le Mercredi 8 avril 2026
le Mercredi 8 avril 2026 6:30 Politique

Nouvelle commissaire, nouvelles priorités : Kelly Burke vise les manquements à la Loi sur les langues officielles

Pourquoi faire confiance à Francopresse.
Kelly Burke est officiellement entrée au poste de commissaire aux langues officielles le 30 mars. Son prédécesseur, Raymond Théberge, a terminé son mandat le 28 janvier dernier. — Courtoisie CLO
Kelly Burke est officiellement entrée au poste de commissaire aux langues officielles le 30 mars. Son prédécesseur, Raymond Théberge, a terminé son mandat le 28 janvier dernier.
Courtoisie CLO

ENTRETIEN – Entrée en poste le 30 mars, la nouvelle commissaire aux langues officielles du Canada, Kelly Burke, veut identifier les manquements à la Loi sur les langues officielles, écouter les «besoins réels» des communautés francophones sur le terrain et assurer le suivi des règlements en cours, dont un qui ne «va pas assez loin».

Nouvelle commissaire, nouvelles priorités : Kelly Burke vise les manquements à la Loi sur les langues officielles
00:00 00:00

Francopresse : Vous êtes officiellement entrée en poste le 30 mars; comment s’est fait tout le breffage des dossiers et quelles sont, selon vous, les trois priorités sur lesquelles doit plancher le Commissariat aux langues officielles (CLO)? Votre prédécesseur indiquait que le travail immédiat était au niveau des règlements.

Kelly Burke : J’ai une équipe très bien rodée qui attendait impatiemment mon arrivée.

Une des priorités, évidemment, c’est d’assurer une meilleure conformité à la Loi sur les langues officielles, d’identifier où sont les problèmes systémiques au niveau des communications des services au public et de la langue de travail dans la fonction publique fédérale.

Dans un deuxième temps, je pense que c’est de bien comprendre les communautés et les frustrations partout au pays, que ce soit du côté anglophone au Québec ou du côté francophone partout ailleurs. Je vois l’importance d’être présente et à l’écoute sur le terrain.

Dans un troisième temps, c’est vraiment d’assurer que le cadre règlementaire est suffisamment robuste pour refléter une loi qui est robuste elle aussi.

À propos du règlement sur les sanctions administratives que vous pourrez distribuer aux entreprises de transport en cas de non-conformité à la Loi sur les langues officielles : doit-on augmenter les montants, selon vous?

Je crois que le gouvernement a évolué dans son positionnement quant au maximum qui pourrait être imposé comme sanction.

Ça va me prendre du temps supplémentaire pour bien saisir les tenants et les aboutissants du montant qui a été identifié et avec le temps, avec mon équipe, j’aurai des commentaires supplémentaires à offrir à ce niveau-là.

Votre prédécesseur suggérait d’assujettir au règlement les agents de sécurité dans les aéroports, des services frontaliers, etc. Donc selon vous, faut-il que le règlement inclue davantage de compagnies canadiennes de transport?

Selon ma lecture des choses, oui, il y a quand même un règlement qui n’a pas évolué grandement à la suite des soumissions de la part du commissariat et de plusieurs intervenants. 

À lire aussi : Sanctions liées aux langues officielles : Air Canada et le Commissariat veulent une révision

Le commissaire antérieur a pris une positio que j’appuie. Le règlement ne va pas assez loin pour comprendre des institutions qui devraient être assujetties à la Loi.

— Kelly Burke, commissaire aux langues officielles

On aimerait que ce règlement s’applique aussi aux autorités portuaires et à l’administration canadienne de la sécurité du transport aérien. On aimerait que ce règlement s’applique de façon plus étendue pour comprendre ce type d’institution.

M. Théberge avait également affirmé qu’il était préoccupé par le manque de mesures positives dans le règlement sur la Partie VII, qui porte entre autres sur l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire et la promotion des deux langues officielles. Partagez-vous cette opinion?

C’est important de souligner que les mesures positives sont codifiées dans la Loi et la Partie VII prévoit des engagements concrets de la part des institutions fédérales.

Les parlementaires s’attendent à ce que les engagements sur les mesures positives soient respectés par les institutions fédérales.

Il y a trois éléments qui s’attachent à cela : l’épanouissement des communautés, la protection et la promotion du français et l’apprentissage tout au long de la vie.

Mon prédécesseur avait mentionné que la Partie VII et les mesures positives précisément doivent évoluer pour que les institutions fédérales développent les mesures positives afin de respecter les trois éléments que je viens de mentionner.

Il y a plusieurs exemples et des rapports qui ont souligné que la fonction publique fédérale était parfois hostile au bilinguisme et aux travailleurs francophones. Le CLO a rappelé à l’ordre le Conseil du Trésor. Comment comptez-vous aborder ce problème qui semble être récurrent?

Selon moi, ce qui est essentiel au cœur de la fonction publique fédérale, c’est un leadeurship qui apprécie et reconnait l’importance du bilinguisme canadien et le choix des employés de travailler dans leur langue de choix.

J’ai pleinement l’intention de collaborer avec les institutions fédérales pour cela.

Au-delà du leadeurship, ça va prendre des ressources pour que les institutions soient suffisamment outillées pour [effectuer] une bonne surveillance des droits linguistiques et une mise en œuvre de la Loi sur les langues officielles.

— Kelly Burke, commissaire aux langues officielles

Votre prédécesseur affirmait aussi que l’immigration francophone en dehors du Québec était nécessaire pour la survie du français au Canada. Même question : partagez-vous cette opinion?

Oui, et c’est un positionnement qui est reflété dans le recensement de 2021 qui démontre que le bilinguisme canadien est demeuré stable à 18 % de la population, en grande partie attribuée à l’immigration francophone et au programme d’immersion française.

À lire aussi : Fin de mandat pour Raymond Théberge : «L’immigration va continuer à être un enjeu important»

L’immigration francophone, c’est un principal moteur de croissance des communautés de langues officielles en situation minoritaire, le facteur clé de l’équilibre linguistique au Canada.

Le gouvernement avance quand même dans une bonne direction au niveau de l’immigration, l’atteinte des cibles en fait preuve, mais il reste du chemin à faire pour établir un poids démographique au niveau souhaité.

Est-ce que vous êtes préoccupée par les suppressions de postes au sein de la fonction publique fédérale? Et selon vous, est-ce que cela pourrait avoir un impact sur les services en français?

Je reprends ce que j’ai dit, la Loi exige que la fonction publique fédérale exerce un leadeurship au niveau de la qualité du service que la fonction publique doit rendre accessible aux Canadiens et aux Canadiennes.

Je crois que le gouvernement doit investir dans la qualité de service qui va répondre aux besoins de sa clientèle canadienne et permettre aux employés également de progresser du côté de l’emploi des deux langues officielles dans la fonction publique.

Dernière question : est-ce que votre départ soudain du Commissariat aux services en français de l’Ontario, en 2023, a été un point de discussion avec le ministre Marc Miller pour déterminer votre embauche au CLO?

Je ne comprends pas la question. Mon départ de l’ancien Bureau et du poste de Commissaire aux services en français s’est fait par entente mutuelle.

Nous avons réalisé des objectifs importants, j’ai produit trois rapports annuels avec des recommandations qui ont été acceptées.

Le mandat du Commissaire aux services en français est prescrit par la Loi et exige que les services en français soient améliorés. J’ai amélioré les services en français à plusieurs égards, y compris les alertes d’urgence dans la province, les points de presse, la commission d’enquête sur la COVID-19 et d’autres.

Le tout pour vous signaler que cela a été une bonne base qui m’a permis de bien me positionner pour ce poste de commissaire aux langues officielles.

Type: Actualités

Actualités: Contenu fondé sur des faits, soit observés et vérifiés de première main par le ou la journaliste, soit rapportés et vérifiés par des sources bien informées.

Déclaration sur les sources et la méthode:

Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de clarté.

Renvois et références:

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par une journaliste. Un outil d’intelligence artificielle a servi à la transcription des entrevues. La journaliste a révisé l’exactitude des extraits utilisés.

Données de parution:

Ottawa

Inès Lombardo

Francophonie canadienne

Adresse électronique: