En donnant un aperçu du fonctionnement de la vie politique fédérale lorsque le Parlement siège, cette simulation réservée aux jeunes francophones qui s’inscrivent auprès de la FJCF a éveillé des prises de conscience ou les a ravivés, comme celle de vouloir être plus «vu» par les politiciens et politiciennes au niveau fédéral.
Issus de toutes les provinces et territoires du Canada, 72 francophones de 14 à 25 ans se sont retrouvés à Ottawa pour siéger lors d’une simulation de Parlement.
Les participants ont occupé tous les rôles qui font fonctionner le Parlement : ministres, députés de l’opposition officielle, journalistes, pages : tous les rôles ont été joués avec un but : mieux connaitre la vie politique canadienne courante.
Trois jeunes ont accepté de répondre aux questions de Francopresse. Les trois ont déjà à leur actif entre deux et treize simulations de Parlement jeunesse, dans leur province ou au niveau national.
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«Maintenant, il faut juste qu’on nous écoute»
Ce que Sofia Lemay, porte-parole de l’Économie dans l’Opposition et originaire de Vancouver, a préféré, c’était «l’aspect théâtral de donner un discours», indique-t-elle, à Francopresse.
Mais la jeune étudiante en littérature a pris conscience d’une autre chose : «Personnellement, j’aimerais me sentir plus vue et écoutée par les politiciens autour de moi. J’ai l’impression que beaucoup d’attention est accordée à de grosses corporations, ou encore à des électeurs dans des grandes villes et correspondant à des profils spécifiques. Si le Parlement jeunesse m’a enseigné quelque chose, c’est que les jeunes ont le désir et la capacité de s’impliquer en politique. Maintenant, il faut juste qu’on nous écoute.»
Sans aller jusqu’à vouloir travailler en politique, l’étudiante en littérature, qui souhaite enseigner plus tard au secondaire, affirme ressortir de la simulation avec une envie de s’impliquer. «Par exemple, en faisant du lobbying ou en [intégrant] des groupes qui militent pour les droits des jeunes ainsi que pour d’autres enjeux», en référence notamment à la FJCF.
Sofia Lemay espère voir davantage de projets de loi qui défendent l’environnement et les droits de la personne.
«Plusieurs enjeux requièrent de la collaboration entre partis politiques et à l’international. J’aimerais que cela soit un point focal.»
Les sénatrices Bernadette Clément et Suze Youance ont raconté leurs parcours respectifs avant d’être nommées au Sénat.
La sénatrice du Québec et ingénieure de formation, Suze Youance, a participé à un panel avec les jeunes lors du Parlement jeunesse. Celle-ci y a décelé «un processus de questionnement» de la part des jeunes, «qui ont aussi leurs points de vue très arrêtés».
Avec cela en tête, «ils se demandent donc quels sont les dossiers qu’ils veulent faire avancer, comment ils peuvent exprimer leurs objectifs, comment ils peuvent s’impliquer en politique».
«Ils ont un sac à dos et puis ils veulent savoir où passer pour porter ce qu’ils ont dans leurs sacs à dos», résume la sénatrice.
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«Plus de collaboration aiderait pas mal mieux»
De son côté, Alexandre Veilleux, originaire de Moncton, était le chef du «tiers parti», l’équivalent du Bloc québécois. Il a particulièrement apprécié la collaboration entre les personnes participantes, quel que soit le parti politique auquel ils appartenaient pendant la simulation.
«La situation politique actuelle serait pas mal mieux si elle permettait de collaborer autant que nous on s’est permis de collaborer dans nos simulations parlementaires», a-t-il fait valoir.
«Moi, je sortirais la bonne vieille méthode acadienne : l’union fait la force», ajoute Alexandre Veilleux, avec humour.
«Je me considère chanceux d’être au Canada, nuance-t-il, en comparaison à nos voisins du Sud. On a quand même des politiciens qui font attention. On est encore dans un mindset où on peut y arriver ensemble. Mon inquiétude, c’est qu’un jour, on arrête ce mindset», précise-t-il.
Connexions francophones
Sa collègue de l’autre bord de la Chambre, Céleste Beaupré, une Franco-Albertaine qui en était à son 13e et dernier Parlement jeunesse entre sa province et le fédéral, raconte que cette session était unique, surtout pour la participation qu’elle a affichée.
«Je n’ai jamais participé à un parlement jeunesse dont la majorité des participants était là pour la première fois, mais j’ai été impressionné par leur intérêt, leur passion et de leur participation à la simulation», souligne celle qui était ministre au sein du gouvernement dans la simulation.
Céleste Beaupré précise que la préparation des participants quant à l’analyse des projets des lois ainsi que les lignes de partis a surtout permis d’avoir «un bon déroulement des débats».
«Ce niveau de participation était une première et je suis très confiante pour l’avenir des parlements jeunesse», dit-elle.
Céleste Beaupré en est à son 13 et dernier Parlement jeunesse.
Sa longue expérience dans les parlements jeunesse ne l’a pas poussée vers les sciences politiques, mais plutôt en finance et la fonction publique. Céleste Beaupré travaille maintenant au sien du ministère de Patrimoine canadien.
Elle assure que les divers parlements jeunesse auxquels elle a participé et les «connexions» qu’elle a créées au sein de la francophonie canadienne «ont joué un grand rôle pour que j’y sois».
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