FRANCOPHONIE
Le Sommet national sur l’économie francophone du Réseau de développement économique et d’employabilité au Canada (RDÉE Canada) s’est tenu mardi et mercredi. De grandes figures politiques, comme l’ex-premier ministre du Québec Jean Charest et celui du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, avaient été invités comme conférenciers.
Près de 400 personnes employées, dirigeantes d’organismes de développement économique et d’entreprises francophones partout au pays se sont déplacées pour réseauter et partager enjeux et solutions.
Le contexte économique lié aux tarifs des États-Unis était en toile de fond, mais l’immigration, le commerce intérieur, le repreneuriat et la place des femmes et des jeunes ont été mis à l’avant-plan.
Sommet international : Mona Fortier, la secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, est passée par le Sommet pour recueillir des idées de thèmes et d’activités qui pourraient être présentés dans le cadre du Sommet de la Francophonie, qu’Ottawa veut accueillir en 2028.
L’assistance a suggéré d’aborder la place des femmes dans l’entrepreneuriat francophone, la reconnaissance des compétences entre les pays de la francophonie, l’importance de l’éducation postsecondaire et comment encourager plus d’anglophones à apprendre le français.
L’Organisation internationale de la francophonie devrait confirmer le choix d’Ottawa pour tenir le Sommet de 2028 lors du Sommet de 2026 au Cambodge, en novembre.
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Le gouvernement fédéral veut intervenir devant la Cour suprême dans la cause opposant le Forum des maires de la Péninsule acadienne au ministère de la Justice et de la Sécurité publique du Nouveau-Brunswick. Ce dernier a fermé en 2022 les palais de justice de Caraquet et de Tracadie, deux régions à majorité francophone.
Sans s’attaquer aux droits linguistiques directement, Ottawa soutient qu’un décideur n’a pas à tenir compte des valeurs de la Charte canadienne des droits et libertés si aucun droit précis n’est en jeu.
La commissaire aux langues officielles, Kelly Burke, ainsi que plusieurs organismes acadiens et francophones veulent aussi intervenir.
Lors de la première période de questions au retour du Parlement, lundi, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a demandé au premier ministre, Mark Carney, s’il comptait rétablir les contributions des grandes plateformes de diffusion américaines après le bris dans les négociations entre le Canada et les États-Unis, fin aout.
«Non», a simplement lâché le chef de l’État.
Questionné le lendemain sur le même sujet par le même parti, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, Marc Miller, a balayé la question en recentrant sa réponse sur l’investissement de «2 milliards de dollars» du gouvernement fédéral dans la culture.
CANADA
Mardi, le gouvernement a déposé le mégaprojet de loi C-39, de plus de 240 pages, intitulé «Loi visant à bâtir un Canada fort».
Il vise à créer «les conditions nécessaires aux investissements dans des projets qui soutiennent l’emploi et la croissance économique et qui permettent le transport sécuritaire», détaille un document d’information gouvernemental.
Le but est d’accélérer les grands projets et leurs processus d’approbation, comme les oléoducs et les lignes de transport d’électricité.
C-39 cherche notamment à réduire, voire éliminer, «des exigences qui se chevauchent, des processus redondants et des échéanciers trop longs peuvent retarder les projets et créer de l’incertitude. Il devient alors plus difficile d’attirer des investissements et de mobiliser des capitaux au Canada», selon le document.
Irrespect envers les peuples autochtones : L’Assemblée des Premières Nations (APN) a mis en garde le gouvernement Carney, notamment en matière de consultation des peuples autochtones. Une rencontre entre le premier ministre, les chefs régionaux et les premiers ministres provinciaux aura lieu en octobre à Ottawa.
Vives critiques sur l’environnement : Parmi les plus importantes critiques du projet de loi, l’association Greenpeace affirme que le texte cherche à rendre permanent le pouvoir discrétionnaire d’Ottawa de contourner certaines lois environnementales – en éliminant une limite initiale de cinq ans prévue dans le projet de loi C-5 – et touche des dispositions liées à la Loi sur les espèces en péril.
L’autre volet très critiqué est le fait que les oléoducs transfrontaliers, les installations d’exploitation des sables bitumineux et les centrales électriques alimentées au gaz naturel ne seront plus soumis au processus fédéral d’évaluation d’impact.
Les syndicats en alerte : Le projet de loi, qui prévoit des changements au Code du travail canadien, a suscité l’inquiétude des syndicats. Le Congrès du travail du Canada a reproché au gouvernement de créer des pouvoirs ministériels qui mettraient fin plus facilement à une grève. Pour Ottawa, il s’agit d’un encadrement.
Jeudi, l’Association nationale Femmes et Droit (ANFD) et des professeurs et professeures de l’Université de Sherbrooke ont publié un rapport qui examine cinq affaires liées à huit enfants tués par leur père entre 2011 et 2020, au Québec et en Ontario. Ces tragédies sont survenues dans un contexte de séparation conflictuelle et de litige sur la garde.
Signes d’alerte ignorés : Le rapport conclut que des signes d’alerte existaient dans tous les cas, mais qu’ils n’ont pas mené à une protection adéquate.
Dans chaque affaire, une femme (quatre mères et une grand-mère) avait alerté la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), la police ou les tribunaux, mais elle n’a pas été crue ou a été jugée hostile ou aliénante, ce qui a parfois entrainé la perte de la garde.
Maintien forcé du lien avec le père : Les auteurs attribuent ces échecs à une culture judiciaire «pro-contact», qui privilégie le maintien du lien avec le père, à l’usage du concept controversé d’aliénation parentale (non reconnu par l’OMS ni par les grandes associations de psychiatrie et de psychologie) ou d’étiquettes similaires comme «le conflit de séparation grave», ainsi qu’à un manque de coordination entre tribunaux, police, protection de la jeunesse, écoles et hôpitaux.
Le rapport rappelle que l’aliénation parentale «désigne une situation dans laquelle un enfant rejette de manière persistante et «injustifiée» l’un de ses parents, prétendument sous l’influence de l’autre parent. Les autrices et auteurs du rapport affirment que «l’aliénation parentale détourne l’attention des institutions de la violence potentielle pour la diriger vers la préservation du lien parental. Elle neutralise ainsi les signaux d’alerte (…)».
Dans trois des cinq affaires, les enfants ont été tués quelques heures ou quelques jours avant une audience.
Le rapport situe le problème à l’échelle internationale et souligne que les réformes canadiennes récentes, centrées sur la formation des juges, n’encadrent pas l’usage de l’aliénation parentale.
La Colombie-Britannique a déposé une poursuite contre OpenAI devant un tribunal de Californie à la suite de la tuerie survenue le 10 février à Tumbler Ridge, qui a fait neuf morts, dont six enfants.
La procureure générale de la Colombie-Britannique, Niki Sharma, reproche à l’entreprise américaine de ne pas avoir averti la GRC des menaces et des requêtes violentes formulées sur ChatGPT par la tireuse, pourtant repérées à l’interne (son compte avait été bloqué quelques mois avant le drame), et d’avoir conçu un produit dangereux.
La province veut notamment se faire rembourser la reconstruction de l’école secondaire de Tumbler Ridge, démolie cet été. Cette poursuite s’ajoute à plusieurs dizaines d’autres déposées en Californie par des survivants et des proches de victimes.
Demande de modification du Code criminel : Niki Sharma a aussi écrit au ministre fédéral de la Justice, Sean Fraser, au ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, et au ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, pour que le Code criminel canadien inculpe des humains pour des actes commis par l’IA.
Collaboration d’OpenAI : L’entreprise se dit déterminée à collaborer avec les autorités.
Le 18 septembre, la société a par contre demandé à un juge américain de rejeter 37 poursuites, argüant qu’elles devraient être jugées en Colombie-Britannique.
INTERNATIONAL
Palestine : Lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York mardi, le premier ministre Mark Carney a annoncé une aide de 100 millions de dollars pour les Palestiniens de Gaza et de la Cisjordanie, dont 80 millions en aide humanitaire et 20 millions pour la paix, la sécurité et la formation de la police palestinienne. Un soutien que le Canada se dit prêt à étendre à Gaza si les conditions le permettent.
Il a aussi officialisé l’interdiction d’importer des marchandises provenant des colonies israéliennes en Cisjordanie et son intention de sanctionner ceux qui les financent. Il s’agit d’une première réaction pour le Canada face au projet de colonisation E1, qui couperait la Cisjordanie en deux.
Critique : Un document déposé au Parlement canadien révèle que des dizaines d’infrastructures d’aide financées en partie par le Canada ont été détruites ou endommagées, sans que le gouvernement ait réclamé une compensation à Israël. La députée néodémocrate Heather McPherson et un groupe propalestinien ont critiqué l’approche du gouvernement.
Protection des océans : Mercredi, toujours à l’Assemblée générale de l’ONU, Mark Carney s’est engagé à verser 82 millions de dollars sur cinq ans pour la surveillance des océans.
Le Canada possède le plus long littoral au monde, et est bordé par trois océans. Nous avons le devoir de les protéger. pic.twitter.com/iK4ztslosI
— Mark Carney (@MarkJCarney) September 23, 2026
Il y a 116 760 entreprises qui appartiennent à des francophones à l’extérieur du Québec, 3 millions de francophones dans la même région et 396 millions de locuteurs francophones dans le monde, a martelé Yan Plante, président-directeur général du Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada), organisateur de ce deuxième Sommet.
Cette réalité économique est trop peu connue à l’extérieur du réseau, a-t-il rappelé dans son discours de clôture. Les 400 personnes présentes, représentant aussi bien des agences et associations économiques que des entreprises, sont reparties avec la mission de la faire connaitre.
Pour Brian Gallant, il faut faire plus de missions économiques en Afrique et trouver des façons de collaborer avec les pays. «La francophonie canadienne a un rôle à jouer pour convaincre le gouvernement de développer ces relations.»
Lors d’une causerie, l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick et président-directeur général d’Espace Canada, Brian Gallant, a justement encouragé l’assistance à parler aux personnes élues.
Il ne faut cependant pas croire que ministres et députés connaissent d’emblée tous les secteurs d’activités. Il est préférable de prendre le temps d’expliquer les enjeux et d’arriver avec des solutions, «d’être quelqu’un qui est là pour aider».
Selon lui, les entreprises francophones disposent de plusieurs avantages. «Le bilinguisme facilite le commerce», puisque l’on peut communiquer avec plus de clients, comprendre les deux cultures canadiennes.
Il cite notamment les centres d’appels et le tourisme parmi les domaines où les entreprises francophones et bilingues peuvent se démarquer facilement.
Brian Gallant reconnait cependant que l’avantage linguistique reste difficile à mesurer monétairement : «L’aspect culturel, humain, est très difficile à évaluer.»
Au-delà de la reconnaissance de leur existence, les entreprises francophones font face aux mêmes défis que les anglophones.
Le «choc américain» de 2025 a réveillé beaucoup de provinces et d’entreprises à propos de l’importance du commerce intérieur. Les gouvernements ont facilité le passage de plusieurs produits. Il y a néanmoins eu un ralentissement du «momentum» en 2026, note le vice-président des affaires nationales à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, Jasmin Guénette.
Les marchandises ne sont pas les seules qui ont besoin de circuler plus librement, les travailleurs aussi, précise l’ancien sous-ministre fédéral du Commerce international, Louis Lévesque. Sans mobilité de la main-d’œuvre, les grands projets désirés par le gouvernement de Mark Carney accapareront des corps de métiers dans une région, ce qui pourrait créer des «pics inflationnistes».
Il faut aussi faire plus de place aux femmes et aux jeunes.
Alexandra Lafontaine, directrice adjointe de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne, soutient que l’impact économique des femmes est sous-estimé. Des pratiques «équitables et inclusives» doivent encore être mises en place pour leur permettre de se réorienter et d’être traitées équitablement.
Avec un taux de chômage de 12,9 %, il n’y a pas assez d’emplois pour les moins de 25 ans, note pour sa part la directrice générale de la Fédération de la jeunesse canadienne-française, Josée Vaillancourt. La hausse du cout de la vie et des études fait pourtant en sorte qu’ils ont besoin de travailler plus que jamais.
Nos jeunes n’ont plus le luxe de travailler sans se faire payer.
La responsable plaide pour que plus d’occasions de travailler leur soient offertes et qu’une lentille francophone soit appliquée aux programmes d’aide à l’emploi des jeunes du gouvernement fédéral.
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Invité à s’exprimer sur la bataille des talents lors de la deuxième journée, l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, a fait valoir que le Canada devait être «centré pour chercher du monde, des talents. Et ça rime avec l’immigration et l’intégration». «Là, le Canada sera un pays qui se démarquera.»
Le gouvernement fédéral a pourtant décidé de réduire les cibles d’immigration, notamment les étudiants, soit les talents potentiels que le Canada pourrait accueillir.
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Le Canada était l’un des derniers pays où l’opinion publique appuyait l’immigration. Jean Charest dit être déçu que ce soit en train de changer en raison des débordements des dernières années.
«Le gouvernement Carney est en réaction à des décisions antérieures, où il y a eu un débordement de l’immigration», affirme Jean Charest en entrevue après sa présentation. «C’est comme un réajustement. Cependant, il faut revoir nos politiques d’immigration de fond en comble.»
Il faut simplifier le système d’immigration actuel, qui est «illisible» selon lui.
Ensuite, se limiter à «une vision puis un objectif axé sur le recrutement de talents dont nous avons besoin», en rappelant que la population du Canada vieillit et fait moins d’enfants.
Jean Charest croit aussi qu’il faut tirer profit des «politiques d’immigration de Trump».
«Sa politique d’immigration, elle peut être populaire, mais il va handicaper l’économie américaine et, nous, on devrait profiter de cette occasion pour aller dans l’autre sens. On est moins gros, mais il faut être stratégique et, à mon avis, l’avenir du Canada va se décider en bonne partie là-dessus.»
L’ancien premier ministre a affirmé être ouvert à un programme d’immigration économique francophone distinct, ce que la Fédération des communautés francophones et acadienne demande depuis près de deux ans.
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La représentante de l’Organisation internationale de la francophonie pour les Amériques, Zahra Kamil Ali, rappelle que l’organisme a calculé que 65 % des 396 millions de francophones sont déjà en Afrique. Cette proportion continuera de croitre.
«C’est vrai que ce poids est essentiel pour l’avenir de la francophonie, mais il ne faut pas réduire l’Afrique juste à cet angle-là», dit-elle. Il y a aussi beaucoup de développement qui s’y fait et une jeunesse prête à participer à l’économie.
En réponse à une question du public, Brian Gallant a reconnu que l’Afrique et l’Afrique francophone n’étaient pas encore assez présentes dans le discours économique canadien. «C’est un but à long terme», tandis que la bataille économique avec les États-Unis pousse les politiciens à rechercher des solutions à court terme.
Il faut rappeler aux personnalités politiques que les objectifs à long terme sont encore importants, dit-il.
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Yan Plante explique en entrevue avec Francopresse que, quatre ans après un premier Sommet, il était temps de faire le point «dans un contexte géopolitique économique qui est complexe».
L’un des objectifs était d’apporter des solutions aux défis existants. «Dans le contexte actuel, les communautés francophones veulent et doivent faire leur part.»
Pour certains participants, le Sommet a été l’occasion de confirmer qu’ils ramaient dans la bonne direction.
«Les choses que l’on fait depuis longtemps, comme les missions économiques à Montréal, fonctionnent très bien. On a entendu plusieurs exemples similaires ici. On voit qu’on est sur la bonne piste, qu’on a fait les bonnes choses», avance le directeur général du RDÉE de l’Île-du-Prince-Édouard, Stéphane Blanchard.
Pour d’autres, c’est un rappel qu’ils ne sont pas seuls. «On fait partie d’un continuum de francophones plus large […] et on peut travailler ensemble pour créer une dynamique qui est spécifique. Les autres de la langue majoritaire le font; si on ne le fait pas, tant pis pour nous», lance le directeur général du Conseil de développement économique des Territoires du Nord-Ouest, François Afane, à Francopresse.
L’entrepreneure originaire du Burkina Faso, Salaman Yameogo, a écrit un livre à propos de l’intégration dans une nouvelle terre d’accueil, inspiré par son expérience et celles d’autres personnes immigrantes.
L’entrepreneur basé à Edmonton en Alberta et fondateur de l’entreprise Talentree, Salamane Yameogo, s’était fixé trois objectifs dans le cadre de sa participation au Sommet : «Rencontrer des gens et créer des relations, apprendre des autres et explorer l’avenir. Et je crois que je suis satisfait.»
La directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale, Pascale de Montigny Gauthier, est d’avis que des sommets du genre sont nécessaires, aussi bien au niveau national que provincial. «C’est pertinent qu’on se rencontre, qu’on collabore.»
Elle aurait aimé voir encore plus de politiciens et de décideurs pour que les enjeux de l’entrepreneuriat francophone soient bien compris.
Le Sommet a été l’occasion de féliciter les huit Lauriers de la PME 2026. Parmi les récipiendaires, le journal francophone La Voix acadienne, de l’Île-du-Prince-Édouard, représenté par son ex-directrice, Marcia Enman (deuxième à partir de la gauche), qui vient de prendre sa retraite après 48 ans dans l’entreprise qui a fêté ses 50 ans.
Les Lauriers de la PME 2026 (ne suit pas l’ordre dans la photo) :
FrancSavoir a fait sa rentrée le 10 septembre. Lancée il y a cinq ans, la plateforme de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada propose chaque année une série de conférences et d’activités en ligne d’une heure et demie.
Le but : permettre aux utilisateurs et utilisatrices d’apprendre, de socialiser en français, de participer à des activités physiques ou encore de suivre leurs démarches administratives.
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Ateliers culinaires, yoga sur chaise, révolution hongroise, IA, philosophie, voyager en solo au féminin : il y en a pour tous les gouts. La plateforme compte aujourd’hui près de 1600 personnes abonnées et propose chaque année une soixantaine de rendez-vous virtuels.
Véronique Legault observe que le thème préféré des utilisateurs et utilisateurs de FrancSavoir reste l’Histoire.
FrancSavoir a été pensée avant la COVID-19. «On voulait avoir une plateforme où les ainés partout au Canada pouvaient participer à une activité communautaire ou culturelle en français en ligne», résume la responsable de la plateforme, Véronique Legault.
Puis la pandémie a permis à l’initiative de prendre son envol. «On a vu qu’il y avait un grand besoin à ce moment-là de rester connecté, de continuer à participer à une activité communautaire en français.»
Chaque saison apporte son lot de nouveauté. L’an passé, les membres ont pu participer à un «trivia sur la francophonie canadienne». «Ça permet aux gens de participer, pas juste d’écouter une conférence», remarque la responsable.
Avant le lancement de chaque activité, les participants et participantes ont le temps de discuter entre eux.
Véronique Legault observe que la plateforme est particulièrement populaire l’hiver. «La température ne permet pas aux gens de sortir, alors les gens peuvent rester connectés via le virtuel.»
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Ce qu’Ina Amirault apprécie tout d’abord dans FrancSavoir, c’est sa facilité d’utilisation : «Ce n’est pas compliqué; on met son nom pour s’enregistrer, puis on reçoit des rappels par courriel et on a seulement besoin d’appuyer sur les liens. Et on peut faire tout ça de la maison.»
Cela fait plusieurs années qu’Ina Amirault est membre de FrancSavoir.
«On apprend des choses, mais on n’a pas besoin de se déplacer», résume-t-elle.
Après avoir vécu 30 ans à Halifax, elle habite désormais dans un petit village rural dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, Pubnico. La plateforme lui permet de rencontrer d’autres francophones de partout au pays.
«On devient une petite famille de personnes avec des intérêts semblables et on voit les mêmes personnes à chaque session.»
«Des fois, les gens vont partager leur vécu. Si on parle de la guerre, quelqu’un peut dire : “Chez nous on a fait ci, on a fait ça”», poursuit la soixantenaire.
Elle affectionne également le fait que les sessions soient variées, non obligatoires et gratuites.
«J’aime les présentations sur des voyages, sur le Costa Rica, sur la Nouvelle-Orléans; des endroits qu’on pourra aller visiter un jour ou peut-être qu’on a déjà visités», sourit la retraitée.
S’il s’est dit «fier» d’avoir recruté Anko van der Werff comme prochain président-directeur général d’Air Canada, qui entrera en fonction en janvier 2027, Vagn Sørensen a été sous le feu des questions de tous les membres du comité le 23 septembre.
Les députés de tous les partis étaient tous d’accord sur la nécessité qu’Air Canada ait une culture linguistique davantage à la hauteur des attentes, après deux polémiques et des milliers de plaintes liées aux langues officielles.
Interrogé sur l’unilinguisme anglophone de l’ex-PDG, Vagn Sørensen a affirmé avoir mal réagi.
Vagn Sørensen s’est exprimé principalement en anglais, mais a lu en français sa déclaration au comité des langues officielles, le 23 septembre.
Il avait d’abord créé une vive polémique en 2021 lors d’une activité de la Chambre de commerce de Montréal, où il avait affirmé qu’il n’avait pas eu à apprendre le français après plus de 10 ans à Montréal.
Au printemps 2026, Michael Rousseau a de nouveau été sous le feu des projecteurs à cause d’une vidéo où il présente ses condoléances uniquement en anglais (sauf «Bonjour» et «Merci») aux familles du pilote Antoine Laforest et du copilote Mackenzie Gunther, qui ont perdu la vie lors d’un accident survenu à l’aéroport de La Guardia, à New York, en mars 2026.
Le Commissariat aux langues officielles enquête sur les plus de 2400 plaintes déposées à ce sujet contre Air Canada.
«Il n’aurait pas dû faire cette vidéo en anglais seulement», a déclaré Vagn Sørensen, en comité.
Ce dernier a affirmé avoir été «déçu» dès la première polémique liée à Michael Rousseau, en 2021, affirmant que l’ex-PDG s’est par la suite engagé à apprendre le français.
Anko van der Werff entrera en poste comme président-directeur général d’Air Canada en janvier 2027.
Le président de la compagnie aérienne a déploré que la promesse n’ait pas eu les effets escomptés. Malgré «300 heures de formation en français et 350 heures de préparation à ses cours», a-t-il déploré devant le comité.
Il a toutefois nuancé sa déception, en rappelant à plusieurs reprises que Michael Rousseau était «un bon PDG», qui avait «rétabli la santé financière» de l’entreprise, notamment en temps de pandémie. Moins de 10 % des vols ont été maintenus pendant la pandémie. Pour des questions de viabilité, le conseil avait préféré maintenir Michael Rousseau en poste.
Vagn Sørensen est au courant, a-t-il affirmé, qu’Air Canada a des obligations linguistiques avec un statut particulier. «On est assujetti à la Loi sur les langues officielles et on en est fiers.»
Il a aussi confirmé qu’Air Canada disposait d’une procédure d’urgence qui exige que les communications se fassent dans les deux langues officielles. «À part cette vidéo préenregistrée de M. Rousseau, l’équipe envoyée à New York a communiqué dans les deux langues», notamment avec les familles, a fait valoir le président du conseil d’administration.
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Questionné à plusieurs reprises sur la succession qu’assurera Anko van der Werff, Vagn Sørensen affirme que ce prochain PDG pourra parler français, un critère qui a été «important» dans le recrutement.
Interrogé sur le rapport du Commissariat aux langues officielles de 2023, David Rheault, vice-président pour les Relations avec les gouvernements et les collectivités chez Air Canada, a vaguement confirmé que l’entreprise s’assurait que les employés visés par des plaintes refassent une formation en français.
Il s’est vaguement engagé à ce que l’ensemble des prochains PDG d’Air Canada soient toujours bilingues, sans répondre réellement aux questions des députés qui demandaient s’ils en feraient une politique concrète de recrutement.
Sur les 39 000 employés d’Air Canada, Vagn Sørensen estime que «50 % peut discuter dans les deux langues» et 40 % sont certifiés bilingues.
L’entreprise est restée vague quant au nombre exact d’employés non certifiés bilingues.
Fait rare, le président du comité, le libéral Yvan Baker, d’habitude réservé, est sorti de son rôle pour critiquer l’entreprise. Amener Air Canada à comparaitre a relevé d’un réel défi, selon une source proche du comité.
Voici les commentaires du président du comité, Yvan Baker :
«Air Canada est une compagnie aérienne canadienne. En raison de son financement et de sa désignation comme société d’État, elle a toutes sortes de privilèges d’un […] monopoles ou oligopoles qui vous protègent de la concurrence au pays. Les contribuables vous ont aidé, ce sont des milliards de dollars et le gouvernement fédéral [aussi].
À mon avis, vous avez des responsabilités : des prix justes; un service fiable; des pilotes et agents de bord bien rémunérés pour maintenir le service dans les plus petites communautés…
Et ça comprend le fait d’être disponible pour témoigner en comité parlementaire.
Selon plusieurs Canadiens, Air Canada n’a pas livré la marchandise. J’espère que vous et votre équipe réfléchirez à nos commentaires.»
«Nous avons le nombre de chambres suffisant de résidences pour les étudiants étrangers et plus encore», affirme le recteur de l’Université Saint-Paul, Louis Patrick Leroux.
Entre 2024 et 2026, le nombre d’étudiants étrangers a diminué de 20 % à l’Université bilingue Saint-Paul, à Ottawa. Selon le recteur, Louis Patrick Leroux, cela génère un manque de revenu, «en partie compensé par la hausse des admissions d’étudiants canadiens».
Cette baisse d’étudiants étrangers se répercute sur «tout», continue le recteur, notamment l’opérationnel et l’organisation des cours.
Au total à l’année, l’établissement accueille quelque 1100 étudiants, étrangers et Canadiens confondus.
Le recteur affirme que cette année 2026-2027 marque la «plus grosse différence» : une diminution de 52 % par rapport à l’année précédente, avec au total 249 étudiants étrangers inscrits cette année, dont 127 francophones.
«C’est 35 % de moins que l’année dernière pour les étudiants étrangers francophones», déplore-t-il. Une bonne partie de ces étudiants viennent du Congo et du Rwanda. Le virus Ebola et la guerre en République démocratique du Congo ont sans doute contribué à cette baisse, d’après lui.
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Baisse de l’immigration temporaire au Canada
Depuis son élection au printemps 2025, le premier ministre Carney vise une réduction de l’immigration temporaire pour « réduire la pression », notamment un nombre d’étudiants internationaux en deçà des 5 % de la population canadienne.
En 2024, lors de la mise à jour annuelle du plan d’immigration fédéral, le gouvernement Trudeau avait déjà réduit l’immigration.
Compensation
À l’instar de l’Université Saint-Paul, le collège La Cité, à Ottawa, a aussi connu une baisse du nombre d’étudiants étrangers : de 22 % entre 2024 et 2025, puis de 8 % entre 2025 et 2026.
Mais l’établissement a réussi à équilibrer son budget en enregistrant une «importante augmentation des inscriptions d’étudiant.e.s canadien.ne.s au cours de la même période», écrit Emy Lafortune, conseillère en communications et en relations publiques à La Cité.
Le Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) s’inscrit dans le même sillage : une perte de 80 étudiants en 2025 sur les 1187 étudiants étrangers accueillis en 2024, tous campus confondus, compensée par une hausse de pratiquement le même nombre d’étudiants canadiens.
Les «lourds» processus d’IRCC pour les universités
L’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse, connait elle aussi une baisse du nombre d’étudiants titulaires d’un visa d’études à temps plein. Ils étaient 146 au 1er octobre 2024, un an plus tard, ils ne sont plus que 114.
«L’Université Sainte-Anne est certainement affectée par cette baisse puisque non seulement cela représente moins de revenus, mais aussi moins de main-d’œuvre francophone pour l’Acadie de la Nouvelle-Écosse. […] Plusieurs de nos diplômés s’installent en Nouvelle-Écosse après leurs études et contribuent à nos communautés», affirme par courriel à Francopresse la directrice des communications et des affaires publiques de l’établissement, Rachelle LeBlanc.
Elle pointe aussi le processus d’admission, devenu plus lourd et plus long pour les étudiants étrangers, notamment «depuis le plafonnement imposé par IRCC».
«Aucune université en Nouvelle-Écosse n’utilise ses lettres d’attestation provinciales (LAP) et l’Université Sainte-Anne a du mal à utiliser la totalité des lettres d’attestation qui nous sont assignées dans le cadre du Programme pilote pour les étudiantes dans les communautés francophones en situation minoritaire (PPECFSM).»
«Réputation entachée» à l’international
«La réputation du Canada comme destination pour poursuivre des études supérieures n’est plus ce qu’elle était, sans compter que c’est très difficile pour les étudiants provenant de l’Afrique subsaharienne qui n’ont pas accès à une ambassade canadienne de se procurer les documents nécessaires», affirme Rachelle LeBlanc.
Le recteur de l’Université Saint-Paul, à Ottawa, va dans le même sens : selon lui, la réputation de l’établissement est «entachée» à l’international par la réduction du nombre de visas, ce qu’il déplore, dans un contexte de repositionnement sur la scène internationale.
«Ça peut couter jusqu’à 36 000 dollars d’étudier pour une année [en Ontario, NDLR]. Les étudiants de l’international paient trois fois plus cher que les étudiants domestiques parce qu’ils sont non subventionnés par l’État. À la maitrise de leur doctorat, c’est quatre fois plus cher. Donc, il faut toujours compenser la perte de revenus par trois ou quatre étudiants canadiens.»
«Nous étions un pays attirant, mais maintenant, ça coute très cher d’étudier en Ontario lorsqu’on est étranger.»
Selon les établissements, les couts d’inscription pour les étrangers sont deux à trois fois plus chers que pour les étudiants canadiens.
Compenser
Selon Louis Patrick Leroux, l’Université Saint-Paul n’est pas dans une situation dramatique. «Mais avec le temps, ça peut le devenir, dans la mesure où ça fait quand même trois automnes qu’on est sous le nouveau régime de l’IRCC qui a restreint largement les inscriptions.»
«Un étudiant qui n’entre pas cette année, on le perd pour 4 à 6 ans. Je ne sonne pas l’alarme à l’instant, mais je sais qu’il faut compenser avec une gestion des plus serrées.»
Conséquence et nouvel objectif pour l’établissement : attirer davantage des étudiants canadiens. «C’est navrant, car on a tout de même une réputation internationale. […] On est à l’époque où il faut transcender les frontières. On a besoin de ces étudiants.»
Cela s’explique par une résolution récemment adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, intitulée : « Corriger la carte : rééquilibrer la représentation cartographique mondiale et promouvoir une représentation équitable des régions du monde, en particulier de l’Afrique ».
Cette résolution, présentée par le Togo au nom de l’Union africaine, remédie à 450 ans d’injustice cartographique en reconnaissant la déformation du monde telle qu’elle apparaît sur les cartes établies selon la projection de Mercator. Elle a été adoptée à la quasi-unanimité : 164 voix pour, une voix contre et six abstentions. Les États-Unis ont été le seul pays à voter contre la résolution.
En 1569, Gerardus Mercator, cartographe flamand aux multiples talents qui a consacré la majeure partie de sa vie à dessiner et à projeter des cartes avec la plus grande précision possible, a publié une carte du monde recourant à une nouvelle méthode ingénieuse pour représenter la Terre sur une surface plane.
Le principal avantage de cette projection résidait dans sa capacité à représenter les loxodromies (routes à cap constant) sous forme de lignes droites, fournissant ainsi aux marins des directions précises à suivre à l’aide d’une boussole. Ce système était d’une importance capitale pour les Européens durant cette période d’exploration et de colonisation.
Mais cette représentation améliorée pour la navigation comportait un défaut majeur : elle agrandissait de manière excessive les masses continentales situées près des pôles. Autrement dit, l’Amérique du Nord, la Russie et l’Europe apparaissaient beaucoup plus grandes que l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Asie du Sud. Cette situation s’est transformée en véritable problème lorsque la projection, initialement conçue pour la navigation, est devenue la norme pour toutes sortes de mappemondes, y compris les cartes politiques.
La projection de Mercator déforme considérablement la taille des masses continentales. Le Groenland y apparaît comme ayant presque la même taille que l’Afrique.
La distorsion technique de la projection de Mercator était connue des cartographes depuis longtemps, mais ce n’est que dans les années 1970 que ses implications, résultant de plusieurs siècles d’idéologies coloniales, ont été mises en lumière.
En 1973, l’historien allemand Arno Peters a proposé une nouvelle projection cartographique équivalente qui remettait totalement en cause la projection de Mercator et le message qu’elle véhiculait : l’Europe n’était pas aussi grande qu’elle le paraissait dans la projection de Mercator, tandis que ses anciennes colonies s’avéraient bien plus vastes.
Ce type de projection avait déjà été élaboré auparavant et s’apparentait fortement à une projection réalisée en 1855 par James Gall, ecclésiastique et cartographe écossais. La nouveauté résidait dans la vision politique d’une cartographie socialement équitable qui a inspiré Arno Peters.
Sa projection a suscité une vague de critiques, déclenchant ce que l’on a appelé les « guerres des cartes », mais elle a été adoptée par des organisations telles qu’Oxfam et l’Unesco. Tout comme Arno Peters, celles-ci comprenaient de toute évidence l’importance politique des projections cartographiques et le rôle que jouent les cartes non seulement dans la représentation de la réalité, mais aussi dans sa construction.
La récente résolution de l’ONU constitue une nouvelle avancée dans la lutte contre les déséquilibres hérités du passé et « ouvre la voie à une compréhension, un respect et une paix accrus entre les nations », comme l’a souligné le représentant du Togo.
Elle appelle à une représentation fidèle du monde grâce à l’adoption de projections cartographiques équivalentes, en particulier la projection Equal Earth, une option plus récente et moins controversée que la projection de Gall-Peters. Par cette résolution, les Nations unies reconnaissent que la projection de Mercator originale a été instrumentalisée à des fins coloniales durant des siècles.
Même si cette résolution contribuera à renouveler la vision du monde dans les écoles et les établissements de la planète entière, son impact sur les plates-formes de cartographie en ligne reste à déterminer.
La projection Mercator Web, une variante de la projection Mercator originale, demeure la projection par défaut des applications telle que Google Maps. Elle divise la Terre en carrés, ce qui permet d’agrandir et de rapetisser la carte de manière fluide, simple et conviviale. Précise à l’échelle locale, elle augmente aussi considérablement la taille des pays proches des pôles.
Cette photo a été prise en 1972 par Apollo 17. C’était la première que la trajectoire permettait de photographier le pôle Sud. L’espace occupé par l’Afrique démontre bien l’immensité du continent.
Non seulement ces cartes perpétuent-elles la même vision déformée du monde que la projection de Mercator originale, mais cette vision privilégie aussi les réseaux routiers et l’accessibilité commerciale.
La nouvelle représentation du monde entérinée par la résolution de l’ONU constitue manifestement un pas vers une représentation plus équitable du monde, mais elle n’en reste pas moins une interprétation.
L’Ukraine s’est abstenue lors du vote sur la résolution visant à « corriger la carte ». Ses représentants ont déclaré que l’Ukraine « soutenait les efforts pour combattre les distorsions historiques », mais ont fait valoir que cette carte légitimait « l’annexion illégale de la Crimée par la Fédération de Russie en 2014 ».
Les cartes exercent une influence sur le monde non seulement par la manière dont elles représentent la taille des pays, mais aussi par le type d’informations qu’elles font ressortir, les technologies qu’elles mobilisent, les activités économiques qu’elles favorisent, la façon dont elles nomment les lieux et les frontières qu’elles tracent.
Avec cette résolution des Nations unies, nous devons prendre conscience que les cartes ne sont pas simplement des représentations banales et inoffensives du monde, mais aussi des instruments de pouvoir qui visent à influer sur notre manière de percevoir le monde et d’interagir avec celui-ci.
Capitaine Acadie a été créé en 2019 par les frères jumeaux Dany et Daniel Bouffard.
Originaires des Îles-de-la-Madeleine, où vit une importante communauté acadienne, ils sont tous deux de grands fans de bandes dessinées de superhéros.
Les frères Dany et Daniel Bouffard ont voulu créer un superhéros associé à leur propre culture.
Les frères ont eu l’idée de créer leur propre personnage, inspiré de leurs racines acadiennes.
En plus d’avoir une force surhumaine et d’être capable de voler, Capitaine Acadie possède des pouvoirs qui lui viennent de ses racines acadiennes.
Par exemple, il a celui de la «déportation», qui lui permet de se téléporter. Il peut aussi utiliser son pouvoir du «tintamarre» : grâce à ses cordes vocales, il pousse un cri si puissant qu’il peut devenir une véritable arme!
Depuis sa création il y a sept ans, Capitaine Acadie a vécu toutes sortes d’aventures aux quatre coins du pays. Il a combattu des patates zombies à l’Île-du-Prince-Édouard, un monstre marin au Nouveau-Brunswick et même une araignée géante à Ottawa!
Le prochain album, SOS dans le Sud-Ouest, sera le dixième de la série. Il paraîtra en octobre et se déroulera en Nouvelle-Écosse.
«Ça fait longtemps qu’on voulait faire un premier album en Nouvelle-Écosse, parce qu’on sait qu’il y a une belle communauté d’Acadiens là-bas», raconte Dany au Courrier de la Nouvelle-Écosse.
Et les aventures sont loin d’être terminées! Les frères travaillent déjà sur les numéros 13 et 14.
Dans le prochain tome, tu pourras aussi découvrir l’artiste acadien P’tit Belliveau grâce à la réalité augmentée. En utilisant un téléphone pour numériser une page, tu pourras voir le chanteur de la Nouvelle-Écosse apparaître en vidéo et interpréter une chanson.
«C’est un peu comme embarquer dans l’aventure, mais grandeur nature», explique Dany.
Et j’ai même une petite primeur pour toi : une nouvelle créature fera bientôt son apparition. Il s’agit de La Râpure, un monstre gluant qui veut engloutir toute une région!
On espère que Capitaine Acadie sera là pour l’arrêter!
Sources: Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, Francopresse
Et toi, si tu pouvais avoir un superpouvoir inspiré de ta culture, lequel choisirais-tu?
Ed Sheeran, c’est un chanteur pop britannique, que tu connais peut-être pour ses succès Thinking Out Loud et Shape of You. En ce moment, il fait le tour du monde avec sa tournée Loop Tour. Comme c’est la tradition, plusieurs artistes assurent la première partie de son spectacle.
L’un d’entre eux : le rappeur américain Macklemore, qui devait donner 10 spectacles aux États-Unis juste avant qu’Ed Sheeran entre sur scène. C’est son ami de longue date!
Mais finalement, il n’a donné que deux concerts. Pendant ses performances, il s’est exclamé «Free Palestine», qui peut se traduire par «Libérez la Palestine» ou «Palestine libre». Le rappeur a ainsi affiché son soutien au peuple de Gaza, ravagé par une guerre avec Israël depuis octobre 2023. Et ça n’a pas plus à tout le monde.
Lundi, Macklemore a déclaré sur les réseaux sociaux que Ed Sheeran et son équipe avaient décidé de l’exclure du Loop Tour.
Selon le rappeur, les propriétaires de plusieurs stades où s’arrête la tournée cet automne ont dit à l’équipe d’Ed Sheeran que si Macklemore faisait encore partie de son spectacle, ses concerts seront annulés.
Mais… pourquoi? Selon l’un des propriétaires de ces stades, Robert Kraft, la phrase «Libérez la Palestine» et la dénonciation des actes d’Israël (un État juif) sont des propos antisémites, donc haineux envers les juifs.
Dans son long message sur Instagram, Macklemore a répondu que soutenir la Palestine, ce n’est pas un acte antisémite. Il a dit avoir eu des discussions difficiles, mais respectueuses avec son bon ami, Ed Sheeran, avant que l’annonce de son expulsion soit faite.
Mais il s’agit d’un sujet sur lequel ils ne s’entendent tout simplement pas. Car Ed Sheeran ne veut pas prendre position dans le conflit à Gaza. Mais pour Macklemore, choisir de ne pas dénoncer un conflit aussi meurtrier que celui à Gaza, ce n’est pas neutre : ça revient à soutenir la violence. Dire «Free Palestine», pour lui, c’était son devoir, et la chose humaine à faire.
«J’espère que ce n’est pas la fin de mon amitié avec Ed. J’espère que nous continuerons à écouter à étudier ce qui se passe en Palestine. Ma porte sera toujours ouverte pour continuer la discussion», a-t-il écrit sur Instagram.
«Et si ces mots m’ont coûté mon spectacle, mais ont ramené l’attention publique sur la Palestine, alors c’était la tournée la plus réussie de ma vie», a-t-il ajouté.
L’annonce de l’expulsion de Macklemore a fait le tour du monde. Qu’en pense Ed Sheeran? L’artiste semble être très attristé par la situation, mais il refuse toujours de donner son opinion sur la guerre à Gaza.
Il a répondu ceci sur Instagram : «J’ai mon opinion personnelle sur ce conflit dévastateur. Je n’utilise pas ma plateforme pour la politique, parce que mon public inclut des jeunes, souvent des enfants, de tous les milieux. Les gens qui viennent voir mon spectacle ne s’attendent pas à entendre un discours politique.»
La déclaration d’Ed Sheeran a été vivement critiquée. Plusieurs internautes pensent qu’il aurait dû soutenir Macklemore et sa liberté d’expression.
Et ils ne sont pas les seuls : en réaction à cette controverse, tous les artistes qui devaient assurer la première partie d’Ed Sheeran ont annulé leur participation.
Le chanteur Finneas.
Finneas, (le frère de Billie Eilish!), a annoncé son retrait en écrivant ceci : «Les artistes ne doivent pas être forcés d’être silencieux quand ils défendent les opprimés. Je soutiens la Palestine et son peuple.»
Même le groupe de musique qui accompagne Ed Sheeran sur la scène a quitté la tournée! «Jouer devant de si grandes foules chaque soir est un rêve. Mais jouer dans des salles de spectacle qui réduisent au silence les gens qui soutiennent la Palestine n’est pas une option», a écrit le groupe Beoga sur Instagram.
Et toi, y a-t-il des sujets sur lesquels toi et tes amis n’arrivez pas à vous entendre? Est-ce que ça affecte votre amitié? Avez-vous trouvé des solutions?
La directrice générale de la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN) confirme avoir rempli tous ses postes au cours de l’été. Tout le personnel enseignant est qualifié et composé à 83 % de personnes issues de l’immigration.
Le roulement du personnel en éducation au Nunavut reste un défi. «Cette année, on a vraiment un programme solide d’accueil et d’intégration. On veut les garder le plus longtemps possible», dit Annie Larocque.
«Ils sont là pour la préservation de notre langue. Ce sont des gens qui ont à cœur la langue française. Ça fait une mixité culturelle qui amène une ouverture sur le monde. […] Une chance qu’ils sont là, sinon j’aurais une grave pénurie de main-d’œuvre», dit Annie Larocque.
Le nord du pays semble être en bonne posture. La Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) avait aussi tout le personnel enseignant nécessaire à la rentrée. «On a beaucoup de stabilité au sein de notre équipe. Donc, le taux de roulement est très bas […]. Il y a moins de postes à combler d’année en année», indique le directeur général, Marc Champagne.
Avec un seul poste encore à combler à la rentrée, le Conseil scolaire du Grand Nord, dans le Nord de l’Ontario, rapporte que la situation semble s’améliorer. L’agente des ressources humaines du Conseil, Nadia Mongrain-Timony, est en poste depuis plusieurs années. Elle voit une différence cette année : «Il y a une plus grande concentration de personnes qui se lancent en enseignement.»
La Division scolaire franco-manitobaine cherchait encore quelques personnes pour enseigner à l’approche de la rentrée, mais le directeur général adjoint, Joel Mangin, constatait être «en meilleure position cette année» que l’année dernière.
Des conseils scolaires du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario et des Territoires du Nord-Ouest rapportent aussi des rentrées avec des besoins comblés.
Malgré ces résultats encourageants, tous les intervenants rapportent que le recrutement reste difficile pour les communautés éloignées ou isolées.
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En Nouvelle-Écosse et en Alberta, les besoins sont à la hausse et contribuent au grand nombre de postes qui restent à pourvoir.
«Le [Conseil scolaire acadien provincial de la Nouvelle-Écosse] continue de grandir. Nous accueillons de plus en plus d’élèves dans nos écoles, ce qui veut aussi dire que nous avons besoin de plus de personnel enseignant et d’autres professionnels pour les accompagner», explique le conseil scolaire par courriel.
«Au cours des années, le campus Saint-Jean [de l’Université de l’Alberta] a augmenté le nombre d’étudiants qui vont poursuivre leur étude en enseignement, ça c’est une chance pour nous», indique Gisèle Bourque.
Après la grève de l’automne 2025, le gouvernement de l’Alberta a injecté plus de fonds dans le système d’éducation. «On embauche plus présentement en Alberta qu’on n’a probablement jamais embauché à cause de l’argent supplémentaire du ministère de l’Éducation», illustre la directrice exécutive de la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta, Gisèle Bourque.
La population d’élèves francophones est également en augmentation. Elle est passée de 10 093 en 2025 à 10 420 cette année, selon les chiffres auxquels elle avait accès à la rentrée.
En Ontario, il y a «des conseils scolaires où les effectifs augmentent; d’autres qui sont un tout petit peu plus stables», indique la présidente de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), Suzanne Salituri.
Le District scolaire francophone Sud (DSF-S) au Nouveau-Brunswick cherchait encore six enseignants et enseignantes à la rentrée et s’attendait à l’arrivée de nouveaux élèves qui feraient aussi augmenter ses besoins.
Le personnel enseignant n’est cependant pas le seul qui manque parfois à l’appel. Plusieurs conseils cherchent encore à pourvoir des postes administratifs et en orthophonie, à recruter des aides à l’enseignement ou à remplir leur liste de suppléance.
| Estimation des postes d’enseignement à temps plein en français à pourvoir au 17 septembre | |
|---|---|
| Terre-Neuve-et-Labrador | 1 |
| Nouvelle-Écosse | 5 |
| Île-du-Prince-Édouard | 0 |
| Nouveau-Brunswick | 6 |
| Ontario | 52 |
| Manitoba | 3 |
| Saskatchewan | 6 |
| Alberta | 14 |
| Colombie-Britannique | 3 |
| Nunavut | 0 |
| Territoire du Nord-Ouest | 0 |
| Yukon | 0 |
| Sources : Sites Web des conseils et commissions scolaires | |
Marc Champagne note qu’au Yukon, «trouver des éducatrices qualifiées pour travailler en garderie est un beaucoup plus grand défi pour nous que d’embaucher des enseignants».
Marc Champagne, au Yukon, constate qu’«il semble y avoir une augmentation du nombre de candidatures qu’on reçoit lorsqu’on affiche des postes». «On dirait que maintenant, il y a plus d’intérêt.»
L’augmentation du nombre de finissantes et finissants semble être une des sources de ce regain dans les régions où la formation est offerte.
Une augmentation des inscriptions au baccalauréat en éducation – Français langue seconde à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard facilite le recrutement pour le conseil francophone. «L’année passée et cette année, ils sont plus de 30. Avant, ils étaient environ 17, 15», dévoile la directrice des ressources humaines de la Commission scolaire de langue française, Nathalie Malo.
Au Manitoba aussi, l’Université de Saint-Boniface a augmenté sa «capacité pour produire des finissants» en éducation, relève Joel Mangin.
À Toronto, le baccalauréat en Éducation reste le plus populaire parmi les 900 étudiants et étudiantes de l’Université de l’Ontario français. L’Ontario a annoncé au printemps 2025 la création de 2600 places supplémentaires dans les programmes d’éducation.
La présidente de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques, Suzanne Salituri, confirme que leurs membres fondent beaucoup d’espoirs sur l’augmentation du nombre de places pour faciliter le recrutement au cours des prochaines années.
Les intervenants rapportent que le logement est devenu l’un des principaux obstacles au recrutement.
Au Nunavut, le gouvernement du territoire subventionne le cout du logement pour le personnel enseignant, mais encore faut-il qu’un logement soit disponible. Fin aout, Annie Larocque n’avait toujours pas de logement pour une des personnes embauchées au cours de l’été pour qu’elle vienne s’installer.
Les logements se font également rares à l’Île-du-Prince-Édouard, mais les membres des communautés participent à la recherche de logements pour les nouvelles personnes qui viennent enseigner, rapporte Nathalie Malo.
Le Conseil scolaire du Grand Nord, qui dessert un grand territoire dans le Nord de l’Ontario, rencontre des difficultés similaires. «On a déjà dû faire de grands efforts pour trouver des logements temporaires en attendant qu’on puisse trouver quelque chose de plus stable ou de permanent pour du personnel», explique Nadia Mongrain-Timony.
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Joel Mangin affirme que le District scolaire francophone du Manitoba a modernisé son approche et son système de recrutement pour accélérer et simplifier le processus.
Pour éviter de perdre du personnel enseignant en raison de l’épuisement ou de l’insatisfaction, les conseils scolaires et autres associations favorisent la rétention.
Le Conseil scolaire du Grand Nord a créé, il y a deux ans, deux postes de conseillers pédagogiques qui ont le mandat d’accompagner et d’appuyer le nouveau personnel enseignant.
La CSFY a une initiative similaire : «Un programme de mentorat pour mieux accueillir nos nouveaux enseignants, mieux les soutenir durant leurs premières années chez nous», indique Marc Champagne.
Au Manitoba, des stratégies pour valoriser le personnel enseignant – inspiré du «mattering», explique Joel Mangin – ont été élaborées l’année dernière pour favoriser la rétention.
La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants offre aussi des outils et des formations pour faciliter l’intégration, surtout du personnel issu de l’immigration, comme le projet pilote «Enseigner : mille parcours, une passion!», mené depuis 2024.
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