le Jeudi 19 mars 2026
le Jeudi 19 mars 2026 6:30 Francophonie

Quel rôle pour la francophonie dans le nouvel ordre mondial?

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Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie et Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du Conseil du patronat du Québec, lors de l’évènement organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), le 17 mars 2026.  — Photo : Sylvie-Ann Paré
Louise Mushikiwabo, secrétaire générale de la Francophonie et Michelle LLambías Meunier, présidente et cheffe de la direction du Conseil du patronat du Québec, lors de l’évènement organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), le 17 mars 2026.
Photo : Sylvie-Ann Paré

FRANCOPRESSE – Dans un ordre mondial en mutation, la francophonie a un rôle à jouer, croit la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, en visite cette semaine au Québec.

Quel rôle pour la francophonie dans le nouvel ordre mondial?
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Lors d’un évènement organisé à Montréal le 17 mars, sur le thème de «L’heure du positionnement juste : la Francophonie face au désordre mondial», la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, a rappelé le rôle que peuvent jouer les francophones.

«Le premier ministre du Canada l’a brillamment rappelé lors de son discours à Davos : il y a une rupture dans l’ordre mondial tel que nous le connaissons. Le multilatéralisme est sous haute tension», a-t-elle déclaré.

Qu’est-ce que l’OIF?

L’Organisation internationale de la francophonie (OIF) regroupe 90 États et gouvernements. Elle compte 53 membres, 5 membres associés et 32 observateurs, tous ayant en commun l’usage du français ou un intérêt pour la francophonie.

Elle a pour mission de promouvoir la langue française et la diversité culturelle, tout en soutenant la démocratie, l’éducation et le développement économique dans l’espace francophone.

Le Canada, le Nouveau-Brunswick et le Québec sont membres à part entière. L’Ontario et la Nouvelle-Écosse sont des membres observateurs.

L’OIF organise notamment le Sommet de la Francophonie, dont la prochaine édition se tiendra au Cambodge, en novembre 2026.

À lire aussi : Sommet de la Francophonie : les organismes canadiens font entendre leur voix

Crise en Haïti

La francophonie à un rôle à jouer, «modeste certes, mais efficace et de plus en plus contenu». Louise Mushikiwabo a évoqué les mécanismes politiques déjà mis en place par l’OIF, notamment après certains coups d’État en Afrique de l’Ouest ou lors de la crise actuelle en Haïti. «La francophonie n’abandonnera pas Haïti», a insisté la responsable.

Elle a aussi rappelé son propre travail auprès de l’Organisation des Nations Unies pour que les francophones aient leur place au sein du Pacte numérique mondial.

«La francophonie a démontré à maintes reprises qu’elle est capable de leadeurship dans le monde, de vision et d’influence positive.»

Un espace économique sous-exploité

«La francophonie économique, qui prend de plus en plus de l’essor, est une réalité que nous n’avons pas assez exploitée», assure Louise Mushikiwabo.

L’espace économique francophone, qui regroupe les États et gouvernements membres de l’OIF, représente une population 1,2 milliard de personnes, soit 17,5 % de la population mondiale, 16,5 % du PIB mondial, 20 % du commerce mondial de marchandises et enfin 14 % des réserves mondiales de ressources énergétiques et minières.

Source : La langue française dans le monde, édition 2026

Elle cite les missions économiques et commerciales de l’OIF, qui profitent notamment aux petites et moyennes entreprises et qui, selon elle, «se terminent toujours avec la signature de quelques contrats».

«Notre rôle dans cette francophonie économique est plutôt un rôle de catalyseur, d’accompagnateur et parfois d’un accompagnateur de négociations.»

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Une francophonie en croissance

Le français compte désormais 396 millions de locuteurs et locutrices (contre 321 en 2022) et est devenu la quatrième langue la plus parlée au monde, selon un nouveau rapport de l’OIF, présenté à Québec le 16 mars.

Mais pour réaliser la projection de 590 millions de locuteurs en 2050, cela va exiger «d’être très vigilant par rapport à l’apprentissage du français», prévient Louise Mushikiwabo.

Il y a un intérêt et un appétit pour apprendre la langue. C’est la deuxième langue la plus apprise dans le monde.

— Louise Mushikiwabo

La demande est là, mais les investissements devront suivre.

La responsable a aussi insisté sur l’importance d’inclure le français dans le multilinguisme. «Il y a un manque criant de traducteurs qualifiés dans le monde.»

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Découvrabilité et numérique

Enfin, l’un des grands enjeux du moment reste la découvrabilité des contenus francophones.

Faire rayonner la francophonie en ligne reste un défi, mais pas un défi insurmontable, estime la secrétaire générale de l’OIF.

«Nous allons devoir aller frapper à la porte de tous les dirigeants de nos États pour les réveiller à la réalité que le numérique aujourd’hui est incontournable et qu’on ne peut pas rester en dehors.»

Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par une journaliste sans l’aide d’outils de l’intelligence artificielle.

Camille Langlade

Cheffe de pupitre

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