Le 28 juillet 2026, on apprenait l’intention du gouvernement canadien d’abolir l’obligation de contribution de base imposée aux services de diffusion continue en ligne, pour la remplacer par du financement public.
Le premier ministre Mark Carney nie avoir plié devant les États-Unis : il ne s’agit, dit-il, que du prolongement de l’orientation annoncée début juin, quand il avait demandé au CRTC de revoir sa décision sur la hausse de la contribution des plates-formes numériques.
Pourtant le 17 juillet, dans une lettre adressée à la Cour d’appel fédérale, le gouvernement ne parlait plus de modérer la contribution des diffuseurs en ligne, mais bien de l’abolir. Zéro. Si Ottawa confirme cette intention, ce ne sera plus un recul. Ce sera un effacement.
Cette décision porte en elle un risque de dérives qu’il faut nommer : sur le plan de la souveraineté politique, de l’indépendance de nos institutions et de l’avenir de nos milieux de création.
Rappelons d’abord que la Loi sur la diffusion continue en ligne a été adoptée en 2023, à partir de recommandations émises, après cinq ans de travaux, par un comité mandaté pour moderniser l’ancienne loi, vieille de 30 ans. C’est le CRTC qui a le mandat d’appliquer cette loi, notamment en fixant la contribution exigée des diffuseurs en ligne afin de soutenir la création de contenus canadiens, comme le font déjà toutes les entreprises canadiennes de radiodiffusion.
En 2024, le CRTC a annoncé une première contribution de base, à 5 %. Cette décision a aussitôt été contestée devant les tribunaux par diverses plateformes numériques, et pas un seul dollar n’a été versé à ce jour. Et le CRTC, après avoir complété ses évaluations, a annoncé en mai 2026 une contribution fixée en fin de compte à 15 %, notamment pour mieux soutenir la production francophone au pays.
Le 3 juin Marc Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, a demandé au CRTC de renverser cette décision afin, dit-il, d’éviter une hausse des frais d’abonnement pour les consommateurs. Puis six semaines plus tard, par la voix du haut fonctionnaire signant la lettre du 17 juillet, on apprend que l’abandon du principe même d’une contribution obligatoire pourrait se produire.
L’argument de l’«abordabilité» des contenus pour les Canadiens cité par le ministre Marc Miller est fallacieux lui aussi.
Nombreux sont les commentateurs qui expliquent cette concession par la volonté du gouvernement canadien d’améliorer son rapport de force dans les négociations commerciales avec les États-Unis. Mais l’argument s’effrite dès qu’on le confronte aux faits : déjà l’abolition de la taxe sur les services numériques, qui remonte à juin 2025, n’avait eu aucun effet sur l’agressivité tarifaire américaine et sur les critiques répétées du président Trump à l’endroit du Canada.
On a aussi évoqué le souci de protéger la révision de l’ACEUM, dont l’échéance tombait le 1er juillet. Or, aucune négociation entre les deux pays n’avait lieu à ce moment. Et le 1er juillet l’administration Trump a simplement refusé de reconduire l’accord, avant d’annoncer, fin juillet, une nouvelle salve de tarifs.
L’argument de l’«abordabilité» des contenus pour les Canadiens cité par le ministre Marc Miller est fallacieux lui aussi. Une entreprise privée peut toujours justifier une hausse de tarifs par de multiples facteurs : augmentation des coûts, rentabilité exigée par les actionnaires, investissements nécessaires, etc. À moins qu’Ottawa n’ait obtenu de ces entreprises un engagement explicite (qu’on aimerait bien voir), rien ne garantit que les abonnements n’augmenteront pas, à court ou moyen terme. La Coalition pour la diversité des expressions culturelles soulignait souligne d’ailleurs que l’expérience observée dans d’autres pays, notamment en Europe, dément cet argument.
Nous voici donc sans le moindre effet d’apaisement, et sans le moindre gain. La question se pose : que pense-t-on obtenir avec ces concessions qui touchent aux principes fondamentaux de notre système de radiodiffusion ?
Mark Carney disait à Davos en janvier 2026 que «si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu». Dans les faits, il cuisine lui-même nos acquis culturels pour nourrir l’appétit vorace des géants américains de la «Big Tech».
Les récentes décisions ne répondent à aucune demande exprimée par les milieux de la production ou par la société civile. Au contraire, elles suivent près d’une décennie de représentations soutenues de la part des professionnels du cinéma, de la télévision, de la musique et de l’ensemble des guildes et associations sectorielles.
Plus troublant : plutôt que d’être communiquée par une politique publique, cette intention a été glissée dans une correspondance en réponse à la question d’un juge. La Cour en sait donc déjà plus que le CRTC, les intervenants du dossier et le public. Annoncer une orientation aussi lourde de conséquences par voie de plaidoirie plutôt que par un processus réglementaire ouvert est définitivement un raccourci démocratique.
C’est une dynamique que plusieurs chercheurs documentent aujourd’hui : la fusion croissante entre pouvoirs étatiques et pouvoirs technologiques et, par là, le lent effritement de nos souverainetés politique, numérique et culturelle. La politicologue Asma Mhalla, dans son livre Cyberpunk, parle d’une politique «post-légale» : «La loi existe, les résistances seraient théoriquement possibles, mais elles sont inaudibles ou impraticables. Le pouvoir centralisé n’avance pas contre elle mais à travers elles.»
Tout ça ouvre la porte pour dérèglementer l’ensemble de l’écosystème, ce qui causera d’immenses dommages au secteur audiovisuel canadien. La prochaine étape logique serait de réduire substantiellement le mandat même du CRTC qui, rappelons-le, mène ses décisions au terme d’un processus de gouvernance ouvert : audiences publiques, mémoires, conseillers représentant l’ensemble des provinces et territoires. Une gouvernance lente, certes, mais qui a l’avantage d’être transparente.
Un autre indice de cette orientation se manifeste dans la nouvelle Stratégie nationale sur l’intelligence artificielle, «L’IA pour tous» dévoilée le 4 juin 2026 par Mark Carney et le ministre de l’IA et de l’Innovation numérique Evan Solomon. On n’y trouve aucune mention du droit d’auteur, aucun mécanisme de rémunération pour l’utilisation de propriétés intellectuelles canadiennes par les systèmes d’IA, ni aucun cadre de gouvernance pour protéger les contenus créatifs. La seule mesure concrète destinée aux créateurs (un programme de technologies créatives de 50 millions $) reprend en fait un engagement déjà annoncé par le passé et jamais concrétisé.
Pourtant en mars 2026, lors d’un Sommet national sur l’intelligence artificielle et la culture tenu à Banff, plus de 300 représentants des milieux culturels, technologiques et de la recherche avaient formulé de nombreuses propositions constructives. La stratégie annoncée deux mois plus tard n’en a rien retenu de concret.
Quant au financement annuel (600 millions $) annoncé en lieu et place des redevances, il ne peut pas remplacer un financement structurel et à long terme de l’industrie. Les difficultés des milieux de la création ne datent pas d’hier : l’érosion des redevances s’accélère depuis le milieu des années 2010, à mesure que les Canadiens délaissent le câble et le satellite pour des plateformes majoritairement américaines. À cela s’ajoute l’exil des revenus publicitaires, captés aujourd’hui majoritairement par les réseaux numériques de Meta et d’Alphabet.
Notre gouvernement se dirige, décision après décision, vers une marchandisation toujours plus poussée des politiques culturelles canadiennes, et leur assujettissement aux diktats économiques des plates-formes. Avec, comme effets potentiels, la disparition des petites entreprises, la consolidation accélérée autour de quelques groupes en mesure de rivaliser avec les multinationales, et l’acquisition d’actifs de propriété intellectuelle canadienne par des capitaux étrangers.
En somme, moins de diversité, moins de voix autochtones et moins de protection pour la production francophone. Nous ne pourrons bientôt plus maintenir ce qui fait notre force sur les marchés internationaux : l’audace créative, la prise de risque et l’indépendance éditoriale. Ajoutons à cela, les dommages potentiellement irréparables à notre crédibilité sur la scène internationale, en particulier auprès de l’Europe et de l’Australie, nos principaux alliés en matière d’encadrement de la culture et du numérique.
Nous avons connu, et évacué, l’époque de la collusion entre État et Église pour laisser la place, dans les marchés d’après-guerre, à l’alliance entre État et économie. Maintenant un autre régime se dessine, où le complexe techno-industriel devient plus puissant que les États eux-mêmes, au point de dicter la marche à suivre dans le monde entier.
Ce que nous devons craindre va bien au-delà des quelques millions de dollars en jeu : le Canada s’apprête à faire cavalier seul à la fois en matière d’environnement, d’encadrement du numérique et de protection de sa culture, ce qui risque seulement d’accélérer notre américanisation.
Etsy, c’est une entreprise de vente en ligne américaine où des artisans du monde entier peuvent vendre leurs créations. On y trouve toutes sortes de choses, comme des bijoux, des vêtements, des jouets, des décorations, des œuvres d’art et bien plus encore!
Plus tôt cette année, Etsy a annoncé qu’à partir du 11 août, les objets fabriqués avec de la fourrure animale ne pourront plus être vendus sur son site. La raison? L’entreprise dit vouloir protéger la biodiversité et les espèces menacées, qui sont affectées par le commerce de la fourrure.
Mais cette décision ne fait pas l’unanimité.
Au Canada, la fourrure occupe une place importante dans la culture et l’histoire de plusieurs communautés autochtones. Encore aujourd’hui, la fabrication de vêtements et d’objets en fourrure de castor, de caribou, de phoque et de renard, entre autres, fait partie de leurs traditions.
Et plusieurs artisans autochtones, surtout des femmes, gagnent une partie importante de leurs revenus en vendant leurs créations traditionnelles sur Etsy. C’est particulièrement le cas dans certaines communautés éloignées, où il n’y a pas beaucoup de possibilités d’emploi.
La réponse n’est pas aussi simple que l’on pourrait croire. En fait, ce sont surtout les fermes d’élevage d’animaux destinés à la production de fourrure qui sont polluantes. C’est parce qu’elles utilisent beaucoup de nourriture, d’eau et d’énergie. Au Canada, on retrouve principalement des élevages de visons et de renards.
Or, la fourrure utilisée par les artisans autochtones est plutôt issue de la chasse. Et, selon la cheffe d’une Première Nation de Terre-Neuve-et-Labrador, Jenny Brake, les communautés autochtones chassent de manière responsable. C’est-à-dire en respectant l’environnement et les animaux.
Par exemple, les chasseurs ne tuent que le nombre d’animaux dont ils ont besoin, à la bonne période de l’année, pour éviter de mettre les populations en danger. Ils évitent aussi de gaspiller, en utilisant les différentes parties de l’animal, comme la viande pour se nourrir et la peau ou la fourrure pour fabriquer des vêtements ou des objets.
La semaine dernière, lors de l’Assemblée des Premières Nations, à Ottawa, Jenny Brake a demandé à Etsy de reculer sur l’interdiction de la fourrure. Elle aimerait que l’entreprise prenne le temps de discuter avec les peuples autochtones pour comprendre l’impact de cette nouvelle règle sur leur vie.
Jenny Brake, une artisane et cheffe de la Première Nation Qalipu, à Terre-Neuve-et-Labrador.
Plusieurs personnes ont appuyé cette demande, notamment le directeur général de l’Institut de la fourrure du Canada, Doug Chiasson.
«On sait que les communautés autochtones à travers le monde sont les partenaires les plus importants dans la conservation de la biodiversité», a-t-il expliqué.
Pour l’instant, Etsy n’a pas reculé sur son intention d’interdire la fourrure. À suivre!
Selon toi, quelle décision devrait prendre Etsy par rapport à la fourrure?
Le Pôle Nord est le point le plus au nord de la Terre. Il se trouve au milieu de l’océan Arctique, sur de l’eau de mer gelée qu’on appelle banquise.
C’est une partie de la Terre qu’on connait peu. On veut comprendre comment la vie s’est adaptée à cet environnement extrême. On va observer les animaux, la glace, l’atmosphère. Moi, j’y vais pour étudier quelles espèces de poissons vivent dans le Pôle Nord. Pour faire ça, je vais écouter le son des mammifères marins et filtrer de l’eau pour capturer le zooplancton et les larves de poissons.
C’est un environnement fragile, alors on veut aussi étudier ce qui l’affecte. Par exemple, un de mes collègues va étudier les déchets qui arrivent des pays plus au Sud.
Pour certaines missions, comme pour étudier la glace, on doit aller sur la banquise. Mais sinon, il y a un laboratoire qui nous permet de prendre des échantillons à partir du bateau.
On a aussi une équipe de plongeurs à bord, qui peut aller prendre des échantillons ou réparer le navire. Et il y aura même un robot qui peut descendre dans l’eau et que l’on peut guider à distance.
La mission va durer en tout entre 15 et 18 mois. Je vais monter dans le Polaris I avec la première équipe, qui y restera de septembre à mai. Une autre équipe nous remplacera ensuite.
L’expédition va se dérouler en grande partie pendant les nuits polaires. Ça veut dire que le soleil restera à l’horizon, sans vraiment se lever! Au Pôle Nord, les nuits polaires durent six mois, de la mi-septembre à la mi-mars.
Imagine-toi étudier les animaux et les plantes au Québec seulement pendant l’automne. Ça ne donnerait pas les mêmes résultats qu’en hiver! Les saisons, c’est important pour comprendre l’écosystème.
Notre bateau partira de la Norvège vers la mi-aout, direction l’Arctique. De là, on va suivre un bateau brise-glace chinois. Il va briser la glace devant nous pour qu’on puisse aller le plus au Nord possible. Ensuite, on va rester au même endroit jusqu’à ce que la glace nous entoure et qu’on ne puisse plus bouger. Alors on commencera à dériver avec elle.
Le bateau a été testé l’année dernière en Arctique, avec cet énorme brise-glace allemand!
Venant d’Abitibi, j’aime l’hiver et la neige qui craque, alors j’ai hâte de les retrouver! Ça fait deux ans que je prépare cette mission, alors j’ai hâte d’enfin découvrir cet environnement extrême dans lequel je ne suis encore jamais allé.
Qu’est-ce que tu aimerais étudier de près, si tu avais la chance de découvrir l’Arctique?
La fusée Falcon 9 a décollé en février 2025, sans personne à bord.
Elle appartenait à la compagnie Space X du milliardaire Elon Musk. Après le décollage, le propulseur de la fusée et l’étage se sont séparés, comme prévu. Son étage contenait deux engins spatiaux, qui devaient se rendre sur la Lune. Mais avec la force de la gravité du Soleil, de la Terre et de la Lune, ce bout de fusée a dévié de sa trajectoire. Space X a perdu son contrôle, et l’a classé comme débris spatial. C’est comme un déchet, mais dans l’espace!
🚀 Quand un véhicule spatial se pose sur la Lune, on dit qu’il alunit (du verbe alunir)! Comme on dirait qu’un avion atterrit (sur la Terre), amerrit (sur l’eau) ou apponte (sur un pont).
Des chercheurs américains ont pu prévoir la direction que prenait ce morceau de fusée. Il était aussi grand et lourd qu’un immeuble de 5 étages. Il se dirigeait vers la Lune, à près de 9000 km/h!!
L’impact a finalement eu lieu très tôt le 5 aout. Résultat : le choc a provoqué un nuage de 50 kilomètres de hauteur et créé un nouveau cratère sur la surface de la Lune. 🌝
Il était difficile de voir l’explosion depuis la Terre, même avec un télescope. Mais des satellites de la NASA l’ont enregistrée, et publieront les photos dans les prochains jours. On a hâte de voir!
Les impacts d’objets créés par les humains sur la Lune sont très rares. Cet accident offre une bonne occasion aux scientifiques d’étudier ce que ça provoque. Ils regardent par exemple le comportement du nuage de poussière que l’impact a soulevé. Ça peut leur donner des informations pour de futures missions, peut-être avec des astronautes!
La mission Artemis II a envoyé 4 astronautes du 1er au 11 avril 2026 autour de la Lune.
Quelle serait la première chose que tu ferais si tu allais sur la Lune?
Sources : Radio-Canada, New York Times, BBC
Dans une infolettre publique du 27 juillet, le ministère de la Défense explique avoir modifié la désignation linguistique de plusieurs lieux de travail en partie parce que «plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entrainait des plaintes fondées et de la frustration».
La missive invoque aussi la difficulté de recruter du personnel pour des postes bilingues dans certaines régions.
Le vétéran Éric Sauvé raconte qu’un ancien collègue anglophone devenu bilingue pendant son parcours dans les Forces armées lui a fait part de sa déception face à la nouvelle directive.
Les nouvelles règles sur la langue de travail au sein du ministère de la Défense et des Forces armées canadiennes (FAC) ont été mises au jour par Le Devoir le 3 aout.
En entrevue avec Francopresse, le militaire à la retraite et président de la firme de consultants Innovigo, Éric Sauvé, Éric Sauvé exprime sa frustration provoquée par l’annonce : «Ce qui me choque le plus, c’est qu’on dit : “Oui, vous avez raison de vous plaindre qu’il n’y a pas de service en français, mais comme c’est trop dur, on va tout simplement déclarer que la base est unilingue anglophone”.»
Il y voit aussi un «moment important» pour l’érosion du français, parce qu’il y aura moins d’incitatifs pour parler en français dans les régions anglophones. Il y aura des conséquences à long terme. «Quand les francophones ne se sentent pas représentés, ne se sentent pas respectés, ils ont moins tendance à se présenter au centre de recrutement. Parce qu’ils se disent, ce n’est pas pour nous, ça.»
De bilingue à unilingue et vice versa
Avant janvier 2025, les désignations linguistiques étaient assignées à partir des Ordonnances d’organisation des Forces canadiennes. Cette désignation a été supprimée et remplacée par la Liste des régions bilingues du Canada aux fins de la langue de travail.
Ces régions incluent Ottawa, le Nouveau-Brunswick, Montréal, quelques secteurs du Québec, de l’Est et du Nord de l’Ontario.
Vincent Pellerin confirme que la désignation unilingue anglophone du Collège militaire royal du Canada à Kingston, dévoilée dans les médias en mai, découle de la même directive. Il insiste pour dire que la désignation concerne seulement la langue de travail du collège, un mandat bilingue est toujours attaché à la formation.
Le directeur des langues officielles au ministère de la Défense nationale, le capitaine de vaisseau Vincent Pellerin, donne plus de précisions sur le changement. «On a remplacé un système désuet pour désigner les langues de travail dans les unités avec un système qui est plus conforme et cohérent avec le reste du gouvernement fédéral. […] Spécialement pour les fonctionnaires qui travaillent à la Défense.»
«Il faut faire la nuance que c’est la langue de travail et non la langue de service qui est affecté, dit-il. La majorité des unités qui étaient désignées bilingues, c’était largement pour des raisons de service et non de langue de travail.»
Selon les chiffres à la disposition de Vincent Pellerin, 174 unités bilingues sont devenues anglophones, 29 sont devenues francophones et 67 anglophones sont devenues bilingues. Il peut y avoir plusieurs unités sur une même base militaire. Par exemple, l’unité dentaire et les services administratifs seront comptés séparément.
La plupart des services aux militaires et à leurs familles seront encore offerts dans les deux langues officielles, peu importe la langue de travail de la région, souligne la nouvelle directive.
Les unités unilingues ont aussi des responsabilités envers la Loi sur les langues officielles (LLO), précise-t-il. «Si quelqu’un a un souci, une inquiétude sur des enjeux de langues officielles, il peut absolument déposer une plainte au commissaire [aux langues officielles]. Et à la Défense, on prend ces plaintes-là très au sérieux.»
Il revient alors au Commissariat de déterminer si la plainte est recevable, même si elle est déposée dans un lieu de travail qui n’est pas désigné comme étant bilingue.
Le lieutenant-général Erick Simoneau a donné quelques chiffres lors d’un témoignage devant le Comité permanent de la défense nationale le 15 avril. Environ 24 % du personnel des Forces serait francophones, comparativement à 21 % de la proportion canadienne.
Pour sa part, la professeure Stéphanie Chouinard souligne devant le même comité parlementaire le 22 avril que «les langues officielles et le bilinguisme demeurent largement l’affaire des francophones» parce que les anglophones ont rarement l’occasion de travailler en français.
Selon ses données, seulement 9 % des membres anglophones des Forces sont bilingues, alors que 59 % des membres francophones le sont.
Le Commissariat aux langues officielles (CLO) traite aussi les plaintes concernant la Loi sur les langues officielles visant le ministère de la Défense.
Les critiques concernant la place du français dans les Forces armées canadiennes sont formulées depuis plusieurs années. Les recommandations pour encourager son utilisation et améliorer la formation linguistique aussi.
Dans un article publié en 2021, deux chercheuses du ministère de la Défense, Sara Rubenfeld et Carla Sowinski, concluaient qu’il fallait offrir davantage d’occasions d’apprendre le français de façon immersive, normaliser son usage dans les milieux de travail et encourager l’apprentissage de la deuxième langue officielle.
«En tant qu’aspect fondamental de l’identité canadienne, la dualité linguistique ne devrait pas être séparée des autres efforts [des Forces armées canadiennes pour célébrer la diversité et assurer l’équité].»
En avril 2026, le Comité permanent de la défense nationale a tenu trois réunions pour étudier la place des francophones et des autochtones dans les Forces armées canadiennes.
Lors de son allocution d’ouverture, la professeure agrégée en science politique au Collège militaire royal du Canada à Kingston, Stéphanie Chouinard – qui témoignait à titre personnel et non pour son établissement – faisait les mêmes recommandations.
Elle insistait aussi sur la nécessité de ne pas limiter l’apprentissage à la réussite d’un test, mais plutôt d’être capable de travailler en français avec des collègues.
C’est un type d’apprentissage qui se fait pendant toute une carrière et qui, selon moi, doit commencer dès l’entrée d’un membre dans les Forces armées canadiennes.
Lors de la même audience, le vétéran Éric Sauvé insistait sur le besoin d’aller au-delà de l’offre d’apprentissage et de fournir aux militaires plus d’occasions de pratiquer le français. «Il faut créer des occasions réelles de l’utiliser, par exemple dans les breffages, dans les cours, dans les évaluations et dans les mutations.»
De l’avis du capitaine de vaisseau Vincent Pellerin, la nouvelle directive n’affecte pas les occasions d’apprentissage «parce que dans la carrière d’un militaire, le bilinguisme est critique pour l’avancement». Elle n’interdit pas de parler français dans les unités anglophones, précise-t-il.
Une autre directive a été mise en action à l’automne 2025 pour que les FAC s’adaptent à la nouvelle LLO et pour augmenter la capacité de bilinguisme.
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Pour le député responsable des Langues officielles du cabinet fantôme du Parti conservateur du Canada, Joël Godin, la décision est une preuve que le gouvernement n’a pas la volonté de «faire grandir la langue française».
«Ça va à l’encontre de l’esprit de la nouvelle loi [modernisée]. Est-ce que c’est la pointe de l’iceberg? Est-ce qu’on a une directive générale?», interroge le député conservateur Joël Godin.
Joël Godin croit que le ministère de la Défense est allé trop vite en adoptant la liste du gouvernement «établie en 1977». Il aurait dû attendre la nouvelle liste officielle des régions désignées en vertu de la Loi sur les langues officielles (LLO).
«Au niveau légal, probablement qu’ils respectent la loi, mais pas l’esprit de la loi. L’esprit de la loi, c’était d’arrêter le déclin du français et de protéger et promouvoir les deux langues officielles. Il ne faut pas abandonner à la première résistance. Il faut être créatif, il faut trouver des solutions», conteste le député de Portneuf–Jacques-Cartier.
Il a l’impression que la décision a été prise dans un bureau, en regardant des statistiques, éloignée des expériences humaines sur le terrain.
Avec des informations de Julien Cayouette
Le ministère a signalé, dans une infolettre publiée le 27 juillet, avoir adopté une «nouvelle approche en matière de langue de travail», a dévoilé Le Devoir en début de semaine.
Jusqu’à présent, de nombreuses organisations du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes étaient réparties selon trois désignations linguistiques : anglaise, française ou bilingue.
«Toutefois, cette approche présentait certains défis. Plusieurs organisations et unités situées dans des régions unilingues éprouvaient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques, ce qui entrainait des plaintes fondées et de la frustration», rapporte le ministère pour justifier le changement.
Nouvelle classification : Désormais, la langue de travail dépend principalement de la région où est située l’organisation ou l’unité, conformément à la Liste des régions bilingues du Canada aux fins de la langue de travail prévue par la Loi sur les langues officielles.
À l’extérieur du Québec, ces régions bilingues se situent autour d’Ottawa, au Nouveau-Brunswick, dans l’Est et le Nord de l’Ontario.
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Les organisations situées dans une région unilingue fonctionnent dans la langue officielle prédominante de la province ou du territoire où elles sont établies.
Autrement dit, certaines organisations auparavant bilingues devront travailler exclusivement en anglais.
Inquiétude chez les francophones : Cette décision inquiète entre autres la Fédération de communautés francophones et acadienne et d’anciens militaires francophones.
Le député conservateur Joël Godin, vice-président du Comité permanent sur les langues officielles, déplore la décision en entrevue avec Francopresse.
Au niveau légal, probablement qu’ils respectent la loi, mais ce n’est pas l’esprit de la loi. […] [L’]esprit de la loi, c’était d’arrêter le déclin du français et de protéger et promouvoir les deux langues officielles.
Après le Royaume-Uni, c’est au tour de Santé Canada d’autoriser un essai clinique pour un vaccin contre la maladie Ebola causée par le virus Bundibugyo. L’entreprise américaine Moderna pourra lancer un essai de phase I pour son vaccin à ARN messager.
Il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement homologué contre ce type d’Ebola, qui sévit actuellement en République démocratique du Congo et en Ouganda.
Le Canada est le deuxième pays, après le Royaume-Uni, à autoriser un essai clinique de pour un vaccin à ARN messager contre le virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola.
Pas encore de cas au Canada : Aucun cas de maladie Ebola n’a pour l’heure été recensé au Canada. Le virus se transmet par contact direct et non protégé avec les liquides corporels d’une personne infectée qui présente des symptômes (ou d’une personne décédée des suites de la maladie), ainsi que par contact avec des objets contaminés ou des animaux infectés.
Selon l’UNICEF, depuis sa première apparition il y a 50 ans, le virus a fait plus de 15 000 morts en Afrique. Depuis mai 2026, une nouvelle épidémie a touché plus de 3626 personnes et causé 1589 décès en République démocratique du Congo et en Ouganda.
Le gouvernement fédéral a lancé les démarches pour désigner l’oléoduc vers la côte du Pacifique comme projet «d’intérêt national».
Cette désignation s’inscrit dans la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur les projets d’intérêt national, qui vise à accélérer l’approbation de grands projets jugés stratégiques, en contournant notamment certaines lois environnementales.
Le gouvernement fédéral vient de lancer des démarches pour accélérer son projet d’oléoduc vers la côte Ouest.
Consultation publique : Ottawa invite les citoyens et les citoyennes à «donner leur point de vue sur des considérations susceptibles d’orienter la décision du gouvernement». Un avis publié dans la Gazette du Canada le 1er aout fixe au 18 septembre la date limite pour soumettre des commentaires sur cette désignation.
Selon un nouveau sondage de l’institut Angus Reid, une majorité de Canadiens (54 %) estiment que le gouvernement fédéral devrait conserver le pipeline Trans Mountain plutôt que de le vendre, le projet étant désormais perçu pour beaucoup comme «un atout énergétique stratégique pour le pays».
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Jeudi, le député conservateur Larry Brock (Brantford–Brant-Sud–Six Nations, en Ontario) a annoncé sa démission. Il va reprendre ses fonctions de procureur dans le sud-ouest de l’Ontario. Il quittera officiellement ses fonctions le 18 septembre.
— Larry Brock (@LarryBrockMP) August 7, 2026
Septième départ : Ancien porte-parole conservateur en matière de justice, Larry Brock avait été relevé de cette fonction par le chef du parti, Pierre Poilievre, en juin.
Il est désormais le septième député à quitter le caucus conservateur depuis les élections de 2025, dont quatre ont traversé le parquet pour rejoindre les libéraux. Sa démission ouvrira la voie à une élection partielle dans sa circonscription.
La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, était cette semaine en visite dans deux pays francophones de l’Afrique de l’Ouest : le Bénin et la Côte d’Ivoire.
Cette semaine, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a officiellement inauguré l’ambassade du Canada à Cotonou, la capitale économique du Bénin.
Partenariat : Mercredi, Affaires mondiales Canada a annoncé une nouvelle étape dans un partenariat stratégique avec le Bénin pour renforcer le dialogue entre les deux pays ainsi que «leur coopération économique et leur engagement commun en faveur de la paix, de la sécurité et du développement durable».
Cet accord vise aussi à lutter contre l’insécurité en Afrique de l’Ouest et la piraterie maritime.
Elle et son homologue, la ministre des Affaires étrangères du Bénin Corinne Amori Brunet, ont souligné «leur volonté de poursuivre une concertation étroite au sein des organisations internationales, notamment des Nations Unies et de l’Organisation internationale de la Francophonie».
La ministre Anand a également inauguré l’ambassade du Canada à Cotonou, la capitale économique du Bénin.
En Côte d’Ivoire, les discussions ont entre autres porté sur la promotion de la stabilité et de la prospérité en Afrique de l’Ouest et la collaboration au sein des forums multilatéraux, dont celui sur la Francophonie.
Partout au Canada, étudiants internationaux, personnes réfugiées et professionnels arrivent avec des aspirations légitimes : parfaire leur éducation, mettre leur famille à l’abri, contribuer à la société et vivre dans la dignité. Pourtant, un écart saisissant persiste entre ces ambitions et la réalité quotidienne du parcours migratoire.
D’un océan à l’autre, la trajectoire des nouveaux arrivants est jalonnée de défis structurels majeurs :
Mon parcours à London (Ontario) en offre une illustration concrète. Arrivée en décembre 2018 pour un doctorat à l’Université Western, après avoir dirigé un programme national de santé maternelle, néonatale et infantile au Rwanda, j’ai surmonté les défis de la santé physiologique et la santé mentale, la précarité financière, les obstacles linguistiques et culturels, les lourdeurs, lenteurs et délais administratifs qui, parfois, freinent des démarches; qu’il s’agisse de l’obtention de mon statut migratoire, de l’équivalence de mes diplômes, ou des attentes pour recevoir des soins de la santé (spécialement des services en français). C’est au cœur de ces épreuves qu’est apparue la force de la résilience individuelle et familiale que j’ai l’honneur de partager avec les autres.
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Aimée Joséphine Utuza (M.Sc., MPH) est professionnelle de la santé et des services sociaux, fondatrice de Ngira Nkugire Development Initiative, et coordinatrice des projets de la petite enfance auprès de la Société santé en français.
La culture de la résilience ne signifie pas subir l’adversité avec passivité, mais peut reposer sur une acceptation active pour reprendre le contrôle de sa trajectoire et s’articuler autour de quelques principes, à savoir :
La résilience individuelle doit se transformer en une force collective pérenne. Convaincue que les réseaux communautaires offrent une sécurité humaine essentielle, j’ai contribué à créer l’initiative Zirikana (soutien intergénérationnel, collaboration entre les membres de la communauté de London Ontario et ceux de Kigali au Rwanda et l’entrepreneuriat), puis la Ngira Nkugire Development Initiative (NNDI) à London. NNDI favorise le dialogue, la sauvegarde du patrimoine culturel, l’intégration linguistique, artistique et l’harmonie familiale.
Ces actions locales, menées en partenariat avec diverses institutions, permettent aux nouveaux arrivants, notamment francophones, de devenir des membres actifs et épanouis de la société canadienne.
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Pour que ces trajectoires s’épanouissent à l’échelle locale et nationale au Canada, les institutions fédérales, provinciales et municipales doivent adapter leurs cadres :
À toutes les personnes immigrantes traversant le doute ou la solitude : soyons fières de nos parcours. En restant enracinés dans nos valeurs et unis dans l’action, nous continuons de nous élever. L’intégration véritable n’est pas une assimilation docile, mais un processus durable d’enrichissement mutuel et de double appartenance.
«La maltraitance envers les personnes ainées ainsi que leur vulnérabilité financière sont des enjeux de plus en plus préoccupants», alerte la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC) dans un mémoire présenté en avril 2026 au Comité permanent de la condition féminine de la Chambre des communes, dans le cadre de son étude sur la maltraitance et la vulnérabilité financière des ainées.
«Les conséquences sont considérables, tant sur le plan humain que social et économique. L’évolution rapide des fraudes, la transformation numérique et la complexité de certaines dynamiques familiales accentuent les risques auxquels sont exposées les personnes âgées», poursuit l’organisme.
En contexte linguistique minoritaire, les personnes ainées francophones sont d’autant plus vulnérables.
La présidente de l’Association francophone des ainées et ainés du Nouveau-Brunswick (AFANB), Norma Dubé, note en entrevue le fait que dans sa province, un pourcentage «quand même significatif» d’ainés francophones sont illettrés ou analphabètes.
En 2024, le Centre antifraude du Canada a relevé 108 878 incidents pour un total de 643,7 millions de dollars de pertes financières, rapporte la FAAFC dans son mémoire.
Néanmoins, cela ne serait que la pointe de l’iceberg, seulement 5 à 10 % des cas étant déclarés. Les personnes de 60 ans et plus représentent près du tiers des victimes et subissent souvent des pertes financières plus élevées.
Courriels frauduleux, réseaux wifi malveillants, voix de proches imitée par l’intelligence artificielle : à l’ère du numérique, les types de fraudes évoluent et s’affinent.
Norma Dubé est présidente de l’Association francophone des ainées et ainés du Nouveau-Brunswick (AFANB) et première vice-présidente de la Fédération des ainées et ainés francophones du Canada (FAAFC).
«Il y a des moyens maintenant qui peuvent imiter la voix d’une personne proche parce qu’on met trop de choses sur nos Facebook et nos médias sociaux», remarque Norma Dubé.
Selon elle, les procédés utilisés sont de plus en plus réalistes et créatifs. «On va probablement tous être un peu vulnérables dans le temps.»
La violence peut aussi venir de l’intérieur du cercle familial : «Souvent, la fraude, surtout la fraude financière et même la violence psychologique, est commise par des personnes qui sont très près de la personne âgée, que ce soit un enfant ou un conjoint», observe la responsable.
«La maltraitance familiale constitue une problématique majeure et souvent invisible», remarque la FAAFC dans son mémoire. Depuis 2018, les cas de violence familiale envers les personnes âgées ont augmenté de 49 %.
«En 2024, la police a recensé 7622 personnes ainées victimes de violence familiale, soit 98 victimes pour 100 000 personnes de 65 ans et plus. Les femmes représentaient 57 % des victimes», peut-on lire.
La dénonciation reste rare dans ce contexte familial, car, souvent, les victimes refusent de dénoncer leur proche, note l’organisme.
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L’accès aux services reste insuffisant, surtout pour les personnes ainées en contexte minoritaire, souligne encore la FAAFC. Les barrières linguistiques limitent l’accès aux ressources et aux recours disponibles.
«Cette réalité retarde la demande d’aide et compromet une protection adéquate […] Il devient urgent de renforcer l’accessibilité réelle des services dans les communautés de langues officielles en situation minoritaire», plaide l’organisme francophone.
Au Nouveau-Brunswick, la plupart des sessions données par la police locale ou des groupes communautaires demeurent en anglais, relève Norma Dubé.
«Les instances gouvernementales ont un rôle à jouer, mais nous aussi, comme monde associatif», estime la responsable. Selon elle, chaque petit geste peut aider. «Et si jamais on s’aperçoit que la personne est victime, il faut prendre des démarches tout de suite.»
Dans son mémoire, la FAAFC insiste sur l’importance de la prévention auprès des populations vulnérables, notamment grâce à la mise sur pied de campagnes de sensibilisation ciblées nationales et à la diffusion de contenus disponibles en français, adaptés aux réalités des communautés linguistiques en situation minoritaire.
«Nos personnes âgées écoutent encore la télévision, les radios communautaires, la messe du dimanche. Il y aurait moyen de faire une petite campagne de sensibilisation qui pourrait juste éveiller la personne à un petit peu plus, sans leur faire peur; dire “oui, ça existe”», propose Norma Dubé.
La FAAFC demande aussi aux élus fédéraux de financer des initiatives communautaires visant à renforcer la littératie numérique des personnes ainées et de mettre en place des mécanismes de signalement sécuritaires.
Former les intervenants et intervenantes de première ligne à reconnaitre les situations de maltraitance et de fraude fait aussi partie des recommandations de l’organisme.
professeur titulaire, Chaire de recherche Droits et enjeux linguistiques, Faculté de droit, Université d’Ottawa
rofesseur titulaire, Université de Moncton
Une majorité de six juges a répondu par l’affirmative. Trois juges ont exprimé leur désaccord. Des personnes raisonnables peuvent débattre du bienfondé de cette décision. Mais ce débat doit commencer par une compréhension exacte de ce que la majorité a réellement décidé.
Il faut d’emblée écarter l’affirmation erronée selon laquelle la Cour suprême aurait considéré les Canadiens qui ne parlent que l’anglais ou que le français comme des citoyens «inférieurs», moins dignes ou moins compétents. Rien dans l’arrêt ne permet de soutenir une telle interprétation.
Nous sommes professeurs de droit et avocats spécialisés en droits linguistiques au Canada, un domaine du droit qui sert trop souvent de cible aux détracteurs du bilinguisme officiel. À l’instar de la Cour suprême, nous estimons que les garanties linguistiques de la Charte canadienne des droits et libertés contribuent à l’unité nationale, à la tolérance et au respect de la diversité.
La Cour a conclu que la personne nommée lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick doit être capable d’exercer les fonctions constitutionnelles de sa charge tant en français qu’en anglais. Cette conclusion ne constitue nullement une condamnation des Canadiens unilingues. Elle reconnait simplement que certaines charges publiques comportent des qualifications inhérentes à leurs responsabilités constitutionnelles.
Les sénateurs doivent satisfaire à des conditions constitutionnelles relatives notamment à l’âge et à la propriété. Les juges doivent posséder une formation juridique et plusieurs années d’expérience professionnelle. Personne ne prétend que ces exigences rendent les autres Canadiens moins dignes ou moins compétents. Elles définissent les qualifications nécessaires à l’exercice d’une fonction particulière. Le même principe s’applique ici.
Le raisonnement de la majorité repose sur le statut constitutionnel unique du Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du Canada. La Charte y reconnait non seulement l’égalité du français et de l’anglais, mais également l’égalité des deux communautés linguistiques officielles ainsi que de leurs institutions.
Pour parvenir à sa conclusion, la majorité examine attentivement le texte de la Charte, l’histoire constitutionnelle de la province, l’évolution de la jurisprudence linguistique et le rôle institutionnel du lieutenant-gouverneur.
La décision n’impose donc pas le bilinguisme aux titulaires d’autres fonctions publiques, comme les premiers ministres provinciaux, ni à l’ensemble des hauts fonctionnaires du pays. Elle porte sur une charge constitutionnelle précise, dans une province dont le régime linguistique ne trouve d’équivalent dans aucune autre juridiction canadienne.
Cela dit, le Nouveau-Brunswick devra réfléchir aux enseignements plus larges de l’arrêt pour ses principales institutions publiques. Cette réflexion ne signifie pas que toutes les fonctions seraient désormais assujetties à une exigence automatique de bilinguisme personnel. Elle invite plutôt à se demander, dans chaque cas, si l’institution concernée est véritablement en mesure de servir également les deux communautés linguistiques officielles.
Une part importante du raisonnement de la majorité repose sur les exigences de l’égalité réelle : aucune des deux communautés linguistiques officielles ne doit être placée dans une position subordonnée à l’autre.
Au Nouveau-Brunswick, ces communautés doivent jouir d’un statut égal au sein des institutions constitutionnelles établies pour les servir toutes les deux. Exiger que la personne qui est nommée lieutenant-gouverneur puisse communiquer directement avec chacune d’elles ne revient pas à favoriser les personnes bilingues. Il s’agit plutôt de garantir que l’institution que cette personne incarne puisse s’acquitter également de ses obligations envers tous les Néobrunswickois.
Il est tout aussi erroné de présenter le bilinguisme comme une préférence élitiste imposée par des juges militants. Une telle affirmation fait abstraction de la réalité historique qui a donné naissance aux protections linguistiques constitutionnelles.
Ces garanties n’ont pas été adoptées pour récompenser les professionnels bilingues ni pour créer des possibilités réservées à une classe privilégiée. Elles découlent d’une longue histoire d’inégalités linguistiques et d’exclusion politique vécue par les communautés acadienne et francophone.
Leur constitutionnalisation visait à faire en sorte que les institutions publiques respectent et reflètent le caractère linguistique particulier du Nouveau-Brunswick. C’est à la lumière de cette histoire que le jugement majoritaire doit être compris.
Le désaccord entre les juges de la Cour porte ultimement sur l’interprétation de l’article 16 de la Charte canadienne des droits et libertés. Cette disposition proclame que le français et l’anglais sont les langues officielles du Canada et du Nouveau-Brunswick et qu’ils ont un statut ainsi que des droits et privilèges égaux.
La majorité a conclu que l’article 16 possède une force normative autonome : il ne constitue pas seulement une déclaration symbolique, mais impose une exigence constitutionnelle de bilinguisme institutionnel et d’égalité réelle. Les juges dissidents ont plutôt estimé que le texte de cette disposition ne permettait pas d’en tirer une obligation de bilinguisme personnel applicable au titulaire de la charge de lieutenant-gouverneur.
Que l’on partage l’opinion de la majorité ou celle de la dissidence, le raisonnement majoritaire constitue un argument constitutionnel sérieux, fondé sur le texte, l’histoire, la structure et l’objet de la Charte. Il mérite d’être discuté pour ce qu’il affirme réellement, et non à partir de caricatures sur la valeur ou la compétence des Canadiens unilingues.
Des personnes raisonnables peuvent diverger sur l’interprétation de la Constitution. Les juges eux-mêmes l’ont fait dans cette affaire. Un tel désaccord est non seulement légitime, mais salutaire dans une démocratie constitutionnelle.
Mark C. Power et Darius Bossé, associés au cabinet Power Law à Ottawa, ont participé à la rédaction de cette analyse.
Le pont Gordie-Howe relie la ville canadienne de Windsor, en Ontario (🇨🇦), à la ville américaine de Détroit, au Michigan (🇺🇸). Il traverse la rivière Détroit. La frontière entre le Canada et les États-Unis passe en plein milieu du cours d’eau. Le pont a six voies (trois par direction) et mesure 2,5 kilomètres de long.
Il y avait déjà un pont et un tunnel qui reliaient Windsor et Détroit, et plus de 75 000 véhicules traversaient cette rivière-frontière chaque jour. Mais ce n’était pas assez! C’est parce que le transport de marchandises entre le Canada et les États-Unis est une industrie majeure dans la région : 30 % des échanges commerciaux par camion entre les deux pays passent par là. Le nouveau pont, avec son passage aux douanes simplifié et ses accès rapides aux routes importantes, devrait faciliter la vie des gens des deux côtés de la rivière.
Gordie Howe était un joueur de hockey canadien qui a fait partie des Red Wings de Détroit pendant 25 ans. Un athlète canadien, qui a fait carrière à Détroit… c’était le nom parfait pour un pont qui relie le Canada à cette ville! Surtout que Gordie Howe est considéré comme l’un des plus grands joueurs de hockey de l’histoire. Il a remporté la Coupe Stanley quatre fois avec les Red Wings dans les années 1950. C’est son petit-fils, lui aussi prénommé Gordie, qui a été le premier automobiliste à traverser le pont lundi.
Et c’est le Canada qui a tout payé. Le pays compte se rembourser en partie grâce au péage. Eh oui! Le pont Gordie-Howe est payant. Les voitures doivent débourser 11 $ pour chaque passage. Les gros camions, eux, paient en moyenne 50 $. Ça peut sembler beaucoup, mais c’est la moitié du prix pour traverser l’autre pont. C’est un autre grand avantage pour l’industrie du camionnage.
Depuis qu’il est au pouvoir, le président américain accuse le Canada de profiter des États-Unis. Il a donc imposé des tarifs aux produits canadiens. C’est pour la même raison qu’il a empêché l’ouverture du pont en février dernier. Selon lui, les États-Unis ont été traités injustement dans le dossier.
Donald Trump a exigé que les frais de péage soient partagés avec son pays pour les 15 prochaines années. Sinon, le pont n’ouvrirait jamais. Face à cette menace, le Canada a finalement accepté de partager également les revenus du péage. Avec quelques mois de retard, le pont a donc pu être ouvert… mais les Américains n’ont pas été invités à la cérémonie.
As-tu déjà emprunté une route ou un pont à péage? C’était où? Raconte!