La Journée de la citrouille d’Edmundston existe depuis 28 ans. Elle a lieu chaque année pendant la dernière fin de semaine de septembre.
Cette année, c’est Gail Ebbett, qui a gagné la compétition. Sa citrouille pesait près de 950 livres. C’est presque aussi lourd qu’un grizzli! Le plus drôle dans tout cela? Durant la compétition, Gail avait un adversaire très particulier : son mari!
Eh oui! Charles Ebbett participait lui aussi au concours, avec une citrouille de 710,5 livres. Et ce n’est pas la première fois que le couple s’affronte pour la première place. En 2023, Gail avait déjà remporté le concours, devant son mari!
Mais la belle cucurbitacée (c’est la famille de plantes des citrouilles!) de Gail est encore loin du record de l’événement. En 2024, une citrouille de 1589 livres avait remporté les honneurs!
Même si tout le monde peut participer à la Journée de la citrouille d’Edmundston, faire pousser une citrouille géante n’est pas si facile. Il faut beaucoup d’espace, de soleil et de bonnes conditions météo. Cette année, par exemple, le début de l’été plus froid a rendu la tâche un peu plus difficile pour les agriculteurs d’Edmundston.
Et toi, que ferais-tu avec une aussi grosse citrouille?
Source : Acadie Nouvelle
Frédérick Lavoie, journaliste et auteur, aime fusionner journalisme et littérature. Laisse-le te raconter un véritable récit à la manière d’un conte. Parfois, la réalité surpasse l’imaginaire!
Ce livre s’intitule C’était ça ou mourir. Il raconte l’histoire de Jonas, un professeur d’histoire et de géographie qui, un jour, a décidé de fuir son pays, Haïti. Car Jonas était désespéré. Il ne voyait plus que deux choix devant lui : rester dans son pays et risquer à tout moment d’être tué par des criminels qui y faisaient régner la violence, ou entreprendre un périlleux voyage pour trouver un endroit où il ferait mieux vivre sur cette planète.
Jonas est un personnage de fiction, c’est-à-dire un personnage imaginaire. Mais plusieurs personnes ont été très touchées par son histoire, car elle ressemblait à celle de millions de migrants à travers le monde, forcés de quitter leur pays.
L’auteur du livre s’appelle Thélyson. Il n’a pas vécu exactement les mêmes souffrances que son personnage Jonas. Mais il a lui aussi un jour décidé de partir d’Haïti pour s’installer au Québec. Il connaît la douleur de laisser son pays et sa famille derrière pour refaire sa vie ailleurs.
Son livre a été un succès instantané. Tellement qu’il courait la chance de remporter plusieurs prix littéraires très importants.
Lui, Thélyson, l’écrivain inconnu venu de loin, était sur le point de rafler tous les honneurs! À lui la gloire!
Mais c’est alors qu’une accusation est venue tout chambouler
Sur un réseau social, un compte anonyme a affirmé que Thélyson n’était pas le véritable auteur de C’était ça ou mourir. Ce livre aurait plutôt été presque entièrement écrit par… un robot. Selon les personnes derrière ce compte, Thélyson aurait utilisé l’intelligence artificielle générative pour écrire le livre à sa place.
Mais sur quoi se basent-elles pour affirmer cela? Sur les résultats de tests effectués avec un logiciel, qui prétend pouvoir détecter les textes écrits par l’intelligence artificielle. Quand elles lui ont soumis C’était ça ou mourir, le logiciel a été catégorique : le véritable auteur du roman était un robot.
Mais Thélyson rejette férocement cette accusation. Il assure avoir écrit lui-même chacune des phrases de son roman.
C’est donc sa parole contre celle… du logiciel de détection. Car aucun des deux ne peut prouver hors de tout doute qu’elle dit la vérité.
Certaines personnes croient Thélyson, d’autres se fient plutôt au logiciel. Mais une chose est certaine : canette controverse a soulevé de nombreuses questions très importantes en ce moment, alors que l’intelligence artificielle est en train de prendre de plus en plus de place dans la vie des humains.
Si ce roman qui a touché tant de gens, incluant les membres du jury de plusieurs prix littéraires, a été généré par un outil d’intelligence artificielle, cela veut-il dire que les robots savent désormais mieux raconter les histoires humaines que les humains eux-mêmes?
Si Thélyson a écrit son livre lui-même comme il le dit, comment peut-il convaincre les humains qu’il est victime d’une injustice de la part d’un logiciel qui ne réfléchit que par calculs mathématiques?
Qui croire? Quoi croire?
Le lendemain de cette première accusation, d’autres informations sont toutefois venues compliquer la défense de Thélyson. Des journalistes ont en effet révélé que des années avant l’apparition de l’intelligence artificielle générative, Thélyson avait plagié des articles et des poèmes d’autres humains. Et cette fois, les preuves étaient très solides et impossibles à contester. Les textes signés par Thélyson étaient pratiquement identiques à d’autres, publiés en anglais ou en espagnol… mais avant les siens.
Cela ne prouvait pas qu’il avait fait écrire son roman par l’intelligence artificielle. Mais dans le doute, un grand prix a tout de même décidé d’enlever le livre de Thélyson de sa liste de finalistes. Et un salon du livre où il devait être l’invité d’honneur lui a retiré son invitation.
Pendant que cette controverse continue de faire rage, de nombreux lecteurs et lectrices continuent cependant de lire C’était ça ou mourir et d’être émus par la force et la beauté de ce texte très… humain.
Cette histoire est bien vraie! La semaine dernière, l’auteur québéco-haïtien Thélyson Orélien a été accusé d’avoir utilisé un outil d’intelligence artificielle pour écrire son roman C’était ça ou mourir, publié en mars 2026. Le jury du Prix Goncourt, le plus important prix littéraire en France, l’a exclu des finalistes. Thélyson Orélien continue quant à lui de clamer son innocence et le livre demeure disponible sur les tablettes des librairies.
Et toi, utilises-tu parfois l’intelligence artificielle pour écrire?
«Les jeunes sont tellement fiers de s’amuser en français, puis de juste sentir qu’ils ont le droit d’avoir leur francophonie à eux», témoigne Micheline Marchildon. L’humoriste et comédienne franco-manitobaine a déjà animé plusieurs formations en humour avec des jeunes de sa province.
Micheline Marchildon a été formatrice en humour auprès de jeunes franco-manitobains.
«C’est vraiment une façon positive de créer un attachement à la langue.» Selon elle, l’humour permet de créer un «espace sécuritaire», où chacun et chacune peut s’exprimer à sa façon, sans être réprimandé.
Un peu partout au pays, différentes initiatives permettent aux jeunes francophones en situation minoritaire de se frotter à l’art de l’humour, que ce soit sur scène, à l’école ou dans des camps dédiés.
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Micheline Marchildon évoque le Camp Foud’Rire, au Manitoba, où chaque année, des jeunes apprennent pendant quatre jours à faire du standup et présenter un numéro.
«C’est vraiment comme un baptême de feu. Ils arrivent là avec la queue entre les jambes, puis ils quittent avec des ailes», se réjouit l’artiste. S’en suit une tournée à travers la province.
En Ontario, le Concours LOL-Mort de rire, lancé par l’Association canadienne-française de l’Ontario, Stormont, Dundas et Glengarry (ACFO SDG), fait monter des jeunes sur scène depuis 2014.
Son objectif : «Non seulement leur donner la chance de s’exprimer en français, mais aussi de découvrir le gout de parler en français par le biais de l’humour», explique le directeur du développement jeunesse à l’ACFO SDG, Justin Chénier.
L’initiative comporte plusieurs volets, avec tout d’abord une compétition pancanadienne où des jeunes âgés de 12 et 18 ans présentent des numéros d’humour à travers l’Ontario.
Depuis 2018, LOL-Mort de rire! offre aux enseignants des formations scolaires clé en main sur l’humour pour les élèves de 10 à 18 ans, «beaucoup plus basé sur l’humour en général» que sur la simple écriture de numéro de standup, détaille Justin Chénier.
Pour Justin Chénier, l’humour permet d’abord aux jeunes d’oser prendre la parole en français.
Elles s’adressent à n’importe quel enseignant «intéressé de faire découvrir l’humour pour leurs jeunes» : «Ça se mélange bien avec les cours de français, on peut explorer le module de la blague, les figures de style ou les cours d’art dramatique.»
«Ça a été un énorme succès. Les jeunes accrochaient, les enseignants accrochaient, puis il y avait un bel amalgame avec le curriculum», se félicite le responsable. D’anciens participants du concours font désormais partie de la relève et donnent eux-mêmes ces formations à la nouvelle génération.
En marge de LOL-Mort de rire, l’ACFO SDG organise aussi un forum à Cornwall une fois par an, avec une semaine de formation intensive en humour se clôturant par un spectacle.
«On a fait des tournées à l’extérieur de l’Ontario, que ce soit au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse», ajoute Justin Chénier.
Les membres du collectif franco-ontarien Improtéine proposent eux aussi des ateliers d’improvisation dans les écoles à travers le pays.
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L’objectif n’est pas forcément de former des humoristes professionnels, mais aussi des jeunes qui osent prendre la parole en français, remarque Justin Chénier. Théâtre, impro, radio, animation : la relève ne se destine pas nécessairement au standup.
Pour lui, le Concours LOL-Mort de rire permet aux jeunes de «se découvrir en tant que personne», de rencontrer d’autres gens et d’apprendre à s’exprimer devant les autres.
Micheline Marchildon encourage les communautés francophones hors Québec à «aller chercher leur relève, les jeunes et les moins jeunes qui ont le gout d’être drôles, et leur donner des occasions de monter sur scène, que ce soit être animateur dans des soirées communautaires ou les embaucher pour faire des capsules humoristiques pour des organismes ou des festivals».
Autant d’opportunités pour les jeunes de faire leurs premières armes, mais aussi de faire vivre une francophonie qui leur ressemble.
Avec les informations de Camille Langlade et de Julien Cayouette.
FRANCOPHONIE
Lundi, le Comité sénatorial des Langues officielles a accueilli Me Maryse Tremblay, la présidente du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI), pour aborder son rôle lié au projet de règlement découlant de la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP).
Le CCRI est un organisme fédéral indépendant chargé d’interpréter et d’appliquer le Code canadien du travail dans les relations entre les syndicats et les employeurs relevant de la compétence fédérale.
Selon le projet de règlement, le CCRI accorderait le droit de travailler en français aux employés des entreprises visées au Québec, puis dans les régions à forte présence francophone deux ans plus tard. La CCRI doit aussi les protéger contre les représailles.
Travail avec le Commissariat aux langues officielles : Les plaintes devront d’abord être déposées auprès du commissaire aux langues officielles, qui pourra, avec l’accord du plaignant, les transmettre au CCRI lorsqu’elles sont «trop complexes, graves ou ne peuvent être réglées dans un délai raisonnable», a affirmé Me Tremblay aux sénateurs.
Le CCRI pourra alors proposer une médiation ou trancher le litige. Ses décisions finales seront rendues publiques.
Plus de plaintes, plus de ressources : L’organisme anticipe une trentaine de plaintes supplémentaires par année à partir de la troisième année d’application et prévoit des ressources additionnelles, notamment grâce au projet de loi controversé C-39 (le projet de loi pour faire accélérer les grands projets nationaux, NDLR), pour faire face à cette nouvelle charge et à son arriéré actuel.
Jeudi, en conférence de presse sur la Colline, le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC) a annoncé porter plainte contre deux ministères fédéraux, Emploi et Développement social Canada et Innovation, Sciences et Développement économique, pour non-respect de la Loi sur les langues officielles.
Selon l’organisme, le gouvernement a la responsabilité de distribuer des fonds équitablement entre les anglophones et les francophones, et ne le fait pas.
L’équipe du RESDAC estime que des «centaines de millions de dollars par année» sont distribués sans que les francophones n’en voient la couleur.
Le président du Conseil du Trésor, Shafqat Ali, a remis une brève réponse au Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes en lien avec le rapport sur l’avant-projet de règlement sur la partie VII de la Loi sur les langues officielles.
Après les formules de politesse, le ministre écrit simplement : «Le gouvernement continuera de faire progresser la mise en œuvre de la Loi modernisée, y compris l’élaboration du règlement final de la partie VII, de manière collaborative et transparente, en tenant compte du dialogue continu avec les parties prenantes et les parlementaires.»
La partie VII de la Loi concerne les mesures positives que doit prendre le gouvernement pour protéger et promouvoir la langue de la minorité et la langue française au Québec.
Plus de 18 recommandations : Le rapport du Comité, déposé en mai 2026, comprenait 21 recommandations – une est présentée en quatre parties. Celles-ci demandent plus de transparence, des définitions précises et des redditions de compte plus complètes.
Le ministre Shafqat Ali n’offre aucune réponse directe aux recommandations. «Bien que le projet de règlement porte sur la partie VII, il s’inscrit dans un ensemble plus vaste de mesures visant à renforcer les langues officielles», peut-on lire dans sa lettre.
CANADA
Le premier ministre, Mark Carney, a annoncé jeudi que Pacific Link, le nouvel oléoduc pétrolier de la côte ouest, est officiellement ajouté à la liste des projets d’intérêt national.
10 % aux Autochtones : Détenu à parts égales par le Canada et l’Alberta, avec une participation minimale de 10 % offerte aux communautés autochtones, le projet sera réalisé par Trans Mountain, avec l’expertise de Pembina Pipeline.
Il suivra un tracé sud qui évite la côte Nord de la Colombie-Britannique et la mer Great Bear.
Le Bureau des grands projets, appuyé par la Régie de l’énergie du Canada, mènera au cours de la prochaine année l’examen fédéral et les consultations avec les intervenants, notamment les peuples autochtones, et arrêtera les conditions du projet d’ici le 1er septembre 2027, ce qui permettra de lancer les travaux.
1 million de barils journaliers : Selon Ottawa, l’oléoduc permettra d’exporter un million de barils de plus par jour vers l’Asie, de créer 140 000 emplois et de générer plus de 20 milliards de dollars par année pour le PIB. Il contribuerait notamment à réduire la dépendance envers les États-Unis et à diversifier les exportations canadiennes.
«Nous allons bâtir canadien. Pour construire le Pacific Link, nous allons privilégier les matériaux canadiens, entre autres l’acier canadien», a déclaré le premier ministre en conférence de presse.
Mercredi, Premières Nations, Inuit et Métis se sont rassemblés sur la Colline du Parlement, sur le territoire traditionnel du peuple algonquin Anishinaabeg, pour hisser le drapeau des survivants, en l’honneur des personnes qui ont survécu aux pensionnats autochtones et des enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux.
À travers les générations : Des survivants, des ainés et des représentants du Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR) ont été rejoints par des dirigeants d’organisations autochtones nationales, ainsi que par la gouverneure générale du Canada, Louise Arbour, et la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Rebecca Alty.
«Le système des pensionnats s’est étendu sur plusieurs générations, laissant des répercussions qui se font encore sentir aujourd’hui. La vérité et la réconciliation ne peuvent effacer cette histoire. Un long chemin nous attend, un chemin qui exige de l’humilité, de la persévérance et des mesures concrètes.»
La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation et la Journée du chandail orange sont toutes les deux observées chaque année le 30 septembre.
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Le député conservateur Scott Aitchison, candidat à la direction du Parti conservateur en 2022 contre Pierre Poilievre, quittera la Chambre des Communes à la fin de la session parlementaire d’automne.
Le député conservateur de Parry Sound–Muskoka, Scott Aitchison, quittera son siège à la Chambre des communes à la fin de la session parlementaire d’automne, après 30 ans en politique municipale et fédérale.
Ancien maire de Huntsville en Ontario et candidat à la direction du Parti conservateur du Canada en 2022, il avait terminé cinquième de la course remportée par Pierre Poilievre. Ce dernier lui a rendu hommage dans une publication sur X.
Scott Aitchison a consacré sa vie au service de la communauté et du pays qu’il aime.
— Pierre Poilievre (@PierrePoilievre) September 30, 2026
Il a été élu conseiller municipal de Huntsville à seulement 21 ans, avant de devenir maire. Au cours des sept dernières années, il a été une voix remarquable pour les gens de Parry Sound—Muskoka… https://t.co/OTCYg2bwxN
Porte-parole de l’opposition en matière de logement, M. Aitchison dit vouloir entamer un «nouveau chapitre». Son départ laissera un siège vacant à la Chambre, où six circonscriptions sont déjà sans député.
Le président du RESDAC pour le Nouveau-Brunswick, Geoffroy Krajewski, a déploré en conférence de presse le 1er octobre que «des centaines de millions de dollars par an» sont versés à des organismes anglophones nationaux, «avec zéro retombée» pour les francophones en situation minoritaire.
L’organisme estime que la distribution du financement par le gouvernement fédéral ne respecte pas la Loi sur les langues officielles et s’en remet pour cela au Commissariat aux langues officielles pour trancher.
La plainte cible deux ministères : Emploi et Développement social Canada (EDSC) et Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE).
Le RESDAC attend du Commissariat qu’il «documente tous les fonds» auxquels le RESDAC n’a pas forcément accès pour «avoir l’heure juste» sur les montants que les francophones en situation minoritaire n’ont pas reçus.
Le Plan d’action pour les langues officielles de 2023-2028 prévoit 208 millions de dollars sur 5 ans dès 2023-2024, et 54 millions par année après ces 5 ans via le Fonds d’habilitation pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire, «destiné au développement des compétences, partout au Canada et dans les deux langues», écrit le gouvernement.
Le directeur général du RESDAC, Denis Desgagné, raconte en marge de la conférence de presse que son organisme avait souhaité signer une entente avec un bénéficiaire anglophone pour avoir accès aux fonds sur un projet. «Ils nous ont dit ne même pas avoir de formulaire en français!», dit-il, estomaqué.
Par ailleurs, les membres du RESDAC ne «sont pas consultés» en amont des ententes qui donnent accès aux fonds. Comme une bonne partie des organismes francophones, le RESDAC ne reçoit des fonds que par projet. Ceci ne garantit pas, à eux ni à leurs membres, de mettre en place une véritable stratégie de développement de compétences adaptées aux communautés francophones en situation minoritaire.
Comme les organismes anglophones ayant davantage l’oreille du gouvernement, il est difficile pour les francophones de se faire entendre et de recevoir leur «juste part», a fait valoir de son côté Geoffroy Krajewski. Ce dernier précise toutefois n’avoir «rien contre» les organismes anglophones.
Il déplore que le gouvernement fédéral leur demande de travailler avec les anglophones minoritaires du Québec, qui n’ont «pas la même réalité».
On ne demande pas de fonds supplémentaires, mais simplement d’avoir notre juste part
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Pour le développement de l’ensemble des compétences que les francophones en situation minoritaire doivent acquérir, soit la numératie, la littératie et l’utilisation de l’IA qui évolue très rapidement, le RESDAC a besoin de fonds pour accompagner des personnes qui «changent de métiers tous les trois, quatre ans et qui ont besoin de se requalifier», souligne Denis Desgagné.
«Il est essentiel de ne laisser personne derrière […] Comment demander aux personnes de développer leurs compétences en littératie numérique tout en développant leurs compétences socioémotionnelles, qui sont des éléments toujours plus recherchés? Les compétences acquises hors parcours formel ne sont pas accessoires», insiste Geoffroy Krajewski.
Il rappelle les «conséquences concrètes» que le manque de fonds, qui revient pourtant aux francophones, amène. Selon lui, un accès restreint au développement des compétences signifie «moins de moyens pour préparer les travailleurs aux transformations du marché du travail».
Créé en 1991, le RESDAC représente les organismes des provinces et territoires chargés de répondre aux besoins de développement des compétences économiques et sociales des francophones en situation minoritaire. Ceci comprend l’alphabétisme, mais aussi bien d’autres compétences.
La reconnaissance des compétences des francophones nouvellement arrivés au Canada pour les former au marché de travail canadien toujours en transition est aussi l’une des missions du RESDAC.
«Le Canada n’est pas très innovant en matière de reconnaissance de compétence, voire très en retard», a déclaré d’emblée Sylvie Painchaud, la directrice générale du Conseil des ministres sur la francophonie canadienne, lors d’un panel présenté par le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC), à l’occasion de l’évènement ePIC Canada 2026, qui se tenait les 28 et 29 septembre, à Ottawa.
Qu’est-ce qu’ePIC Canada 2026?
ePIC Canada 2026 a réuni au Canada des acteurs qui s’intéressent à la manière de mieux reconnaitre les apprentissages et les compétences, notamment en dehors des parcours traditionnels.
Dans la continuité du mouvement international ePIC et de l’édition tenue à Paris en 2024, l’évènement a bordé ces enjeux sous l’angle des réalités canadiennes et francophones.
Sylvie Painchaud s’est voulue rassurante : selon elle, le Canada pourrait rattraper son retard si les employeurs et les syndicats étaient associés aux conversations pour reconnaitre les compétences informelles, un objectif poursuivi par le RESDAC.
Identifier les compétences manquantes est une autre étape à étudier, a-t-elle martelé. «On travaille à reconnaitre celles qui ne sont pas reconnues. Mais il faut trouver celles qui manquent et comment y pallier.»
D’après elle, une approche sectorielle reste de mise, notamment pour reconnaitre rapidement des diplômes «nécessaires à la vitalité des communautés francophones».
L’immigration liée à l’économie
Un argument repris par une autre panéliste, Carol McQueen, directrice générale du programme d’établissement au ministère d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).
«Pour le Canada, l’immigration est vraiment liée à l’économie. Il y a cette nécessité des compétences francophones. […] On veut favoriser aussi les compétences de vie, comme une forte résilience de la part des immigrants, l’adaptation, etc. Ce sont des caractéristiques qui ne sont pas faciles à mesurer.»
Elle admet que pour les immigrants francophones, la plus grande difficulté est de trouver un emploi qui correspond à leurs qualifications. Un médecin d’un autre pays francophone peut se retrouver à faire un métier moins qualifié pendant des années avant que ses compétences soient reconnues au Canada.
«Mais au fur et à mesure, ils atteignent ou dépassent les salaires des immigrants unilingues. À long terme, c’est important pour le Canada et pour ses communautés», remarque la responsable.
Barrières interprovinciales
Carol McQueen indique aussi que la reconnaissance des compétences demeure «difficile à résoudre, car il y a plusieurs niveaux de gouvernements». En somme, les provinces et territoires ont des règlements et des besoins différents.
Selon elle, un groupe de travail entre les ministres fédéraux et provinciaux de l’immigration, mais aussi de l’emploi, est à l’œuvre pour identifier les obstacles à la mobilité des corps de métiers dans les domaines où le Canada a des besoins.
Pour une première fois depuis une dizaine d’années, c’est le momentum entre les niveaux de gouvernements, de faire venir des gens surtout dans les secteurs où on manque de personnel.
Sylvie Painchaud reconnait toutefois que certains apprentissages sont nécessaires, notamment pour les professionnels de santé, car «il y a l’aide médicale à mourir au Canada par exemple, ce qui n’est pas forcément le cas pour les pays d’origine des personnes qui immigrent».
Carol McQueen nuance néanmoins ce constat en rappelant qu’IRCC peut agir rapidement «quand on doit attirer des talents». La Stratégie en matière de compétences mondiales (SCM) en est un exemple : elle permet notamment d’accélérer le traitement des demandes de permis de travail de certains professionnels de la haute technologie, avec un délai cible de deux semaines.
«Ces gens vont aider à créer des emplois pour le futur», a-t-elle soutenu.
L’IA redéfinira les compétences
Cette économie du futur ne peut se faire sans reconnaissance des compétences et identification de celles qu’on ne connait pas encore et qui créeront des métiers encore inexistants, affirme Sylvie Painchaud.
L’autre panéliste, Mark Schaan, sous-ministre délégué au ministère d’Innovation, Sciences et développement économique (ESDE), soutient que les compétences ne «sont plus linéaires», mais en évolution constante du fait notamment du rôle de l’IA, qui redéfinit des carrières entières et des métiers.
Selon lui, l’IA «change le jeu et exige que chaque Canadien se forme aux technologies».
Avec l’IA «c’est un bon moment pour faire un survol de nos compétences», argue Mark Schaan. Comme Sylvie Painchaud, le sous-ministre voit qu’il y a «un petit manque de compétences dans le domaine des technologies. Comment intégrer un humain dans le processus est une autre question à se poser pour s’adapter à l’IA».
Pour Sylvie Painchaud, le sujet de l’IA se pose également dans les écoles : «La société va plus vite que les gouvernements, alors comment adapter nos compétences plutôt que simplement accumuler des compétences qui ne seront plus efficaces dans 4 ans?»
Pour cette occasion, j’ai eu la chance de discuter avec plusieurs personnes autochtones. Je leur ai posé deux questions : que représente le 30 septembre pour elles? Et comment les jeunes peuvent-ils participer à la réconciliation?
Voici les réponses de Raphaëlle Langevin, créatrice de mode, et de Monique Levesque, enseignante!
Raphaëlle Langevin est une Innue de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean. C’est une créatrice de mode, qui confectionne des jupes à rubans, un vêtement traditionnel qui fait partie de la culture de plusieurs peuples autochtones. Elle partage aussi son savoir avec les jeunes en leur apprenant à en fabriquer.
Pour moi, ça veut dire plusieurs choses. Premièrement, dans ma communauté, c’est un jour de deuil, de recueillement. On fait des cérémonies pour les survivants des pensionnats et on prie pour ceux qui n’ont pas survécu.
En dehors de ma communauté, c’est une occasion d’aller à la rencontre des allochtones. De leur raconter nos histoires, de leur partager notre culture et nos savoir-faire. Pour moi, c’est une journée pendant laquelle on renforce nos liens et où on en crée de nouveaux.
Tu peux apprendre l’histoire du chandail orange et le porter le jour du 30 septembre. Tu peux parler aux gens que tu connais pour les sensibiliser à cette journée. Il y a vraiment beaucoup d’allochtones qui ne connaissent pas encore cette journée! Tu peux aussi t’informer des activités organisées près de chez toi pour l’occasion, et y participer!
Monique Lévesque est enseignante et wendate. Elle est née au Québec, mais elle habite au Yukon depuis plus de 30 ans. Elle travaille dans une école primaire et organise des ateliers en français sur la réconciliation, pour faire connaître les réalités autochtones dans un territoire où l’anglais est la langue la plus parlée.
Pour moi, le 30 septembre représente la reconnaissance, après toutes ces années, des torts qui ont été causés aux communautés autochtones, métisses et inuites partout au Canada. C’est une occasion de se souvenir des enfants qui ne sont jamais retournés chez eux, d’honorer les survivants des pensionnats et de reconnaître les effets encore présents de la colonisation.
Comme enfant, tu peux être un bon allié et participer à la réconciliation de plusieurs façons. Par exemple :
Et, surtout, souviens-toi toujours que chaque enfant, y compris toi, peut faire une différence! 🧡
Et toi, connais-tu des mots autochtones?
Le ministre provincial de l’Emploi et du Développement rural de Terre-Neuve-et-Labrador, Lin Paddock, souhaite attirer des immigrants francophones qualifiés dans les secteurs de la santé, de l’enseignement et des garderies.
C’est depuis St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador, que le gouvernement fédéral a annoncé un investissement d’environ 1,2 million de dollars pour trois nouveaux projets qui découlent du Programme d’appui à l’immigration francophone. Ce dernier fait partie du Plan d’action pour les Langues officielles de 2023-2028.
À Terre-Neuve-et-Labrador, il s’agit de recruter des immigrants francophones qualifiés surtout dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la petite enfance, ainsi que «des métiers spécialisés, comme les géologues», a fait valoir le ministre provincial de l’Emploi, de la Croissance et du Développement rural, Lin Paddock, en conférence de presse le 29 septembre.
La province continuera également de cibler des pays francophones comme la France, la Belgique, la Tunisie et le Maroc.
Pour faciliter et accélérer le recrutement, un nouveau site de collecte biométrique ouvrira en janvier 2027 à Happy Valley-Goose Bay, pour compléter les dossiers d’immigration et éviter que les résidents et les résidentes du Labrador ne se déplacent à St. John’s.
La part du soutien fédéral s’élève ici à 350 000 $ pour que les francophones de cette province trouvent à la fois du travail et des services dans leur langue afin de s’établir.
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En Saskatchewan, le marché du travail cartographié
Dans le même esprit, le projet du Conseil économique et coopératif de la Saskatchewan vise à accroitre l’immigration francophone tout en arrimant les besoins du marché du travail local aux talents internationaux.
Les secteurs visés dans la province sont l’agriculture, les soins de santé, les mines, l’énergie, les technologies et l’hôtellerie.
Le Conseil prévoit la création d’une plateforme de cartographie interactive, l’organisation de missions en personne et virtuelles, de l’accompagnement pour l’équivalence des diplômes et les examens de certification professionnelle, ainsi que la tenue d’ateliers de transition culturelle.
En Ontario, de la publicité pour régionaliser l’immigration
Le projet diffère un peu en Ontario, avec «Osez le Nord». Cette nouvelle campagne de promotion, développée par le Carrefour francophone de Sudbury, vise à attirer les immigrants francophones qualifiés dans des secteurs jugés prioritaires, notamment dans les régions rurales.
Le Programme d’appui à l’immigration francophone du gouvernement du Canada avait annoncé en 2025 un financement de 909 000 $ au total sur 3 ans pour appuyer ce projet.
Reconnaissance des compétences
Interrogée sur la reconnaissance des compétences des personnes immigrantes et des Canadiens entre les provinces pour combler des secteurs-clés tels que la santé, l’éducation ou la construction, la ministre fédérale d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), Lena Metledge Diab, a indiqué que le gouvernement travaille avec les provinces pour briser les barrières structurelles, tout en utilisant des fonds du ministère du Travail pour soutenir ce processus.
À l’heure d’écrire ces lignes, le ministère d’Emploi et développement social Canada (EDSC) n’avait pas répondu sur les fonds alloués pour faciliter la reconnaissance des diplômes.
Cibles en immigration francophone
La ministre Metledge Diab devrait dévoiler cet automne le plan annuel des niveaux d’immigration, qui indiquera si le Canada a atteint sa cible en immigration francophone et si le gouvernement compte la rehausser.
La plateforme électorale libérale de Mark Carney visait 12 % d’immigration francophone en dehors du Québec d’ici 2029. Pour l’instant, les chiffres d’IRCC indiquent que le cette proportion se situe à près de 9 %.
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Pour cette occasion, j’ai eu la chance de discuter avec plusieurs personnes autochtones. Je leur ai posé deux questions : que représente le 30 septembre pour elles? Et comment les jeunes peuvent-ils participer à la réconciliation? Voici leurs réponses!
Connor Lafortune a 25 ans et fait partie de la Première Nation de Dokis, en Ontario. C’est un écrivain, un poète et un musicien, qui utilise l’art pour parler des enjeux qui lui tiennent à cœur.
En tant que personne Anishnaabek, le 30 septembre est pour moi une journée de repos. Chaque année, je me retrouve dans la forêt, au sein de la communauté ou parmi d’autres personnes autochtones. Je prends le temps de m’éloigner de mon travail et de mon quotidien pour participer à la vie de ma communauté. Il peut s’agir, par exemple, d’une journée de célébrations, de deuil ou de renouvellement.
Pour les personnes non autochtones, je crois que cette journée est une occasion d’apprendre et de remettre en question certaines idées.
Les enfants peuvent participer à la réconciliation en portant un chandail orange le 30 septembre, en posant des questions sur les communautés autochtones aux adultes en qui ils ont confiance et en faisant preuve de bienveillance.
Je crois aussi qu’ils peuvent devenir de bons alliés en privilégiant le respect, en comprenant les différences de chacun et en encourageant leurs enseignants et leur famille à s’intéresser aux enjeux autochtones!
Shushan Bacon est une journaliste innue qui a vécu une grande partie de sa vie sur la Côte-Nord du Québec. Pour plusieurs personnes autochtones, la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation peut être un moment difficile, qui fait remonter des souvenirs plus douloureux. C’est le cas de Shushan. Elle a généreusement accepté de m’expliquer pourquoi.
Le 30 septembre, je me permets de poser ma hache de guerre. Pendant 364 jours par année, je raconte des histoires, je vais à la rencontre des gens et je parle des enjeux qui touchent les Premières Nations. Mais cette journée-là, je me permets d’être vulnérable.
Mes parents ont fréquenté des pensionnats et ma famille a souffert des conséquences de la Loi sur les Indiens.
Ça laisse des blessures, même pour moi. Je crois que la vérité, c’est aussi de ne rien cacher et de me permettre de ressentir de la peine. Cette journée-là, la guerrière est en pause.
Pour être un bon allié, je dirais d’abord de s’informer et de poser des questions. Je pense aussi que c’est important d’être ouvert aux différences et de prendre le temps d’aller à la rencontre des autres.
Par exemple, s’il y a un jeune Autochtone dans ta classe, tu peux faire équipe avec lui et apprendre à mieux le connaître. Même apprendre à bien prononcer les noms des personnes, c’est une petite façon de montrer du respect!
Et toi, comment ta classe ou ton école souligne-t-elle cette journée?
Avec les informations d’Inès Lombardo et de Julien Cayouette.
«Ce qui est ressorti en général par rapport à notre réseau et à nos entrepreneurs, c’est qu’ils ne sont pas touchés directement [par les tarifs]… pour l’instant», observe Marie-Noël Holland, directrice de l’entrepreneuriat et du développement économique communautaire de la Société de développement économique de la Colombie-Britannique (SDÉCB).
Selon la responsable, le conflit commercial actuel touche davantage les grandes entreprises.
Marie-Noël Holland souligne que les entreprises francophones souhaitent diversifier leur marché à l’intérieur du Canada, ainsi qu’en Europe, en Chine et en Afrique.
La plupart des personnes accompagnées par la SDÉCB sont des «solopreneurs» ou des dirigeants de petites entreprises qui font déjà face à leurs propres défis : la langue, le financement, l’isolement géographique. «Ils sont dans leur niche […] La plupart sont dans la phase de démarrage ou dans la phase de développement.»
«Mais ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas concernés. C’est quelque chose qu’ils suivent de très près», nuance-t-elle.
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En Ontario, la directrice générale du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale (RGA), Pascale de Montigny Gauthier, constate pour l’instant surtout des effets collatéraux. Particulièrement la hausse de certains couts.
Les propriétaires de PME, dont elle fait aussi partie, voient l’impact au quotidien parce qu’ils et elles sont «en première ligne» et transigent avec les fournisseurs de téléphonie, de nourriture, l’essence, etc.
«Ces entreprises-là font affaire avec les entreprises américaines et il y a plusieurs effets boule de neige. Ces fournisseurs-là augmentent leurs tarifs à chaque palier et, nous, on refile la facture à nos clients. Pendant ce temps-là bien, tous nos frais augmentent, les salaires augmentent, fait qu’on est pris à la gorge un petit peu.»
Il n’existe pour l’instant pas de données ou d’outils de mesure permettant d’affirmer que les entreprises francophones sont plus ou moins affectées que les autres par la guerre tarifaire avec les États-Unis, note le président-directeur général du Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada), Yan Plante.
Pour Yan Plante, c’est surtout l’incertitude qui plane sur le commerce avec les États-Unis qui affecte les entreprises francophones au Canada.
Les entreprises actives dans des secteurs particulièrement exposés, comme la foresterie et l’aluminium, sont sans aucun doute plus durement touchées, avance-t-il.
«L’incertitude est probablement ce qui est le plus difficile à quantifier en ce moment. [Les conséquences, c]’est un entrepreneur qui retarde son investissement, qui ne le fait pas du tout, ou l’opportunité qui est perdue parce que l’entreprise qui aurait investi chez nous investit aux États-Unis. Ce sont des choses difficiles à quantifier, mais qui sont là pour vrai et qui ont un impact», explique-t-il.
Un entrepreneur lui a raconté que même s’il était affecté par les tarifs, la faiblesse du dollar canadien permettait à ses activités commerciales aux États-Unis d’être encore très rentable. Dans ces circonstances, il a très peu d’incitatifs à développer son marché dans d’autres pays.
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Cette incertitude pousse déjà plusieurs entreprises à revoir leurs stratégies. En Colombie-Britannique, certains entrepreneurs qui songeaient à exporter aux États-Unis ont changé leur fusil d’épaule et décidé de se concentrer sur le marché canadien, remarque Marie-Noël Holland.
«Il y a aussi de nouveaux marchés qui sont en train d’être accélérés, comme les échanges avec l’Europe ou la Chine et même les pays africains.»
La diversification peut aussi passer par un marché canadien plus intégré. Lever les barrières commerciales entre les provinces reste une avenue à privilégier. «Je parlais à un entrepreneur qui disait en rigolant que c’était quelquefois plus facile de poster une lettre vers les États-Unis que vers certaines provinces.»
Et la responsable d’ajouter : «Le Canada, c’est grand, c’est vaste, c’est comme un continent. C’est notre réalité, mais c’est aussi notre force […] On va penser canadien.»
«Ce sont 5 % de nos exportations qui sont visées par la nouvelle vague de tarifs américains […] donc ce n’est pas la majorité de nos entreprises. En revanche, pour les entreprises touchées, ça leur fait très mal», commente de son côté le professeur d’économie à l’Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, Pierre-Marcel Desjardins.
Selon l’économiste Pierre-Marcel Desjardins, le Canada devrait davantage regarder vers les bassins francophones de l’Ouest africain et de l’Europe.
Pour l’économiste, c’est l’incertitude qui pèse le plus lourd, notamment en termes de planification. «Que ce soit […] dans trois, six ou huit semaines, on ne sait pas si le marché américain sera disponible.»
Selon lui, il faut surtout miser sur des secteurs que le gouvernement Carney ne juge pour l’instant pas prioritaires, comme la santé, les foyers de soins pour personnes âgées, l’enseignement de qualité, notamment en français, ou le tourisme.
«Ici à Moncton, nous avons des restaurants qui ferment ou réduisent leurs horaires d’ouverture faute de main-d’œuvre. Il y a besoin d’une réelle stratégie d’ouverture face à l’international en termes d’immigration.»
Dans le cadre d’une recherche à paraitre, Guillaume Cariou, associé-directeur, intelligence de marché, à la firme de veille stratégique Phar, a consulté des entreprises francophones de l’Ouest canadien. Il a constaté que celles-ci sont confrontées aux mêmes défis que les entreprises anglophones, particulièrement dans le secteur agroalimentaire.
Les occasions de grandir et de développer un marché canadien sont aussi similaires. En revanche, pour les entreprises qui désirent conserver une expérience client ou un milieu de travail en français, la recherche de la main-d’œuvre francophone reste compliquée en raison de sa rareté.
Pierre-Marcel Desjardins fait notamment valoir que le Canada n’est «pas suffisamment présent» dans le bassin francophone de l’Ouest africain et européen. Pourtant, selon lui, la langue française est un moyen de plus pour se démarquer des États-Unis.
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