le Samedi 14 février 2026

Dans son annonce de lundi, CBC/Radio-Canada a affirmé qu’elle devra supprimer 600 postes, en plus d’abolir 200 postes vacants à l’échelle de l’organisation.

Parmi les 600 postes, Radio-Canada et CBC pourraient se voir amputées chacune de 250 emplois. Cette situation préoccupe le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge.

Raymond Théberge croit que la nouvelle Loi sur les langues officielles pourrait mieux protéger les communautés francophones en cas de coupures au sein de la Société Radio-Canada. 

Photo : Courtoisie

«Ça m’inquiète, parce que c’est un diffuseur public qui joue un rôle, un très grand rôle dans la promotion des deux langues officielles à travers le pays, dit-il en entrevue avec Francopresse. Et bien souvent, c’est parfois la seule source d’information locale en français.»

Toutefois, selon le commissaire, avant d’engager dans une suppression de postes qui risque d’affecter les francophones en milieu minoritaire, il sera nécessaire que la Société d’État consulte les communautés francophones.

«Donc reste à savoir maintenant comment le diffuseur va passer à l’action en termes de la mise en œuvre de ces coupures», ajoute Raymond Théberge.

Une discussion s’impose, c’est la Loi

Le commissaire rappelle que la nouvelle Loi sur les langues officielles, qui a reçu la sanction royale en juin dernier, «reconnait de façon formelle l’importance de CBC/Radio-Canada pour les minorités francophones et anglophones du Canada. Donc il y a une obligation dans la loi».

Même son de cloche à la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA). Dans un communiqué partagé jeudi, la FCFA exige que la Société d’État consulte les communautés francophones avant de procéder à des coupures.

«Ce n’est pas un souhait, c’est une obligation qu’a CBC/Radio-Canada, en tant que société de la Couronne, en vertu de la nouvelle Loi sur les langues officielles», peut-on lire dans le communiqué.

La Loi requiert des institutions fédérales des consultations sur les impacts négatifs que pourraient avoir leurs décisions sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire, et sur les moyens de minimiser ces impacts.

— La FCFA

La présidente de la FCFA, Liane Roy, a affirmé qu’elle rencontrera bientôt la présidente-directrice générale de CBC/Radio-Canada à ce sujet et souhaite aussi rencontrer la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge.

«Évidemment, il revient aux dirigeants de CBC/Radio-Canada de tenir compte de leur rôle au sein des communautés de langues officielles lorsqu’ils prendront leurs décisions», ajoute Raymond Théberge.

Impact sur la programmation francophone

Nancy Juneau s’inquiète des coupes budgétaires dans la programmation au sein de Radio-Canada. 

Photo : Courtoisie

CBC/Radio-Canada a aussi annoncé qu’elle «réduira ses budgets de programmation en français et en anglais en prévision du prochain exercice financier, incluant près de 40 millions de dollars en moins pour les productions indépendantes qu’elle commande et les émissions qu’elle acquiert».

Pour la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), cette décision pourrait engendrer des conséquences majeures dans le secteur de la production indépendante dans les communautés francophones en situation minoritaire.

Selon la présidente de la FCCF, Nancy Juneau, des membres de l’organisme «dépendent en partie de Radio-Canada pour leurs activités de production dans nos communautés».

«On sait que l’activité de production, ça offre à nos artistes, à nos artisans, à nos techniciens, des occasions de travailler chez eux, d’être bien rémunérés, explique Nancy Juneau. Puis ça, ça contribue à ce que cet écosystème-là, culturel et artistique, puisse œuvrer dans nos régions.»

Bien que Nancy Juneau se dit empressée de savoir comment CBC/Radio-Canada va procéder aux suppressions des postes et aux coupes budgétaires, elle garde quand même espoir.

Tout d’abord, la nouvelle Loi sur les langues officielles protège les communautés linguistiques en situation minoritaire. Aussi, une des priorités de Radio-Canada, selon son plan stratégique, est de créer un lien avec les régions.

Des leçons à tirer du passé

Avec les nombreuses incertitudes qui planent pour la programmation en français dans les communautés francophones hors Québec, certains se souviennent de l’annonce de la disparition de la programmation locale à la station de Windsor, en Ontario, en 2009.

La communauté s’était alors mobilisée pour sauver la programmation en français. Nicole Larocque et Karim Amella avaient lancé le mouvement SOS CBEF.

La communauté et le groupe SOS CBEF avaient alors déposé une plainte au Commissariat aux langues officielles qui, à son tour, a déposé un recours judiciaire à la Cour fédérale en 2010.

«Le commissaire avait conclu que CBC/Radio-Canada n’avait pas respecté ses obligations en vertu de la partie VII de la Loi sur les langues officielles, peut-on lire dans le communiqué de presse de la Cour fédérale. Elle n’avait pas consulté la communauté francophone du Sud-Ouest ontarien et n’avait pas tenu compte des répercussions négatives de la fermeture de la station de radio CBEF sur cette communauté.»

Pour Raymond Théberge, cette partie de l’histoire démontre que «les gens ont à cœur leur diffuseur local […] C’est important que Radio-Canada et CBC soient très sensibles à leurs obligations».

Avec la nouvelle Loi sur les langues officielles, la partie VII, selon le commissaire, est «beaucoup plus robuste, beaucoup plus solide, qui nous permet de faire des enquêtes beaucoup plus poussées. C’est un langage beaucoup plus fort qui est spécifié que les institutions fédérales, dont Radio-Canada et CBC, doivent prendre des mesures positives pour appuyer le développement des communautés», soutient-il.

En 2013, l’émission du matin de la station Radio-Canada à Windsor a repris l’antenne après le renouvèlement des conditions de licence du CRTC.

En 2018, le CRTC a renouvelé les conditions de licence pour CBEF.

Compressions à CBC/Radio-Canada, décès de Gérald Comeau et Greg Fergus prié de démissionner

Lundi, lors d’une rencontre avec les employés, la présidente-directrice générale de la société d’État, Catherine Tait, a annoncé la suppression de 800 postes dont 200 postes vacants; soit environ 10 % des effectifs totalisant 125 millions de dollars de compressions budgétaires.

Parmi les postes abolis, 250 proviendront de CBC et 250 de Radio-Canada, alors que 100 sont hors production.

Cette division 50/50 préoccupe les communautés francophones en situation minoritaire, ainsi que la sphère politique canadienne.

Dans un courriel envoyé à Francopresse, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) souhaite rencontrer Catherine Tait entre autres pour «demander de quelle manière Radio-Canada a consulté ou consultera les communautés francophones pour mitiger l’impact des compressions sur celles-ci, comme le requiert la nouvelle Loi sur les langues officielles».

Le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, exige de son côté la présence de Catherine Tait et la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, en comité parlementaire dès le début de l’année de 2024.

«Le réseau francophone rejoint plus de gens et rapporte davantage de revenus publicitaires que son pendant anglophone, mais se fait autant couper que la CBC! Si on voulait saboter le réseau francophone et régional, on ne ferait pas autrement!», soutient dans un communiqué Martin Champoux, porte-parole en matière de Patrimoine, Culture et Communications du Bloc Québécois.

Pour sa part, le député néodémocrate Alexandre Boulerice s’est dit attristé de cette nouvelle. «C’est une catastrophe pour ces travailleurs. Mais aussi pour le débat civique dans notre société et l’avenir de la démocratie […]. Mais dans certaines régions, s’il n’y a pas de Radio-Canada ou de CBC locale, il n’y a rien d’autre», a-t-il lancé en mêlée de presse.

Mardi, Randy Boissonnault, le ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles, s’est dit «préoccupé» par ces compressions. Il a d’ailleurs soutenu que l’entreprise étatique devrait avoir une part des 100 millions de dollars de l’entente entre Google et Ottawa.

À lire aussi : C-18 : à qui reviendront les 100 millions de l’entente avec Google?

L’ancien sénateur conservateur Gérald Comeau s’est éteint le 4 décembre à l’âge de 77 ans. 

Photo : Archives Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

L’ancien député et sénateur néoécossais, Gérald Comeau, est décédé lundi des suites d’un cancer.

Gérald Comeau a été élu député fédéral de South West Nova, en Nouvelle-Écosse, en 1984. Défait au scrutin de 1988, il est nommé sénateur deux ans plus tard. Poste qu’il a occupé pendant 14 ans.

La Nouvelle-Écosse a été privée d’un sénateur acadien pendant 10 ans après le départ à la retraite de Gérald Comeau. Au début novembre, Réjean Aucoin a été nommé sénateur indépendant de la province.

À lire aussi : Après 10 ans d’attente, un Acadien de la Nouvelle-Écosse au Sénat

À peine deux mois après son élection, le président de la Chambre des communes, Greg Fergus, se retrouve sous les projecteurs.

Des partis d’opposition réclâment la démission du président de la Chambre, Greg Fergus. 

Photo : Bernard Thibodeau_HOC-CDC 2021

Le président est apparu vêtu de sa toge dans une vidéo rendant hommage au chef par intérim sortant du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser.

Malgré les excuses du principal concerné, présentées lundi matin, le Parti conservateur du Canada et le Bloc québécois demandent sa démission en raison du manque d’impartialité que présente la vidéo par rapport à ses fonctions.

Le député conservateur Andrew Scheer, qui lui aussi a déjà occupé le rôle de président à la Chambre, a déposé une motion pour convoquer Greg Fergus devant le comité parlementaire de la procédure.

«Pour que les députés vous fassent confiance et acceptent vos décisions, vous devez à tout moment éviter de faire preuve d’esprit partisan, a écrit Andrew Scheer dans une lettre publiée sur la plateforme X. Votre comportement de cette fin de semaine a rompu cette confiance.»

Greg Fergus devra démissionner si la majorité des députés de la Chambre le demande. Or, le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral représentent la majorité.

Taux directeur, COP28 et conflit Israël-Hamas

Mercredi, la Banque du Canada a décidé de maintenir son taux directeur à 5 %, comme ce qui était attendu, pour faire baisser l’inflation.

Dans un communiqué, la Banque soutient que «l’économie mondiale continue de ralentir et [que] l’inflation a encore baissé». Elle rapporte également que la croissance économique du pays a stagné aux deuxième et troisième trimestres de l’année 2023.

La prochaine révision du taux directeur aura lieu le 24 janvier prochain.

Lors de la 28e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP28) à Dubaï, le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, et le sous-secrétaire du ministère de l’Industrie et des Technologies avancées des Émirats arabes unis, Omar Ahmed Suwaina Al Suwaidi, ont annoncé le lancement de l’initiative Breakthrough sur le ciment et le béton.

Cette nouvelle initiative, codirigée par les deux États, «permettra l’échange entre les pays de pratiques exemplaires en lien avec un éventail de politiques et de mesures visant à décarboner ce secteur industriel essentiel», peut-on lire dans un communiqué de presse.

Toujours dans le cadre de la COP28, le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, et le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, ont annoncé un plan pour plafonner les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’industrie pétrolière.

Ce dernier «a été élaboré à la suite d’une vaste mobilisation auprès de l’industrie, des groupes autochtones, des provinces et des territoires, et d’intervenants», explique le communiqué.

L’objectif reste le même : atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

Le premier ministre Justin Trudeau et le roi de la Jordanie, Abdallah II, se sont entendus pour trouver une solution à deux États «afin de garantir une paix durable pour les Israéliens et les Palestiniens», stipule le communiqué.

Le gouvernement canadien veut soutenir une solution à deux États au Proche-Orient. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

Le Canada dit soutenir le «droit des Israéliens et des Palestiniens de vivre dans la paix, la sécurité et la dignité, sans crainte».

«Le prix de la justice ne peut être à l’encontre de tous les civils palestiniens, a lancé la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly en mêlée de presse mardi. Alors la violence doit arrêter, et c’est pourquoi nous allons soutenir une solution à deux états, et le Canada sera impliqué dans les démarches pour mener à cette solution à deux États.»

Le gouvernement se retient toutefois de mentionner un cessez-le-feu.

«Fières ambassadrices de la langue française, elles ont consacré leur temps et leurs énergies au développement de la francophonie et contribué au rapprochement entre les 33 millions de francophones et de francophiles du continent», rapporte le CFA dans un communiqué.

Linda Cardinal a contribué à la création de l’Observatoire de l’immigration francophone du Canada (OIFC), inauguré en novembre dernier. 

Photo : Courtoisie CFA

À lire aussi : Vivre en français dans les Amériques : le Centre de la francophonie des Amériques a 15 ans! (Lettre ouverte)

Linda Cardinal – Ontario

Linda Cardinal est actuellement vice-rectrice adjointe à la recherche à l’Université de l’Ontario français (UOF).

Reconnue pour ses travaux sur les régimes linguistiques comparés, le constitutionnalisme, la citoyenneté et les minorités, la chercheuse franco-ontarienne a reçu plusieurs distinctions honorifiques, dont l’Ordre du Canada, l’Ordre des Palmes académiques et l’Ordre des francophones d’Amérique.

La politologue a également contribué à la création de l’Observatoire de l’immigration francophone du Canada (OIFC), inauguré en novembre dernier.

À lire aussi : Bientôt un Observatoire de l’immigration francophone au Canada

Trèva Cousineau – Ontario

Reconnue pour son engagement de longue date et sa défense de la langue française, Trèva Cousineau a aussi été honorée.

Enseignante et diététiste de formation, la Franco-Ontarienne a occupé des postes importants dans plusieurs organismes et associations francophones, notamment dans le domaine de l’éducation.

Trèva Cousineau est actuellement présidente du Conseil sur le vieillissement d’Ottawa. 

Photo : Courtoisie CFA

Trèva Cousineau a en outre été membre du conseil d’administration du CFA de 2010 à 2017.

«Avant mon arrivée au Centre, je ne savais pas qu’il y avait autant de francophones sur le continent», a-t-elle confié au journal L’Orléanais.

Elle a reçu plusieurs distinctions, dont le prix Richelieu Albert-Boyer, l’Ordre de la Pléiade et du dialogue des cultures, l’Ordre des francophones d’Amérique et récemment le prix Bernard Grandmaître, qui rend hommage aux personnes qui ont marqué la communauté franco-ontarienne de la région d’Ottawa.

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Mais pas question pour cette militante chevronnée de baisser les bras. «Il y aura toujours des combats pour le français. Je le dis souvent, si tous les enfants au Canada apprenaient dès la première année les deux langues officielles, le Canada serait un vrai pays bilingue», a-t-elle déclaré auprès de nos confrères.

Elle est actuellement présidente du Conseil sur le vieillissement d’Ottawa (CSV).

Mariette Mulaire – Manitoba

Mariette Mulaire, ancienne directrice générale du World Trade Centers Association de Winnipeg, devient elle aussi membre honoraire du CFA.

Mariette Mulaire a été directrice générale du World Trade Centers Association de Winnipeg. 

Photo : Jean Rodier

La Franco-Manitobaine a été la première directrice générale du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba. Elle siège actuellement au conseil d’administration de la Banque du Canada et de TV5.

Mariette Mulaire a en outre reçu l’Ordre des francophones d’Amérique, la mention Femme de Distinction de la YMCA-YWCA dans la catégorie leadeurship et la médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II.

Le Commissariat aux langues officielles lui a également décerné le Prix d’excellence – Promotion de la dualité linguistique. En 2017, elle a reçu le Prix Riel et le Prix Maurice-Gauthier, en reconnaissance de son engagement soutenu dans la promotion de la dualité linguistique, au Manitoba et au Canada.

À écouter : Contact établi : «Entre plaine et montagnes» (balado)

Au-delà de la francophonie canadienne

Le CFA a aussi tenu à souligner l’engagement de Haydée Silva, professeure et chercheuse mexicaine en didactique du français et en littérature francophone à l’Université nationale autonome du Mexique.

Elle est notamment cotitulaire de la Chaire d’études canadiennes Atwood-Obomsawin-Roy et une collaboratrice régulière du CFA.

L’occasion de rappeler que la francophonie rayonne aussi en Amérique latine.

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L’enjeu de cette conférence est pourtant clair. Les gaz à effet de serre mènent au réchauffement climatique et celui-ci mène à des désastres écologiques, des pertes de territoire, des déplacements, des dépossessions, des conséquences affreuses pour la santé et pour les droits de la personne, ainsi que des morts – sans compter les couts économiques.

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La COP28, ou 28e Conférence des Parties, rassemble les pays qui ont adhéré à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992. Cette convention crée les conférences annuelles et encadre leur gouvernance.

Toutefois, les effets de ces conférences sont limités.

Malgré certains résultats encourageants et la prise de conscience populaire qui a suivi, le protocole de Kyoto signé en 1997 et qui émane des COP3 à COP6 est vu depuis longtemps comme un échec.

Il en va de même pour l’Accord de Paris, signé en 2015 (COP21).

Tandis que les émissions de gaz à effet de serre devaient diminuer de 43 % avant 2030, les plans d’action en place ne permettraient qu’une diminution de 2 %.

Et encore, ce ne sont que des objectifs (insuffisants), et le progrès réel du Canada demeure encore bien en deçà de ses visées.

Outre le fait que les engagements ne sont pas respectés, les critiques formulées à l’endroit des gouvernements mondiaux sont nombreuses.

La justice environnementale

Depuis la COP1 de 1995, ces rencontres ont également été le terrain d’un affrontement entre les pays responsables du réchauffement climatique et ceux qui en souffrent le plus.

Avec les principes de précaution, de responsabilités communes et différenciées, et du droit au développement, la Convention-cadre reconnait déjà la justice comme un enjeu central de la question climatique.

Les changements climatiques toucheront évidemment les générations futures, mais ils ont déjà des conséquences grandissantes dans le monde.

Les pays en développement sont les plus affectés par ces changements, alors même qu’ils en sont les moins responsables.

Si leur transition vers de nouvelles technologies est appuyée par un important «fonds vert», la gouvernance de l’extraction des minéraux nécessaires à ces technologies, son incidence sur les populations locales, et la distribution des profits qui en découlent demeurent des enjeux de taille.

Un accord a déjà été signé pour la mise en place d’un fonds pour venir en aide aux pays qui subissent des pertes et dommages attribuables aux changements climatiques.

Toutefois, ce fonds est pour l’instant d’un total d’environ 400 millions $ US. Le Canada s’est engagé à y verser 16 millions de dollars, tandis qu’à lui seul il a dépensé 4,5 milliards de dollars canadiens pour l’achat d’un pipeline en 2019.

Démocratie et lobbying

Les COP sont l’occasion pour plusieurs ONG de contribuer à la discussion avec leurs connaissances fondées sur des perspectives expertes, pour plusieurs en relation au bien public. Des organisations militantes avec moins de moyens manifestent également près du site de la conférence.

Mais il s’y trouve aussi des lobbyistes employés par les compagnies d’énergie fossile. Les journalistes de la plateforme Heated estiment qu’au moins 600 d’entre eux participent à la conférence.

Depuis 2003, 7 200 accréditations ont été accordées à de tels lobbyistes, ce qui a mené le Canada à restreindre (sans pour autant bannir) leur présence à son pavillon de la COP28.

À l’échelle planétaire, ces lobbyistes ont pour mandat d’empêcher les mesures qui nuiraient aux profits des compagnies productrices d’énergie fossile, comme celles responsables des émissions de gaz à effet de serre.

Au Canada, ces lobbyistes ont une influence sur les politiques et objectifs des grandes initiatives gouvernementales et ils freinent l’action liée au changement climatique.

Ce qui se passe à la COP28 est encore plus grave : le président de la conférence, le sultan Ahmed Al Jaber, est ministre de l’Industrie et des Technologies avancées des Émirats arabes unis – mais aussi PDG de la compagnie pétrolière émiratie ADNOC.

L’octroi de l’organisation de la COP28 à Dubaï a souvent été critiqué.

Al Jaber aurait cherché à se servir de la conférence pour tenir des discussions commerciales autour de son exportation de gaz naturel liquéfié et pour détourner l’attention de l’inaction sur les énergies fossiles. Il voudrait utiliser les investissements dans l’énergie renouvelable comme écran, tout en améliorant l’image des Émirats arabes unis.

Il a par ailleurs déclaré que la sortie des énergies fossiles ne donnerait pas de résultats appuyés par la science – ce qui est faux – avant d’affirmer qu’il avait été mal interprété, mais en changeant son message.

Non pas des solutions, mais une volonté

On connait les accords et les solutions nécessaires. Les négociations et accords signés dans les premiers jours montrent la tenue de discussions sur la réduction du méthane, ainsi qu’un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire, mais également le refus persistant de toute sortie des énergies fossiles.

Toute initiative qui ne passe pas par la sortie des énergies fossiles – soit une élimination de celles-ci et non une réduction – ne réussira pas à contrer un réchauffement climatique de 1,5 degré et risque plutôt de nous amener à une augmentation de 3 degrés.

De tels changements de direction et la prise de responsabilité collective qui les accompagne ne seront possibles que par la démocratisation et un souci de la justice.

En diminuant l’influence des compagnies qui ont tout à perdre de cette direction, il deviendra plus facile de faire passer à l’avant-plan la volonté de changement de voie des citoyens et citoyennes non seulement des pays les plus touchés par les changements climatiques, mais de l’ensemble de la planète.

Jérôme Melançon est professeur agrégé en études francophones et interculturelles ainsi qu’en philosophie à l’Université de Regina. Ses recherches portent notamment sur la réconciliation, l’autochtonisation des universités et les relations entre peuples autochtones et non autochtones, sur les communautés francophones en situation minoritaire et plus largement sur les problèmes liés à la coexistence. Il est l’auteur et le directeur de nombreux travaux sur le philosophe Maurice Merleau-Ponty, dont «La politique dans l’adversité. Merleau-Ponty aux marges de la philosophie» (Metispresses, 2018).

L’entente entre Google et Ottawa a suscité un certain soulagement chez plusieurs médias locaux. «On a évité cette catastrophe», lance Brenda O’Farrell, présidente de Quebec Community Newspapers Association (QCNA), en entrevue avec Francopresse, faisant référence à la menace du géant numérique de bloquer les contenus médiatiques canadiens sur sa plateforme.

«Mais, au niveau des journaux communautaires, il n’y a pas de victoire là-dedans. Est-ce que ça va donner quelque chose à la fin de la journée pour aider les journaux, les petits journaux régionaux?», se demande-t-elle.

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Brenda O’Farrell croit que C-18 n’a pas tenu compte des enjeux auxquels font face les médias communautaires.

Photo : Courtoisie

«Il n’y a pas de victoire là-dans»

Selon Brenda O’Farrell, la loi C-18 a été mal conçue, car elle «traite tous les médias de la même manière».

Or, la présidente soutient que le modèle d’affaires des journaux régionaux est différent de ceux des plus gros médias, comme CBC/Radio-Canada. «Ça, c’est une chose que le gouvernement avec C-18 n’a pas comprise.»

Les journaux locaux ont la capacité et la volonté d’effectuer un travail journalistique beaucoup plus important, avec très peu de ressources financières et humaines, ajoute-t-elle.

«Si vous regardez ce que les gros quotidiens ont fait avec plus d’argent, ils ont coupé [dans les] emplois, ils ont coupé le nombre d’articles qu’ils ont écrit, ils ont coupé [certaines] régions qu’ils couvraient. Dans toutes les métriques que vous voulez choisir, ils ont fait moins», lâche-t-elle.

Cependant, depuis que le projet de loi C-18 a été déposé en 2022, Brenda O’Farrell estime que la situation financière de nombreux journaux locaux à travers le pays est de plus en plus précaire.

Dans cette optique, Brenda O’Farrell ne cache pas son inquiétude face à la redistribution des 100 millions de dollars convenus avec Google. Selon elle, les critères d’admissibilité ne sont pas clairs.

«Si c’est basé sur le nombre de clics qu’un journal recevra, les petits journaux locaux vont être toujours en bas de la liste», explique-t-elle.

«Il faudrait que Radio-Canada s’abstienne»

«Je pense qu’il faudrait que Radio-Canada s’abstienne», dit sans hésitation Jean-Hugues Roy, professeur de journalisme à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

Jean-Hugues Roy souhaite que le gouvernement oblige Meta à redonner l’accès aux contenus médiatiques au Canada.

Photo : Courtoisie

«Ils ont beaucoup d’argent et s’ils ont besoin de plus d’argent, c’est peut-être parce qu’ils veulent en faire trop, peut-être qu’ils doivent revenir à une mission plus sobre d’une part», affirme de son côté Marc-François Bernier, professeur titulaire au département de communication de l’Université d’Ottawa.

Selon ces deux experts, l’enveloppe du collectif de médias qui sera mis sur pied dans les prochaines semaines devrait être partagée entre les médias locaux, régionaux, les hebdomadaires, les radios communautaires, etc. Entre autres, «tous les médias communautaires ou de langue minoritaire, autochtone», stipule Jean-Hugues Roy.

«Tous ceux qui ont une mission locale et régionale, parce que c’est là qu’il y a un problème dans notre société», complète Marc-François Bernier.

Selon lui, le manque de financement et d’investissement dans les plus petits médias reste un enjeu important pour la démocratie.

«Il n’y a pas de médias locaux qui surveillent les administrations locales. Il y a plus de risques de corruption, il y a plus de risques de gaspillage de fonds publics et les enjeux locaux n’ont pas d’écho dans les grands parlements», note-t-il.

Concurrence déloyale

Marc-François Bernier va plus loin et affirme qu’il y a une concurrence déloyale entre les médias locaux et Radio-Canada. D’après lui, grâce aux fonds publics, Radio-Canada peut couvrir plus d’évènements communautaires là ou d’autres entreprises médiatiques plus petites n’ont pas les moyens ou les ressources pour le faire.

Marc-François Bernier croit que CBC/Radio-Canada ne devrait pas recevoir un montant du collectif. 

Photo : Courtoisie

«Il ne faut pas créer de l’argent pour Radio-Canada, sinon ça prive autant les médias locaux de leur droit d’existence, de leur droit de servir leur clientèle. Moi je trouve qu’il y a une question d’équité dans ça, puis c’est aussi lié à la diversité et à la pluralité des sources d’information», défend-il.

Pour sa part, Jean-Hugues Roy croit que La Presse canadienne devrait être en première ligne pour recevoir une part du fonds Google.

«Ce serait très dommageable pour la qualité de l’information au Canada si La Presse canadienne devait fermer ses portes, donc pour moi ce serait la priorité numéro un», assure-t-il.

Le blocage Meta persiste

Depuis le 1er aout dernier, l’entreprise Meta, maison mère de Facebook et Instagram, bloque les contenus médiatiques sur le territoire canadien. Pour Brenda O’Farrell, c’est une action qui «nous a fait mal».

La présidente soutient que la communauté des médias locaux «a très peur» pour son avenir. Selon elle, le gouvernement fédéral doit faire plus en termes de financement pour les médias.

«C’est une plateforme qui permet aux gens d’acheminer du trafic sur le site des médias», explique Marc-François Bernier, qui est du même avis. «Quand on regarde les faits, les résultats [découlant de C-18], c’est pas un grand succès», se désole le professeur de l’Université d’Ottawa.

Pour Jean-Hugues Roy, une action de la part du gouvernement est nécessaire afin d’obliger Meta à garder la circulation des nouvelles sur le territoire canadien. «Beaucoup de Canadiens s’informent grâce à Instagram, grâce à Facebook, il faut forcer. Il y a des arguments qui justifieraient qu’un État oblige Meta à avoir de l’information», conclut-il.

Avant d’entamer mon décompte de 2023, il me serait impossible de ne pas rendre hommage à Karl Tremblay, chanteur des Cowboys Fringants, emporté par un cancer à la mi-novembre.

Même si le groupe a surtout tourné au Québec et en Europe, il a tout de même touché le cœur de plusieurs Franco-Canadiens et sa musique a occupé et continue d’occuper une place sur plusieurs stations de radio francophones hors Québec.

Les chansons des Cowboys, que ce soit Ti-cul, Les Étoiles filantes, Sur mon épaule ou encore L’Amérique pleure pour ne nommer que celles-là, savent apporter un moment paisible dans notre journée.

Tous, d’un bout à l’autre du pays et au-delà, nous avons été touchés par la voix réconfortante de Karl Tremblay, une voix dont le charisme nous rappelait celle d’un grand frère, d’un ami, d’un confident. Cette voix ne sera jamais oubliée.

Sur mon épaule

10e position : Rien qu’un animal, Matt Stern

Pour amorcer ce top 10, je vous propose le premier opus francophone de l’auteur-compositeur-interprète Matt Stern, natif de Montréal, maintenant établi dans la communauté francophone de Victoria, en Colombie-Britannique.

Cet artiste de l’Ouest canadien, nous captive avec Rien qu’un animal, un album pop urbain, qui a du panache et qui se termine sur un air funk pour nous faire danser. La fluidité des orchestrations est remarquable. De la bonne pop.

Rien qu'un animal
Album : Rien qu’un animal

9e position : Enfiler mes bottes, Émilie Landry

Dans son troisième opus francophone, la jeune autrice-compositrice-interprète Émilie Landry, originaire du Nouveau-Brunswick, nous invite à découvrir son monde personnel, plus intérieur.

L’album est rempli de superbes textes, qui nous interpellent autant que les musiques country folks. Ce produit est gage d’une belle maturité, qui saura captiver l’auditeur.

J’mérite mieux
Album : Enfiler mes bottes

8e position : Un monde de dissonances, Sirène & Matelot

Avec ce disque, le groupe Sirène & Matelot nous donne un rendez-vous magique. Ce duo d’auteurs-compositeurs-interprètes de l’Île-du-Prince-Édouard, composé de Patricia Richard et Lennie Gallant, est tout en sobriété.

Des musiques folks bien fignolées servent de toile de fond à des textes magnifiques, qui nous racontent la vie dans toutes ses nuances. La réalisation de l’album, signée Davy Gallant, sait mettre en valeur le duo.

Un monde de dissonances
Album : Un monde de dissonances

7e position : Tavernier, Claude Cormier

Le Madelinot Claude Cormier fait un retour sur disque avec Tavernier. Cet artiste, qui en est à son 8e opus, réussit encore une fois à séduire ses admirateurs et à en charmer de nouveaux.

Avec des musiques tantôt entrainantes, tantôt berçantes, il nous livre encore des textes puissants qui nous captivent mot après mot. Son timbre de voix est toujours aussi réconfortant après plus de 20 ans de carrière.

C’est pas d’main la veille
Album : Tavernier

6e position : Les Fils du père, Les Gars du Nord

La sixième place revient à un des super groupes acadiens de l’heure, Les Gars du Nord. Leur album Les Fils du père est une bombe d’énergie contagieuse, réalisé par deux des sept membres du groupe, Jean-Frédéric Lizotte et Wilfred LeBouthillier. Ce dernier a d’ailleurs coécrit les musiques et textes avec un autre membre, Danny Boudreau.

Les paroles sont solides et nous transportent dans le monde des pêcheurs, de la mer et des souvenirs. Dès le début du disque, nous sommes envoutés par la puissance des musiques et des voix.

Les hardes cirées
Album : Les Fils du père

5e position : À boire deboutte, Salebarbes

Au cinquième rang, on retrouve l’autre super groupe de l’Acadie, Salebarbes. Le quintette, qui a reçu les Félix de la Chanson de l’année et du Spectacle de l’année – Variété et réinterprétation, nous propose une formule gagnante, mais encore plus contagieuse.

Avec À boire deboutte, les cinq auteurs-compositeurs-interprètes nous offrent un album solide, entrainant et captivant, qui montre bien tout le plaisir qu’ils ont à partager leur art avec le public.

Gin à l’eau salée
Album : À boire deboutte

4e position : For The Giving / Sans rien donner, Aleksi Campagne

Avec un nom connu dans l’univers musical franco-canadien, Aleksi Campagne nous propose un album double des plus prenants, For The Giving/Sans rien donner.

Dix chansons en versions anglaise et française. Un opus pop, folk, aux arrangements très orchestraux. L’artiste montréalais nous ensorcèle avec sa voix unique et ses prestations profondes qui nous amènent ailleurs. On se laisse aisément séduire par la richesse de chaque chanson.

Encore une autre journée
Album : For The Giving / Sans rien donner

3e position : Sous la fourrure, Squerl noir

Mon top 3 débute avec une autre belle découverte, qui a été lancée à la fin d’aout. L’auteur-compositeur-interprète d’Ottawa David Robquin, alias Squerl noir, a su trouver les musiques parfaites pour accompagner des mots justes, afin de réussir à interpeler des auditeurs en quête de fraicheur auditive.

La réalisation de Sous la fourrure est d’une pureté exceptionnelle, ce qui en fait un produit hors du commun. L’album s’accompagne d’un livre du même titre, qui est à la fois une réflexion sur la création artistique, mais aussi un recueil de textes revenant sur le processus de création du disque.

Irrationnels
Album : Sous la fourrure

2e position : Boréale, Mimi O’Bonsawin

Depuis presque 10 ans, Mimi O’Bonsawin ne cesse d’émerveiller avec sa musique. L’artiste franco-ontarienne abénaquise partage sa culture et ses origines autant dans la langue de Molière que celle de Shakespeare.

Elle nous offrait en octobre Boréale, un album entièrement en français. Avec une voix presque divine, des musiques profondes aux accents autochtones, Mimi O’Bonsawin nous plonge dans la richesse de son âme et nous raconte le duel entre ses cultures franco-ontarienne et abénaquise. On sent toute la fierté de ses origines.

Dis-moi ce que tu vois
Album : Boréale

1e position : Maison vent, Willows

Mon coup de cœur de la francophonie musicale canadienne pour cette année est aussi un rendez-vous avec la culture autochtone et métisse.

Geneviève Toupin évolue sur la scène musicale franco-canadienne depuis 14 ans, mais c’est en 2014 qu’elle nous a présenté son alter ego, Willows. Cette année, elle nous a épatés avec un album qui rendait hommage à ses origines mitchif.

Maison vent est un rendez-vous des plus attendrissants, où l’auteure-compositrice-interprète franco-manitobaine nous dévoile toute sa richesse et la fierté de ses racines. Tel un diamant pur, son timbre de voix vient nous caresser à la moindre note. Elle nous livre un petit bijou des plus généreux, avec 14 chansons, qui nous dévoilent tous son univers.

Je reviens toujours
Album : Maison vent

Le top 10 de 2023 est une autre belle preuve que la francophonie musicale est bien vivante. Je tends maintenant l’oreille vers 2024, afin de découvrir d’autres chefs-d’œuvre à vous faire connaitre.

Bonne écoute et bonnes découvertes musicales.

Marc Lalonde, dit Lalonde des ondes, est chroniqueur musical depuis plus de 25 ans au sein de la francophonie musicale canadienne et animateur de l’émission radiophonique Can-Rock. Il se fait un malin plaisir à partager cette richesse dans 16 stations de radio de tout le pays chaque semaine.

Google contribuera aux médias et Ottawa

Après des semaines de négociations, la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a confirmé mercredi avoir trouvé un terrain d’entente avec Google sur le cadre règlementaire de la Loi sur les nouvelles en ligne, qui doit entrer en vigueur le 19 décembre prochain.

À lire aussi : Quelle part pour les médias locaux des 100 millions de Google?

Pierre Poilievre a réitéré son soutien envers l’Ukraine et défend que son opposition au projet de loi C-57 est liée à la taxe carbone. 

Photo : Eya Ben Nejm – Francopresse

La multinationale versera 100 millions de dollars annuellement aux médias canadiens. Ce montant, qui sera indexé à l’inflation, demeure en dessous des 172 millions de dollars réclamés par Ottawa dans le cadre règlementaire en septembre dernier.

Le gouvernement espérait surtout que Google n’emboite pas le pas à Meta, qui a bloqué l’accès aux nouvelles au Canada sur ses plateformes en aout.

La nouvelle loi, anciennement projet de loi C-18, vise à obliger les géants du numérique à indemniser les médias pour le partage de leurs contenus, dans un contexte où plusieurs d’entre eux peinent à garder la tête hors de l’eau.

«La santé du secteur canadien des nouvelles n’a jamais été aussi menacée qu’en ces temps de suppressions de postes et de fermetures des salles de rédaction», a reconnu la ministre St-Onge dans une déclaration.

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L’appui des conservateurs à l’Ukraine remis en question

Le Parti conservateur a voté contre le projet de loi C-57, qui porte sur la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange Canada-Ukraine, lors de sa deuxième lecture à la Chambre des communes, le 21 novembre dernier.

Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Pierre Poilievre, a défendu cette décision mardi, en expliquant être inquiet face au libellé de l’accord, qui fait référence à la promotion de la tarification du carbone, une mesure qui selon lui serait nuisible à l’économie ukrainienne.

«Nous sommes le seul parti à avoir soutenu l’Ukraine au lieu d’essayer d’imposer une taxe sur le carbone», s’est-il défendu en Chambre.

Selon le premier ministre, la taxe carbone n’est qu’une excuse qui cache d’autres motifs. Justin Trudeau a accusé les conservateurs de tourner le dos à l’Ukraine et a évoqué un lien avec la «montée d’une façon de penser de la droite américaine, de style MAGA [Make America Great Again]», lors d’une conférence de presse à Saint-Jean à Terre-Neuve-et-Labrador, le 24 novembre dernier.

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Des ministères fédéraux se servent de logiciels espions

Une enquête de Radio-Canada dévoile l’utilisation de logiciels espions par certains ministères fédéraux. Au moins treize ministères et agences fédérales seraient concernés, selon des documents internes obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.

Le premier ministre accuse les conservateurs de tourner le dos à l’Ukraine. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

Aucune de ces institutions n’a respecté la directive fédérale qui oblige l’évaluation des risques pour la vie privée dans le cadre d’utilisation de matériel potentiellement intrusif.

Ces logiciels permettent, entre autres, d’avoir accès à des données cryptées et protégées par des mots de passe, à des contenus supprimés et à des activités sur les réseaux sociaux, le tout sur des téléphones mobiles, des ordinateurs ou des tablettes.

Achat d’avions américains et manque d’effectifs dans la Marine

Le gouvernement canadien a annoncé jeudi une entente avec le gouvernement américain pour l’acquisition d’un maximum de 16 appareils d’aviation pour l’Aviation royale canadienne (ARC).

Une entente réalisée sans appel d’offres, potentiellement au détriment de l’entreprise québécoise Bombardier. Comme rapporté par plusieurs médias cette semaine, la multinationale québécoise Bombardier affirmait pouvoir répondre au besoin, et ce, de manière moins couteuse et dans les temps requis.

Dans un communiqué de presse, le ministère de la Défense nationale assure que Boeing intègrera des compagnies canadiennes dans «ses chaines d’approvisionnement globales» et que ses engagements économiques au Canada ont le potentiel de créer de l’emploi et de contribuer au produit intérieur brut.

«Dans l’environnement mondial complexe d’aujourd’hui, le Canada a besoin d’une armée capable de protéger notre pays pour de nombreuses années à venir. […] Le Canada a besoin d’une flotte d’aéronefs multimissions pour veiller à la sécurité de sa population et protéger la souveraineté de l’un des plus grands espaces aériens au monde», déclare le ministre Bill Blair.

Le commandant de la Marine royale du Canada (MRC), Angus Topshee, a dénoncé l’état critique du corps d’armée dans une vidéo publiée lundi sur YouTube.

Le ministre de la Défense nationale, Bill Blair, a signé une entente avec les États-Unis pour que Boeing fournisse l’aviation nécessaire. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

«La MRC fait actuellement face à de très graves problèmes qui pourraient faire en sorte que nous ne respecterons pas nos engagements en matière de posture et de disponibilité opérationnelle en 2024 et au-delà», déclare-t-il.

Le commandant évoque des taux de vacance supérieurs à 20 % pour certains postes. Selon lui, ce manque est attribué au recrutement, l’aile de recrutement des Forces armées canadiennes n’ayant pas réussi à atteindre ses objectifs depuis plus de 10 ans.

Il note aussi que les problèmes auxquels fait face la MRC «ne sont pas uniques» et que «l’aviation et l’armée sont confrontées à des défis similaires».

«Historiquement, nous avons surmonté tous les défis, alors je suis confiant en notre capacité de surmonter celui-ci», dit-il.

100 millions de dollars par année indexés à l’inflation

La ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a confirmé, mercredi, que Google versera 100 millions de dollars par année «à un seul collectif qui l[e] distribuera à tous les médias d’information admissibles et intéressés, selon leur nombre d’équivalents temps plein en journalisme».

Dans le cadre règlementaire de la Loi, présenté au début du mois de septembre, le ministère du Patrimoine estimait que Google pouvait générer plus de 170 millions de dollars canadiens afin d’aider les médias du pays.

Le géant du Web soulevait alors plusieurs préoccupations quant aux exigences qui lui étaient imposées et à la hauteur de la compensation qui devrait être versée aux médias canadiens.

«Après des discussions approfondies, nous sommes heureux que le gouvernement du Canada se soit engagé à répondre aux enjeux fondamentaux concernant le projet de loi C-18, qui comprenaient la nécessité d’une voie simplifiée pour une exemption à un seuil d’engagement clair», a affirmé par courriel Kent Walker, président des affaires mondiales, Google et Alphabet.

«On a trouvé une voie de passage pour répondre aux interrogations de Google sur l’application de la loi», a lancé la ministre Pascale St-Onge en mêlée de presse, mercredi.

Quant à l’admissibilité de CBC/Radio-Canada aux fonds provenant de l’entente avec Google, la ministre n’a pas voulu donner plus de précisions.

Les médias locaux s’inquiètent

René Chiasson souhaiterait que les médias locaux en situation minoritaire reçoivent des parts équitables du montant que devra verser Google. 

Photo : Courtoisie

Avec la crise des médias qui sévit partout au Canada, les journaux locaux, dont les journaux francophones en situation minoritaire, s’inquiètent tout de même du manque de ressources qui pèse lourd sur le secteur.

«Les médias de langues officielles sont admissibles», a rappelé la ministre St-Onge, mercredi. Elle a précisé que l’article 11.1 de la loi décrit tous les médias qui sont admissibles aux fonds monétaires et auxquels la loi s’appliquera, ce qui inclut des médias des minorités linguistiques.

«Par exemple, des médias de langues officielles en situation minoritaire, des médias ethniques, des médias indépendants, etc. Donc, c’est avec ce collectif-là que Google devra s’organiser», a-t-elle précisé.

René Chiasson, coprésident de Réseau.Presse, organisme éditeur de Francopresse, doute que la distribution du financement de Google soit partagée de manière équitable.

«Nous craignons que les conditions d’admissibilité favorisent nettement les grands médias au détriment des journaux locaux, comme ceux de nos membres», soutient-il.

La version finale de la règlementation précisera, entre autres, les conditions d’admissibilité des médias. Déjà déposée au Conseil du Trésor, la règlementation mise à jour sera publiée avant l’entrée en vigueur de la loi, soit le 19 décembre prochain.

Faute d’avoir des réponses claires sur la hauteur du financement auquel les journaux locaux auront accès, René Chiasson attend impatiemment de voir une bonification du programme de l’Initiative de journalisme local (IJL) pour assurer du financement fédéral adéquat pour les médias locaux.

Il rappelle surtout que la décision du gouvernement fédéral de délaisser la publicité dans les médias imprimés, il y a près de dix ans, a toujours des conséquences aujourd’hui. «Nous souhaitons ardemment le retour des publicités fédérales dans nos médias. La perte de ces publicités a grandement nui à l’écosystème communautaire francophone», précise-t-il.

La ministre St-Onge se réserve le droit de négocier la compensation de Google dans l’éventualité que de meilleures ententes soient conclues ailleurs dans le monde.

Depuis la rupture des négociations avec le gouvernement canadien, l’entreprise Meta, maison mère de Facebook et Instagram, bloque l’accès à tous les contenus médiatiques sur le territoire canadien. Selon le bureau de la ministre, Patrimoine canadien est prêt à reprendre le processus de négociation avec Meta.

Le 19 novembre dernier, les Argentins ont élu à la magistrature suprême Javier Milei. Politicien libertarien et populiste, il nous ferait presque regretter son acolyte Bolsonaro au Brésil. Le 22 novembre, lors des législatives, les Néerlandais portaient en tête du scrutin l’extrême droite de Geert Wilders, qui a recueilli 25 % des suffrages contre 11 % en 2021.

Un phénomène mondialisé                                         

L’un des éléments qui nous permettent de saisir l’une des causes profondes de cette montée des populismes est le fait qu’elle s’observe sur tous les continents.

Que ce soit en Amérique du Sud avec Milei et Bolsonaro; en Amérique du Nord avec Trump – toujours aussi haut dans les sondages – et Poilievre; en Europe, où la liste serait trop longue à dresser; en Asie avec l’indéboulonnable Modi en Inde ou Marcos Junior aux Philippines; jusqu’en Afrique, où une série de coups d’État a propulsé aux manettes du pouvoir des caporaux aux discours simplistes pour ne pas dire simplets.

L’aspect mondialisé du populisme démontre le rôle clé joué par un système ultracapitaliste débridé, qui non seulement accroit toujours et encore plus l’écart entre le 1 % et le reste de la planète, mais qui en plus le fait en toute impunité et avec un culot effronté.

Sans honte ni vergogne

Un culot inégalé donc. Parce que non contents de s’en mettre plein les poches alors qu’ils demandent sans cesse aux petites gens de se serrer la ceinture, les rares bénéficiaires et artisans des systèmes populistes dévastateurs humilient.

Comment le personnel infirmier et le personnel enseignant du Québec, qui sont payés des clopinettes, pourraient-ils ne pas se sentir humiliés alors qu’en pleine négociation, le gouvernement annonce fièrement son intention de dépenser sept-millions de dollars pour deux matchs préparatoires de hockey d’une équipe américaine?

Comment les Franco-Ontariens pourraient-ils ne pas se sentir humiliés alors que des copains du gouvernement, dont certains sont parties prenantes du fiasco de l’Université Laurentienne, balancent un rapport inepte nous intimant d’oublier nos institutions francophones acquises récemment après des décennies de lutte?

Il n’y a jamais d’argent pour les services de santé, le logement, la transition écologique, l’éducation, mais les gouvernements de par le monde n’hésitent pas une minute à subventionner à coups de milliards les grandes compagnies pétrolières et retenir les services-conseils prétendument indispensables de la firme McKinsey.

Ce sans-gêne constant de la part des gouvernants pousse les citoyens vers les leadeurs populistes.

Il y a quelque chose de pourri au royaume du capitalisme ultralibéral que l’on ne retrouvait pas dans le capitalisme il y a un siècle quand les grands chefs d’entreprise se gardaient une petite gêne, même s’ils se frottaient les mains discrètement devant les boucheries de 1914-1918 qui faisaient accroitre leurs profits.

Le creusement des inégalités

La pandémie a mis en lumière comment les malheurs des uns (enfin de la plupart) faisaient le bonheur de (quelques-)uns. Le 1 % a accru ses richesses alors que des dizaines de millions de personnes ont glissé dans la pauvreté.

Depuis, l’envolée des prix de l’immobilier conjuguée à des taux d’intérêt à la hausse et à une inflation élevée fait en sorte qu’un nombre croissant de personnes des classes moyennes décrochent et rejoignent le lot des précaires.

L’ascenseur social qui avait fonctionné pendant les Trente Glorieuses est en panne.

Il est beaucoup plus difficile pour les deux dernières générations de vivre une mobilité sociale positive. Même la très conservatrice Organisation de coopération et de développement économiques le reconnait dans divers rapports.

Alors forcément cela est source de frustrations énormes pour toutes les générations. D’où un ras-le-bol généralisé, qui se traduit par une sanction électorale des élites politiques traditionnelles.

Selon Statistique Canada, «[l]’écart de la valeur nette entre les patrimoines les plus élevés et les plus bas a augmenté de 1,1 point de pourcentage au premier trimestre de 2023 par rapport au même trimestre un an plus tôt. Il s’agit de l’augmentation la plus rapide jamais enregistrée pour ces estimations, qui remonte à 2010». 

Un soutien irrationnel aux populismes

Une chose demeure frappante quand on regarde les intentions de vote des citoyens en faveur des candidats populistes : l’irrationalité.

Qu’est-ce à dire? Tout simplement que ces personnes vont voter pour des candidats qui, loin de résoudre leurs problèmes, ne feront que les aggraver.

Trump n’a pas remis la classe ouvrière blanche au travail. Marine Le Pen, née dans une famille bourgeoise, ayant habité dans un château, ne sait pas ce qu’est le dur labeur. Pierre Poilievre a été élu député à 25 ans et depuis a écumé les maroquins ministériels et les bancs de la Chambre. Comment pourrait-il savoir ce qu’est le quotidien des travailleurs canadiens?

Si l’on veut combattre le populisme, il ne s’agit donc pas de continuer à prendre les électeurs pour des imbéciles, mais de commencer par les respecter; de s’attaquer réellement aux grands problèmes socioéconomiques; d’arrêter les collusions et corruptions entre petits amis; et de mettre en place un système fiscal juste permettant de réduire les inégalités.

Aurélie Lacassagne est politicologue de formation et doyenne des Facultés de sciences humaines et de philosophie de l’Université Saint-Paul à Ottawa. Elle est membre du Comité de gouvernance du Partenariat Voies vers la prospérité.

Pour participer au concours, les candidats doivent enregistrer un balado, seul ou en équipe de trois maximum, sur le thème de «lire dans l’avenir».

L’objectif est de laisser parler la créativité des jeunes sur leur vision de la lecture dans le futur, informe Cassandra Simon, responsable des communications et du marketing du Salon du livre de l’Outaouais et coorganisatrice du concours. Autrement dit, à quoi ressemblera le monde littéraire de demain?

Après avoir choisi un livre sur le sujet, les participants peuvent remettre leurs projets sous forme «d’entrevues, de débats, de récits de fiction ou de science-fiction», précise-t-elle.

L’équipe lauréate aura droit, entre autres, à un voyage tout inclus au Salon du livre de l’Outaouais, à une expérience professionnelle de postproduction et une diffusion de leur balado au Festival de la radio numérique.

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«Sortir de notre bulle»

Pour Cassandra Simon, participer au concours Lance ton balado est une façon de développer de nouvelles habiletés. «Ça nous force à mettre nos idées en place, à réfléchir à ce qu’on a envie de dire, puis aux idées qu’on a envie de faire passer», évoque la responsable.

C’est également un moyen de travailler sur un projet et d’apprendre sur les différentes étapes de création de contenu d’un balado et sur les logiciels qui permettent son enregistrement, souligne-t-elle.

Le concours est aussi une occasion de s’entrainer sur son éloquence et sur sa timidité, remarquent les Franco-Ontariennes Maria Oprea et Sophia Nazari, le duo gagnant de la première édition.

«Ça nous a encouragées à sortir de notre bulle et juste comme être soi-même et parler de ce qu’on aime», témoigne Sophia Nazari.

Être fier de son français

«Lance ton balado a vraiment l’intention de faire valoriser la francophonie au Canada, et puis, l’amour des livres et de la lecture chez les jeunes», ajoute Cassandra Simon.

Selon Maria Oprea et Sophia Nazari, le duo gagnant de la première édition, il faut avoir confiance en son français. 

Photo : Courtoisie

Maria Oprea et Sophia Nazari confient au départ avoir douté de leurs capacités en français face aux natifs francophones. Mais cette crainte n’a pas arrêté le duo, qui encourage les jeunes francophones en situation minoritaire à ne pas avoir de réticences sur leur français et de participer au concours.

Les deux amies dévoilent avoir développé de nouvelles aptitudes après leur expérience. «On a gagné des compétences d’être plus confiante en ce qu’on dit et ne pas avoir peur de rencontrer de nouvelles personnes et de faire des choses qui nous sortent de notre zone de confort», déclare Maria Oprea.

Pour encourager les jeunes à participer, certaines écoles ont intégré le concours comme projet scolaire, permettant aux élèves de bénéficier de l’encadrement des enseignants.

Le Salon du livre de l’Outaouais propose également sur son site web du concours des liens vers des logiciels de montage gratuits. «On essaie d’accompagner au maximum les jeunes qui partiraient de nulle part et qui n’auraient pas cet accompagnement-là scolaire», rassure Cassandra Simon.

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Selon Cassandra Simon, l’une des organisatrices du concours, Lance ton balado permet de structurer ses idées et d’introduire les logiciels de production aux jeunes. 

Photo : Courtoisie

Encourager à la lecture

Le concours est aussi un moyen de démontrer que la lecture n’est pas toujours associée à une tâche scolaire obligatoire, mais qu’il est possible de s’amuser en lisant des livres qui sont à notre gout, explique la coorganisatrice. «On veut faire connaitre un petit peu la magie du livre aux jeunes.»

D’ailleurs, le choix d’un thème aussi vague permet aux jeunes de choisir les œuvres qui les inspirent le plus, ajoute-t-elle.

Pour la première édition, les participants devaient choisir une figure francophone qui a eu un impact sur le monde. Elles ont choisi de parler de leur chanteuse favorite, la chanteuse belge Angèle, pour son militantisme envers les «droits des femmes et les droits des personnes LGBTQIA+», informe Maria Oprea.

Le duo conseille aux nouveaux participants de choisir un sujet qui les intéresse. «Les gens peuvent entendre dans ta voix ou à travers toute l’information que tu donnes que tu es passionné à propos de ton sujet», souligne Sophia Nazari.

Un sujet qui manque d’enthousiasme se voit rapidement chez les auditeurs, assure-t-elle. «Ça devient comme plus ennuyant.»

Les jeunes ont jusqu’au 12 janvier, 23 h 59 (heure de l’Est), pour déposer leurs candidatures.

Comment participer?

Tous les jeunes qui habitent au Canada et qui sont âgés de 12 à 18 ans le 12 janvier 2024 peuvent poser leur candidature en groupe de trois, de deux, ou seul.

L’enregistrement doit durer entre 4 à 6 minutes.

Pour mieux connaitre les attentes du jury, voici la grille d’évaluation du concours : https://slo.qc.ca/wp-content/uploads/2023/07/Grille-de-criteres-publique.pdf

Source : Lance ton balado