le Vendredi 22 mai 2026

FRANCOPHONIE

Les députés du Comité permanent des langues officielles à la Chambre des communes ont publié une lettre de félicitations au Colonel Jeremy Hansen, revenu de la mission Artémis II le mois dernier.

Seul Canadien à bord du vaisseau Orion, il a été le «premier Terrien à avoir pris la parole en français depuis l’endroit le plus éloigné de notre galaxie ayant été exploré», souligne la lettre des parlementaires.

«[…] Vous êtes un modèle pour les francophiles au pays, notamment les milliers de jeunes qui sont dans les programmes d’immersion française. Vous leur avez montré qu’il faut persévérer dans l’apprentissage de leur seconde langue officielle et surtout, ne pas hésiter à se servir du français», ont-ils ajouté.

La semaine dernière, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada a financé la revue savante bilingue Minorités linguistiques et société/Linguistic Minorities and Society, publiée par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques, à hauteur de 156 000 $ sur trois ans, dans le cadre du programme «Aide aux revues savantes 2025».

But de la subvention : Ce financement permettra à la revue de renforcer son modèle de libre accès gratuit, tant pour les lecteurs que pour les auteurs, tout en améliorant la diffusion des articles, leur visibilité en ligne et les pratiques éditoriales.

Depuis sa création, cette dernière publie des recherches bilingues et interdisciplinaires sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire au Canada ainsi que sur d’autres minorités linguistiques au pays et à l’international.

David Eby, premier ministre de la Colombie-Britannique, a rencontré Mark Carney cette semaine après la conclusion de l’entente avec l’Alberta. Ce dernier reste pour l’instant fermé.

Province de la Colombie-Britannique – Flickr

CANADA

Le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial de l’Alberta ont conclu une entente vendredi dernier visant la construction d’un nouveau pipeline vers la côte ouest. Les travaux pourraient commencer en 2027, pour une mise en service prévue autour de 2033.

Le projet reste toutefois soumis à la condition de mettre en place un vaste programme de capture de carbone de l’industrie des sables bitumineux, alors qu’aucune entente finale avec les entreprises n’a encore été signée et que cette technologie reste couteuse et incertaine.

L’Alberta agira temporairement comme promoteur afin d’accélérer le projet et de rassurer les investisseurs privés, même si aucun financement de ce côté-là n’a encore été confirmé.

Point d’accroche : L’Alberta préfèrerait que le pipeline passe par le nord de la Colombie-Britannique pour faciliter les exportations vers l’Asie, mais il devra obtenir l’appui de la province et des Premières Nations.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, déjà fermé au projet, s’est montré critique envers l’entente et accuse l’Alberta d’avoir «toute l’attention» du fédéral, notamment car Danielle Smith, la première ministre, a réussi à obtenir une entente sur la tarification du carbone à 130 $ la tonne d’ici 2040, lorsque les autres provinces paient 170 $ la tonne.

En outre, il a déjà affirmé que le premier ministre Mark Carney scellait l’entente notamment pour calmer la volonté séparatiste de certains Albertains et critique le projet, car il affirme qu’il enfreint les droits des Premières Nations.

Le premier ministre canadien était d’ailleurs cette semaine en Colombie-Britannique pour tenter de rassurer David Eby sur le fait que les consultations, notamment avec les Premières Nations, seront menées comme il se doit.

Nepinak, cheffe de l’APN, critique les changements proposés par Ottawa pour l’évaluation des grands projets énergétiques. Elle estime qu’ils menacent les droits des Premières Nations et limitent leur participation.

Elle dénonce aussi le délai de consultation de 30 jours, qu’elle estime insuffisant pour permettre une réelle consultation des communautés autochtones.

À lire aussi : Énergie Est : le projet d’oléoduc controversé pourrait-il ressortir de terre?

L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) demande à l’Agence du revenu du Canada (ARC) et au Conseil du Trésor de suspendre l’élargissement du retour obligatoire au bureau pour les fonctionnaires. Il estime que les lieux de travail ne sont pas prêts à accueillir davantage d’employés.

Manque d’espace : Le syndicat dénonce notamment le manque d’espace, les règles incohérentes et l’absence de consultations suffisantes avec les travailleurs.

L’IPFPC affirme que plusieurs employés se rendent au bureau uniquement pour participer à des réunions virtuelles, sans réelle collaboration.

Le syndicat réclame une approche plus flexible et fondée sur des données probantes avant toute augmentation de la présence obligatoire au bureau.

À lire aussi : De plus en plus de fonctionnaires exemptés d’apprendre le français

INTERNATIONAL

D’après son rapport publié le 20 mai, le directeur parlementaire du budget (DPB) évalue à 1,066 milliard de dollars le soutien public total accordé à la coorganisation de la Coupe du monde de soccer 2026.

De cette somme, 473 millions proviendraient du gouvernement fédéral, tandis que les autres gouvernements assumeraient les 593 millions restants.

82 millions par match : Comme le Canada accueillera 13 matchs, le DPB estime le cout moyen à 82 millions de dollars par rencontre, un niveau comparable aux dépenses publiques observées lors des éditions précédentes du tournoi.

L’identité demeure la principale raison invoquée par les parents francophones pour choisir un service de garde en français plutôt qu’en anglais à l’extérieur du Québec, souligne Statistique Canada dans un récent rapport.

Lors d’un webinaire organisé par l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne, le 12 mai, Isabelle Perron-Desjardins, enseignante et collaboratrice auprès du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance du Nouveau-Brunswick, et Catherine Isabel, chargée de projet à l’Association canadienne d’éducation de langue française, sont revenues sur le rôle essentiel de l’art et de la culture en petite enfance.

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Période charnière

De 0 à 5 ans, les enfants grandissent, à tous les niveaux.

L’enfant est en pleine construction de sa propre identité culturelle, alimentée par ses références familiales, mais aussi son vécu au quotidien.

— Isabelle Perron-Desjardins

«Les enfants ressentent notre rapport à la langue et notre rapport aux arts et à la culture», rappelle-t-elle à l’intention du personnel des services de la petite enfance et des éducateurs et éducatrices. Elle encourage à montrer son «plaisir à parler français».

«Être passeur culturel, c’est cultiver son propre arbre dans un premier temps pour ensuite mieux faire grandir celui des enfants.»

L’intervenante rappelle que les parents eux-mêmes peuvent apprendre de leurs enfants quand il s’agit de culture francophone. Elle cite sa propre histoire.

«Étant native du nord-ouest du Nouveau-Brunswick et avec des racines plutôt québécoises, la fête acadienne était peut-être moins présente dans cette région.» C’est à travers ses enfants et leurs activités à l’école qu’elle a pu découvrir la culture acadienne.

La composition d’un babillard avec des collages de célébrités ou de références culturelles en tous genres peut être une activité à partager avec les enfants, mais aussi le personnel des services à la petite enfance.

«On n’a pas besoin d’être expert»

Les deux présentatrices sont revenues sur le rôle de passeur et passeuse culturelle, ou comment faire découvrir la culture francophone tout en restant ouvert aux autres cultures.

«On n’a pas besoin d’être expert, on a besoin d’être ouvert, curieux, d’avoir une passion contagieuse», explique Isabelle Perron-Desjardins.

Les passeurs culturels jouent le rôle d’intermédiaire, pour favoriser la découverte d’une variété d’expressions culturelles et artistiques, mais aussi ouvrir les enfants à de nouvelles formes d’art.

Il faut également «déconstruire l’idée qu’il faut avoir du talent pour créer», insiste Catherine Isabel.

Les spécialistes encouragent les membres du personnel à ne pas hésiter à sortir des murs des services de garde, pour aller voir des expositions, des pièces de théâtre, ou même tout simplement organiser des activités artistiques en pleine nature. Sans oublier d’amener les artistes de la communauté à la rencontre des tout-petits.

Il s’agit aussi de stimuler le dialogue – par exemple par le biais de cercles de conversation – et d’éveiller la curiosité autour des arts d’ici, et d’ailleurs.

À lire aussi : L’art pour répondre aux défis des écoles francophones

Ne pas chercher à remplacer

Quand l’enfant vient d’une famille où le français n’est pas la langue du foyer, «il faut être curieux pour chercher à comprendre d’où vient l’enfant et être ouvert, accueillir ses références et chercher à créer des ponts entre la réalité de cet enfant-là et la culture francophone», développe Catherine Isabel.

«Ce n’est pas de chercher à remplacer la culture de l’enfant par une culture francophone, mais au contraire à tisser des liens.»

Comment allons-nous informer en 2050? Journalistes, peuple et gestionnaires se sont réunis à Carleton-sur-Mer, au Québec, du 14 au 17 mai, pour la quatrième édition du Festival international du journalisme de Carleton-sur-Mer (FIJC).

L’importance de revenir à la base du journalisme faisait consensus : le terrain et le gens qui l’habitent; comment aller les chercher, les écouter et les faire contribuer dans un environnement numérique envahi par des plateformes qui modifient sans arrêt les règles du jeu et de l’attention.

L’avenir de toute profession se joue aussi avec sa relève. Même si les inscriptions diminuent dans les programmes postsecondaires, selon certains intervenants, ceux qui se lancent dans le journalisme le font avec une grande passion. C’est d’autant plus vrai pour ceux et celles qui couvrent la francophonie minoritaire.

À lire aussi : Médias francophones en situation minoritaire : entre fragilité et résilience

Cédric Thévenin, journaliste à l’Acadie Nouvelle, repart en Acadie enthousiaste et inspiré. 

Photo : Camille Langlade – Francopresse

«J’ai pu porter la voix de l’Acadie»

Cédric Thévenin résume le Festival avec trois mots : «Authenticité, terrain et jeunes.»

Le journaliste basé à Moncton repart avec plein d’idées en tête à partager à ses collègues de L’Acadie Nouvelle*, notamment sur le numérique et les nouveaux formats pour rejoindre les jeunes, comme la vidéo.

«Dans les nouvelles narrations visiblement qui intéressent les jeunes et qui ont du succès sur les réseaux sociaux, il y a la notion de personnification de l’information; le journaliste qui se met en scène de façon authentique, pas forcément en étant souriant, bubbly […], mais plutôt goofy», décrit celui qui participait au FIJC pour la deuxième fois.

Un autre point l’a particulièrement intéressé : l’enquête en région. Il aimerait, pourquoi pas, se former davantage au journalisme de données et passer d’Excel au codage.

Même s’il note encore «une faible présence des médias francophones en milieu minoritaire» à l’évènement, certaines conférences ont abordé le sujet. Lui-même a participé à une table ronde sur les regards croisés des jeunes francophones sur l’information de demain. «J’ai pu porter la voix de l’Acadie.»

«Les défis qu’on a sont quand même très similaires à ceux des autres médias. J’ai trouvé ça a très utile.» Et inspirant. Il cite un média indépendant belge qui essaie de faire participer les citoyens à leurs enquêtes.

Sarah-Jeanne Tremblay reprendra le travail au Droit à Ottawa-Gatineau avec une nouvelle inspiration aussi bien tirée des journalistes plus connus du public que des petits médias «qui ont des façons originales de faire du journalisme». 

Photo : Camille Langlade – Francopresse

Nouvelles perspectives

De son côté, Sarah-Jeanne Tremblay, journaliste à Ottawa-Gatineau pour Le Droit*, a été surprise d’entendre l’écho d’un de ce qu’elle a observé : la différence dans la perception de l’immigration entre le Québec et la francophonie canadienne.

«Les réactions qu’on a dans les commentaires de nos de nos articles sur l’immigration quand on couvre le milieu franco-ontarien versus quand qu’on couvre le milieu québécois sont drastiquement différents.» Pour la francophonie minoritaire, l’immigration est une question de survie pour les communautés.

Elle ramène dans ses bagages une motivation renouvelée et le désir de se replonger dans son travail. «J’ai le gout de faire plus de demandes d’accès à l’information. Je suis allé voir beaucoup de conférences sur le journalisme d’enquête et ça m’a donné le gout d’en faire, de faire de plus longs reportages.»

Alicia Régnier retourne à La Liberté, au Manitoba, avec l’envie de rejoindre les jeunes. 

Photo : Camille Langlade – Francopresse

Pour Alicia Régnier, chargé de projets multimédias et communication à La Liberté*, au Manitoba, créer une proximité avec la communauté est ressorti comme un élément fort du Festival. «Se rapprocher des gens, surtout venant d’une petite communauté, je pense que c’est important d’être plus près d’eux», souligne-t-elle.

Comme Cédric Thévenin, elle ne voyait pas toujours un lien avec le travail en situation francophone minoritaire, mais il y en avait assez pour lui inspirer des idées. L’initiative vidéo de l’Aurore boréale, au Yukon, pour se rapprocher des jeunes, pourrait justement être reproduite pour «essayer d’élargir notre public», avance Alicia Régnier.

Elle rapporte quelques idées et techniques pour les reportages vidéos, entre autres provenant de RAD. «On ne peut pas faire nécessairement à leur niveau ce genre de projet», mais ils lui ont donné le gout d’en faire davantage.

À lire aussi : Un sentiment d’urgence palpable pour les médias de langues minoritaires

Rapprocher les communautés, et les publics

Le journalisme de solution a été mis de l’avant à plusieurs reprises, à la fois à l’intérieur et en dehors des salles de nouvelles.

Rapprocher les communautés linguistiques est une piste, que ce soit en Belgique – entre Wallons et Flamands – ou au Canada, entrent francophones, anglophones et Autochtones. Le sujet a fait l’objet d’une rencontre, le 16 mai.

En Belgique, le site d’information DaarDaar, cofondé par Joyce Azar, traduit en français des nouvelles de la partie flamande du pays. La demande est bien là, confirme-t-elle.

Traduire des articles d’autres médias «ne coute rien» et permet d’avoir un autre regard sur l’actualité vue par l’autre communauté, rappelle Michel Cormier, ancien directeur de l’information de Radio-Canada.

La directrice et rédactrice en chef de l’Aurore boréale, au Yukon, Maryne Dumaine, a rappelé l’importance pour les médias d’être ancrés dans leur communauté.

Son journal s’adresse aux francophones, mais aussi aux personnes ayant le français comme langue seconde, dit-elle. Il s’attarde à rapprocher les francophones des enjeux autochtones, en proposant notamment un lexique qui traduit quelques mots dans les huit langues autochtones du territoire. «On essaie aussi de changer le narratif et de parler des enjeux autochtones de façon positive», témoigne Maryne Dumaine, qui est également la présidente de Réseau.Presse.**

Les intervenants et intervenantes ont souligné l’importance de rapprocher les médias des grands centres urbains et ceux en région. Il ne faut pas seulement parler des communautés éloignées quand il y a des problèmes ou lors de «l’ouverture de la pêche».

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Médias de proximité, histoire d’un renouveau

L’avenir des médias n’apparait pas toujours sombre. Plusieurs médias dits de proximité tirent leur épingle du jeu. Pour des panélistes à une discussion sur les médias ancrés dans une plus petite communauté le 17 mai, l’information locale peut être une façon de sortir de la morosité des mauvaises nouvelles nationales ou mondiales.

«Le citoyen sent qu’il peut avoir un impact en s’impliquant dans son quartier en lisant les nouvelles locales», avance Arnaud Bertrand, fondateur de Monlimoilou.com.

Cette proximité avec son sujet principal est un avantage pour un petit média. Ils connaissent leur communauté, les résidents ont davantage tendance à leur faire confiance, les grands médias peuvent difficilement venir jouer sur leur terrain.

Cet avantage existe aussi pour les médias francophones en situation minoritaire. Maryne Dumaine, qui participait à une deuxième discussion, souligne que plusieurs de ces médias reçoivent encore de l’information, des sujets et des photos du public.

C’est aussi un outil de rassemblement, les gens y apprennent à se connaitre. C’est aussi un outil d’engagement démocratique.

— Maryne Dumaine

Cette proximité et le statut de journal communautaire ne les empêchent pas de non plus de faire du journalisme professionnel et de qualité, malgré les enjeux financiers, auquel la communauté peut prendre part.

L’éditeur du journal Le Charlevoisien et des Publications Gaspésiennes, Sylvain Desmeules, rappelle que les annonceurs locaux n’ont majoritairement pas abandonné ces médias. Ce sont les grandes compagnies qui se sont tournées vers les GAFAM et qui envoient leur argent à ces entreprises des États-Unis.

Sylvain Desmeules est également heureux de voir que la collaboration entre médias grandit : «Il y a un plus grand respect entre journalistes. Il y a moins de compétition.»

IA, Gaza et démocratie

L’intelligence artificielle (IA) a aussi fait partie de plusieurs discussions. L’heure était également à l’émotion, quand la journaliste gazaouie de l’Agence France-Presse, Mai Yaghi, a témoigné de son quotidien en zone de guerre et des décisions difficiles qu’elle a dû prendre, en tant que journaliste, mais aussi en tant que mère.

À travers les échanges, de salle en salle, le journalisme est plus que jamais ressorti comme un des remparts et des piliers de la démocratie, alors que celle-ci – et la liberté de la presse – vacille dans de nombreux pays à travers le monde.

À lire aussi : L’éducation aux médias pour lutter contre la désinformation dès l’école

* Le voyage des trois jeunes journalistes des médias membres de Réseau.Presse a été financé par Les Offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ).

** Réseau.Presse est l’éditeur de Francopresse.

Une contribution financière du ministère de la Langue française du Québec a permis à Francopresse de se déplacer au Festival international du journalisme de Carleton-sur-Mer.

La nouvelle a été partagée sur les réseaux sociaux par la directrice et rédactrice en chef de La Liberté, au Manitoba, Sophie Gaulin; journal avec lequel Jean-Pierre Dubé a longtemps travaillé.

Ce fier Franco-Manitobain a débuté sa carrière comme reporter à Radio-Canada (Manitoba) avant d’occuper divers postes pendant dix ans au journal La Liberté. Il y a été journaliste, éditorialiste et rédacteur en chef.

«Journaliste engagé, homme de réflexion et de conviction, Jean-Pierre Dubé a contribué pendant plusieurs années au rayonnement de La Liberté et à la vitalité du débat public au sein de notre communauté. Lorsque j’ai pris la direction du journal, il avait accepté de poursuivre l’aventure comme éditorialiste, offrant à nos lecteurs des textes empreints de profondeur, de culture et d’un grand attachement à la francophonie manitobaine», témoigne Sophie Gaulin sur LinkedIn.

Il est également l’auteur de pièces de théâtre, de romans, de recueil de nouvelles et d’essais historiques. Il a reçu le Prix littéraire des caisses populaires pour son premier roman, La Grotte, paru aux Éditions du Blé en 1996. Il a aussi œuvré à la Commission nationale des parents francophones.

«Un pilier pour Francopresse»

Jean-Pierre Dubé a par la suite été pigiste et collaborateur pour Francopresse de 2013 à 2019. Andréanne Joly, en poste comme rédactrice en cheffe de 2016 à 2020, ne garde que de bons souvenirs de ses échanges avec lui.

«Jean-Pierre a été un pilier pour Francopresse. Ce fidèle collaborateur suivait tous les dossiers de la francophonie et en avait une compréhension profonde, éclairée par les années et la passion. Avec lui, le rire et la rigueur étaient toujours au rendez-vous. Nos rencontres régulières étaient toujours menées dans la bonne humeur», raconte-t-elle.

«C’est Jean-Pierre, avec Adrien Cantin, qui a pensé et créé le premier palmarès annuel des personnalités influentes de la francophonie canadienne pour Francopresse. Depuis la première édition, l’engagement de plus d’une centaine de francophones a été reconnu et souligné par [les médias de la francophonie minoritaire] et Francopresse. Jean-Pierre, fier Franco-Manitobain, mérite résolument sa place au sommet d’un tel palmarès pour son œuvre, à la fois discrète et majeure.»

L’équipe de Francopresse offre ses sincères condoléances à la famille, aux proches et aux anciens collègues de Jean-Pierre.

À lire aussi : Articles de Francopresse produits par Jean-Pierre Dubé

Lors d’une présentation au Congrès de l’Acfas à Trois-Rivières le 12 mai, Luisa Véronis, professeure agrégée en géographie, environnement et géomatique à l’Université d’Ottawa, a souligné le décalage entre les lieux de résidence des immigrants à faibles revenus et l’accès aux emplois et services essentiels. Elle a mené cette recherche avec l’un de ses étudiants, Abraham Alexander.

Pour les immigrants et immigrantes francophones, cet enjeu est accentué par la répartition inégale des services en français. Un logement abordable est souvent situé loin des institutions et des ressources francophones nécessaires à leur intégration, avance la professeure.

Cette dernière rappelle que 20 % des personnes immigrantes récentes ont un «besoin impérieux» de logement abordable, comparé à 9 % de la population totale, selon les données du recensement 2021.

Il y a une pénurie de logements abordables, insiste la chercheuse. «Cette soi-disant “crise” s’étend au-delà des grands centres», complète-t-elle, en pointant de petites localités, voire des villes rurales.

À lire aussi : Crise du logement : solutions d’ici et d’ailleurs

Le lieu du logement, un déterminant pour l’accueil des immigrants

«Les recherches démontrent que le logement est fondamental pour l’intégration, parce que le lieu du logement, ce n’est pas juste l’acquisition du logement en soi pour avoir un toit et un abri et se sentir bien chez soi, mais aussi la location où est situé le logement, détaille la chercheuse. [Cela] donne accès à des opportunités d’emploi, des ressources, des infrastructures, des écoles par exemple, des transports, ainsi qu’à des réseaux.»

En Ontario, par exemple, 50 % des personnes immigrantes francophones installées à Ottawa et Toronto sont propriétaires. «C’est encourageant, mais bien en deçà comparé aux francophones nés au Canada», souligne Luisa Véronis.

D’après la littérature existante, les immigrants récents s’installent dans les banlieues proches des grandes villes, «où il y a du logement abordable, mais souvent vieux et mal entretenu».

Elle affirme que ce sont souvent les agents d’établissements – ceux qui renseignent les nouveaux arrivants, ainsi que les organismes communautaires – qui les orientent vers certains quartiers. «Parce qu’ils ont les contacts, ils connaissent les propriétaires et ce sont les logements abordables, souvent en périphérie», appuie Luisa Véronis.

À lire aussi : Immigration : le bilinguisme favorise l’intégration des francophones

La langue française dessert en contexte minoritaire

Le fait que le marché du logement est en majorité contrôlé par des anglophones nuit aux personnes immigrantes francophones, malgré la présence d’organismes pour les aiguiller.

Parler français ne donne aucun avantage en contexte minoritaire pour trouver du logement.

— Luisa Véronis, professeure agrégée de géographie à l'Université d'Ottawa

Cette dernière affirme que certaines recherches montrent qu’au Québec, les immigrants qui parlent français sont «un peu plus outillés que ceux qui ne parlent pas français». En revanche, parler français ne sert pas les immigrants francophones en situation minoritaire, vu que le marché locatif est anglophone.

Les «filtres» des propriétaires et «itinérance cachée»

Une autre barrière à l’accès au logement : les propriétaires, qui jouent un rôle de «filtre».

«Ils imposent, en demandant des références, une histoire de crédit au Canada, des preuves de revenus, etc. Et tout ça, ça parait naturel, mais ce sont des formes de discrimination dans une certaine mesure», affirme la professeure.

Selon elle, le statut migratoire joue un rôle et influence aussi un peu les trajectoires résidentielles.

Par exemple, les résidents permanents viennent souvent avec certaines ressources, parlent l’une des deux langues officielles et sont plus outillés ou avantagés pour se trouver un logement.

Les immigrants temporaires, quant à eux, vivent dans l’incertitude liée à leur statut, souvent lié à un employeur, valide pour un temps limité, «ce qui peut constituer une barrière» dans l’accès au logement. Et c’est encore plus vrai pour les personnes réfugiées, estime Luisa Véronis.

Lorsque des immigrants téléphonent pour se renseigner ou visiter un logement, «dès qu’on entend un accent ou dès que la personne explique son statut migratoire ou son pays d’origine, directement les propriétaires disent : “Ah non le logement n’est plus disponible”».

Par ailleurs, la chercheuse observe que, souvent, les propriétaires «préfèrent des personnes sans enfants», un désavantage pour les femmes immigrantes monoparentales.

La source de revenus est un autre filtre utilisé par les propriétaires ou les agences locatives pour rejeter les demandes de logement des personnes immigrantes, tous statuts confondus.

Les gens n’ont pas forcément un emploi. Dans le cas des réfugiés, ils dépendent d’une assistance du gouvernement […] et c’est là où les propriétaires se servent du filtre.

— Luisa Véronis, professeure agrégée de géographie à l'Université d'Ottawa

Une situation qui amène de multiples familles «à partager un logement» et vivre dans un endroit surpeuplé.

Luisa Véronis mentionne notamment une «itinérance cachée [avec] le couchsurfing» ou «l’utilisation des abris, un dernier recours quand toute autre stratégie a été exploitée».

À lire aussi : Face à la crise : réinvestir le logement social et abordable

Sensibiliser les agences immobilières aux réalités de l’immigration

Ines Bouguerra est gestionnaire des programmes et services en immigration du Collège Boréal à North Bay, observe sur le terrain qu’une personne immigrante «ne peut pas être intégrée économiquement sans avoir un logement qui est habitable, qui répond aux critères les plus basiques pour vivre convenablement. Donc, ce n’est que lorsque ces besoins sont comblés de façon durable que l’intégration peut être durable».

Face à la crise du logement et aux obstacles rencontrés par les immigrants, la gestionnaire en poste depuis septembre 2025 a développé des partenariats avec huit agences immobilières locales pour les sensibiliser aux réalités des nouveaux arrivants francophones, à savoir : la barrière linguistique, l’absence de cote de crédit ou de références canadiennes ou la méconnaissance du système locatif.

Après ces contacts, les agences partenaires se montrent plus flexibles et adaptent leurs exigences lorsqu’elles reçoivent des demandes provenant des services d’immigration du Collège Boréal.

Lorsqu’un besoin en logement est identifié, l’équipe recueille les informations du client – soit son budget, le lieu de travail ou encore le type de logement recherché – et les transmet aux agences partenaires afin de faciliter la recherche.

Depuis le lancement des services, en septembre dernier, environ 50 dossiers ont été suivis, affirme Ines Bouguerra, dont une quinzaine concernait directement des besoins en logement. Tous ont trouvé un logement. 

Image : As de l'info

Le caribou menacé

Depuis quelques années, le Conseil Dena de Ross River, une Première Nation du Yukon, s’inquiète pour la harde de caribous de la région, les caribous Finlayson, qui compte 3000 animaux. Pourquoi? Parce que le nombre de caribous a beaucoup diminué au fil des années, à cause des changements dans leur habitat et des activités humaines, comme des travaux de construction.

En plus, le territoire des caribous est menacé par un projet de mine, qui pourrait être construit dans la région. Le bruit, les machines et la présence d’humains pourraient les déranger. 

«Les caribous sont très sensibles au bruit et la harde peut être poussée en dehors de ses limites», a expliqué Dylan Loblaw, chef du Conseil Dena de Ross River, à Radio-Canada.

Pourtant, ces caribous vivent sur ce territoire depuis très longtemps. Selon le Conseil Dena de Ross River, ils sont essentiels à la culture de la communauté.

S’ils quittent leur habitat, ils pourraient avoir du mal à survivre ailleurs.

C’est pour toutes ces raisons que la communauté a décidé d’agir

Sa solution : donner à la harde le statut de «personne écologique vivante». En gros, ça veut dire que le Conseil Dena de Ross River reconnaît que ces animaux ont des droits. Ce statut leur donne, par exemple, le droit de vivre en sécurité, de se déplacer librement et de rester sur leur territoire naturel. Comme des personnes… humaines!

Cela veut aussi dire que la communauté peut parler au nom de la harde et défendre leurs droits devant les tribunaux. Elle agit un peu comme le défenseur et le porte-parole des caribous! Elle pourra donc se prononcer contre certains projets si elle estime qu’ils les mettent en danger.

Donner des droits à la nature, ce n’est pas complètement nouveau

Dans certains endroits, des rivières ou des forêts ont déjà obtenu un statut spécial pour être mieux protégées. C’est le cas, par exemple, de la rivière Magpie, sur la Côte-Nord, au Québec. Ses droits ont été reconnus en 2021.

Mais c’est une première pour un groupe d’animaux!

Est-ce que ça va fonctionner?

C’est une question importante… et compliquée. Les lois canadiennes commencent à reconnaître les traditions et les règles des Premières Nations, mais ce n’est pas toujours simple. Dans tous les cas, le message du Conseil Dena de Ross River est clair : la nature mérite d’être protégée! 

Et toi, qu’en penses-tu? Est-ce que les animaux devraient avoir des droits comme les humains? 

Source : Radio-Canada

Première étape : comprendre comment les ostréiculteurs (c’est le nom qu’on donne aux producteurs d’huîtres!) cultivent des huîtres. Fais défiler les images pour le découvrir. 👉

Image : As de l'info

1 – Ils se procurent des naissains (des bébés huîtres) et les placent dans une cage. 

Photo : CSIRO – CC BY 3.0

2 – Les cages sont plongées dans l’eau de mer. Les huîtres se nourrissent de planctons (de minuscules plantes et animaux qui flottent dans l’eau) et grandissent tranquillement à l’abri des prédateurs. 

Photo : Maison Beausoleil

3 – Après 2 ou 3 ans, les huîtres sont récoltées et vendues pour être mangées. Photo : 

Photo : Mitili Mitili – Unsplash

Les ostréiculteurs sont habitués à retrouver certaines huîtres mortes après l’hiver. C’est normal. Quand ça arrive, la coquille sent très mauvais! Ils retirent alors ces huîtres mortes de l’eau pour éviter de contaminer les autres.  

Mais, cette année, dans certains élevages de l’est du Canada, presque tous les mollusques sont morts! Tyler Hardy, un ostréiculteur d’East Bideford, à l’ouest de l’Île-du-Prince-Édouard, estime avoir jeté près de 100 000 $ d’huîtres en une seule journée. 

Que se passe-t-il? 😱

Le principal coupable, c’est le parasite Haplosporidium nelsoni, un minuscule animal qui rend les huîtres très malades. Rassure-toi, il est inoffensif pour l’humain! Même si tu mangeais des huîtres contaminées, tu ne tomberais pas malade.

D’habitude, quand l’hiver est très froid et qu’il y a une bonne couche de glace sur l’eau, les parasites meurent. Mais, avec les changements climatiques, l’eau se réchauffe et il y a de moins en moins de glace l’hiver. Résultat : les parasites survivent et contaminent un grand nombre d’huîtres.

En plus de ça, il pleut moins qu’avant, il y a donc moins de nourriture qui voyage des rivières jusqu’aux huîtres. Cela affaiblit encore plus les mollusques, qui manquent de force pour résister au parasite. 

Des solutions?

À l’Île-du-Prince-Édouard et au Nouveau-Brunswick, les huîtres représentent une industrie très importante. Certaines familles en cultivent depuis des dizaines d’années. Avec toutes ces huîtres mortes, des centaines de personnes risquent de perdre leur emploi. 

Comment les aider? 

🦪 Faire venir des huîtres plus résistantes à ces maladies

C’est une bonne idée, mais il faudrait faire bien attention à ce que ces huîtres venues d’ailleurs n’apportent pas de nouvelles maladies avec elles.  

🦪 Sélectionner des huîtres locales qui ont résisté à la maladie

À partir de ces huîtres survivantes, on pourrait produire des bébés huîtres résistantes à la maladie et parfaitement adaptées aux eaux de l’est du Canada. 

🦪 Comprendre comment fonctionne le parasite

Une équipe de chercheurs du Nouveau-Brunswick a déterminé en détail ce que le parasite Haplosporidium nelsoni porte à l’intérieur de lui (son ADN). Ces découvertes vont permettre de :

🦠 trouver des traces du parasite dans l’environnement

🦠 comprendre comment le parasite se développe

🦠 comprendre comment il passe d’une huître à une autre

🦠 aider à choisir des huîtres qui lui résistent 

Toutes ces solutions sont bonnes. Mais, dans tous les cas, il faudrait plusieurs années avant que les ostréiculteurs aient de nouvelles huîtres prêtes à vendre. En attendant, ils demandent de l’argent au gouvernement de leur province pour les aider à surmonter cette épreuve. 

As-tu déjà mangé des huîtres? Est-ce que tu trouves ça bon? Ou préfères-tu d’autres fruits de mer?

As de l’info : Salut Ravy! Tout d’abord, quand on parle d’IA au travail, qu’est-ce que ça veut dire?

Ravy Por : Au travail, l’IA est un outil qui aide les humains à faire certaines tâches plus rapidement ou de façon plus efficace. Par exemple, elle peut résumer des textes, analyser des données ou répondre à des clients en ligne. Elle est aussi utilisée pour aider les humains à faire des tâches répétitives ou dangereuses.

Un peu comme un téléphone cellulaire, elle ne fait pas tout à notre place, mais elle nous facilite la vie au quotidien!

Peux-tu me donner des exemples de métiers dans lesquels on utilise l’IA?

L’IA est presque partout, comme dans les métiers en santé, en éducation, en environnement, en sécurité, etc. 

Et quelles sont les tâches que l’IA fait à la place des humains?

L’IA est surtout là pour aider à accomplir certaines tâches. Par exemple, si une personne doit vérifier des milliers de documents, ça prend du temps. L’humain peut faire des erreurs. Une IA le fait plus efficacement et plus rapidement. 

As-tu déjà eu à faire un moule de tes dents chez le dentiste? Si oui, tu te souviens sûrement que c’est une expérience plutôt désagréable! Mais avec l’IA, des machines peuvent prendre une image 3D de ta bouche… sans que tu aies à croquer dans du plâtre!

Est-ce que certains métiers vont disparaître?

Ce sont surtout des tâches qui changent. Par exemple, maintenant, quand on contacte une entreprise pour poser une question, il est fort probable que ce soit un robot qui nous réponde. Mais les situations plus complexes demandent encore l’intervention des humains. Pareil chez le dentiste : l’IA aide avec certaines tâches, mais le dentiste, lui, ne disparaît pas!

Et est-ce que de nouveaux métiers apparaissent grâce à l’IA?

Oui! Par exemple, certaines personnes travaillent à améliorer les réponses des intelligences artificielles ou à s’assurer qu’elles respectent des règles. D’autres s’occupent de surveiller leur fonctionnement. Les métiers évoluent avec la technologie : certains changent, d’autres se créent!

Les jeunes devraient-ils s’inquiéter pour leur futur emploi?

Je pense qu’il faut plutôt se demander comment l’IA va faire évoluer le monde du travail. Chaque grande évolution technologique apporte de nouvelles opportunités. Aujourd’hui, par exemple, quelqu’un peut créer un site internet sans savoir programmer, simplement en donnant des instructions à l’IA. Les jeunes pourront donc créer de nouveaux métiers ou transformer ceux qui existent déjà. Mais il sera aussi important d’utiliser l’IA de façon responsable.

Ce qu’il faut retenir, c’est de rester curieux et de continuer à apprendre, puisque les technologies évoluent très rapidement!

Selon toi, qu’est-ce que les humains peuvent faire au travail que les IA ne peuvent pas faire?

Il s’agit de la deuxième édition du Baromètre jeunesse, un sondage mené auprès de 295 jeunes âgés de 14 à 25 ans vivant dans différentes communautés francophones hors du Québec.

La recherche dresse le portrait d’une jeunesse engagée, attachée à sa langue et désireuse de voir la francophonie prendre plus de place dans son quotidien. 

Le rapport montre aussi une francophonie de plus en plus diversifiée : près de 23 % des répondants sont nés à l’extérieur du Canada, principalement en Afrique et en Europe.

Une fierté linguistique bien présente

L’importance accordée à la langue dans la construction identitaire des jeunes ressort encore plus clairement cette année. Selon le Baromètre, la langue apparait comme la dimension la plus déterminante de l’identité des répondants, devant d’autres facteurs comme l’âge, la culture, l’origine ou l’expression de genre.

Neuf jeunes sur dix affirment que les langues qu’ils parlent jouent un rôle central dans la façon dont ils se définissent. Il s’agit d’une hausse par rapport à la première édition du Baromètre en 2024, où cette proportion était d’environ trois jeunes sur quatre.

Le français est important pour moi parce que c’est bien plus qu’une langue, c’est une partie de mon identité. En le parlant et en le défendant, je contribue à garder notre langue vivante pour les générations futures

— Un répondant du Nouveau-Brunswick âgé de 16 ans

L’attachement au français ressort également du sondage; 81 % des jeunes interrogés disent ressentir beaucoup de fierté à utiliser cette langue. Plusieurs ont également évoqué l’importance de transmettre le français à leur tour, comme l’ont fait les générations précédentes.

C’est ce qu’explique une répondante de 19 ans, originaire du Yukon : «Mon père était assimilé quand il était jeune, alors maintenant je me sens tellement fière de reconnecter avec la langue et la communauté».

Les témoignages recueillis dans le cadre du Baromètre notent aussi que la francophonie des répondants se vit souvent dans des espaces très précis. La bulle familiale, les cercles d’amis et les établissements scolaires apparaissent comme les principaux milieux où le français est utilisé au quotidien.

En fait, pour plusieurs répondants, ces environnements représentent même les seuls contextes où ils peuvent vivre leur francophonie. 

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Un attachement accompagné de défis quotidiens

Selon les résultats du Baromètre, six jeunes sur dix disent ressentir de l’insécurité linguistique lorsqu’ils s’expriment en français. 

Plusieurs jeunes associent ce sentiment à des comparaisons avec d’autres communautés francophones, notamment au Québec ou en France. 

Pour certains, ces comparaisons viennent de commentaires reçus de la part de ces groupes. Pour d’autres, il s’agit plutôt d’un sentiment intérieur de ne pas être «assez francophone», comme l’explique ce répondant ontarien âgé de 20 ans : «J’ai un accent plutôt régional et, franchement, je n’en ai pas honte, je l’aime, mais il y a des moments où les gens décident de ne pas faire d’efforts pour [me] comprendre, et ça me blesse un peu […]. Combien de fois je me suis fait dire “Mais tu parles tellement bien français !” … effectivement, c’est ma langue natale».

Plusieurs répondants disent ainsi se sentir moins légitimes dans leur propre usage du français, malgré leur volonté de l’utiliser au quotidien. 

Pour d’autres, le sentiment d’insécurité linguistique est directement lié au fait de vivre en contexte minoritaire. Plusieurs disent ressentir de la gêne à utiliser le français en présence de personnes anglophones, ou encore à demander un service en français dans les commerces ou les services publics. 

Le rapport souligne que les personnes vivant de l’insécurité linguistique ont tendance à avoir une perception plus négative de leurs compétences à parler français et utilisent moins la langue dans certaines sphères de leur quotidien.

«Des fois, ce n’est pas facile. On se sent un peu à part, ou on a l’impression de devoir toujours expliquer pourquoi on parle français. Mais en même temps, ça me rend fière», explique une jeune des Territoires du Nord-Ouest âgée de 14 ans.

Fait marquant : les jeunes de 22 à 25 ans se disent généralement plus à l’aise d’utiliser le français au quotidien, alors que les 14 à 21 ans se montrent moins confiants.

Mieux soutenir la jeunesse francophone

À la lumière de ces constats, la FJCF propose six idées visant à mieux répondre aux réalités vécues par les jeunes francophones à travers le pays.

La Fédération souhaite que les jeunes soient mieux outillés pour entrer sur le marché de l’emploi. L’idée est d’adapter davantage les contenus existants aux réalités des jeunes, en tenant compte de leur âge, mais aussi des compétences actuellement recherchées par les employeurs.

L’insécurité linguistique peut influencer la confiance et la persévérance des jeunes francophones dans leurs études. La FJCF propose donc d’encourager les initiatives qui visent à renforcer la sécurité linguistique dès le secondaire. Il s’agirait, par exemple, d’activités parascolaires, d’ateliers de communication ou encore de programmes de mentorat et de tutorat entre jeunes.

Julie Payet, coordonnatrice du service aux membres à la FJCF, a présenté et expliqué certains aspects du Baromètre jeunesse. 

Photo : Site FJCF

Dans cette optique, la Fédération propose de bonifier son offre de bourses afin de mieux soutenir les jeunes qui doivent se déplacer pour poursuivre des études en français. «Le transport demeure souvent une barrière pour plusieurs jeunes», souligne la coordonnatrice des services aux membres de la FJCF, Julie Payet.

Troisièmement, la FJCF souligne que plusieurs jeunes francophones manquent de connaissances en matière de finances personnelles. Elle propose donc de développer davantage de formations en littératie financière. Ces ateliers porteraient sur des notions de base, comme le budget, l’épargne, l’endettement ou l’impôt.

La Fédération met aussi de l’avant l’importance de mieux soutenir les jeunes face à la crise du logement, notamment en explorant des solutions de logements collectifs francophones.

La culture et les médias occupent aussi une place importante dans les recommandations. La FJCF souhaite renforcer la visibilité des jeunes dans les espaces médiatiques francophones. Par exemple, en leur donnant accès à des rôles, des chroniques ou des espaces dédiés dans les médias communautaires. 

Elle encourage aussi la création d’activités qui permettent aux jeunes de mieux comprendre le rôle des médias et de développer leur esprit critique face à la désinformation.

Cela passe autant par leur présence dans les espaces décisionnels de leurs communautés que dans la société en général. La Fédération soutient que plus les jeunes seront impliqués, plus les politiques et institutions pourront mieux refléter leurs réalités et leurs besoins. «Nos jeunes veulent être au courant de ce qui se passe et être plus impliqués dans l’actualité», affirme Julie Payet.

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Finalement, la FJCF souhaite assurer la continuité du Baromètre, qui constitue une source importante de données sur la jeunesse francophone, tout en améliorant sa portée.

La Fédération reconnait que certaines populations, comme les jeunes autochtones, issus de minorités visibles ou les jeunes parents, sont moins bien représentées et propose donc de mener des consultations ciblées pour mieux refléter leurs réalités.

Le questionnaire du Baromètre jeunesse a été distribué à l’été 2025 à des 14 à 25 ans. Il y a eu 295 réponses valides; 15 % avaient répondu au Baromètre jeunesse 2024. De ce nombre, 170 étaient âgés de 14 à 17 ans; 197 se sont identifiées de genre féminin.