le Samedi 9 mai 2026
le Samedi 9 mai 2026 5:00 Politique

Recherche en français : des experts guident Ottawa vers une nouvelle façon de penser

Pourquoi faire confiance à Francopresse.
Patrimoine canadien a autorisé la publication du rapport du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français, le 8 mai 2026, à quelques jours du Congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas). — Kaleidico – Unsplash
Patrimoine canadien a autorisé la publication du rapport du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français, le 8 mai 2026, à quelques jours du Congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (Acfas).
Kaleidico – Unsplash

FRANCOPRESSE – Un Fonds d’appui de 40 millions de dollars par an, un Secrétariat de coordination de la recherche en français et développer l’offre de programmes postsecondaires en français, telles sont les solutions que proposent un groupe d’experts au gouvernement fédéral.

Recherche en français : des experts guident Ottawa vers une nouvelle façon de penser
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Patrimoine canadien a validé la publication du rapport du Groupe consultatif externe sur la création et la diffusion d’information scientifique en français. Ce groupe, composé de dix expertes et experts francophones, identifie trois grands défis qui menacent la place du français dans la recherche au Canada et trois grandes solutions pour les contrer.

Publier en anglais pour obtenir plus de reconnaissance

Le groupe de travail met d’abord l’accent sur le fait que les critères d’excellence scientifique favorisent fortement l’anglais.

La reconnaissance académique repose surtout sur la publication d’articles dans des revues internationales anglophones et sur des indicateurs bibliométriques, comme le nombre de citations dans d’autres recherches.

«[…] La publication dans les revues internationales essentiellement de langue anglaise est devenue un gage d’excellence et le moyen par lequel les chercheuses et chercheurs peuvent obtenir la reconnaissance académique nécessaire à leur progression de carrière et la sécurisation des ressources matérielles et des positions institutionnelles.»

— Extrait du rapport "Recherche en français et égalité réelle: Une occasion à saisir", publié le 8 mai 2026

À titre d’exemple, le Groupe consultatif répertorie dans le rapport 76 prix attribués en 2024 à des chercheuses et chercheurs au Canada par six organisations : l’Acfas, la Société royale du Canada, le Conseil de recherches en sciences humaines, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada et le Conseil des Arts du Canada.

Sur ces 76 prix, 23 ont été remis à des chercheuses et chercheurs d’établissements de langue française ou bilingues (30 %), contre 53 à des chercheuses et chercheurs d’établissement de langue anglaise. «Toutefois, cette représentativité repose massivement sur les prix de l’Acfas; sans eux, la présence francophone dans ce palmarès diminue de façon drastique», notent les experts.

Cela pousse des chercheuses et chercheurs francophones à publier en anglais pour obtenir du financement, des promotions ou de la visibilité. De plus, les recherches en français, souvent plus ancrées dans les réalités communautaires, sont parfois perçues comme moins prestigieuses ou moins crédibles.

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Des appuis financiers asymétriques

Le groupe d’experts insiste sur un autre obstacle : les fonds fédéraux sont largement concentrés dans les 15 grandes universités de recherche anglophones canadiennes (dites «U15»), ce qui désavantage les établissements bilingues, particulièrement les francophones en contexte minoritaire.

Comme le souligne le rapport, cette asymétrie est à la fois géographique et disciplinaire. Elle détourne les fonds vers les «grosses» universités anglophones, loin des petites universités francophones ou bilingues, qui demeurent sous-financées et où se trouvent des domaines de recherche en français importants.

Le Groupe consultatif observe aussi un manque de soutien aux infrastructures de diffusion des savoirs : les revues savantes, les presses universitaires et des plateformes, comme Érudit, sont fragilisées par le modèle actuel du libre accès.

Cette privatisation des infrastructures de diffusion «favorise l’anglicisation», note le rapport, et risque de limiter l’accès aux connaissances en français.

Pas de leadeurship

Les experts notent un dernier défi : la gouvernance de la recherche est fragmentée entre plusieurs organismes et il n’existe pas de structure fédérale forte pour coordonner des mesures en faveur du français.

Cette absence de leadeurship entraine des actions éparses et insuffisantes. La recherche ne bénéficie donc pas de soutien cohérent ni de stratégie durable à l’échelle canadienne, soulignent les experts dans leur rapport.

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Les trois grandes recommandations du Groupe consultatif sont des solutions proposées au gouvernement fédéral pour faire avancer et appuyer la création et la diffusion de la recherche en français au Canada.

Données issues du rapport du groupe consultatif externe sur la diffusion du savoir scientifique en français

40 millions par an et une gouvernance claire

À ces défis, le Groupe consultatif propose trois grandes orientations afin d’assurer une réelle égalité linguistique dans l’écosystème scientifique canadien.

Il recommande d’abord de renforcer la gouvernance en créant un Secrétariat de coordination de la recherche en français. Il mettrait en place un mécanisme pancanadien pour développer l’offre de programmes postsecondaires en français, notamment dans les domaines des programmes d’études en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) et en santé, afin d’assurer une relève scientifique francophone au pays.

Le président-directeur général de l’Association des collègues et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), Martin Normand, confirme que ces deux champs d’études sont très importants, mais qu’il y a aussi «de grands besoins en justice, en éducation, en petite-enfance… Il faut aller plus large que cela», dit-il en entrevue.

«Maintenant, il est impératif de rassembler toutes les parties prenantes concernées afin de transformer rapidement les recommandations en actions concrètes aux effets mesurables», selon Martin Normand, PDG de l’ACUFC. 

Courtoisie

Le rapport du Groupe «met en lumière de façon éloquente les défis et les tendances que nos membres évoquent depuis longtemps pour faire bouger l’aiguille en matière d’appui et de valorisation de la recherche en français et de celle sur les communautés francophones en situation minoritaire», indique l’ACUFC dans un communiqué.

Le rapport propose ensuite la création d’un Fonds d’appui et de valorisation de la recherche en français de 40 millions de dollars par an pour soutenir les projets de recherche, les étudiantes et étudiants francophones, les ressources pédagogiques en français ainsi que les infrastructures de diffusion, comme Érudit et les outils de traduction.

Enfin, il recommande que le gouvernement fédéral fasse preuve d’exemplarité en intégrant une «lentille francophone» dans ses politiques scientifiques, en publiant des données sur les biais linguistiques dans le financement et en encourageant la production et la diffusion de la recherche en français.

Des mesures positives en faveur des communautés francophones sont également évoquées tout au long du rapport

Par courriel à Francopresse, Hermine Landry, porte-parole du ministre de l’Identité et la Culture canadiennes, ministre responsable des Langues officielles, a fait savoir que «le ministre Miller et ses collègues concernés étudient actuellement les recommandations formulées dans le rapport. Nous remercions le groupe consultatif externe pour son excellent travail et pour la qualité de ce rapport».

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Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par une journaliste sans l’aide d’outils de l’intelligence artificielle.

Données de parution:

Ottawa

Inès Lombardo

Francophonie canadienne

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