Le président de Hill Strategies, Kelly Hill, a présenté les résultats de ses analyses lors d’un webinaire le jeudi 8 octobre.
La part du secteur culturel de la francophonie de l’extérieur du Québec au PIB aurait augmenté de 16 % par rapport à 2023, alors qu’il était de 5,6 milliards de dollars. En 2022, il était de 5,83 milliards et de 5,63 milliards en 2021.
Ces totaux incluent l’impact direct des activités de productions, comme la vente de billets. On y ajoute les impacts indirects – comme les locations de salles, le markéting et les assurances – et les impacts induits – comme les dépenses des membres du personnel, des artistes et des fournisseurs.
«J’ai eu l’occasion d’aller à l’assemblée annuelle de la Société nationale de l’Acadie […]. J’ai présenté ces chiffres-là et ça a eu un impact très important. Les gens ne sont pas conscients [de l’importance économique de la culture]», raconte, pendant le webinaire, la présidente de la FCCF, Nancy Juneau.
Kelly Hill, souligne certaines dépenses, comme les chambres d’hôtel et les restaurants, ne font pas partie des calculs. Ce n’est pas une pratique courante en économie, explique-t-il. Il est impossible de savoir quelle portion des revenus de ces secteurs serait réellement attribuable aux activités culturelles.
Nancy Juneau affirme que c’est une précision importante à apporter lorsque les données sont présentées, puisqu’elle sous-entend que l’impact est encore plus important, surtout en milieu minoritaire.
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Méthodologie
Pour ses analyses au cours des 4 dernières années, Kelly Hill a utilisé les données de Statistique Canada, comme l’estimation annuelle du PIB du secteur culturel pour le Canada, chaque province et les territoires. Les multiplicateurs pour les impacts indirects et induits viennent de la même source.
Ces données ne tiennent cependant pas compte de la langue. Statistique Canada a très peu de données divisées par la langue, note Kelly Hill. Ceci limite ce qui peut être inclus dans le calcul. Dans le cas des données sur le secteur culturel, il pouvait seulement se fier au pourcentage de francophones qui travaillent en culture, que fournit Statistique Canada.
De plus, ce pourcentage est basé sur le recensement de 2021. Ce sont les données les plus récentes, en attendant celles du recensement de 2026.
Selon les calculs de Kelly Hill, il y avait 36 1000 francophones à l’extérieur du Québec qui travaillent dans 52 professions culturelles en 2021.
Un outil de négociation…
En ouverture du webinaire, l’analyste de politiques et recherche de la FCCF, Laurence Dubuc, a rappelé que les données sont le nerf de la guerre. La collaboration avec Hill Strategies a permis à la FCCF «d’accéder à des données dont nous avions vraiment besoin pour appuyer nos plaidoyers, nos actions de terrain, celles de nos membres, celles de leurs membres. On manque de données dans le milieu culturel de la francophonie canadienne et acadienne».
Nancy Juneau encourage les organismes culturels francophones à utiliser les conclusions de Hill Strategies.
Le travail de M. Hill «nous donne des armes tant à nous qu’à vous sur le terrain pour démontrer à quel point notre secteur génère, oui du bonheur, mais aussi des retombées économiques extrêmement importantes», dit Nancy Juneau.
… même s’il est imparfait
Il y a une donnée qui reste absente : le retour sur l’investissement du financement public. Ce serait un argument de plus pour convaincre les gouvernements d’investir.
«Le financement public a un impact sur ces chiffres-là. Mais il n’y a pas de ventilation du financement gouvernemental. C’est une comparaison qui est très difficile à faire à travers le pays, et comparer d’une province à l’autre. Même s’il y a des conseils des arts dans la plupart des provinces, leur mandat diffère un peu», explique Kelly Hill en réponse à une question d’un membre du public.
De plus, le PIB ne dévoile pas tout, prévient-il. Il ne mesure que l’aspect financier. Les bénéfices des arts sur la qualité de vie, la santé et l’éducation, par exemple, sont également importants, rappelle Kelly Hill.
«On sait que notre secteur n’est pas qu’un impact économique. C’est beaucoup plus que ça. Vraiment, on sous-estime l’impact que ça peut avoir de présenter ces chiffres-là», ajoute Nancy Juneau.
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