Le Centre de recherche sur les francophonies canadiennes (CRCCF) rend hommage à Lucie Hotte, professeure émérite au Département de français de l’Université d’Ottawa, en consacrant un colloque à ses travaux, du 23 au 25 avril, à Ottawa.
Figure incontournable des études sur les littératures franco-canadiennes, elle a contribué pendant plus de 25 ans à structurer et faire rayonner ce champ de recherche.
Francopresse : Pourquoi, à vos débuts, vous êtes-vous tournée vers la littérature francophone du Canada et les littératures minoritaires?
Lucie Hotte : C’est un peu par hasard.
Lorsque j’étais au doctorat en lettres françaises, je travaillais sur la littérature québécoise, principalement en théorie littéraire. J’ai organisé des colloques étudiants et à l’un d’entre eux, il y avait François Ouellet, qui est maintenant un ami et qui était très impliqué dans la revue Nuit Blanche à Québec.
Il voulait faire un numéro sur la littérature franco-ontarienne. Ce n’était pas mon domaine de recherche, mais je connaissais les auteurs. J’ai collaboré avec lui pour ce numéro.
On a aussi décidé ensemble d’organiser un colloque sur cette littérature. À l’époque, ce n’était pas évident de trouver des gens. On a fait appel à nos amis parce qu’on avait reçu très peu de propositions de communication. Mais ça a comme créé un effet d’entrainement. Les gens ont vu ça, ils ont commencé à s’y intéresser davantage.
Quelques années plus tard, j’ai participé à des colloques dans les Maritimes et là, j’ai vu qu’il y avait beaucoup de liens avec ce qu’on faisait en Ontario. Je me suis dit que ce serait intéressant qu’on développe plus de liens avec eux.
J’ai commencé à m’intéresser à ce qui se faisait dans l’Ouest aussi et aux conditions d’existence de ces corpus littéraires, à lire les livres dans une perspective esthétique plus qu’historique.
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Quels moments ou travaux vous ont marqué dans votre carrière?
C’est difficile à dire parce que c’est vraiment une évolution. Je m’intéressais à la théorie littéraire, à la réception des œuvres et puis ça a évolué un peu de façon organique.
Il y a eu ce moment-là où j’ai ouvert mon champ de recherche à toute la francophonie canadienne en contexte minoritaire. Et puis, le deuxième tournant, c’est quand j’ai commencé à m’intéresser davantage à des questions de sociologie de la littérature.
Dans le milieu littéraire comme tel, ce que j’ai noté, par contre, c’est qu’après l’effervescence des années 1970, 1980, 1990, il y a eu au début des années 2000 un certain essoufflement, notamment en ce qui concerne la relève du roman franco-ontarien. J’ai trouvé ça parfois inquiétant.
Il y a aussi, en Ontario français, un nombre moins grand de maisons d’édition. On avait six grandes maisons d’édition, il n’en reste que trois.
Quand j’ai fait les statistiques sur la production de ces maisons d’édition-là – combien d’ouvrages franco-ontariens ils publient chaque année –, le pourcentage était en chute libre.
Il y avait une augmentation d’œuvres en traduction, par exemple, ce qu’on ne publiait à peu près jamais avant. Pour moi, ça soulève des questions.
L’Ontario est la province où il y a le plus grand nombre de personnes parlant français, mais on est très minoritaire, plus minoritaire qu’en Acadie par exemple, et peut-être plus dispersée sur un grand territoire. Tandis qu’au Manitoba, par exemple, les gens sont plus concentrés autour de Saint-Boniface et Winnipeg.
Que disent ces littératures sur la francophonie canadienne et des communautés en situation minoritaire?
Vous posez la question contre laquelle je me suis opposé toute ma carrière. Les littératures ne sont pas là pour faire la promotion des communautés.
Je pense que les littératures reflètent toujours une réalité, parce qu’elles parlent des gens, elles parlent du monde. Comme toutes les littératures, ça porte sur tous les sujets propres à la vie humaine : la vie, la mort, l’amour, tous les grands thèmes sont là.
Mais c’est vraiment un cliché de penser que ce sont des littératures qui ne parlent que de la condition minoritaire. C’est vraiment contraindre les écrivains à écrire sur des choses qui ne les intéressent peut-être même pas.
Il y a très peu d’œuvres qui parlent de ça. Il y en a de moins en moins. Il n’y en a jamais eu beaucoup, contrairement à ce qu’on croit. Beaucoup d’œuvres qu’on a identifiées à ce courant-là ne parlaient pas vraiment de ça.
La poésie de Robert Dickson est une poésie sur la paix, la guerre, les relations humaines, la tolérance, beaucoup plus que sur la question franco-ontarienne. Parce que les œuvres étaient situées en Ontario, parce qu’elles parlaient parfois d’une certaine réalité franco-ontarienne et dans une langue plus vernaculaire, le public, la critique, ont associé ça à des thématiques que j’appelle identitaires, particularistes.
Mais le courant particulariste est très, très, très minoritaire dans la production littéraire franco-ontarienne, dans la littérature acadienne aussi, et encore plus dans l’Ouest canadien.
Ce n’est pas le rôle des écrivains de sauver une communauté.
C’est la même chose pour les écrivains issus de l’immigration : ils ne font pas juste parler d’immigration. On ne peut pas contraindre l’imaginaire d’un écrivain ou la réduire à des préoccupations purement sociologiques.
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Quelle est la place de la littérature francophone dans le monde universitaire aujourd’hui? Celle-ci a-t-elle changé?
Le lien avec les universités s’est beaucoup effrité. À Winnipeg comme à Moncton, il y a un lien très proche entre les maisons d’édition et le milieu universitaire. L’Université de Moncton et l’Université de Saint-Boniface sont des universités francophones qui enseignent la littérature locale.
En Ontario, les universités francophones n’ont pas de programme de littérature, contrairement à l’Université d’Ottawa et au College London. Mais il n’y a plus personne dans les postes désignés en littérature franco-ontarienne. Quand j’ai pris ma retraite, je n’ai pas été remplacée.
Une des questions que je me pose dans mes travaux actuels, c’est quel est l’impact de ce changement dans les universités sur la vitalité des littératures franco-canadiennes?
Quels sont les champs d’études à surveiller dans votre domaine ces prochaines années dans le monde universitaire et pour les prochaines générations de chercheurs et de chercheuses?
Il faudrait d’abord qu’on embauche des chercheurs et des chercheuses dans les universités parce que présentement ce n’est pas le cas.
Sans poste, les chercheurs travaillent à leur propre compte. Ils font ça le soir et les fins de semaine tout en ayant un emploi pour gagner leur vie. Ce n’est pas évident.
Il y aurait du travail à faire sur la nouvelle génération de poète, les nouveaux écrivains. Il y a beaucoup à faire aussi sur le développement récent dans le milieu du théâtre. Il y a beaucoup de nouvelles compagnies de théâtre qui sont nées.
Évidemment, il y a beaucoup à faire du côté de l’accompagnement des jeunes écrivains, des jeunes écrivaines, du mentorat, de l’enseignement de la création littéraire.
Il y a aussi beaucoup à faire du côté de la conscientisation de la population, mais aussi de la sphère politique sur les enjeux qui sont liés aux littératures en contexte minoritaire; pour leur enseignement dans les écoles, leur présence dans les bibliothèques publiques, et pour appuyer les éditeurs à travers des programmes de financement, notamment peut-être avec une politique du livre en Ontario.
Le Québec, le Nouveau-Brunswick, ont des politiques du livre. C’est un projet qui m’avait beaucoup tenu à cœur, mais qu’on n’a jamais réussi à faire aboutir.
On le voit, les librairies ferment partout en Ontario, à part Ottawa. Les librairies ont beaucoup de difficultés à survivre. Avec une politique du livre, ça permettrait à ces librairies d’avoir un revenu garanti à travers la vente dans les écoles et les bibliothèques municipales.
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Êtes-vous inquiète pour la relève d’auteurs et d’autrices?
En Ontario, on a des jeunes poètes et poétesses très talentueux, des gens comme Véronique Sylvain, par exemple.
Il y a beaucoup de relève aussi du côté du théâtre. Et il y a des jeunes femmes comme Lisa L’Heureux, Sarah Migneron, etc.
C’est le roman qui me semble plus fragile. Or, les gens lisent davantage des romans que de la poésie et du théâtre. Donc, ce sont des gens qui s’adressent plus aux gens du milieu théâtral ou aux littéraires. Peut-être qu’on se détache un peu du public lecteur.
Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de clarté.
La technicité du litige présenté devant les juges n’a pas volé la vedette au cœur du sujet : que les administrations des aéroports respectent leurs obligations linguistiques, même lorsqu’elles relèvent d’une autre loi. Dans ce cas-ci, il s’agit de la Loi relative aux cessions d’aéroports.
La tâche des juges de la Cour suprême sera d’identifier à quels types d’obligations sont soumis les aéroports privatisés dans les années 1990.
L’avocat de Michel Thibodeau, Me Nicolas Rouleau, a plaidé pour le maintien d’un niveau de droit qui respecte pleinement la Loi sur les langues officielles, malgré les assouplissements consentis lors de la privatisation.
En 2018, Michel Thibodeau a déposé six plaintes au Commissariat aux langues officielles (CLO) concernant l’absence ou la piètre qualité du français dans les communications en ligne de l’Administration aéroportuaire de St. John’s, à Terre-Neuve-et-Labrador.
Après deux rapports du CLO lui donnant en bonne partie raison, le plaignant a déposé une demande de dommages et intérêts. La Cour fédérale a demandé à l’Administration aéroportuaire de St. John’s de lui verser 5000 $. Un jugement maintenu par la Cour fédérale d’appel.
La Cour suprême a accepté d’entendre la cause pour apporter un éclairage sur l’interprétation des obligations linguistiques des administrations aéroportuaires.
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Michel Thibodeau affirme que la seule manière pour que les institutions fédérales respectent leurs obligations de servir les voyageurs en français au Canada «c’est de les amener en cour».
Le Franco-Ontarien est connu dans la francophonie canadienne pour le grand nombre de plaintes déposées contre des institutions fédérales du pays concernant leurs communications et leurs services en français, l’une des deux langues officielles du Canada.
En entrevue avec Francopresse après l’audience en Cour suprême, il a affirmé avoir déposé des plaintes «plus d’une centaine de fois» en 26 ans.
Me Michael Shortt, qui représente l’Administration aéroportuaire de St. John’s, s’est penché sur la notion de «siège» des aéroports privés – soit le lieu principal des activités d’une organisation – pour argumenter qu’on ne peut pas soumettre des aéroports «locaux» à des obligations des institutions fédérales.
«Certaines parties de la Loi sur les langues officielles s’appliquent, mais seulement pour l’aéroport. Mais [cette] Loi ne s’applique pas à aux administrations aéroportuaires», a-t-il établi d’emblée.
De son côté, Me Rouleau a cité plusieurs exemples d’institutions qui ont des mandats régionaux, mais qui sont considérées comme fédérales – Parc Downsview ou Ripley’s Aquarium à Toronto, etc. –, afin de démontrer que la règle du siège s’applique aussi à des entités aéroportuaires privées et locales.
«Peu importe leur siège : celui-ci doit nécessairement être bilingue pour ce qui est des communications et des services au public», a-t-il fait valoir.
Me Rouleau a également demandé aux juges d’interpréter la Loi relative aux cessions d’aéroports comme un maintien des droits du public.
Si le public pouvait se plaindre à propos de l’administration centrale [avant la cession], il faut le maintenir. […] Si on enlève le droit du public, ce n’est plus la même loi.
Le sens des questions des juges pouvait laisser transparaitre une partie de leur point de vue. Comme celle de la juge Mary Moreau : «Il y a une obligation à l’échelle locale de tenir compte d’un droit quasi constitutionnel [celui de la Loi sur les langues officielles, NDLR] qui existait à l’échelle du pays au moment de la privatisation.»
Les questions des juges de la Cour suprême ont également porté sur le fait que Michel Thibodeau, même s’il a porté plainte, n’a pas été directement victime d’une atteinte à ses droits.
L’avocat de l’aéroport, Me Shortt, a rappelé qu’il ne faisait pas partie des voyageurs. Michel Thibodeau a constaté, depuis chez lui en Ontario, que le site Web et les réseaux sociaux n’étaient pas en français, de même que les guichets automatiques à l’aéroport. «Pour obtenir des dommages et intérêts, il faut une atteinte aux droits personnels», a dit l’avocat.
Me Marion Sandilands, avocate qui représentait les Associations des administrations portuaires canadiennes et intervenante à l’audience sans être partie dans la cause, a affirmé que les montants des dommages et intérêts «créent de l’attente sur ces petites atteintes» aux droits linguistiques. Elle sous-entend que Michel Thibodeau attendait de l’argent de ces plaintes.
En entrevue avec Francopresse après l’audience, ce dernier a balayé cette allégation. «Dans des jugements importants, ils ont déjà dit que je ne le faisais pas pour l’argent. Je crois que les dommages et intérêts sont très importants. Il faut que ça change. Et la seule façon de forcer les autorités aéroportuaires à changer, c’est de les emmener en cour. C’est un processus qui est très long, très pénible. Puis, au bout de la ligne, ils ont l’air de seulement comprendre les dommages et intérêts. Le droit d’être servi en français ou d’avoir un affichage en français, c’est un droit constitutionnel.»
Selon son avocat, le jugement, dont la date n’est pas encore fixée, sera important : «On revient à favoriser l’égalité des langues, à faire en sorte que les institutions soient valorisées et être capables de communiquer dans les deux langues officielles. La deuxième langue n’est pas langue d’accommodement.»
La commissaire aux langues officielles, Kelly Burke, était intervenante lors de l’audience. Dans une déclaration écrite, elle affirme : «Comme tous mes prédécesseurs, je crois fermement que les autorités aéroportuaires doivent s’assurer de respecter pleinement les droits linguistiques de la population canadienne et de se conformer à toutes les obligations linguistiques qui leur incombent au titre de la Loi, tant à leurs administrations centrales que dans leurs bureaux et dans les aéroports.»
Michel Thibodeau espère que «le message va être fort et clair; que les droits des francophones sont aussi importants que les droits des anglophones, qu’on devrait être capables de se faire servir en français à travers le pays et que si les autorités aéroportuaires ne se conforment pas à la Loi sur les langues officielles, il y a des conséquences sévères».
Le procès lancé par la Commission fédérale du commerce a établi que leurs plates-formes créaient délibérément la dépendance, entraînant des troubles de santé mentale, dont la dysmorphie corporelle, la dépression et les idées suicidaires.
Alors que d’autres tribunaux doivent se prononcer, ce verdict n’est pas sans rappeler les grands procès ayant mis à genoux les grands cigarettiers. Partout, les appels en faveur d’une meilleure réglementation des réseaux sociaux s’intensifient.
L’Australie, la France et l’Espagne ont déjà institué des restrictions quant à l’âge des utilisateurs. Mais le Canada, lui, n’a toujours pas légiféré sur les préjudices en ligne.
Mais dans toute cette bataille, une question est souvent négligée : qu’est-ce qui rend les ados si vulnérables aux plates-formes ?
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Imaginez Sara, 14 ans, retrouvée inconsciente après une tentative de suicide. Épanouie, soutenue par sa famille, elle réussissait pourtant à l’école et vivait au sein d’une communauté dynamique. Mais derrière sa porte close, elle luttait en secret contre un mal qui s’est installé lentement : le sentiment de ne pas être à la hauteur.
Sara passait des heures à faire défiler les messages, à afficher les siens, à courir les « j’aime »… jusqu’à ce que la reconnaissance cesse d’affluer. Sans aucun confident, malgré ses 150 abonnés en ligne, elle en est venue à croire qu’elle était complètement seule.
Le personnage fictif de Sara s’inspire d’expériences cliniques et de recherches, mais l’histoire est courante.
Comme tant d’ados, Sara s’est tournée vers les réseaux sociaux pour s’exprimer, créer des liens et se trouver une appartenance. Au début, c’était bon. Chaque petite dose de dopamine la ramenait vers ces réseaux. Puis l’habitude est devenue difficile à contrôler.
Selon la recherche portant sur le cerveau en développement des adolescents, l’utilisation intensive des réseaux sociaux peut surstimuler les circuits de récompense de la même manière que le jeu et autres comportements addictifs.
Le système immature des ados les rend particulièrement sensibles aux réactions sociales et moins aptes à faire face au rejet. Cela les rend vulnérables aux aléas des interactions en ligne. Les commentaires négatifs rapides et répétés, notamment, peuvent intensifier le stress émotionnel.
Le cerveau d’un adolescent est comme une autoroute en construction, avec des voies rapides ouvertes (le système limbique, siège des émotions) et d’autres en construction (le cortex préfrontal, qui contrôle les impulsions et le jugement).
Ce déséquilibre signifie que le flux d’émotions arrive trop vite pour le centre de contrôle. Il s’en suit des embouteillages côté jugement. Les ados, qui ont alors du mal à prendre un temps d’arrêt pour réfléchir et évaluer la situation, cèdent aux impulsions.
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La comparaison sociale aggrave encore cette tension. Devant le défilement d’images de vies apparemment parfaites, Sara se sent inadéquate. L’envie, l’insécurité et la crainte de rater quelque chose minent sa confiance. Encouragée par les réseaux sociaux à s’autoévaluer en permanence, elle surveille ses « j’aime », ses commentaires et son apparence en ligne.
Des recherches établissent un lien entre cette focalisation sur soi et la hausse de l’anxiété, particulièrement chez les adolescents, déjà sous pression.
La puberté en rajoute, car elle rend le cerveau plus sensible aux signaux sociaux et émotionnels. Comme la puberté survient souvent plus tôt et plus intensément chez les filles, l’anxiété et la dépression induite par les réseaux sociaux les touchent de manière disproportionnée.
Le gros du temps passé sur les réseaux sociaux n’est ni actif ni social, mais passif. À peine 7 % du temps sur Instagram et 17 % sur Facebook concernent les interactions entre amis, a-t-on appris lors du procès. Le reste : un défilement de contenu à regarder, qui crée l’illusion d’un lien tout en renforçant le sentiment d’isolement.
De vastes études établissent toutes un lien entre l’utilisation intensive des plates-formes et la détérioration de la santé physique (privation de sommeil, obésité).
Un autre risque découle de la solitude. Le besoin fondamental de se sentir vu et compris n’étant pas satisfait, le corps interprète ce manque comme du stress. L’impact sur la santé de cette solitude chronique équivaut à la consommation de 10 cigarettes par jour.
Au Canada, les ados se décrivent comme constamment connectés en ligne, mais paradoxalement toujours plus déconnectés dans la vie réelle. Ils sont constamment incités à présenter une version idéalisée d’eux-mêmes sans pouvoir décrocher. Or, disent-ils, il est facile de mal interpréter la communication en ligne, ce qui fragilise les relations et aggrave l’isolement. Ils sont tiraillés – entre leur attraction pour la connexion et une connexion qui ne fait qu’empirer les choses.
Une étude dans huit pays auprès de 9 000 adolescents a établi le lien étroit entre une utilisation intense des réseaux sociaux et des taux élevés de dépression et d’anxiété.
Qui laisserait un ado de 14 ans partir en voiture sans formation sur les règles et la sécurité ? Pourtant, nous leur laissons un accès illimité à des plates-formes conçues pour capter leur attention et maximiser leur engagement – alors que les effets sur la santé physique et mentale sont connus.
Au Canada, le suicide est la deuxième cause de décès chez les 15 à 24 ans. Les maladies mentales coûtent déjà 51 milliards de dollars par an, et 70 % des personnes touchées présentent des symptômes dès l’adolescence.
Il est essentiel de réglementer les réseaux sociaux. À l’instar de la sécurité routière, il faudra une approche multiniveau.
Les plates-formes doivent être conçues de manière plus responsable. Les limites d’âge doivent être strictement définies et appliquées. Et l’éducation aux technologies numériques doit aider les jeunes à comprendre et gérer ce qui s’y passe.
La question n’est plus de savoir si des mesures sont nécessaires, mais si elles seront prises à temps pour endiguer l’épidémie de maladies mentales qui menace la prochaine génération.
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En Ontario, une année d’études universitaires peut coûter jusqu’à 8000 $. Il s’agit d’une des provinces où l’éducation coûte le plus cher au pays.
Pour aider les étudiants à payer tout ça, il y avait un programme de bourses. Une bourse, c’est comme un cadeau. Il s’agit d’argent que le gouvernement offre aux étudiants et qu’ils n’ont pas à remettre. Mais le gouvernement a annoncé un changement : ce sont plutôt des prêts qui seront offerts. Cela signifie que les étudiants vont devoir emprunter cet argent… et le rembourser plus tard.
En plus, le gouvernement ontarien a annoncé que les frais de scolarité, c’est-à-dire le coût pour aller à l’université, pourraient augmenter. Plusieurs étudiants ont donc peur de se retrouver avec une grosse facture à rembourser en recevant leur diplôme universitaire.
Pour montrer leur désaccord, plusieurs étudiants ont choisi de porter un tissu de carré rouge sur leurs vêtements. Ce symbole n’est pas nouveau.
Le carré rouge vient du Québec, où il a été surtout été utilisé pendant un grand mouvement étudiant en 2012, qu’on appelle le Printemps érable.
À l’époque, des milliers d’étudiants québécois ont fait la grève pour protester contre une hausse des frais de scolarité annoncée par le gouvernement libéral de Jean Charest. Une grande partie de la population du Québec a soutenu les étudiants en descendant dans les rues pour protester avec eux. Le carré rouge représentait l’idée d’être «carrément dans le rouge», c’est-à-dire d’avoir des dettes.
Le mouvement a duré plusieurs mois, avec des manifestations fréquentes dans plusieurs villes.
En 2012, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues du Québec pour protester contre la hausse des frais de scolarité.
Parmi les leaders du mouvement, on retrouvait Gabriel Nadeau-Dubois. Le reconnais-tu? Il est député du parti politique Québec Solidaire.
Gabriel Nadeau-Dubois avait 21 ans quand il a mené le mouvement étudiant contre la hausse des frais de scolarité en 2012.
Finalement, après des mois de manifestations, le premier ministre Jean Charest déclenche des élections. Il est battu et c’est Pauline Marois, du Parti québécois, qui est élue. Aussitôt, la nouvelle première ministre annule la hausse des frais de scolarité.
Des étudiants en Ontario utilisent aujourd’hui le carré rouge parce qu’ils espèrent obtenir des résultats similaires. Pour eux, ce symbole représente l’idée que l’éducation devrait être accessible à tous, peu importe l’argent qu’on a.
Et toi, penses-tu que les études devraient coûter cher ou être gratuites? Pourquoi?
Sources : Le Devoir
La roussette à tête grise, qu’on appelle aussi renard volant à tête grise, vit en Australie. C’est l’une des plus grandes chauves-souris au monde. Son corps peut faire jusqu’à 50 cm de longueur, alors que la plus grande chauve-souris du Québec mesure 13 cm!
La nuit, la roussette à tête grise peut parcourir jusqu’à 50 km le long de la côte Est de l’Australie pour se nourrir. Cette chauve-souris frugivore visite différents arbres pour manger du pollen, du nectar (un liquide sucré produit par les fleurs) et des fruits.
Comme elle les mange tout rond et qu’elle digère très vite, les graines de fruits se retrouvent entières dans ses crottes. Et comme la roussette fait caca en plein vol, elle disperse des graines, ainsi que du pollen, un peu partout. 💩💩💩💩💩💩💩💩💩💩💩💩💩💩
Résultat : de nouveaux arbres poussent le long de son chemin!
Les roussettes à tête grise sont tellement efficaces pour disperser des graines que des scientifiques ont estimé qu’elles ont permis à plus de 91 millions d’arbres de pousser! C’est vraiment beaucoup!
Ce «service de plantation gratuit» est un avantage :
🌳 pour la nature, car il permet à des arbres de pousser là où des forêts ont été détruites par les feux ou les activités humaines
💲pour l’économie de l’Australie, car le bois de ces arbres, quand il est coupé et vendu, rapporte des centaines de millions de dollars.
Le plus étonnant? Les chauves-souris n’ont pas toujours été aimées en Australie. À une époque, on avait peur qu’elles apportent des maladies et on les tuait. Heureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui et elles sont protégées par la loi.
Les chauves-souris frugivores, comme les roussettes, vivent dans les régions chaudes de la planète. Les chauves-souris qui vivent au Canada, elles, mangent des insectes. Elles jouent quand même un rôle important, puisqu’elles diminuent la quantité d’insectes qui peuvent abîmer les forêts et les plantations.
Mais alors, y a-t-il des animaux qui plantent des graines grâce à leur caca au Canada? Oui! Il y en a plusieurs, comme l’ours noir 🐻, le renard 🦊 et le raton laveur 🦝.
Tous ces «animaux jardiniers» sont précieux pour la nature et pour les cultures, mais ce n’est pas tout! Une étude scientifique a montré que les protéger pourrait aider la nature à s’adapter aux changements climatiques. Pourquoi? Parce qu’en transportant des graines, ils permettent aux plantes de «déménager» plus facilement lorsque leur habitat devient moins accueillant. 😊
Est-ce que tu aimes les chauves-souris? En as-tu déjà vu? Raconte-moi!
Au Canada, les citoyens sont représentés par 343 députés et députées. Ces personnes sont élues lors d’élections fédérales. Le parti politique qui fait élire le plus de députés et députées gagne les élections et devient le gouvernement. Et son chef est nommé premier ministre.
Une fois élus, les députés obtiennent chacun un siège à la Chambre des communes, la grande pièce où sont adoptées les lois canadiennes. Elle compte donc 343 sièges en tout!
Les dernières élections fédérales ont eu lieu en avril 2025. C’est le Parti libéral du Canada (PLC), dont le chef est Mark Carney, qui a gagné. À l’époque, il a fait élire 169 députés. Ce n’était pas le scénario idéal pour un parti. Pourquoi? Parce que ça voulait dire qu’il allait former un gouvernement minoritaire.
La Chambre des communes se situe dans ce bâtiment qu’on appelle le Parlement. Il se trouve à Ottawa, la capitale du Canada.
Un gouvernement minoritaire, c’est un gouvernement qui obtient moins de la moitié des sièges à la Chambre des communes. Il est plus faible, parce qu’il a besoin du soutien des autres partis politiques pour rester au pouvoir et faire adopter ses lois.
Au contraire, un gouvernement majoritaire est formé par un parti qui a obtenu plus de la moitié des sièges : au moins 172. Il n’a pas besoin de l’appui des autres partis pour faire adopter ses lois. Il peut faire moins de compromis et gouverne plus facilement.
Ce que Mark Carney voulait, c’est donc de passer de 169 sièges à au moins 172! Ainsi, son gouvernement deviendrait majoritaire. Et c’est ce qui s’est passé lundi! Comment? Deux grandes raisons :
Depuis la dernière élection, des députés du Parti conservateur du Canada et du Nouveau Parti démocratique ont décidé de quitter leur parti pour se joindre au PLC.
Le lundi 13 avril, trois élections partielles ont eu lieu au pays : deux dans la région de Toronto, en Ontario, et une à Terrebonne, au Québec. Et c’est le PLC qui les a toutes remportées!
Eh oui! Depuis lundi soir, le Parti libéral du Canada compte 174 députés. Le gouvernement du Canada devient donc majoritaire, puisqu’il a dépassé les 172 sièges dont il avait besoin.
Alors, que compte faire Mark Carney avec sa majorité? «Nous collaborerons avec tous les partis politiques et demanderons leurs points de vue. Le travail qui nous attend exige collaboration, partenariat et ambition», a-t-il déclaré, lundi soir.
Qui aurait cru que la politique pouvait ressembler au jeu de la chaise musicale?
Et toi, si la personne pour qui tu as voté changeait de parti en cours de route, qu’en penserais-tu?
Cinq minutes de défilement quotidien sur TikTok pendant un an et vous parcourez l’équivalent de 20 kilomètres en voiture chaque semaine. Regarder des vidéos en continu pendant une à deux heures sur un téléviseur? Une consommation d’électricité comparable à celle d’un réfrigérateur en une demi-journée.
Nos usages numériques ont un impact environnemental réel, et toujours grandissant.
L’empreinte carbone du numérique correspond à l’ensemble des émissions de CO₂ produites par les activités en ligne, comme la lecture de vidéos en continu, les jeux, le défilement de publications sur les réseaux sociaux, le téléchargement de fichiers, les réunions virtuelles ou encore l’envoi de courriels.
L’empreinte ne se limite pas à ce qu’on fait en ligne : elle englobe aussi – et surtout – les infrastructures matérielles, comme les équipements (téléphones intelligents, ordinateurs, objets connectés), le matériel lié au réseau (antennes relais, câbles, boitiers Internet) et les centres de données.
En résumé, elle inclut tout ce qui vient en amont, dont la fabrication des appareils, leur utilisation, puis leur fin de vie, avec la question des déchets électroniques, notamment.
Laurence Bolduc énumère des petits gestes concrets à faire au quotidien, comme mettre son cellulaire en mode énergie ou privilégier les appels téléphoniques plutôt que les visioconférences.
Un centre de données Google de taille standard utiliserait environ plus de 1,7 million de litres d’eau par jour, rapporte la spécialiste en communication et engagement à la Fondation David Suzuki, Laurence Bolduc. Elle ajoute que la construction de ces bâtiments peut aussi entrainer des déforestations et la destruction d’habitats naturels.
Les câbles à fibres optiques sous-marins s’étendent sur environ 1,5 million de kilomètres à travers le globe. «Tout ça a énormément de conséquences, que ce soit avec la pollution chimique et sonore», poursuit-elle.
Le numérique représenterait entre 3 et 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un ordre de grandeur similaire à l’aviation civile (2,5 %) ou aux véhicules lourds (4 %), illustre Martin Deron, doctorant à l’Université Concordia et chercheur à l’Observatoire international sur les impacts sociétaux de l’IA et du numérique (Obvia).
Des chiffres certainement bien en deçà de la réalité, car, au Canada comme ailleurs, des données précises sur le sujet manquent.
«Ce sont beaucoup d’estimations. En fait, dans l’univers technologique, on a beaucoup d’opacité. On n’est pas en mesure d’avoir accès à beaucoup de chiffres, à la fois sur les équipements importés, mais également sur la manière dont se déploient nos systèmes», explique Martin Deron.
La raison pour laquelle on n’a pas de chiffres, c’est parce que l’industrie ne nous laisse pas y avoir accès […] On n’a pas accès à comment les grands systèmes d’intelligence artificielle générative – OpenAI, META, etc. – ont entrainé leur modèle, quel mix énergétique ils ont utilisé.
S’il n’existe pas de données spécifiques au Canada, les mesures utilisées proviennent principalement d’études internationales ou de travaux réalisés en France.
Une des similitudes entre ce pays européen et certaines provinces canadiennes réside dans un mix énergétique peu carboné : l’hydroélectricité ici et le nucléaire en France. Les deux États importent en outre la majorité de leurs équipements technologiques.
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Est-ce que l’industrie essaie de corriger le tir? Oui et non.
Les entreprises s’intéressent aux énergies décarbonées quand celles-ci leur permettent de faire des économies. «Les centres de données ont tout intérêt à se déployer dans une région du monde où l’électricité peu carbonée est moins chère et à augmenter ou améliorer en permanence leur procédé de récupération de chaleur, tout ça parce que c’est lié à des couts», détaille Martin Deron.
«Il ne s’agit pas d’un retour en arrière ou de débrancher nos ordinateurs, mais de se dire : de quel numérique on veut?», dit Martin Deron.
«Les trajectoires que suivent les [entreprises] numériques aujourd’hui sont insoutenables, au sens où tous les facteurs d’impact [environnemental] augmentent rapidement […] La réponse des acteurs principaux, c’est de dire qu’on va faire moins pire ou on va réduire l’accélération des impacts.»
Ce qui reste, à ses yeux, insuffisant. Par ailleurs, les géants du numérique se présentent comme des acteurs de transition seulement lorsque cela les arrange.
«Il y a quelques années, on avait des rapports annuels de Google, d’Amazon, de Meta qui nous disait à quel point ils allaient être carboneutres ou water positive […] Les discussions autour des mesures de carboneutralité étaient un petit peu plus importantes, y compris pour les consommateurs et les gouvernements.»
Mais les temps ont changé.
Maintenant, avec une espèce de course à l’armement en IA générative, toutes les équipes en éthique ou en environnement ont été mises de côté. On n’a plus du tout de promesses de ce type.
Martin Deron n’hésite pas à parler de «greenwashing» : «C’est opportuniste pour ces acteurs de le faire lorsqu’il y a la place» dans le discours public.
Le contexte politique actuel n’aide pas. «La plupart de ces entreprises-là ont un lien, sinon direct, indirect, à l’administration américaine. Et en ce moment, celle-ci prend un bord qui ne considère pas du tout ces questions-là», remarque le spécialiste.
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Martin Deron retient deux niveaux d’action : poser des gestes concrets à l’échelle individuelle et changer carrément de paradigme.
Allonger au maximum la durée de vie des équipements ou favoriser des logiciels et des sites Internet écoconçus peut constituer un point de départ. Dans le monde du travail, ne pas renouveler systématiquement les flottes informatiques et mutualiser les équipements en est un autre.
Parmi les autres petits gestes qui peuvent réduire notre empreinte, Laurence Bolduc conseille de désactiver la lecture continue ou automatique des vidéos, mettre son cellulaire en mode énergie, enlever la vidéo lors des visioconférences ou encore favoriser les appels téléphoniques quand cela est possible.
L’autre piste reste de réfléchir collectivement à la façon dont on peut construire un autre monde numérique, à contrecourant des grandes plateformes. Autrement dit : «Comment est-ce qu’on fait advenir un écosystème numérique qui soit compatible avec la transition écologique?», résume Martin Deron.
Pour lui, cette réflexion relève même d’une considération démocratique.
Les technologies numériques algorithmiques ont une telle influence sur nos vies, ce n’est peut-être pas normal qu’on n’ait pas un endroit où on peut en discuter démocratiquement.
La question n’est pas de tout débrancher et de revenir en arrière, mais de choisir, nuance-t-il. «Aujourd’hui, on est dans une surenchère technologique qui dépasse de loin les besoins et les envies des personnes.»
«Entre Wikipédia et ChatGPT, c’est des modèles d’affaires différents, des valeurs différentes et une consommation d’énergie et des impacts environnementaux d’ordres de grandeur extrêmement différents.»
L’échelle d’action est beaucoup plus petite qu’on ne le pense. «Alors oui, c’est sûr que si on avait un cadre règlementaire qui forçait les entreprises technologiques à faire ceci ou cela, ce serait formidable. […] Mais quelque part, la dimension politique, elle peut être beaucoup plus proche des individus aussi», avance Martin Deron.
Il mentionne En Commun, une plateforme qui regroupe des personnes et communautés qui partagent leurs expériences et bonnes pratiques, notamment pour sortir des GAFAM (Google, Apple, Facebook – Meta –, Amazon et Microsoft).
Le chercheur reste optimiste : «Il y a des façons de connecter ces actions individuelles avec des préoccupations plus collectives, que ce soit à l’échelle des communautés, d’un territoire, d’une province, d’un pays.»
Le gouvernement fédéral a déposé mercredi un avant-projet de règlement précisant la Loi sur l’usage du français au sein des entreprises privées de compétence fédérale (LUFEP), qui découle de la Loi sur les langues officielles, adoptée en 2023.
Celui-ci propose de nouvelles règles pour renforcer le français dans certaines régions désignées «à forte présence francophone» au Canada, dans le cadre de la LUFEP.
Parmi ces régions figurent l’ensemble du Nouveau-Brunswick, Ottawa et le nord de l’Ontario, un quartier de Winnipeg, trois régions de la Nouvelle-Écosse et un quartier d’Edmonton, en Alberta.
Dans ces zones, les entreprises de compétence fédérale, comme des banques et les compagnies de télécommunications par exemple, devront offrir des services, communiquer et fournir des documents en français et mettre en place des mesures internes pour promouvoir les services dans cette langue.
Des exceptions existent pour les petites entreprises. Le gouvernement pourra surveiller et imposer des sanctions en cas de non-respect.
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Mona Fortier, députée d’Ottawa – Vanier – Gloucester a annoncé un financement de 815 000$ pour l’institut du savoir Montfort, mardi.
Le gouvernement fédéral investit 815 000 $ sur trois ans pour agrandir le laboratoire d’innovation de l’Institut du Savoir Montfort, à Ottawa, le seul institut hospitalier francophone de l’Ontario.
IA : L’objectif est d’accueillir une vingtaine d’entreprises qui développent des solutions en matière de santé, notamment en intelligence artificielle (IA), pour réduire les couts, améliorer les soins de santé et les rendre plus écologiques.
Le laboratoire servira de lieu de test en conditions réelles afin d’aider ces entreprises à devenir plus efficaces et viables rapidement.
Tatiana Auguste fait partie des trois députées libérales élues lundi soir, avec une particularité : elle regagne son siège quelques mois après l’avoir perdu suite à une erreur de comptage d’une voix lors des dernières lections fédérales, en avril 2025.
Le Parti libéral du Canada est devenu majoritaire à la Chambre des communes après avoir remporté trois élections partielles lundi, atteignant 174 sièges.
Les nouvelles élues sont Danielle Martin (University–Rosedale) et Doly Begum (Scarborough-Sud-Ouest), à Toronto. De son côté, Tatiana Auguste retrouve son siège dans Terrebonne, au Québec, après l’avoir perdu temporairement à la suite d’une décision de la Cour suprême liée à une erreur de décompte des voix.
Moins d’un an après avoir été élu à la tête d’un gouvernement minoritaire, Mark Carney parvient à obtenir une majorité en cours de mandat, fait rare dans l’histoire du pays.
«Manœuvres» : Face aux accusations de «manœuvres» de l’opposition, qui accuse Mark Carney d’avoir obtenu sa majorité surtout grâce aux transfuges, le leadeur du gouvernement en Chambre, Steven MacKinnon, a réaffirmé en mêlée de presse mercredi que la composition des comités de la Chambre des communes «reflète la composition du Parlement».
Les libéraux envisagent d’ailleurs de modifier la composition des comités, mais Steven MacKinnon n’a pas précisé quand une motion sera déposée en ce sens.
Jusqu’ici, les sièges en comité étaient répartis entre les libéraux et les partis d’opposition, ce qui permettait à ces derniers de s’unir pour bloquer certaines propositions du gouvernement, puisque les présidents de commission votent seulement en cas d’égalité.
Mardi et mercredi, des médecins mobilisés et des réfugiés se sont mobilisés contre la coupe dans le Programme fédéral de santé intérimaire, qui garanissait jusqu’ici la couverture de services de soins de santé aux réfugiés et demandeurs d’asile au Canada.
Cette coupe — qui entrera en vigueur le 1er mai 2026 — impose un fardeau supplémentaire à des familles déjà vulnérables.
À la fin janvier, le gouvernement libéral a diminué de 15 % le budget du Programme fédéral de santé intérimaire, ce qui oblige désormais les demandeurs d’asile et les réfugiés à assumer une partie des coûts pour certains soins comme les médicaments, la santé mentale ou la vue.
Les médecins et les réfugiés demandent au gouvernement de revenir en arrière, jugeant que les conséquences seront «irréversibles» pour ces populations.
Choisir la santé ou la nourriture : Le Dr Douglas Gruner a souligné la précarité de leur situation : «Je veux rappeler que les réfugiés viennent avec leurs habits sur leurs dos, ou à peine plus que cela. Ils n’ont pas de compte bancaire. Ils n’ont pas de travail – pas encore. Ils seront forcés de faire un choix horrible; de choisir entre payer pour l’insuline pour leur enfant de 10 ans, ou un médicament pour l’asthme pour leur enfant asthmatique ou acheter à manger».
D’autres médecins, dont Parisa Rezaiefar et Anna Banerji, affirment observer ce type de situations «au quotidien».
Des médecins et des réfugiés ont demandé aux libéraux fédéraux de rétropédaler sur le démantèlement du Programme fédéral pour a santé intérimaire (PSFI) qui assure jusqu’au 1er mai la couverture des couts de services de soin, de médicaments et de matériel médical que les réfugiés ne peuvent pas s’offrir.
Le gouvernement de Mark Carney va réduire la taxe d’accise sur les carburants. Le prix de l’essence sera réduit de 10 cents le litre dès le 20 avril, et ce jusqu’à la fête du Travail, en septembre. Cette mesure vise à contrer la hausse des prix liée à la guerre en Iran.
Cependant, il n’est pas garanti que les automobilistes verront pleinement cette économie à la pompe, puisque le prix final dépend de nombreux facteurs, comme l’offre et la demande ou les fluctuations du marché mondial, fortement influencées par les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz et de la guerre en Iran, où transite environ 20 % du pétrole mondial.
Insuffisant selon le Parti conservateur : Les conservateurs ont répété cette semaine à la Chambre des communes que cette mesure reste insuffisante. Ils proposent des réductions plus importantes (jusqu’à 25 cents le litre) jusqu’à la fin de l’année. Mercredi, ils ont tenté, sans succès, de faire adopter une motion pour supprimer d’autres taxes sur l’essence, comme la taxe sur les produits et services (TPS).
Selon le professeur à l’Université d’Ottawa Nicholas Rivers, «les exonérations fiscales sur l’essence aggravent le problème en augmentant la demande en carburant».
«Quand nous avons enlevé la taxe sur le carbone, tout [le bénéfice] a été transféré au consommateur canadien. On va suivre de près la performance des entreprises», a fait savoir Mark Carney en conférence de presse, mardi.
Selon l’avant-projet de règlement déposé ce 15 avril au Parlement par le ministre de l’Identité et de la Culture canadienne, responsable des Langues officielles, les régions «à forte présence francophone» sont : le Nouveau-Brunswick en entier, Saint-Boniface (un quartier de Winnipeg, Manitoba), Digby, Richmond et Yarmouth (Nouvelle-Écosse) ainsi qu’un quartier d’Edmonton (Alberta), autour du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta.
En Ontario, on retrouve Ottawa, Prescott et Russell, Nipissing, le Grand Sudbury, la région de Timiskaming et Cochrane.
Le projet de règlement est relatif à la Loi sur l’usage du français au sein d’entreprises privées sous compétences fédérales (LUFEP), complémentaire à la Loi sur les langues officielles adoptée en juin 2023. Il était très attendu, notamment pour savoir quelles régions sont désignées comme francophones.
Le document ne s’applique pas aux territoires autochtones, notamment dans les réserves ou sur des terres visées par des traités «modernes».
Les entreprises privées de compétence fédérale visées sont définies dans la LUFEP, comme des entreprises régies par le Code canadien du travail et non les lois provinciales.
Ces entreprises peuvent être des entreprises de télécommunications, Postes Canada ou encore des banques.
Elles ont désormais l’obligation d’informer le gouvernement de leur présence dans les régions francophones et préciser comment les consommateurs peuvent accéder à leurs services en français.
Elles devront aussi mettre en place des mécanismes internes pour promouvoir l’usage du français et rendre compte des progrès réalisés dans un souci de transparence et d’accès réel aux services en français.
Le règlement établit que toutes les entreprises visées doivent désormais indiquer clairement, dans tous leurs modes de communication, que les consommateurs peuvent être servis en français.
Les entreprises doivent mettre en place un comité interne chargé de promouvoir le français, produire des bilans réguliers et mettre en œuvre des programmes pour généraliser son usage.
Les entreprises de petite taille, soit celles qui emploient moins de 100 employés dans les régions désignées, sont exemptées de certaines dispositions. Celles de moins de 500 employés à la grandeur du pays n’ont pas à former de comité dans les régions à forte présence francophone.
Les entreprises privées fédérales qui se trouvent au Québec peuvent choisir de se conformer à la Charte de la langue française de la province ou à la LUFEP.
L’affichage et la publicité bilingues doivent aussi donner une place nettement dominante au français. Par ailleurs, tous les documents doivent offrir une version française au moins équivalente aux autres langues.
Le gouvernement peut délivrer, suspendre ou retirer un certificat selon les résultats, pour obliger les entreprises à s’améliorer.
Les entreprises de moins de 100 employés au Québec sont aussi exemptées de certaines obligations, ce qui limite l’impact du règlement sur les plus petites structures.