«Nous sommes en 2026 et le constat est clair : la demande en santé mentale dépasse toujours l’offre traditionnelle. La pandémie a non seulement exposé, mais amplifié les lacunes de notre système de santé», a amorcé Louis Moubarak, gestionnaire principal des affaires extérieures et des relations francophones à la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC).
Le spécialiste a brossé un portrait succinct de la cybersanté mentale au pays avant de répondre aux questions des participants et des participantes.
La cybersanté mentale désigne l’utilisation des technologies numériques pour fournir des soins et de l’information en matière de santé mentale.
Elle inclut, entre autres, les applications pour téléphones intelligents, les portails d’information en ligne, les dispositifs de réalité virtuelle, la coordination des parcours de soins, la prévention, l’autogestion, la téléconsultation ou l’entraide.
Face à une demande exponentielle et des listes d’attente qui ne cessent de s’allonger, la technologie peut apporter un début de solution. «Elle permet de franchir les barrières géographiques et temporelles», note Louis Moubarak.
La CSMC a élaboré la première stratégie nationale de cybersanté mentale au pays afin de structurer cette discipline et la rendre accessible à toute la population. «La cybersanté mentale doit faire partie intégrante du système [de santé].»
«Les données montrent que les solutions numériques peuvent être aussi efficaces que les traitements en personne et souvent plus rapides», commente le spécialiste.
Il rappelle que ce système doit inclure les principes IDEA (Inclusion, Diversité, Équité, Accessibilité) et des contenus adaptés culturellement, notamment pour les communautés autochtones.
La CSMC recommande en outre la création d’une plateforme nationale, à l’image de l’initiative Head to Health en Australie, un service d’aide en santé mentale gratuit.
Il est essentiel que le public et les professionnels aient accès à un guichet unique de ressources fiables
Les outils de santé mentale numérique permettent de rejoindre des populations qui se trouvent isolées géographiquement des centres de soins, mais aussi les minorités linguistiques, car ils peuvent proposer des services dans plusieurs langues.
Louis Moubarak est gestionnaire principal des affaires extérieures et des relations francophones à la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC).
Parmi les obstacles à la santé mentale numérique, Louis Moubarak identifie, entre autres, «la réticence ou le manque de confiance des cliniciens».
«La recommandation clé est de développer et intégrer des compétences en cybersanté mentale dans les programmes de formation initiale et continue. Une personne professionnelle doit savoir quand et comment intégrer un outil numérique, évaluer son efficacité et assurer une prise en charge éthique.»
L’accès à la technologie peut également représenter un défi pour certaines populations, notamment celles vivant en milieu rural. Si des personnes ne disposent pas d’un accès Internet suffisant pour utiliser des outils en ligne, Louis Moubarak les encourage à se rendre chez leur pharmacien ou leur pharmacienne.
«Dans certains centres, on peut avoir accès à un ordinateur pour pouvoir faire une session de télésanté», ajoute-t-il.
Le spécialiste a tenu à rappeler que l’intelligence artificielle ne saurait remplacer des professionnels de santé. «ChatGPT n’est pas un psychologue.»
Il ne faut pas prendre à la lettre ce qui est proposé par un robot. Ça reste un outil.
Il conseille plutôt l’utilisation d’applications comme ChillTime ou Mindshift, qui proposent des séries d’exercices (en anglais et en français) pour réduire son anxiété.
«Ces applications font attention et stockent leurs données d’une façon sécuritaire et confidentielle. Vos données ne sont partagées avec personne, alors qu’avec ChatGPT, on ne sait pas où nos données vont se ramasser finalement.»
À lire aussi : IA : Une fausse solution à l’épidémie de solitude (Éditorial)
Louis Moubarak souligne que la cybersanté mentale sert avant tout à désamorcer une crise et «trouver immédiatement de l’aide». Mais cela ne remplace pas un rendez-vous en présentiel.
En cas d’urgence, la ligne fédérale téléphonique 988, gratuite et disponible 24 h/24, permet aux personnes ayant besoin d’un soutien immédiat d’obtenir de l’aide, soit en parlant à un psychothérapeute ou en étant redirigées au centre de crise le plus proche, par géolocalisation.
Le spécialiste invite plutôt les francophones en situation minoritaire à choisir l’option de parler à un professionnel en français en ligne, sinon, «vous allez vous ramasser à parler en anglais».
«Le principal pour désamorcer une situation en santé mentale, c’est de parler à quelqu’un de ce qu’on ressent», insiste-t-il. Cela peut être à un ami, un collègue ou tout simplement quelqu’un de confiance.
Les faits : Une fusillade a eu lieu à l’école secondaire de Tumbler Ridge, dans le nord-est de la Colombie-Britannique, mardi. Neuf personnes sont décédées et 27 ont été blessées.
Sept de ces décès étaient dans l’école, six étant des enfants de 12 à 15 ans. Deux autres personnes, le demi-frère et la mère de l’auteure de l’attaque, ont été retrouvés morts dans leur résidence de la petite localité de 2400 habitants.
Dans un point presse mercredi, la police a identifié la suspecte comme Jesse VanRootselaar, 18 ans. Elle a agi seule et des problèmes de santé mentale pourraient être en cause.
Réactions et solidarité des politiciens fédéraux : Jeudi soir, Mark Carney et Pierre Poilievre ont annoncé qu’ils voyageraient ensemble à Tumbler Ridge pour rendre hommage aux victimes et à leurs proches. Tous les chefs de partis fédéraux ont été invités.
«Des parents de Tumbler Ridge ont envoyé leurs enfants à l’école. Certains ne pourront plus jamais les serrer dans leurs bras. […] Je veux que chacun et chacune le sache : le pays est de tout cœur avec vous», a lancé Mark Carney en Chambre, mercredi.
La séance à la Chambre des Communes a été ajournée à la période de questions, en signe de respect pour la tragédie.
De son côté, le chef conservateur, Pierre Poilievre, a remercié le premier ministre et affirmé : «Aujourd’hui, il n’y a pas de partisanerie», avant d’offrir l’aide de l’opposition officielle.
«Lorsque nous envoyons nos enfants à l’école, nous nous attendons à ce qu’ils apprennent, rient et, surtout, nous nous attendons à les revoir le soir», a-t-il souligné, affirmant qu’aucun mot ne pouvait apaiser les âmes des proches des victimes, mais que «nous sommes à vos côtés».
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’est exprimé en anglais pour offrir ses condoléances aux familles des neuf victimes. «Le Québec n’a jamais été aussi près de la Colombie-Britannique.»
Le chef du Bloc québécois a également offert ses hommages aux deux enfants tués par leur père dans la nuit de mardi à mercredi à Kitigan Zibi, en Outaouais. Ce dernier a retourné l’arme contre lui.
«C’est une journée noire […], nous nous souviendrons», a-t-il conclu, en référence à la devise du Québec.
Tous les partis ont tendu la main pour aider les personnes endeuillées.
Les fonctionnaires du Conseil du trésor et la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) ont répondu aux questions des membres du Comité permanent des langues officielles, jeudi, à propos du règlement proposé pour encadrer la partie VII de la Loi sur les langues officielles modifiée en 2023. Cette partie aborde les mesures positives que le gouvernement doit prendre pour la vitalité des minorités linguistiques.
Les députés ont voulu savoir s’il était possible d’encourager l’inclusion de clauses linguistiques dans les ententes de transfert fédérales-provinciales/territoriales, qui ne sont présentement par dans le texte du règlement.
Aucune réponse concrète n’a été fournie. Carsten Quell, juriste au Conseil du trésor, a cependant affirmé que le texte ne pouvait pas dépasser ce que la loi prévoit.
Consultations et prises en compte des revendications : Le Conseil du trésor affirme avoir consulté 60 organismes et plus d’une dizaine de fois la FCFA. Selon cette dernière, ce serait plutôt deux consultations.
Les fonctionnaires n’ont pas voulu donner le nombre de propositions des organismes francophones et d’autres groupes issus des minorités de langues officielles qu’ils ont intégré dans le règlement.
«Très peu a été retenu de nos consultations», avance Liane Roy, présidente de la FCFA. Cette dernière estime qu’environ 20 % ont été intégrés.
La FCFA insiste sur le besoin de données probantes sur les communautés francophones afin d’analyser différents enjeux qui les touchent.
La FCFA a publié un mémoire jeudi, qui explique ce qu’ils souhaitent voir implanter dans la Loi.
À lire aussi : Mesures positives pour les langues minoritaires : le règlement déçoit
Kelly Burke devrait savoir dans la semaine du 23 février si sa nomination comme commissaire aux langues officielles est confirmée par les parlementaires.
L’ex-commissaire aux services en français de l’Ontario, Kelly Burke, a comparu mardi devant les comités des langues officielles de la Chambre des Communes puis dans la chambre rouge du Sénat, pour donner sa vision du poste de commissaire aux langues officielles, auquel elle prétend.
À lire aussi : Kelly Burke «coche toutes les cases» pour être commissaire aux langues officielles
Jeudi soir, les députés du comité des langues officielles ont confirmé à l’unanimité qu’ils souhaitaient que Mme Burke soit la prochaine commissaire.
Flou : Le député conservateur Joël Godin a interrogé l’avocate de formation à plusieurs reprises sur les raisons de son abrupte de son ancien poste en Ontario, en 2023. Son mandat n’ayant pas de fin, elle s’est contentée d’expliquer avoir «réussi» sa mission.
«L’entrevue» pour convaincre les députés de toute allégeance de confirmer sa nomination comme commissaire aux langues officielles s’est déroulée sans autre accroc. L’ancienne sous-ministre ontarienne a affirmé qu’elle ferait la chasse à la «non-conformité» à la Loi sur les langues officielles et qu’elle lancerait deux études : une sur les communications du gouvernement avec le public canadien et une autre sur le numérique.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la Loi sur la radiodiffusion modernisée, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a tenu en 2025 des consultations pour améliorer son soutien aux communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM).
Prise en compte des CLOSM : À la suite de 34 interventions de la part d’organismes, le CRTC a ajusté ses lignes directrices et renforcé ses pratiques en matière de consultation de ces communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM), ainsi que des francophones au Québec, conformément aux lois sur la radiodiffusion et les langues officielles.
Il prévoit notamment des consultations ciblées lorsqu’une décision pourrait nuire aux CLOSM, avec des délais supplémentaires et des avis adaptés.
À lire aussi : Radiodiffusion : vers une consultation accrue des francophones?
Le projet de loi C-9 déposé par le gouvernement libéral a fait couler beaucoup d’encre. Il modifie le Code criminel et crée de nouvelles infractions pour de la propagande haineuse, des crimes haineux et l’entrave à l’accès à des lieux religieux ou culturels.
Divers groupes religieux qui voient C-9 comme dangereux, car certaines définitions larges pourraient criminaliser des manifestations pacifiques ou la liberté de religion.
L’amendement critiqué du Bloc québécois sur la fin de l’exception religieuse devrait «aller de l’avant», a affirmé le chef du parti, Yves-François Blanchet, jeudi, en conférence de presse. Le premier ministre aurait affirmé que l’amendement serait inclus.
Exception religieuse : L’exception religieuse permet d’invoquer la «bonne foi» pour l’expression sincère de croyances fondées sur des textes sacrés dans les dispositions sur la propagande haineuse.
La suppression de cette exception signifie que les propos religieux ne bénéficieraient plus d’une protection particulière dans le Code criminel.
La communauté d’Arviat, située sur la rive ouest de la baie d’Hudson au Nunavut et qui compte environ 3000 habitants, a été choisie pour accueillir l’Université Inuit Nunangat, dont l’ouverture est prévue en 2030.
Gouvernée par les Inuit : Selon Inuit Tapiriit Kanatami (ITK), l’organisme qui représente les Inuit au pays, le projet prévoit l’accueil de 100 étudiants et la création de la première université gouvernée par les Inuit dans l’Arctique canadien, considérée comme un levier de souveraineté et d’autodétermination.
Arviat sera le campus principal, mais d’autres localités du Nord pourraient accueillir des antennes régionales.
Participation du fédéral : Le projet est évalué à environ 200 millions de dollars et a déjà obtenu d’importants engagements financiers, notamment de la Fondation Mastercard et d’organisations inuites. Ottawa devrait également contribuer à hauteur de 50 millions de dollars.
Lundi, le président des États-Unis, Donald Trump, a menacé de bloquer l’ouverture du pont international Gordie-Howe, qui relie la ville de Windsor, en Ontario, à celle de Détroit, au Michigan.
Le premier ministre Mark Carney s’est fait rassurant cette semaine, après des propos du président américain de vouloir bloquer ce pont.
Il a également affirmé sur son réseau Truth social qu’il attendait une indemnisation de la part du gouvernement Carney pour tout ce que «nous avons donné au Canada».
Réaction canadienne : Le premier ministre Mark Carney a affirmé que la situation sera «réglée», après avoir fait le point avec Donald Trump au téléphone mardi.
Ce dernier dit souhaiter qu’au moins la moitié du pont soit la propriété des États-Unis.
«J’ai expliqué au président que le Canada a payé pour le pont, premièrement. Deuxièmement, c’est une propriété partagée entre l’État de Michigan et le gouvernement du Canada. Et il y a de l’acier américain et des travailleurs américains dans le travail pour le pont. Ce qui est le plus important, c’est l’ouverture du pont, oui, mais aussi le commerce entre le Canada et les États-Unis.»
Donald Trump a affirmé en 2017 que ce pont, alors à l’état de projet, était sur sa liste des projets prioritaires à exécuter.
En un an, la plateforme a franchi plusieurs caps. MUSIQC a atteint 225 000 utilisateurs et 540 000 visites, est passée de 28 à 150 programmateurs et programmatrices, et de 2500 à 6000 artistes.
«On a aussi triplé nos listes de lecture», ajoute la directrice générale de la Société professionnelle des auteurs, des compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs (SPACQ-AE), Ariane Charbonneau.
«On a vraiment fait énormément de chemin. On est une toute petite équipe, on est une petite association. On a travaillé d’arrachepied.»
Un robot conversationnel (chatbot) a également été intégré au site Internet pour aiguiller les auditeurs et auditrices indécis.
À lire aussi : La nouvelle vitrine MUSIQC fait de la place à la francophonie
MUSIQC propose un vaste répertoire de listes de lecture conçues par des artisans du milieu musical, regroupées par thèmes. Ces listes peuvent ensuite être écoutées sur les principales plateformes d’écoute en ligne.
Le site Internet regroupe aussi une multitude de fiches d’artistes francophones, accompagnées de leurs titres et de liens vers leurs réseaux sociaux. On y trouve aussi des portraits des programmateurs et programmatrices.
«Au niveau de tout ce qui est francophonie hors Québec, c’est un work in progress. C’est tout le temps remettre à jour les listes de lecture, les bonifier, travailler avec de nouveaux partenaires», explique Ariane Charbonneau.
L’Alliance nationale de l’industrie musicale (ANIM) et l’Association des professionnel.le.s de la chanson et de la musique (APCM) sont déjà dans la boucle.
Pour David Robquin de l’APCM, l’initiative MUSIQC est prometteuse.
«On a vraiment apprécié qu’ils ouvrent justement un dialogue avec la francophonie canadienne hors Québec», partage David Robquin, chargé d’accompagnement et de la mise en marché numérique à l’APCM.
Les représentants de MUSIQC se sont d’ailleurs rendus au gala des prix Trille Or, en mai 2025 à Ottawa, et la plateforme a ensuite proposé une liste de lecture avec les artistes nommés.
«On a vraiment senti un impact sur les streams. À la suite des Trille, on voyait comme une hausse de lecture, qui provenait de la liste de lecture qu’ils ont créée. Ce ne sont pas des chiffres incroyables, mais c’est un début et c’est toujours ça de pris», note le responsable.
Pour lui, cette première année de collaboration est très encourageante et l’APCM compte bien continuer sur cette lancée.
«Je sais qu’ils ont cette sensibilité-là d’inclure aussi des artistes de la francophonie canadienne dans d’autres listes de lecture, parce que le but, ce n’est pas juste de nous enfermer dans une case, c’est aussi que ça transpire sur les autres listes.»
À lire aussi : Musique et identité francophones : «On coche les cases»
Aux yeux de David Robquin, MUSIQC constitue un levier important pour les stratégies de mise en marché de l’APCM et pour les artistes, en multipliant les occasions de découvrabilité.
«On a déjà vu un grand impact des playlists sur l’écoute de nos artistes», témoigne de son côté Julie Fradette, gestionnaire de projets à l’ANIM.
Ariane Charbonneau est la directrice générale de la Société professionnelle des auteurs, des compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs (SPACQ-AE), à l’origine de MUSIQC.
Les grandes plateformes d’écoute ne vont pas nécessairement distinguer les différentes francophonies. MUSIQC permet selon elle de les mettre en lumière et de faire circuler les œuvres de la francophonie minoritaire, «non seulement à travers le Canada, mais également à travers le monde».
«Souvent, les playlists franco, ça va être genre “Café montréalais” ou “Québec halte”; des choses qui sont peu actualisées et qui font en sorte que nos contenus se noient un peu à travers ça.»
Au lieu de mettre sous un même parapluie tous les contenus francophones, MUSIQC a fait le pari d’illustrer «la diversité des expressions musicales en francophonie, en proposant vraiment des niches musicales qui sont vraiment ciblées», souligne-t-elle.
Au-delà de la découvrabilité, les listes de lecture permettent de «redécouvrir» des œuvres jusque-là cantonnées à un public particulier.
Lisez notre infolettre
les mercredis et samedis
Dans un paysage numérique dominé par les algorithmes et l’intelligence artificielle, MUSIQC fait le pari de replacer l’humain au centre du processus de curation. Les listes de lecture de la plateforme sont concoctées par des programmateurs et des programmatrices issus de l’industrie musicale francophone.
C’est ça, la vraie découverte. C’est un être humain qui va aller prendre le temps d’écouter la musique d’un artiste. Un algorithme va se baser sur des chiffres, donc c’est de plus en plus difficile pour les artistes émergents de se faire connaitre ou de se faire découvrir grâce à l’algorithme, parce qu’ils partent déjà avec un handicap s’ils n’ont pas déjà des chiffres
«C’est fait par des gens qui sont directement sur le terrain, qui n’ont pas nécessairement les mêmes cibles aussi», abonde dans le même sens Julie Fradette.
MUSIQC espère bien continuer de s’exporter à l’étranger, après avoir lancé à l’automne dernier une plateforme en France.
«On a aussi la volonté de tisser des liens avec d’autres pays de la francophonie, annonce Ariane Charbonneau. On est déjà en train de parler avec des représentants de la Belgique, de l’Afrique et de la Suisse.»
Évidemment, rien ne se fait sans argent. Ariane Charbonneau rappelle que «pour continuer à vivre», les organismes culturels doivent être soutenus par les gouvernements, tant au niveau fédéral que provincial.
Julie Fradette à l’ANIM plaide également pour un financement pérenne de l’industrie musicale francophone.
En comité le soir du mardi 10 février, Kelly Burke a soigneusement esquivé de préciser les raisons de son départ soudain du poste de commissaire aux services en français de l’Ontario, en 2023, après trois ans en fonction.
«C’est l’éléphant dans la pièce», a observé Joël Godin, député conservateur.
Devant l’insistance du député sur cette question, Kelly Burke a maintenu avoir quitté son poste, car elle avait «complété mon mandat et réussi à améliorer les services en français pendant une pandémie.» Elle a pourtant confirmé par la suite que son mandat n’avait pas de fin prévue lors de son embauche.
Pour obtenir une réponse, le député Godin lui a rappelé qu’elle était en «processus d’embauche». «On veut savoir si la personne est la meilleure. Vous semblez esquiver.»
«Je n’entrerai pas dans les détails», a-t-elle répondu, notamment concernant l’existence d’une possible entente de non-divulgation.
C’était la question la plus brulante, puisque, selon la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Liane Roy, Kelly Burke «semble cocher toutes les cases» en termes de compétences.
À lire aussi : Kelly Burke confirmée comme prochaine commissaire aux langues officielles
Pendant près de deux heures au comité des Communes et une heure devant celui du Sénat, Kelly Burke a fait valoir son expérience d’avocate pour mettre au pas les ministères à propos de la conformité à la Loi sur les langues officielles, de l’égalité «réelle» entre l’anglais et le français dans la fonction publique.
Interrogée sur le premier dossier auquel elle s’attaquerait si elle était confirmée comme commissaire aux langues officielles, elle affirme que ce serait la conformité dans les ministères, pour contrer les «problèmes systémiques».
Selon moi, on commence avec une étude des causes à la base de la non-conformité
Kelly Burke a notamment parlé de la difficulté d’établir les niveaux de responsabilité des langues officielles entre Patrimoine canadien et le Conseil du Trésor. Ce dernier vérifie que les autres ministères suivent les lois. «Souvent, il est difficile de savoir qui prend les devants et qui suit», a-t-elle illustré.
L’avocate veut aussi étudier comment le numérique peut servir l’égalité réelle et lancer une vaste étude à cet égard.
Questionnée sur sa vision de l’indépendance face au Parlement en tant que commissaire aux langues officielles, Kelly Burke a expliqué qu’elle ne serait pas influencée par «le cycle médiatique», avec lequel elle prendrait une «distance».
À lire aussi : La fonction publique réticente au bilinguisme, selon le rapport du commissaire
Lisez notre infolettre
les mercredis et samedis
Elle a également reconnu le déclin du français «au Québec et au Canada». Pour elle le «respect général» des Canadiens et Canadiennes pour les deux langues officielles et entre les provinces pourrait être utilisé pour atteindre l’égalité entre les deux langues.
Kelly Burke attend d’avoir «l’expertise» de son équipe et tous les outils pour «changer la culture [inégale entre les deux langues] et responsabiliser l’appareil fédéral».
Elle compte lancer une seconde étude; cette fois sur les communications du gouvernement avec le public canadien.
Elle s’est toutefois limitée à de brefs commentaires sur l’application en cours de la Loi sur les langues officielles, par le biais de règlements très critiqués, tant pas les anglophones que par les francophones.
À lire aussi : Mesures positives pour les langues minoritaires : le règlement déçoit
À titre de Québécois faisant partie de la communauté anglophone, le député libéral Anthony Housefather – exceptionnellement présent en comité parce qu’il n’en fait pas partie – a voulu s’assurer que la commissaire serait «dévouée» aux deux communautés de langues officielles minoritaires.
«Je reconnais les deux minorités», a-t-elle répondu d’emblée, en s’appuyant sur ses propres racines «francophones et anglophones de l’Ontario», a-t-elle dit.
Elle a toutefois été moins encline à se prononcer lorsque le député Housefather lui a demandé si, comme son prédécesseur Raymond Théberge, elle critiquerait la Loi 40 du gouvernement du Québec, actuellement devant les tribunaux.
Cette loi «viole» la Charte canadienne des droits et libertés, a soutenu le député, qui assure que la loi «démantèle» les conseils scolaires anglophones.
«Je reconnais l’article 23 de la Charte et les droits qui en découlent. Il faut les protéger. Je pourrais mieux développer quand j’aurais plus de temps», s’est-elle contentée de répondre.
Dans la foulée du comité aux Communes, Kelly Burke s’est retrouvé devant le même comité du Sénat, où elle a plus ou moins donné les mêmes réponses.
Les deux comités doivent voter pour confirmer sa nomination comme commissaire aux langues officielles. Si approuvée, la Chambre des communes devrait voter pour la confirmation de son nom au cours de la semaine du 23 février.
Les deux groupes, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) et le Talking Advocating Living in Québec (TALQ, anciennement QCGN) qui représente les anglophones du Québec, ont demandé une large révision d’un règlement proposé par Ottawa, qui touche à l’épanouissement des communautés de langues officielles en situation minoritaire.
Il s’agit plus techniquement du règlement (un document qui applique la Loi) sur la partie VII de la Loi sur les langues officielles (LLO), très attendue par ces communautés. Visiblement, ce dernier n’a pas obtenu la note de passage.
Des mesures positives?
Selon le conseiller principal en politiques du TALQ, Stephen Thompson, la partie 7 de la LLO n’est pas bien «définie». Il prend l’exemple de la présence du mot «vitalité» pour expliquer que rien n’en découle réellement.
Selon lui, le manque de définitions est entretenu sciemment par le gouvernement. «Le pouvoir discrétionnaire laisse de la marge de manœuvre. Un ministère peut décider d’une chose et un autre peut prendre une tout autre décision», a-t-il avancé lundi soir, devant les sénateurs et sénatrices.
Ce sont des définitions politiques. Le parlement veut cette marge de manœuvre pour gérer [sa relation avec] les provinces, notamment le Québec. C’est un impératif politique de garder ça dans le noir.
Selon Stephen Thompson, les institutions fédérales doivent savoir quelles mesures peuvent avoir un impact négatif sur les communautés.
La sénatrice Rose-May Poirier a demandé si la Loi sur les langues officielles avait amélioré les mesures positives. Stephen Thompson a raconté qu’Emploi et Développement social Canada (ESDC) lui avait dit que la partie 7 de la Loi est traitée globalement, mais ne permet pas de mettre en avant des initiatives précises, car rien n’est listé dans la loi ou le règlement.
Comme exemple, il a souligné que le fédéral n’avait pas accordé de financement pour une initiative remontant à 2021, destinée aux jeunes travailleurs pour les aider dans leurs recherches d’emploi. Pourtant, le ministre Duclos, responsable de débloquer le financement à l’époque, l’avait garanti aux anglophones du Québec.
«On exhorte ce comité à clarifier ce que ce règlement peut faire ou non», a pressé la directrice générale du TALQ, Sylvia Martin-Laforge. Elle a insisté à plusieurs reprises sur la responsabilité du fédéral.
«Vous ne cernez pas les lacunes du financement du Plan d’action pour les langues officielles», a-t-elle ajouté.
À lire aussi : Fonction publique : «Il faut changer cette culture d’être unilingue»
Consulter à moitié
Sylvia Martin-Laforge a expliqué qu’il y avait «peu d’organisations [anglophones] qui ont de l’argent». Pas toutes ne peuvent se déplacer, payer des consultants politiques ou des avocats qui appuieraient les communautés anglophones du Québec dans leur participation aux consultations.
Ce n’est pas donné à tout le monde de comprendre même des consultations d’un ministère fédéral, c’est complexe., a-t-elle développé.
À cela s’ajoute un manque de «réels mécanismes de consultation», a fait valoir cette dernière.
Un aspect qui touche tout autant la FCFA. «Les consultations ne sont plus codifiées, notamment dans les préavis raisonnables», a expliqué Alain Dupuis, directeur général de l’organisme.
Pour les institutions fédérales, elles ont besoin de quelques jours alors que c’est un défi pour les organismes qui doivent consulter leurs membres sur une décision politique» dans un délai aussi serré.
La directrice du TALQ a glissé que son organisme n’est pas contre la promotion du français au Québec, tant que ce n’est pas mis «en opposition aux besoins des communautés anglophones minoritaires du Québec».
À lire aussi : Marc Miller sur les services en français, Air Canada et la Cour suprême
Le français dans les mandats de chaque ministère
Pour la FCFA, les propositions du gouvernement fédéral pour préciser la partie sur l’épanouissement et la promotion des deux langues en contexte minoritaire «se situent à des années-lumière de l’intention du législateur, car [le règlement] se limite à répéter la Loi», déplore Liane Roy, la présidente de la FCFA.
Cette dernière a rappelé quatre recommandations de son organisme, toutes centrées sur les mesures positives : l’impact «positif, concret et démontrable» des mesures; des analyses et données probantes; une obligation pour le fédéral d’élaborer des cadres juridiques clairs et, entre autres, que les obligations des institutions fédérales favorisent les clauses linguistiques.
Selon l’avocat de la FCFA, Me Mark Keyes, les mesures positives doivent «s’insérer dans le mandat principal des ministères».
Pour Alain Dupuis, cela se traduirait par un volet francophone dans chaque mesure prise par le gouvernement, comme l’assurance de fournir des services en français lors de gros investissements – comme le logement par exemple.
«On estime que les besoins de nos communautés n’ont pas été pris en compte», lance Alain Dupuis.
Selon lui, les deux communautés minoritaires ont des besoins différents qui n’ont pas été pris en compte par Ottawa dans le règlement. Il cite notamment l’immigration francophone à l’extérieur du Québec comme différence notable, pour rétablir le poids démographique des francophones.
La FCFA demande aussi des indicateurs d’impact pour évaluer chaque mesure prise afin de mesurer leur effet sur l’apprentissage du français, l’éducation, l’appui à l’économie, la culture et pour contrer le déclin du français.
«L’esprit de la Loi ne se reflète pas dans le règlement», résume Liane Roy.
Nous sommes déçus collectivement de ce qui est présenté. Nos attentes étaient beaucoup plus grandes que ce qui a été livré.
Le manque de clarté pourrait avoir des conséquences à long terme, puisque la prochaine révision de la Loi est prévue dans 7 ans, soit en 2033. «C’est décourageant», a commenté le président du comité, le sénateur Allister Surette.
Ancien ministre sous Justin Trudeau, Marc Miller a fait son retour au Cabinet en décembre. Dans les mois à venir, il devra entre autres gérer la suite du travail pour appliquer la Loi sur les langues officielles modifiée en juin 2023, les discussions à propos des médias et des plateformes avec les États-Unis et le bilinguisme au sein des institutions fédérales.
FRANCOPRESSE : La première ministre de l’Alberta Danielle Smith a demandé au premier ministre Mark Carney de réduire l’exigence de bilinguisme dans la nomination des juges à la Cour suprême. Elle affirme que «la décision d’imposer le bilinguisme fonctionnel comme exigence pour les juges de la Cour suprême renforce davantage les obstacles systémiques et l’aliénation des Canadiens de l’Ouest». Quelle est votre réaction?
Marc Miller : «Elle a droit à son opinion. Pour moi, c’est une fin de non-recevoir. Le défi qu’on a avec les nominations à la Cour suprême, c’est toujours avec la qualité du français. Ce n’est pas l’anglais qui manque aux juges, même les juges qui viennent du Québec.
Donc, honnêtement, on peut parler d’équité, mais les deux langues ne sont pas à un niveau d’égalité dans notre pays, et c’est la raison pour laquelle on a refondu la loi sur les langues officielles. Mais surtout, quand on parle de la plus haute instance judiciaire de notre pays, je pense que les juges doivent être bilingues.
Puis force est de constater, juste en écoutant certains juges, que le français «fonctionnels», c’est assez flou parfois. Donc, je pense qu’en Alberta, on peut trouver quelqu’un qui parle français, puis l’anglais. Je ne pense pas que c’est très difficile, surtout pour la plus haute instance du pays.
À lire aussi : Le bilinguisme attendu pour la prochaine nomination à la Cour suprême
La semaine dernière, vous avez dit «la culture […] est aussi une partie des accords de commerce et des accords de tarifs avec les États-Unis». Vous avez aussi établi des lignes rouges dans ces négociations. Mais [votre prédécesseur] M. Guilbault avait plutôt dit que la culture n’en faisait pas partie. Qu’est-ce qui a changé depuis?
Je n’ai pas entendu ce que Steven [Guilbeault] a dit, mais moi, Steven, et le gouvernement, on est sur la même longueur d’onde.
Il y a des lignes à ne pas franchir, dont la défense de la culture, la défense de la langue française surtout, dans les négociations, si jamais elle est mise en cause, et surtout les artistes.
Je ne vais pas rentrer dans l’état des négociations. C’est important pour les Canadiens qui s’attendent à des résultats positifs pour le Canada, que je n’en parle pas publiquement. Mais c’est sûr qu’on va défendre la culture et surtout les artistes.
On prend un virage plus technique, sur les règlements déposés fin 2025 qui appliqueront la Loi sur les langues officielles une fois adoptés. Vous avez déjà indiqué que vous êtes ouvert à modifier celui sur les sanctions pécuniaires administratives que le commissaire peut distribuer. Est-ce que le travail est en cours déjà?
Il va falloir attendre le rapport final du comité. Ils ne sont pas nécessairement toujours unanimes.
Et en ce qui a trait à Air Canada et autres, je pense qu’ils doivent montrer l’exemple, surtout quand ils sont dans une situation de quasi-monopole. Ce n’est pas une question de leur fermer la porte. La porte est toujours ouverte pour des discussions.
Quelle relation entretenez-vous avec le secrétariat du Conseil du Trésor, qui a déposé un règlement cet automne et qui veille à ce que les autres ministères, dont le vôtre, appliquent correctement les lois?
Il y a beaucoup de va-et-vient, je ne pense pas que ça soit antagoniste pour autant. Le Conseil du Trésor joue un rôle dans les agences centrales, c’est-à-dire qu’il y a une fonction de révision et une tension, je pense, qui est naturelle et souhaitable dans un état de droit moderne. On appelle ça le «check function» en anglais.
Forcément, peu importe la matière, ils se doivent de réviser puis de vérifier ce qu’on fait, surtout dans ce qui a trait aux chiffres, aux états financiers, mais aussi à l’interne, quand on révise et on propose des choses.
Pour l’instant, il y a eu une rétroaction et une relation qui est quand même, pour moi, bonne, mais naturelle.
Est-ce que vous êtes au courant d’éventuels coups dans les services en français au sein de la fonction publique?
Non.
Vous êtes ministre des Langues officielles, mais j’aimerais faire un lien avec votre ancien portefeuille, l’immigration. Est-ce que vous participez aux discussions pour déterminer le nombre de francophones dans le plan sur les niveaux d’immigration?
Je préfère moins en parler. J’étais assez actif dans l’élaboration de la plateforme. M. Carney, le premier ministre, a à cœur qu’on fasse notre travail au niveau fédéral, travail qui n’a pas nécessairement forcément été fait très bien au fil des années, je parle de décennies.
Quand je suis rentré comme ministre de l’Immigration, je pense que l’immigration francophone hors Québec constituait un 3 à 4 % des gens qui s’installaient, qui pouvaient parler français. Là, on vise le 12 % et on est rendu à 8,9 % en fin d’année. Donc, c’est beaucoup de changements en très peu de temps.
On a beau parler de chiffres, c’est immensément important, mais il y a aussi un défi d’intégration, parce que ce sont des communautés qui sont souvent très petites.
Ça, c’est un défi qui doit être bien relevé, oui, par le fédéral, mais aussi par les gouvernements des provinces qui ont la majorité des juridictions dans les services qui doivent être offerts aux nouveaux immigrants.
À lire aussi : Le Canada dépasse sa cible d’immigration francophone hors Québec
Sur votre décision de ne pas porter en appel le jugement de la Cour fédérale de Terre-Neuve-et-Labrador. Celle-ci exige de votre ministère de consulter les communautés francophones en situation minoritaire lorsque des décisions qui les concernent doivent être prises. Comment prenez-vous en compte ces demandes? Y a-t-il une règle de référence pour vous appuyer ou est-ce que ça dépend du ministre en place?
D’un, j’estimais raisonnable de ne pas faire appel de la décision. On en a discuté à l’interne, il n’y avait pas de règle de précise conductrice, mais peu importe si la décision est prise par quelqu’un d’autre, la responsabilité est la mienne.
Mais le processus de consultation, ce n’est pas un véto à une partie prenante ou une autre. On se doit d’être raisonnable, puis de prendre en compte les besoins.
Mais c’était la bonne décision à prendre. Il y a certains ministres qui ont le droit et même le devoir parfois de prendre d’autres décisions, puis de porter des choses en appel. C’est un peu un va-et-vient avec le ministre de la Justice, qui a aussi son rôle à jouer.
Si jamais il y a des enjeux qui portent sur d’autres domaines ou qui peuvent avoir une incidence sur d’autres jugements, ce n’est pas moi qui ai la décision finale, mais j’ai mon mot à dire. Chaque ministre se doit d’avoir son mot à dire.
Parfois, ça devient un va-et-vient de fonctionnaires, ce qui n’est pas nécessairement souhaitable pour les gens qui sont sur le terrain.
À lire aussi : Patrimoine canadien : le devoir de consultation en éducation confirmé en cour
Pour la toute première fois de l’histoire, ce n’est pas une, mais DEUX villes qui organisent les Jeux olympiques: Milan et Cortina d’Ampezzo. Elles se situent dans le nord de l’Italie, à 450 km l’une de l’autre, soit cinq heures en voiture! D’ailleurs, les athlètes seront assez éparpillés : les épreuves se dérouleront dans 7 endroits différents!
Souhaite la bienvenue au ski-alpinisme, la toute nouvelle discipline olympique! Dans ce sport, pas besoin de télésiège : les athlètes commencent l’épreuve en grimpant une pente, chaussés de skis sous lesquels ils ont attaché un tissu spécial qui les empêche de glisser. Ils terminent leur montée en bottes, à la course. Une fois arrivés au sommet, ils enlèvent le tissu sous leurs skis, les rechaussent et dévalent la pente. Comme quoi tout ce qui descend… doit monter avant?
En 2020, lors des Jeux olympiques d’été de Tokyo, la Canadienne Kelsey Mitchell avait remporté une médaille d’or en cyclisme. Eh bien retiens son nom! Car la cycliste de 32 ans participera aux JO d’hiver dans un tout autre sport : le bobsleigh! Elle et sa coéquipière dévaleront une piste glacée à bord d’un traîneau muni de patins. Ce doublé olympique, c’est un exploit très rare! De tous les JO, seule la Canadienne Clara Hugues a réussi à remporter plusieurs médailles l’été (cyclisme) et l’hiver (patinage de vitesse). Voyons si Kelsey marquera aussi l’histoire!
À Cortina d’Ampezzo, le téléphérique qui doit transporter des milliers de spectateurs jusqu’aux pistes de ski alpin n’est… pas prêt. Sa construction a commencé avec du retard et les travaux n’ont pas été terminés à temps pour le début des JO. Ça complique la vie de ceux qui veulent assister à ces épreuves. Ils devront donc utiliser le système de transport de la ville. Et pour le désencombrer, les organisateurs ont demandé la fermeture temporaire des écoles. Ça rappelle peut-être de mauvais souvenirs aux Montréalais : à l’ouverture des JO de 1976, la construction du Stade olympique n’était pas finie!
Avec le réchauffement climatique, il fait de plus en plus chaud dans les montagnes de l’Italie et les sommets enneigés fondent plus rapidement. As-tu déjà skié sans neige? Ça ne va pas très bien! Les organisateurs des JO dépendent donc de la neige artificielle pour que les épreuves de glisse se déroulent dans les meilleures conditions possibles. Ils ont annoncé avoir fabriqué 1,6 million de mètres cubes de neige, soit l’équivalent de plus de 10 MILLIONS de baignoires remplies à ras bord. Et ça fâche les gens qui militent pour l’environnement, puisque pour fabriquer cette neige, il faut beaucoup, beaucoup d’eau.
Cette année, sur 100 athlètes aux JO, 47 sont des femmes! Un record pour des Jeux d’hiver! C’est d’ailleurs la première fois que le Comité international olympique a une présidente, Kirsty Leigh Coventry. Mais il y a encore du progrès à faire, puisqu’un sport d’hiver est réservé aux hommes : le combiné nordique, qui mélange ski de fond et saut en ski.
Et toi, quelle discipline olympique aimerais-tu essayer? Dis-nous pourquoi!
C’est de parler aux gens, de donner des entrevues, comme en ce moment! Le but, c’est de faire connaître le plus possible le Mois de l’histoire des Noirs.
C’est une occasion pour apprendre à se connaître. Quand j’étais à l’école, le seul moment où l’on parlait de l’histoire des Noirs, c’était quand on parlait de l’esclavage. C’est triste!
Et ça permet d’avoir des conversations importantes. De parler du racisme systémique, même si ça ne tente pas à beaucoup de gens. C’est un moyen de donner un choc électrique pour qu’on parle de ces choses-là!
Moi, je viens de la génération où on demandait aux immigrants de s’intégrer. C’est comme si on me disait : «Oublie-toi, deviens nous». C’est très mauvais pour n’importe quelle personne. Tu te perds. Comment veux-tu comprendre qui tu es? Et finalement, tout ce que j’ai appris sur moi-même, je le dois aux artistes noirs américains. Par exemple, j’ai entendu parler de Martin Luther King à travers le rap!
Même aujourd’hui, je pense qu’il y a encore du chemin à faire. Surtout quand on nous demande : «Tu viens d’où? Non… tu viens d’où pour de vrai!»
Oui. En général, ils vivent du racisme de la part de gens qui ont de l’autorité dans la société, comme les policiers. Ils vivent aussi beaucoup de microagressions. Ça, c’est quand tu te fais dire quelque chose qui n’est pas directement raciste, mais qui repose sur des préjugés. Comme quand une personne qui n’est pas blanche, mais qui est née ici, se fait dire : «Wow, tu parles bien français»… alors que c’est sa langue maternelle.
Quand j’étais intervenant jeunesse, j’utilisais beaucoup la musique pour aider les jeunes à s’exprimer. J’organisais des spectacles et j’ai même fait venir des vedettes du rap français à notre maison des jeunes!
Rappelle-toi ceci : si la personne qui est méchante avec toi n’a pas un vrai pouvoir sur toi, c’est juste des mots. Mais si ça vient d’un adulte en position d’autorité, comme un surveillant à l’école, par exemple, prends ça au sérieux. Note ce qui a été dit ou fait, et quand, puis parles-en à tes parents. La chose à ne pas faire : réagir violemment.
En s’éduquant sur la réalité des personnes noires, en commençant par les gens autour de soi. Si tu as un ami qui est noir, essaie de comprendre sa réalité, et tu pourras être son allié à lui. Les meilleurs alliés sont ceux qui comprennent vraiment la position de l’autre, sans juger ou sans dire des choses comme «Bin non, tu exagères!».
En apprenant quelque chose de nouveau sur ces communautés! Par exemple, tu peux lire des livres écrits par des auteurs noirs, ou voir s’il y a des activités gratuites organisées près de chez toi pendant le mois.
Et toi, cher As, si tu devais être porte-parole pour une cause, laquelle choisirais-tu?
Aux yeux de Stanislas Bell, gestionnaire au Musée canadien des droits de la personne, au-delà de ces trois marqueurs culturels, un sentiment de liberté et de dignité porte cette culture afro-canadienne.
Christian Hirwa, qui vit maintenant aux Territoires du Nord-Ouest, a grandi à Montréal, ce qui lui permet de comparer les réalités des communautés afro-canadiennes.
«Je trouve aussi qu’il y a une fierté derrière ça : le fait de ne pas se sentir emprisonné, de se sentir libre, de s’exprimer et de faire découvrir nos cultures aux autres communautés.»
Le directeur du Réseau TNO Santé dans les Territoires du Nord-Ouest, Christian Hirwa, le rejoint : les Afro-Canadiens francophones gagnent en visibilité, notamment dans les espaces publics et dans les grandes villes, ce qui leur permet de prendre l’initiative des conversations. C’est un progrès, selon lui, par rapport à la situation d’il y a 20 ans.
Parmi des figures historiques afro-canadiennes francophones, le professeur en histoire et chargé de cours à l’Université Laurentienne et l’Université Nipissing, Amadou Ba, évoque Marie-Josèphe Angélique, accusée d’avoir allumé un incendie ravageur à Montréal au 18e siècle puis condamnée. Celle-ci est devenue un symbole de résistance et de liberté des personnes noires au Canada.
À Sudbury, le Contact interculturel francophone de Sudbury (CIFS) présentera la 26e édition du Cabaret africain. Une soirée de musique, d’arts, de mode et de cuisine africaine. Selon le coordonnateur de projets du CIFS, Gouled Hassan, cet évènement permet des échanges interculturels : il accueille environ 500 personnes, dont 70 % font partie de la communauté non africaine locale et 30 % de la communauté africaine.
La 26e édition du Cabaret africain aura lieu le 28 février.
L’éducation reste un autre pilier des échanges interculturels, selon lui. Le CIFS fait des tournées scolaires pour mettre en lumière les contributions de personnes issues de la communauté afrodescendante : «Malheureusement, les contributions de ma communauté ne sont pas très connues, parfois par la communauté elle-même.»
Par exemple, la tournée de cette année met en avant des figures pionnières, comme le premier joueur professionnel noir de la Ligue nationale de hockey, Willie O’Ree. Gouled Hassan indique que l’idée est de raconter l’histoire sous la forme d’un conte, en mettant en scène un jeune garçon du même âge que les élèves, pour que son parcours soit plus proche d’eux.
À lire aussi : Mois de l’histoire des Noirs : Briser la barrière raciale au hockey (L’Eau vive)
«Beaucoup de gens ne se rendent pas compte que l’histoire des Noirs canadiens date d’aussi longtemps», constate Christian Hirwa. Après tout, le premier noir qui a mis les pieds en Amérique, Mathieu da Costa, serait venu lors d’un voyage avec Samuel de Champlain en Acadie à titre d’interprète.
Gouled Hassan, d’origine djiboutienne, réside au Canada depuis environ 20 ans.
Amadou Ba dit avoir constaté qu’après l’abolition de l’esclavage en 1834, la présence des noirs était essentiellement anglophone. Celle-ci était composée de loyalistes, d’immigrants américains et caribéens.
La culture afro-canadienne s’est également renforcée grâce aux vagues d’immigration du XXᵉ siècle, selon les observations du professeur en d’histoire. «De la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui, […] beaucoup d’Haïtiens francophones sont arrivés, et on voit encore leur héritage : dans l’histoire, les marqueurs culturels, la participation, la contribution à la société.»
À cette immigration s’ajoutent depuis deux décennies les arrivées de l’Afrique francophone, comme le précise Amadou Ba : «Ils vivent en français et ils apportent leurs contributions à la francophonie : des Sénégalais, des Ivoiriens, des Congolais, des Camerounais.».
À lire aussi : Un dictionnaire pour combler un vide dans l’histoire afro-canadienne
La culture afro-canadienne se définit aussi par le mélange des concepts et des ingrédients, comme en témoigne Christian Hirwa. Il a pu récemment gouter à une poutine congolaise à Montréal. Une poutine québécoise à laquelle on a ajouté des saveurs et des épices congolaises et remplacé les pommes de terre par du plantain.
Amadou Ba considère que la francophonie afro-canadienne est une force pour bâtir un Canada plus inclusif.
Par contre, difficile de retrouver toutes les saveurs de la maison ici. Il raconte avoir préparé une sauce en remplaçant les feuilles de manioc par des épinards, car il n’a pas accès au premier ingrédient au Canada. C’est un plat qu’il mange depuis son enfance, mais il regrette d’être incapable de le reproduire la version de ses parents au Canada.
Les générations nées ou qui ont grandi au Canada incarnent particulièrement cette hybridité, ajoute le résident des Territoires du Nord-Ouest. Elles combinent l’héritage culturel de leurs parents avec celui du Canada, créant une identité nouvelle : «Mes parents me disent souvent : “Tu es une version de nous, mais canadiennisée”», raconte-t-il.
Pour lui, ce mélange est également présent dans la langue : «On l’entend souvent à Montréal : un accent qui mélange le créole et le québécois.»
À lire aussi : La cuisine, ciment social des communautés francophones
Malgré cette richesse culturelle, les obstacles persistent : Gouled Hassan décrit le poids du statut d’«immigrant perpétuel».
«Pour beaucoup de Canadiens, une personne noire reste un immigrant, même après 30 ans au Canada», constate-t-il. Cette exclusion se manifeste dès l’école, où il cite une étude du gouvernement ontarien de 2025 où une majorité d’enfants noirs disent ne pas sentir comme s’ils appartenaient réellement au Canada.
Stanislas Bell s’engage également auprès de Black History Manitoba qui, selon lui, s’ouvre de plus en plus à la francophonie, car cette organisation était à l’origine plus anglophone.
Selon Stanislas Bell, l’omniprésence de l’anglais constitue un obstacle pour plusieurs francophones qui s’installent dans les communautés francophones minoritaires. «Puisque c’est un exercice qui est mental et physique en même temps, ça fait parfois en sorte qu’il y a beaucoup de personnes qui sont sont découragées ou qui décident de carrément oublier leurs origines et de se concentrer sur [l’anglais].»
Il explique que ce sentiment de découragement se traduit par des épisodes de honte, de moqueries, de discrimination; notamment lorsque la personne a un accent. «C’est un défi de faire comprendre aux personnes qui sont bilingues ou aux personnes qui sont francophones que c’est un atout et que ce n’est pas quelque chose à perdre ou avoir honte.»
Il explique que ce sentiment de découragement se traduit par des épisodes de honte, de moqueries, de discrimination; notamment lorsque la personne a un accent.
«Des mois comme le mois de février [le Mois de l’histoire des Noirs] sont une opportunité pour ces communautés de sortir, mais l’année compte 12 mois. Un seul mois ne suffit pas», croit-il. À son avis, cette pratique devrait devenir une habitude, avec des projets et des ressources délibérément planifiés.
Stanislas Bell affirme qu’on doit «avoir envie de partager sa culture et, de l’autre côté, avoir l’ouverture de recevoir cette culture […], et c’est ce qui fait la beauté du Canada».