le Mardi 23 juillet 2024
le Vendredi 21 juin 2024 6:30 Politique

Feuilleton de la Colline – Semaine du 17 juin 2024

Pourquoi faire confiance à Francopresse.
La session parlementaire au fédéral se termine sur une note amère pour les institutions fédérales, qui peinent à respecter leurs obligations linguistiques.  — Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse
La session parlementaire au fédéral se termine sur une note amère pour les institutions fédérales, qui peinent à respecter leurs obligations linguistiques.
Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse
FRANCOPRESSE – En cette dernière semaine de session parlementaire, un rapport peu reluisant sur les langues officielles au fédéral, Postes Canada critiquée sur une question de langue, un navire et des caribous sèment la controverse et un député de la Nouvelle-Écosse démissionne.
Feuilleton de la Colline – Semaine du 17 juin 2024
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Anita Anand dit qu’elle déposera un projet de règlement de la nouvelle Loi sur les langues officielles au début de l’année 2025. 

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Plus sur la francophonie

  • Une situation qui s’est empirée

Dans son rapport annuel sur les langues officielles 2022-2023, le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada (SCT) dresse un bilan plutôt négatif du respect des obligations linguistiques des institutions fédérales.

Des reculs en la matière ont été observés par rapport aux années précédentes, et les améliorations qui apparaissent sont généralement timides.

En mêlée de presse mardi, la présidente du SCT, Anita Anand, a soutenu que «ce n’est pas une situation qu’on peut améliorer aujourd’hui». 

Dans le rapport, on demande notamment aux cadres supérieurs des institutions fédérales de faire preuve de «leadeurship».

À lire aussi : Langues officielles : des reculs inquiétants dans les institutions fédérales

Jean-Yves Duclos rappelle les obligations linguistiques de Postes Canada. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse
  • Postes Canada critiquée

Le Journal de Montréal a rapporté mardi que Postes Canada n’exige pas la connaissance du français dans des offres d’emplois au Québec.

Des employés se sont confiés au Journal, sous couvert d’anonymat. Ils ont déploré le fait que le français «n’est plus obligatoire» et que «c’est bourré d’unilingues anglais».

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Postes Canada, félicitée à deux reprises cette semaine dans le rapport du SCT pour «pratiques exemplaires», se fait critiquer pour ses manquements linguistiques.

Entre 2006 et 2013, c’était la troisième institution fédérale ayant accumulé le plus de plaintes concernant des écarts à la Loi sur les langues officielles, selon un rapport du Commissaire aux langues officielles.

«Postes Canada a deux obligations. La première est de respecter la Loi sur les langues officielles du gouvernement. La deuxième est de s’assurer qu’au Québec, la langue de travail est le français», a déclaré le ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Jean-Yves Duclos, en mêlée de presse mercredi.

Le ministre a assuré qu’il tiendra une réunion avec le PDG de l’institution prochainement pour lui rappeler ses obligations linguistiques partout au pays.

Accompagné des députés Alain Therrien et Claude DeBellefeuille, Yves-François Blanchet dénonce l’«hostilité» de certains députés libéraux à l’endroit du français. 

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  • Bilan du Bloc québécois

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a fait son bilan de fin de session mercredi.

Questionné sur l’état de la relation entre les élus québécois et les élus francophones de l’extérieur du Québec après une session d’échanges tumultueux sur la défense du français, propulsés par l’affaire des témoins «pleins de marde» impliquant le député libéral franco-ontarien Francis Drouin, il a accusé les libéraux de nuire au français.

Ces derniers ont soutenu Francis Drouin, malgré le fait que celui-ci ait insulté des témoins lors d’une réunion de comité, a rappelé M. Blanchet.

Selon lui, cette situation est révélatrice de «qui sont les libéraux en matière de langue française». 

«On va dire ce qui va protéger nos appuis électoraux. Dans la vraie vie, on fait partie de cette mouvance qui existe depuis la Conquête : tranquillement pas vite, les francophones devraient cesser de l’être et devraient devenir cette espèce supérieure qui, bien sûr, parle d’abord et exclusivement anglais.»

À lire aussi : Période de questions animée sur la francophonie canadienne

Selon Bill Blair, le navire amarré à La Havane fait partie de la «présence» et de la «capacité» navale du Canada dans les Amériques. 

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Des navires, des caribous, un au revoir 

  • Une histoire de navires

La présence du navire canadien Margaret Brooke dans un port de Cuba a fait réagir en début de semaine.

Le bateau était accosté à La Havane le 14 juin en même temps que des navires russes. Cuba soutenant la Russie de Vladimir Poutine, la controverse n’a pas tardé à démarrer.

Sur X, le chef conservateur Pierre Poilievre a accusé le premier ministre d’être «imprudent, radical et dangereux», à la suite d’une entrevue à la télé de la CBC lors de laquelle la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a répondu ne pas être au courant de l’affaire.

«Alors que nos troupes sont privées de ressources, M. Trudeau dépense le budget de la défense pour envoyer un navire de la marine canadienne à Cuba, aux côtés de la marine russe, afin d’honorer le gouvernement communiste brutal de Cuba, prouvant ainsi qu’il ne plaisantait pas lorsqu’il a déclaré admirer les dictatures communistes», a-t-il écrit.

Lundi, en conférence de presse, le ministre de la Défense, Bill Blair, a déclaré que le déploiement du navire était planifié et que le gouvernement était conscient de la présence d’une flottille russe.

«Le déploiement de ces navires et avions envoie un message très clair : le Canada dispose d’une armée compétente et prête à être déployée, et nous n’hésiterons pas à faire ce qui est nécessaire pour protéger nos intérêts nationaux», a-t-il expliqué.

Steven Guilbeault s’inquiète pour la protection du caribou au Québec. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse
  • Des caribous au cœur d’une chicane

Les caribous du Québec ont beaucoup fait parler d’eux sur la Colline après que le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, a annoncé de potentielles mesures de protection imposées par son gouvernement.

Sur sa recommandation, Ottawa entamera les démarches pour mettre en place un décret d’urgence. «Le Québec ne nous a pas donné un choix, mais il n’est pas trop tard», a déclaré le ministre en mêlée de presse mercredi.

Trois hardes de caribous forestiers le préoccupent particulièrement, soit celles de Val-d’Or, de Charlevoix et du Pipmuacan. 

Dans une déclaration, Environnement et Changement climatique Canada pointe entre autres du doigt l’exploitation forestière qui menace l’habitat du caribou.

Le ministre québécois de l’Environnement, Benoit Charrette, a de son côté déploré «l’acharnement du gouvernement fédéral à l’égard du Québec dans ce dossier». Il a également mis en garde que des emplois sont en jeu.

À lire aussi : Chasser le loup pour protéger le caribou (IJL – Réseau.Presse – Le Nunavoix)

  • Démission chez les libéraux

Le député libéral Andy Fillmore a annoncé lundi sa démission. Le représentant fédéral de Halifax ne reviendra pas en Chambre des communes à l’automne. 

Le politicien se lance dans une nouvelle aventure. Selon Radio-Canada, il devrait se présenter à la mairie d’Halifax lors des prochaines élections municipales, prévues en octobre prochain. 

«Il y a encore du travail à faire à Halifax, et j’ai l’intention d’y veiller», a-t-il déclaré, debout pour sa dernière allocution en Chambre, lundi.

Élu pour la première fois en 2015, il a été secrétaire parlementaire des ministres des Institutions démocratiques, du Patrimoine canadien, de l’Infrastructure et de l’Industrie.

À lire aussi : La tragique collision du port d’Halifax

Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Marianne Dépelteau

Journaliste

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