le Mercredi 7 octobre 2026
le Mercredi 7 octobre 2026 5:05 Francophonie

La communauté franco-nunavoise veut sa Maison de la francophonie

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Une cinquantaine de personnes ont participé en personne et en ligne à l’assemblée générale annuelle de l’Association des francophones du Nunavut.  — Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix
Une cinquantaine de personnes ont participé en personne et en ligne à l’assemblée générale annuelle de l’Association des francophones du Nunavut.
Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix

FRANCOPRESSE – Après une année de croissance record en 2024-2025, l’Association des francophones du Nunavut (AFN) regarde vers l’avenir; surtout la possibilité de construire un nouveau chez soi mieux adapté à ses besoins grandissants.

La communauté franco-nunavoise veut sa Maison de la francophonie
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Résumé en cinq points

  • L’AFN a tenu son assemblée générale annuelle de l’AFN, le 29 septembre.
  • L’AFN recherche activement du financement pour un édifice multifonctionnel avec bureaux, salles, garderie et logements.
  • Le Franco-Centre actuel date de la Seconde Guerre mondiale et son état ne permet pas d’envisager un agrandissement.
  • La Clinique d’aide juridique et d’aide à la déclaration d’impôt a connu une hausse de 102  % du nombre de bénéficiaires.
  • L’AFN termine l’année avec un léger surplus de près de 3000 $ sur un budget de 3,3 millions de dollars.

Le projet d’une Maison de la francophonie à Iqaluit a été abordé à plus d’une reprise lors de l’assemblée générale annuelle de l’AFN, le 29 septembre. Le retour sur l’exercice 2025-2026 a aussi été l’occasion de parler de ce qui s’en vient.

L’Association «recherche activement» du financement pour la construction d’un nouvel édifice multifonctionnel. Il contiendrait des bureaux, des salles de réunion, des salles pour des évènements, une garderie, mais aussi des logements pour augmenter l’offre dans la ville où la pénurie empêche des personnes embauchées de venir travailler.

«On dépense beaucoup dans l’entretien [de l’actuel Franco-Centre] et nos employés sont tellement à l’étroit», souligne le président du conseil d’administration de l’AFN, Goump Djalogue, lors de l’assemblée.

Le bâtiment qui abrite le Franco-Centre a été construit il y a plus de 80 ans. 

Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix

Un bâtiment qui date de la Seconde guerre mondiale

En entrevue avec Francopresse le lendemain, le directeur général, Christian Ouaka, explique que le bâtiment qui abrite le Franco-Centre date de la Seconde Guerre mondiale et que son état ne permet pas d’envisager un agrandissement.

«Nous avons lancé un nouveau projet de construction d’une Maison de la francophonie. Nous avons fait plusieurs études qui ont prouvé la faisabilité du projet et ont évalué certains couts.»

D’ailleurs, le 2 octobre, l’AFN a publié un appel d’offres pour obtenir un plan d’affaires, des dessins architecturaux préliminaires et une estimation des couts de construction et d’opération qui tiennent compte de la réalité d’Iqaluit.

Avec les investissements en défense annoncés dans le nord du Canada par le gouvernement fédéral, la population d’Iqaluit est appelée à augmenter, y compris le nombre de francophones, donc les besoins de l’AFN également, souligne Christian Ouaka.

Tout ce qui manque pour l’instant, c’est une réponse favorable des gouvernements. La conjoncture politique est favorable, croit Goump Djalogue, en raison de l’importance que prend la francophonie comme caractéristique distinctive du Canada.

Ce climat favorable à la francophonie donnera également l’occasion à l’AFN de poursuivre ses revendications pour que les paliers de gouvernement respectent davantage la Loi sur les langues officielles du Nunavut – qui inclut le français.

Les communications des instances gouvernementales ne sont pas toujours traduites, rapporte Goump Djalogue. «Certains organismes considèrent la traduction en français de certaines communications comme facultative.»

«Au Nunavut, il n’y a pas d’espace disponible même pour envisager une location ou un rachat», explique Christian Ouaka pour justifier la construction d’une Maison de la francophonie à Iqaluit. 

Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix

Nouveaux services en demande

Ouverte l’année précédente, la Clinique d’aide juridique et d’aide à la déclaration d’impôt de l’AFN a connu du succès en 2025-2026 avec une augmentation des 102 % du nombre de bénéficiaires, peut-on lire dans le rapport annuel. Une montée tout aussi importante est attendue pour l’année en cours.

Pour Christian Ouaka, ce succès démontre «la pertinence de l’offre de service de proximité en français».

Lors de l’assemblée générale annuelle précédente, l’intégration du Théâtre Uiviit dans l’AFN avait dominé les discussions. Christian Ouaka indique que la transition s’est poursuivie et que le Théâtre est maintenant «l’entité de présentation des activités culturelles» de l’Association.

Les membres ont exprimé leur désir que le Théâtre Uiviit soit encore plus actif dans l’organisation et la pérennisation de la vie culturelle francophone du territoire. «On essaie de travailler là-dessus», assure Christian Ouaka, mais le financement disponible pour ce genre d’activités est plus rare.

À lire aussi : Francophonie au Nunavut : croissance record de l’AFN et dissolution du Théâtre Uiviit

Santé financière

La multiplication des projets et des services a aussi apporté du financement supplémentaire. L’AFN termine l’année avec un léger surplus de près de 3 000 $ sur son budget de 3,3 millions de dollars et une réserve de plus de 500 000 $.

Le poste de dépense le plus important demeure les salaires, ceux des consultants et des honoraires professionnels ont connu les plus fortes augmentations. Dans le cas des consultants, les frais sont passés de 683 000 $ en 2024-2025 à 839 000 $ en 2025-2026.

Christian Ouaka a expliqué à l’assemblée que la nature des projets financés par les subventions exigeait de faire déplacer des spécialistes, ce qui entraine une augmentation des couts. La taille de l’organisme a également fait monter les frais de tenus de livre.

Du côté des revenus autonomes, la vente de services est passée de 204 000 $ à 177 000 $. Cette diminution est principalement attribuable à la baisse des achats de publicités dans les médias qui font partie de l’offre de services de l’AFN : le journal Le Nunavoix et la radio CFRT 107.3 FM. «Le gouvernement du Nunavut a fait des coupures cette année», justifie Christian Ouaka.

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«Une chose qui manque c’est un service d’accueil», dit Goumpe Djalogue (à droite). Un service qui guiderait les francophones qui arrivent à Iqaluit et qui les dirigerait vers les services dont ils ont besoin. «Nous travaillons d’arrachepied avec le gouvernement du Nunavut.». 

Photo : Gwendoline Le Bomin – Le Nunavoix

«Vivre ensemble»

Les discussions entamées l’année précédente avec Nunavut Tunngavik Inc. (NTI) ont peu avancées en raison de changements à la gouvernance de l’association de représentation inuite. Goump Djalogue affirme que le désir de collaborer est toujours présent et que les discussions, qui n’ont jamais totalement cessé, reprendront.

L’objectif est de créer davantage de collaboration entre les communautés inuite et francophone pour «construire un vivre ensemble» et défendre les langues officielles.

«Nul ne peut refuser d’admettre que, de temps à autre, il y a des questions d’harmonie entre les deux communautés et c’est ensemble que […] nous allons éliminer certaines des distances», a expliqué Goump Djalogue lors de l’assemblée générale.

Christian Ouaka confirme en entrevue que des questions sur la présence du français au Nunavut peuvent parfois être exprimées dans la communauté inuite, mais elles ne sont pas la norme. Au contraire, il croit que les deux communautés «ont beaucoup plus de similitudes» qu’on ne le pense.

La défense des langues, la promotion et la pérennité des deux cultures sont des exemples. «Il faut travailler ensemble pour atteindre nos objectifs.»

Une participante a rappelé qu’il n’y avait toujours pas de représentation inuite francophone au sein de l’AFN et que le besoin de tisser des liens était soulevé depuis plusieurs années.

L’assemblée a également suggéré de mieux cerner ce que l’AFN considère être la définition d’une personne francophone.

À lire aussi : L’identité francophone est-elle plus qu’une langue parlée?

Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par un journaliste sans l’aide d’outils de l’intelligence artificielle.
Le résumé et la FAQ ont été rédigés par un outil d’intelligence artificielle à partir du texte et révisés par le journaliste.

Données de parution:

Sudbury

Julien Cayouette

Rédacteur en chef

Adresse électronique:

FAQ

Pourquoi l’AFN veut-elle construire une Maison de la francophonie à Iqaluit?

L’AFN affirme que l’actuel Franco-Centre coute cher en entretien et que ses employés y sont à l’étroit. Le bâtiment date de la Seconde Guerre mondiale et son état ne permet pas d’envisager un agrandissement.

Quels services seraient regroupés dans le nouvel édifice?

Le projet prévoit un édifice multifonctionnel avec des bureaux, des salles de réunion et des salles pour des évènements. Il inclurait aussi une garderie et des logements afin d’augmenter l’offre à Iqaluit.

Où en est le financement du projet?

L’Association «recherche activement» du financement pour la construction du nouvel édifice. Ce qui manque pour l’instant est une réponse favorable des gouvernements.

Quelles démarches concrètes ont été lancées par l’AFN?

Le 2 octobre, l’AFN a publié un appel d’offres pour obtenir un plan d’affaires. Elle veut aussi des dessins architecturaux préliminaires et une estimation des couts de construction et d’opération adaptés à Iqaluit.

Quels autres dossiers ont été discutés à l’assemblée générale annuelle?

L’AFN a présenté la croissance de sa Clinique d’aide juridique et d’aide à la déclaration d’impôt. Les discussions ont aussi porté sur le Théâtre Uiviit, la santé financière de l’organisme et les liens avec Nunavut Tunngavik Inc.

Quelle est la situation financière de l’AFN?

L’AFN termine l’année avec un léger surplus de près de 3 000 $ sur un budget de 3,3 millions de dollars. L’organisme dispose aussi d’une réserve de plus de 500 000 $.