le Samedi 10 octobre 2026

Selon le professeur titulaire de science politique au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, Frédéric Boily, l’élection de Paul St-Pierre Plamondon aux commandes du gouvernement du Québec n’est «pas forcément» une bonne nouvelle pour les francophones.

Le chef du Parti québécois souhaite tenir un référendum sur la question de la séparation du Québec avec le Canada après le départ du président des États-Unis, Donald Trump.

«Cette élection remet la question du référendum au cœur de la dynamique politique entre le Québec et Ottawa. Du côté des francophones, ça crée davantage d’incertitudes et tout particulièrement, évidemment, pour les francophones albertains, où il y a déjà un processus référendaire en place.»

Frédéric Boily affirme que les questions séparatistes albertaine et québécoise ne sont de toute façon pas «deux mouvements qui marchent de front», et donc, constituent «deux problèmes différents pour le premier ministre canadien».

Il reconnait toutefois que les deux ont une «source commune» : l’unité nationale canadienne.

Comment maintenir l’unité nationale canadienne quand vous avez deux mouvements dans deux régions du pays et qui ont des récriminations qui ne sont pas les mêmes, des griefs qui ne sont pas les mêmes? On ne peut pas apporter une seule et même réponse pour les deux.

— Frédéric Boily, professeur titulaire de science politique au Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta

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Une solidarité, mais peu de place pour les francophones en situation minoritaire

Pour le professeur, «du côté du Parti québécois, on n’est pas contre les francophones vivant à l’extérieur du Québec [mais] on ne s’en préoccupe pas».

Que ce soit pendant la campagne, dans sa plateforme ou dans le Livre bleu sur l’indépendance du Québec, le Parti québécois a peu ou pas parlé de la francophonie canadienne.

En revanche, lors d’une visite en Alberta en septembre 2025, Paul St-Pierre Plamondon avait affirmé en entrevue avec le journal Le Franco que «c’est déjà dans notre programme de soutenir les francophones hors Québec». «Juste par solidarité dans la conception que nous avons la même histoire et les mêmes expériences.»

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Selon lui, le déclin du français au Canada et au Québec est dû à un problème structurel. «J’aime mieux en sortir et devenir un joueur de soutien pour chacune des communautés francophones.»

Paul St-Pierre Plamondon est tout de même très au fait du combat des francophones hors Québec. «C’est un modèle de courage. En même temps, ça devrait réveiller certains Québécois, parce que souvent je trouve que le traitement antifrancophone est intolérable», a-t-il déclaré en entrevue avec Francopresse en mars 2024.

Sans parler de ce que ferait un gouvernement du Parti québécois pour les francophones du Canada en tant que gouvernement provincial, il soutenait qu’«il n’y a pas mal plus de possibilités si le Québec se donne l’entièreté des pouvoirs et commence une diplomatie très active dans chaque province au soutien des francophones, qu’il y a des possibilités dans la posture de déclin et de défense dans laquelle le Québec se trouve en ce moment».

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Les organismes francophones utilisent les fils de l’Histoire pour appeler à la collaboration

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada espère de son côté que, comme dans le passé, le premier ministre québécois travaillera de près avec la francophonie canadienne pour la défense du français.

«Historiquement, la FCFA a eu d’excellentes collaborations avec les gouvernements péquistes. C’est notamment le gouvernement de Jacques Parizeau qui a lancé en 1995 la première Politique du Québec à l’égard des communautés francophones et acadiennes.»

— Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne, dans un communiqué

La FCFA ajoute déjà entretenir de bonnes relations avec le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon.

Pour la question de la souveraineté du Québec, Liane Roy dit que le choix appartient aux Québécoises et aux Québécois. «Mais il y a un espace où on peut faire front commun, à 11 millions de personnes parlant le français, et je souhaite sincèrement que nos relations se bâtissent dans cet espace.»

De leur côté, la Société Nationale de l’Acadie (SNA) et la Coalition des organisations acadiennes du Québec (COAQ) appellent le nouveau gouvernement québécois à poursuivre dans la voie de la collaboration.

«L’histoire acadienne fait partie intégrante de l’histoire de la nation québécoise. La présence des Acadiens sur les plaines d’Abraham et leur participation à la révolte des Patriotes en témoignent. Il est important que cette contribution soit davantage reconnue et enseignée aux nouvelles générations. La COAQ souhaite poursuivre ce travail avec le gouvernement du Québec», affirme Marc Thériault, président de la COAQ, par voie de communiqué.

Unité économique

Le Réseau de développement économique et d’employabilité du Canada (RDÉE Canada) entend profiter de l’occasion pour rappeler que la francophonie canadienne est également une force économique que le gouvernement québécois doit prendre en compte.

«Juste leur dire qu’il y a 116 000 entreprises francophones à l’extérieur du Québec, que la majorité de celles-ci sont bilingues, ça peut ouvrir des opportunités, un fait que beaucoup de gens ignorent.»

— Yan Plante, directeur général du RDÉE Canada, en entrevue avec Francopresse

«Nous sommes d’avis, comme réseau national, que la meilleure circulation des biens et services, de la main-d’œuvre au sein du Canada, c’est dans l’intérêt supérieur du pays, de la francophonie canadienne et, à nos yeux, ça inclut la francophonie québécoise.»

FRANCOPHONIE

Dans son rapport annuel 2025-2026, la nouvelle commissaire aux langues officielles, Kelly Burke, présente deux recommandations.

La première : que la formation sur les responsabilités linguistiques des gestionnaires fédéraux devienne obligatoire d’ici mars 2028, pour contrer la tendance de certains cadres à s’exprimer presque uniquement en anglais.

Kelly Burke demande d’intégrer une lentille francophone à la stratégie fédérale sur l’intelligence artificielle afin que les outils offerts aux fonctionnaires fonctionnent aussi bien en français qu’en anglais et que leurs biais linguistiques soient reconnus.

Plaintes envers Air Canada : Le rapport fait état d’un total de 4110 plaintes en 2025-2026, dont plus de la moitié concernent les services au public au Québec. Plus de 2300 de ces plaintes déposées au Québec visent Air Canada. L’année 2026 devient la seconde année où les plaintes ont explosé en raison de l’ex-PDG de la compagnie aérienne, Michael Rousseau.

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Parmi ses recommandations pour le projet de règlement sur la désignation des régions bilingues, la présidente de la FCFA Liane Roy propose l’imposition des services en français en cas d’urgence dans les transports et la révision du règlement aux 5 ans pour suivre l’évolution démographique au pays. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Au Comité sénatorial permanent des langues officielles, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a plaidé pour que Patrimoine canadien inclue «l’aire de diffusion» pour calculer les régions à forte présence francophone pour la langue de travail, en ce qui a trait à l’application de la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétences fédérales (LUFEP).

L’aire de diffusion représenterait une unité de recensement afin de mieux cibler et protéger les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Cette démarche viserait à optimiser l’identification des données démographiques francophones grâce à des maillages géographiques plus précis.

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La FCFA s’appuie notamment sur une étude d’impact de Patrimoine canadien parue le 18 juillet.

«La règlementation changera peu les habitudes hors Québec et ne devrait pas bouleverser la règlementation des entreprises privées. […] Le régime sera financièrement rentable dans l’année», a relayé Liane Roy, par rapport à cette étude, devant les sénateurs.

Selon la FCFA, la désignation des régions à forte présence francophone présentée par Patrimoine canadien dans son avant-projet de règlement «exclut une masse critique de francophones et de régions rurales et isolées. Il n’y a pas de spécificité des communautés, même si la Loi le prévoit. Le seul poids démographique des francophones ne peut suffire comme critère.»

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Le Comité permanent de la science et recherche se penchait mardi sur le rapport du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français.

Le sous-ministre adjoint au ministère de l’ Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Nipun Vats, avait été invité à comparaitre. Sous les questions du député du Bloc québécois Maxime Blachette-Joncas, le fonctionnaire a fini par reconnaitre que la lentille francophone n’avait pas été prise en compte dans la distribution des fonds à la recherche aux établissements universitaires, et notamment dans la représentation des chaires francophones au Canada.

Il a tenté d’expliquer l’attribution avec des critères qui ne relèvent pas de la langue, comme l’admissibilité aux fonds de recherche. La réponse n’a pas convaincu les membres du comité qui l’ont poussé à étayer sa réponse par écrit d’ici 15 jours.

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CANADA

Mercredi, les ministres fédéraux de la Justice, Sean Fraser et de la Santé, Marjorie Michel, ont annoncé qu’ils maintiendront l’exclusion de l’aide médicale à mourir pour les demandes en cas de maladie mentale à partir de mars 2027.

Le ministre de la Justice Sean Fraser prévoit exclure les cas de maladie mentale des demandes d’admission d’aide médicale à mourir. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Le gouvernement fédéral déposera cet automne un projet de loi pour maintenir cette exclusion pour une durée indéterminée, alors qu’elle devait prendre fin en mars.

Il suit ainsi la recommandation d’un comité de députés et de sénateurs, qui jugeait impossible de déterminer de façon fiable si une maladie mentale est irrémédiable. Les difficultés d’accès aux services de santé mentale dans plusieurs régions ont aussi été soulignées.

Le même projet de loi décriminalisera les demandes anticipées pour les personnes atteintes d’une maladie dégénérative et qui risquent de perdre leur capacité à consentir à recevoir l’aide médicale à mourir.

Mercredi, le président du Secrétariat du Conseil du Trésor, Shafqat Ali, a déposé le projet de loi S-7, Loi sur la réduction du fardeau administratif pour tous les Canadiens, qui vise à éliminer les fardeaux règlementaires que le gouvernement juge inutiles.

Ce projet de loi entrainerait des modifications ciblées pour 31 lois et règlements connexes, relevant de 11 ministères et organismes fédéraux. Aux premiers rangs : Santé; Agriculture; Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDE); Environnement et changement climatique Canada (ECCC); Justice, Transports; et Ressources naturelles.

Issu de l’Examen du fardeau administratif lancé l’an dernier, le projet de loi vise à créer un système de règlementation plus agile et sera suivi de nouveaux projets de loi présentés périodiquement, à partir de la rétroaction des parties intéressées et d’un examen continu des exigences règlementaires.

Maintien des protections, dit Ottawa : Le gouvernement cherche à faire économiser du temps et de l’argent à la population et aux entreprises en simplifiant les processus, en évitant les chevauchements, en favorisant l’innovation et en accélérant la prise de décisions, tout en maintenant les protections importantes en matière de santé, de sécurité et d’environnement, a fait valoir Shafqat Ali, jeudi en conférence de presse.

Mark Carney a annoncé un investissement de 2 milliards de dollars pour des rénovations écoénergétiques de résidences et de logements. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Le premier ministre Mark Carney a annoncé jeudi à Sherbrooke un investissement de 2 milliards de dollars pour la rénovation écoénergétique d’un million de logements au pays. Le but est de réduire les frais de chauffage et les émissions de gaz à effet de serre.

Rabais et rénovations : Le plan comporte deux volets. Le premier est un nouveau Programme national de rabais pour les thermopompes, destiné à aider jusqu’à 820 000 ménages dont le revenu est inférieur au revenu médian pourront recevoir jusqu’à 10 000 $. Les autres pourront recevoir 2000 $. Ces montants étant cumulables avec les programmes provinciaux.

Les demandes pourraient, selon Ottawa, être approuvées en 24 heures pour permettre une installation aussi rapide que celle d’une chaudière.

Le second volet, mené avec la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) et la Banque de l’infrastructure du Canada, vise à soutenir les propriétaires d’immeuble dans la rénovation de 280 000 logements en immeubles d’ici huit ans.

Vingt-cinq mégatonnes d’émissions de gaz à effet de serre en moins : L’ensemble des mesures devrait réduire les émissions canadiennes de plus de 25 mégatonnes, dit Ottawa, soit l’équivalent d’environ 8,5 millions de voitures retirées de la route pendant un an.

Contrer la tendance «préoccupante» de l’unilinguisme anglophone…

Dans l’une de ses deux recommandations, la commissaire dit vouloir éviter une tendance vers l’unilinguisme dans les services au public et dans la langue de travail de la fonction publique.

Elle enjoint le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada à rendre la formation sur les responsabilités des gestionnaires de la fonction publique en lien avec les langues officielles obligatoire d’ici le 31 mars 2028. Cette formation est donnée par l’École de la fonction publique du Canada.

Une manière d’éviter cette «tendance préoccupante de fonctionnaires représentant des institutions fédérales qui prennent publiquement la parole uniquement ou majoritairement dans une seule des deux langues officielles», indique la commissaire dans le rapport.

«Il s’agit pourtant de chefs de file qui ont la responsabilité de promouvoir un milieu de travail bilingue et propice à l’usage des deux langues officielles», peut-on lire.

Sans l’évoquer, c’est l’unilinguisme anglophone qui est ici visé. La commissaire demande aux responsables à «promouvoir un milieu de travail bilingue», en rappelant que l’unilinguisme des personnes dans les postes d’autorité donne un «mauvais exemple» au personnel.

… par la formation

Le rapport souligne que 73 plaintes ont été recensées pour l’année 2025-2026 en lien avec les formations pour les fonctionnaires. L’accès inégal à la formation en français pour le personnel des institutions fédérales est pointé comme un irritant. Il y aurait un manque de ressources disponibles dans cette langue et une qualité et une fréquence parfois inférieures à celles offertes en anglais.

La langue choisie par l’employé dans les régions désignées bilingues en vertu de la Loi sur les langues officielles (LLO) n’est pas toujours respectée, notamment dans les outils de travail ou la supervision.

Il faut aussi mieux encadrer la conception des formations, exprime le rapport. Celles créées dans des régions unilingues et déployées à l’échelle nationale sont rarement traduites ou offertes dans l’autre langue.

Ces lacunes peuvent avoir des conséquences négatives sur les employés, comme «freiner son rendement, provoquer son exclusion ou créer une insécurité linguistique».

Des plaintes au sujet de séances d’information, de présentations ou de discours livrés entièrement dans une seule des deux langues officielles par des fonctionnaires représentant des institutions fédérales assujetties à la Loi ont été recensées. La présence écrasante de l’anglais dans des comités interministériels également.

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Considérant la constance des manquements liés aux droits et obligations en matière de langue de travail au fil des ans, force est de constater qu’il est grand temps que la formation à ce sujet devienne obligatoire pour les fonctionnaires en situation de leadeurship […]»,

— Rapport de la commissaire aux langues officielles

Intégrer une lentille «langues officielles» dans l’utilisation de l’IA

Les autres recommandations concernent l’intelligence artificielle (IA). Il y a un biais linguistique qui découle de cet outil, dénonce la commissaire aux langues officielles dans son rapport.

«[…L]es fonctionnaires fédéraux ont besoin de technologies qui fonctionnent dans les deux langues simultanément et de façon uniforme. De plus, ils ont besoin de formation pour apprendre à déceler les biais culturels linguistiques que peuvent entrainer les outils d’intelligence artificielle», affirme Kelly Burke, dans sa première recommandation.

Elle déplore notamment que le Guide sur l’utilisation de l’intelligence artificielle générative du Secrétariat du Conseil du Trésor ne fournisse pas de méthode pour remédier à ces biais, «qui pourraient représenter de manière disproportionnée les perspectives anglophones au détriment des perspectives francophones».

Kelly Burke et son équipe proposent au gouvernement fédéral d’adapter tout outil d’intelligence artificielle qu’il acquiert et de «proposer des interfaces et fonctionnalités d’égale convivialité en français et en anglais» aux fonctionnaires.

En outre, la Loi sur les langues officielles modernisée en 2023 devrait figurer dans la liste des lois qui touche de près ou de loin la Stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle du Canada : L’IA pour tous lancée le 4 juin 2026.

Amendes délivrées par le commissariat : désaccord avec Patrimoine canadien

Le rapport fait état d’un autre point d’accroche majeur : l’exclusion de certaines entités qui devraient, selon la commissaire, recevoir des sanctions administratives pécuniaires.

Depuis la publication de l’avant-projet de règlement sur les sanctions administratives pécuniaires qui encadre un nouveau pouvoir du Commissariat aux langues officielles, la commissaire plaide pour que ces amendes visent les autorités portuaires, les autorités aéroportuaires et l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien.

«Patrimoine canadien croit que cette institution ne devrait pas être sujette à l’émission de sanctions puisqu’il s’agit d’une société d’État entièrement financée par des crédits parlementaires, mais le Commissariat n’est pas d’accord avec cette logique. L’inclusion de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien encouragerait une meilleure conformité de sa part ainsi que le respect des obligations prévues par la Loi», plaide le rapport.

La commissaire écrit également qu’elle attend toujours du ministère qu’il revoie sa position sur l’allègement du processus de procès-verbal d’une sanction administrative pécuniaire. Elle qualifie pourtant de «simple et direct» d’autres règlements de même nature dans l’appareil gouvernemental.

Elle rappelle que les deux comités permanents des langues officielles, à la Chambre et au Sénat, appuient sa vision.

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Top 2 des plaintes en 10 ans

Sur un total de 4110 plaintes déposées auprès du Commissariat aux langues officielles en 2025-2026, 2493 ont été déposées par rapport aux services au public dans les deux langues officielles au Québec.

Cette province est largement en tête du nombre de plaintes. Arrive ensuite la région de la capitale nationale, Ottawa, avec 316 plaintes.

Selon les données du rapport, l’année 2025-2026 est la seconde année où il y a eu le plus de plaintes visant notamment la même entité et le même homme : Air Canada et Michael Rousseau, désormais ex-PDG de la compagnie aérienne.

L’année 2021 conserve la première place sur le podium. Cette année-là, il avait affirmé avoir «été capable de vivre à Montréal sans parler français» et que c’était «tout à l’honneur de Montréal», après un discours uniquement en anglais à la Chambre de commerce de Montréal.

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Le nouveau pouvoir de médiation de la commissaire : un échec?

L’un des nouveaux pouvoirs accordés par la Loi sur les langues officielles au Commissariat est d’utiliser la médiation, un processus qui permet à la personne plaignante et à l’institution fédérale concernée de chercher ensemble une solution à une plainte linguistique, avec l’aide d’une personne du Commissariat. Une manière d’éviter les solutions coercitives.

Si le Commissariat reconnait que les personnes qui déposent des plaintes «manifestent généralement peu d’intérêt pour la médiation», ce n’est «pas un échec», réfute Kelly Burke, en conférence de presse lors du dévoilement du rapport. La commissaire rappelle que sur les 16 plaintes soumises à ce processus au 31 mars 2026, 8 ont été réglées malgré tout. Elle et son équipe sont en train d’améliorer le processus, affirme-t-elle. 

«Un grand nombre d’entre elles déposent une plainte uniquement dans le but de dénoncer une violation de la Loi, et ne souhaitent pas s’impliquer dans le traitement de la plainte», précise le rapport.

La crainte de dévoiler son identité pour les employés, par crainte de représailles, et la structure de certaines institutions qui rend la médiation compliquée font partie des obstacles que rencontre le Commissariat dans l’application de ce nouveau pouvoir.

Le projet d’une Maison de la francophonie à Iqaluit a été abordé à plus d’une reprise lors de l’assemblée générale annuelle de l’AFN, le 29 septembre. Le retour sur l’exercice 2025-2026 a aussi été l’occasion de parler de ce qui s’en vient.

L’Association «recherche activement» du financement pour la construction d’un nouvel édifice multifonctionnel. Il contiendrait des bureaux, des salles de réunion, des salles pour des évènements, une garderie, mais aussi des logements pour augmenter l’offre dans la ville où la pénurie empêche des personnes embauchées de venir travailler.

«On dépense beaucoup dans l’entretien [de l’actuel Franco-Centre] et nos employés sont tellement à l’étroit», souligne le président du conseil d’administration de l’AFN, Goump Djalogue, lors de l’assemblée.

Le bâtiment qui abrite le Franco-Centre a été construit il y a plus de 80 ans. 

Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix

Un bâtiment qui date de la Seconde guerre mondiale

En entrevue avec Francopresse le lendemain, le directeur général, Christian Ouaka, explique que le bâtiment qui abrite le Franco-Centre date de la Seconde Guerre mondiale et que son état ne permet pas d’envisager un agrandissement.

«Nous avons lancé un nouveau projet de construction d’une Maison de la francophonie. Nous avons fait plusieurs études qui ont prouvé la faisabilité du projet et ont évalué certains couts.»

D’ailleurs, le 2 octobre, l’AFN a publié un appel d’offres pour obtenir un plan d’affaires, des dessins architecturaux préliminaires et une estimation des couts de construction et d’opération qui tiennent compte de la réalité d’Iqaluit.

Avec les investissements en défense annoncés dans le nord du Canada par le gouvernement fédéral, la population d’Iqaluit est appelée à augmenter, y compris le nombre de francophones, donc les besoins de l’AFN également, souligne Christian Ouaka.

Tout ce qui manque pour l’instant, c’est une réponse favorable des gouvernements. La conjoncture politique est favorable, croit Goump Djalogue, en raison de l’importance que prend la francophonie comme caractéristique distinctive du Canada.

Ce climat favorable à la francophonie donnera également l’occasion à l’AFN de poursuivre ses revendications pour que les paliers de gouvernement respectent davantage la Loi sur les langues officielles du Nunavut – qui inclut le français.

Les communications des instances gouvernementales ne sont pas toujours traduites, rapporte Goump Djalogue. «Certains organismes considèrent la traduction en français de certaines communications comme facultative.»

«Au Nunavut, il n’y a pas d’espace disponible même pour envisager une location ou un rachat», explique Christian Ouaka pour justifier la construction d’une Maison de la francophonie à Iqaluit. 

Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix

Nouveaux services en demande

Ouverte l’année précédente, la Clinique d’aide juridique et d’aide à la déclaration d’impôt de l’AFN a connu du succès en 2025-2026 avec une augmentation des 102 % du nombre de bénéficiaires, peut-on lire dans le rapport annuel. Une montée tout aussi importante est attendue pour l’année en cours.

Pour Christian Ouaka, ce succès démontre «la pertinence de l’offre de service de proximité en français».

Lors de l’assemblée générale annuelle précédente, l’intégration du Théâtre Uiviit dans l’AFN avait dominé les discussions. Christian Ouaka indique que la transition s’est poursuivie et que le Théâtre est maintenant «l’entité de présentation des activités culturelles» de l’Association.

Les membres ont exprimé leur désir que le Théâtre Uiviit soit encore plus actif dans l’organisation et la pérennisation de la vie culturelle francophone du territoire. «On essaie de travailler là-dessus», assure Christian Ouaka, mais le financement disponible pour ce genre d’activités est plus rare.

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Santé financière

La multiplication des projets et des services a aussi apporté du financement supplémentaire. L’AFN termine l’année avec un léger surplus de près de 3 000 $ sur son budget de 3,3 millions de dollars et une réserve de plus de 500 000 $.

Le poste de dépense le plus important demeure les salaires, ceux des consultants et des honoraires professionnels ont connu les plus fortes augmentations. Dans le cas des consultants, les frais sont passés de 683 000 $ en 2024-2025 à 839 000 $ en 2025-2026.

Christian Ouaka a expliqué à l’assemblée que la nature des projets financés par les subventions exigeait de faire déplacer des spécialistes, ce qui entraine une augmentation des couts. La taille de l’organisme a également fait monter les frais de tenus de livre.

Du côté des revenus autonomes, la vente de services est passée de 204 000 $ à 177 000 $. Cette diminution est principalement attribuable à la baisse des achats de publicités dans les médias qui font partie de l’offre de services de l’AFN : le journal Le Nunavoix et la radio CFRT 107.3 FM. «Le gouvernement du Nunavut a fait des coupures cette année», justifie Christian Ouaka.

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«Une chose qui manque c’est un service d’accueil», dit Goumpe Djalogue (à droite). Un service qui guiderait les francophones qui arrivent à Iqaluit et qui les dirigerait vers les services dont ils ont besoin. «Nous travaillons d’arrachepied avec le gouvernement du Nunavut.». 

Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix

«Vivre ensemble»

Les discussions entamées l’année précédente avec Nunavut Tunngavik Inc. (NTI) ont peu avancées en raison de changements à la gouvernance de l’association de représentation inuite. Goump Djalogue affirme que le désir de collaborer est toujours présent et que les discussions, qui n’ont jamais totalement cessé, reprendront.

L’objectif est de créer davantage de collaboration entre les communautés inuite et francophone pour «construire un vivre ensemble» et défendre les langues officielles.

«Nul ne peut refuser d’admettre que, de temps à autre, il y a des questions d’harmonie entre les deux communautés et c’est ensemble que […] nous allons éliminer certaines des distances», a expliqué Goump Djalogue lors de l’assemblée générale.

Christian Ouaka confirme en entrevue que des questions sur la présence du français au Nunavut peuvent parfois être exprimées dans la communauté inuite, mais elles ne sont pas la norme. Au contraire, il croit que les deux communautés «ont beaucoup plus de similitudes» qu’on ne le pense.

La défense des langues, la promotion et la pérennité des deux cultures sont des exemples. «Il faut travailler ensemble pour atteindre nos objectifs.»

Une participante a rappelé qu’il n’y avait toujours pas de représentation inuite francophone au sein de l’AFN et que le besoin de tisser des liens était soulevé depuis plusieurs années.

L’assemblée a également suggéré de mieux cerner ce que l’AFN considère être la définition d’une personne francophone.

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De nombreuses personnes âgées sont hautement qualifiées, éprouvent de la curiosité à l’égard des technologies émergentes et sont désireuses d’en savoir plus sur l’IA ; elles s’intéressent au potentiel que celle-ci représente pour notre société. Toutefois, des études montrent que de nombreux employeurs continuent de croire que les employés âgés maîtrisent mal les outils technologiques.

Par conséquent, les personnes âgées voient souvent des occasions d’emploi leur échapper ou ne sont pas prises en considération pour des promotions, même lorsqu’elles possèdent les compétences, la formation et l’expertise requises.

L’industrie de l’IA constitue un bon exemple à cet égard. Plutôt que de refléter toute la diversité des utilisateurs potentiels, son personnel est principalement composé de jeunes hommes. Elle risque donc de concevoir des applications et des outils qui reproduisent les préjugés propres à cette catégorie démographique.

Selon un nombre croissant d’études, les personnes âgées sont systématiquement sous-représentées dans les processus de développement des modèles d’IA. Cette lacune rend ces systèmes moins efficaces lorsqu’il s’agit de reconnaître les besoins ou les préférences des utilisateurs âgés et d’y répondre.

Par exemple, une étude portant sur les images générées par l’IA a révélé que les photos de personnes âgées sont systématiquement moins lumineuses et moins nettes que celles où l’on voit des jeunes.

Des expériences vécues du vieillissement

À l’Université Concordia, nous venons de terminer un projet d’engagement communautaire d’une durée d’un an qui a consisté à recueillir les points de vue et les réflexions de personnes âgées sur l’avenir du vieillissement à l’ère de l’IA. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une recherche interdisciplinaire collaborative plus vaste dans le domaine de l’IA menée à Concordia.

Selon nos résultats préliminaires, les personnes âgées craignent que les outils d’IA axés sur le vieillissement — tels que la détection des chutes ou les dispositifs de surveillance cognitive — soient conçus par de jeunes développeurs qui considèrent le vieillissement comme un phénomène à traiter ou à gérer, voire à prévenir.

L’industrie de la santé et du mieux-être, en particulier, met au point de nouvelles applications et de nouveaux outils d’IA à un rythme effréné — et de plus en plus de ces outils sont conçus en fonction des personnes âgées, des corps vieillissants et des personnes aidantes. Si bon nombre de ces outils offrent des avantages tels que le diagnostic précoce des maladies, le suivi des symptômes et la promotion de la santé, ils ne sont pas sans présenter des inconvénients d’ordre pratique et éthique.

La qualité des soins et la transparence sont primordiales. Selon une étude récente sur le recours à l’IA pour la prise de décision en matière de soins de santé, certaines personnes âgées sont sceptiques quant à la capacité de cette technologie à comprendre des besoins complexes liés aux soins et préfèrent généralement l’interaction humaine à celle avec l’IA.

Les personnes âgées participant à cette étude étaient également fermement convaincues que le recours à l’IA devrait être transparent et reposer sur un consentement éclairé. En d’autres termes, ces personnes souhaitent décider elles-mêmes quand et où elles interagissent avec l’IA.

Les participantes et participants à notre projet d’engagement communautaire ont formulé des préoccupations similaires. Plusieurs membres âgés de la communauté ont souligné l’importance de la transparence pour tout ce qui touche l’IA. Certains ont même donné des exemples de situations où ils avaient interagi avec des agents conversationnels intelligents, notamment pour obtenir de l’aide en matière de services bancaires en ligne, en croyant échanger avec une personne réelle.

Ils estiment que leurs expériences vécues du vieillissement ainsi que leurs points de vue uniques ne font pas partie des données utilisées pour entraîner les nouveaux outils d’IA. Leurs réalités ne sont pas non plus prises en compte au départ pour déterminer quels types d’outils d’IA sont développés.

Devant ces faits, une question s’impose : qui prend les décisions en matière d’IA, et pour qui ?

Fraudes par IA ciblant les personnes âgées

Bon nombre de nos participantes et participants ont mentionné la fraude comme un excellent exemple de ce déséquilibre.

Les fraudes par IA ciblent souvent les personnes âgées, en partie parce qu’elles sont considérées comme plus portées à faire confiance aux gens que les jeunes adultes.

Récemment, par exemple, un faux article de la CBC s’est mis à circuler dans les médias sociaux. Sur les photos accompagnant l’article, on voyait la journaliste canadienne Adrienne Arsenault interviewer le magnat de l’industrie alimentaire Galen Weston Jr., qui semblait quitter précipitamment les lieux au beau milieu de l’échange. Or, cet événement n’a jamais eu lieu. Les images ont été générées par l’IA et la frauduleuse nouvelle visait à escroquer le public en faisant la promotion d’une fausse plate-forme d’investissement.

Certaines personnes ayant participé à notre dialogue ont suggéré que l’IA elle-même pourrait être conçue pour aider les gens à repérer ce type de fraude avant qu’elle ne se produise. Ils ont également fait remarquer que personne ne leur avait demandé leur avis sur la manière de lutter contre la fraude, alors qu’ils en sont les principales victimes.

Conçu avec, et non pour, les personnes âgées

Ce que demandent les aînés n’a rien de compliqué. Ils veulent avoir leur mot à dire sur le type d’IA qui est développée, sur les données utilisées pour l’entraîner et sur la manière dont elle est régie.

Ils souhaitent disposer de moyens accessibles pour acquérir des compétences en matière d’IA, idéalement par l’intermédiaire d’organismes auxquels ils font déjà confiance, comme les groupes communautaires et les écoles. Plusieurs personnes ont suggéré des cours de courte durée offerts dans les bibliothèques plutôt que de nouvelles applications à télécharger, estimant que l’apprentissage en personne serait plus efficace.

Plusieurs bibliothèques publiques, dont la Bibliothèque de Toronto, offrent déjà des programmes d’initiation à l’IA parallèlement à leurs cours habituels sur les compétences numériques.

Les participantes et participants ont également exprimé leur malaise et leur inquiétude devant la situation que vivent d’autres groupes de la population : ils craignent que les artistes ne perdent le contrôle de leur travail au profit de l’IA générative, et souhaitent que les gens de tous âges (et pas seulement les aînés) puissent parfois simplement « rester en mode analogique ».

La question n’est pas vraiment de savoir si les aînés peuvent suivre le rythme de l’évolution de l’IA. Bon nombre d’entre eux s’y efforcent. Il s’agit plutôt de savoir si les personnes qui conçoivent, entraînent et régissent ces systèmes sont disposées à les concevoir en collaboration avec les aînés, plutôt que de les développer pour eux.

Les aînés souhaitent avoir leur mot à dire sur l’avenir de l’IA.

La Journée de la citrouille d’Edmundston existe depuis 28 ans. Elle a lieu chaque année pendant la dernière fin de semaine de septembre. 

Cette année, c’est Gail Ebbett, qui a gagné la compétition. Sa citrouille pesait près de 950 livres. C’est presque aussi lourd qu’un grizzli! Le plus drôle dans tout cela? Durant la compétition, Gail avait un adversaire très particulier : son mari!  

Eh oui! Charles Ebbett participait lui aussi au concours, avec une citrouille de 710,5 livres. Et ce n’est pas la première fois que le couple s’affronte pour la première place. En 2023, Gail avait déjà remporté le concours, devant son mari!

Mais la belle cucurbitacée (c’est la famille de plantes des citrouilles!) de Gail est encore loin du record de l’événement. En 2024, une citrouille de 1589 livres avait remporté les honneurs!

Même si tout le monde peut participer à la Journée de la citrouille d’Edmundston, faire pousser une citrouille géante n’est pas si facile. Il faut beaucoup d’espace, de soleil et de bonnes conditions météo. Cette année, par exemple, le début de l’été plus froid a rendu la tâche un peu plus difficile pour les agriculteurs d’Edmundston.  

 Et toi, que ferais-tu avec une aussi grosse citrouille? 

 Source : Acadie Nouvelle

Frédérick Lavoie, journaliste et auteur, aime fusionner journalisme et littérature. Laisse-le te raconter un véritable récit à la manière d’un conte. Parfois, la réalité surpasse l’imaginaire!

Ce livre s’intitule C’était ça ou mourir. Il raconte l’histoire de Jonas, un professeur d’histoire et de géographie qui, un jour, a décidé de fuir son pays, Haïti. Car Jonas était désespéré. Il ne voyait plus que deux choix devant lui : rester dans son pays et risquer à tout moment d’être tué par des criminels qui y faisaient régner la violence, ou entreprendre un périlleux voyage pour trouver un endroit où il ferait mieux vivre sur cette planète.

Jonas est un personnage de fiction, c’est-à-dire un personnage imaginaire. Mais plusieurs personnes ont été très touchées par son histoire, car elle ressemblait à celle de millions de migrants à travers le monde, forcés de quitter leur pays. 

L’auteur du livre s’appelle Thélyson. Il n’a pas vécu exactement les mêmes souffrances que son personnage Jonas. Mais il a lui aussi un jour décidé de partir d’Haïti pour s’installer au Québec. Il connaît la douleur de laisser son pays et sa famille derrière pour refaire sa vie ailleurs.

Son livre a été un succès instantané. Tellement qu’il courait la chance de remporter plusieurs prix littéraires très importants.

Lui, Thélyson, l’écrivain inconnu venu de loin, était sur le point de rafler tous les honneurs! À lui la gloire!

Mais c’est alors qu’une accusation est venue tout chambouler 

Sur un réseau social, un compte anonyme a affirmé que Thélyson n’était pas le véritable auteur de C’était ça ou mourir. Ce livre aurait plutôt été presque entièrement écrit par… un robot. Selon les personnes derrière ce compte, Thélyson aurait utilisé l’intelligence artificielle générative pour écrire le livre à sa place.

Mais sur quoi se basent-elles pour affirmer cela? Sur les résultats de tests effectués avec un logiciel, qui prétend pouvoir détecter les textes écrits par l’intelligence artificielle. Quand elles lui ont soumis C’était ça ou mourir, le logiciel a été catégorique : le véritable auteur du roman était un robot.

Mais Thélyson rejette férocement cette accusation. Il assure avoir écrit lui-même chacune des phrases de son roman. 

C’est donc sa parole contre celle… du logiciel de détection. Car aucun des deux ne peut prouver hors de tout doute qu’elle dit la vérité.

Certaines personnes croient Thélyson, d’autres se fient plutôt au logiciel. Mais une chose est certaine : canette controverse a soulevé de nombreuses questions très importantes en ce moment, alors que l’intelligence artificielle est en train de prendre de plus en plus de place dans la vie des humains.

Si ce roman qui a touché tant de gens, incluant les membres du jury de plusieurs prix littéraires, a été généré par un outil d’intelligence artificielle, cela veut-il dire que les robots savent désormais mieux raconter les histoires humaines que les humains eux-mêmes? 

Si Thélyson a écrit son livre lui-même comme il le dit, comment peut-il convaincre les humains qu’il est victime d’une injustice de la part d’un logiciel qui ne réfléchit que par calculs mathématiques? 

Qui croire? Quoi croire?

Le lendemain de cette première accusation, d’autres informations sont toutefois venues compliquer la défense de Thélyson. Des journalistes ont en effet révélé que des années avant l’apparition de l’intelligence artificielle générative, Thélyson avait plagié des articles et des poèmes d’autres humains. Et cette fois, les preuves étaient très solides et impossibles à contester. Les textes signés par Thélyson étaient pratiquement identiques à d’autres, publiés en anglais ou en espagnol… mais avant les siens. 

Cela ne prouvait pas qu’il avait fait écrire son roman par l’intelligence artificielle. Mais dans le doute, un grand prix a tout de même décidé d’enlever le livre de Thélyson de sa liste de finalistes. Et un salon du livre où il devait être l’invité d’honneur lui a retiré son invitation. 

Pendant que cette controverse continue de faire rage, de nombreux lecteurs et lectrices continuent cependant de lire C’était ça ou mourir et d’être émus par la force et la beauté de ce texte très… humain.

Cette histoire est bien vraie! La semaine dernière, l’auteur québéco-haïtien Thélyson Orélien a été accusé d’avoir utilisé un outil d’intelligence artificielle pour écrire son roman C’était ça ou mourir, publié en mars 2026. Le jury du Prix Goncourt, le plus important prix littéraire en France, l’a exclu des finalistes. Thélyson Orélien continue quant à lui de clamer son innocence et le livre demeure disponible sur les tablettes des librairies.

Et toi, utilises-tu parfois l’intelligence artificielle pour écrire?

«Les jeunes sont tellement fiers de s’amuser en français, puis de juste sentir qu’ils ont le droit d’avoir leur francophonie à eux», témoigne Micheline Marchildon. L’humoriste et comédienne franco-manitobaine a déjà animé plusieurs formations en humour avec des jeunes de sa province.

Micheline Marchildon a été formatrice en humour auprès de jeunes franco-manitobains. 

Photo : Marcel Druwé

«C’est vraiment une façon positive de créer un attachement à la langue.» Selon elle, l’humour permet de créer un «espace sécuritaire», où chacun et chacune peut s’exprimer à sa façon, sans être réprimandé.

Un peu partout au pays, différentes initiatives permettent aux jeunes francophones en situation minoritaire de se frotter à l’art de l’humour, que ce soit sur scène, à l’école ou dans des camps dédiés.

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«Ils quittent avec des ailes»

Micheline Marchildon évoque le Camp Foud’Rire, au Manitoba, où chaque année, des jeunes apprennent pendant quatre jours à faire du standup et présenter un numéro.

«C’est vraiment comme un baptême de feu. Ils arrivent là avec la queue entre les jambes, puis ils quittent avec des ailes», se réjouit l’artiste. S’en suit une tournée à travers la province.

En Ontario, le Concours LOL-Mort de rire, lancé par l’Association canadienne-française de l’Ontario, Stormont, Dundas et Glengarry (ACFO SDG), fait monter des jeunes sur scène depuis 2014.

Son objectif : «Non seulement leur donner la chance de s’exprimer en français, mais aussi de découvrir le gout de parler en français par le biais de l’humour», explique le directeur du développement jeunesse à l’ACFO SDG, Justin Chénier.

L’initiative comporte plusieurs volets, avec tout d’abord une compétition pancanadienne où des jeunes âgés de 12 et 18 ans présentent des numéros d’humour à travers l’Ontario.

De la scène à la salle de classe

Depuis 2018, LOL-Mort de rire! offre aux enseignants des formations scolaires clé en main sur l’humour pour les élèves de 10 à 18 ans, «beaucoup plus basé sur l’humour en général» que sur la simple écriture de numéro de standup, détaille Justin Chénier.

Pour Justin Chénier, l’humour permet d’abord aux jeunes d’oser prendre la parole en français. 

Photo : Courtoisie

Elles s’adressent à n’importe quel enseignant «intéressé de faire découvrir l’humour pour leurs jeunes» : «Ça se mélange bien avec les cours de français, on peut explorer le module de la blague, les figures de style ou les cours d’art dramatique.»

«Ça a été un énorme succès. Les jeunes accrochaient, les enseignants accrochaient, puis il y avait un bel amalgame avec le curriculum», se félicite le responsable. D’anciens participants du concours font désormais partie de la relève et donnent eux-mêmes ces formations à la nouvelle génération.

En marge de LOL-Mort de rire, l’ACFO SDG organise aussi un forum à Cornwall une fois par an, avec une semaine de formation intensive en humour se clôturant par un spectacle.

«On a fait des tournées à l’extérieur de l’Ontario, que ce soit au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse», ajoute Justin Chénier.

Les membres du collectif franco-ontarien Improtéine proposent eux aussi des ateliers d’improvisation dans les écoles à travers le pays.

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Pas juste faire rire

L’objectif n’est pas forcément de former des humoristes professionnels, mais aussi des jeunes qui osent prendre la parole en français, remarque Justin Chénier. Théâtre, impro, radio, animation : la relève ne se destine pas nécessairement au standup.

Pour lui, le Concours LOL-Mort de rire permet aux jeunes de «se découvrir en tant que personne», de rencontrer d’autres gens et d’apprendre à s’exprimer devant les autres.

Micheline Marchildon encourage les communautés francophones hors Québec à «aller chercher leur relève, les jeunes et les moins jeunes qui ont le gout d’être drôles, et leur donner des occasions de monter sur scène, que ce soit être animateur dans des soirées communautaires ou les embaucher pour faire des capsules humoristiques pour des organismes ou des festivals».

Autant d’opportunités pour les jeunes de faire leurs premières armes, mais aussi de faire vivre une francophonie qui leur ressemble.

Avec les informations de Camille Langlade et de Julien Cayouette.

FRANCOPHONIE

Lundi, le Comité sénatorial des Langues officielles a accueilli Me Maryse Tremblay, la présidente du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI), pour aborder son rôle lié au projet de règlement découlant de la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP).

Le CCRI est un organisme fédéral indépendant chargé d’interpréter et d’appliquer le Code canadien du travail dans les relations entre les syndicats et les employeurs relevant de la compétence fédérale.

Selon le projet de règlement, le CCRI accorderait le droit de travailler en français aux employés des entreprises visées au Québec, puis dans les régions à forte présence francophone deux ans plus tard. La CCRI doit aussi les protéger contre les représailles.

Travail avec le Commissariat aux langues officielles : Les plaintes devront d’abord être déposées auprès du commissaire aux langues officielles, qui pourra, avec l’accord du plaignant, les transmettre au CCRI lorsqu’elles sont «trop complexes, graves ou ne peuvent être réglées dans un délai raisonnable», a affirmé Me Tremblay aux sénateurs.

Le CCRI pourra alors proposer une médiation ou trancher le litige. Ses décisions finales seront rendues publiques.

Plus de plaintes, plus de ressources : L’organisme anticipe une trentaine de plaintes supplémentaires par année à partir de la troisième année d’application et prévoit des ressources additionnelles, notamment grâce au projet de loi controversé C-39 (le projet de loi pour faire accélérer les grands projets nationaux, NDLR), pour faire face à cette nouvelle charge et à son arriéré actuel.

Jeudi, en conférence de presse sur la Colline, le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC) a annoncé porter plainte contre deux ministères fédéraux, Emploi et Développement social Canada et Innovation, Sciences et Développement économique, pour non-respect de la Loi sur les langues officielles.

Selon l’organisme, le gouvernement a la responsabilité de distribuer des fonds équitablement entre les anglophones et les francophones, et ne le fait pas.

L’équipe du RESDAC estime que des «centaines de millions de dollars par année» sont distribués sans que les francophones n’en voient la couleur.

À lire aussi : Développement des compétences : plainte logée contre une répartition «injuste» des fonds

Le président du Conseil du Trésor, Shafqat Ali, a remis une brève réponse au Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes en lien avec le rapport sur l’avant-projet de règlement sur la partie VII de la Loi sur les langues officielles.

Après les formules de politesse, le ministre écrit simplement : «Le gouvernement continuera de faire progresser la mise en œuvre de la Loi modernisée, y compris l’élaboration du règlement final de la partie VII, de manière collaborative et transparente, en tenant compte du dialogue continu avec les parties prenantes et les parlementaires.»

La partie VII de la Loi concerne les mesures positives que doit prendre le gouvernement pour protéger et promouvoir la langue de la minorité et la langue française au Québec.

Plus de 18 recommandations : Le rapport du Comité, déposé en mai 2026, comprenait 21 recommandations – une est présentée en quatre parties. Celles-ci demandent plus de transparence, des définitions précises et des redditions de compte plus complètes.

Le ministre Shafqat Ali n’offre aucune réponse directe aux recommandations. «Bien que le projet de règlement porte sur la partie VII, il s’inscrit dans un ensemble plus vaste de mesures visant à renforcer les langues officielles», peut-on lire dans sa lettre.

CANADA

Le premier ministre, Mark Carney, a annoncé jeudi que Pacific Link, le nouvel oléoduc pétrolier de la côte ouest, est officiellement ajouté à la liste des projets d’intérêt national.

10 % aux Autochtones : Détenu à parts égales par le Canada et l’Alberta, avec une participation minimale de 10 % offerte aux communautés autochtones, le projet sera réalisé par Trans Mountain, avec l’expertise de Pembina Pipeline.

Il suivra un tracé sud qui évite la côte Nord de la Colombie-Britannique et la mer Great Bear.

Le Bureau des grands projets, appuyé par la Régie de l’énergie du Canada, mènera au cours de la prochaine année l’examen fédéral et les consultations avec les intervenants, notamment les peuples autochtones, et arrêtera les conditions du projet d’ici le 1er septembre 2027, ce qui permettra de lancer les travaux.

1 million de barils journaliers : Selon Ottawa, l’oléoduc permettra d’exporter un million de barils de plus par jour vers l’Asie, de créer 140 000 emplois et de générer plus de 20 milliards de dollars par année pour le PIB. Il contribuerait notamment à réduire la dépendance envers les États-Unis et à diversifier les exportations canadiennes.

«Nous allons bâtir canadien. Pour construire le Pacific Link, nous allons privilégier les matériaux canadiens, entre autres l’acier canadien», a déclaré le premier ministre en conférence de presse.

Mercredi, Premières Nations, Inuit et Métis se sont rassemblés sur la Colline du Parlement, sur le territoire traditionnel du peuple algonquin Anishinaabeg, pour hisser le drapeau des survivants, en l’honneur des personnes qui ont survécu aux pensionnats autochtones et des enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux.

À travers les générations : Des survivants, des ainés et des représentants du Centre national pour la vérité et la réconciliation (CNVR) ont été rejoints par des dirigeants d’organisations autochtones nationales, ainsi que par la gouverneure générale du Canada, Louise Arbour, et la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Rebecca Alty.

«Le système des pensionnats s’est étendu sur plusieurs générations, laissant des répercussions qui se font encore sentir aujourd’hui. La vérité et la réconciliation ne peuvent effacer cette histoire. Un long chemin nous attend, un chemin qui exige de l’humilité, de la persévérance et des mesures concrètes.»

— Stephanie Scott, directrice générale du Centre national pour la vérité et la réconciliation

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation et la Journée du chandail orange sont toutes les deux observées chaque année le 30 septembre.

À lire aussi : Raphaëlle et Monique te parlent de la Journée de la vérité et de la réconciliation

Le député conservateur Scott Aitchison, candidat à la direction du Parti conservateur en 2022 contre Pierre Poilievre, quittera la Chambre des Communes à la fin de la session parlementaire d’automne.

Courtoisie

Le député conservateur de Parry Sound–Muskoka, Scott Aitchison, quittera son siège à la Chambre des communes à la fin de la session parlementaire d’automne, après 30 ans en politique municipale et fédérale.

Ancien maire de Huntsville en Ontario et candidat à la direction du Parti conservateur du Canada en 2022, il avait terminé cinquième de la course remportée par Pierre Poilievre. Ce dernier lui a rendu hommage dans une publication sur X.

 

Porte-parole de l’opposition en matière de logement, M. Aitchison dit vouloir entamer un «nouveau chapitre». Son départ laissera un siège vacant à la Chambre, où six circonscriptions sont déjà sans député.