Dans les rues de Toronto, les chandails français se mêlent à ceux du Maroc, du Sénégal et du Canada. «On n’a peut-être pas le même maillot, mais on a la même passion», s’amuse Olivier De Bregeas, président de la Fédération Tricolore de la ville.
Olivier De Bregeas est cofondateur et président du PSG Fan Club Toronto.
L’association diffuse les matchs de la Coupe du monde à la Maison des Bleus, la fan zone officielle des supporteurs de l’équipe de France dans la Ville Reine.
Installé à Toronto depuis 16 ans, Olivier De Bregeas voit la place du soccer grandir «chez les francophones comme chez les anglophones».
«Des gens qui ne se connaissent pas vont se retrouver côte à côte, puis, après 90 minutes, se sauter dans les bras. 90 minutes où on oublie finalement toute cette partie un peu socioéconomique», décrit-il.
En marge de la compétition, la Fédération Tricolore organise des matchs amicaux entre des équipes amateurs représentant la France, le Maroc, le Sénégal et le Canada.
«On l’appelle “la mini Coupe du monde des francophones”, sourit le responsable. On aurait pu rajouter la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Congo, l’Algérie, etc., mais on n’avait malheureusement que quatre places.»
De l’autre côté du pays, en Colombie-Britannique, les retransmissions des matchs des équipes francophones à la Coupe du monde de la FIFA servent de point de rencontre.
«Le soccer est un beau prétexte pour rassembler la communauté francophone et francophile. Ce type d’évènement montre que la francophonie dans l’Okanagan est vivante et très diversifiée», souligne Lucie Perroudon, responsable marketing et communications au Centre culturel francophone de l’Okanagan.
Ce sport suscite un intérêt particulier «auprès des nouveaux arrivants provenant de pays où il occupe une place importante», dit-elle.
La Société francophone de Victoria diffuse les matchs commentés en français. «On a une atmosphère presque familiale, décrit la directrice générale de l’organisme, Nathalie Astruc. On voit un intérêt croissant.»
Le public déborde d’ailleurs la communauté francophone : «On a des anglophones et des francophiles, des personnes qui ont un intérêt pour la langue française. On ne s’y attendait pas forcément.»
Guillaume De Pauw, qui assiste à ces évènements, se plait à observer les différents tempéraments de supporteurs : certains plus «latins» et expressifs, d’autres plus mesurés.
«Ça a permis de mélanger quelques communautés qui ne se seraient pas vraiment rencontrées dans un autre contexte», partage Gabriel Selway, coordinateur communautaire et culturel à l’ARCf à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, qui diffuse aussi les matchs de la compétition.
Des Canadiens curieux côtoient de grands fans de soccer. «Il y a eu des échanges de règles, des explications. C’est quand même assez rigolo, mais aussi fascinant.»
Au Caribou RV Park, à Whitehorse, au Yukon, le propriétaire Steve Berger-Husson retransmet les rencontres dans sa salle de restaurant, devant une clientèle mixte : moitié touristes, moitié locaux.
«On a eu quelques matchs où on avait une soixantaine de personnes, ce qui est énorme. L’ambiance était incroyable», se réjouit cet admirateur de soccer, qui sent ce sport, autrefois «négligé», «monter en puissance» dans la région, Coupe du monde ou pas.
Tout le monde soutient son équipe d’origine, mais aussi le Canada. Ça montre que les communautés francophones, même immigrées, ont cette double appartenance qui leur est chère.
À Winnipeg, au Manitoba, le soccer représente «une bonne porte d’entrée» pour les nouveaux arrivants dans la communauté francophone, relève la directrice générale de Sports en français, Chantal Young, qui y voit aussi un pont entre les générations.
«C’est quelque chose que les parents, les enfants aiment jouer. Si on doit choisir un sport pour rassembler plein de gens, on prend le soccer.»
«Depuis 1990, j’ai vu grandir au cours des années le soccer – ou si vous préférez, le foot – à travers nos écoles, nos jeunes», témoigne l’enseignant en éducation physique à la retraite, Gérald Arseneault, aussi président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).
Gérald Arseneault espère voir un Acadien ou une Acadienne dans l’équipe de soccer canadienne.
«C’est le sport qui grandit le plus vite et le plus en Acadie.» Il était d’ailleurs au programme des Jeux de l’Acadie.
La Nouvelle-Écosse n’échappe pas à cet engouement. «On commence à voir des jeunes des milieux ruraux qui commencent à vouloir jouer au plus haut niveau possible», constate Moussa Sangaré-Ponce, agent de liaison communautaire à la Fédération culturelle acadienne de la Nouvelle-Écosse (FéCANE) et entraineur de soccer féminin.
Les chiffres confirment cette tendance ailleurs au pays. Rem Dinga dirige l’Association sportive francophone de la Colombie-Britannique (ASF) et la Paris Saint-Germain Academy (PSGA) à Vancouver.
À son arrivée, en 2010, la province comptait environ 60 000 personnes (joueurs, entraineurs, arbitres, etc.) évoluant dans le soccer; elle en compte aujourd’hui 150 000. «C’est plus du double en 15 ans. C’est énorme», commente le responsable, qui y voit l’effet combiné d’une vague d’immigration en provenance de pays où le foot est déjà roi, et d’une popularité grandissante du sport à l’échelle mondiale.
«Il y a une vague d’immigration qui est arrivée au Canada ces vingt dernières années, avec des personnes qui viennent de pays où le foot est très populaire», remarque Rem Dinga.
«Comme tout pays où on accueille l’immigration, on aime s’enrichir des savoirs, ce qui nous arrive d’ailleurs, et ça inclut le sport», rejoint Gérald Arseneault. À ses yeux, les nouveaux arrivants stimulent et apportent une nouvelle vision du jeu.
Chez les plus jeunes, un autre moteur s’ajoute : celui des idoles. «Ils s’identifient en premier à une vedette, avant même de représenter un pays, en voyant les grands noms, comme Lamine Yamal, Lionel Messi, Ronaldo, Mbappé», note Guy Verna, président du Saint John Soccer Club, à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.
Selon cet ancien arbitre national, l’arrivée de grosses pointures comme Lionel Messi dans la ligue de soccer américaine contribue à cet engouement.
«C’est important que le Canada inspire la jeune génération, pour continuer à travailler sur avoir de meilleures infrastructures au pays, et pour dire : “OK, il n’y a pas que le hockey, on peut aussi aimer le football et puis en faire carrière”», remarque Olivier De Bregeas.
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Comme le souligne Gérald Arseneault, le soccer, contrairement à d’autres sports, exige un équipement et un cout minimal.
«C’est beaucoup plus accessible. Il y a aussi une énergie d’équipe; 11 personnes qui se retrouvent sur le terrain et qui travaillent ensemble, qui doivent coopérer. Les jeunes adorent ça.»
Au Manitoba, Sports en français propose des activités de soccer pour les 3-12 ans. «C’est un de nos programmes les plus populaires. C’est un sport facile à présenter», partage la directrice de l’organisme, Chantal Young.
«On dirait que l’Amérique du Nord était la seule partie du monde qui n’avait pas encore été sous l’effet de cette fièvre du foot mondial; mais on l’a toujours été», nuance Gérald Arseneault.
Il rappelle que l’équipe féminine du Canada a déjà fait ses preuves dans les compétitions internationales et a contribué à l’essor du soccer au pays : «On a malheureusement tendance à oublier tout ce succès féminin là.»
Cette année, c’est au tour de l’équipe masculine de capter les projecteurs. «C’est un évènement mondial majeur, et l’avoir dans notre jardin, c’est une énorme carte de visite pour le Canada – pour ma génération, la génération d’immigrés […], mais surtout la jeune génération, qui va pouvoir être inspirée par ces jeunes joueurs», s’enthousiasme Olivier De Bregeas.
À Vancouver, la fièvre est palpable. «Il y a quelque chose d’extraordinaire qui se passe, je ne m’attendais pas à vivre ça», décrit Rem Dinga, qui a vu l’effervescence gagner les rues, où les gens jouent au soccer jusqu’à tard le soir, où crépitent des fumigènes, où se mêlent des airs brésiliens, de salsa et de musique française. Un mélange de cultures à l’image du Canada.
Lundi, la ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a annoncé la prolongation du Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire (PPECFSM) pour une année supplémentaire, jusqu’en aout 2027.
La ministre de l’Immigration, Lena Metlege Diab, a annoncé cette semaine de nouveaux investissements visant à soutenir l’immigration francophone.
Lancé en aout 2024, ce dernier permet aux étudiants étrangers d’expression française d’accéder plus facilement à la résidence permanente et d’être exemptés du plafond des permis d’études.
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Succès mitigé : 515 personnes étudiantes et 150 membres de leur famille sont arrivés au Canada dans le cadre du PPECFSM, rapporte Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Pourtant, le programme pouvait accepter jusqu’à 2 970 demandes pour l’année universitaire 2025-2026.
Pas encore pérenne : L’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC) a favorablement accueilli la nouvelle. Selon l’organisme, le programme a permis d’attirer une population étudiante «qui renforce la vitalité des communautés francophones et qui permettra de répondre à des besoins en main-d’œuvre dans des secteurs essentiels», réagit-il dans un communiqué.
Néanmoins, l’ACUFC et ses membres continueront de «collaborer étroitement avec IRCC afin que le PPECFSM soit rendu pérenne».
Entente avec le Manitoba : Le même jour, Lena Metlege Diab a annoncé un investissement d’environ 1,3 million de dollars sur deux ans pour soutenir un nouveau projet financé dans le cadre du Programme d’appui à l’immigration francophone.
Celui-ci vise à accroitre la population francophone et répondre aux besoins de main-d’œuvre dans la province, grâce notamment à de la recherche ciblée et un soutien accru à la reconnaissance des compétences.
Et les TNO : Mercredi, la ministre de l’Immigration a annoncé un autre investissement, d’environ 860 000 $, pour soutenir un nouveau projet visant à améliorer la rétention et l’intégration des personnes immigrantes francophones et bilingues dans les Territoires du Nord-Ouest.
L’Acadien Rodney Ouellette a été nommé sénateur.
Mardi, le premier ministre Mark Carney a annoncé la nomination de nouveaux sénateurs, dont le Dr Rodney Ouellette pour le Nouveau-Brunswick. Ce dernier a consacré sa carrière à faire progresser la recherche sur le cancer, l’oncologie de précision et la médecine moléculaire.
Les autres sénateurs choisis sont Richard Martel et Thomas Pitfield pour le Québec, et Geeta Tucker pour le Manitoba.
Nouveaux critères : Le premier ministre a également annoncé des changements au processus de nomination au Sénat. Les nouveaux critères privilégieront notamment des candidats ayant une expertise dans des secteurs stratégiques du Canada et les grands enjeux sociaux, économiques et règlementaires.
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Anko Van der Werff succèdera à Michael Rousseau à la tête d’Air Canada.
Mardi, la compagnie aérienne a annoncé la nomination d’Anko Van der Werff, actuellement président et chef de la direction de Scandinavian Airlines, à la tête d’Air Canada. Il succèdera à Michael Rousseau, visé par plusieurs controverses linguistiques.
Anko Van der Werff a auparavant travaillé pour Avianca Group, Aeroméxico, KLM Royal Dutch Airlines (aujourd’hui Air France-KLM) et Qatar Airways. Il entrera en fonction d’ici fin janvier 2027.
Polyglotte : Si la langue maternelle d’Anko Van der Werff est le néerlandais, Air Canada souligne qu’il est «capable de s’exprimer en français». «En plus de ces deux langues et de l’anglais, il a appris l’espagnol, l’italien et le suédois à différents niveaux au cours de sa carrière internationale», précise le transporteur aérien dans un communiqué de presse.
Lundi, une partie des fonctionnaires fédéraux ont fait leur retour au bureau quatre jours par semaine. Le Conseil du Trésor avait annoncé en février la modification des règles relatives au télétravail. Des fonctionnaires ont manifesté lundi devant le Parlement pour dénoncer cette mesure.
L’ACEP demande des comptes : L’un des principaux syndicats de la fonction publique, l’Association canadienne des employés professionnels (ACEP), demande au premier ministre Mark Carney de rendre publique l’analyse ayant justifié cette décision.
«Une question demeure, et le premier ministre doit y répondre : cette politique protège-t-elle les travailleuses et travailleurs et les contribuables, ou protège-t-elle plutôt les banques et les investisseurs en immobilier commercial?», a déclaré le président de l’ACEP, Nathan Prier, dans un communiqué.
Lundi, le premier ministre Mark Carney a annoncé que le Canada retenait le consortium germano-norvégien ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) pour construire jusqu’à 12 sous-marins destinés à remplacer la flotte actuelle.
Les discussions pourraient s’étaler sur 6 à 18 mois, tandis qu’Ottawa vise la signature d’un contrat d’ici la fin de 2027.
Cout final inconnu : Présenté comme le plus important projet d’approvisionnement militaire de l’histoire du pays, le projet pourrait générer jusqu’à 86 milliards de dollars en retombées économiques, selon TKMS. Le cout final du contrat n’a toutefois pas encore été rendu public.
Le premier ministre a poursuivi cette semaine ses démarches pour renforcer les alliances du Canada. Après avoir participé au Sommet de l’OTAN à Ankara, Mark Carney s’est rendu en Arabie saoudite, où il a rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane.
Cette première visite officielle d’un premier ministre canadien dans le royaume en 26 ans visait notamment à relancer les liens commerciaux, ainsi qu’à attirer des investissements dans des secteurs stratégiques comme l’énergie et la défense.
Droits de la personne bafoués : La visite a néanmoins suscité des critiques en raison du bilan de Riyad en matière de droits de la personne, notamment la répression des voix dissidentes et les restrictions aux libertés fondamentales.
«Et toi, tu viens d’où?» Dans les couloirs de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), les accents se croisaient ce mardi 16 juin.
Du Brésil au Canada en passant par Haïti, 45 jeunes francophones provenant de 22 pays et territoires des Amériques se sont retrouvés à Montréal, du 15 au 19 juin, pour participer au Forum sur le leadership et l’engagement citoyen, organisé par le Centre de la francophonie des Amériques.
Au programme : ateliers, échanges et discussions autour de l’engagement, dont le panel «Être acteur de changement : des transformations positives et durables», animé par une journaliste de Radio-Canada, Julie Marceau.
Les panélistes ont partagé leurs clés pour devenir une voix engagée au sein de la francophonie.
«On a beaucoup de personnes qui sont fières de leur héritage et qui voudraient maintenant vraiment apprendre le français», a amorcé Michèle Braud, spécialiste des langues à la retraite au ministère de l’Éducation de la Louisiane.
Adolescente, elle a vécu la «honte» de parler français, avant d’avoir un déclic, de changer son regard, grâce à ses professeurs, et de vouloir l’enseigner elle-même aux prochaines générations.
Je voudrais que tous les vieux et les vieilles voient que leurs enfants continuent le français, même à l’école, parce que c’est là où on a perdu le français.
Samuel Pierre, professeur titulaire au département de génie informatique et génie logiciel de Polytechnique Montréal, a lui aussi à cœur la relève francophone. Il a cofondé le Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haïti Nouvelle (GRAHN-Monde).
Les travaux du GRAHN-Monde ont mené à la création, en 2013, de l’Institut des sciences, des technologies et des études avancées d’Haïti (ISTEAH), un établissement universitaire de cycles supérieurs visant à former les futurs leadeurs haïtiens pour qu’ils restent au pays.
Il affirme que Haïti, «connu comme un pays pauvre», est l’un des plus grands exportateurs de talents au monde.
«Ces ressortissants diplômés postsecondaires se retrouvent à l’étranger […] Il y a des régions qui se vident de leurs personnes.» Un phénomène d’exode qu’on observe aussi dans certaines régions francophones du Canada, rappelle-t-il.
Ce qui appauvrit, ce n’est pas l’argent, ce ne sont pas les ressources naturelles. Il y a des pays qui n’ont pas les ressources naturelles et qui ne sont pas pauvres. La Suisse est un exemple. Ce qui fait la richesse des peuples, ce sont les personnes. Donc, comment les retenir, de manière que ces personnes-là deviennent des agents de changement?
L’ISTEAH se veut une partie de la réponse. «À partir de ce constat que les gens déménagent parce qu’ils ont des ambitions liées à l’éducation, on s’est dit pourquoi ne pas amener l’éducation à la quantité et à la qualité dans toutes les régions, de manière à garder les personnes le plus longtemps dans leur région, pour ne pas appauvrir les régions», explique Samuel Pierre.
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Les panélistes ont également discuté des notions de courage et de résilience.
Michèle Braud appelle les jeunes francophones à «ne jamais prendre un non pour une réponse» quand ils proposent des projets, des idées, des initiatives : «Quand quelqu’un dit non, il faut simplement demander pourquoi, pourquoi pas. Il faut dire “Mais j’ai une réponse, j’ai une solution.”»
«C’est plus facile de dire non. Quand on dit oui, ça doit être suivi par une action, ça demande du travail. Donc, si la personne veut se débarrasser de vous, elle vous dit non», rejoint Samuel Pierre.
Il remarque aussi que les obstacles peuvent être logistiques et venir d’une bureaucratie lourde par exemple.
La directrice générale du Bureau de la langue française à la Ville de Montréal, Aurélie Arnaud, a quant à elle souligné l’importance du consensus dans tout processus de changement.
Elle a participé, avec son équipe, à la modification du drapeau de la métropole afin d’y intégrer, en 2017, un symbole autochtone. Pour ce faire, il a fallu obtenir l’approbation de toutes les nations autochtones de la région. «On ne change pas un drapeau n’importe comment», témoigne la responsable.
Aurélie Arnaud disposait alors de cinq mois pour mener ce travail. Rencontre après rencontre, les communautés sont parvenues à un consensus autour d’un symbole qui leur parlait à toutes : le pin blanc.
On ne peut pas être leadeur quand on est seul. Ça prend du courage; le courage d’assurer sa minorité […] Le monde change grâce aux minoritaires et aux personnes qui ont le courage d’être minoritaires.
Selon lui, les plus grandes conquêtes sociales ont été portées par des personnes qui étaient convaincues, et parfois seules contre toutes et tous au début de leur engagement.
Il invite les jeunes à rester contestataires et vouloir changer le monde. «Si vous maintenez cet état d’esprit, le plus tard possible, même à 90 ans, ça veut dire que vous allez rester jeune.»
Depuis le début des années 1990, les Acadiens et les Acadiennes de la région, appuyés par la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, se sont battus afin d’obtenir une représentation politique conforme aux principes de la représentation effective reconnue par la Cour suprême du Canada dans l’arrêt Carter.
Trente années de démarches, de comparutions devant cinq commissions de délimitation des circonscriptions électorales, ainsi que devant la Cour suprême et la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse, témoignent d’une persévérance exceptionnelle. Ce que je retiens notamment de la décision du juge Muise, qui a donné raison aux demandeurs de Chéticamp, c’est que dès 1992, les commissions auraient pu recommander une circonscription pour Chéticamp avec le même statut particulier accordé à d’autres régions acadiennes.
Réjean Aucoin.
À l’époque, la province avait accepté la création de circonscriptions protégées à Clare, Argyle, Richmond et Preston afin d’assurer une représentation effective aux communautés acadiennes et noires. Pourtant, les Acadiens et les Acadiennes du nord du comté d’Inverness, concentrés à plus de 95 % dans la région de Chéticamp, sont demeurés sans cette reconnaissance pendant plus de trois décennies.
Selon le Juge Muise de la Cour suprême, la décision de la commission était arbitraire et non fondée, allant à l’encontre de l’article 3 de la Charte canadienne des droits et libertés. En 2019, à la suite de cette décision, une nouvelle commission recommanda la création d’une circonscription regroupant les communautés de Margaree à Pleasant Bay, incluant Chéticamp. Cette recommandation augmentait le poids électoral des Acadiens et des Acadiennes de 13 % à 34 %. Bien que cette solution soit demeurée imparfaite, elle représentait néanmoins un certain progrès après tant d’années de revendications.
Le 23 juin 2026, les électeurs de cette nouvelle circonscription ont écrit une page d’histoire en élisant un député acadien bilingue parmi les quatre candidats. Pour la première fois depuis 1925, les Acadiens et les Acadiennes pourront communiquer avec leur représentant provincial en français ou en anglais selon leur choix.
Il est important de rappeler que les demandes formulées par les Acadiens et les Acadiennes de Chéticamp étaient publiques, raisonnables et semblables à celles présentées avec succès par d’autres régions acadiennes. Ce n’est qu’après plusieurs refus que le dossier a été porté devant les tribunaux, où la communauté a finalement obtenu gain de cause.
Aux Acadiens et Acadiennes de Chéticamp et de la région, je veux dire merci. Votre engagement envers votre langue, votre culture et vos droits constitue un exemple inspirant pour toutes les communautés francophones en situation minoritaire au Canada.
Le 23 juin 2026 restera gravé dans ma mémoire comme le jour où notre région a enfin obtenu une représentation acadienne bilingue à l’Assemblée législative de la Nouvelle-Écosse, au même titre que les autres régions acadiennes de la province.
Félicitations également aux autres candidats bilingues qui auront contribué à faire de cette campagne un moment marquant de notre histoire collective.
Que tu aies une piscine à la maison, ou que tu fréquentes la piscine publique de ton quartier, voici quelques règles à respecter:
Psst! J’ai fouillé dans mes albums photos pour illustrer les bonnes pratiques dans l’eau. 😉👇
Se baigner en toute sécurité, c’est stylé! C’est ce que la Marilys de 10 ans te dirait.
Au Québec, à peu près 4 noyades sur 10 surviennent dans des rivières. C’est parce qu’elles comportent plusieurs risques, comme des courants forts et des fonds irréguliers. Voici donc quelques points à respecter:
Et la Marilys d’aujourd’hui est toujours de cet avis! Même adulte, si je suis sur une rivière, c’est avec ma veste de sauvetage! Lors de cette sortie en canoë avec mon amie Audrey (à droite), je l’avais agencée au chandail que je portais!
La mer apporte son lot de plaisirs, mais elle est imprévisible… vaut mieux être bien préparé!
Voilà! Tu sais tout maintenant pour te rafraîchir en toute sécurité!
Et toi, tu préfères te baigner dans une piscine, dans une rivière ou à la mer?
Les Colombiens avaient le choix entre deux candidats aux idées très différentes.
D’un côté, Abelardo de la Espriella. On dit qu’il est d’extrême droite, c’est-à-dire qu’il défend des idées très conservatrices. Parmi ses promesses : construire plus de prisons, donner plus de pouvoir à l’armée et produire davantage de pétrole. C’est un admirateur de Donald Trump.
De l’autre, le politicien et philosophe Ivan Cepeda. Ses priorités : aider les personnes plus pauvres, augmenter le salaire minimum et réduire les inégalités.
Lors de ces élections, plus de la moitié de la population est allée voter. Ça peut te sembler peu, mais c’est le plus haut taux de participation de l’histoire du pays!
Abelardo de la Espriella a finalement été élu avec 49,7 % des voix, contre 48,7 % pour Iván Cepeda. À peine 1 % de différence!
«Le résultat était tellement serré qu’il montre à quel point notre pays est divisé», raconte Fabian, un Colombien que j’ai rejoint à Bogotá, la capitale du pays.
Fabián Castaño Barrera es colombiano. Vive en Bogotá, la capital del país. – Traduction : Fabian Castaño Barrera est colombien. Il habite à Bogota, la capitale du pays.
La victoire du nouveau président a provoqué des réactions très différentes à travers le pays. À Bogotá, plusieurs personnes sont descendues dans les rues pour célébrer le résultat de l’élection.
Dans d’autres villes, comme Cali, des manifestants ont plutôt exprimé leur mécontentement.
Sur son réseau Truth Social, le président des États-Unis, Donald Trump, s’est réjoui de la victoire de celui qu’on surnomme «le Tigre», avec le message : «Il a gagné, et largement»!
Fabian craint que certaines avancées acquises sous le dernier gouvernement soient éliminées. Le président sortant, Gustavo Petro, voulait réduire les inégalités et protéger l’environnement. «L’avenir est très incertain. On ne sait pas ce que ce nouveau président va faire. Mais j’ai peur qu’on revienne à plus de conflits et qu’on perde certains droits que les Colombiens ont gagnés au fil des années», confie Fabian.
«Abelardo de la Espriella a une vision très traditionnelle de la société. Il est contre plusieurs droits des personnes LGBTQ+ et il a déjà dit que les femmes devraient rester à la maison. J’ai peur que le pays recule au lieu d’avancer», a-t-il ajouté.
Le surnom du nouveau président est «Le Tigre». Toi, si on avait à te donner le surnom d’un animal, lequel serait-ce?
Le 24 juin, la France a connu la journée la plus chaude de son histoire: dans presque tout le pays, il a fait au moins 40 degrés Celsius, sans compter le facteur humidex!
Pourquoi ces températures extrêmes? Des scientifiques affirment que c’est à cause des changements climatiques. Ils ont calculé que, si une canicule avait eu lieu en Europe il y a 50 ans, elle aurait été moins chaude de 3,5 °C pendant la journée, et de 2,4 °C pendant la nuit.
🚨 La chaleur très élevée peut être dangereuse pour la santé, surtout pour les jeunes enfants et les personnes âgées. Malheureusement, depuis le 21 juin, plus de 1300 personnes seraient décédées à cause de la canicule en Europe. C’est donc important de trouver des moyens de se rafraichir.
Parmi les solutions, la climatisation semble une bonne idée. Mais, en Europe, seulement 20% des habitations sont équipées de climatiseurs. En plus de ça, ces appareils:
▶️ nécessitent beaucoup d’énergie pour fonctionner
▶️ utilisent des gaz à effet de serre très puissants
▶️ rejettent de la chaleur à l’extérieur
Résultat: en rafraichissant les bâtiments avec des climatiseurs, on contribue à réchauffer encore plus l’air extérieur. 🤔
Il existe plein de façons de se rafraichir sans polluer. En voici quelques-unes que j’ai trouvées très originales.
À l’ombre des arbres ou d’un parasol, il fait toujours moins chaud qu’en plein soleil. Dans le sud de l’Espagne, une professeure de crochet (une activité qui ressemble au tricot, mais avec une seule aiguille) et ses élèves ont eu l’idée de créer de grandes toiles en tissu recyclé. Accrochées en hauteur entre les maisons, ces toiles sont une excellente protection contre le soleil pour les passants.
Et en plus d’être pratique, c’est vraiment joli!
En cas de grosse chaleur, il est conseillé de fermer les rideaux ou les volets. Une autre manière d’empêcher le soleil de passer par les fenêtres est d’y installer une couverture d’urgence: sa surface réfléchissante comme du papier aluminium renvoie les rayons du soleil.
En France, plusieurs ont aussi peint leurs fenêtres en blanc. Avec de la peinture? Non! Avec un mélange à base de blanc de Meudon. C’est une poudre de craie très blanche qui, elle aussi, réfléchit très bien les rayons du soleil tout en laissant passer un peu de lumière à l’intérieur.
Rien de mieux que de l’eau pour se rafraichir! En France, la ville de Paris a autorisé la population à se baigner dans le canal Saint-Martin. Des enfants en ont profité pour commencer une bataille avec des fusils à eau. Quand des policiers qui passaient par là se sont mis à les arroser eux aussi, c’est devenu un vrai party!
Dans la francophonie canadienne, les réseaux sociaux servent à rapprocher des communautés très éloignées les unes des autres, observe le consultant en éducation basé en Ontario, Bertrand Ndeffo.
«Facebook est extrêmement populaire. Extrêmement utilisé dans le Nord de l’Ontario. Pas seulement pour le divertissement, mais pour les liens», explique le fondateur d’EducNation Consulting, qui parcourt la province pour son travail.
Il a observé une dynamique similaire chez les moins de 16 ans. «Les jeunes, les amitiés renforcent les liens sur les réseaux sociaux. C’est un espace dans des champs de communication, de créativité, de partage très important. C’est un espace identitaire.»
Une logique qui s’applique aussi chez les jeunes francophones issus de l’immigration. À leur arrivée dans un nouvel environnement, les réseaux sociaux peuvent les aider à découvrir la culture locale et garder le contact avec la famille demeurée dans le pays ou la province d’origine.
À partir de ces constats, Betrand Ndeffo croit que le projet de loi C-34 sur la sécurité numérique du gouvernement fédéral est une bonne initiative, mais qu’il aura peu d’impact sans éducation des jeunes et des adultes, ainsi que sans recherche de possibles solutions de remplacement.
Le projet de loi C-34, ou la Loi sur les médias sociaux sécuritaires, a été présentée à la Chambre des communes le 10 juin dernier. Son principal objectif est d’améliorer la sécurité des services de médias sociaux et des agents conversationnels. Plusieurs éléments sont mis de l’avant pour y arriver :
La Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF) estime même qu’une interdiction aura «des conséquences néfastes».
«Il y a des problèmes avec les médias sociaux, mais c’est quand même aussi un outil que les jeunes utilisent. Et donc, ça compliquerait le travail de nos membres. Les organismes qui desservent un grand territoire ou qui veulent rejoindre des jeunes dans des régions plus éloignées auront de la difficulté à se faire connaitre et ça limiterait l’accès des jeunes à des initiatives bénéfiques à leur développement personnel et professionnel», explique la vice-présidente de la FJCF, Madeleina Daigneault.
Dans une recherche publiée en 2020, Pascal Lupien, qui était à l’époque professeur adjoint au Campus St-Jean de l’Université de l’Alberta, souligne l’utilité des réseaux sociaux pour la francophonie minoritaire, y compris pour les organismes jeunesse. «Les médias socionumériques peuvent soutenir les efforts des organisations francophones en milieu minoritaire pour mobiliser des ressources […], influencer les débats politiques et promouvoir l’identité collective.»
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Pour Bertrand Ndeffo, trop peu de parents connaissent ou utilisent des outils de contrôle parental pour les appareils électroniques. Photo : Courtoisie
Le conseil d’administration de la FJCF est en faveur des restrictions sur l’utilisation des réseaux sociaux, mais il nuance sa position en précisant qu’une interdiction totale serait difficile à appliquer et ne permettrait pas aux jeunes d’apprendre à s’en servir de manière responsable.
Selon leur consultation, «l’accent doit plutôt être sur la sensibilisation et l’éducation», souligne Madeleina Daigneault.
L’organisme ontarien Parent partenaire en éducation adopte la même posture. «Les mesures législatives ne peuvent, à elles seules, assurer la sécurité des jeunes en ligne. Nous devons continuer d’outiller nos jeunes afin qu’ils développent leur jugement, leur esprit critique et les compétences nécessaires pour évoluer de façon sécuritaire et responsable dans un monde numérique», explique par écrit le président, Paul Baril.
La recherche Littératie et citoyenneté numériques chez les jeunes d’expression française en milieu minoritaire au Canada fait le même constat.
Dans leur conclusion, Sylvain St-Onge, Anne Robineau et Josée Guignard Noël soutiennent qu’il serait préférable d’enseigner comment avoir un «esprit analytique en misant plutôt sur l’engagement et la participation des jeunes pour qu’ils soient capables de résilience en développant leur capacité réflexive en tant qu’apprenants et acteurs numériques».
«Dans cette perspective, la protection des jeunes et l’éducation aux médias ne devraient pas être opposées, mais complémentaires», précise Sylvain St-Onge par courriel à Francopresse.
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Le projet de loi mentionne les communautés de langue officielle en situation minoritaire une seule fois. L’une des missions de la Commission sur la sécurité numérique serait de faciliter leur participation à ses activités.
Bertrand Ndeffo espère que ces communautés seront consultées, afin d’adapter les solutions à leurs enjeux particuliers.
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Marie-Pier Jolicœur analyse que le gouvernement canadien a choisi de parler de la sécurité des enfants dans son projet de loi, et non de la santé publique ou mentale, comme l’ont fait l’Australie ou le Royaume-Uni. L’avenir dira si cette approche est plus efficace.
Ces dernières années, les enquêtes et recherches associant l’utilisation des réseaux sociaux à des effets néfastes chez une partie des adolescents se sont multipliées. Leurs algorithmes peuvent mener à la dépendance, à l’isolement, à des troubles du sommeil et à une mauvaise image corporelle, entre autres.
Dans son parcours universitaire, la doctorante en droit à l’Université Laval, Marie-Pier Jolicœur, s’est spécialisée dans les questions de droits des enfants. Elle accueille favorablement l’interdiction des réseaux sociaux au moins de 16 ans, «en vertu du principe des capacités évolutives de l’enfant».
De manière générale, dans la société, on ne permet pas à un enfant de 3 ans, 8 ans, 10 ans de faire la même chose qu’un adolescent de 13, 14, 15 ou 16 ans.
Elle rappelle également que l’on oublie parfois qu’Internet ne se limite pas aux réseaux sociaux. «Ce n’est pas parce qu’un jeune ne peut pas s’ouvrir un compte sur Instagram ou sur TikTok ou sur Facebook qu’il ne peut pas avoir une expérience numérique, faire de la recherche sur Google ou écouter des balados.»
D’autres moyens de communication très utilisés par les jeunes – comme ceux inclus dans des jeux vidéos – sont pourtant absents du projet de loi
En tant que mère engagée en éducation et ancienne enseignante basée à Hamilton, Sonia Macaluso a été témoin de suffisamment d’effets néfastes des réseaux sociaux chez les jeunes pour appuyer une interdiction.
Elle voit une incohérence entre la gestion du risque pour les jeunes dans la réalité et sur les réseaux sociaux. «On a tout pour que les enfants soient en sécurité par rapport aux adultes qui viennent dans les écoles, mais on a zéro [protection] pour eux quand ils sont sur les réseaux sociaux.»
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L’un des bénéfices du projet de loi perçu par Marie-Pier Joliœur est un rééquilibrage des responsabilités de protection des enfants entre les parents, l’État et les plateformes. «Parce que l’idée, c’est aussi d’impliquer une pluralité d’acteurs dans la recherche de solutions, que ce n’est pas juste le parent, c’est aussi une responsabilité étatique, de santé publique et tout ça.»
Dans leur recherche, Sylvain St-Onge, Anne Robineau et Josée Guignard Noël ont constaté que «les enseignants et les parents sont dépassés par le phénomène de désinformation et de propagande en ligne, tout comme l’intensité à laquelle les médias sociaux évoluent». Ils recommandent donc de mieux outiller et accompagner les acteurs du système d’éducation.
Bertrand Ndeffo insiste sur le besoin d’accompagner le projet de loi d’une recherche de solutions de remplacement et, surtout, d’éducation; pour les enfants, les parents et les enseignants.
Il faut sensibiliser et former les parents, insiste-t-il. Il y a énormément d’adultes qui, un, ne savent pas utiliser l’IA, deux, n’ont quasiment aucune idée des risques associés à l’IA, déjà pour eux-mêmes et à plus forte raison pour les enfants à la maison.
Selon lui, il faudra passer par les conseils scolaires, les associations et les organismes pour rejoindre le plus d’adultes possible. Et le gouvernement devra prévoir des fonds pour fournir cette éducation.
Le premier ministre Mark Carney a annoncé que la région de la capitale nationale accueillera le 21e Sommet de la Francophonie en 2028. Ce sera une première pour l’Ontario.
Les activités se dérouleront à Ottawa et à Gatineau, sous réserve de l’approbation officielle de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) lors du prochain Sommet de la Francophonie, à l’automne, au Cambodge.
L’annonce a été saluée par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) et d’autres organismes francophones, qui y voient une occasion de promouvoir le français, de renforcer le rayonnement économique et culturel du Canada et de mettre en valeur les communautés francophones.
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Le juge manitobain Glenn D. Joyal a été confirmé comme prochain juge à la Cour suprême, à la suite du départ à la retraite de la juge Sheilah Martin.
Le juge Glenn D. Joyal a été confirmé comme prochain juge de la Cour suprême à la suite du départ à la retraite de la juge Sheilah Martin.
Remise en question des nominations des juges : Son audience de confirmation, lundi, a été marquée par les critiques de l’opposition envers un processus de nomination jugé trop politisé.
De son côté, M. Joyal a défendu l’indépendance de la magistrature, mis en garde contre les risques de la désinformation et de l’IA, et souligné l’importance de la réconciliation avec les peuples autochtones ainsi que de la diversité au sein du système judiciaire.
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La Franco-Ontarienne Trèva Cousineau a reçu l’Ordre du Canada, l’une des plus hautes distinctions du pays.
Trèva Cousineau, figure importante de la francophonie ontarienne, a été décorée de l’Ordre du Canada par la gouverneure générale Louise Arbour, vendredi dernier.
Honneurs : Engagée depuis plus de 60 ans dans la promotion de la francophonie canadienne, elle a contribué à de nombreux organismes et comités. Déjà honorée par plusieurs distinctions, dont le prix Bernard-Grandmaître et la Médaille du couronnement du roi Charles III, elle a également un parc à Orléans, en banlieue d’Ottawa, qui porte son nom.
L’Ordre du Canada, l’une des plus hautes distinctions du pays, récompense les personnes ayant apporté une contribution exceptionnelle et durable au Canada. Cette année, 61 personnes ont été nommées, dont Michael J. Fox, Christine Sinclair, Yvan Cournoyer et la Dre Caroline Quach-Thanh.
Réunis à Winnipeg les 25 et 26 juin, les ministres du Conseil des ministres sur la francophonie canadienne (CMFC) ont réaffirmé leur engagement à renforcer les services en français et à appuyer les communautés francophones et acadienne.
Les échanges ont porté sur l’accès à la justice, l’immigration francophone, le développement économique et la promotion du français.
Les responsables ont également souligné l’importance de poursuivre la collaboration entre les gouvernements afin de favoriser l’épanouissement de la francophonie partout au pays.
«Mieux faire» : Le ministre fédéral responsable des Langues officielles, Marc Miller, a reconnu que les gouvernements «peuvent tous mieux faire» après le décès d’un francophone aux urgences au Nouveau-Brunswick, où il n’a pas pu être servi en français.
Il s’est engagé à améliorer l’accès aux services en français partout au pays, tout en rappelant que cette responsabilité est partagée entre les différents paliers de gouvernement.
Le Conseil des ministres sur la francophonie canadienne était réuni la semaine dernière à Winnipeg, au Manitoba.
David Eby, fortement opposé au projet d’oléoduc dans sa province, a conclu un accord avec le premier ministre Mark Carney qui facilite ce projet, sans toutefois toucher au moratoire qui interdit le passage aux pétroliers.
CANADA
Le premier ministre Mark Carney et la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, ont annoncé jeudi soir un projet d’oléoduc, qui relierait les sables bitumineux du nord de l’Alberta au sud de la Colombie-Britannique, en suivant le tracé du pipeline Trans Mountain. Les travaux devraient débuter entre 2027 et 2029 et se terminer entre 2032 et 2034.
Couts : Estimé entre 35,2 et 43,7 milliards de dollars, le projet permettra de transporter un million de barils de pétrole par jour. Selon le gouvernement fédéral, il génèrera plus de 200 milliards de dollars d’investissements et créera au moins 175 000 emplois au Canada. L’Alberta a déjà investi 18,3 millions de dollars dans le projet.
Un autre accord : Quelques heures plus tôt, en Colombie-Britannique, Mark Carney a signé un accord avec le premier ministre de la province, David Eby. L’accord garantit le maintien du moratoire interdisant les pétroliers dans le nord-ouest de la province, malgré la poursuite du projet de l’oléoduc albertain.
Le document souligne aussi le développement de corridors visant à exporter les ressources naturelles canadiennes à l’international, notamment vers l’Asie.
Ces projets restent toutefois controversés en raison de l’opposition de certaines Premières Nations et des réserves exprimées par le gouvernement de la Colombie-Britannique, dirigé par David Eby.
Ce dernier a assuré en conférence de presse, jeudi matin, aux côtés de Mark Carney, que les Britannocolombiens seraient «compensés justement» pour les risques environnementaux qu’un tel projet pourrait entrainer.
L’Institut climatique du Canada alerte sur la nécessité de s’adapter à des vagues de chaleur intense, causées par la combustion des énergies fossiles, qui toucheront le Canada de plus en plus fréquemment.
L’Institut climatique du Canada a publié cette semaine une feuille d’information qui explique que le changement climatique, principalement causé par la combustion des énergies fossiles, intensifie la fréquence et la gravité des vagues de chaleur au Canada. Le pays se réchauffe plus rapidement que la moyenne mondiale, selon l’Institut.
Coûts financiers et humains : Le document souligne aussi que les températures extrêmes sont devenues plus fréquentes et plus intenses. Elles contribuent à des saisons de feux de forêt records et à une augmentation des évènements météorologiques extrêmes. Elles posent aussi des risques sanitaires importants et une hausse de la mortalité liée à la chaleur, comme lors de la canicule de 2021 en Colombie-Britannique.
La feuille de route met également en évidence des impacts économiques majeurs; des milliards de dollars de couts liés à la santé, aux infrastructures et à la perte de productivité, et affirme que sans mesures d’adaptation et de réduction des émissions, ces impacts devraient fortement augmenter d’ici 2050.
Enfin, il recommande des solutions comme la climatisation et les espaces verts, les systèmes d’alerte, l’adaptation des infrastructures et des normes de protection contre la chaleur afin de réduire les risques pour la population.
Lundi, le chef conservateur Pierre Poilievre a demandé du Parlement une enquête sur le projet du gouvernement fédéral, visant à convertir 2 200 copropriétés invendues en Colombie-Britannique en logements abordables.
Selon lui, cette initiative pourrait avantager les promoteurs immobiliers. De son côté, le gouvernement affirme que le programme vise à offrir des logements en formule location avec option d’achat, tandis que la Colombie-Britannique estime qu’il pourrait permettre d’acquérir des logements à moindre cout pour les rendre plus accessibles.
Le communiqué du Parti conservateur souligne également les difficultés persistantes d’accès au logement au Canada. Il rappelle enfin l’engagement du gouvernement de construire 500 000 logements par année et affirme que les prévisions de construction demeurent inférieures à cet objectif.
INTERNATIONAL
Les États-Unis ont refusé mercredi de renouveler l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), du moins dans sa forme actuelle.
Washington affirme vouloir corriger certaines «lacunes» de l’accord et réduire son déficit commercial avec le Canada et le Mexique.
Pour le Canada, cela signifie une période d’incertitude accrue sur le plan commercial, alors que l’ACEUM continue de protéger une grande partie des exportations canadiennes, mais pas certains secteurs comme l’acier, l’aluminium, l’automobile et le bois d’œuvre, toujours soumis à des tensions tarifaires.
Ottawa et Washington poursuivent donc les négociations, notamment sur ces droits de douane sectoriels, afin de limiter les impacts économiques et de stabiliser les échanges.
«Oui, le Canada accueillera le Sommet de la Francophonie en 2028, ici même, dans la région de la capitale nationale. Que la fête commence», a déclaré Mark Carney, le 1er juillet, à l’occasion des célébrations de la fête du Canada, à Ottawa.
«Nous avons décidé d’amener le monde au Canada pour célébrer la vitalité, la richesse et la résilience de la langue française dans ce pays et partout dans le monde.»
Le premier ministre avait annoncé la candidature de la capitale fédérale en décembre. Celle-ci a été officialisée par le Conseil permanent de la Francophonie, le 1er juillet. Sa désignation devrait être entérinée en novembre, lors du prochain Sommet de la Francophonie à Siem Reap, au Cambodge.
Le Sommet de la Francophonie est organisé tous les deux ans par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Il permet aux dirigeants des 90 États et gouvernements membres de l’OIF d’établir les orientations majeures de l’organisation.
Le pays a déjà été l’hôte de ce rassemblement à Québec en 2008 et en 1987, ainsi qu’à Moncton en 1999.
L’évènement sera aussi l’occasion pour le Canada de mettre en lumière ses communautés francophones.
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La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) se dit «très heureuse» de la nouvelle.
«J’ai particulièrement apprécié entendre les propos du premier ministre sur la volonté d’emmener le monde au Canada pour célébrer la richesse et la vitalité de la langue française chez nous. Que ce soit fait, en plus, à l’occasion de la fête du Canada, est hautement symbolique», a déclaré le jour même la présidente de la FCFA, Liane Roy, par communiqué.
L’organisme est à l’origine d’une lettre au premier ministre pour pousser le Canada à être candidat. Le document a été cosigné avec l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, la Société nationale de l’Acadie, la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse et la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.
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Le Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada) voit aussi d’un très bon œil cette annonce.
«En plaçant la francophonie canadienne au cœur d’un rendez-vous mondial, dans la région même où se prennent plusieurs grandes décisions du pays, elle donne au Canada une scène internationale pour montrer la francophonie telle qu’elle se vit réellement dans nos régions», réagit l’organisme par communiqué.
Selon le RDÉE Canada, l’évènement permettra aussi aux communautés francophones et acadienne en situation minoritaire de mettre en valeur leur présence et de démontrer que le français est aussi «une langue d’affaires, d’innovation, d’emploi et de développement économique».
L’espace francophone représente un levier stratégique très important. Le Sommet de la Francophonie 2028 devra permettre de mieux faire connaitre cette force, ici comme à l’international.
L’organisme ajoute vouloir s’assurer que les communautés prennent toute leur place dans les discussions, les partenariats et les retombées qui en découleront.