le Samedi 27 juin 2026
le Samedi 27 juin 2026 6:30 Francophonie

Pénuries de main-d’œuvre : les travailleurs de 50 ans et plus, une solution oubliée?

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Dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et les pénuries de main-d’œuvre, une nouvelle initiative veut répondre aux réalités des francophones vivant en situation linguistique minoritaire. Photo : Greta Hoffman – Pexels — Photo : Greta Hoffman – Pexels
Dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et les pénuries de main-d’œuvre, une nouvelle initiative veut répondre aux réalités des francophones vivant en situation linguistique minoritaire. Photo : Greta Hoffman – Pexels
Photo : Greta Hoffman – Pexels

FRANCOPRESSE – Plus nombreuses à vouloir rester sur le marché du travail, les personnes ainées francophones pourraient contribuer à atténuer les pénuries de main-d’œuvre. Pourtant, elles se heurtent encore à la discrimination liée à l’âge. Une nouvelle initiative espère changer la donne.

Pénuries de main-d’œuvre : les travailleurs de 50 ans et plus, une solution oubliée?
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«Depuis la pandémie, on a beaucoup entendu parler de la part des ainés que le cout de la vie était élevé et que certaines personnes, à un âge quand même relativement avancé, devaient considérer retourner sur le marché de l’emploi», amorce le directeur général de la Fédération des aînées et aînés francophones du Canada (FAAFC), Jean-Luc Racine.

À la suite d’une étude, la FAAFC a recueilli les témoignages de plusieurs personnes qui disent avoir été confrontées à des préjugés et à des employeurs peu attentifs aux besoins spécifiques des travailleurs âgés.

L’organisme a lancé le 17 juin 2026 une nouvelle initiative destinée aux communautés francophones en situation minoritaire : Zone Emploi 50+. Celle-ci vise à faciliter, favoriser et accélérer le retour au travail des francophones de plus de 50 ans partout au pays.

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Suivi personnalisé

Zone Emploi 50+ propose un programme d’aide en ligne gratuit et personnalisé, entièrement en français, avec des ateliers, des outils et des rencontres avec des personnes spécialisées en développement professionnel.

L’âge de la retraite a tendance à remonter à la hausse ces dernières années, constate Jean-Luc Racine.

Photo : Chantallya Louis – Francopresse (Archives)

«On a même des ateliers sur comment contrer l’âgisme dans la recherche d’emploi», complète Jean-Luc Racine. L’initiative comprend aussi un mentorat intergénérationnel avec des intervenants et intervenantes âgés de moins de 50 ans.

«On veut vraiment une attention particulière où on passe du temps avec les gens, chaque personne de façon individualisée, pour voir quels sont leurs besoins, pour réaligner un peu le tir au niveau de la recherche d’emploi.»

Un programme de certification auprès des employeurs visant à reconnaitre les milieux de travail favorables à l’embauche et à la rétention des travailleurs expérimentés est également en cours de développement.

La FAAFC collabore actuellement avec des services d’aide à l’emploi dans huit provinces. «C’est eux qui nous envoient soit les clients de 50 ans et plus, ou aussi les clients de 50 ans et moins pour le programme de mentorat», précise le responsable.

«On s’est fait les dents depuis le printemps […] On a déjà rencontré plusieurs clients et on a un taux de satisfaction très élevé. Les évaluations sont très positives.»

«Combattre l’âgisme»

Pour la professeure au Département de communication de la Faculté des arts à l’Université d’Ottawa et spécialiste de l’âgisme, Martine Lagacé, «c’est une excellente initiative».

D’abord parce qu’elle cible les francophones : «On sait très bien que les besoins de main-d’œuvre sont encore plus criants dans les communautés francophones.» Elle cite les secteurs de la santé, de l’éducation et des transports.

«C’est aussi une façon de combattre l’âgisme», avance-t-elle.

C’est un message qu’on envoie aux employeurs et aux travailleurs, aux adultes plus âgés, en leur disant : à partir de 50 ans, on n’est pas en déclin, on a encore quelque chose à contribuer, on a besoin de l’expertise de ces travailleurs plus âgés.

— Martine Lagacé

«Souvent, à partir de 50, 55 ans, on nous incite beaucoup plus à penser à la retraite qu’à avoir une réflexion sur est-ce que je veux continuer à me développer professionnellement.» 

Pourtant, comme le rappelle la professeure : «La retraite, ce n’est pas la seule option.»

La force de l'âge

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Une autre vision de la retraite

«L’âge de la retraite avait tendance à diminuer. Or, depuis à peu près une vingtaine d’années, c’est remonté à la hausse. Les gens demeurent plus longtemps maintenant sur le marché de l’emploi ou désirent y retourner», relève Jean-Luc Racine. Et pas uniquement pour des raisons économiques.

Quand on a pris la retraite, on a profité, on a voyagé. Et là, soudainement, on revient à la maison, la routine s’installe, et on se rend compte qu’il y a un petit vide. Il y a des gens qui sentent le besoin de s’accomplir.

— Jean-Luc Racine

Certains vont opter pour un travail à temps partiel, «une bonne façon de se sentir toujours engagé, impliqué dans la communauté», décrit-il. «C’est toujours un petit revenu d’appoint qui aide pour des petits luxes de la vie.»

C’est aussi au travail que certaines personnes peuvent utiliser et partager leur expertise, ajoute Martine Lagacé. «C’est aussi une source de maintien de liens sociaux importants. On a souvent des réseaux de collègues, certains qu’on aime moins, mais beaucoup qu’on apprécie.»

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Martine Lagacé plaide pour un discours plus diversifié par rapport au travail, à l’âge et à la retraite. 

Photo : Université d’Ottawa

«Angle mort»

L’embauche et la rétention des personnes de plus de 50 ans peuvent aussi faire partie de la solution aux pénuries de main-d’œuvre, remarque Martine Lagacé.

«Oui, on recrute des jeunes, oui, on recrute des immigrants qualifiés, mais maintenant, il faut vraiment se tourner vers une main-d’œuvre vieillissante et qui souhaite, pour beaucoup d’entre eux, rester en milieu de travail.» Elle invite les gens à avoir un discours diversifié par rapport au travail et à l’âge.

«C’est un angle mort. Mais il y a quand même une progression depuis les cinq, dix dernières années, les employeurs de plus en plus se rendent compte que ça fait partie de la solution.»

Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Camille Langlade

Cheffe de pupitre

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