En préparation d’une récente entrevue pour la troisième édition de l’indice pâté chinois de Francopresse, j’ai eu l’occasion de me replonger dans les données de l’inflation alimentaire.
Après deux ans d’inflation anormalement élevée, il est rassurant de constater que le prix des denrées se stabilise. Nous avons tous pu constater combien une hausse des prix de 10 ou 20 % pouvait faire mal au portefeuille.
Mais un danger drôlement plus important qu’une pandémie ou qu’un conflit à l’autre bout du monde menace le prix de nos aliments et même l’offre : les changements climatiques.
Aura-t-on encore du café au déjeuner?
Le café, le chocolat ou le vin, tels qu’on les connait, sont appelés à disparaitre, ou du moins à connaitre des baisses de production tellement fortes qu’ils pourraient devenir hors de prix.
Ce n’est pas un scénario de science-fiction ni une hypothèse pour le XXIIe siècle.
La hausse des températures dans le monde affecte déjà la production des fruits qui servent à fabriquer le café, le vin ou le chocolat, et il faut s’attendre au cours des prochaines années à voir les prix monter à mesure que les récoltes seront affectées.
Quand on parle de changements climatiques, on fait souvent référence à la hausse moyenne des températures. Selon l’ONU, le monde s’est déjà réchauffé de 1,2 °C par rapport à l’ère préindustrielle et il faut limiter le réchauffement à 1,5 °C pour en éviter les pires effets.
Dans la réalité cependant, les changements climatiques n’entrainent pas une hausse égale et continue des températures, mais plutôt une croissance des évènements météorologiques extrêmes. Pensez par exemple aux feux de forêt qui ont dévasté de grandes régions du pays à l’été 2023.
Les sècheresses, les pluies abondantes, les périodes de canicule exceptionnelles… tout cela affecte les plantes que l’on cultive ou les animaux que l’on pêche ou élève.
Normalement, la nature a un moyen de défense efficace contre des transformations radicales de l’environnement : la diversité génétique. Si une variété de café supporte mal la chaleur extrême, elle finira généralement par disparaitre au profit d’une autre qui est plus résistante.
Or, pour maximiser la productivité des cultures, on a eu tendance à faire exactement l’inverse et à miser sur un nombre très limité de cultivars, ce qui accroit notre vulnérabilité aux changements climatiques.
La vaste majorité du café (Arabica), des bananes (Cavendish) et des avocats (Hass) consommés chez nous et aux quatre coins du monde proviennent d’un seul cultivar.
D’ici 2050, la moitié de toutes les terres où pousse le café aujourd’hui sera impropre à sa culture.
Cette transformation n’arrivera pas du jour au lendemain. On peut supposer que le prix augmentera graduellement à mesure que les changements climatiques affecteront les zones de production en Afrique et en Amérique centrale.
Le Canada est-il prêt à faire face à ces changements?
Le Canada, grâce à sa géographie diversifiée, à son vaste territoire et à l’importance de son industrie agroalimentaire, est moins vulnérable que d’autres pays à l’insécurité alimentaire.
Cela n’empêche pas qu’il y aura d’importantes transformations dans nos pratiques agricoles et dans notre assiette au cours des prochaines années. Une partie de ces changements seront dictés par les prix. Il faudra accepter que certains aliments deviennent inabordables.
La variété à laquelle nous avons été habitués pourrait en souffrir. La vaste majorité des fruits et légumes que nous mangeons sont importés des États-Unis et du Mexique, ce qui nous rend vulnérables aux transformations du climat dans ces pays.
Le prix de certains aliments est aussi déterminé par des marchés mondiaux. L’année dernière, le prix du blé a presque doublé sous la pression combinée de la guerre en Ukraine et des conditions météo extrêmes au Canada. C’était vrai chez nous comme ailleurs.
Déjà, après une hausse modeste des prix au cours des dernières années, nos habitudes de consommation se sont transformées. Les épiceries au rabais sont plus populaires que jamais. Un ménage sur dix au Canada dépend des banques alimentaires pour se nourrir convenablement, presque le double d’il y a cinq ans.
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Ce n’est qu’un début. Il faut se préparer à une hausse des prix de certains aliments bien plus importante dans un avenir rapproché.
Je ne suis pas certain que nous soyons prêts en tant que société à ce choc des prix. Nous avons vécu dans un monde où tout était offert dans nos épiceries et dans nos restaurants.
Nous n’avons pas l’habitude de nous plier à des restrictions ni à une régression de nos conditions de vie. Mais à moins d’une transformation radicale de nos modes de vie, il est peu probable que nos assiettes échappent à l’incidence des changements climatiques.
David Dagenais est journaliste économique indépendant et entrepreneur. Auparavant, il a été journaliste à Radio-Canada après avoir terminé des études supérieures en économie politique à l’UQAM et à l’Université d’Ottawa.
«L’histoire des Afro-Canadiens, c’est d’abord l’histoire du Canada, lance l’historien et écrivain Amadou Ba. Ce n’est pas l’histoire séparée de l’histoire du Canada. Elle fait partie de l’histoire du Canada.»
Une histoire qui commence au XVIIe siècle
Professeur d’histoire à l’Université Laurentienne, en Ontario, Amadou Ba raconte que l’histoire des communautés noires au Canada commence pendant la période esclavagiste, qui a duré plus de 200 ans dans l’Empire britannique, entre 1628 et 1833.
Amadou Ba soutient qu’il faut donner la chance à tout le monde de connaitre, de respecter et de comprendre l’histoire des Afro-Canadiens et leur contribution à la société canadienne.
Au Canada, cette histoire comprend aussi des loyalistes, anciens colons américains qui soutenaient l’Empire britannique lors de la guerre de la Révolution américaine, de 1775 à 1783.
Selon Amadou Ba, environ 50 000 loyalistes ont traversé la frontière canado-américaine. Parmi eux se trouvaient 5000 Afro-Américains, qui se sont installés au Haut-Canada et au Bas-Canada, «et ces gens ont apporté leur cœur à l’édification du pays».
Au Canada, se trouvent aussi des personnes d’ascendance africaine qui ont emprunté le réseau du chemin de fer clandestin pour fuir l’esclavage aux États-Unis et retrouver leur liberté. «Entre 30 000 à 40 000 fugitifs ont trouvé refuge en Amérique du Nord britannique [maintenant le Canada]», peut-on lire dans l’Encyclopédie canadienne.
«Quand ils arrivaient au Canada, c’est vrai qu’ils étaient libres. Ils n’étaient plus des esclaves, précise Amadou Ba. Mais ils ne vivaient pas la liberté. Ils étaient racisés, les écoles étaient [ségréguées], ils n’avaient pas le droit d’aller dans les mêmes hôtels que les autres Canadiens, etc.»
D’ailleurs, la dernière école ségréguée en Ontario a fermé ses portes en 1965 et, en Nouvelle-Écosse, seulement en 1983.
L’Histoire des communautés noires, grande absente des curriculums
«Dans les faits, la majorité des programmes scolaires actuels passent sous silence le racisme envers les personnes noires au Canada, même s’ils s’attardent quelque peu sur les expériences des personnes noires aux États-Unis», peut-on lire dans un rapport de la Commission canadienne pour l’UNESCO (CCUNESCO) publié en aout dernier.
Portrait d’un garçon afro-canadien, 1840-1846.
Par exemple, «les Canadiens savent, qu’il y a eu [de l’esclavage] aux États-Unis, ajoute Amadou Ba, consterné. Ils savent qu’il y en a eu ailleurs, mais ils ignorent qu’il y en a eu dans leur pays».
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Le rapport soutient que les programmes d’études secondaires et primaires «pourraient offrir une représentation plus complète et plus significative» des contributions des Canadiens et Canadiennes d’ascendance africaine.
Le rapport constate que «[l]orsque les enseignantes et enseignants célèbrent le Mois de l’histoire des Noirs en février, le contenu est trop souvent présenté comme distinct et à part de l’histoire du Canada – comme quelque chose à souligner durant le Mois de l’histoire des Noirs, mais qui reste en marge du programme le reste de l’année».
Le rapport intitulé Les communautés noires et l’éducation publique au Canada : Analyse des programmes primaires et secondaires en sciences sociales examine les documents pédagogiques publiés et accessibles pour l’ensemble des provinces et des territoires.
Il est à noter que seuls des documents en anglais ont servi à l’étude. Selon le rapport, «dans la plupart des provinces et territoires, les programmes sont très semblables dans les deux langues».
Selon le rapport, le personnel enseignant reçoit les documents pédagogiques des provinces et des territoires et peut adapter les leçons à sa guise.
Cependant, la majorité du corps enseignant n’a pas appris cette partie de l’histoire canadienne à l’école, à l’université ou dans un programme de formation à l’enseignement.
«[L]es enseignantes et enseignants sont le fruit d’un système d’éducation qui a depuis longtemps ignoré l’histoire des personnes noires. C’est donc dire qu’elles et ils manquent de connaissances et d’aisance pour parler du sujet», peut-on lire dans le rapport.
Une histoire mal représentée
Certaines parties d’histoire qu’on retrouve dans des programmes scolaires sont aussi mal représentées, selon Natasha Henry-Dixon, professeure adjointe d’histoire afro-canadienne au Département d’histoire à l’Université York, en Ontario.
«L’éducation a traditionnellement été encadrée autour de récits particuliers de la colonisation européenne, de la contribution européenne à l’exclusion de groupes particuliers», avance Natasha Henry-Dixon.
Bien qu’elle reconnaisse qu’il existe des initiatives ponctuelles pour encadrer l’enseignement de l’histoire des Noirs, Natasha Henry-Dixon croit qu’il reste encore du travail important à faire en ce sens.
Même si elle reconnait qu’il y a eu des progrès pour pallier quelques lacunes, «certains récits, en lien avec la communauté noire et son histoire, continuent d’être relégués aux marges du récit traditionnel», déplore-t-elle.
Pour Natasha Henry-Dixon, lorsqu’on parle de l’expérience des personnes afrodescendantes au Canada, on met l’accent sur la «bienveillance des Blancs et pas nécessairement sur le fait que les Noirs sont des acteurs historiques».
Même son de cloche chez Amadou Ba, aussi auteur du livre L’histoire oubliée de la contribution des esclaves et soldats noirs à l’édification du Canada (1604-1945).
Selon lui, même si les membres des communautés noires ont apporté beaucoup à l’économie, à la culture et à la société canadienne, «ces gens sont représentés très négativement dans l’histoire du Canada».
«On doit changer les institutions»
«On est dans un système de racisme et colonisation. Si on veut changer, on doit changer les institutions, soutient M. Ba, […, car] les institutions ne représentent pas la démographie du pays.»
De son côté, Natasha Henry-Dixon croit qu’il manque une motivation morale et politique afin de créer un vrai changement. «Nous voyons un financement de projets ponctuels dans différents domaines, mais les changements structurels de politique font toujours défaut.»
Selon le rapport de la CCUNESCO, «un programme plus complet peut être un véhicule de cohésion sociale et de respect des différences raciales, puisqu’il prépare les apprenantes et apprenants à évoluer dans une société et un monde diversifiés sur le plan racial et culturel».
«Une ville accessible à tous n’existe pas au Canada», tranche Heather Walkus, présidente nationale du Conseil des Canadiens avec déficiences.
Victoria Fast souligne le manque de connaissances sur le handicap et les obstacles auxquels sont confrontées les personnes handicapées en ville.
Environ huit-millions de Canadiens vivent avec un handicap, soit 27 % des individus de 15 ans et plus, selon les données de 2022 de Statistique Canada.
Ces chiffres ont doublé en dix ans et «vont continuer à augmenter en raison du vieillissement de la population», prévient Victoria Fast, professeure agrégée au Département de géographie de l’Université de Calgary, en Alberta.
Cette population subit chaque jour des problèmes pour se déplacer en ville. «Un banal trajet peut devenir mission impossible. Nous sommes toujours exclus alors que l’accessibilité est un droit humain fondamental», appuie Heather Walkus.
«Nous ne sommes pas capables de participer pleinement à la vie de la société, à cause de l’aménagement urbain qui n’a pas été conçu pour les personnes handicapées», poursuit-elle.
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Contraintes patrimoniales
Si la situation varie d’une ville à l’autre, «toutes les municipalités ont encore beaucoup à faire pour être pleinement accessibles, quelles que soient leur taille et la grosseur de leur population», affirme Victoria Fast.
Melissa Myers explique que les protections patrimoniales peuvent freiner l’essor de villes plus accessibles.
«L’enjeu problématique, c’est de mettre à jour les infrastructures existantes, c’est toujours compliqué et cher», complète Paula Negron-Poblete, professeure à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal.
Dans l’est du pays, les nombreux sites patrimoniaux constituent un défi de taille. Heather Walkus explique qu’il est «administrativement et techniquement complexe» d’adapter des édifices vieux de plusieurs siècles.
«Les protections patrimoniales nous limitent à certains égards», confirme Melissa Myers, conseillère en accessibilité pour la municipalité régionale d’Halifax, en Nouvelle-Écosse.
À l’ouest, les bâtiments relativement plus récents sont «plus faciles à faire évoluer», remarque Heather Walkus.
D’un bout à l’autre du pays, les carences des transports en commun sont également nombreuses. À Toronto, seules 13 des 70 stations du réseau de métro, entré en service en 1954, sont accessibles aux personnes qui vivent avec un handicap.
Les écoles doivent revoir leurs plans
L’Université de Calgary a mené l’an dernier la plus grande recherche sur l’accessibilité au Canada. L’étude a porté sur les quartiers d’affaires de Calgary, de Vancouver et d’Ottawa ainsi que sur 17 municipalités rurales albertaines.
Résultat, 53 % des bâtiments cartographiés à Ottawa sont jugés accessibles, contre 48,5 % à Vancouver. Ce pourcentage tombe à 39 % en région rurale et à 35 % à Calgary.
Les édifices les plus faciles d’accès sont liés à la santé, à la finance et ceux qui abritent des magasins de sport et de vêtements.
«Les bibliothèques représentent le summum de l’accessibilité, même dans les petites zones non urbaines», souligne Victoria Fast, coauteure de l’étude.
À l’inverse, les établissements d’enseignement, de la maternelle au postsecondaire, brillent par leur manque d’accessibilité.
Des lois inefficaces
Pressées d’agir, certaines provinces ont adopté des législations spécifiques, obligeant les villes à élaborer des plans d’accessibilités et à mettre en place des comités.
«Les municipalités ont besoin de plus de soutien pratique et financier», défend Stephen O’Brien.
L’Ontario a promulgué la première loi provinciale sur le sujet en 2005. Le Manitoba lui a emboité le pas en 2013, suivi de la Nouvelle-Écosse en 2017, de la Colombie-Britannique en 2021 et de la Saskatchewan en fin d’année dernière. Des discussions sont en cours dans plusieurs autres provinces.
L’Ontario veut devenir totalement accessible d’ici 2025. La Nouvelle-Écosse, qui a le taux de personnes handicapées le plus élevé du pays, d’ici 2030.
Mais ces lois ne constituent pas nécessairement un gage de réussite. Un rapport, publié en décembre 2023, a révélé qu’il était «pratiquement certain» que l’Ontario n’atteindrait pas son objectif.
«Les municipalités ont besoin de plus de soutien pratique et financier de la province», défend Stephen O’Brien, président de l’Association des gestionnaires municipaux, secrétaires et trésoriers de l’Ontario.
En Nouvelle-Écosse, Melissa Myers évoque également des «contraintes budgétaires» et des «priorités municipales antagonistes», qui freinent les ambitions de la stratégie adoptée par la municipalité d’Halifax en 2021.
«Au-delà des lois, il faut que les élus en fassent une priorité politique avec une volonté d’investir beaucoup d’argent, autrement, rien ne bouge», soutient Heather Walkus.
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Mieux comprendre les réalités des municipalités canadiennes
Méconnaissance du handicap
Aux yeux de Victoria Fast, ce sont les «champions locaux» qui feront la différence : «Si quelqu’un avec un handicap arrive à mobiliser la communauté, les villes repenseront vraiment leur environnement.»
«Nous ne sommes pas capables de participer pleinement à la vie de la société, à cause de l’aménagement urbain qui n’a pas été conçu pour les personnes handicapées», affirme Heather Walkus.
Selon les experts interrogés, la méconnaissance du handicap et des obstacles auxquels sont confrontées les personnes à mobilité réduite expliquent en partie l’inadaptation des villes canadiennes.
«On réduit souvent ces personnes aux utilisateurs de fauteuil roulant. On oublie toutes celles ayant une déficience auditive, visuelle, cognitive ou mentale, déplore Victoria Fast. Pourtant, elles ont aussi besoin d’aménagements spécifiques si elles veulent se déplacer librement.»
Heather Walkus pointe de son côté le manque de formation des planificateurs et des gestionnaires municipaux. «Ils ne savent pas reconnaitre un environnement urbain inadapté et encore moins identifier les endroits et les infrastructures à réaménager en priorité», regrette-t-elle.
Le fédéral entre en action
En 2019, Ottawa a adopté une loi sur l’accessibilité qui s’applique aux institutions fédérales et aux entreprises liées, comme les banques ou les hôpitaux.
L’objectif est d’éliminer d’ici 2040 les obstacles pour les personnes handicapées dans les secteurs de l’emploi, du transport et du logement.
«Le texte régit les questions qui relèvent de la compétence fédérale, ce qui n’est pas grand-chose. Mais, dans certaines provinces, c’est tout de même la première législation explicite sur le sujet», observe la géographe Victoria Fast.
Néanmoins, selon Heather Walkus, l’objectif affiché est encore loin d’être atteint : «Les autorités doivent investir plus d’argent si elles veulent réussir.»
Écouter les personnes concernées
«Les petites municipalités n’ont souvent qu’une poignée d’employés portant plusieurs casquettes», rejoint Stephen O’Brien en Ontario.
Selon Paula Negron-Poblete, rendre accessibles les infrastructures existantes est toujours compliqué et couteux.
Heather Walkus appelle les municipalités à associer davantage les personnes handicapées à toutes les facettes de leur travail, de la conception initiale des projets à la prise de décision finale.
Elle salue à cet égard la multiplication des comités consultatifs sur l’accessibilité. Composés de citoyens handicapés, ils passent au crible tous les plans d’aménagement. «Nous pouvons enfin nous assoir avec les maires, les élus, les ingénieurs pour faire valoir notre point de vue», se félicite la responsable.
Si les villes tardent à se mettre aux normes, les spécialistes sont convaincus qu’elles peuvent faire la différence.
Paula Negron-Poblete rappelle également que s’adapter aux personnes en situation de handicap peut bénéficier à d’autres publics, comme les ainés ou les parents avec poussette.
Le Canada en villes
La série Le Canada en villes propose un regard sur les succès et les défis des municipalités canadiennes.
Plus sur la francophonie
Mercredi matin, la ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jenna Sudds, a annoncé que son gouvernement acceptait l’amendement au projet de Loi sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants au Canada (C-35), proposé par le Sénat en décembre dernier.
Le gouvernement libéral accepte la motion dans le projet de loi C-35 qui garantit le financement à long terme des garderies francophones en situation minoritaire.
Jusqu’à cette semaine, le gouvernement de Justin Trudeau refusait de dire s’il appuyait ou rejetait la proposition du Sénat, ce qui avait créé bien des inquiétudes auprès des communautés francophones.
«C’est vraiment une avancée très importante que le gouvernement confirme qu’il acceptera l’amendement, a affirmé la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Liane Roy. Pour nous par contre, il est trop tôt pour crier victoire, parce que le processus législatif n’est pas terminé.»
Du côté de l’opposition, le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD) ont confirmé leur soutien auprès des journalistes, ce qui devrait donner la majorité à la Chambre des communes lors du vote sur le projet de loi amendé.
Assurance-médicaments, politique en matière d’identité de genre et sanctions contre le Hamas
Mercredi, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a annoncé que son parti veut entendre une annonce du gouvernement libéral sur leur programme d’assurance médicaments universel d’ici le 1er mars, sans quoi l’entente avec le Parti libéral pourrait être brisée.
Le gouvernement de Justin Trudeau avait accepté d’adopter d’ici la fin de l’année 2023 une législation en la matière. Les deux partis avaient ensuite convenu d’une nouvelle date butoir, le 1er mars 2024.
C’est quelque chose que nous prenons très au sérieux. Nous n’allons pas le prolonger davantage, nous sommes convaincus que l’assurance médicaments doit être mise en place, nous avons besoin d’une législation et de mesures supplémentaires.
De son côté, le ministre de la Santé, Mark Holland, a soutenu qu’un programme universel comme celui-ci implique un facteur financier important.
«Nous ne sommes pas dans une période où nous pouvons simplement nous ouvrir et dépenser une énorme quantité d’argent, a-t-il ajouté aux journalistes. Il y a donc des points de divergence sur des questions comme celle-ci. Mais comme je l’ai dit, nous y travaillons.»
En 2022, le Parti libéral avait conclu une entente avec le NPD afin de demeurer au pouvoir en échange d’avancées sur des programmes tels que l’assurance dentaire et l’assurance médicaments universelle.
Randy Boissonnault s’est montré préoccupé par les décisions politiques de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith.
Le ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles, également député d’Edmonton-Centre, en Alberta, s’est présenté lundi à un point de presse pour dénoncer la politique de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, en matière d’identité de genre.
La semaine dernière, cette dernière a annoncé la mise en place de politiques qui, entre autres, interdisent les traitements hormonaux et les chirurgies affirmatives pour les enfants de moins de 17 ans.
«Je suis clair ici aujourd’hui avec vous tous : nous devons tuer ce projet de loi avant qu’il n’arrive à la Chambre des députés», a lancé Randy Boissonnault lors d’un point de presse.
Danielle Smith a par ailleurs ouvert cette semaine un bureau dans la capitale nationale. «L’ambassade», inaugurée lundi, est là pour faire avancer «les priorités de l’Alberta sur le terrain, à Ottawa», a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.
En vertu de la Loi sur les mesures économiques spéciales (LMES), Mélanie Joly, la ministre des Affaires étrangères, a annoncé mardi des sanctions supplémentaires contre des dirigeants du Hamas et du Djihad islamique palestinien impliqués dans l’attaque lancée contre Israël le 7 octobre.
«Ça fait maintenant quatre mois que les attaques terroristes du 7 octobre ont eu lieu, a lancé la ministre en mêlée de presse. Alors, c’est pourquoi, en tant qu’organisation terroriste, le Hamas doit absolument être tenu responsable et c’est pourquoi nous mettons en place ces sanctions.»
«Le Canada prend des mesures décisives pour limiter la capacité du Hamas à recueillir et à utiliser des fonds pour mener de nouvelles attaques contre Israël, explique Affaires mondiales Canada dans un communiqué de presse.
Selon le même communiqué, c’est la première fois que le Canada invoque le Règlement de la (LMES) contre un «acteur non étatique».
Suppressions de postes chez Bell et 28 millions pour lutter contre le vol de voiture
Bell Canada Entreprises (BCE) annonce la suppression de 4800 emplois, soit 9 % de ses effectifs. Il s’agirait de «la plus grande initiative de restructuration de l’effectif en près de 30 ans», indique la compagnie dans un communiqué.
Selon BCE, cette restructuration permettra d’économiser entre 150 à 200 millions de dollars par année.
Bell Média prévoit en outre de céder 45 de ses 103 stations de radio régionales, principalement situées au Québec, en Ontario, en Atlantique et en Colombie-Britannique.
«Malgré que Bell Canada a eu des allègements de 40 millions de dollars pour les aider à faire leurs bulletins de nouvelles de la part du CRTC, des allègements règlementaires de leurs obligations, ils choisissent aujourd’hui de couper dans les bulletins de nouvelles et de vendre 45 stations de radio. Ce qui est extrêmement décevant», déplore la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, en mêlée de presse le jour même.
Je réagis à cette triste nouvelle, a ajouté la ministre. Je dis que nous avons déjà donné et fait beaucoup de travail pour aider ces sociétés de radiodiffusion. […] Nous espérons que ces grandes entreprises tiendront leur part du marché.
Cette nouvelle survient moins de deux mois après l’entrée en vigueur de la Loi sur les nouvelles en ligne, qui oblige la compagnie Google à verser 100 millions de dollars canadiens par année en compensation financière aux médias canadiens pour la diffusion de leurs nouvelles en ligne.
Le ministre de la Sécurité publique, des Institutions démocratiques et des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a annoncé une enveloppe de 28 millions de dollars pour lutter contre l’exportation de véhicules volés.
«Grâce à ce nouveau financement, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) aura davantage de capacités de détecter et de fouiller les conteneurs renfermant des véhicules volés», peut-on lire dans le communiqué.
Selon le ministère, le vol de véhicules est un enjeu qui prend de l’ampleur dans l’ensemble du pays, principalement en Ontario et au Québec, et qui peut impliquer le crime organisé.
Par ailleurs, Ottawa a accueilli jeudi des représentants des différents paliers de gouvernements, de l’industrie et des forces de l’ordre, dans le cadre du Sommet national pour lutter contre le vol de véhicules.
Il y a des années, l’intimidation était identifiable et restreinte dans un espace donné – comme une cour d’école –, mais avec l’arrivée des réseaux sociaux, l’intimidation a dépassé ces frontières pour pénétrer dans l’intimité des personnes qui en sont victimes, c’est-à-dire chez soi, informe Michel Dorais, professeur retraité de l’Université Laval et sociologue de la sexualité.
Toutefois, la cyberintimidation comme les menaces de mort en ligne est «un acte criminel, donc il faut faire attention à ce qu’on écrit», alerte Stéphane Villeneuve, professeur à la faculté d’éducation au département de didactique scolaire à l’Université de Québec à Montréal et directeur du Programme en intégration du numérique en milieu scolaire.
Anxiété, dépression, suicide…
Mis à part le cadre légal, la violence en ligne «peut causer beaucoup de détresse, mais aussi beaucoup de sentiment d’insécurité et d’isolation», déclare Andréanne Deschamps, vice-présidente et directrice clinique de Jeunesse, J’écoute.
Pour Andréanne Deschamps, discuter de son vécu à une personne extérieure permet d’avoir une perspective différente et sans jugement. Photo : Courtoisie
Le déferlement de haine sur les réseaux sociaux n’est pas à prendre à la légère. Il peut causer des problèmes de santé mentale, comme du stress, de l’anxiété, de la dépression ou des idées suicidaires et des troubles d’apprentissages pour les jeunes, ajoute Stéphane Villeneuve.
Les victimes peuvent ressentir des douleurs physiques comme un faible appétit, des maux de ventre, des problèmes de sommeil. Dans les cas les plus extrêmes, les jeunes peuvent commencer à consommer des substances illicites, explique le professeur.
Stéphane Villeneuve rappelle toutefois que les intimidateurs peuvent aussi souffrir de problèmes de santé mentale.
Comme parents et éducateurs, si ces signes apparaissent chez l’adolescent, il ne faut pas hésiter à ouvrir la conversation afin d’éviter d’aggraver la situation, informe Andréanne Deschamps.
En parler pour s’en sortir
Pour surmonter la cyberintimidation, Stéphane Villeneuve et Andréanne Deschamps incitent aussi les jeunes à en parler pour se libérer du fardeau et pour recevoir l’aide nécessaire.
Parmi les confidents, le professeur Villeneuve invite le jeune à se confier à ses parents qui doivent «se mettre vraiment en mode écoute et de non-jugement».
Selon Stéphane Villeneuve, il devrait y avoir une formation uniforme dans les écoles pour sensibiliser contre la cyberintimidation.
Dans le cas où la relation est compliquée, il y a des personnes formées pour leur venir en aide, comme «les psychologues scolaires et les travailleurs sociaux», précise-t-il.
Le service Jeunesse, J’écoute offre différents appuis aux jeunes, dont les victimes de cyberintimidation dans l’ensemble du territoire en anglais et en français.
Les jeunes peuvent appeler le service pour parler à cœur ouvert ou s’informer sur les ressources juridiques à proximité de leur domicile. Pour les jeunes qui préfèrent les textos, ils peuvent utiliser le service de clavardage avec un agent en direct.
Ces services permettent aux jeunes «d’avoir une perspective différente de quelqu’un qui n’est pas du tout là pour juger, mais vraiment essayer d’aider et à comprendre la situation», précise Andréanne Deschamps.
Stéphane Villeneuve appelle toutefois les jeunes victimes de cyberintimidation à prendre avec des pincettes les conseils de leurs amis, car ils «ne sont pas toujours les meilleures personnes outillées pour aider […], ils peuvent mettre de l’huile sur le feu encore plus».
L’éducation pour la prévention
Parmi les jeunes, 47,3 % des adolescents non binaires et transgenres déclarent avoir subi de la cybervictimisation.
La cybervictimisation est une action commise sur les plateformes en ligne dans le but de porter atteinte à autrui.
La cyberintimidation est la répétition des actes préjudiciaux sur autrui en ligne.
Source : Statistiques Canada
Ce pourcentage important révèle le manque de discussion sur la communauté LGBTQIA2S+ dans le système scolaire, mais aussi «beaucoup de désinformation, de mésinformation et d’ignorance», commente Michel Dorais.
Il faut conscientiser les jeunes et les adultes à connaitre et découvrir la différence, informe Michel Dorais, sociologue de la sexualité.
Selon Michel Dorais, le manque de discussion et de savoir sur la diversité favorise le risque de cyberintimidation.
Mettre en place des exercices de sensibilisation permettrait de faire «accepter les autres jeunes et leurs parents aussi, parce qu’il y a des parents qui sont transgenres, non binaires aussi», considère-t-il.
Stéphane Villeneuve encourage, quant à lui, le développement de l’empathie chez les adolescents pour diminuer le phénomène de cyberintimidation chez les jeunes à long terme.
«C’est l’empathie qui fait vraiment que lorsqu’on écrit un commentaire à quelqu’un, avant de l’envoyer, on essaie de se mettre dans la peau de l’autre et de se dire “si je recevais ça, comment je me sentirais?”», précise le professeur.
Pour atteindre ces objectifs, l’uniformisation des formations dans les écoles est primordiale, indique Stéphane Villeneuve. Certains établissements invitent une personne victime de cyberintimidation ou un policier et d’autres choisissent d’en faire une activité de théâtre pour sensibiliser, raconte-t-il.
Mis à part les formations, il y a des enseignants qui n’ont pas assez d’informations sur la façon d’enseigner la sensibilisation face à la cyberintimidation, ajoute Stéphane Villeneuve.
Ainsi, pour assurer un environnement plus sain et sécuritaire pour les jeunes, il faut faire découvrir la diversité dans toutes ses formes, considère Michel Dorais.
Mercredi matin, la ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jenna Sudds, a annoncé que son gouvernement acceptait l’amendement au projet de Loi sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants au Canada (C-35), mis de l’avant par le sénat.
«Il s’agit de veiller à ce que les communautés minoritaires de langue officielle aient accès à l’éducation préscolaire et aux services de garde d’enfants, quel que soit leur lieu de résidence», a-t-elle lancé en mêlée de presse.
Depuis que le projet de loi amendé avait été renvoyé à la Chambre des communes, le gouvernement libéral refusait, jusqu’à aujourd’hui, d’indiquer s’il appuyait ou rejetait la proposition du Sénat.
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Une avancée importante
Liane Roy accueille favorablement l’annonce de la ministre concernant la motion du projet de loi C-35.
Quelques semaines plus tôt, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) et la Commission nationale des parents francophones (CNPF) avaient lancé une campagne d’action auprès des élus fédéraux afin qu’ils appuient l’amendement.
«C’est vraiment une avancée très importante que le gouvernement confirme qu’il acceptera l’amendement, soutient la présidente de la FCFA, Liane Roy. Pour nous par contre, il est trop tôt pour crier victoire, parce que le processus législatif n’est pas terminé.»
De son côté, René Cormier, le sénateur du Nouveau-Brunswick qui avait proposé l’amendement, accueille favorablement l’annonce de la ministre Sudds.
«Cet amendement, visant à ajouter les mots “communautés de langue officielle en situation minoritaire” (CLOSM) à la première phrase de l’article 8 de cette législation, est sans conteste le fruit d’un travail de concertation et de collaboration», peut-on lire dans un communiqué du bureau du sénateur.
«Les communautés de langue officielle en situation minoritaire ne demandent pas un privilège avec cet amendement, ajoute René Cormier dans le communiqué, elles demandent simplement que les programmes et services d’apprentissage et de garde des jeunes enfants, notamment ceux destinés aux CLOSM, soient financés à long terme pour assurer l’avenir de leurs enfants.»
François Larocque a bon espoir que le projet de loi C-35 sera adopté tel qu’amendé par le Sénat.
François Larocque, l’avocat qui avait recommandé cet ajout au comité en octobre dernier, se dit lui aussi enthousiaste.
«Je trouve que ça fait un projet de loi qui est plus cohérent pour les minorités de langues officielles, déclare-t-il. C’est un gain énorme. Ces quelques mots-là qui ont été ajoutés à l’article 8 de la loi vont engager le financement à long terme des programmes de garde et des programmes d’apprentissage et de garde pour les jeunes enfants de communauté de langues officielles en situation minoritaire et pour les enfants autochtones aussi», affirme l’avocat et professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa.
Le NPD et le Bloc québécois confirment leur soutien
Bien que le gouvernement libéral ait accepté le projet de loi tel qu’amendé par le Sénat, le processus législatif n’est pas terminé. La Chambre doit maintenant débattre de la motion proposée avant de tenir un vote sur cette dernière.
Le texte devra recevoir une majorité des votes des députés de la Chambre des communes avant d’être renvoyé au Sénat, pour ensuite recevoir la Sanction royale.
De leur côté, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois ont confirmé leur appui à la motion au projet de loi. Ce qui signifie que le projet pourrait être adopté tel quel.
Le Bloc Québécois soutiendra l’amendement visant à assurer le financement à long terme des garderies francophones hors Québec. Nous sommes aux côtés des Acadiens et des communautés francophones du Canada.
Alexandre Boulerice, député néodémocrate de Rosemont–La Petite-Patrie, a pour sa part reconnu en mêlée de presse le mercredi 31 janvier que c’était une priorité pour les francophones partout au pays.
La date prévue pour le débat en Chambre n’est pas encore connue.
En 2022, des fonctionnaires d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) avaient averti le gouvernement que le Canada pourrait perdre des immigrants, révèlent des documents obtenus grâce à la Loi sur l’accès à l’information.
«Les immigrants récents dotés d’un capital humain élevé risquent d’émigrer en raison du cout de la vie, du manque d’opportunités et de la reconnaissance des titres de compétences étrangers», précise une analyse interne à laquelle Francopresse a eu accès.
Les fonctionnaires citent dans le document les résultats d’un sondage Léger mené pour l’Institut pour la citoyenneté canadienne, selon lequel 22 % des personnes interrogées (tous des immigrants devenus citoyens) ont indiqué qu’ils prévoyaient quitter le Canada dans les deux prochaines années.
Des avis «mis de côté»
«On n’écoute pas nos propres fonctionnaires qui sont probablement les mieux placés pour dire au gouvernement ce qui se passe sur le terrain», déplore Alexis Brunelle-Duceppe.
«Ça fait deux avis des fonctionnaires du ministère de l’Immigration qui sont mis de côté par le gouvernement en place», déplore Alexis Brunelle-Duceppe, porte-parole du Bloc québécois en matière d’immigration.
«On a celui-là […] et on avait aussi celui sur le fait que si on continuait avec des seuils importants, il y aurait un impact sur le logement et ça a été mis de côté.»
À la mi-janvier, des documents d’IRCC obtenus par La Presse canadienne montraient qu’Ottawa avait été averti de potentielles répercussions de la forte augmentation de l’immigration sur les prix du logement et sur les services.
«[Que le gouvernement] n’écoute pas les partis d’opposition, qu’il n’écoute pas le Québec, les provinces et les territoires, c’est une chose, mais qu’il n’écoute pas ses propres fonctionnaires, ça en est une autre», poursuit le député Brunelle- Duceppe.
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«Le système d’immigration du Canada est de calibre mondial, défend Loic Ouellette, porte-parole d’IRCC. Cependant, les tendances migratoires changent et le monde devient de plus en plus complexe.»
Selon lui, il faut que les programmes et activités d’IRCC s’adaptent aux nouveaux défis. «Il s’agit notamment d’attirer et de retenir les gens que nous voulons et dont nous avons besoin, de veiller à ce que les collectivités puissent les intégrer et les soutenir, et de maintenir l’intégrité des frontières du Canada», dit-il.
De nouveaux défis en immigration
Selon Mikal Skuterud, professeur d’économie à l’Université de Waterloo, l’intégration des nouveaux arrivants est un problème de longue date : «Dans les années 1990, le débat portait sur les taux de pauvreté parmi les immigrants, et il s’agissait d’immigrants qualifiés. Ce n’est donc pas nouveau.»
Ce qui est exceptionnel en ce moment, dit-il, c’est la crise du logement. Ce qui l’inquiète encore plus, c’est le déséquilibre entre le nombre de résidences permanentes octroyées et le nombre de résidents temporaires admis au pays.
Mikal Skuterud est particulièrement inquiet des difficultés d’accès à la résidence permanente.
Bien que l’analyse des fonctionnaires d’IRCC ne s’étende pas sur ce qui est inclus dans le terme «manque d’opportunités», Mikal Skuterud croit que ce déséquilibre pourrait en faire partie.
«La population de résidents temporaires grandit beaucoup plus rapidement que celle des nouveaux résidents permanents admis, ce qui signifie que la probabilité de devenir résident permanent est plus basse.»
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«Le statut de résidence permanente devient une sorte de loterie, poursuit-il. C’est en grande partie la raison pour laquelle il y a un sentiment de frustration, les gens abandonnent et retournent plus souvent chez eux, c’est possible.»
L’économiste rappelle cependant que les immigrants n’ont pas toujours les moyens de quitter le Canada. Dans le cas où ils n’accèderaient pas à la résidence permanente, ils perdraient alors tout statut légal au pays.
«Ils n’ont aucun droit légal aux soins de santé ou à quoi que ce soit d’autre. C’est très malsain pour une société. Il s’agit maintenant d’un citoyen de seconde zone.»
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Un risque pour la réputation du Canada
Les documents témoignent également de l’inquiétude des fonctionnaires pour l’image du pays : «Cela pourrait nuire à la réputation du Canada en tant que destination pour les immigrants et aux efforts visant à favoriser la croissance économique.»
Alexis Brunelle-Duceppe s’inquiète «de la fausse publicité» qui est faite à l’étranger.
On promet mers et mondes à des gens en ne leur donnant pas nécessairement le vrai portrait de ce qui arrivera lorsqu’ils fouleront le sol canadien.
«Je vois des nouveaux arrivants qui se retrouvent dans des refuges pour sans-abri ou qui sont clients de banques alimentaires, alors qu’ils sont venus ici trouver une vie meilleure, ce n’est pas normal», ajoute-t-il.
Selon Statistique Canada, le taux d’emploi des immigrants récents a diminué de 2,3 points de pourcentage entre juillet 2022 et juillet 2023.
Le porte-parole d’IRCC rappelle que «tous les résidents permanents et les personnes protégées à l’extérieur du Québec sont admissibles aux services d’établissement financés par IRCC avant et après leur arrivée au Canada», ce qui inclut des services d’emplois.
Alexis Brunelle-Duceppe estime que «si c’était travaillé plus en amont, si les choses étaient dites de façon plus honnête envers les gens qui veulent venir s’établir ici, peut-être qu’on ne se retrouverait pas avec une immigration subséquente comme celle qu’on a présentement».
Pour grimper sur le podium, les chefs doivent préparer des plats locaux et canadiens dans un temps limité avec un budget.
Douze chefs issus de différentes régions canadiannes concourent pour espérer remporter le prix du meilleur chef au Championnat culinaire canadien.
Les chefs en lice, aidés par les sous-chefs et les étudiants en programme des arts culinaires au collège Algonquin à Ottawa, doivent relever trois défis : le vin mystère, la boite noire et la grande finale.
À la réception de bienvenue du jeudi soir, les chefs ont reçu un vin non étiqueté et un budget de 500 $ pour la première épreuve. Le lendemain, les participants se sont pressés d’acheter les ingrédients locaux pour concevoir leur plat en accord avec le vin, encore inconnu.
Le samedi matin, les chefs ont attaqué la deuxième épreuve en préparant en une heure une recette composée d’ingrédients de la boite noire. Enfin, pour la grande finale, les chefs ont dû préparer un repas pour 550 invités.
Parfum des Maritimes et légumes racines
Le chef Garrett Thienes de Saskatoon en Saskatchewan a décidé de créer une assiette avec de la viande de lapin, car «c’est un aliment consommé partout au Canada depuis des années», assure-t-il.
La recette est faite de champignons de Saskatchewan, de pommes de terre, de purée d’artichaut, d’estragon, de baie d’argousier et de navets marinés.
«C’est techniquement un plat très difficile sur lequel nous avons travaillé pendant plusieurs mois», témoigne le Saskatchewanais.
Le Championnat culinaire canadien à pour objectif de faire rayonner la culture canadienne et de promouvoir la consommation locale.
Le chef, originaire de la ville de Shaunavon, a voulu relever le défi de «promouvoir [sa] petite communauté».
Le plat de Kyle Puddester de Terre-Neuve-et-Labrador est, lui, composé de légumes racines. Après quelques participations à la compétition, le chef a souhaité proposer une recette inédite.
Présenter une assiette composée de légumes est aussi un moyen de partager sa passion pour l’agriculture, informe le chef.
«Je suis vraiment tombé amoureux du jardinage, de l’agriculture et du travail nécessaire à la récolte de ces légumes. Je voulais donc juste leur rendre hommage et les utiliser de différentes manières», raconte-t-il.
Un peu plus loin, Raghav Chaudhary a décidé de mettre les saveurs de l’Acadie à l’honneur avec des huitres, du crabe, de la truite et des algues. L’assiette au parfum des Maritimes fait découvrir la richesse des produits acadiens, explique le chef.
Quant au chef Kristopher Kurus de Winnipeg au Manitoba, il a cuisiné une terrine de porc manitobaine au chou, accompagnée de pérogies et d’un hachis de champignons, d’une purée de cèleri-rave, de cornichons du Manitoba avec un coulis de tomates.
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«Bâtir ton nom» parmi les grands
Après les dégustations de viandes, de fruits de mer, de légumes et de vins, les invités et les chefs se sont installés dans une autre salle pour célébrer la fin de la soirée en attendant de connaitre les lauréats.
Le chef JP Dublado d’Edmonton présente un plat qui concilie la culture culinaire canadienne et ses influences asiatiques.
En troisième place, le chef JP Dublado d’Edmonton en Alberta remporte la médaille de bronze pour son plat de morue charbonnière de la Colombie-Britannique et pétoncles d’Hokkaido Kinilaw, avec une tartelette de betteraves, du maïs, du foie gras, du miso et de l’amarante.
Le chef d’Edmonton a souhaité mettre de l’avant un mélange de la cuisine canadienne, de la «cuisine d’origine philippine et [ses] influences asiatiques».
Son ami d’enfance, le chef Rupert Garcia de Calgary, décroche la deuxième place. Il a préparé une assiette de truite arc-en-ciel, avec de la crème fraiche, de la gelée de jus de canneberges, des pommes et de radis salés.
L’Ouest canadien a raflé toutes les places du podium. En troisième place (à droite) le chef JP Dublado et en deuxième position (à gauche) le chef Rupert Garcia de Calgary. La première place revient au chef Jasper Cruickshank de Vancouver.
Le chef a partagé la vision de son restaurant qui se consacre à «la cuisine des prairies, fraiche, locale et qui se dirige vers le zéro déchet», affirme-t-il.
Le grand vainqueur du championnat culinaire canadien 2024 est le chef Jasper Cruickshank de Vancouver en Colombie-Britannique, avec une assiette à base de fruits de mer qu’il qualifie de «meilleurs ingrédients de la Colombie-Britannique».
La cheffe ottavienne Briana Kim, gagnante de l’année précédente, lui a remis le prix.
Quel que soit le gagnant, pour Yannick Lasalle, chef exécutif à la Cour suprême du Canada et grand gagnant de l’édition 2019, cette compétition «donne la chance à bâtir ton nom [en tant que chef] à travers le Canada».
Les forêts canadiennes sont loin d’être tirées d’affaire. D’est en ouest, le manque de neige pourrait se traduire par une saison des feux particulièrement intense au printemps.
Ellen Whitman s’inquiète des feux zombies qui persistent en ce moment dans les Territoires du Nord-Ouest. Ils sont difficiles à combattre et peuvent ressurgir au printemps.
«Ce n’est pas toujours le cas, mais si l’on regarde les tendances du passé, les années El Niño à faible enneigement sont associées à une plus grande superficie brulée», révèle Ellen Whitman, chercheuse au sein du Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada, en Alberta.
Selon la scientifique, dans le sud et l’ouest des Territoires du Nord-Ouest, de même que dans le nord de l’Alberta, l’épaisseur du manteau neigeux est inférieure de 10 à 20 centimètres à la moyenne.
«Nous avons un enneigement bien en deçà de la normale sur une assez large partie de l’ouest du Canada. C’est même assez spectaculaire à certains endroits», constate la spécialiste.
Les prévisions météorologiques ne rassurent pas Ellen Whitman : «Nous anticipons du temps très chaud au cours des prochaines semaines, avec plus de précipitations sous forme de pluie que de neige.»
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Printemps chaud et sec hautement à risque
L’ensemble du pays se trouve dans une situation similaire. Philippe Gachon, professeur au Département de géographie de l’Université du Québec à Montréal, parle d’«année exceptionnellement sèche, en particulier dans les territoires du nord».
La «perte continue de neige dans un climat qui se réchauffe signifie que les feux de forêt bruleront pendant de nombreux jours supplémentaires chaque année au Canada», affirme Philippe Gachon, hydroclimatologue à l’Université du Québec à Montréal.
«Les conditions fluctuent énormément, mais cette année nous avons moins de neige que d’habitude», confirme l’hydroclimatologue.
Il rappelle que le mois de décembre 2023 a été le plus chaud jamais enregistré au Canada depuis le début des relevés météorologiques.
Philippe Gachon s’inquiète de la sècheresse hivernale que traverse présentement le pays. Car plus la neige est abondante, plus le risque d’incendie diminue. Inversement, moins il y a de neige, plus ce risque augmente. Au printemps, la fonte des neiges permet en effet d’humidifier les sols.
L’épaisseur de la neige n’est pas le seul facteur qui entre en ligne de compte. Tout va dépendre des précipitations et des températures de l’air au printemps.
«Des températures élevées associées à un déficit de pluie pourraient entrainer une disparition rapide de la neige à partir du mois d’avril, ce qui donnerait lieu à des feux de forêt inhabituellement précoces», observe Philippe Gachon.
«Il suffira d’un peu de vent ou d’un orage pour que les feuilles et les aiguilles [de conifères] s’enflamment. C’est un combustible extrêmement inflammable, car complètement déshydraté après avoir passé l’hiver sous la neige», poursuit-il.
C’est exactement le scénario catastrophe qui s’est produit en 2023 lorsque 18 millions d’hectares de forêt canadienne sont partis en fumée.
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Des feux qui refusent de mourir
Les chercheurs prévoient par ailleurs une saison d’enneigement plus tardive et plus courte dans les années à venir à cause du réchauffement climatique.
«Cette perte continue de neige dans un climat qui se réchauffe signifie que les feux de forêt bruleront pendant de nombreux jours supplémentaires chaque année au Canada, surtout dans le nord», affirme Philippe Gachon.
Un autre phénomène préoccupe les scientifiques : les incendies zombies, surnommés ainsi car ils semblent ressusciter d’entre les morts.
Ces feux souterrains se déclarent durant l’été et couvent sous la neige pendant tout l’hiver, même lorsque le thermomètre tombe à -40 °C.
«Il y en a actuellement dans le sud des Territoires du Nord-Ouest, où la sècheresse est extrême et une accumulation de neige un peu réduite par rapport à la normale», détaille Ellen Whitman.
Comment ces incendies peuvent-ils survivre au froid glacial de l’hiver arctique? Ellen Whitman explique que les tourbières des hautes latitudes contiennent beaucoup de matière organique, qui sert de combustible, et d’oxygène, qui entretient la combustion.
«La neige et la litière de mousse et d’aiguilles constituent des barrières qui protègent ces feux des conditions hivernales défavorables, comme la pluie ou l’excès d’humidité, et limitent les pertes de chaleur», ajoute-t-elle.
Compliqué à combattre
Une étude parue dans la revue Nature en 2021 a montré que des températures estivales extrêmes, qui entrainent des sècheresses intenses et allongent la saison des feux, favorisent particulièrement les incendies zombies.
«C’est alarmant, car ils peuvent ressurgir en surface au printemps suivant si le temps est de nouveau chaud, sec et venteux», avertit Ellen Whitman.
Ces feux, presque impossibles à repérer sur les images satellites et situés dans des zones éloignées et d’accès compliqué, sont difficiles à combattre.
D’après les résultats de l’étude, ils raseraient des superficies relativement restreintes. Ils seraient responsables, selon une moyenne établie entre 2002 et 2018, de moins de 1 % des surfaces brulées dans les Territoires du Nord-Ouest et en Alaska. Mais ce chiffre varie fortement selon les années – atteignant jusqu’à 38 %.
La hausse des températures pourrait entrainer une augmentation du phénomène à l’avenir, alors que l’Arctique se réchauffe à un rythme plus de deux fois supérieur au reste du monde.
«Les incendies zombies sont étroitement liés à la sècheresse et aux années de grands incendies, pour lesquels nous observons une tendance prononcée à la hausse avec le dérèglement climatique», indique Ellen Whitman.
Pour l’instant, le phénomène épargne l’est du Canada, «mais les conditions pourraient devenir favorables s’il y a toujours moins de neige et de précipitations», prévient Philippe Gachon.
Le Diefenbunker est un grand complexe sous-terrain qui devait servir d’abri nucléaire aux dirigeants du Canada – juste au cas. Il a été construit au début des années 1960, en pleine guerre froide.
John Diefenbaker, alors qu’il était premier ministre du Canada, 1960.
Le site choisi se trouve sous les terres d’une ancienne ferme dans la localité de Carp, située à une trentaine de kilomètres à l’ouest d’Ottawa et aujourd’hui incluse dans l’agglomération de la capitale nationale.
Les bombes ne sont jamais venues. Le premier ministre canadien John Diefenbaker – d’où le surnom de Diefenbunker – qui en avait ordonné la construction, ne l’a même jamais visité.
Petite mise en contexte.
Vers la fin des années 1950, les tensions entre les pays dits «occidentaux», avec en tête les États-Unis, et les nations communistes, menées par l’Union soviétique, ne cessent de croitre. Cette «guerre froide», comme on l’a appelée, suscite de plus en plus la crainte d’un conflit nucléaire.
En réponse à cette menace, plusieurs pays construisent des bunkers pour fournir aux dirigeants un abri sûr qui leur permettra de sauver leur peau… autrement dit de continuer à gérer le pays. Ou les deux.
Et Diefenbaker créa le Diefenbunker
Le Canada n’est pas en reste. En 1958, le premier ministre John Diefenbaker lance la construction d’une cinquantaine d’abris nucléaires aux quatre coins du pays. Au public, on présente le tout comme un «système fédéral décentralisé de gouvernement d’urgence avec des éléments centraux, régionaux et locaux.» La langue de bois ne date pas d’hier…
L’une des affiches du programme de sensibilisation du public à la menace nucléaire lors de la guerre froide.
Le projet est nommé «Centre expérimental des transmissions de l’armée».
Bref, le gouvernement souhaite garder ces bunkers ultrasecrets. Mais c’est sans compter la perspicacité et la ténacité d’un journaliste du nom de George Brimmell, du Toronto Evening Telegram, un journal aujourd’hui disparu.
George Brimmell trouve suspects les travaux de construction qui se déroulent à Carp. Il pose des questions aux autorités, mais n’obtient que des réponses évasives. On est muets comme une carpe.
Le journaliste décide de survoler le site en avion. Il aperçoit 78 toilettes qui se font engouffrer sous terre. Après avoir gratté un peu, Brimmell découvre la véritable nature du projet… et dévoile le tout dans son journal en septembre 1961. Ah, les journalistes! Ils trouvent toujours le moyen de foutre le bordel. Une chance.
Un complexe imposant
La révélation du journal met Diefenbaker en furie. C’est à ça aussi que servent les médias!
La construction du Diefenbunker s’achève en 1961. Elle a nécessité 32 000 verges cubes de béton et 5 000 tonnes d’acier. Le cout : 22 millions de dollars. Une fortune pour l’époque.
Porte de la chambre forte de la Banque du Canada aménagé au dernier sous-sol du Diefenbunker et destiné à entreposer les réserves d’or du pays en cas d’attaque nucléaire.
L’abri est conçu pour résister à une attaque nucléaire de 5 mégatonnes, soit 250 fois la puissance des bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Il a une superficie de plus de 30 000 mètres carrés répartis sur quatre étages et peut accueillir plus de 500 personnes. On y retrouve notamment :
Le dernier sous-sol abrite une chambre forte dans laquelle la Banque du Canada aurait pu entreposer les réserves d’or du pays.
Le bunker est aussi doté de puits souterrains pouvant fournir jusqu’à 1 800 litres d’eau. Des générateurs ont été aménagés avec de grands réservoirs de carburant pour assurer une alimentation en énergie. La machinerie et la plomberie étaient protégées par un système de ressorts et de tuyaux flexibles capable de soutenir le choc d’une explosion.
Mais ce bunker n’a jamais servi.
Pas de bombe, pas de problème!
La seule occasion où l’on a envisagé sérieusement d’envoyer les dirigeants et l’or du pays sous terre est survenue en 1962, lors de la crise des missiles de Cuba.
Par la suite, comme la nature a horreur du vide, le bunker a abrité une station des Forces armées canadiennes, en tant que quartier général d’urgence du gouvernement du Canada.
En 1997, le Diefenbunker est devenu un lieu historique national et le site du Musée canadien de la guerre froide.
Le nom Diefenbunker perdure encore, et il est aujourd’hui possible de visiter l’endroit pour y voir du matériel, des photographies, des films, des plans, des cartes ainsi que des meubles de l’époque. Pas besoin d’attendre la prochaine attaque!
Le complexe offre même une activité de simulation de type «salle d’évasion», au cours de laquelle les participants doivent tenter d’arrêter la séquence de lancement d’une bombe et de transmettre une alerte au monde extérieur. Tout pour un dimanche après-midi bien rempli!
Le bunker a également servi pour le tournage d’une scène dans le film La Somme de toutes les peurs (The Sum of All Fears). Eh oui, si aucun premier ministre du Canada – sauf Pierre Elliott Trudeau en 1977 – n’a mis les pieds dans le Diefenbunker, ce n’est pas le cas pour de grands acteurs, comme Morgan Freeman, Ben Affleck et d’autres.
Quant aux autres bunkers prévus à l’origine par Diefenbaker, seulement six seront construits, Pierre Elliot Trudeau ayant mis fin aux autres projets.
Deux sont encore en activité : celui de la base militaire de Val Cartier, près de Québec, sert de centre de simulation et abrite les bureaux de l’administration de la base, et celui de Debert, non loin de Truro, en Nouvelle-Écosse, a été rénové et est ouvert aux visiteurs.
Pour terminer, un clin d’œil aux Trudeau. Pendant la guerre froide, le gouvernement fédéral a mené une campagne au moyen de dépliants et d’affiches pour encourager la population à se préparer à la possibilité d’une attaque nucléaire, juste au cas. L’un des personnages utilisés pour transmettre ces messages s’appelait… «Justin Case». Ça s’invente pas.