le Lundi 25 mai 2026
le Lundi 25 mai 2026 5:00 Francophonie

Du papier au numérique : comment sauver les archives des journaux francophones?

Pourquoi faire confiance à Francopresse.
Des copies papier d’anciens journaux francophones existent encore, mais elles ne sont pas toujours bien organisées. Le Moniteur acadien a reçu des exemplaires des éditions du tournant du 20e siècle au siège social de Radio Beauséjour, à Shediac, au Nouveau-Brunswick.  — Photo : Serge Dupuis
Des copies papier d’anciens journaux francophones existent encore, mais elles ne sont pas toujours bien organisées. Le Moniteur acadien a reçu des exemplaires des éditions du tournant du 20e siècle au siège social de Radio Beauséjour, à Shediac, au Nouveau-Brunswick.
Photo : Serge Dupuis

FRANCOPRESSE – Une mine d’or de renseignements historiques est présentement difficile d’accès : les anciennes éditions de plusieurs journaux de la francophonie canadienne. L’historien Serge Dupuis a exploré les possibilités pour créer des archives numériques.

Du papier au numérique : comment sauver les archives des journaux francophones?
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«Pris dans leur ensemble, ces millions d’articles constituent une source unique pour comprendre l’évolution des collectivités francophones», écrit Serge Dupuis dans le rapport Les journaux franco-canadiens : États des collections et candidats à l’océrisation*.

Dans ses recherches, l’historien consultant et membre associé de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française (CEFAN) de l’Université Laval a constaté qu’il y a une grande disparité dans les collections actuelles.

Certains anciens journaux ont bien été archivés en format numérique avec des outils performants qui permettent de faire de la recherche. Pour la majorité – incluant la plupart des journaux encore actifs de la francophonie canadienne –, les collections numériques sont éparpillées, incomplètes, mal indexées ou à risque d’être perdues.

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Qu’est-ce que l’océrisation?

L’océrisation est un mot dérivé de l’acronyme anglais OCR, pour «Optical character recognition», ou reconnaissance optique de caractères.

Une fois qu’un document physique est numérisé, un logiciel d’océrisation est utilisé pour reconnaitre le texte qu’il contient. Cette analyse permet ensuite de copier le texte ou de l’indexer pour les moteurs de recherche et l’archivage.

Un atout pour la recherche

Plus de 150 journaux francophones ont vu le jour en Amérique du Nord au cours des 200 dernières années. La grande majorité a disparu, une trentaine sont toujours actifs dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada.

Ces journaux ont été les témoins des évènements, des revendications et des interactions des francophonies minoritaires.

Autrement dit, l’océrisation des journaux franco-canadiens s’avère essentielle pour favoriser la découvrabilité du patrimoine écrit franco-canadien à l’ère numérique, mais aussi pour créer une relève en recherche chez les jeunes générations

— Rapport : Les journaux franco-canadiens : États des collections et candidats à l’océrisation

À travers des entrevues avec des chercheurs et un sondage, Serge Dupuis a constaté que l’accès difficile aux archives des journaux francophones du Canada décourageait des recherches sur la francophonie canadienne.

Celles et ceux qui se lancent abandonnent souvent devant l’ampleur de la tâche : fouiller pendant des mois dans des piles de journaux non indexés. Les plus jeunes se tournent vers d’autres sujets, européens ou concernant les États-Unis.

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Plusieurs gestionnaires de journaux francophones ont exprimé à Serge Dupuis leur frustration de ne pas pouvoir répondre à toutes les requêtes du public concernant leurs archives et être handicapés par le manque d’adaptation technologique. 

Photo : Courtoisie – Archives Francopresse

Passer par le Québec

Deux visions existent pour l’archivage des journaux. Du côté anglophone, les entreprises privées ont créé leurs archives numériques et les gardent derrière des murs payants. Du côté du Québec, le patrimoine écrit est davantage associé au domaine public. «Les journaux franco-canadiens se trouvent dans l’angle mort des deux modèles», écrit Serge Dupuis.

La planche de salut serait du côté de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Celle-ci détient déjà les archives de quelques journaux francophones non québécois et a l’expertise pour procéder à l’océrisation de ces titres.

L’opération fait tout de même face à plusieurs obstacles. Le premier : le cout. Selon les calculs de Serge Dupuis, la facture s’élèverait à 48 000 $ pour océriser la totalité des publications d’un journal hebdomadaire qui existe depuis 50 ans et qui compte en moyenne 24 pages par édition. Des sources de financements devraient donc être dénichées.

De plus, la BAnQ requiert des collections complètes en bon état. L’institution est également déjà occupée avec d’autres projets.

Cependant, parmi les journaux actifs avec qui Serge Dupuis a échangé, une vingtaine ont déjà des archives numériques, mais sont insatisfaits dans leur diffusion. Ils sont ouverts à un transfert à la BAnQ. L’opération serait peu couteuse et atteindrait les objectifs du Plan d’action 2025-2028 de la Politique québécoise en matière de francophonie canadienne pour la Bibliothèque nationale – la section de BAnQ qui conserve l’ensemble de l’édition québécoise et assure la mise en valeur de ses collections patrimoniales.

«Le rapport permet de mieux comprendre les besoins, les réalités très différentes d’un média à l’autre et les enjeux techniques ou financiers qui freinent l’accès à cette mémoire collective. Ça confirme aussi à quel point ces archives sont importantes, non seulement pour les équipes de recherche, mais pour les communautés francophones elles-mêmes», dit Maryne Dumaine. 

Photo : Christian Kuntz

Passer à l’action

La présidente de Réseau.Presse, Maryne Dumaine, indique que le rapport donne un bon point de départ pour la suite. «On savait qu’il y avait des défis liés à l’océrisation et à l’accessibilité des archives, mais là, on mesure mieux l’ampleur du travail à faire, autant au niveau de la préservation que de la diffusion.»

Le rapport fournit un point de départ pour passer à l’action, «identifier des priorités et voir quelles démarches sont les plus réalistes à court et moyen terme».

Les institutions patrimoniales, les milieux de recherche, les organismes nationaux, les gouvernements et les médias pourraient être mis à contribution dans la recherche de solutions concrètes.

«L’objectif à long terme, c’est vraiment de mieux préserver la mémoire de la presse franco-canadienne et de la rendre plus accessible aux communautés, aux équipes de recherche et au grand public.»

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* Le projet encadrant la recherche et le rapport a été géré par Réseau.Presse, l’éditeur de Francopresse.

Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par un/ journaliste sans l’aide d’outils de l’intelligence artificielle.

Données de parution:

Sudbury

Julien Cayouette

Rédacteur en chef

Adresse électronique: