne une bonne idée de la demande pour les services en français», a-t-il soutenu en comité.
Le sénateur Cormier a demandé si l’évaluation financière faite par le DPB était réaliste.
«Dans les estimations du cout des formations, on ne prend pas seulement le cout à payer pour les cours de français, mais on a tenu compte du temps consacré par l’employé à apprendre la langue […]» a répondu Govindadeva Bernier.
Ce dernier a aussi affirmé que le BDPB «se trouve souvent dans cette position» et a «développé des techniques et [on fait] de notre mieux pour être prudents dans nos estimations, pour donner un maximum dans le contexte où on sait que nos chiffres sont des approximations».
Selon lui, pour l’instant, toutes les entreprises du Québec choisiront la conformité avec la Charte de la langue française. Très similaire à la LUFEP, le régime québécois offre la possibilité à l’OQLF de déposer des poursuites pénales contre les entreprises qui ne respectent pas la loi.
En réponse à la sénatrice du Québec, Amina Gerba, qui a suggéré qu’il fallait refaire une analyse après un an de LUFEP, l’analyste s’est montré réticent à cause «du cout et de la complexité» que cela prendrait pour sonder les entreprises.
«J’ose estimer que les associations d’entreprises concernées par la LUFEP, par exemple, font des sondages auprès de leurs membres […]», a-t-il fait valoir aux sénateurs.
Pour l’instant, le BDPB indique qu’il n’y a pas eu de contestation formelle de la part du ministère de Patrimoine canadien concernant les hypothèses soulevées par le rapport.