Cette fois-ci, il s’agit de la société CBC/Radio-Canada, forcée de faire des économies substantielles au cours des prochaines années. Son budget annuel de 2 milliards de dollars doit être amputé de 125 millions de dollars (soit plus de 6 % de ses dépenses).
Pour y parvenir, la société d’État a choisi de réduire ses effectifs, abolissant 800 postes, soit 10 % de sa main-d’œuvre.
On s’attendait à de mauvaises nouvelles. On sait que le secteur télévisuel est en pleine transformation au Canada et que la concurrence des gens du Web (Netflix, Amazon, Apple, Disney, etc.) est féroce. Cette transformation ne touche pas uniquement le milieu télévisuel du divertissement, mais aussi celui de l’information.
On le comprend donc, l’univers médiatique traverse une période de turbulence importante.
Il est encore trop tôt pour savoir ce qui résultera de ces changements, mais plusieurs observateurs sont préoccupés par ce que l’avenir semble nous réserver. Aurons-nous encore des productions qui répondent à notre culture? De l’information de qualité, qu’elle soit régionale ou internationale?
Égalité ne signifie pas équité
Mais ce qui est tout aussi troublant dans la décision de CBC/Radio-Canada, c’est qu’encore une fois on ne prend pas au sérieux l’inégalité des chances et des moyens entre les deux communautés linguistiques du pays.
Les compressions toucheront en parts égales les secteurs français et anglais de l’organisation. Appelée à justifier cette décision, la présidente-directrice générale de CBC/Radio-Canada, Catherine Tait, affirmait que «tous les secteurs sont mis à contribution. Nous sommes une seule et même organisation».
Voilà le problème. Les organisations canadiennes bilingues sont incapables de fournir des services en français adéquats.
Nous le voyons dans le secteur de la santé (est-il nécessaire de rappeler les réformes de Blain Higgs au Nouveau-Brunswick?), dans le secteur de l’éducation (pensons à l’Université Laurentienne en Ontario, au campus Saint-Jean en Alberta), du transport (Air Canada, les aéroports) et maintenant dans celui des médias.
Un idéal révolu?
Il est temps de se demander si l’idéal du bilinguisme peut encore être défendu au Canada.
Au départ, les organisations bilingues étaient perçues comme un moyen d’aider les communautés linguistiques minoritaires. Il s’agissait alors de tirer profit de la mise en commun de ressources. Grâce aux économies que font les grandes organisations, on pouvait ainsi mieux répondre aux besoins des communautés minoritaires.
Toutefois, la situation s’est renversée du tout au tout.
Maintenant, on ne protège plus les communautés linguistiques minoritaires. On les met à contribution pour régler les problèmes de la majorité linguistique.
C’est exactement ce qui se passe actuellement à CBC/Radio-Canada. Le public anglais délaisse le diffuseur public, alors qu’il existe encore un public fidèle pour le secteur français.
Par exemple, pour la télévision généraliste, la part de marché de l’auditoire de CBC était de 4,4 % en 2022, en deçà de la cible qui lui avait été fixée, comparativement à 23,2 % pour Radio-Canada, ce qui est supérieur aux prévisions. On observe les mêmes tendances pour la radio.
Pourtant, les réductions seront les mêmes dans les deux secteurs linguistiques. Par exemple, des 500 employés affectés à la production qui perdront leur emploi, 250 œuvrent dans le secteur français et 250 dans le secteur anglais.
On demande donc à Radio-Canada de contribuer à l’assainissement budgétaire des programmes de la CBC.
Comment régler le problème?
Avant tout, il faut revoir le financement de CBC/Radio-Canada.
Certains pourraient penser que c’est une mauvaise idée, car en finançant davantage la société d’État, on n’encourage pas celle-ci à être à l’écoute des demandes du public. C’est un argument valable.
Par contre, est-ce qu’un diffuseur public doit plaire au plus grand nombre? La réponse est justement non.
Les diffuseurs publics existent pour offrir des services que ne peuvent pas ou ne veulent pas offrir les diffuseurs privés, soit parce qu’ils sont trop chers, soit parce qu’ils ne sont pas rentables financièrement. Ceci se traduit donc par l’élaboration d’une programmation qui cible les petits marchés ou encore qui coute très chère à produire.
Le prix à payer
Voilà ce qui devrait être le mandat de Radio-Canada. Mais sommes-nous prêts à payer le prix de ces services?
Quand on compare le financement canadien à celui d’autres pays, on constate rapidement que la réponse est non.
Une étude publiée en 2021 dans The International Journal of Press/Politics montre que le Canada n’est certainement pas un premier de classe. Selon les calculs des auteurs de l’étude, le financement public de CBC/Radio-Canada s’élève à 26,51 $ US par habitant par année (soit environ 36,00 $ CAN), comparativement à 142,42 $ en Allemagne, 110,73 $ en Norvège, 101,29 $ en Finlande, 93,16 $ au Danemark et 89,15 $ en Islande.
La France et le Royaume-Uni, deux pays avec lesquels on aime bien se comparer, versent un financement annuel par habitant de 75,89 $ US et 81,30 $ US respectivement, soit trois fois plus que le Canada.
Si on ne faisait que doubler le financement actuel versé à CBC/Radio-Canada, ce qui ne permettrait certainement pas de hisser le Canada parmi les pays les plus généreux ni même d’atteindre les budgets français et britanniques, la société d’État ne serait plus déficitaire.
Elle pourrait même fonctionner sans obtenir d’autres revenus, comme ceux de la publicité et des abonnements.
De plus, si on décidait de verser un montant un peu plus élevé dédié spécifiquement à la production des services en français, Radio-Canada pourrait devenir indépendante et ainsi faire ses propres choix.
Lorsqu’il a modernisé la Loi sur les langues officielles, le gouvernement fédéral avait reconnu explicitement la nécessité d’adopter une approche asymétrique pour protéger les intérêts des minorités linguistiques.
C’est l’usage du français qui est menacé au pays, pas celui de l’anglais. Il serait temps que le gouvernement fasse le même exercice de réflexion à propos de son diffuseur public.
Le gouvernement devrait sérieusement envisager de créer une entité entièrement libre de faire ses propres choix en fonction des intérêts de la minorité francophone de tout le pays.
Geneviève Tellier est professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa. Ses recherches portent sur les politiques budgétaires des gouvernements canadiens. Elle commente régulièrement l’actualité politique et les enjeux liés à la francophonie dans les médias de tout le pays.
Ce décret d’instruction dicte le processus décisionnel du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) dans la règlementation de la Loi sur la diffusion continue en ligne (C-11), notamment en matière de renouvèlement de licences radiophoniques.
Or, selon Marie-Christine Morin, directrice générale de la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), le décret «n’est pas aussi précis qu’on aurait souhaité» en ce qui concerne les obligations envers les francophones hors Québec.
Loi sur la diffusion continue en ligne
La Loi sur la diffusion continue en ligne modifie la Loi sur la radiodiffusion et a reçu la sanction royale le 27 avril 2023.
CRTC
Le CRTC est un organisme public indépendant du gouvernement qui règlemente et supervise la radiodiffusion et les télécommunications canadiennes.
Marie-Christine Morin est déçue de voir que les recommandations de la FCCF ne sont pas reflétées dans le projet de décret.
Obligations du CRTC : entre déception et inquiétudes
La FCCF, qui a participé aux consultations publiques menant à la rédaction du décret et qui a publié un mémoire à ce sujet, souhaitait notamment que la Loi sur les langues officielles (LLO) soit mentionnée dans le préambule.
Mais les recommandations n’ont, en grande partie, pas été retenues, note la directrice.
«On veut s’assurer que devant cet océan de création anglophone, les créateurs, producteurs, réalisateurs et artisans francophones vont trouver une place dans ce système de radiodiffusion canadien», explique Marie-Christine Morin.
Elle ne s’attend pas à ce que la considération pour les francophones hors Québec vienne de la part des géants de la radiodiffusion : «[Ils] n’ont pas de préoccupations dans leur modèle d’affaires par rapport à des communautés linguistiques en situation minoritaire ni par rapport à la dualité linguistique.»
Marie-Christine Morin comptait plutôt sur le gouvernement pour assurer la place de la radiodiffusion francophone, mais le contenu du décret l’a déçue.
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Un décret qui reflète mal les lois, selon la FCFA
Pour Serge Quinty, directeur des communications de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), le décret final n’est pas entièrement fidèle aux obligations du CRTC nommées dans la LLO et dans la Loi sur la radiodiffusion.
Pour Serge Quinty, le décret d’instructions au CRTC reflète faiblement certaines dimensions de la Loi sur les langues officielles et de la Loi sur la radiodiffusion.
«On ne va pas autant en profondeur dans les grands principes, les grandes intentions législatives de ces deux lois-là», déplore-t-il.
«La Loi sur les langues officielles dit […] que les communautés francophones en situation minoritaire doivent être examinées dans leur spécificité. C’est ça qui n’est pas reflété dans le décret.»
Dans la Loi sur la radiodiffusion, les engagements sont nommés pour chaque public, dont les francophones en situation minoritaire. Un travail qui n’a pas été fait aussi méticuleusement dans le décret, selon lui.
Vient ensuite la question de mobiliser les francophones pour la mise en œuvre de la loi.
Dans le décret, dit-il, «on reste quand même assez laconique sur comment on va les mobiliser, alors qu’encore une fois, dans la Loi sur la radiodiffusion, il y a tout un laïus qui a été mis là-dedans […] ce à quoi doivent ressembler les consultations».
C’est la loi «qui gagne»
Darius Bossé, avocat en droit public chez Power Law, rappelle qu’en modifiant la Loi sur la radiodiffusion, le gouvernement prévoit un régime de consultations spécifique au CRTC.
«Lorsque [les activités du CRTC] ont le potentiel d’avoir un impact négatif sur les communautés de langues officielles en situation minoritaire […] ça déclenche l’obligation de consultation», dit-il.
L’avocat rappelle que la nouvelle LLO comprend un régime applicable à toutes les institutions fédérales, dont le CRTC, qui explique «très concrètement ce que ça veut dire de consulter et ce que les institutions fédérales doivent faire quand elles consultent les organismes, les représentants des communautés linguistiques en situation minoritaire».
L’obligation énoncée dans la Loi sur la radiodiffusion et dans la Loi sur les langues officielles est très détaillée. Ça veut dire aller chercher la rétroaction des parties prenantes, mais également considérer celle-ci, être prêt à changer d’idée, fournir de la rétroaction, etc.
L’avocat rappelle qu’au bout du compte, «la Loi sur les langues officielles, c’est une supraloi, c’est une loi quasi constitutionnelle. Ça veut dire que lorsqu’il y a un conflit entre cette loi-là et une autre loi normale, c’est la Loi sur les langues officielles qui gagne, qui triomphe».
Le décret oblige le CRTC à «veiller à ce que les exigences concernant les dépenses soutiennent la création et la disponibilité de programmation en français, en tenant compte du contexte minoritaire du français au Canada et en Amérique du Nord et des défis particuliers de la création et la mise à disposition d’une programmation de langue originale française».
«Il était temps», déclare François Carrier, président de l’Association des radios communautaires du Québec (ARCQ), dans un courriel.
«Les différences existent entre la francophonie canadienne et le Québec, sans aucun doute, dit-il. C’est pour cette raison que les programmes doivent toujours prendre en considération les deux réalités de façon séparée.»
Selon lui, le décret vient dire «que ce sont les besoins dans la francophonie en Amérique du Nord qui sont nombreux».
L’importance de consulter
Clotilde Heibing connait l’impact que peut avoir un manque de consultation.
Clotilde Heibing, directrice générale de l’Alliance nationale de l’industrie musicale (ANIM), connait bien les dégâts que peut engendrer un manque de consultation. Son organisme s’est rendu en Cour fédérale après qu’un renouvèlement de licence encadré par le CRTC a engendré des pertes économiques dans l’industrie musicale francophone.
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«Au-delà même d’être nommé, poursuit-elle, il nous faut nous voir au travers du CRTC. Je l’ai exprimé la dernière fois qu’on s’est rencontré avec le CRTC, la capacité à aborder les sujets dans un vocabulaire qui nous soit accessible.»
Le langage juridique n’étant pas accessible à tous, Clotilde Heibing croit qu’il serait utile que les organismes francophones soient mis au courant des sujets qui pourraient potentiellement avoir un impact sur la francophonie canadienne.
«Le diable est dans les détails»
«On sait que le diable est dans les détails, avertit Marie Christine Morin. Une des choses qu’on trouve qui manque dans ce cadre règlementaire […], c’est que le français doit avoir une priorité.»
Selon elle, ce manque de précision dans le décret au CRTC oblige la FCCF à surveiller toutes les décisions, comme les renouvèlements de licences de radiodiffuseurs, et de rappeler au CRTC la priorité qu’il doit accorder «à la production, à la création en français, puis à l’accès au contenu francophone».
Elle ajoute qu’être aux aguets de chaque décision du CRTC n’est pas chose facile : «On n’est pas des grandes institutions avec plein de moyens.»
«Personne n’a les ressources financières, les ressources humaines, le temps, l’énergie, l’envie d’aller au-delà des recommandations écrites, confirme Clotilde Heibing. Donc on se base sur les obligations qui sont échangées et quand on n’est pas nommé, on peut craindre qu’on ne soit pas consulté et on revient à ces travers qu’on a connus sur les années précédentes.»
Dans son annonce de lundi, CBC/Radio-Canada a affirmé qu’elle devra supprimer 600 postes, en plus d’abolir 200 postes vacants à l’échelle de l’organisation.
Parmi les 600 postes, Radio-Canada et CBC pourraient se voir amputées chacune de 250 emplois. Cette situation préoccupe le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge.
Raymond Théberge croit que la nouvelle Loi sur les langues officielles pourrait mieux protéger les communautés francophones en cas de coupures au sein de la Société Radio-Canada.
«Ça m’inquiète, parce que c’est un diffuseur public qui joue un rôle, un très grand rôle dans la promotion des deux langues officielles à travers le pays, dit-il en entrevue avec Francopresse. Et bien souvent, c’est parfois la seule source d’information locale en français.»
Toutefois, selon le commissaire, avant d’engager dans une suppression de postes qui risque d’affecter les francophones en milieu minoritaire, il sera nécessaire que la Société d’État consulte les communautés francophones.
«Donc reste à savoir maintenant comment le diffuseur va passer à l’action en termes de la mise en œuvre de ces coupures», ajoute Raymond Théberge.
Une discussion s’impose, c’est la Loi
Le commissaire rappelle que la nouvelle Loi sur les langues officielles, qui a reçu la sanction royale en juin dernier, «reconnait de façon formelle l’importance de CBC/Radio-Canada pour les minorités francophones et anglophones du Canada. Donc il y a une obligation dans la loi».
Même son de cloche à la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA). Dans un communiqué partagé jeudi, la FCFA exige que la Société d’État consulte les communautés francophones avant de procéder à des coupures.
«Ce n’est pas un souhait, c’est une obligation qu’a CBC/Radio-Canada, en tant que société de la Couronne, en vertu de la nouvelle Loi sur les langues officielles», peut-on lire dans le communiqué.
La Loi requiert des institutions fédérales des consultations sur les impacts négatifs que pourraient avoir leurs décisions sur les communautés de langue officielle en situation minoritaire, et sur les moyens de minimiser ces impacts.
La présidente de la FCFA, Liane Roy, a affirmé qu’elle rencontrera bientôt la présidente-directrice générale de CBC/Radio-Canada à ce sujet et souhaite aussi rencontrer la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge.
«Évidemment, il revient aux dirigeants de CBC/Radio-Canada de tenir compte de leur rôle au sein des communautés de langues officielles lorsqu’ils prendront leurs décisions», ajoute Raymond Théberge.
Impact sur la programmation francophone
Nancy Juneau s’inquiète des coupes budgétaires dans la programmation au sein de Radio-Canada.
CBC/Radio-Canada a aussi annoncé qu’elle «réduira ses budgets de programmation en français et en anglais en prévision du prochain exercice financier, incluant près de 40 millions de dollars en moins pour les productions indépendantes qu’elle commande et les émissions qu’elle acquiert».
Pour la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), cette décision pourrait engendrer des conséquences majeures dans le secteur de la production indépendante dans les communautés francophones en situation minoritaire.
Selon la présidente de la FCCF, Nancy Juneau, des membres de l’organisme «dépendent en partie de Radio-Canada pour leurs activités de production dans nos communautés».
«On sait que l’activité de production, ça offre à nos artistes, à nos artisans, à nos techniciens, des occasions de travailler chez eux, d’être bien rémunérés, explique Nancy Juneau. Puis ça, ça contribue à ce que cet écosystème-là, culturel et artistique, puisse œuvrer dans nos régions.»
Bien que Nancy Juneau se dit empressée de savoir comment CBC/Radio-Canada va procéder aux suppressions des postes et aux coupes budgétaires, elle garde quand même espoir.
Tout d’abord, la nouvelle Loi sur les langues officielles protège les communautés linguistiques en situation minoritaire. Aussi, une des priorités de Radio-Canada, selon son plan stratégique, est de créer un lien avec les régions.
Des leçons à tirer du passé
Avec les nombreuses incertitudes qui planent pour la programmation en français dans les communautés francophones hors Québec, certains se souviennent de l’annonce de la disparition de la programmation locale à la station de Windsor, en Ontario, en 2009.
La communauté s’était alors mobilisée pour sauver la programmation en français. Nicole Larocque et Karim Amella avaient lancé le mouvement SOS CBEF.
La communauté et le groupe SOS CBEF avaient alors déposé une plainte au Commissariat aux langues officielles qui, à son tour, a déposé un recours judiciaire à la Cour fédérale en 2010.
«Le commissaire avait conclu que CBC/Radio-Canada n’avait pas respecté ses obligations en vertu de la partie VII de la Loi sur les langues officielles, peut-on lire dans le communiqué de presse de la Cour fédérale. Elle n’avait pas consulté la communauté francophone du Sud-Ouest ontarien et n’avait pas tenu compte des répercussions négatives de la fermeture de la station de radio CBEF sur cette communauté.»
Pour Raymond Théberge, cette partie de l’histoire démontre que «les gens ont à cœur leur diffuseur local […] C’est important que Radio-Canada et CBC soient très sensibles à leurs obligations».
Avec la nouvelle Loi sur les langues officielles, la partie VII, selon le commissaire, est «beaucoup plus robuste, beaucoup plus solide, qui nous permet de faire des enquêtes beaucoup plus poussées. C’est un langage beaucoup plus fort qui est spécifié que les institutions fédérales, dont Radio-Canada et CBC, doivent prendre des mesures positives pour appuyer le développement des communautés», soutient-il.
En 2013, l’émission du matin de la station Radio-Canada à Windsor a repris l’antenne après le renouvèlement des conditions de licence du CRTC.
En 2018, le CRTC a renouvelé les conditions de licence pour CBEF.
Compressions à CBC/Radio-Canada, décès de Gérald Comeau et Greg Fergus prié de démissionner
Lundi, lors d’une rencontre avec les employés, la présidente-directrice générale de la société d’État, Catherine Tait, a annoncé la suppression de 800 postes dont 200 postes vacants; soit environ 10 % des effectifs totalisant 125 millions de dollars de compressions budgétaires.
Parmi les postes abolis, 250 proviendront de CBC et 250 de Radio-Canada, alors que 100 sont hors production.
Cette division 50/50 préoccupe les communautés francophones en situation minoritaire, ainsi que la sphère politique canadienne.
Dans un courriel envoyé à Francopresse, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) souhaite rencontrer Catherine Tait entre autres pour «demander de quelle manière Radio-Canada a consulté ou consultera les communautés francophones pour mitiger l’impact des compressions sur celles-ci, comme le requiert la nouvelle Loi sur les langues officielles».
Le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, exige de son côté la présence de Catherine Tait et la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, en comité parlementaire dès le début de l’année de 2024.
«Le réseau francophone rejoint plus de gens et rapporte davantage de revenus publicitaires que son pendant anglophone, mais se fait autant couper que la CBC! Si on voulait saboter le réseau francophone et régional, on ne ferait pas autrement!», soutient dans un communiqué Martin Champoux, porte-parole en matière de Patrimoine, Culture et Communications du Bloc Québécois.
Pour sa part, le député néodémocrate Alexandre Boulerice s’est dit attristé de cette nouvelle. «C’est une catastrophe pour ces travailleurs. Mais aussi pour le débat civique dans notre société et l’avenir de la démocratie […]. Mais dans certaines régions, s’il n’y a pas de Radio-Canada ou de CBC locale, il n’y a rien d’autre», a-t-il lancé en mêlée de presse.
Mardi, Randy Boissonnault, le ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles, s’est dit «préoccupé» par ces compressions. Il a d’ailleurs soutenu que l’entreprise étatique devrait avoir une part des 100 millions de dollars de l’entente entre Google et Ottawa.
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L’ancien sénateur conservateur Gérald Comeau s’est éteint le 4 décembre à l’âge de 77 ans.
L’ancien député et sénateur néoécossais, Gérald Comeau, est décédé lundi des suites d’un cancer.
Gérald Comeau a été élu député fédéral de South West Nova, en Nouvelle-Écosse, en 1984. Défait au scrutin de 1988, il est nommé sénateur deux ans plus tard. Poste qu’il a occupé pendant 14 ans.
La Nouvelle-Écosse a été privée d’un sénateur acadien pendant 10 ans après le départ à la retraite de Gérald Comeau. Au début novembre, Réjean Aucoin a été nommé sénateur indépendant de la province.
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À peine deux mois après son élection, le président de la Chambre des communes, Greg Fergus, se retrouve sous les projecteurs.
Des partis d’opposition réclâment la démission du président de la Chambre, Greg Fergus.
Le président est apparu vêtu de sa toge dans une vidéo rendant hommage au chef par intérim sortant du Parti libéral de l’Ontario, John Fraser.
Malgré les excuses du principal concerné, présentées lundi matin, le Parti conservateur du Canada et le Bloc québécois demandent sa démission en raison du manque d’impartialité que présente la vidéo par rapport à ses fonctions.
Le député conservateur Andrew Scheer, qui lui aussi a déjà occupé le rôle de président à la Chambre, a déposé une motion pour convoquer Greg Fergus devant le comité parlementaire de la procédure.
«Pour que les députés vous fassent confiance et acceptent vos décisions, vous devez à tout moment éviter de faire preuve d’esprit partisan, a écrit Andrew Scheer dans une lettre publiée sur la plateforme X. Votre comportement de cette fin de semaine a rompu cette confiance.»
Il est inacceptable que le Président participe à un congrès politique.
— Andrew Scheer (@AndrewScheer) December 4, 2023
Je soulèverai la question à la Chambre demain.
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Monsieur le Président
Je vous écris pour vous aviser, conformément à l’article 48 du Règlement, que j’ai l’intention de soulever une question de privilège… pic.twitter.com/WOi3drbbu7
Greg Fergus devra démissionner si la majorité des députés de la Chambre le demande. Or, le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral représentent la majorité.
Taux directeur, COP28 et conflit Israël-Hamas
Mercredi, la Banque du Canada a décidé de maintenir son taux directeur à 5 %, comme ce qui était attendu, pour faire baisser l’inflation.
Dans un communiqué, la Banque soutient que «l’économie mondiale continue de ralentir et [que] l’inflation a encore baissé». Elle rapporte également que la croissance économique du pays a stagné aux deuxième et troisième trimestres de l’année 2023.
La prochaine révision du taux directeur aura lieu le 24 janvier prochain.
Lors de la 28e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP28) à Dubaï, le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, et le sous-secrétaire du ministère de l’Industrie et des Technologies avancées des Émirats arabes unis, Omar Ahmed Suwaina Al Suwaidi, ont annoncé le lancement de l’initiative Breakthrough sur le ciment et le béton.
Cette nouvelle initiative, codirigée par les deux États, «permettra l’échange entre les pays de pratiques exemplaires en lien avec un éventail de politiques et de mesures visant à décarboner ce secteur industriel essentiel», peut-on lire dans un communiqué de presse.
Toujours dans le cadre de la COP28, le ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, et le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, ont annoncé un plan pour plafonner les émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’industrie pétrolière.
Ce dernier «a été élaboré à la suite d’une vaste mobilisation auprès de l’industrie, des groupes autochtones, des provinces et des territoires, et d’intervenants», explique le communiqué.
L’objectif reste le même : atteindre la carboneutralité d’ici 2050.
Le premier ministre Justin Trudeau et le roi de la Jordanie, Abdallah II, se sont entendus pour trouver une solution à deux États «afin de garantir une paix durable pour les Israéliens et les Palestiniens», stipule le communiqué.
Le gouvernement canadien veut soutenir une solution à deux États au Proche-Orient.
Le Canada dit soutenir le «droit des Israéliens et des Palestiniens de vivre dans la paix, la sécurité et la dignité, sans crainte».
«Le prix de la justice ne peut être à l’encontre de tous les civils palestiniens, a lancé la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly en mêlée de presse mardi. Alors la violence doit arrêter, et c’est pourquoi nous allons soutenir une solution à deux états, et le Canada sera impliqué dans les démarches pour mener à cette solution à deux États.»
Le gouvernement se retient toutefois de mentionner un cessez-le-feu.
«Fières ambassadrices de la langue française, elles ont consacré leur temps et leurs énergies au développement de la francophonie et contribué au rapprochement entre les 33 millions de francophones et de francophiles du continent», rapporte le CFA dans un communiqué.
Linda Cardinal a contribué à la création de l’Observatoire de l’immigration francophone du Canada (OIFC), inauguré en novembre dernier.
Linda Cardinal – Ontario
Linda Cardinal est actuellement vice-rectrice adjointe à la recherche à l’Université de l’Ontario français (UOF).
Reconnue pour ses travaux sur les régimes linguistiques comparés, le constitutionnalisme, la citoyenneté et les minorités, la chercheuse franco-ontarienne a reçu plusieurs distinctions honorifiques, dont l’Ordre du Canada, l’Ordre des Palmes académiques et l’Ordre des francophones d’Amérique.
La politologue a également contribué à la création de l’Observatoire de l’immigration francophone du Canada (OIFC), inauguré en novembre dernier.
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Trèva Cousineau – Ontario
Reconnue pour son engagement de longue date et sa défense de la langue française, Trèva Cousineau a aussi été honorée.
Enseignante et diététiste de formation, la Franco-Ontarienne a occupé des postes importants dans plusieurs organismes et associations francophones, notamment dans le domaine de l’éducation.
Trèva Cousineau est actuellement présidente du Conseil sur le vieillissement d’Ottawa.
Trèva Cousineau a en outre été membre du conseil d’administration du CFA de 2010 à 2017.
«Avant mon arrivée au Centre, je ne savais pas qu’il y avait autant de francophones sur le continent», a-t-elle confié au journal L’Orléanais.
Elle a reçu plusieurs distinctions, dont le prix Richelieu Albert-Boyer, l’Ordre de la Pléiade et du dialogue des cultures, l’Ordre des francophones d’Amérique et récemment le prix Bernard Grandmaître, qui rend hommage aux personnes qui ont marqué la communauté franco-ontarienne de la région d’Ottawa.
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Mais pas question pour cette militante chevronnée de baisser les bras. «Il y aura toujours des combats pour le français. Je le dis souvent, si tous les enfants au Canada apprenaient dès la première année les deux langues officielles, le Canada serait un vrai pays bilingue», a-t-elle déclaré auprès de nos confrères.
Elle est actuellement présidente du Conseil sur le vieillissement d’Ottawa (CSV).
Mariette Mulaire – Manitoba
Mariette Mulaire, ancienne directrice générale du World Trade Centers Association de Winnipeg, devient elle aussi membre honoraire du CFA.
Mariette Mulaire a été directrice générale du World Trade Centers Association de Winnipeg.
La Franco-Manitobaine a été la première directrice générale du Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba. Elle siège actuellement au conseil d’administration de la Banque du Canada et de TV5.
Mariette Mulaire a en outre reçu l’Ordre des francophones d’Amérique, la mention Femme de Distinction de la YMCA-YWCA dans la catégorie leadeurship et la médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II.
Le Commissariat aux langues officielles lui a également décerné le Prix d’excellence – Promotion de la dualité linguistique. En 2017, elle a reçu le Prix Riel et le Prix Maurice-Gauthier, en reconnaissance de son engagement soutenu dans la promotion de la dualité linguistique, au Manitoba et au Canada.
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Au-delà de la francophonie canadienne
Le CFA a aussi tenu à souligner l’engagement de Haydée Silva, professeure et chercheuse mexicaine en didactique du français et en littérature francophone à l’Université nationale autonome du Mexique.
Elle est notamment cotitulaire de la Chaire d’études canadiennes Atwood-Obomsawin-Roy et une collaboratrice régulière du CFA.
L’occasion de rappeler que la francophonie rayonne aussi en Amérique latine.
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L’enjeu de cette conférence est pourtant clair. Les gaz à effet de serre mènent au réchauffement climatique et celui-ci mène à des désastres écologiques, des pertes de territoire, des déplacements, des dépossessions, des conséquences affreuses pour la santé et pour les droits de la personne, ainsi que des morts – sans compter les couts économiques.
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La COP28, ou 28e Conférence des Parties, rassemble les pays qui ont adhéré à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques lors du Sommet de la Terre à Rio en 1992. Cette convention crée les conférences annuelles et encadre leur gouvernance.
Toutefois, les effets de ces conférences sont limités.
Malgré certains résultats encourageants et la prise de conscience populaire qui a suivi, le protocole de Kyoto signé en 1997 et qui émane des COP3 à COP6 est vu depuis longtemps comme un échec.
Il en va de même pour l’Accord de Paris, signé en 2015 (COP21).
Tandis que les émissions de gaz à effet de serre devaient diminuer de 43 % avant 2030, les plans d’action en place ne permettraient qu’une diminution de 2 %.
Et encore, ce ne sont que des objectifs (insuffisants), et le progrès réel du Canada demeure encore bien en deçà de ses visées.
Outre le fait que les engagements ne sont pas respectés, les critiques formulées à l’endroit des gouvernements mondiaux sont nombreuses.
La justice environnementale
Depuis la COP1 de 1995, ces rencontres ont également été le terrain d’un affrontement entre les pays responsables du réchauffement climatique et ceux qui en souffrent le plus.
Avec les principes de précaution, de responsabilités communes et différenciées, et du droit au développement, la Convention-cadre reconnait déjà la justice comme un enjeu central de la question climatique.
Les changements climatiques toucheront évidemment les générations futures, mais ils ont déjà des conséquences grandissantes dans le monde.
Les pays en développement sont les plus affectés par ces changements, alors même qu’ils en sont les moins responsables.
Si leur transition vers de nouvelles technologies est appuyée par un important «fonds vert», la gouvernance de l’extraction des minéraux nécessaires à ces technologies, son incidence sur les populations locales, et la distribution des profits qui en découlent demeurent des enjeux de taille.
Un accord a déjà été signé pour la mise en place d’un fonds pour venir en aide aux pays qui subissent des pertes et dommages attribuables aux changements climatiques.
Toutefois, ce fonds est pour l’instant d’un total d’environ 400 millions $ US. Le Canada s’est engagé à y verser 16 millions de dollars, tandis qu’à lui seul il a dépensé 4,5 milliards de dollars canadiens pour l’achat d’un pipeline en 2019.
Démocratie et lobbying
Les COP sont l’occasion pour plusieurs ONG de contribuer à la discussion avec leurs connaissances fondées sur des perspectives expertes, pour plusieurs en relation au bien public. Des organisations militantes avec moins de moyens manifestent également près du site de la conférence.
Mais il s’y trouve aussi des lobbyistes employés par les compagnies d’énergie fossile. Les journalistes de la plateforme Heated estiment qu’au moins 600 d’entre eux participent à la conférence.
Depuis 2003, 7 200 accréditations ont été accordées à de tels lobbyistes, ce qui a mené le Canada à restreindre (sans pour autant bannir) leur présence à son pavillon de la COP28.
À l’échelle planétaire, ces lobbyistes ont pour mandat d’empêcher les mesures qui nuiraient aux profits des compagnies productrices d’énergie fossile, comme celles responsables des émissions de gaz à effet de serre.
Au Canada, ces lobbyistes ont une influence sur les politiques et objectifs des grandes initiatives gouvernementales et ils freinent l’action liée au changement climatique.
Ce qui se passe à la COP28 est encore plus grave : le président de la conférence, le sultan Ahmed Al Jaber, est ministre de l’Industrie et des Technologies avancées des Émirats arabes unis – mais aussi PDG de la compagnie pétrolière émiratie ADNOC.
L’octroi de l’organisation de la COP28 à Dubaï a souvent été critiqué.
Al Jaber aurait cherché à se servir de la conférence pour tenir des discussions commerciales autour de son exportation de gaz naturel liquéfié et pour détourner l’attention de l’inaction sur les énergies fossiles. Il voudrait utiliser les investissements dans l’énergie renouvelable comme écran, tout en améliorant l’image des Émirats arabes unis.
Il a par ailleurs déclaré que la sortie des énergies fossiles ne donnerait pas de résultats appuyés par la science – ce qui est faux – avant d’affirmer qu’il avait été mal interprété, mais en changeant son message.
Non pas des solutions, mais une volonté
On connait les accords et les solutions nécessaires. Les négociations et accords signés dans les premiers jours montrent la tenue de discussions sur la réduction du méthane, ainsi qu’un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire, mais également le refus persistant de toute sortie des énergies fossiles.
Toute initiative qui ne passe pas par la sortie des énergies fossiles – soit une élimination de celles-ci et non une réduction – ne réussira pas à contrer un réchauffement climatique de 1,5 degré et risque plutôt de nous amener à une augmentation de 3 degrés.
De tels changements de direction et la prise de responsabilité collective qui les accompagne ne seront possibles que par la démocratisation et un souci de la justice.
En diminuant l’influence des compagnies qui ont tout à perdre de cette direction, il deviendra plus facile de faire passer à l’avant-plan la volonté de changement de voie des citoyens et citoyennes non seulement des pays les plus touchés par les changements climatiques, mais de l’ensemble de la planète.
Jérôme Melançon est professeur agrégé en études francophones et interculturelles ainsi qu’en philosophie à l’Université de Regina. Ses recherches portent notamment sur la réconciliation, l’autochtonisation des universités et les relations entre peuples autochtones et non autochtones, sur les communautés francophones en situation minoritaire et plus largement sur les problèmes liés à la coexistence. Il est l’auteur et le directeur de nombreux travaux sur le philosophe Maurice Merleau-Ponty, dont «La politique dans l’adversité. Merleau-Ponty aux marges de la philosophie» (Metispresses, 2018).
L’entente entre Google et Ottawa a suscité un certain soulagement chez plusieurs médias locaux. «On a évité cette catastrophe», lance Brenda O’Farrell, présidente de Quebec Community Newspapers Association (QCNA), en entrevue avec Francopresse, faisant référence à la menace du géant numérique de bloquer les contenus médiatiques canadiens sur sa plateforme.
«Mais, au niveau des journaux communautaires, il n’y a pas de victoire là-dedans. Est-ce que ça va donner quelque chose à la fin de la journée pour aider les journaux, les petits journaux régionaux?», se demande-t-elle.
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Brenda O’Farrell croit que C-18 n’a pas tenu compte des enjeux auxquels font face les médias communautaires.
«Il n’y a pas de victoire là-dans»
Selon Brenda O’Farrell, la loi C-18 a été mal conçue, car elle «traite tous les médias de la même manière».
Or, la présidente soutient que le modèle d’affaires des journaux régionaux est différent de ceux des plus gros médias, comme CBC/Radio-Canada. «Ça, c’est une chose que le gouvernement avec C-18 n’a pas comprise.»
Les journaux locaux ont la capacité et la volonté d’effectuer un travail journalistique beaucoup plus important, avec très peu de ressources financières et humaines, ajoute-t-elle.
«Si vous regardez ce que les gros quotidiens ont fait avec plus d’argent, ils ont coupé [dans les] emplois, ils ont coupé le nombre d’articles qu’ils ont écrit, ils ont coupé [certaines] régions qu’ils couvraient. Dans toutes les métriques que vous voulez choisir, ils ont fait moins», lâche-t-elle.
Cependant, depuis que le projet de loi C-18 a été déposé en 2022, Brenda O’Farrell estime que la situation financière de nombreux journaux locaux à travers le pays est de plus en plus précaire.
Dans cette optique, Brenda O’Farrell ne cache pas son inquiétude face à la redistribution des 100 millions de dollars convenus avec Google. Selon elle, les critères d’admissibilité ne sont pas clairs.
«Si c’est basé sur le nombre de clics qu’un journal recevra, les petits journaux locaux vont être toujours en bas de la liste», explique-t-elle.
«Il faudrait que Radio-Canada s’abstienne»
«Je pense qu’il faudrait que Radio-Canada s’abstienne», dit sans hésitation Jean-Hugues Roy, professeur de journalisme à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).
Jean-Hugues Roy souhaite que le gouvernement oblige Meta à redonner l’accès aux contenus médiatiques au Canada.
«Ils ont beaucoup d’argent et s’ils ont besoin de plus d’argent, c’est peut-être parce qu’ils veulent en faire trop, peut-être qu’ils doivent revenir à une mission plus sobre d’une part», affirme de son côté Marc-François Bernier, professeur titulaire au département de communication de l’Université d’Ottawa.
Selon ces deux experts, l’enveloppe du collectif de médias qui sera mis sur pied dans les prochaines semaines devrait être partagée entre les médias locaux, régionaux, les hebdomadaires, les radios communautaires, etc. Entre autres, «tous les médias communautaires ou de langue minoritaire, autochtone», stipule Jean-Hugues Roy.
«Tous ceux qui ont une mission locale et régionale, parce que c’est là qu’il y a un problème dans notre société», complète Marc-François Bernier.
Selon lui, le manque de financement et d’investissement dans les plus petits médias reste un enjeu important pour la démocratie.
«Il n’y a pas de médias locaux qui surveillent les administrations locales. Il y a plus de risques de corruption, il y a plus de risques de gaspillage de fonds publics et les enjeux locaux n’ont pas d’écho dans les grands parlements», note-t-il.
Concurrence déloyale
Marc-François Bernier va plus loin et affirme qu’il y a une concurrence déloyale entre les médias locaux et Radio-Canada. D’après lui, grâce aux fonds publics, Radio-Canada peut couvrir plus d’évènements communautaires là ou d’autres entreprises médiatiques plus petites n’ont pas les moyens ou les ressources pour le faire.
Marc-François Bernier croit que CBC/Radio-Canada ne devrait pas recevoir un montant du collectif.
«Il ne faut pas créer de l’argent pour Radio-Canada, sinon ça prive autant les médias locaux de leur droit d’existence, de leur droit de servir leur clientèle. Moi je trouve qu’il y a une question d’équité dans ça, puis c’est aussi lié à la diversité et à la pluralité des sources d’information», défend-il.
Pour sa part, Jean-Hugues Roy croit que La Presse canadienne devrait être en première ligne pour recevoir une part du fonds Google.
«Ce serait très dommageable pour la qualité de l’information au Canada si La Presse canadienne devait fermer ses portes, donc pour moi ce serait la priorité numéro un», assure-t-il.
Le blocage Meta persiste
Depuis le 1er aout dernier, l’entreprise Meta, maison mère de Facebook et Instagram, bloque les contenus médiatiques sur le territoire canadien. Pour Brenda O’Farrell, c’est une action qui «nous a fait mal».
La présidente soutient que la communauté des médias locaux «a très peur» pour son avenir. Selon elle, le gouvernement fédéral doit faire plus en termes de financement pour les médias.
«C’est une plateforme qui permet aux gens d’acheminer du trafic sur le site des médias», explique Marc-François Bernier, qui est du même avis. «Quand on regarde les faits, les résultats [découlant de C-18], c’est pas un grand succès», se désole le professeur de l’Université d’Ottawa.
Pour Jean-Hugues Roy, une action de la part du gouvernement est nécessaire afin d’obliger Meta à garder la circulation des nouvelles sur le territoire canadien. «Beaucoup de Canadiens s’informent grâce à Instagram, grâce à Facebook, il faut forcer. Il y a des arguments qui justifieraient qu’un État oblige Meta à avoir de l’information», conclut-il.
Avant d’entamer mon décompte de 2023, il me serait impossible de ne pas rendre hommage à Karl Tremblay, chanteur des Cowboys Fringants, emporté par un cancer à la mi-novembre.
Même si le groupe a surtout tourné au Québec et en Europe, il a tout de même touché le cœur de plusieurs Franco-Canadiens et sa musique a occupé et continue d’occuper une place sur plusieurs stations de radio francophones hors Québec.
Les chansons des Cowboys, que ce soit Ti-cul, Les Étoiles filantes, Sur mon épaule ou encore L’Amérique pleure pour ne nommer que celles-là, savent apporter un moment paisible dans notre journée.
Tous, d’un bout à l’autre du pays et au-delà, nous avons été touchés par la voix réconfortante de Karl Tremblay, une voix dont le charisme nous rappelait celle d’un grand frère, d’un ami, d’un confident. Cette voix ne sera jamais oubliée.
10e position : Rien qu’un animal, Matt Stern
Pour amorcer ce top 10, je vous propose le premier opus francophone de l’auteur-compositeur-interprète Matt Stern, natif de Montréal, maintenant établi dans la communauté francophone de Victoria, en Colombie-Britannique.
Cet artiste de l’Ouest canadien, nous captive avec Rien qu’un animal, un album pop urbain, qui a du panache et qui se termine sur un air funk pour nous faire danser. La fluidité des orchestrations est remarquable. De la bonne pop.
9e position : Enfiler mes bottes, Émilie Landry
Dans son troisième opus francophone, la jeune autrice-compositrice-interprète Émilie Landry, originaire du Nouveau-Brunswick, nous invite à découvrir son monde personnel, plus intérieur.
L’album est rempli de superbes textes, qui nous interpellent autant que les musiques country folks. Ce produit est gage d’une belle maturité, qui saura captiver l’auditeur.
8e position : Un monde de dissonances, Sirène & Matelot
Avec ce disque, le groupe Sirène & Matelot nous donne un rendez-vous magique. Ce duo d’auteurs-compositeurs-interprètes de l’Île-du-Prince-Édouard, composé de Patricia Richard et Lennie Gallant, est tout en sobriété.
Des musiques folks bien fignolées servent de toile de fond à des textes magnifiques, qui nous racontent la vie dans toutes ses nuances. La réalisation de l’album, signée Davy Gallant, sait mettre en valeur le duo.
7e position : Tavernier, Claude Cormier
Le Madelinot Claude Cormier fait un retour sur disque avec Tavernier. Cet artiste, qui en est à son 8e opus, réussit encore une fois à séduire ses admirateurs et à en charmer de nouveaux.
Avec des musiques tantôt entrainantes, tantôt berçantes, il nous livre encore des textes puissants qui nous captivent mot après mot. Son timbre de voix est toujours aussi réconfortant après plus de 20 ans de carrière.
6e position : Les Fils du père, Les Gars du Nord
La sixième place revient à un des super groupes acadiens de l’heure, Les Gars du Nord. Leur album Les Fils du père est une bombe d’énergie contagieuse, réalisé par deux des sept membres du groupe, Jean-Frédéric Lizotte et Wilfred LeBouthillier. Ce dernier a d’ailleurs coécrit les musiques et textes avec un autre membre, Danny Boudreau.
Les paroles sont solides et nous transportent dans le monde des pêcheurs, de la mer et des souvenirs. Dès le début du disque, nous sommes envoutés par la puissance des musiques et des voix.
5e position : À boire deboutte, Salebarbes
Au cinquième rang, on retrouve l’autre super groupe de l’Acadie, Salebarbes. Le quintette, qui a reçu les Félix de la Chanson de l’année et du Spectacle de l’année – Variété et réinterprétation, nous propose une formule gagnante, mais encore plus contagieuse.
Avec À boire deboutte, les cinq auteurs-compositeurs-interprètes nous offrent un album solide, entrainant et captivant, qui montre bien tout le plaisir qu’ils ont à partager leur art avec le public.
4e position : For The Giving / Sans rien donner, Aleksi Campagne
Avec un nom connu dans l’univers musical franco-canadien, Aleksi Campagne nous propose un album double des plus prenants, For The Giving/Sans rien donner.
Dix chansons en versions anglaise et française. Un opus pop, folk, aux arrangements très orchestraux. L’artiste montréalais nous ensorcèle avec sa voix unique et ses prestations profondes qui nous amènent ailleurs. On se laisse aisément séduire par la richesse de chaque chanson.
3e position : Sous la fourrure, Squerl noir
Mon top 3 débute avec une autre belle découverte, qui a été lancée à la fin d’aout. L’auteur-compositeur-interprète d’Ottawa David Robquin, alias Squerl noir, a su trouver les musiques parfaites pour accompagner des mots justes, afin de réussir à interpeler des auditeurs en quête de fraicheur auditive.
La réalisation de Sous la fourrure est d’une pureté exceptionnelle, ce qui en fait un produit hors du commun. L’album s’accompagne d’un livre du même titre, qui est à la fois une réflexion sur la création artistique, mais aussi un recueil de textes revenant sur le processus de création du disque.
2e position : Boréale, Mimi O’Bonsawin
Depuis presque 10 ans, Mimi O’Bonsawin ne cesse d’émerveiller avec sa musique. L’artiste franco-ontarienne abénaquise partage sa culture et ses origines autant dans la langue de Molière que celle de Shakespeare.
Elle nous offrait en octobre Boréale, un album entièrement en français. Avec une voix presque divine, des musiques profondes aux accents autochtones, Mimi O’Bonsawin nous plonge dans la richesse de son âme et nous raconte le duel entre ses cultures franco-ontarienne et abénaquise. On sent toute la fierté de ses origines.
1e position : Maison vent, Willows
Mon coup de cœur de la francophonie musicale canadienne pour cette année est aussi un rendez-vous avec la culture autochtone et métisse.
Geneviève Toupin évolue sur la scène musicale franco-canadienne depuis 14 ans, mais c’est en 2014 qu’elle nous a présenté son alter ego, Willows. Cette année, elle nous a épatés avec un album qui rendait hommage à ses origines mitchif.
Maison vent est un rendez-vous des plus attendrissants, où l’auteure-compositrice-interprète franco-manitobaine nous dévoile toute sa richesse et la fierté de ses racines. Tel un diamant pur, son timbre de voix vient nous caresser à la moindre note. Elle nous livre un petit bijou des plus généreux, avec 14 chansons, qui nous dévoilent tous son univers.
Le top 10 de 2023 est une autre belle preuve que la francophonie musicale est bien vivante. Je tends maintenant l’oreille vers 2024, afin de découvrir d’autres chefs-d’œuvre à vous faire connaitre.
Bonne écoute et bonnes découvertes musicales.
Marc Lalonde, dit Lalonde des ondes, est chroniqueur musical depuis plus de 25 ans au sein de la francophonie musicale canadienne et animateur de l’émission radiophonique Can-Rock. Il se fait un malin plaisir à partager cette richesse dans 16 stations de radio de tout le pays chaque semaine.
Google contribuera aux médias et Ottawa
Après des semaines de négociations, la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a confirmé mercredi avoir trouvé un terrain d’entente avec Google sur le cadre règlementaire de la Loi sur les nouvelles en ligne, qui doit entrer en vigueur le 19 décembre prochain.
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Pierre Poilievre a réitéré son soutien envers l’Ukraine et défend que son opposition au projet de loi C-57 est liée à la taxe carbone.
La multinationale versera 100 millions de dollars annuellement aux médias canadiens. Ce montant, qui sera indexé à l’inflation, demeure en dessous des 172 millions de dollars réclamés par Ottawa dans le cadre règlementaire en septembre dernier.
Le gouvernement espérait surtout que Google n’emboite pas le pas à Meta, qui a bloqué l’accès aux nouvelles au Canada sur ses plateformes en aout.
La nouvelle loi, anciennement projet de loi C-18, vise à obliger les géants du numérique à indemniser les médias pour le partage de leurs contenus, dans un contexte où plusieurs d’entre eux peinent à garder la tête hors de l’eau.
«La santé du secteur canadien des nouvelles n’a jamais été aussi menacée qu’en ces temps de suppressions de postes et de fermetures des salles de rédaction», a reconnu la ministre St-Onge dans une déclaration.
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L’appui des conservateurs à l’Ukraine remis en question
Le Parti conservateur a voté contre le projet de loi C-57, qui porte sur la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange Canada-Ukraine, lors de sa deuxième lecture à la Chambre des communes, le 21 novembre dernier.
Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Pierre Poilievre, a défendu cette décision mardi, en expliquant être inquiet face au libellé de l’accord, qui fait référence à la promotion de la tarification du carbone, une mesure qui selon lui serait nuisible à l’économie ukrainienne.
«Nous sommes le seul parti à avoir soutenu l’Ukraine au lieu d’essayer d’imposer une taxe sur le carbone», s’est-il défendu en Chambre.
Selon le premier ministre, la taxe carbone n’est qu’une excuse qui cache d’autres motifs. Justin Trudeau a accusé les conservateurs de tourner le dos à l’Ukraine et a évoqué un lien avec la «montée d’une façon de penser de la droite américaine, de style MAGA [Make America Great Again]», lors d’une conférence de presse à Saint-Jean à Terre-Neuve-et-Labrador, le 24 novembre dernier.
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Des ministères fédéraux se servent de logiciels espions
Une enquête de Radio-Canada dévoile l’utilisation de logiciels espions par certains ministères fédéraux. Au moins treize ministères et agences fédérales seraient concernés, selon des documents internes obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.
Le premier ministre accuse les conservateurs de tourner le dos à l’Ukraine.
Aucune de ces institutions n’a respecté la directive fédérale qui oblige l’évaluation des risques pour la vie privée dans le cadre d’utilisation de matériel potentiellement intrusif.
Ces logiciels permettent, entre autres, d’avoir accès à des données cryptées et protégées par des mots de passe, à des contenus supprimés et à des activités sur les réseaux sociaux, le tout sur des téléphones mobiles, des ordinateurs ou des tablettes.
Achat d’avions américains et manque d’effectifs dans la Marine
Le gouvernement canadien a annoncé jeudi une entente avec le gouvernement américain pour l’acquisition d’un maximum de 16 appareils d’aviation pour l’Aviation royale canadienne (ARC).
Une entente réalisée sans appel d’offres, potentiellement au détriment de l’entreprise québécoise Bombardier. Comme rapporté par plusieurs médias cette semaine, la multinationale québécoise Bombardier affirmait pouvoir répondre au besoin, et ce, de manière moins couteuse et dans les temps requis.
Dans un communiqué de presse, le ministère de la Défense nationale assure que Boeing intègrera des compagnies canadiennes dans «ses chaines d’approvisionnement globales» et que ses engagements économiques au Canada ont le potentiel de créer de l’emploi et de contribuer au produit intérieur brut.
«Dans l’environnement mondial complexe d’aujourd’hui, le Canada a besoin d’une armée capable de protéger notre pays pour de nombreuses années à venir. […] Le Canada a besoin d’une flotte d’aéronefs multimissions pour veiller à la sécurité de sa population et protéger la souveraineté de l’un des plus grands espaces aériens au monde», déclare le ministre Bill Blair.
Le commandant de la Marine royale du Canada (MRC), Angus Topshee, a dénoncé l’état critique du corps d’armée dans une vidéo publiée lundi sur YouTube.
Le ministre de la Défense nationale, Bill Blair, a signé une entente avec les États-Unis pour que Boeing fournisse l’aviation nécessaire.
«La MRC fait actuellement face à de très graves problèmes qui pourraient faire en sorte que nous ne respecterons pas nos engagements en matière de posture et de disponibilité opérationnelle en 2024 et au-delà», déclare-t-il.
Le commandant évoque des taux de vacance supérieurs à 20 % pour certains postes. Selon lui, ce manque est attribué au recrutement, l’aile de recrutement des Forces armées canadiennes n’ayant pas réussi à atteindre ses objectifs depuis plus de 10 ans.
Il note aussi que les problèmes auxquels fait face la MRC «ne sont pas uniques» et que «l’aviation et l’armée sont confrontées à des défis similaires».
«Historiquement, nous avons surmonté tous les défis, alors je suis confiant en notre capacité de surmonter celui-ci», dit-il.
100 millions de dollars par année indexés à l’inflation
La ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a confirmé, mercredi, que Google versera 100 millions de dollars par année «à un seul collectif qui l[e] distribuera à tous les médias d’information admissibles et intéressés, selon leur nombre d’équivalents temps plein en journalisme».
Dans le cadre règlementaire de la Loi, présenté au début du mois de septembre, le ministère du Patrimoine estimait que Google pouvait générer plus de 170 millions de dollars canadiens afin d’aider les médias du pays.
Le géant du Web soulevait alors plusieurs préoccupations quant aux exigences qui lui étaient imposées et à la hauteur de la compensation qui devrait être versée aux médias canadiens.
«Après des discussions approfondies, nous sommes heureux que le gouvernement du Canada se soit engagé à répondre aux enjeux fondamentaux concernant le projet de loi C-18, qui comprenaient la nécessité d’une voie simplifiée pour une exemption à un seuil d’engagement clair», a affirmé par courriel Kent Walker, président des affaires mondiales, Google et Alphabet.
«On a trouvé une voie de passage pour répondre aux interrogations de Google sur l’application de la loi», a lancé la ministre Pascale St-Onge en mêlée de presse, mercredi.
Quant à l’admissibilité de CBC/Radio-Canada aux fonds provenant de l’entente avec Google, la ministre n’a pas voulu donner plus de précisions.
Les médias locaux s’inquiètent
René Chiasson souhaiterait que les médias locaux en situation minoritaire reçoivent des parts équitables du montant que devra verser Google.
Avec la crise des médias qui sévit partout au Canada, les journaux locaux, dont les journaux francophones en situation minoritaire, s’inquiètent tout de même du manque de ressources qui pèse lourd sur le secteur.
«Les médias de langues officielles sont admissibles», a rappelé la ministre St-Onge, mercredi. Elle a précisé que l’article 11.1 de la loi décrit tous les médias qui sont admissibles aux fonds monétaires et auxquels la loi s’appliquera, ce qui inclut des médias des minorités linguistiques.
«Par exemple, des médias de langues officielles en situation minoritaire, des médias ethniques, des médias indépendants, etc. Donc, c’est avec ce collectif-là que Google devra s’organiser», a-t-elle précisé.
René Chiasson, coprésident de Réseau.Presse, organisme éditeur de Francopresse, doute que la distribution du financement de Google soit partagée de manière équitable.
«Nous craignons que les conditions d’admissibilité favorisent nettement les grands médias au détriment des journaux locaux, comme ceux de nos membres», soutient-il.
La version finale de la règlementation précisera, entre autres, les conditions d’admissibilité des médias. Déjà déposée au Conseil du Trésor, la règlementation mise à jour sera publiée avant l’entrée en vigueur de la loi, soit le 19 décembre prochain.
Faute d’avoir des réponses claires sur la hauteur du financement auquel les journaux locaux auront accès, René Chiasson attend impatiemment de voir une bonification du programme de l’Initiative de journalisme local (IJL) pour assurer du financement fédéral adéquat pour les médias locaux.
Il rappelle surtout que la décision du gouvernement fédéral de délaisser la publicité dans les médias imprimés, il y a près de dix ans, a toujours des conséquences aujourd’hui. «Nous souhaitons ardemment le retour des publicités fédérales dans nos médias. La perte de ces publicités a grandement nui à l’écosystème communautaire francophone», précise-t-il.
La ministre St-Onge se réserve le droit de négocier la compensation de Google dans l’éventualité que de meilleures ententes soient conclues ailleurs dans le monde.
Depuis la rupture des négociations avec le gouvernement canadien, l’entreprise Meta, maison mère de Facebook et Instagram, bloque l’accès à tous les contenus médiatiques sur le territoire canadien. Selon le bureau de la ministre, Patrimoine canadien est prêt à reprendre le processus de négociation avec Meta.