Pochette de l’album Port-aux-Poutines.
Souffle d’espoir francophone
Sur l’ile de Terre-Neuve, j’ai découvert un groupe magnifique au nom particulier : Port-aux-Poutines. Avec leur album éponyme, Port-aux-Poutines, Jenna Maloney et Axel Belgarde nous invitent dans un univers celtique traditionnel canadien-français.
Le duo nous partage ses fiertés francophones dans un environnement anglophone. Tout au long de cet opus, il nous offre des trames originales et solides, qui mettent en valeur leur musicalité. L’album est rempli de vers d’oreille qui nous invitent à fredonner des chansons inconnues. Les textes nous jasent de fierté du territoire et de fierté de la langue.
Il y a de petits bijoux sur ce disque : la valse Sarah, une interprétation francophone magnifique d’un classique de l’ile, signé Buddy Wasisname and the Other Fellers, ou encore Une gorgée, un salut à tous ceux qui se sont battus pour défendre le fait français au pays. Mon île est une autre valse magnifique interprétée par Jenna Maloney.
La Franco-Terre-Neuvienne termine cet album avec Une dernière chanson, un autre magnifique texte de la plume d’Axel Belgarde. Ce morceau pourrait facilement se tailler une place parmi les grandes chansons engagées comme Notre place de Paul Demers, ou encore Mon Acadie de Georges Béliveau. Il s’agit d’un texte profond et puissant contre l’assimilation, un dernier souffle d’espoir pour le fait français sur l’ile.
Comme la fraicheur de Terre-Neuve, Port-aux-Poutines vient nous séduire avec des sonorités majoritairement celtiques et traditionnelles et quelques moments de tendresses intimes et profonds.
En somme, une belle carte de visite qui démontre toute la fierté francophone de Jenna Maloney et Axel Belgarde. Tendez l’oreille à ce groupe terre-neuvien, vous ne serez point déçu.
Invitation à l’essentiel
L’auteur-compositeur-interprète, Dayv Poulin, nous offre un album rempli de vérité, où l’essentiel est au menu : Tout est relatif.
L’artiste franco-ontarien nous invite dans un univers folk solide qui nous rappelle celui de Blue Rodeo. Tout au long des huit chansons de l’album, il nous captive avec des arrangements fluides irrésistibles et des textes émouvants.
Pochette de l’album Tout est relatif.
Parmi les vers d’oreille de cet opus, il y a Simple de même. Le titre de la chanson dit tout, c’est une invitation à l’essentiel. Face au tourbillon de la vie, il faut tout simplement vivre au jour le jour et profiter du temps présent.
Pour une variation sur le même thème, La vie est bonne est une autre invitation à l’essentiel. L’album se termine avec le texte le plus puissant, Cupidon, un profond cri du cœur sur le besoin essentiel d’amour. L’interprétation de Dayv Poulin y est remarquable. Mention spéciale à l’unique pièce anglophone, Help me, qui donne l’impression d’entendre Greg Keelor de Blue Rodeo.
Fort apprécié dans la francophonie ontarienne, Dayv Poulin nous offre un petit album aux richesses inespérées. Ce nouvel opus de l’auteur-compositeur-interprète de la région de Sudbury vient séduire les auditeurs avec des mélodies accrocheuses et de superbes textes. Ce disque nous livre des moments de tendresse en ces temps difficiles.
Un bonbon musical aux saveurs d’antan
En souvenir, j’aimerais vous présenter la Fransaskoise Anique Granger et le Québécois Benoît Archambault, deux artistes fascinés par la belle chanson. Ils forment le duo Prairie Comeau, et dans leur dernier album éponyme, ils nous offrent une berceuse en 11 temps.
Pochette de l’album Prairie Comeau.
Il s’agit d’une invitation tout en douceur à un voyage sensoriel à travers six chansons francophones et cinq morceaux anglophones.
Ce disque bilingue est parti d’un désir de reprendre des chansons, écrites avant 1960, qui ont fortement inspiré les deux partenaires. Il débute avec trois belles pièces folks francophones qui nous captivent à chaque respiration : Le ciel se marie avec la mer, Le temps des cerises et Notre sentier.
S’en suivent deux autres anglophones, des plus remarquables, grâce aux magnifiques arrangements. J’adore How Wild the Wind Blows pour sa touche européenne donnée par l’accordéon et Speak Low nous avec ses arrangements plus contemporains.
Prairie Comeau nous propose également un souvenir d’enfance à saveur country, L’eau vive. Georges Brassens n’a jamais sonné si moderne avec la belle version folk de Chanson pour l’auvergnat. C’est ma chanson préférée de l’album.
Ce petit bijou de disque se termine avec une version folk de Take Me to the Ball Game, sans oublier une reprise folk du grand standard de jazz des Platters, Smoke Gets In Your Eyes.
Cet opus d’une magie irrésistible arrête le temps avec deux guitares et deux belles voix qui chantent des chansons d’une époque jadis.
Marc Lalonde, dit Lalonde des ondes, est chroniqueur musical depuis plus de 25 ans au sein de la francophonie musicale canadienne et animateur de l’émission radiophonique Can-Rock. Il se fait un malin plaisir de partager cette richesse dans 16 stations de radio à travers le pays chaque semaine.
Linda Thayer
Linda Thyer, médecin généraliste, s’implique dans plusieurs groupes dont l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME) et Doctor for Planetary Health West Coast qu’elle a cofondé. Ayant grandi dans les Kootenays Ouest dans une famille où il y avait un météorologue et une fermière, on ne peut «qu’apprécier la valeur de la nature».
«Une partie importante du problème est que l’on parle de l’environnement comme si c’était séparé de nous. La Terre nourrit notre corps, l’environnement fait partie de nous», explique-t-elle, insistant sur l’importance de passer du temps en contact avec la nature.
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Santé physique
Linda Thyer associe la majorité des problèmes de santé physique liés aux changements climatiques à la pollution. D’ailleurs, plus de 15 000 Canadiens dont 1900 Britanno-Colombiens meurent prématurément chaque année de la pollution de l’air. Elle relève également certaines répercussions indirectes des changements climatiques sur la santé comme la famine causée par la sécheresse ou les inondations des terres agricoles.
Selon Linda Thyer, les plus vulnérables aux changements climatiques sont les sans-abris, les pauvres, les enfants, les ainés, en plus des individus sans réseau social ou isolés. «Pendant l’épisode du dôme de chaleur survenu en C.-B. en 2021, les gens plus âgés n’avaient souvent personne pour prendre soin d’eux ou n’avaient pas accès à un refuge», fait-elle savoir.
«De plus en plus de gens vont se déplacer en raison des conditions météorologiques extrêmes ou pour trouver de la nourriture. On risque également d’observer un nombre croissant de victimes de conflits armés», explique celle qui déplore l’empreinte environnementale sévère des guerres.
Et les systèmes de santé dans tout ça? Cette dernière croit qu’ils sont inadéquats. «A-t-on les systèmes pour refroidir l’équipement en cas de grande chaleur? A-t-on assez de travailleurs? Peut-on se fier aux chaines d’approvisionnement? Si on accueille plus de réfugiés climatiques, peut-on leur fournir des services médicaux appropriés? On n’est pas prêts pour gérer ça», explique-t-elle, ajoutant qu’il y a beaucoup d’éducation à faire auprès des employés du système de santé et du public en général au sujet des effets des changements climatiques sur la santé, et en particulier ce qui touche à l’écoanxiété.
Larry Barzelai
L’écoanxiété : un nouveau phénomène
Tout comme sa collègue Linda Thyer, le président du chapitre de la Colombie-Britannique de l’ACME, Larry Barzelai, reconnait l’écoanxiété comme un phénomène nouveau. Il trouve lui-même difficile d’accéder à des tribunes pour en parler puisque plusieurs évitent le sujet.
Il cite la chercheuse canadienne Britt Wray qui recommande deux choses dans son livre Generation Dread : Finding Purpose in an Age of Climate Anxiety : faire partie d’une communauté et entreprendre des actions climatiques.
«Jusqu’à récemment, on pouvait ignorer le fait que la planète s’enlise. Aujourd’hui, surtout en Colombie-Britannique, il faut vivre dans une grotte pour ne pas en être conscient», explique celui dont l’anxiété nocturne l’a décidé à agir et joindre l’ACME, avec qui il éduque l’ensemble des paliers gouvernementaux canadiens et milite à travers la province pour l’électrification des sources d’énergie au profit du gaz naturel, par exemple.
Linda Thyer et Larry Barzelai sont sur la même longueur d’onde. En effet, «il serait nécessaire de mieux s’adapter aux changements climatiques, mais le plus inquiétant, c’est qu’on n’arrive pas à les atténuer, ça accélère toujours plus. Peu importe les arguments économiques, gardons en tête que notre santé dépend de celle de l’air, de l’eau et de la terre», concluent les deux docteurs.
Cheolki Yoon, professeur adjoint à l’École de communication sociale de l’Université Saint-Paul à Ottawa, parle d’un «virage des discours» depuis la fin de l’été 2023, après le remaniement ministériel.
C’est lors de cet évènement, le 26 juillet dernier, que Sean Fraser prononce ses derniers mots en tant que ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) : «J’invite tout le monde à faire preuve de prudence lorsqu’il affirme que la solution à la crise du logement consiste à fermer les portes à l’immigration.»
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Toutefois, à peine un mois plus tard et devenu ministre du Logement, Sean Fraser évoque l’idée de plafonner le nombre d’étudiants étrangers admis au pays.
En entrevue avec Francopresse, l’actuel ministre d’IRCC, Marc Miller, déclare que ce n’est qu’«une possibilité parmi d’autres» et que son ministère étudie «toutes les possibilités».
En novembre, Marc Miller annonce un plafond de 500 000 résidences permanentes octroyées dès 2026.
L’ancien ministre de l’Immigration, Sean Fraser et Marc Miller, qui lui a succédé en juillet 2023.
Un changement de ton
Selon Cheolki Yoon, toutes ces déclarations sous-entendent la présence d’un lien entre l’immigration et les capacités d’accueil.
Il rappelle que ces dernières années, le gouvernement parlait d’augmenter les seuils d’immigration à long terme et de mettre en place un programme de régularisation des personnes sans statut.
Ces discours antérieurs ont cédé leur place aux discours de réticence, comme [la mention d’un] cap du nombre des étudiant.e.s internationaux, le plafonnement du seuil d’immigration et la mise en œuvre du programme de régularisation non garantie avant l’élection.
Pour lui, ces changements sont le résultat de critiques des partis d’opposition, de la chute de popularité du Parti libéral du Canada (PLC) dans les sondages et à un mécontentement répandu dans la population canadienne.
«L’articulation de la crise du logement aux entrées des étudiants internationaux est le premier symptôme, dit-il. Le deuxième se manifeste dans l’évocation de la capacité d’accueil, une notion absente des discours antérieurs à l’été 2023, poursuit-il.
«Ce sont de nouveaux éléments qui vont à l’encontre de l’image traditionnelle [du PLC] comme le champion de l’immigration et de la diversité.»
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Pour Cheolki Yoon, il ne faut pas négliger les efforts discursifs du parti libéral pour sauver son image.
Un «discours inquiétant»
Dans un communiqué, le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) dénonce les nouvelles cibles en immigration annoncées en novembre et leur plafonnement.
«L’annonce présentée par le ministre Marc Miller repose en réalité sur un discours inquiétant : le maintien des cibles annoncées est justifié par la nécessité de tenir compte des capacités d’accueil au pays», peut-on lire dans le communiqué.
Pour le CTI, cette politique d’immigration fait des migrants des «boucs-émissaires» et donne raison à ceux qui rendent les immigrants responsables de maux comme la crise du logement.
«Cependant, c’est la spéculation immobilière, l’inflation et l’accroissement des inégalités qui sont les principales raisons des difficultés postpandémie des Canadiens de la classe moyenne ou peu aisée», soutient l’organisme.
Cheolki Yoon, qui est bénévole au CTI, met lui aussi en garde contre ce genre d’amalgame : «Ça peut renforcer les préjugés en pointant du doigt les immigrants comme source du problème.»
«Il y a des crises, des problèmes, mais ce discours donne [l’impression] que les immigrants en sont la cause, ce qui n’est pas vrai, surtout dans le cas des étudiants internationaux. En principe, ce serait raisonnable de financer davantage la construction de résidences universitaires pour bien répondre aux besoins, mais au lieu d’envisager ce type d’approche […] la réponse est d’ajuster l’immigration et les étudiants internationaux.»
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Jusqu’où peuvent aller les libéraux?
Ce discours se retrouve aussi dans une partie de l’opinion publique.
Selon un récent sondage Léger, 53 % des répondants estiment que le Canada accueille trop d’immigrants. Pour la majorité d’entre eux (de 63 à 75 %), les immigrants contribuent à la crise du logement et exercent une pression sur les systèmes de santé et d’éducation.
Leyla Sall croit également qu’il est fautif d’attribuer la crise du logement à l’immigration, et qu’il faut plutôt blâmer une «faute de politique viable en matière de logement».
Mais d’après Leyla Sall, professeur de sociologie à l’Université de Moncton, les ajustements du discours libéral vis-à-vis de l’immigration n’ont pas pour seul but de plaire à l’électorat. «Les partis politiques, quand ils arrivent au pouvoir, maintenant ils gouvernent plus ou moins par les sondages.»
Pour lui, ce sont plutôt les gouvernements provinciaux qui adoptent «un comportement assez électoraliste» : «On va là où les sondages nous dirigent en matière d’immigration.»
Dans le cas du PLC, «c’est la dimension économique qui l’emporte sur tout», observe-t-il.
«Tant qu’on était en croissance économique, le discours sur l’immigration était un discours très ouvert […] Maintenant, l’économie montre des signes de ralentissement et la crise du logement est vraiment présente dans nos communautés, ajoute le sociologue. De plus en plus, on assiste à ce qu’on pourrait appeler un rétropédalage.»
«Il n’y a pas que l’opinion publique», répète Leyla Sall. Même s’il souhaite s’y conformer, le gouvernement est limité par l’influence du milieu économique.
«En général, les groupes, acteurs et entrepreneurs économiques vont avoir un discours très ouvert à l’immigration, malgré la crise économique, car plusieurs [secteurs] ont besoin de main-d’œuvre», explique le professeur.
«Ce que le gouvernement libéral va peut-être faire, c’est essayer de jouer sur l’immigration temporaire», qui bénéficie à des domaines comme la construction et l’agriculture.
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«Tenir son image»
Si Cheolki Yoon voit «un virage des politiques et des discours, en prévoyant l’élection et en réponse aux critiques répandues», il reconnait dans un courriel que «le gouvernement libéral essaie toujours de tenir son image».
En constatant «les accents mis sur la diversité et l’approche humanitaire», Leyla Sall remarque aussi que les libéraux «parlent de manière assez prudente».
On parle de limite. On ne parle pas de carrément fermer les frontières. […] Ce n’est pas un vocabulaire agressif.
Selon lui, la dimension électorale de la question migratoire contraint les partis dans leurs discours. En plus du soutien du patronat, le PLC compte sur des communautés culturelles qui sont, elles aussi, très favorables à l’immigration.
«Elles sont installées dans les banlieues de Toronto, Montréal, Vancouver, recense-t-il. C’est assez important. Les communautés chinoises, indiennes, musulmanes; beaucoup votent en fonction des politiques d’immigration. Et souvent, c’est le Parti libéral qui est vu comme étant le parti qui est le plus ouvert à l’immigration.»
Accroissement du nombre de conflits dans le monde
Retenons en premier lieu l’éclatement d’un nouveau conflit au Soudan qui, comme bien souvent dans le cas des conflits en Afrique, est largement passé sous le radar de la communauté internationale.
Or, cette guerre fait des ravages parmi une population civile déjà l’une des plus pauvres au monde. Les probabilités d’un nouveau génocide au Darfour sont par ailleurs élevées.
Et malheureusement, je ne vois pas de piste de sortie du conflit de si tôt.
Premièrement parce que les généraux qui se font la guerre ont trop à perdre.
Deuxièmement parce que les interférences étrangères, les enjeux autour des ressources du Soudan et le fait que tout le monde vend allègrement des armes aux deux parties font en sorte qu’en fin de compte peu de monde a intérêt à ce que cette guerre s’arrête.
C’est donc un conflit qui risque de s’enliser, comme vont continuer à s’enliser les conflits dans la région du Sahel. Maintenant que les juntes militaires sont bien installées au Mali, au Burkina Faso et au Niger, on s’aperçoit qu’elles se trouvent fort dépourvues dans leur lutte contre les groupes terroristes djihadistes.
En second lieu, la guerre menée par Israël contre la population gazaouie a ouvert un deuxième grand front. Jamais depuis 1945, le monde n’avait connu autant de guerres interétatiques. Et des guerres qui sont menées en faisant fi des conventions internationales, que ce soit à Gaza ou en Ukraine.
Ce manque de respect pour le droit international n’est pas sans lien avec l’affaissement de la démocratie.
Polarisation et populismes
Cela semble inéluctable, année après année, on assiste à la montée des partis d’extrême droite, désormais aux manettes du pouvoir dans des pays comme l’Italie, la Finlande et la Suède.
Mais l’on voit aussi et surtout, des partis de droite traditionnels qui se droitisent à la vitesse grand V, pensant ainsi éviter la casse, même si depuis 20 ans, tous les cas de figure ont démontré que c’était une tactique perdante.
Ce recul marqué de la démocratie, en Europe en particulier, a deux effets majeurs sur le vieux continent. Tout d’abord, ces partis sont tous eurosceptiques et cela pose un véritable défi pour l’avenir de l’Union européenne.
Ensuite, ce sont des partis qui sont proches de la Russie, puisqu’ils sont financés par celle-ci, et donc qui rechignent à soutenir l’Ukraine dans sa résistance à l’envahisseur russe.
Cette frilosité des Européens à appuyer militairement et financièrement l’Ukraine est en grande partie responsable de l’échec de la controffensive ukrainienne cet été.
En attendant, la Russie a réussi à reconstituer ses stocks de munitions et donc à marquer des points sur le terrain. Elle a également réussi à diviser durablement les scènes politiques des États européens et à réactiver en sous-main les tensions dans l’ancien espace yougoslave qui est de nouveau au bord de l’implosion.
Cette polarisation et cette montée des populismes affectent également les Amériques, que ce soit chez nous au Canada, chez nos voisins du Sud ou encore en Argentine.
Si les alternances politiques qui ont eu lieu dans plusieurs pays sud-américains signifient bel et bien un enracinement d’un principe démocratique de base, ces sociétés n’en demeurent pas moins profondément divisées.
Pour s’en convaincre, il suffit de prendre le Chili qui, après avoir élu pour la première fois un président de gauche, Gabriel Boric, a élu une nouvelle assemblée constituante à majorité de droite nostalgique de Pinochet.
Dans ces conditions, il s’avère bien difficile de gouverner et d’entamer des réformes permettant de régler les problèmes socioéconomiques. Comme un effet d’engrenage, cela crée du ressentiment et donc des divisions et des votes désespérés pour des hurluberlus du type Javier Milei.
Montée de la pauvreté et incertitudes économiques
Même la Chine dont tout le monde annonçait que 2023 serait la grande année se trouve engluée dans des problèmes économiques structurels notamment concernant son marché immobilier (eh oui, il n’y a pas qu’au Canada!).
Les États, tous aux prises avec des taux d’inflation élevés ont mis en place des politiques monétaires et économiques pour lutter contre la hausse des prix. Or, avant d’éventuellement porter des fruits, ces politiques ralentissent l’économie et font mal aux portemonnaies des citoyens.
Et là encore, on observe un effet d’engrenage : des taux de croissance en berne signifient moins d’emplois et donc moins de personnes qui sortent de la pauvreté, moins d’enfants iront à l’école, ce qui fait qu’ils ne pourront donc pas améliorer le sort économique de leur famille. Ils seront plus vulnérables aux tactiques de recrutement des groupes armés, ce qui favorisera la multiplication des conflits.
Aurélie Lacassagne est politicologue de formation et doyenne des Facultés de sciences humaines et de philosophie de l’Université Saint-Paul à Ottawa. Elle est membre du Comité de gouvernance du Partenariat Voies vers la prospérité.
Les dix lauréats de 2023 rejoignent ainsi la longue liste de quelque 80 artisans de la francophonie canadienne précédemment inscrits au palmarès annuel des dix personnalités influentes de la francophonie canadienne dressé par Francopresse.
«Les lauréats ont des parcours inspirants qui témoignent de l’ampleur des efforts et de l’engagement qu’ils consacrent à assurer la pérennité et le rayonnement des communautés francophones partout au pays», commente Martin Normand, directeur de la recherche stratégique et des relations internationales à l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne et président d’honneur du Palmarès Francopresse de 2023. Il a lui-même été lauréat au Palmarès de 2022.
Des membres de l’équipe de Francopresse et des représentants des journaux membres de Réseau.Presse ont déterminé qui s’inscrirait dans le Palmarès final, s’appuyant sur les candidatures soumises par les journaux membres de Réseau.Presse, de Saint-Jean de Terre-Neuve à Whitehorse.
Rose-Aimée Bélanger a passé les 50 dernières années à créer du beau. Chaque biographie qui circule rappelle que la sculptrice a renoué avec l’art à l’aube de la cinquantaine, après avoir élevé une famille nombreuse. Son envolée tardive et sa discrétion n’ont cependant pas été un frein à une carrière internationale. De son studio lumineux d’Earlton, dans le Nord de l’Ontario, elle a créé des dizaines de femmes, ses «femmes rondes», qu’elle représente amoureuses, au repos ou à la cueillette de petits fruits, toujours dans des poses qui évoquent la douceur et la chaleur. Ses plus connues sont les «Chuchoteuses», trois femmes absorbées par leur conversation, installées sur un banc du Vieux-Montréal. Rose-Aimée Bélanger a souligné son 100e anniversaire de naissance en juillet en dévoilant une nouvelle œuvre dans une galerie de Banff, quelques mois avant de rendre son dernier souffle.
Depuis 25 ans, Luc Bussières se consacre à la vitalité de l’éducation universitaire dans le Nord de l’Ontario. À titre de recteur de l’Université de Hearst, poste qu’il occupe depuis 2017, il a chapeauté l’indépendance de l’établissement et joue un rôle déterminant dans la réflexion – très active – sur l’avenir de l’éducation postsecondaire en Ontario français. Le legs de Luc Bussières s’étend au-delà de l’année qui s’achève ou de son mandat de recteur. Toujours soucieux de la pérennité de l’offre universitaire à Hearst, Kapuskasing et Timmins, il a été l’un des maitres d’œuvre de la transformation de l’établissement en participant à la mise en place d’un modèle peu commun d’enseignement par bloc.
Trèva Cousineau est une figure de proue de la francophonie ontarienne. Aujourd’hui établie dans la région d’Ottawa, elle influence l’ensemble de la francophonie ontarienne et canadienne depuis 50 ans. Elle n’en est pas à un honneur près. En décembre 2023, elle a été l’une des sept personnes nommées membres honoraires du Centre de la francophonie des Amériques. Dans les dernières années, elle a aussi été reçue à l’Ordre de la Pléiade et à l’Ordre de la francophonie des Amériques. Enseignante, diététiste et administratrice à la retraite, cette lève-tôt demeure fortement engagée dans son milieu. À l’heure actuelle, Trèva Cousineau siège à plusieurs comités locaux, régionaux et nationaux; elle est notamment présidente du Conseil sur le vieillissement d’Ottawa.
L’engagement d’Olivier Hussein dépasse largement les frontières de Dieppe, où il habite. Arrivé au Canada comme réfugié en 2009, le Congolais d’origine milite depuis plusieurs années pour la diversité et l’inclusion. Ses causes? L’immigration francophone, l’intégration communautaire des immigrants et des réfugiés et l’engagement communautaire des jeunes, en particulier des jeunes racisés. En 2023, il a pressé la Ville de Fredericton de renforcer les relations avec l’Afrique francophone afin de stimuler l’immigration. Il a aussi été nommé ambassadeur du Canada au Salon de la Diaspora africaine, une plateforme qui s’intéresse au développement de l’Afrique. Il y a présenté un atelier sur l’importance du bénévolat dans l’intégration professionnelle des jeunes de la diaspora.
Dans le cadre de ses fonctions à la Garderie du petit cheval blanc de Whitehorse, Leslie Larbalestier a dû relever le défi du manque de personnel. Étant passée elle-même par le parcours de l’immigration, elle est en mesure d’appuyer, comprendre et épauler efficacement les nouveaux arrivants francophones qui s’installent au Yukon. En collaboration avec Jocelyne Isabelle, elle a développé une trousse d’accueil, participe activement à la recherche de logements et organise des activités sociales qui visent l’intégration des personnes immigrantes à la culture franco-yukonaise. Elle-même originaire de la Belgique, elle s’assure que l’expérience d’immigration des autres soit la plus plaisante possible. Par son approche très humaine, elle a une incidence concrète sur les nouveaux arrivants et un effet majeur sur la francophonie de Whitehorse. En février 2023, la garderie où elle travaille a reçu le prix Connexion employeurs Réseau de Développement Économique et Employabilité du Canada (RDÉE) pour son engagement envers les personnes immigrantes au Yukon.
Avocat et professeur franco-ontarien, François Larocque participe activement à la recherche sur les enjeux linguistiques et à la défense des droits linguistiques de la minorité francophone au Canada. Titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie canadienne en droits et enjeux linguistiques, renouvelée en 2023, il agit aussi comme conseiller dans les grandes causes linguistiques et auprès du milieu associatif et communautaire. Il a notamment contribué à faire figurer les minorités linguistiques dans le projet de loi sur l’apprentissage et les services de garde (C-35) et s’est engagé dans la réforme de la Loi sur les services en français de l’Ontario et la Loi sur les langues officielles du Canada.
Jean-Marie Nadeau a joué un rôle capital dans le débat entourant le changement de nom de l’Université de Moncton. Tout a commencé par une lettre ouverte, publiée en février 2023, dans laquelle il revendiquait que l’Université de Moncton soit renommée «Université de l’Acadie»; Robert Monkton, qui a donné son nom à l’établissement, a été l’un des maitres d’œuvre de la déportation des Acadiens. Militant de longue date, il a mobilisé l’Acadie et la francophonie canadienne et a provoqué un débat d’idées. L’établissement a rejeté le changement de nom en décembre, mais qu’à cela ne tienne : il demeure un co-porte-parole très actif et déterminé du Comité citoyen pour le changement de nom de l’Université de Moncton. Soulignons par ailleurs que Jean-Marie Nadeau a consacré sa vie à la cause acadienne et à la cause syndicale.
L’année 2023 «est un beau cru» pour l’autrice-compositrice-interprète jazz-folk et réalisatrice fransaskoise Alexis Normand. Son documentaire «Assez French» a mis en lumière le lien entre sa famille exogame et le français et il a été sacré meilleur film franco-canadien aux Rendez-vous Québec Cinéma. Elle a été porte-parole des Rendez-vous de la Francophonie 2023, au cours desquels son documentaire a été projeté. Toujours en 2023, elle a lancé son troisième album solo, «Mementos», un acte de validation de son identité linguistique dans le contexte anglodominant de la Saskatchewan. Elle a aussi mené une campagne dans les réseaux sociaux pour faire tomber les préjugés à l’égard des accents et lutter contre l’insécurité linguistique.
Natalie Robichaud porte plusieurs chapeaux : elle est directrice générale de la Société acadienne de Clare, vice-présidente du comité organisateur du Congrès mondial acadien 2024, réalisatrice et étudiante à la maitrise. Le jury du Palmarès a remarqué son souci pour la préservation du patrimoine local et acadien. À titre de directrice générale, par exemple, elle cherche depuis longtemps à comprendre, avec ses collègues, pourquoi au juste la Baie Sainte-Marie regorge de talents. En résultent plusieurs initiatives, comme la transcription et l’archivage de l’œuvre de musiciens. Natalie Robichaud travaille aussi à la réalisation d’un documentaire sur l’histoire de la musique de Clare et le retour des contes dans la région. La première du documentaire, produit par l’Office national du film, est espérée pour l’été 2024, soit pendant le Congrès mondial acadien.
Si l’engagement jeunesse avait un visage, il aurait celui de Marguerite Tölgyesi. Depuis 10 ans, elle s’investit dans la cause francophone et pour la jeunesse. Elle a entrepris son parcours bénévole au comité Jeunesse Franco-Yukon, dont elle a été présidente, avant de s’engager au sein de la Fédération de la jeunesse canadienne-française, d’abord à titre de vice-présidente puis de présidente. En 2023, on a pu la voir sur plusieurs plateformes, portant une trentaine de cocardes, pour montrer l’étendue des possibilités inhérentes à l’engagement citoyen. À 25 ans, elle demeure engagée dans divers organismes. Elle a notamment voyagé en Tunisie pour l’Organisation internationale de la Francophonie. Marguerite Tölgyesi siège au conseil d’administration de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) et œuvre comme gestionnaire, Jeunesse pour l’Association franco-yukonaise.
Le développement de stratégies nationales visant l’amélioration des conditions de travail des prestataires de soins et des proches aidants s’est retrouvé au cœur d’un Sommet organisé par la CCEA au début du mois de novembre.
«C’était la première fois où j’étais parmi des gens qui ont vécu la même expérience, qui ont fait face aux mêmes problèmes», témoigne Lise Cloutier-Steele, proche aidante pour ses parents et autrice d’un guide pour aider les aidants à gérer l’expérience des soins de longue durée.
Solitude
Pour Lise Cloutier-Steele, il faut beaucoup de détermination et de force mentale pour être proche aidant.
Selon elle, il faut beaucoup de détermination pour faire face à la solitude. Elle rappelle en outre l’importance de prendre soin de sa santé mentale, car il est «difficile d’être disponible pour quelqu’un d’autre quand tu es déjà fatigué et puis au bout de ta courbe».
Le jour de l’hospitalisation de son père au centre de soins palliatifs, Lise Cloutier-Steele s’est sentie pour la première fois moins seule quand elle s’est retrouvée en présence d’une infirmière.
«Je lui ai demandé tout de suite où je dois aller pour chercher des draps pour changer son lit, puis toutes les autres choses, l’infirmière m’a regardée et m’a dit : “ici, tu ne fais pas ça, nous faisons ça à ta place et ton rôle est d’être sa fille”. J’aurais aimé ça si quelqu’un m’avait dit ça au foyer, juste une fois.»
Manque de soignants
Pour Lise Cloutier-Steele, les proches aidants sont aussi confrontés à un cadre soignant insuffisant. Lorsqu’elle rendait visite à son père atteint de démence au foyer, elle raconte avoir toujours été inquiète. À son arrivée, elle témoigne avoir vu à plusieurs reprises le sac à urine de son père rempli.
«Je me demandais pourquoi ce n’était pas une aide à l’infirmier qui voyait le sac par terre. Mais ce n’est pas parce qu’ils ne le voient pas, c’est parce qu’ils n’ont pas le temps de le voir.»
Selon la prestataire de soin Juanite Forde, les femmes dans le métier sont plus à risque de développer un épuisement mental dû au double travail en résidence et chez elles.
Pour elle, l’explication est simple : le personnel est en sous-effectif et la plupart ne détiennent pas d’avantages sociaux dans leur contrat, car ils ne sont pas à temps plein.
«C’est qu’ils vont d’un foyer à l’autre, puis c’est là qu’arrive la transmission de virus et de maladies», ajoute-t-elle.
L’inquiétude de Lise Cloutier-Steele sur les conditions de vie de ses parents se transformait en sentiment de culpabilité. Elle avait l’impression qu’elle n’était jamais capable de répondre à tous leurs besoins.
Malgré le stress et à l’anxiété, celle-ci raconte n’avoir jamais reçu d’aide ou de ressources pour mieux vivre les évènements.
Des services en crise
Du côté des prestataires de soin, la situation est également critique, alerte Juanite Forde, qui travaille dans une résidence pour personnes âgées depuis 15 ans. Leur santé mentale et leur bienêtre physique ne cessent de se détériorer, signale-t-elle.
Nous étions des héros pendant la pandémie, et puis, une fois que la pandémie s’est arrêtée et qu’elle disparait lentement, nous sommes désormais oubliés.
Selon elle, les femmes dans le métier sont plus à risque d’être touchées par l’épuisement mental, à force de s’occuper des malades et de leurs proches à la maison.
Les femmes ciblées
En 2022, 52 % des femmes âgées de plus de 15 ans ont déjà fourni des soins rémunérés ou non à des enfants et des adultes.
Source : Statistique Canada
De plus, les services existants ne permettent pas d’offrir un service adapté aux malades physiques et aux personnes atteintes des troubles mentaux graves, estime Juanite Forde.
Ces dernières années le nombre de personnes avec une forte déficience intellectuelle ne cesse d’augmenter, et les prestataires ne sont pas entrainés à s’occuper des cas les plus violents, explique-t-elle. «Notre formation n’offre pas suffisamment de sécurité pour que nous nous sentions en sécurité au travail ou pour que nous soyons protégés pour faire face aux obstacles.»
«Les gens reçoivent des coups de poing, des coups de pied, des gifles, des objets leur sont lancés, ou sont étouffés», témoigne-t-elle.
Les blessures peuvent causer des conséquences à court comme à long terme, et malgré les rapports d’incidents, rien ne s’améliore au sein des services, indique Juanite Forde. «Les gens doivent donc être blessés, maltraités, mentalement et physiquement avant que des changements puissent se produire dans ces associations.»
Appel au gouvernement
Pour améliorer la condition des prestataires de soin, il est impératif que le gouvernement et le ministère financent des programmes pour aider les aides-soignants, déclare Juanite Forde.
Selon James Janeiro, chaque jour des prestataires de soins et des proches aidants passent leur temps à s’occuper des malades sans avoir de bonnes conditions de travail.
«Nous pourrions fournir un service aux personnes ayant une déficience intellectuelle et physique et une déficience mentale, mais nous devons séparer la déficience physique et intellectuelle et la santé mentale», propose-t-elle.
Le gouvernement doit aussi fournir des moyens pour aider les proches aidants à prendre soin de leur bienêtre, souligne James Janeiro, directeur de la politique et des relations gouvernementales au CCEA.
«Il y a toujours des histoires de gens qui passent leur journée à prendre soin d’autres avec aucune aide, pas de service, pas d’aide de l’État, pas d’aide de nos gouvernements fédéraux ou provinciaux ou même des villes, des municipalités», signale-t-il.
Pour l’instant, les conversations avec le fédéral avancent dans le but d’améliorer la vie des proches aidants et des prestataires de soins à travers le Canada, indique James Janeiro.
Sans l’objectif commun de pouvoir offrir une perspective nationale aux lecteurs des journaux locaux francophones, Francopresse n’existerait pas.
L’histoire commence en 1988 avec Yves Lusignan, le tout premier journaliste embauché par l’Association de la presse francophone (APF) qui a lancé le service de nouvelles à partir de zéro.
«J’avais un bureau, évidemment vide, un téléphone à brancher. Et ensuite, il a fallu débuter quelque part», se souvient celui qui a dû établir tous les contacts nécessaires pour faire connaitre ce nouveau service .
Pour Sylviane Lanthier, ancienne rédactrice en chef de La Liberté au Manitoba, l’apport de ce service était important pour le réseau.
«Évidemment, on trouvait ça important d’avoir un service de presse qui pouvait servir tous les Franco-Canadiens qui étaient dans tous les territoires et toutes les provinces qui pouvait acheminer de l’information, et faire des textes que les journalistes locaux ne pouvaient pas faire», indique celle qui fut également membre du conseil d’administration de l’APF.
La fondation du service de nouvelles
Pour en savoir plus sur les origines du service de nouvelles, consultez la vidéo ci-dessous, dans laquelle on retrouve Yves Lusignan, premier journaliste à Francopresse, Sylviane Lanthier, ancienne rédactrice en chef de La Liberté et Marcia Enman, directrice générale de La Voix acadienne, à l’Île-du-Prince-Édouard.
L’évolution technologique
Au cours des 35 dernières années, la technologie a transformé la transmission de l’information à tous les égards.
Du télécopieur au courrier électronique, les artisans de la presse écrite francophone ont dû adapter leurs méthodes de travail.
Marcia Enman, qui œuvre pour La Voix acadienne depuis 1978, se souvient de la machinerie qu’il fallait utiliser pour publier un journal à chaque semaine.
«Nous autres, on avait des grosses machines. Ça s’appelait des CompuGraph. C’était une grosse dactylo. Beaucoup plus gros qu’un ordinateur. Il y avait des liquides dans ça. On tapait un texte et quand ça sortait, il fallait coller ça sur des pages de montage, etc.»
«Ensuite, est arrivé le miracle d’Internet», se souvient Yves Lusignan qui a travaillé au service de nouvelles de l’APF pendant près de quinze ans. L’APF, se souvient-il, a été très rapide pour faciliter la connexion à Internet des journaux membres de son réseau.
«On était assez en avance pour ça, tellement que je me rappelle, qu’un journaliste de Radio-Canada à Ottawa était venu au bureau faire un reportage sur cette merveille qu’on appelait Internet», raconte Yves Lusignan avec le sourire.
Consultez les témoignages de Marcia Enman, Yves Lusignan, Étienne Alary, ancien journaliste de Francopresse et directeur intérimaire au journal Le Franco, en Alberta, et Odette Bussière, directrice du journal Le Goût de vivre dans la région de Simcoe, en Ontario.
Francopresse est né
Au fil du temps, le service de nouvelles de l’APF est devenu Francopresse. En 2009, le premier site Francopresse.ca était mis en ligne pour diffuser ses contenus dans toute la francophonie canadienne.
Dans un souci de donner une plus grande visibilité aux nouvelles locales d’un peu partout au pays, Francopresse est aussi devenu une plateforme de diffusion des nouvelles produites dans les journaux membres de Réseau.Presse.
«Le fait de pouvoir avoir accès à Francopresse et avoir accès à des articles qui se consacrent à cette francophonie canadienne, c’est essentiel, c’est incontournable», estime Étienne Alary, directeur intérimaire du journal Le Franco, en Alberta.
Pour Odette Bussière, directrice du Goût de vivre, dans la région de Simcoe, en Ontario, Francopresse a contribué au rapprochement des francophonies au pays.
«Avec tout ce qui est couvert à partir de Francopresse, avec toute l’information qu’on peut obtenir, c’est comme si le pays n’est pas aussi grand qu’avant. […] On se rend compte que même si on ne vient pas nécessairement de la même province ou du même territoire, on finit par connaitre les francophones d’un bout à l’autre. Ça permet ces liens-là entre les diverses communautés.»
Un impact francophone
Consultez les témoignages de Yves Lusignan, Odette Bussière, Syliane Lanthier, Étienne Alary et Marcia Enman.
Aujourd’hui, Francopresse compte une équipe de journalistes solide, installée dans quatre provinces; une équipe engagée pour qui le journalisme de qualité est une priorité.
«On incite les gens à déguster un café plutôt qu’à l’avaler, à redécouvrir ses qualités gustatives, aromatiques et olfactives. Ça fait partie de notre travail d’éducation», partage Pierre Tardiveau, patron du Sens Cafe à Kingston, en Ontario.
À Calgary, Phil Robertson et Sebastian Sztabzyb torréfient eux-mêmes les grains de café qu’ils vont chercher à l’autre bout du monde.
Le Français a immigré il y a un peu plus de deux ans au Canada pour ouvrir son bar à café. Le passionné est intarissable sur la saisonnalité des grains, leurs différences de gouts selon leur variété, leur terroir d’origine et leur torréfaction.
«Un grain du Brésil sera plus chocolaté, alors qu’un autre provenant d’Éthiopie sera plus fruité et moins sucré», détaille l’ancien ingénieur qui a suivi des formations en caféologie pour devenir barista.
Caféologie
Derrière le comptoir, Pierre Tardiveau et ses deux autres baristas réalisent leurs espresso, cappuccino, macchiato et autre latte avec la précision de véritables horlogers. Pour préserver les notes rondes et voluptueuses du café, ils utilisent des techniques d’extraction dites douces et des cafetières, appelées V60 ou encore Chemex.
L’eau chaude traverse lentement une mouture plus grossière et moins compactée et reste plus longuement au contact du café, «révélant des arômes qui chatouillent les papilles comme du bon vin», explique Pierre Tardiveau.
Pierre Tardiveau, originaire de France, a ouvert Sens Cafe il y a un peu plus de deux ans à Kingston en Ontario.
Le lait est également émulsionné à 65 degrés afin de faire ressortir le sucre présent naturellement dans le gras.
«C’est très difficile de trouver un bon barista, ça prend des années de perfectionnement pour maitriser toutes ces techniques», prévient-il.
Sens Cafe fait partie de ces bars qui proposent du café de spécialité : un grand cru, cultivé dans les champs d’Amérique latine ou d’Afrique, qui ne représente que 1 % de la production mondiale.
«Ces endroits attachent une grande importance à la traçabilité, ils s’approvisionnent directement auprès de petits cultivateurs qu’ils connaissent, relève John Manzo, professeur associé de sociologie à l’Université de Calgary en Alberta. Ils torréfient eux-mêmes leurs grains pour garantir la meilleure qualité et la plus grande fraicheur.»
«Nous avons aussi une relation de proximité avec nos clients, nous défendons des valeurs communautaires et de partage», ajoute Pierre Tardiveau.
Vancouver, capitale du café
Au Canada, ces lieux se multiplient depuis le début des années 2000. Le premier à avoir ouvert ses portes est le Cafe Artigiano à Vancouver.
Vancouver n’avait pas de traditions en la matière, tout restait à inventer. Cela a permis au café de spécialité de s’implanter et de se répandre par la suite dans le reste du pays.
Le sociologue souligne également la proximité de Seattle, où la compagnie Starbucks est née en 1971. Vancouver est la troisième ville au monde à avoir accueilli un établissement de l’enseigne américaine en 1987.
Les trois vagues
Dans les années 1900, le café est avant tout considéré comme un moyen de rester éveillé, explique le sociologue John Manzo. Le café soluble, rapide et peu cher, voit le jour. La première vague représente donc la découverte du café et son intégration dans le quotidien. Il s’agit alors d’une consommation de masse, où les gens boivent du café pour ses effets et non pour ses qualités.
La deuxième vague apparait dans les années 1970 avec l’arrivée des chaines comme Starbucks, poursuit le spécialiste. La qualité s’améliore et les grandes entreprises popularisent des produits dérivés à base de café, comme le latte ou le cappuccino. Le café filtre s’impose également. Le café est élevé au rang de plaisir.
Avec la troisième vague, née au début des années 2000, le café devient un art. «La provenance des grains, les techniques de torréfaction et d’extraction sont mises de l’avant», observe Marion Bidault, directrice des opérations chez Phil & Sebastian, en Alberta.
Nouvel or noir de l’Alberta
L’art du café de spécialité a eu du mal à s’emparer de Toronto et Montréal. La présence d’importantes communautés italiennes constituerait une partie de l’explication, selon John Manzo.
«Il y avait déjà du café partout dans ces deux villes. Elles avaient leurs façons de faire, à l’ancienne, avec de vieux grains importés d’Italie, torréfiés parfois des mois avant d’être moulus.»
À Calgary, Phil Robertson et Sebastian Sztabzyb utilisent des méthodes d’extraction douce et des cafetières Chemex pour préserver les arômes du café.
Plus de vingt ans plus tard, le paysage a bien changé. Le sociologue assure que les habitants de ces deux métropoles ont désormais une «fabuleuse scène du café» à portée de tasse.
«Certaines boutiques proposent sept types de grains différents à partir desquels vous pouvez faire votre espresso, c’est incroyable… Les propriétaires doivent investir des centaines de milliers de dollars dans l’achat de moulins et de machines à espresso très haut de gamme», rapporte-t-il.
À l’Ouest, l’Alberta est devenue le nouvel eldorado du café de spécialité. À Calgary, trois pionniers se taillent une place de choix dans le marché : Phil & Sebastian Coffee Roasters, Rosso Coffee Roasters et Monogram Coffee.
Là encore, comme à Vancouver, John Manzo attribue ce boum à l’absence de tradition du café : «Avec l’esprit d’entreprise qui caractérise la ville, ça a laissé de la place à plus d’innovation.»
Ce sont les acolytes Phil Robertson et Sebastian Sztabzyb qui ont lancé le bal. En 2007, ils ouvrent un premier café dans l’enceinte du marché fermier de Calgary. Seize ans plus tard, ils possèdent neuf établissements, emploient 45 baristas et deux maitres-torréfacteurs.
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Des lieux de sociabilité
Le duo d’anciens ingénieurs maitrise toute la chaine de production du choix du grain vert jusqu’à la torréfaction. Une fois par an, ils se rendent dans des pays producteurs en Afrique et en Amérique latine pour visiter des plantations à la recherche de la nouvelle pépite.
À leur arrivée à Calgary, les grains sont congelés afin de «préserver leur qualité et de conserver leurs arômes pendant plusieurs mois, à l’abri des variations de température», précise Marion Bidault, directrice des opérations chez Phil & Sebastian.
À Calgary, Phil & Sebastian possède neuf établissements, emploie 45 baristas et deux maitres-torréfacteurs.
Ils sont ensuite torréfiés selon une méthode brune : une torréfaction légère qui donne un côté beaucoup plus doux au produit final.
Les grains torréfiés de Phil & Sebastian se retrouvent jusque dans les percolateurs de Montréal. «Notre réputation d’avant-gardisme a maintenant dépassé les frontières de la province, et ce, jusque sur la côte Est», assure Marion Bidault.
D’un bout à l’autre du pays, l’engouement pour le café de spécialité ne se dément pas.
«C’est un marché très dynamique, encore en pleine croissance chez les 25-40 ans. Les gens sont curieux et préfèrent de plus en plus consommer moins, mais mieux», affirme Pierre Tardiveau.
«Ces bars à café sont toujours très populaires. On y vient aussi pour bouquiner, se rencontrer, envoyer des courriels. C’est un espace de liberté, de bienêtre», confirme John Manzo.
Fous de café
Les Canadiens se classent sixième parmi les consommateurs de café dans le monde. Selon un récent rapport de l’Association canadienne du café, 71 % des Canadiens boivent au moins une tasse par jour.
Ils sont nombreux à la boire chez Tim Hortons. «Beaucoup de travailleurs vont là-bas pour avoir quelque chose de bon marché qui les maintient éveillés, c’est un mécanisme de distribution de caféine», considère John Manzo, sociologue à l’Université de Calgary.
Aux yeux du chercheur, c’est également un lieu de sociabilité pour les personnes âgées : «Elles sont là pour l’expérience sociale et veulent pouvoir rester assises longtemps pour discuter.»
Vous l’avez sans doute lu ou entendu quelque part. Le mercredi 29 novembre dernier, le Comité international olympique a annoncé ouvrir un «dialogue ciblé» avec la France pour les Jeux olympiques d’hiver de 2030.
Une manière polie d’annoncer que, sauf catastrophe majeure, les Alpes françaises succèderont à Milan et à Cortina d’Ampezzo, villes italiennes hôtes de l’édition de 2026.
Sans doute échaudés par les nombreux déboires que connait l’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024, les Français n’ont pas sauté de joie en apprenant la nouvelle. Ils risquent de s’en mordre les doigts, car c’est peut-être bien une des toutes dernières fois que la France pourra accueillir cette prestigieuse compétition hivernale.
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En aout dernier, une étude a montré qu’avec un réchauffement de la planète de + 3 °C, 91 % des stations de ski européennes seraient menacées de fermeture d’ici 2100.
En France, où près de 150 stations font déjà partie de l’histoire ancienne, skier dans les Pyrénées pourrait devenir quasi impossible vu que 98 % des stations sont en danger.
En première ligne, les athlètes internationaux ont déjà dû faire évoluer leur pratique. Terminés les stages estivaux sur les glaciers alpins. L’Amérique du Sud est devenue la nouvelle destination privilégiée pour leurs entrainements de présaison.
Déjà limitées dans le temps, les compétitions annuelles sont, elles, de plus en plus incertaines. Si cette saison ce sont les chutes de neige et les fortes rafales qui les ont mises à mal, l’hiver dernier, c’était les températures anormalement élevées en Europe entre mi-décembre et mi-janvier qui ont entrainé des annulations en cascade.
À tel point que plusieurs athlètes, dont la vedette féminine américaine de ski alpin Mikaela Shiffrin, ont appelé la Fédération internationale de ski et de snowboard à faire plus d’efforts en faveur de l’environnement.
À tel point aussi que le biathlète français Quentin Fillon Maillet a dû ressortir ses skis à roulettes, qu’il n’utilise normalement que l’été, pour pouvoir s’entrainer lors de la période de Noël dans le massif du Jura.
Quelques arpents de neige… en moins
Si les canons à neige parviennent parfois à sauver les meubles, personne n’est dupe.
De plus en plus de compétitions de ski de fond se déroulent sur de minces pistes enneigées, dont la blancheur tranche singulièrement avec le reste du décor, presque printanier.
On se souvient aussi des controverses entourant les derniers Jeux olympiques d’hiver, qui se sont disputés à Pékin en 2022, dans une zone géographique qui ne reçoit que 3 cm de neige par année. Le monde à l’envers.
Au Canada, la problématique est plus difficile à saisir. De façon contrintuitive, certains chercheurs ont montré que le réchauffement climatique va de pair avec une hausse des chutes de neige, en raison du déplacement de l’air arctique vers le sud.
Une autre étude québécoise de 2019 prédit que les stations de ski vont devoir s’adapter d’ici 2050, parce que la saison risque d’être réduite de 10 à 20 jours et la longueur des pistes de 20 à 30 %.
Des athlètes de Nouvelle-Écosse ont témoigné l’hiver dernier de leurs difficultés à s’entrainer sur leurs terres et ont dû voyager au Nouveau-Brunswick ou au Québec pour se préparer convenablement.
«Nos centres de ski n’ont pas été en mesure de fabriquer assez de neige et de recevoir suffisamment de neige naturelle pour construire des parcours convenables», expliquait à Radio-Canada Alex Ryan, l’entraineur-chef de l’équipe provinciale de style libre et directeur technique de Planche à neige Nouvelle-Écosse.
Du ski au milieu du désert
Rassurez-vous néanmoins, le génie humain est en train de trouver la parade pour que nous puissions continuer à skier en toute tranquillité.
Puisque la neige se raréfie dans les régions où elle abondait historiquement, allons donc dans les pays où elle n’existait pas!
Vous avez surement entendu parler de la plus grande piste de ski intérieure, qui se situe dans un centre commercial de Dubaï? Et bien, ça a donné des idées au voisin saoudien, qui va accueillir les Jeux asiatiques d’hiver de 2029.
Oui oui, vous avez bien lu, des épreuves de ski, de planche à neige et de patins vont se dérouler dans un pays désertique, aux températures élevées, même si elles sont parfois légèrement négatives dans les montagnes du Nord-Est (mais les précipitations y sont faibles).
Pour cela, le pays du Golfe, qui ne se refuse rien, prévoit de construire une mégalopole futuriste nommée Neom, moyennant des centaines de milliards de dollars.
Tout cela n’est pas vraiment au gout de Greenpeace, qui dénonce un projet dangereux pour les écosystèmes de la région.
Polluer pour contrer les effets du réchauffement climatique, c’est le serpent qui se mord la queue. Skions donc dans la péninsule arabique. Cela nous permettra, dans quelques années, d’assister au Paris-Dakar dans les Rocheuses canadiennes.
Timothée Loubière est journaliste pupitreur au quotidien Le Devoir. Avant de poser ses valises au Québec en 2022, il était journaliste sportif en France, notamment au journal L’Équipe.
François Choquette veut protéger les langues officielles dans les investissements futurs en lien avec le numérique.
Après l’entente pour un investissement de 500 millions de dollars sur cinq ans entre Netflix et Patrimoine canadien (PCH) en 2017, François Choquette a accusé le ministère de ne pas avoir respecté la partie VII de la Loi sur les langues officielles (LLO).
L’entente réservait 25 millions de dollars de cette enveloppe pour le marché francophone. À ce jour, il n’est toujours pas possible de démontrer la somme réelle qui a été investie dans ces communautés.
François Choquette a alors déposé une plainte au Commissaire aux langues officielles (CLO) qui a jugé, en 2019, à la suite d’une enquête, qu’elle n’était pas fondée.
Remettant en question la rigueur de l’enquête, François Choquette a fait demande à la Cour fédérale pour un contrôle judiciaire.
«C’est important ce combat-là, pour le respect des langues officielles, pour le respect de la francophonie, qu’une décision soit prise d’une manière favorable aux francophones partout au pays», insiste François Choquette.
«Le CLO n’a pas enquêté sur les obligations prévues à l’article 43»
La tension était donc palpable mercredi matin, dans la salle d’audience de la Cour fédérale du Canada, sur la rue Sparks, à Ottawa.
L’avocate du demandeur, Me Millie Lefebvre, de Juristes Power, a fait de l’article 43 de la Loi sur les langues officielles son cheval de bataille. Selon elle, l’enquête du CLO a manqué de rigueur face à cet article.
«Durant son enquête portant sur l’entente Netflix, le CLO n’a pas enquêté sur les obligations prévues à l’article 43 de la LLO et a omis de traiter de cet article de manière distincte dans son rapport final d’enquête, peut-on lire dans le mémoire de l’avocate. […] Il n’a pas démontré être attentif et sensible à la question qui lui était soumise concernant l’article 43», affirme-t-elle.
«Il y a une aberration dans le déroulement de cette enquête-là», a lancé François Choquette en entrevue avec Francopresse.
Dans l’ancienne Loi sur les langues officielles, l’article 43 stipule que «le ministre du Patrimoine canadien [doit] prend[re] les mesures qu’il estime indiquées pour favoriser la progression vers l’égalité de statut et d’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne».
La nouvelle Loi sur les langues officielles est entrée en vigueur en juin 2023. Bien que citée lors de l’audience à titre de comparaison, l’avocat de la défense s’est basé solennellement sur la version antérieure de la Loi, soit celle utilisée lors de l’enquête du CLO.
Lors de l’audience, Me Millie Lefebvre a aussi mentionné la section f) de l’alinéa 1 de l’article 43 qui se lit comme suit :
«Pour encourager les entreprises, les organisations patronales et syndicales, les organismes bénévoles et autres à fournir leurs services en français et en anglais et à favoriser la reconnaissance et l’usage de ces deux langues, et pour collaborer avec eux à ces fins».
«Pour une plainte qui vise Patrimoine canadien dans l’entente Netflix qui va fournir des services au Canada, a-t-elle dit, le demandeur est d’avis que l’article 43.1.f. devait être considéré dans l’enquête, parce que c’est l’exercice même de [l’article].»
Mieux encadrer la Loi sur investissement Canada
Selon François Choquette, il est tout de même important de prendre en compte l’article 43 afin de mettre en lumière la «dynamique canadienne» lorsqu’il s’agit d’investissements liés à la diffusion sur demande de plateformes numérique.
L’entente entre Netflix et PCH a été conclue en 2017 en vertu de la Loi sur investissement Canada. François Choquette croit que cette dernière «n’a prévu aucun mécanisme pour faire respecter les communautés des langues officielles partout au pays».
C’est pour ça qu’on veut que l’enquête soit refaite, pour que la prochaine fois qu’on va avoir des investisseurs, ils soient au courant de l’importance de la Loi sur les langues officielles et respectent le fait français au pays.
Il est d’avis que «si on avait tenu en compte l’article 43, la plainte aurait été encore fondée et l’enquête aurait pu suivre son cours», a-t-il insisté. «On n’a aucune recommandation du Commissariat à Patrimoine canadien pour qu’il encadre mieux les investissements futurs dans le numérique.»
«Je ne veux plus jamais que ça se reproduise», a soutenu François Choquette.
Le juge rendra sa décision au courant de l’année 2024.