FRANCOPHONIE
- Des ambassades canadiennes rappelées à l’ordre sur l’anglais
Des ambassades et consulats du Canada publient du contenu uniquement en anglais sur Instagram, malgré un rappel du Commissariat aux langues officielles, a rapporté le quotidien Le Devoir cette semaine. Plusieurs plaintes ont été déposées contre Affaires mondiales Canada, accusé de ne pas respecter ses obligations bilingues.
Bien que le ministère ait reconnu le problème en 2023 et promis des correctifs, des vérifications menées en 2025 puis en 2026 montrent que les lacunes persistent : des publications ne sont toujours pas traduites et le contenu demeure majoritairement en anglais.
Dans un sommaire de rapport d’enquête, le Commissariat exige des formations et de meilleurs outils pour assurer le respect du français et de l’anglais sur les réseaux sociaux.
CANADA
- Loi sur les mesures d’urgence : Ottawa fait appel en Cour suprême
Le gouvernement fédéral a décidé mercredi de demander à la Cour suprême de se prononcer sur les décisions concernant l’utilisation de la Loi sur les mesures d’urgence pour mettre fin aux manifestations du convoi de la liberté en 2022.
Recours à la Loi jugé infondé : La Cour fédérale avait conclu en janvier 2026 que les conditions justifiant le recours à cette loi n’étaient pas réunies, estimant qu’il n’y avait pas de menace réelle à la sécurité nationale ni d’état d’urgence. De plus, certaines mesures prises portaient atteinte aux droits protégés par la Charte canadienne des droits et libertés.
Deux cours ont déjà jugé que l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence par le gouvernement fédéral était illégale, mais Ottawa demande tout de même au plus haut tribunal du pays de conclure autrement. Si la Cour suprême du Canada décide d’entendre cette affaire, nous défendrons fièrement notre victoire historique pour l’État de droit et les libertés civiles.
- Pierre Poilievre : plan automobile et opération séduction aux États-Unis
Pierre Poilievre a dévoilé son plan pour l’industrie automobile canadienne dimanche, à Windsor, en Ontario. Il désire éliminer les droits de douane imposés par les États-Unis et propose que pour chaque véhicule produit au Canada, le constructeur puisse en vendre un autre au pays sans tarif s’il est fabriqué aux États-Unis ou au Mexique.
Le chef conservateur souhaite aussi harmoniser les normes environnementales et les politiques commerciales avec celles des États-Unis afin de faciliter les échanges et améliorer le pouvoir de négociation du Canada.
2 millions de véhicules par an : Le plan inclut également des mesures pour stimuler la production nationale à deux millions de véhicules par an, ainsi que des incitatifs comme l’abolition de la Taxe sur les produits et services (TPS) sur les voitures fabriquées au Canada. En échange, il propose de mettre fin aux subventions pour les véhicules électriques et de restreindre certains produits liés à la Chine ou à la Russie.
Énergie : La veille, le chef de l’opposition officielle a commencé sa visite aux États-Unis à Détroit pour faire valoir le potentiel énergétique du Canada et plaider pour la fin des tarifs.
Le Canada a les ressources naturelles et l'énergie dont le monde a besoin.
— Pierre Poilievre (@PierrePoilievre) March 14, 2026
À Détroit, j'ai discuté du potentiel énergétique du Canada et des liens commerciaux sans tarifs entre le 🇨🇦 et les 🇺🇸 avec Daniel Ujczo, avocat général adjoint de l'équipe américaine de @cenovus Energy.… pic.twitter.com/B4zS4I0Rd7
Il a affirmé avoir écrit au premier ministre Mark Carney pour que le Canada se dote d’une réserve canadienne pour l’énergie et les minéraux critiques.
Participation controversée : Jeudi, Pierre Poilievre a également participé au balado du controversé Joe Rogan, The Joe Rogan Experience, connu pour ses liens avec la manosphère et ouvrir son micro à des promoteurs de théories du complot ou de théories non fondées.
Il reçoit également des scientifiques et des politiciens de tous les partis. L’entourage de Pierre Poilievre a fait valoir la participation à ce balado comme une façon de toucher un large auditoire plutôt qu’un soutien direct à l’hôte du podcast.
Marc Miller a affirmé que la Loi sur le droit d’auteur protégeait toujours les contenus contre l’IA, mais qu’un débat devait être ouvert sur la question.
- Débat sur l’utilisation des contenus journalistiques canadiens par l’IA
Le Centre d’étude des médias a démontré dans un rapport (en anglais) que les outils d’intelligence artificielle (IA) s’appuient largement sur le journalisme canadien sans en citer adéquatement les sources ni compenser les médias.
L’étude révèle que ces systèmes exploitent les contenus journalistiques à plusieurs niveaux, depuis l’entrainement jusqu’à la production de réponses qui réduisent l’incitation du public à consulter les sources originales, contribuant ainsi à fragiliser davantage le modèle économique des médias.
Contrairement aux réseaux sociaux, qui détournaient surtout les revenus publicitaires, l’IA tend à intégrer directement l’information et à la redistribuer comme un produit autonome.
Plusieurs grands médias canadiens ont intenté une poursuite contre OpenAI pour utilisation non autorisée de leurs contenus.
Besoin d’un débat : Le ministre de l’Identité et de la Culture canadiennes et ministre responsable des Langues officielles, Marc Miller, a estimé cette semaine qu’il est urgent d’ouvrir un débat sur l’utilisation des contenus journalistiques par les systèmes d’IA.
Le ministre a souligné que la réutilisation massive des nouvelles dénature leur objectif initial et pose des enjeux de responsabilité pour les entreprises technologiques.
Pas de mesure législative pour l’instant : Marc Miller a aussi précisé qu’il ne souhaitait pas élargir la portée de la Loi sur les nouvelles en ligne, mais qu’il fallait que ces entreprises respectent des principes de conduite équitables, notamment en matière de rémunération.
Le ministre a notamment maintenu que la législation actuelle sur le droit d’auteur doit continuer à protéger les créateurs, tout en laissant la porte ouverte à d’éventuelles réformes.
INTERNATIONAL
- L’appui du Canada en Iran, sans implication directe
Le Canada cherche à appuyer ses alliés au Moyen-Orient sans s’engager directement dans le conflit entre Israël, les États-Unis et l’Iran. C’est ce qu’a indiqué la ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, cette semaine en conférence de presse depuis la Turquie.
Le gouvernement exclut toute participation militaire, y compris dans des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz, utilisé par l’Iran pour bloquer la circulation du pétrole mondial, notamment en provenance des pays du Golfe.
La ministre Anand a aussi affirmé que le Canada ne prendra pas part aux opérations offensives, mais qu’il étudie des options pour aider des partenaires, comme les pays du Golfe Persique.
Elle a toutefois fait valoir que le Canada respecterait ses engagements envers l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), notamment en cas d’activation du principe de défense collective.
En fin de journée jeudi, le Canada a joint sa voix à celles de l’Allemagne, la France, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni pour demander à l’Iran de «cesser immédiatement» ses opérations contre la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz. Dans un communiqué, le Canada se dit «prêts à contribuer aux efforts appropriés pour garantir la sécurité de la navigation dans le détroit».
