le Dimanche 4 janvier 2026

Ce sont des chercheurs de l’Université de l’Arkansas, aux États-Unis, qui ont fait cette découverte. Pour en arriver à cette conclusion, ils ont analysé plus de 20 000 photos de ratons laveurs prises dans les villes américaines.   

Les scientifiques ont remarqué que le museau des ratons des villes était plus court que celui des ratons sauvages. Et ça, pour la science, c’est un signe qu’un animal s’adoucit et devient moins agressif envers les humains. Qu’il devient plus domestique. C’est un phénomène connu qui porte même un nom : le syndrome de domestication. Ce syndrome modifie la couleur du pelage, la grosseur des dents, la forme des oreilles, de queue et du visage.

Tous seuls, comme des grands!

Les chercheurs ont été surpris de voir que la domestication des ratons laveurs était assez rapide et qu’elle se faisait sans l’aide des humains. Ce ne sont pas les gens qui les apprivoisent. Ce sont les ratons eux-mêmes qui s’approchent des poubelles et des dépotoirs. C’est la nourriture qui les attire. Pas notre charmante compagnie!

Il se produit alors ce qu’on appelle une sélection naturelle. Les ratons qui ont le plus de succès sont ceux qui sont à la fois téméraires (ils osent s’approcher des humains) et doux. Comme ils vivent plus longtemps que les autres, ils peuvent faire plus de bébés. Donc de plus en plus de bébés héritent des traits doux, vont vivre plus longtemps, etc. 

En résumé : Papa raton doux = accès aux poubelles des humains = survie = plein de bébés ratons doux!

Ce ne sont pas les premiers animaux sauvages à être attirés par nos poubelles! Il y a des milliers d’années, les ancêtres des chiens et des chats ont eux aussi quitté leur habitat pour s’approcher de nos restes de nourriture. 

Source : Springer Nature, The Guardian

La Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) a lancé un projet pancanadien, «Culture d’entreprise», pour favoriser l’intégration et la rétention des personnes issues de l’immigration francophone. Comment? Grâce à la médiation culturelle.

«On ouvre des voies de collaboration entre les arts et la culture, le monde économique, les milieux de travail qui participent à un projet, et les personnes issues de l’immigration», résume Nancy Juneau de la FCCF. 

Photo : Clémence Labasse – Francopresse (Archives)

Autrement dit, la mise en relation entre les membres d’une entreprise et un ou une artiste pour mener à terme un projet artistique et «solidifier des liens entre les gens qui y participent», explique la présidente de la FCCF, Nancy Juneau.

«Ça peut être un projet en théâtre, en danse, en art visuel», précise-t-elle.

«L’objectif, ce n’est pas tant la production finale que la démarche qui amène les participants à nouer des relations et les échanges que cela engendre. On espère que ce projet va contribuer à faire en sorte que ces nouveaux arrivants se sentent mieux accueillis; qu’ils sentent qu’ils font partie d’une communauté.»

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Des projets sur trois ans

L’initiative «Culture d’entreprise» s’étale sur trois ans. La FCCF compte implanter ce projet dans toutes les provinces et tous les territoires hors Québec.

«On a un financement pour faire 16 expériences en milieu de travail», rapporte Nancy Juneau.

«C’est un projet clé en main», insiste-t-elle. L’entreprise doit se charger de recruter des participants et participantes, mais ensuite, «Culture d’entreprise» s’occupe de trouver des ressources artistiques et culturelles dans la région et de mettre en relation les personnes concernées.

«Nous sommes en pourparlers avec des partenaires pour identifier un milieu d’emploi dans le Nord de l’Ontario, en Saskatchewan et au Manitoba», détaille la FCCF dans un courriel.

Un appel d’intérêt sera lancé au début de l’année 2026 pour identifier les six milieux d’emploi qui seront accompagnés en 2026-2027.

Échanges mutuels

La première entreprise à se joindre à l’initiative est la Coop IGA de Dieppe, au Nouveau-Brunswick.

Le gérant, Denis Rioux, a proposé aux membres intéressés de son personnel de former un groupe qui, une fois par semaine, aura l’occasion de travailler ensemble sur un projet artistique de son choix. Quatre employés issus de l’immigration et deux Acadiens ont embarqué.

Une bonne proportion de mes employés sont issus de l’immigration des pays francophones. Il me semble qu’il fallait que je joigne ça pour essayer de mieux les comprendre, puis eux aussi mieux comprendre justement la culture d’entreprise canadienne, qui est un peu différente probablement de ce qu’ils vivent dans leur pays.

— Denis Rioux

D’un pays à l’autre, les politiques, mais aussi les lois liées au travail, changent. Denis Rioux estime qu’il peut lui aussi apprendre des personnes immigrantes, sur le plan culturel, notamment grâce à leurs coutumes et leurs valeurs.

«Pour une entreprise comme la nôtre, on a toujours valorisé le respect entre les personnes, peu importe leur nationalité, leur religion ou leur genre. Ça fait partie de notre ADN.»

Le directeur de la Coop espère qu’à terme, cette expérience soudera son équipe. «Peut-être que ce sera encore plus agréable pour eux de venir travailler, par exemple.»

Si je peux permettre à quelqu’un de s’intégrer au marché du travail au Canada, puis qu’après un an, deux ans, la personne est devenue bilingue et qu’elle peut accéder à des emplois supérieurs – que ce soit dans la fonction publique ou dans des échelons d’entreprise supérieurs – j’aurais accompli ce que j’avais à accomplir.

— Denis Rioux

Car beaucoup d’entreprises dans les secteurs francophones «ont un peu de misère à faire du recrutement» et à retenir les nouveaux arrivants, remarque Denis Rioux.

«Souvent, ils découvrent des milieux où ils ont de la difficulté à s’adapter. Puis plusieurs d’entre eux auront tendance à s’en aller vers des grands centres où ils peuvent trouver plus de membres de leur communauté d’origine», complète Nancy Juneau.

À lire ailleurs : Une initiative pancanadienne en faveur de la rétention des immigrants francophones à la Coop IGA de Dieppe (Le Moniteur Acadien)

Intégration économique versus intégration culturelle

L’intégration et la rétention ne sont pas des enjeux propres aux francophones, rappelle la professeure agrégée en géographie à l’Université d’Ottawa et spécialiste en immigration canadienne, Luisa Veronis. Ils concernent l’ensemble de l’immigration au Canada.

«Dans une économie fondée sur le savoir, les approches artistiques peuvent stimuler la créativité, la collaboration et l’innovation au sein des entreprises», dit Luisa Veronis. 

Photo : Courtoisie

Le pays mise avant tout sur une immigration dite économique, en sélectionnant des personnes hautement qualifiées, avec l’attente qu’elles contribuent rapidement à l’économie.

Mais une fois arrivées, celles-ci se heurtent à de nombreux obstacles, comme la reconnaissance des diplômes, les professions règlementées ou encore le fonctionnement très réseauté du marché du travail canadien.

«En contexte minoritaire, les défis augmentent : il y a moins d’emplois en français et les communautés sont plus petites», ajoute la chercheuse.

Néanmoins, «l’intégration sociale et l’intégration économique vont main dans la main», rappelle-t-elle.

Luisa Veronis voit ainsi d’un très bon œil l’initiative de la FCCF, très originale et très pertinente à ses yeux. La médiation culturelle permet de développer un milieu de travail plus ouvert et inclusif, au-delà des différences culturelles ou linguistiques.

«Il s’agit de créer un esprit d’équipe avec des valeurs communes où on travaille ensemble vers un objectif ou un projet; mettre en valeur justement l’apport, la créativité des différents membres.»

«Un projet artistique, c’est une façon de valoriser les talents, poursuit-elle. Les activités artistiques ont aussi ce pouvoir de permettre aux gens de se connecter à un autre niveau.»

Seul bémol selon elle : «Culture d’entreprise» s’adresse à des personnes déjà en emploi et ne répond donc pas directement au défi de l’embauche des personnes immigrantes.

«Mais je pense que les entreprises qui vont participer à ce projet peuvent avoir une répercussion sur d’autres employeurs pour que ceux-ci s’ouvrent à engager des nouveaux arrivants.»

À lire aussi : Le français : langue économique ou culturelle?

Pourquoi l’art?

«Les travailleurs n’ont pas nécessairement l’habitude de participer à des projets culturels et artistiques, donc ils sont en train de vivre ensemble une nouvelle expérience qui est nouvelle pour tout le monde. Ça crée comme un terrain de rencontres fertiles», observe Nancy Juneau.

«La recherche d’emploi continue d’être extrêmement difficile, surtout pour les nouveaux arrivants qui ne parlent pas anglais, parce qu’on a beau avoir une belle communauté francophone, mais il y a quand même une exigence d’être bilingue pour plusieurs postes», témoigne Marie-Pierre Proulx.

Photo : Venant Nshimyumurwa – Le Voyageur

«Tout passe par la culture, lance Denis Rioux. Que ce soit la lecture, la musique, la nourriture.»

À Sudbury, le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) organise déjà depuis plusieurs années le concours Par ici le talent! pour tisser des liens entre les organismes culturels francophones de la ville et les nouveaux arrivants.

«Cette initiative communautaire a vraiment comme but de permettre aux gens de se rassembler, de vivre ensemble des expériences positives par le biais des arts et de la culture», explique la directrice artistique et codirectrice générale du TNO, Marie-Pierre Proulx.

Le concours en est à sa troisième édition. «C’était vraiment pour nous un premier contact avec des immigrants qu’on ne voyait pas à l’époque dans nos salles. Et pour eux, c’est une façon de découvrir la communauté, des nouvelles personnes, de faire des liens, ce qui peut aider à la rétention.»

«C’est un premier pas dans la bonne direction»

Marie-Pierre Proulx fait une mise en garde : c’est un travail de longue haleine. «C’est un premier pas dans la bonne direction. Il y a des gens qu’on a découverts à travers ce projet-là et avec qui on collabore maintenant de façon plus régulière ou qui font du bénévolat pour nous.»

«Il y a des gens qu’on voit plus régulièrement dans nos salles et qui ont découvert comment on fait du théâtre au Canada français.»

Cette expérience a aussi permis au TNO d’être plus sensible dans ses choix de programmation, notamment en faisant venir des spectacles d’ailleurs ou en créant des pièces «pour que les gens qui viennent par exemple de pays d’Afrique francophone puissent aussi se reconnaitre sur scène dans les spectacles professionnels», détaille la directrice artistique.

«C’est une chose qu’on s’est fait dire : “Oui, c’est bien qu’il y ait un théâtre francophone à Sudbury, mais on ne se reconnait pas nécessairement dans ce que vous présentez.”»

À lire aussi : Départ des immigrants francophones : une réalité toujours d’actualité?

«Forte et fière», la jeunesse autochtone fait entendre sa voix

Entre valorisation de leur culture, engagement civique et leadeurship, les jeunes Autochtones redéfinissent leur identité et mettent en avant leurs talents. Un engagement remarqué tant par les décideurs politiques que par le milieu universitaire.

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Connor Lafortune et Page Chartrand sont deux voix fortes franco-anichinabées du Nord de l’Ontario. 

Photo : Courtoisie Connor Lafortune

Enseigner, partager et vivre l’histoire des Noirs

Grâce à des évènements et initiatives locales d’un bout à l’autre du Canada, des leadeurs et leadeuses travaillent à favoriser l’inclusion, briser les stéréotypes et inspirer les jeunes à s’affirmer dans la société canadienne. Ils et elles plaident aussi pour une plus grande place de l’histoire des Noirs dans les programmes scolaires.

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Regina célèbre le Mois de l’histoire des Noirs : un moment d’échange et de réflexion sur l’héritage et l’avenir des communautés noires. 

Photo : Courtoisie CAFS

Cinq ans après la COVID‑19, le bingo radio n’a pas dit son dernier numéro

Cinq ans après la COVID‑19, le bingo radio continue de rassembler et de dynamiser les communautés francophones à travers le pays. Le jeu reste une tradition bien ancrée dans plusieurs régions au pays, générant des fonds essentiels pour des radios communautaires francophones et créant des moments intergénérationnels.

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Partout au pays, le bingo permet de recueillir des fonds pour différentes causes. Quelques radios communautaires en dépendent. 

Photo : Pierre Ouellette

Crise du logement : solutions d’ici et d’ailleurs

Si la crise du logement persiste au Canada, des idées prometteuses émergent, et elles ne passent pas forcément par la construction de nouveaux logements. Des villes comme Edmonton révisent leurs règles d’urbanisme pour favoriser la densification douce et améliorer l’abordabilité.

À l’étranger, des modèles comme celui de Vienne montrent qu’une intervention publique forte peut rendre le logement accessible sans dépendre du profit.

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Un voyage dans l’Ouest canadien, dans l’histoire du pays, en Europe et en Asie, montre que des solutions potentielles existent juste sous notre nez. Photo prise à Toronto. 

Photo : Eva Bronzini – Pexels

Cinéastes noires, trans et non binaires : un programme pour changer le scénario

Grâce à des résidences, du mentorat, des ateliers et des coproductions interrégionales, le programme Reel Change offre des ressources, des opportunités professionnelles et un espace de création plus équitable pour les cinéastes noires, trans et non binaires. Le projet vise à lever les obstacles systémiques et à ouvrir davantage de postes décisionnels aux créatrices sous‑représentées.

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Le programme pancanadien Reel Change accompagne les créatrices et productrices noires, trans et non binaires dans le milieu du cinéma et de la télévision. 

Photo : Courtoisie

Francophones, âgés et queer : vieillir avec fierté malgré l’isolement

Des initiatives communautaires francophones partout au pays s’organisent pour que les personnes âgées 2ELGBTQI+ vivent avec fierté et sans isolement. Des organismes comme Réseau Vivre+ Fierté à Toronto rassemblent déjà des dizaines de membres autour d’activités sociales, tandis que des collaborations intergénérationnelles renforcent le soutien mutuel.

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Après s’être battues pour leurs droits, les personnes âgées francophones 2ELGBTQI+ font aujourd’hui face à deux combats majeurs : l’isolement et l’accès aux services en français. 

Photo : Baliente Agency – Unsplash

Entrepreneuriat des jeunes : «le bilinguisme est un atout incontestable»

De nombreux programmes et organismes proposent du mentorat, des formations et des financements pour aider les jeunes francophones à lancer et faire croitre leurs entreprises, tout en contribuant à la vitalité du français et de l’économie locale.

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La Franco-Ontarienne Mira Barrette participe au programme C’est moi l’boss! du Conseil scolaire du Grand Nord. Grâce au programme, la jeune fille a pu développer son entreprise de création de bijoux en perle. 

Photo : Julien Cayouette – Francopresse

Francophonie minoritaire : les mèmes comme arme culturelle et identitaire

Les mèmes – ces images, vidéos et textes remixés – permettent d’illustrer avec humour des réalités culturelles et linguistiques propres aux communautés francophones, de célébrer leurs accents, expressions et histoires ainsi que de créer des liens de solidarité en ligne.

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Les mèmes peuvent réunir les communautés et les faire rire ensemble face à une expérience commune. 

Photo : Les Français qui vivent au Québec (Groupe Facebook)

Élections fédérales : un fonds philanthropique pour soutenir les médias locaux

Après une expérience concluante, le Forum des politiques publiques recommande la création d’un fonds philanthropique non partisan permanent pour soutenir la couverture des élections au Canada.

Accessible aux médias de langue minoritaire, le fonds prévoirait aussi un volet dédié aux médias autochtones, avec un comité d’évaluation distinct; un pas de plus pour renforcer l’information locale et la démocratie.

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Le Forum des politiques publiques rappelle qu’au Canada, 2,7 millions de personnes n’ont accès à aucun ou qu’un seul média local, selon une étude du Centre canadien de politiques alternatives. 

Photo : freepik

Plafond d’étudiants étrangers : le commissaire aux langues officielles donne raison à l’ACUFC contre IRCC

Le commissaire aux langues officielles a donné raison à l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC) face au ministère Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) sur le plafond d’étudiants étrangers. Une décision saluée comme une victoire pour les universités francophones et pour la prise en compte des enjeux linguistiques dans les politiques d’immigration.

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La plainte de l’ACUFC auprès du Commissariat aux langues officielles porte sur la décision du ministère de l’Immigration d’imposer une limite de permis pour des étudiants étrangers en janvier 2024. 

Photo : Redd Francisco – Unsplash

«Va apprendre ta langue» : ces Autochtones qui reprennent le flambeau

Ils et elles n’ont pas dit leur dernier mot. Partout au Canada, des Autochtones (ré)apprennent la langue de leurs ancêtres pour préserver et se réapproprier une culture dont ils et elles ont été privés. Cours en ligne et en personne, chansons, espaces intergénérationnels : ces initiatives nourrissent une véritable reconquête culturelle et témoignent de la résilience vibrante des langues autochtones.

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Partout au Canada, différents organismes mettent en place des outils ou proposent des initiatives pour revitaliser les langues autochtones. 

Photo : Jay Thousand* – Unsplash

Le consensus sur l’action climatique est plus grand que la population le croit

Selon un sondage, 82 % des Canadiennes et des Canadiens estiment que leur gouvernement devrait en faire davantage pour lutter contre le réchauffement climatique. Si beaucoup ont l’impression qu’une majorité de la population reste sceptique face à l’action climatique, c’est notamment parce que la désinformation freine encore largement la mobilisation.

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Une large majorité de la population mondiale aimerait voir leur gouvernement mettre en place plus de mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs effets. 

Photo : Skigh_TV – Pexels

Justin Trudeau est contraint de démissionner le 6 janvier 2025, après de nombreux mois de querelles internes au Parti libéral du Canada.

Inès Lombardo - Francopresse

Le 6 janvier, Justin Trudeau tire sa révérence, après presque dix ans au pouvoir et le Parlement est prorogé. Il jette l’éponge après plusieurs mois très compliqués au sein du Parti libéral, avec des divisions sur son leadeurship. L’annonce n’est pas une surprise, mais ses larmes confirment qu’il aurait préféré se battre.

«Je ne suis pas quelqu’un qui recule facilement devant un combat, surtout un combat si important pour le parti et pour le pays, déclare-t-il devant les journalistes. Je fais ce job parce que l’intérêt des Canadiens et le bienêtre de notre pays, de notre démocratie, me tient à cœur. Et c’est devenu clair que je ne peux pas être le chef aux prochaines élections, à cause des batailles internes [au Parti libéral].»

À lire aussi : Francophonie et langues officielles : l’héritage de Justin Trudeau en question

C’est l’ancien conseiller économique de Justin Trudeau qui remporte la victoire comme chef du Parti libéral du Canada, le 9 mars. Sur 151 899 votes, il en récolte plus de 131 600.

Il bat l’ex-ministre et son amie Chrystia Freeland de loin, cette dernière arrachant avec peine plus de 11 000 voix seulement. Elle était pourtant une figure politique et ministre d’envergure depuis l’entrée de Justin Trudeau à la Chambre des communes, en 2015.

Mark Carney est ensuite assermenté comme premier ministre le 12 mars.

Pierre Poilievre a perdu son siège dans la circonscription de Carleton, en banlieue d’Ottawa, pour la première fois en 20 ans, mais a réintégré le Parlement avec le siège que lui a cédé son député Damien Kurek, dans Battle river – Crowfoot.

Inès_Lombardo - Francopresse

Le 28 avril, Mark Carney remporte les élections, avec 169 députés sur 343, défaisant ainsi le Parti conservateur du Canada (PCC), donné pourtant favori dans les sondages quelques mois avant les élections. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) n’est plus un parti officiel; il ne compte plus que 7 députés comparativement à 22 avant les élections. Leur chef, Jagmeet Singh, démissionne.

Les conservateurs gagnent 24 sièges de plus qu’en 2021, mais doivent s’incliner devant la victoire des libéraux. Pierre Poilievre perd son siège, mais sera réélu en aout après que le député conservateur Damien Kurek de la circonscription de Battle River–Crowfoot, en Alberta, démissionne.

À lire : Malgré la défaite, Pierre Poilievre tient toujours son parti

Adopté le 19 juin 2025 en accéléré par le Sénat, le projet de loi controversé C-5 a été approuvé par la Chambre des communes par 306 voix contre 31 grâce à un appui bipartisan des libéraux et des conservateurs. Le NPD, le Bloc québécois et le Parti vert s’y sont opposés.

Le texte vise à accélérer les projets d’infrastructure d’intérêt national et à lever les barrières au commerce interprovincial en accordant davantage de pouvoirs au fédéral.

Ses critiques dénoncent un processus accéléré avec un affaiblissement des protections environnementales et un non-respect du consentement des peuples autochtones.

Le 21 septembre 2025, le Canada a officiellement reconnu l’État de Palestine en marge de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, au moment où un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas se dessinait.

Cette reconnaissance, jugée surtout symbolique par certains, s’inscrit dans une volonté de relancer une paix durable, tout en maintenant le soutien d’Ottawa à Israël.

Au Canada, des voix appellent depuis deux ans aussi à revoir les liens diplomatiques et militaires avec Israël et à légiférer pour empêcher l’exportation d’armes vers des zones en conflit, notamment avec le projet de loi C-232, proposé par la députée du NPD Jenny Kwan et appuyé par le libéral Fares Al Soud. Les négociations sur ce projet de loi se poursuivaient en coulisses à la fin de l’année.

Des rapports accablants contre le Canada pour l’exportation d’armes et l’inaction pour les évacuations médicales, notamment d’enfants palestiniens, ont écorché l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, puis l’actuelle ministre, Anita Anand.

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, s’est vu attribuer de nouveaux pouvoirs de sanction questionnés par la suite sur leur portée et leur efficacité, notamment par le parti conservateur, lors des comités de langues officielles qui ont suivi.

Courtoisie

Le 26 novembre 2025, le gouvernement fédéral a présenté un avant-projet de règlement après deux ans et demi d’attente des francophones.

Il vise à accorder au commissaire aux langues officielles de nouveaux pouvoirs de sanctions administratives pécuniaires.

Si le règlement est adopté tel quel, ces sanctions lui permettraient d’imposer des amendes pouvant atteindre 50 000 $ à certaines entreprises de transport et autorités aéroportuaires qui ne respectent pas leurs obligations en matière de services en français et en anglais.

Les pénalités seraient modulées en fonction de la gravité, la fréquence et les conséquences des infractions, dans le but de renforcer l’application de la Loi sur les langues officielles.

À lire aussi : Les nouveaux pouvoirs de sanctions du commissaire aux langues officielles «ratent leur cible»

Le député acadien qui représente la circonscription d’Acadie—Annapolis, en Nouvelle-Écosse, a traversé la Chambre des Communes pour passer du Parti conservateur du Canada au Parti libéral. Critiqué par une partie de ses commettants, il a été imité par Michael Ma plus d’un mois après, et son collègue albertain Matt Jeneroux a démissionné.

Inès Lombardo – Francopresse

Début novembre, le député acadien Chris d’Entremont traverse la Chambre des communes pour passer du Parti conservateur au Parti libéral.

Son collègue albertain, Matt Jeneroux, ne traverse pas, mais démissionne, sans qu’il ait pour autant de date fixe de départ.

Derrière ces deux départs : le style de leadeurship de Pierre Poilievre, qui contrôle son caucus d’une main de fer.

En décembre, quelques heures après avoir assisté à la Fête de Noël du Parti conservateur, le député ontarien de Markham–Unionville, Michael Ma, traverse aussi la Chambre. Les libéraux ne sont plus qu’à un siège de la majorité.

Pierre Poilievre remet en question la démocratie, lorsque des députés élus sous une bannière passent sous une autre.

L’ex-ministre de l’Immigration sous Justin Trudeau a fait son retour au Cabinet Carney comme ministre de l’Identité, de la Culture et ministre responsable des Langues officielles.

Marianne Dépelteau – Archives Francopresse

Le 9 décembre, un règlement lié à la partie VII de la Loi sur les langues officielles, visant à favoriser l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire, a été déposé à la Chambre des communes. Comme celui sur le commissaire aux langues officielles, le texte est attendu depuis juin 2023.

Mais le document soulève des inquiétudes. Le commissaire déplore l’absence de clauses linguistiques obligatoires dans les ententes fédérales-provinciales-territoriales, ce qui nuirait à la transparence et à l’utilisation des fonds destinés aux communautés, notamment en éducation.

Il considère aussi que le processus de consultations est insuffisant et celui d’analyses d’impact incomplet, ce qui pourrait limiter l’efficacité réelle du règlement.

Autre règlementation, même loi : 733 nouveaux bureaux sont désignés bilingues sur 8 750.

Le 1ᵉʳ décembre 2025, Marc Miller a fait son retour au cabinet fédéral comme ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et responsable des Langues officielles, suscitant un accueil plutôt positif chez plusieurs organisations francophones, qui se disent rassurées par son expérience et son écoute, notamment acquises lorsqu’il était ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada sous Justin Trudeau, de 2023 à 2025.

Ces organismes espèrent qu’il poursuivra les efforts pour renforcer les institutions francophones, la culture et l’application de la Loi sur les langues officielles.

Le 12 décembre, la Cour fédérale a partiellement donné raison au Conseil scolaire francophone de Terre-Neuve-et-Labrador en statuant que Patrimoine canadien doit consulter adéquatement les conseils scolaires francophones avant de conclure toute entente avec une province.

Cette décision reconnait pour la première fois une obligation fédérale de consultation en éducation, notamment au regard de la Loi sur les langues officielles et de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés qui protège l’éducation dans la langue de la minorité.

Toutefois, la Cour a jugé que les mécanismes de transparence du financement étaient suffisants et n’a pas accordé de dommages et intérêts.

Du 1er au 5 décembre dernier, les habitants de Hamilton ont pu participer au programme Toys for Tickets, ou «des jouets contre des contraventions».

Le principe est simple : à la place de payer leur contravention de stationnement avec de l’argent, les citoyens pouvaient donner des jouets neufs!

Les jouets étaient déposés à un endroit précis, au centre-ville de Hamilton, pendant les cinq jours de l’initiative. Ensuite, ils ont été remis à United Way Halton and Hamilton. Il s’agit d’un organisme qui aide les gens dans la communauté. Il s’assure que les jouets soient rendus à des familles et à des enfants qui en ont besoin.

Quelques règles

Les jouets devaient être nouveaux, non utilisés et valoir au moins le même prix que la contravention. Les participants devaient aussi garder le reçu du magasin, pour montrer la valeur du jouet.

Mais attention! Seules les contraventions de stationnement étaient acceptées. Les billets pour excès de vitesse ou pour avoir roulé sur un feu rouge ne faisaient pas partie du programme.

Une initiative qui fait chaud au cœur 

«En transformant une contravention en occasion de donner, Toys for Tickets est une façon simple et innovante de soutenir notre communauté», a confié la mairesse de Hamilton, Andrea Horwath, au journal l’Express-ca.

Elle rappelle aussi que les habitants de Hamilton aiment s’entraider. «Les gens d’ici sont connus pour se soutenir les uns les autres, et cette initiative offre une belle façon de redonner pendant le temps des Fêtes», a-t-elle ajouté.

Et le programme fonctionne vraiment!

L’an dernier, lors de la première édition, 65 contraventions avaient été échangées contre des jouets, pour une valeur d’environ 4800 $.

Cette année, encore plus de personnes ont participé. En 2025, 99 contraventions de stationnement ont été transformées en dons. Les amendes valaient un peu plus de 5000 $, mais les jouets donnés ont dépassé cette valeur : plus de 6100 $ au total!

Et toi, quelle bonne action pourrais-tu faire pendant le temps des Fêtes?

S’adapter pour ne pas s’isoler

Étant arrivé au Manitoba à l’automne 2024, Kouamé Benjamin Boateng s’est senti isolé et «vraiment triste» lors de sa première période des Fêtes de fin d’année au Canada. Il vit dans un endroit où il dit ne rencontre pratiquement personne. «L’hiver était à un niveau impensable», confie-t-il.

Kouamé Benjamin Boateng est originaire d’Abidjan, une ville en Côte d’Ivoire. 

Photo : Courtoisie

Kouamé Benjamin Boateng est originaire de Côte d’Ivoire, spécifiquement d’une ville où les Fêtes, à ses yeux, ressemblent à celles des grandes métropoles européennes avec des artères illuminées et une foule en mouvement constant. En arrivant dans sa nouvelle localité, il n’a pas retrouvé la même effervescence. Sa première année au Canada a été une question de survie émotionnelle, raconte-t-il.

Cependant, l’Ivoirien a choisi de rester positif. Sa stratégie : créer son propre petit monde. Avec des amis, il a organisé un réveillon à leur manière : préparer un repas pour retrouver les saveurs de leur pays d’origine, écouter de la musique et bavarder pour combler la distance avec les proches restés au pays.

Cette année, après 12 mois au pays, Kouamé Benjamin Boateng prévoit quelque chose de plus festif. Il compte entre autres décorer sa demeure, passer à l’église pour la messe de Noël pour retrouver le sentiment nostalgique de la Côte d’Ivoire.

De son côté, Hamed Rachid Sidibe, étudiant à l’Université Laurentienne à Sudbury dans le Nord de l’Ontario depuis plus de deux ans, ne célèbre pas Noël pour des raisons religieuses. Il observe l’état d’esprit ambiant avec respect et tolérance, même s’il se sent parfois loin de tout cela.

L’étudiant raconte que son expérience en Côte d’Ivoire, un pays laïc où se côtoient plusieurs religions, l’avait déjà préparé à cette cohabitation des traditions.

Pour lui, ce temps de l’année est synonyme de repos, de prières, de gestes d’entraide envers les personnes dans le besoin et de renforcement des liens familiaux. «Nous en profitons pour passer plus de temps ensemble… et faire le bilan de l’année», explique-t-il.

À lire aussi : La cuisine, ciment social des communautés francophones

Le rôle des organismes : briser la glace

Conscients des différentes expériences vécues par les nouveaux arrivants et nouvelles arrivantes, les organismes comme la Communauté francophone accueillante de Hamilton et celle de London se mobilisent pour bâtir des ponts entre différentes communautés.

Selon Loan Nguyen, les communautés francophones accueillantes de Hamilton et de London ont organisé le Diner des Fêtes le 20 décembre, avec un spectacle humoristique et musical des Chiclettes, intitulé En attendant Noël. 

Photo : Courtoisie

Loan Nguyen, agente de projet responsable du volet sensibilisation et promotion pour les communautés francophones accueillantes Hamilton et London, explique que leur mission est de soutenir l’intégration socioculturelle des nouveaux arrivants; ce qui inclut le temps des Fêtes.

Dans sa ville, elle a organisé, avec le Centre francophone, un diner des Fêtes pour proposer un moment convivial aux personnes nouvelles arrivantes.

Selon Loan Nguyen, l’objectif est double : briser l’isolement et faire découvrir la culture franco-ontarienne durant la période des Fêtes. Entre 100 et 120 personnes s’y sont inscrites, dit-elle.

D’autres initiatives fleurissent également dans sa région : elle énumère des exemples, comme des sessions sur la façon de bien s’habiller en hiver, des friperies ou des distributions de chocolat chaud organisées par le Centre de santé communautaire Hamilton Niagara.

L’agente de promotion attachée au Réseau en immigration francophone du Centre-Sud-Ouest de l’Ontario indique aussi que les associations ethnoculturelles, comme l’Association des Camerounais de Hamilton, organisent aussi leurs propres diners pour célébrer ensemble.

Loan Nguyen rappelle que l’objectif des organismes d’accueil est que les nouveaux arrivants se sentent non seulement accueillis, peu importe leur culture, mais qu’ils sentent qu’ils peuvent, par la suite, contribuer à la communauté.

À lire aussi : L’aide à l’intégration des nouveaux arrivants au cœur du processus d’immigration

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Hamed Rachid Sidibe étudie en service social à l’Université Laurentienne de Sudbury et travaille comme livreur à temps partiel. 

Photo : Courtoisie

Au-delà du sapin

Pour Kouamé Benjamin Boateng, la question de l’inclusion est un véritable défi de société. Il observe que, pour les autorités et les organismes locaux, rendre cette période réellement inclusive est complexe, car les nouveaux arrivants demeurent en minorité. Il est conscient que de s’adapter à toutes ces traditions est compliqué, mais trouve tout de même que cela est «un peu dommage».

Imposer une culture étrangère n’est pas l’objectif, rappelle-t-il. Il s’agit plutôt de créer un mélange où les immigrants adoptent la culture d’accueil tout en préservant la leur. La diversité doit pouvoir être valorisée sans que la culture dominante ignore les traditions minoritaires.

Hamed Rachid Sidibe, de son côté, constate que l’ambiance des Fêtes au Canada reste centrée sur une seule tradition. Il propose ainsi de reconnaitre les grandes fêtes des autres religions, comme l’Aïd el-Fitr ou la Tabaski (Aïd-el-Adha), avec la même importance que les fêtes chrétiennes. Pour que cette diversité soit une force, il plaide pour une inclusion de toutes les religions afin que chacun puisse célébrer sa propre culture dans un cadre reconnu par tous.

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Pourquoi ce sapin est-il devenu aussi important ?

Pour le comprendre, il faut reculer de presque 100 ans. En 1931, les États-Unis traversaient une période très difficile qu’on appelle la Grande Dépression.

Des millions de personnes avaient perdu leur emploi et la population était plongée dans une grande pauvreté.

Mais sur le chantier du Rockefeller Center, alors en pleine construction, les ouvriers voulaient quand même garder un peu d’espoir pour Noël.

Ils ont donc installé un petit sapin et l’ont décoré avec ce qu’ils avaient: des guirlandes en papier et des fruits. C’est ainsi qu’est née la tradition.

Depuis, chaque hiver, les New-Yorkais et des visiteurs du monde entier viennent voir le sapin s’illuminer. Le moment est même diffusé à la télévision. C’est devenu un symbole du début du temps des Fêtes.

Le sapin dans la cour de la famille Ross, avant qu’il soit coupé et transporté à New York. 

Photo: page Facebook de Rensselaer County

D’où vient ce sapin?

Chaque année, c’est un nouveau sapin. L’arbre n’est jamais choisi au hasard. C’est le jardinier du Rockefeller Center qui s’occupe de le trouver… et ce n’est pas une tâche facile! Tous les ans, il parcourt les États-Unis pour trouver LE sapin parfait.

Cette année, il l’a trouvé à East Greenbush, une petite ville dans l’État de New York. Il appartenait à la famille Russ, qui l’avait dans son jardin depuis plusieurs générations. Imagine: le sapin mesure 23 mètres!

Avec le temps, il était devenu tellement grand qu’il commençait à être dangereux. Il était temps de le couper.

Judy Ross, qui est maman d’un petit garçon, a donc offert le sapin au Rockefeller Center. Le moment où l’arbre a été coupé était très émouvant. C’est parce que le mari de Judy, Dan, est décédé en 2020.. Ensemble, ils avaient rêvé que leur sapin devienne celui de New York… et cette année, leur rêve est devenu réalité!

Ce que tu vois dans la vidéo en haut de l’article, c’est le grand décompte, c’est-à-dire le moment où le sapin s’est illuminé pour la première fois de l’année. L’événement a eu lieu le 3 décembre dernier. Judy et son petit garçon, Liam, ont fait le voyage pour assister à ce spectacle.

Le sapin restera jusqu’à la mi-janvier. Ensuite, son bois servira à la construction de maisons pour des familles dans le besoin.

Et toi, as-tu un sapin à la maison? Comment le décores-tu?

Depuis plus de 30 ans, la communauté atikamekw de Manawan réclame que cette route soit réaménagée et sécurisée. 

«Le chemin de Manawan, c’est le seul accès pour avoir des services essentiels, comme les soins de santé ou l’épicerie», explique Sipi Flamand, chef du Conseil Atikamekw de Manawan.

Mais cette route est étroite, sinueuse, et souvent très dure à utiliser. Au printemps et en automne, la pluie et la boue rendent le passage encore plus risqué… et il y a parfois des accidents.

«Les ambulanciers et les patients qu’ils évacuent vivent le danger à chaque déplacement», ajoute le chef.

À l’hiver 2022, l’état de la route a même eu un impact sur l’accès à l’eau potable. « Il y avait eu un verglas, et un des camions transportant de l’eau potable pour nous aider a été obligé de s’arrêter et de se ranger sur le bord de la route à cause de sa mauvaise condition», raconte-t-il.

Il est temps d’agir

En 2018, le gouvernement du Québec avait annoncé qu’il allait réparer le Chemin Manawan. Mais les travaux n’ont jamais commencé. Face à l’inaction, la communauté a décidé de passer à l’étape suivante.

En octobre dernier, le Conseil des Atikamekw de Manawan ont poursuivi le gouvernement en justice pour le forcer à améliorer la route. «On souhaite que ça fonctionne, c’est le moyen de pression le plus important qu’on a déposé jusqu’à maintenant», explique Sipi Flamand.

Pour l’instant, pas de nouvelles du gouvernement. Il faudra attendre la décision des tribunaux pour savoir si leur demande sera écoutée.

Selon Sipi Flamand, le gouvernement devrait davantage prendre en compte la réalité des communautés autochtones qui vivent en région éloignée: «la sécurité et la dignité des citoyens, autochtones comme non autochtones, doivent être traitées sur un même pied d’égalité».

Et toi, as‑tu déjà vu quelque chose dans ta ville qui serait plus sécuritaire si on le réparait?

Ce qui se passe

Depuis mercredi, si un ado ou un enfant australien tente de se connecter sur un réseau social, il reçoit ce message : «Une nouvelle loi nous oblige à bloquer ton compte. Tu pourras revenir quand tu auras 16 ans.»

Cette loi force les plateformes à vérifier l’âge des utilisateurs. Et d’interdire l’entrée aux jeunes. Si un réseau social n’obéit pas, il risque jusqu’à 45 millions de dollars d’amende!

Pourquoi?

Selon le gouvernement australien, les réseaux sociaux nuisent à la santé et à la sécurité des enfants. Les autorités veulent lutter contre la cyberintimidation, la dépendance aux écrans et le risque de voir du contenu inapproprié.

Quelles plateformes sont interdites?

Facebook, YouTube, Instagram, Twitch, Snapchat, Threads, X, Kick et Reddit. Et le gouvernement pourrait allonger sa liste!

Est-ce que les jeunes sont fâchés?

Certains le sont! Plusieurs ont peur de perdre la communauté qu’ils avaient développée en ligne. Deux ados australiens essaient de faire annuler la loi devant un juge!

Que disent les spécialistes?

Plusieurs ont des doutes. Par exemple, le chercheur Vincent Paquin craint que les jeunes fréquentent les réseaux sociaux en cachette et que, s’ils y vivent des choses difficiles, n’en parlent pas. Pour lui, la clé, c’est entre autres «des conversations ouvertes entre les jeunes et les adultes qui les entourent».

Il croit aussi que 16 ans, c’est trop vieux, et qu’il faut plutôt montrer aux jeunes à être des internautes avisés, prêts à naviguer en toute sécurité!

Est-ce que le Canada va copier l’Australie?

Le gouvernement canadien étudie présentement la question. Au Québec, un comité a recommandé l’interdiction aux moins de 14 ans. Tous les yeux sont donc rivés sur l’Australie!

Et toi? Que penses-tu de cette loi?

«Pour certaines personnes, cela peut être un moment de fête, pour d’autres, cela peut représenter un vide», lâche Pierre Soucy, président de Carrefour 50+ Colombie-Britannique.

L’accès à la technologie peut aussi réduire la sensation d’isolement, remarque Pierre Soucy. 

Photo : Courtoisie

Selon lui, plusieurs variables viennent influencer le vécu des personnes ainées lors des Fêtes, à commencer par le fait de vivre seul ou seule, sans partenaire. «Les gens qui n’ont pas d’enfants ou de petits-enfants se sentent un peu plus isolés, du moins pas inclus», ajoute-t-il.

«Les gens sont partis; on a perdu des membres de notre famille ou des amis. Avec le temps des Fêtes, on pense toujours au passé», témoigne de son côté la directrice générale de la Fédération des ainé.e.s et retraité.e.s francophones de l’Ontario (FARFO), Kim Morris.

La présidente de la Fédération des aîné.e.s francophones du Canada (FAAFC), Johanne Dumas, rappelle quant à elle que «l’isolement et l’ennui, ce n’est pas exclusif au temps des Fêtes».

«Je pense que dans la période des Fêtes, comme n’importe quel groupe d’âge, si on n’est pas en famille ou entre amis, il n’y a pas de doute que pour plusieurs, c’est très difficile.»

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Des souvenirs et des racines

«Le plus on vieillit, le plus on a un désir de retrouver nos racines», remarque Pierre Soucy. Se trouver loin – géographiquement ou émotionnellement – de son lieu d’origine peut créer un manque.

Qui dit racine, dit culture et dit langue : «C’est vraiment très profond.» Même si lui-même ne recherche pas nécessairement à célébrer les Fêtes uniquement avec des francophones, Pierre Soucy admet qu’il ressent un besoin d’entendre des chansons de Noël en français.

Il évoque aussi la messe de Minuit en famille. Autant de déclencheurs de souvenirs involontaires, véritables Madeleines de Proust, dont on aimerait retrouver le gout pendant les célébrations de fin d’année.

Kim Morris rappelle que dans certains foyers de soins de longue durée majoritairement anglophones, il est difficile, voire impossible, de célébrer les Fêtes en français. 

Photo : Courtoisie

«C’est une période qui est nostalgique et le plus on vieillit, le plus on est nostalgique, note-t-il. On a de beaux souvenirs et on s’en rappelle. C’est inévitable, parce qu’on est saturé par les médias de toutes sortes d’images.»

«Quand tu regardes tout autour, c’est la belle musique et puis les films; c’est toujours la magie de la vie. On dirait que ça fait en sorte que c’est encore pire, parce qu’on voit la magie, mais on ne la ressent plus», renchérit Kim Morris.

«C’est un couteau à double tranchant : ça fait mal parce qu’on sait qu’on ne peut jamais revivre ces souvenirs-là.»

Sans oublier le stress financier. Avec des cadeaux de plus en plus dispendieux, les budgets serrés de certaines personnes âgées ne suivent pas, relève-t-elle.

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À la ville comme à la campagne

Claude Blaquière est président sortant de l’Association des Francophones de l’âge d’or de l’Île-du-Prince-Édouard (FAOÎPÉ). Dans la province, «la majorité des gens vivent en milieu rural. Il y a moins de services que dans les grandes villes comme à Charlottetown».

Sur l’Île-du-Prince-Édouard, l’association des ainés et ainées propose aussi des activités pour intégrer les nouvelles personnes arrivantes âgées et briser leur isolement, explique Claude Blaquière. 

Photo : Courtoisie

L’organisme essaie de sensibiliser au mieux la population grâce à son infolettre et ses différents partenariats avec d’autres organismes locaux. «On envoie des communiqués disant : “Soyez attentifs et si vous avez des préoccupations, vous pouvez toujours communiquer avec tel et tel numéro.”»

Au-delà d’informer, les FAOÎPÉ proposent différents programmes et services en français pour briser l’isolement et favoriser l’intégration des personnes ainées à la communauté. L’association présente aussi des activités pour intégrer les nouvelles personnes arrivantes âgées.

«Quand on vit dans une grande ville, on est plus anonyme. Le sens communautaire est peut-être un peu perdu», signale pour sa part Pierre Soucy.

Minorité au pluriel

Les membres de la communauté 2SLGBTQIA+ peuvent également se sentir plus vulnérables pendant les Fêtes. «Dans certains cas, la sortie du placard a des conséquences vraiment tragiques par rapport à la famille», signale Pierre Soucy.

Le fait d’être francophone contribue aussi à isoler les personnes âgées, notamment dans des résidences ou foyers de soins de longue durée majoritairement anglophones. «Les chansons, la culture, les tourtières : tout ce qui est culturel n’existe peu ou pas dans ces lieux», observe Kim Morris.

Celles et ceux qui ont une mobilité réduite rencontrent également des difficultés, «parce qu’ils n’ont pas un accès aussi facile aux endroits où on célèbre», souligne Pierre Soucy. «Alors ils dépendent très souvent sur d’autres personnes d’avoir la gentillesse de les accompagner.»

«Plusieurs personnes ainées ne peuvent plus conduire le soir», ajoute Kim Morris.

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Repas et visites à domicile

«Il y a de plus en plus d’initiatives qui sont mises de l’avant pour aider les ainés pendant le temps des Fêtes», rassure Johanne Dumas.

Johanne Dumas souligne que les personnes ainées francophones ne ressentent pas de l’ennui et de l’isolement uniquement pendant les Fêtes. 

Photo : Courtoisie

La FARFO organise des concerts, des diners, des soupers ou des paniers de Noël livrés à domicile partout en Ontario. L’organisme propose aussi des activités et des ateliers en ligne. «Nous avons eu plus de 500 participants et participantes par mois, c’est incroyable», se réjouit Kim Morris. Des visites amicales et des appels téléphoniques sont aussi au programme.

Dans la région Évangéline, à l’Île-du-Prince-Édouard, 124 personnes sont venues pour un diner organisé par l’Association des Francophones de l’âge d’or de l’Île-du-Prince-Édouard. «C’était un repas très peu dispendieux et ça les amenait dans l’atmosphère de Noël», raconte son président sortant, Claude Blaquière.

Carrefour 50+ Colombie-Britannique offre pour sa part plusieurs activités sur son site Internet. «Certaines organisations locales organisent aussi des soupers de Noël et nous on peut aider en leur fournissant un peu de financement», explique Pierre Soucy.

Car le nerf de la guerre reste souvent l’argent. «S’il n’y a pas assez de sous pour embaucher des gens ou former des bénévoles, ça devient un grand défi», soulève Johanne Dumas.

«Il n’y a pas de solution miracle»

«C’est peut-être le temps de revisiter nos traditions et de s’entourer de gens, que ce soit des parents ou des amis ou des voisins; de faire de nouveaux souvenirs», suggère Kim Morris.

Johanne Dumas souhaite que tout le monde trouve une façon de rejoindre les ainés, «non seulement de leur famille, mais aussi de leur milieu, de leur quartier, puis d’essayer le plus possible de créer des activités où on pourra créer une petite douceur dans le cœur de chacun et chacune».

Il n’y a pas de solution miracle. La solution c’est vraiment qu’on devienne tous des personnes qui portent un peu plus attention justement aux besoins des autres autour de nous.

— Johanne Dumas

Pour Pierre Soucy, il est essentiel de travailler avec les associations locales pour identifier les personnes isolées ou en détresse mentale. Il suggère par exemple de parrainer un ou une ainée avec des jeunes, pour leur rendre visite ou leur passer un appel. S’inspirer des bons coups des autres organismes francophones partout au pays est aussi important.

«On pourrait être plus organisé, mettre en place une chaine téléphonique avec des bénévoles ou des livraisons de repas de Noël. On pourrait faire plus de promotions de l’importance de l’inclusion pendant cette période, et pas seulement pour les personnes qui sont seules ou de 50 ans et plus, mais pour toutes celles qui sont en minorité.» Il cite celles pour qui Noël ne fait pas partie de leur culture ou de leurs traditions.

Pierre Soucy tient également à lancer un appel : que chacun et chacune pense aux personnes de sa communauté et trouve des façons de les inclure pendant le temps des Fêtes, pour qu’elles se sentent moins seules. «C’est quelque chose que l’on a peut-être tendance à oublier.»