le Vendredi 13 février 2026

Dans sa thèse de doctorat, Djems Olivier, professeur à l’Université d’État d’Haïti et stagiaire postdoctoral à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), cherche à comprendre comment ces gangs armés, qui contrôlent les quartiers, arrivent à cohabiter avec les organisations non gouvernementales (ONG) qui interviennent dans ces zones.

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Francopresse : Depuis déjà plusieurs semaines, les gangs armés ont pris le contrôle de plus de 80 % de Port-au-Prince et, malgré la démission du premier ministre Ariel Henry le 12 mars, la situation semble aller de mal en pis. Qui sont-ils?

Djems Olivier : En 2018-2019, j’avais répertorié 177 gangs, alors qu’aujourd’hui, on parle de plus de 300. Selon la Police nationale d’Haïti, il existerait sept coalitions de gangs, mais les deux plus grandes sont le G9 et le G-Pep.

Le G9 a été formé en juin 2020 sur les propositions de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR), une commission créée deux ans après l’arrivée de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), en 2004.

Djems Olivier a quitté Haïti en octobre 2023, craignant pour sa sécurité. 

Photo : Chantallya – Louis Francopresse

Mais parallèlement, une autre fédération de gangs a été créée : le G-Pep, qui regroupait les gangs qui refusaient de s’allier au G9.

Il y avait donc le G9, qui était proche du pouvoir, et le G-Pep, proche de l’opposition.

Mais ces deux fédérations ont explosé ces derniers mois pour donner naissance à une autre forme de coalition. Des membres du G9 se sont alliés à ceux du G-pep, qui étaient pourtant des ennemis jurés.

Depuis quelques semaines, on parle d’une nouvelle fédération, qui regroupe plusieurs gangs, dont le G-9 et le G-Pep, et qui s’appelle «Viv Ansanm» (Vivre ensemble).

C’est à partir de cette plateforme de gangs qu’ils ont commencé l’attaque contre la prison civile de Port-au-Prince et la prison de la Croix-des-Bouquets et qu’ils ont mis le pays à feu et à sang.

Pourquoi il y a-t-il autant de gangs en Haïti et comment en sont-ils arrivés là?

En Haïti, les gangs sont utilisés par les acteurs politiques pour accéder au pouvoir ou conserver le pouvoir. Pour gagner des élections, il faut avoir le contrôle des gangs. Si on ne les contrôle pas, on ne peut pas gagner. Ça, c’est une constante importante dans l’organisation des élections en Haïti.

Ils sont aussi utilisés par des acteurs économiques, pour protéger leurs entreprises ou éliminer d’autres concurrents, et par les trafiquants et les réseaux criminels transnationaux pour passer de la drogue ou tout type de trafic.

Ces gangs ont pris aujourd’hui leur indépendance par rapport à leurs anciens «patrons». Ils sont devenus autonomes parce qu’ils sont, entre autres, dans le kidnapping, qui prend de l’ampleur, dans le détournement des camions de marchandises et le narcotrafic, dans la taxation des petites et moyennes entreprises et des véhicules de transport public.

Ce sont toutes ces activités-là qui permettent aux gangs d’avoir de l’argent.

Des liens étroits avec le pouvoir

Plusieurs organisations non gouvernementales ont rapporté que le bras armé de l’administration du président Jovenel Moïse n’était autre que le chef du G9, Jimmy Chérizier.

Selon AyiboPost et Connectas, la création du G9 a d’ailleurs été soutenue par la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR) créée en 2006.

La Commission a pris fin en octobre 2017, en même temps que la MINUSTAH, avant d’être réactivée par le président Jovenel Moïse en 2019.

Dans une émission radio, Jean Rebel Dorcenat, l’un des membres de la CNDDR, avait suggéré le regroupement des gangs armés. Selon lui, cette nouvelle fédération faciliterait les choses pour la commission, qui n’aurait qu’un seul interlocuteur, et apporterait la paix.

Source : Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada

PHOTO : JOURNAL JUNO 7 - AVEC PERMISSION
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PHOTO : JOURNAL JUNO 7 - AVEC PERMISSION
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Le Kenya a accepté de mener la mission internationale soutenue par les Nations unies pour endiguer la violence des gangs armés lorsqu’un gouvernement transitoire sera en place. Qu’en pensez-vous?

C’est une situation qui exige une intervention militaire. Sur le plan géographique et même en termes d’aménagement du territoire, Port-au-Prince n’est pas une ville où on peut intervenir n’importe comment, car c’est une ville qui est entourée de quartiers bidonvilles et de corridors.

Il n’y a donc pas vraiment de pénétration qu’on peut faire dans ces quartiers pour mener à terme des opérations policières. Il faut des équipements militaires avec tout ce que cela comporte, comme des drones, des hélicoptères, des pénétrations et des cartographies. Si on n’a pas ça, on ne peut pas intervenir dans cette activité.

On a eu comme exemple le fiasco de 2021, où des policiers de l’unité d’élite de la Police nationale ont été tués par le gang de Vilaj de Diè (Village de Dieu) lors d’une opération antigang. La police n’était pas préparée à mener des opérations dans ces quartiers-là.

C’est très difficile de déployer des policiers pour éliminer ces gangs qui contrôlent très bien leurs quartiers.

Par exemple, dans d’autres quartiers, comme celui de Grand-Ravine – que je connais très bien puisque c’est là que j’ai réalisé mes enquêtes de terrain –, il n’y a pas vraiment de route «voiturable» pour pénétrer ce quartier. Les gens utilisent des escaliers. Comment la police va-t-elle pénétrer dans ces quartiers-là pour mener des opérations?

C’est très compliqué sur le plan géographique et je pense qu’il faut vraiment réfléchir sur le type d’opérations à mener pour neutraliser ces gangs.

Quel rôle devrait jouer la communauté internationale dans cette crise?

Les dirigeants haïtiens ont toujours été choisis par la communauté internationale. Par exemple, après l’assassinat de Jovenel Moïse, c’est elle, à travers un tweet, qui a placé Ariel Henry à la tête du gouvernement.

C’est cette même communauté internationale qui a révoqué Ariel Henry pour donner au pays une nouvelle formule de gouvernance avec un conseil présidentiel de sept membres. C’est inédit dans l’histoire d’Haïti, on n’a jamais eu ça. On ne sait pas comment ça va se passer.

Donc, en fait, son rôle est joué, mais la communauté internationale devrait se rétracter pour avoir une décision qui est prise par les Haïtiens.

Il faut laisser aux Haïtiens la possibilité de décider de l’avenir de leur pays. C’est ce que je pense.

Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de clarté.

Plus sur la francophonie

La province a annoncé, mercredi, qu’elle attribuera 96 % des demandes de permis d’études venant de l’étranger aux collèges et aux universités financées par les fonds publics.

Cette annonce fait suite à la décision du fédéral de plafonner le nombre de permis d’études pour les étudiants étrangers pendant deux ans.

«Les inscriptions effectuées dans des programmes de langue française seront également prioritaires, compte tenu de la demande croissante sur le marché du travail pour des travailleurs qui maitrisent le français», peut-on lire dans le communiqué.

Les demandes pour les programmes dans les secteurs où la demande de main-d’œuvre est élevée, notamment dans le domaine des ressources humaines en santé et de la garde d’enfants, seront accordées en priorité.

Il sera par ailleurs impossible pour les établissements de dépasser le nombre de permis qu’ils avaient en 2023.

Quatre pour cent des demandes de permis d’études pour l’Ontario seront alloués aux écoles de langues, aux universités privées et autres établissements de la province.

À lire aussi : Plafond pour les étudiants étrangers : les institutions francophones s’inquiètent

Le Comité sénatorial des langues officielles demandera au ministre fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marc Miller, de témoigner. 

Le comité veut étudier les effets de la diminution du nombre de permis accordés à des étudiants étrangers sur les établissements postsecondaires de langue française canadienne.

«La décision du gouvernement de limiter les permis d’études à 360 000 étudiants risque de nuire à la capacité des institutions qui n’ont déjà pas les moyens de répondre aux défis en matière d’immigration francophone», souligne le comité dans un communiqué.

Des représentants d’établissements touchés seront également invités à témoigner.

Le budget de l’Ontario 2024 prévoit 13,3 millions de dollars pour le ministère des Affaires francophones, soit une augmentation de 5,3 millions par rapport aux chiffres provisoires de 2023-2024.

«La province s’est engagée à améliorer l’accès aux services en français dans l’ensemble de l’Ontario et à renforcer la vitalité des communautés franco-ontariennes», peut-on lire dans le budget de la province.

Dans une enveloppe de 16 milliards de dollars en subvention d’immobilisation sur 10 ans, une partie sera utilisée pour la création ou la rénovation d’écoles francophones.

Le gouvernement provincial annonce également le renouvèlement de l’Entente Canada-Ontario relative aux services dans la langue de la minorité. 

La province compte en outre investir près de 10 millions de dollars sur trois ans pour élargir la prestation de services de qualité en français.

Justin Trudeau annonce de nouvelles mesures pour aider les locataires à accéder plus facilement au marché de l’immobilier. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Mesures pour les locataires, garderies à 10 $ et évacuation des Canadiens à Haïti

Jeudi, Ottawa a annoncé qu’il y aurait des mesures dans le budget 2024 pour aider les locataires à devenir propriétaires.

«Il y a énormément de jeunes qui payent des loyers, mais qui ne voient pas une piste vers l’achat d’une première propriété», a affirmé le premier ministre Justin Trudeau lors d’une conférence de presse à Vancouver.

Le cabinet du premier ministre précise qu’il sera question, entre autres, de lancer un nouveau fonds de 15 millions de dollars pour protéger les locataires «contre les hausses injustes de loyer, les rénovictions ou les mauvais propriétaires».

Le gouvernement veut aussi faire en sorte que la cote de crédit des locataires tienne compte des paiements de loyer effectués à temps.

Une charte canadienne des droits des locataires devrait également voir le jour.

Rappelons que le budget fédéral sera déposé le 16 avril prochain.

Toujours depuis Vancouver, le premier ministre a dévoilé d’autres mesures prévues dans le budget 2024, cette fois-ci relatives aux services de garde à 10 $ par jour.

«Trop peu de familles ont accès à des places en garderie à un prix abordable, reconnait le premier ministre dans un communiqué. C’est pourquoi nous en créons davantage.»

Ces mesures comprennent, entre autres, le lancement d’un nouveau programme de prêts pour l’expansion des garderies, un investissement de 10 millions de dollars sur deux ans dans la formation d’éducateurs de la petite enfance et une enveloppe de 48 millions pour l’exonération du remboursement des prêts d’études pour les éducateurs de la petite enfance dans les régions rurales et éloignées.

Mélanie Joly annonce une opération de départ assisté afin de sortir les Canadiens les plus vulnérables coincés à Haïti. 

Photo : X (Twitter) Mélanie Joly

La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a annoncé, lundi, une opération de départ assisté pour les Canadiens les plus vulnérables encore présents à Haïti vers la République dominicaine.

En raison des conditions d’admissibilité strictes de la République dominicaine, seuls les citoyens canadiens possédant un passeport valide peuvent entrer en territoire dominicain.

«C’est pourquoi, dans un deuxième temps, pour les autres Canadiens et les membres de leurs familles, et pour les résidents permanents et des membres de leurs familles, nous travaillons présentement sur d’autres options de départ assisté», a ajouté la ministre.

Lors de l’annonce, Affaires mondiales avait été en contact avec moins d’une centaine de Canadiens qui s’étaient renseignés sur les possibilités de quitter le pays, aux prises avec une grave crise politique. Au moins 30 Canadiens souhaitaient quitter immédiatement le territoire.

Par ailleurs, le Nouveau Parti démocratique soutient les demandes de la communauté haïtienne au Canada afin d’établir, entre autres, des mesures spéciales en matière d’immigration.

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La poursuite d’études universitaires en français favorise le développement d’un sentiment de bienêtre psychologique. C’est l’une des conclusions d’une recherche d’André Samson, professeur titulaire à la Faculté d’éducation de l’Université d’Ottawa. À noter que cette recherche n’a pas encore été publiée ou révisée par des pairs.

Selon André Samson, choisir une université francophone en milieu minoritaire c’est aussi prolonger un héritage. 

Photo : Courtoisie

Pour la réaliser, le chercheur s’est entretenu avec des étudiants de l’Université de Saint-Boniface au Manitoba, du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) et de l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse.

Les étudiants qui choisissent la voie francophone du savoir «continuent à solidifier leur identité linguistique», puisqu’ils continuent à vivre en français, informe André Samson.

Ève Leger, titulaire d’un baccalauréat en science politique à l’université de Moncton, assure que son choix universitaire lui a permis de connaitre davantage sa communauté acadienne et de créer des liens durables.

Renforcer son identité francophone

«Aller à l’université, ce n’est pas seulement s’y rendre pour acquérir des connaissances ou des savoir-faire. C’est vraiment aussi se forger, se former», commente de son côté Julie Boissonneault, chercheuse en résidence au Centre de recherche sur les francophonies canadiennes à l’Université d’Ottawa.

Étudier en français en milieu minoritaire permet aussi de parler avec son propre accent sans avoir l’impression d’être jugé, ajoute André Samson.

Selon lui, côtoyer des membres de la communauté étudiante venant de diverses régions du Canada et de l’étranger offre une variété d’accents sur le campus, ce qui permet aux francophones d’avoir plus d’assurance dans leur français.

Une idée partagée par Ève Leger, aujourd’hui étudiante en maitrise à l’Université d’Ottawa. Elle témoigne s’être débarrassée de son insécurité linguistique et se sent «beaucoup plus confortable à approcher le monde professionnel en français».

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Une histoire d’héritage

Selon Julie Boissonneault, l’université est un milieu où tout est à refaire, du réseau social à l’apprentissage d’une nouvelle vie autonome et seule. Choisir la langue de confort est important pour éviter «d’ajouter un autre volet au tiraillement que vivent les étudiants».

Pour la chercheuse Julie Boissonneault, l’université n’est pas seulement un lieu d’apprentissage, mais aussi un lieu qui forge et qui forme les étudiants. 

Photo : Courtoisie

Alors, il n’est pas rare de voir des jeunes dont le parcours secondaire était en français se diriger vers une université francophone puisqu’ils «connaissent déjà la culture académique», dit-elle.

Parler en français aussi à la maison augmente les chances d’aller vers des établissements francophones : «C’est un prolongement d’un héritage», remarque André Samson.

Depuis son enfance, Ève Leger raconte avoir grandi dans un milieu francophone. Sa scolarité a été faite en français et beaucoup des membres de sa famille, dont sa mère, ont côtoyé l’Université de Moncton.

Continuer le chemin académique en français «est vraiment une décision personnelle de garder cette francophonie-là très importante pour moi», dit fièrement Ève Leger.

Dans un contexte où les programmes en français disparaissent, comme ce fut le cas à l’Université Laurentienne, il est plus que jamais important de montrer son attachement à son identité afin de protéger le patrimoine francophone pour les prochaines générations, explique l’étudiante.

À lire aussi : Coupes sauvages à l’Université laurentienne : quel est le rôle d’Ottawa?

Choisir en tant que francophone le français à l’anglais en milieu minoritaire, «c’est vraiment une bonne démonstration de confiance dans la francophonie», lâche-t-elle.

Et le marché du travail?

Contrairement aux idées reçues, André Samson, Ève Leger et Julie Boissonneault s’accordent pour dire qu’une formation en français permet d’avoir plus d’offres et de choix qu’on imagine.

Selon Ève Leger, étudiante en maitrise à l’Université d’Ottawa, choisir une université francophone en milieu minoritaire reste une bonne démonstration de confiance en la francophonie. 

Photo : Courtoisie

«J’ai toujours eu un avantage dans le monde du travail [depuis] que je suis très jeune […] la majorité des employés ne le parlent pas, donc là ça offre des opportunités.»

Malgré ses avantages, la formation en français demeure trop peu exploitée par les étudiants francophones, estime Ève Leger.

L’étudiante encourage donc les francophones à faire leurs études dans la langue de Molière pour bénéficier de ces avantages et pour que «ça fasse en sorte que la prochaine génération puisse faire ses études en français et développer cette identité francophone».

C’était pourtant un des principaux arguments avancés par les patrons des trois grandes firmes de télécommunication au pays lors de leur passage en comité parlementaire la semaine dernière. Tony Staffieri (Rogers), Darren Entwistle (Telus) et Mirko Bibic (Bell) se défendaient de facturer des montants trop élevés pour leurs services de téléphonie cellulaire.

Le Comité permanent de l’industrie et de la technologie a décidé d’étudier la question des prix élevés des forfaits de téléphonie cellulaire en janvier. À ce moment, Rogers venait d’annoncer une hausse importante du prix de ses forfaits prépayés afin d’encourager ses clients à transiter vers des ses forfaits contractuels à long terme.

Cette hausse de prix n’a pas été bien vue à Ottawa. Il y moins d’un an, le gouvernement fédéral a donné son aval à la fusion de Rogers et de Shaw en échange d’une série d’engagements qui devaient notamment garantir l’abordabilité des forfaits de téléphonie cellulaire.

Téléphonie mobile et données cellulaires plus chères au Canada

Des recherches indépendantes montrent que le Canada est en queue de peloton, tant en matière de prix que d’offres de réseau.

Les écarts peuvent paraitre scandaleux. Le prix pour un forfait cellulaire de 100 Go de données mobiles en Europe varie entre l’équivalent de 30 à 70 dollars par mois selon les pays. Le même forfait vous coutera autour de 100 dollars au Canada. En Israël, un tel forfait peut couter aussi peu que 10 dollars par mois.

Peu importe votre forfait de données, ceux offerts au Canada sont plus chers que ceux de la plupart des autres pays.

Les particularités de la géographie canadienne ou la faible densité de la population n’expliquent pas ces écarts de prix. En Australie par exemple – où la densité de population est également peu élevée –, le prix des forfaits est environ la moitié de ceux d’ici.

Sans grande surprise, des recherches montrent qu’il y a une étroite corrélation entre la compétition et le prix. Les pays qui possèdent quatre opérateurs cellulaires ou plus ont des prix systématiquement moins élevés que les pays qui ont trois opérateurs ou moins, comme le Canada et les États-Unis.

Au Canada, dans les régions où il y a un quatrième opérateur important, comme Vidéotron au Québec par exemple, les prix sont plus bas.

Diminution de 50 % sur cinq ans?

Lors de l’audience du 18 mars, malgré le scepticisme des élus, les grands patrons de la télécom ont avancé sans broncher que les couts de la téléphonie cellulaire et des forfaits de données sont deux fois moins chers qu’il y a cinq ans et que si les prix étaient élevés au Canada, la faute revenait au gouvernement fédéral et aux fabricants de téléphones mobiles.

Pour soutenir leurs arguments, ils ont invoqué les données de Statistique Canada citées plus haut. Pour comprendre comment cette agence en arrive à la conclusion que les prix de la téléphonie mobile sont en chute libre au pays, il faut savoir comment elle collecte ses données.

Statistique Canada n’a pas accès aux couts réels des forfaits payés par les clients. Elle évalue les prix en fonction des prix affichés sur Internet.

Ainsi, si un forfait passe de 50 Go à 60 Go pour le même prix, Statistique Canada juge que le consommateur en a plus pour son argent et qu’en conséquence il y a eu une baisse de prix.

Évidemment cela ne correspond pas à la réalité des consommateurs. La plupart conservent leur forfait pendant des années. Souvent, des forfaits aux prix alléchants sont offerts aux nouveaux clients seulement.

Quand les gigaoctets de données dépassent largement l’utilisation qu’en font les abonnés, est-ce vraiment une baisse de prix?

La faute du gouvernement et des fabricants de téléphones?

Rogers, Telus et Bell justifient les prix plus élevés au Canada par le cout des licences d’utilisation du spectre pour les services sans fil. Le gouvernement fédéral a récolté plus de 2 milliards de dollars lors de la dernière mise aux enchères des licences d’utilisation du spectre 5G. Le prix pour ces licences est plus élevé qu’ailleurs.

Le PDG de Bell, Mirko Bibic, a avancé que ses clients paieraient 5 dollars de moins par mois en moyenne si le prix des licences était comparable à ce que l’on retrouve à l’étranger. Même à 5 dollars de moins le forfait, on est loin du compte pour expliquer les prix plus élevés au Canada.

Le PDG de Telus, Darren Entwistle, a quant à lui avancé que les prix élevés au pays s’expliquent par le cout des appareils téléphoniques, souvent inclus dans les forfaits. Cet argument tient encore moins la route que le précédent.

Les téléphones sont vendus à un cout comparable partout sur la planète et ne sont pas inclus dans les comparaisons de prix des forfaits entre pays.

Malgré ce qu’en disent les uns et les autres, deux choses sont certaines. D’abord, les revenus et les profits des trois grands joueurs canadiens des télécommunications sont à la hausse. Ensuite, les Canadiens continuent de payer cher leurs forfaits de téléphonie cellulaire.

Le gouvernement a beau s’insurger contre cela, sans davantage de concurrence dans le marché, il est peu probable que les prix canadiens deviennent compétitifs.

David Dagenais est journaliste économique indépendant et entrepreneur. Auparavant, il a été journaliste à Radio-Canada après avoir terminé des études supérieures en économie politique à l’UQAM et à l’Université d’Ottawa.

Selon un sondage Léger publié le 20 mars, le Parti québécois (PQ) serait en tête des intentions de vote si des élections étaient déclenchées ce printemps, avec 34 %, contre 22 % pour la Coalition Avenir Québec (CAQ), actuellement au pouvoir.

Sur la souveraineté du Québec, le sondage suggère que 36 % des Québécois voteraient «OUI», 53 % «NON» tandis que 11 % sont «incertains/refus de répondre».

Le même jour, Paul St-Pierre Plamondon a affirmé que cette question sera au centre de la prochaine campagne électorale.

À lire aussi : Prêter ou ne pas prêter serment, telle est la question

Francopresse : En cas d’indépendance, qu’arriverait-il selon vous aux francophones hors Québec?

Paul St-Pierre Plamondon : Le Québec ne pourra pas freiner l’érosion du français dans le reste du Canada seulement parce qu’il demeure dans le Canada, ce n’est pas vrai.

La vérité, en ce moment, c’est que le Québec n’est même pas capable de freiner l’érosion du français au sein de son territoire. La conclusion, c’est que l’indépendance du Québec permet de donner une pérennité au français dans ce territoire-là.

Une fois que l’indépendance est faite, je pense que le Québec a une responsabilité envers chaque communauté francophone à travers le Canada de les soutenir, de tous les moyens possibles.

Ça veut dire une diplomatie de soutien aux francophones à tous les niveaux.

Moi, j’en viens à la conclusion qu’il y a pas mal plus de possibilités si le Québec se donne l’entièreté des pouvoirs et commence une diplomatie très active dans chaque province au soutien des francophones, qu’il y a des possibilités dans la posture de déclin et de défense dans laquelle le Québec se trouve en ce moment.

Vous dites par «tous les moyens», mais y a-t-il une limite?

Si moi je donne un budget de soutien aux communautés francophones, qui peut arrêter le Québec de ce point de vue-là?

Vous êtes prêt à prendre un tel engagement?

Oui. […] Une fois que l’on conclut que [le gouvernement fédéral] ne sera jamais de bonne foi et qu’il y a des siècles d’histoire pour nous le confirmer, la seule option que je vois c’est de créer un État francophone et de lui donner la responsabilité de soutien.

On pourrait mettre nos leviers financiers et une espèce de soutien interprovincial, interculturel sur le plan linguistique, pour maximiser la vitalité de chaque communauté dans chaque province.

Mais je suis sûr qu’on va faire ça. Et je n’ai pas d’intérêt électoral à le dire. Je ne pense pas que ça va changer le résultat d’une consultation populaire sur l’indépendance du Québec. C’est une question de justice dans l’histoire.

Vous avez été avocat. Que se passe-t-il juridiquement en cas d’indépendance du Québec? Qu’advient-il de la posture de bilinguisme du fédéral?

«Brian Mulroney est le dernier à avoir essayé avec sérieux et crédibilité de donner une justice ou une forme d’équité aux francophones à travers le Canada. Ça a échoué et on n’est plus jamais revenu», dit Paul St-Pierre Plamondon. 

Photo : Wikimedia Commons

Les communautés francophones, comme n’importe quelle communauté linguistique dans le monde, ont très peu de chance de pérennité s’ils n’ont pas un territoire dans le cadre duquel leur langue est commune.

La doctrine du bilinguisme institutionnel est une fraude intellectuelle. C’est ça l’héritage de Pierre Elliott Trudeau. C’est que ça n’a fonctionné nulle part pour les francophones, y compris au Québec où il y avait historiquement 83 % de francophones. Là c’est en train de reculer.

Donc qu’est-ce qu’un Québec indépendant peut faire? C’est de voir comment, à l’intérieur des provinces actuelles, ils peuvent se créer des endroits avec le soutien financier nécessaire.

On l’a vu pour l’Université [de Sudbury] qui s’est fait couper les vivres pour ses programmes francophones. Je vois un Québec indépendant intervenir, mais ça prend des endroits où territorialement c’est clair que la langue d’usage, la langue commune et la langue officielle, ce n’est que le français.

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Est-ce que les francophones en situation minoritaire peuvent être des modèles pour le Québec?

C’est un modèle de courage. En même temps, ça devrait réveiller certains Québécois, parce que souvent je trouve que le traitement antifrancophone est intolérable.

Mais les Québécois ont un sentiment de sécurité, surtout depuis la Loi 101. Je pense qu’ils ne se sont jamais imaginés faire l’objet d’un mépris simplement en raison de leur langue maternelle. Là, ils commencent à l’expérimenter.

Donc non seulement c’est une leçon de courage, mais c’est aussi un avertissement d’à quel point ce régime canadien peut manquer de considération envers les francophones, encore aujourd’hui comme dans tout le reste de son histoire.

C’est pour ça que je [le] dis, même si je n’ai aucun intérêt électoral, pour des questions de justice et de solidarité. Ce que je pourrais faire avec les leviers d’un État indépendant qui double son budget ou presque, je vais le faire juste par principe et j’aurai l’appui de la vaste majorité des Québécois.

En ce qui concerne vos engagements et votre vision de la relation entre le Québec et les autres francophones, qu’est-ce qui garantit que votre parti poursuivra sur la même lancée si un jour vous n’êtes plus chef du PQ?

C’est un peu naturel. […] Je crois que les concepts de justice, la quête de sens, unissent les gens. Donc tu n’as pas besoin de contraintes ou de garanties, ça va de soi. Donc non, ça ne m’inquiète pas.

Si ce n’est pas moi, d’autres continueront cette œuvre-là, simplement parce que c’est une question de justice et d’équité à l’échelle d’un empire colonial britannique qui a déporté, interdit l’éducation, fait plein de choses et continue de prendre des initiatives ouvertement antifrancophones.

Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de clarté.

La ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a confirmé le 1er mars le financement de 58,8 millions de dollars pour trois ans. L’Initiative de journalisme local (IJL) permet de financer de la production journalistique pour des régions et des sujets qui sont peu couverts par les médias.

La directrice générale de la radio communautaire Boréal FM, Alyson Roussel, confirme que le programme a été important pour la communauté de Plamondon, en Alberta. «Depuis qu’on a l’IJL, on a été capable d’offrir des reportages et plus de bulletins de nouvelles, plus d’informations.»

Le financement leur a permis de passer d’une à deux entrevues par semaine à un poste de journaliste à temps plein qui peut «se consacrer concrètement juste aux nouvelles et ne pas faire 1000 tâches à la fois», illustre la directrice générale.

Cette augmentation du contenu local a eu un effet bénéfique, à la fois sur la radio et sur la région où habitent environ 500 personnes, dont environ le quart est francophone. «La communauté se sent plus impliquée parce qu’on les appelle, on les contacte. Ils se sentent plus écoutés.»

La popularité de la station a augmenté. 

En un an, on a doublé nos cotes d’écoute l’année dernière

— Alyson Roussel, Boréal FM

Même montant que la dernière année

Le gouvernement fédéral reconduit 19,6 millions de dollars par année; le même montant qu’en 2023-2024. L’IJL a été créé en 2019 avec un investissement de 50 millions de dollars sur 5 ans. Il a été bonifié en 2022.

La ministre de Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a confirmé le renouvèlement de l’Initiative de journalisme local (IJL) le 1er mars. 

Photo : Chantallya Louis - Francopresse

«Pour veiller à ce que les communautés mal desservies reçoivent les nouvelles qu’elles méritent, nous continuerons d’appuyer l’Initiative de journalisme local, qui aide les Canadiens et Canadiennes à obtenir des faits et des renseignements fiables lorsqu’ils en ont besoin», a affirmé la ministre St-Onge dans un communiqué.

Selon le gouvernement, l’IJL permet l’embauche de plus de 400 journalistes partout au pays qui couvrent 1500 communautés mal desservies.

Le gouvernement ne gère pas directement la distribution des fonds. Des organismes à but non lucratif se partagent le montant à distribuer à leurs membres. Médias d’Info Canada – qui représente les grands médias – gère 10,5 millions de dollars. Le reste est réparti entre Réseau.Presse, le Fonds canadien de la radio communautaire (FCRC), l’Association canadienne des usagers et stations de la télévision communautaire (CACTUS), la Quebec Community Newspapers Association (QCNA) et le National Ethnic Press and Media Council of Canada (NEPMCC). 

Le renouvèlement a également été bien accueilli par les organismes gestionnaires, en particulier ceux qui représentent les médias de langue minoritaires qui bénéficient de peu d’autres sources d’aide financière.

Selon le Consortium des médias communautaires de langues officielles, 90 % des médias communautaires de langues officielles en situation minoritaire n’ont pas accès au crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique canadienne et aux redevances de l’entente conclue avec Google.

«C’est une grande avancée pour nos médias, car ce programme a permis de stabiliser leurs ressources en journalisme local et de rehausser la qualité de leur information locale produite», déclarent les coprésidents de Réseau.Presse (NDLR : Réseau.Presse est l’éditeur de Francopresse), Nicolas Jean et René Chiasson, par voie de communiqué.

Rapprocher les francophonies

Dans deux régions francophones du pays, l’IJL a permis d’ajouter des articles sur des enjeux touchant plus qu’une province ou territoire.

Le quotidien Acadie Nouvelle prend une partie de ses fonds IJL pour couvrir des sujets qui «intéressent à la fois tous les francophones des Maritimes», dévoile le rédacteur en chef, Gaétan Chiasson.

On est en train un peu de reprendre ce que L’Évangéline faisait dans les années 1940-1950, dit-il. C’est de regrouper les francophones de tout l’Atlantique. Le monde a remarqué ça et c’est vraiment bien.

— Gaétan Chiasson, L'Acadie Nouvelle

Avec l’IJL, l’Acadie Nouvelle peut davantage couvrir des sujets qui peuvent intéresser tous les francophones des Maritimes, rapporte le rédacteur en chef, Gaétan Chiasson. 

Photo : Courtoisie

Puisque l’IJL suit les principes Creative Commons, les autres médias de la région peuvent aussi les utiliser, permettant d’alléger un peu le travail de production de chacun tout en desservant leurs lecteurs.

Dans le nord du pays, un accord permet aux trois journaux francophones des territoires canadiens de partager une ressource. Une journaliste attachée au journal L’Aquilon, aux Territoires-du-Nord-Ouest, rédige des textes de l’Arctique qui peuvent aussi intéresser les lecteurs de l’Aurore boréale, au Yukon, et du Nunavoix, au Nunavut.

«On a des réunions chaque semaine par rapport [aux sujets]», confie le rédacteur en chef de L’Aquilon, Giovanni Imidy.

Qu’arriverait-il sans IJL?

Sans l’IJL, Boréal FM et l’Acadie Nouvelle confirment qu’ils ne pourraient pas continuer la production au même niveau. 

«La population aurait peu de nouvelles locales», prévient Alyson Roussel de Boréal FM. La radio qu’elle dirige devrait diminuer sa production.

L’émission du matin garderait son segment de nouvelles, mais celles-ci abordent davantage les nouvelles provinciales et nationales. «Parce que du côté des nouvelles locales, il faut faire des recherches, il faut appeler des gens. Sans une personne qui travaille à temps plein à chercher des nouvelles locales, probablement que la population ne se sentirait pas entendue ni représentée», affirme la directrice générale.

Du côté de l’Acadie Nouvelle, Gaétan Chiasson confirme qu’ils ne pourraient pas continuer à financer la production d’articles pour tout l’Atlantique.

Un peu plus de travail

Giovanni Imidy souligne toutefois que la gestion que demande l’IJL augmente sa charge de travail déjà imposante. «Il se passe toujours de quoi à Yellowknife. Est-ce qu’il se passe toujours de quoi de civique [qui respecte les paramètres de l’IJL]? Pas vraiment», lâche-t-il.

En plus de passer plus de temps à rechercher des sujets, les rapports de production, même s’ils ne sont pas si lourds, sont tout de même un ajout moins bien venu à sa liste de tâches.

Alyson Roussel indique que pour les radios, l’IJL entraine d’autres dépenses non couvertes. «On ajoute un salaire, mais là, ça nous augmente nos frais SOCAN [pour les licences musicales]. Ce sont des dépenses qui ne sont pas couvertes par l’IJL», qui peuvent quand même compliquer la gestion d’un budget serré.

Néanmoins, les résultats sont plus positifs que négatifs pour la directrice générale. «C’est un des [programmes] plus faciles à gérer de mon côté, je trouve.»

Alors que les défis de l’accueil des immigrants font la une des médias, la phrase «je vous l’avais dit» traverse les esprits d’experts en immigration. Ils avaient pourtant prévenu Ottawa : accueillir un grand nombre d’immigrants aurait, entre autres, un impact sur le logement et n’apporterait pas les bénéfices escomptés. Mais le fédéral est tout de même allé de l’avant avec des cibles élevées.

Une personne employée au sein d’IRCC, n’était pas surprise de ce développement. Elle voit le travail de fonctionnaires ignoré depuis des années quand leurs conclusions ne vont pas dans le sens des plans du gouvernement.

Nous donnerons à cette personne le nom fictif de Marie. Francopresse a accepté de protéger son identité, parce qu’elle craint des répercussions au travail.

Un travail qui dérange

Selon elle, la plupart des fonctionnaires n’oseraient jamais aller contre le courant : «Dès que tu dis un peu la vérité, fearless advice, dis ce que tu penses, c’est fini.»

Elle voit donc peu de gens qui osent présenter des points de vue divergents dans la fonction publique. «Il n’y a rien de pire dans une démocratie.»

Elle doute d’ailleurs que même les avertissements émanant de fonctionnaires se rendent toujours au bureau du ministre de l’Immigration.

«Je pense que plusieurs sous-ministres et sous-ministres adjoints croient que leur mission est de protéger [le ministre]. Ils empêchent que des choses soient écrites ou s’assurent que ça ne monte pas pour pouvoir dire “le ministre n’était pas au courant, donc il a continué sa mauvaise idée, mais il ne le savait pas”.»

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La vérité étouffée

Selon Andrew Griffith, directeur général à IRCC de 2009 à 2011, un certain degré de tension est normal, même bénéfique.

Andrew Griffith est l’auteur du livre Policy Arrogance or Innocent Bias : Resetting Citizenship and Multiculturalism.

Photo : Courtoisie

«La bureaucratie est censée offrir des conseils sans peur en fonction de son analyse et de son expertise et le niveau politique doit apporter sa perspective», explique-t-il.

Mais la transmission des conseils à travers l’échelle bureaucratique est floue, prévient-il. La parole est habituellement plus franche chez les directeurs, mais «plus haut, les sous-ministres adjoints et les sous-ministres sont moins directs en fonction de leurs efforts à répondre aux besoins politiques».

«C’est probablement là que réside la majeure partie de la frustration liée à l’ignorance de l’expertise», précise M. Griffith.

C’est au sein même de la fonction publique que l’information semble bloquer, corrobore Marie. «Les politiciens préfèreraient éviter de faire des erreurs, mais ils se sont entourés de hauts fonctionnaires opportunistes, ambitieux, peu compétents qui étouffent la vérité.»

«Les hauts fonctionnaires qui pensent seulement à leur carrière sont le pire problème, la pire plaie. Les ministres peuvent influencer leur carrière, alors ils s’autocensurent, censurent les autres et s’entourent de gens peu compétents ou qui leur ressemblent», poursuit-elle.

Manque d’expertise chez les cadres supérieurs

Dans le rapport d’un examen effectué par l’ancien sous-ministre d’IRCC, Neil Yeates, ce dernier parle de tensions à IRCC qui seraient «exacerbées par la forte baisse d’expertise en matière d’immigration parmi les [sous-ministres adjoints] et les [directeurs généraux]».

Selon lui, cette baisse d’expertise est relativement nouvelle et crée un «manque de crédibilité vis-à-vis des employés de première ligne et des gestionnaires» qui connaissent bien la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés.

«Qui voudrait d’une douche froide?»

L’immigration a toujours été très politisée, fait remarquer Andrew Griffith. «Là où les choses se sont gâtées, c’est dans l’encouragement de l’immigration à grande échelle qu’a défendu l’Initiative du siècle, diverses organisations commerciales [et d’autres] sans qu’aucun d’entre eux, jusqu’à trop tard, ne commence à dire : “Attendez une minute, il va y avoir des implications à cela. Avons-nous les capacités d’absorption pour tous ces immigrants?”»

Il ne croit pas que l’argument selon lequel il faut hausser les seuils d’immigration afin de remédier au vieillissement de la population ait été assez remis en question. Surtout lorsque l’on considère le nombre de démographes qui ne partageaient pas cette analyse.

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Mikal Skuterud compare sa situation à celle des scientifiques du changement climatique, dont les avertissements ont longtemps été ignorés par les gouvernements. 

Photo : Courtoisie

Plusieurs économistes ont aussi critiqué cette approche, dont Mikal Skuterud, professeur d’économie à l’Université de Waterloo, en Ontario. Il a l’impression que parmi tous les experts en immigration, ce sont surtout les économistes qui sont ignorés.

«Qui voudrait d’une douche froide? Pourquoi voudraient-ils nous parler si on ne leur donne pas les réponses qu’ils veulent?», demande-t-il.

Le gouvernement avance que l’augmentation de l’immigration permet la croissance économique, «mais pour l’économiste, ce n’est pas vraiment honnête».

«Pour l’économiste, la croissance économique vient de l’augmentation du PIB par habitant, explique-t-il. Et rien ne prouve que l’augmentation de l’immigration fasse croitre le PIB par habitant.»

En fait, dans les dernières années, celui-ci a chuté. «Les économistes avaient donc raison, mais ils ont été complètement ignorés sur cette question», déplore Mikal Skuterud.

«Je ne pense pas que l’identité de la personne qui transmet le message soit importante, tant que le message est conforme aux objectifs du gouvernement», ajoute-t-il.

Étant lui-même immigrant, le professeur aimerait pouvoir dire qu’une hausse de l’immigration améliorera le sort économique de tous. «C’est une très belle histoire à vendre, mais c’est juste faux, martèle-t-il. Ce n’est pas si simple.»

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Les affaires, ce n’est pas l’économie

Christopher Ragan, professeur en économie à l’Université McGill, à Montréal, était membre du Conseil consultatif en matière de croissance économique mis sur pied par le gouvernement libéral en 2016 et présidé par Dominic Barton, ex-directeur de la firme McKinsey et cofondateur de l’Initiative du siècle.

«Je ne voyais aucune raison à l’époque, et je n’en vois aucune aujourd’hui, de penser que l’augmentation de l’immigration puisse être le pivot d’une stratégie de croissance. Du moins, pas le type de croissance qui devrait nous intéresser. J’ai mené ce combat au sein du Conseil et j’ai perdu», a déclaré l’économiste sur X en janvier 2024.

Christopher Ragan craint que sa position soit considérée comme étant contre l’immigration, alors qu’il en reconnait plusieurs bénéfices. 

Photo : Courtoisie

Sa position n’a pas été retenue dans les rapports du Conseil, probablement parce qu’«un consensus entre 12 personnes n’arrivera jamais», déclare-t-il en entrevue avec Francopresse.

«Le gouvernement perçoit mal l’immigration et son rôle dans la croissance générale et je crois que le Conseil y est pour quelque chose», assure-t-il.

Christopher Ragan était l’un des seuls économistes au sein de ce conseil : «La plupart étaient des gens d’affaires, ce qui est problématique pour un conseil sur la croissance. […] Leur point de vue est important, mais ils n’ont généralement pas beaucoup de compétences en termes de politiques.»

«Je pense que le gouvernement a aussi écouté le lobby des affaires qui a demandé plus d’immigration, en particulier d’immigration temporaire, pour remplir des pénuries de main-d’œuvre, parce qu’ils préfèrent embaucher des immigrants que d’augmenter les salaires», se désole-t-il.

C’est presque une secte. Et comme toute bonne secte, il faut un leadeur. Il a un nom : le Bureau international des poids et mesures (BIPM), à Paris.

Cette noble institution, créée en 1875 pour codifier le système métrique, fixe le temps universel, sur lequel la grande partie des habitants de notre monde se fie pour régler «leur» temps.

Comme l’œuvre de Dali, le temps n’est pas toujours au beau fixe, malgré les calculs atomiques de la seconde. 

Photo : Wikimedia Commons, don universel au domaine public

C’est au XIXe siècle qu’on a fixé pour la première fois un temps «commun». Une conférence internationale tenue en 1884 aux États-Unis a convenu que le méridien de Greenwich serait la base des fuseaux horaires du monde et que l’heure du méridien de Greenwich, en Angleterre, serait la référence du temps pour la planète.

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À cette époque, l’heure variait d’une ville à l’autre, même si très peu de distance les séparait. L’heure de Greenwich, devenue le «temps moyen de Greenwich» («Greenwich Mean Time», abrégé GMT), a d’abord servi à uniformiser l’heure au Royaume-Uni.

Puis d’autres pays l’ont adoptée comme référence (avec les décalages horaires). L’Observatoire royal de Greenwich envoyait par exemple aux États-Unis un signal à l’Université Harvard, au Massachusetts, par câble sous-marin.

Des horloges et des heures

Bien que la référence «géographique» du temps était Greenwich, une autre conférence internationale en 1912 a confié à l’Observatoire de Paris le soin de «mesurer» le temps. C’est à ce moment qu’est né le Bureau international de l’heure.

Version améliorée (2005) d’une horloge atomique «à fontaine d’atomes de césium» servant à calculer le temps. 

Photo : Wikimedia Commons, domaine public

Plusieurs pays ont commencé à se doter d’horloges perfectionnées pour maintenir le plus possible la régularité du temps. Alors que la technologie évoluait, les méthodes comme le câble sous-marin ne suffisaient plus.

Aux États-Unis, les «gardiens du temps» dépêchaient à Paris deux fois par année en avion un scientifique qui apportait dans ses bagages de cabine deux horloges très complexes pesant 25 kilos chacune.

Le temps était littéralement compté pour cette mission, car les piles des horloges ne tenaient que 24 heures. Une fois à Paris, les horloges américaines étaient synchronisées avec celles du Bureau international de l’heure.

Cette pratique s’est perpétuée jusqu’à l’arrivée des premiers satellites GPS, en 1978, qui ont rendu ces visites inutiles.

Quant à l’heure moyenne de Greenwich, elle sera la référence mondiale jusqu’en 1972, année où elle sera remplacée par le «temps universel coordonné» (UTC). Que s’est-il passé? Rien sauf… une révolution dans la mesure du temps : l’horloge atomique.

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Des atomes pour calculer le temps

En 1945, un physicien de l’Université Columbia, à New York, découvre qu’il serait possible de mesurer le temps grâce aux vibrations atomiques. Quatre ans plus tard, la première horloge atomique est fabriquée, utilisant des molécules d’ammoniac.

Quelques années plus tard, on substitue l’ammoniac par un élément plus fiable et plus facile à manier : le césium.

Un grand nombre de pays, le Canada y compris, se doteront d’horloges atomiques au césium à la fin des années 1950 et au cours de la décennie suivante pour former un réseau international de la mesure du temps. Il existe actuellement plus de 450 horloges atomiques réparties dans 70 centres de recherche dans le monde.

Les pays munis de ces horloges font une moyenne du temps qu’ils calculent et envoient leurs données au BIPM (qui entretemps a absorbé l’ancien Bureau international de l’heure).

Le BIPM fait alors une moyenne de toutes ces «heures» des pays participants pour déterminer l’heure commune, connue comme le «Temps universel coordonné» ou UTC.

En 1972, l’UTC a officiellement remplacé le GMT comme référence internationale du temps.

Une horloge atomique en 1955. Déjà, elle fonctionnait avec un taux d’erreur d’une seconde aux 30 ans. 

Photo : Wikimedia Commons, domaine public

La question qui tue : qu’est-ce qu’une seconde?

Depuis un siècle, on calculait la seconde en se basant sur la rotation de la Terre. Il suffisait de diviser le temps de rotation par 86 400 – le nombre de secondes dans une journée – pour en connaitre la durée. Simple, non? Oui, mais l’affaire n’était pas ketchup.

Tempus fugit, le temps fuit ou le temps file. Vitrail dans l’église Saint-Pierre, Upper Sandusky, Ohio). 

Photo : Wikimedia Commons, Share Alike, 4.0 International

La Terre ne tourne pas exactement toujours à la même vitesse, en raison de toutes sortes de facteurs, comme les vents, les marées, etc. Les «24 heures» ne sont pas toutes de la même durée, donc les heures et les secondes non plus.

La nouvelle mesure rendue possible par les horloges atomiques a permis de déterminer une durée plus stable de la seconde, et donc du temps. La nouvelle définition de cette unité fondamentale du temps, adoptée en 1967, est de «9 192 631 770 oscillations (9,2 milliards pour simplifier) d’un atome de césium entre ses différents niveaux d’énergie». Coïncidence, il faut environ 9,2 secondes pour dire à haute voix cette définition!

Tout est donc réglé et on peut dormir tranquille en sachant que le temps est (presque) immuable. Faux! C’est que… le temps «atomique» a un peu le même problème que l’ancien GMT, c’est-à-dire qu’il n’est pas parfaitement au diapason de la rotation de la Terre.

Les scientifiques ont donc convenu qu’une seconde dite «intercalaire» serait ajoutée à l’UTC chaque fois que l’écart dépasserait 0,9 seconde. Depuis 1972, cet ajustement d’une seconde a été effectué 37 fois. Avec les nouvelles technologies, ces modifications du temps universel créent des problèmes technologiques de plus en plus sérieux.

Les GAFAM s’en mêlent

La Terre prend environ 23 heures, 56 minutes et 4,1 secondes à faire une rotation. Ce petit décalage sur nos 24 heures doit être corrigé de temps à autre afin que le Temps universel coordonné (UTC) s’harmonise au temps astronomique. 

Photo : NASA (équipage d’Appolo 17), Wikimedia Commons, domaine public

La situation est telle que, l’an dernier, les géants du numérique, surnommés les GAFAM, pour Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, font pression sur les gardiens du temps pour qu’ils cessent cette pratique. Et les gardiens ont dit oui… mais d’ici 2035.

Or, comme par coïncidence – encore une –, il s’avère que la rotation de Terre a plutôt tendance maintenant à s’accélérer. Il est donc possible qu’il ne soit pas nécessaire de réduire le temps universel pour un moment.

Et comme on n’arrête pas le progrès, de nouvelles horloges atomiques, plus performantes que celles au césium, ont fait leur apparition. Il s’agit d’horloges optiques utilisant un nouvel élément, l’ytterbium, un métal de terres rares. Ces horloges pourraient offrir une précision de 10 à 100 fois supérieure.

Le temps fuit à vive allure. C’est probablement pour ça qu’il est si facile de le perdre. Tempus fugit.

Beaucoup de chiffres ont été lancés des deux côtés de la Chambre des communes cette semaine. Il ne faut cependant pas seulement se fier aux attaques de l’opposition officielle ni à la défense du gouvernement pour avoir un portrait juste. Les réponses complètes et les vérités se trouvent ailleurs.

Le faible impact sur l’inflation

Pierre Poilievre et ses troupes conservatrices répètent que la tarification fédérale du carbone – le nom officiel de la taxe sur le carbone – fait augmenter de façon importante le cout de la vie. Ils demandent donc son abolition, sans offrir de solution alternative.

Le premier produit que l’on pense à relier au carbone est l’essence. Une hausse de 65 à 80 dollars la tonne aura lieu le 1er avril.

Selon la Fédération canadienne des contribuables, cette augmentation fera passer la tarification par litre d’essence de 14,3 à 17,6 cents. Soit une augmentation de 3,3 cents le litre. Les guerres à l’étranger entrainent des fluctuations bien plus importantes.

Dans le pire des cas, si vous devez entièrement remplir le réservoir de 136 litres de votre F-150, il vous en coutera 4,49 dollars de plus qu’en mars.

Les conservateurs rappellent que le prix de tous les produits est influencé par le cout du transport. Donc, puisque le cout de l’essence augmente, tout ce que l’on achète coute aussi plus cher. Une autre vérité qui doit être relativisée. Selon le directeur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, l’augmentation annuelle de 15 dollars la tonne de la tarification sur le carbone contribue à l’inflation à la hauteur de 0,15 %. Avec une inflation de 3 % – environ ce que l’on voit depuis le début de l’année –, l’augmentation de la tarification compte pour 5 % du 3 %.

En d’autres mots, si votre épicier augmente le prix de votre soupe préférée de 50 cents, seulement 2,5 cents de cette augmentation sont dus à l’augmentation de la tarification sur le carbone.

Mais ça revient dans vos poches… ou presque

Les libéraux de Justin Trudeau commencent à peine à répéter que l’argent prélevé est remis à ceux qui l’ont payé.

Le gouvernement fédéral ne garde pas l’argent qu’il prélève : 90 % sont retournés aux contribuables. Le montant remis est différent dans chaque province où la tarification est appliquée, mais constitue en moyenne 1160 $ par année pour une famille de quatre.

Remise canadienne sur le carbone pour une famille de 4 personnes pour 2024-2025

Alberta : 1800 $

Saskatchewan : 1504 $

Manitoba : 1200 $

Ontario : 1120 $

Nouveau-Brunswick : 760 $

Nouvelle-Écosse : 824 $

Île-du-Prince-Édouard : 880 $

Terre-Neuve-et-Labrador : 1192 $

Source : Gouvernement du Canada

D’ailleurs, les prochains paiements seront envoyés en avril. Si vous vous demandez si vous le recevez, surveillez attentivement votre boite aux lettres ou votre compte en banque.

Pour se défendre des attaques des conservateurs, les libéraux martèlent que le Bureau du directeur parlementaire du budget (DPB) a calculé, dans un rapport datant de février 2020, que 8 ménages sur 10 (ou 4 sur 5) reçoivent plus d’argent qu’ils n’en payent en tarif sur le carbone.

Malheureusement pour les libéraux, le DPB était moins catégorique en 2022 et 2023.

Les nouveaux calculs tiennent compte de l’augmentation du montant de TPS/TVH payé sur la tarification et des impacts économiques de la mesure, comme la perte de revenus et le ralentissement de l’économie qu’elle peut provoquer. Ce serait plutôt 2 ménages sur 5 qui auraient plus d’argent dans leurs poches après le remboursement.

Mais pour certains économistes, cela reste une victoire. Parce que s’il n’y avait pas de système de tarification et de remboursement, il y aurait quand même une augmentation des couts qui ne remettrait pas d’argent dans les poches des contribuables. Au lieu de récupérer une partie de leurs dépenses, ces derniers payeraient 100 % des couts de la pollution. Ce dont ne tient pas compte le DPB dans sa deuxième analyse.

Ce n’est pas qu’une question d’argent

Reconnaissons une chose : le cout de la vie a beaucoup augmenté, mettant à risque plusieurs ménages canadiens.

D’un autre côté, il ne faut pas se leurrer : les impacts des changements climatiques couteront plus cher à tout le monde.

Selon l’Institut climatique du Canada (ICC), «d’ici 2025, les dommages liés au climat ralentiront la croissance économique du Canada de 25 milliards de dollars annuellement, soit 50 % de la croissance du PIB prévue». Et ce seront les ménages à faible revenu qui souffriront le plus, ajoute l’ICC.

Justement, d’après les données du DPB, ces ménages reçoivent toujours plus d’argent de la Remise canadienne sur le carbone qu’ils n’en payent à la tarification du carbone. Pas les propriétaires de F-150.

Au-delà des questions de dépenses et de revenus, la tarification sur le carbone a un objectif principal : changer nos habitudes. Il a été prouvé plus d’une fois que d’augmenter le prix d’un produit est la meilleure façon d’en diminuer la demande.

Nous avons démontré ci-dessus que l’impact le plus important de la tarification reste sur l’essence, et non sur vos cannes de soupes.

Il est vrai que plusieurs régions canadiennes n’ont pas accès au transport collectif. Mais si personne n’est forcé d’en créer et de l’utiliser, il ne se développera pas.

Ne pas mettre toute la boucane dans la même cheminée

L’ICC vient tout juste de publier un nouveau rapport indiquant que la tarification sur le carbone n’est pas la mesure la plus efficace pour réduire les émissions de carbone. Elle représenterait entre 8 et 9 % de la diminution des émissions de gaz à effet de serre au Canada.

À côté, le système d’échange pour les grands émetteurs, la bourse du carbone qui vise les plus importants pollueurs, aura diminué les émissions de 23 à 39 % en 2030.

Ça ne veut pas dire qu’il faut abandonner la tarification pour les particuliers. Nous avons besoin de plus d’une mesure pour atteindre les cibles de réductions. Il est normal que les grands pollueurs puissent diminuer de façon plus importante leurs émissions, puisqu’ils travaillent avec des quantités beaucoup plus élevées.

Mais malgré ces chiffres intéressants, le système d’échange ne serait pas suffisant à lui seul.

Plus sur la francophonie

Mardi, le projet de loi C-35, portant maintenant le nom de Loi relative à l’apprentissage et à la garde des jeunes enfants au Canada, a reçu mercredi la sanction royale avec l’amendement proposé par le sénateur René Cormier.

L’amendement engage entre autres le gouvernement fédéral à financer à long terme les services de garde des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM).

«Cette mesure législative reconnait les principes directeurs des investissements fédéraux en faveur d’un système d’apprentissage et de garde des jeunes enfants à l’échelle du Canada», peut-on lire dans le communiqué du gouvernement.

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Immigration, conflit israélo-palestinien, taxe carbone, élections et funérailles d’État

Marc Miller a annoncé une réduction du nombre de résidents temporaires au Canada étalée sur trois ans. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

Le nombre d’immigrants temporaires admis chaque année au Canada diminuera pour être limité à 5 % de la population canadienne dans trois ans.

L’annonce a été faite jeudi par le ministre de l’Immigration, Marc Miller, et le ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles, Randy Boissonnault.

«Cet objectif sera finalisé à l’automne, après consultation de nos homologues provinciaux et territoriaux et dans le cadre de la planification annuelle des niveaux», a lancé Marc Miller en conférence de presse.

Selon Marc Miller, en 2023, le nombre de résidents temporaires au Canada a augmenté de manière significative, atteignant 2,5 millions, soit 6,2 % de la population canadienne.

Par ailleurs, le ministre Miller précise que les résidents temporaires incluent des immigrants entrant au Canada à travers plusieurs filières et programmes d’IRCC. Il est question, entre autres, d’étudiants internationaux, de travailleurs étrangers temporaires et de titulaires d’un permis de travail de troisième cycle.

De son côté, Randy Boissonnault a annoncé que «certaines mesures à durée limitée du Plan d’action pour les employeurs et la main-d’œuvre du Programme des travailleurs étrangers temporaires ne seront pas renouvelées et prendront fin plus tôt que prévu ce printemps».

À partir du 1er mai 2024, il sera notamment question de réduire le pourcentage de la main-d’œuvre provenant du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

La Chambre des communes a adopté, lundi, une motion non contraignante proposée par le Nouveau Parti démocratique (NPD) en vue de rétablir la paix au Proche-Orient.

Le Nouveau Parti démocratique de Jagmeet Singh a déposé lundi une motion en Chambre dans le but de faire reconnaitre l’État de la Palestine par le Canada. 

Photo : Chantallya Louis – Francopresse

La motion a été lourdement amendée par le Parti libéral avant le vote. Elle demande entre autres au gouvernement d’exiger un cessez-le-feu immédiat, la libération de tous les otages et d’exiger un accès humanitaire sans entrave à Gaza.

La motion initiale mentionnait aussi la reconnaissance officielle de l’État de Palestine et «de maintenir la reconnaissance par le Canada du droit d’Israël à exister et à vivre en paix avec ses voisins».

La motion amendée, qui a finalement été adoptée à 204 pour et 117 contre, ce lit comme suit : «de collaborer avec les partenaires internationaux pour poursuivre activement l’objectif d’une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, y compris en vue de l’établissement de l’État de Palestine dans le cadre d’une solution négociée à deux États, et de maintenir la position du Canada selon laquelle Israël a le droit d’exister et de vivre en paix et en sécurité avec ses voisins».

Le Parti conservateur du Canada a présenté jeudi une motion de censure pour demander la dissolution de la Chambre «afin que les Canadiens puissent voter lors d’élections portant sur la taxe sur le carbone».

Cette proposition critique la hausse de 23 % de la taxe carbone prévue à partir le 1er avril – qui atteindra 80 $ la tonne. En fait, la hausse a été le cheval de bataille du chef conservateur toute la semaine. Pierre Poilievre a demandé à répétition, chaque jour, si les libéraux allaient annuler la hausse prévue. 

Les libéraux ont répété que, selon un rapport de 2020 du directeur parlementaire du budget, 8 ménages sur 10 reçoivent un remboursement plus élevé que ce qu’ils paient en redevances.

Puisque les néodémocrates et les bloquistes avaient annoncé avant le vote qu’ils rejetteraient la motion, le résultat était connu d’avance. Le vote a eu lieu en fin de journée et la proposition conservatrice a été battue par 204 votes contre 116. 

Le ministre de la Sécurité publique, des Institutions démocratiques et des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a déposé mercredi le projet de loi C-65 visant à apporter des modifications à la Loi électorale du Canada (LEC).

Le projet de loi a pour but d’éliminer les obstacles au vote, d’encourager la participation des électeurs, de mieux protéger les informations personnelles et de renforcer les mesures de protection électorales, y compris contre l’ingérence étrangère.

Il vise aussi à renforcer le processus électoral pour lutter contre la désinformation et l’utilisation abusive de la technologie, indique le gouvernement dans un communiqué.

Il est notamment question d’ajouter deux jours supplémentaires de vote par anticipation et de proposer de nouvelles règles sur les contributions de tiers afin d’accroitre la transparence et d’empêcher les fonds obscurs ou étrangers d’entrer dans le système.

Brian Mulroney aura droit à des funérailles d’État le samedi 23 mars 2024. 

Photo : Wikimedia_Commons

Le 18e premier ministre du Canada, Brian Mulroney, décédé le 29 février dernier, a reçu cette semaine des funérailles d’État.

Sa dépouille a été exposée en chapelle ardente dans l’édifice Sir-John-A.-Macdonald à Ottawa, mardi et mercredi. 

Une seconde exposition a eu lieu jeudi et vendredi à la basilique Saint-Patrick de Montréal.

La cérémonie funéraire aura lieu à la basilique Notre-Dame de Montréal, samedi.

Les Canadiens peuvent signer le Livre des condoléances en ligne à la mémoire de Brian Mulroney.

À lire aussi : Brian Mulroney a rapproché conservateurs et francophones