le Samedi 24 janvier 2026
le Samedi 24 janvier 2026 6:30 Francophonie

Parlement Jeunesse 2026 : un désir d’être davantage «vu» par les politiciens

Pourquoi faire confiance à Francopresse.
Le Parlement Jeunesse organisé par la FJCF est coordonné par le programme S’ENgage du Sénat, qui coordonne toutes les demandes scolaires ou d’organismes jeunesse, pour que les élèves ou étudiants accèdent à des connaissances approfondies sur le fonctionnement du Sénat. — Courtoisie Souhir Leteif
Le Parlement Jeunesse organisé par la FJCF est coordonné par le programme S’ENgage du Sénat, qui coordonne toutes les demandes scolaires ou d’organismes jeunesse, pour que les élèves ou étudiants accèdent à des connaissances approfondies sur le fonctionnement du Sénat.
Courtoisie Souhir Leteif

FRANCOPRESSE – Si participer au Parlement jeunesse pancanadien ne suscite pas forcément un intérêt pour travailler en politique, les jeunes ont des prises de conscience sur ce qu’ils et elles veulent voir davantage de leurs élus. Organisé annuellement par la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), l'activité a rassemblé 72 jeunes francophones du 7 au 11 janvier au Sénat.

Parlement Jeunesse 2026 : un désir d’être davantage «vu» par les politiciens
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En donnant un aperçu du fonctionnement de la vie politique fédérale lorsque le Parlement siège, cette simulation réservée aux jeunes francophones qui s’inscrivent auprès de la FJCF a éveillé des prises de conscience ou les a ravivés, comme celle de vouloir être plus «vu» par les politiciens et politiciennes au niveau fédéral.

Issus de toutes les provinces et territoires du Canada, 72 francophones de 14 à 25 ans se sont retrouvés à Ottawa pour siéger lors d’une simulation de Parlement.

Les participants ont occupé tous les rôles qui font fonctionner le Parlement : ministres, députés de l’opposition officielle, journalistes, pages : tous les rôles ont été joués avec un but : mieux connaitre la vie politique canadienne courante.

Trois jeunes ont accepté de répondre aux questions de Francopresse. Les trois ont déjà à leur actif entre deux et treize simulations de Parlement jeunesse, dans leur province ou au niveau national.

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«Maintenant, il faut juste qu’on nous écoute»

Ce que Sofia Lemay, porte-parole de l’Économie dans l’Opposition et originaire de Vancouver, a préféré, c’était «l’aspect théâtral de donner un discours», indique-t-elle, à Francopresse.

Mais la jeune étudiante en littérature a pris conscience d’une autre chose : «Personnellement, j’aimerais me sentir plus vue et écoutée par les politiciens autour de moi. J’ai l’impression que beaucoup d’attention est accordée à de grosses corporations, ou encore à des électeurs dans des grandes villes et correspondant à des profils spécifiques. Si le Parlement jeunesse m’a enseigné quelque chose, c’est que les jeunes ont le désir et la capacité de s’impliquer en politique. Maintenant, il faut juste qu’on nous écoute.»

Deux jeunes francophones, Sofia Lemay et Alexandre Veilleux, ont siégé au sein des partis d’opposition lors de la simulation du Parlement jeunesse organisée par la FJCF. 

Courtoisie Souhir Leteif

Sans aller jusqu’à vouloir travailler en politique, l’étudiante en littérature, qui souhaite enseigner plus tard au secondaire, affirme ressortir de la simulation avec une envie de s’impliquer. «Par exemple, en faisant du lobbying ou en [intégrant] des groupes qui militent pour les droits des jeunes ainsi que pour d’autres enjeux», en référence notamment à la FJCF.

Sofia Lemay espère voir davantage de projets de loi qui défendent l’environnement et les droits de la personne.

«Plusieurs enjeux requièrent de la collaboration entre partis politiques et à l’international. J’aimerais que cela soit un point focal.»

— Sofia Lemay, l'une des 72 jeunes francophones participants au Parlement jeunesse, originaire de Colombie-Britannique

Les sénatrices Bernadette Clément et Suze Youance ont raconté leurs parcours respectifs avant d’être nommées au Sénat.

Courtoisie Souhir Leteif

La sénatrice du Québec et ingénieure de formation, Suze Youance, a participé à un panel avec les jeunes lors du Parlement jeunesse. Celle-ci y a décelé «un processus de questionnement» de la part des jeunes, «qui ont aussi leurs points de vue très arrêtés».

Avec cela en tête, «ils se demandent donc quels sont les dossiers qu’ils veulent faire avancer, comment ils peuvent exprimer leurs objectifs, comment ils peuvent s’impliquer en politique».

«Ils ont un sac à dos et puis ils veulent savoir où passer pour porter ce qu’ils ont dans leurs sacs à dos», résume la sénatrice.  

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 «Plus de collaboration aiderait pas mal mieux»

De son côté, Alexandre Veilleux, originaire de Moncton, était le chef du «tiers parti», l’équivalent du Bloc québécois. Il a particulièrement apprécié la collaboration entre les personnes participantes, quel que soit le parti politique auquel ils appartenaient pendant la simulation.

«La situation politique actuelle serait pas mal mieux si elle permettait de collaborer autant que nous on s’est permis de collaborer dans nos simulations parlementaires», a-t-il fait valoir.

«Moi, je sortirais la bonne vieille méthode acadienne : l’union fait la force», ajoute Alexandre Veilleux, avec humour.

«Je me considère chanceux d’être au Canada, nuance-t-il, en comparaison à nos voisins du Sud. On a quand même des politiciens qui font attention. On est encore dans un mindset où on peut y arriver ensemble. Mon inquiétude, c’est qu’un jour, on arrête ce mindset», précise-t-il.

Connexions francophones

Sa collègue de l’autre bord de la Chambre, Céleste Beaupré, une Franco-Albertaine qui en était à son 13e et dernier Parlement jeunesse entre sa province et le fédéral, raconte que cette session était unique, surtout pour la participation qu’elle a affichée.

«Je n’ai jamais participé à un parlement jeunesse dont la majorité des participants était là pour la première fois, mais j’ai été impressionné par leur intérêt, leur passion et de leur participation à la simulation», souligne celle qui était ministre au sein du gouvernement dans la simulation.

Céleste Beaupré précise que la préparation des participants quant à l’analyse des projets des lois ainsi que les lignes de partis a surtout permis d’avoir «un bon déroulement des débats».

«Ce niveau de participation était une première et je suis très confiante pour l’avenir des parlements jeunesse», dit-elle.

— Céleste Beaupré, une participante franco-albertaine

Céleste Beaupré en est à son 13 et dernier Parlement jeunesse.

Courtoisie Souhir Leteif

Sa longue expérience dans les parlements jeunesse ne l’a pas poussée vers les sciences politiques, mais plutôt en finance et la fonction publique. Céleste Beaupré travaille maintenant au sien du ministère de Patrimoine canadien.

Elle assure que les divers parlements jeunesse auxquels elle a participé et les «connexions» qu’elle a créées au sein de la francophonie canadienne «ont joué un grand rôle pour que j’y sois».

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Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Inès Lombardo

Francophonie canadienne

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