Le 22 janvier, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté canadienne (IRCC), Marc Miller, avait annoncé que le gouvernement fédéral instaurerait un plafond temporaire de deux ans pour le nombre d’étudiants provenant de l’étranger à partir de septembre 2024.
Cependant, cette annonce avait largement été critiquée par les établissements francophones hors Québec.
Le lundi 8 avril, Martin Normand, directeur de la recherche stratégique et des relations internationales à l’ACUFC, a réitéré les inquiétudes de ses membres et de son organisme devant le Comité sénatorial permanent des langues officielles.
«Nous alléguons qu’IRCC a erré dans le développement du plafond en négligeant de prendre en considération les nouveaux engagements qui incombent aux institutions fédérales en vertu de la version modernisée de la Loi sur les langues officielles», a-t-il déclaré.
Il a profité de cette tribune pour annoncer que le dépôt de la plainte a été complété le jour même.
Martin Normand soutient que le ministre d’IRCC a manqué à son devoir en annonçant un plafonnement des permis d’études qui ne prend pas en considération la réalité des universités et collèges francophones du Canada.
Le plafond à l’encontre de la Loi sur les langues officielles
«Pour nous, le plafond, tel qu’il a été annoncé le 22 janvier, ne respecte pas la Loi sur langues officielles», insiste Martin Normand en entrevue avec Francopresse.
«En vertu de la nouvelle loi, on se serait attendu à ce que, en même temps que le plafond soit annoncé, il y ait des mesures positives qui limitent les impacts négatifs du plafond sur nos membres.»
Selon lui, IRCC a mal évalué les contrecoups d’un plafond sur les établissements de la francophonie canadienne.
«Dans la conception même du plafond, il y a aussi des violations à l’égalité réelle, poursuit Martin Normand. Parce que le plafond a été conçu d’une façon à ce que ça colle à la réalité nationale d’émissions des permis d’études, alors que la réalité des établissements francophones est bien différente de la moyenne nationale.»
Dans sa plainte, l’ACUFC allègue que le plafond du nombre de permis d’études est en contradiction avec la Loi sur les langues officielles. Celle-ci stipule que la politique du ministre d’IRCC doit «reconnaitre l’importance de l’immigration francophone pour le développement économique».
Des mesures qui se font attendre
Selon Martin Normand, IRCC avait soutenu que des mesures allaient être annoncées pour limiter des conséquences négatives sur la prochaine année scolaire au sein des universités et des collèges francophones à l’extérieur du Québec.
«On est rendu le 9 avril et on n’a rien vu, se désole-t-il. [Il est donc] de moins en moins probable qu’une mesure ait un impact sur septembre 2024.»
Le ministre d’IRCC, Marc Miller, dit reconnaitre l’importance du rôle que joue son ministère dans la Loi sur les langues officielles.
«Même si demain matin, un projet pilote était annoncé pour que nos établissements aient accès à plus de permis, […] ça prend 13 semaines à être traité. Donc les permis supplémentaires qui pourraient être accordés à nos établissements début mai, fin mai, ne seront vraisemblablement pas traités à temps pour septembre 2024», suggère Martin Normand.
Des provinces priorisent les étudiants étrangers francophones
Plusieurs provinces, comme l’Ontario, ont aménagé leur plafond de façon à prioriser les établissements francophones.
Cette nouvelle réjouit Martin Normand. Toutefois, il juge qu’il est insuffisant de «compter sur la bonne foi des provinces pour assurer une répartition équitable des permis d’études, alors que c’est le gouvernement fédéral qui a une responsabilité à l’égard de l’épanouissement des communautés [francophones]».
De son côté, Marc Miller dit reconnaitre l’importance du rôle que joue son ministère dans la Loi sur les langues officielles.
Cependant, il croit «qu’il faut avoir un système qui accueille [les nouveaux arrivants] dans un contexte français de qualité, puis d’avoir des étudiants de qualité qui peuvent par la suite devenir des résidents permanents, surtout dans les communautés en dehors du Québec». «On se doit au fédéral d’exercer un rôle plus actif», a lancé le ministre en mêlée de presse, le mardi 9 avril.
Le Commissariat aux langues officielles analyse la plainte afin de déterminer sa recevabilité.
Le Jour de la Terre nous invite chaque année à réfléchir à notre rapport à la planète, aux crises environnementales que nous affrontons et aux actions nécessaires pour y remédier. Cependant, une analyse profonde de ces crises révèle qu’elles ne sont pas seulement écologiques, mais aussi profondément enracinées dans les structures sociales et de genre.
Les données sont claires : les femmes et les minorités de genre – surtout celles appartenant à des groupes marginalisés comme les femmes autochtones, racisées, porteuses d’un handicap – vivent de manière disproportionnée les impacts des crises environnementales. Ces groupes sont les plus affectés par les répercussions socioéconomiques, culturelles et sanitaires des désastres écologiques.
La précarité économique, accentuée par un système patriarcal et capitaliste, rend ces populations plus vulnérables aux effets des changements climatiques, tels que les catastrophes naturelles, l’insécurité alimentaire et les migrations forcées dues à des raisons climatiques.
Cela s’explique notamment par la présence disproportionnée des femmes dans les groupes les plus pauvres de la population. Comme le soulignent les Nations unies, sur 1,3 milliard de personnes vivant dans des conditions de pauvreté dans le monde, 70 % sont des femmes.
Dans les zones urbaines, près de 40 % des foyers les plus démunis sont dirigés par une femme.
Bien que les femmes soient essentielles à la production alimentaire mondiale et qu’elles représentent entre 50 % et 80 % de la force de travail de ce secteur, elles possèdent moins de 10 % des terres agricoles.
Ces inégalités les exposent à des risques accrus et limitent leur capacité à répondre efficacement aux défis posés par les changements climatiques.
Françoise d’Eaubonne, écrivaine, pionnière de l’écoféminisme.
En se voyant refuser un accès égal aux ressources, telles que la terre et l’eau, ainsi qu’à la prise de décisions et à l’éducation, les femmes se trouvent dans une position où elles peuvent moins facilement se protéger et protéger leur famille contre les conséquences des phénomènes climatiques extrêmes.
Dans de nombreuses régions d’Afrique subsaharienne, par exemple, les femmes sont majoritairement responsables de l’agriculture de subsistance.
Les effets des changements climatiques, tels que les sècheresses prolongées ou les pluies irrégulières, compromettent directement leur capacité à nourrir leur famille, renforçant l’insécurité alimentaire. De plus, la raréfaction des ressources entraine des migrations forcées, plaçant les femmes dans des situations de grande vulnérabilité.
Plus près de nous, citons le cas des communautés autochtones du Canada, où les femmes sont tout particulièrement affectées par l’exploitation intensive des ressources naturelles.
Les projets d’extraction minière et pétrolière menacent non seulement leur environnement, mais aussi leur sécurité, avec une augmentation des cas de violence envers les femmes dans les zones d’exploitation. Ce phénomène est exacerbé par l’isolement des communautés et le manque d’accès à des services de soutien.
Pensons également aux catastrophes comme les ouragans Katrina et Harvey, qui ont mis au jour des disparités flagrantes aux États-Unis. Les femmes, en particulier celles de communautés racisées et à faible revenu, ont subi des pertes disproportionnées en termes de logement, d’emploi et d’accès aux soins.
L’écoféminisme offre une perspective critique et enrichissante pour comprendre ces enjeux et agir.
Ce mouvement, qui lie étroitement la lutte pour la justice climatique à celle pour l’égalité des genres, postule que les racines du patriarcat et celles des crises environnementales sont intimement liées.
Cette perspective permet de comprendre comment l’oppression systémique des femmes, celle des minorités de genre et celle de la nature sont interconnectées à travers les dynamiques du pouvoir capitaliste et patriarcal.
Cette analyse révèle également comment la gestion actuelle des ressources et des crises environnementales néglige les spécificités de genre, aggravant ainsi les inégalités existantes.
Les catastrophes climatiques exacerbent non seulement les vulnérabilités économiques et sociales, mais renforcent également les stéréotypes de genre et la division sexuelle du travail, confinant davantage les femmes à des rôles de soignantes, souvent non rémunérées et sous-évaluées.
Face à ce constat, il est impératif d’intégrer une analyse de genre intersectionnelle dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques environnementales.
Cela signifie non seulement de reconnaitre les impacts différenciés des crises climatiques sur les genres, mais aussi de valoriser les savoirs et les compétences spécifiques des femmes et des minorités de genre dans la lutte contre le changement climatique.
Comme nous le rappelle Françoise d’Eaubonne, pionnière de l’écoféminisme dans les années 1970, l’urgence d’une prise de conscience féministe est cruciale pour sauvegarder l’avenir de notre planète. Sa formule percutante, «le féminisme ou la mort», est plus que jamais d’actualité.
Originaire de Belgique, Julie Gillet est titulaire d’une maitrise en journalisme. Militante éprise de justice sociale, voici près de quinze ans qu’elle travaille dans le secteur communautaire francophone et s’intéresse aux questions d’égalité entre les genres. Elle tire la force de son engagement dans la convergence des luttes féministes, environnementales et antiracistes. Elle vit aujourd’hui à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Mario Beaulieu siège au Comité permanent des langues officielles, où il a défendu les intérêts du Québec francophone lors des débats pour la modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO), qui s’est terminée en juin 2023.
Le projet de loi C-13, qui venait moderniser cette loi, a exposé à quelques reprises les tensions qui existent entre anglophones du Québec, francophones du Québec et francophones à l’extérieur du Québec.
Si le député de La Pointe-de-l’Île reconnait des gains pour tous les francophones dans la nouvelle loi, il croit que la LLO continue de mettre en opposition les intérêts du Québec et ceux des communautés francophones et acadiennes pour certaines causes.
Francopresse : Lors du processus d’adoption de C-13, vous n’étiez pas toujours en accord avec les députés francophones hors Québec. Pourquoi ne voyez-vous pas toujours les choses du même œil?
Mario Beaulieu : La Loi sur les langues officielles nous met en opposition, parce qu’elle considère les anglophones du Québec comme étant l’équivalent des communautés francophones et acadiennes.
Au Québec, on a les mêmes intérêts que les communautés francophones et acadiennes, mais la LLO fait que l’appui fédéral va du côté anglophone automatiquement. Donc, quand on la modifie pour les francophones hors Québec, on la modifie aussi pour les anglophones du Québec.
Quand les francophones hors Québec, par exemple, vont dans les tribunaux pour modifier les critères d’accès aux écoles françaises, à cause de l’approche symétrique qui fait équivaloir ces francophones aux anglophones du Québec, [ces derniers] vont demander les mêmes assouplissements. Donc, le Québec va être obligé d’aller dans les tribunaux contre ces changements-là parce que ça s’applique au Québec.
Le conflit n’est pas entre les communautés francophones et acadiennes et le Québec français. Le conflit est entre le Québec français et le gouvernement canadien, qui utilise les communautés francophones et acadiennes pour justifier de financer l’anglicisation du Québec.
Mario Beaulieu a présenté une étude en novembre 2023 sur le financement fédéral de l’anglais au Québec. De manière générale, l’étude suggère que le financement octroyé dans le cadre de la LLO au Québec revient en majeure partie aux anglophones. Le député estime que c’est une injustice pour le Québec, où le français est en déclin.
Le gouvernement a introduit le principe d’asymétrie dans la nouvelle LLO, alors pourquoi maintenez-vous ne pas pouvoir aider les francophones hors Québec sans aider les anglophones du Québec?
Ils ont dit une chose et son contraire, parce qu’ils ont maintenu aussi le principe de communautés de langues officielles en milieu minoritaire. Ils ont maintenu le principe d’appuyer les anglophones du Québec.
Comme a dit Éric Poirier dans son livre Le piège des langues officielles, finalement, on a mis quelques éléments d’asymétrie dans une structure symétrique. Et puis tout dépend de la volonté politique. Si ça avait été un gouvernement canadien avec une volonté politique de défendre le français au Québec et même hors Québec, ça pourrait être des leviers utiles.
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Ce qu’on pousse, c’est une approche asymétrique, justement pour défaire cette symétrie-là entre les anglophones du Québec et les francophones hors Québec. Un des gains qu’on a eus, c’est d’avoir écrit que les besoins des communautés anglophones du Québec ne sont pas les mêmes que les francophones hors Québec. Il y a ainsi un autre endroit où ils reconnaissent le déclin et la responsabilité de défendre le français dans chaque province, donc au Québec aussi.
Que faut-il changer pour que la défense des intérêts des francophones hors Québec et des Québécois francophones ne soit pas conflictuelle?
Plus on va réussir à avoir un modèle asymétrique – à ce moment-là, on pourra vraiment être en alliance avec eux –, plus on aura une force de frappe. Idéalement, je pense qu’un Québec indépendant pourrait beaucoup plus les aider qu’un Québec soumis à un gouvernement canadien comme c’est le cas actuellement.
C’est un appui inconditionnel parce qu’ils ne peuvent pas nous aider [en retour]. On appuie leurs revendications pour l’extérieur du Québec, mais pour l’intérieur du Québec, on est indépendant, on a nos propres revendications.
Il faut essayer de faire des rencontres de façon plus ou moins formelle, puis essayer de s’entendre sur des façons de s’entraider, mais en évitant de se nuire mutuellement.
Ensuite, la grosse différence, c’est que le gouvernement du Québec surfinance traditionnellement les établissements anglophones. […] Alors le financement fédéral devient un financement privilégié pour les anglophones : on donne un financement de plus aux anglophones qui ont déjà accès au financement [provincial]. Alors qu’à l’extérieur du Québec, les gouvernements provinciaux sous-financent systématiquement les établissements francophones. Le financement fédéral vient suppléer un peu à ça, il vient faire contrepoids.
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Qui représente les francophones en situation minoritaire au fédéral en ce moment?
Les organismes qui défendent les francophones hors Québec sont dans une situation extrêmement difficile, parce qu’ils sont financés par le fédéral. […] Il y a peut-être d’autres organismes qui ne sont pas financés par le gouvernement fédéral. Il y a des individus qui ont des revendications qui diffèrent un peu des organismes officiels.
Il y a des députés franco-ontariens ou acadiens, mais ils sont toujours minoritaires dans leur caucus de députés pancanadiens. Donc, souvent, je pense qu’ils ne peuvent rien dire.
Les francophones hors Québec, ils essaient de compter sur des députés, mais des députés qui sont muselés par la ligne de parti et des organismes qui sont financés aussi par le gouvernement fédéral. Leur situation n’est pas facile.
Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de clarté.
Les réservoirs d’eau ne manquent pas au Canada, les kilomètres de côte non plus. Mais si les éoliennes sont bien implantées sur terre, elles sont encore absentes sur mer, contrairement à d’autres régions de la planète.
Pourtant, la portion canadienne de l’Atlantique possède l’un des meilleurs potentiels éoliens extracôtiers au monde, selon un récent rapport de l’institut de recherche Nergica, de Gaspé, au Québec.
Et c’est sans compter la façade pacifique du pays ainsi que les Grands Lacs, qui présentent aussi tous deux un énorme potentiel pour la production d’électricité à partir de l’énergie du vent.
«La ressource énergétique, elle est là, elle est très forte, elle est très bonne», confirme Denis Lapalme, analyste expert, recherche et innovation à Nergica.
Une énergie renouvelable
Installées au large des côtes, les éoliennes en mer se divisent en deux catégories : les éoliennes fixes, qui sont installées sur une fondation arrimée au plateau continental, et les éoliennes flottantes, qui sont construites sur des flotteurs reliés au sous-sol marin par des ancrages.
«Le gros avantage d’être en mer c’est qu’il n’y a pas de relief, donc ça donne des vents qui sont plus forts et plus constants, ce qui nous permet d’aller chercher un meilleur potentiel éolien et une énergie qui est aussi plus stable dans le temps», explique Denis Lapalme, analyste à l’institut de recherche Nergica.
Selon l’étude de Nergica, l’éolien extracôtier constitue aussi un «avantage indéniable» pour aider le Canada à atteindre la carboneutralité d’ici 2050 et répondre aux besoins énergétiques conséquents du pays.
Mais alors, comment expliquer que le Canada n’exploite actuellement aucun parc éolien extracôtier?
Potentiel technique de l’éolien en mer au Canada.
Nouvelle règlementation
Des projets ont déjà vu le jour, mais aucun n’a abouti. Notamment «parce qu’il n’existait pas de règlementation spécifique», analyse Ryan Kilpatrick, ingénieur chez CanmetÉNERGIE à Ottawa, un centre de recherche de Ressources naturelles Canada.
«Et aussi parce que les provinces n’étaient pas en mesure d’accepter l’énergie générée par ces projets extracôtiers. Mais la situation commence à changer», assure-t-il.
Le gouvernement fédéral collabore actuellement avec la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador pour établir un régime de règlementation qui encadrera le développement de l’énergie renouvelable en mer.
«Cela permettra au Canada atlantique d’accéder à un marché mondial de l’énergie éolienne en mer estimé à 1000 milliards de dollars», avance Ressources Naturelles Canada dans un courriel envoyé à Francopresse.
Un premier parc éolien extracôtier devrait voir le jour au large de la Nouvelle-Écosse.
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Pour Denis Lapalme, l’éolien en mer permettrait au Canada de diversifier ses sources d’énergie et de ne pas juste se reposer sur une seule technologie ou une seule situation géographique.
Défis techniques
En attendant, les projets éoliens extracôtiers se font attendre au pays.
«Au Québec et en Colombie-Britannique, il y a déjà beaucoup d’énergies renouvelables, donc il n’y a pas nécessairement besoin de faire une transition immédiate», remarque Denis Lapalme.
L’expert avise aussi que l’énergie éolienne est relativement récente et qu’elle s’accompagne d’obstacles physiques non négligeables. Le Québec, l’Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve-et-Labrador comprennent par exemple beaucoup de mers givrantes, «ce qui complexifie» l’exploitation d’éoliennes, souligne-t-il.
Autre défi : la profondeur de la mer. À l’Ouest, par exemple, «on se retrouve très rapidement à 2000 m de profondeur», détaille Denis Lapalme. Or, une éolienne s’installe généralement jusqu’à 200 m de profondeur.
Dans les Grands Lacs, la contrainte est davantage logistique : comment transporter le matériel d’une écluse à l’autre le long de la voie maritime? De plus, le vent y est «légèrement moins bon», ajoute l’analyste.
Une énergie d’avenir?
Dans un rapport (en anglais seulement) publié en 2019, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) affirme que l’éolien extracôtier va connaitre un essor impressionnant dans les décennies à venir. Déjà, entre 2010 et 2018, le marché mondial de l’éolien sur mer a connu une croissance de près de 30 % par an. Pourtant, les pays sont loin d’exploiter tout le potentiel de l’éolien.
L’éolien extracôtier pourrait générer plus de 420 000 térawattheures par an dans le monde, soit «plus de 18 fois la demande mondiale d’électricité actuelle», avance l’AIE.
La capacité des parcs éoliens en mer pourrait être multipliée par 15 d’ici 2040.
Une expertise déjà présente
Malgré ses atouts, l’éolien extracôtier demeure une énergie «dont le cout est nettement plus élevé que celui de l’éolien terrestre et du solaire», justifie le ministère de l’Énergie, des Mines et de l’Innovation en matière de faibles émissions de carbone de la Colombie-Britannique par courriel.
Cependant, grâce à la maturation des chaines d’approvisionnement, les couts sont en voie de diminuer, affirme Ryan Kilpatrick.
Les parcs éoliens extracôtiers sont généralement trois à quatre fois plus grands que leurs homologues terrestres, observe Ryan Kilpatrick.
«La construction et l’exploitation d’éoliennes en mer peuvent avoir des incidences sur l’environnement, notamment sur la vie marine, les oiseaux migrateurs et la navigation», ajoute le ministère britannocolombien.
«Dans la majorité des projets qui ont été menés dans le monde, les premiers groupes à avoir des inquiétudes, ce sont les pêcheurs. Quand vous avez des éoliennes, vous êtes obligés de fermer une zone de mer et la circulation entre ces éoliennes […] Donc ça ferme des zones de pêche», prévient Denis Lapalme.
Mais selon lui, l’installation d’éoliennes en mer peut aussi s’avérer bénéfique pour les écosystèmes locaux : «Cela peut créer une espèce de relief artificiel où différentes espèces peuvent venir habiter la fondation.»
Le Canada bénéficie déjà d’une expertise industrielle en la matière, souligne Denis Lapalme. «L’expérience en offshore, elle est là. On peut bénéficier des leçons apprises de l’énergie fossile extracôtière, des plateformes pétrolières et gazières, et essayer de ramener ces connaissances-là vers les éoliennes extracôtières.»
«Il y a beaucoup de personnel déjà formé, du personnel compétent qui a peut-être besoin juste de formation supplémentaire pour changer un peu de branche, mais on ne part pas nécessairement de zéro», poursuit-il.
En matière de vents, la façade atlantique du Canada est comparable à «ce qu’on trouve en mer du Nord, la région la plus développée en éolien extracôtier présentement», commente Denis Lapalme.
Établir des limites
Si de grands parcs peuvent produire «beaucoup d’énergie», il faut aussi en établir les limites, prévient l’expert.
«Il faut laisser la place aux pêcheurs pour qu’ils continuent leur activité économique, il faut laisser la place aux espèces animales et avoir des zones protégées», argumente Denis Lapalme.
Certains projets peuvent aussi s’accompagner d’une opposition des populations locales. C’est pourquoi il est essentiel de «répondre aux préoccupations et de garantir une participation significative des communautés locales», rappelle Ryan Kilpatrick.
L’éolien extracôtier doit être développé, mais de manière responsable, insiste-t-il, «avec la collaboration entre les différents niveaux de gouvernement et les communautés, les groupes autochtones qui pourraient être impactés».
Une plume impressionnante
Née dans une famille de musiciens, Flora Luna a voulu ouvrir ses ailes et prendre sa place. Elle nous a présenté à la fin mars un premier EP, dont elle signe les paroles et les musiques. L’artiste collabore aussi avec Anique Granger et Éric Burke. Avec L’autre bord du mur, la jeune Franco-Manitobaine nous invite dans son univers.
Pochette de l’album L’autre bord du mur
Ce qui nous captive dès les premiers instants, c’est sa voix puissante. Tout au long de l’EP, Flora Luna nous interpelle sur des thèmes profonds, comme la maladie mentale, l’exploitation de l’image et la persévérance. La force des mots est gage d’une auteure riche d’une grande sensibilité.
La musicienne n’est pas en reste. L’album dévoile six pièces aux arrangements puissants. De Mon sort à I’m Gonna let You in, l’unique pièce anglophone, elle séduit par d’excellentes trames de piano et de guitare, signes d’une grande compositrice.
Je termine en mentionnant le texte de La femme du politicien, un hommage puissant et touchant à ces femmes qui sont dans l’univers de la politique par alliance et non par choix.
L’autre bord du mur est une carte de visite impressionnante, qui met en valeur tout le talent de la Franco-Manitobaine. Sa voix exceptionnelle livre de superbes textes qui nous touchent les uns après les autres.
Le retour d’un grand Franco-Ontarien
L’un des meilleurs auteurs-compositeurs franco-ontariens de sa génération, Serge Monette, revient à ses sources et offre un 5e opus à saveur country-folk, avec une voix solide comme le roc.
Pochette de l’album Le diable dans le corps.
Avec une plume empreinte de vérité, Monette nous interpelle sur l’amour, la solitude, le Nord et ses illusions. Tout au long de cet album, il raconte un peu l’histoire de sa famille et comment le Nord de l’Ontario a joué un rôle important au sein de celle-ci.
La richesse de sa plume repose sur d’excellentes trames country et folk aux arrangements solides. Pièce après pièce, nous sommes entrainés à travers des mélodies remplies de nostalgie.
L’une des chansons les plus accrocheuses est celle qui ouvre l’album. Crache ton sang est aussi un excellent texte sur la fierté franco-ontarienne. La pièce-titre, Le diable dans le corps, est un savoureux ver d’oreille qui nous emporte dès les premiers accords, alors que Noyé dans ta bière est une preuve indéniable du grand talent de mélodiste de Monette.
Après cinq ans d’absence, Monette, l’une des voix les plus riches de la francophonie, offre des mélodies plus accrocheuses les unes que les autres.
Souvenir de l’authenticité de Radio Batata
Mehdi Cayenne, un artiste original s’il en est un, proposait son 4e opus en 2019. Radio Batata, un album au son unique et captivant, nous invite dans un monde de rythmes très bien orchestrés. Si vous l’avez manqué, ça vaut la peine de le dénicher pour l’écouter.
Pochette de l’album Radio Batata.
Des guitares parfois lourdes, parfois planantes, mais toujours justes, des synthétiseurs et des percussions bien fignolés accompagnent des textes puissants.
De Fulton à Croque-pomme, Mehdi Cayenne offre le fruit d’une plume qui nous interpelle sur le vrai, le faux, le désir et l’envie, sur l’essentiel versus le superflu. Avec une prosodie qui lui est propre, il réussit à nous faire ressentir une urgence ou un besoin, tout en peignant des images extrêmement puissantes.
Radio Batata, c’est aussi l’art des nuances musicales. Medhi Cayenne s’amuse à nous offrir un funk aux multiples couleurs, passant avec dextérité du punk au dance, du soul à la pop, du rock au quasi-métal. Grâce au talent de l’artiste, nous découvrons une palette de sonorité des plus captivantes.
Les succès de cet album sont entre autres Molly, avec son rythme enivrant et son riff accrocheur, et Dieu est à temps partiel depuis qu’on l’a remplacé(e) par une machine qui, malgré son long titre, s’avère être un petit groove fort intéressant. Sasseville et Bibo sont aussi des dances pop puissants et irrésistibles.
Marc Lalonde, dit Lalonde des ondes, est chroniqueur musical depuis plus de 25 ans au sein de la francophonie musicale canadienne et animateur de l’émission radiophonique Can-Rock. Il se fait un malin plaisir de partager cette richesse dans 16 stations de radio à travers le pays chaque semaine.
Le gouvernement fédéral a annoncé, lundi, un investissement d’un milliard de dollars sur cinq ans pour la mise en place d’un nouveau programme national d’alimentation scolaire.
Cette enveloppe, qui s’inscrit dans le budget fédéral 2024, a pour objectif de «fournir des repas jusqu’à 400 000 enfants de plus chaque année, en plus des enfants qui bénéficient déjà de programmes d’alimentation scolaire existants», peut-on lire dans le communiqué du premier ministre, Justin Trudeau.
La présidente du Conseil du Trésor, Anita Anand, soutient, en entrevue avec Francopresse, que cet investissement permettra de doubler le financement des programmes d’alimentation.
Ce nouveau programme a aussi pour but d’aider les provinces, les territoires et les partenaires autochtones à élargir leurs programmes.
Cette annonce a été bien accueillie par les organismes ainsi que par le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois.
«Le gouvernement doit maintenant s’assurer de transférer rapidement l’argent au Québec et aux provinces afin que les organismes de soutien alimentaire puissent répondre à la demande dans les écoles», a déclaré la porte-parole du Bloc Québécois en matière de Famille, d’Enfants et de Développement social, Sylvie Bérubé.
Ottawa a annoncé plusieurs mesures afin d’accroitre le nombre de logements au pays.
Il est question, entre autres, d’un investissement de 400 millions de dollars supplémentaires dans le cadre du Fonds pour accélérer la construction de logements. Ce financement devrait permettre la construction de 12 000 logements au cours des trois prochaines années.
Une enveloppe de 6 milliards de dollars est prévue pour lancer un nouveau Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement.
Le gouvernement a également annoncé plusieurs autres mesures dans le même sens. Ottawa ajoute 15 milliards de dollars au Programme de prêts pour la construction d’appartements, pour en bâtir au moins 30 000 nouveaux.
«Grâce à ce supplément, les fonds issus du programme devraient permettre de construire plus de 131 000 nouveaux appartements dans la prochaine décennie», indique le bureau du premier ministre dans un communiqué.
De plus, le gouvernement fédéral a annoncé de nouvelles réformes au Programme de prêts pour la construction d’appartements afin d’accroitre l’accès au programme et de favoriser la construction. La durée des prêts sera notamment prolongée et l’accès au financement sera élargi pour inclure le logement destiné aux étudiants et aux ainés.
Le budget fédéral 2024 sera déposé le 16 avril prochain.
Évacuation à Haïti et dernier mandat pour trois députés néodémocrates
Plus de 3000 Canadiens seraient encore en Haïti.
Lundi, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a annoncé que 153 Canadiens ont pu quitter Haïti vers la République dominicaine grâce à l’opération des départs assistés, désormais terminée.
Le Canada a élargi ses opérations d’évacuation mercredi pour inclure les citoyens canadiens, les résidents permanents ainsi que les membres de leur famille immédiate admissibles.
«Au cours des dernières semaines, environ 500 citoyennes et citoyens canadiens, résidentes et résidents permanents du Canada et membres de leur famille immédiate ont communiqué avec Affaires mondiales pour exprimer leur intérêt à obtenir de l’aide pour quitter Haïti», rapporte Affaires mondiales Canada dans un communiqué.
Par ailleurs, alors que Mélanie Joly était en visite à Paris cette semaine, elle a réitéré l’importance de la mise en place d’un gouvernement de transition à Haïti, «afin de rétablir la sécurité, l’ordre et la démocratie» dans le pays.
Elle et son homologue français Stéphane Séjourné, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, ont convenu de la nécessité de poursuivre la coordination de la Mission multinationale d’appui à la sécurité pour répondre aux besoins de la Police nationale d’Haïti.
Selon les données du ministère, près de 3110 Canadiens sont inscrits au registre des Canadiens en Haïti.
Le Nouveau Parti démocratique a annoncé jeudi que trois de ses députés ne se représenteront pas aux prochaines élections fédérales, dont deux élus bilingues du Nord de l’Ontario.
Il s’agit des députés Charlie Angus (Timmins–Baie James), Carol Hugues (Algoma–Manitoulin–Kapuskasing) – deux circonscriptions qui comptent beaucoup de francophones – et la whip du parti, Rachel Blaney (North Island–Powell River en Colombie-Britannique).
Les députés néodémocrates Charlie Angus, Carol Hughes et Rachel Blaney quitteront la politique après leur présent mandat.
Dans une publication Facebook, Charlie Angus explique que sa décision a été prise à la suite des changements géographiques imposés aux circonscriptions fédérales nord-ontariennes par la Commission de délimitation des circonscriptions électorales fédérales pour la province de l’Ontario à l’été 2023.
«La nouvelle circonscription de Mushkegowuk–Kapuskasing–Timmins sera encore plus grande, avec l’ajout de nombreuses nouvelles communautés réparties sur un territoire supplémentaire de 20 000 kilomètres carrés», écrit-il.
Selon un communiqué du NPD, Charlie Angus a comme cheval de bataille les droits des enfants des Premières Nations «contre les politiques discriminatoires du gouvernement».
De son côté, Carol Hughes a été vice-présidente de la Chambre au cours de plusieurs législatures et «s’est faite la championne de l’élargissement des services dans le nord de l’Ontario». Sa circonscription a été éliminée dans les modifications apportées par la Commission. Elle a été divisée et quatre circonscriptions environnantes ont été agrandies, dont celle de Charlie Angus.
Pour sa part, Rachel Blaney a été une fervente défenseuse des vétérans et des ainés.
Élu député de Chapleau, au Québec, en 1998, lors de la victoire du Parti libéral mené par Jean Charest, Benoît Pelletier a, au fil des ans, été responsable de plusieurs ministères, dont ceux des Affaires intergouvernementales et de la Francophonie canadienne.
Défenseur de la langue française, il a redéfini la relation entre le Québec et les communautés francophones du reste du Canada et des États-Unis. En 2006, le dépôt de la nouvelle Politique du Québec en matière de francophonie canadienne a mené à la création du Centre de la francophonie des Amériques (CFA) en 2008.
Son existence étant enchâssée dans une loi, le Centre est encore aujourd’hui au cœur des relations entre le Québec et la francophonie, 15 ans après sa création.
L’un des principaux objectifs de Benoît Pelletier était de «faire équipe avec les différentes communautés qui vivent en situation minoritaire» pour assurer la pérennité de la langue française, explique l’actuel président du CFA, Michel Robitaille, en entrevue avec Francopresse.
«Cette idée que les francophones des Amériques devaient travailler ensemble, se rassembler, je pense que c’était vraiment au cœur de la démarche de Benoît», ajoute la professeure et chercheuse, Linda Cardinal. Benoît Pelletier l’avait recrutée pour faire partie du premier conseil d’administration du CFA.
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Le président du Centre de la francophonie des Amériques, Michel Robitaille, croit que Benoît Pelletier était particulièrement fier des initiatives auprès des jeunes.
L’héritage du Centre de la francophonie des Amériques
«Il n’y a absolument aucune raison pour laquelle le Québec s’inclurait dans le concept de la francophonie internationale, mais pas dans celui de la francophonie canadienne. C’est complètement contradictoire», a expliqué Benoît Pelletier lors d’un discours à la Journée du savoir de l’Acfas-Alberta, en avril 2016. Une déclaration qui illustre son désir que le Québec regarde davantage à l’intérieur du Canada, plutôt qu’à l’extérieur, pour trouver des alliés.
Michel Robitaille rappelle que le Centre n’a pas été créé pour que le Québec dise au reste de la francophonie comment faire les choses. L’approche de Benoît Pelletier «était de travailler ensemble, de prendre l’expertise des communautés francophones, de celles et ceux qui tous les jours se battent pour leur langue, de jumeler ça à l’expérience québécoise et ensemble on va voir ce que l’on peut faire».
Le CFA fonctionne toujours sous cette philosophie, soutient celui qui a également été le premier président-directeur général du Centre, avec quelque 650 partenaires en Amérique, toujours en respectant les spécificités de chacun.
«Benoît ne voulait pas que les gens soient isolés, il voulait qu’ils soient ensemble et ce centre-là c’est vraiment un témoignage de sa vision de la francophonie dans les Amériques», ajoute Linda Cardinal.
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«Même après avoir quitté la politique [Benoît Pelletier] est demeuré un mentor pour nous», révèle Michel Robitaille. Il était toujours disponible pour participer à un forum et pour parler aux gens.
M. Robitaille croit que Benoît Pelletier était particulièrement fier des activités du Centre des jeunes ambassadeurs de la Francophonie des Amériques, puisqu’il était convaincu qu’il était nécessaire d’intéresser les jeunes à la langue française pour la sauvegarder.
Linda Cardinal a côtoyé Benoît Pelletier à l’Université d’Ottawa et il l’a recrutée comme membre du premier conseil d’administration du Centre de la francophonie des Amériques.
Précurseur de l’asymétrie
Benoît Pelletier a parlé de droits linguistiques asymétriques un peu avant tout le monde. «C’était au cœur de sa démarche, cette asymétrie. Il la voyait nécessaire partout, parce que c’est une asymétrie fondée sur les besoins plutôt que d’une approche mur à mur, universelle, qui ne prend pas en compte les caractéristiques particulières des communautés», confirme Linda Cardinal.
Elle raconte que dans les rencontres, il se présentait à la fois comme un défenseur de l’identité québécoise, tout en étant ouvert a appuyé la francophonie canadienne. «La diversité pour lui, c’était un fédéralisme asymétrique. C’était le Québec dans la Confédération, mais avec un forum, le Conseil de la Fédération. Il a donné une forme institutionnelle à sa vision avec le CFA.»
Benoît Pelletier estimait que les obligations linguistiques envers les minorités devaient s’appliquer de façon plus nuancée au Québec. «Parce que la langue de la majorité au Québec est en même temps la langue d’une minorité, celle que nous formons au Canada», a-t-il déclaré en 2016, en Alberta.
Les dernières décennies ont vu un début de changement dans l’autodéfinition des communautés francophones en situation minoritaire. Les discours officiels ne s’arrêtent pas à l’inclusion des personnes ayant immigré au Canada : ils revendiquent aussi davantage d’immigration.
Les organismes porte-paroles des provinces se déplacent ainsi dans les évènements visant à attirer l’immigration dans leurs communautés, lançant des invitations ouvertes à s’y joindre.
Il devient alors difficile de se définir en tant que communauté par la langue maternelle ou par les liens familiaux ou ancestraux, suivant le modèle ethnoculturel de l’ancienne nation canadienne-française ou encore le modèle ethnolinguistique.
Pourtant, cela n’empêche aucunement des tensions entre les discours officiels et le racisme qui demeure bien ancré tant chez des membres des communautés qui résistent à ce changement qu’au sein des structures des organismes eux-mêmes.
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Toutefois, il semble que la langue maternelle continue de poser problème lorsqu’il s’agit de l’anglais.
On sent plus qu’une hésitation : un malaise, une peur, une frontière encore bien tracée. Comme si une bonne part de la vie des francophones n’avait pas déjà lieu en anglais; comme si plusieurs de leurs relations, dont les relations de couple, ne liaient pas déjà bon nombre de personnes dont l’anglais est la langue maternelle aux communautés francophones.
C’est sans compter les 1,6 million de personnes, dont 700 000 en âge scolaire, qui ont suivi ou suivent un programme d’immersion française (selon les données du recensement de 2021, et à l’extérieur du Québec).
Sur ce dernier nombre, un peu plus de 448 000 élèves étaient inscrits dans des programmes d’immersion française. À l’échelle de chaque province, c’est au minimum une personne sur dix à l’école qui est en immersion.
À force de parler des limites et des défis liés à l’immersion, on en oublie souvent les succès. Au Manitoba, la croissance des inscriptions est plus rapide que la croissance des naissances. Au pays, presque la moitié des élèves en immersion suivent un tel programme jusqu’à la fin de leurs études.
Il faut éviter de dramatiser les moments de transition vers d’autres programmes scolaires. Au secondaire, l’immersion devient une option parmi d’autres, comme les arts ou les sports, par exemple.
Les défis sont néanmoins bien réels et ont notamment trait à l’absence de soutien pour les difficultés d’apprentissage, ce qui renvoie ici aussi à la question des filières créées dans l’éducation secondaire.
Néanmoins, l’immersion fonctionne. Toujours selon les données de Statistique Canada, six jeunes femmes sur dix et environ la moitié des jeunes hommes qui avaient suivi une année ou plus d’un programme d’immersion pouvaient tenir une conversation en français.
Ces données suggèrent que plusieurs des personnes qui ne vont pas jusqu’au bout du programme d’immersion peuvent converser en français – et que l’équivalent de l’ensemble de celles qui le terminent peuvent le faire. Les autres possèdent tout de même plusieurs notions de français et seront en mesure de poursuivre leur apprentissage de cette langue plus tard dans leur vie.
Il faut éviter de voir l’immersion et les personnes apprenant le français comme étant coupées des communautés francophones. En effet, un intérêt pour l’immersion semble lié à la présence du français dans le milieu de vie.
Selon Statistique Canada, «[d]ans les municipalités du Canada hors Québec où au moins 30 % des adultes connaissaient le français en 2021, environ la moitié des enfants d’âge scolaire de langue maternelle anglaise ou tierce suivaient ou avaient déjà suivi un programme d’immersion en français».
Par ailleurs, on ne peut penser à l’immersion sans l’immigration, puisque 47 % des enfants qui suivaient ou avaient suivi un programme d’immersion au Canada en 2021 étaient issus de l’immigration.
On ne peut non plus exclure l’immersion des communautés francophones. Leurs liens intimes se voient même à partir de l’un des critères les plus exigeants pour mesurer la vitalité du français, à savoir la langue parlée à la maison.
Toujours en 2021, «15,4 % des personnes âgées de 5 à 60 ans parlant français à la maison au Canada hors Québec» suivaient ou avaient suivi un programme d’immersion.
Pourtant, dans les communautés francophones en situation minoritaire, on parle rarement de l’immersion hors du contexte de l’éducation. On compte sur les doigts d’une main les articles sur ce sujet, même dans Francopresse, et l’enjeu ne semble pas exister sur le site de vulgarisation scientifique La Conversation.
Au sein de la gouvernance liée aux langues officielles, on tend par ailleurs à séparer les enjeux d’apprentissage de la langue de ceux vus comme propres aux communautés francophones.
Cet appel ne s’adresse donc pas seulement à mes collègues des médias et des universités : les organismes des communautés francophones devraient également inclure les questions propres aux écoles d’immersion et aux personnes qui suivent et ont suivi ces programmes dans leurs réflexions et leur plan stratégique. Sans cela, on continuera de laisser de côté une part essentielle de la francophonie canadienne.
La situation actuelle ne pourra de toute manière durer bien longtemps. Parmi les personnes francophones immigrantes qui sont invitées à rejoindre ces communautés, un bon nombre maitrisera l’anglais mieux que le français ou l’aura comme langue d’usage.
Les communautés francophones elles-mêmes reconnaissent le besoin d’assurer un enseignement de l’anglais aux personnes immigrantes qui ne le parlent pas déjà.
Force est de constater que les communautés francophones demeurent des espaces de choix, des communautés électives, même pour les personnes qui grandissent en leur sein et parlent français depuis l’enfance.
Les raisons de la participation à ces communautés sont liées au désir de trouver ou de faire éclore davantage d’occasions de vivre, d’étudier, de travailler, de créer ou de se divertir en français.
On devra ainsi se demander de quoi on croit se protéger et si l’on peut gagner quoi que ce soit à maintenir de telles frontières, alors même que tant de personnes font le choix d’apprendre le français ou de le faire apprendre à leurs enfants.
C’est le grand retour d’une maladie que les Canadiens croyaient disparue. Une maladie que le Canada avait réussi à éliminer en 1998. Au moins 31 cas de rougeole ont été déclarés au pays entre le début de l’année et la mi-mars, dont 21 au Québec et 8 en Ontario.
Les chiffres sont préoccupants, les plus élevés depuis 2019. En 2023, seulement 12 cas avaient été recensés sur l’année.
D’après les projections d’une équipe de chercheurs de l’Université Simon-Fraser, en Colombie-Britannique, les risques d’une «épidémie importante» de rougeole sont grands au pays.
«Nous devons prendre des mesures urgentes pour rattraper les enfants qui n’ont pas été complètement immunisés et stopper une éventuelle épidémie», avertit Natasha Sarah Crowcroft, professeure à l’École de Santé publique de l’Université de Toronto.
Membre du secrétariat de l’Organisation mondiale de la santé, elle s’inquiète tout particulièrement de l’impact des voyages internationaux : «Les personnes non vaccinées qui partent dans des pays étrangers où la rougeole augmente la ramènent avec eux.»
Pour éviter d’éventuelles flambées dues à l’importation du virus, au moins 95 % des enfants doivent être vaccinés. La rougeole requiert un niveau très élevé d’immunisation, car la maladie est extrêmement contagieuse.
En mars 2021, seulement 92 % des tout-petits âgés de 2 ans avaient reçu au moins une dose du vaccin contre la rougeole, selon l’Enquête nationale sur la couverture vaccinale des enfants (ENCVE). Un pourcentage «relativement inchangé par rapport à celui de 2019», observe Statistique Canada, responsable de l’enquête. Il existe néanmoins de fortes disparités entre les provinces.
L’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador affichent des niveaux de respectivement 98 % et 97 %. En revanche, seulement 88 % des bébés albertains se sont vu administrer une dose.
Le taux de couverture vaccinale des enfants de 7 ans est, lui, tombé à 79 % en 2021. Autrement dit, deux enfants canadiens sur dix n’avaient pas reçu leurs deux doses.
Natasha Sarah Crowcroft explique cette chute entre 2 et 7 ans par des contraintes sociales : «Quand vous êtes en congé parental, vous avez le temps d’obtenir un rendez-vous et d’y aller. Mais pour les vaccins ultérieurs, les parents qui travaillent ont plus de difficultés.»
Lorsqu’un tout-petit ne reçoit pas ses doses de routine, elles sont souvent rattrapées au moment de son entrée à l’école. «Il peut alors être trop tard, car, entretemps, le risque de contracter la rougeole est assez élevé», prévient l’experte.
Au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et en Ontario, les vaccins sont obligatoires pour rentrer à l’école, à moins que les familles n’aient une exemption pour des raisons médicales, philosophiques ou religieuses.
En Alberta ou à l’Île-du-Prince-Édouard, il n’existe au contraire aucune obligation vaccinale.
Les campagnes de vaccination ne sont pas menées de la même manière non plus. En Alberta, elles se font dans les écoles. En Ontario, les élèves se font également vacciner dans les cabinets médicaux privés et les cliniques de santé publique.
Natasha Sarah Crowcroft considère le retour de la rougeole comme un «signal d’alerte précoce», qui met en lumière «les lacunes immunitaires de la population».
Pour éviter que des enfants disparaissent des radars de la santé publique, Natasha Sarah Crowcroft, professeure à l’Université de Toronto, appelle à la mise en place de meilleurs systèmes de suivi de la vaccination.
«C’est un peu comme le canari dans la mine; si la rougeole réapparait en premier, c’est parce que c’est le virus le plus infectieux, mais d’autres maladies risquent de suivre», renchérit Ève Dubé, professeure au département d’anthropologie de l’Université Laval, à Québec.
Les chercheurs s’inquiètent notamment de la diphtérie, de la coqueluche ou encore du méningocoque du groupe C, dont les statistiques de vaccination sont également basses.
Selon une recherche de 2021, les programmes de vaccination de routine pour les élèves de tout le pays ont pris du retard pendant la COVID-19. Une autre étude nationale, menée à l’automne 2021 par la coalition 19 To Zero, a révélé que 300 000 jeunes n’avaient pas reçu leurs vaccins de routine ou les avaient eus en retard.
En Alberta, par exemple, seulement 55 % des adolescents ont été vaccinés contre le méningocoque au cours de l’année scolaire 2020-2021, contre 87 % en 2017-2018.
Quant à la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, 77 % des enfants de 2 ans et près de 72 % des enfants de 7 ans étaient complètement vaccinés en mars 2021. Là encore, il existe de fortes disparités entre provinces, avec des niveaux oscillants entre 70 % et 95 %.
Quoi qu’il en soit, ces chiffres sont loin de la cible de 95 % de couverture vaccinale d’ici 2025 fixée par Ottawa.
Aux yeux du néonatologiste québécois Arnaud Gagneur, la perturbation des programmes de vaccination infantile provoquée par la COVID-19 n’explique pas à elle seule la baisse globale de la couverture vaccinale.
La rougeole «c’est un peu comme le canari dans la mine», selon Ève Dubé, anthropologue à l’Université Laval.
Le professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke pointe aussi du doigt «la désinformation et la méfiance qui se sont accentuées pendant et après la pandémie».
«Avec la COVID-19, les opinions se sont polarisées. Les familles qui hésitaient avant la pandémie sont encore plus réticentes aujourd’hui», poursuit Ève Dubé.
«Mais la grande majorité des parents font confiance aux professionnels. Les retards sont souvent dus à des oublis», nuance-t-elle.
L’ENCVE confirme cette analyse : à peine 3,5 % des parents ayant un enfant de deux ans ont déclaré être «moins enclins» à le faire vacciner en raison de la crise sanitaire.
Des parents s’inquiètent de la sécurité des produits et des effets secondaires potentiels, réels ou perçus.
Ils ont également l’impression erronée que les vaccins ne sont plus nécessaires, car ils combattent des maladies bénignes qui appartiennent aux livres d’histoire.
«Les gens ont oublié la sévérité de ces affections, ils ne mesurent pas l’intérêt de se faire vacciner contre des virus qu’ils ne voient pas circuler», souligne le néonatologiste Arnaud Gagneur.
Dans ce contexte, les professionnels de santé ont un grand rôle à jouer pour transmettre l’information scientifique la plus transparente possible.
Pour répondre aux angoisses des familles sans tomber dans le préjugé, Arnaud Gagneur a mis en place, avec l’Agence de santé publique du Canada, le site bilingue MIIKOVAC. Une vingtaine de conseillers sont disponibles en ligne pour répondre à toutes les questions sur les vaccins.
Pour éviter que de jeunes Canadiens d’âge scolaire et préscolaire disparaissent des radars de la santé publique, Natasha Sarah Crowcroft appelle à la mise en place de meilleurs systèmes de suivi.
«Il faut mieux communiquer et informer les familles, les appeler régulièrement, leur envoyer des courriels, des messages textes, pour leur rappeler les vaccins à venir», plaide-t-elle.
«Les gens ont oublié la sévérité de ces maladies, ils ne mesurent pas l’intérêt de se faire vacciner contre quelque chose qu’ils ne voient pas», souligne le néonatologiste Arnaud Gagneur.
En attendant, les autorités sanitaires tentent de raccrocher les wagons et lancent des campagnes de grande envergure. «Il y a un rattrapage progressif qui se fait, les niveaux rebondissent assez vite», affirme Arnaud Gagneur.
Ève Dubé tempère cependant cet optimisme : «Les incertitudes restent nombreuses, nous ne connaissons pas les impacts à long terme de la pandémie sur les attitudes et les perceptions de la population vis-à-vis des politiques de santé publique.»
L’anthropologue insiste également sur les inégalités dans l’accès à la vaccination «aggravées» depuis la crise sanitaire. «Les nouveaux arrivants et certains milieux socioéconomiques défavorisés restent plus difficiles à rejoindre et moins bien protégés», observe-t-elle.
Une bonne nouvelle : la couverture vaccinale contre le virus du papillome humain (responsable entre autres des cancers du col de l’utérus et du pénis) chez les jeunes de 14 ans a globalement augmenté, passant de 80 % en 2019 à 84 % en 2021.
Dans sa thèse de doctorat, Djems Olivier, professeur à l’Université d’État d’Haïti et stagiaire postdoctoral à l’Université du Québec en Outaouais (UQO), cherche à comprendre comment ces gangs armés, qui contrôlent les quartiers, arrivent à cohabiter avec les organisations non gouvernementales (ONG) qui interviennent dans ces zones.
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Djems Olivier : En 2018-2019, j’avais répertorié 177 gangs, alors qu’aujourd’hui, on parle de plus de 300. Selon la Police nationale d’Haïti, il existerait sept coalitions de gangs, mais les deux plus grandes sont le G9 et le G-Pep.
Le G9 a été formé en juin 2020 sur les propositions de la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR), une commission créée deux ans après l’arrivée de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), en 2004.
Djems Olivier a quitté Haïti en octobre 2023, craignant pour sa sécurité.
Mais parallèlement, une autre fédération de gangs a été créée : le G-Pep, qui regroupait les gangs qui refusaient de s’allier au G9.
Il y avait donc le G9, qui était proche du pouvoir, et le G-Pep, proche de l’opposition.
Mais ces deux fédérations ont explosé ces derniers mois pour donner naissance à une autre forme de coalition. Des membres du G9 se sont alliés à ceux du G-pep, qui étaient pourtant des ennemis jurés.
Depuis quelques semaines, on parle d’une nouvelle fédération, qui regroupe plusieurs gangs, dont le G-9 et le G-Pep, et qui s’appelle «Viv Ansanm» (Vivre ensemble).
C’est à partir de cette plateforme de gangs qu’ils ont commencé l’attaque contre la prison civile de Port-au-Prince et la prison de la Croix-des-Bouquets et qu’ils ont mis le pays à feu et à sang.
En Haïti, les gangs sont utilisés par les acteurs politiques pour accéder au pouvoir ou conserver le pouvoir. Pour gagner des élections, il faut avoir le contrôle des gangs. Si on ne les contrôle pas, on ne peut pas gagner. Ça, c’est une constante importante dans l’organisation des élections en Haïti.
Ils sont aussi utilisés par des acteurs économiques, pour protéger leurs entreprises ou éliminer d’autres concurrents, et par les trafiquants et les réseaux criminels transnationaux pour passer de la drogue ou tout type de trafic.
Ces gangs ont pris aujourd’hui leur indépendance par rapport à leurs anciens «patrons». Ils sont devenus autonomes parce qu’ils sont, entre autres, dans le kidnapping, qui prend de l’ampleur, dans le détournement des camions de marchandises et le narcotrafic, dans la taxation des petites et moyennes entreprises et des véhicules de transport public.
Ce sont toutes ces activités-là qui permettent aux gangs d’avoir de l’argent.
Plusieurs organisations non gouvernementales ont rapporté que le bras armé de l’administration du président Jovenel Moïse n’était autre que le chef du G9, Jimmy Chérizier.
Selon AyiboPost et Connectas, la création du G9 a d’ailleurs été soutenue par la Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR) créée en 2006.
La Commission a pris fin en octobre 2017, en même temps que la MINUSTAH, avant d’être réactivée par le président Jovenel Moïse en 2019.
Dans une émission radio, Jean Rebel Dorcenat, l’un des membres de la CNDDR, avait suggéré le regroupement des gangs armés. Selon lui, cette nouvelle fédération faciliterait les choses pour la commission, qui n’aurait qu’un seul interlocuteur, et apporterait la paix.
Source : Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada
C’est une situation qui exige une intervention militaire. Sur le plan géographique et même en termes d’aménagement du territoire, Port-au-Prince n’est pas une ville où on peut intervenir n’importe comment, car c’est une ville qui est entourée de quartiers bidonvilles et de corridors.
Il n’y a donc pas vraiment de pénétration qu’on peut faire dans ces quartiers pour mener à terme des opérations policières. Il faut des équipements militaires avec tout ce que cela comporte, comme des drones, des hélicoptères, des pénétrations et des cartographies. Si on n’a pas ça, on ne peut pas intervenir dans cette activité.
On a eu comme exemple le fiasco de 2021, où des policiers de l’unité d’élite de la Police nationale ont été tués par le gang de Vilaj de Diè (Village de Dieu) lors d’une opération antigang. La police n’était pas préparée à mener des opérations dans ces quartiers-là.
C’est très difficile de déployer des policiers pour éliminer ces gangs qui contrôlent très bien leurs quartiers.
Par exemple, dans d’autres quartiers, comme celui de Grand-Ravine – que je connais très bien puisque c’est là que j’ai réalisé mes enquêtes de terrain –, il n’y a pas vraiment de route «voiturable» pour pénétrer ce quartier. Les gens utilisent des escaliers. Comment la police va-t-elle pénétrer dans ces quartiers-là pour mener des opérations?
C’est très compliqué sur le plan géographique et je pense qu’il faut vraiment réfléchir sur le type d’opérations à mener pour neutraliser ces gangs.
Les dirigeants haïtiens ont toujours été choisis par la communauté internationale. Par exemple, après l’assassinat de Jovenel Moïse, c’est elle, à travers un tweet, qui a placé Ariel Henry à la tête du gouvernement.
C’est cette même communauté internationale qui a révoqué Ariel Henry pour donner au pays une nouvelle formule de gouvernance avec un conseil présidentiel de sept membres. C’est inédit dans l’histoire d’Haïti, on n’a jamais eu ça. On ne sait pas comment ça va se passer.
Donc, en fait, son rôle est joué, mais la communauté internationale devrait se rétracter pour avoir une décision qui est prise par les Haïtiens.
Il faut laisser aux Haïtiens la possibilité de décider de l’avenir de leur pays. C’est ce que je pense.
Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de clarté.