Je vous écris parce qu’il y a quelque chose qui me tracasse et qui m’inquiète. J’ai beau être écrivain, je ne suis pas certain de pouvoir trouver les bons mots pour exprimer ce que je ressens. Peut-être aussi parce que j’ai honte. Continuez de lire, et vous comprendrez pourquoi.
Vous avez peut-être entendu parler de cette histoire qui s’est déroulée dans une université aux États-Unis : sept étudiants auraient agressé sexuellement une camarade de classe. Durant toute une nuit, ils lui auraient fait subir des choses qu’elle ne voulait pas.
Ce qui est particulièrement troublant, c’est que pendant ce temps, les 7 gars se vantaient de leurs gestes à 50 de leurs amis (tous des gars) dans un groupe de discussion privée sur Snapchat.
Et aucun de ces 50 autres gars n’a dit ou fait quoi que ce soit pour les arrêter. Aucun n’a cherché à protéger la victime, ni pendant, ni après cette triste nuit.
Pensez-vous que ces 50 gars trouvaient tous que leurs 7 amis étaient super cool d’agir comme ça? Pensez-vous qu’ils auraient tous voulu commettre les mêmes gestes?
Probablement pas.
Je crois plutôt que la plupart d’entre eux ne voulaient simplement pas intervenir. Ils ne voulaient pas qu’on pense qu’ils ne sont pas cool.
Ils ont donc préféré se taire. Au nom de l’amitié, ils ont laissé leurs amis commettre un crime contre cette étudiante.
Et vous savez quoi? Si j’avais été dans la même situation qu’eux, à 20 ans, j’aurais probablement gardé le silence moi aussi. J’aurais regardé défiler les messages sur Snapchat. J’aurais trouvé que les actions de mes amis étaient terribles. J’aurais été très triste pour la jeune fille. Mais je n’aurais peut-être rien dit. J’aurais essayé d’effacer cet événement de ma mémoire et espéré que personne n’en entende jamais parler.
Sauf qu’après, je l’aurais regretté. Pas durant une petite journée ou une petite semaine. Mais toute ma vie. Et pas seulement si l’histoire avait fini par être découverte. Même le secret m’aurait fait honte.
Parce qu’aujourd’hui, à 43 ans (ben oui, je suis vieux!), je comprends comment mon silence aurait fait souffrir cette jeune fille. Je comprends aussi que de toute façon, je n’aurais pas pu rester ami très longtemps avec des gars qui se permettaient de la traiter ainsi.
D’ailleurs, je constate que de plus en plus de gars semblent trouver normal de rabaisser les filles. Comme si on était en train de retourner dans le passé!
Récemment, dans une école secondaire du Québec, des gars ont fait circuler une pétition. Ils voulaient qu’on arrête de considérer le viol comme un crime. C’était peut-être une blague, mais si oui, elle n’était pas drôle.
Pour moi, il y a une règle simple : ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Gars ou fille.
Honnêtement, ce n’est pas si difficile que ça d’être un bon gars. Mais clairement, il faut accepter que les filles ont le droit d’être respectées, et faire sa part pour qu’elles le soient.
Alors si vous avez des amis qui se pensent supérieurs aux filles et qui agissent mal envers elles, prenez la parole. Dites-leur d’arrêter leurs niaiseries. Et s’ils n’arrêtent pas, n’ayez pas peur d’en parler à un adulte. Car c’est eux qui devraient avoir honte de leurs propos et de leurs gestes. Pas les filles, ni vous.
Alors dis-moi : pour toi, c’est quoi être un bon gars?
Selon les séparatistes, si l’Alberta devient un pays indépendant, elle pourrait mieux contrôler ses ressources et garder plus d’argent dans la province.
Ils trouvent que le système de péréquation est injuste. C’est un système qui fait en sorte que les provinces les plus riches du pays, comme l’Alberta, envoient plus d’argent au gouvernement canadien, tandis que les provinces plus pauvres en reçoivent davantage pour financer leurs services. Certains Albertains trouvent que leur province contribue trop à ce système et que c’est injuste.
Aussi, l’Alberta est connue pour ses grandes réserves de pétrole.
Mais certains Albertains trouvent que les lois du gouvernement canadien, notamment en matière d’environnement, nuisent à cette industrie. Ils aimeraient que leur province puisse prendre davantage de décisions sans avoir à demander l’accord du gouvernement fédéral.
L’idée de la séparation n’est pas extrêmement populaire. Selon un récent sondage, environ 70 % de la population de l’Alberta souhaite que leur province reste dans le Canada.
Même la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, ne souhaite pas que sa province quitte le Canada. Mais elle a décidé d’autoriser ce vote pour permettre à la population de s’exprimer sur la question.
Elle a d’ailleurs déjà voté par anticipation!
Voici ce qu’elle a affirmé dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux :
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, est lui aussi contre la séparation. Il croit que les provinces sont plus fortes lorsqu’elles travaillent ensemble. Lundi, il a publié une vidéo dans laquelle il s’adresse aux Canadiens pour les encourager à rester unis.
Plusieurs chefs autochtones sont aussi contre l’indépendance de l’Alberta. Selon eux, la séparation pourrait menacer les droits de leurs peuples, qui sont protégés par des traités signés avant la création de la province. Ils encouragent donc les Autochtones de l’Alberta à aller voter le 19 octobre.
Les Albertains qui iront voter recevront un bulletin de vote, comprenant 10 questions sur des sujets comme l’immigration et les pouvoirs du gouvernement canadien. La dernière question porte sur l’avenir de l’Alberta : la province doit-elle rester au Canada ou commencer les démarches pour le quitter?
Même si la majorité vote pour le quitter, cela ne voudra pas dire que l’Alberta deviendra automatiquement indépendante. Le changement demanderait encore plusieurs étapes, dont un autre vote officiel et des négociations avec le gouvernement canadien.
Que décideront les Albertains? Je te tiens au courant!
Et toi, si tu pouvais organiser un vote sur une question importante pour ta ville ou ta province, quelle serait cette question?
Navanethem «Navi» Pillay est née en Afrique du Sud en 1941. Ses parents sont originaires de l’Inde. En 1948, le gouvernement sud-africain met en place l’apartheid, un mot qui veut dire «séparation» en langue afrikaans. Ce système très raciste divisait la société en classes distinctes.
Les personnes noires et non-blanches (comme Navi et sa famille) n’avaient pas les mêmes droits que les citoyens blancs. Par exemple, pendant des années, les Noirs ne pouvaient même pas voter, alors qu’ils formaient la majorité de la population! Heureusement l’apartheid a pris fin en 1991.
En 1967, après des études en droit, Navi Pillay devient la première femme à ouvrir un cabinet d’avocat dans la province de Natal en Afrique du Sud. Elle défend les militants anti-apartheid.
Elle devient ensuite la première femme de couleur nommée à la Cour suprême en Afrique du Sud.
Tout au long de sa carrière, Navi Pillay a combattu les injustices. Elle a été juge à la Cour pénale internationale. C’est un tribunal qui juge les personnes accusées des crimes les plus graves, comme les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. Elle a ensuite été nommée Haute-commissaire aux droits de l’homme à l’ONU. Son rôle est de faire respecter les droits et les libertés de tous les êtres humains.
En 2021, elle devient présidente d’une commission d’enquête indépendante sur de possibles crimes de guerre commis par Israël contre les Palestiniens. En 2025, cette commission accuse Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza.
En lui remettant son prix, le président du comité Nobel a dit que Navi Pillay «a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide fassent l’objet de poursuites judiciaires».
En recevant son prix, la gagnante a dit : «Je dédie ce prix à tous les survivants de crimes internationaux».
Israël a rapidement réagi en disant que cette décision était anti-israélienne et antisémite. Les États-Unis, alliés d’Israël, ont aussi critiqué le choix de Navi Pillay. Donald Trump a dit que c’était «honteux».
Mais la très grande majorité des réactions sont positives. L’Afrique du Sud et l’ONU ont, entre autres, accueilli la nouvelle avec joie. Le Haut-commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a dit : «Vous continuez à nous inspirer, nous et des millions d’autres personnes à travers le monde».
Toi, quel petit geste fais-tu pour cultiver la paix et le calme autour de toi?
Sources : Agence France-Presse, Radio-Canada
Comment les organisations, les marques et les talents francophones peuvent-ils renforcer leur influence alors que les transformations numériques vont à la vitesse grand V? C’est la question qui était au cœur du Sommet Francosphère Marketing.
Entrepreneurs, créateurs et chercheurs s’y sont retrouvés pour réfléchir à la manière de faire rayonner la francophonie par le marketing et l’intelligence artificielle (IA), deux domaines encore dominés par l’anglais au Canada, mais essentiels à l’économie francophone.
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Cela faisait plusieurs années que Grace K. Busanga, entrepreneure et consultante, songeait à organiser un évènement dédié au marketing. C’est désormais chose faite.
Grace K. Busanga, consultante en marketing digital, est la fondatrice d’Avec Grace Marketing.
«Je m’étais rendu compte, en tant que professionnelle, qu’à chaque fois que je cherchais des ressources en marketing, j’avais toujours des articles ou des vidéos en anglais qui provenaient des États-Unis ou, sinon, ils provenaient de la France ou du Québec», remarque l’initiatrice de Francosphère Marketing.
«Mais malheureusement, pour moi qui vis en Ontario français, pour pouvoir retranscrire ou appliquer ces exemples-là, ce n’est pas du tout le même impact parce qu’on ne vit pas la même réalité.»
La consultante remarque aussi que la plupart des évènements dédiés aux communications ou au marketing se tiennent majoritairement à Toronto, en anglais, et au Québec ou en France, en français.
«Si on veut inciter les personnes à faire des affaires en français ou à travailler en français, il faut justement qu’il y ait un bon marketing – en français», insiste la consultante.
Francosphère Marketing visait à réunir tous les professionnels des communications marketing, des entrepreneurs, des chercheurs pour discuter de la place du marketing en français.
Aux yeux de Grace K. Busanga, le bilan est positif. «J’ai entendu de très bons retours de la part des participants par rapport à la qualité des intervenants.»
Elle cite Hoss Zaouali, spécialiste en intelligence artificielle, et Carelle Fabiola, propriétaire de deux restaurants à Toronto et à Ottawa, qui fait sa promotion en français. Le Centre de la francophonie des Amériques était aussi représenté.
«L’objectif, c’était vraiment de montrer la diversité des idées et la diversité professionnelle du monde de marketing, mais aussi d’aller au-delà», explique Grace K. Busanga, qui promeut aussi la «french touch» à l’international.
Les participants et participantes ont ainsi pu réseauter, mais surtout discuter. «Il y a eu beaucoup d’échanges d’idées.»
Grace K. Busanga enjoint aussi les entrepreneurs et entrepreneures francophones à ne pas «avoir peur» de l’intelligence artificielle.
Il faut vraiment voir l’intelligence artificielle comme tout simplement un outil; un outil qui va nous permettre justement de nous améliorer dans notre productivité, dans nos process, mais aussi c’est un outil avec lequel on va tout simplement brainstormer et qui peut-être aussi va nous amener justement à sortir au-delà de la boite.
Selon elle, la seule chose que l’IA ne peut pas remplacer reste l’interaction humaine.
La consultante réfléchit déjà à une possible deuxième édition de Francosphère Marketing.
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Le Bureau de la directrice parlementaire du budget (BDPB) a affirmé lundi dans un rapport que les couts de la Loi visant l’égalité réelle entre les langues officielles du Canada seront bien moindres que les 230 millions de dollars prévus par le gouvernement fédéral dans son Résumé de l’étude d’impact de la règlementation.
La directrice parlementaire du budget, Annette Ryan, et son équipe ont affirmé dans un rapport que les langues officielles couteront 148 millions de dollars de moins que la facture totale de 230 millions de $ initialement prévus par le gouvernement fédéral pour les entreprises privées sous juridiction fédérale.
148 millions de moins pour les entreprises privées : Cette facture allégée concerne principalement la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP), prévue par la Loi sur les langues officielles modernisée de 2023.
Le cout d’application de la LUFEP serait de 50,2 millions de dollars pour le fédéral et de 81,9 millions pour le privé, soit environ 148 millions de moins que l’estimation du gouvernement.
La LUFEP n’est pas encore en vigueur, mais le rapport du BDPB suppose qu’elle s’appliquerait dès le 1er avril 2027 et serait effective avant tout au Québec, puis, deux ans plus tard, dans les régions à forte présence francophone.
Ces régions sont : tout le Nouveau-Brunswick, des parties de la Nouvelle-Écosse, de l’Ontario, de Winnipeg au Manitoba et d’Edmonton en Alberta.
La formation linguistique représente l’essentiel du cout d’application, dont 41,6 millions dans les régions hors Québec.
Total de 78 millions : Avec la Loi sur les langues officielles, entrée en vigueur en juin 2023, le fédéral dépenserait environ 78 millions sur cinq ans, de 2027 à 2032.
Pour l’application de la Loi, le rapport ne présente pas d’écart de dépenses avec le budget prévu par le gouvernement, mais rappelle que d’ici à 2028, elle couterait encore 27,5 millions au fédéral, montant issu du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028.
Cette loi comprend aussi un règlement obligeant les institutions fédérales à favoriser l’égalité des langues, ainsi que des sanctions pouvant atteindre 50 000 $ pour Air Canada, VIA Rail, Marine Atlantique et 21 administrations aéroportuaires. Ces sanctions n’ont pas été chiffrées par le rapport.
Statistique Canada a publié mercredi deux nouveaux rapports sur l’accès aux soins de santé dans la langue minoritaire, fondé sur une enquête de 2022.
Hors Québec, 66 % des adultes francophones jugent important de recevoir des soins en français. Parmi eux, 33 % estiment qu’il serait difficile, très difficile ou impossible d’y avoir accès dans leur communauté. De plus, 39 % reçoivent rarement ou jamais de tels services – contre 22 % chez les anglophones du Québec.
Près de 49 % demandent rarement ou jamais des services en français, surtout parce que 57 % croient que les professionnels ne parlent pas le français. Parfois même, 40 % pensent que les services ne sont pas offerts activement en français.
L’accès est perçu comme plus facile dans le nord et le sud-est du Nouveau-Brunswick et dans le sud-est de l’Ontario, et plus difficile à Toronto et dans les provinces de l’Ouest (excepté au Manitoba).
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Selon des informations révélées par Le Devoir vendredi dernier, Ottawa a versé 13 millions de dollars à l’Alberta Machine Intelligence Institute (AMII) pour créer trois formations en ligne sur l’IA. Une première partie destinée aux étudiants a été mise en ligne le 21 septembre.
Selon le logiciel Pangram, des passages entiers auraient été générés à 100 % par IA, et ni l’AMII ni le ministère n’ont précisé le rôle de l’IA dans la création de la formation. Des experts québécois dénoncent ce manque de transparence ainsi qu’un biais «pro-adoption» et notent que la formation ignore les initiatives en français au Québec.
Version française bâclée : Traduction automatisée, vidéo uniquement en anglais, liens externes anglophones, la version française de la formation laissait aussi à désirer. Des vidéos doublées ont été publiées après les révélations du Devoir, ce qui était déjà prévu selon l’AMII.
L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, s’est montré de nouveau provocateur cette semaine en affirmant que les États-Unis «surveillent» les responsables canadiens qui pourraient faire des commentaires concernant les élections de mi-mandat américaines.
L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, affirme que Washington «surveille de près» la classe politique canadienne pour détecter toute ingérence électorale avant les élections de mi-mandat du 3 novembre.
Il a évoqué la publicité de l’Ontario de 2025 (des extraits d’un discours de Reagan contre les droits de douane), qui avait poussé Donald Trump à rompre les négociations commerciales.
Il a aussi cité des propos de la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, qui aurait évoqué des droits de rétorsion ciblant des États politiquement sensibles, et de Justin Trudeau, qui avait critiqué l’administration Trump.
La ministre Joly réplique que le Canada ne fera jamais d’ingérence et qu’elle se concentre sur l’attraction d’investissements américains.
Pete Hoekstra prévient que les États-Unis réagiraient en cas d’ingérence. Le premier ministre Mark Carney a suspendu les négociations commerciales en cours en aout.
Parmi les membres du jury se trouvait un professeur de Nanjing University. Après la soutenance, il m’a fait savoir qu’il avait apprécié mon travail et qu’il serait heureux de me voir rejoindre son environnement de recherche. Je n’ai toutefois pas rejoint son équipe à ce moment-là.
Quelques mois plus tard, alors que je prévoyais poursuivre mon parcours de recherche par un postdoctorat, des raisons institutionnelles à mon université m’en ont empêché. J’ai alors repris contact avec ce professeur. Cette rencontre ponctuelle a finalement contribué à ce que je devienne chercheur postdoctoral à Nanjing University.
Cette expérience illustre une question plus générale étudiée par la sociologie : comment les relations transforment-elles des compétences en opportunités ?
Dans le monde universitaire, où l’on aime penser que les carrières reposent principalement sur les diplômes, les publications et l’excellence scientifique, la question peut être inconfortable. Pourtant, mérite et relations sont loin d’être deux mécanismes nécessairement opposés.
En 1973, le sociologue américain Mark Granovetter publie un article devenu classique, « The Strength of Weak Ties ». Il montre que nos relations relativement éloignées – connaissances, collègues occasionnels ou personnes rencontrées dans d’autres milieux – peuvent parfois nous donner accès à davantage d’informations nouvelles que nos relations les plus proches.
Nos proches évoluent en effet souvent dans des cercles semblables aux nôtres. Les « liens faibles », eux, peuvent servir de ponts entre des groupes qui communiquent peu entre eux.
Dans mon cas, le membre de mon jury n’était ni mon directeur de thèse ni un collaborateur de longue date. Il appartenait à un autre environnement universitaire. Cette relation constituait ainsi un pont entre l’institution où j’avais effectué mon doctorat et celle que j’allais rejoindre.
Parler de « réseau » dans une carrière provoque souvent un malaise. Le mot évoque facilement le favoritisme ou l’idée selon laquelle il suffirait de connaître les bonnes personnes.
Mais un réseau professionnel peut aussi se construire à partir du travail lui-même. Je ne connaissais pas personnellement le professeur de Nanjing University avant ma soutenance. C’est en découvrant mon travail qu’il s’est intéressé à mon profil.
La distinction est importante : la relation n’avait pas précédé l’évaluation de mon travail ; elle en était en partie le résultat.
La notion de capital social aide à comprendre ce mécanisme. Une étude de Scott Seibert, Maria Kraimer et Robert Liden, spécialistes en gestion et en comportement organisationnel, montre notamment que les réseaux professionnels peuvent favoriser la réussite de carrière en donnant accès à l’information, aux ressources et au soutien professionnel.
Le travail peut ainsi produire de la crédibilité ; cette crédibilité, de la confiance ; et la confiance, des relations capables de faire circuler une réputation au-delà de l’institution d’origine.
Cela explique aussi pourquoi « réseau » ne signifie pas simplement carnet d’adresses. Posséder des centaines de contacts sur une plate-forme professionnelle n’équivaut pas à disposer de centaines de relations capables de transmettre de l’information, de la confiance ou une réputation. Les soutenances, colloques, séminaires, publications et projets collectifs sont précisément des espaces où le travail devient visible et où des relations professionnelles peuvent se construire.
Il serait pourtant trompeur d’en conclure que chacun doit simplement « mieux réseauter ». Les réseaux sont aussi une source potentielle d’inégalités.
Le sociologue de l’enseignement supérieur Troy Heffernan, qui a étudié les réseaux académiques, montre leur rôle dans les trajectoires professionnelles : ils peuvent faciliter l’accès à des emplois, à des possibilités de publication ou à des opportunités qui ne sont pas toujours largement diffusées.
Ceux qui sont déjà insérés dans des réseaux bien positionnés peuvent donc bénéficier d’un avantage cumulatif.
La question est particulièrement importante pour les jeunes chercheurs, mais aussi pour ceux qui changent de pays ou de système universitaire. On peut posséder un doctorat, des publications et des compétences scientifiques tout en connaissant peu les institutions et les personnes de son nouvel environnement.
Le problème n’est donc pas seulement individuel. Si les relations influencent l’accès aux opportunités, les universités ont, elles aussi, un rôle à jouer : développer le mentorat, favoriser les rencontres entre chercheurs, rendre les occasions de collaboration accessibles et éviter que l’information professionnelle importante ne circule exclusivement dans des cercles fermés.
Autrement, l’injonction à « faire du réseau » risque simplement de reproduire les avantages de ceux qui en possèdent déjà un.
Après ma soutenance, j’aurais pu ne jamais reprendre contact avec le professeur de Nanjing University. Son commentaire serait resté un agréable souvenir. Lorsque ma première piste postdoctorale s’est fermée, j’ai choisi de revenir vers lui.
Le réseau avait créé une possibilité. L’initiative a permis de l’activer.
Rien de cela ne signifie que les compétences deviennent secondaires. La leçon est plutôt inverse : le mérite a besoin d’espaces dans lesquels il peut être observé et reconnu.
Pour les jeunes chercheurs, le meilleur conseil n’est donc probablement pas simplement : « Faites du networking. » Il serait plutôt de produire un travail solide, de le rendre visible dans les espaces scientifiques appropriés, de construire des relations professionnelles authentiques et, lorsqu’une porte s’entrouvre, de ne pas nécessairement attendre que quelqu’un d’autre la pousse.
Lorsque j’ai soutenu ma thèse en 2022, je ne savais pas que cette soutenance constituait aussi une rencontre professionnelle décisive.
Dans une carrière universitaire, le mérite demeure essentiel. Mais pour produire tous ses effets, il doit aussi pouvoir être vu, reconnu et relié.
Ils publient en anglais, car ils pensent avoir plus de chances de décrocher des bourses pour leurs recherches. Ils sont moins accompagnés, ont moins de places et doivent parfois même déménager en dehors de leur province d’origine pour le Québec ou le Nouveau-Brunswick – voire un autre pays – afin de voir leurs recherches publiées dans leur langue.
Telle est la réalité des chercheurs et chercheuses francophones du Canada. Une réalité qu’ont dénoncée des dirigeants d’universités et de collèges francophones, de presses universitaires; des fédérations de professeurs d’université et des chercheurs eux-mêmes, devant le Comité permanent de la science et de la recherche de la Chambre des communes.
Ce dernier les entendait des témoignages sur le rapport du groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français, du 24 septembre au 8 octobre.
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Écarts chiffrés
Entre 2020 et 2024, le taux de succès des demandes en français aux subventions à la découverte du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) était de 47 %, contre 56 % pour celles en anglais.
Hors Québec, seuls 4 projets sur 73 présentés en français aux aux Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont été financés sur dix ans, soit un taux de réussite de 5,5 %.
Au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), le taux de succès des demandes francophones hors Québec atteignait 31,7 %, contre environ 42,5 % en moyenne.
Ces écarts mettent en évidence les difficultés particulières auxquelles se heurtent les chercheurs et chercheuses francophones dans les milieux minoritaires.
Pas une simple demande de fonds
Linda Cardinal est professeure émérite à l’Université d’Ottawa et membre du groupe consultatif qui a produit le rapport. Elle voudrait que le comité recommande au gouvernement majoritaire la mise en œuvre des recommandations du rapport, incluant l’investissement du fédéral de 40 millions de dollars, afin que cela devienne «un plan de départ» pour le gouvernement fédéral.
Le but : que les recommandations de ce rapport structurent le plan d’action, avec «des responsabilités très claires pour le ministère de l’Industrie», précise l’universitaire, pour ainsi voir une feuille de route émerger.
Le Service d’aide à la recherche en français (SARF)
Lancé par l’Acfas en mai 2023, le Service d’aide à la recherche en français (SARF) est un service national qui soutient les chercheurs et chercheuses francophones en contexte minoritaire pour préparer leurs demandes de financement de recherche en français auprès des conseils subventionnaires fédéraux.
Les conseils subventionnaires fédéraux principalement visés par le rapport sont :
«Des jeunes se disent que s’ils arrivent avec [des sujets] sur la francophonie canadienne, [leur] doctorat n’aura pas la même valeur que s’[ils] travaillaient […] sur l’économie canadienne», a fait valoir Linda Cardinal devant les députés.
Les trois organismes subventionnaires, soit le Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH), les IRSC et la Fondation canadienne de l’innovation ont tous été consultés par le groupe consultatif.
«Chacun y va de sa mesure positive, mais on a besoin d’une stratégie (…) pour diffuser la recherche en français. Ils reconnaissent tous qu’il faut en faire plus pour la recherche en français, mais on ne peut pas dire qu’ils ont commencé à mettre en place nos recommandations.»
Les trois recommandations pour le gouvernement
Compétition
Alors que les universités classées dans le top 15 des établissements canadiens les mieux réputés attirent les fonds, il faudrait «quelques forces externes pour favoriser un meilleur environnement» : «Les fonds attirent plus de fonds», estime Ghyslain Gagnon, cadre-conseil en développement stratégique de la recherche à l’Université du Québec.
Je suis un chercheur moi-même. Quand on reçoit 50 demandes, mais qu’il n’y a les fonds que pour deux personnes, la différence entre la 2e et la 3e se joue sur des virgules.
Il affirme que le déséquilibre des fonds entre les établissements francophones affaiblit les opportunités de financement futur.
Son collègue Francis LeBlanc, vice-recteur adjoint à la recherche et doyen à l’Université de Moncton, a insisté sur le fait que les fonds sont allés aux U15 automatiquement [le regroupement qui représente 15 des plus grandes universités canadiennes auprès des gouvernements, NDLR].
Selon lui, la concentration des fonds nuit aux établissements francophones.
Lynn Casimiro, du collège La Cité à Ottawa, a plaidé que pour contrer cette tendance, il fallait «que les établissements francophones travaillent ensemble pour attirer davantage de fonds et créer un écosystème plus solide».
Une manière de permettre de «passer des savoirs vers une mise en marché de produits. On peut faire travailler les plus petits et les plus grands établissements».
Reconnaissance du côté du gouvernement
Le sous-ministre adjoint dans le secteur des sciences et de la recherche, Nipun Vats, également témoin du comité, a concédé au député du Bloc québécois Maxime Blanchette-Joncas que «l’aspect linguistique n’a pas été pris en compte» dans son ministère lorsqu’arrive la question de la répartition des fonds.
Il a aussi reconnu qu’il «est plus difficile de mener des recherches en français».
À la question de savoir si son ministère finance suffisamment la recherche en français, le sous-ministre adjoint a tenté un pas de côté, affirmant qu’il existait «une évaluation de l’excellence» et faisant valoir qu’il fallait prendre en compte «le nombre de candidatures du programme d’établissements francophones».
Il faut savoir si les chercheurs francophones ont un accès équitable pour être compétitifs dans les demandes de bourses.
Nipun Vats a aussi reconnu que la majorité des fonds vont aussi aux universités «qui ont les structures nécessaires pour les appuyer», soit notamment, les U15.
De son côté, Leslie Weir, la bibliothécaire et archiviste du Canada, chapeauté par le ministère de Patrimoine canadien, a affirmé qu’une «analyse approfondie» des recommandations du rapport soumis par le groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français sera nécessaire pour «pour évaluer la mise en œuvre, les ressources et les possibilités de collaborations». Et ce, «bien que plusieurs objectifs concordent».
Le président de Hill Strategies, Kelly Hill, a présenté les résultats de ses analyses lors d’un webinaire le jeudi 8 octobre.
La part du secteur culturel de la francophonie de l’extérieur du Québec au PIB aurait augmenté de 16 % par rapport à 2023, alors qu’il était de 5,6 milliards de dollars. En 2022, il était de 5,83 milliards et de 5,63 milliards en 2021.
Ces totaux incluent l’impact direct des activités de productions, comme la vente de billets. On y ajoute les impacts indirects – comme les locations de salles, le markéting et les assurances – et les impacts induits – comme les dépenses des membres du personnel, des artistes et des fournisseurs.
«J’ai eu l’occasion d’aller à l’assemblée annuelle de la Société nationale de l’Acadie […]. J’ai présenté ces chiffres-là et ça a eu un impact très important. Les gens ne sont pas conscients [de l’importance économique de la culture]», raconte, pendant le webinaire, la présidente de la FCCF, Nancy Juneau.
Kelly Hill, souligne certaines dépenses, comme les chambres d’hôtel et les restaurants, ne font pas partie des calculs. Ce n’est pas une pratique courante en économie, explique-t-il. Il est impossible de savoir quelle portion des revenus de ces secteurs serait réellement attribuable aux activités culturelles.
Nancy Juneau affirme que c’est une précision importante à apporter lorsque les données sont présentées, puisqu’elle sous-entend que l’impact est encore plus important, surtout en milieu minoritaire.
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Pour ses analyses au cours des 4 dernières années, Kelly Hill a utilisé les données de Statistique Canada, comme l’estimation annuelle du PIB du secteur culturel pour le Canada, chaque province et les territoires. Les multiplicateurs pour les impacts indirects et induits viennent de la même source.
Ces données ne tiennent cependant pas compte de la langue. Statistique Canada a très peu de données divisées par la langue, note Kelly Hill. Ceci limite ce qui peut être inclus dans le calcul. Dans le cas des données sur le secteur culturel, il pouvait seulement se fier au pourcentage de francophones qui travaillent en culture, que fournit Statistique Canada.
De plus, ce pourcentage est basé sur le recensement de 2021. Ce sont les données les plus récentes, en attendant celles du recensement de 2026.
Selon les calculs de Kelly Hill, il y avait 36 1000 francophones à l’extérieur du Québec qui travaillent dans 52 professions culturelles en 2021.
En ouverture du webinaire, l’analyste de politiques et recherche de la FCCF, Laurence Dubuc, a rappelé que les données sont le nerf de la guerre. La collaboration avec Hill Strategies a permis à la FCCF «d’accéder à des données dont nous avions vraiment besoin pour appuyer nos plaidoyers, nos actions de terrain, celles de nos membres, celles de leurs membres. On manque de données dans le milieu culturel de la francophonie canadienne et acadienne».
Nancy Juneau encourage les organismes culturels francophones à utiliser les conclusions de Hill Strategies.
Le travail de M. Hill «nous donne des armes tant à nous qu’à vous sur le terrain pour démontrer à quel point notre secteur génère, oui du bonheur, mais aussi des retombées économiques extrêmement importantes», dit Nancy Juneau.
Il y a une donnée qui reste absente : le retour sur l’investissement du financement public. Ce serait un argument de plus pour convaincre les gouvernements d’investir.
«Le financement public a un impact sur ces chiffres-là. Mais il n’y a pas de ventilation du financement gouvernemental. C’est une comparaison qui est très difficile à faire à travers le pays, et comparer d’une province à l’autre. Même s’il y a des conseils des arts dans la plupart des provinces, leur mandat diffère un peu», explique Kelly Hill en réponse à une question d’un membre du public.
De plus, le PIB ne dévoile pas tout, prévient-il. Il ne mesure que l’aspect financier. Les bénéfices des arts sur la qualité de vie, la santé et l’éducation, par exemple, sont également importants, rappelle Kelly Hill.
«On sait que notre secteur n’est pas qu’un impact économique. C’est beaucoup plus que ça. Vraiment, on sous-estime l’impact que ça peut avoir de présenter ces chiffres-là», ajoute Nancy Juneau.
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Paul Gallant pêche le homard depuis environ 40 ans, au large d’Abrams-Village, à l’Île-du-Prince-Édouard. Des crustacés, il en a beaucoup vu passer dans sa vie!
Paul Gallant.
Mais le 11 septembre dernier, sa journée de pêche lui réservait toute une surprise! Dans une de ses cages à homards se trouvait un homard très pâle, avec des teintes de rose, de bleu, de blanc et de mauve. C’est très différent de la couleur habituelle des homards dans la nature : plutôt brunâtre!
«Quand la cage à homards est arrivée sur le bateau, je pensais que c’était juste un sac de poubelles. Puis, j’ai vu qu’il bougeait», a raconté le pêcheur au journal La Voix acadienne.
Après avoir pris quelques photos, il a cherché des images sur Internet. Il a découvert que ce genre de homard est surnommé «homard barbe à papa»… et qu’il n’avait qu’une chance sur 100 millions d’en trouver un!
C’est que, la couleur foncée des homards leur sert aussi de camouflage. Avec ses couleurs pâles, la trouvaille de Paul Gallant était donc beaucoup plus facile à repérer par les prédateurs.
«J’ai pensé : non, je ne vais pas le faire cuire, parce qu’il est trop rare. Il faut qu’on mette ça dans un musée», a-t-il confié au journal.
Le pêcheur a même décidé de lui donner un nom : Pee Gee! Il l’a ensuite confié au Centre Homarus, au Nouveau-Brunswick. Le homard pourra y être conservé et montré aux visiteurs.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Paul découvre un homard aux couleurs particulières. Au cours de ses années de pêche, il a aussi trouvé des homards bleus et un homard orange!
D’autres homards de couleurs rares pêchés par Paul Gallant.
C’est une question de pigments! Les homards ont naturellement un pigment appelé astaxanthine dans leur corps. C’est lui qui est responsable de la couleur foncée de leur carapace.
Pee Gee, lui, aurait beaucoup moins de ce pigment. Sa carapace est donc beaucoup plus pâle!
Les scientifiques ne savent pas encore exactement pourquoi certains homards ont moins de pigments. Cela pourrait être lié à leurs gènes ou à leur alimentation.
Une chose est sûre, ça fait d’eux des découvertes surprenantes… et très jolies!
Et toi, as-tu déjà vu un animal avec une couleur très inhabituelle? Raconte-nous!
Sources : La Voix Acadienne, National Geographic
J’ai appris que j’avais un TDA assez tard, à 23 ans! Comme je n’ai pas d’hyperactivité, il était peut-être moins facile à remarquer quand j’étais enfant… mais il n’était pas pour autant invisible!
Oublier ma boîte à lunch dans l’autobus, ne pas être capable de finir un livre, laisser mes clés dans la serrure de ma porte (oui, je suis la meilleure amie des voleurs!)… ça faisait partie de mon quotidien.
À l’école, ma plus grande difficulté était la concentration. Juste le bruit d’un taille-crayon était suffisant pour me faire perdre mon focus. J’ai déjà passé un cours entier à regarder un écureuil se promener dans un arbre 😂!
Quand j’ai reçu mon diagnostic, ça m’a permis de mieux comprendre mes difficultés et de trouver des outils pour les surmonter. C’était aussi un soulagement. Non, je ne suis pas paresseuse ou plus désordonnée que les autres. Mon cerveau fonctionne juste différemment, et c’est très correct!
J’ai d’ailleurs réalisé qu’un TDA, c’est aussi un super pouvoir. Quand une activité me passionne, je reste très concentrée pendant des heures. Par exemple, lorsque j’étudie une matière que j’aime, que je fais de la couture ou du dessin. Aussi, grâce à mon cerveau qui produit tout plein d’idées en même temps, je suis très originale et créative!
Au lieu de voir mon TDA comme un défaut, je le vois tout simplement comme une façon différente de fonctionner. TDAH, ça peut aussi vouloir dire «Tu Débordes d’Atouts Hyperpuissants»!
Il y a 4 ans, j’ai fait une longue démarche pour avoir des réponses à une question que je me posais depuis très longtemps : pourquoi est-ce que mon cerveau est différent de celui des autres?
Parce qu’à l’école, je devais souvent trouver des stratégies créatives pour apprendre : composer une chanson avec des mots difficiles à épeler, inventer une histoire pour me rappeler d’une formule mathématique…
Et aussi parce que dans les conversations, les mots se bousculent dans ma tête et poussent très fort pour sortir de ma bouche. J’ai du mal à les contrôler! Qu’est-ce qui m’arrive?
La réponse des médecins, après des tests? «Tu as un TDAH!». Wow. Tout d’un coup, on venait de mettre un mot sur ma réalité. Et ça m’a beaucoup soulagée.
J’ai pris des médicaments (du biphentin) pendant quelques mois, le temps de m’outiller et de comprendre ma «nouvelle» vie! Aujourd’hui, je vis main dans la main avec mon TDAH : il n’est pas mon ennemi! C’est une facette de moi qui m’aide à être plus alerte, plus empathique et plus créative!
Oh, sans oublier qu’avoir ce point en commun avec plein d’As, je trouve ça très cool!
J’ai appris que j’avais un TDA lorsque j’étais en 6e année du primaire. À cette époque, si «être dans la lune» avait été un sport, j’aurais gagné beaucoup de médailles!
J’avais surtout des difficultés avec mon organisation. J’oubliais mes lunettes de soleil à la plage pendant un voyage, je quittais l’école avec le mauvais cahier pour faire mes devoirs. J’ai même déjà perdu mes bottes d’hiver… en plein hiver!
C’est un pédiatre qui m’a expliqué ce qu’était le TDA. Il m’a aussi fait réaliser quelque chose d’important : avoir un TDA peut aussi être une force. Moi, je suis très créative parce que je suis attentive aux choses qui m’entourent.
Je suis aussi sensible aux émotions des autres, ce qui m’aide à bien les comprendre et à créer des liens avec eux. Et quand quelque chose me passionne, je peux me concentrer très longtemps dessus et y mettre beaucoup d’énergie!
Avec le temps, j’ai aussi développé des trucs pour m’aider à m’organiser. Par exemple, je note tout dans mon agenda et je mets des rappels sur mon téléphone pour ne pas oublier des évènements importants.
Est-ce que j’oublie encore parfois où j’ai mis mes clés? Oh que oui! Mais disons que j’ai appris à mieux travailler avec mon cerveau plutôt qu’à lui en vouloir!
Tu vois, même des journalistes de ton média préféré peuvent avoir un TDAH! 😉
Si c’est aussi ton cas, on t’invite à partager avec les autres pourquoi c’est en partie une force!