le Dimanche 29 mars 2026

TV5 Québec Canada amorce un virage et redessine son image : Unis TV devient TV5 Unis. Les contenus de la chaine, axés sur la francophonie canadienne, et ceux de TV5, tournés vers l’international, convergent désormais sur la plateforme gratuite TV5+.

Lors du lancement de la programmation, le 26 mars, à Montréal, le directeur principal des contenus de TV5, Jérôme Hellio, a mis de l’avant l’audace et la prise de risque de la chaine en matière de création, qui s’adresse à un public de 25-44 ans.

«Les contenus, on les veut moins consensuels, on les veut plus frontaux, plus papier sablé. On veut des séries qui font jaser, on veut des personnalités flamboyantes […] Dans le fond, on veut prendre des risques, et on va les assumer.»

Les francophones en situation minoritaire ne seront pas en reste.

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Première série en français sur la côte Ouest

Première série de fiction tournée en français en Colombie-Britannique, Surf Bay, côte Ouest plonge dans le combat d’une surfeuse professionnelle prête à tout pour sauver la forêt centenaire de son village natal, menacée par un projet touristique.

L’équipe de tournage a pu rencontrer la communauté francophone locale. Les 10 épisodes de 22 minutes seront diffusés sur le mardi à 20 h 30 dès le 28 avril; et mis intégralement en ligne sur TV5+ le 24 avril.

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Nadia Campbell et Vincent Poirier, de la formation Improtéine, repartent pour une deuxième saison d’Habitants du Nord, cette fois-ci en direction du Nunavut.

À l’automne, le réalisateur Simon D’Amours nous emmène au Yukon, avec Cuisiner le Nord, à la découverte d’une cuisine aussi vaste que son territoire.

En fin d’année, les Newbies – Christian Essiambre, Luc LeBlanc et André Roy – reviennent à l’antenne pour Le grand ménage des Fêtes, leur revue de l’actualité francophone canadienne.

«C’est intéressant que les francophones se reconnaissent. On parle de nous tout d’un coup. Et c’est la seule émission comme ça qui est capable de parler de choses qui se passent dans leur quotidien, dans leur région, et tout d’un coup, quand on parle de nous, on s’identifie, on se reconnait et on existe», a déclaré André Roy, présent lors de l’évènement de TV5 à Montréal.

Cuisiner le Nord met en valeur la cuisine et les produits du Yukon. 

Photo : Courtoisie TV5

La deuxième saison de FEM est déjà disponible sur la plateforme TV5+. 

Photo : Courtoisie TV5

Valérie Plante animera Ça brasse en ville

Photo : Courtoisie TV5

Identité, urbanité et soccer

Parmi les autres programmes phares de la chaine, on retrouve la saison 2 de la série FEM, qui suit le parcours de Zav, une jeune artiste trans, et ses premiers pas dans l’industrie musicale. Tous les épisodes sont déjà disponibles depuis le 27 mars sur TV5+.

Valérie Plante troque l’hôtel de ville pour les rues du monde : l’ex-mairesse de Montréal animera Ça brasse en ville, une série documentaire sur les quartiers urbains qui font battre leurs villes.

Dans Terrain de jeu, Raed Hammoud part jouer sur des terrains de soccer insolites aux quatre coins du monde : sur une ile paradisiaque des Maldives, au cœur de la ville de New York, dans les montagnes andines du Nord de l’Argentine, au bord des fjords de Norvège, dans les favélas de Rio de Janeiro et sur la côte amalfitaine en Italie.

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Même si l’examen de la Loi sur la laïcité de l’État – aussi appelé Loi 21 – touche d’abord le droit de religion, l’affaire concerne aussi d’autres enjeux du droit canadien en raison de l’utilisation de la disposition de dérogation (article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés).

Pendant quatre jours, la Cour suprême a entendu les arguments dans l’affaire opposant la Commission scolaire English-Montréal au Procureur général du Québec. Au cœur du débat : l’utilisation de la disposition de dérogation et son effet potentiel sur d’autres droits fondamentaux garantis par la Charte.

La disposition de dérogation permet aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux d’adopter des lois même si elles contreviennent à certaines dispositions de la Charte. Le Québec l’a utilisé à quelques reprises pour protéger la langue française.

Le Commissariat aux langues officielles (CLO), la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), la Commission nationale des parents francophones (CNPF) et l’Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO), ont plaidé en soutien à la Commission scolaire English-Montréal, l’un des principaux appelants.

En l’occurrence, les opposants à la Loi 21 allèguent qu’elle porte atteinte au droit de gestion et de contrôle des anglophones du Québec sur leur éducation et leurs commissions scolaires.

Si ce droit peut être restreint de la sorte, la minorité linguistique francophone du Canada pourrait également être affectée par l’utilisation de la clause de dérogation.

Effet sur les minorités

L’ACÉPO, le CLO, la CNPF et la SANB ont soutenu que la Loi empiète sur des domaines fondamentaux de compétence exclusive des commissions scolaires.

Selon eux, cette loi est incompatible avec les préoccupations culturelles de la communauté anglophone et nuit à leur capacité de promouvoir le développement communautaire.

Ainsi, la Commission scolaire English-Montréal a «imploré» les juges de la Cour suprême de «préserver l’autonomie culturelle [via] l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, dont les minorités francophones hors Québec bénéficient», a fait savoir l’avocate Perri Ravon.

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Une protection de plus

Lundi, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), qui se positionne contre la Loi 21, a affirmé devant les juges que l’utilisation de la disposition de dérogation devait être limitée, au cas où un «mini Trump» accédait au gouvernement.

Interrogée par le juge en chef de la Cour suprême, Richard Wagner, sur cette éventualité, l’avocate du gouvernement québécois, Isabelle Brunet, a affirmé qu’il fallait «avoir confiance en notre démocratie» et que l’électorat devait trancher, à égalité avec les juges.

Me Léon H. Moubayed, qui défend l’une des appelantes à qui la Loi 21 interdit de porter le voile dans l’exercice de ses fonctions au Québec, a de son côté avancé que «la protection des minorités est un principe constitutionnel».

Pour sa part, l’avocat de la FAE, Me Frédéric Bérard, a demandé aux juges d’évaluer si la laïcité était «un besoin réel et urgent».

Examiner les effets sous l’angle de la culture, pas seulement la langue

La Charte, dans son article 23, affirme le droit à l’éducation dans la langue de la minorité et le droit des communautés à la gestion de ses écoles. La portée de ce droit a été renforcée par la refonte de la Loi sur les langues officielles, en 2023, qui oblige le gouvernement fédéral à estimer le nombre d’enfants admissibles à l’éducation dans la langue de la minorité.

Selon des intervenants dans cette cause, cet article vise à protéger non seulement la langue, mais aussi la culture des minorités linguistiques officielles au Canada afin de prévenir leur assimilation et de garantir l’égalité réelle.

Dans son mémoire, le CLO a notamment critiqué l’interprétation restrictive de la Cour d’appel du Québec, qui protège la culture uniquement «par le vecteur de la langue elle-même».

Selon le CLO, l’ACÉPO et la SANB, cette interprétation est incompatible avec l’objet de l’article 23 de la Charte.

Pour eux, c’est la minorité elle-même – notamment les francophones hors Québec – qui doit définir ce qui caractérise sa culture. Ses représentants sont les seuls qui peuvent déterminer si une loi peut avoir un impact négatif sur leur culture et de leur identité.  

Rôle de l’immigration francophone

En outre, l’avocate de la CNPF, Julie Mouris, a affirmé aux juges de la Cour suprême, jeudi, que l’immigration francophone hors Québec devait être prise en compte dans l’affaire, notamment parce qu’elle «pèse différemment en 2026 qu’en 1982».

«Sans un regard vers l’avenir et la réalité sociale au sein des minorités francophones, l’accroissement démocratique de la minorité linguistique francophone serait menacé.»

Interrogée sur le lien entre le développement des communautés francophones à l’extérieur du Québec et la religion, Me Mouris a réaffirmé que la culture doit être définie par la minorité linguistique : «Est-ce que ça pourrait contenir des éléments religieux dans une optique culturelle? Potentiellement. Selon nous, ce concept de la culture devrait être assez souple pour comprendre des éléments mis de l’avant par la minorité.»

FRANCOPHONIE

Du 23 au 26 mars, les juges de la Cour suprême ont entendu les arguments de plus de 60 intervenants dans l’examen de la Loi sur la laïcité de l’État, adoptée par le Québec en 2019.

Cette loi – également appelé Loi 21 – interdit le port de signes religieux à certains fonctionnaires en position d’autorité, comme les enseignants, les policiers ou les juges.

Ces audiences étaient très attendues, car la Loi est hautement controversée. Certains l’accusent notamment de cibler de manière disproportionnée les femmes musulmanes portant le hijab, limitant leur accès à l’emploi et leur liberté de religion.

Plus à propos de la clause : La plupart des plaidoiries se sont davantage concentrées sur la disposition de dérogation – aussi connue comme la «clause dérogatoire» ou la «clause nonobstant» – que sur la question de laïcité en elle-même.

Prévue par l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés, cette disposition permet aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux d’adopter des lois qui s’appliquent même si elles contreviennent à certains droits de la Charte.

Le gouvernement du Québec l’a utilisée à titre préventif pour se prémunir contre des recours juridiques, notamment ceux qui invoquent une atteinte à la liberté de la personne.

Côté francophone : Plusieurs intervenants, dont le Commissariat aux langues officielles et la Commission nationale des parents francophones, ont appelé la Cour suprême a examiner l’affaire sous l’angle de l’article 23 de la Charte canadienne, qui permet la gestion et le contrôle de l’éducation aux deux minorités linguistiques du pays.

À lire aussi : Loi sur la laïcité devant la Cour suprême : des propos «scandaleux» sur les francophones

Les critiques se sont accumulées au cours de la semaine envers le président-directeur général d’Air Canada, Michael Rousseau. C

Capture d’écran – Facebook Air Canada

L’incapacité du président-directeur général d’Air Canada, Michael Rousseau, de parler français a encore fait les manchettes.

L’accident : Tard dimanche, un avion d’Air Canada Jazz est entré en collision avec un camion lors de son atterrissage à l’aéroport LaGuardia de New York. Le pilote et le copilote sont décédés, plusieurs passagers ont été blessés.

Lundi, Air Canada a publié une vidéo de son PDG afin de présenter ses condoléances aux familles et de faire le point sur la situation. La colère est rapidement montée dans les commentaires sur les réseaux sociaux en raison de l’absence de français – à l’exception de «bonjour» et «merci» – dans le message de près de 4 minutes. Le pilote était québécois. La vidéo est sous-titrée dans les deux langues officielles.

Pas la première : Rappelons que Michael Rousseau avait fait l’objet de plus de 2000 plaintes au Commissariat aux langues officielles en 2021 pour avoir prononcé un discours uniquement en anglais à Montréal. Il s’était engagé, devant un comité parlementaire, à apprendre le français.

Mardi, le Comité permanent des langues officielles a décidé d’inviter Michael Rousseau à s’expliquer au plus tard le 1er mai.

Appel à démission : Devant cette nouvelle bourde de communication, les appels à la démission de Michael Rousseau se sont multipliés, surtout au Québec.

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, n’est pas allé jusqu’à demander son départ, mais s’est dit «tellement déçu» de la vidéo, qui montrait un «manque de jugement et de compassion».

Dans un communiqué envoyé jeudi matin, Michael Rousseau a offert cette explication : «Malgré un grand nombre de leçons au fil des années, je demeure incapable de m’exprimer adéquatement en français. Je m’en excuse sincèrement et tiens à préciser que je poursuis mes efforts pour m’améliorer.»

À lire aussi : Affaire du PDG d’Air Canada, «le perpétuel recommencement»

En 2024, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé une réduction du nombre de nouveaux permis d’études délivrés aux étudiants étrangers. Mais selon un rapport déposé lundi au Parlement par la vérificatrice générale, Karen Hogan, le nombre d’étudiants étrangers a diminué davantage que prévu.

Attentes trop élevées : IRCC a lancé en 2024 le Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire. Lors de sa première année, 780 demandes ont été reçues, un chiffre inférieur aux prévisions initiales de 2300.

Le rapport indique aussi que la proportion d’étudiants issus de pays d’Afrique francophone est passée de 9,2 % en 2023 à 13,6 % en 2024, avant de redescendre à 8,7 % en septembre 2025.

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CANADA

Le Canada a atteint pour la première fois depuis la fin des années 1980 l’objectif de consacrer 2 % de son PIB à la défense; fixé par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Le premier ministre Mark Carney s’en est félicité à Halifax jeudi, tout en affirmant que ce seuil ne sera pas une limite et que les investissements militaires continueront d’augmenter.

Son gouvernement a notamment accéléré les dépenses en ajoutant 9,3 milliards de dollars au budget de la défense, portant le total à plus de 61 milliards.

Trois autres milliards ont été annoncés pour moderniser les infrastructures militaires dans le Canada atlantique (base d’Halifax, drones, installations, logements militaires, etc.).

Plus dans les prochaines années : Le Canada reste parmi les pays qui dépensent le moins pour leur défense. La hausse observée ces derniers mois répond à des pressions d’alliés, notamment les États-Unis, et à un contexte international tendu, avec la guerre en Iran, au Liban et en Palestine, dont les frappes sont menées par Israël et les États-Unis.

De fait, de nouveaux objectifs plus ambitieux émergent : les pays de l’OTAN visent désormais jusqu’à 5 % du PIB.

En conférence de presse lundi, le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree a rappelé que le Programme d’indemnisation pour les armes à feu de style arme d’assaut (PIAFSAA) arrive à la fin de sa phase volontaire au 31 mars, avec plus de 26 000 participants et 51 000 armes déclarées.

Après le 31 octobre, la conformité sera obligatoire. Le ministre a précisé que les forces policières devront appliquer, à terme, la loi.

La secrétaire parlementaire pour la Nature et rescapée de la tuerie de Polytechnique en 1989, Nathalie Provost, a de son côté affirmé que seules les armes de style assaut sont visées et a dénoncé que des municipalités du Québec sont exposées à de la «désinformation», laissant croire que le programme vise les armes de chasse, ce qui les pousse à hésiter, à se retirer et même à refuser de le soutenir.

Le gouvernement encourage l’inscription, rappelant que la majorité des armes de chasse et de sport demeure permise.

Le gouvernement tente d’augmenter la protection du système électoral canadien en interdisant, entre autres, les hypertrucages visant les personnalités politiques et l’ingérence étrangère, tout en protégeant les renseignements personnels.

Plus de «brownies» : Inspiré par un récent scandale au Québec, le fédéral interdit formellement «l’offre ou l’acceptation de pots-de-vin dans l’intention d’influencer un vote» lorsqu’un parti politique élit un nouveau chef.

Plus de bulletins longs : Pour qu’il n’y ait plus de bulletin de vote de plusieurs mètres de long, les électeurs pourront seulement signer un seul acte de candidature et chaque candidat devra avoir un agent officiel distinct.

Amende salée : Les sanctions administratives pécuniaires pour non-respect de la loi passeront de 1500 $ à 25 000 $ pour les particuliers et de 5000 $ à 100 000 $ pour les organismes.

INTERNATIONAL

Jeudi, Elizabeth May, cheffe du Parti vert, et Jenny Kwan, députée du Nouveau Parti démocratique, ont tenu une conférence de presse en soutien au Bateau canadien pour Gaza, qui embarquera au printemps prochain afin tenter de briser le blocus imposé par Israël à la Palestine et d’acheminer de l’aide humanitaire à Gaza.

Mission : Global Sumud Canada et Bateau canadien pour Gaza participeront à une mission internationale via la flottille d’une centaine de bateaux originaires de près de 100 pays réunissant 1000 soignants et des participants de plus de 100 pays.

Un groupe canadien participera à une mission d’une centaine de pays pour briser le blocus d’Israël sur Gaza.

Capture d'écran CPAC

L’ONU a adopté mercredi une résolution non contraignante reconnaissant la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité.

Le Canada s’est abstenu, comme plusieurs pays européens. L’Argentine, les États-Unis et Israël ont voté contre, invoquant notamment un risque de hiérarchiser les tragédies historiques, tandis que le texte – porté par le Ghana et soutenus par 123 autres pays – appelle à des excuses, des réparations et des mesures de lutte contre le racisme.

Dans son mémoire déposé à la Cour suprême dans le cadre la contestation de la Loi sur la laïcité de l’État du Québec, connue comme la « Loi 21 », l’avocat de Quebec Community Groups Network (QCGN), Julius Grey, a provoqué le courroux du juge en chef de la Cour suprême, Richard Wagner.

Julius Grey a affirmé que la loi 21 imposerait une «uniformité [qui] réduirait significativement la liberté de choix individuelle et désavantagerait de manière disproportionnée les membres anglophones des groupes minoritaires».

En d’autres termes, il sous-entend que la minorité anglophone serait plus diversifiée que la minorité francophone.

Pas le «monopole de la diversité»

«Vous avez fait valoir dans votre mémoire que, pour l’essentiel, la minorité anglophone du Québec est beaucoup plus diversifiée, est extrêmement diversifiée – ce sont les termes que vous utilisez –, plus que la communauté francophone [en situation minoritaire, NDLR]. Je ne suis pas d’accord avec ça. Je trouve ces commentaires presque scandaleux», s’est insurgé Richard Wagner.

Le juge a fait valoir que les enfants qui allaient à l’école francophone à Montréal étaient tout autant issus de la diversité, religieuse et ethnique.

Je ne pense pas que la communauté anglophone au Québec ait le monopole de la diversité.

— Richard Wagner, juge en chef de la Cour suprême du Canada

L’avocat Julius Grey s’est corrigé, affirmant que la législation du Québec – qui définit la culture dans la Charte de la langue française – a un impact négatif sur la communauté anglophone au Québec, non en raison de la «particulière diversité de l’anglais, mais parce que c’est une tradition culturelle différente».

Les provinces pour la clause

L’avocat de QCGN s’exprimait pendant le troisième jour des audiences sur la Loi sur la laïcité de l’État. 

Cette loi québécoise, également appelée «Loi 21», a été adoptée par le Québec en 2019 et interdit à certains employés de l’État exerçant une autorité de porter des signes religieux.

Le gouvernement du Québec a invoqué la clause dérogatoire afin de limiter les contestations judiciaires fondées sur les droits inscrits dans la Charte canadienne des droits et libertés. Cela signifie que, même si la loi 21 était jugée contraire à certaines libertés canadiennes, elle peut continuer de s’appliquer. Une révision législative devra être faite dans cinq ans.

Ce recours à la clause est controversé, car il soulève un débat entre la souveraineté parlementaire et la protection des droits et libertés individuels au Canada.

L’une des plaidoiries attendue ce mercredi était celui du Procureur général du Canada, Guy J.Pratte, qui a davantage abordé l’interprétation de l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés sur la clause dérogatoire, plutôt que sur la question de la laïcité de l’État.

Les procureurs des provinces de l’Ontario, du Manitoba, de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et de l’Alberta ont tous plaidé en faveur de laisser l’utilisation de la clause dérogatoire à la discrétion des provinces. La Charte elle-même met cet outil à leur disposition, a affirmé l’un d’eux.

La Colombie-Britannique s’est démarquée des quatre autres provinces en affirmant que l’invocation de la dérogation n’empêche pas la Cour [suprême] de donner son avis sur une loi.

«La compréhension du public est un facteur important. Ce sont des considérations particulières, uniques. L’exercice d’un « pouvoir discrétionnaire [de la Cour suprême] est préférable à la rigidité, à l’absolue et inflexible règle posée par les procureurs généraux du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta et de la Saskatchewan, qui ne laisse aucun champ pour les tribunaux de dire ce qu’est la loi», a fait savoir Trevor Bant, le procureur général de la Colombie-Britannique.

Pour le créateur de AppelezMoiPhil, Phil Rivière, cette mission est profondément personnelle. Ayant grandi sans voir sa propre réalité reflétée en ligne, il a choisi d’occuper cet espace pour les générations suivantes : «J’essaie de donner aux francos du Canada cette représentation que j’aurais tant voulu avoir en étant plus jeune.»

Phil Rivière publie des vidéos sur YouTube depuis l’âge de 10 ans. Il n’a jamais réfléchi à sa langue jusqu’à ce qu’il quitte le Québec à 10 ans. À son arrivée en Ontario, il ne parlait pas du tout anglais. 

Photo : Créaphil

Comme lui, plusieurs créateurs et créatrices ont émergé avec la volonté de combler un manque. C’est le cas du cofondateur du balado Les Francos oublié•e•s, Ahdithya Visweswaran, qui l’a lancé pendant la pandémie avec son ancienne coanimatrice, Janie Moyen. 

Installé à l’époque en Alberta, il raconte qu’il cherchait simplement des occasions de pratiquer le français. Ce projet s’est rapidement transformé en plateforme de discussion pour des voix souvent marginalisées.

De son côté, la créatrice de janelleacadie, Janelle Poirier, souhaite normaliser les accents acadiens sur TikTok : «Je veux qu’ils [les Acadiens] sentent que c’est correct de parler de la façon dont ils parlent.»

Une démarche similaire anime l’instavidéaste Alison, qui utilise la plateforme Twitch sous le pseudonyme alisonator pour faire découvrir le chiac et la culture de sa région.

À lire aussi : L’accent parfait n’existe pas en francophonie

Ahdithya Visweswaran a initialement fait le balado Les Francos oublié•e•s pour participer au concours «Fais ton balado» de Radio-Canada OHdio. 

Photo : Naomi Caufield

Lumière sur les voix minoritaires

Phil Rivière estime que les créateurs et créatrices francophones en milieu minoritaire ont une responsabilité de produire du contenu qui reflète leur vécu. À ses yeux, il s’agit presque d’un devoir.

Ahdithya Visweswaran, lui, souhaitait aller encore plus loin en mettant en lumière «la minorité au sein de la minorité». Son balado aborde notamment les réalités des personnes racisées, immigrantes et issues de la diversité sexuelle dans la francophonie.

Janelle Poirier s’inspire quant à elle de son quotidien, notamment son travail en tant qu’enseignante de français langue seconde. Les différences linguistiques qu’elle observe deviennent souvent le point de départ de ses vidéos.

@janelleacadie Mes pensées d’un random jeudi après-midi #acadie #chiac #français #France #québec ♬ Slow and comical BGM(1083863) - Blanket

Alison, pour sa part, trouve dans la diffusion en continu en direct une manière de créer un espace où la langue française devient un vecteur d’échange et de découverte, en combinant jeux vidéos et discussions.

Janelle Poirier souhaite être perçue comme l’amie de tout le monde, pour que ses abonnés et abonnées se sentent à l’aise de discuter d’accents et d’expressions. 

Photo : Courtoisie

Une francophonie plurielle loin des stéréotypes

Ces créateurs de contenu s’accordent sur un point : la francophonie canadienne ne peut être réduite à une image unique.

Janelle Poirier souligne que les accents minoritaires sont rarement présents dans les médias traditionnels, dominés par le français standard ou québécois.

Beaucoup ignorent encore l’existence de communautés francophones dynamiques à l’extérieur du Québec, remarque de son côté Alison.

Phil Rivière illustre bien cette complexité identitaire. «Québécois de sang, mais Franco-Ontarien par ma culture», dit-il pour résumer son parcours.

L’intervenant parle même d’une «épidémie» d’insécurité linguistique. Selon lui, il faut transformer ce phénomène en fierté, voire en «euphorie linguistique», notamment grâce à la création artistique.

À lire aussi : Le français et l’insécurité linguistique selon Pierre Calvé

Janelle Poirier observe que cette insécurité pousse plusieurs Acadiens et Acadiennes à privilégier l’anglais, par crainte de ne pas parler un «bon français». Elle insiste pourtant sur l’importance de valoriser toutes les formes de la langue.

Alison partage cette vision en défendant le chiac, un dialecte qui suscite parfois des réactions négatives, comme «ah, ce n’est pas du vrai français, tu parles mal», ou «tu mixes bien trop d’anglais avec ça». Dans ses vidéos, elle souligne la richesse culturelle et historique du chiac, tout en expliquant ses particularités linguistiques.

Même constat chez Ahdithya Visweswaran, qui rappelle que le fait d’avoir appris le français comme troisième ou quatrième langue ne diminue en rien sa légitimité.

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Un exemple du chiac d’Alison

Alison a remarqué que la prononciation du «r» varie en fonction du contexte chez les Acadiens et les Acadiennes du sud-est du Nouveau-Brunswick.

Quand le «r» se trouve devant une voyelle, il est souvent plus roulé, comme dans «trampoline».

Le «r» est plus doux ou moins prononcé quand il se trouve devant une consonne, comme dans «porte» ou «mardi».

@alisonator

Tout le monde a un accent. Le tien vient d'où?

♬ original sound - alisonator

«Parler français en milieu minoritaire, c’est une résistance en soi»

«Internet est très anglonormatif», note Ahdithya Visweswaran.

Janelle Poirier reconnait qu’il peut être tentant d’utiliser l’anglais pour suivre les tendances ou augmenter sa visibilité en ligne. Pourtant, elle indique que plusieurs créateurs et créatrices comme elle choisissent de privilégier leur langue.

Phil Rivière admet avoir volontairement renoncé à une audience plus large pour rester fidèle à son identité linguistique.

Parler français en milieu minoritaire, c’est une résistance en soi

— Phil Rivière

Ce dernier ajoute que créer en français le comble, car il se sent chez lui. «J’ai déjà tenté de créer en anglais plus jeune, mais sans succès. Je ne me sentais pas moi-même et je ne ressentais pas la même satisfaction.»

Pour Alison, le choix du français est évident : son contenu étant centré sur l’accent acadien, passer à l’anglais n’aurait tout simplement pas de sens. Elle y voit aussi une manière d’honorer les luttes historiques pour les droits linguistiques.

Elle insiste aussi sur l’urgence de faire rayonner la culture acadienne. Il ne faut pas éteindre cette communauté déjà minoritaire, au contraire, il faut la faire fleurir et la faire connaitre davantage à travers le monde.

Phil Rivière travaille actuellement sur une série documentaire intitulée Donner sa langue au chat, qui explorera les réalités franco-canadiennes.

Un écho au-delà des frontières

Le Franco-Ontarien raconte qu’il reçoit régulièrement des messages de personnes qui se sentent enfin représentées.

Pour sa part, l’ampleur de la portée de son balado a surpris Ahdithya Visweswaran, qui a suscité des réactions jusqu’en Europe et en Afrique.

Alison reçoit même des messages de France, où des internautes découvrent avec intérêt les particularités de la culture acadienne.

Janelle Poirier remarque de son côté une évolution positive : les commentaires négatifs sur les accents semblent diminuer depuis quelques années, signe d’une plus grande sensibilisation.

Une grande rencontre 

Les Jeux d’hiver de l’Arctique existent depuis 1970 et rassemblent de jeunes athlètes âgés de 12 à 19 ans. 

Les équipes viennent de différentes régions du Nord : le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut, le Nunavik, le nord de l’Alberta, mais aussi l’Alaska, le Groenland et même la région du Sápmi, dans le nord de l’Europe. Cette année, 8 délégations pour un total d’environ 2000 jeunes y participaient! 

Les athlètes qui montent sur le podium reçoivent des ulus d’or, d’argent ou de bronze. Ces médailles tirent leur nom et leur forme d’un couteau traditionnel inuit.

Voici à quoi ressemble un ulu. 

Photo : lisarisager.dk – CC BY-SA 4.0

Mais ces Jeux ne sont pas seulement une compétition. Ils mettent aussi en valeur les cultures et les traditions du Nord, surtout celles des peuples autochtones. 

«Même si nous venons de territoires ou de pays différents, on partage beaucoup de choses», explique un athlète du Nunavut au journal Le Nunavoix.

Des défis venus du Nord

Aux Jeux, on retrouve des sports connus comme le hockey, la gymnastique, le ski alpin ou le basketball.

Mais on découvre aussi des sports traditionnels de l’Arctique, inspirés de la vie dans le Nord.

Photo : Nelly Guidici – Médias Ténois

C’est le cas, par exemple, du head pull, ou «le tiré de la tête». Dans ce jeu traditionnel inuit, deux athlètes s’allongent face à face avec une ceinture placée autour de leur tête. Ensuite, ils essaient de tirer leur adversaire vers eux. Le gagnant est celui qui réussit à faire avancer son adversaire au-delà d’une ligne tracée au sol ou à lui faire lâcher la ceinture.

Lorsqu’il a été inventé, ce jeu avait pour but de développer la force et la résistance à la douleur. On dit aussi qu’il ressemble à un combat entre deux morses qui se poussent et se tirent avec leurs défenses!

Photo : Thorsten Gohl – Jeux d’hiver de l’Arctique 2026

Et voici le stick pull, un jeu traditionnel déné. Deux participants tiennent un petit bâton recouvert de graisse et doivent essayer de l’arracher des mains de leur adversaire. Ce jeu s’inspire de la pêche sur glace : le bâton glissant rappelle la difficulté d’attraper un poisson par la queue.

Les Jeux d’hiver de l’Arctique se tenaient du 8 au 15 mars. Au classement final, l’Alaska a terminé en tête, suivi du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest.

Et toi, si tu participais aux Jeux de l’Arctique, ce serait dans quel sport?

Sources : Le Nunavoix, Médias Ténois, l’Aurore boréale

Du hockey féminin qui rassemble… en français!

Premier arrêt : les patinoires du Canada! Savais-tu que le hockey féminin est de plus en plus populaire? Oui oui! Et ça se voit même dans les communautés francophones du pays. Du Yukon au Nouveau-Brunswick, de plus en plus de filles francophones chaussent leurs patins!

«Quand j’ai commencé à jouer, je ne parlais pas vraiment en anglais. J’étais l’une des seules francophones de mon équipe», explique Orlina A. Ménard, une Franco-Yukonnaise de 21 ans. Elle ajoute : «Aujourd’hui, on entend de plus en plus de français pendant les matchs. Ça ajoute de la positivité».

Chantal Young est la directrice générale de Sports en français, un organisme qui améliore l’accès à l’activité physique en français au Manitoba. 

Elle observe aussi des changements dans les communautés francophones. «Aujourd’hui, il y a beaucoup plus d’opportunités pour les filles», explique-t-elle. Elle constate aussi qu’il y a de plus en plus de jeunes qui s’identifient aux joueuses et qui vivent leur passion dans leur langue!

Source : Camille Langlade – Francopresse

Ici Radio Renards! 

Photo : Élodie Roy – Médias Ténois

Direction les Territoires du Nord-Ouest, à l’école Allain St-Cyr. Là-bas, des élèves ont lancé un tout nouveau projet : Radio Renards. 

Ce club de radio permet aux jeunes de créer leur propre émission en français. «Tous les jeunes francophones et francophiles sont les bienvenus», explique Solange, une participante, au journal Médias Tenois

Au sein de Radio Renards, chacun a un rôle : animation, technique, entrevues… et tout se fait en français! Certains prennent part au projet pour améliorer leur façon de parler, d’autres leur écriture. 

La première émission parlait de jeux vidéo et de musique francophone. «C’était notre première fois, mais on était vraiment bons!», a affirmé un des animateurs. Et ce n’est que le début : ils rêvent déjà d’inviter des astronautes ou des athlètes!

Source : Élodie Roy – Médias Ténois

3, 2, 1…. Improvisez!  

Photo : Courtoisie

Dernier arrêt : l’Ontario, où l’artiste Chloé Thériault se rendait dans les classes pour donner des formations d’improvisation, aussi appelé «impro»! Partout au Canada, cette pratique permet aux jeunes de s’exprimer en français.

«Redonner vie à la culture de l’impro dans les salles de classe, c’est important», souligne-t-elle. Même si beaucoup de jeunes n’ont jamais joué, l’activité leur apprend à parler français et à enrichir leur vocabulaire. «Quand on joue un match, il y a une pénalité pour les anglicismes. Les élèves doivent trouver leurs idées… mais uniquement en français», précise Chloé.

Source : Camille Langlade – Francopresse

Et toi, si tu pouvais créer ton propre club en français, ce serait quoi? 

Organisée par la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) dans le cadre du Sommet pancanadien sur l’éducation artistique, la table ronde «La francophonie plurielle comme lieu d’appartenance culturel» a fait salle comble à l’auditorium du Musée des beaux-arts d’Ottawa, le 13 mars dernier.

L’objectif de cette rencontre était de rassembler les réflexions sur l’apport des arts au sentiment d’appartenance. Ce dialogue, aux yeux de l’animatrice Noémie Dansereau-Lavoie, doit permettre d’explorer comment les arts peuvent renforcer l’identité culturelle dans les communautés francophones en situation minoritaire.

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Tristan Claveau, élève en 12e année et président de Franco-Jeunes à Terre-Neuve-et-Labrador, a partagé sa passion pour la musique et l’accordéon. 

Photo : Lê Hai Huong Vu – Francopresse

L’art comme vecteur d’identité

Selon le président de Franco-Jeunes de Terre-Neuve et du Labrador, Tristan Claveau, n’importe quelle personne peut devenir un passeur culturel en s’impliquant dans sa communauté et en partageant sa vision de la francophonie.

Pour l’artiste et entrepreneure fransaskoise Alexis Normand, un passeur culturel agit comme un pont entre une œuvre artistique et une communauté. Ce rôle consiste à donner du sens à une œuvre pour les personnes qui la découvrent.

Le slameur et poète Yannick Mbuluku, alias Kimya, raconte que sa rencontre avec l’animateur et membre du groupe Improtéine, Martin Laporte, lors d’un camp de leadeurship a profondément influencé sa trajectoire.

Yannick Mbuluku, alias le slameur et rapeur Kimya, est originaire de Kinshasa, en République Démocratique du Congo, et vit à Ottawa. Il y poursuit ses activités artistiques et occupe un poste d’animateur culturel au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario. 

Photo : Lê Hai Huong Vu – Francopresse

«Si Martin Laporte n’avait pas été là, peut-être que je ne serais pas ici aujourd’hui. […] Le rôle de passeur culturel, c’est quelqu’un qui fait le pont entre une œuvre et communauté, ou son expérience et une autre personne.»

Le représentant de la jeunesse du Manitoba pour l’Association canadienne d’éducation de langue française (ACELF), Raphael Raharijaona, a également affirmé que l’art et la culture jouent un rôle fondamental dans la construction d’une fraternité entre les communautés francophones du pays. Son propre sentiment d’appartenance ne s’est pas construit principalement à travers les matières scolaires traditionnelles, mais plutôt par le biais d’expériences artistiques.

«L’art, c’est comme un véhicule pour l’affirmation d’identité, et le fait de pouvoir partager son histoire ou d’être une personne culturelle nous permettent de nous comprendre les uns les autres», a constaté Alexis Normand. Selon elle, les œuvres artistiques permettent également de créer des liens d’empathie entre les individus.

Alison Palmer, artiste, pédagogue et coach de vie à Saint-Pierre-Jolys, Manitoba, propose aux jeunes francophones de découvrir l’expression artistique depuis 2020. 

Photo : Lê Hai Huong Vu – Francopresse

Des expériences concrètes pour les jeunes

La coach de vie, enseignante et artiste Alison Palmer a pour sa part évoqué le Festival théâtre jeunesse du Manitoba, qui rassemble environ 800 jeunes chaque année. D’après elle, ces activités permettent aux participants de vivre des expériences en français en dehors du cadre de la classe.

La conférencière a ajouté que les souvenirs créés lors de ces évènements contribuent à forger des amitiés durables entre les jeunes francophones.

Alexis Normand a ensuite raconté une anecdote sur un élève qui avait assisté à l’un de ses spectacles et qui était resté seul vers la fin : «Il tremblait, puis il m’a dit : “Moi, ma famille, on est d’origine rwandaise. Et aujourd’hui, enfin, j’ai compris que je peux être franco-manitobain.”» Selon la l’artiste, cette expérience illustre bien la nature plurielle de la francophonie actuelle.

La représentante de la jeunesse de l’Ontario, Éliane Hamed, a également mentionné l’importance des nouveaux médias dans l’expression des jeunes. D’après elle, les balados et les projets numériques offrent aux élèves de nouvelles façons de partager leurs idées.

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Raphael Raharijaona, né en France, a grandi au Manitoba avant d’étudier la science politique à Ottawa. Son parcours lui a permis d’observer différentes réalités de la francophonie canadienne. 

Photo : Lê Hai Huong Vu – Francopresse

Le financement des arts en question

«Quand ça vient aux questions budgétaires, l’art et la culture francophone sont les premières choses à être coupés», a affirmé Yannick Mbuluku. Selon lui, ces domaines sont pourtant essentiels pour motiver les jeunes à rester engagés dans leur parcours scolaire.

Raphael Raharijaona ajoute que l’accès à la culture constitue également un enjeu de rétention scolaire. D’après lui, ce problème demeure particulièrement visible dans les régions rurales et isolées.

«Nous reconnaissons que des cours d’arts figurent déjà dans les curriculums à travers le pays. Toutefois, leur accessibilité et leur qualité varient considérablement d’une région à l’autre et un écart important persiste entre ce qui est prévu sur les curriculums et ce qui se passe réellement dans les écoles», a observé la présidente de la FCCF, Nancy Juneau, par écrit à Francopresse après la table ronde.

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L’artiste, autrice-compositrice-interprète et cinéaste originaire de Saskatoon, Alexis Normand, a suivi une formation en éducation et travaille régulièrement dans les écoles pour sensibiliser les jeunes à la musique et à la création artistique. 

Photo : Lê Hai Huong Vu – Francopresse

Tristan Claveau a comparé la situation des activités artistiques à celle des sports : «C’est super simple qu’une compagnie voie une équipe de sportifs et donne de l’argent. Quand c’est des activités artistiques, culturelles, il faut creuser beaucoup plus pour trouver de l’argent […] surtout [pour] des instruments.»

Présente à l’évènement, l’administratrice au sein de l’Alliance culturelle de l’Ontario, Anik Bouvrette, a appelé à un dialogue plus honnête entre les gouvernements et les artistes. Les jeunes devraient se trouver, selon elle, au cœur des décisions en matière de politiques culturelles et éducatives. «Les jeunes au centre. Nous, les adultes, quand on prend les décisions, [il faut] qu’on se mette dans la peau des jeunes.»

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Les arts comme un mégaphone pour les francophones

«Pour moi, l’obstacle le plus grand ou le défi le plus grand, ce n’est pas l’anglais, c’est le silence», a exprimé Alexis Normand. Elle est d’avis que les arts permettent précisément de briser ce silence et d’encourager l’expression.

Éliane Hamed a ajouté que la pratique des arts lui a permis de développer une plus grande confiance en elle. Elle a expliqué que l’expérience de participer à cette table ronde lui avait donné le sentiment d’être réellement écoutée.

Et les prochaines étapes?

À la suite des échanges au Sommet pancanadien sur l’éducation artistique, la présidente de la FCCF, Nancy Juneau, a indiqué que son organisme souhaite structurer des actions autour de quatre idées.

FRANCOPHONIE

Des ambassades et consulats du Canada publient du contenu uniquement en anglais sur Instagram, malgré un rappel du Commissariat aux langues officielles, a rapporté le quotidien Le Devoir cette semaine. Plusieurs plaintes ont été déposées contre Affaires mondiales Canada, accusé de ne pas respecter ses obligations bilingues.

Bien que le ministère ait reconnu le problème en 2023 et promis des correctifs, des vérifications menées en 2025 puis en 2026 montrent que les lacunes persistent : des publications ne sont toujours pas traduites et le contenu demeure majoritairement en anglais.

Dans un sommaire de rapport d’enquête, le Commissariat exige des formations et de meilleurs outils pour assurer le respect du français et de l’anglais sur les réseaux sociaux.

CANADA

Le gouvernement fédéral a décidé mercredi de demander à la Cour suprême de se prononcer sur les décisions concernant l’utilisation de la Loi sur les mesures d’urgence pour mettre fin aux manifestations du convoi de la liberté en 2022.

Recours à la Loi jugé infondé : La Cour fédérale avait conclu en janvier 2026 que les conditions justifiant le recours à cette loi n’étaient pas réunies, estimant qu’il n’y avait pas de menace réelle à la sécurité nationale ni d’état d’urgence. De plus, certaines mesures prises portaient atteinte aux droits protégés par la Charte canadienne des droits et libertés.

Deux cours ont déjà jugé que l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence par le gouvernement fédéral était illégale, mais Ottawa demande tout de même au plus haut tribunal du pays de conclure autrement. Si la Cour suprême du Canada décide d’entendre cette affaire, nous défendrons fièrement notre victoire historique pour l’État de droit et les libertés civiles.

— Howard Sapers, directeur de l’Association canadienne des libertés civiles

Pierre Poilievre a dévoilé son plan pour l’industrie automobile canadienne dimanche, à Windsor, en Ontario. Il désire éliminer les droits de douane imposés par les États-Unis et propose que pour chaque véhicule produit au Canada, le constructeur puisse en vendre un autre au pays sans tarif s’il est fabriqué aux États-Unis ou au Mexique.

Le chef conservateur souhaite aussi harmoniser les normes environnementales et les politiques commerciales avec celles des États-Unis afin de faciliter les échanges et améliorer le pouvoir de négociation du Canada.

2 millions de véhicules par an : Le plan inclut également des mesures pour stimuler la production nationale à deux millions de véhicules par an, ainsi que des incitatifs comme l’abolition de la Taxe sur les produits et services (TPS) sur les voitures fabriquées au Canada. En échange, il propose de mettre fin aux subventions pour les véhicules électriques et de restreindre certains produits liés à la Chine ou à la Russie.

Énergie : La veille, le chef de l’opposition officielle a commencé sa visite aux États-Unis à Détroit pour faire valoir le potentiel énergétique du Canada et plaider pour la fin des tarifs.

Il a affirmé avoir écrit au premier ministre Mark Carney pour que le Canada se dote d’une réserve canadienne pour l’énergie et les minéraux critiques.

Participation controversée : Jeudi, Pierre Poilievre a également participé au balado du controversé Joe Rogan, The Joe Rogan Experience, connu pour ses liens avec la manosphère et ouvrir son micro à des promoteurs de théories du complot ou de théories non fondées.

Il reçoit également des scientifiques et des politiciens de tous les partis. L’entourage de Pierre Poilievre a fait valoir la participation à ce balado comme une façon de toucher un large auditoire plutôt qu’un soutien direct à l’hôte du podcast.

Marc Miller a affirmé que la Loi sur le droit d’auteur protégeait toujours les contenus contre l’IA, mais qu’un débat devait être ouvert sur la question. 

Courtoisie PCH

Le Centre d’étude des médias a démontré dans un rapport (en anglais) que les outils d’intelligence artificielle (IA) s’appuient largement sur le journalisme canadien sans en citer adéquatement les sources ni compenser les médias.

L’étude révèle que ces systèmes exploitent les contenus journalistiques à plusieurs niveaux, depuis l’entrainement jusqu’à la production de réponses qui réduisent l’incitation du public à consulter les sources originales, contribuant ainsi à fragiliser davantage le modèle économique des médias.

Contrairement aux réseaux sociaux, qui détournaient surtout les revenus publicitaires, l’IA tend à intégrer directement l’information et à la redistribuer comme un produit autonome.

Plusieurs grands médias canadiens ont intenté une poursuite contre OpenAI pour utilisation non autorisée de leurs contenus.

Besoin d’un débat : Le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, Marc Miller, a estimé cette semaine qu’il est urgent d’ouvrir un débat sur l’utilisation des contenus journalistiques par les systèmes d’IA.

Le ministre a souligné que la réutilisation massive des nouvelles dénature leur objectif initial et pose des enjeux de responsabilité pour les entreprises technologiques.

Pas de mesure législative pour l’instant : Marc Miller a aussi précisé qu’il ne souhaitait pas élargir la portée de la Loi sur les nouvelles en ligne, mais qu’il fallait que ces entreprises respectent des principes de conduite équitables, notamment en matière de rémunération.

Le ministre a notamment maintenu que la législation actuelle sur le droit d’auteur doit continuer à protéger les créateurs, tout en laissant la porte ouverte à d’éventuelles réformes.

INTERNATIONAL

Le Canada cherche à appuyer ses alliés au Moyen-Orient sans s’engager directement dans le conflit entre Israël, les États-Unis et l’Iran. C’est ce qu’a indiqué la ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, cette semaine en conférence de presse depuis la Turquie.

Le gouvernement exclut toute participation militaire, y compris dans des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz, utilisé par l’Iran pour bloquer la circulation du pétrole mondial, notamment en provenance des pays du Golfe.

La ministre Anand a aussi affirmé que le Canada ne prendra pas part aux opérations offensives, mais qu’il étudie des options pour aider des partenaires, comme les pays du Golfe Persique.

Elle a toutefois fait valoir que le Canada respecterait ses engagements envers l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), notamment en cas d’activation du principe de défense collective.

En fin de journée jeudi, le Canada a joint sa voix à celles de l’Allemagne, la France, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni pour demander à l’Iran de «cesser immédiatement» ses opérations contre la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz. Dans un communiqué, le Canada se dit «prêts à contribuer aux efforts appropriés pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit».