le Lundi 26 octobre 2026
le Lundi 26 octobre 2026 10:13 Francophonie

Langues officielles : un appui large, mais des mythes tenaces

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Le Commissariat aux langues officielles confirme une fois de plus que les francophones parlent plus anglais que les anglophones parlent le français, dans son sondage quinquennal sur le suivi des langues officielles, réalisé par Environics Research Group au printemps 2026.  — Photo : Andre Alexander – Unsplash
Le Commissariat aux langues officielles confirme une fois de plus que les francophones parlent plus anglais que les anglophones parlent le français, dans son sondage quinquennal sur le suivi des langues officielles, réalisé par Environics Research Group au printemps 2026.
Photo : Andre Alexander – Unsplash

FRANCOPRESSE – Francophones et anglophones appuient les deux langues officielles, selon un sondage du Commissariat publié le 26 octobre. Mais le clivage linguistique reste net et des mythes persistent, notamment sur les services fédéraux et sur la place du français hors Québec.

Langues officielles : un appui large, mais des mythes tenaces
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Le sondage a été instauré en 2016 par le Commissariat aux langues officielles afin de prendre le pouls tous les 5 ans de la perception des deux langues officielles au Canada, l’anglais et le français. Le sondage a été réalisé par Environics Research Group au printemps 2026, avec 1502 personnes sondées en ligne de partout au Canada et 1500 au téléphone.

Dans le premier cas, les données ne peuvent pas être extrapolées à la population canadienne puisque la représentativité de l’échantillon ne peut être garantie. Par contre, plus de questions ont été posées dans le sondage en ligne.

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Les francophones plus exposés à l’anglais

Le premier constat est le même depuis 10 ans : les francophones sont toujours beaucoup plus exposés à l’autre langue officielle que les anglophones. Selon les réponses recueillies en ligne, 59 % des francophones interagissent au moins à l’occasion avec des gens qui parlent surtout anglais, contre 21 % des anglophones avec des francophones.

Les francophones déclarent maitriser plus l’anglais que les anglophones le français. 

Photo : Capture d’écran – Source Environics Research Group

L’écart est encore plus grand pour les médias (radio, télévision, Internet, médias sociaux) : 66 % des francophones en consomment en anglais, contre 13 % des anglophones en français. Il en va de même pour les arts, la culture et le divertissement.

Les francophones sont ainsi plus à même de parler l’anglais que l’inverse.

Parmi les personnes qui ont répondu au sondage téléphonique, 44 % des francophones disent pouvoir parler couramment l’anglais, tandis que 9 % des anglophones disent pouvoir parler couramment le français.

À l’inverse, 61 % des anglophones se disent incapables de soutenir une conversation en français, contre 16 % des francophones pour l’anglais.

Les justifications les plus répandues pour ne pas apprendre l’autre langue officielle sont assez similaires dans les deux types de sondages.

La raison principale invoquée par les francophones […] est le manque d’occasions de s’exercer, raison qu’ils invoquent un peu plus souvent que les anglophones; ces derniers sont pour leur part plus susceptibles que les francophones de mentionner l’impression de ne pas en avoir besoin, le manque d’intérêt, le manque de temps ou l’impression qu’il est trop difficile d’apprendre le français

— Rapport du sondage de Environics Research Group

Appui pour des cadres bilingues, mais clivage linguistique

En parallèle, les Canadiens et les Canadiennes appuient très largement le bilinguisme dans les services fédéraux et des personnes à leur tête, mais l’appui varie selon le sujet, le mode de sondage et la langue.

Le sondage met en lumière qu’une nette majorité de personnes répondantes est en faveur d’un premier ministre bilingue et des ministres fédéraux bilingues.

Là encore, le clivage linguistique transparait : au téléphone, 96 % des francophones veulent un premier ministre bilingue, contre 80 % des anglophones.

Les francophones veulent à 93 % des ministres bilingues, contre 68 % chez les anglophones.

Le besoin des grands évènements – comme des évènements sportifs et culturels – de se dérouler dans les deux langues recueille moins d’appui (72 % et 58 %), avec de nouveau un clivage linguistique fort entre les personnes francophones sondées et les anglophones.

Bilinguisme dans les régions unilingues et dépenses excessives?

L’un des points qui ressortent également du sondage porte sur le bilinguisme officiel : environ 44 % des personnes sondées (en ligne et par téléphone) doutent de son utilité dans les régions unilingues.

L’idée qu’Ottawa dépense trop pour le bilinguisme reste, car elle est partagée par une part importante des personnes répondantes : 34 % au téléphone et 41 % en ligne. Le clivage est linguistique : les francophones y adhèrent beaucoup moins (17 %) que les anglophones (38 %) dans les réponses par téléphone.

Déconstruction sur les services fédéraux dans les deux langues

Environ 9 personnes sur 10 appuient la Loi sur les langues officielles modernisée en 2023, toutes langues confondues.

Presque tout le monde (94 % au téléphone, 85 % en ligne) estime que les Canadiens et Canadiennes devraient pouvoir obtenir des services fédéraux en français ou en anglais, y compris 96 % des francophones et 94 % des anglophones au téléphone.

Ginette Petitpas Taylor, ex-ministre des Langues officielles, en juin 2023 après la sanction royale de la Loi sur les langues officielles modernisées, plaide pour «l’égalité réelle» entre les deux langues. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse (Archives)

En revanche, ce sont 79 % des personnes répondantes en ligne qui croient à tort que tous les services fédéraux sont offerts dans les deux langues partout au pays.

La croyance que tous les services fédéraux sont offerts dans les deux langues reste majoritaire depuis 10 ans, selon le document.

Mais tous les bureaux fédéraux ne sont pas tenus d’offrir les services dans les deux langues. Plus précisément, la Loi sur les langues officielles vise les sièges sociaux des institutions fédérales, les bureaux où la demande est importante, ou ceux avec des missions spécifiques – comme les ambassades.

Les services de transport assujettis à la Loi doivent aussi être capables de servir le public voyageur dans la langue officielle de leur choix.

Selon le rapport annuel 2022-2023 du Conseil du Trésor, environ le tiers des bureaux et points de service avaient cette obligation.

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Le 79 % des personnes qui pensent que les services fédéraux sont offerts dans les deux langues partout évoquées ci-dessus est calculé sur l’ensemble des personnes répondantes en ligne, excluant les réponses au téléphone. Les chiffres en ligne ne sont pas extrapolables à la population.

Parmi les mythes : le français déclassé hors Québec

«Certains mythes problématiques persistent», affirme le document. 

L’un d’eux réside dans le fait que six personnes sur dix croient qu’au Canada, en dehors du Québec, le français n’occupe plus le deuxième rang des langues les plus couramment parlées après l’anglais.

«Les anglophones sont plus susceptibles (62 %) que les francophones (52 %) de croire que ce mythe est vrai», peut-on lire dans le sondage.

De l’autre côté, 23 % de toutes les personnes répondantes pensent que la minorité anglophone du Québec est plus privilégiée sur le plan socioéconomique que la majorité francophone, contre 41 % qui jugent l’énoncé faux et 36 % ne savent pas.

L’écart est frappant : 48 % des francophones y croient, contre 16 % des anglophones.

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Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Déclaration IA : Un outil d’intelligence artificielle a servi à faire de la recherche. Les citations proviennent de la source originale.

Données de parution:

Ottawa

Inès Lombardo

Francophonie canadienne

Adresse électronique: