Plus sur la francophonie
Le premier ministre Justin Trudeau implore Meta de débloquer des nouvelles canadiennes en ligne.
Le déclin du nombre de francophones en Ontario rapporté dans les données de Statistique Canada mardi a fait réagir le premier ministre Trudeau.
Sans s’étendre sur les données de Statistique Canada, le premier ministre a souligné le besoin pour les communautés francophones de s’épanouir et d’«avoir les services, que ce soit les services de garde, des écoles comme l’université francophone de l’Ontario, des appuis communautaires ou juridiques avec la modernisation de la loi sur la langue officielle qui n’avait pas été faite depuis 50 ans».
Il a toutefois félicité son gouvernement d’avoir atteint la cible de 4,4 % d’immigration francophone hors Québec pour la première fois.
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Retraite du cabinet, Meta boycotté et ingérence étrangère
Les ministres du nouveau cabinet libéral ont tenu leur retraite annuelle à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard au début de la semaine.
La crise du logement et les coupes budgétaires à venir étaient les sujets prioritaires à l’ordre du jour pour Justin Trudeau et son équipe.
Dans les jours précédant la retraite, la présidente du Conseil du Trésor, Anita Anand, a demandé à tous les ministères de faire des économies de 15,4 milliards au cours des cinq prochaines années.
Le nouveau ministre des Langues officielles, Randy Boissonnault a confirmé que les 4 milliards prévus pour la mise en œuvre du Plan d’action pour les langues officielles ne seraient pas affectés.
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En mêlée de presse à Charlottetown, le ministre du Logement, Sean Fraser, a indiqué qu’il envisageait la possibilité de plafonner le nombre de visas octroyés à des étudiants étrangers.
«Je crois que c’est une option qu’il faut considérer», a dit l’ancien ministre de l’Immigration, qui récupère le dossier d’une crise aigüe du logement qui pousse des étudiants étrangers à la rue.
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Le groupe de défense de la culture et des médias Les AMIS a encouragé les internautes à «Éteindre META» pendant 48 heures, les 23 et 24 aout, en réponse au blocage des nouvelles canadiennes sur ses plateformes.
«Meta sait que nos clics sur ses plateformes sont le bien le plus précieux dont elle dispose», a souligné la directrice générale, Marla Boltman, de l’organisme dans un communiqué de presse.
Martin Champoux est porte-parole en matière de Patrimoine pour le Bloc Québécois.
La démarche a d’ailleurs récolté le soutien du Bloc Québécois. Son porte-parole en matière de Patrimoine, Martin Champoux, a déclaré lundi que le parti allait s’abstenir, «par solidarité avec les médias québécois, de diffuser sur les réseaux sociaux de Meta les 23 et 24 aout prochains».
«Tant et aussi longtemps que Meta s’y refuse, le Bloc Québécois n’achètera aucune publicité sur ses plateformes», a-t-il affirmé.
Justin Trudeau ne s’est pas retenu de montrer sa frustration lundi en point de presse, à Charlottetown.
«Facebook fait passer ses profits d’entreprise avant la démocratie et notre bienêtre», a-t-il lancé.
La ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a quant à elle accusé Facebook de «mettre ses intérêts commerciaux au-delà de la sécurité des gens dans des temps d’urgence», faisant référence aux feux de forêt qui ravagent la Colombie-Britannique et les Territoires du Nord-Ouest.
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Le ministre de la Sécurité publique, des Institutions démocratiques et des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a fait appel à l’expertise du juge en chef de la Cour suprême, Richard Wagner qui l’a conseillé sur «la bonne façon de procéder» dans le cadre de l’enquête publique sur l’ingérence étrangère. «J’ai trouvé ses conseils […] très utiles», a indiqué le ministre qui a assuré que le gouvernement était «très proche» de faire une annonce à ce sujet.
La cheffe du Parti vert du Canada Elizabeth May a affirmé ne pas être en mesure de déterminer la raisonnabilité des conclusions de David Johnston dans le cadre de son rapport sur l’ingérence étrangère.
De son côté, la cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a exprimé son mécontentement envers l’information contenue dans deux documents confidentiels compilés par l’ancien rapporteur spécial David Johnston qu’elle a pu réviser la semaine dernière.
Elle affirme ne pas être en mesure de déterminer la raisonnabilité des conclusions de Johnston, dénonçant un manque de détails. Elizabeth May n’a pas été autorisée à consulter un sommaire de 20 pages des documents. «C’est une surprise pour moi que les documents essentiels ne soient pas disponibles», a-t-elle déploré.
Une action collective pour des femmes d’origine atikamekw qui auraient subi cette procédure a reçu l’autorisation de la Cour supérieure, ce mardi.
Les demanderesses réclament des dommages compensatoires et punitifs, alléguant que trois médecins ont violé la Charte des droits et libertés et le Code civil.
Le recours collectif contre les médecins a été autorisé, mais celui contre le Centre intégré de santé et de services sociaux (Hôpital de Joliette) a été refusé.
Il faut noter son rôle exceptionnel dans la définition des droits linguistiques du public et des employés de l’appareil fédéral en vertu de la Loi sur les langues officielles (LLO) de 1969 qui, il faut bien le dire, était plutôt faiblarde.
L’expression enquête de sa propre initiative fut interprétée comme une autorisation juridique d’aller au-devant des situations potentiellement contraires aux principes de la LLO. Les vérifications, larges et englobantes, menées de sa propre initiative, firent de lui un commissaire proactif, dynamique et promoteur des droits linguistiques.
Le principe de l’égalité des deux langues officielles fut aussi interprété avec ingéniosité : la langue de travail des employés du gouvernement fédéral et la participation des membres des deux communautés de langue officielle devenaient des obligations.
Ainsi, selon certains critères, le français devenait une langue de travail au même titre que l’anglais, de même que les unilingues francophones pourraient comme les anglophones unilingues travailler pour le gouvernement fédéral.
Sans ces interprétations ingénieuses, remarquables, le travail du commissaire aux langues officielles aurait porté sur une partie importante des cas d’injustice linguistique, relevés dans les plaintes, mais l’ampleur de son travail global aurait été si étriquée que l’action aurait été très lacunaire par rapport aux problèmes qui existaient dans le réseau des organismes et ministères du gouvernement du Canada.
Rappelons que l’iniquité en matière de participation francophone et de langue de travail dans l’appareil fédéral était criante. Il fallait du courage pour s’attaquer à ces volets des problèmes. Honneur au mérite.
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[1] Breton, Yves, Drôle de vie que voilà! Pulsions – Récit historique et biographique, Vermillon, Ottawa, 2014
«La dualité linguistique vient de perdre un ambassadeur hors pair. La francophonie canadienne vient de perdre un ami», regrette Liane Roy, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), dans une déclaration.
Keith Spicer a été journaliste, professeur d’université, assistant au ministre fédéral de la Justice Guy Favreau et le tout premier commissaire aux langues officielles du Canada, nommé par Pierre Elliott Trudeau.
Son mandat, de 1970 à 1977, était de faire la promotion de la Loi sur les langues officielles (LLO) adoptée en 1969.
«Il y a un demi-siècle, Keith Spicer a assumé la lourde tâche de veiller au respect d’une toute nouvelle loi à une époque où tout restait à faire, tant au niveau de la compréhension des obligations linguistiques que de l’acceptation sociale de l’idée même de deux langues officielles. Il s’est acquitté de cette responsabilité avec patience, persistance et éloquence», affirme Liane Roy.
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Celui qui a lancé le bal
«C’est un choc d’apprendre la nouvelle», se désole François Larocque, titulaire de la Chaire de recherche, Droits et enjeux linguistiques de l’Université d’Ottawa.
François Larocque a beaucoup étudié les rapports de Keith Spicer, et les considère comme étant dotés d’un ton que l’on n’aura pas retrouvé chez ses successeurs.
Celui qui a beaucoup étudié les travaux de Keith Spicer souligne «le rôle remarquable et historique au Canada qu’il a occupé en tant que premier commissaire aux langues officielles.»
«Ce n’était pas que le premier au Canada, mais le premier au monde. Jamais un autre pays n’avait créé un poste comme ça», note le chercheur.
Il explique que la LLO de 1969 prévoyait la nomination d’un commissaire aux langues officielles qui allait «conseiller le gouvernement sur ses obligations en vertu de cette loi».
«Je pense qu’on peut saluer le sérieux et l’aplomb avec lequel il a mené ce dossier pendant qu’il était en fonction.»
«Un homme de grande culture»
Selon François Larocque, les rapports de Keith Spicer sont uniques dans leur genre : «Quand on lit le ton des rapports de Spicer, comparés à ceux de Raymond Théberge et des commissaires précédents, on remarque que c’est très différent : le ton est plus littéraire.»
«Il y avait parfois même des envolées poétiques et ça montrait peut-être un peu sa personnalité, un homme de grande culture qui voyait son rôle comme champion des deux langues officielles au Canada, poursuit-il. Il voyait l’esthétique du rôle.»
Quelques moments marquants
Au cours de son mandat, Keith Spicer aura insisté sur le respect des deux langues au sein de l’appareil gouvernemental, fait la promotion de l’immersion française dans les écoles anglophones et participé à la création de Canadian Parents for French (CPF).
En 1976, il gère le dossier de la «crise des gens de l’air» commencée par la requête de l’Association des gens de l’air du Québec à faire appliquer la LLO dans l’espace aérien québécois afin d’y permettre l’utilisation du français.
Après une grève de contrôleurs aériens et de pilotes anglophones, le gouvernement crée la Commission d’enquête sur le bilinguisme dans les services de contrôle de la circulation aérienne au Québec.
Keith Spicer a aussi été président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de 1989 à 1996, où il a fait la promotion d’émissions de télévision canadiennes et du soutien aux artistes.
Keith Spicer s’est éteint à l’âge de 89 ans à l’Hôpital d’Ottawa.
Le nouveau ministre de l’Immigration, Marc Miller, souhaiterait établir la nouvelle cible d’immigration francophone à l’extérieur du Québec à 5 ou 6 %, plutôt que les 4,4 % actuels.
Le nouveau ministre de l’Immigration, Marc Miller, souhaiterait établir la nouvelle cible d’immigration francophone à l’extérieur du Québec à 5 ou 6 %.
«Même si pour le commun des mortels ça peut sembler un niveau peu ambitieux, c’est un niveau très ambitieux, a confié le ministre à Francopresse en marge de la retraite. Mis à part en Acadie et dans une partie de l’Ontario, dans des petites communautés francophones hors du Québec, ça va prendre beaucoup d’efforts sur le terrain. Plus souvent que d’autres, ce sont des communautés très précaires.»
La cible évoquée par le ministre reste bien en deçà des demandes de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA).
En 2022, l’organisme national avait proposé une cible progressive débutant à 12 % d’immigrants francophones en 2024, pour atteindre 20 % en 2036.
J’aimerais un chiffre qui défie toutes les attentes, j’aimerais viser le 20 %, mais il faut aussi être réaliste. Il y a eu de beaux gains et on va continuer, il ne faut vraiment pas lâcher.
En 2022, le Canada a atteint sa précédente cible de 4,4 %, fixée il y a près de vingt ans.
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«On va continuer à s’assurer que l’on attire plus d’immigrants francophones à travers le pays. Mais il y a plus que cela à faire, il faut qu’on s’assure que les communautés francophones en milieu minoritaire à travers le pays puissent s’épanouir, avoir les services que ce soit les services de garde, les écoles, les appuis communautaires et juridiques», a quant à lui indiqué le premier ministre Justin Trudeau lors d’une conférence de presse.
De gauche à droite : Randy Boissonnault, ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles, Chrystia Freeland, vice-première ministre et ministre des Finances et Anita Anand, présidente du Conseil du trésor.
«On va regarder toutes nos dépenses pour le gouvernement, mais à ma connaissance, on ne va pas toucher aux 4 milliards pour le Plan d’action sur les langues officielles», a assuré à Francopresse Randy Boissonnault, ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles.
Les ministres fédéraux ont jusqu’au 2 octobre pour faire parvenir au Conseil du trésor un plan de compressions budgétaires. Ils doivent trouver 15 milliards de dollars de dépenses publiques qui pourraient être sabrées.
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«Il n’y aura aucun impact sur les services auxquels peuvent s’attendre les Canadiens, et ça inclut les francophones en situation minoritaire», a affirmé Randy Boissonnault.
Lors d’un point presse, la présidente du Conseil du trésor, Anita Anand, a rappelé qu’il s’agissait d’«un exercice pour permettre aux départements d’examiner leur budget opérationnel» : «Peut-être que nous pourrons gérer un processus où l’on peut bouger les dépenses vers les priorités pour appuyer la population canadienne comme l’économie verte, la santé mentale.»
Le ministre du Logement, de l’Infrastructure et des Collectivités, Sean Fraser, n’a pas exclu la possibilité de plafonner le nombre d’étudiants étrangers.
Avec l’ambition de réduire la pression sur le marché immobilier, le ministre du Logement, de l’Infrastructure et des Collectivités, Sean Fraser, n’a pas exclu la possibilité de plafonner le nombre d’étudiants étrangers.
«Je pense que nous devons réfléchir sérieusement à la question. Si [les institutions d’enseignement postsecondaire] continuent de faire venir des étudiants en nombres records, elles devraient faire partie de la solution en s’assurant qu’ils ont un endroit où vivre», a déclaré le ministre.
Il n’existe aujourd’hui aucun plafond fixé pour le nombre d’étudiants étrangers accueillis au Canada. Leur nombre a explosé au cours des dernières années.
«Ce n’est pas une solution qui va avoir un élément de réponse, mais certainement un plafond c’est quelque chose que l’on va regarder en profondeur», a confirmé son collègue Marc Miller, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.
Les deux élus libéraux veulent mettre fin à certaines dérives du dispositif d’accueil des étudiants étrangers.
Lorsque l’on voit certaines de ces institutions qui ont cinq ou six fois plus d’étudiants inscrits qu’elles n’ont de places dans les bâtiments […], il faut commencer à se poser de sérieuses questions.
Le ministre du Logement a carrément accusé certaines institutions d’exploitation : «Je suis convaincu qu’elles n’existent que pour faire du profit sur le dos des étudiants internationaux vulnérables.»
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Pour Chrystia Freeland, ministre des Finances, la solution repose avant tout sur l’élargissement du parc immobilier : «Si nous voulons être un pays en croissance, on doit construire plus de logements, plus rapidement.»
Néanmoins, le gouvernement appelle à ne pas faire des nouveaux arrivants les boucs émissaires de la crise du logement. «Ça ne sert à rien de blâmer une personne ou un groupe de personnes pour un problème qui se développe depuis des décennies au Canada», a souligné le premier ministre Justin Trudeau.
Un avis que partage Sean Fraser : «Il convient d’examiner la cause réelle des problèmes auxquels nous sommes confrontés et de reconnaitre que l’immigration peut être utilisée comme un outil permettant d’attirer les travailleurs dont nous avons besoin pour construire davantage de logements.»
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Faut-il abaisser la cible d’immigration de 500 000 nouveaux arrivants par an d’ici 2025 pour affronter la crise du logement? Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, Marc Miller n’a pas totalement fermé la porte à l’idée.
«Je ne suis pas une personne dogmatique qui va se tenir aux cibles coute que coute, je vais regarder les analyses de tous les acteurs», a-t-il confié.
Le ministre de la Sécurité publique, des Institutions démocratiques et des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a au contraire défendu l’objectif du gouvernement libéral. Selon lui, revoir cette cible à la baisse serait «une solution simpliste».
«Dans beaucoup de cas, les immigrants sont ceux et celles qui vont participer aux projets de construction», a-t-il observé en point presse.
En pleine vague d’incendies géants dans les Territoires du Nord-Ouest et en Colombie-Britannique, le premier ministre Justin Trudeau a fortement critiqué la décision de Meta, maison mère de Facebook et Instagram, de bloquer les liens vers les articles d’information sur ses réseaux sociaux.
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«Facebook fait passer ses profits d’entreprise avant la démocratie et le bienêtre des Canadiens», a condamné Justin Trudeau lors d’une conférence de presse.
«Ils refusent d’assurer que les journalistes locaux soient payés de façon adéquate pour informer et partager les nouvelles des Canadiens. Ils préfèrent laisser des personnes en danger plutôt que de faire leur juste part pour appuyer la démocratie et le journalisme local», a-t-il encore ajouté.
La nouvelle ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a déploré le blocage des nouvelles sur Facebook alors que le projet de loi C-18 n’est pas encore entré en vigueur.
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Depuis le 1er aout, Meta bloque l’accès aux nouvelles sur ses plateformes, en réponse à l’adoption du projet de loi C-18 qui oblige les grandes entreprises du numérique à payer les éditeurs.
Vendredi 18 aout, les autorités ont demandé à Meta de suspendre le blocage, mais la société a refusé.
«Facebook prend la décision de mettre ses intérêts commerciaux au-delà de la sécurité des gens dans des temps d’urgence. Ce dont ont besoin les gens c’est de l’information de qualité vérifiée et malheureusement ils n’ont pas accès à ça présentement», a appuyé la nouvelle ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge.
Aux yeux de la ministre, la position de Meta est d’autant plus déplorable que la loi n’est pas encore entrée en vigueur.
Elle a rappelé qu’une période de consultation commencera bientôt : «Facebook est invité à commenter sur la règlementation. Il y a encore une période pour eux de venir à la table, de dire ce qu’ils pensent et pour moi de les écouter.»
En Ontario, le poids démographique des résidents pouvant soutenir une conversation en français a atteint sa plus faible proportion depuis le Recensement de 1971.
«1 558 670 résidents (soit 11,1 % de la population) étaient capables de soutenir une conversation en français en 2021», précisent les auteurs de l’analyse.
En baisse depuis 2016
Entre 1996 et 2016, le nombre de résidents ayant le français comme seule première langue officielle parlée a augmenté de 23 480 personnes. «Cependant, leur nombre a diminué de 2016 à 2021 (-19 705 personnes)», nuance le rapport.
4,2 % de la population parlaient au moins régulièrement le français à la maison, rapporte encore Statistique Canada. Au travail, 4,6 % (soit 301 655 personnes) des travailleurs et travailleuses de la province utilisaient le français au moins régulièrement.
Toujours selon ces données, environ 1 immigrant sur 17 (6,1 %) pouvait soutenir une conversation en français.
Les municipalités de plus de 500 habitants ayant la plus grande proportion de personnes connaissant le français étaient toutes situées dans le nord de la province : Mattice-Val Côté (96,3 %), Hearst (93,2 %) et Dubreuilville (90,4 %).
Le Nouveau-Brunswick sous le sommet de 2006
Au Nouveau-Brunswick, 320 300 résidents étaient capables de soutenir une conversation en français en 2021, soit 41,9 % de la population.
Une proportion pratiquement identique à celle enregistrée en 1991 (42,0 %), mais inférieure au sommet atteint en 2006 (43,6 %), explicite Statistiques Canada.
30,4 % de la population parlaient le français au moins régulièrement à la maison. Cette proportion atteint 90 % chez les personnes ayant le français comme l’une de leurs langues maternelles.
Ils étaient 32 % à utiliser le français au moins régulièrement au travail.
«Moins de 1 immigrant sur 4 (22,8 %) pouvait soutenir une conversation en français», ajoutent les auteurs.
Les municipalités ayant le plus grand nombre de personnes connaissant le français étaient Moncton (36 145) et Dieppe (21 615), ainsi que Tracadie (15 660), dans la péninsule acadienne.
Depuis 1924, de l’eau a coulé sous les ponts, et pas seulement sous ceux de la Seine, dont on promet un nettoyage d’une telle ampleur, qu’il sera possible de s’y baigner en 2025.
Perçue par le pays organisateur comme l’occasion parfaite d’afficher sa puissance aux yeux du monde entier, la compétition semble, au fil des années, perdre de son lustre. Ses détracteurs ne se privent plus de pointer ses nombreuses contradictions avec les valeurs contemporaines.
Rappelons, pêlemêle, les couts faramineux des Jeux d’hiver de Sotchi (50 milliards de dollars américains), les violations des droits de l’homme à Rio de Janeiro ou encore les controverses écologiques pour les Jeux d’hiver en général.
Paris n’échappe pas à la règle. Un récent sondage Elabe pour le média français Les Échos a révélé que seuls 20 % des Français étaient enthousiastes à l’idée de recevoir les Jeux, 48 % faisaient preuve d’indifférence et 32 % ne cachaient pas leur scepticisme. Le taux de sceptiques monte même à 40 %, si l’on considère seulement la capitale française. On est loin de la ferveur populaire tant recherchée… Et les raisons sont multiples.
Fracasser les records des couts
La critique la plus récurrente concerne le montant de la facture. On parle désormais d’une somme de 8,7 milliards d’euros (12,8 milliards de dollars canadiens).
Lors de la candidature, le budget du comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris était estimé à 3,3 milliards d’euros. Il a grimpé à 4,38 milliards en décembre dernier pour finalement s’établir au double à un an de l’ouverture des Jeux.
Une réévaluation à la hausse classique pour ce genre d’évènements, surtout en période inflationniste, mais qui pèsera «assurément» sur le contribuable français, selon le président de la Cour des comptes. Un contribuable qui, on l’a vu, n’est guère enchanté par la compétition.
Ce cout ne peut toutefois pas être dissocié des retombées économiques attendues, qui englobent essentiellement le tourisme et le regain d’activité induit par l’évènement.
Donner une estimation est un exercice périlleux auquel les parlementaires de l’Assemblée nationale française se sont prêtés. Selon le rapport qu’ils ont présenté le 5 juillet dernier, ces retombées seraient comprises entre 5,3 et 10,7 milliards d’euros «pour le seul territoire d’Île-de-France», qui s’apparente à la région parisienne.
À titre de comparaison, une étude du gouvernement britannique un an après les Jeux de Londres en 2012 avait chiffré les retombées économiques indirectes à plus de 11 milliards d’euros.
Coup de marteau sur l’environnement
L’impact environnemental, lui, ne pourra pas être gommé par de simples lignes comptables.
Il y a deux ans, le président du Comité international olympique, Thomas Bach, avait affiché son enthousiasme «à l’idée que Paris 2024 organise des Jeux ayant une contribution positive pour le climat».
Alerte divulgâcheur : le bel objectif d’éliminer davantage d’émissions de gaz à effet de serre que celles produites par l’évènement a été balayé discrètement sous le tapis. Le bilan carbone prévisionnel des organisateurs de Paris 2024 s’élève à 1,58 millions de tonnes équivalent CO2.
Certes, sur papier, c’est deux fois moins que le bilan de Londres 2012 et de Rio 2016 (3,5 millions). Mais les données entourant ce chiffre ne sont pas publiques et certaines voix s’étonnent de la méthode de calcul.
Quoiqu’il en soit, à l’heure où les conséquences des changements climatiques se font ressentir jusque dans nos forêts canadiennes, le vieux modèle des Jeux parait bien obsolète. Surtout quand environ un tiers de ces 1,58 millions de tonnes équivalent CO2 sont liées aux déplacements des spectateurs, des athlètes et des officiels, selon l’organisation de Paris 2024.
Des solutions existent, comme réduire la taille de l’évènement ou en répartir l’organisation à plusieurs villes hôtes. Cette dernière proposition ne verra pas le jour de sitôt, puisque les Jeux d’été 2028 et 2032 ont déjà été attribués à Los Angeles et Brisbane.
Le temps de revoir les modèles
Enfin, que dire des droits sociaux bafoués, dans un pays qui se vante constamment de sa contribution historique aux droits de l’homme? Des itinérants «invités» à déserter les rues de Paris pendant les trois semaines de compétition? Des 3 000 étudiants qui devront laisser leur logement en juillet et en aout 2024 pour pouvoir accueillir les volontaires et partenaires de l’évènement? Des bouquinistes parisiens, âme culturelle des bords de la Seine, à qui on a demandé de retirer leurs boites de livres d’occasion, pour sécuriser une cérémonie d’ouverture dont les seuls billets restants se vendent à 2 700 € l’unité (près de 4 000 $)? Autant de mesures arbitraires à l’encontre de populations précaires, bien souvent contraintes de courber l’échine.
Malgré toutes ses contradictions, les Jeux restent les Jeux, un évènement chargé d’histoire, un moment unique dans la vie d’un amateur de sports, qui plus est quand ceux-ci se déroulent dans son pays.
Je ne souhaite en aucun cas qu’ils disparaissent ; seulement qu’ils évoluent. Ou retournent peut-être simplement à ce qu’ils étaient à l’origine : une compétition sportive qui n’a pas besoin d’être entourée d’autant de dorures pour briller dans le cœur des passionnés.
Timothée Loubière est journaliste pupitreur au quotidien Le Devoir. Avant de poser ses valises au Québec en 2022, il était journaliste sportif en France, notamment au journal L’Équipe.
Kira McCarthy souffre de grandes douleurs depuis presque dix ans et selon elle, la grossophobie y est pour beaucoup.
Ses maux de tête commencent en 2015, suivis de problèmes de mémoire et d’une difficulté à compter et à s’exprimer. La situation est particulièrement invalidante pour l’enseignante torontoise. Elle passe une première imagerie par résonance magnétique (IRM) quelques semaines après le début des symptômes sur les conseils de sa médecin.
Kira McCarthy explique que «plus les médecins disent que c’est une question de poids, moins vous vous préoccupez de ce qui se passe dans votre corps».
L’analyse de la neurologue l’a ébranlée : «Elle m’a dit que j’allais bien et m’a recommandé une réduction mammaire, car les femmes qui ont une forte poitrine ont tendance à se pencher vers l’avant, ce qui pourrait tirer sur les muscles de mon cou et provoquer des maux de tête.»
«Je n’étais pas là pour les maux de tête, ajoute Kira McCarthy. Donc ce qu’elle m’a suggéré pour les troubles cognitifs, c’est une réduction mammaire».
Refusant de subir la réduction mammaire, Kira McCarthy veut obtenir des réponses. Huit ans plus tard, elle réussit à passer une seconde IRM qui dévoile finalement une sténose spinale, soit un rétrécissement du canal spinal. Lors de cet examen, les médecins lui assurent que ses symptômes n’avaient aucun rapport avec la taille de sa poitrine.
En attente d’un rendez-vous avec un chirurgien, elle regrette le temps perdu : «Si j’avais été examinée en 2015, je ne souffrirais pas de la douleur extrême que j’éprouve et je n’aurais probablement pas eu à modifier mon mode de vie comme je l’ai fait.»
Le danger de consulter
Ce qu’a vécu Kira McCarthy est un exemple de grossophobie médicale.
Jean-Philippe Chaput, professeur adjoint à la faculté de médecine de l’Université d’Ottawa définit ce concept comme étant «la peur des personnes grosses» : «C’est l’ensemble des attitudes ou comportements qui stigmatisent ou discriminent les personnes qui sont considérées comme grosses ou qui ont un poids élevé.»
L’expert parle d’un accès aux soins de santé plus difficile, de matériel médical mal adapté aux personnes obèses, d’attitudes ou stéréotypes négatifs de la part du personnel soignant, voire d’erreurs de diagnostic.
Beaucoup de professionnels de la santé voient [les personnes obèses] comme étant paresseux, qui mangent trop, qui doivent juste perdre du poids.
«Tous les médecins que j’ai consultés pour quelque raison que ce soit m’ont parlé de perte de poids», indique Kira McCarthy.
Le sujet est difficile pour la Torontoise qui a souffert de troubles alimentaires : «Me recommander de perdre du poids est vraiment dangereux pour moi.»
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«Les infirmières étaient tannées à cause de mon corps»
«À cause de cela, beaucoup de gens ne vont pas chez le médecin et finissent par ne pas être diagnostiqués», poursuit Kira McCarthy.
Un sentiment que partage une mère franco-ontarienne qui a tenu à s’exprimer sous le couvert de l’anonymat par peur d’être jugée dans son milieu de travail. «Je manque de confiance dans le personnel médical, j’éprouve même de la méfiance. Je me présente là et j’attends de voir si on va m’écouter, me prendre au sérieux, ou si je vais devoir m’obstiner.»
À l’Université d’Ottawa, les futurs médecins ne reçoivent que trois heures de formation sur l’obésité, une durée insuffisante selon Jean-Philippe Chaput, professeur adjoint à la faculté de médecine.
Des expériences lors de ses deux grossesses ont lourdement teinté sa relation avec les médecins. Les commentaires et fixations sur son poids ont déroulé le tapis rouge pour une orthorexie, soit l’obsession maladive de l’alimentation saine.
«Entre les grossesses, je faisais beaucoup d’exercice et [je comptais] les calories avec une application, raconte la Franco-Ontarienne. Après ma fille, j’ai fait le régime paléo, puis Keto. Sans avoir un diagnostic formel, j’avais définitivement une alimentation troublée.»
Un jour, elle croise sa médecin au restaurant, prise de honte, elle en vient à se dire : «faut pas qu’elle me voie manger un hotdog».
«À ma deuxième grossesse, c’était l’été alors il faisait chaud, je faisais plus de rétention d’eau […] et j’étais plus gonflée, ce qui est normal quand t’es enceinte», relate-t-elle.
Mais sa médecin se met en tête qu’elle a pris trop de poids. Elle réalise donc un test de glycémie, persuadée qu’elle est diabétique.
Résultat, aucune trace de diabète, mais des souvenirs douloureux pour la mère : «On m’a piquée sept fois pour essayer de trouver une veine […] j’avais l’impression que les infirmières étaient tannées à cause de mon corps.»
Plus tard, d’autres praticiens lui diront que sa prise de poids durant sa grossesse n’était pas si élevée et que la recherche du diabète avait été inutile.
«On nous écoute, mais à moitié»
Les défis financiers et structurels des systèmes de santé dans les provinces compliquent davantage l’accès à des soins de qualité pour les personnes en surpoids.
Je sais que notre système de santé est déficient et qu’on n’a pas beaucoup de temps. Quand on va voir un médecin, on est sur un timer […], souvent c’est comme si on arrivait et que les assomptions étaient déjà faites. On nous écoute, mais à moitié.
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«Des études démontrent que le temps passé dans un bureau de médecin avec une personne obèse est plus court qu’avec une personne mince, corrobore Jean-Philippe Chaput. Si les médecins passent moins de temps avec les patients, ils sont plus à risque de faire des erreurs [de diagnostic].»
Parmi les raisons qui expliquent cette différence, le chercheur évoque la paresse de certains médecins, le manque d’équipement et de formation, ainsi que le système qui encourage les praticiens à voir le plus de patients possible en une journée afin de gagner plus d’argent.
Si les personnes en surpoids ont plus de risques de développer des problèmes de santé, «il faut commencer avec un dialogue ouvert et ne pas juger», insiste Jean-Philippe Chaput.
Francopresse : Le Canada compte environ un million de francophones établis à l’extérieur du Québec. Plusieurs d’entre eux ont des préoccupations quant aux places en garderie et l’accès aux soins de santé en français, l’accès à la justice… Quelle est votre stratégie pour les rejoindre et apaiser leurs inquiétudes?
Mais les francophones sont touchés aussi par l’inflation! J’en ai rencontré dans le Nord de l’Ontario, à Kapuskasing, à Sudbury, à Sault-Sainte-Marie et ailleurs. Et ils m’ont dit que la vie coute trop cher. Ils ne peuvent plus payer leurs factures.
Les grandes promesses électorales de Justin Trudeau ne se sont pas produites. Il y a de gros retards, il n’y a pas de place pour les garderies en français [à l’extérieur du Québec, NDLR], il n’y a pas de justice en français…
Il faut un gouvernement conservateur qui peut livrer des prix plus bas, des chèques de paie plus forts et des services dans les deux langues officielles. Et c’est exactement ce que je vais ramener pour les Franco-Canadiens.
Pendant le processus de modernisation de la Loi sur les langues officielles, il y a eu des divisions entre les communautés de langue officielle en situation minoritaire et entre les francophonies canadiennes. Maintenant que la Loi est adoptée, croyez-vous qu’elles puissent s’entendre, malgré leurs différences linguistiques, culturelles et historiques?
Je pense que oui. Malheureusement, le gouvernement Trudeau a essayé de diviser les francophones pour tenter de gagner un avantage politique.
Nous, les conservateurs, nous voulons unir tous les francophones pour préserver la langue française. C’est la raison pour laquelle notre équipe sur le Comité des langues officielles, menée par Joël Godin, a essayé de rendre C-13 plus fort pour protéger les droits linguistiques des minorités.
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On était un peu déçu que le gouvernement n’ait pas été plus efficace pour protéger le français, mais nous allons continuer à nous battre pour le protéger.
Et pour moi, c’est une lutte personnelle, parce que mon père a des origines canadiennes-françaises de la Saskatchewan, il vient d’un village fransaskois. Il a essayé de me transmettre une connaissance de la langue française.
Malheureusement, je l’ai perdue un peu pendant mon adolescence à Calgary, où c’est difficile de pratiquer, car il n’y en a pas tant l’occasion. C’est pour ça que mon français n’est pas parfait. Mais ma femme est montréalaise et mes enfants vont à la garderie française. Donc on va continuer de se battre pour cette langue, dans nos vies personnelles comme dans nos vies publiques.
Votre parti l’a dit en comité des langues officielles : l’immigration est l’une des clés qui permettraient de préserver les communautés francophones au Canada. Mais au début du mois, vous disiez que le plan du gouvernement Trudeau d’accueillir 500 000 immigrants par an était motivé par une «idéologie». Si vous devenez premier ministre, est-ce que vous baisseriez ces seuils d’immigration?
Les chiffres seront déterminés par la disponibilité de logements, de services de santé et d’emplois. C’est comme ça qu’on va s’assurer que chaque immigrant a l’occasion de réussir au Canada.
Tout d’abord, il faut accélérer la construction des maisons. Ça prend trop longtemps pour obtenir des permis de construction. Cette année, on a bâti moins de maisons qu’on en a bâti en 1972, il y a 50 ans, alors que la population canadienne était moitié moins nombreuse qu’elle ne l’est aujourd’hui.
Le gouvernement Poilievre insiste pour que les grandes municipalités augmentent le nombre de permis de construire de 15 % par année ou ils perdront leurs subventions pour l’infrastructure. On va donner de grands bonus pour les municipalités qui réussissent à augmenter les permis de construire de plus de 15 %.
Je vais aussi mettre en place un sceau rouge ; un test qui permettra aux immigrants de montrer leurs capacités dans les professions comme infirmières et médecins, afin qu’ils puissent travailler pour soigner notre population.
Toujours sur la question de l’immigration, le gouvernement actuel a atteint la cible de 4,4 % d’immigration francophone hors Québec l’an dernier. Selon vous, quelle serait la cible idéale pour augmenter la proportion de francophones à l’extérieur du Québec?
Il faut l’augmenter. On va encourager ces immigrants à vivre dans les communautés francophones à travers le pays, ce qui va permettre de préserver ces populations. Malheureusement, le gouvernement Trudeau n’a pas réussi à faire cela, malgré leurs promesses.
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Le gouvernement actuel a tout de même atteint la cible, avec des années de retard. Pour compenser le manque à gagner, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a suggéré une cible progressive à 12 % d’ici 2024. Est-ce que ça vous parait trop?
Non. Mais avant de me consacrer à un chiffre, je dois d’abord m’assurer que je peux l’atteindre! On a vu un gouvernement qui crée toutes sortes de promesses, qui sont très belles dans leurs intentions, mais il faut pouvoir le faire! Je ne veux pas être un autre politicien qui dit n’importe quoi pour être élu, mais qui ne livre pas la marchandise.
Donc je vais étudier les cibles et promettre celles qu’il sera possible d’atteindre. Mais je peux vous assurer que l’une de mes priorités sur la question de l’immigration, c’est davantage de francophones.
Depuis quelques semaines, Meta a coupé l’accès aux nouvelles canadiennes pour protester contre la Loi sur les nouvelles en ligne. En 2005, le gouvernement conservateur a amputé la publicité fédérale dans les médias et a investi auprès des géants du Web. Dans l’éventualité d’un prochain gouvernement conservateur, comment comptez-vous rétablir la situation?
Avez-vous reçu votre chèque de Meta ou Google? Je ne connais aucun média pour qui c’est le cas. Les médias perdent leur accès aux réseaux sociaux. Ces lois sur internet favorisent encore les grandes entreprises médiatiques.
Bell, Rogers, Québecor vont pouvoir engager des lobbyistes pour s’assurer que leur contenu soit poussé sur internet. Les petits groupes médiatiques seront effacés.
Je suis pour la liberté d’expression qui permettrait à toutes les sources d’information de travailler fort afin de bâtir leurs auditoires sur internet, sans censure du gouvernement et sans le contrôle du CRTC qui favorise les grandes entreprises.
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Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de clarté.
Les évacués sont invités à se rendre en Alberta, où ils trouveront des accommodements à Valleyview, Fox Creek et Red Deer.
En date de vendredi midi, 237 feux actifs font l’objet d’une intervention dans les Territoires du Nord-Ouest (T. N.-O.).
Un ordre d’évacuation lancé jeudi pour Yellowknife et ses environs a obligé ses résidents à tout laisser derrière eux, au plus tard vendredi midi.
L’heure sonnée, des ministres fédéraux ont tenu une conférence de presse virtuelle, mais n’étaient pas en mesure de confirmer le nombre de personnes évacuées. Si les feux n’ont pas encore atteint la capitale des T. N.-O., les ministres assurent que la priorité est de faire en sorte que cela ne change pas.
Accès aux informations
Avec le blocage des nouvelles sur les plateformes Facebook et Instagram, plusieurs citoyens, habitués de s’informer par ces moyens, ne reçoivent pas les mises à jour nécessaires sur l’état des feux.
Pablo Rodriguez, ministre des Transports.
«On voit que des gens n’ont pas accès à des informations cruciales, a déclaré le ministre des Transports Pablo Rodriguez. Je demande à Meta de renverser cette décision, de permettre aux gens d’avoir accès à ces nouvelles. Ma collègue Pascale [St-Onge] regarde cette situation et discute avec Meta.»
«Lors de conversations antérieures, je les ai mis en garde contre le risque de blocage des informations, rapporte-t-il. Nous avons vu ce qui s’est passé en Australie, je leur ai dit que cela pourrait arriver ici. Ils m’ont dit que ce serait différent, mais ce n’est pas le cas.»
Pablo Rodriguez était encore ministre du Patrimoine canadien quand Meta a commencé sa réplique envers la Loi sur les nouvelles en ligne (C-18).
Le ministre de la Défense nationale Bill Blair a de son côté encouragé les citoyens à consulter la CBC, sans donner d’alternative : «La CBC diffuse, dans les T. N.-O., un bulletin d’informations sur les fréquences locales et j’encourage les personnes qui ne sont pas en mesure d’obtenir ces informations, absolument vitales, par l’intermédiaire de Meta à se brancher sur cette émission de la CBC.»
Prix des billets d’avion plafonné
Le ministre a également annoncé que le premier vol d’évacuation militaire avait transporté 79 résidents d’établissements de soins de longue durée vers Edmonton, jeudi soir.
Bill Blair, ministre de la Défense nationale.
«Depuis samedi, les forces armées canadiennes aident les premiers intervenants des T. N.-O. à évacuer et à lutter contre les incendies», a-t-il assuré.
Jeudi, le premier ministre Justin Trudeau avait convoqué le Groupe d’intervention en cas d’incident afin de faire le point. Il avait alors souligné qu’il n’y aurait aucune tolérance pour une escalade opportuniste des prix, notamment ceux des billets d’avion.
Les tarifs ayant augmenté de manière fulgurante, Air Canada a instauré un cap sur les prix des vols jeudi soir. Plusieurs compagnies aériennes, dont Air Canada et North Cariboo Air, ont ajouté des vols à leurs tableaux.
«Le PDG d’Air Canada m’a expliqué qu’il y avait eu un pépin, une erreur, qui a été corrigée immédiatement, et que tous les tarifs étaient au niveau économique, les prix sont totalement plafonnés», a affirmé en conférence de presse ce vendredi Pablo Rodriguez.
En ce qui concerne l’aide financière, Bill Blair a maintenu que c’est au gouvernement ténois d’implanter des mesures d’aide au besoin. «Si, pour une raison quelconque, une personne n’est pas en mesure d’évacuer par voie aérienne ou routière, nous ferons en sorte de l’accommoder», a-t-il promis, sans préciser les accommodements possibles.
Règles assouplies
Urgence oblige, Transports Canada permet aux pilotes de prolonger leurs heures de vol au besoin. Les règles concernant les animaux de compagnie et les oublis de pièces d’identité ont aussi été flexibilisées.
«L’important, c’est qu’on puisse évacuer tout le monde en toute sécurité», a insisté Pablo Rodriguez.
Selon le Globe and Mail, la présidente du Conseil du Trésor Anita Anand aurait demandé à tous les ministres fédéraux de lui présenter un plan financier pour réduire de 15 milliards de dollars les dépenses gouvernementales. Le budget de mars dernier évoquait ce montant à compresser sur cinq ans.
La présidente du Conseil du Trésor Anita Anand souhaite effectuer une compression budgétaire de 15 milliards sur cinq ans.
Chaque ministère doit fournir ce plan avant le 2 octobre prochain. Les fonds sous-utilisés seraient réinjectés dans des services essentiels, comme la santé.
Les coupes budgétaires ne devraient pas concerner les prestations à la population, mais plutôt les montants consacrés aux consultants, aux voyages et aux services professionnels. Selon le récent budget, ceci permettrait au gouvernement d’économiser plus de 7 milliards de dollars.
Le chef conservateur Pierre Poilievre a assuré mardi en conférence de presse qu’il ne croyait pas à cette compression. Jagmeet Singh, le chef du Nouveau Parti démocratique, s’en est inquiété.
Deux réfugiés ont déposé un recours collectif contre Ottawa, vendredi dernier. Ils accusent le gouvernement fédéral d’avoir maintenu la politique de pays d’origine désignés (POD). Ce qui aurait empêché des dizaines de milliers de demandeurs d’asile de prétendre au statut de réfugié sans obstacle.
À cause de cette politique, ils ne pouvaient notamment pas porter en appel un refus de demande d’asile ou travailler pendant six mois après leur arrivée au pays.
La POD, mise en application en 2012 sous le gouvernement Harper, avait pour objectif d’empêcher l’abus du recours au statut de réfugiés par les citoyens de 42 pays d’Europe, d’Amérique du Sud et d’Océanie qu’Ottawa considérait à l’époque de «sûrs».
Suspendue en 2019, cette loi n’a jamais été abrogée, ce qui permettrait à un ministre actuel de rajouter un pays à la liste.
Les Territoires du Nord-Ouest sont en état d’urgence depuis mardi, aux prises avec des incendies ravageurs.
Les Forces armées canadiennes ont été déployées mardi pour deux semaines, afin d’aider les pompiers et fournir un transport aérien. Ils devraient également construire des coupe-feux autour de Yellowknife.
Mercredi soir, le ministre de l’Environnement et du Changement climatique et des Affaires municipales et communautaires des T N.-O, Shane Thompson, a émis un ordre d’évacuation pour la capitale et ses quartiers : N’Dilo, Dettah et Ingraham Trail.
Les 20 000 habitants ont jusqu’à vendredi midi pour évacuer. Beaucoup ont pris la route de l’Alberta, au Sud, pour se mettre à l’abri jusqu’à nouvel ordre.
Les couteaux sont tirés à un mois de la rentrée parlementaire et à quelques jours de la retraite du Cabinet remanié de Justin Trudeau à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard.
Dans un courriel de collecte de fonds envoyé mercredi, les libéraux ont repris un article de La Presse canadienne, qui souligne que Pierre Poilievre «flirte» avec des théories du complot : «[…] les conservateurs de Pierre Poilievre penchent vers une politique d’extrême droite profondément porteuse de divisions en promouvant “les assertions maintes fois réfutées selon lesquelles le Forum économique mondial tente d’imposer ses idées aux gouvernements souverains”.»
Pierre Poilievre a de son côté orienté ses critiques sur la crise actuelle du logement au Canada : «[Le gouvernement] est loin de construire les 5,8 millions de logements neufs dont sa propre agence dit que nous avons besoin pour résoudre la crise du logement abordable qui s’est développée sous sa direction», a déclaré le chef de l’opposition par communiqué de presse.
Cet été, Justin Trudeau avait pris ses distances avec la crise du logement, assurant que la responsabilité ne reposait pas uniquement sur les épaules du fédéral.
Son adversaire a sauté sur l’occasion pour expliquer qu’il souhaitait davantage d’immigrants dans les métiers spécifiques, comme la construction, sans toutefois donner de cible d’immigration. Il a au passage qualifié l’ex-ministre de l’Immigration Sean Fraser de «pire ministre de tous les temps».
Le ministre de l’Environnement Steven Guilbeault s’envolera pour Pékin dans quelques jours, une première pour un ministre canadien depuis 2018.
Depuis l’affaire Meng Wanzhou en 2018, aucun ministre canadien n’avait posé le pied en Chine. C’est pour reconnecter avec Pékin que le ministre fédéral de l’Environnement Steven Guilbeault partira pour le Conseil de la Chine, du 28 au 30 aout prochain.
Invité par son homologue Huang Runqiu, Steven Guilbeault a assuré à Radio-Canada qu’il souhaitait faire avancer la «collaboration sur le climat, sur la biodiversité, et peut-être aussi commencer à rebâtir des ponts avec la Chine au niveau diplomatique».
Son départ se fait alors que le gouvernement est sur le point de déclencher une enquête sur l’ingérence publique étrangère dans les élections fédérales canadiennes.
Le Congrès canadien des parlementaires noirs a tenu une conférence de presse vendredi dernier. Après deux jours de réunion, 45 politiciens noirs de tous les paliers de gouvernements et de tous partis politiques ont dégagé des solutions pour améliorer la vie des Noirs canadiens.
Une déclaration de valeurs signée par les membres du Congrès rassemble ces propositions. Ces dernières portent notamment sur l’amélioration des soins de santé, l’éducation et le développement économique qui concernent les personnes noires au Canada.
Parmi leurs autres priorités figure aussi la lutte contre le racisme antinoir et le racisme systémique.