Gilbert Fredette, maintenant conseiller de bande et chef par intérim de la Nation Crie de Norway House, est à l’origine de l’initiative. « Il y avait une tendance chez les chefs d’ignorer les membres de leurs Nations qui sont en ville. Même si tout le monde sait que la moitié des Autochtones du Manitoba vit en ville. On veut commencer à renouer avec les plus marginalisés. »
C’est aussi une raison personnelle qui l’a motivé. Gilbert Fredette avait 10 ans quand son grand frère Marcel s’est retrouvé pour la première fois en prison à l’âge de 14 ans. Il a vu son frère aîné aspiré dans le tourbillon infernal de la violence, de l’alcool, et de l’itinérance. Ils se sont à peine parlé en 35 ans. Ce n’est que récemment qu’ils ont pu renouer.
À la mort de leur mère, qui était crie, leurs chemins avaient bifurqué. Gilbert a fait des études, tandis que Marcel a passé des années dans la rue. « Notre père était Québécois, Emery Fredette. Tout le monde l’appelait Henry. On a eu une belle enfance, il a fait tout ce qu’il pouvait pour nous. À voir notre famille maintenant, il doit se retourner dans sa tombe. La famille lui tenait à cœur…
Gavin Boutroy
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