le Samedi 14 février 2026

C’est sous une sécurité renforcée que le président ukrainien et sa femme Olena Zelenska ont été accueillis sur la Colline, vendredi. Plusieurs dizaines de personnes s’étaient tout de même réunies devant le Parlement brandissant fièrement les couleurs de l’Ukraine. Certains entonnaient des chants ukrainiens et d’autres criaient «Slava Ukraini», soit : gloire à l’Ukraine en français.

Il s’agit de la première visite officielle de Volodymyr Zelensky au Canada depuis le début de la guerre. Il s’était adressé au Parlement canadien une première fois en mars 2022, par visioconférence.

«Aujourd’hui, vous êtes en mesure d’être ici en personne, pour parler du combat pour votre démocratie et votre liberté», a affirmé le premier ministre du Canada en Chambre.

L’émotion était palpable devant le parlement canadien lors de la visite de Volodymyr Zelensky. 

Photo : Cr. Chantallya Louis – Francopresse

Plus de 9 milliards canadiens depuis le début de la guerre

Les 650 millions supplémentaires en aide militaire s’ajoutent aux 500 millions annoncés en juin dernier alors que Justin Trudeau était en visite à Kiyv.

Plusieurs dizaines de personnes attendaient avec fébrilité l’arrivée du président ukrainien. 

Photo : Cr. Chantallya Louis – Francopresse

Lors de son allocution dans la Chambre des communes, le premier ministre canadien a annoncé que l’argent servira à fournir à l’Ukraine 50 voitures blindées, dont des véhicules d’évacuation médicale, qui seront fabriquées par des Canadiens à London, en Ontario.

Par la même occasion, Justin Trudeau a soutenu que les 500 millions annoncés plus tôt cette année serviront entre autres à du matériel de guerre, tels que les caméras sur drone, l’entretien des chars et des munitions pour armes.

Au total, le Canada a octroyé plus de 9,5 milliards de dollars à l’Ukraine depuis le début de la guerre en février 2022.

Justin Trudeau a aussi déclaré l’imposition de nouvelles sanctions contre une soixantaine d’individus et d’entités russes en lien avec des allégations d’enlèvements d’enfants et le partage de la désinformation.

Il a aussi promis que le Canada offrira une aide macroéconomique importante pour l’année 2024 et fournira un soutien financier pour appuyer des initiatives en faveur de la santé mentale en Ukraine.

La ministre des Anciens Combattants et ministre associée de la Défense nationale, Ginette Petitpas Taylor, a d’ailleurs annoncé sur X son partenariat avec la première dame de l’Ukraine, Olena Zelenska, pour soutenir les combattants et les vétérans ukrainiens et canadiens.

«La santé mentale et le bienêtre des vétérans sont au cœur du travail de l’Institut Atlas», peut-on lire sur la publication.

Lors de sa visite dans la capitale nationale, le commandant en chef de l’Ukraine a signé une version modernisée de l’accord de libre-échange avec le Canada. L’entente permettra ainsi de favoriser le développement économique de l’Ukraine et la création d’emplois dans les deux pays.

«Monsieur le président Zelensky, j’ai indiqué clairement que notre gouvernement va se tenir à vos côtés aussi longtemps qu’il le faudra», a déclaré Justin Trudeau.

Le Parlement canadien a accueilli le président ukrainien sous des vagues d’applaudissements. 

Photo : Chantallya Louis – Francopresse

L’Ukraine remercie le Canada

Devant le Parlement, le président ukrainien a été reçu sous une vague d’applaudissements et a commencé son discours en lançant en ukrainien «gloire aux héros».

Pendant près de vingt minutes, en anglais, il a rappelé la relation étroite entre son pays et le Canada depuis plus d’une quarantaine d’années. Il a pris le temps de mentionner le monument dressé, en 1983, dans la Ville d’Edmonton pour commémorer les victimes de l’Holodomor.

«Le premier monument en l’honneur des victimes de l’Holodomor, le premier dans le monde», a-t-il lancé devant les parlementaires dont certains portaient des habits traditionnels ukrainiens.

Il a poursuivi son discours en dénonçant l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine qui dure depuis plus de 18 mois.

«Moscou essaie de contrôler l’Ukraine et il est prêt à tout même à commettre du génocide, c’est du génocide ce que les occupants font en Ukraine».

À maintes reprises pendant son allocution, il a remercié le Canada qui a ouvert ses portes à plus de 175 000 réfugiés ukrainiens qui ont fui la guerre et pour l’aide que son pays reçoit. «Merci pour votre soutien politique envers l’Ukraine».

Il a même terminé son discours en disant «Je te remercie Canada» en français.

Après son passage à Ottawa, le président Volodymyr Zelensky et le premier ministre se sont envolés vers Toronto pour prendre part à une table ronde avec des chefs d’entreprise canadiens et rencontrer la communauté canado-ukrainienne.

Yannick Proulx marche d’un océan à l’autre à la recherche d’un équilibre. Loin des impératifs de vitesse et de performance, le Montréalais veut prendre son temps. Le 15 avril dernier, il est parti en solitaire du cap Spear, à Terre-Neuve, à l’assaut du Sentier transcanadien qui traverse le Canada d’est en ouest.

Yannick Proulx est passé par Ottawa pendant son voyage sur le Sentier transcanadien. 

Photo : Courtoisie

À raison de 30 à 40 kilomètres par jour, le quadragénaire mettra environ deux ans pour parcourir les quelque 16 000 kilomètres du sentier à travers les dix provinces canadiennes. Il devrait voir se dessiner l’horizon des côtes de la Colombie-Britannique en 2025.

L’idée de cette échappée belle a germé dans la tête de Yannick Proulx à la lecture d’un livre sur l’ikigaï. Cette philosophie de vie japonaise permet de trouver sa raison d’être. Il s’agit de l’équilibre entre ce pour quoi une personne est douée, ce qu’elle aime et ce dont le monde a besoin.

«C’était il y a des années, mais j’ai compris à ce moment-là que mon aspiration profonde en accord avec mes valeurs, c’était de traverser le Canada à pied», raconte l’aventurier au bout du fil.

Deux ans de préparation

À l’époque, Yannick Proulx inscrit son ikigaï dans un carnet qu’il met précieusement de côté. Rattrapé par son rythme de vie effréné, celui qui est propriétaire d’une entreprise d’évènementiel finit par perdre la trace de son rêve. Le fameux carnet ne resurgit qu’en 2021 à la faveur d’un déménagement en pleine pandémie de COVID-19.

Yannick Proulx marche actuellement le long des Grands Lacs en Ontario. 

Photo : Courtoisie

«Avec la pandémie, ma vie a été chamboulée. J’ai pris conscience que j’étais libre de réaliser mon rêve, j’avais l’argent de côté et pas d’engagement professionnel», raconte-t-il.

Sa décision prise, Yannick Proulx met deux ans à tout organiser. Il crée une page Facebook, cherche des commanditaires, lance un appel aux Canadiens et Canadiennes qui seraient prêts à l’héberger chez eux pendant sa grande traversée. Rapidement, une centaine de personnes des quatre coins du pays se disent prêtes à l’accueillir.

Surtout, il prépare son corps à endurer des mois de randonnée avec un sac de treize kilos sur le dos. Il s’entraine inlassablement et marche encore et toujours, des plus ou moins grandes distances chaque jour.

Aujourd’hui, le marcheur laisse son esprit vagabonder le long des Grands Lacs, en Ontario. Il a d’ores et déjà traversé les provinces de l’Atlantique ainsi que le Québec.

Au-delà des paysages à couper le souffle, Yannick Proulx reste profondément marqué par les rencontres qui ont émaillé son voyage. Au bout du fil, il n’a de cesse d’évoquer la générosité et l’ouverture des gens dont il a croisé la route.

J’ai vécu des histoires à tomber de ma chaise. Il a toujours suffi que je cogne à une porte pour que les gens m’invitent chez eux. Ils me nourrissent, m’hébergent et parfois me donnent même de l’argent.

— Yannick Proulx

Une nonagénaire «allumée» et un camionneur providentiel

À Barachois, à Terre-Neuve, il passe une soirée fascinante avec une nonagénaire «allumée» aux boucles blanches, Betty. «Je n’ai pas eu le temps de me présenter qu’elle m’a invité à rentrer chez elle pour boire un café chaud. On a jasé pendant des heures de la vie, de la nature, de rien», se souvient-il dans un sourire.

À Ingonish, en Nouvelle-Écosse, un couple le soigne et l’héberge pendant deux jours alors qu’il s’est blessé le pied. Au Nouveau-Brunswick, un appel providentiel de son ancien beau-frère camionneur le sauve d’un temps glacial et d’une pluie cinglante.

«Il était là en moins de 30 minutes. Avec son camion, il a pu m’avancer jusqu’à chez moi au Québec», se remémore-t-il.

«Brulé et sans énergie», Yannick Proulx retrouve alors sa femme avec laquelle il passe une semaine et demie.

J’ai failli abandonner, mais j’ai pris du recul et je me suis dit que je me sentirais incomplet si je n’allais pas au bout.

Encouragé par son épouse, il reprend la route depuis Baie-Saint-Paul dans la région québécoise de Charlevoix, avant de redescendre vers l’Ontario.

«Faire une pause au bord de son existence»

En six mois, le voyageur a connu de nombreux moments de doute : «Le plus dur, c’est le mental. Il faut réussir à être résilient pour passer à travers la solitude. Quand je ne vois personne pendant plusieurs jours, la méditation m’aide beaucoup.»

Yannick Proulx dort parfois sous sa tente, mais il est très souvent hébergé par des gens qu’ils croisent sur la route. 

Photo : Courtoisie

Au fil des kilomètres, il a appris à se déconnecter pour s’abandonner aux sollicitations du chemin, s’ouvrir aux silences et au temps qui s’écoule. 

«La marche est une manière de respirer, de faire une pause au bord de son existence. Il n’y a aucun engagement autre que l’instant présent, estime-t-il. Quand je me prépare le matin, je ne sais pas où la vie va m’emmener. Je vis au jour le jour sans pression. J’y vais à l’intuition.»

Yannick Proulx poursuivra son cheminement jusqu’en novembre. Durant les mois d’hiver les plus froids, il retournera vivre chez lui au Québec, avant de repartir vers les Prairies en avril – «ou peut-être en mars, si je me décide à faire un mois en ski de fond».

Pour étirer le temps du voyage, l’aventurier songe déjà à revenir de Colombie-Britannique en vélo. «Chaque coup de pédale m’aidera à me préparer mentalement à revenir à la maison, je sais que le retour à la routine du quotidien peut être déprimant», précise-t-il.

Yannick Proulx ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il parle d’un livre, mais aussi de conférences et d’ateliers dans les écoles : «Je veux inciter les gens à marcher. C’est un outil de choix pour reprendre confiance en soi et se dépasser.»

L’Inde montrée du doigt, manifestations sur l’identité de genre et convocation des grands épiciers canadiens

Crise diplomatique entre l’Inde et le Canada

Justin Trudeau a fait part de ses préoccupations aux hauts responsables du renseignement et de la sécurité du gouvernement de l’Inde.

Photo : Marianne Dépelteau - Francopresse

En chambre lundi, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que les organismes canadiens de sécurité avaient identifié un possible lien entre des agents du gouvernement indien et l’assassinat par balle d’un Canadien sikh en Colombie-Britannique en juin dernier.

Hardeep Singh Nijjar était une figure influente du mouvement pour l’indépendance de la région du Pendjab, en Inde, appelée Khalistan par ses militants. Selon la police, l’attaque était ciblée.

Justin Trudeau, qui était en Inde la semaine dernière, a assuré avoir «personnellement abordé la question de manière très claire avec le premier ministre [Narendra] Modi» qui a notamment demandé une coopération avec le Canada pour éclaircir l’affaire.

Dans la foulée, le Canada a expulsé un diplomate indien. L’Inde en a fait de même deux jours plus tard. Jeudi, le gouvernement canadien annonçait la réduction temporaire de son personnel consulaire et diplomatique en Inde.

Le même jour, l’organisme officiel émetteur de visas indiens au Canada, BLS International, confirmait la suspension de traitement des demandes de visas indiens.

Des manifestations et des contremanifestations sur la question de l’identité de genre ont eu lieu dans plusieurs villes canadiennes mercredi.

Photo : Chantallya Louis - Francopresse

Des opposants à l’enseignement de l’identité de genre à l’école et des défenseurs des droits des personnes LGBTQ+ se sont affrontés verbalement mercredi dans plusieurs villes du pays, notamment à Ottawa, Toronto et dans une dizaine de villes en Atlantique.

Une manifestation organisée par le groupe «1 Million March 4 Children» a rassemblé les personnes qui dénoncent une «idéologie du genre» dans les écoles canadiennes et qui, dans certains cas, revendiquent la nécessité d’informer les parents des changements d’identité de genre de leurs enfants.

Manifestants et contremanifestants ont défendu la protection des enfants.

Selon la police d’Ottawa, deux personnes ont été arrêtées dans la capitale pour affichage de matériel à caractère haineux et pour trouble d’ordre public.

La Presse Canadienne a obtenu une copie d’un message envoyé aux députés conservateurs fédéraux les avertissant de ne pas commenter publiquement les évènements.

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Justin Trudeau a quant à lui publié sur X son avis sur le mouvement : «Nous condamnons fermement cette haine et ses manifestations, et nous sommes solidaires des Canadiens et Canadiennes 2ELGBTQI+ à travers le pays — vous êtes valables et appréciés.»

Les dirigeants des cinq principales chaines d’épicerie au Canada ont été convoqués lundi pour une réunion avec le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, et la ministre des Finances, Chrystia Freeland.

Jagmeet Singh avait rencontré les PDG des grandes épiceries au pays en mars dernier. 

Photo : Marianne Dépelteau — Francopresse 

La rencontre d’environ deux heures avec les PDG de Loblaws, Metro, Costco, Walmart Canada et Empire Company Limited (la société mère de Sobeys et IGA) avait pour but de créer un plan de stabilisation des prix au Canada d’ici l’Action de grâce.

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Lundi, en mêlée de presse, François-Philippe Champagne a refusé de dévoiler les détails de ce plan.

«Ils se sont engagés formellement à appuyer le gouvernement du Canada dans nos efforts pour stabiliser les prix. C’est la première réunion avec l’ensemble des chaines d’alimentation», a-t-il indiqué, tout en refusant d’expliquer pourquoi cela n’a pas été fait plus tôt.

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Nouvelles démissions dans le dossier de la ceinture de verdure à Toronto et réduction des émissions de méthane au Canada

Le premier ministre ontarien, Doug Ford, a confirmé vendredi l’annulation des changements aux règles de zonage de la ceinture de verdure pour permettre la construction d’habitations.

Le premier ministre ontarien, Doug Ford.

Photo : Simon Séguin-Bertrand - Le Droit

L’autorisation par Doug Ford de modifier le zonage de la ceinture de verdure, une zone sous protection environnementale du Grand Toronto, a provoqué une crise politique à Queen’s Park.

Jeudi, Kaleed Rasheed, ministre des Services au public et aux entreprises est devenu le deuxième ministre ontarien à remettre sa démission en raison d’un possible conflit d’intérêts possible dans le dossier.

«J’ai hâte de prendre les mesures nécessaires pour blanchir mon nom Bureau du commissaire à l’intégrité afin de pouvoir réintégrer l’équipe du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario dès que possible», a partagé le député de Mississauga-Est-Cooksville sur la plateforme X.

Au début septembre, le ministre des Affaires municipales et du Logement avait aussi remis sa démission à la suite d’un rapport accablant du Commissaire à l’intégrité.

Mercredi à New York, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, Justin Trudeau a déclaré que le Canada était sur la bonne voie pour atteindre et même dépasser ses cibles pour réduire les émissions de méthane provenant des champs pétroliers.

Le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, a quant à lui profité de l’évènement pour défendre sa politique sur la tarification du carbone : «Nous sommes fiers d’inviter les autres nations à nous […] pas seulement pour protéger notre planète, mais aussi pour soutenir nos premiers répondants qui sont sur la ligne de front des catastrophes causées par les changements climatiques.»

Le premier ministre progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a fait réviser la politique 713 sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Désormais, les parents d’élèves de moins de 16 ans doivent être informés des choix de prénoms de leurs enfants.

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Le 22 aout, le gouvernement de la Saskatchewan a annoncé la même initiative, en plus de rendre obligatoire le consentement des parents pour les cours d’éducation à la sexualité, dont le contenu devra leur être rapporté au préalable.

Le premier ministre, Scott Moe, serait prêt à utiliser la clause nonobstant, qui permet de contourner temporairement certains droits de la Charte canadienne des droits et des libertés.

Consentement des parents

Six jours plus tard, c’était au tour de l’Ontario d’emboiter le pas aux deux autres provinces. Le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford n’a toutefois pas précisé s’il y aurait un projet de loi ou une révision des politiques.

D’après la chercheuse Alexa DeGagne, le poids de l’identité de genre des enfants aux prochaines élections fédérales dépendra de l’évolution des débats et des stratégies des partis. 

Photo : Courtoisie

La première ministre progressiste-conservatrice du Manitoba, Heather Stefanson, a elle aussi promis d’étudier l’élargissement des droits des parents dans les écoles si elle était réélue.

Au fédéral, les membres du Parti conservateur du Canada (PCC), réunis pour un congrès il y a deux semaines à Québec, ont voté à 69,2 % en faveur d’une résolution destinée à interdire les transitions de genre des mineurs.

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Le premier ministre, Justin Trudeau, s’est prononcé contre cette résolution. À ses yeux, les débats clivants sur les personnes trans n’ont pas leur place au Canada.

Pour Pierre Poilievre, qui n’a pas encore explicitement dévoilé son opinion sur cette résolution, l’enjeu est de compétence provinciale. «Laissez les provinces gérer les écoles et laissez les parents élever les enfants», avait déclaré le chef du PCC lors d’un évènement à Moncton, en juin dernier.

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«Une grande distraction»

Selon Alexa DeGagne, professeure agrégée en études sur les femmes et le genre à l’Université d’Athabasca en Alberta, la question de l’identité de genre des enfants sert les politiciens à plusieurs égards.

Ça donne aux gens un ennemi commun. Si vous avez peur que quelque chose de mauvais arrive à des gens, peu importe à quel point c’est fondé, cette peur peut être manipulée pour unir les gens les uns contre les autres.

— Alexa DeGagne

Elle explique que l’émotion suscitée par l’orientation sexuelle et l’identité de genre facilite la manipulation : «Ce sont des sujets incroyablement intimes, personnels et émotionnels.»

Sur un sujet tabou qui «les effraie», les gens auront moins tendance à vérifier l’information, rendant la propagation de fausses informations plus facile. «C’est un sujet très frais que vous pouvez infuser avec tout ce que vous voulez.»

L’opinion des Canadiens

Selon un sondage d’Angus Reid publié en aout, 78 % des Canadiens estiment que les parents devraient être informés si leur enfant souhaite changer d’identité de genre ou de pronoms et 43 % pensent que les parents devraient consentir à ce changement.

La chercheuse considère aussi le débat comme étant «une grande distraction».

«Ce genre de tactique politique a une longue histoire. On l’a vu dans des temps d’échecs politiques, économiques, de la guerre, de l’inflation, il y a une tendance où certains gouvernements ou politiciens vont utiliser des populations marginalisées comme des boucs émissaires.»

Elle donne l’exemple de la crise du sida dans les années 1980 qui a conduit à une diabolisation des homosexuels plutôt qu’à une réflexion sur le fonctionnement des systèmes de santé.

Francesco MacAllister-Caruso fait un lien entre les débats actuels et ceux qui ont entouré le mariage homosexuel et le droit à l’avortement au Canada.

Photo : Courtoisie

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L’histoire se répète

Aux yeux de Francesco MacAllister-Caruso, doctorant en science politique à l’Université Concordia à Montréal, le débat autour de l’identité de genre des enfants reste lié à l’avancée des droits 2ELGBTQIA+ et à la visibilité de la communauté. Francesco MacAllister-Caruso fait un lien entre les débats actuels et ceux qui ont entouré le mariage homosexuel et le droit à l’avortement au Canada.

Selon lui, «une peur de perdre un peu le contrôle social sur les enjeux queers et trans» s’est développée. «C’est là que vraiment les mouvements d’opposition ont commencé.»

D’après lui, cette querelle politique mijote depuis quelques années seulement, mais de vieux arguments refont surface.

«Il y a, dans ce discours-là, ce qu’on appelle la politique de la contagion. C’est la peur que le fait d’exposer les enfants aux personnes queers et trans aille en quelque sorte les convertir à notre idéologie. […] Aujourd’hui, on veut utiliser le même genre de discours, la protection des droits des enfants, sans aller jusqu’à dire que les personnes trans sont des abominations qui vont mener à la [destruction de la] société.»

Une «corde sensible»

De son côté, Alex Tétreault, activiste queer originaire de Sudbury en Ontario, considère que les politiciens parlent des enfants, «parce que c’est une corde sensible».

«En misant sur l’angle des enfants, la protection des enfants, en exploitant aussi en quelque sorte le manque de sensibilisation et de connaissance de la population générale face à ces enjeux-là […] je pense qu’il y a quand même un gain électoral», explique-t-il.

Alex Tétreault est un artiste pigiste, communicateur et activiste communautaire queer originaire de Sudbury, en Ontario. 

Photo : Bennett Malcomsom

«Si vous parlez d’enfants, soudain, les gens sont très intéressés et très réactifs et c’est quelque chose sur lequel vous pouvez miser pour les faire voter», confirme Alexa DeGagne.

Alex Tétreault rappelle que la politisation de ce genre de question n’a rien de nouveau. «Pour les personnes queers et les communautés marginalisées de façon générale, on est politisé, notre existence, nos identités, nos expériences sont politisées malgré nous.»

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L’activiste regrette la façon dont les politiques abordent cette question. «Je pense qu’il y a des acteurs qui font de la politicaille de mauvaise foi. Ce n’est pas une vraie conversation politique, c’est de la rhétorique extrémiste, c’est de la démagogie, ce n’est pas de la politique comme j’aimerais que ce soit.»

Acheter oui, mais pas n’importe où. Dans Quartier recherché, Evelyne Charuest et Corey se livrent une compétition amicale pour dénicher des résidences qui répondent aux critères et au budget des participants à l’émission.

Après avoir cerné les besoins des futurs propriétaires, chaque animateur leur présente un logement dans un quartier différent d’une même ville. «On cherche à comprendre quelle est la vie autour du bien immobilier», explique Evelyne Charuest. Aux participants ensuite de choisir entre les deux propositions et de faire une offre.

Les 16 épisodes de 24 minutes de la saison 2 de Quartier recherché seront diffusés tous les mercredis à 21 h HAE sur Unis TV.

Le premier épisode, tourné autour d’Halifax, est déjà disponible sur la plateforme TV5Unis.

Pour cette deuxième saison, le duo s’est rendu à Halifax, Moncton, Vancouver, Whistler, Squamish, Saskatoon, Winnipeg, Toronto et Montréal.

L’occasion pour les téléspectateurs de voyager d’un océan à l’autre, en français.

Sortir des grandes villes

«On voulait sortir un peu de Vancouver, de Toronto, de Montréal, des villes qu’on a revisitées bien sûr parce qu’elles sont incontournables, mais c’est bon d’aller à la rencontre des francophones de partout, pas seulement dans les grands centres», expose Evelyne Charuest.

«On voulait aller voir comment se vit Saskatoon, Winnipeg, Squamish, des villes qui bougent beaucoup, poursuit-elle. À Squamish par exemple, il y a un bassin de francophones hallucinant.»

Parmi les nouveautés de cette saison : «une plus grande variété» chez les candidats et candidates, promet l’animatrice. Des familles, des personnes seules, des premiers acheteurs, mais aussi de futurs colocataires.

«On a entre autres, à Halifax, un homme qui souhaite acheter une maison pour devenir colocataire, raconte-t-elle. Parce qu’avec la crise du logement, il se disait “moi, j’ai les moyens d’avoir accès à une propriété donc j’aimerais avoir un coup de pouce pour payer le loyer, mais aussi permettre à des gens de se loger”.»

Evelyne Charuest et Corey Loranger aident des francophones partout au pays à dénicher des biens immobiliers qui répondent à leurs besoins et à leur budget. 

Photo : Unis TV

Des prix en hausse

Au début de chaque épisode, le duo d’animateurs présente un portrait succinct du marché immobilier dans la ville où ils se trouvent : le prix moyen d’une maison ou d’un condo, l’évolution des couts d’une année à l’autre ou encore la durée de vie d’un bien sur le marché.

«On veut donner le portrait, mais ça change tellement vite, observe Evelyne Charuest. Les taux d’intérêt ont augmenté de façon spectaculaire dans la dernière année.»

Certains épisodes ont été tournés il y a plus d’un an, la situation n’est donc plus la même aujourd’hui.

Quartier recherché n’est pas une émission d’actualité, tiennent à préciser les animateurs. «Mais à travers notre émission, on ressent la pression des marchés parce qu’évidemment on va souvent mentionner le fait qu’il faut y aller rapidement avec notre offre, il faut faire un choix rapide», reconnait Corey Loranger.

«On a vu qu’il manquait beaucoup de biens dans plusieurs marchés, même des marchés inattendus, comme Winnipeg par exemple», indique Evelyne Charuest.

«Le prix a également fortement augmenté, les gens devaient constamment hausser leur budget, ajoute-t-elle. C’est une réalité qui est partagée partout au pays, pas que dans les grandes villes. On savait déjà pour Vancouver et Toronto, mais maintenant même dans les plus petites villes, même à Moncton, les prix des maisons sont maintenant beaucoup plus élevés que ce qu’ils étaient il y a deux ans ou trois ans quand on a commencé à tourner [la première saison de Quartier recherché].»

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Demande croissante dans les Maritimes

Les animateurs se sont aussi heurtés aux réalités d’un marché toujours plus tendu. «Des fois, c’était compliqué de trouver des biens qui correspondaient aux besoins des participants», commente Corey Loranger.

«On a eu des gens qui nous ont donné un budget et on n’était vraiment pas capable de cocher toutes les cases. Il fallait faire des compromis ou des concessions», détaille le Franco-Albertain.

L’animateur a notamment été surpris par le marché immobilier d’Halifax. «Halifax est en immense crise de logements. […] Elle est devenue inabordable pour les gens qui sont là-bas. C’est une ville qui est en mode d’explosion. Il y avait de la construction partout quand on était là.»

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Les Prairies sous pression

«Il y a des marchés comme celui de Saskatoon où les maisons se vendent très très rapidement, note Corey Loranger. Depuis que les villes comme Toronto et Vancouver sont rendues absolument inabordables, les gens déménagent de ces villes-là et on ressent une pression sur le marché immobilier dans les Prairies.» Notamment dans les villes de Saskatoon, Regina, Calgary et Edmonton.

«Quand nos intervenants choisissent la maison de leur choix entre les deux propriétés, ils doivent tout de suite faire une offre, même que des fois la maison se vend à notre insu», confie-t-il. Une pression de plus pour les acheteurs, pas forcément recherchée.

Marché francophone

Dans Quartier recherché, Evelyne Charuest et Corey Loranger sont accompagnés dans leur quête par un courtier immobilier francophone local. Si certains sont habitués à travailler en français, d’autres non.

«Il y a des agents par exemple qui disaient “je ne travaille pas tellement avec la communauté francophone, je devrais [le faire] plus”, témoigne Evelyne Charuest. […] Les gens ne sont pas forcément au courant du marché francophone.»

«Pour nous, c’était une fierté, mais pour eux aussi, de voir que c’était possible non seulement de vivre, mais aussi de parler, de faire des affaires en français», se réjouit l’animatrice.

«On est tellement habitués d’embaucher des services en anglais que parfois on n’y pense même pas en fait», remarque Corey Loranger.

Pour le Franco-Albertain, cet échange entre courtiers et acheteurs francophones crée de nouveaux liens au sein de la communauté. «Ça fait une différence quand on comprend d’où on vient, notre culture, notre identité, ces choses-là. Ça crée une relation de travail client-service particulière.»

Pour s’attaquer à la crise du logement, le gouvernement fédéral propose d’éliminer la TPS sur la construction des nouveaux logements locatifs. Pour contrer l’inflation alimentaire, les libéraux ont convoqué lundi à Ottawa les patrons des cinq grands épiciers du pays pour tenter de les convaincre de geler leurs prix.

Étant donné le contexte, ces solutions semblent malheureusement relever davantage de la réaction politique que d’une stratégie économique bien réfléchie.

Le gouvernement Trudeau est sous pression. Il dégringole dans les sondages au profit des conservateurs de Pierre Poilievre, qui font depuis des mois du cout de la vie leur cheval de bataille. Le gouvernement a donc commencé la session parlementaire à l’offensive. En proposant ces mesures, il a coupé court aux critiques de ses adversaires politiques.

Un plan pour le logement

La réaction des entrepreneurs en construction est unanime : le remboursement de TPS qui réduira leurs couts de 3,5 % aura un effet bénéfique sur le prix des nouveaux logements locatifs. C’est certainement possible étant donné la concurrence dans le secteur.

Cette mesure devrait aider les promoteurs à devenir admissibles à un financement et à construire davantage d’unités locatives. Ce type de logements est très recherché, mais peu attrayant pour les promoteurs dans le contexte de l’augmentation des couts de construction. Le gouvernement vise la bonne cible avec cette subvention.

Malheureusement, le déficit de logements à combler est immense. Depuis le début de la pandémie, les couts moyens de l’habitation au Canada ont augmenté de 55 % sous l’effet combiné de la hausse du prix des matériaux, de la main-d’œuvre et du financement.

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) évaluait encore il y a quelques jours qu’il faudrait construire 3,5 millions de logements au Canada d’ici 2030 afin de rétablir l’abordabilité.

Au rythme actuel des choses, ce ne sont que 1,5 million de logements qui devraient s’ajouter au parc immobilier canadien d’ici 2030… ce qui laisse une pénurie de 2 millions de logements qui, à elle seule, devrait garantir le maintien de prix élevés.

Le remboursement de TPS annoncé par les libéraux aura donc l’avantage de réduire les prix à la source et d’augmenter l’offre dès qu’elle sera entérinée dans un projet de loi dans les prochaines semaines.

Cependant, les besoins sont tellement grands et la bulle de l’immobilier canadien tellement gonflée qu’on voit mal comment le gouvernement réussira à instaurer de nouvelles mesures suffisamment structurantes pour avoir une incidence significative sur la crise du logement d’ici les prochaines élections en 2025 ou 2026.

Difficile de stabiliser les prix à l’épicerie

Le deuxième grand effort du gouvernement pour lutter contre l’inflation réside dans la rencontre de lundi entre le ministre de l’Industrie François-Philippe Champagne et les patrons des cinq grands groupes d’épiciers au Canada, soit Loblaws, Metro, Empire (Sobeys, IGA), Costco et Walmart.

Le gouvernement avait pour objectif de tenter de convaincre ces géants de limiter l’augmentation des prix.

Disons-le d’emblée, cette rencontre relevait d’un exercice de relation publique.

Le ministre Champagne a demandé aux épiciers de lui soumettre un plan d’action d’ici trois semaines. Tout le monde a parlé d’une rencontre productive, mais il serait extrêmement improbable que les épiciers parviennent à avoir un effet sur l’inflation alimentaire.

On a beaucoup parlé des profits des épiciers depuis la pandémie à cause de l’inflation élevée du prix des aliments depuis 2021.

Il est vrai que les profits, notamment de Loblaws, ont beaucoup augmenté durant cette période, mais la marge de profits nette des épiciers reste très faible par rapport aux autres secteurs économiques. Elle oscille normalement autour de 2 % et est montée à 3 % au cours des dernières années.

Cela veut dire que pour chaque tranche de 100 $ dépensés pour exploiter leurs magasins, les grands épiciers font 2 à 3 $ de profit. Ce sont des entreprises très profitables à cause de leur volume considérable de ventes, et non pas en raison de leur cupidité particulière.

Pourtant, vous n’avez pas la berlue. L’inflation alimentaire est un phénomène réel et bien documenté.

Les prix des denrées à l’épicerie ont connu une augmentation de 6,9 % par rapport à l’année dernière, une croissance des prix encore supérieure à l’inflation globale, qui s’est établie à 4 % en rythme annuel en aout.

Cette croissance élevée et persistante du prix des aliments est attribuable à un ensemble de facteurs, comme la hausse du prix du pétrole, des engrais, de la main-d’œuvre et du transport qui se répercute sur chaque étape de la production et de la transformation des aliments.

L’inflation alimentaire est loin de toucher seulement le Canada. Il suffit de se comparer pour se consoler. L’inflation du prix des aliments entre l’été 2022 et 2023 a atteint 54 % en Turquie, 66 % en Égypte et 117 % en Argentine.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des dynamiques particulières à l’économie canadienne sur lesquelles le gouvernement peut chercher à agir. Cela veut plutôt dire qu’il est peu probable que des menaces de contrôle des prix à l’épicerie aient l’effet escompté. Dans ce dossier-ci, le gouvernement se trompe de cible.

Il faudra attendre les prochaines annonces du gouvernement avant de juger, mais la spontanéité et le ton populiste du dévoilement de la rencontre avec les épiciers nous laissent penser qu’il s’agit davantage d’improvisation que d’un plan économique cohérent.

David Dagenais est journaliste économique indépendant et entrepreneur. Auparavant, il a été journaliste à Radio-Canada après avoir achevé des études supérieures en économie politique à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université d’Ottawa.

Selon l’Indice du travail urbain 2023 de Youthful Cities, plus de 86 % des jeunes de 15 à 29 ans au Canada vivent dans des agglomérations urbaines. Mais leur destination a changé : ils quittent le centre du pays pour les côtes Est et Ouest.

Un classement des meilleures villes au Canada

Établi tous les deux ans, l’Indice du travail urbain classe les 30 meilleures villes au pays où travailler et vivre pour les jeunes, en fonction de dix indicateurs, tels le cout de la vie, l’emploi, les services de santé ou encore la diversité et l’inclusion.

Cette année, la ville de Toronto arrive en tête du podium, suivie de Montréal et de Vancouver. Charlottetown obtient quant à elle la quatrième place au classement général, devant les agglomérations de Kitchener-Waterloo et d’Ottawa-Gatineau.

Au cours des cinq dernières années, Halifax, Moncton et Charlottetown ont toutes gagné en population jeune, rapporte l’étude.

Par contre, la Saskatchewan a enregistré la perte nette du nombre de jeunes la plus importante, en raison de la migration interprovinciale par habitant.

Quant à l’agglomération de Toronto, pourtant première au classement général, elle a perdu plus de 10 000 jeunes de 15 à 29 ans sur la même période.

Cout de la vie

Les jeunes actifs ont changé leur rapport au travail et à la propriété, observe Mircea Vultur, professeur titulaire au Centre Urbanisation Culture Société de l’Institut national de la recherche scientifique.

Photo : Sophie Grenier

«Les grands centres urbains sont surpeuplés, avec une difficulté d’accès à la propriété», remarque Mircea Vultur, professeur titulaire au Centre Urbanisation Culture Société de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).

En revanche, «les régions rurales souffrent d’un déficit de jeunes dans l’ensemble du Canada, parce qu’ils sont quand même attirés par les espaces urbains», ajoute-t-il.

Selon lui, les nouvelles générations sont notamment séduites par les villes de taille moyenne, où les logements sont plus abordables et d’où elles peuvent faire du télétravail.

«Cette situation concerne particulièrement les jeunes familles avec enfants», qui d’après Mircea Vultur peinent à trouver l’espace nécessaire pour le travail dans les logements souvent plus exigus des grandes villes.

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Le paradoxe de Vancouver

Vancouver affiche un solde migratoire interprovincial positif, tout en restant l’une des villes les plus chères au pays. «Les gens sont toujours intéressés par la Colombie-Britannique», confirme Raj Dhaliwal, chef de projet à Youthful Cities.

«Vancouver en tant que ville, bien sûr, le centre-ville est très cher, mais il y a encore tellement d’opportunités dans des endroits comme New Westminster, Surrey, Burnaby, où les jeunes peuvent encore vivre», remarque-t-il.

«À Surrey, il y a plus de jeunes de 15 à 24 ans que de personnes âgées de 55 à 64 ans, alors qu’à Vancouver, c’est l’inverse. C’est donc une sorte de changement.»

«Ils ne vivent pas pour travailler»

D’après le rapport de Youthful Cities, le cout de la vie reste un défi majeur pour les jeunes : «Pour [eux], l’abordabilité ne consiste pas seulement à survivre : il s’agit de s’épanouir et de contribuer aux villes, ainsi que de penser à l’avenir (en accédant par exemple à la propriété).»

Pour Raj Dhaliwal, chef de projet à Youthful Cities, les jeunes urbains ont une approche plus «holistique» de la vie. 

Photo : Courtoisie

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«Les jeunes ne vivent pas pour travailler, souligne Raj Dhaliwal, chef de projet à Youthful Cities. Ils se concentrent davantage sur la qualité de vie que sur le travail. Ils veulent une approche plus holistique de la vie.»

«Ils sont dans une logique de travailler pour vivre et non pas vivre pour travailler, corrobore Mircea Vultur. Ils ont vu leurs parents fatigués à 50 ans, ils ne veulent pas être comme eux […] Le travail comme devoir social est devenu obsolète», corrobore-t-il.

Il ajoute que «les jeunes ne sont plus disposés de sacrifier leur vie privée ou leur vie familiale sur l’autel du travail, comme a été souvent le cas de leurs parents».

Dans la hiérarchie des valeurs, la valeur “travail” vient après les relations de couple et la famille. Ils sont capables de trouver un nouvel emploi, mais la famille est unique et doit être préservée.

— Mircea Vultur

Pour lui, ils privilégient la qualité de vie à l’enrichissement matériel. «La qualité de l’emploi se mesure non pas par les salaires et donc sa valeur monétaire, mais par la possibilité d’apprendre, de développer des compétences, des interactions sociales.»

«Le rapport à la propriété a changé»

«Le rapport à la propriété a changé, lance Mircea Vultur. Avant, se réaliser signifiait avoir une trajectoire bien tracée au sein de l’entreprise, avoir une maison, être propriétaire. C’était comme un impératif, presque une exigence sociale.» Plus maintenant.

Les taux de propriété chez les personnes âgées de 25 à 34 ans ont diminué lors de la dernière décennie, analyse Statistique Canada. L’âge moyen pour l’accession à la propriété est d’environ 36 ans, «et cela augmente avec le temps», commente Raj Dhaliwal.

«Il se peut donc que les jeunes se concentrent actuellement sur l’intégration dans la ville, l’acquisition d’expériences, et que l’aspect abordable de la vie soit plus axé sur la location que sur l’accession à la propriété.»

Des chercheurs de l’Université de Waterloo ont récemment détecté des niveaux records de microplastiques dans l’eau relâchée dans les Grands Lacs et de ses affluents. Loin de se limiter au cours d’eau, cette forme de pollution a été détectée dans tous les environnements, incluant l’intérieur de nos maisons.

En Colombie-Britannique, des chercheurs ont même détecté du plastique dans ou sur presque tous les aliments qui composent la diète nord-américaine.

Si bien que selon une étude réalisée en Australie, une personne ingère en moyenne 5 grammes de microplastiques par semaine, soit l’équivalent du plastique contenu dans une carte de crédit.

Souvent, mais pas toujours microscopiques

Selon la définition généralement retenue, tout morceau ou particule de plastique d’une taille inférieure ou égale à 5 mm est considéré comme étant du microplastique.

Si les scientifiques parlent de microplastiques, c’est principalement pour désigner des morceaux trop petits pour être vus, comme ceux que nous respirons tous les jours, indique Joana Correia Prata, chercheuse à l’institut de médecine et de recherches biomédicales de Porto, au Portugal.

La majorité de ces particules seront éliminées relativement facilement par le corps, explique Joana Correia Prata, chercheuse à l’institut de médecine et de recherches biomédicales de Porto, au Portugal.

«Nous avons des mécanismes pour nous protéger. Par exemple, les plus gros morceaux que nous respirons restent pris dans notre nez et on les éjecte en éternuant.»

Aussi, le mucus présent dans la gorge et le système digestif bloque le passage des microplastiques et les empêche d’aller plus loin dans le système, décrit-elle.

«En fin de compte, c’est moins de 1 % des particules qui pourront traverser et entrer dans notre sang puis nos organes. Ça peut sembler peu, mais il faut se rappeler que l’on parle de millions de particules, alors il y en a quand même des centaines de milliers qui réussissent à passer.»

Des effets difficiles à mesurer

Les recherches sur les effets des microplastiques sur la santé humaine en sont encore à leurs débuts, rappelle la chercheuse. Chaque morceau de plastique est unique et peut créer des effets différents, ce qui les rend très difficiles à étudier de façon contrôlée.

Joana Correia Prata est chercheuse à l’institut de médecine et de recherches biomédicales de Porto, au Portugal. 

Photo : Courtoisie

«Chaque particule est un monde en soi, expose-t-elle. Elles diffèrent chimiquement selon le type de polymère et les additifs qu’elles contiennent, physiquement selon leur forme et même leurs couleurs et par les interactions qu’elles ont eues avec l’environnement.»

Nous savons en revanche que les particules de microplastiques peuvent agir comme les autres particules fines présentes dans l’air et dans certaines conditions causer des lésions ou même bloquer des vaisseaux sanguins au niveau des poumons, souligne Joana Correia Prata.

Des produits chimiques présents dans l’environnement ou des bactéries peuvent en outre se lier au plastique puis être libérés dans un organisme comme un humain ou un animal. «Mais l’inverse est aussi vrai, on a vu des cas où des substances toxiques présentes dans un organisme se sont liées au plastique avant d’être expulsées par le système digestif», nuance la professeure.

Mais tout semble indiquer que, du moins à court terme, cette ingestion de microplastique a un effet somme toute limité sur la santé humaine dans la majorité des cas. «Nous en respirons constamment et nous sommes toujours en vie après tout», remarque-t-elle.

Mieux vaut prévenir que guérir

Cela n’exclut toutefois pas que la présence de microplastique puisse entrainer des problèmes à long terme tels que des maladies chroniques ou le cancer, «mais ça prendra encore plusieurs années et de nombreux projets de recherche pour le savoir», note Joana Correia Prata.

«Ce qui ne veut pas dire qu’il faut attendre d’avoir prouvé hors de tout doute que ces particules sont nocives pour agir et diminuer leur prolifération», prévient Karen Wirsig, directrice de programme chez Environmental Defense Canada.

«Les microplastiques peuvent se frayer un chemin jusqu’à notre cerveau, ça ne prend pas beaucoup d’imagination pour comprendre que ce n’est pas une bonne chose, ni pour la santé humaine, ni pour la santé animale et l’environnement.»

Un problème en expansion

Johnny Gasperi est directeur de recherche au laboratoire Eau et Environnement de l’Université Gustave-Eiffel à Nantes, en France. 

Photo : Courtoisie

Un enjeu d’autant plus important, selon elle, car la pollution de microplastique émise chaque année ne disparait pas ; le problème va toujours en s’amplifiant.

Ce que confirme Johnny Gasperi, directeur de recherche au laboratoire Eau et Environnement de l’Université Gustave-Eiffel à Nantes, en France : «Certains procédés chimiques, physiques et biologiques permettent de dégrader le plastique, mais leur effet est minime. Donc évidemment on est en train de constituer des stocks très importants de débris plastiques, un héritage qui va demeurer pour le futur.»

De plus, nous produisons toujours plus de plastiques année après année, comme en témoigne une étude commandée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La production annuelle a plus que doublé depuis le début du siècle, passant de 234 millions de tonnes en 2000 à 460 millions de tonnes en 2019 à l’échelle planétaire.

Une action concertée

De plus, il serait futile, selon le chercheur, de tenter des opérations de nettoyage pour retirer les microplastiques présents dans l’environnement. «Par exemple, une fois qu’il rejoint une rivière, le microplastique se mélange à toute sorte d’autres éléments comme les minéraux. Retirer l’un sans retirer l’autre serait presque impossible.»

Karen Wirsig, directrice de programme chez Environmental Defense Canada.

Photo : Courtoisie

Aussi, s’il est possible de placer des systèmes de filtration pour capter ces particules, notamment à la sortie des machines à laver, ceux-ci resteraient très couteux et auraient une efficacité mitigée, ajoute Karen Wirsig.

Resserrer les règles qui encadrent les producteurs de plastique représenterait une avenue plus intéressante selon elle, car leurs usines demeurent une des premières sources d’émissions.

Toutefois, seule une action concertée entre les différents pays pourrait faire une réelle différence d’après elle, car ce type de pollution ne se soucie pas des frontières.

«Il y a plein de mesures qui peuvent être prises pour mitiger le problème, mais au final elles n’auront pas d’effets significatifs si nous n’essayons pas de réduire la quantité de plastique que nous produisons», conclut-elle.

Le G20 qui se déroulait en Inde et s’est achevé le 10 septembre a permis de mesurer l’ampleur de la crise que connait le système de gouvernance mondial.

C’est d’ailleurs en substance ce qu’a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres en parlant de famille «dysfonctionnelle».

Le sommet du G20 : autopsie d’un échec

Le G20 rassemble les 19 économies principales de la planète auxquelles s’ajoute l’Union européenne. Il représente ainsi quelque 85 % de l’économie mondiale.

L’optimisme n’était pas le maitre mot à New Delhi tant les tensions sur la scène internationale sont nombreuses. Et la Déclaration finale commune, accouchée dans la douleur, illustre bien l’impasse dans le dialogue à laquelle font face les grandes puissances.

La seule chose positive qui doit être soulignée est le fait que l’Union africaine aura désormais un siège dans ce forum des grands. Il était temps!

La guerre menée par la Russie en Ukraine est notamment le principal point d’achoppement.

D’un côté, les pays du Sud s’inquiètent avant tout du prix et de l’acheminement des céréales, et moins de la violation de l’intégrité territoriale, eux qui ont servi de paillassons aux puissances coloniales pendant si longtemps.

D’un autre côté, les pays occidentaux souhaitent que le monde se range du côté du droit international et condamne la Russie, ce que ni la plupart des pays du Sud ni la Chine ne sont disposés à faire.

Un air de guerre froide, mais des indéterminés

Il semble désormais acté que nous soyons passés dans un nouveau système international.

Les échecs des États-Unis en Afghanistan et en Irak, couronnés par la présidence Trump, nous ont fait sortir d’un système international unipolaire où les États-Unis dominaient.

Mais tout bon théoricien des relations internationales vous dira qu’un monde unipolaire n’est viable qu’à court terme, car par définition, il est sans équilibre des puissances.

Par ailleurs, la morgue des Américains a fait en sorte qu’ils ne se sont pas préoccupés de la montée en puissance de la Chine (notamment du développement du mégaprojet des nouvelles routes de la soie) ni du sentiment d’humiliation ressenti par la Russie.

Les Européens, quant à eux, étaient bien trop contents de se reposer encore sur Washington pour assurer leur défense et leur sécurité et ils se sont donc contentés de retourner à leurs démons fascisants du passé tout en créant une machine eurocratique infernale qui a dilué toute possibilité de parachever un projet politique européen concret.

Conséquence, nous sommes revenus aux prémices d’une nouvelle guerre froide.

Enfin je dis nouvelle, mais elle partage en fait beaucoup de points communs avec celle du 20e siècle : l’Occident contre la Russie. Des États africains courtisés par Moscou, et cela marche comme sur des roulettes, le travail de propagande des usines à trolls russes aidant.

Et surtout, il est plus difficile pour les Occidentaux de fomenter des coups d’État pour faire plier des dictateurs, c’est plutôt l’inverse qui se passe. Et enfin une Chine qui se pose en troisième voie, en chantre du non-alignement.

Il y a cependant une différence de taille.

Si la Chine avait somme toute refusé de clairement choisir un camp dans les années de la Guerre froide, c’était pour des raisons idéologiques, mais aussi parce qu’elle se préoccupait de développer son économie et sa société, de faire sortir le pays du Moyen-Âge.

Mission accomplie au-delà de toute espérance.

Elle choisit aujourd’hui d’incarner une troisième voie pour mieux se positionner sur l’échiquier des relations internationales et pour forcer Washington comme Moscou à la reconnaitre comme une égale.

Vers un monde tripolaire

Ses velléités de statut de superpuissance, la Chine ne s’en cache pas. C’est son objectif ultime et tous les efforts du régime sont dirigés vers l’atteinte de cet objectif.

Les deux seuls éléments qui lui manquent vraiment sont la puissance technologique et la puissance financière.

Mais la Chine rattrape vite son retard technologique. Quant aux finances, la Chine détient près d’un huitième de la dette américaine et liquide cet actif à la vitesse grand V et diversifie ses risques, ce qui est une bonne chose.

Par ailleurs, un yuan faible est important pour que la Chine puisse continuer à être une puissance exportatrice de premier plan.

Les prochaines années nous confirmerons ou non si la Chine est bel et bien ce colosse aux pieds d’argile ou si effectivement elle est en mesure de s’imposer dans le grand jeu.

En tout état de cause, il y a d’autres candidats au statut de superpuissance, aux premiers rangs desquels figure l’Inde. Premier pays au monde par sa démographie, l’Inde est également devenue la cinquième puissance économique mondiale cette année, dépassant… le Royaume-Uni. Beau pied de nez à l’histoire!

Contrairement à la Chine qui ne parvient pas à contrer le ralentissement économique, l’Inde affiche des taux de croissance qui font l’envie de tous. Le régime de Narendra Modi, peu ragoutant, demeure sans commune comparaison avec le régime dictatorial de Beijing.

Modi peut compter sur une bonne partie des Indiens pour l’aider à atteindre ses objectifs de grandeur. Il n’y avait qu’à voir comment tous les dirigeants réunis pour le G20 à New Delhi courtisaient le président indien pour comprendre l’importance croissante que prend le pays dans le jeu diplomatique, géopolitique et économique mondial.

Bizarrement, les chefs d’État et de gouvernement occidentaux ont oublié que l’Inde non plus n’est pas partie au régime de sanctions contre Moscou. Ou quand les Occidentaux travaillent très fort pour créer un adversaire à leur taille…

Aurélie Lacassagne est politicologue de formation et doyenne des Facultés de sciences humaines et de philosophie de l’Université Saint-Paul à Ottawa. Elle est membre du Comité de gouvernance du Partenariat Voies vers la prospérité.

«Moi et la communauté marocaine, on est en deuil», lance Najat Ghannou, présidente de l’Association canadienne des Marocains d’Ottawa-Gatineau.

Pour plusieurs Canadiens originaires du Maroc, c’est le moment d’agir, et agir vite. «On est loin et quand on est loin, ça fait encore plus mal», ajoute-t-elle.

Najat Ghannou souhaite recueillir des fonds pour aider les victimes du séisme du 8 septembre. 

Photo : Courtoisie

Campagnes de financement

L’Association canadienne des Marocains d’Ottawa-Gatineau a lancé une campagne de financement sur le site Internet de GoFundMe afin de recueillir des fonds pour aider les survivants du séisme.

«On demande à la population de nous appuyer, peu importe la somme d’argent qu’ils peuvent donner : 5 dollars, plus, ou moins, ça va aider de l’autre côté», indique Najat Ghannou.

À l’Ouest, l’heure est également à la mobilisation. L’Association islamique du Manitoba et la communauté marocaine de la province organisent dimanche une levée de fonds pour aider les milliers de familles touchées par le tremblement de terre.

L’argent recueilli par ces deux campagnes sera redistribué aux sinistrés.

«Ça va aider à reconstruire les maisons de tous ces villages qui ont été décimés et détruits, déclare Najat Ghannou. La nourriture arrive, les tentes pour héberger les gens arrivent, les couvertures, tout ce qui est aliments, eau et médicaments arrive aussi.»

Selon l’Ottavienne d’origine marocaine, plusieurs autres groupes communautaires et des familles se mobilisent à leur manière pour apporter leur soutien.

«On est soutenus»

«Une de mes écoles où j’étais membre de la direction, depuis samedi, ils font des ventes de gâteaux, de muffins et de pizzas, et les fonds vont aller aux sinistrés au Maroc», raconte-t-elle.

Jouwairia Lahboub-Daayf apprécie la solidarité des communautés canadiennes face au tremblement de terre qui a touché son pays d’origine. 

Photo : Courtoisie

«[Plusieurs membres de la communauté] se sont mobilisés à envoyer de l’argent auprès de leur famille […]. Ici au Canada, il y a d’autres communautés qui nous ont approchés, qui ont fait des dons majeurs», témoigne de son côté Jouwairia Lahboub-Daayf, présidente de l’Association marocaine Atlas du Manitoba.

Malgré le déchirement qui l’habite depuis vendredi, Najat Ghannou ne peut s’empêcher de ressentir de la gratitude envers les différentes communautés du pays.

«On est soutenus. Les gens sont avec nous, avec leur cœur, et ils nous soutiennent et l’entraide est à son maximum […]. C’est dans ces moments, les moments difficiles, qu’on a besoin de nos amis et nos familles. Alors, on est bien entourés», partage-t-elle.

Le sentiment est le même chez la Manitobaine Jouwairia Lahboub-Daayf. «On a vraiment reçu beaucoup d’appui, de soutien, de solidarité des autres communautés […]. On a eu de l’appui de tout le monde, ce qui est vraiment très agréable.»

Le ministre du Développement international, Ahmed Hussen, a annoncé mercredi la mise sur pied d’un fonds de contrepartie. Tous les dons de particuliers effectués à la Croix rouge canadienne entre le 8 et le 28 septembre seront égalés par le gouvernement canadien jusqu’à un maximum de 3 millions de dollars.  

Drapeau hissé

Par acte de solidarité, plusieurs villes canadiennes ont fait hisser le drapeau du Maroc à leur hôtel de ville.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, France Bélisle, la mairesse de Gatineau, a voulu rappeler le lien d’«amitié et de respect [qui existe] entre les deux pays».

«Nous sommes avec vous, chers amis marocains, dans cette épreuve difficile. Nous vous envoyons nos pensées et notre soutien», peut-on lire sur la page Facebook de l’élue.

Selon le dernier bilan provisoire, le séisme qui a frappé la région de Marrakech-Safi a fait près de 3 000 morts et plus de 5600 blessés.