La Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) tire ces grandes conclusions dans les Actes du premier Sommet pancanadien sur l’éducation artistique. Le document publié à la fin juin revient sur les moments forts de la rencontre tenue à Ottawa les 12 et 13 mars 2026, qui a rassemblé 282 personnes participantes.
Ce Sommet a entre autres été l’occasion de souligner que les preuves tangibles s’accumulent concernant le rôle fondamental de l’éducation artistique dans le développement des jeunes.
La démonstration a été faite en partie par le directeur du Centre pour la recherche et l’innovation dans l’enseignement de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), Stéphan Vincent-Lancrin.
Les recherches de l’organisation internationale ont permis de montrer que les diplômés et diplômées en art sont les deuxièmes plus grands contributeurs à l’innovation sur le marché du travail, juste après ceux et celles en ingénierie. «Il est beaucoup plus facile de développer l’esprit critique avec les arts qu’avec les mathématiques», a illustré Stéphan Vincent-Lancrin.
Les travaux de l’OCDE et de l’Organisation des Nations unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) «montrent que l’éducation artistique a des répercussions positives sur la pensée critique, le pouvoir d’agir, l’autorégulation, l’expression de soi, la communication, l’empathie, l’appréciation de la diversité, l’inclusion et la joie», peut-on lire dans le document.
Diversifier les sources francophones
En francophonie minoritaire canadienne, l’éducation artistique joue aussi un rôle dans la construction identitaire et dans la passation de la culture francophone. Le corps enseignant et la direction jouent un rôle de leadeurship dans ces domaines, rappelle le rapport.
Les jeunes qui représentaient les diverses provinces et territoires du Canada ont d’ailleurs souligné pendant le Sommet que les activités parascolaires artistiques sont souvent plus porteuses pour le développement identitaire que l’éducation en classe.
De plus, ils et elles ont indiqué que les grands évènements francophones permettent d’aller à la rencontre d’autres jeunes francophones provenant d’horizons variés.
Du côté du personnel enseignant, l’intégration d’un nombre grandissant d’enseignantes et d’enseignants issus de l’immigration francophone offre une occasion en or de diversification des expériences. Mettre à contribution leurs bagages culturels, et peut-être aussi ceux des familles des élèves, permettrait d’ouvrir davantage les esprits à la différence et de mieux représenter tous les élèves de la classe dans l’enseignement.
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La place de la philosophie autochtone
Le Sommet a aussi donné la parole à des éducateurs et éducatrices autochtones, qui ont apporté leur perspective de l’enseignement des arts. Une philosophie qui intègre davantage la nature et les principes de circularité.
Ces intervenants ont souligné que les méthodes d’enseignement occidentales – qui ont un début et une fin avec un résultat à évaluer – n’étaient pas les seules valables.
«La pensée et l’apprentissage circulaire nous disent qu’il n’y a jamais de fin et qu’on va toujours approfondir» ses connaissances, a expliqué Bonnie Lépine Antoine, membre de la nation wendate aux racines Michif et directrice de la Réconciliation et de l’Éducation autochtone au Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique. Cette façon de faire les choses permet aussi de reconnaitre que la pédagogie peut prendre plusieurs formes.
Les intervenants se sont également faits rassurants sur les craintes d’appropriation culturelle soulevées par des participants. Il n’est pas interdit de pratiquer des formes d’arts autochtones pour les apprécier personnellement et les présenter aux enfants. Il faut par contre rappeler d’où viennent ces techniques et qui a le droit de vendre les œuvres qui les utilisent.
Comparer avec le financement des sports
La question monétaire n’a pas été mise de côté durant le Sommet. Les participants ont surtout noté que le financement actuel n’est «ni équitable, ni adapté, ni suffisant», indique le rapport.
Cette iniquité devient très visible lorsque les montants investis dans l’éducation et les activités artistiques sont comparés à ceux pour les sports, par exemple.
Pourtant, compte tenu des rôles assez importants que joue l’éducation artistique dans le développement, un financement qui serait plus substantiel, stable et prévisible est justifiable, note le rapport. Aussi bien pour les activités que pour la formation des artistes et du personnel enseignant.
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