le Jeudi 1 octobre 2026

«Le Canada n’est pas très innovant en matière de reconnaissance de compétence, voire très en retard», a déclaré d’emblée Sylvie Painchaud, la directrice générale du Conseil des ministres sur la francophonie canadienne, lors d’un panel présenté par le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC), à l’occasion de l’évènement ePIC Canada 2026, qui se tenait les 28 et 29 septembre, à Ottawa.

Qu’est-ce qu’ePIC Canada 2026?

ePIC Canada 2026 a réuni au Canada des acteurs qui s’intéressent à la manière de mieux reconnaitre les apprentissages et les compétences, notamment en dehors des parcours traditionnels.

Dans la continuité du mouvement international ePIC et de l’édition tenue à Paris en 2024, l’évènement a bordé ces enjeux sous l’angle des réalités canadiennes et francophones.

Sylvie Painchaud s’est voulue rassurante : selon elle, le Canada pourrait rattraper son retard si les employeurs et les syndicats étaient associés aux conversations pour reconnaitre les compétences informelles, un objectif poursuivi par le RESDAC.

Identifier les compétences manquantes est une autre étape à étudier, a-t-elle martelé. «On travaille à reconnaitre celles qui ne sont pas reconnues. Mais il faut trouver celles qui manquent et comment y pallier.»

D’après elle, une approche sectorielle reste de mise, notamment pour reconnaitre rapidement des diplômes «nécessaires à la vitalité des communautés francophones».

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L’immigration liée à l’économie

Un argument repris par une autre panéliste, Carol McQueen, directrice générale du programme d’établissement au ministère d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).

«Pour le Canada, l’immigration est vraiment liée à l’économie. Il y a cette nécessité des compétences francophones. […] On veut favoriser aussi les compétences de vie, comme une forte résilience de la part des immigrants, l’adaptation, etc. Ce sont des caractéristiques qui ne sont pas faciles à mesurer.»

Elle admet que pour les immigrants francophones, la plus grande difficulté est de trouver un emploi qui correspond à leurs qualifications. Un médecin d’un autre pays francophone peut se retrouver à faire un métier moins qualifié pendant des années avant que ses compétences soient reconnues au Canada.

«Mais au fur et à mesure, ils atteignent ou dépassent les salaires des immigrants unilingues. À long terme, c’est important pour le Canada et pour ses communautés», remarque la responsable.

Barrières interprovinciales

Carol McQueen indique aussi que la reconnaissance des compétences demeure «difficile à résoudre, car il y a plusieurs niveaux de gouvernements». En somme, les provinces et territoires ont des règlements et des besoins différents.

Selon elle, un groupe de travail entre les ministres fédéraux et provinciaux de l’immigration, mais aussi de l’emploi, est à l’œuvre pour identifier les obstacles à la mobilité des corps de métiers dans les domaines où le Canada a des besoins.

Pour une première fois depuis une dizaine d’années, c’est le momentum entre les niveaux de gouvernements, de faire venir des gens surtout dans les secteurs où on manque de personnel.

— Carol McQueen, directrice générale du programme d’établissement au ministère d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada

Sylvie Painchaud reconnait toutefois que certains apprentissages sont nécessaires, notamment pour les professionnels de santé, car «il y a l’aide médicale à mourir au Canada par exemple, ce qui n’est pas forcément le cas pour les pays d’origine des personnes qui immigrent».

Carol McQueen nuance néanmoins ce constat en rappelant qu’IRCC peut agir rapidement «quand on doit attirer des talents». La Stratégie en matière de compétences mondiales (SCM) en est un exemple : elle permet notamment d’accélérer le traitement des demandes de permis de travail de certains professionnels de la haute technologie, avec un délai cible de deux semaines.

«Ces gens vont aider à créer des emplois pour le futur», a-t-elle soutenu.

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L’IA redéfinira les compétences

Cette économie du futur ne peut se faire sans reconnaissance des compétences et identification de celles qu’on ne connait pas encore et qui créeront des métiers encore inexistants, affirme Sylvie Painchaud.

L’autre panéliste, Mark Schaan, sous-ministre délégué au ministère d’Innovation, Sciences et développement économique (ESDE), soutient que les compétences ne «sont plus linéaires», mais en évolution constante du fait notamment du rôle de l’IA, qui redéfinit des carrières entières et des métiers.

Selon lui, l’IA «change le jeu et exige que chaque Canadien se forme aux technologies».

Avec l’IA «c’est un bon moment pour faire un survol de nos compétences», argue Mark Schaan. Comme Sylvie Painchaud, le sous-ministre voit qu’il y a «un petit manque de compétences dans le domaine des technologies. Comment intégrer un humain dans le processus est une autre question à se poser pour s’adapter à l’IA».

Pour Sylvie Painchaud, le sujet de l’IA se pose également dans les écoles : «La société va plus vite que les gouvernements, alors comment adapter nos compétences plutôt que simplement accumuler des compétences qui ne seront plus efficaces dans 4 ans?»

Pour cette occasion, j’ai eu la chance de discuter avec plusieurs personnes autochtones. Je leur ai posé deux questions : que représente le 30 septembre pour elles? Et comment les jeunes peuvent-ils participer à la réconciliation?

Voici les réponses de Raphaëlle Langevin, créatrice de mode, et de Monique Levesque, enseignante!

Raphaëlle Langevin

Photo : Tirée du compte Facebook de Raphaëlle Langevin

Raphaëlle Langevin est une Innue de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. C’est une créatrice de mode, qui confectionne des jupes à rubans, un vêtement traditionnel qui fait partie de la culture de plusieurs peuples autochtones. Elle partage aussi son savoir avec les jeunes en leur apprenant à en fabriquer.

Pour toi, qu’est-ce que signifie la journée du 30 septembre?

Pour moi, ça veut dire plusieurs choses. Premièrement, dans ma communauté, c’est un jour de deuil, de recueillement. On fait des cérémonies pour les survivants des pensionnats et on prie pour ceux qui n’ont pas survécu. 

En dehors de ma communauté, c’est une occasion d’aller à la rencontre des allochtones. De leur raconter nos histoires, de leur partager notre culture et nos savoir-faire. Pour moi, c’est une journée pendant laquelle on renforce nos liens et où on en crée de nouveaux.

Comment un enfant peut-il participer à la réconciliation et être un bon allié des Autochtones?

Tu peux apprendre l’histoire du chandail orange et le porter le jour du 30 septembre. Tu peux parler aux gens que tu connais pour les sensibiliser à cette journée. Il y a vraiment beaucoup d’allochtones qui ne connaissent pas encore cette journée! Tu peux aussi t’informer des activités organisées près de chez toi pour l’occasion, et y participer! 

Monique Levesque

Photo : Maryne Dumaine – l’Aurore boréale

Monique Lévesque est enseignante et wendate. Elle est née au Québec, mais elle habite au Yukon depuis plus de 30 ans. Elle travaille dans une école primaire et organise des ateliers en français sur la réconciliation, pour faire connaître les réalités autochtones dans un territoire où l’anglais est la langue la plus parlée.

Pour toi, qu’est-ce que signifie la journée du 30 septembre?

Pour moi, le 30 septembre représente la reconnaissance, après toutes ces années, des torts qui ont été causés aux communautés autochtones, métisses et inuites partout au Canada. C’est une occasion de se souvenir des enfants qui ne sont jamais retournés chez eux, d’honorer les survivants des pensionnats et de reconnaître les effets encore présents de la colonisation.

Comment un enfant peut-il participer à la réconciliation et être un bon allié des Autochtones?

Comme enfant, tu peux être un bon allié et participer à la réconciliation de plusieurs façons. Par exemple :

Et, surtout, souviens-toi toujours que chaque enfant, y compris toi, peut faire une différence! 🧡

Et toi, connais-tu des mots autochtones?

Le ministre provincial de l’Emploi et du Développement rural de Terre-Neuve-et-Labrador, Lin Paddock, souhaite attirer des immigrants francophones qualifiés dans les secteurs de la santé, de l’enseignement et des garderies.

Cody Broderick – Le Gaboteur

C’est depuis St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, que le gouvernement fédéral a annoncé un investissement d’environ 1,2 million de dollars pour trois nouveaux projets qui découlent du Programme d’appui à l’immigration francophone. Ce dernier fait partie du Plan d’action pour les Langues officielles de 2023-2028.

À Terre-Neuve-et-Labrador, il s’agit de recruter des immigrants francophones qualifiés surtout dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la petite enfance, ainsi que «des métiers spécialisés, comme les géologues», a fait valoir le ministre provincial de l’Emploi, de la Croissance et du Développement rural, Lin Paddock, en conférence de presse le 29 septembre.

La province continuera également de cibler des pays francophones comme la France, la Belgique, la Tunisie et le Maroc.

Pour faciliter et accélérer le recrutement, un nouveau site de collecte biométrique ouvrira en janvier 2027 à Happy Valley-Goose Bay, pour compléter les dossiers d’immigration et éviter que les résidents et les résidentes du Labrador ne se déplacent à St. John’s.

La part du soutien fédéral s’élève ici à 350 000 $ pour que les francophones de cette province trouvent à la fois du travail et des services dans leur langue afin de s’établir.

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En Saskatchewan, le marché du travail cartographié

Dans le même esprit, le projet du Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan vise à accroitre l’immigration francophone tout en arrimant les besoins du marché du travail local aux talents internationaux.

Les secteurs visés dans la province sont l’agriculture, les soins de santé, les mines, l’énergie, les technologies et l’hôtellerie.

Le Conseil prévoit la création d’une plateforme de cartographie interactive, l’organisation de missions en personne et virtuelles, de l’accompagnement pour l’équivalence des diplômes et les examens de certification professionnelle, ainsi que la tenue d’ateliers de transition culturelle.

En Ontario, de la publicité pour régionaliser l’immigration

Le projet diffère un peu en Ontario, avec «Osez le Nord». Cette nouvelle campagne de promotion, développée par le Carrefour francophone de Sudbury, vise à attirer les immigrants francophones qualifiés dans des secteurs jugés prioritaires, notamment dans les régions rurales.

Le Programme d’appui à l’immigration francophone du gouvernement du Canada avait annoncé en 2025 un financement de 909 000 $ au total sur 3 ans pour appuyer ce projet.

Reconnaissance des compétences

Interrogée sur la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes et des Canadiens entre les provinces pour combler des secteurs-clés tels que la santé, l’éducation ou la construction, la ministre fédérale d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), Lena Metledge Diab, a indiqué que le gouvernement travaille avec les provinces pour briser les barrières structurelles, tout en utilisant des fonds du ministère du Travail pour soutenir ce processus.

À l’heure d’écrire ces lignes, le ministère d’Emploi et développement social Canada (EDSC) n’avait pas répondu sur les fonds alloués pour faciliter la reconnaissance des diplômes.

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Cibles en immigration francophone

La ministre Metledge Diab devrait dévoiler cet automne le plan annuel des niveaux d’immigration, qui indiquera si le Canada a atteint sa cible en immigration francophone et si le gouvernement compte la rehausser.

La plateforme électorale libérale de Mark Carney visait 12 % d’immigration francophone en dehors du Québec d’ici 2029. Pour l’instant, les chiffres d’IRCC indiquent que le cette proportion se situe à près de 9 %.

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Pour cette occasion, j’ai eu la chance de discuter avec plusieurs personnes autochtones. Je leur ai posé deux questions : que représente le 30 septembre pour elles? Et comment les jeunes peuvent-ils participer à la réconciliation? Voici leurs réponses!

Connor Lafortune

Connor Lafortune a 25 ans et fait partie de la Première Nation de Dokis, en Ontario. C’est un écrivain, un poète et un musicien, qui utilise l’art pour parler des enjeux qui lui tiennent à cœur. 

Pour toi, qu’est-ce que signifie la journée du 30 septembre?

En tant que personne Anishnaabek, le 30 septembre est pour moi une journée de repos. Chaque année, je me retrouve dans la forêt, au sein de la communauté ou parmi d’autres personnes autochtones. Je prends le temps de m’éloigner de mon travail et de mon quotidien pour participer à la vie de ma communauté. Il peut s’agir, par exemple, d’une journée de célébrations, de deuil ou de renouvellement. 

Pour les personnes non autochtones, je crois que cette journée est une occasion d’apprendre et de remettre en question certaines idées.

Comment un enfant peut-il participer à la réconciliation et être un bon allié des Autochtones?

Les enfants peuvent participer à la réconciliation en portant un chandail orange le 30 septembre, en posant des questions sur les communautés autochtones aux adultes en qui ils ont confiance et en faisant preuve de bienveillance. 

Je crois aussi qu’ils peuvent devenir de bons alliés en privilégiant le respect, en comprenant les différences de chacun et en encourageant leurs enseignants et leur famille à s’intéresser aux enjeux autochtones! 

Shushan Bacon

Shushan Bacon est une journaliste innue qui a vécu une grande partie de sa vie sur la Côte-Nord du Québec. Pour plusieurs personnes autochtones, la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation peut être un moment difficile, qui fait remonter des souvenirs plus douloureux. C’est le cas de Shushan. Elle a généreusement accepté de m’expliquer pourquoi.

Pour toi, qu’est-ce que signifie la journée du 30 septembre?

Le 30 septembre, je me permets de poser ma hache de guerre. Pendant 364 jours par année, je raconte des histoires, je vais à la rencontre des gens et je parle des enjeux qui touchent les Premières Nations. Mais cette journée-là, je me permets d’être vulnérable. 

Mes parents ont fréquenté des pensionnats et ma famille a souffert des conséquences de la Loi sur les Indiens.

Ça laisse des blessures, même pour moi. Je crois que la vérité, c’est aussi de ne rien cacher et de me permettre de ressentir de la peine. Cette journée-là, la guerrière est en pause.

Comment un enfant peut-il participer à la réconciliation et être un bon allié des Autochtones?

Pour être un bon allié, je dirais d’abord de s’informer et de poser des questions. Je pense aussi que c’est important d’être ouvert aux différences et de prendre le temps d’aller à la rencontre des autres.

Par exemple, s’il y a un jeune Autochtone dans ta classe, tu peux faire équipe avec lui et apprendre à mieux le connaître. Même apprendre à bien prononcer les noms des personnes, c’est une petite façon de montrer du respect!

Et toi, comment ta classe ou ton école souligne-t-elle cette journée?

Avec les informations d’Inès Lombardo et de Julien Cayouette.

«Ce qui est ressorti en général par rapport à notre réseau et à nos entrepreneurs, c’est qu’ils ne sont pas touchés directement [par les tarifs]… pour l’instant», observe Marie-Noël Holland, directrice de l’entrepreneuriat et du développement économique communautaire de la Société de développement économique de la Colombie-Britannique (SDÉCB).

Selon la responsable, le conflit commercial actuel touche davantage les grandes entreprises.

Marie-Noël Holland souligne que les entreprises francophones souhaitent diversifier leur marché à l’intérieur du Canada, ainsi qu’en Europe, en Chine et en Afrique.

Photo : SDECB

La plupart des personnes accompagnées par la SDÉCB sont des «solopreneurs» ou des dirigeants de petites entreprises qui font déjà face à leurs propres défis : la langue, le financement, l’isolement géographique. «Ils sont dans leur niche […] La plupart sont dans la phase de démarrage ou dans la phase de développement.»

«Mais ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas concernés. C’est quelque chose qu’ils suivent de très près», nuance-t-elle.

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Effets collatéraux

En Ontario, la directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA), Pascale de Montigny Gauthier, constate pour l’instant surtout des effets collatéraux. Particulièrement la hausse de certains couts.

Les propriétaires de PME, dont elle fait aussi partie, voient l’impact au quotidien parce qu’ils et elles sont «en première ligne» et transigent avec les fournisseurs de téléphonie, de nourriture, l’essence, etc.

«Ces entreprises-là font affaire avec les entreprises américaines et il y a plusieurs effets boule de neige. Ces fournisseurs-là augmentent leurs tarifs à chaque palier et, nous, on refile la facture à nos clients. Pendant ce temps-là bien, tous nos frais augmentent, les salaires augmentent, fait qu’on est pris à la gorge un petit peu.»

Incertitudes

Il n’existe pour l’instant pas de données ou d’outils de mesure permettant d’affirmer que les entreprises francophones sont plus ou moins affectées que les autres par la guerre tarifaire avec les États-Unis, note le président-directeur général du Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada), Yan Plante.

Pour Yan Plante, c’est surtout l’incertitude qui plane sur le commerce avec les États-Unis qui affecte les entreprises francophones au Canada. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Les entreprises actives dans des secteurs particulièrement exposés, comme la foresterie et l’aluminium, sont sans aucun doute plus durement touchées, avance-t-il.

«L’incertitude est probablement ce qui est le plus difficile à quantifier en ce moment. [Les conséquences, c]’est un entrepreneur qui retarde son investissement, qui ne le fait pas du tout, ou l’opportunité qui est perdue parce que l’entreprise qui aurait investi chez nous investit aux États-Unis. Ce sont des choses difficiles à quantifier, mais qui sont là pour vrai et qui ont un impact», explique-t-il.

Un entrepreneur lui a raconté que même s’il était affecté par les tarifs, la faiblesse du dollar canadien permettait à ses activités commerciales aux États-Unis d’être encore très rentable. Dans ces circonstances, il a très peu d’incitatifs à développer son marché dans d’autres pays.

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«Penser canadien»

Cette incertitude pousse déjà plusieurs entreprises à revoir leurs stratégies. En Colombie-Britannique, certains entrepreneurs qui songeaient à exporter aux États-Unis ont changé leur fusil d’épaule et décidé de se concentrer sur le marché canadien, remarque Marie-Noël Holland.

«Il y a aussi de nouveaux marchés qui sont en train d’être accélérés, comme les échanges avec l’Europe ou la Chine et même les pays africains.»

La diversification peut aussi passer par un marché canadien plus intégré. Lever les barrières commerciales entre les provinces reste une avenue à privilégier. «Je parlais à un entrepreneur qui disait en rigolant que c’était quelquefois plus facile de poster une lettre vers les États-Unis que vers certaines provinces.»

Et la responsable d’ajouter : «Le Canada, c’est grand, c’est vaste, c’est comme un continent. C’est notre réalité, mais c’est aussi notre force […] On va penser canadien.»

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Des marchés francophones «sous-évalués»

«Ce sont 5 % de nos exportations qui sont visées par la nouvelle vague de tarifs américains […] donc ce n’est pas la majorité de nos entreprises. En revanche, pour les entreprises touchées, ça leur fait très mal», commente de son côté le professeur d’économie à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, Pierre-Marcel Desjardins.

Selon l’économiste Pierre-Marcel Desjardins, le Canada devrait davantage regarder vers les bassins francophones de l’Ouest africain et de l’Europe.

Photo : Courtoisie

Pour l’économiste, c’est l’incertitude qui pèse le plus lourd, notamment en termes de planification. «Que ce soit […] dans trois, six ou huit semaines, on ne sait pas si le marché américain sera disponible.»

Selon lui, il faut surtout miser sur des secteurs que le gouvernement Carney ne juge pour l’instant pas prioritaires, comme la santé, les foyers de soins pour personnes âgées, l’enseignement de qualité, notamment en français, ou le tourisme.

«Ici à Moncton, nous avons des restaurants qui ferment ou réduisent leurs horaires d’ouverture faute de main-d’œuvre. Il y a besoin d’une réelle stratégie d’ouverture face à l’international en termes d’immigration.»

Manque de main-d’œuvre francophone

Dans le cadre d’une recherche à paraitre, Guillaume Cariou, associé-directeur, intelligence de marché, à la firme de veille stratégique Phar, a consulté des entreprises francophones de l’Ouest canadien. Il a constaté que celles-ci sont confrontées aux mêmes défis que les entreprises anglophones, particulièrement dans le secteur agroalimentaire.

Les occasions de grandir et de développer un marché canadien sont aussi similaires. En revanche, pour les entreprises qui désirent conserver une expérience client ou un milieu de travail en français, la recherche de la main-d’œuvre francophone reste compliquée en raison de sa rareté.

Pierre-Marcel Desjardins fait notamment valoir que le Canada n’est «pas suffisamment présent» dans le bassin francophone de l’Ouest africain et européen. Pourtant, selon lui, la langue française est un moyen de plus pour se démarquer des États-Unis.

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Race, espèce : c’est quoi la différence?

Le leopardus tilcayo n’est pas une race de chat, c’est bien une espèce différente. 

L’espèce, c’est un grand groupe d’animaux :

 Le chat domestique, le lion et le tigre, par exemple, sont des espèces. 

Dans certaines espèces on retrouve des races. Chez le chat domestique, on peut penser aux chats siamois ou aux persans, par exemple. Chez l’espèce du chien, il a des races comme le caniche ou le labrador.

Image : As de l’info

Notre nouveau félin est un peu plus petit qu’un chat domestique. Il mesure 46 centimètres de long, de la tête à la base de la queue. Il a les oreilles arrondies et le pelage tacheté comme celui d’un léopard. C’est ce qui explique le mot latin leopardus dans son nom. Les scientifiques ont choisi de garder le mot tilcayo parce que c’est le nom que lui avaient donné les habitants de la région.

Image : As de l’info

Sa découverte

L’histoire commence il y a quelques années, quand une famille bolivienne a décidé d’adopter ce qu’elle croyait être un simple chat errant. Mais c’était en fait un leopardus tilcayo. Après quelques jours, le comportement pas vraiment domestique du matou laissait à désirer. La famille l’a donc remis à un refuge.

Ce sont les spécialistes qui prenaient soin du petit «chat sauvage» qui ont remarqué que son physique était un peu différent des autres chats de la région. Ils ont demandé de l’aide à des biologistes. Finalement, c’est en analysant son ADN que les scientifiques ont pu confirmer que le beau minet appartenait à une espèce de félin inconnue jusqu’à maintenant! 

La recherche continue

Les scientifiques savent vraiment peu de choses sur le leopardus tilcayo. Il faudrait qu’ils puissent l’observer dans la nature. Pas évident : avec son pelage tacheté, c’est un expert pour passer inaperçu!

Reste que cette découverte fait dire aux biologistes qu’il y a probablement d’autres espèces de félins à découvrir dans le monde. Après tout, leopardus tilcayo était là, sous les yeux de la population depuis toujours, sans qu’on sache qui il était vraiment!  

Bon, leopardus tilcayo, ça fait très sérieux! Quel nom donnerais-tu à cette nouvelle espèce?

Sources : Agence France-Presse, National Geographic

La communauté donne un coup de nageoire!

Sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, le lac Cowichan est entouré de rivières et de ruisseaux. Ces cours d’eau sont l’habitat naturel de certains poissons, comme le saumon, la truite et l’omble. 

Mais lorsque la sécheresse s’installe, leur niveau d’eau peut beaucoup baisser… et les poissons qui y vivent se retrouvent en difficulté. 

Heureusement, ils peuvent compter sur les la Cowichan Lake Salmonid Enhancement Society. Il s’agit d’un organisme qui aide à protéger les populations de saumons dans les cours d’eau autour du lac Cowichan.

Image : As de l’info

L’organisme surveille 16 cours d’eau. Et quand le niveau de l’eau est trop bas, les bénévoles passent à l’action. Leur mission? Déplacer les poissons vers des endroits où l’eau est plus profonde et plus abondante.

Avec ces opérations, ils peuvent sauver jusqu’à 150 000 poissons par été! 

«Si c’est la main de l’homme qui a causé ces difficultés dans les écosystèmes, alors c’est à la main de l’homme d’intervenir pour tenter d’améliorer la situation», a expliqué Bob Crandall, membre de l’organisme, à Radio-Canada.

La Nation autochtone Ts’uubaa-asatx, qui se trouve au nord du lac Cowichan, participe aussi aux sauvetages. Ses membres déplacent des poissons et utilisent même des drones pour repérer les endroits où les cours d’eau sont en train de s’assécher.

Un travail qui demande de plus en plus d’efforts

Bob Crandall participe à ces opérations depuis plus de 16 ans. Il a expliqué à Radio-Canada que les rivières s’assèchent maintenant sur de plus grandes distances.

Avant, les bénévoles devaient parcourir environ un ou deux kilomètres pour trouver les poissons en difficulté. Aujourd’hui, ils doivent remonter cinq, six ou même sept kilomètres pour tous les trouver.

Mais déplacer les poissons ne règle pas tout. Le transport peut leur causer du stress ou des blessures. Il peut aussi favoriser la propagation de maladies. Par exemple, un poisson malade pourrait transmettre une maladie à d’autres poissons s’ils sont déplacés ensemble.

Les spécialistes croient que la vraie solution, c’est de protéger la nature et les écosystèmes de la pollution.

Et toi, as-tu déjà participé à une activité pour aider des animaux? Raconte-moi!

«Il n’y a pas une communauté qui n’a pas ses raconteurs ou ses humoristes. C’est aussi une façon de vivre son identité», partage Coco Belliveau.

«Il n’y a pas une communauté qui n’a pas ses raconteurs ou ses humoristes […] C’est aussi une façon de vivre son identité», constate Coco Belliveau. 

Photo : Emilie Lapointe

L’humoriste néobrunswickoise a animé la série de balados On rit pareil, coréalisée par le journal La Liberté et la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, où des humoristes de la francophonie canadienne se sont succédé au micro pour parler de leur langue, leur identité, leur métier.

Pour l’Acadienne, l’humour a définitivement un rôle à jouer au sein des communautés en situation minoritaire, aussi petites soient-elles.

«Les gens ont vraiment soif d’humour, abonde dans le même sens l’artiste franco-manitobaine Micheline Marchildon. Le secret, c’est de leur offrir quand même de quoi de frais, puis de diversifier.»

Car c’est là où le bât blesse. À force de jouer devant les mêmes personnes, les jokes peuvent finir par tomber à plat. «Dans la francophonie, après trois spectacles de faire la même blague, tout le monde a entendu», remarque la comédienne et humoriste.

Se renouveler pour ne pas lasser

Roder un numéro, le répéter devant un public, reste un défi, rappelle Micheline Marchildon. «Pendant sept ans, à chaque trois mois, je faisais un nouveau numéro de 20 minutes. Ça me forçait à créer beaucoup de contenu, mais je ne pouvais pas le roder. Pendant la COVID, j’ai pu faire des rodages virtuels avec des spectateurs qui venaient regarder mon numéro et me donnaient du feedback.»

«Ce qui nous manque, c’est que les artistes locaux puissent faire plusieurs fois le même numéro dans des contextes différents. La population est tellement petite qu’ils ne peuvent pas», observe Pierre-Michel Morais-Godin, membre du comité organisateur du Festival d’Humour RIEN., à Caraquet, au Nouveau-Brunswick.

Une situation qui pousse beaucoup d’humoristes à faire leurs armes au Québec.

À Montréal, dans une même soirée, tu peux faire trois bars différents, trois publics différents. Ce qui est impossible ici.

— Pierre-Michel Morais-Godin

Le Québec, passage obligé?

«Oui et non», tranche Micheline Marchildon.

«J’ai grandi dans la francophonie du Manitoba, puis heureusement, chaque année, il y avait des tournées, j’ai pu roder des numéros […] Mais il n’y a rien comme se baigner dans la richesse et l’abondance du standup qu’il y a à Montréal.»

La comédienne recommande d’ailleurs à tous les humoristes de se rendre à «la Mecque de l’humour francophone en Amérique du Nord, ne serait-ce que pour deux semaines ou trois mois, ou trois ans».

«C’est sûr qu’il y a une sorte de passage obligatoire vers le Québec, mais je ne pense pas que ça a besoin d’être centralisé par le Québec. C’est juste simplement parce qu’ils ont déjà installé beaucoup de réseaux», relève Coco Belliveau.

Elle souligne d’ailleurs qu’il y a souvent des partenariats dans le domaine de l’humour entre le Québec et la francophonie minoritaire.

«Cercle vicieux»

«C’est difficile d’avoir des scènes, de faire des spectacles, de préparer du matériel quand tu ne peux jamais le tester devant de vraies personnes», constate Pierre-Michel Morais-Godin

«C’est difficile d’avoir des scènes, de faire des spectacles, de préparer du matériel quand tu ne peux jamais le tester devant de vraies personnes», conçoit Pierre-Michel Morais-Godin. 

Photo : David Champagne

Il n’hésite pas à parler de «cercle vicieux» : «Le manque d’artistes fait qu’il manque de scène, puis le manque de scène fait qu’il manque d’artistes.»

La distance entre les communautés, étalées sur des territoires parfois très vastes, complique aussi la logistique.

«T’as un artiste de Moncton qui vient à Caraquet, faut quand même qu’il fasse trois heures de route pour venir, puis trois heures de route pour retourner, qu’il se loge, etc. C’est de l’argent de plus dans le cachet», illustre Pierre-Michel Morais-Godin.

«Une des formes d’art les plus accessibles»

Coco Belliveau note cependant que l’humour reste l’une des formes d’art les plus accessibles. «Le standup, c’est dans ce qu’il y a de moins dispendieux à produire […] Ça ne requiert pas grand-chose dans le sens où tu as besoin juste d’une salle qui est équipée avec un micro et des lumières.»

Ça prend néanmoins «une fibre entrepreneuriale», nuance-t-elle.

Mais comme partout, l’argent reste encore – et toujours – le nerf de la guerre. «L’humour n’est pas considéré comme une forme d’art et, donc, n’a pas accès aux subventions traditionnelles qui vont faire vivre le théâtre, le cinéma, etc.», commente l’Acadienne.

Le Festival d’Humour RIEN., à Caraquet, a dû annuler son édition 2026, qui devait se tenir du 9 au 13 septembre 2026, après six années d’absence. En cause : un manque de financement, mais pas seulement. «On a un peu échappé la balle», admet Pierre-Michel Morais-Godin.

À lire ailleurs : Le Festival Rien annulé faute de financement (Acadie Nouvelle)

L’artiste franco-manitobaine Micheline Marchildon a écrit le spectacle French’er hors Québec (F.H.Q!). 

Photo : Marcel Druwé

«À toutes les années, la population nous demandait quand est-ce qu’on revenait. Donc, on s’était dit cette année qu’on allait revenir, mais on a pris notre décision un peu trop tard. On a manqué une partie de la ronde de financement fédéral [….] et un peu notre appel au privé.»

Le cofondateur de l’évènement rappelle que l’équipe est entièrement bénévole, et que le financement des gouvernements n’est pas suffisant. «Notre but, nous, c’est d’offrir les spectacles le moins cher possible.»

Une des missions du Festival d’Humour RIEN. est de faire se côtoyer sur scène la relève acadienne ou du Nouveau-Brunswick et des humoristes québécois.

«La vraie solution, j’imagine qu’on serait déjà en train de la mettre en place si on l’avait. On essaye des choses, puis on aimerait ça que ça continue», déclare Pierre-Michel Morais-Godin.

«La volonté de la population est là, mais ça prendrait plus d’efforts de développement, de prise de risque pour placer plus d’artistes sur les scènes, quitte à ne pas être rentable au début, mais de développer l’habitude.»

Les réseaux sociaux, une vitrine à part entière

La scène ne suffit plus pour se faire connaitre en tant qu’humoriste, ni les médiums de promotion traditionnels, comme la publicité. Ceux-ci ont laissé place aux réseaux sociaux.

«C’est une façon gratuite de construire son nom et son public, observe Coco Belliveau. Oui, ça prend de plus en plus de temps. C’est aussi une façon de connecter avec les gens qui sont plus loin de nous dans d’autres communautés.»

Aux yeux de Micheline Marchildon, c’est un «game changer».

Ça change la donne, parce que tu peux rejoindre la planète entière et tu peux devenir viral en quelques jours.

— Micheline Marchildon

La nouvelle vague de l’immigration

Selon Coco Belliveau, les nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes dans les communautés partout au pays apportent «un beau mélange» à la scène humoristique francophone. «Ils viennent insuffler une nouvelle vie.»

Quitte à tendre un nouveau miroir au public. «On a des yeux frais sur notre réalité. Ces gens-là arrivent et nous donnent une nouvelle perspective sur nous-mêmes ou nous racontent des choses qu’on ne voyait pas de notre propre culture, nos habitudes, nos absurdités parfois. Et ça, c’est toujours drôle», témoigne Micheline Marchildon.

«Un grand poisson dans un petit étang»

Mais au bout du compte (et du micro), faire de l’humour en contexte minoritaire reste une force; la force d’une communauté tissée serrée.

«L’avantage, c’est qu’on se connait tous, puis les gens veulent nous voir réussir et veulent nous donner des occasions», assure Micheline Marchildon. Elle prend l’image d’«un grand poisson dans un petit étang».

«C’est important d’aller se ressourcer, je pense, dans les grandes villes de temps en temps, mais moi, je suis très heureuse de ressentir l’appréciation de ma communauté.»

FRANCOPHONIE

Le Sommet national sur l’économie francophone du Réseau de développement économique et d’employabilité au Canada (RDÉE Canada) s’est tenu mardi et mercredi. De grandes figures politiques, comme l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest et celui du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, avaient été invités comme conférenciers.

Près de 400 personnes employées, dirigeantes d’organismes de développement économique et d’entreprises francophones partout au pays se sont déplacées pour réseauter et partager enjeux et solutions.

Le contexte économique lié aux tarifs des États-Unis était en toile de fond, mais l’immigration, le commerce intérieur, le repreneuriat et la place des femmes et des jeunes ont été mis à l’avant-plan.

Sommet international : Mona Fortier, la secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, est passée par le Sommet pour recueillir des idées de thèmes et d’activités qui pourraient être présentés dans le cadre du Sommet de la Francophonie, qu’Ottawa veut accueillir en 2028.

L’assistance a suggéré d’aborder la place des femmes dans l’entrepreneuriat francophone, la reconnaissance des compétences entre les pays de la francophonie, l’importance de l’éducation postsecondaire et comment encourager plus d’anglophones à apprendre le français.

L’Organisation internationale de la francophonie devrait confirmer le choix d’Ottawa pour tenir le Sommet de 2028 lors du Sommet de 2026 au Cambodge, en novembre.

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Le gouvernement fédéral veut intervenir devant la Cour suprême dans la cause opposant le Forum des maires de la Péninsule acadienne au ministère de la Justice et de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick. Ce dernier a fermé en 2022 les palais de justice de Caraquet et de Tracadie, deux régions à majorité francophone.

Sans s’attaquer aux droits linguistiques directement, Ottawa soutient qu’un décideur n’a pas à tenir compte des valeurs de la Charte canadienne des droits et libertés si aucun droit précis n’est en jeu.

La commissaire aux langues officielles, Kelly Burke, ainsi que plusieurs organismes acadiens et francophones veulent aussi intervenir.

Lors de la première période de questions au retour du Parlement, lundi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a demandé au premier ministre, Mark Carney, s’il comptait rétablir les contributions des grandes plateformes de diffusion américaines après le bris dans les négociations entre le Canada et les États-Unis, fin aout.

«Non», a simplement lâché le chef de l’État.

Questionné le lendemain sur le même sujet par le même parti, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, Marc Miller, a balayé la question en recentrant sa réponse sur l’investissement de «2 milliards de dollars» du gouvernement fédéral dans la culture.

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CANADA

Mardi, le gouvernement a déposé le mégaprojet de loi C-39, de plus de 240 pages, intitulé «Loi visant à bâtir un Canada fort».

Il vise à créer «les conditions nécessaires aux investissements dans des projets qui soutiennent l’emploi et la croissance économique et qui permettent le transport sécuritaire», détaille un document d’information gouvernemental.

Le but est d’accélérer les grands projets et leurs processus d’approbation, comme les oléoducs et les lignes de transport d’électricité.

C-39 cherche notamment à réduire, voire éliminer, «des exigences qui se chevauchent, des processus redondants et des échéanciers trop longs peuvent retarder les projets et créer de l’incertitude. Il devient alors plus difficile d’attirer des investissements et de mobiliser des capitaux au Canada», selon le document.

Irrespect envers les peuples autochtones : L’Assemblée des Premières Nations (APN) a mis en garde le gouvernement Carney, notamment en matière de consultation des peuples autochtones. Une rencontre entre le premier ministre, les chefs régionaux et les premiers ministres provinciaux aura lieu en octobre à Ottawa.

Vives critiques sur l’environnement : Parmi les plus importantes critiques du projet de loi, l’association Greenpeace affirme que le texte cherche à rendre permanent le pouvoir discrétionnaire d’Ottawa de contourner certaines lois environnementales – en éliminant une limite initiale de cinq ans prévue dans le projet de loi C-5 – et touche des dispositions liées à la Loi sur les espèces en péril.

L’autre volet très critiqué est le fait que les oléoducs transfrontaliers, les installations d’exploitation des sables bitumineux et les centrales électriques alimentées au gaz naturel ne seront plus soumis au processus fédéral d’évaluation d’impact.

Les syndicats en alerte : Le projet de loi, qui prévoit des changements au Code du travail canadien, a suscité l’inquiétude des syndicats. Le Congrès du travail du Canada a reproché au gouvernement de créer des pouvoirs ministériels qui mettraient fin plus facilement à une grève. Pour Ottawa, il s’agit d’un encadrement.

Jeudi, l’Association nationale Femmes et Droit (ANFD) et des professeurs et professeures de l’Université de Sherbrooke ont publié un rapport qui examine cinq affaires liées à huit enfants tués par leur père entre 2011 et 2020, au Québec et en Ontario. Ces tragédies sont survenues dans un contexte de séparation conflictuelle et de litige sur la garde.

Signes d’alerte ignorés : Le rapport conclut que des signes d’alerte existaient dans tous les cas, mais qu’ils n’ont pas mené à une protection adéquate.

Dans chaque affaire, une femme (quatre mères et une grand-mère) avait alerté la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), la police ou les tribunaux, mais elle n’a pas été crue ou a été jugée hostile ou aliénante, ce qui a parfois entrainé la perte de la garde.

Maintien forcé du lien avec le père : Les auteurs attribuent ces échecs à une culture judiciaire «pro-contact», qui privilégie le maintien du lien avec le père, à l’usage du concept controversé d’aliénation parentale (non reconnu par l’OMS ni par les grandes associations de psychiatrie et de psychologie) ou d’étiquettes similaires comme «le conflit de séparation grave», ainsi qu’à un manque de coordination entre tribunaux, police, protection de la jeunesse, écoles et hôpitaux.

Le rapport rappelle que l’aliénation parentale «désigne une situation dans laquelle un enfant rejette de manière persistante et «injustifiée» l’un de ses parents, prétendument sous l’influence de l’autre parent. Les autrices et auteurs du rapport affirment que «l’aliénation parentale détourne l’attention des institutions de la violence potentielle pour la diriger vers la préservation du lien parental. Elle neutralise ainsi les signaux d’alerte (…)».

Dans trois des cinq affaires, les enfants ont été tués quelques heures ou quelques jours avant une audience.

Le rapport situe le problème à l’échelle internationale et souligne que les réformes canadiennes récentes, centrées sur la formation des juges, n’encadrent pas l’usage de l’aliénation parentale.

La Colombie-Britannique a déposé une poursuite contre OpenAI devant un tribunal de Californie à la suite de la tuerie survenue le 10 février à Tumbler Ridge, qui a fait neuf morts, dont six enfants.

La procureure générale de la Colombie-Britannique, Niki Sharma, reproche à l’entreprise américaine de ne pas avoir averti la GRC des menaces et des requêtes violentes formulées sur ChatGPT par la tireuse, pourtant repérées à l’interne (son compte avait été bloqué quelques mois avant le drame), et d’avoir conçu un produit dangereux.

La province veut notamment se faire rembourser la reconstruction de l’école secondaire de Tumbler Ridge, démolie cet été. Cette poursuite s’ajoute à plusieurs dizaines d’autres déposées en Californie par des survivants et des proches de victimes.

Demande de modification du Code criminel : Niki Sharma a aussi écrit au ministre fédéral de la Justice, Sean Fraser, au ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, et au ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, pour que le Code criminel canadien inculpe des humains pour des actes commis par l’IA.

Collaboration d’OpenAI : L’entreprise se dit déterminée à collaborer avec les autorités.

Le 18 septembre, la société a par contre demandé à un juge américain de rejeter 37 poursuites, argüant qu’elles devraient être jugées en Colombie-Britannique.

INTERNATIONAL

Palestine : Lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York mardi, le premier ministre Mark Carney a annoncé une aide de 100 millions de dollars pour les Palestiniens de Gaza et de la Cisjordanie, dont 80 millions en aide humanitaire et 20 millions pour la paix, la sécurité et la formation de la police palestinienne. Un soutien que le Canada se dit prêt à étendre à Gaza si les conditions le permettent.

Il a aussi officialisé l’interdiction d’importer des marchandises provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie et son intention de sanctionner ceux qui les financent. Il s’agit d’une première réaction pour le Canada face au projet de colonisation E1, qui couperait la Cisjordanie en deux.

Critique : Un document déposé au Parlement canadien révèle que des dizaines d’infrastructures d’aide financées en partie par le Canada ont été détruites ou endommagées, sans que le gouvernement ait réclamé une compensation à Israël. La députée néodémocrate Heather McPherson et un groupe propalestinien ont critiqué l’approche du gouvernement.

Protection des océans : Mercredi, toujours à l’Assemblée générale de l’ONU, Mark Carney s’est engagé à verser 82 millions de dollars sur cinq ans pour la surveillance des océans. 

Il y a 116 760 entreprises qui appartiennent à des francophones à l’extérieur du Québec, 3 millions de francophones dans la même région et 396 millions de locuteurs francophones dans le monde, a martelé Yan Plante, président-directeur général du Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada), organisateur de ce deuxième Sommet.

Cette réalité économique est trop peu connue à l’extérieur du réseau, a-t-il rappelé dans son discours de clôture. Les 400 personnes présentes, représentant aussi bien des agences et associations économiques que des entreprises, sont reparties avec la mission de la faire connaitre.

Pour Brian Gallant, il faut faire plus de missions économiques en Afrique et trouver des façons de collaborer avec les pays. «La francophonie canadienne a un rôle à jouer pour convaincre le gouvernement de développer ces relations.» 

Photo : Julien Cayouette – Francopresse

Le français a de la valeur, mais elle est difficile à mesurer

Lors d’une causerie, l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick et président-directeur général d’Espace Canada, Brian Gallant, a justement encouragé l’assistance à parler aux personnes élues.

Il ne faut cependant pas croire que ministres et députés connaissent d’emblée tous les secteurs d’activités. Il est préférable de prendre le temps d’expliquer les enjeux et d’arriver avec des solutions, «d’être quelqu’un qui est là pour aider».

Selon lui, les entreprises francophones disposent de plusieurs avantages. «Le bilinguisme facilite le commerce», puisque l’on peut communiquer avec plus de clients, comprendre les deux cultures canadiennes.

Il cite notamment les centres d’appels et le tourisme parmi les domaines où les entreprises francophones et bilingues peuvent se démarquer facilement.

Brian Gallant reconnait cependant que l’avantage linguistique reste difficile à mesurer monétairement : «L’aspect culturel, humain, est très difficile à évaluer.»

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Mobilité et équité à l’avant-plan

Au-delà de la reconnaissance de leur existence, les entreprises francophones font face aux mêmes défis que les anglophones.

Le «choc américain» de 2025 a réveillé beaucoup de provinces et d’entreprises à propos de l’importance du commerce intérieur. Les gouvernements ont facilité le passage de plusieurs produits. Il y a néanmoins eu un ralentissement du «momentum» en 2026, note le vice-président des affaires nationales à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Jasmin Guénette.

Les marchandises ne sont pas les seules qui ont besoin de circuler plus librement, les travailleurs aussi, précise l’ancien sous-ministre fédéral du Commerce international, Louis Lévesque. Sans mobilité de la main-d’œuvre, les grands projets désirés par le gouvernement de Mark Carney accapareront des corps de métiers dans une région, ce qui pourrait créer des «pics inflationnistes».

Il faut aussi faire plus de place aux femmes et aux jeunes.

Alexandra Lafontaine, directrice adjointe de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, soutient que l’impact économique des femmes est sous-estimé. Des pratiques «équitables et inclusives» doivent encore être mises en place pour leur permettre de se réorienter et d’être traitées équitablement.

Avec un taux de chômage de 12,9 %, il n’y a pas assez d’emplois pour les moins de 25 ans, note pour sa part la directrice générale de la Fédération de la jeunesse canadienne-française, Josée Vaillancourt. La hausse du cout de la vie et des études fait pourtant en sorte qu’ils ont besoin de travailler plus que jamais.

Nos jeunes n’ont plus le luxe de travailler sans se faire payer.

— Josée Vaillancourt

La responsable plaide pour que plus d’occasions de travailler leur soient offertes et qu’une lentille francophone soit appliquée aux programmes d’aide à l’emploi des jeunes du gouvernement fédéral.

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L’avenir économique du Canada lié «en partie» à l’immigration

Invité à s’exprimer sur la bataille des talents lors de la deuxième journée, l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, a fait valoir que le Canada devait être «centré pour chercher du monde, des talents. Et ça rime avec l’immigration et l’intégration». «Là, le Canada sera un pays qui se démarquera.»

Le gouvernement fédéral a pourtant décidé de réduire les cibles d’immigration, notamment les étudiants, soit les talents potentiels que le Canada pourrait accueillir.

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Le Canada était l’un des derniers pays où l’opinion publique appuyait l’immigration. Jean Charest dit être déçu que ce soit en train de changer en raison des débordements des dernières années. 

Photo : Julien Cayouette – Francopresse

«Le gouvernement Carney est en réaction à des décisions antérieures, où il y a eu un débordement de l’immigration», affirme Jean Charest en entrevue après sa présentation. «C’est comme un réajustement. Cependant, il faut revoir nos politiques d’immigration de fond en comble.»

Il faut simplifier le système d’immigration actuel, qui est «illisible» selon lui.
Ensuite, se limiter à «une vision puis un objectif axé sur le recrutement de talents dont nous avons besoin», en rappelant que la population du Canada vieillit et fait moins d’enfants.

Jean Charest croit aussi qu’il faut tirer profit des «politiques d’immigration de Trump».

«Sa politique d’immigration, elle peut être populaire, mais il va handicaper l’économie américaine et, nous, on devrait profiter de cette occasion pour aller dans l’autre sens. On est moins gros, mais il faut être stratégique et, à mon avis, l’avenir du Canada va se décider en bonne partie là-dessus.»

L’ancien premier ministre a affirmé être ouvert à un programme d’immigration économique francophone distinct, ce que la Fédération des communautés francophones et acadienne demande depuis près de deux ans.

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L’Afrique parmi les solutions

La représentante de l’Organisation internationale de la francophonie pour les Amériques, Zahra Kamil Ali, rappelle que l’organisme a calculé que 65 % des 396 millions de francophones sont déjà en Afrique. Cette proportion continuera de croitre.

«C’est vrai que ce poids est essentiel pour l’avenir de la francophonie, mais il ne faut pas réduire l’Afrique juste à cet angle-là», dit-elle. Il y a aussi beaucoup de développement qui s’y fait et une jeunesse prête à participer à l’économie.

En réponse à une question du public, Brian Gallant a reconnu que l’Afrique et l’Afrique francophone n’étaient pas encore assez présentes dans le discours économique canadien. «C’est un but à long terme», tandis que la bataille économique avec les États-Unis pousse les politiciens à rechercher des solutions à court terme.

Il faut rappeler aux personnalités politiques que les objectifs à long terme sont encore importants, dit-il.

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La francophonie doit faire sa part

Yan Plante explique en entrevue avec Francopresse que, quatre ans après un premier Sommet, il était temps de faire le point «dans un contexte géopolitique économique qui est complexe».

L’un des objectifs était d’apporter des solutions aux défis existants. «Dans le contexte actuel, les communautés francophones veulent et doivent faire leur part.»

Pour certains participants, le Sommet a été l’occasion de confirmer qu’ils ramaient dans la bonne direction.

«Les choses que l’on fait depuis longtemps, comme les missions économiques à Montréal, fonctionnent très bien. On a entendu plusieurs exemples similaires ici. On voit qu’on est sur la bonne piste, qu’on a fait les bonnes choses», avance le directeur général du RDÉE de l’Île-du-Prince-Édouard, Stéphane Blanchard.

Pour d’autres, c’est un rappel qu’ils ne sont pas seuls. «On fait partie d’un continuum de francophones plus large […] et on peut travailler ensemble pour créer une dynamique qui est spécifique. Les autres de la langue majoritaire le font; si on ne le fait pas, tant pis pour nous», lance le directeur général du Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest, François Afane, à Francopresse.

L’entrepreneure originaire du Burkina Faso, Salaman Yameogo, a écrit un livre à propos de l’intégration dans une nouvelle terre d’accueil, inspiré par son expérience et celles d’autres personnes immigrantes. 

Photo : Julien Cayouette – Francopresse

L’entrepreneur basé à Edmonton en Alberta et fondateur de l’entreprise Talentree, Salamane Yameogo, s’était fixé trois objectifs dans le cadre de sa participation au Sommet : «Rencontrer des gens et créer des relations, apprendre des autres et explorer l’avenir. Et je crois que je suis satisfait.»

La directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale, Pascale de Montigny Gauthier, est d’avis que des sommets du genre sont nécessaires, aussi bien au niveau national que provincial. «C’est pertinent qu’on se rencontre, qu’on collabore.»

Elle aurait aimé voir encore plus de politiciens et de décideurs pour que les enjeux de l’entrepreneuriat francophone soient bien compris.

Photo : Julien Cayouette – Francopresse

Le Sommet a été l’occasion de féliciter les huit Lauriers de la PME 2026. Parmi les récipiendaires, le journal francophone La Voix acadienne, de l’Île-du-Prince-Édouard, représenté par son ex-directrice, Marcia Enman (deuxième à partir de la gauche), qui vient de prendre sa retraite après 48 ans dans l’entreprise qui a fêté ses 50 ans.

Les Lauriers de la PME 2026 (ne suit pas l’ordre dans la photo) :