Cinq minutes de défilement quotidien sur TikTok pendant un an et vous parcourez l’équivalent de 20 kilomètres en voiture chaque semaine. Regarder des vidéos en continu pendant une à deux heures sur un téléviseur? Une consommation d’électricité comparable à celle d’un réfrigérateur en une demi-journée.
Nos usages numériques ont un impact environnemental réel, et toujours grandissant.
L’empreinte carbone du numérique correspond à l’ensemble des émissions de CO₂ produites par les activités en ligne, comme la lecture de vidéos en continu, les jeux, le défilement de publications sur les réseaux sociaux, le téléchargement de fichiers, les réunions virtuelles ou encore l’envoi de courriels.
L’empreinte ne se limite pas à ce qu’on fait en ligne : elle englobe aussi – et surtout – les infrastructures matérielles, comme les équipements (téléphones intelligents, ordinateurs, objets connectés), le matériel lié au réseau (antennes relais, câbles, boitiers Internet) et les centres de données.
En résumé, elle inclut tout ce qui vient en amont, dont la fabrication des appareils, leur utilisation, puis leur fin de vie, avec la question des déchets électroniques, notamment.
Laurence Bolduc énumère des petits gestes concrets à faire au quotidien, comme mettre son cellulaire en mode énergie ou privilégier les appels téléphoniques plutôt que les visioconférences.
Un centre de données Google de taille standard utiliserait environ plus de 1,7 million de litres d’eau par jour, rapporte la spécialiste en communication et engagement à la Fondation David Suzuki, Laurence Bolduc. Elle ajoute que la construction de ces bâtiments peut aussi entrainer des déforestations et la destruction d’habitats naturels.
Les câbles à fibres optiques sous-marins s’étendent sur environ 1,5 million de kilomètres à travers le globe. «Tout ça a énormément de conséquences, que ce soit avec la pollution chimique et sonore», poursuit-elle.
Le numérique représenterait entre 3 et 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un ordre de grandeur similaire à l’aviation civile (2,5 %) ou aux véhicules lourds (4 %), illustre Martin Deron, doctorant à l’Université Concordia et chercheur à l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (Obvia).
Des chiffres certainement bien en deçà de la réalité, car, au Canada comme ailleurs, des données précises sur le sujet manquent.
«Ce sont beaucoup d’estimations. En fait, dans l’univers technologique, on a beaucoup d’opacité. On n’est pas en mesure d’avoir accès à beaucoup de chiffres, à la fois sur les équipements importés, mais également sur la manière dont se déploient nos systèmes», explique Martin Deron.
La raison pour laquelle on n’a pas de chiffres, c’est parce que l’industrie ne nous laisse pas y avoir accès […] On n’a pas accès à comment les grands systèmes d’intelligence artificielle générative – OpenAI, META, etc. – ont entrainé leur modèle, quel mix énergétique ils ont utilisé.
S’il n’existe pas de données spécifiques au Canada, les mesures utilisées proviennent principalement d’études internationales ou de travaux réalisés en France.
Une des similitudes entre ce pays européen et certaines provinces canadiennes réside dans un mix énergétique peu carboné : l’hydroélectricité ici et le nucléaire en France. Les deux États importent en outre la majorité de leurs équipements technologiques.
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Est-ce que l’industrie essaie de corriger le tir? Oui et non.
Les entreprises s’intéressent aux énergies décarbonées quand celles-ci leur permettent de faire des économies. «Les centres de données ont tout intérêt à se déployer dans une région du monde où l’électricité peu carbonée est moins chère et à augmenter ou améliorer en permanence leur procédé de récupération de chaleur, tout ça parce que c’est lié à des couts», détaille Martin Deron.
«Il ne s’agit pas d’un retour en arrière ou de débrancher nos ordinateurs, mais de se dire : de quel numérique on veut?», dit Martin Deron.
«Les trajectoires que suivent les [entreprises] numériques aujourd’hui sont insoutenables, au sens où tous les facteurs d’impact [environnemental] augmentent rapidement […] La réponse des acteurs principaux, c’est de dire qu’on va faire moins pire ou on va réduire l’accélération des impacts.»
Ce qui reste, à ses yeux, insuffisant. Par ailleurs, les géants du numérique se présentent comme des acteurs de transition seulement lorsque cela les arrange.
«Il y a quelques années, on avait des rapports annuels de Google, d’Amazon, de Meta qui nous disait à quel point ils allaient être carboneutres ou water positive […] Les discussions autour des mesures de carboneutralité étaient un petit peu plus importantes, y compris pour les consommateurs et les gouvernements.»
Mais les temps ont changé.
Maintenant, avec une espèce de course à l’armement en IA générative, toutes les équipes en éthique ou en environnement ont été mises de côté. On n’a plus du tout de promesses de ce type.
Martin Deron n’hésite pas à parler de «greenwashing» : «C’est opportuniste pour ces acteurs de le faire lorsqu’il y a la place» dans le discours public.
Le contexte politique actuel n’aide pas. «La plupart de ces entreprises-là ont un lien, sinon direct, indirect, à l’administration américaine. Et en ce moment, celle-ci prend un bord qui ne considère pas du tout ces questions-là», remarque le spécialiste.
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Martin Deron retient deux niveaux d’action : poser des gestes concrets à l’échelle individuelle et changer carrément de paradigme.
Allonger au maximum la durée de vie des équipements ou favoriser des logiciels et des sites Internet écoconçus peut constituer un point de départ. Dans le monde du travail, ne pas renouveler systématiquement les flottes informatiques et mutualiser les équipements en est un autre.
Parmi les autres petits gestes qui peuvent réduire notre empreinte, Laurence Bolduc conseille de désactiver la lecture continue ou automatique des vidéos, mettre son cellulaire en mode énergie, enlever la vidéo lors des visioconférences ou encore favoriser les appels téléphoniques quand cela est possible.
L’autre piste reste de réfléchir collectivement à la façon dont on peut construire un autre monde numérique, à contrecourant des grandes plateformes. Autrement dit : «Comment est-ce qu’on fait advenir un écosystème numérique qui soit compatible avec la transition écologique?», résume Martin Deron.
Pour lui, cette réflexion relève même d’une considération démocratique.
Les technologies numériques algorithmiques ont une telle influence sur nos vies, ce n’est peut-être pas normal qu’on n’ait pas un endroit où on peut en discuter démocratiquement.
La question n’est pas de tout débrancher et de revenir en arrière, mais de choisir, nuance-t-il. «Aujourd’hui, on est dans une surenchère technologique qui dépasse de loin les besoins et les envies des personnes.»
«Entre Wikipédia et ChatGPT, c’est des modèles d’affaires différents, des valeurs différentes et une consommation d’énergie et des impacts environnementaux d’ordres de grandeur extrêmement différents.»
L’échelle d’action est beaucoup plus petite qu’on ne le pense. «Alors oui, c’est sûr que si on avait un cadre règlementaire qui forçait les entreprises technologiques à faire ceci ou cela, ce serait formidable. […] Mais quelque part, la dimension politique, elle peut être beaucoup plus proche des individus aussi», avance Martin Deron.
Il mentionne Transition en Commun, une plateforme qui regroupe des personnes et communautés qui partagent leurs expériences et bonnes pratiques, notamment pour sortir des GAFAM (Google, Apple, Facebook – Meta –, Amazon et Microsoft).
Le chercheur reste optimiste : «Il y a des façons de connecter ces actions individuelles avec des préoccupations plus collectives, que ce soit à l’échelle des communautés, d’un territoire, d’une province, d’un pays.»
Le gouvernement fédéral a déposé mercredi un avant-projet de règlement précisant la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP), qui découle de la Loi sur les langues officielles, adoptée en 2023.
Celui-ci propose de nouvelles règles pour renforcer le français dans certaines régions désignées «à forte présence francophone» au Canada, dans le cadre de la LUFEP.
Parmi ces régions figurent l’ensemble du Nouveau-Brunswick, Ottawa et le nord de l’Ontario, un quartier de Winnipeg, trois régions de la Nouvelle-Écosse et un quartier d’Edmonton, en Alberta.
Dans ces zones, les entreprises de compétence fédérale, comme des banques et les compagnies de télécommunications par exemple, devront offrir des services, communiquer et fournir des documents en français et mettre en place des mesures internes pour promouvoir les services dans cette langue.
Des exceptions existent pour les petites entreprises. Le gouvernement pourra surveiller et imposer des sanctions en cas de non-respect.
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Mona Fortier, députée d’Ottawa – Vanier – Gloucester a annoncé un financement de 815 000$ pour l’institut du savoir Montfort, mardi.
Le gouvernement fédéral investit 815 000 $ sur trois ans pour agrandir le laboratoire d’innovation de l’Institut du Savoir Montfort, à Ottawa, le seul institut hospitalier francophone de l’Ontario.
IA : L’objectif est d’accueillir une vingtaine d’entreprises qui développent des solutions en matière de santé, notamment en intelligence artificielle (IA), pour réduire les couts, améliorer les soins de santé et les rendre plus écologiques.
Le laboratoire servira de lieu de test en conditions réelles afin d’aider ces entreprises à devenir plus efficaces et viables rapidement.
Tatiana Auguste fait partie des trois députées libérales élues lundi soir, avec une particularité : elle regagne son siège quelques mois après l’avoir perdu suite à une erreur de comptage d’une voix lors des dernières lections fédérales, en avril 2025.
Le Parti libéral du Canada est devenu majoritaire à la Chambre des communes après avoir remporté trois élections partielles lundi, atteignant 174 sièges.
Les nouvelles élues sont Danielle Martin (University–Rosedale) et Doly Begum (Scarborough-Sud-Ouest), à Toronto. De son côté, Tatiana Auguste retrouve son siège dans Terrebonne, au Québec, après l’avoir perdu temporairement à la suite d’une décision de la Cour suprême liée à une erreur de décompte des voix.
Moins d’un an après avoir été élu à la tête d’un gouvernement minoritaire, Mark Carney parvient à obtenir une majorité en cours de mandat, fait rare dans l’histoire du pays.
«Manœuvres» : Face aux accusations de «manœuvres» de l’opposition, qui accuse Mark Carney d’avoir obtenu sa majorité surtout grâce aux transfuges, le leadeur du gouvernement en Chambre, Steven MacKinnon, a réaffirmé en mêlée de presse mercredi que la composition des comités de la Chambre des communes «reflète la composition du Parlement».
Les libéraux envisagent d’ailleurs de modifier la composition des comités, mais Steven MacKinnon n’a pas précisé quand une motion sera déposée en ce sens.
Jusqu’ici, les sièges en comité étaient répartis entre les libéraux et les partis d’opposition, ce qui permettait à ces derniers de s’unir pour bloquer certaines propositions du gouvernement, puisque les présidents de commission votent seulement en cas d’égalité.
Mardi et mercredi, des médecins mobilisés et des réfugiés se sont mobilisés contre la coupe dans le Programme fédéral de santé intérimaire, qui garanissait jusqu’ici la couverture de services de soins de santé aux réfugiés et demandeurs d’asile au Canada.
Cette coupe — qui entrera en vigueur le 1er mai 2026 — impose un fardeau supplémentaire à des familles déjà vulnérables.
À la fin janvier, le gouvernement libéral a diminué de 15 % le budget du Programme fédéral de santé intérimaire, ce qui oblige désormais les demandeurs d’asile et les réfugiés à assumer une partie des coûts pour certains soins comme les médicaments, la santé mentale ou la vue.
Les médecins et les réfugiés demandent au gouvernement de revenir en arrière, jugeant que les conséquences seront «irréversibles» pour ces populations.
Choisir la santé ou la nourriture : Le Dr Douglas Gruner a souligné la précarité de leur situation : «Je veux rappeler que les réfugiés viennent avec leurs habits sur leurs dos, ou à peine plus que cela. Ils n’ont pas de compte bancaire. Ils n’ont pas de travail – pas encore. Ils seront forcés de faire un choix horrible; de choisir entre payer pour l’insuline pour leur enfant de 10 ans, ou un médicament pour l’asthme pour leur enfant asthmatique ou acheter à manger».
D’autres médecins, dont Parisa Rezaiefar et Anna Banerji, affirment observer ce type de situations «au quotidien».
Des médecins et des réfugiés ont demandé aux libéraux fédéraux de rétropédaler sur le démantèlement du Programme fédéral pour a santé intérimaire (PSFI) qui assure jusqu’au 1er mai la couverture des couts de services de soin, de médicaments et de matériel médical que les réfugiés ne peuvent pas s’offrir.
Le gouvernement de Mark Carney va réduire la taxe d’accise sur les carburants. Le prix de l’essence sera réduit de 10 cents le litre dès le 20 avril, et ce jusqu’à la fête du Travail, en septembre. Cette mesure vise à contrer la hausse des prix liée à la guerre en Iran.
Cependant, il n’est pas garanti que les automobilistes verront pleinement cette économie à la pompe, puisque le prix final dépend de nombreux facteurs, comme l’offre et la demande ou les fluctuations du marché mondial, fortement influencées par les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz et de la guerre en Iran, où transite environ 20 % du pétrole mondial.
Insuffisant selon le Parti conservateur : Les conservateurs ont répété cette semaine à la Chambre des communes que cette mesure reste insuffisante. Ils proposent des réductions plus importantes (jusqu’à 25 cents le litre) jusqu’à la fin de l’année. Mercredi, ils ont tenté, sans succès, de faire adopter une motion pour supprimer d’autres taxes sur l’essence, comme la taxe sur les produits et services (TPS).
Selon le professeur à l’Université d’Ottawa Nicholas Rivers, «les exonérations fiscales sur l’essence aggravent le problème en augmentant la demande en carburant».
«Quand nous avons enlevé la taxe sur le carbone, tout [le bénéfice] a été transféré au consommateur canadien. On va suivre de près la performance des entreprises», a fait savoir Mark Carney en conférence de presse, mardi.
Selon l’avant-projet de règlement déposé ce 15 avril au Parlement par le ministre de l’Identité et de la Culture canadienne, responsable des Langues officielles, les régions «à forte présence francophone» sont : le Nouveau-Brunswick en entier, Saint-Boniface (un quartier de Winnipeg, Manitoba), Digby, Richmond et Yarmouth (Nouvelle-Écosse) ainsi qu’un quartier d’Edmonton (Alberta), autour du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta.
En Ontario, on retrouve Ottawa, Prescott et Russell, Nipissing, le Grand Sudbury, la région de Timiskaming et Cochrane.
Le projet de règlement est relatif à la Loi sur l’usage du français au sein d’entreprises privées sous compétences fédérales (LUFEP), complémentaire à la Loi sur les langues officielles adoptée en juin 2023. Il était très attendu, notamment pour savoir quelles régions sont désignées comme francophones.
Le document ne s’applique pas aux territoires autochtones, notamment dans les réserves ou sur des terres visées par des traités «modernes».
Les entreprises privées de compétence fédérale visées sont définies dans la LUFEP, comme des entreprises régies par le Code canadien du travail et non les lois provinciales.
Ces entreprises peuvent être des entreprises de télécommunications, Postes Canada ou encore des banques.
Elles ont désormais l’obligation d’informer le gouvernement de leur présence dans les régions francophones et préciser comment les consommateurs peuvent accéder à leurs services en français.
Elles devront aussi mettre en place des mécanismes internes pour promouvoir l’usage du français et rendre compte des progrès réalisés dans un souci de transparence et d’accès réel aux services en français.
Le règlement établit que toutes les entreprises visées doivent désormais indiquer clairement, dans tous leurs modes de communication, que les consommateurs peuvent être servis en français.
Les entreprises doivent mettre en place un comité interne chargé de promouvoir le français, produire des bilans réguliers et mettre en œuvre des programmes pour généraliser son usage.
Les entreprises de petite taille, soit celles qui emploient moins de 100 employés dans les régions désignées, sont exemptées de certaines dispositions. Celles de moins de 500 employés à la grandeur du pays n’ont pas à former de comité dans les régions à forte présence francophone.
Les entreprises privées fédérales qui se trouvent au Québec peuvent choisir de se conformer à la Charte de la langue française de la province ou à la LUFEP.
L’affichage et la publicité bilingues doivent aussi donner une place nettement dominante au français. Par ailleurs, tous les documents doivent offrir une version française au moins équivalente aux autres langues.
Le gouvernement peut délivrer, suspendre ou retirer un certificat selon les résultats, pour obliger les entreprises à s’améliorer.
Les entreprises de moins de 100 employés au Québec sont aussi exemptées de certaines obligations, ce qui limite l’impact du règlement sur les plus petites structures.
Parisa Rezaiefar, médecin généraliste et ancienne demandeuse d’asile, a expliqué à Francopresse que «plusieurs députés d’arrière-ban sont mal à l’aise avec cette coupe».
«Nous ne voulons pas d’un système de santé à l’américaine!» lance d’emblée Parisa Rezaiefar, médecin généraliste. Cette ancienne demandeuse d’asile a crié sa colère et celle de près d’une centaine de personnes rassemblées autour de la Flamme du Centenaire, sur la Colline du Parlement, à Ottawa, le 14 avril.
Fin janvier, le gouvernement libéral a réduit de 15 % le budget du Programme fédéral de santé intérimaire (PFSI), contraignant ainsi les demandeurs d’asile et les réfugiés à payer leur part des frais pour des services de santé tels que les médicaments, le soutien en santé mentale et les soins de la vue.
Une dépense supplémentaire pour des familles précaires qui n’en ont pas les moyens, soutiennent les médecins présents sur la Colline pour manifester contre cette mesure, qui entrera en vigueur le 1er mai 2026.
Les médecins et organisations qui luttent pour les droits des réfugiés demandent au gouvernement de rétropédaler, car les effets seront «irréversibles» sur les réfugiés et leurs familles.
«Je veux rappeler que les réfugiés viennent avec leurs habits sur leurs dos, ou à peine plus que cela. Ils n’ont pas de compte bancaire. Ils n’ont pas de travail – pas encore. Ils seront forcés de faire un choix horrible; de choisir entre payer pour l’insuline pour leur enfant de 10 ans, ou un médicament pour l’asthme pour leur enfant asthmatique ou acheter à manger», a dénoncé le Dr Douglas Gruner, médecin depuis 20 ans auprès des réfugiés et des immigrants.
Les docteures Parisa Rezaiefar et Anna Banerji ont listé des exemples similaires récents, qu’elles observent «au quotidien».
«Mettons que vous êtes un réfugié nouvellement arrivé au Canada, que vous devez payer 30 % du prix d’une prothèse pour votre enfant. [Maintenir cette mesure], c’est refuser le droit de cet enfant à une prothèse.»
Elle a expliqué que la plupart des familles qu’elle reçoit «souffrent de malnutrition et ne peuvent pas acheter de couches pour leurs enfants». «Ce n’est pas ça, le Canada», défend la fondatrice de la Conférence nord-américaine sur la santé des réfugiés.
«On sait comment ce scénario va se dérouler. On a vu le mal qui a été fait aux réfugiés, ainsi que le transfert massif des couts sur les provinces», a affirmé le Dr Gruner, en référence au gouvernement de Stephen Harper, qui avait déjà modifié ce programme entre 2012 et 2015, pour la même raison affichée par les libéraux : réaliser des économies.
«Je suis triste, frustré, et franchement surpris que ce soit un gouvernement libéral qui démantèle de nouveau ce programme», a encore déploré le Dr Douglas Gruner.
En 2014, la juge de la Cour fédérale, Anne Mactavish, avait affirmé que les modifications opérées par le gouvernement Harper «pourraient compromettre la santé, la sécurité, voire la vie de ces enfants innocents et vulnérables d’une manière qui choque la conscience et qui porte atteinte à la dignité humaine».
La Cour avait conclu que ces modifications violaient l’article 12 de la Charte canadienne des droits et libertés. Le premier ministre Harper avait fait appel, en vain.
Jusqu’à présent, les réfugiés pouvaient accéder sans frais à des cliniques de médecins généralistes. Désormais, ils seront forcés d’aller aux urgences, rappelle le Dr Gruner, ce qui transférera la pression et les couts vers les provinces et territoires.
À l’époque, Stephen Harper avançait que ces compressions budgétaires permettraient d’économiser 20 millions de dollars par an, soit 100 millions sur cinq ans.
Le Dr Gruner espère un rétropédalage de la part du gouvernement Carney.
Ce n’est pas le bon secteur pour faire des économies. Ce sont vraiment des économies minuscules, 4 $ par copaiement. […] Quand les couts sont transférés aux provinces, ces dernières les font payer aux contribuables canadiens. Si cette mesure se maintient, nous n’allons pas assister à des économies, mais à une hausse des impôts sur les Canadiens.
Devant les manifestants, le médecin affirme avoir voté pour Mark Carney. «Je pense toujours qu’il est l’homme de la situation, […] on peut mieux faire».
«Il y a de nombreux députés libéraux très mal à l’aise avec cette mesure, notamment parce qu’ils étaient présents lorsque ce programme a été réinstauré pour les réfugiés», a critiqué le médecin.
Des réfugiés sur la Colline, lors de la manifestation contre le démantèlement du Programme fédéral de santé intérimaire, le 14 avril.
Le 26 mars dernier, la Loi visant à renforcer le système d’immigration et la frontière du Canada, décriée par plusieurs ONG humanitaires, dont Amnistie internationale, pour avoir réduit les droits des réfugiés au Canada.
Parmi plusieurs amendements du Sénat visant à insuffler davantage de flexibilité dans cette loi, la sénatrice néoécossaise Mary Coyle avait notamment proposé de donner deux ans – et non un an – aux réfugiés pour leur permettre de faire leur demande d’immigration.
«[L’amendement] reconnait la nécessité de traiter l’arriéré des demandes d’asile tout en établissant un délai plus raisonnable, en particulier pour certains demandeurs vulnérables, c’est-à-dire ceux qui auront besoin de plus de temps pour se manifester et qui ne devraient pas se voir refuser leur droit à un examen approfondi de leur situation», avait-elle plaidé devant ses collègues.
La sénatrice proposait aussi de voter pour que le gouvernement fédéral transfère plus de ressources à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada, pour qu’elle continue de tenir des audiences et d’accorder des droits d’appel aux demandeurs, ce que la loi désormais adoptée peut refuser de faire.
«Je veux rappeler aux Canadiens et aux parlementaires que quand les réfugiés sont dans des camps, ils ne paient pas pour leurs médicaments, a souligné le Dr Douglas Gruner, sur la Colline. C’est couvert par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Mais quand ils viennent au Canada, M. Carney et son gouvernement insisteront pour qu’ils paient pour leurs médicaments.»
Seuls 35 % des enfants admissibles à l’instruction en français hors Québec ont fréquenté un service de garde en français, tandis que 12 % ont utilisé un service bilingue.
Les données sont tirées d’un rapport inédit de Statistique Canada sur les services de garde dans la langue officielle minoritaire. Il combine deux enquêtes de 2022 et le Recensement de la population de 2021.
Au vu des dates des sources de données, 2021 et 2022, «il faut être conscient que […] c’est un contexte qui était assez particulier», a commenté l’analyste principal de l’étude, Étienne Lemyre, lors d’un webinaire organisé par l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC).
«Il y a eu des restrictions liées à la pandémie qui ont eu des répercussions sur le secteur des services de garde.»
Ces informations n’en demeurent pas moins pertinentes, a-t-il rappelé. «Ça demeure les données qui sont les plus récentes, les plus riches, les plus étendues sur la question.»
«C’est certain que le visage de notre francophonie et de nos communautés francophones, et même le visage de ces données-là, pourrait éventuellement changer», avance de son côté la directrice générale de la Commission nationale des parents francophones (CNPF), Marie-Andrée Asselin, en entrevue avec Francopresse.
Le Nouveau-Brunswick arrive en tête pour la fréquentation des garderies en français avec 63 % (75 % dans le nord de la province). En revanche, les taux sont beaucoup plus bas en Alberta (17 %) et en Colombie-Britannique (13 %).
L’étude met en lumière l’effet de la langue parlée à la maison sur le choix. Les enfants dont les deux parents parlent français à la maison sont trois fois plus susceptibles (66 %) d’avoir fréquenté une garderie francophone que ceux dont aucun parent ne parle le plus souvent français à la maison (20 %).
Lorsqu’aucun des parents ne parle français le plus souvent à la maison, 69 % de ces enfants admissibles finissent dans une garderie anglophone.
Dans les familles où les deux parents parlent le plus souvent français, l’identité (68 %) constitue la principale raison invoquée pour avoir choisi un service de garde en français plutôt qu’en anglais.
Dans les foyers où le français n’est pas la langue la plus utilisée, c’est le bilinguisme (73 %) qui est mis de l’avant.
De précédentes études de Statistique Canada ont montré une hausse du personnel des services de garde utilisant le français au travail au Canada hors Québec, entre 2001 et 2016.
Comme l’a remarqué l’analyste principal da la nouvelle étude, Étienne Lemyre, lors d’un webinaire organisé par l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC) : «Cette augmentation-là était plus rapide que le nombre d’enfants vivant dans une famille de langue française. Alors, ces premiers résultats-là suggéraient une croissance de la disponibilité des services de garde en français.»
Or, il n’en est rien.
Parmi les parents qui ont eu recours à un service de garde en anglais, environ 40 % auraient préféré que leur enfant fréquente un service de garde en français.
On est tout à fait conscient que parfois, il n’y a pas de choix. C’est le service de garde qui est disponible, qui est le plus près, qui fonctionne le mieux.
Pourquoi ce fossé? Le rapport identifie plusieurs facteurs qui expliquent pourquoi l’augmentation du personnel ne s’accompagne pas nécessairement d’une hausse de la fréquentation.
Pour Mariève Forest, les ententes entre le fédéral et les provinces et territoires devraient prévoir des cibles en matière de services de garde en français.
À commencer par le manque de places persistantes : les services de garde francophones sont moins susceptibles d’avoir des places disponibles à temps plein (41 %) par rapport à la moyenne globale (46 %) hors Québec.
La distance pèse aussi dans la balance. Pour un tiers (33 %) des parents qui utilisent un service en anglais par dépit, la distance par rapport à l’établissement francophone est un facteur déterminant.
Une donnée intéressante, estime la présidente et chercheuse principale de la firme de consultation Sociopol, Mariève Forest, car elle remet «la quotidienneté» et l’aspect géographique au cœur de la réflexion, alors que «des fois, on ne la prend pas en compte».
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Au sein du personnel, l’usage du français dans les services de garde à l’extérieur du Québec reste largement minoritaire et souvent indissociable de l’anglais.
Le français – seul ou combiné à d’autres langues – est utilisé avec les parents ou les enfants par 19 % des fournisseurs en centre, comparativement à 6 % en milieu familial agréé et 8 % en milieu familial non agréé.
L’usage exclusif du français demeure, quant à lui, un phénomène marginal à l’échelle du pays, ne concernant que 2 % des centres de garde.
Seul le Nouveau-Brunswick, province officiellement bilingue, fait figure d’exception. Près d’un fournisseur de services de garde sur quatre (23 %) utilise le français comme seule et unique langue de communication.
En 2021, à peine 6 % des travailleurs et travailleuses des services de garde hors Québec utilisaient le français au moins régulièrement au travail.
Les services de garde constituent le premier maillon d’un continuum éducatif essentiel à la survie des communautés francophones en situation minoritaire : 93 % des enfants ayant fréquenté une garderie francophone poursuivent leur éducation dans une école primaire de langue française.
Ce taux tombe à seulement 30 % pour les enfants admissibles qui ont fréquenté un service de garde en anglais.
Marie-Andrée Asselin alerte contre le risque d’assimilation.
«Ce qui nous inquiète surtout, c’est le manque flagrant de garderies un peu partout au pays», dit la directrice générale de la Commission nationale des parents francophones (CNPF), Marie-Andrée Asselin, en entrevue avec Francopresse.
«On voit l’importance de la garderie francophone pour la continuité de l’éducation en français de nos enfants, pour la continuité juste le fait de transmettre notre langue, notre culture.» Elle alerte contre le risque d’assimilation.
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La Loi sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants, qui a reçu la sanction royale en avril 2024, précise que les investissements fédéraux transférés aux provinces doivent être guidés par les engagements énoncés dans la Loi sur les langues officielles.
«En ce moment, dans ces ententes-là, le gouvernement fédéral n’exige pas qu’il y ait des nombres précis ou des proportions précises de services de garde prévus pour les ayants droit», précise Mariève Forest.
«C’est une mesure qui pourrait aisément être ajoutée dans les ententes, qu’elle soit obligatoire, parce que là, en ce moment, les ententes stipulent qu’on va offrir des services de garde en français, mais on ne se dit pas exactement quel effort va être déployé pour offrir ce service-là.»
«Dans les ententes ça dit que les provinces et les territoires doivent tenir compte des besoins des francophones, mais c’est dans les plans d’action de chacune des provinces et territoires où souvent les cibles ne sont pas précisées, où il n’y a pas de programme spécifique ou du financement qui est dédié directement pour les francophones», complète Marie-Andrée Asselin.
Selon Mariève Forest, tant qu’il n’y a pas d’obligation ou de quantification, l’écart restera difficile à combler. Avec «des faibles pourcentages des enfants admissibles qui ont accès à un service de garde, on ne peut pas s’étonner après qu’il y ait autant de transferts linguistiques vers l’anglais».
Le Congrès libéral a accueilli plus de 4500 membres, selon l’organisation du parti. Bien que l’évènement se soit déroulé à Montréal, au Québec, la plupart des membres et des bénévoles parlaient uniquement anglais. La majorité des discussions et panels se sont tenus dans cette langue. La traduction simultanée était toutefois accessible aux membres dans les deux langues.
Les exceptions sont survenues lors du panel sur la protection de la culture et de la langue française et lorsque des députés plus connus pour défendre la francophonie se sont exprimés, comme Mona Fortier, Steven MacKinnon, Ginette Lavack et Guillaume Deschênes-Thériault.
Les votes sur les politiques du parti ont créé les moments forts du congrès, samedi matin.
Des propositions qui concernaient la réforme du mode de scrutin et l’encadrement de l’utilisation de la disposition de dérogation de la constitution ont été rejetées.
Les débats les plus vifs ont été provoqués par des propositions pour restreindre l’accès à l’intelligence artificielle et aux robots conversationnels pour les enfants et les adolescents ainsi que pour protéger les jeunes sur les réseaux sociaux.
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À quoi mènent les résolutions?
Les résolutions votées lors du congrès d’un parti politique ne sont généralement pas contraignantes. La direction du parti – soit le conseil des ministres et le premier ministre – n’est pas forcée de présenter des projets de loi sur les résolutions adoptées. Elles indiquent tout de même les enjeux qui préoccupent les membres du parti et la direction qu’ils souhaitent prendre.
«Terrifiée» devant l’IA…
Proposée par le Parti libéral du Québec, la motion qui vise à restreindre l’accès à l’intelligence artificielle et aux robots conversationnels pour les enfants et les adolescents a été adoptée à 411 votes pour et 315 contre.
Elle invite notamment le Parli libéral au pouvoir à restreindre l’âge d’accès aux agents conversationnels à 16 ans. L’accès aux conversations en ligne avec des intelligences artificielles serait toutefois permis pour des services en ligne, comme pour des compagnies aériennes ou pour rediriger un client vers le bon service d’une entreprise, par exemple.
«L’IA, c’est le wild west» a fait remarquer une jeune femme du Nouveau-Brunswick, lors du débat.
Je suis très inquiète de mes contemporains qui sont censés être le futur de notre pays. Je suis même terrifiée. J’ai vu les impacts des étudiants au lycée, qui n’apprennent pas comment faire des recherches à part sur l’IA. Ça a un impact sur l’esprit critique. Je pense qu’il faut d’abord que les enfants travaillent leur esprit critique avant d’utiliser l’IA.
Une autre jeune membre libérale s’est opposée à la restriction, en affirmant que l’IA avait un rôle à jouer dans les études et l’apprentissage. Une autre encore a affirmé que la motion réduisait au silence les plus vulnérables en bannissant l’accès à l’IA aveuglément.
Dans son discours de fin de congrès, samedi, Mark Carney a tenté de présenter l’IA comme un outil incontournable pour le parti, et plus largement pour le gouvernement, afin de parvenir à ses buts principaux plus efficacement.
Selon le premier ministre, l’IA doit servir toute la population canadienne et ne pas profiter à seulement quelques personnes.
… Inquiets des réseaux sociaux
L’autre motion du Parti libéral du Québec a nécessité un débat avant d’être finalement adoptée par environ les deux tiers des membres. Elle visait la protection des jeunes Canadiens «contre les dangers des médias sociaux», selon l’intitulé.
Un enseignant de Montréal, le deuxième qui a donné son point de vue en français sur les 24 politiques votées, a fait valoir que cette motion aiderait vraiment les enseignants. «Au Québec, il n’y a plus de cellulaires dans les écoles», a-t-il rappelé, en soulignant qu’il voyait des résultats positifs depuis l’interdiction.
Les voix contre se sont dites inquiètes du processus de vérification de l’identité employé par les plateformes en ligne, entre autres. «On ne sait pas encore à quoi ça ressemble», a averti un membre.
Une autre a suscité l’indignation en affirmant qu’il n’y avait «pas de corrélation entre les médias sociaux et la santé mentale».
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Autres résolutions adoptées par les libéraux :
Une «société juste» en rupture avec les États-Unis
Le discours de clôture de Mark Carney, prononcé en français environ à 30 %, s’est concentré sur l’unité du Canada.
Le premier ministre a évoqué une «trahison» de la part des États-Unis.
Bon nombre de nos anciennes forces, qui reposaient sur nos liens étroits avec les États-Unis, sont devenues nos faiblesses. […] Et si nous avons dépassé le choc initial de cette trahison, nous ne devons jamais en oublier les leçons.
Mark Carney a insisté sur le fait que le temps où le Canada envoyait aux États-Unis 70 cents par dollar investi pour la défense était «terminé».
Le premier ministre a aussi illustré l’unité canadienne à travers les moments les plus difficiles de l’histoire du pays, une référence appuyée à la tuerie récente de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique.
«C’est ça, le Canada : se soutenir les uns les autres et se tenir ensemble lorsque ça devient difficile, pour que ce soit meilleur. Je suis là avec vous, tout comme le nouveau gouvernement du Canada.»
«Les Canadiens ont été appelés à servir. Non pas contre quelque chose, pour quelque chose. Pour chacun de nous», a énoncé le premier ministre.
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Tout commence par un goût étrange… Un dimanche matin, le journaliste d’enquête Gaétan Pouliot mange ses crêpes avec du sirop d’érable acheté en épicerie. Sur la conserve, il est marqué «100 % pur», mais le journaliste a un doute. Son sirop ne goûte vraiment pas comme d’habitude.
Gaétan Pouliot lance l’enquête. Il demande à des complices de rendre visite au producteur de sirop d’érable dont le nom est marqué sur la canne de sirop : Steve Bourdeau. Cet acériculteur de la Montérégie vend ses cannes de sirop dans des centaines d’épiceries au Québec et même ailleurs dans le monde. Sans savoir qu’il est filmé par une caméra cachée, M. Bourdeau affirme produire plus de 1 million de cannes de sirop par année.
En secret, le journaliste fait tester 5 conserves de sirop d’érable de Steve Bourdeau en laboratoire. Le résultat : elles contenaient toutes plus de 50 % de sucre de canne!
Le Québec est le plus grand producteur de sirop d’érable au monde. C’est une industrie avec beaucoup de règles à respecter. Le sirop d’érable vendu en épicerie doit être composé d’un seul ingrédient : de l’eau d’érable. La mention «100 % pur» signifie qu’il ne devrait y avoir rien d’autre. Surtout pas 50 % de sucre de canne!
Les personnes qui ont mangé de ce sirop n’ont pas à s’inquiéter : le sucre de canne n’est pas toxique ni dangereux. C’est juste qu’elles ont été trompées : elles n’ont pas mangé ce qu’elles croyaient acheter. Et du sirop de sucre de canne… c’est moins savoureux que du véritable sirop d’érable. Au Québec, on appelle ça du «sirop de poteau»!
Le sirop d’érable, ça coûte cher à produire. Tandis que du sucre de canne, c’est moins cher. Mélanger du sucre de canne au sirop d’érable permet de vendre son sirop moins cher que les autres producteurs. Et moins le produit est cher, plus les consommateurs en achètent!
C’est ce que Steve Bourdeau a fait en vendant ses produits pour aussi bas que 5 $.
Selon les règles au Québec, le sirop d’érable vendu en épicerie doit être inspecté. Alors comment se fait-il que personne n’avait détecté plus tôt qu’il y avait du sirop trafiqué? C’est parce que Steve Bourdeau échappait aux vérifications obligatoires en mettant lui-même son sirop en conserve et en le vendant directement dans les épiceries.
Ses produits ont été retirés des tablettes après la diffusion du reportage d’Enquête.
Quand le journaliste l’a confronté, Steve Bourdeau a nié être responsable du mélange dans ses conserves. Il a affirmé que le sucre de canne devait être déjà présent dans le sirop qu’il avait acheté de l’extérieur du Québec et qu’il avait revendu.
Prétendre vendre du véritable sirop d’érable, alors que c’est en fait du «sirop de poteau», c’est tromper les clients. Mais c’est aussi interdit. Cette fraude, c’est du jamais-vu dans l’histoire du sirop d’érable.
Les clients qui ont acheté du sirop de Steve Boudreau peuvent rapporter la conserve en épicerie et demander un remboursement. Pour savoir si c’est le cas, vérifie l’étiquette de la conserve, s’il est écrit le numéro 9227-8712 Québec inc. ou le nom de Steve Bourdeau.
Mercredi, une femme qui a acheté des produits de Steve Bourdeau a déposé une demande d’action collective. C’est-à-dire qu’elle s’est tournée vers les tribunaux pour demander qu’elle et tous les autres clients qui ont acheté du sirop trafiqué dans les 3 dernières années reçoivent 100 $ en guise de compensation. Mais ce n’est pas automatique : un ou une juge devra d’abord autoriser la poursuite. Ensuite, il ou elle devra entendre les arguments des deux côtés (les clients et M. Bourdeau) avant de trancher. C’est un processus qui peut prendre des années!
Et toi, es-tu capable de faire la différence entre sirop d’érable et «sirop de poteau»? Que préfères-tu?
Chaque jour, des tonnes de cheveux sont coupés dans les salons de coiffure. La plupart finissent au dépotoir… Là, ils se décomposent lentement et peuvent produire des gaz à effet de serre qui réchauffent l’atmosphère.
Cette nouvelle te fait dresser les cheveux sur la tête? Rassure-toi. D’abord, pour éviter que les cheveux coupés polluent, on peut les mettre au bac de compost plutôt qu’à la poubelle. Mais mieux encore, on pourrait les utiliser pour aider l’environnement!
Des scientifiques ont fait des tests et ils ont découvert quelque chose d’étonnant : en plus d’être très résistants, les cheveux absorbent très bien les huiles. Même qu’un seul kilo de cheveux peut absorber jusqu’à 8 litres de pétrole!
Bingo! Il n’en fallait pas plus pour que des esprits ingénieux passent à l’action.
Voici deux inventions surprenantes qui utilisent les cheveux coupés pour protéger l’environnement :
🌊 Des boudins ou des matelas remplis de cheveux : ils sont utilisés pour nettoyer les endroits pollués par des produits comme le pétrole.
L’organisme américain Matter of Trust crée des matelas et des boudins à partir de cheveux, de poils d’animaux et de laine de mouton. Sur cette photo, le boudin permet d’empêcher les polluants venant de la route d’entrer dans les égouts.
🌱 Des toiles protectrices pour les plantes : elles permettent de limiter l’arrosage, empêchent les mauvaises herbes de pousser et protègent les plantes de la sécheresse ou du gel.
En 2020, un navire japonais qui transportait du pétrole s’est échoué à l’île Maurice. Des boudins de cheveux flottants ont aidé à retenir et absorber le pétrole qui s’est déversé dans l’océan Indien.
Des salons de coiffure écolos
Aller chez le coiffeur, ça pollue, et pas seulement à cause des cheveux coupés! Les emballages et les produits chimiques utilisés pour les colorations, par exemple, sont mauvais pour l’environnement s’ils ne sont pas bien recyclés ou s’ils sont versés dans le lavabo.
L’entreprise canadienne Green Circle a trouvé une solution. Depuis 2009, elle a récupéré et recyclé plus de 5000 tonnes de déchets dans des salons de beauté. Ces déchets ont servi à créer toutes sortes de nouveaux produits, comme des boudins absorbants, justement! L’entreprise a ainsi évité la production de 42 tonnes de gaz à effet de serre!
Est-ce que tu te fais souvent couper les cheveux? Est-ce que ce sont tes parents qui le font, ou tu vas dans un salon?
Anne Adams est membre du Parti libéral du Canada (PLC) et résidente du quartier de Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal. En marge d’un panel sur la protection de la culture et de la langue française, elle a affirmé être mécontente, car à la table du Conseil national d’administration, «on parle toujours anglais».
«Le président est anglophone [Sachit Mehra], dans le moment. Ça se pourrait […] que quelqu’un de bilingue devienne président», a-t-elle expliqué, en entrevue avec Francopresse, après le panel.
«Sauf que quand on est bilingue, on tombe dans le panneau de parler en anglais, parce qu’il y a plus de monde qui comprend l’anglais, enchaine celle qui a passé plusieurs années à la coprésidence francophone de la Commission des ainés du parti dans le passé. C’est un problème systémique. Si, dans le système, on ne s’assure pas que la pensée, la façon de penser de l’autre langue est intégrée, ça ne changera jamais rien.»
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Anne Adams affirme aussi qu’il faut mettre fin à la pratique des quotas minimaux de francophones ou d’anglophones pour que les rapports de circonscriptions du parti soient accessibles dans les deux langues officielles du Canada.
Au niveau de sa circonscription, les rapports trimestriels sont dans les deux langues, rapporte la Montréalaise. Mais ce n’est pas le cas partout et elle ne trouve «pas ça correct».
Cette dernière a demandé des comptes à l’un des panellistes, le député de Québec–Centre, Jean-Yves Duclos.
«M. Duclos vient de m’expliquer que le sien est seulement en français parce qu’il n’y a pas assez d’anglophones dans son comté», rapporte-t-elle. «Il faut arrêter ça partout au Canada.»
Anne Adams ne tire pas grand-chose de son échange avec l’ex-ministre. «Ça ne me convient pas. C’est une explication, bien sûr. Mais qu’est-ce qu’on va faire pour changer ça?»
Dans les faits, le PLC n’est pas assujetti à la Loi sur les langues officielles et rien dans le règlement du parti n’oblige les associations de circonscription à publier des documents systématiquement dans les deux langues.
En revanche, sa constitution établit que les deux langues officielles sont l’anglais et le français. Ainsi, on se serait attendus à ce que les associations de circonscriptions présentent leurs documents dans les deux langues officielles, de même que les rapports.
De plus, Anne Adams affirme avoir proposé de traduire un document public de son député fédéral de l’anglais vers le français quand elle demeurait à Vancouver-Ouest, mais cela lui a été refusé.
«Est-ce que notre Loi sur les langues officielles va insister sur le fait que tous nos députés, à travers le Canada, qu’ils soient francophones en Colombie-Britannique ou en Alberta, ou anglophones au Québec, envoient leurs [documents] à leurs commettants dans les deux langues?», a-t-elle demandé aux députés, dans le cadre du panel sur la protection de la langue française.
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Les questions d’Anne Adams sont restées sans réponse, l’organisation du parti n’ayant pas prévu assez de temps pour les réponses.
Une autre membre du parti a partagé sa frustration au moment de la période de questions sur le fait que les anglophones du Québec «n’ont pas les mêmes services» que les francophones. «Nous sommes fatigués!», a-t-elle critiqué, demandant l’égalité des services fournis.
Un autre a demandé pourquoi les dirigeants canadiens ne montraient pas toujours l’exemple pour parler les deux langues.
Plusieurs de ces questions ont soulevé un intérêt sur les minorités linguistiques, mais celui-ci est vite retombé.
Les députés ont toutefois tenté de répondre aux questions dans les corridors.
La nouvelle commissaire aux langues officicelles, Kelly Burke.
Kelly Burke se fixe trois priorités : veiller à ce que les institutions fédérales respectent la Loi sur les langues officielles (LLO), écouter les besoins des communautés de langue officielle minoritaires sur le terrain et suivre le développement des règlements qui encadreront plusieurs aspects de la Loi.
Parmi ceux-ci : les sanctions administratives pécuniaires que pourra imposer la commissaire aux entreprises de transport qui enfreignent la LLO. Il y a aussi le développement de mesures positives dans les ententes entre le gouvernement fédéral et les provinces et territoires.
Appuyées par la députée du NPD Leah Gazan, des femmes autochtones ont rappelé les obligations d’Ottawa de respecter les 231 appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.
Mercredi, des femmes autochtones représentant des familles de filles et de femmes disparues ou assassinées ont déploré l’absence de renouvèlement du financement fédéral qui soutient les services que leurs organismes fournissent. Hilda Anderson-Pyrz, présidente du Cercle national des familles et des survivantes, demande un financement «stable et équitable» pour ces organismes.
Engagements non respectés : «Mark Carney semble à l’aise avec le fait que des femmes autochtones viennent supplier pour du financement», a déploré Leah Gazan, députée du Nouveau Parti démocratique (NPD) de Winnipeg–Centre, au Manitoba.
«Son gouvernement fournit 0 $ pour les femmes autochtones, […] mais a promis 13 milliards de dollars en dépenses militaires» a-t-elle fustigé.
Les représentantes des organisations ont demandé que le gouvernement fédéral applique son «obligation légale» de respecter les 231 appels à la justice de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, en reprochant à Ottawa de manquer à ses engagements.
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La députée conservatrice de la circonscription ontarienne de Sarnia–Lambton–Bkejwanong, Marilyn Gladu, a rejoint les rangs du Parti libéral du Canada. Avec 171 élus à la Chambre des communes, il n’est plus qu’à un siège de la majorité.
Élections cruciales : Les élections partielles du 13 avril prochain pourraient permettre à Mark Carney d’obtenir un gouvernement majoritaire.
Celles-ci ont lieu à Terrebonne (Québec), à University–Rosedale et à Scarborough-Sud-Ouest. Ces deux dernières circonscriptions se situent dans la banlieue de Toronto et sont considérées comme des bastions libéraux.
En cette période cruciale pour l’avenir de notre pays, des Canadiens dotés d’une grande diversité d’expériences et de points de vue s’unissent pour bâtir un Canada fort. J’ai l’honneur d’accueillir aujourd’hui Marilyn Gladu en tant que nouvelle membre de ce gouvernement et de… pic.twitter.com/T9x6RwSBX7
— Mark Carney (@MarkJCarney) April 8, 2026
«En janvier, Marilyn Gladu a affirmé qu’un député qui change de camp devrait laisser le dernier mot aux électeurs lors d’une élection partielle. Je suis d’accord avec elle. […] Ils ont choisi les conservateurs, pas le gouvernement libéral couteux qu’elle vient de rejoindre. Elle devrait respecter sa parole et se soumettre au verdict des électeurs», a déclaré sur le réseau social X le chef conservateur, Pierre Poilievre.
Mark Carney tente d’obtenir une majorité libérale couteuse avec des ententes en coulisses, malgré le refus des électeurs.
— Pierre Poilievre (@PierrePoilievre) April 8, 2026
En janvier, Marilyn Gladu a affirmé qu’un député qui change de camp devrait laisser le dernier mot aux électeurs lors d’une élection partielle. Je suis…
Dans un communiqué de presse, le NPD a rappelé que Marilyn Gladu s’est positionnée à plusieurs reprises contre l’avortement, une «preuve» que «Mark Carney est un conservateur et qu’il y a maintenant deux partis conservateurs à la Chambre des communes».
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Le Budget 2025 du Canada a créé le «Fonds pour bâtir des collectivités fortes», à hauteur de 51 milliards de dollars, afin d’accélérer la construction d’infrastructures essentielles comme les hôpitaux, les routes et le traitement des eaux usées.
Trois volets structurent ce Fonds : un volet provincial et territorial de 17,2 milliards de dollars pour des infrastructures clés en collaboration avec les provinces, un volet de prestation directe de 6 milliards de dollars pour des projets majeurs et climatiques, et un volet communautaire de 27,8 milliards de dollars pour les infrastructures locales, comme des routes, des ponts et des centres communautaires.
Premiers projets : Un premier projet a été annoncé par le premier ministre mardi. Il s’agit d’un centre communautaire de 64 millions de dollars à Brampton, en Ontario.
Douze autres annonces de ce type doivent suivre un peu partout au pays et couteront 300 millions de dollars (prévus dans le budget 2025).
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Sur sa plateforme Truth Social, mardi matin, le président Donald Trump a menacé de détruire «une civilisation entière» si l’Iran ne rouvrait pas le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial.
Il n’a finalement pas mis sa menace à exécution après que l’Iran et les États-Unis ont accepté un accord de cessez-le-feu de deux semaines.
Inquiétude de la classe politique canadienne : De passage à Brampton, en banlieue de Toronto, mardi, le premier ministre Mark Carney a rappelé que le droit international interdit de cibler des civils ou des infrastructures civiles et a appelé à la prudence, soulignant un «décalage» fréquent entre les déclarations publiques de Donald Trump et ses décisions.
Le NPD et le Bloc québécois ont condamné les propos du président des États-Unis et demandé au gouvernement canadien de rappeler l’ambassadeur américain pour exprimer leur opposition à toute menace contre des civils iraniens.
Mercredi soir, le premier ministre s’est entretenu d’abord en français avec l’astronaute canadien Jeremy Hansen, alors en mission dans l’espace avec trois astronautes américains, à bord de la capsule spatiale Orion.
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a pu parler avec les astronautes de la capsule Orion alors qu’ils étaient en route pour leur retour sur la Terre.
Celle-ci a contourné la Lune et était à 406 000 km de la Terre, soit la plus grande distance jamais atteinte par des humains dans l’espace. Les quatre astronautes d’Artémis II ont pu observer la face cachée de la Lune, une première pour une mission habitée.
Échange : «Des millions de Canadiens sont incroyablement fiers de ce que tu fais actuellement, a déclaré Mark Carney lors de la communication. C’était incroyable de t’entendre parler français pour la première fois depuis l’espace.»
Le premier ministre a ensuite demandé, en anglais, comment l’équipe collaborait et a plaisanté sur la préférence du sirop d’érable de l’équipage ou leur chanson pour se réveiller le matin.
«C’est un honneur d’avoir le premier ministre à bord avec nous, s’est enthousiasmé Jeremy Hansen. Je suis si fier […] Le Canada a mis tout l’effort pour créer l’opportunité d’être ici.»
«Nous sommes un exemple de cette collaboration», a complété l’astronaute américaine Christina Koch, seule femme à bord. Nous avons différents talents. On a montré que les impacts sont bien plus grands […].»
Plus tôt cette semaine, le président Donald Trump avait lui aussi échangé avec l’équipage, mettant de l’avant le leadeurship américain. L’astronaute Hansen avait répondu que le Canada était aussi au premier rang de cette mission.
Les astronautes ont passé 10 jours dans l’espace.