le Mardi 13 octobre 2026
le Mardi 13 octobre 2026 5:00 Arts et culture

6,5 milliards $ : le poids méconnu de la culture francophone

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Le secteur culturel de la francophonie canadienne contribue au PIB du Canada à travers la vente de billets, mais aussi à travers les activités de production, de location et de promotion.  — Photo : Cottonbro Studio – Pexels
Le secteur culturel de la francophonie canadienne contribue au PIB du Canada à travers la vente de billets, mais aussi à travers les activités de production, de location et de promotion.
Photo : Cottonbro Studio – Pexels

FRANCOPRESSE – La contribution de la culture francophone au produit intérieur brut (PIB) du Canada est estimée à 6,5 milliards de dollars en 2024. Un chiffre qui augmente d’année en année, selon la firme recrutée par la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) pour faire le calcul depuis 4 ans.

6,5 milliards $ : le poids méconnu de la culture francophone
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Résumé en cinq points

  • La part du secteur culturel de la francophonie extérieure au Québec au PIB aurait augmenté de 16 % en 2024 par rapport à 2023.
  • En 2023, cette part était évaluée à 5,6 milliards de dollars, contre 5,83 milliards en 2022 et 5,63 milliards en 2021.
  • Kelly Hill s’appuie sur des données de Statistique Canada, mais celles-ci tiennent peu compte de la langue.
  • La FCCF voit ces chiffres comme un outil de plaidoyer, tout en reconnaissant que le PIB ne mesure pas tout.

Le président de Hill Strategies, Kelly Hill, a présenté les résultats de ses analyses lors d’un webinaire le jeudi 8 octobre.

La part du secteur culturel de la francophonie de l’extérieur du Québec au PIB aurait augmenté de 16 % par rapport à 2023, alors qu’il était de 5,6 milliards de dollars. En 2022, il était de 5,83 milliards et de 5,63 milliards en 2021.

Ces totaux incluent l’impact direct des activités de productions, comme la vente de billets. On y ajoute les impacts indirects – comme les locations de salles, le markéting et les assurances – et les impacts induits – comme les dépenses des membres du personnel, des artistes et des fournisseurs.

«J’ai eu l’occasion d’aller à l’assemblée annuelle de la Société nationale de l’Acadie […]. J’ai présenté ces chiffres-là et ça a eu un impact très important. Les gens ne sont pas conscients [de l’importance économique de la culture]», raconte, pendant le webinaire, la présidente de la FCCF, Nancy Juneau.

Kelly Hill, souligne certaines dépenses, comme les chambres d’hôtel et les restaurants, ne font pas partie des calculs. Ce n’est pas une pratique courante en économie, explique-t-il. Il est impossible de savoir quelle portion des revenus de ces secteurs serait réellement attribuable aux activités culturelles.

Nancy Juneau affirme que c’est une précision importante à apporter lorsque les données sont présentées, puisqu’elle sous-entend que l’impact est encore plus important, surtout en milieu minoritaire.

À lire aussi : «Une crainte réelle de sous-financement» pour la culture francophone

Méthodologie

Pour ses analyses au cours des 4 dernières années, Kelly Hill a utilisé les données de Statistique Canada, comme l’estimation annuelle du PIB du secteur culturel pour le Canada, chaque province et les territoires. Les multiplicateurs pour les impacts indirects et induits viennent de la même source.

Ces données ne tiennent cependant pas compte de la langue. Statistique Canada a très peu de données divisées par la langue, note Kelly Hill. Ceci limite ce qui peut être inclus dans le calcul. Dans le cas des données sur le secteur culturel, il pouvait seulement se fier au pourcentage de francophones qui travaillent en culture, que fournit Statistique Canada.

De plus, ce pourcentage est basé sur le recensement de 2021. Ce sont les données les plus récentes, en attendant celles du recensement de 2026.

Selon les calculs de Kelly Hill, il y avait 36 1000 francophones à l’extérieur du Québec qui travaillent dans 52 professions culturelles en 2021.

Un outil de négociation…

En ouverture du webinaire, l’analyste de politiques et recherche de la FCCF, Laurence Dubuc, a rappelé que les données sont le nerf de la guerre. La collaboration avec Hill Strategies a permis à la FCCF «d’accéder à des données dont nous avions vraiment besoin pour appuyer nos plaidoyers, nos actions de terrain, celles de nos membres, celles de leurs membres. On manque de données dans le milieu culturel de la francophonie canadienne et acadienne».

Nancy Juneau encourage les organismes culturels francophones à utiliser les conclusions de Hill Strategies. 

Photo : Clémence Labasse – Francopresse (Archives)

Le travail de M. Hill «nous donne des armes tant à nous qu’à vous sur le terrain pour démontrer à quel point notre secteur génère, oui du bonheur, mais aussi des retombées économiques extrêmement importantes», dit Nancy Juneau.

… même s’il est imparfait

Il y a une donnée qui reste absente : le retour sur l’investissement du financement public. Ce serait un argument de plus pour convaincre les gouvernements d’investir.

«Le financement public a un impact sur ces chiffres-là. Mais il n’y a pas de ventilation du financement gouvernemental. C’est une comparaison qui est très difficile à faire à travers le pays, et comparer d’une province à l’autre. Même s’il y a des conseils des arts dans la plupart des provinces, leur mandat diffère un peu», explique Kelly Hill en réponse à une question d’un membre du public.

De plus, le PIB ne dévoile pas tout, prévient-il. Il ne mesure que l’aspect financier. Les bénéfices des arts sur la qualité de vie, la santé et l’éducation, par exemple, sont également importants, rappelle Kelly Hill.

«On sait que notre secteur n’est pas qu’un impact économique. C’est beaucoup plus que ça. Vraiment, on sous-estime l’impact que ça peut avoir de présenter ces chiffres-là», ajoute Nancy Juneau.

À lire aussi : La culture francophone face au dilemme de la rentabilité

Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par un journaliste sans l’aide d’outils de l’intelligence artificielle. Un outil d’intelligence artificielle a été utilisé pour suggérer des titres.
Le résumé et la FAQ ont été rédigés par un outil d’intelligence artificielle à partir du texte et révisés par le journaliste.

 

Données de parution:

Sudbury

Julien Cayouette

Rédacteur en chef

Adresse électronique:

FAQ

Qu’est-ce qui est inclus dans le calcul du PIB culturel francophone?

Les totaux incluent l’impact direct des activités de production, comme la vente de billets. Ils ajoutent aussi les impacts indirects, comme les locations de salles, le markéting et les assurances, ainsi que les impacts induits liés aux dépenses du personnel, des artistes et des fournisseurs.

Pourquoi les hôtels et les restaurants ne sont-ils pas inclus?

Kelly Hill explique que ce n’est pas une pratique courante en économie. Il est impossible de savoir quelle portion des revenus de ces secteurs serait réellement attribuable aux activités culturelles.

D’où viennent les données utilisées?

Kelly Hill utilise des données de Statistique Canada, notamment l’estimation annuelle du PIB du secteur culturel pour le Canada, les provinces et les territoires. Les multiplicateurs pour les impacts indirects et induits viennent aussi de Statistique Canada.

Quelles sont les limites liées à la langue?

Statistique Canada a très peu de données divisées par la langue, selon Kelly Hill. Pour le secteur culturel, il a pu se fier seulement au pourcentage de francophones qui travaillent en culture, basé sur le recensement de 2021.

À quoi ces chiffres servent-ils pour la FCCF?

Laurence Dubuc affirme que ces données appuient les plaidoyers, les actions de terrain et le travail des membres. Nancy Juneau dit qu’elles aident à démontrer les retombées économiques du secteur.

Quelle donnée manque encore pour convaincre les gouvernements?

L’article souligne l’absence d’une donnée sur le retour sur l’investissement du financement public. Kelly Hill explique que le financement gouvernemental n’est pas ventilé de façon comparable à travers le pays.