Sous le thème «Échanges et appartenances en espaces francophones», le colloque a réuni de jeunes chercheurs du Canada, des États-Unis et du Maroc.
Quels que soient les enjeux qui traversent les communautés francophones en situation minoritaire au Canada, elles sont souvent «morcelées» et n’affichent pas toujours une unité «solide», estime Sara El Zoghbi, doctorante en éducation en justice sociale à l’Université de Toronto.
À mesure que ces communautés se diversifient, avec de nouveaux arrivants venus du monde entier, «des malentendus et des conflits culturels» apparaissent, en particulier dans le domaine de l’éducation.
Les écoles francophones hors Québec abritent une multitude de réalités culturelles auxquelles les enseignants doivent continuellement s’adapter. Le français est la deuxième, voire parfois la troisième ou la quatrième langue d’un nombre grandissant d’élèves.
C’est comme si tout le monde avait des lunettes et des écouteurs. Notre langue et notre culture influencent notre perception du monde et de la réalité. Il faut prendre conscience de ces biais et de ces stéréotypes pour savoir d’où ils viennent et les déconstruire.
À lire aussi : 2024, une année de colloques sur la francophonie en Atlantique (Le Courrier de la Nouvelle-Écosse)
Changer la perception de la francophonie
Les pratiques et les sujets abordés dans les salles de classe canadiennes peuvent être jugés inacceptables par des parents fraichement débarqués de l’autre bout du monde, dont les référents culturels sont aux antipodes.
De même, à cause de ces différences, les relations entre le corps professoral et les familles peuvent se crisper, car «ce qu’un parent va entendre n’est pas nécessairement ce que l’enseignant lui a dit, la manière dont il va le comprendre n’est pas nécessairement la bonne», détaille Sara El Zoghbi.
À lire aussi : Étudier en français sans le parler : le défi des élèves allophones
«J’ai réalisé qu’il y a avait énormément de travail à faire au niveau de la perception de la francophonie et de sa diversité», commente celle qui a été enseignante dans des écoles françaises au Liban.
«Supprimer la hiérarchie entre les francophonies»
«On ne doit pas oublier que la francophonie est un espace ouvert, fait aussi de traditions orales, capables de valoriser pareillement la langue française», ajoute Anouar Akki, doctorant en littérature française, francophone et comparée à la Faculté des Langues, des Lettres et des Arts de Kenitra, au Maroc.
Le doctorant marocain Anouar Akki rappelle que «la francophonie est un espace ouvert».
Aux yeux de Sara El Zoghbi, d’un côté, les curriculums canadiens ne sont pas assez adaptés aux élèves, de l’autre, les enseignants arrivant de l’étranger ne sont pas assez formés. Ils connaissent mal les programmes et doivent effectuer des recherches supplémentaires, «seuls, dans leur coin […] laissant une place énorme à l’erreur».
La chercheuse appelle ainsi à les former plus efficacement à la diversité culturelle et au multilinguisme. Elle parle de leur apprendre à mettre en valeur l’identité culturelle et la langue d’origine de leurs élèves.
«Nous devons harmoniser les pratiques et supprimer les relations de pouvoir et la hiérarchie entre les francophonies. Les différents espaces francophones doivent se reconnaitre à égalité», insiste Sara El Zoghbi.
Démonstrations d’unité des Franco-Ontariens
De leur côté, les Franco-Ontariens ont su très tôt unir leurs forces pour défendre l’enseignement dans leur langue maternelle. «L’éducation en français en Ontario a toujours été une question de lutte», affirme Johnsly Ira, stagiaire à l’Observatoire Nord-Sud de l’Université Saint-Anne, en Nouvelle-Écosse.
L’étudiant évoque le combat mené contre le Règlement 17 du ministère ontarien de l’Éducation. Adopté en 1912, il interdisait déjà l’enseignement du français après la 2e année du primaire et comme langue de communication dans les écoles bilingues des réseaux publics et séparés.
Il revient surtout sur la mobilisation plus récente des Franco-Ontariens en faveur de l’ouverture d’une université de langue française. Si la province compte 19 universités, aucune université indépendante n’était exclusivement francophone avant 2021.
Pendant des décennies, la demande des francophones n’a pas été prise en compte, car cela coutait moins cher de financer des programmes en français dans des universités bilingues.
En Ontario, neuf établissements postsecondaires sont bilingues, comme l’Université Laurentienne et celle d’Ottawa.
«Au-delà de la volonté de desservir la population de langue française, ces deux universités ont privilégié la voie du bilinguisme institutionnel pour s’assurer des subventions du gouvernement provincial», observe Johnsly Ira.
Mais ce modèle du bilinguisme ne convainc pas les Franco-Ontariens, à cause du «risque trop élevé d’anglicisation» et parce qu’il «n’est pas adapté à leurs besoins», détaille celui qui est titulaire d’un baccalauréat en psychologie de l’Université d’État d’Haïti.
À lire aussi : L’immigration au cœur de l’identité francophone
«Les francophones montent aux barricades»
Le travail de longue haleine des Franco-Ontariens finit par payer. En 2017, ils obtiennent de la province le financement de l’Université de l’Ontario français (UOF).
Johnsly Ira, stagiaire à l’Observatoire Nord-Sud de l’Université Saint-Anne, considère que le mouvement contre la fermeture de l’hôpital Monfort en Ontario a «apporté une contribution centrale à la manière de penser les revendications pour que les minorités francophones aient leurs propres institutions».
Quelques mois plus tard, à la stupeur générale, le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford fait brusquement marche arrière. «Les francophones montent aux barricades pour résister à la décision de Ford», résume Johnsly Ira. Près de 40 manifestations ont lieu à travers la province pour réclamer le rétablissement de l’UOF.
La mobilisation porte ses fruits. En janvier 2020, les gouvernements fédéraux et provinciaux signent une entente de financement de 128 millions de dollars qui sauve l’université.
Johnsly Ira explique que la lutte pour l’UOF s’inspire du mouvement de contestation de 1997 contre la fermeture de l’hôpital Monfort, le seul à offrir des services entièrement en français en Ontario.
À l’époque, grâce à une mobilisation sans précédent, les Franco-Ontariens obtiennent gain de cause devant les tribunaux et sauvent l’hôpital.
«Cette victoire a laissé un socle inébranlable pour d’autres mouvements de contestation, analyse John C. Kina. Elle a apporté une contribution centrale à la manière de penser les revendications pour que les minorités francophones aient leurs propres institutions.»
À lire aussi : Petites cohortes à l’UOF : le recteur prône la patience
Du 4 au 6 mars, le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC) a accueilli des établissements éducatifs, des organismes communautaires et des institutions gouvernementales au Centre national des Arts d’Ottawa.
Ils ont participé à des tables rondes, des panels et diverses discussions sur l’apprentissage tout au long de sa vie.
Dans une déclaration finale, les signataires «s’engagent à inscrire l’apprentissage tout au long de la vie et le développement des compétences dans leur démarche d’épanouissement personnel, tout en contribuant à transformer leur milieu de travail en organisation apprenante et leur milieu de vie en communautés apprenantes».
À lire aussi : Un premier sommet pour répondre à l’urgence éducative des francophones
Risque de marginalisation
«Ne pas permettre une éducation équitable, cet accès équitable à l’éducation, menace essentiellement la cohésion sociale», prévient Yves-Gérard Méhou-Loko, le secrétaire général de la Commission canadienne pour l’UNESCO.
Selon lui, il est nécessaire de nos jours de comprendre le fonctionnement de la société.
Pour être épanoui, il est important de connaitre ses droits civiques et politiques, déclare François Larocque.
Il y a «des éléments dont nous avons besoin pour être en mesure de nous émanciper en tant que personnes dans le Canada du XXIe siècle», comme connaitre le fonctionnement d’une démocratie et les bases de la gestion financière, a-t-il ajouté.
François Larocque, professeur de droit à l’Université d’Ottawa et titulaire de la chaire de recherche en droit et enjeux linguistiques, encourage quant à lui les gens à prendre connaissance de leurs droits pour pouvoir «jouer pleinement des avantages de la citoyenneté».
Notamment les droits de nature civique et politique, comme «le droit de vote, le droit de mobilité, le droit à l’égalité, le droit à la vie, la sécurité de la personne», énumère-t-il.
Pour M. Méhou-Loko, il est important de posséder ces éléments pour saisir les subtilités et mieux comprendre le monde qui nous entoure, afin d’éviter de participer à la propagation de la désinformation.
La communauté, une source d’apprentissage
La déclaration finale du Sommet mentionne aussi qu’il est attendu du gouvernement qu’il s’engage à renforcer l’apprentissage des francophones en situation minoritaire, ce qui est inscrit dans la nouvelle Loi sur les langues officielles
L’article 41 (3) de la nouvelle Loi sur les langues officielles stipule que le gouvernement s’engage à assurer l’apprentissage des francophones en contexte formel, mais aussi informel et non formel. La Loi reconnait donc l’existence d’un apprentissage hors du cadre scolaire.
Pour Josée Vaillancourt, directrice générale de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), la modernisation de la Loi sur les langues officielles «est une grande victoire pour le réseau jeunesse, parce que ça vient ajouter une légitimité, une reconnaissance au rôle que l’on joue dans le développement des compétences chez les jeunes».
Les francophones peuvent aussi développer leur apprentissage en étant actifs dans la communauté, rappelle Josée Vaillancourt.
Le réservoir du savoir ne se remplit pas seulement dans une cour d’école ou au sein d’un amphithéâtre, les personnes continuent d’apprendre en dehors de l’école, comme dans les activités communautaires, les échanges et les expériences gagnées tout au long de sa vie, a rappelé la directrice.
Par exemple, travailler avec les jeunes lui a permis d’apprendre des informations qu’elles ignoraient, témoigne-t-elle.
D’ailleurs, les personnes âgées sont aussi appelées à continuer à développer leurs connaissances, indique Yves-Gérard Méhou-Loko. «Ça leur permet de maintenir des capacités cognitives, par exemple en réduisant certains éléments de vieillissement et en restant actif au sein de sa communauté aussi», précise-t-il.
Mais pour atteindre ces objectifs et encourager les francophones, il est primordial de répondre à leurs besoins en offrant des structures adaptées et en mettant en place des occasions d’apprentissages, a indiqué lors du Sommet Valérie Morand, directrice générale de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF).
Encourager un accès équitable à l’éducation
Mais avant d’en arriver à l’éducation informelle, il faut passer par les écoles. La déclaration met justement en lumière l’importance d’offrir un apprentissage de qualité et d’assurer la vitalité de l’identité francophone pour répondre à la crise éducative dans le milieu francophone minoritaire.
Pour assurer l’apprentissage des francophones en situation minoritaire, il faut d’abord offrir aux enfants des places en service de petites enfances, des écoles à proximité et de meilleures infrastructures, indique Valérie Morand.
Yves-Gérard Méhou-Loko considère «inadmissible aujourd’hui de [pouvoir encore] parler d’un accès équitable et inclusif à l’éducation».
Les difficultés d’accès à l’éducation en français persistent pour les jeunes francophones en milieu minoritaire. «Dans la grande région de Toronto, nous avons des enfants francophones qui font une heure d’autobus quotidiennement pour pouvoir aller à l’école», déplore le secrétaire général.
«Si les écoles [francophones] sont trop loin, c’est dissuasif, on va choisir l’école de quartier», indique Valérie Morand.
En conséquence, plusieurs jeunes peuvent être désintéressés, détachés et décrocher, énumère Yves-Gérard Méhou-Loko.
Pour permettre l’épanouissement des jeunes francophones dans le cadre scolaire, dit formel, il faut commencer par assurer un nombre de places suffisant dans les services en petite enfance, installer des écoles francophones à proximité et offrir de meilleures infrastructures, soutient Valérie Morand.
La sortie décriée du président français
Le président Macron a brisé un tabou le 26 février en affirmant que des troupes occidentales pourraient un jour être envoyées en Ukraine, car «en dynamique, rien ne doit être exclu. Nous ferons tout ce qu’il faut pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre».
Dès le lendemain, tous les alliés occidentaux sont montés au créneau pour dire qu’il n’en était absolument pas question. Le Canada, par exemple, par la voix de son ministre de la Défense, Bill Blair, a signalé que cela n’était pas dans ses intentions.
On savait de toute façon que le Canada n’avait pas l’intention de faire grand-chose sur le plan militaire, comme le montre le fait que le pays n’a livré que la moitié de ce qu’il a promis comme aide militaire à l’Ukraine.
Cette joute rhétorique à laquelle se sont livrés les dirigeants occidentaux pour marquer très maladroitement l’entrée dans une troisième année de guerre nous révèle encore une fois le manque de profondeur et de connaissances de l’histoire de nos dirigeants.
Des parallèles du passé importants à saisir
Pour qui connait son histoire, le parallèle est immanquable : ne pas appuyer réellement l’Ukraine comme les Occidentaux le font aujourd’hui est l’équivalent de choisir l’abandon de la Tchécoslovaquie en 1938. D’ailleurs, ce qui est fascinant, c’est que les discours sont les mêmes.
Par exemple, les pseudo-intellectuels qui défilent sur les réseaux sociaux et les chaines d’information en continu ne cessent de raconter que «l’invasion russe n’était que défensive, que l’Ukraine l’a bien cherché et que, finalement, c’est de sa faute (et celle de Washington). Elle n’avait qu’à pas vouloir s’arrimer à l’Ouest».
En d’autres termes, ces personnes confondent l’explication et la justification. Comme politologue, j’ai souvent dit et écrit que l’élargissement à l’est de l’OTAN était une erreur, mais pour moi, cela n’a jamais justifié l’invasion russe de l’Ukraine. Invasion que je n’avais absolument pas envisagée par ailleurs.
Parallèle 1 : C’est comme si vous justifiez les actions d’Hitler parce que le Traité de Versailles était trop injuste et trop dur envers l’Allemagne (ce qui est un fait et non une justification).
Parallèle 2 : Les accords de Munich. En fin de compte, les sorties outrées des dirigeants occidentaux le 27 février 2024 contre les propos de Macron signifient que, pour eux, il n’y a pas de ligne rouge quant à ce que Poutine peut faire en Ukraine.
Ils disent : jamais de troupes au sol. Jamais si Kiev était rasée par des bombardements aériens massifs? Jamais si les Russes installaient des camps de concentration (après tout il y a déjà un génocide en cours avec le transfert forcé de milliers d’enfants ukrainiens)? Jamais s’il ne restait que Lviv encerclée à résister? Jamais? Ils ont déjà abandonné l’Ukraine et ils espèrent que Poutine s’arrête là.
Comme en 1938, les dirigeants européens avaient scellé les accords de Munich avec Hitler et Mussolini en se disant qu’Hitler s’arrêterait après l’obtention des Sudètes. La France, qui avait pourtant un traité d’alliance avec la Tchécoslovaquie, avait choisi la voie du déshonneur.
Il faut souligner le courage, mais aussi, et surtout la cohérence, d’Emmanuel Macron qui, après avoir signé un accord de sécurité avec l’Ukraine, en tire les conséquences qui s’imposent.
Que vaut d’ailleurs l’accord bilatéral de sécurité signé en grande pompe par notre premier ministre et le président Zelensky si, quand l’Ukraine est envahie, nous ne sommes même pas capables d’envoyer les vêtements et le matériel d’hiver promis en octobre 2023?
L’urgence d’agir, vraiment
Les lecteurs auront vu venir le parallèle 3. Tout comme Hitler ne s’est pas arrêté aux Sudètes, Poutine ne s’arrêtera pas à l’Ukraine. Les mêmes qui justifient l’invasion de l’Ukraine diront que «mais si, Poutine n’est pas Hitler, c’est différent».
Mais même si on ne peut être certains des intentions du maitre du Kremlin, veut-on prendre un risque ou lui envoyer un message clair? Peut-on tirer une fois encore les leçons du passé?
Moscou est engagé dans un processus de reconstruction de l’Empire en se servant de la présence de minorités russophones pour justifier l’agression. Par conséquent, on peut fortement présumer que la Moldavie et les pays baltes seront les prochains sur la liste.
Il est urgent que l’Europe se réarme, de même que le Canada, car le monde a changé. Le retour de la guerre est bien là. Les dictatures investissent dans leur arsenal. La démocratie est en danger.
La perspective d’un parlement européen où l’extrême droite sera une force de premier plan en juin prochain, tout comme celle de la réélection de Donald Trump aux États-Unis, ne feront qu’accélérer ces processus déjà en cours dans le monde.
Ne faisons pas l’autruche. Soyons réalistes et courageux.
Aurélie Lacassagne est politicologue de formation et doyenne des Facultés de sciences humaines et de philosophie de l’Université Saint-Paul à Ottawa. Elle est membre du Comité de gouvernance du Partenariat Voies vers la prospérité.
Le professeur adjoint à l’École des sciences infirmières (ÉSI) de l’Université d’Ottawa, Idrissa Boego, se dit «écœuré» de la situation. «En général, lorsqu’on reçoit des demandes de ce genre, on s’attend à ce que ce soit bilingue, dit-il. Ils font normalement des efforts dans ce sens-là.»
Idrissa Boego voit une contradiction dans les efforts de travailler avec des groupes minoritaires et l’indisponibilité d’un questionnaire en français.
Ce recensement de la main-d’œuvre de l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario (OIIO) est présenté en français et en anglais dans le courriel d’invitation à y participer, mais le questionnaire est seulement en anglais.
La vidéo explicative est aussi présentée uniquement dans la langue de Shakespeare.
«Pour ce premier recensement, l’OIIO a décidé de le lancer en anglais», explique Kristi Green, porte-parole de l’OIIO, dans une réponse écrite. «Nous étions conscients des défis que représentait un premier recensement en trois parties auprès de plus de 200 000 infirmières, en recueillant des données qui n’avaient jamais été collectées auparavant.»
«Notre objectif est d’être pleinement inclusif et d’apporter des améliorations chaque année sur la base des contributions de tous les groupes qui méritent d’être traités sur un pied d’égalité», poursuit-elle.
Contrer la sous-représentation, en anglais seulement
«À l’OIIO, nous savons que les membres de groupes historiquement sous-représentés peuvent être victimes de racisme, de discrimination ou de harcèlement dans leur vie personnelle et professionnelle. […] Ce recensement éclairera la stratégie de diversité, d’équité et d’inclusion de l’OIIO», lit-on sur le site web de l’OIIO.
Pour Diane Quintas, ce recensement est une occasion ratée de recenser les défis particuliers liés à la langue pour les infirmières et infirmiers francophones de l’Ontario.
Diane Quintas, directrice générale du Réseau du mieux-être francophone du Nord de l’Ontario, est heureuse de voir que l’Ordre souhaite examiner les lacunes en matière d’inclusion.
Elle a cependant détecté une lacune dans l’examen : «Ils parlent des défis d’équité, de vouloir identifier les obstacles que vivent les infirmiers et infirmières, mais quand on regarde la liste de personnes avec qui ils ont collaboré pour élaborer les questions et préparer le sondage, il n’y a aucune mention de personnes francophones.»
Pour réaliser le recensement, l’OIIO a collaboré avec le Groupe de travail du personnel infirmier noir, l’Alliance des infirmières et infirmiers noirs du Canada, l’Ontario Black Nurses Network, le Canadian Black Nurses Network, et le Indigenous Primary Health Care Council.
Idrissa Boego félicite l’OIIO pour l’effort de travailler avec ces groupes. D’un autre côté, il y voit une certaine contradiction : «Que ce soit fait en anglais seulement, alors qu’on a pris toute la précaution de travailler avec des groupes minoritaires culturellement, ça m’a paru vraiment bizarre.»
Pour Diane Quintas, «ça va bien au-delà d’avoir le sondage disponible dans les deux langues. C’est de s’assurer qu’il y a des questions qui vont aller chercher de l’information [sur les obstacles auxquels font face les infirmières francophones]».
D’après elle, le sondage aurait justement été une occasion parfaite pour parler des défis liés à la langue.
«Double mandat»
«L’un des défis qu’on a toujours nommés pour les infirmiers et infirmières francophones, c’est qu’ils sont souvent appelés à faire un double mandat. Ils sont obligés de travailler sur leur plancher et après sur un autre plancher parce que le patient sur l’autre plancher est francophone.»
Jean-Daniel Jacob a refusé de remplir le sondage de l’Ordre des infirmières et infirmiers de l’Ontario seulement offert en anglais.
L’OIIO souhaite que les francophones participent au recensement, assure Kristi Green dans son courriel : «Ces expériences sont importantes et nous croyons fermement qu’elles doivent être reflétées dans le recensement.»
«Ça me surprend beaucoup que l’OIIO n’ait pas fait traduire ce sondage», affirme de son côté Paul-André Gauthier, président du Groupe des infirmières et infirmiers francophones de l’Ontario.
À son avis, le recensement «devrait être traduit et fait pour les infirmières et infirmiers francophones de l’Ontario à une nouvelle date afin qu’il soit complété par les membres parlant français».
Mise à part la question sur la langue dans laquelle les répondants peuvent fournir des soins de manière compétente, il n’y a aucune question spécifique aux obstacles linguistiques et aux francophones. Ces derniers devront faire part de leurs défis dans leurs réponses aux autres questions.
Selon Diane Quintas, en ne posant pas ces questions, «on rate une super opportunité d’aller chercher ces données-là».
Un refus de participer
Dans son courriel, l’OIIO exprime son désir d’avoir la rétroaction d’infirmières et d’organismes francophones, mais leur approche pourrait les priver de certaines réponses.
Jean Daniel Jacob, professeur à l’ÉSI de l’Université d’Ottawa, n’a pas complété le sondage. «Je n’ai pas intérêt à soutenir leurs activités, indique-t-il. Ce n’est pas correct de contacter ses membres sans respecter la diversité linguistique de leur membership français et anglais.»
Afin d’en lire le contenu, Idrissa Boego a complété le questionnaire. Il comprend que ce ne sera pas le cas de tous ses collègues. «Ça nous pose problème, nous autres francophones. […] J’en connais qui vont boycotter.»
Michelle Lalonde, aussi professeure à l’ÉSI, confirme que Jean-Daniel Jacob n’est pas le seul de ses collègues à avoir refusé de participer. Malgré la frustration de ne pas pouvoir «s’exprimer dans sa langue», elle ajoute avoir rempli le sondage.
Lorsqu’il était vice-président des étudiants internationaux de l’Association des universitaires de la Faculté Saint-Jean, Yves Kouassi et son équipe organisaient des activités sociales pour répondre aux préoccupations des étudiants étrangers.
Participer et intégrer les services de l’université permet d’avoir un effet dans la communauté étudiante, de gagner de l’expérience et de faire plein de rencontres, énumère Yves Kouassi, diplômé en baccalauréat de sciences biologiques à l’Université de Saint-Jean et ancien vice-président des étudiants internationaux au sein de l’Association des universitaires de la Faculté Saint-Jean, à Edmonton, en Alberta.
«Car ce n’est pas en [faisant la même routine de] rentrer à la maison, manger, dormir, étudier, que la vie en tant qu’étudiant international va s’améliorer», ajoute le jeune homme, originaire de la Côte d’Ivoire.
Depuis mars 2023, Yves Kouassi est jeune ambassadeur itinérant de l’Alliance Jeunesse-Famille de l’Alberta society.
Engagement communautaire
Joviale Orlachi Osundu, étudiante à l’Université de Moncton en Travail social, est la présidente de l’Association des Étudiant-e-s Internationaux du Campus Univ. de Moncton. En 2023, elle a été choisie parmi les 23 personnalités marquantes par le journal Acadie Nouvelle.
Avec son parcours, Joviale Orlachi Osundu souhaite montrer qu’il est possible de vivre et d’avoir des opportunités en tant qu’étudiant étranger francophone dans un contexte minoritaire.
Elle décrit cette nomination comme la «victoire de la jeunesse immigrante, de la jeunesse canadienne, et d’une jeunesse qui est présente, qui revendique, qui pose des questions et qui veut qu’il y ait des changements».
«[Aujourd’hui] je pense que les jeunes francophones ont besoin de jeunes leadeurs comme eux, qui existent afin qu’ils comprennent qu’on n’a pas besoin nécessairement de parler anglais pour pouvoir défendre des enjeux», dit l’étudiante originaire du Nigéria.
En participant à la vie de son université, Jovial Orlachi Osundu souhaite faire comprendre aux étudiants étrangers qu’il est possible de vivre en français et de profiter de plusieurs opportunités dans un milieu minoritaire.
Nouvelle famille
Jovial Orlachi Osundu n’est pas la seule à s’épanouir en français. Du côté de l’Ontario, à l’Université d’Ottawa, Samar Mohamed Ahmed a débuté son engagement comme directrice des affaires francophones à l’association étudiante de l’École de gestion Telfer.
Pour remercier les étudiants de leur participation, le syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa a organisé, le 24 février, un gala à l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs.
Samar Mohamed Ahmed a reçu le prix de l’engagement communautaire. «Nous étions cinq qui ont été nominés et les étudiants ont voté pour moi, c’est une énorme fierté», témoigne-t-elle.
L’étudiante d’Ottawa a commencé par être bénévole dans différents services pendant qu’elle étudiait et travaillait. L’espace entre chaque cours était consacré à sa participation à la vie étudiante, dévoile-t-elle.
L’engagement étudiant «représente ma vie tout simplement, parce que je n’ai pas ma famille ici», dit-elle, émue.
«C’est ces étudiants avec qui j’ai interagi qui deviennent une famille. J’ai pu redéfinir ce qu’était réellement vivre des moments conviviaux.»
Lors d’un gala organisé par le syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa à l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs, Samar Mohamed Ahmed a reçu le prix de l’engagement communautaire.
Appuyer et défendre la francophonie
Originaire du Djibouti, Samar Mohamed Ahmed a toujours baigné dans un environnement francophone. Sa mère était professeure de français, elle regardait des films en français, confie-t-elle.
En arrivant au Canada, l’étudiante en gestion internationale s’informe sur l’histoire des francophones au pays. Il devient indispensable pour elle de mettre les francophonies canadiennes au cœur de ses revendications.
«La francophonie représente mon identité, alors au-delà d’être femme, au-delà d’[être] noire, au-delà d’être tout ceci, la francophonie fait partie d’un environnement dans lequel j’ai grandi», déclare-t-elle.
Être engagé comme étudiant international, c’est aussi aider les nouveaux arrivants francophones à s’intégrer plus facilement, remarque Yves Kouassi. «Pour quelqu’un qui quitte par exemple l’Afrique ou bien l’Asie, rentrer ici, au Canada, c’est embrasser un autre système.»
Yves Kouassi et son équipe organisaient des activités et des évènements pour permettre aux étudiants de se rencontrer et de faire du réseautage.
Quand il était membre de L’Association des universitaires, ils écoutaient les préoccupations et les inquiétudes des étudiants. La plupart du temps, c’était sur «les conditions de vie invivable, en parlant des [frais] de scolarités», précise-t-il.
À lire : Les étudiants étrangers face au mur de l’emploi
Réseautage et opportunités
Jovial Orlachi Osundu et Samar Mohamed Ahmed soulignent toutefois qu’il faut être bien organisé et savoir gérer son temps pour se lancer dans de telles aventures, car il ne faut pas négliger ses études, puisque c’est pour cette raison qu’ils sont là, ajoute Samar Mohamed Ahmed.
Être active à l’université donne le sentiment à l’étudiante d’Ottawa de faire quelque chose «d’utile et d’amusant». «Je rencontre du monde incroyable.»
Samar Mohamed Ahmed était au départ une étudiante plutôt réservée et ne connaissait pas encore son plein potentiel, confie-t-elle. En s’impliquant, elle a découvert qu’elle était «capable de prendre des postes avec des responsabilités». «Le fait de ne pas le faire m’avait gardé dans une bulle qui me semblait tout simplement étouffante.»
Les nombreuses heures de bénévolat de l’étudiante lui ont permis d’agrandir son cercle et de trouver des offres d’emplois qui se rapprochent davantage de ses intérêts.
Elle est actuellement superviseure d’évènements au Centre d’administration des clubs pour le Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa et ambassadrice au Centre des carrières de la faculté de gestion de Telfer.
Samar Mohamed Ahmed encourage quant à elle les étudiants à s’impliquer comme elle le fait actuellement. «Parce que c’est quelque chose qui a vraiment changé ma vie universitaire.»
Alors qu’il était accompagné de l’ancienne ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, à Dieppe, au Nouveau-Brunswick, le ministre actuel, Randy Boissonnault, a annoncé le 1er mars une bonification du financement de base accordé aux organismes communautaires.
«La protection de nos langues officielles est au cœur de notre action chaque jour», a réitéré l’ancienne ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor.
Trois-cents-huit organismes recevront une augmentation de 12,5 % de leur financement pour l’année financière 2023-2024.
«Je suis heureux de voir le financement record se concrétiser sur le terrain et faire une différence pour les Canadiens et Canadiennes», a déclaré le ministre des Langues officielles.
À lire aussi : Plan d’action sur les langues officielles : une manne financière pour des organismes communautaires (Le Moniteur Acadien)
Ce financement tant attendu découle du Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028, dévoilé le 26 avril 2023.
«Il permet au gouvernement du Canada d’appuyer des initiatives qui touchent l’immigration francophone, le développement économique, l’éducation, la justice, la santé, les arts et la culture», détaille Patrimoine canadien dans un communiqué de presse.
Un peu de répit pour les organismes
Ce financement amène un vent de répit pour Marie-Christine Morin, directrice générale de la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), car, selon elle, ces organismes ont «historiquement été pour la plupart sous-financés».
«Oui, c’est bienvenu parce que, évidemment, on connait une hausse galopante des couts, une situation qui est inflationniste présentement, il y a une pénurie de main-d’œuvre, etc., énumère la directrice. Le secteur artistique culturel a encore peine à se remettre d’une pandémie où les activités ont été arrêtées complètement.»
La directrice générale de la Fédération culturelle canadienne-française, Marie-Christine Morin, accueille favorablement l’augmentation du financement.
Dans cette optique, elle croit que le financement fédéral permettra aux organismes, entre autres, de faire face à l’augmentation du cout de la vie, d’offrir de meilleures conditions de travail à leurs employés ainsi que d’accroitre leurs services et leurs activités.
Même son de cloche chez le responsable des communications et du plaidoyer à La Boussole, Aurélien Derozier. D’après lui, la bonification viendra soulager «un peu» la pression sur les finances que subit cet organisme de bienfaisance basé à Vancouver, en Colombie-Britannique.
En plus de l’inflation et des problèmes socioéconomiques auxquels font face les Canadiens, les subventions qui avaient été octroyées pendant la pandémie ont pris fin cette année. La pression économique est alors très forte sur La Boussole.
«La philosophie derrière cette [annonce], on l’a appuyée favorablement et c’est plutôt pertinent», soutient Aurélien Derozier.
«Ça ne va pas forcément permettre de répondre à tous les besoins»
Mais pour le responsable, bien que cette augmentation soit bienvenue, elle reste toutefois insuffisante. «La pression est tellement grande que, malgré l’enveloppe qui a été attribuée, ça ne va pas forcément permettre de répondre à tous les besoins.»
Aurélien Derozier affirme que cette augmentation, bien que bénéfique, reste insuffisante pour son organisme.
Les exigences économiques demeurent importantes dans toutes les sphères, que ça soit au niveau du recrutement, de la rétention, du cout du loyer, du cout des ressources ou même dans les services offerts aux clients.
«En parallèle [il y a] une augmentation des demandes, et de plus en plus de personnes sont en situation de précarité», explique-t-il.
La Boussole a vu une augmentation de plus de 30 % des personnes qui font appel à leurs services. «La situation ne s’améliore pas, se désole Aurélien Derozier. On fait des projections et on va avoir plus de demandes, plus de besoins.»
À lire aussi : Une année record pour l’insécurité alimentaire
Possible augmentation jusqu’à 25 %
Randy Boissonnault a affirmé que cette bonification pourrait atteindre jusqu’à 25 % pour des projets jugés novateurs.
Par ailleurs, le ministre a aussi ajouté qu’une partie du financement pourrait être utilisée pour subventionner d’autres organismes communautaires dans les années à venir.
NDLR : Parmi les organismes qui bénéficieront de cette première part du gâteau, on retrouve Réseau.Presse, éditeur de Francopresse.
«Je me suis intéressé aux femmes, car elles ne sont pas assez valorisées dans les sports d’aventure et de plein air. Dans ces métiers, on a plus le cliché de l’homme blanc trentenaire et barbu», explique Patrick Lac, coordonnateur de Franc Ouest.
La seconde saison de Franc Ouest s’intitule NATURE+ELLES.
Pour la deuxième saison du balado franco-colombien, intitulée NATURE+ELLES, il est allé à la rencontre de 15 femmes francophones passionnées de plein air dans la région des Kootenays Ouest, dans le sud-est de la Colombie-Britannique.
Quatre épisodes sont déjà disponibles, le cinquième sort le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, et un nouvel épisode sera dévoilé tous les vendredis suivants.
Patrick Lac travaille d’arrachepied sur ce projet depuis juin 2023. Pour trouver les 15 élues, il a sondé son entourage, ses collègues de l’AFKO, mais aussi la population avec une question simple : à quelles personnalités incontournables doit-il absolument parler?
À lire aussi : Les histoires «ordinaires, mais fascinantes» de Franco-Colombiens
Histoire de succès
La première saison de Franc Ouest, sortie en 2022, a enregistré environ 6 500 écoutes, dont 4 000 la première année, majoritairement au Québec et en Colombie-Britannique. Certaines radios communautaires ont également diffusé le balado.
Selon Patrick Lac, les niveaux d’écoute des quatre premiers épisodes de la deuxième saison sont encore meilleurs.
«Cet engouement montre que nous répondons à une forte demande, car il n’y a pas de contenu francophone régional. Radio-Canada se déplace à peu près jamais dans la région», souligne le coordonnateur, qui a déjà des idées pour une troisième saison.
Se permettre des silences
Après une phase de présélection et une série de préentrevues, le choix a été facile. «Parfois, elles n’ont eu besoin que de quelques secondes au téléphone pour me convaincre», assure le Franco-Ontarien d’origine.
En décembre dernier, Patrick Lac est parti à la rencontre d’Alexandra Pronovost, dans les montagnes, où elle fait de la planche à neige.
Le projet a rapidement séduit Alexandra Pronovost, que les auditeurs découvrent dans le quatrième épisode.
«Au départ, j’étais un peu intimidée et gênée, mais je suis toujours ouverte à participer à des projets qui font rayonner les francophones de la région», témoigne celle qui est notamment bénévole à l’AFKO et animatrice dans une radio communautaire.
Pendant les entretiens, Patrick Lac prend le temps et n’hésite pas à poser son microphone pendant plusieurs heures : «Les conversations informelles sont notre marque de fabrique. Dans cette nouvelle saison, je me permets encore plus de silences et de moments gênants.»
Pour Alexandra Pronovost, l’enregistrement s’est déroulé en deux temps. Une première entrevue a été réalisée dans une bibliothèque, une seconde chez elle, dans les montagnes, où elle fait de la planche à neige sur le territoire des grizzlis.
«Être plus fière et confiante dans ce que je suis»
Patrick Lac sonde l’âme, recueille les confidences, écoute des histoires de vie, tantôt cabossées, tantôt complexes et sinueuses. Il commence toujours par parler de sport et de carrière, mais, rapidement, il enchaine sur des questions beaucoup plus intimes.
Patrick Lac, le coordonnateur du balado, songe déjà à une troisième saison.
«Je m’intéresse à l’individu en premier. Le sport est un prétexte, je vais toujours une coche plus loin pour que les femmes se révèlent en profondeur», souligne celui qui est titulaire d’un baccalauréat en psychologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Les femmes interrogées partagent ainsi leurs défis, leurs peurs et leurs perspectives. Elles racontent les raisons qui les ont poussées à partir si loin de leurs proches, restés au Québec ou en Europe, la distance parfois difficile à supporter, leur amour des Rocheuses, leur désir d’avoir des enfants ou non, etc.
Avant l’entrevue, Alexandra Pronovost avait «de la misère à trouver un fil conducteur entre les différentes décisions de sa vie», avec l’impression d’être «une touche à tout, spécialiste de rien».
Le balado a agi comme un révélateur. «J’ai réalisé que je devais être plus fière et confiante dans ce que je suis, ce que je fais, où j’en suis rendue», confie cette anthropologue de formation, engagée auprès des Autochtones, également matelot, DJ et artiste de burlesque.
À lire aussi : La communauté franco-colombienne mise à l’honneur dans un nouveau balado
«Moments de frisson»
De son côté, Patrick Lac promet «plusieurs moments de frisson», à l’écoute de femmes «attachantes» qui possèdent de nombreuses cordes à leur arc.
Pour la deuxième saison, un volet vidéo s’ajoute au balado. Un court-métrage, montrant les coulisses des entrevues, sera bientôt dévoilé.
Le coordonnateur évoque des activistes comme Mélanie Mercier, qui lutte contre le développement d’un projet minier. L’ancienne géologue, passionnée de planche à roulettes et de planche à neige, a également lancé sa compagnie d’horticulture.
Il évoque des entrepreneuses comme Sabrina Hémond, qui a fondé Hot Poc, une société de chauffe-main réutilisable. La Québécoise, venue se ressourcer dans les Rocheuses après un passage à vide, n’en est jamais repartie.
Il y a aussi des sportives de haut niveau, comme Mélanie Bernier, ancienne membre de l’équipe nationale de ski alpin, aujourd’hui architecte.
«C’était une rencontre fabuleuse. Elle m’a répondu avec une telle honnêteté, j’en avais presque les larmes aux yeux», se remémore Patrick Lac.
Cette année, grâce au soutien de WebOuest, un volet vidéo a été ajouté au balado. Une accroche de 60 secondes précède le lancement de chaque épisode qui dure entre 35 et 40 minutes.
Un court-métrage, montrant les coulisses des entretiens, sera également bientôt dévoilé. Il sera disponible sur les sites Internet de l’AFKO et de WebOuest, ainsi que sur YouTube.
Généralement, il n’est pas facile pour les victimes de violence conjugale de tenter de demander de l’aide, alors quand s’ajoute le fait d’être en milieu rural et francophone, ça devient presque hors de portée, explique Simon Lapierre, professeur à l’École de service social de l’Université d’Ottawa.
La violence conjugale a pourtant des conséquences sérieuses sur la victime, qui peuvent aller, «dans les cas les plus extrêmes, [jusqu’à la mort]. Il peut [aussi] y avoir des conséquences d’ordre physique, il peut y avoir des conséquences sur le plan de la santé mentale», ajoute-t-il.
Des femmes isolées et des enfants en détresse
Pour les femmes en milieu rural, il est difficile d’avoir accès à un service d’hébergement, explique Nadia Losier, directrice de l’Accueil Sainte-Famille, à Tracadie-Sheila, au Nouveau-Brunswick.
Nadia Losier, directrice de l’Accueil Sainte-Famille, au Nouveau-Brunswick, précise que son organisme cherche constamment à atteindre les femmes en utilisant des moyens de communication comme la radio pour les sensibiliser.
Ces femmes doivent trouver un moyen de se soustraire à l’emprise de leur conjoint sur leurs déplacements, explique Simon Lapierre. Cette emprise peut aussi s’exercer sur le plan financier, ce qui précarise davantage la femme, ajoute-t-il.
Par conséquent, «si elle n’a pas accès à des proches, si elle n’a pas un travail, si elle n’a pas de moyens de transport, elle peut se retrouver complètement isolée», s’inquiète-t-il.
Dans la région de l’Accueil Sainte-Famille, par exemple, «il n’y a pas d’autobus, il n’y a pas de taxi, [ce qui peut] être des barrières pour l’accès au service», déplore Nadia Losier.
La présence d’un service d’aide dans une petite collectivité n’est pas pour autant une bouée de sauvetage garantie. Une femme pourrait hésiter à s’adresser à un tel service parce que «tout le monde va savoir qu’elle est [à la maison d’hébergement]», témoigne Mme Losier.
Aussi, les mères qui souhaitent se réfugier en maison d’hébergement pourraient hésiter par crainte des conséquences sur l’avenir de leurs enfants, ajoute-t-elle.
Pourtant, rester dans un climat de tension et de peur quotidien, «ça a des impacts à court, moyen et long termes pour les enfants», prévient Simon Lapierre.
Pénurie de services en français
Le manque de services en français pousse des femmes à se diriger vers des services en anglais, se désole le professeur.
Selon Simon Lapierre, professeur à l’École de service social de l’Université d’Ottawa, il faut des services francophones mis en place par des femmes francophones pour des femmes francophones qui connaissent la réalité du milieu pour que les services soient bien adaptés.
Or, aller vers des services qui ne sont pas offerts dans sa langue première n’est pas sans conséquence. Ces services pourraient ne pas bien évaluer la situation «parce qu’ils auront peut-être des informations qui vont être moins saisies», avertit Simon Lapierre.
Par ailleurs, une partie de l’information donnée en anglais aux femmes francophones pourrait leur échapper. Elles pourraient ne pas comprendre les instructions ou les services offerts, ajoute-t-il.
Pour répondre aux besoins des femmes victimes de violence conjugale en milieu rural, il faut des organismes «qui sont généralement mis sur pied par des femmes francophones pour des femmes francophones, qui connaissent la réalité du milieu et qui peuvent vraiment développer des services qui sont adaptés aux besoins», soutient Simon Lapierre.
Atteindre les populations rurales
Le Centre Victoria pour femmes, dans le Nord de l’Ontario, a des intervenants en région qui représentent des organismes d’aide aux femmes dans leur milieu, explique Mireille Charlebois, directrice adjointe des communications et des technologies du Centre.
C’est important pour nous d’aller faire du développement communautaire […] pour justement aller rencontrer des femmes et parler des services qui sont offerts [et] plus généralement de la violence contre les filles.
Le centre a aussi «des groupes de soutien et des sessions d’information pour les communautés», ajoute-t-elle.
Au Nouveau-Brunswick, l’Accueil Sainte-Famille offre aussi des services de soutien et d’hébergement pour les femmes et leurs enfants victimes de violence conjugale et familiale.
Pour informer la population rurale de ses services, l’Accueil Sainte-Famille mise sur un travail permanent de sensibilisation, mentionne la directrice Nadia Losier.
«Par exemple, on passe des annonces à la radio communautaire pratiquement à l’année. On a maintenant le texto pour donner comme une autre avenue pour une femme à communiquer avec nous. Les victimes peuvent nous appeler.»
Informer et sensibiliser
L’Accueil Sainte-Famille héberge des mères et leurs enfants pendant des périodes pouvant aller de deux semaines à deux mois, selon les besoins, indique Nadia Losier.
Le service évalue la sécurité de la mère et de ses enfants. Si ces derniers ne sont pas en danger, ils peuvent continuer à aller à l’école et à voir leurs amis, précise-t-elle.
Mireille Charlebois, directrice adjointe des communications et des technologies du Centre Victoria pour femmes, en Ontario, rappelle que les services ne servent pas à dire aux femmes quoi faire, mais plutôt à les informer et à les laisser prendre leurs propres décisions.
Elle mentionne que le centre d’hébergement est doté de systèmes de sécurité. Au moindre soupçon de menace ou si l’agresseur se présente au centre, le personnel appelle la police.
Les femmes victimes de violence conjugale peuvent aussi toujours s’adresser à un centre seulement pour se renseigner ou profiter de certains des services, sans vouloir entrer en maison d’hébergement, rassure Mireille Charlebois.
Son centre organise d’ailleurs des groupes de soutien et des séances d’information dans les collectivités afin de sensibiliser les femmes aux relations saines, au consentement et de les conscientiser aux dangers.
Mireille Charlebois tient à rappeler que leur but est de faire de la prévention et non de dicter aux femmes ce qu’elles doivent faire.
Elle signale au passage que la ligne Fem’aide en Ontario offre des services de soutien en français à toutes les femmes victimes de violence, par téléphone et par texto, à toute heure du jour et de la nuit.
Plus sur la francophonie
Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada (IRCC), Marc Miller, a annoncé le mercredi à Sudbury un programme pilote d’immigration dans les communautés rurales et francophones en situation minoritaire.
Le programme, qui sera lancé à l’automne 2024, a pour but de garantir l’accès aux services destinés à contrer la pénurie de main-d’œuvre dans ces communautés.
À lire aussi : Un nouveau programme pour l’immigration francophone
«Il offrira des voies d’accès à la résidence permanente aux nouveaux arrivants qui peuvent aider à remédier aux pénuries de main-d’œuvre critiques et qui souhaitent vivre à long terme dans ces petites communautés», peut-on lire dans le communiqué d’IRCC.
Cette initiative s’inscrit dans le plan fédéral pour augmenter le poids démographique des francophones hors Québec.
La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Liane Roy, accueille favorablement cette annonce.
«C’est une des premières retombées concrètes de la nouvelle Politique en matière d’immigration francophone annoncée par le ministère en janvier, et ça démontre le sérieux du gouvernement», déclare-t-elle dans un communiqué.
Selon la FCFA, «jusqu’à sept communautés francophones et acadiennes seront sélectionnées pour accueillir un total de 2750 immigrants et immigrantes d’expression française par année sous ce nouveau programme».
Le ministre des Langues officielles et de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre, Randy Boissonnault, a annoncé le 6 mars une enveloppe de près de 5 millions de dollars pour appuyer les langues officielles en Alberta.
Ce financement s’inscrit dans le programme d’appui aux langues officielles de Patrimoine canadien.
Il y aura 2,5 millions de dollars alloués aux initiatives qui visent à améliorer l’accès aux services, aux infrastructures et à l’éducation en français dans les communautés francophones de la province.
Le gouvernement de l’Alberta recevra près de 2 millions pour, entre autres, la rénovation du Campus Saint-Jean, le campus francophone de l’Université de l’Alberta.
À lire aussi : Le Campus Saint-Jean en tant que lieu de mémoire franco-albertaine (Opinion)
Randy Boissonnault annonce un financement pour soutenir les communautés francophones de l’Alberta et une bonification du financement pour les organismes francophones en milieu minoritaire.
Le 1er mars, en compagnie de l’ancienne ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, Randy Boissonnault a annoncé une augmentation de 12,5 % des financements de base de 308 organismes communautaires en situation minoritaire recevront, soit 62,5 millions de dollars sur 5 ans.
Cette annonce s’inscrit dans le Plan d’action pour les langues officielles 2023-2028, dévoilé en avril 2023.
«Il permet au gouvernement du Canada d’appuyer des initiatives qui touchent l’immigration francophone, le développement économique, l’éducation, la justice, la santé, les arts et la culture», peut-on lire dans le communiqué de presse de Patrimoine canadien.
Les organismes francophones en milieu minoritaire réclament une augmentation du financement de base depuis quelques années, alors que ces derniers font face à de nombreux défis liés à l’inflation, le cout de la vie et la pénurie de main-d’œuvre.
Le gouvernement fédéral renouvèle l’Initiative de journalisme local pour trois nouvelles années. Annoncé par la ministre de Patrimoine canadien, Pascale St-Onge.
La ministre de Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a annoncé un réinvestissement de 58,8 millions de dollars pour prolonger l’Initiative de journalisme local (IJL) jusqu’en 2027.
«Cet important investissement vise à soutenir la création d’un journalisme local original qui répond aux besoins diversifiés des communautés mal desservies au Canada», peut-on lire dans un communiqué.
Ce financement porte l’enveloppe totale consacrée à cette initiative à 128,8 millions de dollars depuis 2019.
Le Consortium des médias communautaires de langues officielles en situation minoritaire se réjouit de cette annonce, mais se dit aussi soulagé.
«C’est une grande avancée pour nos médias, car ce programme a permis de stabiliser leurs ressources en journalisme local et de rehausser la qualité de leur information locale produite», ont soutenu les coprésidents de Réseau.Presse, membre du Consortium et éditeur de Francopresse, René Chiasson et Nicolas Jean.
Taux directeur et élections partielles en Ontario
La Banque du Canada a annoncé mercredi qu’elle maintenait son taux directeur pour la cinquième fois consécutive à 5 %.
Selon la banque centrale canadienne, l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation (IPC) est descendue à 2,9 % en janvier.
«La hausse des frais de logement reste élevée et est le facteur qui contribue le plus à l’inflation», rapporte-t-elle dans un communiqué.
Le candidat conservateur Jamil Jivani a remporté lundi l’élection partielle dans la circonscription ontarienne de Durham, avec 57,4 % des voix.
Le candidat libéral Robert Rock a pour sa part obtenu 22,5 % des voix, alors que le candidat néodémocrate, Chris Borgia, s’est classé en troisième position avec 10,4 % des suffrages.
La victoire de Jamil Jivani fait écho aux sondages d’intentions de votes des Canadiens qui placent le Parti conservateur devant le Parti libéral si des élections étaient déclenchées au niveau fédéral.
Jamil Jivani remplace ainsi Erin O’Toole, qui avait annoncé sa démission en mars 2023.
Des élections partielles sont aussi attendues dans les circonscriptions de LaSalle—Émard—Verdun au Québec et de Toronto—St. Paul’s en Ontario, pour remplacer respectivement l’ancien ministre de la Justice David Lametti et la députée libérale Carolyn Bennett.
Dans le Nord de l’Ontario, la plupart des gens se rappellent que la voix de Denis St-Jules les a réveillés tous les matins, puisqu’il a animé l’émission du matin à la station régionale de Radio-Canada pendant environ 20 ans, jusqu’en 2008.
Gaston Tremblay est ami avec Denis St-Jules depuis la fin des années 1960. Ils ont ensemble participé à Moé j’viens du Nord, ’stie et créé les Éditions Prise de parole.
Mais le natif de Sault-Sainte-Marie était plus qu’un animateur et un journaliste. Il était aussi poète et comédien. Même avant son entrée à Radio-Canada, il était déjà dans l’action et voulait donner à la culture franco-ontarienne la place qui lui revenait.
«Denis n’était jamais à l’avant-plan. C’est un gars qui était humble, très efficace», et qui croyait à la cause franco-ontarienne, relate son ami de longue date, l’auteur Gaston Tremblay.
Pour Normand Renaud, collègue à la radio pendant plusieurs années et ami, le mot qui résume le mieux la personnalité de Denis St-Jules, c’est «imperturbable». «C’est le genre de gars qui était en contrôle de ses affaires, qui avait l’air cool en surface, peu importe la folie qui se passait dans les coulisses.»
Gaston Tremblay lui attribue une autre qualité. «Il a écrit un poème qui dit : “Je t’entends rentrer chez moi / par le grincement de la porte.” Ça en dit beaucoup sur Denis, parce qu’il était extrêmement attentif aux autres.»
À lire : Contact établi : Entre eau douce et eau salée (avec la participation de Denis St-Jules)
La Troupe universitaire en 1970. Denis St-Jules est au centre, entouré de Carole Morissette, Jean-Paul Gagnon, Thérèse Boutin, André-Paiement, Denis Courville et Gaston Tremblay.
Participant à l’histoire
Le désir de connaitre et de faire connaitre la culture des Franco-Ontariens s’est manifesté dès le passage de Denis St-Jules à l’Université Laurentienne. Avec d’autres, il a été de tous les évènements qui ont mené à la création de plusieurs organismes culturels, maintenant regroupés sous le toit de la Place des Arts du Grand Sudbury.
À l’époque, il fait partie des étudiants qui demandent qu’on leur enseigne autre chose que des auteurs français. Il participe à la toute première production originale de la Troupe universitaire en 1969-1970.
L’année suivante, il est de la production de la pièce Moé j’viens du Nord, ’stie, perçue comme un des éléments déclencheurs de l’affirmation culturelle francophone nord-ontarienne, qui mènera à la fondation du Théâtre du Nouvel-Ontario. Il participe aussi à l’organisation de la toute première Nuit sur l’étang.
Denis St-Jules raconte ses souvenirs du Happening ontarien à Johanne Melançon, lors du lancement de L’Exposition Moé, j’viens du Nord, ’stie!.
Puis, en 1973, il est l’un des auteurs du recueil de poésie Lignes-Signes. Avec Gaston Tremblay et Jean Lalonde, ils créeront les Éditions Prise de parole afin de le publier.
Denis St-Jules ne s’est pas arrêté là. Au fil des ans, il a été membre du conseil d’administration de plusieurs organismes culturels. Même après sa retraite et son déménagement à Ottawa, il était encore actif dans la vie culturelle nord-ontarienne.
Aujourd’hui traducteur à son compte, Normand Renaud pouvait compter sur l’aide de son ami Denis St-Jules pour de la révision. Ils ont aussi travaillé ensemble pendant plusieurs années à la station sudburoise de Radio-Canada.
L’engagement qui l’habitait dans sa jeunesse universitaire ne l’a jamais quitté. «C’était encore le même homme 10 ans plus tard, ou 20 ans plus tard, quand il était animateur, raconte Normand Renaud. C’était le même engagement. Je n’avais pas l’impression de travailler avec un fondateur de la culture, mais avec un travailleur de la culture, quelqu’un qui avait encore les deux manches relevées et qui continuait de faire sa contribution.»
Lorsque l’Université Laurentienne a coupé 24 programmes en français en 2021, Denis St-Jules avait été particulièrement bouleversé. «Que restera-t-il alors de cette université qui n’a évidemment plus les moyens de ses prétentions?», avait-il écrit dans une lettre.
Une voix en héritage
Michel Laforge est un musicien indépendant basé à Sudbury. Il a fait une maitrise en histoire sur l’identité franco-ontarienne à Sudbury entre 1968 et 1975 – c’est là qu’il a vu le nom de Denis St-Jules pour la première fois.
«Je gravite beaucoup autour de la Place des Arts et les organismes qui l’ont fondée. En quelque part, c’est grâce à Denis et plein d’autres mondes. Mais si ce n’était pas d’eux, je n’aurais probablement pas de carrière. Il aurait fallu que je déménage de Sudbury pour faire ce que je fais aujourd’hui», dit-il.
Sans des pionniers comme Denis St-Jules, Michel Laforge croit qu’il ne pourrait pas être musicien indépendant dans le Nord de l’Ontario.
De ses rencontres avec Denis St-Jules, il se souvient d’un homme bienveillant et plein de bonne volonté. Sa théorie, c’est que sa passion devait être contagieuse et a influencé ceux qui se trouvaient dans la même pièce.
Alex Tétreault a aussi travaillé dans les organismes culturels de Sudbury. Il a rencontré Denis St-Jules à travers le Salon du livre. Même si c’était «un vieux de la vieille, il n’était pas une tête grise», dit-il d’un ton un peu moqueur.
«Il était toujours ouvert à la nouveauté. Il était allumé, il était le fun. C’était un homme qui était incroyablement généreux… vraiment juste une bonne personne.» Il semblait toujours intéressé par ce que préparaient les nouvelles générations d’artistes, ajoute Alex Tétreault.
Alex Tétreault a été marqué par la curiosité de Denis St-Jules pour les projets des jeunes artistes de la relève.
Pour lui, il était évident que Denis St-Jules faisait ce qu’il faisait «par amour de la chose, par amour pour sa communauté».
Gaston Tremblay prépare présentement le troisième tome de sa série de romans d’autofiction autour de l’effervescence à laquelle lui, Denis St-Jules, André Paiement, Robert Paquette et bien d’autres ont participé.
La présence de son ami Denis lui manquera doublement, puisqu’il devait l’aider à la relecture et à construire le personnage qui le représentera.
«La dernière chose que je lui ai dite dans ma lettre : “maintenant il ne me reste qu’à créer un personnel à la hauteur de ta personne”», conclut M. Tremblay.