le Mardi 13 octobre 2026

Le président de Hill Strategies, Kelly Hill, a présenté les résultats de ses analyses lors d’un webinaire le jeudi 8 octobre.

La part du secteur culturel de la francophonie de l’extérieur du Québec au PIB aurait augmenté de 16 % par rapport à 2023, alors qu’il était de 5,6 milliards de dollars. En 2022, il était de 5,83 milliards et de 5,63 milliards en 2021.

Ces totaux incluent l’impact direct des activités de productions, comme la vente de billets. On y ajoute les impacts indirects – comme les locations de salles, le markéting et les assurances – et les impacts induits – comme les dépenses des membres du personnel, des artistes et des fournisseurs.

«J’ai eu l’occasion d’aller à l’assemblée annuelle de la Société nationale de l’Acadie […]. J’ai présenté ces chiffres-là et ça a eu un impact très important. Les gens ne sont pas conscients [de l’importance économique de la culture]», raconte, pendant le webinaire, la présidente de la FCCF, Nancy Juneau.

Kelly Hill, souligne certaines dépenses, comme les chambres d’hôtel et les restaurants, ne font pas partie des calculs. Ce n’est pas une pratique courante en économie, explique-t-il. Il est impossible de savoir quelle portion des revenus de ces secteurs serait réellement attribuable aux activités culturelles.

Nancy Juneau affirme que c’est une précision importante à apporter lorsque les données sont présentées, puisqu’elle sous-entend que l’impact est encore plus important, surtout en milieu minoritaire.

À lire aussi : «Une crainte réelle de sous-financement» pour la culture francophone

Méthodologie

Pour ses analyses au cours des 4 dernières années, Kelly Hill a utilisé les données de Statistique Canada, comme l’estimation annuelle du PIB du secteur culturel pour le Canada, chaque province et les territoires. Les multiplicateurs pour les impacts indirects et induits viennent de la même source.

Ces données ne tiennent cependant pas compte de la langue. Statistique Canada a très peu de données divisées par la langue, note Kelly Hill. Ceci limite ce qui peut être inclus dans le calcul. Dans le cas des données sur le secteur culturel, il pouvait seulement se fier au pourcentage de francophones qui travaillent en culture, que fournit Statistique Canada.

De plus, ce pourcentage est basé sur le recensement de 2021. Ce sont les données les plus récentes, en attendant celles du recensement de 2026.

Selon les calculs de Kelly Hill, il y avait 36 1000 francophones à l’extérieur du Québec qui travaillent dans 52 professions culturelles en 2021.

Un outil de négociation…

En ouverture du webinaire, l’analyste de politiques et recherche de la FCCF, Laurence Dubuc, a rappelé que les données sont le nerf de la guerre. La collaboration avec Hill Strategies a permis à la FCCF «d’accéder à des données dont nous avions vraiment besoin pour appuyer nos plaidoyers, nos actions de terrain, celles de nos membres, celles de leurs membres. On manque de données dans le milieu culturel de la francophonie canadienne et acadienne».

Nancy Juneau encourage les organismes culturels francophones à utiliser les conclusions de Hill Strategies. 

Photo : Clémence Labasse – Francopresse (Archives)

Le travail de M. Hill «nous donne des armes tant à nous qu’à vous sur le terrain pour démontrer à quel point notre secteur génère, oui du bonheur, mais aussi des retombées économiques extrêmement importantes», dit Nancy Juneau.

… même s’il est imparfait

Il y a une donnée qui reste absente : le retour sur l’investissement du financement public. Ce serait un argument de plus pour convaincre les gouvernements d’investir.

«Le financement public a un impact sur ces chiffres-là. Mais il n’y a pas de ventilation du financement gouvernemental. C’est une comparaison qui est très difficile à faire à travers le pays, et comparer d’une province à l’autre. Même s’il y a des conseils des arts dans la plupart des provinces, leur mandat diffère un peu», explique Kelly Hill en réponse à une question d’un membre du public.

De plus, le PIB ne dévoile pas tout, prévient-il. Il ne mesure que l’aspect financier. Les bénéfices des arts sur la qualité de vie, la santé et l’éducation, par exemple, sont également importants, rappelle Kelly Hill.

«On sait que notre secteur n’est pas qu’un impact économique. C’est beaucoup plus que ça. Vraiment, on sous-estime l’impact que ça peut avoir de présenter ces chiffres-là», ajoute Nancy Juneau.

À lire aussi : La culture francophone face au dilemme de la rentabilité

Une prise surprenante

Paul Gallant pêche le homard depuis environ 40 ans, au large d’Abrams-Village, à l’Île-du-Prince-Édouard. Des crustacés, il en a beaucoup vu passer dans sa vie!

Paul Gallant. 

Photo : Éric Bergeron – La Voix acadienne

Mais le 11 septembre dernier, sa journée de pêche lui réservait toute une surprise! Dans une de ses cages à homards se trouvait un homard très pâle, avec des teintes de rose, de bleu, de blanc et de mauve. C’est très différent de la couleur habituelle des homards dans la nature : plutôt brunâtre! 

«Quand la cage à homards est arrivée sur le bateau, je pensais que c’était juste un sac de poubelles. Puis, j’ai vu qu’il bougeait», a raconté le pêcheur au journal La Voix acadienne. 

Après avoir pris quelques photos, il a cherché des images sur Internet. Il a découvert que ce genre de homard est surnommé «homard barbe à papa»… et qu’il n’avait qu’une chance sur 100 millions d’en trouver un!

C’est que, la couleur foncée des homards leur sert aussi de camouflage. Avec ses couleurs pâles, la trouvaille de Paul Gallant était donc beaucoup plus facile à repérer par les prédateurs.

«J’ai pensé : non, je ne vais pas le faire cuire, parce qu’il est trop rare. Il faut qu’on mette ça dans un musée», a-t-il confié au journal. 

Le pêcheur a même décidé de lui donner un nom : Pee Gee! Il l’a ensuite confié au Centre Homarus, au Nouveau-Brunswick. Le homard pourra y être conservé et montré aux visiteurs.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Paul découvre un homard aux couleurs particulières. Au cours de ses années de pêche, il a aussi trouvé des homards bleus et un homard orange!

D’autres homards de couleurs rares pêchés par Paul Gallant. 

Photos : Fournie – Montage As de l’info

Mais pourquoi les homards peuvent-ils avoir des couleurs aussi différentes?

C’est une question de pigments! Les homards ont naturellement un pigment appelé astaxanthine dans leur corps. C’est lui qui est responsable de la couleur foncée de leur carapace.

Pee Gee, lui, aurait beaucoup moins de ce pigment. Sa carapace est donc beaucoup plus pâle!

Les scientifiques ne savent pas encore exactement pourquoi certains homards ont moins de pigments. Cela pourrait être lié à leurs gènes ou à leur alimentation.

Une chose est sûre, ça fait d’eux des découvertes surprenantes… et très jolies!

Et toi, as-tu déjà vu un animal avec une couleur très inhabituelle? Raconte-nous!

Sources : La Voix Acadienne, National Geographic

Photo : Fournie

Marilys

J’ai appris que j’avais un TDA assez tard, à 23 ans! Comme je n’ai pas d’hyperactivité, il était peut-être moins facile à remarquer quand j’étais enfant… mais il n’était pas pour autant invisible!

Oublier ma boîte à lunch dans l’autobus, ne pas être capable de finir un livre, laisser mes clés dans la serrure de ma porte (oui, je suis la meilleure amie des voleurs!)… ça faisait partie de mon quotidien.

À l’école, ma plus grande difficulté était la concentration. Juste le bruit d’un taille-crayon était suffisant pour me faire perdre mon focus. J’ai déjà passé un cours entier à regarder un écureuil se promener dans un arbre 😂! 

Quand j’ai reçu mon diagnostic, ça m’a permis de mieux comprendre mes difficultés et de trouver des outils pour les surmonter. C’était aussi un soulagement. Non, je ne suis pas paresseuse ou plus désordonnée que les autres. Mon cerveau fonctionne juste différemment, et c’est très correct!

J’ai d’ailleurs réalisé qu’un TDA, c’est aussi un super pouvoir. Quand une activité me passionne, je reste très concentrée pendant des heures. Par exemple, lorsque j’étudie une matière que j’aime, que je fais de la couture ou du dessin. Aussi, grâce à mon cerveau qui produit tout plein d’idées en même temps, je suis très originale et créative!  

Au lieu de voir mon TDA comme un défaut, je le vois tout simplement comme une façon différente de fonctionner. TDAH, ça peut aussi vouloir dire «Tu Débordes d’Atouts Hyperpuissants»!

Photo : Fournie

Camille

Il y a 4 ans, j’ai fait une longue démarche pour avoir des réponses à une question que je me posais depuis très longtemps : pourquoi est-ce que mon cerveau est différent de celui des autres?

Parce qu’à l’école, je devais souvent trouver des stratégies créatives pour apprendre : composer une chanson avec des mots difficiles à épeler, inventer une histoire pour me rappeler d’une formule mathématique… 

Et aussi parce que dans les conversations, les mots se bousculent dans ma tête et poussent très fort pour sortir de ma bouche. J’ai du mal à les contrôler! Qu’est-ce qui m’arrive?

La réponse des médecins, après des tests? «Tu as un TDAH!». Wow. Tout d’un coup, on venait de mettre un mot sur ma réalité. Et ça m’a beaucoup soulagée. 

J’ai pris des médicaments (du biphentin) pendant quelques mois, le temps de m’outiller et de comprendre ma «nouvelle» vie! Aujourd’hui, je vis main dans la main avec mon TDAH : il n’est pas mon ennemi! C’est une facette de moi qui m’aide à être plus alerte, plus empathique et plus créative!

Oh, sans oublier qu’avoir ce point en commun avec plein d’As, je trouve ça très cool!

Photo : Fournie

Clémence

J’ai appris que j’avais un TDA lorsque j’étais en 6e année du primaire. À cette époque, si «être dans la lune» avait été un sport, j’aurais gagné beaucoup de médailles! 

J’avais surtout des difficultés avec mon organisation. J’oubliais mes lunettes de soleil à la plage pendant un voyage, je quittais l’école avec le mauvais cahier pour faire mes devoirs. J’ai même déjà perdu mes bottes d’hiver… en plein hiver! 

C’est un pédiatre qui m’a expliqué ce qu’était le TDA. Il m’a aussi fait réaliser quelque chose d’important : avoir un TDA peut aussi être une force. Moi, je suis très créative parce que je suis attentive aux choses qui m’entourent. 

Je suis aussi sensible aux émotions des autres, ce qui m’aide à bien les comprendre et à créer des liens avec eux. Et quand quelque chose me passionne, je peux me concentrer très longtemps dessus et y mettre beaucoup d’énergie! 

Avec le temps, j’ai aussi développé des trucs pour m’aider à m’organiser. Par exemple, je note tout dans mon agenda et je mets des rappels sur mon téléphone pour ne pas oublier des évènements importants. 

Est-ce que j’oublie encore parfois où j’ai mis mes clés? Oh que oui! Mais disons que j’ai appris à mieux travailler avec mon cerveau plutôt qu’à lui en vouloir!

Tu vois, même des journalistes de ton média préféré peuvent avoir un TDAH! 😉

Si c’est aussi ton cas, on t’invite à partager avec les autres pourquoi c’est en partie une force!

Selon le professeur titulaire de science politique au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, Frédéric Boily, l’élection de Paul St-Pierre Plamondon aux commandes du gouvernement du Québec n’est «pas forcément» une bonne nouvelle pour les francophones.

Le chef du Parti québécois souhaite tenir un référendum sur la question de la séparation du Québec avec le Canada après le départ du président des États-Unis, Donald Trump.

«Cette élection remet la question du référendum au cœur de la dynamique politique entre le Québec et Ottawa. Du côté des francophones, ça crée davantage d’incertitudes et tout particulièrement, évidemment, pour les francophones albertains, où il y a déjà un processus référendaire en place.»

Frédéric Boily affirme que les questions séparatistes albertaine et québécoise ne sont de toute façon pas «deux mouvements qui marchent de front», et donc, constituent «deux problèmes différents pour le premier ministre canadien».

Il reconnait toutefois que les deux ont une «source commune» : l’unité nationale canadienne.

Comment maintenir l’unité nationale canadienne quand vous avez deux mouvements dans deux régions du pays et qui ont des récriminations qui ne sont pas les mêmes, des griefs qui ne sont pas les mêmes? On ne peut pas apporter une seule et même réponse pour les deux.

— Frédéric Boily, professeur titulaire de science politique au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta

À lire aussi : Référendum de 1995 : «une question de vie ou de mort» pour la francophonie canadienne

Une solidarité, mais peu de place pour les francophones en situation minoritaire

Pour le professeur, «du côté du Parti québécois, on n’est pas contre les francophones vivant à l’extérieur du Québec [mais] on ne s’en préoccupe pas».

Que ce soit pendant la campagne, dans sa plateforme ou dans le Livre bleu sur l’indépendance du Québec, le Parti québécois a peu ou pas parlé de la francophonie canadienne.

En revanche, lors d’une visite en Alberta en septembre 2025, Paul St-Pierre Plamondon avait affirmé en entrevue avec le journal Le Franco que «c’est déjà dans notre programme de soutenir les francophones hors Québec». «Juste par solidarité dans la conception que nous avons la même histoire et les mêmes expériences.»

À lire aussi : Rencontre avec Paul St-Pierre Plamondon : Un nouveau dialogue Québec-Alberta (Le Franco)

Selon lui, le déclin du français au Canada et au Québec est dû à un problème structurel. «J’aime mieux en sortir et devenir un joueur de soutien pour chacune des communautés francophones.»

Paul St-Pierre Plamondon est tout de même très au fait du combat des francophones hors Québec. «C’est un modèle de courage. En même temps, ça devrait réveiller certains Québécois, parce que souvent je trouve que le traitement antifrancophone est intolérable», a-t-il déclaré en entrevue avec Francopresse en mars 2024.

Sans parler de ce que ferait un gouvernement du Parti québécois pour les francophones du Canada en tant que gouvernement provincial, il soutenait qu’«il n’y a pas mal plus de possibilités si le Québec se donne l’entièreté des pouvoirs et commence une diplomatie très active dans chaque province au soutien des francophones, qu’il y a des possibilités dans la posture de déclin et de défense dans laquelle le Québec se trouve en ce moment».

À lire aussi : «Le Québec a une responsabilité envers chaque communauté francophone à travers le Canada» – Paul St-Pierre Plamondon

Les organismes francophones utilisent les fils de l’Histoire pour appeler à la collaboration

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada espère de son côté que, comme dans le passé, le premier ministre québécois travaillera de près avec la francophonie canadienne pour la défense du français.

«Historiquement, la FCFA a eu d’excellentes collaborations avec les gouvernements péquistes. C’est notamment le gouvernement de Jacques Parizeau qui a lancé en 1995 la première Politique du Québec à l’égard des communautés francophones et acadiennes.»

— Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne, dans un communiqué

La FCFA ajoute déjà entretenir de bonnes relations avec le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.

Pour la question de la souveraineté du Québec, Liane Roy dit que le choix appartient aux Québécoises et aux Québécois. «Mais il y a un espace où on peut faire front commun, à 11 millions de personnes parlant le français, et je souhaite sincèrement que nos relations se bâtissent dans cet espace.»

De leur côté, la Société Nationale de l’Acadie (SNA) et la Coalition des organisations acadiennes du Québec (COAQ) appellent le nouveau gouvernement québécois à poursuivre dans la voie de la collaboration.

«L’histoire acadienne fait partie intégrante de l’histoire de la nation québécoise. La présence des Acadiens sur les plaines d’Abraham et leur participation à la révolte des Patriotes en témoignent. Il est important que cette contribution soit davantage reconnue et enseignée aux nouvelles générations. La COAQ souhaite poursuivre ce travail avec le gouvernement du Québec», affirme Marc Thériault, président de la COAQ, par voie de communiqué.

Unité économique

Le Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada) entend profiter de l’occasion pour rappeler que la francophonie canadienne est également une force économique que le gouvernement québécois doit prendre en compte.

«Juste leur dire qu’il y a 116 000 entreprises francophones à l’extérieur du Québec, que la majorité de celles-ci sont bilingues, ça peut ouvrir des opportunités, un fait que beaucoup de gens ignorent.»

— Yan Plante, directeur général du RDÉE Canada, en entrevue avec Francopresse

«Nous sommes d’avis, comme réseau national, que la meilleure circulation des biens et services, de la main-d’œuvre au sein du Canada, c’est dans l’intérêt supérieur du pays, de la francophonie canadienne et, à nos yeux, ça inclut la francophonie québécoise.»

FRANCOPHONIE

Dans son rapport annuel 2025-2026, la nouvelle commissaire aux langues officielles, Kelly Burke, présente deux recommandations.

La première : que la formation sur les responsabilités linguistiques des gestionnaires fédéraux devienne obligatoire d’ici mars 2028, pour contrer la tendance de certains cadres à s’exprimer presque uniquement en anglais.

Kelly Burke demande d’intégrer une lentille francophone à la stratégie fédérale sur l’intelligence artificielle afin que les outils offerts aux fonctionnaires fonctionnent aussi bien en français qu’en anglais et que leurs biais linguistiques soient reconnus.

Plaintes envers Air Canada : Le rapport fait état d’un total de 4110 plaintes en 2025-2026, dont plus de la moitié concernent les services au public au Québec. Plus de 2300 de ces plaintes déposées au Québec visent Air Canada. L’année 2026 devient la seconde année où les plaintes ont explosé en raison de l’ex-PDG de la compagnie aérienne, Michael Rousseau.

Lire aussi : Langues officielles : la commissaire cible la formation obligatoire pour les fonctionnaires et l’IA

Parmi ses recommandations pour le projet de règlement sur la désignation des régions bilingues, la présidente de la FCFA Liane Roy propose l’imposition des services en français en cas d’urgence dans les transports et la révision du règlement aux 5 ans pour suivre l’évolution démographique au pays. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Au Comité sénatorial permanent des langues officielles, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a plaidé pour que Patrimoine canadien inclue «l’aire de diffusion» pour calculer les régions à forte présence francophone pour la langue de travail, en ce qui a trait à l’application de la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétences fédérales (LUFEP).

L’aire de diffusion représenterait une unité de recensement afin de mieux cibler et protéger les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Cette démarche viserait à optimiser l’identification des données démographiques francophones grâce à des maillages géographiques plus précis.

À lire aussi : Feuilleton de la Colline : justice en français, référendum et Steven Guilbeault sur le départ

La FCFA s’appuie notamment sur une étude d’impact de Patrimoine canadien parue le 18 juillet.

«La règlementation changera peu les habitudes hors Québec et ne devrait pas bouleverser la règlementation des entreprises privées. […] Le régime sera financièrement rentable dans l’année», a relayé Liane Roy, par rapport à cette étude, devant les sénateurs.

Selon la FCFA, la désignation des régions à forte présence francophone présentée par Patrimoine canadien dans son avant-projet de règlement «exclut une masse critique de francophones et de régions rurales et isolées. Il n’y a pas de spécificité des communautés, même si la Loi le prévoit. Le seul poids démographique des francophones ne peut suffire comme critère.»

À lire aussi : Ottawa désigne des régions où le service en français sera obligatoire

Le Comité permanent de la science et recherche se penchait mardi sur le rapport du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français.

Le sous-ministre adjoint au ministère de l’ Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Nipun Vats, avait été invité à comparaitre. Sous les questions du député du Bloc québécois Maxime Blachette-Joncas, le fonctionnaire a fini par reconnaitre que la lentille francophone n’avait pas été prise en compte dans la distribution des fonds à la recherche aux établissements universitaires, et notamment dans la représentation des chaires francophones au Canada.

Il a tenté d’expliquer l’attribution avec des critères qui ne relèvent pas de la langue, comme l’admissibilité aux fonds de recherche. La réponse n’a pas convaincu les membres du comité qui l’ont poussé à étayer sa réponse par écrit d’ici 15 jours.

À lire aussi : Recherche en français : des experts guident Ottawa vers une nouvelle façon de penser

CANADA

Mercredi, les ministres fédéraux de la Justice, Sean Fraser et de la Santé, Marjorie Michel, ont annoncé qu’ils maintiendront l’exclusion de l’aide médicale à mourir pour les demandes en cas de maladie mentale à partir de mars 2027.

Le ministre de la Justice Sean Fraser prévoit exclure les cas de maladie mentale des demandes d’admission d’aide médicale à mourir. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Le gouvernement fédéral déposera cet automne un projet de loi pour maintenir cette exclusion pour une durée indéterminée, alors qu’elle devait prendre fin en mars.

Il suit ainsi la recommandation d’un comité de députés et de sénateurs, qui jugeait impossible de déterminer de façon fiable si une maladie mentale est irrémédiable. Les difficultés d’accès aux services de santé mentale dans plusieurs régions ont aussi été soulignées.

Le même projet de loi décriminalisera les demandes anticipées pour les personnes atteintes d’une maladie dégénérative et qui risquent de perdre leur capacité à consentir à recevoir l’aide médicale à mourir.

Mercredi, le président du Secrétariat du Conseil du Trésor, Shafqat Ali, a déposé le projet de loi S-7, Loi sur la réduction du fardeau administratif pour tous les Canadiens, qui vise à éliminer les fardeaux règlementaires que le gouvernement juge inutiles.

Ce projet de loi entrainerait des modifications ciblées pour 31 lois et règlements connexes, relevant de 11 ministères et organismes fédéraux. Aux premiers rangs : Santé; Agriculture; Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE); Environnement et changement climatique Canada (ECCC); Justice, Transports; et Ressources naturelles.

Issu de l’Examen du fardeau administratif lancé l’an dernier, le projet de loi vise à créer un système de règlementation plus agile et sera suivi de nouveaux projets de loi présentés périodiquement, à partir de la rétroaction des parties intéressées et d’un examen continu des exigences règlementaires.

Maintien des protections, dit Ottawa : Le gouvernement cherche à faire économiser du temps et de l’argent à la population et aux entreprises en simplifiant les processus, en évitant les chevauchements, en favorisant l’innovation et en accélérant la prise de décisions, tout en maintenant les protections importantes en matière de santé, de sécurité et d’environnement, a fait valoir Shafqat Ali, jeudi en conférence de presse.

Mark Carney a annoncé un investissement de 2 milliards de dollars pour des rénovations écoénergétiques de résidences et de logements. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Le premier ministre Mark Carney a annoncé jeudi à Sherbrooke un investissement de 2 milliards de dollars pour la rénovation écoénergétique d’un million de logements au pays. Le but est de réduire les frais de chauffage et les émissions de gaz à effet de serre.

Rabais et rénovations : Le plan comporte deux volets. Le premier est un nouveau Programme national de rabais pour les thermopompes, destiné à aider jusqu’à 820 000 ménages dont le revenu est inférieur au revenu médian pourront recevoir jusqu’à 10 000 $. Les autres pourront recevoir 2000 $. Ces montants étant cumulables avec les programmes provinciaux.

Les demandes pourraient, selon Ottawa, être approuvées en 24 heures pour permettre une installation aussi rapide que celle d’une chaudière.

Le second volet, mené avec la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) et la Banque de l’infrastructure du Canada, vise à soutenir les propriétaires d’immeuble dans la rénovation de 280 000 logements en immeubles d’ici huit ans.

Vingt-cinq mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre en moins : L’ensemble des mesures devrait réduire les émissions canadiennes de plus de 25 mégatonnes, dit Ottawa, soit l’équivalent d’environ 8,5 millions de voitures retirées de la route pendant un an.

Contrer la tendance «préoccupante» de l’unilinguisme anglophone…

Dans l’une de ses deux recommandations, la commissaire dit vouloir éviter une tendance vers l’unilinguisme dans les services au public et dans la langue de travail de la fonction publique.

Elle enjoint le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada à rendre la formation sur les responsabilités des gestionnaires de la fonction publique en lien avec les langues officielles obligatoire d’ici le 31 mars 2028. Cette formation est donnée par l’École de la fonction publique du Canada.

Une manière d’éviter cette «tendance préoccupante de fonctionnaires représentant des institutions fédérales qui prennent publiquement la parole uniquement ou majoritairement dans une seule des deux langues officielles», indique la commissaire dans le rapport.

«Il s’agit pourtant de chefs de file qui ont la responsabilité de promouvoir un milieu de travail bilingue et propice à l’usage des deux langues officielles», peut-on lire.

Sans l’évoquer, c’est l’unilinguisme anglophone qui est ici visé. La commissaire demande aux responsables à «promouvoir un milieu de travail bilingue», en rappelant que l’unilinguisme des personnes dans les postes d’autorité donne un «mauvais exemple» au personnel.

… par la formation

Le rapport souligne que 73 plaintes ont été recensées pour l’année 2025-2026 en lien avec les formations pour les fonctionnaires. L’accès inégal à la formation en français pour le personnel des institutions fédérales est pointé comme un irritant. Il y aurait un manque de ressources disponibles dans cette langue et une qualité et une fréquence parfois inférieures à celles offertes en anglais.

La langue choisie par l’employé dans les régions désignées bilingues en vertu de la Loi sur les langues officielles (LLO) n’est pas toujours respectée, notamment dans les outils de travail ou la supervision.

Il faut aussi mieux encadrer la conception des formations, exprime le rapport. Celles créées dans des régions unilingues et déployées à l’échelle nationale sont rarement traduites ou offertes dans l’autre langue.

Ces lacunes peuvent avoir des conséquences négatives sur les employés, comme «freiner son rendement, provoquer son exclusion ou créer une insécurité linguistique».

Des plaintes au sujet de séances d’information, de présentations ou de discours livrés entièrement dans une seule des deux langues officielles par des fonctionnaires représentant des institutions fédérales assujetties à la Loi ont été recensées. La présence écrasante de l’anglais dans des comités interministériels également.

À lire aussi : Des milliers de documents de travail seulement en anglais à Statistique Canada

Considérant la constance des manquements liés aux droits et obligations en matière de langue de travail au fil des ans, force est de constater qu’il est grand temps que la formation à ce sujet devienne obligatoire pour les fonctionnaires en situation de leadeurship […]»,

— Rapport de la commissaire aux langues officielles

Intégrer une lentille «langues officielles» dans l’utilisation de l’IA

Les autres recommandations concernent l’intelligence artificielle (IA). Il y a un biais linguistique qui découle de cet outil, dénonce la commissaire aux langues officielles dans son rapport.

«[…L]es fonctionnaires fédéraux ont besoin de technologies qui fonctionnent dans les deux langues simultanément et de façon uniforme. De plus, ils ont besoin de formation pour apprendre à déceler les biais culturels linguistiques que peuvent entrainer les outils d’intelligence artificielle», affirme Kelly Burke, dans sa première recommandation.

Elle déplore notamment que le Guide sur l’utilisation de l’intelligence artificielle générative du Secrétariat du Conseil du Trésor ne fournisse pas de méthode pour remédier à ces biais, «qui pourraient représenter de manière disproportionnée les perspectives anglophones au détriment des perspectives francophones».

Kelly Burke et son équipe proposent au gouvernement fédéral d’adapter tout outil d’intelligence artificielle qu’il acquiert et de «proposer des interfaces et fonctionnalités d’égale convivialité en français et en anglais» aux fonctionnaires.

En outre, la Loi sur les langues officielles modernisée en 2023 devrait figurer dans la liste des lois qui touche de près ou de loin la Stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle du Canada : L’IA pour tous lancée le 4 juin 2026.

Amendes délivrées par le commissariat : désaccord avec Patrimoine canadien

Le rapport fait état d’un autre point d’accroche majeur : l’exclusion de certaines entités qui devraient, selon la commissaire, recevoir des sanctions administratives pécuniaires.

Depuis la publication de l’avant-projet de règlement sur les sanctions administratives pécuniaires qui encadre un nouveau pouvoir du Commissariat aux langues officielles, la commissaire plaide pour que ces amendes visent les autorités portuaires, les autorités aéroportuaires et l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien.

«Patrimoine canadien croit que cette institution ne devrait pas être sujette à l’émission de sanctions puisqu’il s’agit d’une société d’État entièrement financée par des crédits parlementaires, mais le Commissariat n’est pas d’accord avec cette logique. L’inclusion de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien encouragerait une meilleure conformité de sa part ainsi que le respect des obligations prévues par la Loi», plaide le rapport.

La commissaire écrit également qu’elle attend toujours du ministère qu’il revoie sa position sur l’allègement du processus de procès-verbal d’une sanction administrative pécuniaire. Elle qualifie pourtant de «simple et direct» d’autres règlements de même nature dans l’appareil gouvernemental.

Elle rappelle que les deux comités permanents des langues officielles, à la Chambre et au Sénat, appuient sa vision.

À lire aussi : Langues officielles : des élus veulent doubler les amendes et élargir les sanctions

Top 2 des plaintes en 10 ans

Sur un total de 4110 plaintes déposées auprès du Commissariat aux langues officielles en 2025-2026, 2493 ont été déposées par rapport aux services au public dans les deux langues officielles au Québec.

Cette province est largement en tête du nombre de plaintes. Arrive ensuite la région de la capitale nationale, Ottawa, avec 316 plaintes.

Selon les données du rapport, l’année 2025-2026 est la seconde année où il y a eu le plus de plaintes visant notamment la même entité et le même homme : Air Canada et Michael Rousseau, désormais ex-PDG de la compagnie aérienne.

L’année 2021 conserve la première place sur le podium. Cette année-là, il avait affirmé avoir «été capable de vivre à Montréal sans parler français» et que c’était «tout à l’honneur de Montréal», après un discours uniquement en anglais à la Chambre de commerce de Montréal.

À lire aussi : Affaire du PDG d’Air Canada, «le perpétuel recommencement»

Le nouveau pouvoir de médiation de la commissaire : un échec?

L’un des nouveaux pouvoirs accordés par la Loi sur les langues officielles au Commissariat est d’utiliser la médiation, un processus qui permet à la personne plaignante et à l’institution fédérale concernée de chercher ensemble une solution à une plainte linguistique, avec l’aide d’une personne du Commissariat. Une manière d’éviter les solutions coercitives.

Si le Commissariat reconnait que les personnes qui déposent des plaintes «manifestent généralement peu d’intérêt pour la médiation», ce n’est «pas un échec», réfute Kelly Burke, en conférence de presse lors du dévoilement du rapport. La commissaire rappelle que sur les 16 plaintes soumises à ce processus au 31 mars 2026, 8 ont été réglées malgré tout. Elle et son équipe sont en train d’améliorer le processus, affirme-t-elle. 

«Un grand nombre d’entre elles déposent une plainte uniquement dans le but de dénoncer une violation de la Loi, et ne souhaitent pas s’impliquer dans le traitement de la plainte», précise le rapport.

La crainte de dévoiler son identité pour les employés, par crainte de représailles, et la structure de certaines institutions qui rend la médiation compliquée font partie des obstacles que rencontre le Commissariat dans l’application de ce nouveau pouvoir.

Le projet d’une Maison de la francophonie à Iqaluit a été abordé à plus d’une reprise lors de l’assemblée générale annuelle de l’AFN, le 29 septembre. Le retour sur l’exercice 2025-2026 a aussi été l’occasion de parler de ce qui s’en vient.

L’Association «recherche activement» du financement pour la construction d’un nouvel édifice multifonctionnel. Il contiendrait des bureaux, des salles de réunion, des salles pour des évènements, une garderie, mais aussi des logements pour augmenter l’offre dans la ville où la pénurie empêche des personnes embauchées de venir travailler.

«On dépense beaucoup dans l’entretien [de l’actuel Franco-Centre] et nos employés sont tellement à l’étroit», souligne le président du conseil d’administration de l’AFN, Goump Djalogue, lors de l’assemblée.

Le bâtiment qui abrite le Franco-Centre a été construit il y a plus de 80 ans. 

Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix

Un bâtiment qui date de la Seconde guerre mondiale

En entrevue avec Francopresse le lendemain, le directeur général, Christian Ouaka, explique que le bâtiment qui abrite le Franco-Centre date de la Seconde Guerre mondiale et que son état ne permet pas d’envisager un agrandissement.

«Nous avons lancé un nouveau projet de construction d’une Maison de la francophonie. Nous avons fait plusieurs études qui ont prouvé la faisabilité du projet et ont évalué certains couts.»

D’ailleurs, le 2 octobre, l’AFN a publié un appel d’offres pour obtenir un plan d’affaires, des dessins architecturaux préliminaires et une estimation des couts de construction et d’opération qui tiennent compte de la réalité d’Iqaluit.

Avec les investissements en défense annoncés dans le nord du Canada par le gouvernement fédéral, la population d’Iqaluit est appelée à augmenter, y compris le nombre de francophones, donc les besoins de l’AFN également, souligne Christian Ouaka.

Tout ce qui manque pour l’instant, c’est une réponse favorable des gouvernements. La conjoncture politique est favorable, croit Goump Djalogue, en raison de l’importance que prend la francophonie comme caractéristique distinctive du Canada.

Ce climat favorable à la francophonie donnera également l’occasion à l’AFN de poursuivre ses revendications pour que les paliers de gouvernement respectent davantage la Loi sur les langues officielles du Nunavut – qui inclut le français.

Les communications des instances gouvernementales ne sont pas toujours traduites, rapporte Goump Djalogue. «Certains organismes considèrent la traduction en français de certaines communications comme facultative.»

«Au Nunavut, il n’y a pas d’espace disponible même pour envisager une location ou un rachat», explique Christian Ouaka pour justifier la construction d’une Maison de la francophonie à Iqaluit. 

Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix

Nouveaux services en demande

Ouverte l’année précédente, la Clinique d’aide juridique et d’aide à la déclaration d’impôt de l’AFN a connu du succès en 2025-2026 avec une augmentation des 102 % du nombre de bénéficiaires, peut-on lire dans le rapport annuel. Une montée tout aussi importante est attendue pour l’année en cours.

Pour Christian Ouaka, ce succès démontre «la pertinence de l’offre de service de proximité en français».

Lors de l’assemblée générale annuelle précédente, l’intégration du Théâtre Uiviit dans l’AFN avait dominé les discussions. Christian Ouaka indique que la transition s’est poursuivie et que le Théâtre est maintenant «l’entité de présentation des activités culturelles» de l’Association.

Les membres ont exprimé leur désir que le Théâtre Uiviit soit encore plus actif dans l’organisation et la pérennisation de la vie culturelle francophone du territoire. «On essaie de travailler là-dessus», assure Christian Ouaka, mais le financement disponible pour ce genre d’activités est plus rare.

À lire aussi : Francophonie au Nunavut : croissance record de l’AFN et dissolution du Théâtre Uiviit

Santé financière

La multiplication des projets et des services a aussi apporté du financement supplémentaire. L’AFN termine l’année avec un léger surplus de près de 3 000 $ sur son budget de 3,3 millions de dollars et une réserve de plus de 500 000 $.

Le poste de dépense le plus important demeure les salaires, ceux des consultants et des honoraires professionnels ont connu les plus fortes augmentations. Dans le cas des consultants, les frais sont passés de 683 000 $ en 2024-2025 à 839 000 $ en 2025-2026.

Christian Ouaka a expliqué à l’assemblée que la nature des projets financés par les subventions exigeait de faire déplacer des spécialistes, ce qui entraine une augmentation des couts. La taille de l’organisme a également fait monter les frais de tenus de livre.

Du côté des revenus autonomes, la vente de services est passée de 204 000 $ à 177 000 $. Cette diminution est principalement attribuable à la baisse des achats de publicités dans les médias qui font partie de l’offre de services de l’AFN : le journal Le Nunavoix et la radio CFRT 107.3 FM. «Le gouvernement du Nunavut a fait des coupures cette année», justifie Christian Ouaka.

À lire aussi : Médias francophones en situation minoritaire : entre fragilité et résilience

«Une chose qui manque c’est un service d’accueil», dit Goumpe Djalogue (à droite). Un service qui guiderait les francophones qui arrivent à Iqaluit et qui les dirigerait vers les services dont ils ont besoin. «Nous travaillons d’arrachepied avec le gouvernement du Nunavut.». 

Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix

«Vivre ensemble»

Les discussions entamées l’année précédente avec Nunavut Tunngavik Inc. (NTI) ont peu avancées en raison de changements à la gouvernance de l’association de représentation inuite. Goump Djalogue affirme que le désir de collaborer est toujours présent et que les discussions, qui n’ont jamais totalement cessé, reprendront.

L’objectif est de créer davantage de collaboration entre les communautés inuite et francophone pour «construire un vivre ensemble» et défendre les langues officielles.

«Nul ne peut refuser d’admettre que, de temps à autre, il y a des questions d’harmonie entre les deux communautés et c’est ensemble que […] nous allons éliminer certaines des distances», a expliqué Goump Djalogue lors de l’assemblée générale.

Christian Ouaka confirme en entrevue que des questions sur la présence du français au Nunavut peuvent parfois être exprimées dans la communauté inuite, mais elles ne sont pas la norme. Au contraire, il croit que les deux communautés «ont beaucoup plus de similitudes» qu’on ne le pense.

La défense des langues, la promotion et la pérennité des deux cultures sont des exemples. «Il faut travailler ensemble pour atteindre nos objectifs.»

Une participante a rappelé qu’il n’y avait toujours pas de représentation inuite francophone au sein de l’AFN et que le besoin de tisser des liens était soulevé depuis plusieurs années.

L’assemblée a également suggéré de mieux cerner ce que l’AFN considère être la définition d’une personne francophone.

À lire aussi : L’identité francophone est-elle plus qu’une langue parlée?

De nombreuses personnes âgées sont hautement qualifiées, éprouvent de la curiosité à l’égard des technologies émergentes et sont désireuses d’en savoir plus sur l’IA ; elles s’intéressent au potentiel que celle-ci représente pour notre société. Toutefois, des études montrent que de nombreux employeurs continuent de croire que les employés âgés maîtrisent mal les outils technologiques.

Par conséquent, les personnes âgées voient souvent des occasions d’emploi leur échapper ou ne sont pas prises en considération pour des promotions, même lorsqu’elles possèdent les compétences, la formation et l’expertise requises.

L’industrie de l’IA constitue un bon exemple à cet égard. Plutôt que de refléter toute la diversité des utilisateurs potentiels, son personnel est principalement composé de jeunes hommes. Elle risque donc de concevoir des applications et des outils qui reproduisent les préjugés propres à cette catégorie démographique.

Selon un nombre croissant d’études, les personnes âgées sont systématiquement sous-représentées dans les processus de développement des modèles d’IA. Cette lacune rend ces systèmes moins efficaces lorsqu’il s’agit de reconnaître les besoins ou les préférences des utilisateurs âgés et d’y répondre.

Par exemple, une étude portant sur les images générées par l’IA a révélé que les photos de personnes âgées sont systématiquement moins lumineuses et moins nettes que celles où l’on voit des jeunes.

Des expériences vécues du vieillissement

À l’Université Concordia, nous venons de terminer un projet d’engagement communautaire d’une durée d’un an qui a consisté à recueillir les points de vue et les réflexions de personnes âgées sur l’avenir du vieillissement à l’ère de l’IA. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une recherche interdisciplinaire collaborative plus vaste dans le domaine de l’IA menée à Concordia.

Selon nos résultats préliminaires, les personnes âgées craignent que les outils d’IA axés sur le vieillissement — tels que la détection des chutes ou les dispositifs de surveillance cognitive — soient conçus par de jeunes développeurs qui considèrent le vieillissement comme un phénomène à traiter ou à gérer, voire à prévenir.

L’industrie de la santé et du mieux-être, en particulier, met au point de nouvelles applications et de nouveaux outils d’IA à un rythme effréné — et de plus en plus de ces outils sont conçus en fonction des personnes âgées, des corps vieillissants et des personnes aidantes. Si bon nombre de ces outils offrent des avantages tels que le diagnostic précoce des maladies, le suivi des symptômes et la promotion de la santé, ils ne sont pas sans présenter des inconvénients d’ordre pratique et éthique.

La qualité des soins et la transparence sont primordiales. Selon une étude récente sur le recours à l’IA pour la prise de décision en matière de soins de santé, certaines personnes âgées sont sceptiques quant à la capacité de cette technologie à comprendre des besoins complexes liés aux soins et préfèrent généralement l’interaction humaine à celle avec l’IA.

Les personnes âgées participant à cette étude étaient également fermement convaincues que le recours à l’IA devrait être transparent et reposer sur un consentement éclairé. En d’autres termes, ces personnes souhaitent décider elles-mêmes quand et où elles interagissent avec l’IA.

Les participantes et participants à notre projet d’engagement communautaire ont formulé des préoccupations similaires. Plusieurs membres âgés de la communauté ont souligné l’importance de la transparence pour tout ce qui touche l’IA. Certains ont même donné des exemples de situations où ils avaient interagi avec des agents conversationnels intelligents, notamment pour obtenir de l’aide en matière de services bancaires en ligne, en croyant échanger avec une personne réelle.

Ils estiment que leurs expériences vécues du vieillissement ainsi que leurs points de vue uniques ne font pas partie des données utilisées pour entraîner les nouveaux outils d’IA. Leurs réalités ne sont pas non plus prises en compte au départ pour déterminer quels types d’outils d’IA sont développés.

Devant ces faits, une question s’impose : qui prend les décisions en matière d’IA, et pour qui ?

Fraudes par IA ciblant les personnes âgées

Bon nombre de nos participantes et participants ont mentionné la fraude comme un excellent exemple de ce déséquilibre.

Les fraudes par IA ciblent souvent les personnes âgées, en partie parce qu’elles sont considérées comme plus portées à faire confiance aux gens que les jeunes adultes.

Récemment, par exemple, un faux article de la CBC s’est mis à circuler dans les médias sociaux. Sur les photos accompagnant l’article, on voyait la journaliste canadienne Adrienne Arsenault interviewer le magnat de l’industrie alimentaire Galen Weston Jr., qui semblait quitter précipitamment les lieux au beau milieu de l’échange. Or, cet événement n’a jamais eu lieu. Les images ont été générées par l’IA et la frauduleuse nouvelle visait à escroquer le public en faisant la promotion d’une fausse plate-forme d’investissement.

Certaines personnes ayant participé à notre dialogue ont suggéré que l’IA elle-même pourrait être conçue pour aider les gens à repérer ce type de fraude avant qu’elle ne se produise. Ils ont également fait remarquer que personne ne leur avait demandé leur avis sur la manière de lutter contre la fraude, alors qu’ils en sont les principales victimes.

Conçu avec, et non pour, les personnes âgées

Ce que demandent les aînés n’a rien de compliqué. Ils veulent avoir leur mot à dire sur le type d’IA qui est développée, sur les données utilisées pour l’entraîner et sur la manière dont elle est régie.

Ils souhaitent disposer de moyens accessibles pour acquérir des compétences en matière d’IA, idéalement par l’intermédiaire d’organismes auxquels ils font déjà confiance, comme les groupes communautaires et les écoles. Plusieurs personnes ont suggéré des cours de courte durée offerts dans les bibliothèques plutôt que de nouvelles applications à télécharger, estimant que l’apprentissage en personne serait plus efficace.

Plusieurs bibliothèques publiques, dont la Bibliothèque de Toronto, offrent déjà des programmes d’initiation à l’IA parallèlement à leurs cours habituels sur les compétences numériques.

Les participantes et participants ont également exprimé leur malaise et leur inquiétude devant la situation que vivent d’autres groupes de la population : ils craignent que les artistes ne perdent le contrôle de leur travail au profit de l’IA générative, et souhaitent que les gens de tous âges (et pas seulement les aînés) puissent parfois simplement « rester en mode analogique ».

La question n’est pas vraiment de savoir si les aînés peuvent suivre le rythme de l’évolution de l’IA. Bon nombre d’entre eux s’y efforcent. Il s’agit plutôt de savoir si les personnes qui conçoivent, entraînent et régissent ces systèmes sont disposées à les concevoir en collaboration avec les aînés, plutôt que de les développer pour eux.

Les aînés souhaitent avoir leur mot à dire sur l’avenir de l’IA.

La Journée de la citrouille d’Edmundston existe depuis 28 ans. Elle a lieu chaque année pendant la dernière fin de semaine de septembre. 

Cette année, c’est Gail Ebbett, qui a gagné la compétition. Sa citrouille pesait près de 950 livres. C’est presque aussi lourd qu’un grizzli! Le plus drôle dans tout cela? Durant la compétition, Gail avait un adversaire très particulier : son mari!  

Eh oui! Charles Ebbett participait lui aussi au concours, avec une citrouille de 710,5 livres. Et ce n’est pas la première fois que le couple s’affronte pour la première place. En 2023, Gail avait déjà remporté le concours, devant son mari!

Mais la belle cucurbitacée (c’est la famille de plantes des citrouilles!) de Gail est encore loin du record de l’événement. En 2024, une citrouille de 1589 livres avait remporté les honneurs!

Même si tout le monde peut participer à la Journée de la citrouille d’Edmundston, faire pousser une citrouille géante n’est pas si facile. Il faut beaucoup d’espace, de soleil et de bonnes conditions météo. Cette année, par exemple, le début de l’été plus froid a rendu la tâche un peu plus difficile pour les agriculteurs d’Edmundston.  

 Et toi, que ferais-tu avec une aussi grosse citrouille? 

 Source : Acadie Nouvelle