Le Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026 publié par Environnement et Changement climatique Canada et rédigé par 23 spécialistes de l’étude du climat et des changements climatiques contient 15 énoncés qui mettent en lumière les constats qui ont les degrés de confiance les plus élevés.
L’énoncé 7 annonce que le «réchauffement climatique et les changements connexes du climat au Canada sont essentiellement irréversibles». Cela signifie que même si des mesures efficaces de réduction des gaz à effet de serre étaient mises en place partout dans le monde, il y a tellement de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air que les températures prendront des centaines d’années à redescendre.
Parmi les effets déjà irréversibles, on compte le changement du niveau de la mer, la fonte des glaciers et le dégel du pergélisol.
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Trois scénarios
Le Rapport sur le climat changeant du Canada de 2026 est le deuxième du genre, le premier ayant été publié en 2019. Il rassemble les dernières données et les plus récents modèles et simulations du ministère.
Il s’agit d’un examen des modifications observées au Canada à partir de données connues et de leurs trajectoires possibles, et non d’une évaluation des impacts sur les résidents et sur l’économie. Il ne contient pas de recommandations.
Il présente trois scénarios : ce qui pourrait survenir si aucune politique n’existait, ce qui pourrait se produire selon les politiques actuelles et ce qui arriverait si la carboneutralité était atteinte d’ici 2050.
La première possibilité est la plus catastrophique, avec une augmentation moyenne des températures au Canada de 6,9 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. Sur la même période, les politiques actuelles pourraient faire augmenter les températures moyennes de 5 °C, tandis que l’atteinte de la carboneutralité limiterait la hausse à 3,5 °C.
Effets régionaux
L’un des auteurs du rapport, le directeur par intérim de la division de la recherche sur la modélisation et l’analyse climatique chez Environnement et Changement climatique Canada, Chris Derksen, a présenté le rapport le 10 septembre dans le cadre d’un webinaire organisé par l’Institut climatique du Canada.
Les épisodes de froid extrême deviendront plus rares au Canada, alors que ceux de chaleur extrême seront plus fréquents, dit-il.
«Le sud du Canada vivra les changements climatiques à travers des évènements extrêmes. Dans le Nord, il y aura aussi des évènements extrêmes, mais c’est vraiment l’empreinte des changements climatiques sur le paysage qui sera le plus envahissant.»
La diminution de la glace sur l’océan Arctique sur une plus longue période et la fonte du pergélisol causeront le plus de transformations, aussi bien pour le paysage que pour le mode de vie des Inuit.
Les côtes est et ouest sont les endroits où l’augmentation des précipitations pourrait être la plus importante. Dans l’Atlantique, les ouragans et tempêtes tropicales pourraient remonter plus régulièrement vers le Nord et les provinces maritimes.
Dans l’Ouest, les glaciers sont presque condamnés. Même dans le scénario le plus optimiste, ils perdront environ 76 % de leur masse d’ici la fin du siècle. «Ils fondent trop pendant l’été et ne peuvent pas récupérer cette masse pendant l’hiver», explique Chris Derksen.
La fonte des glaciers aura diverses conséquences, notamment sur l’alimentation en eau de l’Ouest canadien. L’effondrement de sections de glaciers similaire à celui survenu au Népal le 26 aout est aussi possible au Canada.
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Au centre du pays, ce sont les sècheresses qui pourraient être plus fréquentes. Surtout dans le sud du Manitoba et de la Saskatchewan, ainsi que dans l’extrême nord de l’Ontario.
Tout le territoire canadien court le risque de voir la durée de la saison des feux de forêt s’allonger, avec quelques jours de plus à l’Est, à l’Ouest et au Nord.
Perspective autochtone
Pour la première fois, les sciences autochtones ont été mises à contribution dans le Rapport sur le climat changeant du Canada. La prise en compte reste cependant partielle, car le mariage de ces savoirs avec les sciences occidentales reste nouveau et présente encore des défis.
Des études de cas des Premières Nations, des Inuit et des Métis qui abordent les conséquences des changements climatiques ont été incluses aussi souvent que possible.
Solutions
Le président de l’Institut climatique du Canada, Rick Smith, a tenu à signaler en ouverture du webinaire que le rapport apporte une lueur d’espoir.
Chris Derksen a indiqué lors d’un webinaire que le rapport faisait environ 1500 pages.
«Il souligne que les pires dommages peuvent encore être évités si nous réduisons nos émissions de gaz à effet de serre et que nous planifions dès maintenant la création de communautés sures et résilientes. Ce rapport est un argument en faveur de l’action et du progrès, pas du fatalisme et de la résignation.»
Chris Derksen souligne que la diffusion de l’information était essentielle.
«Nous avons l’information dont nous avons besoin. Nous savons avec quels futurs potentiels nous devons travailler. Il nous revient à tous d’utiliser cette information de la façon la plus collectivement constructive pour affronter ce qui sera un véritable défi», conclut le chercheur.
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