le Jeudi 22 octobre 2026

Selon un sondage Léger commandé par Équiterre publié le 17 octobre, 66 % des Canadiens et des Canadiennes souhaitent maintenir ou renforcer les exigences environnementales du Canada. Tandis que seulement 20 % des personnes sondées souhaitent les réduire.

Une tendance qu’on retrouve chez les répondants et répondantes qui se disent proches du Parti libéral : 80 % d’entre eux tiennent également à conserver ces règles, alors que le gouvernement de Mark Carney fait l’objet de vives critiques de la part de groupes écologistes, des communautés autochtones et de l’opposition en raison de l’abandon de plusieurs politiques climatiques.

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C-39, au cœur des critiques

Le projet de loi C-39, intitulé «Loi visant à bâtir un Canada fort», cristallise les critiques depuis plusieurs mois. Il vise notamment à accélérer la réalisation des grands projets d’infrastructures au pays en simplifiant les procédures d’autorisation et en réduisant le nombre et les délais d’évaluation.

Les organisations environnementales craignent que cette loi affaiblisse durablement la protection des espèces en péril, compromette l’évaluation des répercussions écologiques des projets et réduise la participation du public et des communautés autochtones.

Tandis que le gouvernement affirme vouloir accélérer les projets sans remettre en cause les normes environnementales, les détracteurs du projet de loi redoutent que les impératifs économiques prennent le pas sur la protection des écosystèmes.

«Le projet de loi C-39 est l’omnibus des omnibus, une tentative musclée d’accroitre sans entrave les pouvoirs de l’exécutif au détriment de notre environnement et de notre processus démocratique», a déclaré Elizabeth May, cheffe du Parti vert du Canada, par communiqué, le 14 octobre.

Revoir les délais

Le projet de loi C-39 prévoit de supprimer la clause d’extinction de cinq ans prévue dans la loi C-5, adoptée en 2025, qui s’applique à certains pouvoirs exceptionnels conférés au gouvernement. C-39 propose également d’imposer un délai maximal d’un an pour rendre certaines décisions fédérales concernant de grands projets.

Selon le sondage Léger, la moitié des Canadiens et des Canadiennes (49 %) souhaitent que les mesures qui visent à accélérer les projets et à assouplir certaines exigences environnementales soient limitées dans le temps. Chez les personnes proches du Parti libéral, cette préférence atteint 57 %.

Pour le directeur général d’Équiterre, Daniel Rotman, le gouvernement doit entendre ces messages, «y compris dans sa propre famille politique», peut-on lire dans le communiqué.

Entre 68 % et 75 % des personnes sondées souhaitent maintenir ou renforcer la portée de lois environnementales, à commencer par la Loi sur les espèces en péril (75 %), suivie par la loi qui protège les rivières (74 %), la Loi sur les pêches (73 %), la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (72 %) et la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (68 %).

Étude en cours

L’étude de C-39 à Ottawa a commencé le 19 octobre. Elle est faite par un comité composé de sept députés libéraux, quatre conservateurs et un bloquiste.

Le député Patrick Bonin est porte-parole du Bloc québécois en matière d’environnement. 

Photo : Capture d’écran CPAC

Le 21 octobre, Elizabeth May, le député du Bloc québécois Patrick Bonin et le leader parlementaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), Don Davies, ont tenu une conférence de presse sur la Colline du Parlement aux côtés de représentants de groupes environnementaux et syndicaux pour réclamer le retrait du projet de loi C-39.

«La crise tarifaire a le dos très large. En déposant le projet de loi C-39, le gouvernement Carney agit comme si les lois environnementales, les espèces menacées, les droits des autochtones et ceux des travailleurs et travailleuses l’empêchaient de régler la crise tarifaire», a martelé Patrick Bonin, porte-parole du Bloc en matière d’environnement.

«La crise tarifaire, je vous le rappelle, elle ne sera pas permanente, mais C-39, lui, le sera.»

«Les femmes francophones qui vivent en situation linguistique minoritaire au Canada jouent un rôle dans la vitalité économique, sociale et culturelle de la communauté, mais c’était toujours très invisibilisé. On n’avait pas de chiffres concrets pour le démontrer», amorce en entrevue avec Francopresse la présidente de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), Nour Enayeh.

C’est désormais chose faite. Le rapport «Portrait économique des femmes francophones et acadiennes : un levier stratégique pour le Canada», réalisé avec la firme Raymond Chabot Grant Thornton et publié en septembre, lève le voile sur une contribution longtemps passée sous le radar, mais aussi sur les obstacles qui la freinent.

Les femmes francophones et acadiennes en situation minoritaire génèrent 119 milliards de dollars de produit intérieur brut (PIB), environ 4 % de l’économie canadienne, selon les calculs de la firme. «Même en sachant que leur contribution était assez grande, elle est toujours sous-estimée et souvent invisible», déplore Nour Enayeh.

Méthodologie

L’étude croise des microdonnées du recensement de 2021 de Statistique Canada, un sondage Léger auprès de 633 femmes francophones et trois groupes de discussion.

Selon la définition de l’AFFC, sont considérées comme francophones les femmes qui comprennent uniquement le français ou à la fois le français et l’anglais.

À partir de la proportion de femmes francophones en 2021 et en l’extrapolant à l’estimation de la population canadienne en 2025, l’étude porte ainsi sur 1,8 million de francophones vivant en situation minoritaire hors Québec, soit 5,4 % de la population canadienne.

Plus diplômées, mais pas mieux payées

Les femmes francophones en situation minoritaire sont plus scolarisées que la moyenne : 44 % détiennent un diplôme universitaire, contre 32 % de l’ensemble des femmes et 28 % des hommes. Elles sont surreprésentées en administration publique et en éducation, des secteurs où la maitrise des deux langues officielles est un atout.

«C’est une contribution qui est très absente des statistiques officielles, mais qu’on a pu ressortir», indique Nour Enayeh. 

Photo : Courtoisie

Leur revenu médian s’élève à 42 000 $, soit 13,5 % de plus que celui de l’ensemble des femmes (37 000 $). Il demeure toutefois 10,6 % inférieur à celui des hommes de l’ensemble de la population.

Mais si leurs contributions économiques sont bien réelles, les obstacles aussi. «Il y a encore l’écart salarial, le problème de la reconnaissance des diplômes, l’accès limité à des services, surtout les places en garderie pour les mamans. Tout cela limite quand même pleinement l’apport que les femmes ont au PIB du pays», observe Nour Enayeh.

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Une langue qui ouvre des portes, et en ferme d’autres

La maitrise du français reste un atout professionnel pour 65 % des femmes francophones et acadiennes sondées. Mais ce sont surtout celles qui s’expriment également bien en anglais qui en profitent. Chez les femmes qui parlent peu ou pas l’anglais, 60 % gagnent moins de 40 000 $, contre 32 % chez celles qui le parlent bien ou très bien.

Les répondantes rapportent plus souvent des obstacles liés à leur langue (28 %) qu’à leur genre (22 %); 40 % signalent des barrières à l’avancement dans les milieux majoritairement anglophones. Le rapport évoque notamment des documents en français parfois moins valorisés et des jugements liés à l’accent.

Chez les membres issus de la communauté 2ELGBTQIA+, 69 % déclarent avoir rencontré des obstacles liés à leur genre ou à leur francophonie, contre 36 % chez les non-membres.

15 heures de travail invisible par semaine

Nour Enayeh retient un autre chiffre : 34,4 milliards de dollars par année, soit la valeur du travail non rémunéré, qu’il s’agisse de soins aux proches, de bénévolat ou de tâches domestiques.

Les répondantes déclarent y consacrer en moyenne 15,1 heures par semaine. Les participantes aux groupes de discussion estiment même que ces chiffres sont sous-évalués. Pour 24 % des répondantes, ce fardeau a une incidence sur leur parcours professionnel.

En parallèle, 40 % des femmes sondées disent avoir la fibre entrepreneuriale et 16 % de celles-ci ont déjà lancé leur entreprise. «Le principal défi que ces femmes ont, c’est l’équilibre entre la vie personnelle et professionnelle», indique Nour Enayeh.

Beaucoup de ces femmes peuvent trouver du soutien si elles parlent anglais, mais dès que l’anglais n’est pas là, l’accès à des services ou à du soutien pour ces femmes entrepreneures est très peu existant.

— Nour Enayeh

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Qui peut agir?

Pour Mme Enayeh, ce rapport permettra sans aucun doute aux femmes francophones de «prendre leur place» : «Quand on parle des francophones, et surtout des femmes en général, on ne pense pas automatiquement à leur impact économique.»

Au-delà des gouvernements, l’AFFC invite les organismes communautaires à consulter ce document, car plusieurs des 14 recommandations les visent directement. Celles-ci proposent notamment d’outiller les femmes francophones avec des formations gratuites ou à faible cout pour améliorer leurs compétences linguistiques.

L’écosystème communautaire pourrait également soutenir la création ou l’expansion de réseaux d’entraide francophones dans les régions isolées. Pour les barrières qui se cumulent chez les femmes issues de la diversité, l’AFFC recommande du mentorat ciblé.

L’organisme appelle également à mieux répartir le travail non rémunéré avec des politiques publiques, «par exemple des congés parentaux plus flexibles, du soutien aux garderies francophones; toutes ces choses qui pourraient faire que la charge des femmes soit moins lourde», énumère Nour Enayeh.

La responsable insiste sur un dernier point : les bénéfices dépasseraient les femmes elles-mêmes. «Quand on réduit ces freins auxquels les femmes francophones font [face], c’est vraiment un win-win pour tout le monde.»

Dans un rapport publié le 13 octobre, le Bureau de la directrice parlementaire du budget (BDPB) fait état d’une facture allégée pour les entreprises privées de compétence fédérale afin qu’elles se conforment à la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP). La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, avance qu’il leur en coutera 148 millions de dollars de moins que les 230 millions avancés par le gouvernement dans son Résumé de l’étude d’impact de la règlementation.

En tout, le BDPB estime à 81,9 millions sur cinq ans (2027 à 2032) les couts de conformité du secteur privé à la LUFEP. Ces estimations reposent sur une potentielle entrée en vigueur de ce régime le 1er avril 2027.

En outre, le rapport affirme que si les couts sont moins élevés, c’est que moins d’entreprises sont assujetties à la LUFEP et que plus d’entreprises québécoises se conforment déjà à la Charte. Selon l’Office québécois de la langue française (OQLF), 76 % des entreprises visées étaient certifiées au 31 aout 2026.

L’écart entre les deux estimations vient principalement d’une baisse des dépenses en formation, précise le rapport, avec une enveloppe de 108 millions de dollars de moins que l’étude d’impact et 37 millions de moins pour la traduction.

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Les entreprises concernées par la LUFEP

Au Québec, ce sont les entreprises privées de compétence fédérale comptant 25 employés ou plus.

Dans un courriel de réponse au bureau de DPB, l’Office québécois de la langue française dit avoir recensé 411 entreprises de compétence fédérale certifiées, avec 25 employés et plus, en date du 31 aout 2026.

Le directeur de l’analyse budgétaire au sein du bureau de la DPB, Govindadeva Bernier, réaffirme qu’au Québec, environ une centaine d’entreprises sont encore dans leur processus d’obtention de la certification.

Dans le reste du pays, dans les régions désignées bilingues, les entreprises concernées par la LUFEP comptent 100 employés ou plus.

Selon les informations recueillies par Francopresse en marge du comité, il y aurait entre 50 et 100 entreprises certifiées dans les régions désignées bilingues pour le moment. Ces régions incluent le Nouveau-Brunswick, Saint-Boniface, Edmonton ainsi que des parties de la Nouvelle-Écosse et de l’Ontario, mais pas les métropoles de Toronto, Calgary et Vancouver.

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Annette Ryan maintient que les entreprises privées qui devront se conformer Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale – comme les banques et les transports de passagers – ne dépenseront collectivement que 81,9 millions de dollars. 

Photo : Courtoisie BDPB

Remise en question des données

Plusieurs sénateurs et sénatrices, dont René Cormier et Amina Gerba, ont commenté les données utilisées par le DPB.

Le directeur de l’analyse budgétaire au sein du BDPB, Govindadeva Bernier, a défendu le «bon portait» estimé du type d’industries sous juridiction fédérale et de leur main-d’œuvre. Il a reconnu que le plus difficile était la répartition de ces entreprises entre les régions qui seront désignées comme étant «à forte capacité francophone».

«On se base sur le recensement de Statistique Canada. Donc, ça donne une bonne idée de la demande pour les services en français», a-t-il soutenu en comité.

Le sénateur Cormier a demandé si l’évaluation financière faite par le DPB était réaliste.

«Dans les estimations du cout des formations, on ne prend pas seulement le cout à payer pour les cours de français, mais on a tenu compte du temps consacré par l’employé à apprendre la langue […]» a répondu Govindadeva Bernier.

Ce dernier a aussi affirmé que le BDPB «se trouve souvent dans cette position» et a «développé des techniques et [on fait] de notre mieux pour être prudents dans nos estimations, pour donner un maximum dans le contexte où on sait que nos chiffres sont des approximations».

Selon lui, pour l’instant, toutes les entreprises du Québec choisiront la conformité avec la Charte de la langue française. Très similaire à la LUFEP, le régime québécois offre la possibilité à l’OQLF de déposer des poursuites pénales contre les entreprises qui ne respectent pas la loi.

En réponse à la sénatrice du Québec, Amina Gerba, qui a suggéré qu’il fallait refaire une analyse après un an de LUFEP, l’analyste s’est montré réticent à cause «du cout et de la complexité» que cela prendrait pour sonder les entreprises.

«J’ose estimer que les associations d’entreprises concernées par la LUFEP, par exemple, font des sondages auprès de leurs membres […]», a-t-il fait valoir aux sénateurs.

Pour l’instant, le BDPB indique qu’il n’y a pas eu de contestation formelle de la part du ministère de Patrimoine canadien concernant les hypothèses soulevées par le rapport.

Je vous écris parce qu’il y a quelque chose qui me tracasse et qui m’inquiète. J’ai beau être écrivain, je ne suis pas certain de pouvoir trouver les bons mots pour exprimer ce que je ressens. Peut-être aussi parce que j’ai honte. Continuez de lire, et vous comprendrez pourquoi.

Vous avez peut-être entendu parler de cette histoire qui s’est déroulée dans une université aux États-Unis : sept étudiants auraient agressé sexuellement une camarade de classe. Durant toute une nuit, ils lui auraient fait subir des choses qu’elle ne voulait pas. 

Ce qui est particulièrement troublant, c’est que pendant ce temps, les 7 gars se vantaient de leurs gestes à 50 de leurs amis (tous des gars) dans un groupe de discussion privée sur Snapchat. 

Et aucun de ces 50 autres gars n’a dit ou fait quoi que ce soit pour les arrêter. Aucun n’a cherché à protéger la victime, ni pendant, ni après cette triste nuit.

Pensez-vous que ces 50 gars trouvaient tous que leurs 7 amis étaient super cool d’agir comme ça? Pensez-vous qu’ils auraient tous voulu commettre les mêmes gestes?

Probablement pas.

Je crois plutôt que la plupart d’entre eux ne voulaient simplement pas intervenir. Ils ne voulaient pas qu’on pense qu’ils ne sont pas cool.

Ils ont donc préféré se taire. Au nom de l’amitié, ils ont laissé leurs amis commettre un crime contre cette étudiante.

Et vous savez quoi? Si j’avais été dans la même situation qu’eux, à 20 ans, j’aurais probablement gardé le silence moi aussi. J’aurais regardé défiler les messages sur Snapchat. J’aurais trouvé que les actions de mes amis étaient terribles. J’aurais été très triste pour la jeune fille. Mais je n’aurais peut-être rien dit. J’aurais essayé d’effacer cet événement de ma mémoire et espéré que personne n’en entende jamais parler.

 Sauf qu’après, je l’aurais regretté. Pas durant une petite journée ou une petite semaine. Mais toute ma vie. Et pas seulement si l’histoire avait fini par être découverte. Même le secret m’aurait fait honte.

Parce qu’aujourd’hui, à 43 ans (ben oui, je suis vieux!), je comprends comment mon silence aurait fait souffrir cette jeune fille. Je comprends aussi que de toute façon, je n’aurais pas pu rester ami très longtemps avec des gars qui se permettaient de la traiter ainsi.

D’ailleurs, je constate que de plus en plus de gars semblent trouver normal de rabaisser les filles. Comme si on était en train de retourner dans le passé!

Récemment, dans une école secondaire du Québec, des gars ont fait circuler une pétition. Ils voulaient qu’on arrête de considérer le viol comme un crime. C’était peut-être une blague, mais si oui, elle n’était pas drôle. 

Pour moi, il y a une règle simple : ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Gars ou fille.

Honnêtement, ce n’est pas si difficile que ça d’être un bon gars. Mais clairement, il faut accepter que les filles ont le droit d’être respectées, et faire sa part pour qu’elles le soient. 

Alors si vous avez des amis qui se pensent supérieurs aux filles et qui agissent mal envers elles, prenez la parole. Dites-leur d’arrêter leurs niaiseries. Et s’ils n’arrêtent pas, n’ayez pas peur d’en parler à un adulte. Car c’est eux qui devraient avoir honte de leurs propos et de leurs gestes. Pas les filles, ni vous.

Alors dis-moi : pour toi, c’est quoi être un bon gars?

Pourquoi vouloir quitter le Canada?

Selon les séparatistes, si l’Alberta devient un pays indépendant, elle pourrait mieux contrôler ses ressources et garder plus d’argent dans la province.

Ils trouvent que le système de péréquation est injuste. C’est un système qui fait en sorte que les provinces les plus riches du pays, comme l’Alberta, envoient plus d’argent au gouvernement canadien, tandis que les provinces plus pauvres en reçoivent davantage pour financer leurs services. Certains Albertains trouvent que leur province contribue trop à ce système et que c’est injuste.

Aussi, l’Alberta est connue pour ses grandes réserves de pétrole.

Mais certains Albertains trouvent que les lois du gouvernement canadien, notamment en matière d’environnement, nuisent à cette industrie. Ils aimeraient que leur province puisse prendre davantage de décisions sans avoir à demander l’accord du gouvernement fédéral.

Que pensent les Albertains?

L’idée de la séparation n’est pas extrêmement populaire. Selon un récent sondage, environ 70 % de la population de l’Alberta souhaite que leur province reste dans le Canada.

Même la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, ne souhaite pas que sa province quitte le Canada. Mais elle a décidé d’autoriser ce vote pour permettre à la population de s’exprimer sur la question.

Elle a d’ailleurs déjà voté par anticipation!

Voici ce qu’elle a affirmé dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux : 

Photo : Dave Cournoyer – CC BY-SA 2.0 / Montage des As de l’info

Le premier ministre du Canada, Mark Carney, est lui aussi contre la séparation. Il croit que les provinces sont plus fortes lorsqu’elles travaillent ensemble. Lundi, il a publié une vidéo dans laquelle il s’adresse aux Canadiens pour les encourager à rester unis. 

Photo : Capture d’écran YouTube / Montage des As de l’info

Plusieurs chefs autochtones sont aussi contre l’indépendance de l’Alberta. Selon eux, la séparation pourrait menacer les droits de leurs peuples, qui sont protégés par des traités signés avant la création de la province. Ils encouragent donc les Autochtones de l’Alberta à aller voter le 19 octobre.

Que va-t-il se passer le 19 octobre?

Les Albertains qui iront voter recevront un bulletin de vote, comprenant 10 questions sur des sujets comme l’immigration et les pouvoirs du gouvernement canadien. La dernière question porte sur l’avenir de l’Alberta : la province doit-elle rester au Canada ou commencer les démarches pour le quitter?

Même si la majorité vote pour le quitter, cela ne voudra pas dire que l’Alberta deviendra automatiquement indépendante. Le changement demanderait encore plusieurs étapes, dont un autre vote officiel et des négociations avec le gouvernement canadien.

Que décideront les Albertains? Je te tiens au courant!

Et toi, si tu pouvais organiser un vote sur une question importante pour ta ville ou ta province, quelle serait cette question?

Une enfance marquée par l’injustice

Navanethem «Navi» Pillay est née en Afrique du Sud en 1941. Ses parents sont originaires de l’Inde. En 1948, le gouvernement sud-africain met en place l’apartheid, un mot qui veut dire «séparation» en langue afrikaans. Ce système très raciste divisait la société en classes distinctes.

Les personnes noires et non-blanches (comme Navi et sa famille) n’avaient pas les mêmes droits que les citoyens blancs. Par exemple, pendant des années, les Noirs ne pouvaient même pas voter, alors qu’ils formaient la majorité de la population! Heureusement l’apartheid a pris fin en 1991.

Une vie consacrée aux droits des personnes

En 1967, après des études en droit, Navi Pillay devient la première femme à ouvrir un cabinet d’avocat dans la province de Natal en Afrique du Sud. Elle défend les militants anti-apartheid.

Elle devient ensuite la première femme de couleur nommée à la Cour suprême en Afrique du Sud.

Tout au long de sa carrière, Navi Pillay a combattu les injustices. Elle a été juge à la Cour pénale internationale. C’est un tribunal qui juge les personnes accusées des crimes les plus graves, comme les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Elle a ensuite été nommée Haute-commissaire aux droits de l’homme à l’ONU. Son rôle est de faire respecter les droits et les libertés de tous les êtres humains. 

En 2021, elle devient présidente d’une commission d’enquête indépendante sur de possibles crimes de guerre commis par Israël contre les Palestiniens. En 2025, cette commission accuse Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza. 

Un choix qui fait réagir

En lui remettant son prix, le président du comité Nobel a dit que Navi Pillay «a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide fassent l’objet de poursuites judiciaires». 

En recevant son prix, la gagnante a dit : «Je dédie ce prix à tous les survivants de crimes internationaux».

Israël a rapidement réagi en disant que cette décision était anti-israélienne et antisémite. Les États-Unis, alliés d’Israël, ont aussi critiqué le choix de Navi Pillay. Donald Trump a dit que c’était «honteux».

Mais la très grande majorité des réactions sont positives. L’Afrique du Sud et l’ONU ont, entre autres, accueilli la nouvelle avec joie. Le Haut-commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a dit : «Vous continuez à nous inspirer, nous et des millions d’autres personnes à travers le monde». 

Toi, quel petit geste fais-tu pour cultiver la paix et le calme autour de toi?

Sources : Agence France-Presse, Radio-Canada

Comment les organisations, les marques et les talents francophones peuvent-ils renforcer leur influence alors que les transformations numériques vont à la vitesse grand V? C’est la question qui était au cœur du Sommet Francosphère Marketing.

Entrepreneurs, créateurs et chercheurs s’y sont retrouvés pour réfléchir à la manière de faire rayonner la francophonie par le marketing et l’intelligence artificielle (IA), deux domaines encore dominés par l’anglais au Canada, mais essentiels à l’économie francophone.

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Sortir du Québec et de la France

Cela faisait plusieurs années que Grace K. Busanga, entrepreneure et consultante, songeait à organiser un évènement dédié au marketing. C’est désormais chose faite.

Grace K. Busanga, consultante en marketing digital, est la fondatrice d’Avec Grace Marketing. 

Photo : Maze Photographie

«Je m’étais rendu compte, en tant que professionnelle, qu’à chaque fois que je cherchais des ressources en marketing, j’avais toujours des articles ou des vidéos en anglais qui provenaient des États-Unis ou, sinon, ils provenaient de la France ou du Québec», remarque l’initiatrice de Francosphère Marketing.

«Mais malheureusement, pour moi qui vis en Ontario français, pour pouvoir retranscrire ou appliquer ces exemples-là, ce n’est pas du tout le même impact parce qu’on ne vit pas la même réalité.»

La consultante remarque aussi que la plupart des évènements dédiés aux communications ou au marketing se tiennent majoritairement à Toronto, en anglais, et au Québec ou en France, en français.

«Si on veut inciter les personnes à faire des affaires en français ou à travailler en français, il faut justement qu’il y ait un bon marketing – en français», insiste la consultante.

«French touch»

Francosphère Marketing visait à réunir tous les professionnels des communications marketing, des entrepreneurs, des chercheurs pour discuter de la place du marketing en français.

Aux yeux de Grace K. Busanga, le bilan est positif. «J’ai entendu de très bons retours de la part des participants par rapport à la qualité des intervenants.»

Elle cite Hoss Zaouali, spécialiste en intelligence artificielle, et Carelle Fabiola, propriétaire de deux restaurants à Toronto et à Ottawa, qui fait sa promotion en français. Le Centre de la francophonie des Amériques était aussi représenté.

«L’objectif, c’était vraiment de montrer la diversité des idées et la diversité professionnelle du monde de marketing, mais aussi d’aller au-delà», explique Grace K. Busanga, qui promeut aussi la «french touch» à l’international.

Les participants et participantes ont ainsi pu réseauter, mais surtout discuter. «Il y a eu beaucoup d’échanges d’idées.»

Et l’IA dans tout ça?

Grace K. Busanga enjoint aussi les entrepreneurs et entrepreneures francophones à ne pas «avoir peur» de l’intelligence artificielle.

Il faut vraiment voir l’intelligence artificielle comme tout simplement un outil; un outil qui va nous permettre justement de nous améliorer dans notre productivité, dans nos process, mais aussi c’est un outil avec lequel on va tout simplement brainstormer et qui peut-être aussi va nous amener justement à sortir au-delà de la boite.

— Grace K. Busanga

Selon elle, la seule chose que l’IA ne peut pas remplacer reste l’interaction humaine.

La consultante réfléchit déjà à une possible deuxième édition de Francosphère Marketing.

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FRANCOPHONIE

Le Bureau de la directrice parlementaire du budget (BDPB) a affirmé lundi dans un rapport que les couts de la Loi visant l’égalité réelle entre les langues officielles du Canada seront bien moindres que les 230 millions de dollars prévus par le gouvernement fédéral dans son Résumé de l’étude d’impact de la règlementation.

La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, et son équipe ont affirmé dans un rapport que les langues officielles couteront 148 millions de dollars de moins que la facture totale de 230 millions de $ initialement prévus par le gouvernement fédéral pour les entreprises privées sous juridiction fédérale. 

Photo : Courtoisie DPB

148 millions de moins pour les entreprises privées : Cette facture allégée concerne principalement la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP), prévue par la Loi sur les langues officielles modernisée de 2023.

Le cout d’application de la LUFEP serait de 50,2 millions de dollars pour le fédéral et de 81,9 millions pour le privé, soit environ 148 millions de moins que l’estimation du gouvernement.

La LUFEP n’est pas encore en vigueur, mais le rapport du BDPB suppose qu’elle s’appliquerait dès le 1er avril 2027 et serait effective avant tout au Québec, puis, deux ans plus tard, dans les régions à forte présence francophone.

Ces régions sont : tout le Nouveau-Brunswick, des parties de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, de Winnipeg au Manitoba et d’Edmonton en Alberta.

La formation linguistique représente l’essentiel du cout d’application, dont 41,6 millions dans les régions hors Québec.

Total de 78 millions : Avec la Loi sur les langues officielles, entrée en vigueur en juin 2023, le fédéral dépenserait environ 78 millions sur cinq ans, de 2027 à 2032.

Pour l’application de la Loi, le rapport ne présente pas d’écart de dépenses avec le budget prévu par le gouvernement, mais rappelle que d’ici à 2028, elle couterait encore 27,5 millions au fédéral, montant issu du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028.

Cette loi comprend aussi un règlement obligeant les institutions fédérales à favoriser l’égalité des langues, ainsi que des sanctions pouvant atteindre 50 000 $ pour Air Canada, VIA Rail, Marine Atlantique et 21 administrations aéroportuaires. Ces sanctions n’ont pas été chiffrées par le rapport.

À lire aussi : Régions à forte présence francophone : les employeurs et les banques préconisent plus de «flexibilité»

Statistique Canada a publié mercredi deux nouveaux rapports sur l’accès aux soins de santé dans la langue minoritaire, fondé sur une enquête de 2022.

Hors Québec, 66 % des adultes francophones jugent important de recevoir des soins en français. Parmi eux, 33 % estiment qu’il serait difficile, très difficile ou impossible d’y avoir accès dans leur communauté. De plus, 39 % reçoivent rarement ou jamais de tels services – contre 22 % chez les anglophones du Québec.

Près de 49 % demandent rarement ou jamais des services en français, surtout parce que 57 % croient que les professionnels ne parlent pas le français. Parfois même, 40 % pensent que les services ne sont pas offerts activement en français.

L’accès est perçu comme plus facile dans le nord et le sud-est du Nouveau-Brunswick et dans le sud-est de l’Ontario, et plus difficile à Toronto et dans les provinces de l’Ouest (excepté au Manitoba).

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Selon des informations révélées par Le Devoir vendredi dernier, Ottawa a versé 13 millions de dollars à l’Alberta Machine Intelligence Institute (AMII) pour créer trois formations en ligne sur l’IA. Une première partie destinée aux étudiants a été mise en ligne le 21 septembre.

Selon le logiciel Pangram, des passages entiers auraient été générés à 100 % par IA, et ni l’AMII ni le ministère n’ont précisé le rôle de l’IA dans la création de la formation. Des experts québécois dénoncent ce manque de transparence ainsi qu’un biais «pro-adoption» et notent que la formation ignore les initiatives en français au Québec.

Version française bâclée : Traduction automatisée, vidéo uniquement en anglais, liens externes anglophones, la version française de la formation laissait aussi à désirer. Des vidéos doublées ont été publiées après les révélations du Devoir, ce qui était déjà prévu selon l’AMII.

L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, s’est montré de nouveau provocateur cette semaine en affirmant que les États-Unis «surveillent» les responsables canadiens qui pourraient faire des commentaires concernant les élections de mi-mandat américaines. 

Photo : Ambassade des États-Unis – Domaine Public

CANADA

L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, affirme que Washington «surveille de près» la classe politique canadienne pour détecter toute ingérence électorale avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.

Il a évoqué la publicité de l’Ontario de 2025 (des extraits d’un discours de Reagan contre les droits de douane), qui avait poussé Donald Trump à rompre les négociations commerciales.

Il a aussi cité des propos de la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, qui aurait évoqué des droits de rétorsion ciblant des États politiquement sensibles, et de Justin Trudeau, qui avait critiqué l’administration Trump.

La ministre Joly réplique que le Canada ne fera jamais d’ingérence et qu’elle se concentre sur l’attraction d’investissements américains.

Pete Hoekstra prévient que les États-Unis réagiraient en cas d’ingérence. Le premier ministre Mark Carney a suspendu les négociations commerciales en cours en aout.

Parmi les membres du jury se trouvait un professeur de Nanjing University. Après la soutenance, il m’a fait savoir qu’il avait apprécié mon travail et qu’il serait heureux de me voir rejoindre son environnement de recherche. Je n’ai toutefois pas rejoint son équipe à ce moment-là.

Quelques mois plus tard, alors que je prévoyais poursuivre mon parcours de recherche par un postdoctorat, des raisons institutionnelles à mon université m’en ont empêché. J’ai alors repris contact avec ce professeur. Cette rencontre ponctuelle a finalement contribué à ce que je devienne chercheur postdoctoral à Nanjing University.

Cette expérience illustre une question plus générale étudiée par la sociologie : comment les relations transforment-elles des compétences en opportunités ?

Dans le monde universitaire, où l’on aime penser que les carrières reposent principalement sur les diplômes, les publications et l’excellence scientifique, la question peut être inconfortable. Pourtant, mérite et relations sont loin d’être deux mécanismes nécessairement opposés.

L’importance des « liens faibles »

En 1973, le sociologue américain Mark Granovetter publie un article devenu classique, « The Strength of Weak Ties ». Il montre que nos relations relativement éloignées – connaissances, collègues occasionnels ou personnes rencontrées dans d’autres milieux – peuvent parfois nous donner accès à davantage d’informations nouvelles que nos relations les plus proches.

Nos proches évoluent en effet souvent dans des cercles semblables aux nôtres. Les « liens faibles », eux, peuvent servir de ponts entre des groupes qui communiquent peu entre eux.

Dans mon cas, le membre de mon jury n’était ni mon directeur de thèse ni un collaborateur de longue date. Il appartenait à un autre environnement universitaire. Cette relation constituait ainsi un pont entre l’institution où j’avais effectué mon doctorat et celle que j’allais rejoindre.

Le réseau ne remplace pas nécessairement le mérite

Parler de « réseau » dans une carrière provoque souvent un malaise. Le mot évoque facilement le favoritisme ou l’idée selon laquelle il suffirait de connaître les bonnes personnes.

Mais un réseau professionnel peut aussi se construire à partir du travail lui-même. Je ne connaissais pas personnellement le professeur de Nanjing University avant ma soutenance. C’est en découvrant mon travail qu’il s’est intéressé à mon profil.

La distinction est importante : la relation n’avait pas précédé l’évaluation de mon travail ; elle en était en partie le résultat.

La notion de capital social aide à comprendre ce mécanisme. Une étude de Scott Seibert, Maria Kraimer et Robert Liden, spécialistes en gestion et en comportement organisationnel, montre notamment que les réseaux professionnels peuvent favoriser la réussite de carrière en donnant accès à l’information, aux ressources et au soutien professionnel.

Le travail peut ainsi produire de la crédibilité ; cette crédibilité, de la confiance ; et la confiance, des relations capables de faire circuler une réputation au-delà de l’institution d’origine.

Cela explique aussi pourquoi « réseau » ne signifie pas simplement carnet d’adresses. Posséder des centaines de contacts sur une plate-forme professionnelle n’équivaut pas à disposer de centaines de relations capables de transmettre de l’information, de la confiance ou une réputation. Les soutenances, colloques, séminaires, publications et projets collectifs sont précisément des espaces où le travail devient visible et où des relations professionnelles peuvent se construire.

Mais tout le monde n’a pas accès aux mêmes réseaux

Il serait pourtant trompeur d’en conclure que chacun doit simplement « mieux réseauter ». Les réseaux sont aussi une source potentielle d’inégalités.

Le sociologue de l’enseignement supérieur Troy Heffernan, qui a étudié les réseaux académiques, montre leur rôle dans les trajectoires professionnelles : ils peuvent faciliter l’accès à des emplois, à des possibilités de publication ou à des opportunités qui ne sont pas toujours largement diffusées.

Ceux qui sont déjà insérés dans des réseaux bien positionnés peuvent donc bénéficier d’un avantage cumulatif.

La question est particulièrement importante pour les jeunes chercheurs, mais aussi pour ceux qui changent de pays ou de système universitaire. On peut posséder un doctorat, des publications et des compétences scientifiques tout en connaissant peu les institutions et les personnes de son nouvel environnement.

Le problème n’est donc pas seulement individuel. Si les relations influencent l’accès aux opportunités, les universités ont, elles aussi, un rôle à jouer : développer le mentorat, favoriser les rencontres entre chercheurs, rendre les occasions de collaboration accessibles et éviter que l’information professionnelle importante ne circule exclusivement dans des cercles fermés.

Autrement, l’injonction à « faire du réseau » risque simplement de reproduire les avantages de ceux qui en possèdent déjà un.

Rendre le mérite visible

Après ma soutenance, j’aurais pu ne jamais reprendre contact avec le professeur de Nanjing University. Son commentaire serait resté un agréable souvenir. Lorsque ma première piste postdoctorale s’est fermée, j’ai choisi de revenir vers lui.

Le réseau avait créé une possibilité. L’initiative a permis de l’activer.

Rien de cela ne signifie que les compétences deviennent secondaires. La leçon est plutôt inverse : le mérite a besoin d’espaces dans lesquels il peut être observé et reconnu.

Pour les jeunes chercheurs, le meilleur conseil n’est donc probablement pas simplement : « Faites du networking. » Il serait plutôt de produire un travail solide, de le rendre visible dans les espaces scientifiques appropriés, de construire des relations professionnelles authentiques et, lorsqu’une porte s’entrouvre, de ne pas nécessairement attendre que quelqu’un d’autre la pousse.

Lorsque j’ai soutenu ma thèse en 2022, je ne savais pas que cette soutenance constituait aussi une rencontre professionnelle décisive.

Dans une carrière universitaire, le mérite demeure essentiel. Mais pour produire tous ses effets, il doit aussi pouvoir être vu, reconnu et relié.