le Lundi 10 août 2026

Quand Eric Kennedy a quitté le Québec qui l’a vu grandir pour aller se réinstaller au Nouveau-Brunswick en 2006, il s’exprimait, de son propre aveu, «un peu comme un dictionnaire» : «J’ai dû ajuster ma façon de parler.»

Eric Kennedy a, de son propre aveu, changé sa façon de parler pour s’adapter à son environnement.

Photo : Courtoisie

«Quand je posais des questions, quand j’avais des discussions, c’était comme : “OK, wow, simplifie ton langage svp, on n’est pas sûr de te comprendre”», confie le directeur des communications de l’Association Régionale de la Communauté francophone (ARCf) de Saint-Jean, aussi rédacteur en chef du journal Le Saint-Jeannois, publié par l’ARCf.

À lire aussi : L’identité francophone est-elle plus qu’une langue parlée?

«On se moule à notre environnement»

Aujourd’hui, lorsqu’il discute avec son frère au Québec, il constate que sa façon de parler a changé. «On se moule à notre environnement», dit Eric Kennedy.

«C’était beaucoup plus facile d’être caméléon que de rester avec une identité où déjà, dès les premiers mots, on allait savoir que je n’étais pas d’ici.» Il voulait aussi être compris de ses interlocuteurs et interlocutrices.

Cody Broderick a vécu plusieurs années en France, où il a «absorbé» les tics langagiers locaux. Quand il est revenu au Canada, son accent est devenu «un peu français de France, un peu Québécois, un peu terre-neuvien», comme une «glace napolitaine», sourit le rédacteur en chef du Gaboteur, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Il donne à ses journalistes un conseil que lui avait partagé une consœur : parler de «manière plus relax, pour que la personne soit plus à l’aise».

Cody Broderick déteste quand on lui dit : «Vous parlez très bien le français». 

Photo : Courtoisie

«L’accent, ce n’est pas juste celui qu’on entend ou celui qu’on perçoit à la radio ou à la télé, c’est aussi celui qui se crée dans les interactions entre collègues, avec les sources», rappelle le chercheur et journaliste Clément Lechat.

Pour sa recherche «Speaking About One’s Accent : The Subjective Experience of Accented Journalists in Quebec and Canadian Francophone Media», il a mené 12 entretiens auprès de professionnels et professionnelles qui œuvrent dans les médias francophones au Québec et au Canada.

Certains journalistes craignent de ne pas établir un lien de confiance avec les personnes qu’ils interviewent à cause de leur accent, qui laisse paraitre leur origine géographique ou même sociale, remarque le diplômé du programme de maitrise en innovation numérique en études journalistiques à l’Université Concordia.

«D’un point de vue plus personnel, il y a vraiment des répercussions en termes d’estime de soi, de sentiment de crédibilité, de professionnalisme et de légitimité à être journaliste.»

Se conformer à la norme

Une des grandes tendances qui traverse les récits recueillis par Clément Lechat reste l’ambivalence entre les stratégies d’adaptation, de «conformisme», face aux normes professionnelles et la résistance à ces standards.

«Les personnes peuvent sentir qu’elles doivent faire très attention à la façon dont elles parlent. Ça pèse lourd aussi en termes d’énergie, de charge mentale», remarque Clément Lechat. 

Photo : Courtoisie

«Certains participants ont décrit des mécanismes que je qualifie de passing […]; tout un ensemble de techniques mises en place pour avoir l’air invisible et se fondre dans la norme», explique le chercheur.

«Des journalistes m’ont dit avoir pris des cours de coaching, de diction, pour “effacer ou assouplir” leur accent, mais aussi leur vocabulaire.»

Lors de son passage à la radio, Nicolas Pelletier avoue avoir adopté un français standard dans le but d’être compris par la majorité. «Quelque part, j’ai tenté de rejoindre la norme. Puis je l’ai fait de manière consciente et inconsciente. Ça a changé ma façon de parler», partage le coordonnateur du programme de journalisme du collège La Cité, à Ottawa.

«Les journalistes vont effectivement essayer de rencontrer certains standards», abonde dans le même sens le directeur adjoint d’Alliance Radios (l’Alliance des radios communautaires du Canada), Simon Forgues.

«Je ne dirais pas gommer nécessairement leurs accents, mais plutôt d’avoir une qualité de français ou un niveau de français qui soit compréhensible.»

Il n’aimerait pas que les radios communautaires fassent appel à des coachs de langue et «qu’on commence à dire “non, il faut prononcer comme ça, il faut dire ça comme ça”».

«Là où le bât blesse, c’est lorsque [l’accent] devient une discrimination à l’embauche ou une discrimination à l’avancée professionnelle», signale Nicolas Pelletier. 

Photo : Courtoisie

Les écoles de journalisme, un maillon important

Pour Clément Lechat, les écoles de journalisme ont aussi leur rôle à jouer. C’est là qu’on peut commencer à «dialoguer et mettre le sujet sur la table».

«Parfois dans les écoles, il y a peu ou pas de coaching par rapport à la voix, ou en tout cas, il n’y a pas vraiment de discussion honnête sur quelles sont les attentes. Les journalistes vont être amenés à imiter ce qu’ils identifient comme la bonne façon de parler», analyse-t-il.

Au collège La Cité, à Ottawa, les étudiants et étudiantes du programme de journalisme ont des cours de technique vocale, d’animation et de radio. L’établissement essaie de trouver un équilibre entre compréhension et authenticité quand il s’agit d’accent.

«On leur apprend surtout à avoir confiance dans leur manière de s’exprimer. On met de l’avant la diversité francophone d’abord […] Il y a un souci de travailler l’élocution, la prononciation, mais je pense que tout ça peut se faire tout en respectant les accents», explique le coordonnateur du programme, Nicolas Pelletier.

«Ce qu’on priorise, c’est la compréhension par le plus grand nombre, mais on ne reproche jamais à un étudiant son accent.» Il prend l’exemple des régionalismes, qui peuvent être utilisés s’ils sont compris par la majorité du public visé.

«Jamais je ne voudrais que tout le monde parle de la même façon», soutient le responsable.

«Notre communauté change»

«Dès que t’arrives avec un accent différent, t’es repéré comme étranger. T’as comme une cible sur le dos. Mais ça, c’était au début. Ça a beaucoup évolué», assure Eric Kennedy, au Nouveau-Brunswick.

Selon lui, les différentes vagues d’immigration font que l’Acadie est «pluriculturelle» et on y entend plusieurs accents. «Autant les anglophones que les francophones ont habitué leurs oreilles à des accents différents, si bien que c’est très rare que les gens vont commenter.»

Selon Maryne Dumaine, les médias francophones se doivent de donner de la visibilité à la langue française, sous toutes ses facettes.

Photo : Christian Kuntz

«Notre communauté change. En tant que journaliste, on veut s’adapter à ça aussi», souligne la directrice et rédactrice en chef de l’Aurore boréale, Maryne Dumaine. «On essaie d’embrasser la diversité et de la refléter dans notre salle de rédaction.»

Quand elle a commencé à travailler pour le journal francophone du Yukon, il y a huit ans, «quand quelqu’un parlait avec un accent ou avec un français avec des intonations anglophones ou avec ce qui n’était pas nécessairement un français standard, on avait tendance à le lisser et à le paraphraser, plutôt que de mettre la citation».

Cette mentalité a évolué, assure-t-elle. «On donne plus de visibilité au vrai parler des gens […] Si la personne met des anglicismes dans sa phrase, on va les garder dans la citation.»

Dans les deux cas, la démarche visait à assurer la sécurité linguistique des membres de la communauté, mais celle-ci passe désormais par «l’utilisation et la normalisation d’un français diversifié», explique Maryne Dumaine.

L’Aurore boréale a d’ailleurs proposé l’année dernière la capsule «Moi j’dis ça comme ça» pour présenter des mots et expressions utilisés par les différentes personnes francophones du territoire. «Il n’y a pas une bonne façon de dire, il y en plusieurs; on peut en rire, on peut en jaser, on peut se l’expliquer, etc.»

Au Gaboteur, les citations sont également reproduites telles quelles : «On va garder ça aussi près de l’accent et du caractère que possible», précise Cody Broderick. Le journal propose aussi, au besoin, un petit lexique pour expliquer certains mots ou expressions propres à la région.

À lire aussi : Médias francophones en situation minoritaire : entre fragilité et résilience

Le vent tourne

Plusieurs journalistes francophones en situation minoritaire interrogés par Clément Lechat estiment que les choses vont dans le bon sens.

Il cite une personne malentendante qui travaille en journalisme et qui, dans les dix dernières années, a remarqué plus d’acceptation, notamment de la part de ses collègues, qui sont davantage bienveillants et «enthousiastes par rapport à la diversité que ça peut apporter dans les équipes».

Si «la norme est encore très présente en journalisme», le vent tourne, estime aussi Nicolas Pelletier.

«Historiquement, Radio-Canada était un standard de la langue française. Il y avait un grand décalage entre le langage des journalistes et celui du public […] Tranquillement, on est arrivé vers une logique d’équilibre entre être un modèle d’utilisation de la langue, mais aussi un miroir de la société.»

«Le plus important, c’est d’être compris du plus grand nombre, mais après, l’accent qu’il y a derrière ou la façon de prononcer, ça peut changer», estime Simon Forgues. 

Photo : Courtoisie

En 30 ans de radio, Simon Forgues a lui aussi observé un changement. «J’ai comme l’impression que la radio revient à ses racines communautaires, très locales, très enracinées. Elle redevient un peu plus le reflet des gens de la communauté.»

Il prend l’exemple des nouveaux arrivants qui conservent leur accent et qui apportent leur authenticité au micro. Par ailleurs, l’essor des balados a fait que les contenus sont «moins lissés, plus naturels», selon lui.

«Quand ils font des podcasts, les gens sont dans un mood un peu plus relax. Ils vont plus se laisser aller. Ils mettent leurs tripes sur la table, ils ont une histoire à raconter et par la force des choses, ça vient avec l’accent, et parfois certaines expressions.»

À lire aussi : Comment les balados francophones jouent avec la langue

«Sentiment de communauté»

«Les gens ont envie d’entendre des voix de personnes, des personnalités, des couleurs», poursuit Simon Forgues.

D’après lui, toutes ces évolutions permettent à la radio de se rapprocher de son public, contribuant ainsi à «tisser un sentiment de communauté».

On prend les auditeurs beaucoup plus comme des membres de la famille ou comme des membres d’une communauté. Dans les années 1980, 1990, les gens de la radio, c’étaient des vedettes, comme des intouchables. Il y avait comme un standing.

— Simon Forgues

Néanmoins, aux yeux de Nicolas Pelletier, «il y a encore une trop grande homogénéité chez les journalistes». Du côté des accents, mais aussi de l’origine sociale. Il souhaiterait en outre que les personnes atteintes de handicaps invisibles aient leur place dans les salles de nouvelles.

Reste que pour lui, comme pour la majorité des personnes interrogées, la direction est claire : plus les salles de rédaction ressembleront aux communautés qu’elles couvrent, plus elles gagneront en confiance et en légitimité.

CANADA

Lundi, Ottawa a annoncé une hausse des versements de l’Allocation canadienne pour enfants (ACE) pour 2026-2027.

Jusqu’à 160 $ par enfant : Désormais, une famille pourra recevoir jusqu’à 8 157 $ pour chaque enfant âgé de moins de 6 ans et jusqu’à 6 883 $ pour chaque enfant âgé de 6 à 17 ans. Cela représente une augmentation qui peut aller jusqu’à 160 $ par enfant de moins de six ans et 135 $ par enfant âgé de six à 17 ans, par rapport à l’année dernière.

Selon le gouvernement, l’ACE bénéficie à environ 3,6 millions de familles et 6 millions d’enfants partout au pays.

Cette augmentation permettra de «couvrir des dépenses quotidiennes, comme les fournitures scolaires, les vêtements et l’épicerie», a déclaré la secrétaire d’État canadienne à l’Enfance et à la Jeunesse, Anna Gainey.

Les premiers ministres des provinces et territoires se sont réunis à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard, de mardi à jeudi, à l’occasion du Conseil de la fédération.

Vente d’alcool : Mardi, les premiers ministres de neuf provinces – l’Alberta, la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba, l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador – ont signé un accord pancanadien sur la vente d’alcool. Les brasseurs et les distillateurs pourront vendre leurs produits directement aux consommateurs situés en dehors de leur province d’origine.

Le Manitoba et le Nouveau-Brunswick avaient déjà autorisé la vente d’alcool directement aux consommateurs. La Colombie-Britannique s’est pour sa part engagée à mettre en place un système similaire d’ici février 2027. Le Québec et le Yukon devraient suivre le pas «dans un avenir rapproché», précise-t-on par communiqué.

Commerce intérieur : Les premiers ministres ont également convenu d’accélérer l’élimination des obstacles au commerce intérieur. Ils visent un accord de principe d’ici la fin de 2026 sur une loi type favorisant la reconnaissance mutuelle des règles provinciales et territoriales ainsi que la mobilité de la main-d’œuvre.

À la suite des dernières menaces tarifaires du président Donald Trump (lire plus bas), le gouvernement fédéral a annoncé mardi que le Canada ne célèbrera pas l’ouverture du nouveau pont international Gordie-Howe – qui relie Windsor et Détroit – avec les États-Unis.

Une cérémonie exclusivement canadienne devrait avoir lieu vendredi 24 juillet. L’ouverture du pont à la circulation des véhicules est prévue le lundi 27 juillet.

Accord dévoilé : Les détails de l’entente de principe conclue entre le Canada et les États-Unis concernant le pont ont été rendus publics mardi soir. Ce nouveau document ne modifie toutefois pas l’Accord entre le Canada et le Michigan signé en 2012.

Le Canada devrait partager avec les États-Unis 50 % des recettes nettes liées aux péages pour traverser le pont pendant les 15 premières années.

L’accord précise la date d’ouverture et mentionne également l’organisation conjointe, avec l’État du Michigan, d’une cérémonie d’ouverture qui devrait avoir lieu au plus tard le 3 aout.

Mardi, le ministre canadien de la Défense, David McGuinty, s’est joint à ses homologues du Royaume-Uni, de l’Italie et du Japon pour annoncer que le Canada deviendra le premier pays observateur au sein du Global Combat Air Programme (GCAP), un partenariat multinational axé sur la conception d’aéronefs de combat.

Nouvelles technologies : Ottawa explore les capacités des futurs avions de combat de sixième génération, qui pourraient intégrer l’intelligence artificielle et des technologies de pointe pour faire face aux enjeux de sécurité des prochaines décennies.

Le modèle de l’avion de chasse développé conjointement par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. Le Canada est officiellement devenu un observateur du Global Combat Air Programme. 

Photo : Hunini – CC BY-SA 4.0

INTERNATIONAL

L’administration Trump a annoncé, lundi, son intention d’imposer, à compter du 19 aout, de nouveaux droits de douane de 50 % sur une série de produits canadiens, notamment dans les secteurs des produits laitiers, du bois d’œuvre, de l’alcool, du mobilier et des vêtements.

Les États-Unis reprochent au Canada ses représailles en réponse aux droits de douane qu’ils lui ont imposés, comme le retrait de l’alcool américain des tablettes, la gestion de l’offre dans la production laitière et les contretarifs pour le secteur de l’automobile.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé de nouveaux tarifs commerciaux de 50 % sur une sélection de produits canadiens cette semaine. 

Photo : Gage Skidmore – Flickr (CC BY-SA 2.0)

Mark Carney a affirmé que le Canada intensifie ses négociations commerciales avec les États-Unis, afin d’éviter l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Négociations intensifiées : «Nous intensifions nos négociations commerciales avec les États-Unis et nous n’hésiterons pas à défendre nos intérêts si nous devons le faire», a déclaré Mark Carney lors de son discours devant les premiers ministres des provinces et territoires réunis à Charlottetown, jeudi.

Ottawa affirme toutefois qu’il envisage toutes les options si les discussions échouent. Plusieurs premiers ministres provinciaux réclament une réponse ferme.

Des dirigeants de grandes compagnies comme Uber ou Nvidia ont récemment affirmé aux médias que leurs coûts d’utilisation de l’IA surpassaient maintenant leurs coûts en main-d’œuvre. Le Détecteur de rumeurs s’est donc penché sur les effets de l’IA sur la productivité et la rentabilité des entreprises.

Depuis l’arrivée de ChatGPT en 2022, l’IA est souvent présentée comme une solution pour diminuer les coûts de fonctionnement des entreprises. Dans un rapport publié en 2025, la banque américaine Morgan Stanley estimait même que l’adoption complète de l’IA pourrait mener à des bénéfices annuels de 920 milliards de dollars, en partie grâce à la réduction des frais de fonctionnement.

Cependant, des données récentes semblent confirmer que ces prévisions étaient trop optimistes. Par exemple, dans un sondage réalisé auprès de 753 chefs d’entreprises canadiens en septembre 2025, seulement 2 % disaient avoir constaté un retour sur investissement après avoir adopté l’IA générative dans leur entreprise.

C’est que, même si l’IA peut accélérer certaines tâches, cela ne se traduit pas automatiquement par une amélioration de la performance globale d’une entreprise, confirmait en mai 2026 Julien Pillot, un docteur en économie à l’Université de Nice, qui s’intéresse entre autres à la régulation de la technologie et du numérique. «Cela ne signifie pas que l’IA est inutile. Cela signifie que son coût réel a été sous-estimé.»

Une rentabilité incertaine

Déjà en 2024, des chercheurs de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT) avaient estimé que l’IA serait moins chère que l’humain pour seulement 23 % des tâches. Leur étude avait été réalisée avec un type d’IA appelée vision par ordinateur, dont les coûts sont bien documentés. Selon les auteurs, leurs conclusions pourraient s’appliquer également aux grands modèles de langages, qui sont derrière l’IA générative.

Dans un article sur la macroéconomie de l’IA publié en 2025, Daron Acemoglu, lui aussi chercheur au MIT, concluait que d’ici 2034, la productivité de l’économie ne devrait pas augmenter de plus de 0,66 % en raison de l’utilisation de l’IA. Selon lui, le fait que l’IA ne parvienne pas à être plus efficace qu’un humain dans plusieurs tâches complexes expliquerait cet impact limité.

De plus, l’utilisation de l’IA en entreprise peut avoir des coûts cachés, soulignait Julien Pillot en 2026. Cela peut inclure l’intégration de l’IA dans les systèmes existants, la maintenance, la formation des équipes, la supervision humaine et le contrôle de la qualité, dont la gestion des erreurs commises par le robot, voire ses inventions (ou «hallucinations»).

L’essor des agents IA

L’augmentation récente des coûts associés à l’utilisation de l’IA en entreprise coïncide avec l’arrivée de ce qu’on appelle l’IA agentique. Un agent IA est un système autonome qui peut prendre en charge des tâches complexes en élaborant un plan qui lui permet d’interagir avec d’autres systèmes, puis de le réanalyser et de corriger ses actions au besoin. Ces agents ont été développés au départ pour le codage, parce qu’ils sont très efficaces.

Or, paradoxalement, le recours à de tels agents IA a fait grimper la facture. Il faut savoir que, pour réaliser les tâches qu’on leur confie, les systèmes d’IA utilisent des jetons (en anglais, token) définis comme des unités de données traitées. Les agents conversationnels comme ChatGPT utilisent aussi les jetons, mais ils sont beaucoup moins gourmands que les agents IA.

À quel point? En avril 2026, une équipe de chercheurs du MIT, de Google et de Microsoft, a publié un article sur la plateforme de prépublication ArXiv, où elle concluait que les tâches nécessitant des agents IA utilisaient en moyenne 100 fois plus de jetons que les tâches de conversation ou de réflexion. 

Cette augmentation du nombre de jetons utilisés s’explique par le fonctionnement même des agents. Ceux-ci doivent continuellement lire la tâche qui leur a été attribuée, obtenir une réponse, puis relire la tâche et la réponse avant la prochaine action. Tous ces allers-retours consomment énormément de jetons.

La facture grimpe

Or, les entreprises se sont retrouvées dans des situations où elles n’avaient pas le choix de facturer davantage pour demeurer rentables. «Pendant les deux premières années, écrit Julien Pillot, beaucoup d’acteurs de l’IA ont subventionné l’usage de leurs modèles. Ils disposaient de cash, d’investisseurs, d’une forme d’euphorie de marché. Mais cette période touche à sa fin. Les modèles économiques changent.» 

Les compagnies d’IA sont pour cette raison passées progressivement d’abonnements très larges, où l’utilisation de jetons était illimitée, à des tarifications à l’usage, c’est-à-dire au nombre de jetons consommés. «Pour les entreprises qui utilisent massivement l’IA, la facture peut alors exploser très vite», ajoutait Julien Pillot en mai 2026. Nous serions présentement, explique-t-il, dans une phase où le travail humain reste plus rentable que le travail numérique. L’IA, qui devait réduire la masse salariale ou améliorer fortement la productivité, devient plutôt un poste de dépense supplémentaire.

Au point où Gartner, une entreprise américaine de recherche-conseil en informatique, prédisait en juin 2025 que 40 % des projets utilisant des agents IA seront abandonnés d’ici 2027 à cause des coûts. Puis, en février dernier, elle prédisait que 50 % des entreprises qui ont coupé des postes en raison de l’IA réembaucheront des travailleurs pour faire des tâches similaires.

Verdict

Malgré les promesses faites par les compagnies d’intelligence artificielle, l’utilisation de l’IA ne permet pas encore de réaliser des économies claires pour les entreprises. 

Le potentiel de production d’énergie solaire au Canada est «fortement éclipsé» par les occasions de production éolienne, note Evan Pivnick, directeur associé des affaires publiques chez Clean Energy Canada. Il étudie les meilleures pistes pour la transition électrique en exploitant au maximum les énergies renouvelables au sein de cette organisation associée à l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique.

Evan Pivnick souligne que les crédits d’impôt à l’investissement dans l’électricité propre et à l’investissement dans l’économie propre du fédéral ont déjà des effets positifs sur la production d’énergie propre. 

Photo : Clean Energy Canada

«Du côté de l’Alberta et de l’Ontario, le solaire aura une contribution significative», précise-t-il. Dans la plupart des autres provinces, il y aura des projets qui seront aussi pertinents, surtout avec l’amélioration de la technologie et des piles, explique-t-il.

Yves Poissant est gestionnaire de recherche et spécialiste principal en technologies solaires photovoltaïques au centre de recherche CanmetÉNERGIE – une agence de Ressources naturelles Canada. Il souligne que des pays situés plus au Nord que le sud du Canada produisent une proportion plus importante de leur énergie grâce au soleil. «Il y a des pays comme l’Allemagne, qui tirent plus de 20 % de leur électricité à partir de l’énergie solaire, qui ont un potentiel inférieur à celui du Canada.»

Evan Pivnick rappelle que le Canada est depuis longtemps l’un des plus importants producteurs d’électricité propre, mais surtout en raison de l’hydroélectricité. «Pour ce qui est des nouvelles énergies, le Canada n’a pas suivi l’explosion mondiale pour la production d’énergies renouvelables.»

À lire aussi : Éolien en mer : le Canada loin derrière

Le potentiel photovoltaïque représente la production moyenne d’électricité en kWh prévue sur la durée de vie du système.

Image : © Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le ministre de Ressources naturelles Canada | Gouvernement du Canada; Ressources Naturelles Canada et Environnement et Changement climatique Canada

Le soleil canadien

La région du Centre-Sud des prairies a le potentiel de production le plus élevé sur une base annuelle au pays. En deuxième place vient une section plus grande de ces provinces, la région d’Ottawa ainsi que l’ouest et la pointe sud de l’Ontario.

Selon un rapport de l’Association canadienne de l’énergie renouvelable (CanREA), le Canada disposait d’une capacité installée d’un peu plus de 5 gigawatts (GW) d’électricité par énergie solaire en 2025. En comparaison, le pays a une capacité installée de 19 GW en énergie éolienne.

Ce sont l’Ontario et l’Alberta qui mènent la charge. L’Ontario a presque la moitié du total de la capacité du pays – avec un mélange d’installations industrielles et résidentielles – avec 2,5 GW. L’Alberta n’est pas très loin derrière avec 2,2 GW.

Yves Poissant de CanmetÉNERGIE souligne le fait qu’il ne faut pas pour autant négliger le potentiel solaire du Nord : le Yukon a le plus d’installation solaire par habitant, révèle-t-il. «Un système bien orienté au Yukon va sans doute produire plus en été que le même système situé en Ontario», mais évidemment presque rien en hiver.

Malgré cela, pour des communautés éloignées qui dépendent souvent des génératrices, l’énergie solaire peut permettre de les éteindre pendant plusieurs semaines en été.

Les zéniths et les crépuscules de la politique

Le principal obstacle au développement des productions éoliennes et solaires au Canada a longtemps été le faible cout de production des autres méthodes, surtout de l’hydroélectricité, explique Yves Poissant.

La tendance est cependant en train de s’inverser en raison de la diminution du prix des matériaux et des batteries pour l’énergie solaire. Le solaire est maintenant le moyen le moins dispendieux par kilowattheure pour produire de l’électricité.

Evan Pivnick constate que les gouvernements provinciaux voient venir la hausse de la demande en énergie et évaluent davantage les projets selon la valeur de leur production et de leur apport économique, plutôt que sous un angle partisan. «C’est mieux pour les prix, c’est mieux pour la planification du système.»

«Il y a malheureusement l’Alberta, qui a le plus grand potentiel solaire au pays, mais c’est aussi le seul gouvernement qui a des politiques qui minent la compétitivité de l’énergie solaire», note Evan Pivnick. Les nombreuses infrastructures en place en Alberta ont été installées avant les nouvelles politiques du Parti conservateur, instaurées en 2024.

Jusque-là, l’Alberta était de loin le leadeur en nouvelles installations d’énergie renouvelable au Canada. Le marché encourageait la compétition.

— Evan Pivnick

En ce moment, l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique sont les provinces les plus généreuses pour des programmes de remboursement pour l’installation de panneaux solaires. La Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba, les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut et quelques municipalités ont aussi de tels programmes. Il y a aussi des programmes de financement dans plusieurs provinces.

L’énergie est une responsabilité provinciale, mais le rapport Coup de circuit : Comment électrifier la croissance du Canada de l’Institut climatique du Canada, publié en juin 2026, propose des mesures que le gouvernement fédéral pourrait entreprendre pour bâtir un meilleur réseau électrique pour tout le pays. Appuyer la planification des connexions interprovinciales, soutenir le développement de manière ciblée et établir un Règlement sur l’électricité propre qui assurerait une prévisibilité à long terme sont les principales recommandations.

Evan Pivnick ajoute que les crédits d’impôt à l’investissement dans l’électricité propre et à l’investissement dans l’économie propre du fédéral ont déjà des effets positifs.

À lire aussi : Les communautés autochtones, «championnes des énergies renouvelables»

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La limite géographique et l’importance des batteries

La production d’énergie solaire au Canada n’est pas optimale toute l’année. Les heures d’ensoleillement sont plus longues en été, mais plus courtes en hiver. De plus, l’hiver est habituellement le moment de l’année où la demande en électricité est plus importante, pour le chauffage.

Evan Pivnick entrevoit tout de même que le solaire peut jouer un rôle pour répondre à la hausse de la demande en été. Elle restera forte en hiver, mais la hausse des températures fera augmenter les besoins en climatisation, sans oublier l’électrification des transports.

«Je crois que l’on verra plus de solaire que ce qui est actuellement prévu, mais en raison de la disponibilité du vent tout au long de l’année, le solaire restera un joueur dans le mix», dit l’expert.

La baisse du cout des batteries rend la production solaire encore plus intéressante. Elles permettent d’emmagasiner ce qui est produit en excédent pendant la journée pour l’utiliser le soir ou la nuit. De plus en plus de projets de production sont accompagnés d’une composante batterie.

Yves Poissant ajoute que les innovations rendront aussi la technologie plus attrayante. Les cellules gagnent en efficacité et les designs s’intègrent à l’architecture. «Parfois, on ne s’aperçoit même pas que c’est un panneau solaire tellement que c’est bien intégré et que ça ressemble à un autre revêtement conventionnel.»

À lire aussi : Budget fédéral 2025 : les ménages laissés de côté dans la transition énergétique

Cette carte des installations existantes au Canada en 2024 a été créée par Aela Fejzulla, Jenna Pare et Dr. John Parkins du département des ressources économiques et sociologie de l’environnement de l’Université de l’Alberta.

Le rôle de votre toit

Un des autres avantages de l’énergie solaire, c’est qu’elle peut être produite à plus petite échelle – sur le toit des maisons par exemple.

Yves Poissant compte trois facteurs qui influencent la rentabilité d’une installation solaire résidentielle : les caractéristiques du site physique, le cout du système et le cout du financement. 

Photo : Ressources naturelles Canada

Selon l’Évaluation du potentiel photovoltaïque du parc immobilier du Canada, réalisée en 2024 par Erin Gaucher-Loksts et Sophie Pelland, la surface totale des toitures des bâtiments résidentiels offre des possibilités de production beaucoup plus importantes que celle des toitures commerciales et industrielles, et ce, dans toutes les provinces et tous les territoires. «Le secteur résidentiel représente 64 % à 70 % de la capacité et de la production d’électricité [solaire] totale au Canada», peut-on lire.

Leur calcul tient compte de l’orientation des toitures. Pour être productifs, les panneaux solaires fixes doivent être à un angle maximal de 30 degrés par rapport au sud, note Yves Poissant.

Dans l’état actuel du marché, il faut de 16 à 18 ans pour que l’économie sur la facture d’électricité rembourse l’investissement, précise le gestionnaire de CanmetÉNERGIE. La baisse des couts d’installation et des programmes de subventions rend l’investissement encore plus intéressant si le cout peut être amorti sur environ 10 ans.

Fin juin et début juillet 2021, en l’espace de huit jours, 619 personnes sont décédées des suites de la canicule. La plupart étaient des personnes âgées. Beaucoup vivaient seules. Presque toutes sont mortes chez elles. Ce qui s’est passé n’était pas seulement un phénomène météorologique. C’était un échec des politiques en matière de logement, de santé, de préparation aux situations d’urgence et de politique sociale.

Aujourd’hui, la question qui dérange n’est pas de savoir si nous avons tiré les leçons de cette tragédie. C’est de savoir si nous en avons tiré suffisamment.

Ce mois-ci, une grande partie de l’Europe est à nouveau sous alerte canicule. L’Italie a émis ses alertes de niveau maximal dans plusieurs villes. La France et le Royaume-Uni ont enregistré des températures supérieures à 44 °C, des écoles ont fermé, les réseaux de transport ont été perturbés et les gouvernements s’efforcent de protéger les habitants vulnérables. Des milliers de décès ont déjà été associés à la vague de chaleur actuelle, touchant principalement les personnes âgées.

Les récentes vagues de chaleur qui ont touché le Canada rappellent que les risques sanitaires liés au réchauffement climatique s’aggravent aussi chez nous. Fin juin et début juillet 2026, des périodes prolongées de chaleur extrême ont donné lieu à des alertes de chaleur généralisées en Ontario, au Québec et dans certaines régions du Canada atlantique, avec des indices humidex dépassant les 40 °C par endroits.

Un enjeu majeur de santé publique

Ces scènes nous sont familières, car le problème sous-jacent est le même. Les vagues de chaleur extrême ne sont plus des événements rares. Elles sont en train de devenir un enjeu majeur de santé publique du XXIe siècle. Pourtant, notre réponse reste largement réactive.

La vague de chaleur a mis en évidence ce que les chercheurs savent depuis longtemps : la chaleur n’affecte pas tout le monde de la même manière. L’âge, le handicap, les revenus, la qualité du logement, l’isolement social, les responsabilités familiales et l’accès à des moyens de rafraîchissement sont autant de facteurs déterminants. Les personnes les plus exposées sont celles qui disposent du moins de ressources pour se protéger.

Les personnes âgées sont souvent considérées comme un groupe vulnérable en cas de canicule, mais la vulnérabilité ne dépend pas uniquement de l’âge. Elle dépend des choix politiques.

Les personnes deviennent vulnérables lorsqu’elles vivent dans des logements mal ventilés, n’ont pas les moyens de s’équiper d’une climatisation, ont une mobilité réduite, sont socialement isolées ou dépendent de systèmes de santé et d’aide sociale fragmentés qui peinent à identifier les personnes à risque avant qu’une crise ne survienne.

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La force de l'âge

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Vieillir dans un climat en mutation

La population canadienne est désormais « hyper-vieillissante ». Plus de 20 % des Canadiens ont plus de 65 ans. Parallèlement, le changement climatique augmente à la fois la fréquence et l’intensité des épisodes de chaleur extrême.

Santé Canada prévoit que la mortalité liée à la chaleur continuera d’augmenter au cours des prochaines décennies. En Colombie-Britannique, des modélisations suggèrent que, sans mesures d’adaptation significatives, la chaleur extrême pourrait causer la mort de plus de 1300 personnes par an d’ici 2030.

La température a dépassé 40oC à plusieurs reprises en Europe cet été; l’Est du Canada a aussi vu des indices humidex dépassant les 40 °C par endroits.

Photo : Jarosław Kwoczała – Unsplash

Au sein du National Collaborative on Climate Change and Aging (Collectif national sur les changements climatiques et le vieillissement), dont je suis la directrice scientifique, nous savons ce qui pourrait aider. Les villes peuvent étendre la canopée urbaine et les espaces publics ombragés. Les codes de construction peuvent privilégier le refroidissement passif et la conception résistante à la chaleur, et nous pouvons garantir et faire respecter la législation afin que les logements disposent d’espaces dédiés au contrôle de la température.

Les logements sociaux, les établissements de soins de longue durée, les résidences pour personnes âgées et les logements communautaires peuvent être adaptés et soumis à des obligations visant à prévenir les températures intérieures dangereuses. Les systèmes de santé peuvent mettre en place des mécanismes pour identifier et soutenir les personnes les plus exposées. Les plans d’action chaleur-santé peuvent associer la santé publique, les services sociaux, la gestion des urgences et les organisations communautaires avant que les températures ne grimpent. Nous pouvons également nous appuyer sur les experts de terrain qui font face à ces problèmes depuis des années.

Le problème n’est pas un manque de preuves. C’est un manque d’empressement.

L’hypothèse la plus dangereuse

Au lendemain du dôme de chaleur de 2021, de nombreux gouvernements ont promis de prendre des mesures. Des améliorations importantes ont été apportées, mais l’adaptation reste fragmentée et inégale. Trop souvent, la préparation à la chaleur repose encore sur la responsabilité individuelle, alors que les risques sont largement déterminés par des conditions sociales et environnementales plus vastes.

Au cours des 20 prochaines années au Canada, la population âgée de 65 ans et plus devrait augmenter de 68 %. Soutenir les personnes âgées face au changement climatique deviendra une priorité politique croissante pour les collectivités.

Étant donné que la plupart des personnes âgées préfèrent vieillir chez elles – c’est-à-dire rester aussi longtemps que possible dans leur logement et leur communauté –, les stratégies d’adaptation au changement climatique devraient aller au-delà des interventions d’urgence. Elles devraient inclure des logements adaptés aux personnes âgées, des infrastructures de quartier, des services accessibles et des soutiens communautaires, afin que chacun puisse rester en sécurité chez soi dans un climat en mutation.

Il y a cinq ans, 619 personnes ont perdu la vie en Colombie-Britannique, et cette immense tragédie a servi d’avertissement au pays. L’Europe nous en donne aujourd’hui un autre. La leçon à retenir n’est pas que la chaleur extrême est à venir ; elle est déjà là. L’hypothèse la plus dangereuse que nous puissions formuler est que nous disposons encore de temps.

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La ville de Shediac est surnommée la «capitale mondiale du homard». Chaque année, des milliers de visiteurs se rendent dans cette ville pour le célébrer. Cette année, le Festival du homard a attiré plus de 30 000 personnes.

La tablée que tu peux voir sur la photo mesurait 228 mètres de long. C’est presque aussi long que deux terrains de soccer mis bout à bout!

700 personnes y étaient assises pour déguster leur repas. Et tu dois t’en douter… le homard était au menu!🦞

«La grande table, c’est parfait pour favoriser les rencontres. Les gens sont un peu tassés, mais ça les incite à jaser avec leurs voisins. Il y a des rencontres qui se font et des amitiés qui se développent. Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui reviennent chaque année pour cette occasion», explique François Poirier, le porte-parole de l’événement.

Le Festival du homard de Shediac est une tradition qui existe depuis 77 ans. La fête proposait, encore cette année, plusieurs activités comme des spectacles, des dégustations et même un concours de mangeurs de homards!

Et toi, quel aliment de ta région aimerais-tu faire découvrir aux As?

Source : Acadie Nouvelle

La situation

Les feux de forêt se sont déclarés à la fin du mois de juin, surtout dans le nord-ouest de l’Ontario. Et, malheureusement, ils se sont rapidement propagés. En 24 heures, de mercredi à jeudi, 20 nouveaux incendies ont été signalés dans la province.

Mais qu’est-ce qui les cause? Il y a plusieurs coupables : la chaleur extrême, le temps très sec, la foudre et le vent. Résultat : jeudi matin, il y avait plus de 180 feux de forêt en Ontario.

Image : As de l’info

Les conséquences

Heureusement, pour le moment, les autorités n’ont rapporté aucune victime. Mais tu dois t’en douter : la situation inquiète quand même les Ontariens. Voici ce qu’ils vivent :

🏠 Des communautés détruites : Les incendies ont ravagé plusieurs communautés, dont des territoires autochtones. Par exemple, la Première Nation de Namaygoosisagagun a presque tout perdu. Le feu a détruit ses maisons, ses bâtiments et l’endroit où elle vit. Heureusement, les gens qui y habitent ont pu fuir à temps.

🧳 Des évacuations : Des milliers d’Ontariens, qui vivent près des feux, ont reçu l’ordre d’évacuer. Ça veut dire que le gouvernement de l’Ontario exige que les gens quittent leurs maisons et se rendent plus loin, à l’abri. 

🚧 Des routes fermées : Jeudi, deux autoroutes étaient fermées en Ontario, par mesure de sécurité.

💨 De la fumée : Mercredi, la pire qualité de l’air au monde était… à Toronto, la capitale de l’Ontario. C’est à cause de l’épaisse fumée qui se dégage des feux et qui pollue. Tu l’as peut-être vue : c’est elle qui rend le ciel jaune, ces jours-ci. Elle se propage au Québec et aux États-Unis. Toronto a annulé la majorité des activités extérieures et a demandé à sa population de rester à l’intérieur le plus possible. Elle a aussi ouvert six centres où les citoyens peuvent aller pour respirer l’air frais et propre.

Les secouristes sur les lieux

En ce moment, plus de 150 équipes de pompiers sont sur place. Leur mission : contenir et éteindre les flammes. En plus, 50 avions et hélicoptères transportant de l’eau pour arroser les incendies survolent les zones en feu. Leur priorité est de secourir les gens et les bâtiments. 

Hier, le premier ministre du Canada, Mark Carney, a publié un message de remerciement sur Facebook : «Au nom des Canadiennes et des Canadiens, je tiens à remercier les courageux pompiers, premiers intervenants, dirigeants autochtones et locaux qui travaillent sans relâche pour assurer la sécurité de la population».

Ailleurs au Canada

Si on te parle de la situation en Ontario, c’est parce que les incendies se sont propagés trèèèès rapidement. Toutefois, des feux de forêt font rage ailleurs au pays. Il y en présentement:

Aux As, on a une grosse pensée pour les équipes qui combattent les flammes dans toutes ces provinces!

Et toi, as-tu senti ou vu la fumée qui vient des feux en Ontario?

Sources : Gouvernement de l’Ontario, Radio-Canada

Les données de l’Enquête sur la population de langue officielle en situation minoritaire de 2022 révèlent que 94 % des adultes hors Québec qui ont le français comme langue maternelle et qui parlent français et anglais à la maison utilisent l’anglais quotidiennement, contre, 83 % de ces mêmes adultes parlent français quotidiennement.

Selon l’auteur de l’étude La catégorie «français et anglais» dans les données linguistiques du Recensement de la population, Étienne Lemyre, cette prépondérance de l’anglais dans ces foyers vient du plus grand nombre de personnes qui ont indiqué utiliser l’anglais plus souvent que le français à la maison. Ceux et celles qui ne parlent pas quotidiennement en français à la maison utilisent tout de même cette langue plusieurs fois par semaine.

Étienne Lemyre est analyste principal pour le programme de la statistique linguistique chez Statistique Canada. Il a réalisé cette courte étude pour donner plus de contexte et de détails à propos des personnes en situation minoritaire qui disent utiliser les deux langues officielles à la maison. Elle a été publiée le 16 juillet.

Les données du recensement sont utilisées par les gouvernements et des organismes afin d’évaluer les besoins pour divers services et programmes. «Plus on a d’informations sur ce que les concepts veulent dire, plus ça aide les gens à faire des choix éclairés», explique Étienne Lemyre en entrevue avec Francopresse.

Par exemple, il a pu déterminer que plus de 94 % des francophones du Canada et des anglophones du Québec qui estiment avoir une très bonne ou une bonne connaissance de leur deuxième langue officielle disent pouvoir soutenir une conversation dans cette langue.

«Ce qui est intéressant de voir, c’est qu’au Canada hors Québec, les gens de langue maternelle française répondent à la question de la même façon que les gens de langue maternelle anglaise au Québec. Donc, à compétences égales, ils sont autant susceptibles de déclarer pouvoir soutenir une conversation dans leur deuxième langue officielle. C’est ça vraiment le résultat percutant ici», indique Étienne Lemyre.

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En famille, mais pas seulement

À l’extérieur du Québec, 25,2 % des adultes de langue maternelle française parlent les deux langues officielles du pays à la maison au moins régulièrement selon le recensement de 2021. Cela représente environ 226 246 personnes.

Les données étudiées par l’analyste à propos de ces personnes révèlent d’autres détails sur leur utilisation des deux langues officielles dans leur quotidien.

Par exemple, 60 % de ceux et celles qui sont en couple disent parler français et anglais avec leur conjoint ou conjointe. Les autres parlent seulement en français (14 %) ou en anglais (25 %) avec leur conjoint ou conjointe, mais indiquent tout de même utiliser régulièrement l’autre langue à la maison.

Étienne Lemyre est l’auteur de l’étude La catégorie «français et anglais» dans les données linguistiques du Recensement de la population. 

Photo : Courtoisie

Cela signifie qu’ils et elles parlent avec des personnes qui ne demeurent pas dans le même foyer. «Ça peut être des amis, ça peut être de la famille [élargie], ça peut être aussi […] au téléphone ou dans d’autres contextes», explique Étienne Lemyre.

Même s’ils utilisent les deux langues à la maison, ceux et celles qui ont des enfants sont plus susceptibles de leur parler en français (94 %) qu’en anglais (66 %). «Ce qu’on peut en tirer, c’est que la quasi-totalité des parents de langue maternelle française parle français avec leurs enfants à la maison. Mais il y en a quand même les deux tiers qui parlent aussi anglais avec leurs enfants», précise Étienne Lemyre.

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À l’aise de parler en français

Une des sections de l’étude décortique l’aisance de parler les deux langues officielles.

Au Canada hors Québec, les personnes qui déclarent avoir seulement le français comme langue maternelle sont aussi un peu plus à l’aise de parler en français (35 %) qu’en anglais (25 %). Une proportion plus grande se dit autant à l’aise en français qu’en anglais (40 %).

De leur côté, ceux et celles qui indiquent avoir les deux langues officielles comme langue maternelle sont plus à l’aise en anglais (54 %) qu’en français (4 %) ou se disent à l’aise dans les deux langues (42 %).

Pour être considérée comme ayant deux langues maternelles, une personne doit les avoir apprises en même temps à la maison, avant d’aller à l’école. Le recensement de 2021 indique que 291 325 personnes dans tout le Canada disent avoir le français et l’anglais comme langue maternelle.

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Avec des informations de Julien Cayouette

FRANCOPHONIE

Le Franco-Manitobain Glenn Joyal a été officiellement assermenté à titre de juge de la Cour suprême du Canada. 

Photo : Collection de la CSC

Le Franco-Manitobain Glenn Joyal a officiellement été assermenté à titre de juge de la Cour suprême du Canada, mercredi. La cérémonie privée a été présidée par le juge en chef Richard Wagner.

Glenn Joyal occupait le poste de juge en chef de la Cour du Banc du Roi du Manitoba depuis 2011. Il a exercé dans les domaines du droit pénal et du droit constitutionnel. Il a également été membre de l’Association des juristes d’expression française du Manitoba.

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CANADA

Du 14 au 16 juillet, des chefs représentant plus de 630 Premières Nations se sont réunis à Ottawa pour l’assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations (APN). La rencontre se déroule après une année marquée par des tensions entre les chefs des Premières Nations et Ottawa sur les grands projets d’intérêt national et le projet de loi sur l’eau potable.

Au programme : 53 résolutions débattues, portant notamment sur les grands projets, la protection de l’enfance, l’accès à l’eau potable, le statut en vertu de la Loi sur les Indiens et des appels au Vatican pour qu’il abroge une série de décrets pontificaux.

Eau potable : Le projet de loi C-37 doit établir un nouveau cadre législatif sur l’accès à l’eau potable dans les communautés des Premières Nations.

Si Ottawa le présente comme une avancée importante, l’APN soutient que le texte devra être bonifié : plutôt que de reconnaitre un droit plein à l’eau potable, comme le faisait le projet de loi précédent, le C-37 ne s’engage qu’à une «réalisation progressive» de ce droit, un recul que dénoncent plusieurs chefs, qui déplorent aussi un manque de consultation dans son élaboration.

La porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d’affaires autochtones, Leah Gazan, s’est jointe aux chefs mardi pour demander au gouvernement libéral de mettre fin «aux violations persistantes des droits de la personne» contenues dans le projet de loi.

Rencontre à venir : Les chefs participeront à une rencontre avec Mark Carney et les premiers ministres des provinces et territoires le 26 octobre, a annoncé la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Cindy Woodhouse Nepinak.

La ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), Lena Metlege Diab. 

Photo : Courtoisie

Mercredi, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé suspendre la réception de nouvelles demandes dans le cadre du Programme des parents et des grands-parents. Ce dernier permet aux personnes résidentes permanentes et citoyennes de parrainer ces membres de leur famille pour qu’ils immigrent au Canada.

Le ministère précise toutefois qu’il continuera à traiter les demandes existantes et prévoit d’accorder la résidence permanente à un maximum de 15 000 personnes dans le cadre de ce programme.

Les parents et les grands-parents peuvent toujours rendre visite à leur famille au Canada grâce au super visa, qui leur permet de séjourner au pays pendant 5 ans de façon continue.

Mercredi, la Banque du Canada a annoncé qu’elle maintenait son taux directeur à 2,25 %, pour la sixième fois d’affilée. Elle s’attend à ce que l’économie rebondisse après un début d’année difficile.

L’inflation a atteint 3,2 % en mai, alimentée par la flambée des prix de l’essence au printemps, conséquence du choc énergétique mondial provoqué par la guerre en Iran. Dans son rapport, la Banque du Canada souligne toutefois que l’inflation demeure près de sa cible de 2 % lorsque les prix de l’essence sont exclus.

Le Conseil canadien des ministres de l’Environnement s’est réuni cette semaine à Calgary.

«Le Canada est prêt à construire de nouveau», a affirmé en ouverture de la conférence de presse de clôture le ministre de l’Environnement et des Aires protégées de l’Alberta et président du Conseil, Grant Hunter. De l’avis du Conseil, les décisions concernant l’environnement ont trop souvent été prises sans penser à leur impact économique, dit-il.

Les discussions se sont concentrées sur la possibilité de protéger l’environnement tout en appuyant la croissance économique, attirer des investissements et créer des emplois. Réduire les dédoublements entre les règlementations, augmenter la coordination et offrir plus de certitude pour les investissements font aussi partie des priorités abordées.

La ministre fédérale de l’Environnement, Julie Dabrusin, a commencé son allocution en parlant de la crise énergétique mondiale et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur le long terme.

Le ministre albertain Grant Hunter est actuellement le président du Conseil canadien des ministres de l’Environnement. 

Photo : Capture d’écran CPAC

L’économie avant tout : La conférence a eu lieu pendant que des incendies de forêt, très probablement attisés par les changements climatiques, ravagent les Territoires du Nord-Ouest et l’Ouest de l’Ontario. Interrogé si ces feux ont influencé les discussions, Grant Hunter s’est tourné vers les besoins en énergie.

«Nous avons eu des saisons d’incendies de forêt à travers toute l’histoire de notre pays. Ça ne s’arrêtera pas. Nous pensons que notre proposition de valeur porte sur le fait que le monde aura besoin de plus d’énergie provenant du Canada. Nous croyons que nous le faisons mieux que n’importe quelle autre juridiction en raison de nos normes environnementales», a répondu le ministre albertain.

INTERNATIONAL

Cette semaine, le Parlement canadien a accueilli les membres d’une mission d’étude de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN sur la sécurité dans l’Arctique. Cette délégation multinationale de 30 parlementaires issus de 15 pays a assisté à des séances d’information sur la sécurité dans l’Arctique à Ottawa, avant de se rendre à Iqaluit, au Nunavut, pour sa mission d’étude.

Défense : Cette mission vise à améliorer les infrastructures et les capacités militaires du Canada dans l’Arctique. Les délégués ont également rencontré des dirigeants et des personnalités autochtones.

Lorsque Air Canada a nommé Anko van der Werff à sa tête, plus tôt cette semaine, le ministre québécois de la Langue française, Jean-François Roberge, a salué le multilinguisme du nouveau dirigeant. Mais il a aussitôt ajouté l’essentiel : au-delà de la langue parlée par le PDG, sa responsabilité est d’assurer l’accès à des services en français partout au pays — et là-dessus, il reste du travail à faire.

Le ministre a en effet mis le doigt sur ce que la couverture médiatique a presque entièrement occulté. Pendant que les manchettes soulignaient que le Néerlandais, dirigeant depuis 2021 de Scandinavian Airlines (SAS), « maîtrise » le français, la vraie histoire linguistique de la semaine était ailleurs — dans une directive interne qu’Air Canada venait d’émettre.

Quelques jours plus tôt, le transporteur avait réduit de deux à un le nombre minimal d’agents de bord parlant français sur certains vols internationaux long-courriers au départ de Toronto et de Vancouver — vers Manille, Hong Kong ou Tokyo, notamment. Son vice-président aux communications l’a confirmé à Radio-Canada, parlant d’une mesure temporaire liée à une pénurie de personnel bilingue, et précisant que ces vols — une dizaine par jour sur plus de 1 100 — ne font pas partie de ceux où l’entreprise est légalement tenue d’offrir un service bilingue.

C’est là que se loge la vraie histoire, car cette affirmation est à la fois exacte et trompeuse.

Dépasser le plancher légal

L’affirmation est exacte parce que les obligations d’Air Canada sont propres à chaque liaison.

Le transporteur est assujetti à la Loi sur les langues officielles par la Loi sur la participation publique au capital d’Air Canada, adoptée en 1988 lors de sa privatisation. Le règlement exige un service bilingue là où, sur une période d’un an, au moins 5 % de la demande sur une liaison est dans la langue minoritaire. Une couverture est automatique pour les vols touchant Montréal, Ottawa ou Moncton.

Certaines liaisons long-courriers en partance de Toronto et de Vancouver passent sous ce seuil. Sur la stricte question juridique, Air Canada n’est pas en défaut.

Mais sur le plan des engagements, c’est moins clair. Pendant des années, Air Canada a affirmé devant le Parlement qu’elle faisait bien plus que la règle des 5 %. Lors de ses témoignages sur cette question devant les élus, le transporteur a confirmé qu’il affectait des agents de bord bilingues dans tous les vols qu’il opère directement, que la demande atteigne ou non le seuil. Même sa convention collective garantissait un nombre minimal d’employés bilingues selon le type d’appareil.

Dépasser le plancher légal n’était pas un hasard : c’était un engagement dont l’entreprise s’est vantée, à répétition, devant un comité des Communes.

Un dangereux recul

La directive émise cet été est un recul sur cet engagement. Air Canada n’enfreint pas la règle des 5 %. L’histoire est ailleurs, dans l’abandon, discret, de la norme qu’elle avait elle-même dictée au Parlement. Et en présentant ce recul comme une « exemption technique » dont elle disait pourtant ne pas avoir besoin.

Ce qui ramène au nouveau PDG, Anko van der Werff, et aux manchettes sur sa maîtrise du français. Air Canada ne l’affirme jamais par ailleurs : le communiqué le décrit prudemment comme « capable de s’exprimer en français ». La nuance a son importance. Elle correspond à ce qu’indique sa propre biographie chez SAS. Les manchettes ont arrondi vers le haut ce que l’entreprise, elle, formule avec soin.

Son bilan positif chez SAS — restructuration, faillite évitée, retour à la rentabilité — est bien réel. Mais il n’a jamais dirigé une entreprise qui a un statut d’institution bilingue de par la loi, et où une simple note d’horaire d’équipage devient une affaire politique de dimension nationale, confirmée par un vice-président à la radio publique. Son prédécesseur, Michael Rousseau a été bien malgré lui au cœur de polémiques à la suite de ses aveux gênants.

Compagnie bilingue à court d’employés bilingues

Chez Air Canada, le français n’est pas une compétence qu’on évalue lors d’une allocution. C’est à la fois une obligation légale, une contrainte de main-d’œuvre et un piège politique.

La directive émise en juillet relativement aux agents de bord démontre que le transporteur aérien peine déjà sur ces trois éléments, avant même l’arrivée de son nouveau patron. On saura bien assez tôt s’il peut commander son repas en français. Mais la question qui définira son mandat sera plutôt celle que le ministre Jean-François Roberge a soulevée dès le premier jour : peut-il diriger une compagnie bilingue qui est déjà à court d’employés bilingues ?

Le moment pour faire ces deux annonces mérite aussi qu’on s’y attarde. La compression de services en français et la nomination du nouveau PDG sont tombées le même jour… la mauvaise nouvelle le matin, la bonne l’après-midi. Des observateurs y ont vu une mécanique de communication classique. Peut-être. Mais on ne corrige pas les erreurs du passé avec la production d’une vidéo promotionnelle. On va de l’avant en tenant ses engagements. Un visage bilingue au sommet ne compense pas un service bilingue amputé en cabine.

Et serait-il possible qu’Air Canada se prépare à déplacer son siège social de Montréal vers une autre ville canadienne ? Il s’agirait indéniablement d’un autre pas vers la diminution de l’importance du français chez le transporteur national. En tant qu’observateur de l’industrie aérienne canadienne depuis des décennies, je crois que cette éventualité est bien réelle.

John Gradek est professeur et coordonnateur de programme de formation, Réseau d’approvisionnement et gestion du transport aérien à l’Université McGill.