Anne Adams est membre du Parti libéral du Canada (PLC) et résidente du quartier de Notre-Dame-de-Grâce, à Montréal. En marge d’un panel sur la protection de la culture et de la langue française, elle a affirmé être mécontente, car à la table du Conseil national d’administration, «on parle toujours anglais».
«Le président est anglophone [Sachit Mehra], dans le moment. Ça se pourrait […] que quelqu’un de bilingue devienne président», a-t-elle expliqué, en entrevue avec Francopresse, après le panel.
«Sauf que quand on est bilingue, on tombe dans le panneau de parler en anglais, parce qu’il y a plus de monde qui comprend l’anglais, enchaine celle qui a passé plusieurs années à la coprésidence francophone de la Commission des ainés du parti dans le passé. C’est un problème systémique. Si, dans le système, on ne s’assure pas que la pensée, la façon de penser de l’autre langue est intégrée, ça ne changera jamais rien.»
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Plus de services dans les deux langues
Anne Adams affirme aussi qu’il faut mettre fin à la pratique des quotas minimaux de francophones ou d’anglophones pour que les rapports de circonscriptions du parti soient accessibles dans les deux langues officielles du Canada.
Au niveau de sa circonscription, les rapports trimestriels sont dans les deux langues, rapporte la Montréalaise. Mais ce n’est pas le cas partout et elle ne trouve «pas ça correct».
Cette dernière a demandé des comptes à l’un des panellistes, le député de Québec–Centre, Jean-Yves Duclos.
«M. Duclos vient de m’expliquer que le sien est seulement en français parce qu’il n’y a pas assez d’anglophones dans son comté», rapporte-t-elle. «Il faut arrêter ça partout au Canada.»
Anne Adams ne tire pas grand-chose de son échange avec l’ex-ministre. «Ça ne me convient pas. C’est une explication, bien sûr. Mais qu’est-ce qu’on va faire pour changer ça?»
Dans les faits, le PLC n’est pas assujetti à la Loi sur les langues officielles et rien dans le règlement du parti n’oblige les associations de circonscription à publier des documents systématiquement dans les deux langues.
En revanche, sa constitution établit que les deux langues officielles sont l’anglais et le français. Ainsi, on se serait attendus à ce que les associations de circonscriptions présentent leurs documents dans les deux langues officielles, de même que les rapports.
De plus, Anne Adams affirme avoir proposé de traduire un document public de son député fédéral de l’anglais vers le français quand elle demeurait à Vancouver-Ouest, mais cela lui a été refusé.
«Est-ce que notre Loi sur les langues officielles va insister sur le fait que tous nos députés, à travers le Canada, qu’ils soient francophones en Colombie-Britannique ou en Alberta, ou anglophones au Québec, envoient leurs [documents] à leurs commettants dans les deux langues?», a-t-elle demandé aux députés, dans le cadre du panel sur la protection de la langue française.
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Questions sans réponse
Les questions d’Anne Adams sont restées sans réponse, l’organisation du parti n’ayant pas prévu assez de temps pour les réponses.
Une autre membre du parti a partagé sa frustration au moment de la période de questions sur le fait que les anglophones du Québec «n’ont pas les mêmes services» que les francophones. «Nous sommes fatigués!», a-t-elle critiqué, demandant l’égalité des services fournis.
Un autre a demandé pourquoi les dirigeants canadiens ne montraient pas toujours l’exemple pour parler les deux langues.
Plusieurs de ces questions ont soulevé un intérêt sur les minorités linguistiques, mais celui-ci est vite retombé.
Les députés ont toutefois tenté de répondre aux questions dans les corridors.
