Le chef et cofondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a annoncé le 14 janvier qu’il quitterait son poste de chef et de premier ministre lorsque le parti aura choisi son remplaçant.
Son amour de la langue française a fait de lui un allié naturel, soutient la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Liane Roy.
«Pour nous, toute personne qui s’occupe très bien de la langue française, c’est toujours un atout parce que ça rayonne toujours partout dans le reste du Canada», dit-elle en entrevue avec Francopresse.
Rapidement à la défense de la francophonie
À peine six semaines après l’élection de la CAQ à la tête du Québec, François Legault se porte à la défense de la francophonie ontarienne.
Le 15 novembre 2018, le gouvernement de Doug Ford, élu en juin, annonce le retrait du financement pour la création de l’Université de l’Ontario français et l’abolition du poste de commissaire aux services en français de l’Ontario.
Dans les jours suivants, François Legault exprime son appui aux Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes : «Je souhaite qu’on protège le français en Ontario autant que possible.»
«J’ai dit à M. Ford que j’étais déçu […] que je n’avais pas aimé qu’on compare les francophones avec les Chinois ou les autres cultures. Je lui ai dit : on est un des deux peuples fondateurs du Canada, donc on doit s’attendre à ce que les services soient donnés […] aux francophones», dit-il quelques jours plus tard, après sa première rencontre avec le premier ministre ontarien.
Un bilan globalement positif
Pendant son mandat de plus de 7 ans, le gouvernement de François Legault a mené plusieurs initiatives pour que le Québec se rapproche de la francophonie canadienne.
Le premier ministre François Legault était présent à la clôture du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes en 2021 pour signer la Charte d’engagement pour le rapprochement des francophonies canadiennes avec le président de la FCFA à l’époque, Jean Johnson.
En 2021, le gouvernement québécois a organisé avec la FCFA le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes. La rencontre virtuelle pancanadienne était une façon pour le gouvernement Legault de trouver des pistes de rapprochement entre le Québec et les autres francophonies du pays.
«Je suis très conscient du rôle que le gouvernement du Québec a à jouer pour protéger et promouvoir le français au Québec, mais aussi au Canada», avait-il déclaré.
La présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Nathalie Lachance, considère de son côté le bilan du gouvernement de François Legault «globalement positif».
«Dans le dossier de la réduction des frais de scolarité pour les francophones hors Québec, le gouvernement a su ajuster son approche afin de répondre aux préoccupations des communautés et d’éviter de fragiliser les institutions postsecondaires francophones en situation minoritaire, ce qui a été grandement apprécié», rappelle Natalie Lachance de l’ACFA.
Pour elle, la collaboration avec les ministres responsables de la francophonie canadienne, la création de Mobilisation Franco et la réduction des frais de scolarité pour les francophones du Canada qui veulent étudier au Québec restent des avancées importantes.
«Ces gestes concrets ont contribué à renforcer les liens entre les francophonies albertaine et québécoise. L’ACFA espère que cette approche se poursuivra sous le prochain gouvernement», ajoute-t-elle.
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Un Sommet inédit et une stratégie
Le Sommet a mené à d’autres initiatives, avec entre autres, la Journée québécoise de la francophonie canadienne (le 22 mars), une nouvelle politique en matière de francophonie canadienne, dévoilée en 2022, et la création des rencontres annuelles Mobilisation franco.
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«Lors du Sommet de 2021, ce que les gens se sont aperçus, c’est que la société civile du Québec et le reste du Canada ne se connaissent pas», raconte liane Roy. Le besoin de se parler plus régulièrement est devenu évident.
Liane Roy ajoute la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français – aussi connu sous le nom loi 96. Une loi qui donne une responsabilité transversale à tout le gouvernement du Québec de «travailler dans le bon sens avec les communautés [francophone]» et qui a simplifié les relations avec le gouvernement québécois, affirme-t-elle.
Enfin, la responsable rappelle le dépôt par le gouvernement Legault du projet de loi 109 en octobre 2025, qui vise notamment à améliorer la découvrabilité des contenus culturels francophones.
«Ils ont décidé d’aller plus loin que juste les contenus québécois, justement pour être capables de nous faire un peu un clin d’œil pour qu’on soit capable de participer dans ce nouveau projet de loi», dit-elle.
Liane Roy croit que le legs de François Legault pour l’avancement des relations du Québec avec la francophonie canadienne restera bien en place «parce qu’il y a des lois qui sont là, puis il y a des politiques, des manières de fonctionner maintenant qui sont ancrées».
