Depuis 2016, l’Institut Reuters de journalisme de l’Université d’Oxford pilote le Digital News Report, un sondage mené dans 48 pays.
L’équipe qui analyse les données canadiennes note qu’au Canada comme à l’international, les médias sociaux «sont la source d’information sur l’actualité utilisée par le plus grand nombre de répondants dans la semaine précédant l’enquête».
Au Canada, 53 % indiquent avoir utilisé les réseaux sociaux pour s’informer, une hausse de 9 points de pourcentage par rapport à 2025. La télévision glisse en deuxième place, avec 49 % d’utilisation, une baisse de 4 points.
Les francophones n’ont pas encore entièrement fait cette transition. Le petit écran reste la source d’information la plus utilisée à 55 %, alors que les réseaux sociaux sont tout de même passés de 39 à 47 %.
Pour les fins de l’enquête, les réseaux sociaux incluent les traditionnels Facebook, Instagram, X (Twitter) et TikTok, mais aussi WhatsApp et YouTube, entre autres.
Malgré le fait que Meta bloque les sites de nouvelles au Canada sur ses plateformes, l’utilisation de Facebook pour l’information voit une première remontée depuis ledit blocage en 2023, passant de 25 % en 2025 à 33 % en 2026.
Par contre, une part importante des personnes répondantes disent tomber par hasard sur des nouvelles lorsqu’elles sont sur les réseaux sociaux pour d’autres raisons, surtout sur Facebook.
Les sites Web et les applications conservent une bonne part de leur attrait, ayant été utilisés par 47 % des personnes répondantes. Les journaux et la radio poursuivent leur lente descente : 11 % et 14 % de l’échantillon disent les avoir utilisés, respectivement.
Confiance
Le niveau de confiance des Canadiens et des Canadiennes envers les nouvelles continue de diminuer, mais la chute est moins marquée chez les francophones. Au Canada, 37 % des personnes répondantes disent faire confiance à la plupart des nouvelles; chez les francophones, c’est 44 %.
Les réponses indiquent que la confiance est plus élevée envers les nouvelles trouvées en utilisant les moteurs de recherche, plutôt que celles provenant des réseaux sociaux et celles présentées par les robots conversationnels alimentés par l’intelligence artificielle.
En contrepartie, les francophones démontrent une baisse plus importante de l’intérêt pour l’actualité. Alors que 81 % se disaient intéressés en 2025, cette proportion est passée à 78 % en 2026.
Un peu plus d’IA
Les robots conversationnels alimentés par l’intelligence artificielle ont été ajoutés aux choix de réponses en 2025. Leur utilisation a déjà augmenté de 2 points de pourcentage, mais ils sont pour l’instant la source la moins utilisée, avec 8 % des personnes répondantes qui disent s’en être servies dans la semaine précédant l’enquête.
Les façons dont ces personnes s’en servent sont variées, avec 41 % qui indiquent leur avoir demandé de résumer un sujet, 37 % de leur fournir les nouvelles les plus récentes et 34 % leur ont posé des questions de suivi sur l’actualité.
Parmi les raisons évoquées pour utiliser ces outils, 41 % le font pour résumer des sujets complexes, 39 % parce qu’ils auront des réponses à toutes leurs questions, 37 % parce qu’ils peuvent poser des questions de suivi et 25 % parce qu’ils peuvent traduire des nouvelles.
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Méthodologie
Les données de l’enquête canadienne du Digital News Report reposent sur un échantillon aléatoire de 2059 personnes inscrites en ligne auprès de la firme de sondage YouGov.
L’échantillon original comptait 1655 anglophones et 404 francophones. L’équipe canadienne a complété le sondage de façon autonome pour obtenir un échantillon de 1026 francophones.
Le terme «francophones» comprend aussi bien les francophones du Canada de l’extérieur du Québec que les Québécois et Québécoises, quoique ces derniers composent la grande majorité de l’échantillon.
La méthode d’enquête peut sous-représenter des segments de la population qui n’a pas accès à Internet, comme les personnes âgées ou celles à faibles revenus.
