le Mercredi 17 juin 2026

Des consultations en amont et «à chaque étape des négociations» avec les communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM), des redditions de compte et des données probantes, le tout rendu public par la suite. Tous ces éléments auraient dû se retrouver au cœur de l’avant-projet de règlement concernant la partie VII de la Loi sur les langues officielles, déposé par le Conseil du Trésor le 10 décembre 2025, mais manquent pour l’instant à l’appel.

Un rapport rédigé par les sénateurs du Comité sénatorial permanent des langues officielles, déposé au Sénat le 16 juin, met le Conseil du Trésor dos au mur et face à ses obligations. 

«Le gouvernement fédéral doit lever les ambiguïtés en adoptant un règlement le plus clair qui soit», résume le document.

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Mesures positives, clauses linguistiques et données, réclament les sénateurs

Depuis l’adoption de la Loi sur les langues officielles, en  2023, les règlements sont attendus de pied ferme par les francophones du pays. 

Le rapport des sénateurs rappelle que l’ancienne ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas-Taylor, avait annoncé l’intention du gouvernement fédéral de «préciser clairement dans le cadre réglementaire ce que seront les mesures positives». 

Contre toute attente, le projet de règlement proposé ne définit pas ce terme, écrivent les sénateurs. Le Secrétariat du Conseil du Trésor (SCT) se fait rassurant en disant que des exemples de bonnes pratiques existent déjà et pourront être abordés dans les instruments de politique qui suivront l’adoption du règlement.

— Extrait du rapport du comité sénatorial des langues officielles

«Si ce règlement est adopté dans sa forme actuelle, il y a tout lieu de craindre que le cycle historique se répète : réforme ambitieuse du législateur, mise en œuvre minimaliste de l’exécutif, inaction des institutions, frustration des communautés», avait commenté le professeur agrégé à la Faculté de droit de l’Université de Moncton, Érik Labelle Westin-Estaugh, devant le comité, en mars dernier.

D’où l’une des recommandations des sénateurs : ajouter un énoncé d’objet dans la prochaine version de l’avant-projet de règlement sur la partie VII. Ils souhaitent aussi définir les termes importants, comme «mesures positives», et consulter les CLOSM sur ces définitions. Ils demandent aussi d’officialiser ces définitions lors du prochain examen de la loi, en 2033».

Des clauses dans les accords et des données probantes 

Le manque de précisions sur les clauses linguistiques que doivent contenir les accords du fédéral avec les provinces et territoires, incluant la consultation des CLOSM par le gouvernement fédéral à toutes les étapes de la négociation, est aussi identifié comme une «lacune» par les membres du comité. 

Ces derniers demandent donc au Conseil du Trésor d’envisager des mesures en cas de non-respect des clauses par les gouvernements provinciaux et territoriaux; avec une évaluation et une surveillance «en continu».

Ces clauses doivent être rendues publiques, «dans un répertoire commun géré par le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada», estime le comité.

Le rapport met le projecteur sur une autre lacune, pourtant soulevée depuis des années par de nombreux chercheurs, conseils scolaires francophones et professeurs de droit : la faible disponibilité des données probantes mises en place en consultation avec les CLOSM et les conseils scolaires de la minorité. Le Conseil du Trésor doit donner les «outils et ressources nécessaires» pour obtenir ces données et les rendre publiques. 

Ces données seraient une manière de pallier les grands manquements qui désavantagent les CLOSM, comme par exemple un décompte plus précis des enfants ayants droit qui peuvent obtenir une éducation en français en dehors de la province du Québec.

Des données ainsi institutionnalisées permettraient d’avoir des écoles et des garderies avec une main-d’œuvre qualifiée, ont souligné de nombreux témoins dans les deux comités parlementaires sur les langues officielles depuis l’adoption de la Loi.

Les apprentissages dans la langue de la minorité tout au long de la vie et un «accent particulier (…) sur la prise en compte des apprentissages de qualité en contexte non formel et informel» sont une autre recommandation des sénateurs et sénatrices.

Ils réclament aussi une application systématique d’une lentille des langues officielles «aux politiques, aux programmes et aux initiatives des institutions fédérales».

Ce qu’on ne retrouve pas dans le cadre règlementaire et qui aurait dû être

Les sénateurs déplorent qu’il manque pour l’instant de nombreux éléments pour donner du corps et un engagement réel à l’épanouissement des communautés de langue officielle minoritaire (CLOSM), à leur protection et à leur promotion. 

En premier lieu, ils soulignent l’absence d’engagement à estimer le nombre d’ayants droit en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés. 

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De plus, le cadre réglementaire passe sous silence les responsabilités particulières de promouvoir le français à l’étranger du ministre des Affaires étrangères, de la Société Radio-Canada, du ministre du Patrimoine canadien et du ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.

Finalement, il ne traite pas des consultations nécessaires lors de l’élaboration d’une stratégie d’aliénation des immeubles et biens fédéraux excédentaires.

«Fermeture» des politiciens et institutions concernées

Dans de telles conditions, les sénateurs déplorent le refus «consternant» de trois ministres impliqués dans l’application de cette partie de la loi : le président du Conseil du Trésor, Shafqat Ali; le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, responsable des Langues officielles, Marc Miller, et le ministre de la Justice, Sean Fraser, et son équipe.

Shafqat Ali avait notamment créé plusieurs malaises du côté libéral, en raison de son incapacité à répondre de manière complète à plusieurs questions du comité des langues officielles de la Chambre des communes. 

Les sénateurs pointent aussi avec «déception» une «attitude de fermeture des institutions fédérales», jusqu’à «compromettre» la capacité du Comité sénatorial d’évaluer si la proposition réglementaire est bel et bien équilibrée.

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De fait, l’une des autres recommandations phares du rapport est d’obliger les institutions fédérales à effectuer une analyse avant chaque décision pouvant avoir une incidence sur les engagements du gouvernement fédéral envers les langues officielles, entre autres en lien avec l’épanouissement et le développement des francophones en situation minoritaire. 

Un cadre de responsabilisation visant la mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles modernisée publié en 2024 a été jugé trop vague par le Commissariat aux langues officielles, retrace le rapport. Le comité demande un cadre de gouvernance plus clair définissant les responsabilités de chaque institution fédérale. 

En outre, les sénateurs et sénatrices veulent voir dans l’avant-projet de règlement une clarification des responsabilités ministérielles entre le Conseil du Trésor et Patrimoine canadien.

Le SCT a pris la relève de Patrimoine canadien sur plusieurs aspects de la mise en œuvre de la partie VII, mais les audiences publiques confirment que le partage des responsabilités est encore flou. À ce jour, selon les témoignages entendus, des institutions fédérales tardent à agir malgré les modifications législatives de 2023, faute de directives claires.

— Extrait du rapport

Les autres recommandations importantes pour les CLOSM demandent que les résultats des analyses menées pour les mesures prises soient rendus publics. Ou qu’elles soient au moins communiquées aux communautés de langue officielle en situation minoritaire et aux autres intervenants qui participent aux activités de dialogue et de consultation. 

Les POUR

De la nourriture pour les abeilles

Les pissenlits sont parmi les premières fleurs à éclore au printemps. Ils sont donc une source d’énergie bienvenue pour les abeilles et les autres insectes pollinisateurs qui s’activent après l’hiver. Et comme il y en a beaucoup, les insectes n’ont pas à s’épuiser pour en trouver.

C’est bon pour la nature

Une pelouse uniforme et verte comme un terrain de golf, ça n’existe pas dans la nature. Pour y arriver, il faut utiliser des engrais chimiques et des herbicides qui empoisonnent les insectes, les animaux et l’eau. Alors, disons bye bye aux poisons et accueillons les «mauvaises herbes» qui favorisent la biodiversité! 

On sauve du temps

Faire la chasse aux pissenlits, ce n’est pas simple! Ils sont très robustes et difficiles à arracher. C’est une corvée sans fin, puisqu’ils repoussent rapidement. Pourquoi ne pas plutôt prendre ce temps pour embellir des plates-bandes ou cultiver un potager?

Les CONTRE

C’est laid et envahissant

Les pissenlits ne sont pas parmi les plus belles fleurs. Et quand on les laisse aller, ils finissent par littéralement envahir le terrain en étouffant les autres plantes. Non merci!

Il y a d’autres moyens d’aider les abeilles

Il n’y a pas que les pissenlits qui aident les abeilles. On peut très bien tondre sa pelouse ET aider les insectes. On n’a qu’à planter des arbres fruitiers ou des fleurs sur notre terrain. Les insectes y trouveront leur compte.

On a le droit de faire ce qu’on veut sur notre terrain

À chacun ses goûts et ses envies. Si des gens n’aiment pas les pissenlits, ils ont le droit de les arracher. Ils sont chez eux après tout. Les villes peuvent, elles, donner l’exemple et décider de ne pas tondre les pelouses de leurs parcs. 

Image : As de l’info

Toi, es-tu pour ou contre laisser les pissenlits tranquilles?

On les appelle les Zyn (c’est la marque la plus populaire) ou des pouches. Ce sont des sachets qui contiennent de la nicotine. C’est une substance qui rend accro : les gens qui en consomment ont beaucoup de mal à arrêter. On la retrouve dans les cigarettes et dans les vapoteuses.

À l’origine, ces sachets ont été créés pour aider les adultes à arrêter de fumer. Ils libèrent de la nicotine, pour habituer les fumeurs à en consommer de moins en moins. 

Ils doivent être placés sur la gencive, mais pas avalés. Ils restent collés sous la lèvre et la nicotine est absorbée tranquillement dans la bouche. Une fois vides, après moins d’une heure, il faut les jeter à la poubelle.

Des règles contournées

Au Canada, il est interdit de vendre des sachets de nicotine aux moins de 18 ans. Un seul fabricant, qui fait des sachets qui goûtent la menthe, peut être vendu en pharmacies : Zonnic.

Mais grâce à Internet et des vendeurs illégaux, les ados mettent facilement la main sur d’autres marques de sachets, qui goûtent la gomme balloune, la pêche et d’autres saveurs de bonbons. Et ce, même si c’est contre la loi.

Rendre les ados accros sur les réseaux sociaux

Dimanche, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a sonné l’alarme. Elle s’inquiète de voir autant d’influenceurs faire la promotion de ces sachets de nicotine sur leurs plateformes. 

En ligne, on peut voir plein de personnes se filmer en train de placer ces petits sachets sur leurs gencives. Elles disent que ça les aide à se concentrer, à rester éveillées et que ça les «buzz». On est loin de l’objectif original : aider à arrêter de fumer!

Plusieurs de ces influenceurs sont même payés par les fabricants de sachets de nicotine pour vanter leurs produits auprès de leur public… qui inclut des millions de jeunes. Et selon l’OMS, leur but est clair : vendre ces sachets aux ados.

Look coloré et goût sucré

L’organisme dénonce aussi les emballages qui ressemblent à ceux des bonbons. «Ils sont conçus pour séduire les jeunes. L’objectif principal est de créer une dépendance à ces produits nocifs», a écrit l’OMS, dans un communiqué.

Les emballages de sachets de nicotine ressemblent à des emballages de bonbons ou de gommes. 

Montage : As de l’info

Des dangers importants

Ces sachets contiennent une concentration de nicotine très élevée, qui peut être toxique pour les jeunes. Un enfant qui en avale accidentellement pourrait malheureusement en mourir.

On sait aussi que ces sachets nuisent à la santé de la bouche, des dents, des gencives et de la gorge.

La nicotine affecte même le cerveau des jeunes, selon la docteure et chercheuse en tabac à l’Université Yale, Meghan Morean. «Quand ton cerveau se développe, la nicotine peut entraîner des problèmes, comme rendre impulsif et développer des troubles de la concentration», at-elle expliqué à la clinique Yale Medecine.

L’OMS demande donc aux gouvernements de renforcer l’application des lois, et d’interdire la publicité et la promotion des sachets de nicotine.

Et toi, connaissais-tu les pochettes de nicotine? En avais-tu déjà entendu parler? Que dirais-tu à un ami ou une amie qui voudrait les essayer?

La question centrale de l’affaire amenée jusqu’en Cour suprême par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) était de savoir si la nomination d’une personne unilingue au poste de lieutenant-gouverneur général du Nouveau-Brunswick porte atteinte aux garanties constitutionnelles d’égalité linguistique de la Charte canadienne des droits et libertés, notamment celles spécifiques au Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du Canada. 

Oui, ont tranché six juges de la Cour suprême – Wagner, Côté, Kasirer, Martin, Moreau et O’Bonsawin – contre trois. Ils donnent ainsi raison au principal demandeur, la SANB, qui a plaidé que le premier ministre du Canada avait la responsabilité constitutionnelle de nommer une personne bilingue au poste de lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick.

«La nomination d’un lieutenant-gouverneur au Nouveau-Brunswick n’ayant pas la capacité de comprendre les deux langues officielles et de communiquer dans celles-ci dans l’exercice de ses fonctions enfreint le par. 16(2) de la Charte», rédige ainsi le juge-en-chef Richard Wagner, dans la décision. 

En revanche, la Cour suprême ne désavoue pas la nomination et refuse d’annuler les actes de l’ancienne gouverneure générale de la province dont la nomination a déclenché cette affaire, Brenda Murphy. 

Acadie Nouvelle : Lieutenante-gouverneure unilingue: Fredericton veut bloquer l’appel de la SANB

La cause en bref

En septembre 2019, Brenda Murphy est devenue lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick, sur recommandation du premier ministre de l’époque, Justin Trudeau. Elle n’était pas bilingue au moment de sa nomination et elle ne l’est pas devenue en cours de mandat. Elle a cependant appris le français.

Sa successeure Louise Imbeault, en poste depuis janvier 205, est quant à elle bilingue. 

En première instance, la juge provinciale avait donné raison à la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick : la nomination ne respectait pas les exigences de bilinguisme et elle attachait le bilinguisme à la personne qui occupe ce rôle, en plus d’être une simple exigence professionnelle. 

La Cour d’appel du Nouveau-Brunswick avait infirmé cette première décision, argüant que la charge que requiert ce poste se distingue de la personne qui l’occupe. 

En 2025, le gouvernement du Nouveau-Brunswick avait utilisé ce même argument et s’était rangé derrière Ottawa pour demander le rejet de la demande de la SANB.

Député d’Acadie–Bathurst sous Justin Trudeau, Serge Cormier avait exposé son désaccord avec son chef publiquement sur la nomination non bilingue de Brenda Murphy. 

Courtoisie FB

Le député acadien de Madawaska–Restigouche, au Nord-Ouest du Nouveau-Brunswick, Guillaume Deschênes-Thériault, a réagi au jugement en entrevue avec Francopresse : «Est-ce que dans le passé, on aurait dû avoir des personnes au poste de lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick nommées, qui maitrisent les deux langues officielles? Certainement. Là, le jugement permet de clarifier que, pour la suite des choses, la personne qui va occuper le poste de doit maitriser les deux langues.»

Pour lui, la personne doit être bilingue dès sa nomination. Il a toutefois évité de se prononcer sur d’autres postes de haute charge publique.

Réaction similaire sur Facebook de l’ancien député d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier. Il s’était opposé dès le départ, avec les députés néobrunswickois René Arsenault et Jenica Atwin, à la nomination d’une personne unilingue anglophone. 

«Les droits linguistiques ne devraient jamais être perçus comme des obstacles à contourner, mais comme des droits fondamentaux à respecter, à protéger et à faire progresser», écrit-il.

Pas de mention d’autres postes similaires

Les motifs du juge en chef et des cinq juges en accord avec l’infraction constitutionnelle de cette nomination précisent que leur décision porte uniquement sur la nomination au poste de lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick. 

 

Le juge-en-chef Wagner écrit que leur décision «est ancrée dans le contexte spécifique de l’historique de la protection des droits linguistiques au Nouveau-Brunswick et n’est pas nécessairement transposables dans l’interprétation des dispositions concernant les institutions du Parlement et du gouvernement du Canada. Cette question n’a pas à être résolue dans le cadre du présent dossier».

Les juges dissidents Rowe, Karakatsanis et Jamal affirment sous la plume du juge Rowe que «[…] les institutions, y compris la lieutenante-gouverneure, ne sont pas des “institutions” […]». Pour eux, les droits relatifs à l’usage du français et de l’anglais et qui imposent «à ces institutions l’obligation correspondante d’exercer certaines fonctions dans les deux langues» sont «opposables aux institutions et non aux individus».

Dans son désaccord, le juge Rowe nuance que si l’on suit le raisonnement selon lequel l’unilinguisme anglophone à de tels postes aurait de «vastes implications», cela requiert alors un bilinguisme personnel d’autres postes de charge publique, notamment «le premier ministre du Canada et les ministres du Cabinet fédéral».

«Il est difficile de voir pourquoi la nomination d’une lieutenante-gouverneure unilingue violerait l’égalité de statut des langues officielles, mais que ce ne serait pas le cas si le premier ministre ou le ministre des Finances, par exemple, était unilingue», poursuit-il. 

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FRANCOPHONIE

La Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) s’est inquiétée par voie de communiqué de l’absence de protections claires du droit d’auteur dans la stratégie fédérale L’IA pour tous, dévoilée la semaine dernière par le premier ministre Mark Carney et le ministre de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon.

La FCCF juge que les mécanismes de soutien aux organismes culturels sans but lucratif sont insuffisamment définis et rappelle que la souveraineté numérique doit inclure la protection et la visibilité des contenus culturels francophones.

Autres réactions : La Coalition pour la diversité des expressions culturelles (CDEC) a aussi estimé par communiqué que le plan fédéral néglige la souveraineté culturelle et le droit d’auteur. Elle demande au gouvernement de protéger ce droit, d’imposer davantage de transparence sur les données d’entrainement des IA et de favoriser un modèle fondé sur l’autorisation et la rémunération des créateurs pour l’utilisation de leurs œuvres.

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L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) a recommandé, mardi, en comité parlementaire, d’élargir la région à forte présence francophone d’Edmonton au-delà de ses limites actuelles..

L’ACFA souhaite aussi ajouter Calgary comme pôle francophone à part entière, et souhaite que plusieurs communautés francophones historiques de la province soient également reconnues comme francophones, à l’instar de Saint-Albert, Saint-Paul, Plamondon, Lac La Biche, Falher, Donnelly, Rivière-la-Paix, Legal, Morinville et Beaumont.

Lutter contre l’assimilation : Elle propose aussi d’instaurer un «principe de non-recul» pour protéger les droits linguistiques acquis, ainsi qu’un mécanisme de révision régulière des désignations, idéalement tous les cinq ans.

«C’est évident qu’on a un incitatif à ne pas parler français. Donc, je pense que tous les services qu’on peut offrir pour multiplier les occasions pour nous d’être servis en français vont nous aider à contrer l’assimilation», a fait valoir la présidente de l’ACFA, Nathalie Lachance.

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Marc Miller a déposé le projet de loi qui vise à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Une mesure qui fait sourciller depuis son dépôt en Chambre, mercredi, alors qu’aucune limite d’âge n’a été fixée pour l’usage des agents conversationnels reposant sur l’IA.

Inès Lombardo – Francopresse

CANADA

Mercredi, le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, a déposé le projet de loi C-34 sur la sécurité numérique. Celui-ci vise à renforcer la sécurité des jeunes en ligne en fixant à 16 ans l’âge minimal pour utiliser les réseaux sociaux.

Il obligerait les plateformes à vérifier l’âge des utilisateurs, à mieux encadrer les contenus préjudiciables et à rendre des comptes sur les risques associés à leurs services. 

Le texte prévoit également la création d’une Commission canadienne de la sécurité numérique pour superviser ces mesures.

Limites du texte : Les plateformes pourraient obtenir des exemptions à la restriction d’âge si elles mettent en place des mesures de protection jugées adéquates. En outre, aucune limite d’âge n’est prévue pour l’utilisation des agents conversationnels d’intelligence artificielle, et plusieurs aspects clés de l’application de la loi restent à définir par le futur organisme de réglementation.

Le «strict minimum» demandé aux plateformes : Sur les ondes de Radio-Canada, Marc Miller a défendu son projet de loi en ces termes : «C’est le [minimum] de demander aux plateformes de protéger les enfants et d’avoir un strict minimum de responsabilité.»

Le gouvernement devrait prendre des mesures pour que les plateformes soient sécuritaires «dès leur conception», a-t-il ajouté, en citant notamment l’Australie, qui a interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans en décembre dernier. «L’expérience en ligne des enfants est bien meilleure – pas parfaite – qu’elle l’est au Canada», a-t-il insisté.

Concernant les agents d’IA conversationnels, Marc Miller affirme que «ce ne sont pas des médias sociaux où les gens peuvent interagir», pointant là aussi que le risque est toujours présent, mais réduit.

Le ministre Miller a aussi fini par assurer que la protection des enfants «n’est pas un enjeu de négociations commerciales» avec les États-Unis, après avoir été interrogé sur le recul du gouvernement quant à l’obligation faite aux plateformes de diffusion en continu de contribuer financièrement aux productions canadiennes.

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La Colline du Parlement a accueilli un millier de manifestants, mercredi, opposés au projet de train à grande vitesse (TGV) de la société Alto, qui doit relier Québec à Toronto.

Un élu de l’opposition de la Ville de Mirabel, Robert Charron, a fait valoir son soutien aux manifestants en affirmant que «ce n’est pas un sprint, mais un marathon», tout comme Jean-Denis Garon, le député fédéral du Bloc québécois. 

La ville de Mirabel a été marquée par l’expropriation de centaines de familles lors de la construction de l’aéroport fédéral, dans les années 1970. «Personne n’utilise cet aéroport aujourd’hui», a ironisé le chef conservateur Pierre Poilievre, également présent parmi les responsables politiques.

Réaction : En mêlée de presse un peu plus tôt, avant la réunion du caucus libéral, le ministre des Transports, Steven MacKinnon, a affirmé qu’il avait «déjà rencontré les agriculteurs».

À lire ailleurs : Les réponses d’Alto se font encore attendre (Agricom)

Vingt-et-un chercheurs et chercheuses issus de 13 universités canadiennes demandent au gouvernement fédéral de retirer certaines dispositions du projet de loi C-30. Ils estiment qu’elles affaibliraient l’intégrité scientifique du processus d’approbation des pesticides, a rapporté Radio-Canada, lundi.

La réforme permettrait au Conseil des ministres d’annuler des décisions de Santé Canada et de réautoriser des pesticides interdits pour des raisons environnementales, au nom de la sécurité alimentaire et économique.

Le Cabinet de la ministre de la Santé, Marjorie Michel, affirme que ce serait des décisions prises exceptionnellement.

Lobbying : Les scientifiques jugent cette mesure injustifiée et craignent qu’elle permette d’ignorer les données. Le débat est également alimenté par les liens étroits du gouvernement avec l’industrie des pesticides, notamment les échanges récents entre la ministre de la Santé et le lobby agricole.

Les libéraux souhaitent que le projet de loi soit adopté avant la fin de la session parlementaire, le 19 juin prochain.

Louise Arbour est devenue la 31e gouverneure générale du Canada officiellement lundi. Elle succède à Mary Simon, nommée en 2021 par Justin Trudeau, qui est entrée dans l’histoire comme la première gouverneure générale autochtone du pays.

Inès Lombardo – Francopresse

Lors de sa première allocution comme 31e gouverneure générale du Canada, lundi, Louise Arbour a lancé un appel à l’unité, à l’ouverture et au respect de la diversité des points de vue.

Dans un contexte qu’elle juge marqué par les défis et les divisions, elle a appelé les Canadiens et les Canadiennes à valoriser leurs différences plutôt qu’à céder à la polarisation, estimant que la diversité des points de vue est essentielle à l’innovation et à la construction d’un avenir commun.

Elle a également mis en garde contre les risques liés à l’intelligence artificielle et souligné l’importance de renforcer les institutions démocratiques, l’éducation et la recherche.

Un mot sur le climat : Alors que Mark Carney est décrié par plusieurs détracteurs pour ne pas en faire assez pour l’environnement, Louise Arbour a déclaré : «Les jeunes du Canada sont des citoyens du monde : ils sont instruits, profondément sensibilisés aux enjeux climatiques et dotés d’une remarquable maitrise du numérique. Pourtant, tous ne parviennent pas à réaliser pleinement leur potentiel, freinés par les vents contraires des inégalités. En cela, nous échouons à les soutenir. Il est donc de notre responsabilité commune de corriger la trajectoire.»

Pierre Poilievre a lancé en début de semaine un appel à l’unité canadienne depuis l’Alberta. Il a toutefois attribué la montée des mouvements souverainistes en Alberta et au Québec aux politiques des gouvernements libéraux fédéraux.

Selon lui, Ottawa «empiète sur les compétences provinciales» et adopte des mesures qui nuisent notamment au secteur énergétique albertain.

Il a soutenu que la solution n’est pas la séparation, mais un changement de politiques fédérales axé sur l’abordabilité, le développement des ressources naturelles, la baisse des impôts et un plus grand respect de l’autonomie provinciale.

INTERNATIONAL

Alors qu’il avait confirmé vendredi aux médias l’ouverture du pont Gordie-Howe – qui relie Windsor, en Ontario, à Détroit, au Michigan –, le premier ministre, Mark Carney, a rétropédalé mercredi en mêlée de presse. Une information confirmée le lendemain par l’Autorité du Pont Windsor-Détroit, par voie de communiqué jeudi, afin de «résoudre les questions en suspens».

«Tout le monde travaille fortement pour que le pont soit ouvert aussitôt que possible. Il n’y a pas de drame si ça prend un peu plus de temps, ce sera le cas», avait dit Mark Carney, la veille.

Deux versions : Donald Trump réclame depuis février un remboursement pour «tout» ce que les États-Unis ont «donné» au Canada. Cependant, ce projet de construction n’a rien couté aux États-Unis et a été financé à hauteur de plus de 6 milliards de dollars par les Canadiens.

Le gouvernement canadien compte toutefois se faire rembourser les coûts de construction grâce aux recettes du péage du pont. Une fois que le Canada sera remboursé, le Michigan aura droit à 50 % des recettes nettes de péage.

Mardi, un porte-parole américain affirmait sur les ondes de CBC que la position de Donald Trump demeurait «inchangée».

Professeure adjointe en enseignement et apprentissage, mes travaux portent sur la fracture numérique, l’inclusion scolaire et l’intégration de l’intelligence artificielle en éducation.

Une ambition forte… mais des moyens limités

L’école d’aujourd’hui porte une ambition explicite : permettre à tous les élèves de réussir, quels que soient leurs besoins, leurs capacités ou leurs parcours. L’inclusion scolaire dans les écoles élémentaires et secondaires n’est plus une option, mais une exigence reconnue à l’échelle internationale.

Si cette inclusion est évidemment louable, elle a complexifié le travail du personnel enseignant. Une question se pose alors : quels sont les moyens donnés aux enseignants pour développer des pratiques pédagogiques réellement inclusives ?

Une exigence de plus dans un quotidien déjà saturé

Différencier l’enseignement, adapter les supports, varier les modalités d’évaluation, soutenir l’engagement de tous les élèves : ces attentes sont désormais au cœur du métier d’enseignant. Elles s’appuient notamment sur des approches reconnues comme la conception universelle de l’apprentissage (CUA), qui propose d’anticiper les manières de rejoindre la diversité des profils d’apprenants dès la planification pédagogique.

En théorie, le principe est convaincant. Dans la pratique, il se heurte à une réalité bien connue : le manque de temps.

Planifier une séquence, par exemple une série de séances portant sur une notion précise comme les fractions, demande déjà un investissement important. Y intégrer des variantes pour répondre à des besoins diversifiés (sans multiplier indéfiniment les activités) représente une charge supplémentaire considérable. Finalement, l’inclusion scolaire, bien que souhaitée, devient difficile à mettre en œuvre de manière systématique.

Ce décalage entre les intentions et les conditions réelles du travail enseignant crée une tension professionnelle souvent silencieuse. On attend beaucoup, sans toujours offrir les ressources correspondantes.

Une difficulté moins liée à la volonté qu’aux outils

Contrairement à certaines idées reçues, le principal obstacle à l’inclusion n’est pas le manque d’engagement du personnel enseignant. De nombreuses recherches montrent plutôt que les défis sont organisationnels et structurels.

La difficulté réside surtout dans la traduction de principes pédagogiques en actions concrètes, notamment dans la capacité du personnel enseignant à varier les façons de présenter un contenu, à offrir plusieurs moyens d’expression tout en maintenant des exigences communes, et à soutenir l’engagement de tous sans fragmenter l’activité.

Planifier une séance puis y intégrer des variantes pour répondre aux besoins diversifiés d’une classe nombreuse représente une charge considérable. 

Photo : Unsplash

Ceci révèle un enjeu central, souvent sous-estimé : la disponibilité des outils pour planifier des leçons qui tiennent compte de la diversité des profils d’élèves.

Dans ce contexte, les enseignants réclament depuis longtemps des conditions favorisant réellement l’inclusion scolaire : réduction de la taille des classesprésence accrue de personnel spécialisé, ressources adaptées, accroissement des ressources financières. Ces revendications demeurent essentielles et aucune technologie ne peut s’y substituer.

Au milieu de ces diverses contraintes, certaines équipes explorent la manière dont des outils numériques pourraient soutenir concrètement certaines dimensions du travail pédagogique.

Offrir du soutien aux enseignants pour une inclusion scolaire réelle

L’enjeu n’est donc pas seulement de former le personnel enseignant à l’inclusion scolaire, mais aussi de leur fournir des outils capables de soutenir concrètement cette ambition. C’est dans cette perspective que certains travaux examinent le potentiel de l’IAG en éducation

Au sein du Adopt-IA Lab de l’Université de l’Ontario français (UOF), nous avons par exemple développé un outil d’IAG nommé Movari, conçu pour accompagner la planification pédagogique à partir des principes de la CUA.

Son fonctionnement repose sur une idée simple : à partir d’une activité proposée par le personnel enseignant, l’outil génère des pistes pour en élargir l’accessibilité et la flexibilité, sans en modifier les objectifs. Par exemple, une activité de compréhension de texte telle qu’une lecture suivie de questions peut être enrichie rapidement par l’ajout d’une version audio ou l’intégration des discussions en petits groupes.

L’intelligence artificielle comme levier… sous conditions

Les IAG ne constituent pas des solutions miracles en éducation. Leur usage soulève des enjeux importants : fiabilité des suggestions, risque de dépendance, protection des données et nécessité de formation du personnel enseignant.

Aussi, un risque est celui du solutionnisme technologique : investir massivement dans des outils numériques en laissant croire que la technologie peut, à elle seule, résoudre des problèmes avant tout humains et organisationnels.

Les IAG risquent-elles donc de servir à justifier des classes toujours plus chargées, sous prétexte que la technologie pourrait « compenser » le manque de ressources humaines ? Toutes les écoles auront-elles le même accès à ces outils, aux infrastructures numériques et à la formation nécessaire ? Si leur implantation dépend fortement des moyens financiers des établissements, le risque est réel de voir s’accentuer les écarts entre écoles privées et publiques, ou encore entre milieux favorisés et défavorisés.

Ces préoccupations n’impliquent toutefois pas qu’il faille rejeter entièrement les IAG en éducation. Elles invitent plutôt à réfléchir aux conditions de leur intégration, aux finalités poursuivies et aux garde-fous nécessaires pour éviter que ces outils ne viennent remplacer des investissements humains essentiels.

Repenser l’inclusion scolaire à partir du réel

L’enjeu dépasse la seule question de l’usage des outils numériques et de l’IAG en particulier. Il concerne plus largement la manière dont les systèmes éducatifs accompagnent concrètement les transformations qu’ils appellent de leurs vœux.

Promouvoir l’inclusion scolaire sans agir sur les conditions de sa mise en œuvre revient à déplacer la responsabilité vers le personnel enseignant, sans toujours leur donner les moyens d’agir. De plus, les réponses à ces défis ne peuvent être uniquement technologiques. Les besoins exprimés depuis longtemps par le personnel enseignant, au rang desquels la réduction des effectifs dans les classes, l’accès à des ressources spécialisées et le soutien institutionnel demeurent essentiels.

Toutefois, dans un contexte où ces transformations structurelles sont souvent lentes à mettre en place, certains outils numériques peuvent offrir un soutien concret à leur pratique pédagogique.

Pression financière, concurrence des géants du numérique, formation de la relève : le monde de la culture au Canada fait face à une myriade de défis. Lors du Comité permanent du patrimoine canadien, le 9 juin, les témoins ont partagé leurs préoccupations quant à l’avenir des infrastructures de leurs lieux culturels.

Tous se sont accordés à dire qu’ils manquaient de ressources afin d’assurer à la fois l’entretien des bâtiments, mais aussi la pérennité de leur mission. Si le public est toujours au rendez-vous, les fonds le sont beaucoup moins.

«Dans nos communautés, les infrastructures culturelles jouent un rôle essentiel dans la construction identitaire et la cohésion sociale, puisqu’elles représentent souvent les seuls points d’accès à une offre culturelle en français», a souligné devant les parlementaires la présidente de la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), Nancy Juneau. L’organisme représente environ 350 organismes.

Ces lieux contribuent à l’attractivité et à la rétention des populations francophones et francophiles, a-t-elle fait valoir. Or, ces écosystèmes sont fragilisés.

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Nancy Juneau rappelle qu’en vertu de la Loi sur les langues officielles, les institutions fédérales doivent reconnaitre la nature asymétrique des réalités et des caractéristiques des communautés minoritaires.

Photo : Clémence Labasse – Archives Francopresse

Baisse de financement

«Les récents changements au Fonds du Canada pour les espaces culturels (FCEC), géré par Patrimoine canadien, suscitent des inquiétudes légitimes quant à la capacité et à l’engagement du gouvernement fédéral de répondre aux besoins spécifiques de nos communautés en matière d’infrastructures culturelles», rapporte la Nancy Juneau.

Dans une publication datant du 1er avril 2026, le gouvernement indique qu’en «raison du financement limité, les projets pour la réalisation des documents de planification et de conception d’infrastructures, les études de faisabilité et les évaluations d’installations ne sont plus acceptés. Les projets de construction ne sont plus acceptés. Des circonstances exceptionnelles peuvent toutefois s’appliquer.»

«Au courant des deux prochains exercices financiers, le FCEC ne financera que l’acquisition d’équipements spécialisés», ajoute Nancy Juneau. Les autres besoins en matière d’infrastructures seront dirigés vers le nouveau Fonds pour bâtir des collectivités fortes (FBCF), géré par Logement, Infrastructures et Collectivités Canada.

Le secteur culturel et artistique aurait à compétitionner avec des besoins en infrastructures comme des ponts. Alors qu’on ne représente pas les mêmes intérêts. Oui, un pont, c’est important, on en convient, mais les lieux de diffusion, les lieux de production, les lieux de création sont tout aussi importants à la santé de notre nation.

— Nancy Juneau

Nancy Juneau déplore le fait que ce nouveau financement ne soit plus exclusivement consacré à l’industrie culturelle : «Aucun financement minimal n’est réservé à notre secteur au sein de ce nouveau programme. Il existe une crainte réelle de sous-financement des infrastructures culturelles du pays, d’autant plus que la demande pour le FCEC a traditionnellement dépassé ses ressources et ça depuis plusieurs années.»

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Des fonds dédiés à la francophonie

C’est pour toutes ces raisons que la FCCF demande au gouvernement fédéral de réserver une part du FBCF aux infrastructures culturelles.

Conformément à la partie VII de la Loi sur les langues officielles, l’organisme exige également des fonds dédiés à la francophonie canadienne, qui fait face à des enjeux propres et à un contexte souvent marqué par l’éloignement des grands centres, avec des communautés de petite taille.

«Les institutions fédérales doivent reconnaitre la nature asymétrique des réalités et des caractéristiques des communautés minoritaires, entre elles et par rapport aux communautés majoritaires, afin de prendre des mesures positives qui permettront de mettre en œuvre les engagements du gouvernement du Canada en matière de langues officielles», insiste Nancy Juneau.

Besoin de données

La FCCF réclame que le gouvernement fédéral finance, «par la voie qu’il estime la plus appropriée», des travaux de recherche permettant de disposer de données fiables et régulièrement mises à jour sur les infrastructures culturelles à travers le pays et dans l’ensemble des disciplines artistiques, dont les réalités et les besoins diffèrent.

Là encore, Nancy Juneau fait référence à la Loi sur les langues officielles, qui stipule que les institutions fédérales doivent, «dans la mesure du possible, fonder leurs mesures positives sur des analyses issues de recherche et de données propres et de données probantes», a rappelé la responsable en comité.

«Or, à l’heure actuelle, ce portrait demeure incomplet et ne permet pas d’appuyer une prise de décision pleinement éclairée», estime-t-elle.

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1) Cuire de la viande au barbecue augmente-t-il le risque de cancer?

En fait, c’est la cuisson des viandes en général (de 100 à 300 degrés Celsius) et sur une longue période qui est associée à l’augmentation de certains types de cancers (de la prostate, du côlon, du sein et du pancréas). Cette association est présente autant pour les aliments qui sont grillés que pour ceux qui sont frits (dans l’huile ou dans une friteuse à air chaud) ou cuits sur le barbecue. 

Au contraire, les viandes bouillies ou cuites sous vide seraient moins problématiques, expliquaient en 2025 des chercheurs du Pakistan dans un article portant sur la consommation de viande et le cancer.

En clair, pour être associée à un risque accru de cancer, il faut que la viande soit carbonisée. C’est pourquoi l’Agence de la santé publique du Canada recommandait dès 2017 de limiter l’exposition aux viandes carbonisées pour réduire les risques.

2) Pourquoi la carbonisation est-elle toxique ?

La cuisson des viandes et des poissons produit deux substances chimiques cancérigènes.

Sous l’action d’une forte chaleur, les composés naturellement présents dans ces aliments (créatine, acides aminés, sucres) produisent des composés chimiques cancérigènes : des amines hétérocycles (AH).

Lorsque le gras animal tombe sur l’élément chauffant du barbecue (briquettes ou flammes de propane), il se décompose en substances toxiques volatiles qui s’élèvent avec la fumée et se déposent sur l’aliment : des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Sur le site de l’Institut national du cancer des États-Unis, on peut lire que ces AH et HAP peuvent endommager notre ADN seulement après avoir été métabolisés par des enzymes spécifiques dans notre corps : un processus appelé «bioactivation». Des études ont révélé que l’activité de ces enzymes, qui peut différer d’une personne à l’autre, pourrait être reliée à l’augmentation des risques de cancer.

3) La viande rouge, pire que les autres viandes ?

Quel que soit le type de viande, plus on cuit sur le barbecue une viande longtemps, plus elle aura tendance à former des AH et plus elle sera exposée aux HAP. Ainsi, un poulet et un steak bien cuits en auront tous deux des concentrations élevées, précise l’Institut national du cancer. Pour ce qui est des poissons, comme leur temps de cuisson est généralement plus court, cela diminue d’autant leur exposition à ces substances cancérigènes. Précisons que les légumes ne peuvent pas générer d’AH.

Cependant, il faut souligner que la viande rouge, peu importe la méthode de cuisson, a été associée à un risque plus élevé de cancer. L’Institut américain de recherche sur le cancer recommande d’ailleurs de ne pas manger plus de 340 à 510 g de viande rouge par semaine.

4) Des risques de cancer plus élevés… mais à quel point ?

Difficile de le savoir précisément. Les recherches en laboratoire et sur des animaux suggèrent que les AH peuvent provoquer des dommages à l’ADN et favoriser le développement de tumeurs dans des cellules du côlon, du sein, de la prostate et ailleurs. 

Toutefois, même si des études réalisées sur les humains ont bien constaté une relation entre la consommation de AH et certains cancers, il n’a pas encore été possible d’établir un lien définitif entre le cancer chez l’humain et la méthode de cuisson, soulignaient en 2025 les chercheurs pakistanais.

Une des difficultés à mener de telles études est de déterminer le niveau exact d’exposition qu’une personne obtient, tout dépendant de sa consommation de viandes cuites et des méthodes de cuisson choisies. Cependant, les autorités en prévention du cancer de la plupart des pays occidentaux recommandent de minimiser l’exposition aux AH. 

5) Une marinade peut-elle réduire la formation des substances cancérigènes ?

Sur le site de l’Institut américain de recherche sur le cancer, on peut lire que le fait de mariner la viande au moins 30 minutes peut réduire significativement la formation de substances cancérigènes. 

Dans une étude de 2025 portant sur la formation d’AH et d’HAP dans les viandes cuites dans une friteuse à air chaud, des chercheurs coréens expliquaient que la marinade réduisait leur production en limitant l’exposition directe à la chaleur.

De plus, les sucres présents dans la marinade favoriseraient la rétention d’eau, ce qui diminuerait la température de l’aliment pendant la cuisson. Enfin, certaines marinades contiennent des antioxydants qui pourraient réduire l’activité cancérigène des AH et des HAP.

Plusieurs options de marinade seraient efficaces :

6) Certains modes de cuisson peuvent-ils réduire les risques ?

Bref, pour limiter notre exposition aux substances cancérigènes, il faut baisser la température du feu, réduire le temps de cuisson, éviter les flammes directes et limiter l’exposition à la fumée. Pour cela, on peut précuire certaines viandes (saucisses et côtes levées) avant de les déposer sur le gril, utiliser un bloc de cèdre ou de sel d’Himalaya pour éviter de carboniser ses viandes et ses poissons, saisir la viande puis terminer en mode de cuisson indirecte, ou encore opter pour une cuisson en papillote. En d’autres termes, on évite de les bruler!

Et pourquoi ne pas ajouter quelques légumes à votre repas? Comme le rappelle le site de l’Institut américain de recherche sur le cancer, les ognons, les courgettes, l’aubergine, les poivrons et les tomates contiennent des fibres et des vitamines qui sont bénéfiques pour prévenir le cancer.

Un premier texte sur ce sujet est paru en 2017. Les informations ci-dessus ont été mises à jour par Kathleen Couillard.

Le 1er avril 2026, un homme qui faisait des rénovations sur son terrain à Plaisance, situé sur la côte sud-est de l’île de Terre-Neuve, ne s’attendait pas à ce qu’il allait trouver sous ses pieds : des boulets de canon, vieux de plusieurs centaines d’années. Que faisaient ces objets sur son terrain? 

Ici, tu peux voir un boulet de canon ancien, comme ceux qui ont été retrouvés à Terre-Neuve-et-Labrador! 

Photo : The Portable Antiquities Scheme/ The Trustees of the British Museum – CC BY-SA 4.0

La réponse se cache dans l’histoire de la région. Il y a plus de 300 ans, Plaisance était une colonie française. Des soldats y vivaient et utilisaient des canons pour protéger le territoire. Les boulets qui ont été retrouvés sont comme des souvenirs de cette époque. On les appelle des artéfacts.

C’est quoi, un artefact?

Andréa Shaulis est conservatrice au Musée de la civilisation de Québec. 

Photo : Fournie

«Ce sont des objets qu’on trouve et qui nous renseignent sur le passé», explique Andréa Shaulis, conservatrice au Musée de la civilisation de Québec. 

Et ils peuvent prendre toutes sortes de formes! On peut même en retrouver chez soi. Il peut s’agir, par exemple, de vaisselle, des vieux outils, de vêtements, de photographies ou même de machines anciennes. 

«Les gens ne réalisent pas toujours qu’ils ont des objets intéressants chez eux. Pourtant, des choses qui semblent banales peuvent en dire beaucoup sur notre société, notre histoire et notre manière de vivre», ajoute Andréa.

Que faire si tu découvres un artéfact? 

Si, en creusant ou en explorant ton terrain, tu fais une découverte digne d’un archéologue d’un jour, voici la marche à suivre! 

Tout d’abord, il ne faut pas le déplacer. «La première chose à faire, c’est de s’arrêter», conseille Andréa. 

Ensuite, résiste à la tentation de ramasser l’objet ou de chercher s’il y en a d’autres autour. À la place, prends des photos et note l’endroit exact où tu l’as trouvé.

Pourquoi? Parce que pour les archéologues, l’emplacement d’un objet est souvent aussi important que l’objet lui-même. Les autres objets à proximité et la profondeur à laquelle il a été découvert peuvent fournir de précieux indices sur son histoire.

«Si on manipule ou qu’on creuse davantage, on risque de détruire des informations qui pourraient être utiles», explique l’experte.

La dernière étape? Prévenir les autorités afin que des spécialistes puissent examiner la découverte.

«Quand quelqu’un fait une découverte et la signale, il contribue à faire avancer nos connaissances sur notre histoire», souligne Andréa Shaulis.

Et toi, quel objet aimerais-tu laisser derrière toi pour raconter ton histoire aux gens du futur?

Sources : Le Gaboteur