le Lundi 9 mars 2026

«Ignorance», «étonnement», «famille dysfonctionnelle», «asymétrique», «partenaire» : les participants et participants du micro-colloque «50 ans d’action et d’engagement de la FCFA du Canada : un regard québécois» n’ont pas manqué de qualificatifs pour désigner la relation qui lie les francophones du reste du Canada au Québec.

Autrement dit, «une ligne qui n’a pas toujours été droite, avec des moments de distance comme des moments de nouveaux élans de rapprochement», a résumé la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Liane Roy.

Disons-le, il y a eu des moments où nous n’étions pas sur la même longueur d’onde.

— Liane Roy

Un demi-siècle de mobilisation

En 1975, neuf associations francophones provinciales se dotent d’une voix nationale pour assurer la survie et le développement de leurs communautés : la Fédération des francophones hors Québec (FFHQ).

L’organisme change de nom en 1991 pour devenir la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada.

Une exposition itinérante sillonne actuellement le pays pour mettre en lumière l’histoire de la Fédération, mais aussi ses défis actuels.

À lire aussi : «Se faire entendre» : retour sur 50 ans d’action de la FCFA pour la francophonie

Nationalisme et identités

«La réalité, c’est que tout a basculé dans les années 1960 […] Quand les Québécois sont devenus Québécois», s’est souvenu lors d’un panel Aurèle Thériault, directeur général de la FCFA de 1986 à 1991, faisant référence à l’émergence d’un nouveau nationalisme au Québec, qui mènera à la tenue des référendums de 1980 et de 1995.

«Avant ça, ils étaient Canadiens-Français. Nous, on était canadiens et français. On n’avait pas les mêmes parents, mais on habitait dans la même maison.»

À lire aussi : Référendum de 1995 : «une question de vie ou de mort» pour la francophonie canadienne

«Après 50 ans, y aura-t-il des retrouvailles?», a pour sa part interrogé Jean-Marc Fournier, ministre québécois responsable des Relations canadiennes et de la francophonie canadienne de 2014 à 2018, lors de sa conférence.

Il a mis en garde contre la «surenchère identitaire» de certains discours actuels au Québec, mais aussi ailleurs.

L’identité, ce n’est pas une appartenance unique, mais plurielle.

— Jean-Marc Fournier

L’ancien député plaide au contraire pour un rapprochement entre francophones, notamment dans un contexte mondial traversé par les conflits et les velléités des États-Unis voisins.

Le Canada bilingue représente à ses yeux une force, notamment sur le plan commercial et diplomatique. «L’Organisation internationale de la francophonie estime que la population francophone mondiale passera de 320 millions à 750 millions d’ici 2050. C’est demain.»

Alors qu’on nous menace d’un 51e état et que notre solidarité devant les décisions difficiles à venir sera sollicitée comme jamais, nous devrions saisir les avantages de la présence historique, fondatrice et actuelle du français au Canada […] La francophonie, ce n’est pas un problème, c’est un avantage.

Selon lui, le Québec devrait faire plus pour la francophonie canadienne, même si «des gestes ont été posés», et ne pas se contenter de regarder ailleurs, notamment quand il s’agit de langue française.

«Un tronc commun identitaire»

Tous se sont accordés sur le fait que l’affirmation des francophones et du fait français ne pouvait se faire sans l’une ou l’autre des parties prenantes.

Près de 11 millions de personnes parlent le français au Canada, dont 2,8 millions à l’extérieur du Québec.

«À Ottawa, un politicien québécois, peu importe son allégeance […], ne peut pas ignorer ou bouder les francophones du reste du pays», a souligné Manon Cornellier, correspondante parlementaire et éditorialiste à la retraite.

Elle prend l’image d’un tronc commun identitaire, autour duquel «chacun peut se développer à sa manière et créer des alliances et des solidarités qui peuvent permettre des fois de réconcilier certains intérêts».

C’est une relation du fond du cœur. C’est comme une famille. Le lien est là, on ne lâche pas d’autres membres.

— Manon Cornellier

Même quand il y a de l’incompréhension. Car cette relation présente un déséquilibre : les francophones hors Québec connaissent plus le Québec que l’inverse.

Parmi les jalons marquants, les intervenants et intervenantes ont cité la création de Mobilisation franco, une rencontre pour trouver des occasions de collaborations entre les deux francophonies. La 5e édition se déroulera à Ottawa les 4 et 5 mai prochains.

Rôle des médias

Les médias ont clairement leur rôle à jouer dans cette relation entre ces deux solitudes qui s’ignorent parfois, ont unanimement avancé les panélistes.

Les Québécois sont informés sur le reste du Canada – si on exclut Radio-Canada – presque uniquement par des traductions de la Canadian Press. Ça veut dire que les Québécois, en français, se font informer sur le reste du Canada par des anglophones.

— Manon Cornellier

Malgré quelques créneaux réservés aux actualités de la francophonie canadienne dans des émissions de Radio-Canada par exemple, cette actualité est souvent reléguée au second plan, voire à l’arrière-cour.

«La curiosité est là», observe Noémie Dansereau-Lavoie, ancienne commissaire à la langue française à la Ville de Montréal. Reste aux médias de créer des liens et des passerelles pour la cultiver.

Aurèle Thériault a de son côté rappelé l’importance des journaux locaux et des radios communautaires. Il a aussi cité les cours d’histoire comme moyens de sensibiliser et faire connaitre les différentes francophonies partout au pays.

Manque de données

Pour mieux connaitre les francophones en situation minoritaire, encore faudrait-il savoir qui et combien sont-ils. «Sur le plan de la recherche, c’est extrêmement difficile de gérer ça», remarque professeure adjointe au département de science politique de l’Université de Montréal, Evelyne Brie.

«J’ai fait beaucoup de sondages à travers le pays. J’essaie toujours d’avoir une surreprésentation des francophones, mais la réalité, c’est qu’on n’a juste pas assez de statistiques. Les erreurs standards de nos statistiques sont trop larges, on ne peut pas en arriver à des constats. C’est vraiment un élément de frustration important du côté de la recherche.»

Et l’universitaire d’ajouter : «Il y a vraiment un manquement dans la littérature scientifique en sciences politiques. Il y a un vide sur le plan technique.»

À lire aussi : Les francophones en milieu minoritaire, orphelins de données

Quid des 50 prochaines années?

La relation entre les deux solitudes a franchi un nouveau cap ces dernières années à travers les actions menées par l’ancienne ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel, et l’actuel ministre responsable de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge, estime Liane Roy.

«On a fait du chemin, mais il en reste beaucoup à faire», admet la présidente de la FCFA, qui rappelle que le Québec de 2026 est différent de celui de 1975, «toute comme nos communautés ne sont pas ce qu’elles étaient non plus».

À lire aussi : Québec et francophonie minoritaire : un rapprochement en vue?

«Les 50 années de la FCFA ont été marquées par l’affront, le combat, la résilience et, assez souvent, la correction des affronts», a retracé Jean-Marc Fournier. «Personne ne considère que la mission de la FCFA est achevée. Les francophonies du Canada devront continuer le combat.»

Pour lui, «il n’est pas trop tard», les francophones doivent notamment aller à la rencontre des «francophiles qui s’ignorent».

Le progrès réel, celui qui inverse durablement les tendances géolinguistiques, ne peut pas naitre de la division en camps majoritaires et minoritaires.

— Jean-Marc Fournier

Parmi les prochains chantiers à surveiller, les panélistes ont également cité l’économie – avec la possible fin des barrières commerciales entre provinces –, l’espace numérique, l’éducation, la vie associative, la culture et l’immigration, encore et toujours.

Sans oublier la mise en œuvre de la nouvelle Loi sur les Langues officielles, a conclu le directeur général de la FCFA, Alain Dupuis.

Il espère que, d’ici 50 ans, les générations futures de Québécois et de Québécoises ne diront plus «je ne savais pas que vous existiez» en parlant des francophones du reste du Canada.

Pour la journée internationale des femmes et des filles en science, on te propose de découvrir un balado en 5 épisodes qui met en lumière l’extraordinaire parcours de cinq femmes, qui ont, chacune à leur manière, transformé le visage des technologies tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Photo : Scientist-100 at English – Domaine public

Radia Pearlman, la femme derrière Internet

Radia Perlman est née en 1951 en Virginie, aux États-Unis. Très vite, elle se passionne pour les sciences, jusqu’à obtenir un doctorat en informatique du très prestigieux Massachusetts Institute of Technology, ou MIT, pour les intimes. Après ses études, elle commence à s’intéresser à la question des réseaux informatiques. Au fil de ses recherches, elle invente le «protocole Spanning tree», la base du fonctionnement en réseau qui a permis le développement d’internet. On appelle souvent Radia Perlman, ingénieure et conceptrice de logiciels, la «maman de l’Internet». Sans elle, tu ne pourrais sûrement pas être sur ce site en ce moment!


 

Photo : Cooper Hewitt – CC BY 3.0

Susan Kare, pionnière du design d’expérience

Susan Kare est une graphiste de génie! C’est elle qui a inventé et dessiné les premières icônes du Macintosh, puis de Windows. Aujourd’hui, ses créations sont non seulement toujours utilisées par des millions de personnes dans le monde, mais elles sont aussi exposées dans de grands musées, comme le MOMA, à New York !


 

Photo : Government Art Collection – Domaine Public

Ada Lovelace, la toute première programmeuse

Née à Londres, en Angleterre, au 19e siècle, Ada aimait dès son plus jeune âge les chiffres et les mathématiques. En grandissant, elle se découvre une passion pour les machines automatisées. Avec un autre inventeur, Charles Babbage, elle va développer une machine à calculer, que Charles a bien du mal à faire fonctionner. Ada crée alors, grâce à sa maîtrise des mathématiques, une recette qui leur permettra de faire marcher cette formidable invention. Un premier (grand) pas vers l’ordinateur que tu connais aujourd’hui!


 

Photo : James S. Davis – Domaine public

Grace Hopper, la reine du logiciel

Grace Hopper, qui est née au début du 20e siècle à New York, s’intéresse dès toute petite aux mathématiques et aux sciences. Enfant, la petite Grace est curieuse et douée : elle aurait démonté sept réveil-matin, simplement pour comprendre leur fonctionnement! Après ses études, Grace devient une enseignante aux méthodes inhabituelles. Elle entre ensuite dans l’armée pour prêter main forte à son pays en temps de guerre, et commence à faire des calculs en travaillant avec un ordinateur électromagnétique. Avec ses travaux et ses recherches, elle a révolutionné la science informatique : c’est en effet elle qui a découvert comment développer des langages conçus pour des ordinateurs! Et pour la petite histoire, c’est aussi elle qui a pour la première fois utilisé le mot «bug» pour désigner un problème informatique! On raconte que c’est à cause d’un insecte qui se serait coincé dans l’une de ses machines…


 

Photo : NASA, restaurée par Adam Cuerden – Domaine public

Katherine Johnson, mathématicienne pour la NASA

Katherine Johnson, née en 1918, est une physicienne, une mathématicienne et une ingénieure spatiale américaine qui a participé aux travaux de la NASA. Grâce à elle, de nombreuses missions spatiales, dont le vol Apollo 11 vers la Lune, ont été couronnées de succès. C’est aussi elle qui a calculé parmi les premiers plans pour une mission vers Mars! Katherine Johnson a eu 100 ans en 2018, tu imagines? Ces dernières années, des livres, et même un film, ont été créés pour raconter son histoire. Elle a même reçu la médaille présidentielle de la liberté des mains de l’ancien président des États-Unis, Barack Obama.

Pourquoi change-t-on l’heure?

Le changement d’heure existe depuis longtemps. Il a été instauré pendant la Première Guerre mondiale. L’objectif? Économiser de l’électricité et permettre aux gens de profiter davantage de la lumière du soleil pendant la journée.

u printemps, on avance donc l’horloge d’une heure pour passer à l’heure d’été. Le soleil se couche alors plus tard le soir.
En hiver, on revient à l’heure normale : le soleil se lève plus tôt et se couche aussi plus tôt. On profite de plus de lumière le matin, ce qui est bénéfique pour l’humain selon les spécialistes.

Mais aujourd’hui, plusieurs personnes se demandent si cette tradition est encore utile.

Image : As de l’info

C’est pour cette raison que le gouvernement de la Colombie-Britannique a décidé de poser la question à sa population.
En 2019, plus de 200 000 personnes et organisations ont participé à une consultation publique. Résultat? 93 % des participants ont dit qu’ils voulaient abolir le changement d’heure. Et le gouvernement a décidé de respecter la volonté des citoyens.

Après le 8 mars 2026, la Colombie-Britannique restera toujours à l’heure avancée du Pacifique, qu’on appelle aussi l’heure d’été.

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, en a fait l’annonce le 2 mars dernier, lors d’une conférence de presse dans une école primaire. Il était entouré d’élèves pour l’occasion.

«Lorsque nous changeons l’heure deux fois par an, cela crée toutes sortes de problèmes. Les enfants se lèvent à la même heure, même si l’heure a changé. Les chiens se lèvent à la même heure, même si l’heure a changé. Les parents perdent du sommeil. Les enfants perdent du sommeil et même les personnes sans enfant perdent une heure de sommeil», a-t-il affirmé.

Ici, tu peux voir la réaction des enfants. Pour célébrer la nouvelle, ils sautent de joie en écoutant la chanson One More Time de Daft Punk! 🎉

Des réactions

Mais tout le monde n’est pas d’accord avec cette décision. La Société canadienne du sommeil recommande plutôt de garder l’heure normale toute l’année. Selon certains experts, la lumière matinale est très importante pour la santé.
En hiver, si on garde l’heure d’été, les enfants pourraient se lever et aller à l’école alors qu’il fait encore noir. Ils auraient donc moins de lumière naturelle au début de la journée.

Déjà au Yukon et en Saskatchewan

La province de la Saskatchewan ne change pas l’heure depuis plus de 100 ans! Ils aiment ça et ne pensent pas à changer d’idée.

En 2020, le territoire du Yukon a aussi arrêt de changer l’heure.

En Ontario, une loi a été adoptée en 2020 pour arrêter de changer l’heure, mais ils attendent que le Québec et l’État de New York, aux États-Unis, prennent la même décision.

La question a justement été posée au Québec. En 2024, le gouvernement québécois a demandé l’avis de la population sur le changement d’heure. 214 000 personnes ont répondu au sondage, et 91 % ont dit qu’elles aimeraient l’abolir.

Est-ce que cela veut dire que le Québec fera la même chose un jour? Pour l’instant, rien n’est décidé.

Et toi, préfères-tu avoir plus de lumière le matin ou le soir? Pourquoi?

«Quand j’ai commencé à jouer au hockey, à 8 ans, il n’y avait qu’une autre fille dans mon équipe. Maintenant, ils ont réussi à faire des programmes de filles seulement […] Ça a comme grandi avec moi», raconte Orlina A. Ménard, désormais âgée de 21 ans. La Franco-Yukonaise évolue maintenant dans la ligue de hockey féminin à Whitehorse.

C’est beau à voir. C’est excitant de voir tellement de jeunes qui s’y mettent et de voir tellement de personnes qui font en sorte qu’il y ait plus de filles qui commencent à jouer et qu’elles se sentent confortables dans le sport.

— Orlina A. Ménard

«Ça vient vraiment les chercher»

«Aujourd’hui, il y a beaucoup plus d’opportunités […] Si on regarde dans toute la région, on parle d’à peu près présentement 23 équipes de femmes qui jouent au hockey […] On voit que ça gagne de la popularité quand même assez vite», constate de son côté Catherine Paulin à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Elle a commencé à jouer à la ringuette en 8e année avant de se mettre au hockey, au secondaire. «Il n’y avait pas beaucoup d’équipes féminines à l’époque», rapporte la quarantenaire, qui entraine actuellement une équipe à l’école secondaire de sa fille.

À lire aussi : La ringuette, tout feu tout femmes

Au Manitoba, Chantal Young, 39 ans, originaire de Saint-Claude, «un petit village très hockey», fait le même constat.

Chantal Young est la directrice générale de Sports en français, à Winnipeg, au Manitoba. 

Photo : Courtoisie

«Il y avait quelques filles qui jouaient, l’ouverture était là, mais ce n’était pas très commun que les filles se joignent. Il y en avait dans les premiers niveaux, mais ensuite on voyait rarement des filles dans les équipes des garçons», se souvient Chantal Young, maintenant directrice générale de Sports en français. Elle s’est pour sa part tournée vers le patinage artistique.

Mère de deux filles, la responsable rappelle l’importance pour les jeunes d’avoir des modèles féminins. «Avec les Olympiques ces derniers jours, ça criait, ça criait, dit-elle en riant. J’entendais : “Maman, c’est Marie-Philippe [Poulin, la capitaine de l’équipe canadienne de hockey féminin, NDRL]!” Ça vient vraiment les chercher.»

Selon elle, la création de Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF), en 2023, a vraiment changé la donne : «Il y avait quand même des équipes féminines très fortes, mais on les voyait à chaque quatre ans. Là, avec toute la gang de la Ligue, la visibilité est là.»

Ses filles sont d’ailleurs très enthousiastes à l’idée d’assister au match de la LPHF, qui opposera la Victoire de Montréal et la Charge d’Ottawa, à Winnipeg le 22 mars.

On a hâte. Ce n’est pas juste aller voir les femmes jouer, mais aussi l’atmosphère; vivre l’expérience d’un aréna pleine de spectatrices qui encouragent d’autres femmes.

— Chantal Young

L’engouement se fait aussi ressentir au sein de la communauté franco-manitobaine. Le Collège Louis-Riel a, depuis la rentrée 2025, une équipe de hockey féminin composée de jeunes de la 9e à la 12e année. «L’intérêt est là», assure Chantal Young.

Même les détails comptent, rappelle Catherine Paulin. Elle cite les paquets de cartes vendus chez Tim Hortons. «Avant, il y avait une ou deux cartes de joueuses de hockey, tandis que là, il y en a beaucoup plus. Juste avec des choses comme ça, on voit qu’il y a quand même un pas d’en avant.»

Les gens commencent à connaitre les noms des athlètes olympiennes, ce n’était pas le cas. Puis beaucoup d’hommes ont regardé le hockey féminin aussi, pas seulement les femmes.

— Catherine Paulin

À lire aussi : La LPHF, lueur d’espoir pour le sport féminin canadien (Chronique)

Changement de mentalité

«Quand j’ai commencé à jouer avec les gars en compétition en France, c’était compliqué, témoigne Aurélie Donnini. Il ne me faisait pas confiance parce que j’étais la fille. Je pense que maintenant, les mentalités changent». Cela fait deux ans et demi que cette francophone de 36 ans a posé ses patins à Whitehorse, au Yukon.

La gardienne de but cite l’une de ses coéquipières, en France, qui disait se faire passer pour un garçon à ses débuts, «parce que le hockey sur glace, c’était que des hommes».

Avant de s’établir au Yukon, Aurélie Donnini a joué en France, en Espagne et en Islande. 

Photo : Courtoisie

«Ici, je n’ai eu aucun problème à m’intégrer chez les hommes, alors qu’ils ne connaissaient pas du tout mon niveau et ne savaient pas qui j’étais, poursuit-elle. Il y a moins ce sexisme. Les gens sont plus ouverts parce qu’ils reconnaissent que les femmes sont tout à fait capables d’avoir un niveau pour challenger les hommes.»

La ligue féminine de Whitehorse compte aujourd’hui 10 équipes. «Il y a des joueuses sur liste d’attente, ça se remplit très, très vite», observe-t-elle.

À lire ailleurs : Faire grandir le hockey féminin, un tir à la fois (L’Aurore boréale)

Prêt d’équipement et service de garde

À Clare, en Nouvelle-Écosse, un nouveau programme communautaire propose des séances d’initiation au hockey pour les femmes.

«On avait vu qu’il y avait de la demande. On a été approché par certaines personnes parce qu’on fait des séances pour les plus jeunes. Quelques mamans nous avaient dit que ce serait le fun de faire ça pour des femmes aussi», partage la responsable du projet et agente de communication à la Municipalité de Clare, Anique Dugas.

Pour faciliter la pratique, les séances sont gratuites et des bénévoles assurent un service de garde pour les enfants.

Un des obstacles qu’on avait identifiés, c’était le fait que l’équipement de hockey, c’est cher. Puis surtout, on ne sait même pas si on va aimer ça ou pas. Donc c’est parfois difficile de faire l’investissement.

— Anique Dugas

C’est pourquoi elle a mis en place un système de prêt de matériel grâce à des contacts personnels, en attendant l’obtention de financement pour acheter des équipements permanents.

Les séances d’entrainement ont été conçues de manière progressive : d’abord les bases, comment tomber, se relever, s’arrêter, puis les lancers, les passes, le positionnement, avant de mettre tout cela en pratique lord d’un match.

«La plupart des femmes sont des débutantes qui n’avaient jamais joué. Certaines n’avaient même jamais patiné. Donc on voulait commencer par la base et puis continuer à développer», explique la responsable.

Le programme enregistre déjà 44 inscriptions, avec 20 à 25 participantes par séance. «On a eu du retour super positif. Les participantes adorent venir et sont vraiment fières d’avoir l’opportunité de pouvoir apprendre.» Elle espère que ce projet fera des vagues «un petit peu partout».

Quand elle était jeune, elle devait se rendre à une heure et quarante minutes de chez elle pour jouer sur la glace. «Puis là, maintenant, on voit que le jeu, même de façon locale, est beaucoup plus développé», se réjouit-elle.

À lire ailleurs : Un programme de hockey à Clare initie les mères aux joies de la glace (Le Courrier de la Nouvelle-Écosse)

Au-delà du jeu, une communauté

«Quand j’ai commencé à jouer, je ne parlais pas vraiment en anglais. J’étais l’une des seules francophones sur la glace, sinon la seule», indique Orlina A. Ménard.

Aujourd’hui, la langue de Molière se fait davantage entendre sur les glaces du Yukon. «C’est plus le fun, il y a un petit quelque chose, c’est un petit peu plus spécial d’avoir des interactions en français. Même si pas toute mon équipe est francophone, il y a assez de francophones pour être capable de parler en français sur le banc. Ça ajoute de la positivité.»

Catherine Paulin réside à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Courtoisie

Au-delà du jeu et de la compétition, les femmes aiment avant tout retrouver sur la glace une «communauté», relève Catherine Paulin.

«C’est pas seulement juste du hockey une fois par semaine; c’est une activité la fin de semaine, c’est l’été où on se rassemble, c’est quand il y a un décès dans la famille d’une membre de l’équipe, on est plusieurs à venir. C’est quand quelqu’un a une mauvaise nouvelle, on est plusieurs à apporter du soutien. C’est quelqu’un qui ne peut pas payer son enregistrement cette année, on est là.»

Un sentiment d’appartenance qui n’a pas de langue. Francos, anglos : «La beauté du hockey, c’est que quand on arrive sur la glace, on est tous égaux. Peu importe d’où on vient, quelle carrière on a, ou notre statut économique, social», souligne-t-elle.

«C’est sûr que quand on est des francophones parsemés à travers l’équipe, on crée des liens naturellement à travers la langue, à travers notre culture, vu qu’on est une minorité. Par contre, je ne pense pas qu’on recherche nécessairement ça.»

«On est quand même loin de la parité»

Néanmoins, toutes s’accordent à dire que le match est loin d’être gagné. «On est quand même loin de la parité, nuance Catherine Paulin. Il y a beaucoup d’hommes qui sont coachs d’équipes de femmes ou d’équipes de filles.»

«Il y a encore dans ce monde-là beaucoup de réticence par rapport à des femmes qui coachent et une inégalité par rapport à la perception du coach femme par rapport au coach homme», estime la Néobrunswickoise.

Elle évoque des stéréotypes – dépassés à ses yeux –, comme celui d’un coach masculin qui devrait être sévère, strict et hausser la voix pour imposer son autorité. «On a encore cette sorte d’environnement toxique là.»

Or, selon Catherine Paulin, c’est la représentation qui fait la différence.

Si les filles ne voient pas des coachs femmes, comment est-ce qu’elles peuvent se voir dans ce rôle-là?

— Catherine Paulin

La LPHF et les Jeux olympiques d’hiver sont autant de vitrines pour faire rayonner davantage le hockey féminin. «On a vu beaucoup les matchs des femmes, on les a entendus à la radio. Plus qu’on peut voir ça, plus qu’on va voir les filles et les femmes trouver leur place dans ce monde-là», croit-elle.

«Il y a quand même un petit changement, mais je pense que le changement est quand même lent. Ça a pris tant de temps pour avoir une ligue nationale, c’est quand même dommage parce qu’il y a des générations de filles qui auraient pu être passionnées par le hockey plus tôt.»

«Il y a très peu de joueuses qui sont payées assez pour vivre de ça. Ce n’est pas une réalité dans le monde du hockey masculin», ajoute Orlina A. Ménard. Une inégalité qui se retrouve d’après elle dans le sport féminin en général.

Même si le chemin est encore long, la Franco-Yukonaise se veut confiante : «C’est comme ça que l’on continue à avancer, en focussant sur ce qui est positif au lieu de regarder ce qu’il reste à faire.»

FRANCOPHONIE

Dans une étude dévoilée mercredi, le Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada) et la Société Santé en français (SSF) tirent la sonnette d’alarme.

«Sans intervention structurée, l’accès aux soins en français dans les communautés francophones et acadienne en situation minoritaire risque de se fragiliser davantage au cours de la prochaine décennie», déclarent-ils dans un communiqué.

Un constat sans équivoque : Les auteurs de l’étude évoquent une «tempête parfaite», avec la convergence de plusieurs phénomènes, dont le vieillissement accéléré de la main-d’œuvre et des barrières administratives qui freinent l’intégration des professionnels issus de l’immigration.

Selon leurs projections, à l’horizon 2035, les départs à la retraite ne pourront être compensés par la formation locale seule. «L’écart entre les besoins et les effectifs disponibles continuera de se creuser, créant un déficit structurel qui met directement en jeu la sécurité et la qualité des soins en français», alertent-ils.

«Il revient aux gouvernements provinciaux et fédéral de créer les incitatifs nécessaires pour que la mutualisation des ressources devienne la norme», peut-on lire dans le rapport. L’étude préconise aussi la mise en place d’un cadre de gouvernance multilatéral qui inclut les gouvernements, les ordres professionnels et une représentation communautaire.

À lire aussi : Accès aux soins en français : les francophones saluent un rapport du Sénat

Kelly Burke entrera en poste le 30 mars comme commissaire aux langues officielles. 

Photo : Capture d’écran – CPAC

Le bureau du premier ministre Mark Carney a confirmé que la nouvelle commissaire aux langues officielles du Canada, l’avocate franco-ontarienne Kelly Burke, entrera en poste le 30 mars, plus d’un mois après l’approbation de sa nomination par la Chambre des communes.

Elle prendra les rênes du Commissariat après que la Cour suprême du Canada aura entendu les différents arguments dans la contestation de la Loi sur la laïcité de l’État du Québec par la Commission scolaire English-Montréal. Le Commissariat est un intervenant dans cette cause et l’argumentaire a été préparé sous la direction du précédent commissaire, Raymond Théberge.

À lire aussi : Kelly Burke «coche toutes les cases» pour être commissaire aux langues officielles

CANADA

«Puisque le poste de directeur parlementaire du budget n’est pas pourvu actuellement, le Bureau du directeur parlementaire du budget ne publiera pas de nouveaux rapports ou n’acceptera de nouvelles demandes de la part des parlementaires.»

Ce message est affiché depuis mardi sur le site Web du Bureau. Jason Jacques était en poste de façon intérimaire depuis septembre 2025, lorsque Yves Giroux a pris sa retraite.

Un mandat par intérim doit être renouvelé tous les six mois et celui de Jason Jacques est arrivé à échéance le 2 mars.

Des nominations à la traine : C’est le bureau du premier ministre qui doit chercher et nommer le directeur parlementaire du budget. Mark Carney fait donc face à des critiques pour la lenteur du processus, pourtant enclenché en novembre. Rappelons que le mandat du commissaire aux langues officielles sortant, Raymond Théberge, avait été renouvelé deux fois avant que Kelly Burke soit nommée.

Le budget 2026-2027 de CBC/Radio-Canada pourrait être amputé de 192 millions de dollars, selon un communiqué du diffuseur public obtenu par The Wire Report.

Fin des suppléments : La réduction proviendrait du non-renouvèlement de deux investissements fait au cours des dernières années; un de 42 millions et un autre de 150 millions. Ce dernier montant a été promis pendant la campagne électorale de 2025 par Mark Carney. Le gouvernement avait précisé dès le départ que cet investissement serait pour une année seulement.

À lire aussi : «Presque impossible» de sabrer le financement de CBC sans nuire à Radio-Canada en milieu minoritaire

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INTERNATIONAL

Le samedi 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre la République islamique d’Iran. La raison principale donnée par l’administration Trump est la crainte que l’Iran continuait de développer son programme nucléaire.

Le guide suprême de l’Iran, Ali Khamenei, a été tué avec plusieurs de ses proches conseillers dès les premiers tirs de missiles américains et israéliens.

Photo : Khamenei.ir – CC-BY-NC-ND4

L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, est mort dans l’une de ces frappes. En place depuis 1989, il a, entre autres, ordonné la répression violente des manifestations populaires de janvier, qui auraient tué plus de 30 000 civils en Iran.

Le premier ministre du Canada a affirmé samedi dans un communiqué qu’il appuyait «les mesures prises par les États-Unis».

Position difficile : Une position controversée, notamment à cause du nombre de civils tués. Plus de 1000 personnes auraient été tués, incluant des enfants, selon le décompte de la Human Rights Activists News Agency.

Le gouvernement Carney fait notamment face à des critiques pour son approbation de cette opération américaine et israélienne contre l’Iran, jugée contraire aux règles de l’Organisation des Nations unies (ONU). Le premier ministre avait pourtant réaffirmé son attachement au respect du droit international et à l’interdiction du recours à la force, sauf en cas de légitime défense ou avec l’aval du Conseil de sécurité.

«Regrets» : Le premier ministre a affirmé mardi que son gouvernement soutenait les objectifs de l’attaque avec «regret» et qu’Israël et les États-Unis avaient agi sans consulter l’ONU. Pour justifier son soutien, il a invoqué la volonté de mettre fin au programme nucléaire iranien et au «terrorisme» que Téhéran commandite depuis «des décennies», tout en rappelant la primauté du droit international.

Le premier ministre Carney n’exclut pas une participation militaire du Canada si des pays alliés le demandent – comme les membres de l’OTAN –, mais il souhaite avant tout une désescalade.

Mark Carney était en mission économique de l’autre côté de l’océan Pacifique cette semaine.

Accord énergétique avec l’Inde : Il a rencontré en début de semaine le premier ministre indien, Narendra Modi. Ils ont conclu un accord de partenariat économique afin de faire passer le commerce bilatéral à 70 milliards de dollars d’ici 2030.

Ils ont aussi annoncé un nouveau partenariat stratégique en matière d’énergie, qui couvre l’uranium, le lithium, le gaz naturel liquéfié, les énergies propres et des protocoles d’entente sur les minéraux critiques.

Les deux pays ont aussi lancé une stratégie bilatérale sur les talents et l’innovation, qui augmenter les échanges entre les universités des deux pays.

Investissements australiens : De passage en Australie mercredi et jeudi, les discussions ont aussi porté sur les énergies propres, les minéraux critiques, la défense et l’intelligence artificielle.

Mark Carney et le premier ministre australien, Anthony Albanese, encouragent aussi la collaboration croissante entre les fonds de pension canadiens et les caisses de retraite australiennes pour des investissements dans des projets d’intérêt national.

Un protocole d’entente sur la collaboration dans le développement de technologie d’intelligence artificielle entre le Canada, l’Inde et l’Australie a aussi été annoncé.

Un certificat de compétence linguistique a été imposé par Service correctionnel du Canada (SCC) et de fait, Bridges of Canada, l’entreprise sous-traitante qui emploie les aumôniers du Québec et du Nouveau-Brunswick. Le test n’est toutefois pas exigé dans les autres provinces et territoires du Canada.

Ce test doit évaluer les compétences orales des aumôniers dans leur deuxième langue parlée, soit l’anglais pour les francophones ou le français pour les anglophones.

C’est ce qu’indique l’entreprise, dans un courrier envoyé à ses employés le 2 février, dont Francopresse a obtenu copie.

Les personnes qui ne remettent pas de certificat de compétence «pourraient ne pas être en mesure de conserver leur poste et ne seront pas admissibles aux rappels», peut-on lire, dans la communication.

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Un contrat national aux effets «inéquitables»

Dans un courriel à Francopresse, le Service correctionnel du Canada (SCC) affirme que la «commande nationale» qui lui permet de maintenir ses services d’aumônerie a été placée en 2022 – avant la modernisation de la Loi sur les langues officielles. 

À ce moment-là, «il a été décidé que les ressources de l’entrepreneur devaient être en mesure de fournir des services bilingues (en anglais et en français) aux délinquants du Québec et du Nouveau‑Brunswick», indique l’agence fédérale.

Cette dernière ne nie pas que l’exigence explicite du bilinguisme est située au Québec et au Nouveau-Brunswick, mais pas dans les autres provinces. Rien n’est mentionné sur la menace de révocation des aumôniers concernés.

Dans son courriel, l’agence fédérale affirme travailler «avec diligence» pour offrir des services en français dans toutes les régions du Canada, mais ne dit pas explicitement comment ni s’ils prévoient imposer la même exigence aux aumôniers qui officient dans les 11 autres provinces et territoires.

Un nouveau «processus concurrentiel» devrait être enclenchée en 2026-2027 pour choisir le prestataire de services pour les années à venir, a simplement indiqué les communications du SCC.

«Pour les francophones en dehors du Québec, on n’exige pas que les aumôniers fournissent des services dans leur langue, alors qu’on le fait pour les anglophones au Québec et au Nouveau-Brunswick.»

— Un aumônier employé par le SCC via Bridges of Canada, qui n’a pas souhaité être identifié

Le député conservateur de Portneuf–Jacques-Cartier, au Québec, attend une réponse des ministres de la Sécurité publique, des Langues officielles et du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada.

Courtoisie

Saisi du dossier, Joël Godin, le député porte-parole des Langues officielles au Parti conservateur du Canada (PCC), déplore que «cela montre le laxisme du gouvernement en place de réajuster des commandes qui ont été placées avant la nouvelle Loi sur les Langues officielles. Il faut annuler et corriger les commandes du passé, les réviser en conformité avec la nouvelle loi et que le gouvernement décide de les appliquer maintenant.»

Le député de Portneuf–Jacques-Cartier a aussi fustigé une situation «inéquitable envers les détenus francophones qui se trouvent en dehors des deux provinces citées».

Joël Godin a également écrit aux ministres de la Sécurité publique et des Langues officielles ainsi qu’au président du Conseil du Trésor.

Dans la missive que Francopresse a pu consulter, le député québécois demande une explication «de la situation» et de la disparité entre les «régions touchées» par l’exigence du test linguistique.

Sollicité également par Francopresse, aucun des trois ministères n’a répondu à nos demandes de commentaires.

Test inutile

Pour la majorité des aumôniers du Québec et de certaines régions du Nouveau-Brunswick, la première langue est le français. Les francophones sont donc majoritairement visés par le mémo.

D’après l’aumônier anonyme, «les trois quarts des employés de Bridges of Canada sont unilingues anglophones».

Pour cette personne, le test n’est pas nécessaire, car «il y a toujours au moins un des aumôniers de différentes religions qui est bilingue».

Il estime que le test a été exigé pour l’année 2026-2027 après le dépôt d’une plainte par un détenu anglophone qui n’aurait pas eu de service dans sa langue.

«Il faut que tu saches que c’est l’anglais qui est la langue au Canada»

L’employé a exprimé son incompréhension, mais n’a pas eu de réponse satisfaisante.

Et affirme de fait avoir ressenti une «inégalité» avec les autres régions du Canada à majorité anglophone, où le test n’a pas été exigé. D’autres collègues ont exprimé les mêmes frustrations.

Cette personne se sent peu appréciée : «Même pour ceux qui sont là, soudainement, ils sont obligés de passer ce test. Et pour moi, c’est comme une insulte pour la francophonie. On est encore considérés comme moins que rien. Et ça, c’est désagréable pour des personnes d’un certain âge qui n’ont pas grandi dans un milieu aussi anglophone qu’actuellement.»

L’aumônier voit aussi un manque de considération pour les aumôniers employés depuis longtemps.

«S’ils nous avaient dit que le test devait être passé partout au Canada, par les futurs aumôniers, on [aurait mieux] accepté. Et ç’aurait été une reconnaissance pour les aumôniers déjà recrutés que s’ils sont là depuis tant d’années, c’est qu’ils font bien leur travail.»

Dans une conversation avec un collègue de l’Ouest, l’aumônier anonyme s’est fait dire : «Il faut que tu saches que c’est l’anglais qui est la langue au Canada.»

«Je m’excuse?» s’est-il outré en entrevue. «Si l’Ouest perçoit ça comme ça, ça veut dire que beaucoup de Canadiens perçoivent que c’est l’anglais, la langue du Canada.»

À lire aussi : Incapables de travailler dans leur langue, des fonctionnaires quittent

À l’Université du Manitoba, la registraire adjointe et directrice de l’aide financière et des bourses, Jane Lastra, indique que la banque alimentaire est un service essentiel au cours des dernières années.

Avant la COVID-19, elle aidait environ 50 étudiants et étudiantes par mois; aujourd’hui, ce nombre a été multiplié par 12. «Nous voyons actuellement plus de 600 utilisateurs individuels chaque mois.»

La directrice adjointe de l’Institut de l’alimentation et de l’agriculture de l’Université de la vallée du Fraser (UVF) en Colombie-Britannique, Stefania Pizzirani, partage le même constat. En 2023, les demandes de paniers alimentaires à l’UVF ont augmenté de 500 % par rapport aux années précédentes, passant d’une soixantaine à plus de 300 par mois.

La banque alimentaire de l’Université d’Ottawa enregistre de son côté une hausse de fréquentation pendant les périodes d’examens de mi-session et de fin de session, indique sa coordonnatrice, Hiba Assouane.

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Cette crise de sécurité alimentaire ne doit pas être un «secret caché», insiste Stefania Pizzirani. 

Photo : Courtoisie

Pourquoi une telle augmentation?

Aux yeux des spécialistes interrogés, la montée de l’insécurité alimentaire n’est pas le fruit du hasard, mais la convergence de plusieurs facteurs économiques, dont le cout de la vie et plus particulièrement celui du logement.

À Halifax par exemple, un hébergement avec deux chambres peut couter entre 2500 $ et 3000 $ par mois. Une réalité qui prend de nombreux étudiants et étudiantes par surprise, remarque le professeur à l’Université Dalhousie et directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire, Sylvain Charlebois en entrevue avec Francopresse.

Stefania Pizzirani évoque les concepts de «couts négociables et non négociables». Elle explique que le loyer, le transport et les frais de scolarité sont perçus comme des dépenses fixes. Par conséquent, la nourriture devient la seule variable d’ajustement, déduit-elle.

Malheureusement, pour beaucoup, la nourriture est un cout négociable. Nous voyons cela fluctuer […] concernant la qualité et la quantité de nourriture auxquelles ils peuvent accéder.

— Stefania Pizzirani

En plus de l’inflation locale, elle avance des facteurs mondiaux comme les changements climatiques, qui affectent les récoltes de café et de cacao, et les conflits qui ont des répercussions sur la chaine d’approvisionnement mondiale, faisant grimper les prix à l’épicerie.

Selon Sylvain Charlebois, malgré un budget identique pour les deux groupes, les garçons épuisent souvent leur carte-repas dès la mi-novembre, car ils consomment davantage que les filles. 

Photo : Janvez – CC BY-SA 4.0

Des étudiants vulnérables en première ligne

«Les étudiants internationaux ont beaucoup de difficultés, ils ne savent pas trop où aller s’ils ont besoin d’aide. C’est un phénomène grandissant [de les voir aux banques alimentaires universitaires]», constate Sylvain Charlebois.

Hiba Assouane explique que ce groupe estudiantin fait face à des couts d’enseignement plus élevés que les autres groupes et à des défis en matière d’emploi.

Parmi les autres personnes qui fréquentent la banque alimentaire, Hiba Assouane cite les parents étudiants, «en particulier ceux qui ont des enfants et qui doivent répondre aux besoins nutritionnels de plusieurs membres de la famille, souvent avec un revenu restreint ou précaire».

Sylvain Charlebois mentionne aussi la fragilité des groupes socialement marginalisés, notamment la communauté 2ELGBTQI+.

La coprésidente du Comité des Jeunes du Réseau pour une alimentation durable, Natalie Weder, croit qu’il peut aussi y avoir un plus grand écart dans l’accès à une alimentation saine entre les étudiants et étudiantes handicapées, des minorités racialisées ou qui payent des frais plus élevés.

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À l’épreuve de la stigmatisation

Selon Sylvain Charlebois, un obstacle majeur au soutien des personnes en difficulté reste la stigmatisation.

«Pour chercher de l’aide, il y a une gêne. Si c’est opéré par des étudiants, on a une crainte que ça se sache», souligne-t-il. Les personnes hésitent souvent à solliciter de l’aide par peur d’être jugées ou d’associer leur situation à un échec personnel, précise-t-il.

C’est pourquoi il recommande que les universités prennent une part plus active et directe dans la gestion de ces services, plutôt que de s’en remettre à la communauté étudiante.

À l’UVF, la coordinatrice des opérations du salon de bienêtre, Candace Eng, propose un formulaire de demande en ligne avec peu de questions et sans preuve de revenus. Les paniers sont ensuite distribués dans des casiers pour plus de discrétion et des aménagements sont disponibles sur demande.

À l’Université de la vallée du Fraser, les étudiants et étudiantes voient le temps nécessaire pour faire les courses et les longs déplacements comme des obstacles à la sécurité alimentaire, constate le salon de bienêtre. 

Photo : University of the Fraser Valley – CC BY 2.0

De la pression à l’adaptation

Hiba Assouane confie que la hausse de la demande exerce une pression constante sur les ressources de la banque alimentaire, en particulier pour les produits frais et les protéines.

Candace Eng, indique que la banque alimentaire de l’UVF s’appuie désormais sur des dons monétaires et un financement dédié plutôt que des dons de nourriture. D’après elle, cette stratégie permet de mieux répondre aux besoins des étudiants et des étudiantes tout en assurant une stabilité dans l’approvisionnement.

Pour s’adapter aux besoins de chacun et chacune, l’UFV dispose de paniers avec des options végétariennes et sans gluten. Un cours de cuisine gratuit est également proposé ce semestre pour savoir comment préparer des repas «simples et nutritifs», à partir d’ingrédients faciles à trouver.

À l’Université du Manitoba, si les étudiant et étudiantes ne peut pas se déplacer ou a des besoins culturels spécifiques, la banque alimentaire organise des livraisons à domicile.

À l’Université d’Ottawa, Hiba Assouane évoque des initiatives gratuites, comme les repas chauds et le marché de produits frais qui proposent plus d’options à la communauté étudiante en besoin.

«Aucun étudiant ne devrait décider entre de la nourriture dans son estomac ou payée une facture», lâche-t-elle.

Natalie Weder, quant à elle, suggère la mise en place des réfrigérateurs communautaires pour rendre l’accès à la nourriture plus facile.

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Image : As de l'info

Au Canada: un nouveau refuge 

😃 Dans le nord du Canada, il y a plus de 17 000 ours polaires. Ils vivent du nord de Terre-Neuve jusqu’au Yukon, là où ils peuvent chasser le phoque sur la banquise. La bonne nouvelle, c’est que leur nombre est assez stable pour l’instant, même si ces régions se réchauffent beaucoup.

😕 Par contre, c’est plus difficile pour les ours de la baie d’Hudson. Pourquoi? Parce que la glace fond beaucoup plus tôt dans l’année, ce qui complique la chasse au phoque.

🙂 Pour aider les ours polaires, ainsi que tous les animaux du nord-est du Canada qui dépendent de la glace, le gouvernement a créé en 2024 une zone marine protégée dans la région de Tuvaijuittuq, au nord du Nunavut. Toutes les activités humaines nuisibles, comme le transport maritime ou l’exploitation minière, y sont interdites et les ours peuvent y chasser en toute tranquillité.

En Norvège : changement de menu

Même si la glace fond aussi en Norvège, pour le moment, les ours polaires s’y portent plutôt bien. Des scientifiques ont observé que, ces dernières années, ils ont pris du poids. Comment? Ils ont commencé à manger d’autres proies que les phoques, comme les caribous et les morses, qui sont de plus en plus nombreux. Il faut continuer à les surveiller, mais c’est quand même une bonne nouvelle.

😃 Autre nouvelle encourageante : le corps de certains ours norvégiens contient une moins grande quantité de polluants que dans les dernières années. Tout ça grâce aux réglementations pour limiter la pollution de l’eau. 

😕 Par contre, les scientifiques ont trouvé de nouvelles sortes de produits chimiques dans leurs corps, comme des PFAS, qui sont des polluants presque indestructibles. Et ça, c’est un peu inquiétant, car ça pourrait les rendre malades.

De retour au Canada : un ourson adopté 

Une vraie bonne nouvelle, cette fois! En novembre, pendant une expédition dans le nord-est du Manitoba, des scientifiques du gouvernement du Canada ont eu toute une surprise! Ils ont découvert qu’un ourson avait été adopté par une ourse polaire. C’est un événement très rare. On ne sait pas exactement pourquoi la maman ourse a adopté ce petit. Il était peut-être perdu. Mais son premier ourson a maintenant de la compagnie!

Regarde comme ils sont mignons dans cette vidéo :

Conclusion : dans certaines régions, les ours polaires se portent assez bien, mais il faut continuer à les protéger, car ils sont encore menacés par le réchauffement climatique.

 Quel est ton animal polaire préféré? Dis-moi pourquoi.

Image : As de l’info

Des élastiques à la mer!

En Nouvelle-Écosse, la mer grouille de homards et la pêche au homard est l’une des plus grandes sources d’argent de la province. Des bateaux partent chaque jour pour en pêcher. Les homards sont ensuite envoyés dans des usines où ils sont préparés à être vendus et mangés.

Pour éviter qu’ils se blessent ou qu’ils pincent quelqu’un, les pêcheurs glissent de petits élastiques autour de leurs pinces. Mais une fois rendus à l’usine, ces élastiques sont retirés. Selon Angela, c’est là que le problème commence.

«Plusieurs personnes croient que les élastiques échoués sur les plages proviennent des bateaux de pêche», explique-t-elle. «Mais en réalité, une grande partie vient des usines de transformation».

Ces usines retirent les élastiques des pinces des homards. Ensuite, dans certains cas, les déchets sont rejetés dans l’océan. Il n’y a pas toujours de système pour les filtrer. Résultat? Les élastiques flottent… puis se retrouvent sur les plages.

Ici, tu peux voir une partie de l’équipe de Scotian Shores. De gauche à droite : Angela Riley, Eddie Simmons, Angela Melnychuk, Peggy Salsman, Maddison MacDonald, Kristen Hawbold. Le garçon à droite est le fils d’Angela, Archie! 

Photo : Fournie

Une autre partie du problème : plusieurs personnes pensent que ces élastiques sont biodégradables. «C’est une vieille croyance», corrige Angela. «En réalité, ils peuvent prendre entre 10 et 15 ans à se dégrader dans la nature».

Et lorsqu’ils se décomposent, ils ne disparaissent pas vraiment. Ils se brisent en minuscules morceaux, des microplastiques. Ces petites particules sont toxiques pour les animaux marins et endommagent l’écosystème. «On a aussi vu des photos de canards avec des élastiques autour du bec», ajoute Angela.

Des bénévoles ont rassemblé des déchets trouvés sur la plage pour former un grand poisson. 

Photo : Fournie

Que faire?

Pour l’instant, il existe très peu de règles claires pour empêcher les usines de rejeter ces déchets. C’est pour cette raison que des groupes comme Scotian Shores organisent des corvées pour ramasser et compter les élastiques.

En collectant ces informations, ils peuvent montrer l’ampleur du problème et faire pression sur le gouvernement pour qu’il établisse des règles claires. Ces réglementations pourraient, par exemple, obliger les usines et les pêcheurs à ne pas jeter les élastiques dans l’océan, prévoir des inspections régulières, ou donner des amendes à ceux qui n’écoutent pas.

«On se voit comme une communauté de justiciers de l’océan», dit-elle. «Nous pouvons avoir un vrai impact. Seul, on n’est qu’une goutte, mais tous ensemble, on forme la mer».

Et toi, as-tu déjà ramassé des déchets dans la nature? C’était où? Raconte-moi!

Des questions ont été soulevées au cours des trois dernières semaines à propos du manque de leadeurship du secrétariat du Conseil du Trésor, pourtant désigné comme ministère responsable de faire appliquer la Loi sur les langues officielles, réécrite en 2023.

La confusion s’est parfois invitée dans les comités de langues officielles lorsque le Conseil du Trésor a renvoyé la balle à Patrimoine canadien ou à d’autres ministères la mise en œuvre de la Loi, pour la reddition de comptes qui en découle, ou encore sur les demandes de données sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM).

Lors de la séance du 23 février au Sénat, le directeur du Centre d’excellence en langues officielles, Carsten Quell, a fait savoir que les ministères fédéraux avaient des mandats variables et, donc, des façons différentes de faire respecter les langues officielles.

Sa collègue Annie Proulx, directrice des règlements et politiques, a expliqué que la définition dans le règlement n’est possible que pour les termes qui ne figurent pas dans la loi. Le sénateur acadien René Cormier a fait part de sa confusion face à cette réponse.

L’avant-projet de règlement qui viendrait offrir des précisions pour favoriser l’épanouissement des communautés de langues officielles en situation minoritaire (CLOSM) doit être revu.

Ce constat est celui de la majorité des témoignages recueillis lors des dernières séances des comités des langues officielles des Communes et du Sénat.

Le règlement est important pour les francophones qui vivent en dehors du Québec et pour les anglophones au Québec, car il concerne les mesures positives que le gouvernement doit privilégier pour la vitalité de ces communautés.

À lire aussi : Mesures positives pour les langues minoritaires : le règlement déçoit

Consultations «tablettées»

«Je ne critique pas forcément le Conseil du Trésor ni ses fonctionnaires. Je critique le résultat et non le ministère», nuance Sylvia Martin-Laforge, présidente de TALQ, l’organisme qui représente les anglophones au Québec, en entrevue avec Francopresse. Elle considère le projet de règlement insatisfaisant.

«En revanche, je pense que lorsque les rôles sont divisés entre le Conseil du Trésor et Patrimoine canadien, ils ne sont pas assez clairs. Il faudrait peut-être revoir cela.»

Une personne qui suit de près le dossier des langues officielles et qui préfère garder l’anonymat explique que les consultations des communautés de langue minoritaire ne sont pas menées avec «sérieux».

Les consultations n’ont que très peu de fond. Des recommandations sont faites par les organismes, mais on n’a aucune explication ni retour lorsqu’ils ne prennent pas en compte nos demandes. Même si elles ne sont pas prises en compte, au moins expliquer pourquoi.

— Une personne experte des Langues officielles qui a requis l'anonymat

Lors du comité de la Chambre du 24 février, la professeure émérite à l’Université d’Ottawa, Linda Cardinal, a affirmé que ces consultations sont souvent «tablettées», soit consignées, puis oubliées.

«Silence règlementaire»

Le 12 février, en comité parlementaire, les députés de tous les partis ont toutefois salué l’ouverture des fonctionnaires du Conseil du Trésor à prendre en compte leurs commentaires pour modifier l’avant-projet de règlement.

Mais en coulisses, des parlementaires ont exprimé leurs frustrations face à l’attitude d’un Conseil du Trésor déjà en retard sur la livraison des textes règlementaires, la Loi sur les langues officielles étant adoptée depuis juin 2023.

«Parfois, on a l’impression que les fonctionnaires [du Conseil du Trésor, NDLR] se moquent de nous. Ils ne répondent pas. On sait qu’on ne peut pas tout mettre dans un règlement, mais il n’y a pas de détails sur des points essentiels et répétés depuis des années.»

— Un parlementaire qui a requis l'anonymat, à Francopresse

Jusqu’ici, députés comme sénateurs se sont essentiellement heurtés à l’absence de réponses du Conseil du Trésor sur les demandes de définitions ou de clarté sur ce que devrait être une mesure positive et le suivi de celle-ci.

Dans les deux comités, les fonctionnaires se sont contentés de répéter que leur ministère devait appliquer les modalités d’exécution du règlement, mais qu’ils ne pouvaient pas inclure de définitions des mesures positives ni «imposer» des clauses linguistiques dans les ententes.

«Vous répétez des parties de la Loi, mais vous ne clarifiez pas [le règlement, NDLR]», a observé le député du Bloc québécois, Mario Beaulieu, lors du comité du 12 février.

Dix jours plus tard, au comité du Sénat, René Cormier a abondé dans le même sens : «On parle du silence règlementaire. Il y a des éléments qui m’étonnent. Des estimations périodiques et les ayant droit en vertu de l’article 23, n’apparaissent pas. […] Les responsabilités accordées à des ministères – n’apparaissent pas.»

En recevant la même réponse, le sénateur s’est impatienté : «Si je comprends la nature de votre présence ici, essentiellement, c’est de recueillir des commentaires. Ne prenez pas mon commentaire de façon cynique, mais est-ce la raison pour laquelle le ministre a refusé de se présenter devant ce comité alors qu’il a été convoqué?»

Attitude du ministre responsable

Le sénateur n’a pas caché sa frustration devant l’absence du président du Conseil du Trésor, le ministre Shafqat Ali, qui a refusé l’invitation des sénateurs de venir répondre aux questions sur la proposition de règlement de son ministère.

Par courriel à Francopresse, le directeur des communications du ministre Ali, Mohammad Kamal, a expliqué son absence : «À cette étape du processus de consultation, nous estimons qu’il est essentiel que le comité rencontre directement des personnes ayant une expérience vécue, notamment des membres des communautés de langue officielle en situation minoritaire et d’autres intervenants. Leurs points de vue sont essentiels pour garantir que le règlement soit efficace, adapté et représentatif des réalités sur le terrain.»

«Les ministres que nous convoquons ne viennent pas nous rencontrer au sujet de ce règlement», a continué René Cormier, en comité.

Le président du secrétariat du Conseil du Trésor du Canada, Shafqat Ali, a refusé de comparaitre devant le Comité permanent des langues officielles du Sénat, cette semaine, pour l’étude d’un projet de règlement sur les langues officielles. 

Inès Lombardo – Francopresse

Au moment d’écrire ces lignes, Francopresse confirme que Marc Miller, l’autre ministre responsable de l’application de la Loi sur les langues officielles, n’a pas été invité à comparaitre devant le comité sénatorial pour s’exprimer sur les règlements relevant de ses responsabilités, selon sa porte-parole, Hermine Landry.

Il n’a toutefois pas été possible de confirmer si d’autres ministres ont refusé de comparaitre devant le comité.

Par ailleurs, des parlementaires de toutes allégeances politiques ont qualifié en coulisses de «mauvaise performance» la comparution du ministre Ali le 4 décembre 2025 en comité. Ce dernier a évité de répondre à des questions sur la raison de sa présence – soit l’utilisation du français du premier ministre.

Le député conservateur Joël Godin avait notamment perdu patience pour lui rappeler la raison de sa présence au comité.

Du côté libéral, Guillaume Deschênes-Thériault avait interrogé le ministre sur la manière dont il concevait le leadeurship de son ministère dans la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles. Il avait lui aussi reçu une réponse sur le rôle général du Conseil du Trésor.