le Vendredi 7 août 2026

Avec des informations de Julien Cayouette

FRANCOPHONIE

Le ministère a signalé, dans une infolettre publiée le 27 juillet, avoir adopté une «nouvelle approche en matière de langue de travail», a dévoilé Le Devoir en début de semaine.

Jusqu’à présent, de nombreuses organisations du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes étaient réparties selon trois désignations linguistiques : anglaise, française ou bilingue.

«Toutefois, cette approche présentait certains défis. Plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entrainait des plaintes fondées et de la frustration», rapporte le ministère pour justifier le changement.

Nouvelle classification : Désormais, la langue de travail dépend principalement de la région où est située l’organisation ou l’unité, conformément à la Liste des régions bilingues du Canada aux fins de la langue de travail prévue par la Loi sur les langues officielles.

À l’extérieur du Québec, ces régions bilingues se situent autour d’Ottawa, au Nouveau-Brunswick, dans l’Est et le Nord de l’Ontario.

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Les organisations situées dans une région unilingue fonctionnent dans la langue officielle prédominante de la province ou du territoire où elles sont établies.

Autrement dit, certaines organisations auparavant bilingues devront travailler exclusivement en anglais.

Inquiétude chez les francophones : Cette décision inquiète entre autres la Fédération de communautés francophones et acadienne et d’anciens militaires francophones.

Le député conservateur Joël Godin, vice-président du Comité permanent sur les langues officielles, déplore la décision en entrevue avec Francopresse.

Au niveau légal, probablement qu’ils respectent la loi, mais ce n’est pas l’esprit de la loi. […] [L’]esprit de la loi, c’était d’arrêter le déclin du français et de protéger et promouvoir les deux langues officielles.

— Joël Godin

CANADA

Après le Royaume-Uni, c’est au tour de Santé Canada d’autoriser un essai clinique pour un vaccin contre la maladie Ebola causée par le virus Bundibugyo. L’entreprise américaine Moderna pourra lancer un essai de phase I pour son vaccin à ARN messager.

Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement homologué contre ce type d’Ebola, qui sévit actuellement en République démocratique du Congo et en Ouganda.

Le Canada est le deuxième pays, après le Royaume-Uni, à autoriser un essai clinique de pour un vaccin à ARN messager contre le virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola. 

Photo : Flickr – CC BY-NC-ND 2.0

Pas encore de cas au Canada : Aucun cas de maladie Ebola n’a pour l’heure été recensé au Canada. Le virus se transmet par contact direct et non protégé avec les liquides corporels d’une personne infectée qui présente des symptômes (ou d’une personne décédée des suites de la maladie), ainsi que par contact avec des objets contaminés ou des animaux infectés.

Selon l’UNICEF, depuis sa première apparition il y a 50 ans, le virus a fait plus de 15 000 morts en Afrique. Depuis mai 2026, une nouvelle épidémie a touché plus de 3626 personnes et causé 1589 décès en République démocratique du Congo et en Ouganda.

Le gouvernement fédéral a lancé les démarches pour désigner l’oléoduc vers la côte du Pacifique comme projet «d’intérêt national».

Cette désignation s’inscrit dans la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur les projets d’intérêt national, qui vise à accélérer l’approbation de grands projets jugés stratégiques, en contournant notamment certaines lois environnementales.

Le gouvernement fédéral vient de lancer des démarches pour accélérer son projet d’oléoduc vers la côte Ouest. 

Photo : LoggaWiggler – Pixabay

Consultation publique : Ottawa invite les citoyens et les citoyennes à «donner leur point de vue sur des considérations susceptibles d’orienter la décision du gouvernement». Un avis publié dans la Gazette du Canada le 1er aout fixe au 18 septembre la date limite pour soumettre des commentaires sur cette désignation.

Selon un nouveau sondage de l’institut Angus Reid, une majorité de Canadiens (54 %) estiment que le gouvernement fédéral devrait conserver le pipeline Trans Mountain plutôt que de le vendre, le projet étant désormais perçu pour beaucoup comme «un atout énergétique stratégique pour le pays».

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Jeudi, le député conservateur Larry Brock (Brantford–Brant-Sud–Six Nations, en Ontario) a annoncé sa démission. Il va reprendre ses fonctions de procureur dans le sud-ouest de l’Ontario. Il quittera officiellement ses fonctions le 18 septembre.

Septième départ : Ancien porte-parole conservateur en matière de justice, Larry Brock avait été relevé de cette fonction par le chef du parti, Pierre Poilievre, en juin.

Il est désormais le septième député à quitter le caucus conservateur depuis les élections de 2025, dont quatre ont traversé le parquet pour rejoindre les libéraux. Sa démission ouvrira la voie à une élection partielle dans sa circonscription.

INTERNATIONAL

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, était cette semaine en visite dans deux pays francophones de l’Afrique de l’Ouest : le Bénin et la Côte d’Ivoire.

Cette semaine, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a officiellement inauguré l’ambassade du Canada à Cotonou, la capitale économique du Bénin.

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse (Archives)

Partenariat : Mercredi, Affaires mondiales Canada a annoncé une nouvelle étape dans un partenariat stratégique avec le Bénin pour renforcer le dialogue entre les deux pays ainsi que «leur coopération économique et leur engagement commun en faveur de la paix, de la sécurité et du développement durable».

Cet accord vise aussi à lutter contre l’insécurité en Afrique de l’Ouest et la piraterie maritime.

Elle et son homologue, la ministre des Affaires étrangères du Bénin Corinne Amori Brunet, ont souligné «leur volonté de poursuivre une concertation étroite au sein des organisations internationales, notamment des Nations Unies et de l’Organisation internationale de la Francophonie».

La ministre Anand a également inauguré l’ambassade du Canada à Cotonou, la capitale économique du Bénin.

En Côte d’Ivoire, les discussions ont entre autres porté sur la promotion de la stabilité et de la prospérité en Afrique de l’Ouest et la collaboration au sein des forums multilatéraux, dont celui sur la Francophonie.

Partout au Canada, étudiants internationaux, personnes réfugiées et professionnels arrivent avec des aspirations légitimes : parfaire leur éducation, mettre leur famille à l’abri, contribuer à la société et vivre dans la dignité. Pourtant, un écart saisissant persiste entre ces ambitions et la réalité quotidienne du parcours migratoire.

Un constat lucide et national

D’un océan à l’autre, la trajectoire des nouveaux arrivants est jalonnée de défis structurels majeurs :

Mon parcours à London (Ontario) en offre une illustration concrète. Arrivée en décembre 2018 pour un doctorat à l’Université Western, après avoir dirigé un programme national de santé maternelle, néonatale et infantile au Rwanda, j’ai surmonté les défis de la santé physiologique et la santé mentale, la précarité financière, les obstacles linguistiques et culturels, les lourdeurs, lenteurs et délais administratifs qui, parfois, freinent des démarches; qu’il s’agisse de l’obtention de mon statut migratoire, de l’équivalence de mes diplômes, ou des attentes pour recevoir des soins de la santé (spécialement des services en français). C’est au cœur de ces épreuves qu’est apparue la force de la résilience individuelle et familiale que j’ai l’honneur de partager avec les autres.

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Aimée Joséphine Utuza (M.Sc., MPH) est professionnelle de la santé et des services sociaux, fondatrice de Ngira Nkugire Development Initiative, et coordinatrice des projets de la petite enfance auprès de la Société santé en français. 

Photo : Courtoisie

La dynamique «s’enraciner pour s’élever»

La culture de la résilience ne signifie pas subir l’adversité avec passivité, mais peut reposer sur une acceptation active pour reprendre le contrôle de sa trajectoire et s’articuler autour de quelques principes, à savoir :

  1. L’ancrage culturel : Maintenir les valeurs de solidarité, d’entraide et de respect intergénérationnels pour éviter l’assimilation amnésique.
  2. La double appartenance : S’approprier la langue, les institutions et les codes locaux sans renier son identité d’origine.
  3. La priorité à la santé mentale : Briser les tabous autour de la détresse psychologique et accéder à un accompagnement adapté.
  4. La revalorisation de soi et des acquis : Reconstruire sa personne, s’autodéfinir, s’estimer et être déterminé à bâtir son avenir positivement en s’appuyant sur son bagage d’expériences, de diplômes et de compétences.

L’impact des initiatives locales

La résilience individuelle doit se transformer en une force collective pérenne. Convaincue que les réseaux communautaires offrent une sécurité humaine essentielle, j’ai contribué à créer l’initiative Zirikana (soutien intergénérationnel, collaboration entre les membres de la communauté de London Ontario et ceux de Kigali au Rwanda et l’entrepreneuriat), puis la Ngira Nkugire Development Initiative (NNDI) à London. NNDI favorise le dialogue, la sauvegarde du patrimoine culturel, l’intégration linguistique, artistique et l’harmonie familiale.

Ces actions locales, menées en partenariat avec diverses institutions, permettent aux nouveaux arrivants, notamment francophones, de devenir des membres actifs et épanouis de la société canadienne.

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Un appel à un accompagnement institutionnel structuré

Pour que ces trajectoires s’épanouissent à l’échelle locale et nationale au Canada, les institutions fédérales, provinciales et municipales doivent adapter leurs cadres :

À toutes les personnes immigrantes traversant le doute ou la solitude : soyons fières de nos parcours. En restant enracinés dans nos valeurs et unis dans l’action, nous continuons de nous élever. L’intégration véritable n’est pas une assimilation docile, mais un processus durable d’enrichissement mutuel et de double appartenance.

«La maltraitance envers les personnes ainées ainsi que leur vulnérabilité financière sont des enjeux de plus en plus préoccupants», alerte la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC) dans un mémoire présenté en avril 2026 au Comité permanent de la condition féminine de la Chambre des communes, dans le cadre de son étude sur la maltraitance et la vulnérabilité financière des ainées.

«Les conséquences sont considérables, tant sur le plan humain que social et économique. L’évolution rapide des fraudes, la transformation numérique et la complexité de certaines dynamiques familiales accentuent les risques auxquels sont exposées les personnes âgées», poursuit l’organisme.

En contexte linguistique minoritaire, les personnes ainées francophones sont d’autant plus vulnérables.

La présidente de l’Association francophone des ainées et ainés du Nouveau-Brunswick (AFANB), Norma Dubé, note en entrevue le fait que dans sa province, un pourcentage «quand même significatif» d’ainés francophones sont illettrés ou analphabètes.

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En 2024, le Centre antifraude du Canada a relevé 108 878 incidents pour un total de 643,7 millions de dollars de pertes financières, rapporte la FAAFC dans son mémoire.

Néanmoins, cela ne serait que la pointe de l’iceberg, seulement 5 à 10 % des cas étant déclarés. Les personnes de 60 ans et plus représentent près du tiers des victimes et subissent souvent des pertes financières plus élevées.

Maltraitance familiale

Courriels frauduleux, réseaux wifi malveillants, voix de proches imitée par l’intelligence artificielle : à l’ère du numérique, les types de fraudes évoluent et s’affinent.

Norma Dubé est présidente de l’Association francophone des ainées et ainés du Nouveau-Brunswick (AFANB) et première vice-présidente de la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC).

Photo : Courtoisie

«Il y a des moyens maintenant qui peuvent imiter la voix d’une personne proche parce qu’on met trop de choses sur nos Facebook et nos médias sociaux», remarque Norma Dubé.

Selon elle, les procédés utilisés sont de plus en plus réalistes et créatifs. «On va probablement tous être un peu vulnérables dans le temps.»

La violence peut aussi venir de l’intérieur du cercle familial : «Souvent, la fraude, surtout la fraude financière et même la violence psychologique, est commise par des personnes qui sont très près de la personne âgée, que ce soit un enfant ou un conjoint», observe la responsable.

«La maltraitance familiale constitue une problématique majeure et souvent invisible», remarque la FAAFC dans son mémoire. Depuis 2018, les cas de violence familiale envers les personnes âgées ont augmenté de 49 %.

«En 2024, la police a recensé 7622 personnes ainées victimes de violence familiale, soit 98 victimes pour 100 000 personnes de 65 ans et plus. Les femmes représentaient 57 % des victimes», peut-on lire.

La dénonciation reste rare dans ce contexte familial, car, souvent, les victimes refusent de dénoncer leur proche, note l’organisme.

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Services insuffisants et difficiles d’accès

L’accès aux services reste insuffisant, surtout pour les personnes ainées en contexte minoritaire, souligne encore la FAAFC. Les barrières linguistiques limitent l’accès aux ressources et aux recours disponibles.

«Cette réalité retarde la demande d’aide et compromet une protection adéquate […] Il devient urgent de renforcer l’accessibilité réelle des services dans les communautés de langues officielles en situation minoritaire», plaide l’organisme francophone.

Au Nouveau-Brunswick, la plupart des sessions données par la police locale ou des groupes communautaires demeurent en anglais, relève Norma Dubé.

«Les instances gouvernementales ont un rôle à jouer, mais nous aussi, comme monde associatif», estime la responsable. Selon elle, chaque petit geste peut aider. «Et si jamais on s’aperçoit que la personne est victime, il faut prendre des démarches tout de suite.»

Campagne de sensibilisation nationale

Dans son mémoire, la FAAFC insiste sur l’importance de la prévention auprès des populations vulnérables, notamment grâce à la mise sur pied de campagnes de sensibilisation ciblées nationales et à la diffusion de contenus disponibles en français, adaptés aux réalités des communautés linguistiques en situation minoritaire.

«Nos personnes âgées écoutent encore la télévision, les radios communautaires, la messe du dimanche. Il y aurait moyen de faire une petite campagne de sensibilisation qui pourrait juste éveiller la personne à un petit peu plus, sans leur faire peur; dire “oui, ça existe”», propose Norma Dubé.

La FAAFC demande aussi aux élus fédéraux de financer des initiatives communautaires visant à renforcer la littératie numérique des personnes ainées et de mettre en place des mécanismes de signalement sécuritaires.

Former les intervenants et intervenantes de première ligne à reconnaitre les situations de maltraitance et de fraude fait aussi partie des recommandations de l’organisme.

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Auteurs

François Larocque, professeur titulaire, Chaire de recherche Droits et enjeux linguistiques, Faculté de droit, Université d’Ottawa

Michel Doucet, professeur émérite, Faculté de droit, Université de Moncton

Serge Rousselle, professeur titulaire, Faculté de droit, Université de Moncton

Une majorité de six juges a répondu par l’affirmative. Trois juges ont exprimé leur désaccord. Des personnes raisonnables peuvent débattre du bienfondé de cette décision. Mais ce débat doit commencer par une compréhension exacte de ce que la majorité a réellement décidé.

Il faut d’emblée écarter l’affirmation erronée selon laquelle la Cour suprême aurait considéré les Canadiens qui ne parlent que l’anglais ou que le français comme des citoyens «inférieurs», moins dignes ou moins compétents. Rien dans l’arrêt ne permet de soutenir une telle interprétation.

Les exigences propres à une fonction constitutionnelle

Nous sommes professeurs de droit et avocats spécialisés en droits linguistiques au Canada, un domaine du droit qui sert trop souvent de cible aux détracteurs du bilinguisme officiel. À l’instar de la Cour suprême, nous estimons que les garanties linguistiques de la Charte canadienne des droits et libertés contribuent à l’unité nationale, à la tolérance et au respect de la diversité.

La Cour a conclu que la personne nommée lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick doit être capable d’exercer les fonctions constitutionnelles de sa charge tant en français qu’en anglais. Cette conclusion ne constitue nullement une condamnation des Canadiens unilingues. Elle reconnait simplement que certaines charges publiques comportent des qualifications inhérentes à leurs responsabilités constitutionnelles.

Les sénateurs doivent satisfaire à des conditions constitutionnelles relatives notamment à l’âge et à la propriété. Les juges doivent posséder une formation juridique et plusieurs années d’expérience professionnelle. Personne ne prétend que ces exigences rendent les autres Canadiens moins dignes ou moins compétents. Elles définissent les qualifications nécessaires à l’exercice d’une fonction particulière. Le même principe s’applique ici.

Le raisonnement de la majorité repose sur le statut constitutionnel unique du Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du Canada. La Charte y reconnait non seulement l’égalité du français et de l’anglais, mais également l’égalité des deux communautés linguistiques officielles ainsi que de leurs institutions.

Pour parvenir à sa conclusion, la majorité examine attentivement le texte de la Charte, l’histoire constitutionnelle de la province, l’évolution de la jurisprudence linguistique et le rôle institutionnel du lieutenant-gouverneur.

La décision n’impose donc pas le bilinguisme aux titulaires d’autres fonctions publiques, comme les premiers ministres provinciaux, ni à l’ensemble des hauts fonctionnaires du pays. Elle porte sur une charge constitutionnelle précise, dans une province dont le régime linguistique ne trouve d’équivalent dans aucune autre juridiction canadienne.

Cela dit, le Nouveau-Brunswick devra réfléchir aux enseignements plus larges de l’arrêt pour ses principales institutions publiques. Cette réflexion ne signifie pas que toutes les fonctions seraient désormais assujetties à une exigence automatique de bilinguisme personnel. Elle invite plutôt à se demander, dans chaque cas, si l’institution concernée est véritablement en mesure de servir également les deux communautés linguistiques officielles.

Le contexte historique

Une part importante du raisonnement de la majorité repose sur les exigences de l’égalité réelle : aucune des deux communautés linguistiques officielles ne doit être placée dans une position subordonnée à l’autre.

Au Nouveau-Brunswick, ces communautés doivent jouir d’un statut égal au sein des institutions constitutionnelles établies pour les servir toutes les deux. Exiger que la personne qui est nommée lieutenant-gouverneur puisse communiquer directement avec chacune d’elles ne revient pas à favoriser les personnes bilingues. Il s’agit plutôt de garantir que l’institution que cette personne incarne puisse s’acquitter également de ses obligations envers tous les Néobrunswickois.

Il est tout aussi erroné de présenter le bilinguisme comme une préférence élitiste imposée par des juges militants. Une telle affirmation fait abstraction de la réalité historique qui a donné naissance aux protections linguistiques constitutionnelles.

Ces garanties n’ont pas été adoptées pour récompenser les professionnels bilingues ni pour créer des possibilités réservées à une classe privilégiée. Elles découlent d’une longue histoire d’inégalités linguistiques et d’exclusion politique vécue par les communautés acadienne et francophone.

Leur constitutionnalisation visait à faire en sorte que les institutions publiques respectent et reflètent le caractère linguistique particulier du Nouveau-Brunswick. C’est à la lumière de cette histoire que le jugement majoritaire doit être compris.

L’interprétation de la Charte

Le désaccord entre les juges de la Cour porte ultimement sur l’interprétation de l’article 16 de la Charte canadienne des droits et libertés. Cette disposition proclame que le français et l’anglais sont les langues officielles du Canada et du Nouveau-Brunswick et qu’ils ont un statut ainsi que des droits et privilèges égaux.

La majorité a conclu que l’article 16 possède une force normative autonome : il ne constitue pas seulement une déclaration symbolique, mais impose une exigence constitutionnelle de bilinguisme institutionnel et d’égalité réelle. Les juges dissidents ont plutôt estimé que le texte de cette disposition ne permettait pas d’en tirer une obligation de bilinguisme personnel applicable au titulaire de la charge de lieutenant-gouverneur.

Que l’on partage l’opinion de la majorité ou celle de la dissidence, le raisonnement majoritaire constitue un argument constitutionnel sérieux, fondé sur le texte, l’histoire, la structure et l’objet de la Charte. Il mérite d’être discuté pour ce qu’il affirme réellement, et non à partir de caricatures sur la valeur ou la compétence des Canadiens unilingues.

Des personnes raisonnables peuvent diverger sur l’interprétation de la Constitution. Les juges eux-mêmes l’ont fait dans cette affaire. Un tel désaccord est non seulement légitime, mais salutaire dans une démocratie constitutionnelle.

Mark C. Power et Darius Bossé, associés au cabinet Power Law à Ottawa, ont participé à la rédaction de cette analyse.

  1. Un pied dans chaque pays! 

Le pont Gordie-Howe relie la ville canadienne de Windsor, en Ontario (🇨🇦), à la ville américaine de Détroit, au Michigan (🇺🇸). Il traverse la rivière Détroit. La frontière entre le Canada et les États-Unis passe en plein milieu du cours d’eau. Le pont a six voies (trois par direction) et mesure 2,5 kilomètres de long. 

Image : As de l'info
  1. Un axe crucial pour le commerce 

Il y avait déjà un pont et un tunnel qui reliaient Windsor et Détroit, et plus de 75 000 véhicules traversaient cette rivière-frontière chaque jour. Mais ce n’était pas assez! C’est parce que le transport de marchandises entre le Canada et les États-Unis est une industrie majeure dans la région : 30 % des échanges commerciaux par camion entre les deux pays passent par là. Le nouveau pont, avec son passage aux douanes simplifié et ses accès rapides aux routes importantes, devrait faciliter la vie des gens des deux côtés de la rivière.

  1. Il doit son nom… à un joueur de hockey!

Gordie Howe était un joueur de hockey canadien qui a fait partie des Red Wings de Détroit pendant 25 ans. Un athlète canadien, qui a fait carrière à Détroit… c’était le nom parfait pour un pont qui relie le Canada à cette ville! Surtout que Gordie Howe est considéré comme l’un des plus grands joueurs de hockey de l’histoire. Il a remporté la Coupe Stanley quatre fois avec les Red Wings dans les années 1950. C’est son petit-fils, lui aussi prénommé Gordie, qui a été le premier automobiliste à traverser le pont lundi.

Photo : Ralston-Purina_Company,_makers_of_Chex_cereals
  1. Il a couté 6,4 milliards de dollars

Et c’est le Canada qui a tout payé. Le pays compte se rembourser en partie grâce au péage. Eh oui! Le pont Gordie-Howe est payant. Les voitures doivent débourser 11 $ pour chaque passage. Les gros camions, eux, paient en moyenne 50 $. Ça peut sembler beaucoup, mais c’est la moitié du prix pour traverser l’autre pont. C’est un autre grand avantage pour l’industrie du camionnage. 

  1. L’ouverture a été retardée par Donald Trump

Depuis qu’il est au pouvoir, le président américain accuse le Canada de profiter des États-Unis. Il a donc imposé des tarifs aux produits canadiens. C’est pour la même raison qu’il a empêché l’ouverture du pont en février dernier. Selon lui, les États-Unis ont été traités injustement dans le dossier. 

Donald Trump a exigé que les frais de péage soient partagés avec son pays pour les 15 prochaines années. Sinon, le pont n’ouvrirait jamais. Face à cette menace, le Canada a finalement accepté de partager également les revenus du péage. Avec quelques mois de retard, le pont a donc pu être ouvert… mais les Américains n’ont pas été invités à la cérémonie. 

As-tu déjà emprunté une route ou un pont à péage? C’était où? Raconte!

Il est important de savoir que pendant longtemps, les pratiques spirituelles des Premières Nations ont été découragées ou interdites. Avec l’arrivée des religieux et des pensionnats, il n’était plus possible de suivre librement ces traditions. Certaines cérémonies et certains savoirs ont même failli disparaître.

Aujourd’hui, plusieurs communautés travaillent à les faire revivre et à les transmettre aux jeunes générations.

La spiritualité des Autochtones

Quand on parle de spiritualité, il faut savoir une chose : il n’existe pas une seule et bonne façon de la vivre. Chacun a ses croyances et sa recherche de bien-être.

Certaines personnes participent à des cérémonies en groupe. D’autres préfèrent vivre leur spiritualité de façon plus discrète, un peu comme moi.

Ça fait quatre ans que la spiritualité occupe une place plus importante dans ma vie. Au début, je participais davantage à différentes cérémonies. J’aimais apprendre et découvrir. Avec le temps, j’ai réalisé que je me sentais mieux avec ma spiritualité dans le calme de ma maison.

Mon amie la sauge 

Tu connais la sauge? Tu y as peut-être déjà goûté dans un repas, car c’est une herbe qui s’utilise pour parfumer des mets. Elle a des bienfaits comme faciliter la digestion et guérir les maux de gorge. 

Chez les Premières Nations, la sauge est une plante sacrée. On en fait brûler lors de rituels, pour se purifier avec la fumée lorsqu’une personne ressent de mauvaises énergies, veut se recentrer, ou prendre un moment pour elle.

Pour ma part, quand je me purifie avec de la sauge, je prends d’abord un moment pour déposer de bonnes intentions. Je me mets dans un état de paix. Je passe ensuite la fumée autour de moi. Je purifie ma tête, mon esprit, mes yeux pour voir les belles choses qui m’entourent, mes oreilles pour entendre les bonnes choses et ma bouche pour que les paroles que je prononce viennent de mon cœur.

J’en profite aussi pour remercier le Créateur pour les belles choses qui se trouvent dans ma vie et pour demander la protection des personnes que j’aime.

C’est un rituel autochtone que j’affectionne. Chaque personne développe sa propre relation avec ses croyances, ses traditions et ce qui lui apporte du bien-être. Pour certaines personnes, ce sera la prière et pour d’autres, ce sera le territoire, la chasse, les cérémonies, le tambour ou encore les moments passés avec les aînés.

Et toi, y a-t-il une activité ou un endroit qui t’aide à te sentir calme, bien et en connexion avec ce qui est important pour toi?

Une nouvelle vie pour les bélugas

Te souviens-tu de l’histoire des bélugas du parc aquatique Marineand, en Ontario? En 2024, l’établissement a dû fermer ses portes et n’avait plus assez d’argent pour s’occuper de tous ses animaux.

Les responsables devaient donc trouver un nouvel endroit où les bélugas pourraient vivre et recevoir les soins dont ils ont besoin.

Eh bien, bonne nouvelle! Les premiers bélugas du groupe ont enfin trouvé une nouvelle maison! Six d’entre eux ont été transportés vers deux établissements spécialisés aux États-Unis, où vivent déjà d’autres bélugas.

Quatre sont arrivés à l’aquarium Shedd, à Chicago, et deux autres à SeaWorld, au Texas.

Selon les responsables, les animaux sont arrivés en bonne santé et s’adaptent tranquillement à leur nouvel environnement.

Et ce n’est pas terminé : 24 autres bélugas et quatre dauphins doivent encore quitter Marineland dans les prochains mois, puisque le célèbre parc aquatique ferme définitivement. 

Joey est en pleine forme!

Tu te rappelles aussi de Joey, le jeune kangourou roux aperçu à Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal?

Pendant plusieurs jours, il a échappé aux personnes qui tentaient de l’attraper. Finalement, des agents de la Faune et des policiers ont réussi à le mettre en sécurité.

Depuis, Joey habite au Zoo de Granby, au Québec.

Après un peu plus d’un mois de soins, le zoo affirme qu’il s’est remis de ses émotions et est en très bonne santé.

Bientôt, Joey déménagera dans un autre zoo spécialisé. Le nom du zoo est encore tenu secret, mais on nous promet que le petit kangourou y sera bien.

Même si son aventure a commencé de façon mouvementée, on peut croire que Joey pourra bondir vers une vie plus tranquille… dans un endroit mieux adapté à ses besoins! 

Et toi, quel animal t’a le plus marqué dans les nouvelles cette année?

En 2013, le programmeur informateur italien Alberto Brandolini écoute une entrevue de l’ancien premier ministre de son pays, Silvio Berlusconi, dans laquelle ce dernier enchaine si rapidement les mensonges que le journaliste qui l’interroge ne parvient pas à les réfuter.

Alberto Brandolini dépose ensuite sur Twitter, qui était alors un lieu de discussion plus agréable, cette phrase : «L’asymétrie du baratin : la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter les mensonges est largement plus grande que celle pour les produire.» (Traduction libre)

Même si John Arbuthnot en 1712, Jean-Jacques Rousseau en 1751 et Daniel Kahneman en 2011 ont évoqué des idées similaires, ce sera cette vulgarisation en langage simple, et même familier, qui immortalisera Alberto Brandolini en donnant son nom au principe et en mettant des mots sur l’un des mécanismes de base de la désinformation.

Allons-y d’un exemple concret.

Vous parcourez votre réseau social préféré et tombez sur le message d’un compte que vous ne connaissez pas – peut-être partagé par quelqu’un que vous connaissez – qui clame haut et fort que les hippopotames des familles sont un fléau. Il y a même une image qui semble réaliste comme preuve.

Vous avez un doute, un vieux souvenir… Heureusement, dans ce cas-ci, une recherche rapide vous mènera à une vieille publicité qui utilisait cet exemple pour rappeler d’être vigilant sur ce que l’on voit sur nos écrans.

Mais qu’en est-il lorsque l’affirmation est plus complexe et concerne une loi? Votre recherche sera beaucoup plus laborieuse.

C’est le cas pour les journalistes ou créateurs et créatrices de contenu qui entreprennent de démontrer qu’une déclaration est fausse. Ils devront éplucher des comptes rendus, des rapports, appeler des spécialistes… Un mensonge inventé et craché en 5 secondes prendra peut-être 8 heures à décortiquer et démentir avec preuves à l’appui.

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Mensonges à la chaine

L’arrivée des réseaux sociaux a permis d’exploiter cette asymétrie. La quantité de mensonges produits chaque jour – pour ne pas dire chaque minute – est si grande qu’il est difficile de tous les réfuter.

L’introduction des outils d’intelligence artificielle rend la tâche tout simplement impossible. Non seulement en raison de la hausse exponentielle du nombre de faussetés, mais aussi parce que démontrer qu’une image ou qu’une vidéo a été faite avec l’un de ces outils ajoute une couche de recherche et de complexité.

L’asymétrie ne concerne pas seulement la production des mensonges, mais aussi leurs effets.

Une fausse affirmation simplifie souvent un fait ou un évènement et tente de provoquer une émotion spécifique. Des recherches ont montré que les émotions comme l’anxiété, la joie, le dégout, la peur ou la colère augmentent la probabilité qu’une personne partage une information. De plus, si elle est déjà en accord avec la déclaration, les chances qu’elle la partage sont encore plus grandes.

Les algorithmes des réseaux sociaux, calibrés pour garder les internautes engagés à travers du contenu qui chatouille ces émotions, multiplient la portée de ces messages au détriment des contenus plus nuancés et vérifiés – autrement dit plus plates.

Finalement, notre propre cerveau nous joue des tours. La mémoire retient plus facilement ce qu’elle apprend en premier. L’effet de primauté, surtout s’il fonctionne en tandem avec le biais de confirmation, fait en sorte que le mensonge a plus de chance de rester gravé dans la mémoire. Même si les preuves de la supercherie sont consultées par la suite.

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Insertion dans le réel

Le mouvement antivaccin est un exemple qui illustre comment la loi de Brandolini et les biais cognitifs de notre cerveau interagissent.

L’article d’Andrew Wakefield, qui avançait avoir trouvé un lien entre les vaccins et l’autisme, a été démenti 12 ans après sa publication. Il a été retiré et l’auteur n’a plus le droit de pratiquer la médecine. Entretemps, plus de 40 autres études n’ont trouvé aucun lien entre les vaccins et l’autisme.

Andrew Wakefield n’a pas écrit son article en quelques heures. Il a pris le temps de sélectionner ses cobayes et de manipuler les données pour obtenir le résultat qu’il voulait. Ça lui a probablement pris des mois.

Cependant, le journaliste Brian Deer a fait des recherches et des entrevues pendant 7 ans pour dénicher les preuves de sa supercherie.

Malgré cela, l’article original continue d’être brandi comme preuve par ceux qui ont probablement vu ses mensonges en premier. Le nom du fraudeur est aussi plus connu que le nom de celui qui l’a démasqué.

Ne renversez pas le fardeau de la preuve

Pour limiter l’influence de la loi de Brandolini dans votre vie, appliquer d’abord les mêmes techniques qui permettent de confirmer si une information est valable :

Ces techniques mettent de l’avant un principe important pour garder votre scepticisme bien éveillé : le fardeau de la preuve revient à la personne qui lance une affirmation. Si on vous jure que le gazon devient bleu après la pluie, demandez plus de détails sur les sources, demandez les preuves. Restez incrédules tant qu’ils n’ont pas fourni un véritable effort de vous convaincre honnêtement.

Une affirmation extraordinaire demande des preuves extraordinaires. Soutenir que la terre est plate nécessite un plus grand nombre de corroborations que de dire que les oiseaux volent bas quand la pluie approche.

Les outils d’intelligence artificielle pourraient un jour être utilisés pour démasquer plus rapidement les fausses informations et renverser la loi de Brandolini. Des groupes y travaillent. Mais encore ici, le processus sera toujours plus complexe que de demander à une IA de nous produire une vidéo d’une maman renard qui a protégé son bébé contre un incendie de forêt (oui, cette vidéo existe et elle est fausse).

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FRANCOPHONIE

La secrétaire parlementaire de la ministre des Services aux Autochtones, Ginette Lavack, était à Saskatoon mardi pour confirmer un financement de 4 millions de dollars destiné à divers organismes francophones de la Saskatchewan.

Les fonds ne constituent pas de nouveaux investissements, puisqu’ils proviennent des enveloppes du Fonds d’action culturelle communautaire et du Programme Développement des communautés de langue officielle du ministère du Patrimoine canadien. L’annonce comprenait toutefois un appui destiné à de nouveaux projets.

Littérature et mémoires : Cinq organismes reçoivent un total de 160 000 $ concernant soit la production littéraire, soit la mémoire vivante. Par exemple, l’Association des parents fransaskois recevra environ 48 000 $ sur deux ans pour une formation en bande dessinée pour les jeunes. De leur côté, les Auvergois de Ponteix et la Société canadienne-française de Prince Albert pourront chacune consigner les mémoires orales de leurs ainées.

Le reste du montant vise des projets et programmes réguliers d’une vingtaine d’organismes.

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CANADA

Dimanche, le bureau du premier ministre a annoncé que trois élections partielles auront lieu le 31 aout 2026.

Les circonscriptions concernées sont Beaches–East York (Ontario), pour remplacer le libéral Nathaniel Erskine-Smith, qui a tenté sa chance en politique provinciale; North Vancouver–Capilano (Colombie-Britannique), laissée vacante après la nomination du libéral Jonathan Wilkinson comme ambassadeur du Canada auprès de l’Union européenne en avril; puis Chicoutimi–Le Fjord (Québec), où le conservateur Richard Martel a été nommé au Sénat.

Majorité peu menacée : Les libéraux de Mark Carney ont besoin de remporter un seul de ces trois sièges pour conserver leur majorité au Parlement.

Le gouvernement libéral n’a pas l’intention d’exiger une contribution financière pour le secteur de la production télévisuelle canadienne aux grandes entreprises de diffusion continue en ligne.

En juin, Patrimoine canadien avait demandé au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de réviser sa décision d’augmenter le taux des redevances de 5 à 15 %.

Selon un document envoyé par le procureur général du Canada à la Cour d’appel fédérale, le gouvernement retirera cette exigence et la remplacera par un financement gouvernemental.

Recul : Le Nouveau Parti démocratique critique la décision. «Il ne s’agit là que d’une mesure d’apaisement destinée à complaire à Donald Trump et à ses allié·es milliardaires du secteur technologique; cette décision menace l’avenir des médias et du contenu canadiens», déclare la porte-parole en matière de patrimoine, Heather McPherson, par voie de communiqué.

La décision affaiblit aussi la Loi sur la diffusion continue en ligne, ajoute-t-elle.

Pour le cout de la vie : Questionné sur cet enjeu en conférence de presse en Alberta mercredi, le premier ministre, Mark Carney, reprend les réponses de juin et insiste sur le fait que «la décision a été prise il y a deux mois».

«Les Canadiens sont affectés depuis la covid par une augmentation de l’inflation. Nous avons vu une décision [d’une agence fédérale] qui pourrait entrainer une augmentation pour des services que les Canadiens utilisent. Nous nous sommes dit qu’il y avait une meilleure façon de le faire et nous avons fait l’investissement.»

En juin, le ministre Marc Miller avait effectivement annoncé 600 millions de dollars pour le secteur de la production culturelle.

Le gouvernement des États-Unis considérait cette redevance comme un obstacle commercial. Interrogé sur les bénéfices pour le Canada de ce genre de recul, le premier ministre a simplement répondu que le pays a déjà la meilleure entente commerciale au monde avec les États-Unis.

Demande de stabilité : La Coalition pour la diversité des expressions culturelles ne critique pas la décision, mais exige que le financement soit récurrent et à la hauteur des 200 millions de dollars que la redevance aurait pu apporter annuellement. Il devra aussi être indexé aux revenus de ces plateformes, précise l’organisme dans un communiqué.

À lire aussi : Ottawa demande au CRTC de ne pas augmenter les investissements pour les géants de la diffusion

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Le groupe citoyen Démocratie en surveillance conteste devant les tribunaux la conclusion du commissaire aux conflits d’intérêts que Justin Trudeau n’a pas commis de faute lorsqu’il ne s’est par retiré d’une décision de financement de l’organisme de bienfaisance UNIS, avec lequel sa famille avait des liens.

Photo : Inès Lombardo – Francopresse (Archives)

L’article 66 de la Loi sur les conflits d’intérêts limite la possibilité de demander un contrôle judiciaire pour les décisions du commissaire aux conflits d’intérêts. Dans une décision unanime, la Cour suprême a conclu jeudi que cet article viole la garantie constitutionnelle qu’ont les cours de justice de vérifier si les autorités publiques ont respecté les lois.

Une décision en lien avec UNIS et Trudeau : La demande de vérification de validité de l’article a été menée devant la Cour suprême par le groupe citoyen Démocratie en surveillance, qui conteste une conclusion du commissaire aux conflits d’intérêts.

Après une enquête en 2021, ce dernier avait conclu que le premier ministre d’alors, Justin Trudeau, n’avait pas enfreint la Loi lorsqu’il avait participé à deux décisions concernant le financement de l’organisme UNIS, avec lequel sa famille avait des liens.

La décision de la Cour suprême annule une décision de la Cour d’appel fédérale qui avait refusé d’étudier la plainte de Démocratie en surveillance en raison de l’article 66. Cette cour devra maintenant se pencher sur la légalité de la décision du commissaire.

Une étude de professeurs de l’Université McGill (Montréal) dévoilée mardi montre que lors d’élections fédérales, les partisans des partis défaits font moins confiance aux autres citoyens.

Ils ont utilisé des données d’élections fédérales et provinciales entre 2004 et 2024 pour en arriver à cette conclusion. Les données comprenaient des informations sur les intentions de vote et le niveau de confiance envers leurs concitoyens.

Polarisation : L’auteur principal de l’étude, le professeur adjoint au Département de science politique, Mark Williamson, rappelle que le Canada est l’un des pays où la polarisation augmente. D’ailleurs, la perte de confiance est plus accentuée chez les personnes qui ont un attachement plus fort à un parti et des sentiments plus négatifs envers les autres.

Fondement démocratique : «La confiance sociale est l’un des fondements d’une société fonctionnelle. Notre article avance que la concurrence électorale – mécanisme par lequel les démocraties sont censées canaliser les conflits et produire des résultats légitimes – pourrait nuire à la cohésion sociale, particulièrement lorsque l’animosité entre les partis s’accentue», explique Mark Williamson dans le communiqué.

Être professionnelle de la santé mentale en 2026 est à la fois un privilège et un défi. Chaque jour, j’observe les répercussions des bouleversements sociaux, environnementaux et humains sur le bienêtre psychologique des personnes que j’accompagne. Une question me revient constamment : où s’en va notre société et quelles seront les conséquences de ces transformations sur notre santé mentale?

Aujourd’hui, il devient difficile d’être satisfait de ce que nous avons. Les réseaux sociaux nous exposent à un paradoxe : une image idéalisée du bonheur fondée sur la réussite, la performance et la consommation, tout en nous confrontant quotidiennement aux changements climatiques, aux conflits et aux crises humanitaires.

Nous vivons dans une société où la réussite est souvent mesurée par nos accomplissements et nos biens matériels, faisant de la consommation un symbole de statut social.

Cette surconsommation et le gaspillage alimentaire accentuent la pression exercée sur les agriculteurs, les pêcheurs et les autres travailleurs des ressources naturelles, déjà confrontés aux effets des changements climatiques.

Voici le témoignage d’un fermier d’expérience de la péninsule Acadienne qui affirme que les changements climatiques ont une incidence directe sur le revenu des agriculteurs. Les épisodes de chaleur perturbent le cycle de reproduction des animaux et entrainant une diminution des vêlages. Moins de naissances signifient moins de production et, par conséquent, une baisse des revenus des exploitations agricoles. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Véronique Robichaud est travailleuse sociale à l’Université de Moncton et doctorante en éducation à la même université. 

Photo : Courtoisie

En 2022, 2,5 milliards d’adultes étaient en situation de surpoids, dont 890 millions vivant avec l’obésité. Dans un monde de plus de huit-milliards d’habitants, cette réalité illustre les paradoxes de notre société de consommation.

Mais pourquoi avons-nous constamment besoin de plus? Le striatum, une région du cerveau impliquée dans le système de récompense, nous pousse naturellement à rechercher la nouveauté et la satisfaction. Essentiel à notre adaptation et à notre survie, ce mécanisme peut aujourd’hui contribuer à une quête incessante du «toujours plus». Dans ce contexte, nous devenons des insatisfaits chroniques.

Les problématiques auxquelles nous faisons face sont de plus en plus complexes : isolement, polarisation sociale, incertitude économique, violence, crises climatiques et itinérance. Notre tissu social s’effrite, la fatigue de compassion augmente chez les intervenants et les organismes communautaires s’épuisent.

C’est dans ce contexte que l’écoanxiété prend de l’ampleur. L’Office québécois de la langue française la définit comme un «sentiment d’anxiété, de préoccupation ou d’appréhension devant les bouleversements causés par les changements climatiques et leurs conséquences».

Comme travailleuse sociale sur un campus universitaire, je rencontre des jeunes qui hésitent à poursuivre leurs projets parce qu’ils perçoivent l’avenir comme incertain. Certains se demandent même s’ils vieilliront dans un monde viable. Au Nouveau-Brunswick, environ 55,8 % des élèves de la 4e à la 12e année rapportent des symptômes d’anxiété ou de dépression.

Les changements climatiques ne touchent donc pas seulement notre environnement : ils influencent également notre santé mentale, notre sentiment de sécurité et notre capacité à envisager l’avenir.

Fait intéressant : la chaleur est associée à une augmentation de l’agressivité et de certains troubles de santé mentale, alors que notre système de santé est déjà sous pression.

Quelles sont les solutions? Comme travailleuse sociale, je crois qu’il est essentiel de reconnaitre et de normaliser les émotions liées aux changements climatiques. S’engager dans sa communauté, limiter son exposition aux nouvelles lorsque nécessaire et échanger avec les autres favorisent la résilience et réduisent l’isolement.

Collectivement, nous devons réduire les émissions de gaz à effet de serre, poursuivre la transition énergétique et adapter nos sociétés vers un modèle plus écologique et durable.

Avec ma lunette de doctorante, j’ajouterais l’importance d’investir dans la recherche, l’accessibilité des soins en santé mentale et surtout dans l’éducation, qui demeure, selon moi, l’un des outils les plus puissants pour transformer le monde. Il faut également développer des programmes de santé mentale adaptés aux pêcheurs, aux agriculteurs et aux autres travailleurs des ressources naturelles afin de mieux répondre à leur réalité et de briser les tabous entourant la santé mentale.

Reconnaitre les effets des changements climatiques sur notre santé mentale ne signifie pas sombrer dans le découragement, mais plutôt reconnaitre notre capacité d’agir et de construire un avenir meilleur. Car oui, le monde peut être beau : la solidarité, l’empathie collective et la capacité des communautés à se soutenir après une catastrophe demeurent de puissantes sources d’espoir pour les générations futures.

Aucun geste n’est insignifiant : chaque choix quotidien contribue à réduire notre impact sur la planète. Il est temps d’agir.

Je vous laisse, cher lecteur, sur cette citation attribuée à Douglas K. Wilson : «N’essayons pas de créer un monde meilleur pour nos enfants. Éduquons plutôt nos enfants afin qu’ils créent un monde meilleur.»