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le Jeudi 17 septembre 2026 5:00 Francophonie

Données linguistiques en santé : un portrait toujours aussi fragmenté au Canada

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Une nouvelle étude relève des lacunes persistantes dans la documentation des langues comprises et parlées par les professionnels de la santé.  — Photo : Gustavo Fring – Pexels
Une nouvelle étude relève des lacunes persistantes dans la documentation des langues comprises et parlées par les professionnels de la santé.
Photo : Gustavo Fring – Pexels

FRANCOPRESSE – Sept ans après une première étude, les pratiques de collecte et de divulgation des compétences linguistiques des professionnels de la santé restent inégales et varient fortement d’une province et d’une profession à l’autre, freinant l’accès aux soins en français, selon une nouvelle recherche.

Données linguistiques en santé : un portrait toujours aussi fragmenté au Canada
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En 2017, la Société Santé en français (SSF) avait commandé une étude pour examiner comment les organismes provinciaux et territoriaux de règlementation des professions de la santé au Canada recueillaient et publiaient les données relatives aux connaissances des langues officielles chez leurs membres.

Une nouvelle étude fait le point sur l’évolution de ces pratiques en 2024. Résultat : «Le portrait est quasi identique», commente le directeur général de la SSF, Antoine Désilets.

Ce qui, à ses yeux, n’est pas vraiment une surprise, compte tenu du fait «qu’il n’y a eu aucun changement au cadre règlementaire depuis 2017 sur ces questions-là».

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Erreur de diagnostic

Les recherches révèlent des lacunes persistantes dans l’accès aux soins pour les minorités de langue officielle.

Selon une enquête de Statistique Canada réalisée en 2022, 22 % des francophones en situation minoritaire n’avaient jamais reçu de soins de santé en français et seulement 17 % affirmaient qu’on leur avait offert des soins en français de façon constante.

La difficulté à communiquer empêche les patients de prendre des décisions véritablement éclairées concernant leur consentement et les options thérapeutiques qui s’offrent à eux. Ce manque de compréhension mutuelle peut conduire directement à une hausse des erreurs de diagnostic et à une dégradation générale de la qualité des soins prodigués.

«En l’absence de données précises sur les capacités linguistiques et la prestation des services, il est difficile de déterminer où il faut davantage de prestataires bilingues, où il convient de renforcer les capacités de formation aux langues officielles, où l’on pourrait mieux identifier et mobiliser les prestataires bilingues au sein du personnel existant, et où des stratégies de recrutement ciblées seraient les plus efficaces», peut-on lire dans l’étude.

Entre la théorie et la pratique

Mais alors, pourquoi les organismes visés ne collectent pas ces données? «Une des choses qui ressort dans l’étude, c’est une mauvaise perception des ordres professionnels, qui croient que collecter de l’information sur la langue de leurs membres, ça touche à de l’information confidentielle qu’ils ne peuvent pas diffuser», relève Antoine Désilets.

Selon Antoine Désilets, les gouvernements ont leur rôle à jouer dans la collecte de données liée aux langues utilisées par les professionnels de la santé. 

Photo : Courtoisie

Aussi, même si l’information est là, cela ne veut pas dire qu’elle représente la réalité sur le terrain. En 2021, 11,6 % des professionnels de santé de l’Ontario parlaient français, mais seuls 4,6 % d’entre eux utilisaient régulièrement le français au travail, rapporte l’étude.

Référencement, région géographique, comme le rappelle M. Désilets : «Il y a plein de circonstances qui font en sorte qu’on tombe sur un professionnel qui parle sa langue ou non.»

«Dans certains cas, les gens nous disent qu’ils collectaient de l’information linguistique, mais c’était de l’information linguistique sur la langue de service. En d’autres mots, savoir si les [personnes concernées] parlaient anglais ou non», ajoute-t-il.

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«Publier en anglais, c’est stratégique»

L’étude n’est à ce jour disponible qu’en anglais uniquement, en attendant la version française.

«Publier en anglais, c’est stratégique, parce que les gens qu’on a besoin de convaincre, ils sont souvent anglophones et ils ne pensent pas à la question linguistique», observe Antoine Désilets, pragmatique.

«On se rend compte que cela a plus d’impact auprès des gens que nous on cherche à convaincre. Comme francophones, on se parle entre nous et on le sait. C’est la majorité anglophone qui doit voir le problème.»

Différences d’une profession à l’autre

Les pratiques de collecte et de divulgation varient considérablement d’une profession à l’autre, ainsi que d’une province à l’autre.

La médecine, la psychologie et la pharmacie restent les plus susceptibles de collecter et de divulguer publiquement les données linguistiques de leurs membres.

Plusieurs provinces, notamment l’Ontario et la Colombie-Britannique, se démarquent en fournissant un accès public ou, à tout le moins, en collectant systématiquement ces informations.

À l’inverse, le travail social présente les taux de collecte les plus faibles du panel étudié. De plus, les soins infirmiers et le travail social se caractérisent par une forte proportion de données «collectées, mais non rendues publiques» par leurs ordres professionnels.

Antoine Désilets décrit une «tapisserie» de situations uniques, où les données recueillies, les questions posées et les façons de les interpréter et de les publier varient d’une profession et d’une province à l’autre.

Manque de volonté

Pour favoriser des soins centrés sur le patient, les auteurs recommandent l’adoption de normes nationales obligatoires garantissant la transparence des compétences linguistiques des soignants.

En l’absence d’obligation légale et de cadre législatif, la situation n’évoluera pas, croit Antoine Désilets.

D’abord, standardisons les informations qu’on va aller chercher, ensuite, rendons-les publics. Comment ça peut servir le public si ça reste dans les tiroirs?

— Antoine Désilets

Selon lui, le gouvernement fédéral doit faire sa part du côté des langues officielles. «Il envoie des milliards aux provinces à chaque année. Des milliards en transfert, puis des milliards au niveau des accords bilatéraux en santé. À mes yeux, le fédéral a déjà en main les leviers nécessaires pour emmener les provinces à collecter cette information-là. Ce qui manque, c’est de la volonté.»

«Si le fédéral envoie des fonds aux provinces, il devrait y avoir une certaine réédition de comptes qui touchent les langues officielles; une condition de financement ou une exigence structurante.»

Cette nouvelle étude tombe à point nommé, alors que les consultations pour le prochain Plan d’action pour les langues officielles ont commencé. «Le timing est bon», estime le responsable.

«On est en pleine consultation à la fois avec Santé Canada et Patrimoine canadien au niveau des différents programmes qui vont toucher la francophonie.»

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Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par une journaliste. Un outil d’intelligence artificielle a servi à la traduction de certaines sources. Un outil d’intelligence artificielle a servi à résumer des documents et à faire de la recherche. Les citations proviennent de la source originale.

Données de parution:

Montréal

Camille Langlade

Cheffe de pupitre

Adresse électronique: