le Mardi 22 septembre 2026

Cela s’explique par une résolution récemment adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies, intitulée : « Corriger la carte : rééquilibrer la représentation cartographique mondiale et promouvoir une représentation équitable des régions du monde, en particulier de l’Afrique ».

Cette résolution, présentée par le Togo au nom de l’Union africaine, remédie à 450 ans d’injustice cartographique en reconnaissant la déformation du monde telle qu’elle apparaît sur les cartes établies selon la projection de Mercator. Elle a été adoptée à la quasi-unanimité : 164 voix pour, une voix contre et six abstentions. Les États-Unis ont été le seul pays à voter contre la résolution.

En 1569, Gerardus Mercator, cartographe flamand aux multiples talents qui a consacré la majeure partie de sa vie à dessiner et à projeter des cartes avec la plus grande précision possible, a publié une carte du monde recourant à une nouvelle méthode ingénieuse pour représenter la Terre sur une surface plane.

Le principal avantage de cette projection résidait dans sa capacité à représenter les loxodromies (routes à cap constant) sous forme de lignes droites, fournissant ainsi aux marins des directions précises à suivre à l’aide d’une boussole. Ce système était d’une importance capitale pour les Européens durant cette période d’exploration et de colonisation.

Mais cette représentation améliorée pour la navigation comportait un défaut majeur : elle agrandissait de manière excessive les masses continentales situées près des pôles. Autrement dit, l’Amérique du Nord, la Russie et l’Europe apparaissaient beaucoup plus grandes que l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Asie du Sud. Cette situation s’est transformée en véritable problème lorsque la projection, initialement conçue pour la navigation, est devenue la norme pour toutes sortes de mappemondes, y compris les cartes politiques.

La projection de Mercator déforme considérablement la taille des masses continentales. Le Groenland y apparaît comme ayant presque la même taille que l’Afrique.

Image :  (Strebe/Wikimedia), CC BY

La projection de Mercator

La distorsion technique de la projection de Mercator était connue des cartographes depuis longtemps, mais ce n’est que dans les années 1970 que ses implications, résultant de plusieurs siècles d’idéologies coloniales, ont été mises en lumière.

En 1973, l’historien allemand Arno Peters a proposé une nouvelle projection cartographique équivalente qui remettait totalement en cause la projection de Mercator et le message qu’elle véhiculait : l’Europe n’était pas aussi grande qu’elle le paraissait dans la projection de Mercator, tandis que ses anciennes colonies s’avéraient bien plus vastes.

Ce type de projection avait déjà été élaboré auparavant et s’apparentait fortement à une projection réalisée en 1855 par James Gall, ecclésiastique et cartographe écossais. La nouveauté résidait dans la vision politique d’une cartographie socialement équitable qui a inspiré Arno Peters.

Sa projection a suscité une vague de critiques, déclenchant ce que l’on a appelé les « guerres des cartes », mais elle a été adoptée par des organisations telles qu’Oxfam et l’Unesco. Tout comme Arno Peters, celles-ci comprenaient de toute évidence l’importance politique des projections cartographiques et le rôle que jouent les cartes non seulement dans la représentation de la réalité, mais aussi dans sa construction.

La récente résolution de l’ONU constitue une nouvelle avancée dans la lutte contre les déséquilibres hérités du passé et « ouvre la voie à une compréhension, un respect et une paix accrus entre les nations », comme l’a souligné le représentant du Togo.

Elle appelle à une représentation fidèle du monde grâce à l’adoption de projections cartographiques équivalentes, en particulier la projection Equal Earth, une option plus récente et moins controversée que la projection de Gall-Peters. Par cette résolution, les Nations unies reconnaissent que la projection de Mercator originale a été instrumentalisée à des fins coloniales durant des siècles.

Une représentation fidèle de la Terre

Même si cette résolution contribuera à renouveler la vision du monde dans les écoles et les établissements de la planète entière, son impact sur les plates-formes de cartographie en ligne reste à déterminer.

Image : Corrrect the Map

La projection Mercator Web, une variante de la projection Mercator originale, demeure la projection par défaut des applications telle que Google Maps. Elle divise la Terre en carrés, ce qui permet d’agrandir et de rapetisser la carte de manière fluide, simple et conviviale. Précise à l’échelle locale, elle augmente aussi considérablement la taille des pays proches des pôles.

Cette photo a été prise en 1972 par Apollo 17. C’était la première que la trajectoire permettait de photographier le pôle Sud. L’espace occupé par l’Afrique démontre bien l’immensité du continent.

Photo : NASA

Non seulement ces cartes perpétuent-elles la même vision déformée du monde que la projection de Mercator originale, mais cette vision privilégie aussi les réseaux routiers et l’accessibilité commerciale.

La nouvelle représentation du monde entérinée par la résolution de l’ONU constitue manifestement un pas vers une représentation plus équitable du monde, mais elle n’en reste pas moins une interprétation.

L’Ukraine s’est abstenue lors du vote sur la résolution visant à « corriger la carte ». Ses représentants ont déclaré que l’Ukraine « soutenait les efforts pour combattre les distorsions historiques », mais ont fait valoir que cette carte légitimait « l’annexion illégale de la Crimée par la Fédération de Russie en 2014 ».

Les cartes exercent une influence sur le monde non seulement par la manière dont elles représentent la taille des pays, mais aussi par le type d’informations qu’elles font ressortir, les technologies qu’elles mobilisent, les activités économiques qu’elles favorisent, la façon dont elles nomment les lieux et les frontières qu’elles tracent.

Avec cette résolution des Nations unies, nous devons prendre conscience que les cartes ne sont pas simplement des représentations banales et inoffensives du monde, mais aussi des instruments de pouvoir qui visent à influer sur notre manière de percevoir le monde et d’interagir avec celui-ci.

Des superpouvoirs à saveur acadienne

Capitaine Acadie a été créé en 2019 par les frères jumeaux Dany et Daniel Bouffard. 

Originaires des Îles-de-la-Madeleine, où vit une importante communauté acadienne, ils sont tous deux de grands fans de bandes dessinées de superhéros.

Les frères Dany et Daniel Bouffard ont voulu créer un superhéros associé à leur propre culture. 

Photo : Fournie

Les frères ont eu l’idée de créer leur propre personnage, inspiré de leurs racines acadiennes. 

En plus d’avoir une force surhumaine et d’être capable de voler, Capitaine Acadie possède des pouvoirs qui lui viennent de ses racines acadiennes.

Par exemple, il a celui de la «déportation», qui lui permet de se téléporter. Il peut aussi utiliser son pouvoir du «tintamarre» : grâce à ses cordes vocales, il pousse un cri si puissant qu’il peut devenir une véritable arme!

Pssssst!👀 Les noms de ses pouvoirs te disent peut-être quelque chose? C’est qu’ils sont directement inspirés de moments importants de l’histoire et de la culture acadiennes. On t’en a parlé ici et ici!

Un héros qui voyage

Depuis sa création il y a sept ans, Capitaine Acadie a vécu toutes sortes d’aventures aux quatre coins du pays. Il a combattu des patates zombies à l’Île-du-Prince-Édouard, un monstre marin au Nouveau-Brunswick et même une araignée géante à Ottawa!

Le prochain album, SOS dans le Sud-Ouest, sera le dixième de la série. Il paraîtra en octobre et se déroulera en Nouvelle-Écosse.

«Ça fait longtemps qu’on voulait faire un premier album en Nouvelle-Écosse, parce qu’on sait qu’il y a une belle communauté d’Acadiens là-bas», raconte Dany au Courrier de la Nouvelle-Écosse.

Et les aventures sont loin d’être terminées! Les frères travaillent déjà sur les numéros 13 et 14.

Un livre qui prend vie

Dans le prochain tome, tu pourras aussi découvrir l’artiste acadien P’tit Belliveau grâce à la réalité augmentée. En utilisant un téléphone pour numériser une page, tu pourras voir le chanteur de la Nouvelle-Écosse apparaître en vidéo et interpréter une chanson.

«C’est un peu comme embarquer dans l’aventure, mais grandeur nature», explique Dany.

Et j’ai même une petite primeur pour toi : une nouvelle créature fera bientôt son apparition. Il s’agit de La Râpure, un monstre gluant qui veut engloutir toute une région!

On espère que Capitaine Acadie sera là pour l’arrêter! 

Sources: Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, Francopresse

Et toi, si tu pouvais avoir un superpouvoir inspiré de ta culture, lequel choisirais-tu?

«Libérez la Palestine»

Ed Sheeran, c’est un chanteur pop britannique, que tu connais peut-être pour ses succès Thinking Out Loud et Shape of You. En ce moment, il fait le tour du monde avec sa tournée Loop Tour. Comme c’est la tradition, plusieurs artistes assurent la première partie de son spectacle.

L’un d’entre eux : le rappeur américain Macklemore, qui devait donner 10 spectacles aux États-Unis juste avant qu’Ed Sheeran entre sur scène. C’est son ami de longue date! 

Mais finalement, il n’a donné que deux concerts. Pendant ses performances, il s’est exclamé «Free Palestine», qui peut se traduire par «Libérez la Palestine» ou «Palestine libre». Le rappeur a ainsi affiché son soutien au peuple de Gaza, ravagé par une guerre avec Israël depuis octobre 2023. Et ça n’a pas plus à tout le monde.

Une phrase qui dérange 

Lundi, Macklemore a déclaré sur les réseaux sociaux que Ed Sheeran et son équipe avaient décidé de l’exclure du Loop Tour

Selon le rappeur, les propriétaires de plusieurs stades où s’arrête la tournée cet automne ont dit à l’équipe d’Ed Sheeran que si Macklemore faisait encore partie de son spectacle, ses concerts seront annulés.

Mais… pourquoi? Selon l’un des propriétaires de ces stades, Robert Kraft, la phrase «Libérez la Palestine» et la dénonciation des actes d’Israël (un État juif) sont des propos antisémites, donc haineux envers les juifs. 

Dans son long message sur Instagram, Macklemore a répondu que soutenir la Palestine, ce n’est pas un acte antisémite. Il a dit avoir eu des discussions difficiles, mais respectueuses avec son bon ami, Ed Sheeran, avant que l’annonce de son expulsion soit faite.

Mais il s’agit d’un sujet sur lequel ils ne s’entendent tout simplement pas. Car Ed Sheeran ne veut pas prendre position dans le conflit à Gaza. Mais pour Macklemore, choisir de ne pas dénoncer un conflit aussi meurtrier que celui à Gaza, ce n’est pas neutre : ça revient à soutenir la violence. Dire «Free Palestine», pour lui, c’était son devoir, et la chose humaine à faire.

«J’espère que ce n’est pas la fin de mon amitié avec Ed. J’espère que nous continuerons à écouter à étudier ce qui se passe en Palestine. Ma porte sera toujours ouverte pour continuer la discussion», a-t-il écrit sur Instagram.

«Et si ces mots m’ont coûté mon spectacle, mais ont ramené l’attention publique sur la Palestine, alors c’était la tournée la plus réussie de ma vie», a-t-il ajouté.

Ed ne veut pas s’en mêler

L’annonce de l’expulsion de Macklemore a fait le tour du monde. Qu’en pense Ed Sheeran? L’artiste semble être très attristé par la situation, mais il refuse toujours de donner son opinion sur la guerre à Gaza. 

Il a répondu ceci sur Instagram : «J’ai mon opinion personnelle sur ce conflit dévastateur. Je n’utilise pas ma plateforme pour la politique, parce que mon public inclut des jeunes, souvent des enfants, de tous les milieux. Les gens qui viennent voir mon spectacle ne s’attendent pas à entendre un discours politique.»

Une neutralité qui déçoit

La déclaration d’Ed Sheeran a été vivement critiquée. Plusieurs internautes pensent qu’il aurait dû soutenir Macklemore et sa liberté d’expression. 

Et ils ne sont pas les seuls : en réaction à cette controverse, tous les artistes qui devaient assurer la première partie d’Ed Sheeran ont annulé leur participation.

Le chanteur Finneas. 

Photo : S. Dudley – Domaine public

Finneas, (le frère de Billie Eilish!), a annoncé son retrait en écrivant ceci : «Les artistes ne doivent pas être forcés d’être silencieux quand ils défendent les opprimés. Je soutiens la Palestine et son peuple.»

Même le groupe de musique qui accompagne Ed Sheeran sur la scène a quitté la tournée! «Jouer devant de si grandes foules chaque soir est un rêve. Mais jouer dans des salles de spectacle qui réduisent au silence les gens qui soutiennent la Palestine n’est pas une option», a écrit le groupe Beoga sur Instagram.

Et toi, y a-t-il des sujets sur lesquels toi et tes amis n’arrivez pas à vous entendre? Est-ce que ça affecte votre amitié? Avez-vous trouvé des solutions?

La directrice générale de la Commission scolaire francophone du Nunavut (CSFN) confirme avoir rempli tous ses postes au cours de l’été. Tout le personnel enseignant est qualifié et composé à 83 % de personnes issues de l’immigration.

Le roulement du personnel en éducation au Nunavut reste un défi. «Cette année, on a vraiment un programme solide d’accueil et d’intégration. On veut les garder le plus longtemps possible», dit Annie Larocque. 

Photo : Courtoisie

«Ils sont là pour la préservation de notre langue. Ce sont des gens qui ont à cœur la langue française. Ça fait une mixité culturelle qui amène une ouverture sur le monde. […] Une chance qu’ils sont là, sinon j’aurais une grave pénurie de main-d’œuvre», dit Annie Larocque.

Le nord du pays semble être en bonne posture. La Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) avait aussi tout le personnel enseignant nécessaire à la rentrée. «On a beaucoup de stabilité au sein de notre équipe. Donc, le taux de roulement est très bas […]. Il y a moins de postes à combler d’année en année», indique le directeur général, Marc Champagne.

Avec un seul poste encore à combler à la rentrée, le Conseil scolaire du Grand Nord, dans le Nord de l’Ontario, rapporte que la situation semble s’améliorer. L’agente des ressources humaines du Conseil, Nadia Mongrain-Timony, est en poste depuis plusieurs années. Elle voit une différence cette année : «Il y a une plus grande concentration de personnes qui se lancent en enseignement.»

La Division scolaire franco-manitobaine cherchait encore quelques personnes pour enseigner à l’approche de la rentrée, mais le directeur général adjoint, Joel Mangin, constatait être «en meilleure position cette année» que l’année dernière.

Des conseils scolaires du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario et des Territoires du Nord-Ouest rapportent aussi des rentrées avec des besoins comblés.

Malgré ces résultats encourageants, tous les intervenants rapportent que le recrutement reste difficile pour les communautés éloignées ou isolées.

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Plus d’élèves = plus de personnel

En Nouvelle-Écosse et en Alberta, les besoins sont à la hausse et contribuent au grand nombre de postes qui restent à pourvoir.

«Le [Conseil scolaire acadien provincial de la Nouvelle-Écosse] continue de grandir. Nous accueillons de plus en plus d’élèves dans nos écoles, ce qui veut aussi dire que nous avons besoin de plus de personnel enseignant et d’autres professionnels pour les accompagner», explique le conseil scolaire par courriel.

«Au cours des années, le campus Saint-Jean [de l’Université de l’Alberta] a augmenté le nombre d’étudiants qui vont poursuivre leur étude en enseignement, ça c’est une chance pour nous», indique Gisèle Bourque.

Photo : Courtoisie

Après la grève de l’automne 2025, le gouvernement de l’Alberta a injecté plus de fonds dans le système d’éducation. «On embauche plus présentement en Alberta qu’on n’a probablement jamais embauché à cause de l’argent supplémentaire du ministère de l’Éducation», illustre la directrice exécutive de la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta, Gisèle Bourque.

La population d’élèves francophones est également en augmentation. Elle est passée de 10 093 en 2025 à 10 420 cette année, selon les chiffres auxquels elle avait accès à la rentrée.

En Ontario, il y a «des conseils scolaires où les effectifs augmentent; d’autres qui sont un tout petit peu plus stables», indique la présidente de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC), Suzanne Salituri.

Le District scolaire francophone Sud (DSF-S) au Nouveau-Brunswick cherchait encore six enseignants et enseignantes à la rentrée et s’attendait à l’arrivée de nouveaux élèves qui feraient aussi augmenter ses besoins.

Le personnel enseignant n’est cependant pas le seul qui manque parfois à l’appel. Plusieurs conseils cherchent encore à pourvoir des postes administratifs et en orthophonie, à recruter des aides à l’enseignement ou à remplir leur liste de suppléance.

Estimation des postes d’enseignement à temps plein en français à pourvoir au 17 septembre
Terre-Neuve-et-Labrador 1
Nouvelle-Écosse 5
Île-du-Prince-Édouard 0
Nouveau-Brunswick 6
Ontario 52
Manitoba 3
Saskatchewan 6
Alberta 14
Colombie-Britannique 3
Nunavut 0
Territoire du Nord-Ouest 0
Yukon 0
Sources : Sites Web des conseils et commissions scolaires

Marc Champagne note qu’au Yukon, «trouver des éducatrices qualifiées pour travailler en garderie est un beaucoup plus grand défi pour nous que d’embaucher des enseignants». 

Photo : Patric Chaussé

Un bassin de recrutement plus large

Marc Champagne, au Yukon, constate qu’«il semble y avoir une augmentation du nombre de candidatures qu’on reçoit lorsqu’on affiche des postes». «On dirait que maintenant, il y a plus d’intérêt.»

L’augmentation du nombre de finissantes et finissants semble être une des sources de ce regain dans les régions où la formation est offerte.

Une augmentation des inscriptions au baccalauréat en éducation – Français langue seconde à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard facilite le recrutement pour le conseil francophone. «L’année passée et cette année, ils sont plus de 30. Avant, ils étaient environ 17, 15», dévoile la directrice des ressources humaines de la Commission scolaire de langue française, Nathalie Malo.

Au Manitoba aussi, l’Université de Saint-Boniface a augmenté sa «capacité pour produire des finissants» en éducation, relève Joel Mangin.

À Toronto, le baccalauréat en Éducation reste le plus populaire parmi les 900 étudiants et étudiantes de l’Université de l’Ontario français. L’Ontario a annoncé au printemps 2025 la création de 2600 places supplémentaires dans les programmes d’éducation.

La présidente de l’Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques, Suzanne Salituri, confirme que leurs membres fondent beaucoup d’espoirs sur l’augmentation du nombre de places pour faciliter le recrutement au cours des prochaines années.

Une pénurie qui en remplace une autre

Les intervenants rapportent que le logement est devenu l’un des principaux obstacles au recrutement.

Au Nunavut, le gouvernement du territoire subventionne le cout du logement pour le personnel enseignant, mais encore faut-il qu’un logement soit disponible. Fin aout, Annie Larocque n’avait toujours pas de logement pour une des personnes embauchées au cours de l’été pour qu’elle vienne s’installer.

Les logements se font également rares à l’Île-du-Prince-Édouard, mais les membres des communautés participent à la recherche de logements pour les nouvelles personnes qui viennent enseigner, rapporte Nathalie Malo.

Le Conseil scolaire du Grand Nord, qui dessert un grand territoire dans le Nord de l’Ontario, rencontre des difficultés similaires. «On a déjà dû faire de grands efforts pour trouver des logements temporaires en attendant qu’on puisse trouver quelque chose de plus stable ou de permanent pour du personnel», explique Nadia Mongrain-Timony.

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Joel Mangin affirme que le District scolaire francophone du Manitoba a modernisé son approche et son système de recrutement pour accélérer et simplifier le processus. 

Photo : Dan Harper

Travail de rétention et de valorisation

Pour éviter de perdre du personnel enseignant en raison de l’épuisement ou de l’insatisfaction, les conseils scolaires et autres associations favorisent la rétention.

Le Conseil scolaire du Grand Nord a créé, il y a deux ans, deux postes de conseillers pédagogiques qui ont le mandat d’accompagner et d’appuyer le nouveau personnel enseignant.

La CSFY a une initiative similaire : «Un programme de mentorat pour mieux accueillir nos nouveaux enseignants, mieux les soutenir durant leurs premières années chez nous», indique Marc Champagne.

Au Manitoba, des stratégies pour valoriser le personnel enseignant – inspiré du «mattering», explique Joel Mangin – ont été élaborées l’année dernière pour favoriser la rétention.

La Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants offre aussi des outils et des formations pour faciliter l’intégration, surtout du personnel issu de l’immigration, comme le projet pilote «Enseigner : mille parcours, une passion!», mené depuis 2024.

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En 2017, la Société Santé en français (SSF) avait commandé une étude pour examiner comment les organismes provinciaux et territoriaux de règlementation des professions de la santé au Canada recueillaient et publiaient les données relatives aux connaissances des langues officielles chez leurs membres.

Une nouvelle étude fait le point sur l’évolution de ces pratiques en 2024. Résultat : «Le portrait est quasi identique», commente le directeur général de la SSF, Antoine Désilets.

Ce qui, à ses yeux, n’est pas vraiment une surprise, compte tenu du fait «qu’il n’y a eu aucun changement au cadre règlementaire depuis 2017 sur ces questions-là».

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Erreur de diagnostic

Les recherches révèlent des lacunes persistantes dans l’accès aux soins pour les minorités de langue officielle.

Selon une enquête de Statistique Canada réalisée en 2022, 22 % des francophones en situation minoritaire n’avaient jamais reçu de soins de santé en français et seulement 17 % affirmaient qu’on leur avait offert des soins en français de façon constante.

La difficulté à communiquer empêche les patients de prendre des décisions véritablement éclairées concernant leur consentement et les options thérapeutiques qui s’offrent à eux. Ce manque de compréhension mutuelle peut conduire directement à une hausse des erreurs de diagnostic et à une dégradation générale de la qualité des soins prodigués.

«En l’absence de données précises sur les capacités linguistiques et la prestation des services, il est difficile de déterminer où il faut davantage de prestataires bilingues, où il convient de renforcer les capacités de formation aux langues officielles, où l’on pourrait mieux identifier et mobiliser les prestataires bilingues au sein du personnel existant, et où des stratégies de recrutement ciblées seraient les plus efficaces», peut-on lire dans l’étude.

Entre la théorie et la pratique

Mais alors, pourquoi les organismes visés ne collectent pas ces données? «Une des choses qui ressort dans l’étude, c’est une mauvaise perception des ordres professionnels, qui croient que collecter de l’information sur la langue de leurs membres, ça touche à de l’information confidentielle qu’ils ne peuvent pas diffuser», relève Antoine Désilets.

Selon Antoine Désilets, les gouvernements ont leur rôle à jouer dans la collecte de données liée aux langues utilisées par les professionnels de la santé. 

Photo : Courtoisie

Aussi, même si l’information est là, cela ne veut pas dire qu’elle représente la réalité sur le terrain. En 2021, 11,6 % des professionnels de santé de l’Ontario parlaient français, mais seuls 4,6 % d’entre eux utilisaient régulièrement le français au travail, rapporte l’étude.

Référencement, région géographique, comme le rappelle M. Désilets : «Il y a plein de circonstances qui font en sorte qu’on tombe sur un professionnel qui parle sa langue ou non.»

«Dans certains cas, les gens nous disent qu’ils collectaient de l’information linguistique, mais c’était de l’information linguistique sur la langue de service. En d’autres mots, savoir si les [personnes concernées] parlaient anglais ou non», ajoute-t-il.

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«Publier en anglais, c’est stratégique»

L’étude n’est à ce jour disponible qu’en anglais uniquement, en attendant la version française.

«Publier en anglais, c’est stratégique, parce que les gens qu’on a besoin de convaincre, ils sont souvent anglophones et ils ne pensent pas à la question linguistique», observe Antoine Désilets, pragmatique.

«On se rend compte que cela a plus d’impact auprès des gens que nous on cherche à convaincre. Comme francophones, on se parle entre nous et on le sait. C’est la majorité anglophone qui doit voir le problème.»

Différences d’une profession à l’autre

Les pratiques de collecte et de divulgation varient considérablement d’une profession à l’autre, ainsi que d’une province à l’autre.

La médecine, la psychologie et la pharmacie restent les plus susceptibles de collecter et de divulguer publiquement les données linguistiques de leurs membres.

Plusieurs provinces, notamment l’Ontario et la Colombie-Britannique, se démarquent en fournissant un accès public ou, à tout le moins, en collectant systématiquement ces informations.

À l’inverse, le travail social présente les taux de collecte les plus faibles du panel étudié. De plus, les soins infirmiers et le travail social se caractérisent par une forte proportion de données «collectées, mais non rendues publiques» par leurs ordres professionnels.

Antoine Désilets décrit une «tapisserie» de situations uniques, où les données recueillies, les questions posées et les façons de les interpréter et de les publier varient d’une profession et d’une province à l’autre.

Manque de volonté

Pour favoriser des soins centrés sur le patient, les auteurs recommandent l’adoption de normes nationales obligatoires garantissant la transparence des compétences linguistiques des soignants.

En l’absence d’obligation légale et de cadre législatif, la situation n’évoluera pas, croit Antoine Désilets.

D’abord, standardisons les informations qu’on va aller chercher, ensuite, rendons-les publics. Comment ça peut servir le public si ça reste dans les tiroirs?

— Antoine Désilets

Selon lui, le gouvernement fédéral doit faire sa part du côté des langues officielles. «Il envoie des milliards aux provinces à chaque année. Des milliards en transfert, puis des milliards au niveau des accords bilatéraux en santé. À mes yeux, le fédéral a déjà en main les leviers nécessaires pour emmener les provinces à collecter cette information-là. Ce qui manque, c’est de la volonté.»

«Si le fédéral envoie des fonds aux provinces, il devrait y avoir une certaine réédition de comptes qui touchent les langues officielles; une condition de financement ou une exigence structurante.»

Cette nouvelle étude tombe à point nommé, alors que les consultations pour le prochain Plan d’action pour les langues officielles ont commencé. «Le timing est bon», estime le responsable.

«On est en pleine consultation à la fois avec Santé Canada et Patrimoine canadien au niveau des différents programmes qui vont toucher la francophonie.»

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Guides, formations, procédures, documentation technique, comptes rendus de réunions, notes de travail… Avec l’aide d’une source qui travaille avec Statistique Canada dans une région bilingue, Francopresse a pu consulter deux interfaces utilisées à l’interne par l’organisme fédéral : GCdocs et Confluence.

La première est utilisée par les ministères fédéraux et plusieurs agences. La seconde permet le dépôt de documents, mais correspond davantage à un intranet non supervisé utilisé par les employés de Statistique Canada. Dans les deux cas, les interfaces sont bilingues. Bien que quelques documents existent dans les deux langues officielles dans ceux-ci, la majorité existent seulement en anglais.

Ces documents, de nature et d’importance variées, sont publiés et utilisés par les employés de Statistique Canada dans le cadre de leur travail. Ils proviennent et sont utilisés par différents services de l’agence.

En se basant sur la centaine de documents et dizaines de sous-dossiers consultés, Confluence contiendrait au minimum 5000 fichiers en anglais uniquement, mais le nombre exact de fichiers toutes langues confondues est difficile à obtenir, en raison du nombre de dossiers et de sous-dossiers existants dans une base de données toujours en mouvance.

La personne employée par Statistique Canada a déposé une plainte au Commissariat aux langues officielles, s’estimant brimée dans son droit de lire des documents dans la langue de son choix dans le cadre de son travail.

Elle affirme que Confluence n’est pas contrôlée au niveau du respect des deux langues officielles, notamment pour des documents de nature importante et d’usage courant. «Il y a parfois des guides d’utilisation en anglais uniquement», déplore-t-elle.

La plainte étant récente, le Commissariat ne s’est pas encore prononcé sur sa recevabilité.

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«Interrogation légitime»

François Larocque, avocat et professeur titulaire au programme de common law en français de la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa, affirme que la nature du contenu est au cœur du sujet.

Il explique que les outils internes nécessitent l’accord d’un responsable pour être mis en place et utilisés, ce qui rend l’institution responsable du contenu, en particulier dans les régions désignées bilingues par le gouvernement canadien.

Pour les employés de ces régions, la Loi sur les langues officielles prévoit que les outils de travail indispensables doivent fonctionner dans la langue de leur choix, tant au niveau de l’interface que des documents qu’elle contient.

Pour le professeur, il y a une «interrogation légitime» si un logiciel «existe en plusieurs langues» et peut être adapté à l’une des deux langues officielles du Canada.

Cette interrogation s’accentue notamment dans les cas où il y a bel et bien des versions en français des documents de nature importante et utilisés fréquemment. Toutefois, dans deux de ces documents sur les cinq que Francopresse a pu consulter, les versions ne sont pas équivalentes : certains morceaux manquent par rapport à la version anglaise.

Selon François Larocque, la question se pose différemment à l’extérieur des régions bilingues : «L’employé n’a pas toujours la même portée du droit de travailler dans la langue de son choix».

L’absence quasi totale de contenu en français dans les systèmes présentés par la source suggère un «manquement» systémique de Statistique Canada, poursuit le professeur, et non une limitation technique, puisque les plateformes concernées sont disponibles en français.

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Éviter d’empiéter sur les droits de l’autre

L’arrêt Dionne, rendu en 2021 par la Cour d’appel fédérale, précise que l’employeur doit d’abord chercher des solutions pour respecter le droit de travailler dans la langue officielle de son choix dans les régions bilingues et assurer les droits linguistiques au public.

Il ne peut pas simplement faire reposer sur l’employé bilingue la responsabilité de compenser les lacunes linguistiques de l’institution.

«Sensibilisation» si «obligations législatives»

Statistique Canada affirme par courriel à Francopresse que l’organisme «sensibilise» les employés à l’utilisation des deux langues officielles.

Il «s’attend» à ce que les exigences de la Loi sur les langues officielles soient respectées, mais note toutefois que «le contenu hébergé dans ces plateformes peut varier selon sa nature, son utilisation prévue et son statut».

«Les plateformes numériques comme GCdocs et Confluence contiennent un vaste éventail de contenu créé et géré par différents secteurs et équipes au fil du temps. […] Tous les documents qui constituent des instruments de travail d’usage courant et généralisé destinés aux employés doivent être mis à leur disposition dans les deux langues officielles lorsque les obligations législatives l’exigent», écrit un agent de communication de Statistique Canada à Francopresse.

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Les prix Gémeaux récompensent chaque année les meilleures productions et les artisans de la télévision et des médias numériques francophones au Canada.

Produite au Nouveau-Brunswick, la série de TV5+ Cousu a remporté le Gémeaux du meilleur magazine ou de la meilleure série documentaire de style de vie, en plus de celui de la meilleure réalisation dans cette catégorie, décerné à l’Acadien Julien Cadieux.

Animée par la Québécoise Karine Vanasse, cette série explore l’univers de la mode, de ses origines à ses conventions, à travers une dizaine de pays.

La coproduction Ontario-Québec Espèces d’ordures, disponible sur TV5+, a pour sa part été couronnée meilleure série documentaire : santé, nature, science et environnement. Son réalisateur, Arnaud Bouquet, a également remporté le prix de la meilleure réalisation dans cette catégorie.

Dans cette production, l’animateur Frédéric Choinière met en lumière des initiatives vertes et novatrices pour lutter contre la prolifération des déchets dans plusieurs grandes métropoles de la planète.

Des talents de la francophonie récompensés

La cinéaste franco-manitobaine Elena Sturk-Lussier a remporté le prix Gémeaux de la relève pour Les faillites d’Astrid.

Originaire de Winnipeg, la scénariste et réalisatrice raconte dans cette série le retour à Saint-Boniface d’une jeune femme surdouée qui abandonne ses études universitaires à Montréal.

La Franco-Ontarienne Katherine Levac repart avec deux Gémeaux. Elle faisait partie de la distribution du Bye Bye 2025, récompensé dans les catégories de la meilleure émission spéciale ou série : humour et de la meilleure interprétation : humour.

Le personnage de Pierre-Paul Paquet, interprété par le Sudburois Mathieu Pichette, est au cœur de Paquet de capsules, qui a remporté le prix dans la catégorie meilleure émission ou série – format court : jeunesse. Produite pour MAJ, le site d’information jeunesse de Radio-Canada, la série met en scène l’animateur maladroit dans une série de capsules vidéos.

La jeunesse et l’animation à l’honneur

La série d’animation Rebelles, produite par Will Cyr et Renée de Sousa du studio ontarien Space Pirates et diffusée sur TFO, a remporté le prix de la meilleure émission ou série d’animation.

Cette production en sept épisodes redonne voix à des femmes canadiennes trop souvent oubliées par l’histoire officielle. Parmi elles : Diane et Béatrice Desloges, deux enseignantes franco-ontariennes qui ont défendu le droit à l’éducation en français face au Règlement 17 et résisté à l’assimilation.

La série met également en lumière Violet King, première femme noire à exercer le droit au Canada.

«On se sent privilégiés de pouvoir faire rayonner la francophonie canadienne à l’écran et de contribuer au divertissement d’un million de Canadiens et de Canadiennes qui décident de vivre en français à l’extérieur du Québec. On dédie ce prix aux femmes audacieuses de la série, mais aussi à tous ceux et toutes celles qui osent sortir du confort de la complaisance pour passer à l’action et rendre le monde un peu plus juste pour tout le monde», a déclaré la productrice de la série, Renée de Sousa, par communiqué.

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Pourquoi créer un nouveau billet?

À tous les 10 à 20 ans, la Banque du Canada crée une nouvelle version des billets de banque. À chaque nouvelle version, elle ajoute des éléments qui renforcent la sécurité des billets. C’est pour éviter qu’ils soient copiés illégalement!

En plus, le portrait sur les billets canadiens de 20$ affiche la même personne depuis 1954: la reine Élizabeth II! Puisque celle-ci est décédée en 2022, et que son fils Charles est désormais roi, il est temps de mettre à jour le billet!

Contrairement aux billets de 20$ que nous utilisons actuellement, le nouveau billet sera vertical.

En plus du visage du roi et de l’orientation du billet, il y aura d’autres nouveautés. On y retrouvera des symboles qui représentent le Canada, comme les fleurs officielles des 13 provinces et territoires! 🌼 Des plantes importantes pour plusieurs peuples autochtones seront aussi illustrées, comme la fraise des bois et le cèdre rouge de l’Ouest.

Regarde comme c’est joli!

Image les as de l'info/Banque du canada

Le billet rendra également hommage aux soldats canadiens en représentant le Monument commémoratif de guerre du Canada à Vimy, en France, et des coquelicots, le symbole du jour du Souvenir.

Canada contre faussaires

Afin qu’il soit plus résistant, le nouveau billet de 20$ sera fait de polymère, une sorte de plastique. On y retrouvera aussi de nouvelles caractéristiques de sécurité. Les voici!

Image les as de l'info/Banque du canada

Mais qu’arrivera-t-il de nos vieux billets?

Pas besoin de jeter tes vieux billets de 20$: ils resteront valides. Le nouveau billet s’ajoutera simplement à ceux qui sont déjà en circulation.

Alors, à partir de février 2027, si tu reçois un billet de 20$, prends quelques secondes pour l’observer. Il pourrait avoir un tout nouveau visage! 

Et toi, si tu pouvais créer ton propre billet de banque, que voudrais-tu mettre dessus?

Le Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026 publié par Environnement et Changement climatique Canada et rédigé par 23 spécialistes de l’étude du climat et des changements climatiques contient 15 énoncés qui mettent en lumière les constats qui ont les degrés de confiance les plus élevés.

L’énoncé 7 annonce que le «réchauffement climatique et les changements connexes du climat au Canada sont essentiellement irréversibles». Cela signifie que même si des mesures efficaces de réduction des gaz à effet de serre étaient mises en place partout dans le monde, il y a tellement de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air que les températures prendront des centaines d’années à redescendre.

Parmi les effets déjà irréversibles, on compte le changement du niveau de la mer, la fonte des glaciers et le dégel du pergélisol.

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Trois scénarios

Le Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026 est le deuxième du genre, le premier ayant été publié en 2019. Il rassemble les dernières données et les plus récents modèles et simulations du ministère.

Il s’agit d’un examen des modifications observées au Canada à partir de données connues et de leurs trajectoires possibles, et non d’une évaluation des impacts sur les résidents et sur l’économie. Il ne contient pas de recommandations.

Il présente trois scénarios : ce qui pourrait survenir si aucune politique n’existait, ce qui pourrait se produire selon les politiques actuelles et ce qui arriverait si la carboneutralité était atteinte d’ici 2050.

La première possibilité est la plus catastrophique, avec une augmentation moyenne des températures au Canada de 6,9 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Sur la même période, les politiques actuelles pourraient faire augmenter les températures moyennes de 5 °C, tandis que l’atteinte de la carboneutralité limiterait la hausse à 3,5 °C.

Effets régionaux

L’un des auteurs du rapport, le directeur par intérim de la division de la recherche sur la modélisation et l’analyse climatique chez Environnement et Changement climatique Canada, Chris Derksen, a présenté le rapport le 10 septembre dans le cadre d’un webinaire organisé par l’Institut climatique du Canada.

Les épisodes de froid extrême deviendront plus rares au Canada, alors que ceux de chaleur extrême seront plus fréquents, dit-il.

«Le sud du Canada vivra les changements climatiques à travers des évènements extrêmes. Dans le Nord, il y aura aussi des évènements extrêmes, mais c’est vraiment l’empreinte des changements climatiques sur le paysage qui sera le plus envahissant.»

La diminution de la glace sur l’océan Arctique sur une plus longue période et la fonte du pergélisol causeront le plus de transformations, aussi bien pour le paysage que pour le mode de vie des Inuit.

Les côtes est et ouest sont les endroits où l’augmentation des précipitations pourrait être la plus importante. Dans l’Atlantique, les ouragans et tempêtes tropicales pourraient remonter plus régulièrement vers le Nord et les provinces maritimes.

Dans l’Ouest, les glaciers sont presque condamnés. Même dans le scénario le plus optimiste, ils perdront environ 76 % de leur masse d’ici la fin du siècle. «Ils fondent trop pendant l’été et ne peuvent pas récupérer cette masse pendant l’hiver», explique Chris Derksen.

La fonte des glaciers aura diverses conséquences, notamment sur l’alimentation en eau de l’Ouest canadien. L’effondrement de sections de glaciers similaire à celui survenu au Népal le 26 aout est aussi possible au Canada.

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Au centre du pays, ce sont les sècheresses qui pourraient être plus fréquentes. Surtout dans le sud du Manitoba et de la Saskatchewan, ainsi que dans l’extrême nord de l’Ontario.

Tout le territoire canadien court le risque de voir la durée de la saison des feux de forêt s’allonger, avec quelques jours de plus à l’Est, à l’Ouest et au Nord.

Perspective autochtone

Pour la première fois, les sciences autochtones ont été mises à contribution dans le Rapport sur le climat changeant du Canada. La prise en compte reste cependant partielle, car le mariage de ces savoirs avec les sciences occidentales reste nouveau et présente encore des défis.

Des études de cas des Premières Nations, des Inuit et des Métis qui abordent les conséquences des changements climatiques ont été incluses aussi souvent que possible.

Le glacier Kaskawulsh au Yukon a tellement fondu qu’en 2016 que les eaux de sa fonte ont emprunté une voie différente et ont pratiquement arrêté d’alimenter le lac Kluane, asséchant ce qui était auparavant la rivière Slims.

Le glacier Kaskawulsh au Yukon a tellement fondu qu’en 2016 que les eaux de sa fonte ont emprunté une voie différente et ont pratiquement arrêté d’alimenter le lac Kluane, asséchant ce qui était auparavant la rivière Slims.

Le glacier Kaskawulsh au Yukon a tellement fondu qu’en 2016 que les eaux de sa fonte ont emprunté une voie différente et ont pratiquement arrêté d’alimenter le lac Kluane, asséchant ce qui était auparavant la rivière Slims.

Solutions

Le président de l’Institut climatique du Canada, Rick Smith, a tenu à signaler en ouverture du webinaire que le rapport apporte une lueur d’espoir.

Chris Derksen a indiqué lors d’un webinaire que le rapport faisait environ 1500 pages. 

Photo : IISD/ENB | Anastasia Rodopoulou (https://enb.iisd.org/media/chris-derksen-canada-ipcc58-18march2023-photo)

«Il souligne que les pires dommages peuvent encore être évités si nous réduisons nos émissions de gaz à effet de serre et que nous planifions dès maintenant la création de communautés sures et résilientes. Ce rapport est un argument en faveur de l’action et du progrès, pas du fatalisme et de la résignation.»

Chris Derksen souligne que la diffusion de l’information était essentielle.

«Nous avons l’information dont nous avons besoin. Nous savons avec quels futurs potentiels nous devons travailler. Il nous revient à tous d’utiliser cette information de la façon la plus collectivement constructive pour affronter ce qui sera un véritable défi», conclut le chercheur.

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