le Mardi 12 mai 2026

Ces chiffres, publiés en février, proviennent d’un rapport du Forum sur l’information et la démocratie, une coalition d’une dizaine d’organismes internationaux, dont Reporters sans frontières. Le Forum avait créé, il y a un an un groupe de travail sous l’égide des gouvernements de l’Arménie et du Brésil, dans la foulée de la dernière rencontre annuelle internationale sur le climat (COP30), qui avait lieu au Brésil en novembre 2025.

L’intention de ce rapport est avant tout un appel à l’action et il contient à cet effet des recommandations pour combattre la « monétisation de la désinformation » : par exemple, les gouvernements pourraient obliger les plateformes de réseaux sociaux à plus de transparence sur leur financement ou sur l’identité de leurs usagers. Ou bien mieux protéger les journalistes environnementaux et les militants contre les attaques et les menaces de mort dont ils sont l’objet dans plusieurs pays.

Il est certain que la désinformation climatique n’avait pas attendu l’IA pour envahir les réseaux sociaux : plusieurs études ces dernières années avaient même pu observer des « pics » d’activité à l’occasion de chaque COP annuelle, et une recherche de 2022 notait une montée de l’hostilité et des propos haineux, d’année en année.

Or, s’il est maintenant bien établi que les réseaux sociaux sont taillés sur mesure pour disséminer un discours appuyé sur des émotions plutôt que sur la véracité des faits, il ne faut pas perdre de vue qu’ils sont également excellents pour rejoindre des microaudiences. Par exemple, lit-on dans le rapport, des campagnes de désinformation « peuvent cibler des électeurs conservateurs avec des messages qui s’alignent sur leurs valeurs ou leurs préoccupations économiques, en alléguant que de s’attaquer aux changements climatiques serait trop coûteux ou ferait perdre des emplois ».

C’est en plus du fait que « les campagnes de désinformation se sont progressivement concentrées sur le fait de diviser l’opinion publique et de présenter les changements climatiques comme une question hautement polarisée » — bref, en présentant le climat comme une question partisane plutôt qu’appuyée sur des données probantes.

L’IA en est donc à présent capable elle aussi. En ramassant de vastes quantités de données sur chacun de nous, les algorithmes « peuvent aider à façonner des messages hautement personnalisés », capables de toucher une corde sensible chez des segments choisis de la population. C’est donc un tiers de la population qui aurait été exposée à ces messages — « un chiffre qui continue de grossir ». Et selon une enquête menée en 2024 dans huit pays par l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme, 25 % des répondants ont indiqué qu’ils croient voir une information fausse ou inexacte sur le climat au moins une fois par semaine. 

Ce n’est pas un hasard si c’est au Brésil en novembre dernier que, pour la première fois, a été signée une Déclaration sur l’intégrité de l’information sur le climat : c’était une reconnaissance par le pays-hôte que la lutte contre la désinformation climatique était devenue une priorité politique. Ça passe, lisait-on dans la Déclaration, par l’importance de reconnaître des initiatives « qui font la promotion de la littératie médiatique et du droit du public à une information fiable et accessible », par un soutien financier aux médias indépendants et par une protection des journalistes qui couvrent l’environnement : parce que, dans un rapport sur la question publié en 2024, l’UNESCO estimait que 44 journalistes avaient été tués en 15 ans alors qu’ils effectuaient des enquêtes sur des enjeux environnementaux.

Sur la douzaine de services francophones d’aides aux victimes de violences ou maltraitance répertoriés par le ministère fédéral de la Justice partout au pays, six ont indiqué à Francopresse qu’ils n’étaient pas au courant des 50 millions de dollars annoncés le 22 avril dernier par le ministre de la Justice, Sean Fraser, et la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres, Rechie Valdez.

Pauline Ambec, directrice générale de Pluri-elles, un organisme qui accueille, écoute et oriente les femmes qui subissent des situations de violence au Manitoba, affirme qu’il n’existe toutefois «aucun refuge d’urgence» pour les victimes francophones de la province.

Elle souligne néanmoins l’existence d’un refuge dit de transition, auquel la personne peut avoir accès au moins une année avec sa famille, «une fois qu’elle est un peu plus stabilisée».

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Moins financés que les organismes anglophones

De son côté du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d’Ottawa, la directrice Josée Guindon passe ses journées au service de police de la ville pour réviser les plaintes d’agressions sexuelles et de violences faites aux femmes et aux enfants, dans le but d’améliorer la détection des dossiers pouvant mener à des accusations.

Le financement de base de son organisme se fait au niveau provincial. Dans les faits, l’annonce fédérale du 22 avril consacre 8 millions de dollars aux provinces et territoires pour les services en lien avec les violences conjugales et les agressions sexuelles.

Non seulement le CALACS francophone d’Ottawa n’a pas reçu de financement découlant de l’annonce, mais «cela fait 20 ans», depuis 2005, que son organisme n’a presque rien reçu de plus de la province.

«Nous avons bien reçu un 1664 $ il y a deux ou trois ans. Moi, je trouve que c’est une insulte aux femmes victimes de violences», critique Josée Guindon.

«Nous étions aussi financés à 191 098 $ de moins que les organismes anglophones qui couvrent le même territoire, jusqu’en 2005.» Cette année-là, les autorités provinciales ont rectifié le tir «après 10 ans de lutte pour obtenir la parité [avec les anglophones]», dit-elle.

Elle affirme toutefois que le CALACS francophone d’Ottawa reçoit un financement de base jugé «équitable» à celui que reçoivent les organismes anglophones.

La responsable estime qu’il lui faudrait 200 000 $ de plus par an pour entre autres embaucher deux personnes de plus à temps plein. La structure compte quatre employées qui offrent une aide directe à des centaines de victimes.

Actuellement, l’organisme fonctionne avec un budget de base d’environ 482 000 $. À cela s’ajoute une enveloppe de 25 080 $ pour desservir les victimes de traite sexuelle, financée à 50 % par le fédéral – via le Plan d’action fédéral – et à 50 % par le gouvernement de l’Ontario.

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Des accusations perdues en l’absence de traduction

Selon Josée Guindon, l’accès au financement fédéral reste limité, puisqu’il se fait uniquement «par projet», ce qui oblige son équipe à déposer des demandes de subventions auprès du ministère de la Justice.

«Je rédige toujours mes demandes de subventions en français, bien entendu. Mais le comité de sélection qui évalue les demandes est un comité anglophone.» Un frein pour ses projets, car la traduction est faite par logiciel.

Ce n’est pas comme si un francophone lisait la plainte, se désole-t-elle. Puis ce n’est pas juste de lire, mais c’est de connaitre la culture pour pouvoir comprendre pourquoi c’est si important d’avoir des services spécialisés en français, dans des environnements culturellement adaptés à des francophones. Donc dès le départ, on est perdants.

— Josée Guindon, directrice du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d’Ottawa

Josée Guindon est directrice du CALACS francophone d’Ottawa, un organisme qui vient en aide aux femmes qui ont subi des agressions sexuelles. 

Courtoisie

Josée Guindon soutient que cela a un impact direct sur les victimes francophones. «Parfois, j’écoute [leurs] entrevues avec le service de police. Puis je vois des expressions qui sont purement francophones, mais qui ne sont pas saisies dans le script de l’entrevue de l’interrogatoire. Si c’était bien fait, je suis convaincue qu’il y aurait des mises en accusation des charges.»

De son côté, le ministère Justice Canada affirme que les analystes qui composent les comités d’évaluation sont «tenus d’être bilingues, afin d’assurer une évaluation complète de toutes les demandes».

En revanche, le ministère n’a pas répondu à la demande de fournir la liste des personnes bilingues ou francophones qui composaient les comités, ou sur le degré de bilinguisme des comités.

De plus, un rapport du Commissariat aux langues officielles et des témoignages révèlent que l’anglais prime au sein de la fonction publique, malgré l’adoption de la Loi sur les langues officielles en juin 2023.

Josée Guindon déplore qu’il n’existe pas de pourcentage préétabli de la répartition du financement spécifiquement pour les francophones.

«Souvent quand on regarde les récipiendaires de financement, on voit une agence francophone pour dix anglophones. J’ai comme l’impression qu’on est encore une simple case à cocher. Et si on a coché un organisme francophone, le gouvernement se dit : “ah, on a fait notre job” dans la répartition équitable de financement. Ce qui est totalement faux.»

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Davantage de financement pour la prévention que pour l’aide directe

Josée Guindon reconnait qu’il y a «beaucoup de campagnes de prévention, de sensibilisation» financées par le fédéral et l’Ontario. «Et c’est excellent, mais l’argent demeure en prévention et ne se rend pas sur le terrain aux organismes de première ligne comme nous.»

Selon elle, cela pousse les femmes victimes d’agressions sexuelles à contacter des organismes comme le CALACS, mais souvent, celui-ci est contraint de les placer sur liste d’attente, faute d’argent.

«Il faudrait qu’il y ait un équilibre entre la prévention, l’argent qu’on met dans les campagnes, et l’argent qui s’en va directement dans l’aide directe aux victimes.»

— Josée Guindon, directrice du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d’Ottawa

Elle affirme que leur liste d’attente compte une soixantaine de femmes victimes d’agressions sexuelles ou d’autres formes de violences qui attendent de l’aide directe. Le délai est passé de trois mois en 2025 à un an en 2026.

Sa collègue, qui a fait une tournée de prévention dans les écoles secondaires, a recensé des centaines de cas d’agressions sexuelles auprès d’environ 3000 élèves.

Voici à quoi ressemblent des manchons! 

Photo : Page Facebook Bien vieillir chez soi Beausoleil avec permission

Un manchon sensoriel, c’est un tube de laine qu’on enfile sur les mains. À l’intérieur se trouvent différentes textures, des boutons ou de petits objets à toucher. Ce sont des éléments qui stimulent les sens et gardent les mains occupées. Pour certaines personnes atteintes d’Alzheimer ou de démence, cela peut aider à diminuer le stress et à se sentir plus calmes. C’est une forme de relaxation!

Tricoter et rencontrer

À l’école Blanche-Bourgeois, neuf élèves ont participé à un projet pour fabriquer ces objets pendant environ cinq mois. Le but? Remettre les manchons à des personnes âgées vivant avec la démence, et en profiter pour passer un moment avec elles.

«Nous trouvons important d’encourager ce genre de projets. Ils permettent aux enfants de développer leur sentiment d’appartenance à leur communauté, de stimuler les aînés et de développer des liens et de l’empathie», a expliqué Edith Myers au journal Acadie Nouvelle. Edith Myers travaille pour Bien vieillir chez soi Beausoleil, le programme de soutien aux aînés qui a accompagné les élèves.

Pour Ève et Élisabelle, 10 ans, le projet a été à la fois un défi et une belle expérience.

«J’avais déjà tricoté avec ma grand-mère il y a longtemps, mais j’ai dû réapprendre parce que je ne me souvenais plus comment faire», se rappelle Ève. 

«Moi, je n’avais jamais fait de tricot, mais j’ai adoré apprendre avec mes amis», ajoute Élisabelle. 

Dès le début, les deux filles avaient très envie de participer. «Je voulais vraiment m’impliquer dans ce projet, parce que j’aime aider les autres», explique Ève. 

Le travail n’a pas toujours été facile. «La partie la plus difficile, c’était coudre les différentes décorations à l’intérieur des manchons. Il fallait être certains qu’elles tiennent», explique Ève.

Mais le moment le plus marquant est arrivé à la fin du projet.

Lorsque les élèves sont allés remettre les manchons aux aînés, ils ont pu voir directement l’impact de leur travail.

«J’ai aimé voir leur sourire quand on est allés les donner. Ils étaient vraiment contents», raconte Élisabelle. «C’était touchant», ajoute Ève.

Les deux filles disent aussi avoir compris quelque chose de précieux en rencontrant les aînés. «Nous trouvons important de passer du temps avec les personnes âgées parce qu’elles ne sont pas souvent visitées. Ça leur fait de la compagnie», se souvient Ève.

Et toi, as-tu déjà fait du tricot, du crochet, du macramé ou de la couture? Aimes-tu ça ou trouves-tu ça difficile? Raconte-moi! 

C’est quoi, la pauvreté?

Quand on parle de pauvreté, ça ne veut pas seulement dire ne pas avoir beaucoup d’argent.

On dit qu’une famille est en situation de pauvreté quand elle n’arrive pas à répondre à ses besoins de base. Par exemple, se loger correctement, manger à sa faim ou encore acheter une paire de bottes chaudes pour l’hiver.

Pour les enfants, ça peut rendre la vie plus difficile, à l’école comme à la maison. 

Le cas du Nunavut

Au Nunavut, un territoire au Nord du Canada, la situation est particulièrement préoccupante.

Selon un rapport publié en février 2026, près de 4 enfants du Nunavut sur 10 vivent dans une famille à faible revenu. C’est beaucoup plus que dans le reste du Canada. 

Pourquoi? Selon le ministère de la Famille du Nunavut, il y a deux raisons principales : le manque de logements et l’insécurité alimentaire. 

Premièrement, le Nunavut fait face à une pénurie de logements. Il n’y a pas assez d’habitations pour tout le monde. Certaines familles doivent donc vivre dans des maisons trop petites ou partager leur espace avec plusieurs personnes.

Aussi, la vie coûte très cher dans ce territoire. Il n’y a pas de routes qui relient le Nunavut au reste du Canada, ni parfois même entre ses communautés. La nourriture et les objets doivent donc arriver par avion ou par bateau. Résultat : les prix sont très élevés. Par exemple, un pot de beurre d’arachides peut coûter jusqu’à 12 $, alors qu’au Québec, il coûterait environ la moitié.

Et ailleurs au Canada?

Le Nunavut n’est pas le seul endroit touché.

Dans tout le pays, plus d’un million d’enfants vivent dans la pauvreté. Et depuis quelques années, la situation est plus difficile, notamment à cause du coût de la vie qui augmente.

Des solutions pour aider les familles

Même si la situation est difficile, plusieurs personnes et organismes travaillent pour aider les familles.

Au Nunavut, des programmes comme l’Initiative Les Enfants inuits d’abord aident des familles à mieux se nourrir et à obtenir du soutien. Il existe aussi des banques alimentaires, des programmes de petit-déjeuner dans les écoles et des boîtes de nourriture livrées aux familles.

Ce genre d’organismes existe aussi ailleurs au Canada. Par exemple, au Québec, le Club des petits déjeuners offre des repas aux enfants dans certaines écoles pour bien commencer la journée.

Et toi, si tu étais au gouvernement, qu’est-ce que tu changerais en premier pour aider les familles?

Sources : Le Nunavoix, UNICEF Canada

Une pétition

Depuis avril, plus de 17 000 personnes ont signé une pétition qui demande au gouvernement du Canada d’imposer un âge minimum pour accéder aux réseaux sociaux : 16 ans. 

Pourquoi? C’est principalement une question de santé mentale. Les réseaux sociaux comme Snapchat et TikTok ont été liés à des problèmes d’anxiété, de dépression et d’intimidation chez les jeunes. 

Tout ça dérange particulièrement Jean-Sébastien Giroux, papa, beau-père et dirigeant d’une entreprise techno. C’est lui et des collègues parents-pro-de-la techno qui ont lancé cette pétition. D’ailleurs, sa fille de 13 ans n’a pas le droit d’être sur les réseaux sociaux. La seule exception, c’est le système de messagerie de Snapchat.

«J’en discute beaucoup avec elle, et c’est difficile! Parce que ça la prive de liens sociaux avec ses amies qui sont sur Instagram le soir. Mais ce que je veux éviter, c’est la quête de popularité et le défilement infini de vidéos. Ça bousille la capacité d’attention des jeunes», m’a-t-il dit.

Ses collègues et lui ont contacté les pays qui limitent l’accès des jeunes à ces plateformes, comme le Brésil, l’Australie et la Grande-Bretagne. En leur parlant, ils ont constaté qu’il existe des technologies capables d’estimer l’âge des utilisateurs en se servant de la caméra d’un téléphone. 

«Une fois que l’âge est estimé, ça donne un feu vert ou un feu rouge. Si le système estime que Camille, devant moi, a bien 17 ans, elle pourra s’ouvrir un compte. Sinon, ça bloque.»

Ce qu’il veut, c’est que le gouvernement fédéral oblige les plateformes à utiliser ces technologies.

Un projet de loi au Manitoba

On t’amène maintenant dans un autre coin du pays. Parce que le Manitoba veut devenir la première province du Canada à interdire les réseaux sociaux et les robots de clavardage (qui fonctionnent avec l’intelligence artificielle) aux jeunes de moins de 16 ans. 

Le 25 avril, son premier ministre, Wab Kinew, a annoncé qu’il comptait déposer un projet de loi pour «protéger les jeunes, au nom de la santé mentale». Il s’inspire de l’Australie, qui punit les plateformes et non les parents ou les enfants, si la loi n’est pas respectée.

On ne sait pas encore quand le projet deviendra officiel, mais on te tient au courant!

Wab Kinew. 

Photo : Bureau du Gouverneur Tim Walz & Lt. Gouverneure Peggy Flanagan – Domaine public

Des oppositions

Toutefois, pour plusieurs experts, interdire les réseaux sociaux aux jeunes n’est pas une bonne idée. C’est le cas de Nellie Brière, spécialiste des médias numériques. 

«C’est beaucoup trop gros pour tout réglementer de la même façon. Il y a le pire et le meilleur sur les réseaux sociaux. Et on ne veut pas interdire le meilleur! Il y a plein d’aspects positifs derrière les réseaux sociaux et les écrans. Ça dépend de l’utilisation qu’on en fait», m’a-t-elle expliqué. 

Quelques effets positifs dont elle parle : la possibilité de s’exprimer librement, de trouver une communauté qui nous ressemble, de communiquer avec ses proches et d’apprendre à être un bon citoyen numérique.

Nellie Brière propose plutôt de réglementer certaines fonctionnalités des réseaux sociaux, comme les systèmes de récompense et le défilement infini de contenu. 

Et pour le reste? «Il n’y a rien de mieux que de l’éducation, que d’apprendre à se contrôler et à se réguler et à avoir une bonne hygiène de vie par rapport aux écrans. Comme on apprend à se réguler à l’épicerie quand on n’achète pas tout le temps les tablettes de chocolat qui nous sont présentées à la caisse!»

On dirait que le Canada profiterait bien d’une GRANDE conversation entre toutes ces personnes! 

Et toi, dois-tu suivre des règles concernant les réseaux sociaux? Lesquelles? Qu’en penses-tu?

Patrimoine canadien a validé la publication du rapport du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français. Ce groupe, composé de dix expertes et experts francophones, identifie trois grands défis qui menacent la place du français dans la recherche au Canada et trois grandes solutions pour les contrer.

Publier en anglais pour obtenir plus de reconnaissance

Le groupe de travail met d’abord l’accent sur le fait que les critères d’excellence scientifique favorisent fortement l’anglais.

La reconnaissance académique repose surtout sur la publication d’articles dans des revues internationales anglophones et sur des indicateurs bibliométriques, comme le nombre de citations dans d’autres recherches.

«[…] La publication dans les revues internationales essentiellement de langue anglaise est devenue un gage d’excellence et le moyen par lequel les chercheuses et chercheurs peuvent obtenir la reconnaissance académique nécessaire à leur progression de carrière et la sécurisation des ressources matérielles et des positions institutionnelles.»

— Extrait du rapport "Recherche en français et égalité réelle: Une occasion à saisir", publié le 8 mai 2026

À titre d’exemple, le Groupe consultatif répertorie dans le rapport 76 prix attribués en 2024 à des chercheuses et chercheurs au Canada par six organisations : l’Acfas, la Société royale du Canada, le Conseil de recherches en sciences humaines, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada et le Conseil des Arts du Canada.

Sur ces 76 prix, 23 ont été remis à des chercheuses et chercheurs d’établissements de langue française ou bilingues (30 %), contre 53 à des chercheuses et chercheurs d’établissement de langue anglaise. «Toutefois, cette représentativité repose massivement sur les prix de l’Acfas; sans eux, la présence francophone dans ce palmarès diminue de façon drastique», notent les experts.

Cela pousse des chercheuses et chercheurs francophones à publier en anglais pour obtenir du financement, des promotions ou de la visibilité. De plus, les recherches en français, souvent plus ancrées dans les réalités communautaires, sont parfois perçues comme moins prestigieuses ou moins crédibles.

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Des appuis financiers asymétriques

Le groupe d’experts insiste sur un autre obstacle : les fonds fédéraux sont largement concentrés dans les 15 grandes universités de recherche anglophones canadiennes (dites «U15»), ce qui désavantage les établissements bilingues, particulièrement les francophones en contexte minoritaire.

Comme le souligne le rapport, cette asymétrie est à la fois géographique et disciplinaire. Elle détourne les fonds vers les «grosses» universités anglophones, loin des petites universités francophones ou bilingues, qui demeurent sous-financées et où se trouvent des domaines de recherche en français importants.

Le Groupe consultatif observe aussi un manque de soutien aux infrastructures de diffusion des savoirs : les revues savantes, les presses universitaires et des plateformes, comme Érudit, sont fragilisées par le modèle actuel du libre accès.

Cette privatisation des infrastructures de diffusion «favorise l’anglicisation», note le rapport, et risque de limiter l’accès aux connaissances en français.

Pas de leadeurship

Les experts notent un dernier défi : la gouvernance de la recherche est fragmentée entre plusieurs organismes et il n’existe pas de structure fédérale forte pour coordonner des mesures en faveur du français.

Cette absence de leadeurship entraine des actions éparses et insuffisantes. La recherche ne bénéficie donc pas de soutien cohérent ni de stratégie durable à l’échelle canadienne, soulignent les experts dans leur rapport.

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Les trois grandes recommandations du Groupe consultatif sont des solutions proposées au gouvernement fédéral pour faire avancer et appuyer la création et la diffusion de la recherche en français au Canada.

Données issues du rapport du groupe consultatif externe sur la diffusion du savoir scientifique en français

40 millions par an et une gouvernance claire

À ces défis, le Groupe consultatif propose trois grandes orientations afin d’assurer une réelle égalité linguistique dans l’écosystème scientifique canadien.

Il recommande d’abord de renforcer la gouvernance en créant un Secrétariat de coordination de la recherche en français. Il mettrait en place un mécanisme pancanadien pour développer l’offre de programmes postsecondaires en français, notamment dans les domaines des programmes d’études en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) et en santé, afin d’assurer une relève scientifique francophone au pays.

Le président-directeur général de l’Association des collègues et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), Martin Normand, confirme que ces deux champs d’études sont très importants, mais qu’il y a aussi «de grands besoins en justice, en éducation, en petite-enfance… Il faut aller plus large que cela», dit-il en entrevue.

«Maintenant, il est impératif de rassembler toutes les parties prenantes concernées afin de transformer rapidement les recommandations en actions concrètes aux effets mesurables», selon Martin Normand, PDG de l’ACUFC. 

Courtoisie

Le rapport du Groupe «met en lumière de façon éloquente les défis et les tendances que nos membres évoquent depuis longtemps pour faire bouger l’aiguille en matière d’appui et de valorisation de la recherche en français et de celle sur les communautés francophones en situation minoritaire», indique l’ACUFC dans un communiqué.

Le rapport propose ensuite la création d’un Fonds d’appui et de valorisation de la recherche en français de 40 millions de dollars par an pour soutenir les projets de recherche, les étudiantes et étudiants francophones, les ressources pédagogiques en français ainsi que les infrastructures de diffusion, comme Érudit et les outils de traduction.

Enfin, il recommande que le gouvernement fédéral fasse preuve d’exemplarité en intégrant une «lentille francophone» dans ses politiques scientifiques, en publiant des données sur les biais linguistiques dans le financement et en encourageant la production et la diffusion de la recherche en français.

Des mesures positives en faveur des communautés francophones sont également évoquées tout au long du rapport

Par courriel à Francopresse, Hermine Landry, porte-parole du ministre de l’Identité et la Culture canadiennes, ministre responsable des Langues officielles, a fait savoir que «le ministre Miller et ses collègues concernés étudient actuellement les recommandations formulées dans le rapport. Nous remercions le groupe consultatif externe pour son excellent travail et pour la qualité de ce rapport».

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FRANCOPHONIE

L’ancienne juge québécoise de la Cour suprême du Canada, Louise Arbour, sera la 31e gouverneure générale du Canada, a annoncé le premier ministre, Mark Carney, le 5 mai, à Ottawa.

Francophone d’origine et bilingue, elle succède ainsi à Mary Simons, dont la nomination a marqué les esprits comme première représentante autochtone de la monarchie britannique au Canada et parce qu’elle ne parlait pas le français, l’une des deux langues officielles du pays. Ses efforts pour l’apprendre ne lui ont pas permis de le maitriser.

Louise Arbour a été juge au Canada ainsi qu’au sein de plusieurs tribunaux pénaux internationaux et a occupé plusieurs postes à l’ONU.

Elle remplacera officiellement Mary Simons plus tard cette année.

À lire : Louise Arbour : une francophone comme gouverneure générale du Canada

Dans un rapport provisoire publié jeudi, le Comité sénatorial des langues officielles fait état de ses préoccupations sur la lourdeur administrative excessive de l’avant-projet de règlement sur les sanctions administratives pécuniaires (SAP) que pourra imposer la commissaire aux langues officielles.

Moins de lourdeur, plus d’entités sanctionnées : Le rapport vise notamment l’incapacité à assurer une expérience cohérente pour le public voyageur et le barème pour encadrer les récidives et les dispositions applicables aux services conventionnés.

Dans le document, les sénateurs formulent plusieurs recommandations, dont la réduction des exigences administratives pour le Commissariat aux langues officielles, l’élargissement de la liste des entités assujetties aux sanctions pour inclure l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien et les administrations portuaires.

Les sénateurs souhaitent aussi une modification de la Loi sur les langues officielles pour garantir des droits linguistiques clairs et cohérents pour le public voyageur et une gradation claire des conséquences pour les violations à répétition ou systémiques.

Enfin, le comité recommande que le ministre responsable des Langues officielles mène des campagnes de sensibilisation sur les droits linguistiques du public voyageur.

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La ministre a indiqué que, sur les 153 000 dossiers examinés et jugés potentiellement non conformes, 64 % sont toujours en situation valide au Canada, tandis que 14 % ont déposé une demande d’asile et ne sont plus visés par les mesures de conformité applicables aux étudiants.

Capture d’écran – CPAC

CANADA

La ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté (IRCC), Lena Metledge Diab, a comparu lundi devant un comité de la Chambre, pour réagir au rapport de la vérificatrice générale (VG) sur les étudiants étrangers et les cas de fraude en immigration.

Tracer les sorties : Deux éléments en ressortent : IRCC va mettre en place un système de suivi de la sortie de tous les résidents temporaires dont le permis a expiré ou qui a fait l’objet d’une enquête puis d’un renvoi, «d’ici la fin de l’automne», affirme la ministre.

Elle a également fait valoir que sur les 153 000 cas examinés et signalés comme potentiellement non conformes par la VG, 64 % ont toujours un statut valide au Canada; 14 % ont soumis une demande d’asile et n’étaient plus sujets aux mesures de conformités pour les étudiants.

En revanche, la ministre et son sous-ministre, Ted Gullivan, n’ont pas pu dire combien de personnes sur 33 000 dont le statut est expiré depuis 2023 et 2024 ont quitté le pays. «Certains sont peut-être encore au Canada sans avoir demandé de nouveau permis», a avancé Lena Metledge Diab.

À la question de savoir pourquoi il n’y a jamais eu de système de traçage des entrées et des sorties au sein d’IRCC, la ministre a répondu : «C’est une bonne question, je me la pose aussi. Mais c’est un état de fait […], il n’y a jamais eu ce type de système dans l’histoire du Canada, je suis d’accord avec vous. On essaie de mettre ce système en place.»

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Le gouvernement fédéral investit 1,5 milliard de dollars pour aider les entreprises canadiennes touchées par les nouveaux droits de douane américains sur l’acier, l’aluminium et le cuivre. Des prêts à faible taux d’intérêt pouvant atteindre 50 millions de dollars font partie de l’aide.

Protection des emplois : Ottawa veut soutenir les manufacturiers, protéger les emplois et aider les entreprises à trouver de nouveaux marchés dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis.

Mais plusieurs acteurs de l’industrie jugent cette aide insuffisante. Ils estiment que les prêts augmentent l’endettement, alors que certaines entreprises font déjà face à d’énormes couts tarifaires.

Cela entraine un ralentissement de la production, des pertes d’emplois et des risques de fermetures d’usines, surtout en Ontario.

Le premier ministre Mark Carney a annoncé qu’Ottawa travaille avec le Québec et l’entreprise Airbus pour soutenir le développement du modèle A220-500 à Mirabel, au nord de Montréal.

Commande historique : Cette annonce survient alors qu’Airbus célèbre une commande de 150 avions A220 par la compagnie malaisienne AirAsia, évaluée à environ 19 milliards de dollars canadiens selon les prix officiels.

Tous ces avions seront assemblés à Mirabel. Québec a déjà investi 2,1 milliards dans le programme A220, et le fédéral 200 millions.

Airbus considère cette commande comme un tournant pour l’industrie aérospatiale canadienne, tandis qu’AirAsia affirme avoir choisi l’A220 malgré un contexte financier difficile. Avec cette entente, l’A220 dépasse désormais les 1000 commandes depuis son lancement.

Airbus décroche une commande historique de 150 A220 d’AirAsia, assemblés à Mirabel, pendant qu’Ottawa et Québec discutent du développement du futur A220-500.

Romain Coupy – CC BY-SA 4.0

Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Philippe Dufresne, a déclaré mardi en conférence de presse qu’OpenAI a enfreint les règles de protection des données avec l’entrainement de ChatGPT, mais aucune sanction n’est imposée. Des correctifs auraient déjà été apportés par l’entreprise. 

Capture d’écran CPAC

Le commissaire à la vie privée du Canada, Philippe Dufresne, a conclu dans un rapport publié le 6 mai que l’entreprise d’intelligence artificielle OpenAI a enfreint les lois canadiennes sur la protection des renseignements personnels lors du développement de ChatGPT, notamment en collectant trop de données personnelles, parfois sensibles ou concernant des enfants, sans dévoiler clairement ni expliquer adéquatement comment elles seraient utilisées pour entrainer leur IA.

L’entreprise ne permettait pas non plus facilement aux utilisateurs et utilisatrices d’accéder à leurs données ou de les supprimer.

Aucune sanction : Malgré ces manquements, OpenAI ne recevra aucune sanction, car le commissaire fédéral n’a pas le pouvoir d’imposer des amendes. L’enquête note toutefois qu’OpenAI a apporté plusieurs correctifs et s’est engagée à améliorer sa transparence et la protection des données dans les prochains mois.

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Le Réseau d’enseignement francophone à distance (REFAD) a présenté lors d’une rencontre en ligne, le 29 avril, le livre blanc Cultiver l’inclusion, la diversité, l’équité et l’accessibilité (IDÉA) dans la formation à distance.

Cette démarche s’inscrit dans la troisième phase du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028 du gouvernement fédéral, afin de renforcer l’accessibilité et l’innovation de la formation à distance pour l’ensemble des communautés francophones en situation minoritaire.

Les parlementaires mobilisés

Le livre blanc a été déposé à la Colline parlementaire, à Ottawa, le 27 avril, en présence notamment de Guillaume Deschênes-Thériault, député du Nouveau-Brunswick et membre du Comité permanent des langues officielles, et Mona Fortier, députée franco-ontarienne.

Le REFAD espère que les parlementaires s’empareront de la question de l’IDÉA dans leurs prochains travaux.

Couts des équipements et absence de lieu physique

Parmi les barrières structurelles à l’IDÉA, le document identifie notamment l’absence de choix de pronoms dans les formulaires administratifs et la rigidité des horaires. De plus, le manque de données sur le vécu des personnes et leurs retours sur l’expérience d’apprentissage limite les possibilités d’amélioration.

L’arrivée de l’intelligence artificielle et de nouvelles réalités de la formation à distance ne sont pas toujours prises en compte, a ajouté le consultant principal chez EDDI (Équité, discrimination, diversité et inclusion), Jean-Philippe Beauregard, qui a mené la présentation.

Autre obstacle qui est souvent revenu sur la table : l’absence de lieu physique et sécuritaire où peuvent se retrouver les personnes apprenantes, autant pour étudier avec une bonne connexion Internet que pour sociabiliser et briser l’isolement.

La fracture numérique et les inégalités sociales et culturelles constituent aussi des défis majeurs, ainsi que le cout des équipements.

On a tendance à penser que la formation à distance est moins chère, mais en fait c’est similaire à l’enseignement [en présentiel].

— Jean-Philippe Beauregard

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Par et pour les personnes apprenantes

Le livre blanc dresse une liste de cinq recommandations pour pallier les lacunes actuelles. À commencer par faire de l’accessibilité un fil conducteur tout au long de la formation à distance, y compris en amont de celle-ci.

Les projets devraient aussi être élaborés par et pour les personnes apprenantes, notamment les francophones en situation minoritaire et les personnes en situation de handicap.

Le document suggère d’embaucher du personnel pour faire des tests auprès de ces personnes et ainsi obtenir une rétroaction.

Consolider les liens et la gouvernance entre les membres du réseau reste également essentiel. «Le REFAD est un acteur important, mais on peut amener cela au niveau supérieur», affirme Jean-Philippe Beauregard, citant la mise en place de partage de connaissance et d’outils.

La formation dans la formation

Le livre blanc préconise l’élaboration d’un programme de formation à l’IDÉA destinés à toutes les personnes apprenantes. «Une formation dans la formation à distance», illustre Jean-Philippe Beauregard, qui rappelle que «les besoins sont là depuis longtemps», pas seulement depuis la pandémie.

Former à la littéracie numérique est aussi nécessaire. 

On peut avoir cette idée-là que tous les jeunes d’aujourd’hui sont à l’aise avec les outils numériques, avec l’apprentissage en ligne […] on se rend compte quand on est confronté à la réalité que ce n’est pas généralisable.

Sans oublier que certaines personnes plus âgées ont encore besoin de ces formations.

«L’idée est de sonder les personnes au départ, pour être en mesure de leur proposer des ateliers qui viennent répondre à des besoins précis», poursuit-il.

Sentiment d’appartenance

«Offrir des programmes en français, accessibles et inclusifs, c’est permettre de renforcer le sentiment d’appartenance des individus les plus marginalisés au Canada, notamment les personnes en situation de handicap et les personnes autochtones qui sont davantage francophiles», a également souligné Jean-Philippe Beauregard.

«Beaucoup d’investissements ont été faits dans les dernières années dans le développement des compétences, mais surtout en anglais. On a besoin de soutenir un plaidoyer qui fait voir la francophonie comme ayant des besoins, une population qui a droit aussi aux bonnes structures et outils pour développer ses compétences. Donc, ce n’est pas fini», a insisté la directrice générale du REFAD, Judith Charest, à la fin de la rencontre.

Et la responsable de conclure : «En attendant que le politique suive.»

La nomination de Louise Arbour, ancienne juge francophone de la Cour suprême du Canada née à Montréal, met fin à la controverse née de la nomination de sa prédécesseure, Mary Simon, qui parlait l’anglais et l’inuktitut, mais pas le français.

Les francophones du pays avaient décrié le choix de Justin Trudeau de nommer une gouverneure générale qui ne parlait pas une des langues officielles du Canada. Une situation qui a parfois mis en opposition la sauvegarde du français et des langues autochtones.

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Ni Louise Arbour ni Mark Carney n’ont souhaité qualifier ce choix de nomination de Justin Trudeau comme une «erreur», en réponse à une question d’une journaliste lors de l’annonce de la nouvelle gouverneure générale, le 5 mai.

«C’est important d’avoir le bilinguisme dans toutes les institutions fédérales du Canada», a simplement résumé le premier ministre.

Esprit critique

Dans un discours composé d’environ de 30 % de français, le premier ministre Carney a fait l’éloge de la nouvelle gouverneure générale.

Lors de la nomination de la gouverneure générale, l’un des ordinateurs des techniciens affiche indique que le discours du premier ministre compte environ 30 % de français. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Louise Arbour sera ainsi la «gardienne de notre ordre constitutionnel», a-t-il annoncé depuis la salle du Musée des Beaux-Arts du Canada, à Ottawa.

«C’est grâce à ses institutions qu’un pays aussi vaste et diversifié que le nôtre parvient non seulement à rester uni, mais aussi à prospérer. Dans un monde plus dangereux, plus divisé et moins civilisé, les institutions sont plus importantes que jamais.»

Interrogée sur le fait qu’elle n’a pas «la langue dans sa poche», notamment pour avoir qualifié la décision de Donald Trump de déclarer la guerre à l’Iran de «folie pure», la principale concernée a assuré qu’elle était certaine que «les gens comprennent très bien qu’on peut avoir exprimé des opinions dans un certain contexte qui ne sont pas des opinions qu’on nécessairement mettre en œuvre dans un contexte officiel différent».

«J’accepte ces responsabilités avec un sens profond du devoir, à un moment où les Canadiennes et Canadiens sont confrontés à la complexité du changement. Conscients de cette réalité, nous nous devons de développer les compétences requises pour y faire face», a-t-elle déclaré, dans un sous-entendu appuyé aux tarifs imposés par les États-Unis.

Mandat et CV de la nouvelle gouverneure générale du Canada

Le chef de l’État du Canada est actuellement le Roi Charles III du Royaume-Uni, dont les responsabilités sont assumées au pays par le ou la gouverneure générale.

Louise Arbour a affirmé lors de sa nomination : «Nous nous devons de réaffirmer la confiance que nous avons les uns envers les autres.» 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

À l’instar du souverain, la gouverneure générale demeure au-dessus des enjeux politiques. Louise Arbour a été nommée pour environ cinq ans par le monarque sur la recommandation du premier ministre.

Ce dernier représente la majorité politique, tandis que la gouverneure générale incarne l’ensemble de la nation.

Louise Arbour fait partie du barreau du Québec depuis 1971. Elle a été juge de la Cour suprême de l’Ontario, de la Cour suprême du Canada. Elle a également été haute-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et représentante spéciale de l’ONU pour les migrations internationales.

Plus récemment au Canada, Louise Arbour a émis des recommandations pour changer les comportements empreints d’inconduite sexuelle au sein du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes.