La cible d’un réchauffement climatique de 1,5 °C devait permettre d’éviter les pires conséquences du changement climatique. Proposée vers 2008, elle a pu faire l’unanimité au moment de l’Accord de Paris à la COP21 en 2015 – malgré le fait que la température globale avait déjà augmenté de 1,2 °C.
En 2018, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) présentait un portrait des conséquences du réchauffement de 1,5 °C.
Avant tout, explique le GIEC dans son rapport, nous verrons une température moyenne plus élevée, et des périodes de chaleur ou de froid extrêmes plus intenses, ainsi que des périodes de plus fortes précipitations dans certaines régions et de sècheresses dans d’autres régions. Nous verrons également une élévation du niveau de la mer, donc l’érosion et l’engloutissement de plusieurs régions côtières.
L’organisme évoque également la transformation et la perte d’écosystèmes, l’extinction d’espèces, mais également l’endommagement et la perte d’infrastructures, ainsi que la fin de la pêche dans plusieurs régions.
Nous voyons déjà les effets du réchauffement climatique sur la Péninsule acadienne, dans le golfe du Saint-Laurent et dans les Prairies, ainsi qu’au sein des communautés autochtones, notamment sur leurs droits, où l’on cherche notamment à apprendre des savoirs traditionnels pour répondre à la crise.
Par contraste, toujours selon le GIEC, un réchauffement de 2 °C amènerait les mêmes effets, mais à plus grande échelle : des extrêmes plus importants, 10 millions de gens de plus affectés par l’élévation du niveau des mers, davantage de régions côtières affectées, davantage d’espèces et d’écosystèmes détruits. Tout cela arriverait à 1,5 °C ou à 2 °C ; c’est une question de nombres et de gravité.
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Notons également les conséquences immédiates sur la santé partout dans le monde, étant donné les extrêmes chaleurs et les risques de transmission de maladies, sur la production de nourriture, mais aussi sur un très grand nombre de communautés et peuples, notamment les peuples autochtones. Les effets du colonialisme sur la santé, la difficulté d’accès à l’eau potable, le manque d’accès au logement et la pauvreté sont encore empirés par les changements climatiques.
La pauvreté et les préjudices devraient augmenter dans certaines populations à mesure que le réchauffement planétaire s’intensifie ; la limitation du réchauffement à 1,5 °C plutôt qu’à 2 °C pourrait, à l’horizon 2050, réduire de plusieurs centaines de millions le nombre de personnes exposées aux risques liés au climat et vulnérables à la pauvreté.
Les gaz déjà dans l’atmosphère ne risquent pas de faire augmenter la température davantage qu’ils ne l’ont déjà fait. Même si les changements sont probablement irréversibles, nous aurions donc pu atteindre la cible de 1,5 °C si nous avions mis en œuvre les recommandations du GIEC et d’autres groupes d’experts. Toutefois, cette cible serait déjà impossible à atteindre.
Et cette impossibilité amène la possibilité de basculements, à savoir des transformations abruptes du climat et des écosystèmes après l’atteinte de certaines températures, comme le dépérissement et la disparition de la forêt amazonienne ou du pergélisol par exemple, qui par ailleurs mèneraient à la libération des gaz à effet de serre qui y sont absorbés, et donc à une crise encore plus catastrophique.
Le problème est que nous continuons à produire du CO2. Le GIEC suggère quelques pistes pour diminuer la production de gaz à effet de serre : diminuer la demande en énergie généralement parlant (mais surtout celle qui produit ces gaz), diminuer la consommation de biens matériels et diminuer la consommation d’aliments qui demandent une grande production de ces gaz.
Or la baisse de la consommation pose deux problèmes qui peuvent sembler impossibles à régler. D’une part, certaines régions du monde sont déjà habituées à une surconsommation de biens. D’autre part, l’éradication de la pauvreté suppose un accès à davantage de biens de consommation et de production dans beaucoup de régions du monde.
Autrement dit, il sera difficile de demander à certaines populations de consommer moins, mais il sera éthiquement et pratiquement impossible de demander à d’autres populations de ne pas consommer plus qu’elles ne le font en ce moment.
Pour répondre à ces limites, le GIEC indique la nécessité d’une transition systémique, à la fois politique et économique, appuyée sur la coopération internationale. Cette transition irait de pair avec une transformation des comportements économiques, tant en termes de gestion de la production, que de décisions individuelles quant à la consommation et aux priorités gouvernementales.
Allant plus loin dans la même direction, les peuples autochtones parlent de transformations qui commencent avec une vision du monde où l’humanité est unie à la terre et a ainsi une responsabilité sacrée d’en prendre soin.
Avant tout, les solutions commencent avec le droit à l’autodétermination des peuples autochtones et des peuples affectés par le changement climatique – ce qui suppose que le leadeurship leur revienne dans la détermination et la mise en œuvre des solutions qui les affecteront davantage que les peuples les plus pollueurs.
Ainsi, il s’agit non seulement de changer de vitesse ou de voie, mais aussi de s’orienter différemment pour emprunter une nouvelle direction.
Plusieurs parlent désormais de transition socioécologique, un processus par le bas qui affecterait non seulement les comportements, mais également les relations humaines et les relations à la terre. Une réponse à la catastrophe climatique passerait ainsi par une transformation sociale et économique.
D’autres parlent même de bifurcation, d’un changement soudain pour empêcher les effets les plus abrupts du changement climatique, puisqu’il ne resterait plus suffisamment de temps pour réussir une transition et que les effets de la catastrophe seront eux-mêmes soudains.
La décroissance est également une approche souvent proposée. Celle-ci consiste notamment à abandonner l’objectif de la croissance économique comme mesure du progrès, du succès et du bienêtre, pour penser le développement de manière humaine, sans la croissance.
Pour y arriver, on pense à une lutte pour la justice écologique, ou encore à un soulèvement qui consisterait en la création d’un mouvement social qui s’opposerait de manière réformiste ou radicale à la manière actuelle de gérer l’économie.
De telles luttes sont déjà engagées, et des alternatives sont déjà mises à l’essai dans certaines communautés – et la créativité est certainement de mise pour répondre à la crise en cours.
L’ancien député néodémocrate François Choquette considère que le commissaire aux langues officielles n’a pas utilisé son pouvoir d’enquête jusqu’au bout.
Avec des informations d’Inès Lombardo
En 2017, le Commissariat aux langues officielles (CLO) a reçu quatre plaintes concernant l’entente entre Netflix et Patrimoine canadien (PCH).
L’un des plaignants, l’ex-député fédéral néodémocrate François Choquette, accusait PCH de ne pas avoir respecté la partie VII de la Loi sur les langues officielles (LLO). Celle-ci oblige PCH à considérer les communautés de langues officielles en situation minoritaire dans le cadre de l’entente.
En 2019, l’enquête du commissaire conclut que la plainte de François Choquette est non fondée. Le plaignant remet maintenant en question la rigueur du CLO dans le processus d’enquête et demande à la Cour fédérale d’intervenir.
Entente Netflix
En 2017, Netflix a accepté d’investir 500 millions de dollars en production au Canada au cours des cinq années suivantes, à la condition que le gouvernement ne perçoive pas de taxes sur ses services.
Le géant américain s’était engagé à injecter 25 millions de dollars de cette somme dans le marché francophone, mais à ce jour, il est toujours impossible de connaitre la somme qui y a été réellement investie.
L’entente de cinq ans, conclue entre Netflix et Patrimoine canadien, est arrivée à échéance en 2022.
La préservation des relations en cause
En vertu de la Loi sur Investissement Canada, qui garantit la confidentialité de l’entente avec Netflix, Patrimoine canadien a refusé de fournir tous les documents nécessaires à l’enquête du Commissariat.
Dans son rapport final, Raymond Théberge conclut que la plainte est non fondée.
En mars 2018, dans une note de synthèse adressée au commissaire Raymond Théberge, des fonctionnaires du Commissariat remettent en question l’intérêt d’insister auprès de PCH pour obtenir les informations manquantes.
«Maintenir une relation de collaboration avec PCH est important, et faire appel aux pouvoirs d’enquête pour obtenir plus d’infos pourrait porter atteinte. […] s’il s’avère que nous pouvons utiliser nos pouvoirs d’enquête, cela entrainera des couts et pourrait miner le niveau de collaboration avec PCH (dans ce dossier et/ou d’autres)», indique la note.
Dans ce même document obtenu par Francopresse, les fonctionnaires préviennent le commissaire que l’information recueillie est insuffisante pour tirer des conclusions, et qu’aller de l’avant pourrait créer un précédent, limitant ainsi les pouvoirs d’enquête du CLO.
Mélanie Joly, à l’époque ministre de Patrimoine canadien, a été accusée de nombreuses fois d’avoir mal géré le dossier de Netflix Canada.
«Le fait d’accepter l’argument de la confidentialité risque de créer un précédent avec PCH pour les dossiers liés aux investissements étrangers», lit-on dans la note.
Dans ses commentaires sur le rapport préliminaire du Commissariat, François Choquette partage ses préoccupations avec ce dernier : «Sans ces pouvoirs d’enquête, votre rôle et l’utilité de votre mandat ne deviennent, en quelque sorte, que symboliques. Ainsi, il ne suffit pas pour une institution fédérale d’invoquer un privilège de confidentialité pour éviter de communiquer tout renseignement et document fondamental à vos enquêtes.»
Pouvoirs du commissaire
La Loi sur les langues officielles permet au commissaire aux langues officielles de contraindre des témoins à produire les «documents et autres pièces qu’il estime indispensables pour instruire à fond toute question relevant de sa compétence» (article 62).
Pourtant, dans son rapport final paru en février 2019, le CLO affirme ignorer «dans quelle mesure Netflix a été informé des besoins propres aux communautés francophones hors Québec, et PCH n’a fourni aucun renseignement pour clarifier ces éléments durant l’enquête, même s’il a été prié de le faire».
Techniquement parlant, le CLO aurait pu être sévère dans sa demande d’informations.
Le bureau du CLO a décliné notre demande d’entrevue, indiquant que le dossier était présentement devant les tribunaux.
L’affaire devant les tribunaux
Aujourd’hui, l’ex-député demande la réouverture de l’enquête, et ce, pour deux raisons : la raisonnabilité de la décision du CLO et son omission d’enquêter sur l’article 43 de la LLO, qui vise des mesures spécifiques que Patrimoine canadien peut prendre en matière de langues officielles.
François Choquette demande à la Cour fédérale d’obliger le Commissariat à rouvrir l’enquête.
«Les 25 millions pour moi, c’était un écran de fumée, une pilule empoisonnée, de la poudre aux yeux de la part des ministres pour nous faire avaler ce remède de cheval, déclare François Choquette. Ce qui est intéressant, c’est l’ensemble des investissements de Netflix Canada au pays.»
François Choquette attend que sa demande de rouvrir l’enquête soit entendue par la Cour fédérale. «On veut que le CLO refasse son travail en fonction des articles 41 et 43 principalement», explique-t-il.
Ce dernier met la table avant l’audience : «L’idée est de faire le constat des dégâts commis, des mesures positives qu’on aurait dû mettre en place, les protocoles de consultation et les obligations linguistiques qui auraient dû être mises en place et ce qu’il faut faire pour la suite des choses.»
La date de l’audience devant les tribunaux, fixée au 4 juillet dernier puis annulée, n’est pas encore connue.
À mesure que l’on s’enfonce dans la forêt de l’Île-du-Prince-Édouard, Anne Gallant nous fait pénétrer dans son garde-manger perpétuel, sa forêt nourricière. Des centaines de plantes sauvages comestibles sont à portée de cueillette.
Depuis sept ans, Anne Gallant vit dans une petite maison de bois autosuffisante en eau et en énergie au milieu de la forêt.
À peine descendue de sa camionnette, besace en bandoulière et guide d’identification à la main, elle repère des patiences crépues sur le bord d’un chemin de terre rouge. Leurs jolies feuilles ondulées se balancent dans le vent.
«Les gens la considèrent souvent comme une mauvaise herbe alors qu’en réalité on peut faire de la farine avec ses graines. Ça donne un pain brun foncé au gout de la terre», sourit l’Acadienne de ses yeux bleus.
Fougères au beurre, cresson à saupoudrer
À quelques mètres de là, un groupe d’onagres bisannuelles aux grandes fleurs jaunes pousse sur un terrain sablonneux. Anne Gallant explique que toute la plante est mangeable : les feuilles s’ajoutent à des soupes et des ragouts, tandis que les racines, aux saveurs légèrement poivrées, se consomment crues ou cuites.
Juste à côté, de jeunes fougères attirent son regard. «Cuites dans un peu de beurre, elles sont excellentes, elles ont ce petit gout sauvage d’asperge», assure la sexagénaire.
Anne Gallant prépare de nombreuses recettes de cuisine avec les plantes et fleurs trouvées dans la forêt.
Au bord d’un ruisseau, des plants de cresson prolifèrent. «On peut le manger en salade ou en faire de la poudre à saupoudrer sur des soupes en hiver», commente-t-elle.
Dans ce dédale forestier, la connaisseuse pousse un cri d’exclamation à la vue de brunelles communes, plantes aromatiques également connues des Autochtones pour leurs propriétés médicinales. «Ça soigne tout le corps, c’est extraordinaire comme plante.»
Anne Gallant vit au cœur d’une forêt gourmande, à 30 minutes de route de Charlottetown, la capitale de l’Île-du-Prince-Édouard. Il y a sept ans, elle a tout quitté, sa galerie d’art, ses toiles et ses pinceaux, pour s’établir à l’abri du monde au milieu des épinettes blanches, des érables et des fleurs sauvages.
Découvrez les secrets de la forêt canadienne
Manger local et sans pesticide
«Je vais dans la forêt tous les jours, sinon ça me manque. C’est juste un profond sentiment de paix, ça m’atteint de beauté», confie-t-elle.
Anne Gallant montre avec fierté sa réserve où des pots de fleurs séchées, de poudre, de farine et de tisane s’empilent sur des étagères jusqu’au plafond.
Elle a acheté 40 arpents de terre et s’est construit une petite maison de bois autosuffisante en eau et en énergie. Panneaux solaires, récupérateurs d’eau de pluie, poêle à bois, Anne Gallant veut au maximum limiter son empreinte écologique sur la planète.
«Se nourrir dans la forêt fait partie de cette démarche. C’est local et respectueux du vivant, sans traces de pesticide», affirme-t-elle
La moitié de ce que mange Anne Gallant provient de la forêt et de son potager, le reste du supermarché. À terme, elle aimerait atteindre les 80 % d’autoconsommation.
Anne Gallant a découvert la gastronomie des plantes sauvages à l’occasion de voyages humanitaires à Haïti, dans les années 1990. Dans un dispensaire de campagne, elle observait ses collègues haïtiens revenir de la forêt avec des paniers pleins de fleurs, de fruits et de feuillages.
De retour au Canada, l’autodidacte se plonge dans les publications botaniques et suit des cours en Nouvelle-Écosse. Elle vit quelques mois en Italie pour parfaire ses connaissances. Pendant six ans, elle se lance même dans la publication d’une revue mensuelle sur la nutrition et les propriétés des plantes.
«On ne s’improvise pas cueilleur»
«Il y a tellement de choses à manger dans la forêt, c’est triste d’avoir perdu ce savoir, regrette-t-elle. Moi-même, je découvre de nouvelles plantes et de nouvelles façons de les cuisiner tous les jours, c’est un voyage de 30 ans.»
Depuis plus de trente ans, Anne Gallant collectionne les livres de botanique et les guides d’identification des plantes pour parfaire ses connaissances.
Anne Gallant évoque son pesto d’oseille des bois, «du velours acidulé sur la langue», ses salades parfumées de fleurs colorées, ses croustilles de feuilles d’érable, ses gelées de fruits d’aronia, sa boisson fermentée d’épinette de pin blanc ou encore son kombucha d’épilobe en épi.
La balade ouvre l’appétit. Mais la cueilleuse-préleveuse du XXIe siècle conseille la prudence à quiconque manquerait de formation. Des plantes toxiques peuvent ressembler aux comestibles. Les risques de confusion sont fréquents.
«Il faut être très méticuleux, toujours se référer à plusieurs sources, demander à une personne plus expérimentée, insiste-t-elle. Si on a un doute, il ne vaut mieux pas ramasser.»
Prendre son temps, telle est sa devise : «On ne s’improvise pas cueilleur. C’est un voyage dans la nature, on ne peut pas tout apprendre en un instant.»
Elle conseille aux débutants de s’intéresser seulement à une ou deux plantes, de les apprivoiser à différentes saisons afin de savoir ce qui est mangeable ou non.
Règles de l’art
Le danger ne freine pas l’engouement. De plus en plus d’insulaires et de touristes se pressent chez Anne Gallant pour participer aux «classes en forêt» qu’elle organise depuis trois ans.
Elle relève notamment un intérêt grandissant des familles confrontées à la hausse des prix des aliments. Rien ne lui fait plus plaisir que de voir ses «étudiants changer de regard sur la forêt qui les entoure».
Anne Gallant a récolté des chanterelles.
Ce plaisir gourmand et familial doit aussi s’effectuer selon les règles de l’art, souligne-t-elle. Les plantes se cueillent avec technique et préciosité. D’une part, pour leur permettre de survivre et de repousser les années suivantes. D’autre part, pour préserver la forêt.
«Il ne faut jamais arracher les racines et prélever plus d’un tiers d’une plante ou d’un groupe de plantes», explique l’experte.
Sur le chemin du retour, un frisson d’excitation parcourt Anne Galant quand elle repère des chanterelles, trônant en majesté dans de la mousse. Elle sort un couteau à champignon de sa besace et les retire délicatement du sol… ce sera son repas de midi.
De retour chez elle, elle montre avec fierté sa réserve où des pots de fleurs séchées, de poudre, de farine et de tisane s’empilent sur des étagères jusqu’au plafond. À l’heure du départ, elle nous quitte plein d’enthousiasme, prête à retourner en forêt l’après-midi même.
Plus sur la francophonie
Le gouvernement du Canada a octroyé plus de 2,4 millions de dollars à l’organisme yukonais Les Essentielles, basé à Whitehorse, qui représente les intérêts des femmes franco-yukonaises. L’organisme pourra désormais acquérir une propriété commerciale pour y installer ses bureaux.
Le ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles, Randy Boissonnault.
Le financement devrait permettre l’organisation d’activités artistiques et culturelles et des services de répit aux familles, ainsi que des ateliers de sensibilisation à la violence.
«C’est une étape majeure dans notre engagement à faire avancer l’égalité entre les genres et à assurer l’épanouissement des Franco-Yukonais et Yukonaises vivant dans une communauté de langue officielle en situation minoritaire», a déclaré le ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles, Randy Boissonnault, dans un communiqué de presse.
Ingérence étrangère, Meta et énergie renouvelable
Le gouvernement fédéral devrait annoncer prochainement la tenue d’une enquête publique indépendante sur l’ingérence chinoise lors des élections fédérales de 2019 et de 2021.
Selon des informations obtenues par La Presse, le ministre de la Sécurité publique, des Institutions démocratiques et des Affaires intergouvernementales Dominic LeBlanc a convaincu un juge de mener l’enquête.
Celle-ci a longuement été réclamée par les partis d’opposition qui devront approuver la nomination du juge.
Le Bureau de la concurrence examine la décision de Meta de bloquer l’accès aux nouvelles sur Instagram et Facebook, afin de déterminer s’il y a eu infraction ou non à la Loi sur la concurrence.
CBC/Radio-Canada, Médias d’Info Canada et l’Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) ont déposé une plainte au Bureau mardi, dénonçant un abus de position dominante de la part de Meta.
Les nouvelles ont officiellement commencé à disparaitre des plateformes Facebook et Instagram le 1er aout. C’est une façon pour Meta de contester la Loi sur les nouvelles en ligne (C-18) qui oblige les géants du Web à rémunérer le partage du contenu des médias.
Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, a présenté jeudi matin le projet de règlement canadien sur l’électricité qui autorise la production d’électricité à partir de gaz naturel.
Le gouvernement de Danielle Smith a suspendu l’approbation de nouveaux projets d’électricité renouvelable pour une période de six mois.
La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, avait accusé le gouvernement de fédéral de bloquer le développement de centrales électriques au gaz naturel, des infrastructures qu’elle juge essentielles aux projets de parcs éoliens et solaires. «Quand le vent ne souffle pas et que le soleil ne brille pas, le gaz naturel vient combler l’écart», expliquait-elle à l’émission radio QR Calgary.
Avec les nouveaux règlements proposés jeudi, l’Alberta pourra produire de l’électricité à partir de gaz naturel, tant qu’elle respecte des normes de performance. Les provinces et territoires ont au minimum 75 jours pour commenter le projet de règlement fédéral.
La ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly et le ministre du Développement international Ahmed Hussen ont annoncé la suspension du soutien direct au gouvernement nigérien samedi, une dizaine de jours après le coup d’État militaire survenu dans ce pays.
Ahmed Hussen, ministre du Développement international.
Toutefois, le gouvernement canadien continue d’envoyer de l’aide en matière de santé, d’éducation, de croissance économique inclusive et d’égalité des genres aux populations les plus pauvres et les plus vulnérables.
Le 26 juillet dernier, un groupe de militaires putschistes a suspendu la Constitution, arrêté le président, fermé les frontières et imposé un couvre-feu à la population. Le chef du groupe, le général Abdourahamane Tiani, s’est autoproclamé chef d’État à la télévision.
Affaires mondiales Canada (AMC) a déclaré mercredi que son Mécanisme de réponse rapide (MRR) a détecté une opération de désinformation visant Michael Chong, député de Wellington-Halton Hills.
Néanmoins, l’analyse du MRR ne permet pas de prouver que la Chine a ordonné l’opération.
Le porte-parole conservateur pour les affaires étrangères a été ciblé sur le réseau social chinois WeChat du 4 au 13 mai 2023, alors que des récits faux ou trompeurs sur l’identité et les antécédents de Michael Chong circulaient.
Selon AMC, rien n’indique une menace pour la sécurité du député ou de sa famille.
Mêlant texte et image, la caricature est à la fois journalistique et artistique, plaisante et irritante. Elle porte en elle l’offensive et la polémique, provoque souvent le rire, parfois la colère.
«Les caricaturistes sont en première ligne face à l’histoire, leurs dessins sont une première lecture des évènements d’actualité, la toute première réaction artistique», estime Dominic Hardy, professeur d’histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal.
Mais cet objet d’humour revendiqué, libre et insoumis, a-t-il une langue? Les caricaturistes canadiens francophones ont-ils la même manière d’aborder la satire que leurs homologues anglophones?
Il y a une relation entre la langue et le dessin. Les références ne sont pas forcément les mêmes, ce qui appelle des types de gags différents auxquels une communauté linguistique va réagir et pas une autre
Autrement dit, comme le comique et l’ironie, la caricature est compréhensible dans le cadre d’une communauté qui en partage les codes symboliques et les attendus idéologiques.
Des traditions satiriques qui s’ignorent
«Les références culturelles se traduisent dans le dessin, poursuit Guy Badeaux, dit Bado, caricaturiste de Francopresse et du journal Le Droit. Je dirais que les anglophones font du cinéma avec des dessins assez fouillés, tandis que les francophones font plus du théâtre avec des images plus sobres, un trait plus économique.»
Dominic Hardy est professeur d’histoire de l’art à l’Université du Québec à Montréal.
Dominic Hardy note un clivage historique dans la manière de faire du dessin satirique entre la presse francophone et anglophone.
«Les traditions satiriques ont toujours été foisonnantes, mais pendant longtemps elles ont semblé s’ignorer. Ça renvoie à l’idée des deux solitudes. Les deux humours ne correspondaient pas», relève l’historien.
«Au fil du temps, les sujets d’actualité communs se sont multipliés entre le Canada anglais et français», ajoute-t-il.
Les journaux francophones en milieu minoritaire comptent peu de caricaturistes. Au Manitoba, Réal Bérard, alias Cayouche, travaille notamment pour La Liberté, tandis qu’au Nouveau-Brunswick, Marcel Boudreau croque pour L’Acadie Nouvelle.
«Il existe une tradition satirique très forte au sein de la Francophonie qui unit les francophones partout au pays», assure néanmoins Ersy Contogouris, professeure au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal.
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«On se bat toujours pour nos idées»
Chaque caricaturiste a également sa propre grammaire visuelle humoristique. «C’est un art de nature plurielle. Il y a autant de styles artistiques que de dessinateurs», confirme Ersy Contogouris.
À ses yeux, l’humour s’inscrit avant tout dans la ligne éditoriale du journal pour lequel travaille le caricaturiste.
Le ton de la satire va dépendre des orientations politiques et idéologiques. Chaque caricaturiste exprime un point de vue différent qui va rejoindre un certain type de public
«Les rédacteurs en chef ont tendance à être plus consensuels, car ils ne veulent pas effrayer les annonceurs. Ils veulent éviter les procès, mais on se bat toujours pour nos idées», souligne Bado.
Vagues de disparition
Les caricaturistes, qu’ils soient francophones ou anglophones, paient le prix fort de la crise de la presse.
«C’est une hécatombe. Le nombre de dessinateurs permanents dans les quotidiens canadiens fond comme neige au soleil», déclare, amer, le caricaturiste Bado. Seul le Québec, où chaque journal a encore son caricaturiste attitré, est épargné par cette tendance.
«Les voix de la caricature semblent de plus en plus diminuées, mais je ne crains pas la disparition du métier, tempère Dominic Hardy. La relève existe, elle s’investit dans des formes de publication alternatives, comme le roman graphique.»
Bado reste, lui, pessimiste sur l’avenir de la profession : «C’est un art d’équilibriste qui ne semble plus susciter de vocations. Il faut à la fois avoir le sens de l’humour, des talents de dessinateur et de journaliste.»
Choisir ses cibles
Quelle que soit leur langue, les dessinateurs de presse doivent tous s’adapter à un espace public bouleversé où les images circulent à la vitesse de la lumière.
Avec les journaux papier, le public était défini et prévisible, mais l’arrivée des réseaux sociaux a mondialisé le métier, explique Ersy Contogouris.
«Chacun a la possibilité d’exprimer ses colères, ses états d’âme et ses indignations. Les caricaturistes ont pris conscience de l’effet de leurs caricatures sur divers publics», constate la chercheuse.
Les flux d’informations mondiaux permettent aux caricatures de voyager en quelques secondes à l’autre bout de la planète, dans un monde qui ignore tout de l’environnement culturel et politique qui les a vues naitre.
«Aujourd’hui, on doit faire plus attention qu’avant aux stéréotypes», corrobore Bado.
L’arme critique doit plus que jamais se conjuguer avec le respect de la dignité, dans une société canadienne pluraliste et multiethnique qui ne partage pas toujours les mêmes repères culturels et religieux.
«À son meilleur, la satire défend l’intérêt public et dégonfle les prétentions du pouvoir», renchérit Dominic Hardy.
Où sont les femmes?
Bado à Francopresse, Cayouche à La Liberté, Jean-Claude Boudreau à L’Acadie Nouvelle, Godin au Devoir ou encore André-Philippe Côté au Soleil… La grande majorité des caricaturistes canadiens sont des hommes.
Selon l’historienne de l’art Ersy Contogouris, la raison est liée aux stéréotypes sur la féminité.
«Pendant très longtemps, la société patriarcale a découragé le rire des femmes. Elles n’avaient soi-disant pas le sens de l’humour, observe la professeure à l’Université de Montréal. La transgression était mal vue chez elles alors que c’est au cœur de la caricature.»
Les femmes n’ont pas voix au chapitre et cela se ressent dans les dessins. «L’humour de certaines caricatures misogynes contribue à banaliser la violence envers les femmes», regrette Ersy Contogouris.
L’OIF : une institution en crise permanente
Créée en 1970 et regroupant aujourd’hui 88 États et gouvernements, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) peine à être cette organisation au service de la coopération multilatérale entre ses parties-membres. Il faut dire que les dés étaient pipés d’avance tant l’OIF a été conçue comme un instrument politique par la France afin de continuer à exercer un certain contrôle sur ses anciennes colonies.
Le Canada n’a jamais réussi à faire contrepoids à Paris dans l’organisation, tout simplement par manque d’intérêt de la part d’autorités fédérales beaucoup plus tournées vers le Commonwealth. Du point de vue institutionnel, il y a une règle non écrite qui veut que l’Administrateur soit canadien. Du coup, Paris se réserve de facto le droit de choisir le Secrétaire général de l’OIF.
Nous avons eu un exemple flagrant avec la nomination en 2018 de l’actuelle secrétaire générale, la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Il s’agissait d’un véritable camouflet pour la francophonie dans la mesure où le Rwanda avait adopté, 10 ans plus tôt, l’anglais comme langue d’enseignement et langue administrative au détriment du français. Mais la France, par ce geste inique, tentait une forme de repentance par rapport à son rôle dans les génocides au Rwanda.
Depuis qu’elle est en poste, Mme Mushikiwabo est régulièrement accusée de gérer l’organisation avec autoritarisme ; il faut dire qu’elle est allée à bonne école avec Paul Kagamé. Et, elle épuise les pauvres administrateurs canadiens qui ne tiennent pas longtemps. Après Catherine Cano et Geoffroi Montpetit, c’est Caroline St-Hilaire qui a pris ces fonctions en mars dernier. Les paris sont ouverts pour savoir combien de mois elle tiendra le coup.
L’OIF est une machine bureaucratique lourde qui sert plus à recaser des copains qui seront grassement payés, qu’à effectivement mettre en œuvre des projets collaboratifs pour le bienêtre des populations francophones de par le monde.
Le seul fait que le Qatar, dont le français ne fait pas partie des langues officielles, ait le statut de membre associé au sein de l’OIF démontre bien toute la vacuité de cette organisation.
Succession de coups d’État conséquents sur la francophonie
En l’espace de deux ans, des colonies françaises, dont la Guinée, le Mali, le Burkina Faso et tout dernièrement le Niger, ont connu des coups d’État qui ont mené à l’arrivée au pouvoir de militaires. Ironie du sort, l’OIF a été créée lors de la Conférence de Niamey, la capitale du Niger désormais aux mains d’un quarteron de généraux.
Si, bien sûr, une des causes de ces bouleversements politiques se trouve dans l’insécurité croissante des populations dans le contexte d’attaques djihadistes dans la région du Sahel, il y a au moins deux autres causes majeures.
La première est l’incapacité de la France de laisser ses anciennes colonies tranquilles et les nombreuses ingérences de Paris dans la vie politique de ces pays. C’est un fait. Le contexte mondial qui fait la part belle à la décolonisation réelle ne pouvait que contribuer au ras le bol généralisé des citoyens face aux politiques françaises d’un autre temps.
La deuxième est l’extraordinaire pouvoir de nuisance de la Russie, qui a bien compris qu’elle avait là une carte maitresse à jouer. Plus elle déstabilise ces pays, plus le flot de réfugiés vers l’Europe augmente. Cela contribue à la croissance des partis d’extrême droite dont la Russie est le grand argentier et la grande amie.
Pour ce faire, Moscou peut bien sûr compter sur ses sbires du groupe Wagner, mais aussi, et surtout, sur sa machine à propagande bien rodée véhiculant inepties et faussetés à tour de bras sur les réseaux sociaux et autres messageries. Et bien sûr, cela fonctionne. L’enfumage marche à fond, y compris parmi les personnes éduquées.
La France n’ayant absolument pas les moyens de ses ambitions, il est désormais acté que son influence sur le continent africain ne pourra que continuer à décliner. En soi, ce n’est pas grave.
En revanche, qui dit déclin de la France en Afrique dit également déclin de la langue française sur le continent. Le nouveau pouvoir au Mali a déjà par exemple fait adopter une nouvelle constitution qui relègue le français au statut de langue de travail et qui a, du même souffle, donné à 13 langues nationales le statut de langue officielle.
Étant donné les effets de contamination dans la région que l’on peut voir, il y a fort à parier que d’autres pays emboitent le pas.
L’avenir de la francophonie internationale s’annonce donc bien morose, et les contrecoups risquent de se faire sentir ici au Canada, et particulièrement au sein des communautés francophones en situation minoritaire.
Notice biographique
Aurélie Lacassagne est politicologue de formation et doyenne des Facultés de sciences humaines et de philosophie de l’Université Saint-Paul à Ottawa. Elle est membre du Comité de gouvernance du Partenariat Voies vers la prospérité.
FRANCOPRESSE : Depuis votre nomination, vous avez beaucoup parlé du Plan d’action pour les langues officielles, mais un peu moins de la Loi qui vient d’être modernisée et des futurs règlements. Quelle est votre priorité dans le processus de règlementation de la nouvelle Loi?
Il faut avoir cette conversation avec les entreprises privées sous juridiction fédérale pour déterminer les zones du pays où il y a une forte présence francophone.
Randy Boissonnault, qui succède à Ginette Petitpas Taylor aux Langues officielles, gère aussi le portefeuille de l’Emploi et du Développement de la main-d’œuvre.
Je suis aussi saisi par cette question d’immigration. J’ai déjà entendu mon collègue Marc Miller dire que l’immigration francophone était pour lui un dossier prioritaire.
J’ai assisté à plusieurs rencontres du Comité des langues officielles quand j’étais le secrétaire parlementaire de Mme Joly [de 2015 à 2017, NDLR]. Les gens nous disaient que c’était impossible d’amener la cible [d’immigration francophone hors Québec] de 2 % à 4,4 %.
Même avec le recul des francophones à travers le pays, on a rebâti le système. On va voir comment aller de l’avant, avec quel pourcentage et de quelle façon. Je vais entamer les discussions avec mes collègues députés et le Comité des langues officielles, mais aussi avec l’équipe du ministre Miller. Ce sont deux dossiers très importants du début de mandat.
Les règlements vont prendre jusqu’à deux ans. Je ne veux pas attendre un an pour lancer le processus, je veux que le ministère commence dès cet automne.
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En plus des Langues officielles, vous êtes aussi ministre de l’Emploi et du Développement de la main-d’œuvre. Le chômage vient d’augmenter pour un troisième mois consécutif au Canada pour s’établir à 5,5 %. Quel est votre plan pour concilier le recul du chômage et la pénurie de main-d’œuvre francophone?
Il y a une légère augmentation du chômage, mais il continue d’y avoir la plus forte participation de main-d’œuvre qu’on a jamais vue.
En ce qui concerne la question des francophones sur le marché du travail, c’est une préoccupation. Je vais travailler sur la reconnaissance des compétences et les microcrédits pour que les gens qui acquièrent des compétences puissent les voir reconnues par les employeurs.
Je sais qu’il y a un écart entre la pénurie de main-d’œuvre et les emplois qui sont disponibles, donc c’est ma tâche avec les provinces et les employeurs de combler ces lacunes et de voir plus de francophones et francophiles sur le marché du travail. Ça, c’est la tâche qui nous demande le plus d’attention cet automne et on va faire le travail ensemble.
Notre économie est restée forte en juillet, et notre taux de chômage reste bas à 5,5%.
— Randy Boissonnault 🏳️🌈 (@R_Boissonnault) August 4, 2023
Nous continuerons à investir dans la formation professionnelle afin que les Canadiens puissent trouver et conserver des emplois bien rémunérés.
En matière d’éducation, devant le refus récent du gouvernement Ford en Ontario de financer l’Université de Sudbury, comment pouvez-vous aider, en tant que nouveau ministre des Langues officielles, à améliorer la situation pour assurer le continuum de l’éducation en français?
Il faut vraiment travailler cet élément du berceau à la berçante, donc des garderies jusqu’au développement de la main-d’œuvre. Le système postsecondaire est donc très important.
Quand on a une déception, comme on a vu avec l’Université de Sudbury, ça nécessite qu’on travaille avec le gouvernement Ford, avec la ministre [Jill Dunlop] pour voir quels sont leurs enjeux et la façon dont ils vont aborder la question.
Dès qu’on trouvera une solution, on va surement être à la table comme gouvernement fédéral, comme on l’a fait avec l’Université de l’Ontario français et avec le Campus St-Jean.
On veut qu’un système postsecondaire robuste en français existe au Canada et nous sommes à la hauteur pour travailler avec le gouvernement Ford afin d’affirmer une présence forte en français dans le Nord de l’Ontario.
Parlons des clauses linguistiques dans les ententes fédérales-provinciales. Elles sont souvent inégales ou floues. Comment pouvez-vous mieux négocier leur place dans les ententes?
C’est une question qu’il va aussi falloir poser à la nouvelle ministre Jenna Sudds [ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, NDLR], qui est responsable de ce dossier. Je vais travailler avec elle sur ce dossier.
Revenons aux francophones. Allez-vous accorder la même écoute à ceux du Québec qu’aux autres francophones du pays?
Moi, je suis un francophone de l’Ouest et je sais à quel point les gens ici ont lutté pour tout ce qu’on a et tout ce que les communautés en situation minoritaire veulent avoir, que ce soit dans l’Ouest, dans le Nord, en Atlantique, en Ontario.
Il y aura toujours des enjeux très spécifiques au Québec. Pour moi, il faut entamer de très bonnes relations avec le gouvernement du Québec et être à l’écoute des communautés francophones et anglophones minoritaires.
Le gouvernement fédéral est conscient et préoccupé par le déclin du français. En ce qui concerne les langues officielles, c’est très important de travailler avec le gouvernement du Québec et aussi avec les communautés anglophones du Québec.
Croyez-vous que les francophonies du Canada sont conciliables? Peuvent-elles s’entendre et peuvent-elles se comprendre?
L’une des meilleures images que j’ai eues dans ma vie remonte à l’époque où j’étais président des Jeux de la francophonie canadienne, en 2008. Nous étions les hôtes, à Edmonton. C’était le 15 aout, en pleine Fête de l’Acadie.
Randy Boissonnault
Les jeunes ont décidé d’eux-mêmes de la célébrer en prenant tous leurs drapeaux francoprovinciaux et territoriaux, et ils se sont mis à défiler en parade. À un moment, ils ont tous sifflé et ont commencé à courir, avec leurs drapeaux panfrancophones. C’est une image que je n’oublierai jamais, avec la joie pure des jeunes des différentes délégations francophones.
Aussi, pendant 11 ans, j’ai été ténor avec la chorale francophone Saint-Jean en Alberta. On a voyagé à travers le pays et le monde. Quand on a chanté à Québec en 2008, il y avait des Québécoises et Québécois en larmes parce qu’ils en ont appris un peu plus sur l’histoire de la francophonie hors du Québec.
Ils ont vu les racines entre le Québec et l’Ouest et ils voulaient juste en savoir plus.
Alors est-ce qu’on peut tisser plus de lien? Absolument. Et lorsque les diverses identités francophones d’un océan à l’autre peuvent s’entendre, [elles] peuvent se réunir pour pérenniser l’avenir facilement.
Selon un sondage d’opinion mené par Angus Reid pour le compte du Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes, 55 % des Canadiens «ne croient pas ou ne savent pas que [la traite des travailleurs migrants] est un problème d’envergure au Canada».
43 % des répondants croient que la traite des travailleurs migrants nécessite le passage irrégulier de travailleurs à travers la frontière. Pourtant, bon nombre de ces personnes arrivent au Canada par des voies légitimes, nuance le Centre dans un communiqué.
Ce manque de sensibilisation générale de la population et le fait que les travailleurs étrangers temporaires eux-mêmes ignorent souvent leurs droits facilitent malheureusement leur exploitation, estime Aziz Froutan, gestionnaire des communications pour le Centre.
Des personnes malveillantes peuvent par exemple saisir leurs pièces d’identité, retenir illégalement une partie de leur salaire ou les loger dans des installations insalubres.
Si 85 % des personnes sondées par Angus Reid sont d’avis que les travailleurs étrangers viennent au Canada pour profiter de meilleures conditions de vie et de travail, plusieurs d’entre eux finissent cependant par devoir «composer avec de fausses promesses et faire face à des abus et de l’intimidation», rapporte le Centre.
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D’après Aziz Froutan, il faut «défaire le mythe selon lequel les travailleurs migrants n’auraient pas les mêmes droits que les Canadiens».
Techniquement parlant, toute personne qui vit sur le territoire canadien a accès aux mêmes droits et libertés
Les différences majeures entre un citoyen et un non-citoyen : le droit de vote et la détention d’un passeport canadien. Seules les personnes ayant la citoyenneté canadienne ont le droit de vote et peuvent détenir un passeport canadien.
Manque d’information
Aziz Froutan note en outre un grave «manque de sensibilisation au sujet du soutien et des services offerts au Canada» pour les travailleurs étrangers temporaires.
«La plupart des travailleurs n’ont pas assez d’information sur leurs droits quand ils arrivent au Canada», remarque-t-il. En juin dernier, le Centre a d’ailleurs lancé une campagne afin de les informer de leurs droits et de leur présenter la ligne d’urgence.
«On a développé des billets d’information dans des endroits fréquentés par les travailleurs migrants, surtout dans des zones rurales où ils travaillent», décrit le gestionnaire.
Le Centre a également noué des partenariats avec des consulats et des ambassades à l’étranger pour y diffuser de l’information, mais celle-ci n’atteint pas à tous coups les personnes visées.
IRCC [Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada] ne partage pas automatiquement et directement avec tous les candidats l’information sur la traite des travailleurs et sur les droits de ces derniers au Canada
Or, d’après des consultations menées par l’organisme auprès de migrants, ces derniers auraient aimé recevoir de tels renseignements avant leur arrivée au Canada.
«Les médias sociaux, en particulier Facebook, étaient leur plateforme en ligne préférée pour obtenir de l’information et se mobiliser», souligne un rapport du Centre publié conjointement avec l’organisme torontois FCJ Refugee Centre.
Une page Web du gouvernement canadien explique les droits des travailleurs étrangers temporaires, mais, comme l’indique Idil Atak, qui a elle-même immigré au Canada, «on est tellement préoccupés par notre statut et la volonté de réussir à nous établir, à nous intégrer, qu’on ne fait pas nécessairement de recherche [sur nos droits]».
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Barrières linguistiques
«On sait bien que la plupart des travailleurs migrants au Canada parlent espagnol. Ils ne maitrisent souvent pas le français ni l’anglais», ajoute Aziz Froutan.
Le rapport Ça se passe ici : L’exploitation des travailleuses et travailleurs migrants pendant la pandémie de covid précise que 38 % des participants à une série de groupes de consultation auprès de travailleurs migrants en Ontario ont déclaré avoir reçu de l’information sur leurs droits à leur arrivée.
Or, cette information leur a été fournie seulement en anglais.
Seulement 14 % des participants ont indiqué avoir reçu de l’information dans leur langue maternelle.
«Si les travailleurs migrants ont besoin d’information sur leurs droits, même s’ils n’ont pas un problème en particulier, ils peuvent composer le 1-800-339-1010 pour parler avec des personnes bien renseignées sur le droit du travail au Canada et en mesure de leur répondre dans leur langue ou de les mettre en relation avec quelqu’un qui parle leur langue», tient à souligner Aziz Froutan.
De la pop aux couleurs folk
Pochette de l’album Rien qu’un animal
Jeune auteur-compositeur-interprète montréalais, Matt Stern présente son premier opus Rien qu’un animal. L’artiste francophone, désormais installé à Victoria en Colombie-Britannique, nous invite dans son univers intimiste et funky. Il nous captive de plage en plage par des orchestrations tout à fait remarquables.
Avec une fluidité mélodique, Matt Stern propose des musiques pop aux couleurs folk et funky. Tout au long de l’album, le musicien a peaufiné des partitions de cordes et de cuivres qui viennent appuyer des refrains accrocheurs.
Des morceaux comme Ne me dis pas, T’es magique et C’est la faute de personne sont des univers irrésistibles. Le blues Rien qu’un animal est l’un des plus beaux textes du disque.
Pour ce soir, une petite fraicheur au ukulélé tout à fait magique, nous décroche un certain sourire. Berceuse nous offre un autre moment de tendresse. La pièce Une autre chance termine cet opus sur un air funky fort agréable.
Une autre tempête folklorique
Pochette de l’album Tempête.
La formation de musique traditionnelle québécoise Le Diable à Cinq a lancé au printemps un troisième opus, Tempête. Le groupe est originaire du village de Ripon dans la région de l’Outaouais.
Ce nouvel album comprend dix pièces, écrites et composées par les cinq membres de la formation : les jumeaux Félix et Samuel Sabourin, leur frère Éloi Gagnon Sabourin, leur cousin André-Michel Dambremont et un ami du nom de Rémi Pagé.
Les textes, bien écrits, sont profonds et engagés. Les chœurs font preuve d’harmonies vocales fort intéressantes. La podorythmie captivante guide des orchestrations solides. Le disque à l’univers folklorique entrainant est un produit riche et intimiste.
Richer #44 est un hommage à Stéphane Richer, ancien membre du club de hockey des Canadiens de Montréal. Le Diable à cinq salue également la légende Jos Montferrant, grand bâtisseur de la région de l’Outaouais. Le quintette nous offre une belle ballade touchante, Le dernier pétale, un texte profond sur le cycle de la vie.
Souvenir d’harmonies
Pochette de l’album De la rivière à la mer.
En attendant le prochain album de Geneviève et Alain, je vous invite à vous laisser bercer par de beaux souvenirs. Le duo nous offrait un peu de tendresse avec son deuxième opus De la rivière à la mer, belle suite au premier disque On est les deux.
Leur univers folk est une véritable oasis musicale. On ressent et on entend l’union de deux plumes en parfaite harmonie. Les superbes textes parlent d’écoute, d’accompagnement, du besoin d’une âme sœur.
Le réalisateur Carl Bastien a ajouté un peu de pedal steel et de claviers pour peaufiner un produit déjà proche de la perfection.
Il y a quelques pièces qui m’ont beaucoup touché par la profondeur de leurs émotions. Des nouvelles de toi est selon moi le plus beau texte de l’album. Sur une trame country folk, les paroles évoquent l’écoute, le soutien et l’accompagnement, des gestes qui se perdent de plus en plus à l’ère des médias sociaux.
Pour une variation sur les mêmes thèmes, Solitude est une berceuse pour l’âme. Sans que…, trame folk un peu à la Fleetwood Mac, est un autre excellent texte sur la routine par rapport au moment présent.
Geneviève nous pose une question existentielle de façon vraiment charmante avec l’excellent extrait, Qui je suis. Le duo d’Ottawa nous offre également deux petits instrumentaux, Rivages et Moonbeam.
Marc Lalonde, dit Lalonde des ondes, est chroniqueur musical depuis plus de 25 ans au sein de la francophonie musicale canadienne et animateur de l’émission radiophonique Can-Rock. Il se fait un malin plaisir de partager cette richesse dans 16 stations de radio à travers le pays chaque semaine.
Plus sur la francophonie
En début de semaine, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a déposé une plainte formelle auprès de l’ombudsman provincial contre le gouvernement de l’Ontario, pour protester contre le refus de ce dernier de financer l’Université de Sudbury.
L’AFO accuse le gouvernement de violer la Loi sur les services en français de la province, qui désigne l’établissement et l’oblige à offrir des programmes de premier cycle en français.
Le 30 juin, le gouvernement ontarien a annoncé son refus d’investir dans un troisième établissement francophone en Ontario. Le ministère des Collèges et Universités, qui a refusé de rencontrer l’AFO, a justifié sa décision en raison du petit nombre d’étudiants à l’Université de l’Ontario français et à l’Université de Hearst.
Édith Dumont (en photo) remplace Elizabeth Dowdeswell au poste de lieutenante-gouverneure sortante, qui était en fonction depuis 2014.
Édith Dumont devient la première Franco-Ontarienne à être nommée à ce poste. Le bureau du premier ministre Trudeau en a fait l’annonce jeudi matin, par voie de communiqué.
La nouvelle lieutenante-gouverneure a mené toute sa carrière dans le milieu de l’éducation. Orthopédagogue de formation, elle a été la première femme à diriger le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario.
Récemment, elle a également été vice-rectrice du service Partenariats, collectivités et relations internationales de l’Université de l’Ontario français, à Toronto.
Blocage des nouvelles par Meta, critiques et séparation des Trudeau
L’opération a débuté mardi. Pour protester contre la Loi sur les nouvelles en lignes, qui a reçu la sanction royale fin juin, Meta a commencé à bloquer l’accès aux contenus médiatiques aux Canadiens sur Facebook et Instagram.
Les utilisateurs de ces réseaux sociaux au Canada ne pourront ni accéder aux nouvelles sur leurs profils ni partager des liens provenant de médias.
Le blocage affecte également les médias étrangers. Autrement dit, les utilisateurs canadiens ne pourront plus voir de contenus provenant de médias sur les plateformes.
Google menace d’en faire autant lorsque la loi entrera officiellement en vigueur, en décembre prochain.
Pierre Poilievre a profité d’une conférence de presse sur le cout de la vie et le logement pour condamner son adversaire politique qu’il considère comme «responsable» du blocage des nouvelles par Meta.
Dans un point de presse tenu à Ottawa mardi, le chef de l’opposition a qualifié d’«inacceptable» la décision de Meta de bloquer l’accès des Canadiens aux contenus des médias sur ses plateformes.
«Je trouve incroyable que dans une démocratie, le premier ministre ait adopté une loi pour faire disparaitre les nouvelles d’internet. On penserait qu’on est en Corée du Nord. Ce n’est pas la démocratie […]. C’est la conséquence des projets de loi de censure qu’a adoptés Justin Trudeau […]»
La grande cheffe de l’Assemblée des Chefs du Manitoba (ACM), Cathy Merrick, a réclamé dimanche une rencontre avec le nouveau ministre des Relations Couronne-Autochtones, Gary Anandasangaree.
L’Assemblée des Chefs du Manitoba (ACM) attend une réponse du nouveau ministre, Gary Anandasangaree (à gauche), sur un possible financement fédéral pour reprendre les recherches des corps de femmes autochtones dans une décharge au Manitoba. Son prédécesseur, Marc Miller (à droite), s’était montré ouvert à un financement fédéral.
Elle demande un financement fédéral pour poursuivre les recherches des corps d’au moins deux femmes autochtones dans le dépotoir de Prairie Green, au nord de Winnipeg.
Le gouvernement du Manitoba avait refusé de financer les fouilles au début juillet par crainte que les déchets toxiques de la décharge ne portent atteinte à la santé et à la sécurité humaines. La province s’était ensuite tournée vers le gouvernement fédéral.
L’ex-ministre Couronne-Autochtones, Marc Miller, avait démontré une ouverture pour financer les recherches, après avoir demandé la collaboration de la province et qualifié la décision de la première ministre manitobaine de «sans cœur».
De son côté, l’ACM avait fixé un ultimatum au 31 juillet. Pour le moment, le gouvernement fédéral n’a pas encore rendu de décision.
L’absence de Sophie Grégoire avait été observée lors du remaniement du 27 juillet.
Ce n’est pas un titre de mauvaise série, mais la réalité du couple formé par Justin Trudeau et sa Sophie Grégoire. Ils ont fait part de leur séparation par voie de communiqué et sur leurs réseaux sociaux respectifs, mercredi.
Le bureau du premier ministre a assuré, dans un courriel aux journalistes, que «Sophie et le premier ministre se concentrent sur l’épanouissement de leurs enfants dans un environnement aimant et collaboratif.»
«Les deux parents seront constamment présents dans la vie de leurs enfants et les Canadiens peuvent s’attendre à voir régulièrement la famille ensemble», peut-on encore lire dans le courriel.
Sophie Grégoire sera libérée de ses obligations de représentation officielle du Canada, de voyages officiels et n’aura plus accès à tous les types de ressources que leur union impliquait. Le couple a trois enfants.