le Jeudi 12 février 2026

Plus sur la francophonie

Élu depuis 2015 dans la circonscription de Glengarry–Prescott–Russell et faisant partie de la jeune génération des députés libéraux qui ont accédé au pouvoir lors de l’élection de Justin Trudeau, Francis Drouin a confirmé qu’il ne sera pas candidat aux prochaines élections fédérales.

Il a confirmé à Radio-Canada qu’il voulait passer plus de temps avec sa famille, mais aussi croire que son parti aura «de la misère aux prochaines élections». Il a remarqué qu’il perdait sa passion et sa patience pour la politique ainsi que l’impopularité du premier ministre auprès des électeurs, sans pour autant plaider pour un nouveau chef du Parti libéral.

Toujours selon Radio-Canada, le député aurait annoncé ses intentions à Justin Trudeau à la fin mars. 

Francis Drouin avait récemment fait l’objet d’un tollé, après avoir traité des témoins en comité de «plein de marde».

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Le Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO) pourra financer jusqu’à 74 projets communautaires et culturels francophones, à hauteur de 3 millions de dollars, pour l’année 2024-2025. C’est un million de plus que l’an dernier, fourni par le gouvernement fédéral et qui s’ajoute aux 2 millions que le gouvernement provincial investit depuis 2021.

Ces fonds fédéraux serviront aux organismes et entreprises francophones de la province à «contribuer à la prospérité culturelle et économique de l’Ontario et à améliorer la vie quotidienne des francophones et des francophiles de la province», a assuré la ministre des Affaires francophone de l’Ontario, Caroline Mulroney.

Taux directeur, traitement différentiel des immigrants et réduction d’un fonds pour les Autochtones

La Banque du Canada a abaissé mercredi son taux directeur de 0,25 point, pour l’établir à 4,50 %. C’est la deuxième relâche depuis juin. 

Avec ces nouvelles prévisions, la Banque centrale du Canada démontre ainsi que l’inflation se rapproche de la cible de 2 % qu’elle s’était fixée pour l’année prochaine.

«Bien que l’inflation soit encore au-dessus des cibles des banques centrales dans la plupart des économies avancées, elle devrait baisser graduellement», assure la Banque dans un communiqué.

Toutefois, elle précise que «la hausse des frais de logement demeure forte, tirée vers le haut par les prix des loyers et le cout de l’intérêt hypothécaire, et est encore le facteur qui contribue le plus à l’inflation globale».

Comme l’explique l’institution, le taux directeur a une influence sur les autres taux d’intérêt au pays, comme ceux des banques ou ceux de plusieurs produits d’épargne.

L’Assemblée des chefs du Manitoba demande à Ottawa de revenir à un «financement adéquat» après une réduction drastique des fonds dans la recherche sur les pensionnats autochtones. 

Photo : Calvi Leon – IJL Postmedia

L’Assemblée des chefs du Manitoba (AMC) a déploré dans un communiqué publié lundi le fait qu’Ottawa ait réduit les fonds pour la recherche sur les terrains des anciens pensionnats autochtones.

Le financement par communauté a été plafonné à 500 000 dollars, alors qu’il pouvait aller jusqu’à 3 millions, via le Fonds de soutien communautaire pour les enfants disparus des pensionnats. 

«La décision du gouvernement de réduire le financement sans aucune discussion avec les dirigeants des Premières Nations est une occasion manquée pour le Canada de renforcer ses relations avec les gouvernements des Premières Nations. Nous demandons le rétablissement du financement et une véritable consultation et coopération avec les dirigeants des Premières Nations», affirme la grande cheffe adjointe de l’AMC, Betsy Kennedy, dans le communiqué.

Une lettre a également été envoyée au ministre des Relations Couronne-Autochtones, Gary Anandasangaree, pour restaurer le «financement adéquat», précise l’AMC.

Le ministre de l’Immigration en exercice au moment des faits, Sean Fraser, aurait été informé par des hauts fonctionnaires que le visa d’urgence accordé aux Ukrainiens fuyant la guerre créerait un «précédent» dans le système d’immigration temporaire. 

Photo : Inès Lombardo –Francopresse

De hauts fonctionnaires ont adressé une note à l’ancien ministre de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté du Canada , Sean Fraser, pour lui signaler que le programme de visa d’urgence pour les Ukrainiens – l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine – mis en place au début de la guerre initiée par la Russie en 2022, risquait de porter atteinte au système d’immigration temporaire.

En effet, les visas délivrés aux Ukrainiens pour leur offrir un pays dans lequel se réfugier en attendant la fin de la guerre n’avaient pas de date limite de séjour.

Par ailleurs, ce visa ne demande pas aux Ukrainiens de promettre de partir à la fin de leur visa, une obligation qui doit pourtant être respectée par tous les autres détenteurs de visas temporaires.

Trois Canadiens d’origine afghane ont l’intention de poursuivre le gouvernement fédéral pour discrimination. Selon Radio-Canada, ces trois personnes expliquent qu’elles ont été traitées différemment des Ukrainiens, alors qu’eux aussi fuyaient la guerre. Des membres de leur famille ont ainsi dû rester en Afghanistan.

La présidente du conseil d’administration de l’entreprise Technologies du développement durable Canada (TDDC) a été épinglée pour conflit d’éthique par le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Konrad von Finckenstein. 

Photo : Wikimedia commons

Le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Konrad von Finckenstein, considère que la présidente du conseil d’administration de Technologies du développement durable Canada (TDDC), Annette Verschuren, a enfreint la Loi sur les conflits d’intérêts.

Dans un rapport publié mercredi, le commissaire précise que la présidente aurait dû quitter physiquement la pièce ou la réunion lorsqu’un vote devait avoir lieu concernant des entreprises avec lesquelles elle a des liens. Elle s’est parfois abstenue de voter, mais «s’abstenir de voter au lieu de se récuser ne répond pas aux exigences de la Loi».

Par ailleurs, le commissaire pointe des problèmes avec d’autres décisions de Mme Verschuren au sein de TDDC, comme approuver le financement d’une entreprise dont elle était la fondatrice et actionnaire majoritaire, pour bénéficier de paiements d’urgence pendant la pandémie de COVID-19. Cela relève selon lui d’une infraction à la Loi. Il précise cependant que «Mme Verschuren a pris ce qu’elle croyait être les bonnes mesures pour gérer ses conflits d’intérêts».

Les données de Statistique Canada montrent que le taux de chômage chez les jeunes au pays a atteint 13,5 % en juin. Si l’on exclut la période de pandémie de COVID-19, c’est le taux le plus élevé depuis les 14 % de septembre 2014.

Entre 2014 et 2020, le taux de chômage des jeunes est toujours resté plus élevé que celui de la population générale – autour de 11 et 12 %.

La reprise de l’activité économique de 2022 a permis de faire descendre ce taux entre 9 et 11 %. Il est maintenant de retour à un niveau comparable à 2016.

À titre de comparaison, le taux de chômage dans la population générale s’établit à 6,4 % pour juin. Il était de 6,8 % en septembre 2014.

Certains économistes, analystes et chroniqueurs voient dans ces données un lien entre le taux de chômage des jeunes et l’augmentation de la population attribuable à l’immigration.

Par exemple, l’ancienne chroniqueuse du National Post, Sabrina Maddeaux, a clamé sur X que «les politiques migratoires imprudentes de Trudeau» réduisent les occasions d’emploi des jeunes.

Pour Harrison Faulkner, producteur de la plateforme numérique True North, si les jeunes ont maintenant de la difficulté à se trouver un emploi d’été, c’est «peut-être parce que le nombre d’étrangers temporaires embauchés dans la restauration rapide a augmenté de 4802 % depuis 2018».

Mais en considérant les données des dix dernières années, est-ce que l’afflux d’immigrants a vraiment un effet sur l’accès à l’emploi pour les jeunes au Canada?

Selon Brendon Bernard, l’offre d’emplois n’a pas suivi l’augmentation de la population de jeunes. 

Photo : Courtoisie

Des changements rapides

Selon l’économiste Brendon Bernard du site de recherche d’emploi Indeed Canada, deux tendances simultanées nous ont «très rapidement» et «soudainement» menés à l’augmentation du taux de chômage des jeunes.

La première est un ralentissement de l’embauche.

«Au sein des jeunes, le taux de chômage est plus haut que ce à quoi on pourrait s’attendre face au refroidissement de la demande des employeurs. Donc, il y a autre chose qui se trame avec l’emploi des jeunes», avance-t-il.

Cette «autre chose», selon lui, est probablement l’augmentation importante du nombre de jeunes au Canada. C’est la deuxième tendance observée.

La tranche de la population âgée de 15 à 24 ans a augmenté d’environ 335 700 personnes depuis juin 2023. En comparaison, juste avant la pandémie, de juin 2018 à juin 2019, cette augmentation était de 49 300.

À la sortie de la pandémie, les employeurs cherchaient à pourvoir des emplois, mais ce cycle d’embauche n’a pas duré. Brendon Bernard confirme qu’aujourd’hui le marché est serré.

On a donc une grande augmentation de demandeurs d’emploi, dirigée notamment par l’immigration, combinée au fait que les employeurs embauchent moins.

— Brendon Bernard

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L’augmentation de la population a donc effectivement pour effet de resserrer davantage l’accès à l’emploi, mais pas seulement pour les jeunes.

Le taux de chômage chez les immigrants arrivés au pays il y a moins de 5 ans se situait à 12,6 % en juin, tous âges confondus, selon les données de Statistique Canada.

«C’est un mauvais timing lors duquel les employeurs ne recrutent pas autant et les demandeurs d’emploi sont plus nombreux», concède l’économiste.

La question des qualifications

Pendant la pandémie et un peu après, le besoin de travailleurs étrangers temporaires (TET) pour occuper des emplois peu qualifiés était important, notamment parce que les jeunes Canadiens – qui occupaient traditionnellement les emplois peu spécialisés – se déplaçaient vers des emplois à plus haute qualification ou alors obtenaient de l’aide gouvernementale comme la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCU).

Dans un contexte où il y a beaucoup trop de demandes par rapport à l’offre, les entreprises s’arrachaient les travailleurs. Dans ce contexte-là, on retrouve des pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs à plus bas salaires, car les secteurs à hauts salaires sont en mesure d’attirer les travailleurs.

— Matthieu Arseneau, chef économiste adjoint à la Banque Nationale

Un rapport de Statistique Canada sur la répartition professionnelle des immigrants de 2001 à 2021, paru en mars dernier, confirme que cette transition de catégorie d’emploi chez les jeunes a fait plus de place pour les travailleurs immigrants. «À mesure que les travailleurs nés au Canada quittaient [les professions peu spécialisées] en grand nombre, les travailleurs immigrants et les TET occupaient de plus en plus de ces emplois peu spécialisés», peut-on lire.

«Au cours de la période de 20 ans, les travailleurs nés au Canada ont quitté des emplois peu qualifiés de façon importante, tandis que la dépendance des travailleurs immigrants à l’égard d’emplois peu spécialisés a diminué dans une bien moindre mesure», précise la conclusion du rapport.

Selon Matthieu Arseneau, l’immigration temporaire devrait être concentrée dans les secteurs d’emploi qui en ont vraiment besoin. 

Photo : Courtoisie

Le marché de l’emploi a donc changé. Le taux de chômage élevé chez les jeunes et chez les nouveaux arrivants suggère que les employeurs ont désormais plus de facilité à combler les emplois peu spécialisés, indique Matthieu Arseneau.

De plus, le taux de chômage actuel chez les jeunes est comparable à celui d’avant la pandémie, avant l’arrivée plus importante de travailleurs immigrants temporaires, indiquant davantage un changement dans le marché de l’emploi que dans la population active.

Considérant cette transformation, l’accent devrait être remis sur les immigrants qui peuvent occuper des emplois à haute qualification, selon Matthieu Arseneau, et l’immigration temporaire devrait servir à contrer des besoins de main-d’œuvre «très ciblés». Et il n’est pas le seul économiste à le dire.

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Ajustement des besoins

Le gouvernement ralentit maintenant le flux d’immigrants temporaires, puisque le marché de l’emploi n’a plus autant besoin de ces travailleurs.

Dans une réponse par courriel, Emploi et Développement social Canada explique que de récents changements «visent à réduire davantage la dépendance aux travailleurs étrangers temporaires, surtout pour les emplois nécessitant des compétences de niveau débutant et offrant une formation sur le tas».

«Le système d’immigration économique du Canada devrait revenir à ses racines en accordant la priorité aux nouveaux arrivants hautement qualifiés sur la base des niveaux de revenus escomptés», prônent des économistes dans un commentaire rédigé pour l’Institut C.D. Howe paru le 11 juillet.

«L’objectif devrait être de maximiser le PIB par habitant pour l’ensemble de la population, y compris les nouveaux arrivants», écrivent-ils. En faisant venir des immigrants pour occuper principalement des emplois peu qualifiés, le Canada baisse le revenu moyen et le PIB par habitant, ajoutent-ils.

Selon Anaïs Rezaigue, il est important que les jeunes francophones s’investissent pour défendre et mettre en lumière des enjeux concernant la francophonie. 

Photo : Courtoisie

Pour Anaïs Rezaigue, coordinatrice de la Maison internationale, un service du Syndicat étudiant de l’Université d’Ottawa, «c’est très important pour des jeunes comme moi d’aller s’engager dans des milieux francophones, dans des milieux politiques francophones», déclare celle qui est aussi assistante législative au Sénat.

Pour ces jeunes, s’investir dans des organismes ou participer à des expériences comme les Jeux de la Francophonie ou des simulations parlementaires permet de connaitre les diverses réalités des francophones dans l’ensemble du territoire et de «travailler ensemble pour trouver des solutions», interpelle le président de la Francophonie jeunesse de l’Alberta (FJA), Mathieu Lebon-Volia.

De son côté, le Franco-Prince-Édouardien Jérémie Buote perçoit son engagement dans la collectivité comme une chance de bâtir une relation avec la communauté francophone et de donner le bon exemple à la prochaine génération. Il milite pour la défense de la langue française depuis 2017.

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Le voyage d’Alec Boudreau en Louisiane à 16 ans a renforcé son identité linguistique et son engagement pour la francophonie. 

Photo : Julia Inès Roitman Gil

Affirmer son identité francophone

Étudier en français ou grandir dans un milieu francophone n’est pas toujours suffisant pour bien développer son identité francophone. Celle-ci peut être renforcée par des rencontres. 

L’ancien président de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick et de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), Alec Boudreau, et l’actuelle membre du conseil de direction de la FJCF, Blanche Monabeka, en témoignent.

Pour la Franco-Britanno-Colombienne, c’est la découverte du Conseil jeunesse francophone de la province qui lui a permis d’affirmer son identité de francophone.

Pour Alec Boudreau, c’est son voyage en Louisiane à l’âge de 16 ans, à l’occasion de l’évènement le Grand réveil acadien, qui a été le déclic.

Durant son séjour de deux semaines, il a rencontré un cajun à peine un an plus âgé qui racontait avoir décidé de vivre sa vie en français en Louisiane en allant vivre chez ses grands-parents qui parlaient en français.

Son sacrifice «m’a vraiment frappé, sa passion et son désir de vivre dans sa langue […] il a fait tout ce qu’il pouvait» pour vivre sa francophonie dans un contexte où elle est très minoritaire, raconte Alec Boudreau.

Leçons à tirer de la Louisiane pour la francophonie (Éditorial)

L’influence des proches

La communauté et la famille peuvent aussi avoir un impact sur le parcours des jeunes et sur leurs engagements.

Jérémie Buote raconte que son investissement dans la collectivité et sa fierté de vivre en français lui viennent des modèles de vie qu’il a connus.

C’est vraiment la famille qui m’a poussé au début, puis [après] c’était vraiment les amitiés et les relations que j’avais faites à travers cette communauté qui m’ont poussé à continuer là-dedans.

— Jérémie Buote

Pour Jérémie Buote s’engager dans sa communauté francophone permet de montrer le bon exemple aux prochaines générations. 

Photo : Mathieu Lewis

Très jeune, il observait des membres engagés de sa famille, comme ses frères, son père qui portait «le barbecue au centre communautaire lorsqu’il y avait des barbecues» et son oncle qui était enseignant de français.

Jérémie Buote considère que ses parents ont fait un cadeau à leurs enfants en les inscrivant dans des écoles francophones de l’Île-du-Prince-Édouard.

Si des modèles ont permis au Franco-Prince-Édouardien d’ouvrir les yeux, Blanche Monabeka souhaite être un jour une inspiration pour les jeunes, les motiver et les influencer à s’investir dans la communauté.

Pour encourager les jeunes à s’engager, Jérémie Buote leur conseille d’avoir confiance en eux, de se dépasser et de profiter des opportunités qui se présentent.

Le jeune Franco-Prince-Édouardien reste optimiste quant à l’avenir de l’engagement de la jeunesse dans les communautés. Selon lui, les adolescents et les jeunes adultes ne cherchent que ça.

Apporter du changement

La francophonie n’a pas besoin d’être leur seul cheval de bataille non plus. Les jeunes qui s’engagent le font parfois pour plus d’une cause, comme en témoignent les parcours d’Anaïs Rezaigue et de Blanche Monabeka.

Cette dernière raconte que dès l’école élémentaire, elle s’indignait devant les injustices. Encore enfant, la Franco-Britanno-Colombienne a été la première à commencer une pétition face à certains problèmes à l’école, raconte-t-elle.

En grandissant, elle voit d’autres enjeux – comme les microagressions, les stéréotypes et bien d’autres problèmes – qui intensifient son besoin de s’engager.

J’ai toujours grandi dans des milieux où j’étais soit la seule personne noire ou une des seules personnes noires, ou une des seules personnes racisées.

— Blanche Monabeka

Blanche Monabeka est engagée auprès d’organismes qui défendent la francophonie, le droit à l’éducation, les droits des femmes et la lutte contre le racisme. 

Photo : Gaëtan Nerincx

Aujourd’hui, Blanche Monabeka s’intéresse particulièrement au droit à l’éducation, aux droits des femmes et à la lutte contre le racisme. Elle occupe diverses positions au sein des organismes qui défendent ces causes.

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Reconnaissance des diplômes étrangers

De son côté, Anaïs Rezaigue est interpelée par la représentativité, qu’elle considère aujourd’hui importante, puisque la société «devient de plus en plus multiculturelle».

Dès son arrivée au Nouveau-Brunswick à l’âge de 13 ans avec sa mère et sa sœur, la jeune nord-africaine s’est engagée dans les clubs de son école et dans des organismes de la communauté. 

Avec le temps, elle a aussi constaté quelques problèmes, comme le manque de reconnaissance des diplômes des étrangers. Elle a d’ailleurs été témoin des difficultés de sa mère, vétérinaire en Algérie et qui a dû tout reprendre à zéro à son arrivée.

L’étudiante en troisième année en développement international à l’Université d’Ottawa souhaite un jour voir des immigrants bien scolarisés, comme des médecins, pouvoir pratiquer sans trop d’embuches dans leur terre d’accueil. «Au Canada, on le sait tous, on a vraiment besoin de médecin francophone», ajoute-t-elle.

Plus sur la francophonie

De nouveaux messages textes ont fait surface mercredi au Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique concernant la possible poursuite d’activités commerciales du ministre Randy Boissonnault, alors qu’il était déjà élu et nommé au Cabinet de Justin Trudeau. 

La loi interdit aux ministres de s’engager dans la gestion ou l’exploitation d’une entreprise. 

L’ancien partenaire d’affaires du ministre, Stephen Anderson, a tenté d’expliquer au Comité que si neuf références à un certain «Randy» se retrouvaient dans les messages en question, c’était dû à l’autocorrecteur. Il parlait plutôt d’une employée de l’entreprise, mais n’a pas voulu dévoiler son nom. 

Il a en outre admis avoir menti à Global News il y a quelques semaines en assurant qu’il y avait un autre «Randy» au sein de l’entreprise pour expliquer le nom dans les messages,  disant avoir «paniqué».

Par contre, l’un des messages de 2022 qui contiennent le prénom du ministre indique qu’il est à Vancouver. Au même moment, le Cabinet de l’époque s’y trouvait.

Le Parti conservateur du Canada a vivement critiqué le ministre par voie de communiqué : «Les conservateurs ont adopté une motion ordonnant à Boissonnault de témoigner à nouveau devant le Comité. S’il n’y a rien à cacher, les libéraux mettront fin à la dissimulation dès maintenant.»

La porte-parole de l’Association internationale des interprètes de conférences (AIIC) pour la région du Canada, Nicole Gagnon, assure que «face à pareille façon de faire, tout fournisseur en moyens intenterait des poursuites judiciaires à l’endroit du gouvernement». 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Une modification de l’entente entre les interprètes indépendants accrédités au Parlement et le Bureau de la traduction changerait la façon de comptabiliser les heures de travail des interprètes : les suspensions de traduction lors des délibérations ou leurs pauses ne seraient pas payées.  

«Le chronométrage du temps d’interprétation va à l’encontre des conditions d’exercice de la profession, c’est du jamais vu!», assure la porte-parole de l’Association internationale des interprètes de conférence (AIIC) pour la région du Canada, Nicole Gagnon, par communiqué de presse. 

Pour l’instant, les interprètes refusent de signer la prolongation de l’entente de service signée il y a un an en raison de l’ajout de cette nouvelle disposition. 

Par ailleurs, selon l’AIIC-Canada, cette nouvelle version de l’entente appauvrira l’offre de services, puisque le Bureau de la traduction propose de «recourir à une nouvelle catégorie d’interprètes indépendants, soit ceux qui échouent à son examen d’accréditation».

Le ministre des Relations Couronne-Autochtone s’est excusé au nom du gouvernement fédéral, qui a qualifié pendant des décennies les communautés des peuples Dakota et Lakota de «réfugiés». 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

Des excuses à deux Premières Nations, désaccord au Conseil de la fédération et stabilisation de l’inflation

Le ministre des Relations Couronne-Autochtones du Canada, Gary Anandasangaree, a présenté des excuses lundi au nom du gouvernement fédéral lors de son passage en Saskatchewan au sein de la Nation Whitecap Dakota. 

Depuis des années, le gouvernement qualifiait les peuples Lakota et Dakota de «réfugiés», ce qui les empêchait d’avoir les mêmes droits que les Premières Nations reconnues.

Il a certifié leur statut de «peuples autochtones du Canada», comme l’indique l’article 35 de la Constitution

À lire : Peuples autochtones : un lexique pour savoir quels termes employer

Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a rejoint son homologue de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Furey, pour contester le système de péréquation devant les tribunaux. Il a confirmé la décision lors du Conseil de la fédération, qui a regroupé les  premiers ministres des provinces et territoires à Halifax cette semaine. 

Les deux provinces veulent s’attaquer à l’injustice qu’elles perçoivent dans le programme fédéral, dont le but est de redistribuer l’argent récolté par le gouvernement fédéral aux provinces qui ont des revenus plus faibles afin que l’accès aux services publics, tels que les écoles ou les hôpitaux, soit sensiblement similaire partout au pays.

Les premiers ministres Eby et Furey estiment que leurs provinces sont désavantagées, puisque les contribuables envoient de l’argent à des provinces qui n’en ont pas besoin, selon eux.

Ottawa souhaite plutôt prolonger le calcul actuel jusqu’à 2029.

Sans la baisse des prix du carburant, l’inflation aurait plutôt atteint 2,8 % en juin.

Photo : Karolina Kaboompics – Pexels 

Mardi, Statistique Canada a annoncé un ralentissement de l’inflation à 2,7 % en juin, surtout attribué d’une baisse des prix du carburant. 

Il s’agit d’une baisse de deux-centièmes de points de pourcentage par rapport à mai. Selon Statistique Canada, depuis l’an dernier, la baisse des prix des biens durables, qui se chiffre à -1,8 %, a contribué au ralentissement de la croissance de l’indice des prix à la consommation en juin.

 Le ministre Seamus O’Regan quitte ses fonctions officiellement ce vendredi, pour des raisons familiales. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

Jeudi, le bureau du premier ministre a annoncé que le ministre du Travail et des Ainés, Seamus O’Regan Jr., quittait ses fonctions pour des raisons familiales. Il restera député de la circonscription terre-neuvienne de Saint-John’s-Sud–Mount Pearl jusqu’aux prochaines élections.

Le député de Gatineau, Steven MacKinnon, a été assermenté comme nouveau ministre du Travail et des Ainés vendredi matin.

Seamus O’Regan Jr. assure dans un communiqué sur la plateforme X que : «[s]a famille passe avant tout. Je dois être un meilleur mari, un meilleur fils, un meilleur oncle, et un meilleur ami, et ce travail exige et mérite que j’y consacre beaucoup de temps pour bien le faire».

Seamus O’Regan Jr. a été élu pour la première fois en 2015 dans St. John’s South–Mount Pearl. Il reste en poste comme député. M. O’Regan a été auparavant ministre des Anciens combattants, ministre des Ressources naturelles et ministre du Travail.

 

Le 14 mars dernier, l’Université de Sudbury et l’Université d’Ottawa annonçaient la signature d’un protocole d’entente pour offrir de nouveaux programmes en français dans le Nord-Est de l’Ontario, dès septembre 2025.

Le 2 mai, le recteur de l’Université de l’Ontario français, Pierre Ouellette, annonçait sa démission. 

Photo : Courtoisie, Université de l’Ontario français

Le 18 mars, l’Université de Hearst nommait Aurélie Lacassagne comme rectrice pour succéder à Luc Bussières.

Le 2 mai, on apprenait la démission surprise du recteur de l’Université de l’Ontario français, Pierre Ouellette, remplacé au pied levé par Normand Labrie. Soit un quatrième changement de rectorat en cinq ans pour l’établissement basé à Toronto.

À lire aussi : Entente entre les universités d’Ottawa et de Sudbury : entre espoirs et inquiétudes

C’est dans ce courant de changements que la nouvelle rectrice de l’Université de Hearst – officiellement en poste depuis le 1er juillet – s’apprête à naviguer. Une navigation qui, d’après elle, requiert coopération et collaboration.

«Mais en même temps, dans un contexte où il n’y a pas plus d’argent, il y a une forme de compétition aussi, il faut le dire», lance Aurélie Lacassagne, lucide. Mais la compétition peut être saine, «si chacun respecte ses partenaires».

Un paysage bilingue

L’Ontario compte trois universités de langue française : l’Université de Hearst, l’Université de Sudbury et l’Université de l’Ontario français située à Toronto.

Les autres établissements universitaires qui offrent des programmes et des cours en français dans la province sont bilingues, comme l’Université d’Ottawa, l’Université Laurentienne à Sudbury, le Collège Glendon de l’Université York à Toronto et l’Université Saint-Paul fédérée avec l’Université d’Ottawa.

Une crise partie pour durer

«La crise dans le postsecondaire franco-ontarien dans laquelle on vit depuis 2021 n’est certainement pas terminée», assène Stéphanie Chouinard, professeure agrégée de science politique au Collège militaire royal du Canada à Kingston, en Ontario.

«L’indépendance, c’est tout faire tout seul. L’autonomie, c’est la capacité d’exercer un pouvoir sur son avenir», statue Serge Miville. 

Photo : Courtoisie

«On demeure dans une situation précaire et, tant que le provincial ne décidera pas de faire les investissements dans le secteur postsecondaire francophone en particulier, c’est malheureusement une précarité qui va demeurer.»

En attendant, les partenariats entre établissements semblent avoir le vent en poupe.

Pour le recteur de l’Université de Sudbury, Serge Miville, l’entente entre son établissement et l’Université d’Ottawa offre «le meilleur des deux mondes». «Toute la rapidité qu’on peut avoir comme Université de Sudbury et la sécurité qui vient avec le grade et l’infrastructure de l’Université d’Ottawa.»

L’historien se veut aussi pragmatique. «Il y a 85 % des étudiantes et étudiants franco-ontariens qui vont à l’Université d’Ottawa, dont plusieurs qui viennent du nord de l’Ontario. Ce qu’on est en train d’offrir c’est une option de proximité, une alternative à l’exode rural.»

Selon lui, l’entente entre l’Université de Sudbury et l’Université d’Ottawa ne remet pas en cause le par et pour, bien au contraire. «La façon que le partenariat est structuré et organisé, ça doit avoir nos programmes, nos cours, nos profs, nos crédits qui vont mener à nos diplômes.»

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Le danger de l’assimilation

Le par et pour constitue précisément la limite à ne pas franchir, surtout quand il est question de créer un réseau.

Le 14 mars dernier, l’Université de Sudbury et l’Université d’Ottawa ont annoncé la signature d’un protocole d’entente. 

Photo : Julien Cayouette, Francopresse

Dans un rapport commandé par le gouvernement ontarien, un comité de spécialistes recommande la constitution d’un réseau pour le postsecondaire francophone. La suggestion qu’il soit sous l’égide de l’Université d’Ottawa ne plait cependant pas à tous.

«Ça pour nous, ce serait un recul, ce serait un danger parce qu’on viendrait toucher à l’autonomie des institutions et particulièrement celle des institutions francophones, qui sont plus petites», alerte le directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien, François Hastir.

Un rapport controversé

En novembre 2023, le gouvernement de l’Ontario publiait un rapport intitulé «Assurer la viabilité financière du secteur de l’éducation postsecondaire de l’Ontario».

Le document proposait trois options pour les établissements francophones : fédérer l’Université de l’Ontario français et l’Université de Hearst à l’Université d’Ottawa, les fédérer au Collège Boréal et au collège La Cité, ou mettre en place un réseau intégré ou un consortium qui favoriserait la collaboration entre tous les établissements d’enseignement postsecondaire francophones et bilingues et qui serait «logiquement» chapeauté par l’Université d’Ottawa.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AOF) avait alors réagi au rapport en insistant sur le caractère «non négociable» du «par et pour» dans la gouvernance du système postsecondaire francophone.

À lire aussi : Postsecondaire francophone : le «par et pour» est «non négociable» (L’express)

«Ça peut être une très bonne chose parce que ça répond aux besoins des étudiants, aux besoins du marché. À l’ère du cours de l’enseignement hybride, il y a des opportunités pour l’accès à l’éducation postsecondaire en français dans les régions plus rurales, plus éloignées. […] Mais il faut pouvoir offrir une vie étudiante et sociale aussi en français, [sinon] il y aura quand même de l’assimilation qui va [se] faire», nuance François Hastir.

Pour François Hastir, les institutions bilingues n’ont pas les mêmes «réflexes» que leurs homologues francophones. 

Photo : Courtoisie

Aurélie Lacassagne ne voit pas non plus d’un bon œil la recommandation du comité : «Formaliser ça avec l’Université d’Ottawa qui chapeaute [l’entité], j’avoue ne pas bien comprendre pourquoi. Et qu’est-ce qui ferait que l’Université d’Ottawa, mis à part sa grosseur, [ait cette] légitimité?»

«Oui, il y a l’Ontario français, bien sûr, mais il y a quand même des identités assez fortes et des réalités surtout complètement différentes, observe-t-elle. Si on était chapeautés par un organisme qui ne connait pas nos communautés, qui ne connait pas nos réalités, ça pourrait être inquiétant.»

«C’est évident qu’on veut être des bons joueurs, qu’on veut être des partenaires. On veut juste s’assurer que, si on fait ça, ce n’est pas pour être avalés», insiste la nouvelle rectrice.

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Un réseau oui, mais pas n’importe lequel

«Le modèle de relation de réseau, peu importe comment on veut l’appeler, n’existe probablement pas encore. Il va falloir le créer. À quoi ressemblera-t-il? Je ne peux pas prédire, admet Serge Miville. Mais ça va nécessiter quand même beaucoup de volonté institutionnelle pour s’y rendre.»

«On a une table de concertation des établissements postsecondaires bilingues et francophones qui se rencontrent régulièrement», assure Normand Labrie. 

Photo : Courtoisie, Université de l’Ontario français

Néanmoins, «il y a un éléphant dans la pièce, c’est l’Université d’Ottawa», lâche Stéphanie Chouinard. Une institution «énorme», au «pouvoir démesuré par rapport aux autres».

«À l’intérieur de cette institution-là, il est possible de fonctionner un peu sous le mode du par et pour, mais ça demeure une bataille de tous les instants. Et effectivement, l’Université d’Ottawa ne fera jamais des décisions que pour les francophones et ça, ça peut avoir des impacts démesurés, notamment en situation de contrainte budgétaire», craint-elle.

Cependant, l’Université de l’Ontario français, comme l’Université de Sudbury, ne s’interdit pas de collaborer avec des institutions bilingues.

«Lorsqu’on développe des partenariats et des programmes, on doit passer par tous les processus de gouvernance internes […] Mais ça n’empêche pas des universités bilingues […] d’appuyer des projets qui aident au développement de leurs propres programmes en français et qui desservent des populations francophones», déclare Normand Labrie, recteur et vice-chancelier de l’Université de l’Ontario français.

La crise, au-delà de l’Ontario

«On perd énormément d’élèves au système de langue anglaise, au système d’immersion […] Tout ça crée un cycle vicieux», s’inquiète de son côté Serge Miville.

Selon sa rectrice, Aurélie Lacassagne, l’Université de Hearst est bien plus qu’une institution postsecondaire : c’est un moteur économique pour le Nord-Est de l’Ontario. 

Photo : Courtoisie, Université de Hearst

«Ultimement, [ça] va poser des enjeux d’ordre existentiel pour l’Ontario français et pour l’ensemble de la francophonie canadienne. Est-ce que l’indépendance vaut ça?», s’interroge-t-il.

«La question du financement dans le postsecondaire est beaucoup plus globale que seulement celle des institutions bilingues ou francophones», souligne Normand Labrie.

«On est à une croisée des chemins. C’est sûr qu’il y a des reconfigurations qui vont être faites ou en tout cas qui sont, je pense, souhaitées par tout le monde, mais le résultat n’est peut-être pas le même attendu par tout le monde», résume pour sa part Aurélie Lacassagne.

Et la nouvelle rectrice d’ajouter : «Ce qu’on voudrait, c’est un engagement fort et pérenne, et de la part du fédéral […] et de la part du gouvernement de l’Ontario, pour que nous ne puissions pas simplement survivre, mais nous épanouir.»

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Vous avez probablement croisé les expressions «summer body», «objectif bikini» ou «body goal» sur les réseaux sociaux ou dans vos magazines préférés à l’approche de l’été. Même si la société évolue, les injonctions persistent. 

En 2015, une campagne publicitaire dans le métro londonien demandait : «Are you beach body ready?». Bien entendu, il n’était pas question de posséder un maillot de bain, ce que l’on pourrait penser la seule condition plus ou moins nécessaire pour se rendre à la plage, mais bien d’être suffisamment svelte. 

Quand on parle de «summer body», il est évident que l’on parle de minceur. La grossophobie est omniprésente. Les personnes en surpoids se retrouvent stigmatisées, renvoyées à l’idée qu’elles manquent de volonté. 

Mais ce n’est pas tout. Les normes estivales excluent aussi les personnes âgées et celles en situation de handicap, dont les corps sont considérés comme indésirables – tare ultime dans une société obsédée par la jeunesse et la performance.

Cette exclusion souligne l’âgisme et le capacitisme, des formes de discrimination qui jugent les individus uniquement sur leur apparence et leur conformité à des standards irréalistes.

En conséquence, ces personnes sont souvent marginalisées et invisibilisées, ce qui renforce leur sentiment d’inadéquation et de rejet dans des espaces censés être inclusifs et accessibles à tous et toutes.

Patriarcat et capitalisme

Les injonctions sur le «summer body» s’inscrivent dans une volonté plus large du patriarcat de maintenir les femmes dans une position d’objet. En imposant des standards de beauté inatteignables et en critiquant constamment leur apparence, la société perpétue un contrôle sur ces dernières. 

Les normes esthétiques servent à détourner l’attention des femmes de leurs ambitions personnelles et professionnelles, les maintenant focalisées sur leur apparence physique.

La société préfère les femmes préoccupées par leur poids plutôt que par leurs droits

Mais il y a une autre force à l’œuvre : le capitalisme. Ce système économique encourage constamment à consommer plus, en exploitant nos insécurités. Les industries de la mode, des cosmétiques et de la nutrition prospèrent en vendant des produits et des régimes censés nous aider à atteindre ce «summer body» idéalisé. 

L’objectif? Nous faire dépenser toujours plus, tout en maintenant une pression constante pour améliorer notre apparence. Cette pression de la consommation perpétue ainsi le cycle de l’insatisfaction et de l’achat compulsif.

Paradoxalement, les femmes ne sont pas seulement jugées pour montrer leur corps, mais aussi pour se couvrir. Les critiques s’abattent sur celles qui choisissent de porter des vêtements couvrants à la plage, souvent perçues comme déviant des normes de liberté corporelle attendue en été. 

Une amie qui préfère porter des tenues modestes pour des raisons personnelles a souvent fait face à des remarques désobligeantes. Elle m’a dit un jour : «Je ne suis jamais assez. Si je montre trop, je suis jugée. Si je ne montre pas assez, je suis aussi jugée.»

Rejetons les normes imposées et les modèles irréalistes. Toutes les formes sont belles. 

Photo : Carlito - Pixabay

Une plage pour tout le monde

Le «summer body» est une construction sociale oppressive. Plutôt que de céder à cette tyrannie, acceptons la diversité des corps et rejetons les normes imposées. La plage est là pour tout le monde, que l’on porte des tailles petites ou X, que l’on ait des vergetures, de la cellulite, un fauteuil roulant ou des cicatrices.

Cet été, au lieu de préparer nos corps pour la plage, préparons nos cerveaux et nos cœurs pour la révolte, l’amour et la bienveillance. Et mettons quelques grains de sable dans les rouages du patriarcat!

Selon Matthieu Arseneau, une approche sectorielle permettrait d’être plus efficace dans l’immigration temporaire. 

Photo : Courtoisie

Le chef économiste adjoint à la Banque Nationale, Matthieu Arseneau, confirme que le manque d’employés pour certains secteurs de l’économie n’est plus une inquiétude. 

«C’est une histoire du passé. Là, avec le taux de chômage à 6,4 %, on est peut-être désormais à un taux de chômage au-dessus d’une situation normale.»

Il fait référence aux nouveaux chiffres de Statistique Canada, publiés le 5 juillet, sur le taux de chômage en juin 2024 qui a augmenté de 1,3 point de pourcentage depuis avril 2023.

Depuis la pandémie de COVID-19, les besoins en main-d’œuvre ne sont plus les mêmes, dit l’économiste. Et en conséquence, la nécessité de recruter des travailleurs étrangers temporaires (TET) a diminué. 

Pour évaluer la situation de la main-d’œuvre, la Banque Nationale regarde plusieurs critères, tels que le taux de chômage, l’évolution des salaires et les taux de postes vacants.

André Bernard rappelle que l’état du marché du travail évolue constamment. 

Photo : Courtoisie

Le directeur adjoint du Centre de l’information sur le marché du travail de Statistique Canada, André Bernard, explique qu’il n’existe pas de définition claire de «pénurie de main-d’œuvre» à Statistique Canada, mais que «le marché du travail a ralenti au cours des derniers mois, depuis environ un an».

Dans une réponse par courriel, Emploi et développement social Canada (EDSC) confirme que le nombre de postes vacants avoisinait les 600 000 en avril 2024, une diminution importante comparativement à environ 1 million en avril 2022.

Le gouvernement s’ajuste

Le Programme de travailleurs étrangers temporaires (PTET) a pour but de combler les besoins en main-d’œuvre. Quand un employeur ne peut pas trouver d’employés au Canada, il peut faire appel à ce programme pour recruter à l’étranger.

Comme annoncé en mars 2024 par voie de communiqué, le PTET a été ajusté en fonction des plus récents besoins du marché du travail. Par exemple, depuis le 1er mai :

Le ministre de l’Immigration, Marc Miller (de dos), et le ministre de l’Emploi, Randy Boissonnault, ont annoncé ensemble des ajustements au PTET. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

«Nous avons annoncé notre intention de diminuer l’embauche de travailleurs étrangers temporaires au Canada et d’encourager les employeurs à trouver les talents dont ils ont besoin ici, dans notre pays», a déclaré le ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles, Randy Boissonnault, dans le communiqué.

«Les mesures limitées dans le temps qui ont été prises en 2022 étaient nécessaires étant donné que notre marché du travail était dans une situation sans précédent, mais, à présent, les temps ont changé et nous devons veiller à ce que notre Programme des travailleurs étrangers temporaires reflète nos besoins actuels.»

En d’autres mots, le gouvernement encourage les employeurs à recruter parmi les travailleurs qui se trouvent déjà sur le sol canadien.

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Revenir à un certain contrôle

Selon Matthieu Arseneau, la réflexion sur le modèle d’immigration actuel ne doit pas s’arrêter là.

«Je pense que la politique d’immigration axée sur les résidents permanents, avant 2019, a montré son succès. Avec une intégration des gens basés sur leurs qualifications, dans l’intérêt qu’ils s’intègrent plus rapidement dans le marché du travail, ça a fonctionné. On voyait que ça se passait très bien.» 

«C’est plus par la suite que les choses se sont complexifiées, notamment via ces programmes-là, qui étaient plus marginaux avant 2019. On n’en parlait pas vraiment de la portion non permanente, poursuit-il. Je pense qu’il faut quand même revenir à quelque chose qui a un certain contrôle et que ça soit marginalement utilisé pour des pénuries de main-d’œuvre très ciblées.»

Rappelant la position pro-immigration de la Banque Nationale, il avise que dans un contexte de crise du logement et avec un marché du travail «qui se détériore», ce n’est pas le meilleur moment pour faire venir des gens. «C’est ne pas leur servir du tout, dit-il. Plusieurs sont très désillusionnés et [partent], dans un tel contexte.»

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L’économiste fait remarquer que même pour les nouveaux arrivants, le marché du travail est serré. En juin, dit-il, le taux de chômage pour cette population s’élevait à 12,7 %.

Le secteur de la santé est le seul n’ayant pas connu de baisse du nombre de postes vacants. 

Photo : Karolina Grabowska – Pexels

Une approche sectorielle

Matthieu Arseneau confirme que, dans un contexte de forte augmentation de la population et de faible création d’emploi, plusieurs entreprises sont en gel d’embauche. Certains secteurs, comme ceux de la santé et de l’éducation, ont des besoins plus graves.

«Le nombre de postes vacants a suivi une tendance à la baisse, mais il y en a toujours [environ] 650 000 au Canada, chiffre André Bernard. On a, par exemple, 94 000 postes vacants dans le secteur de la santé, 186 000 dans le secteur de la vente et des services et aussi 130 000 dans les métiers, transports, machinerie et domaines apparentés.»

Il y a encore des besoins dans tous les secteurs, explique-t-il. Mais ils ont aussi tous connu une baisse du nombre de postes vacants. Tous sauf un : celui de la santé.

Selon Matthieu Arseneau, le Canada aurait intérêt à adopter une «approche sectorielle», tout en conservant une vision globale de l’immigration.

Avec des informations de Marianne Dépelteau

Plus sur la francophonie

Le 5 juillet, le commissaire à l’éthique du Canada, Konrad von Finckenstein, a déclaré qu’il n’ouvrirait pas d’enquête concernant le ministre fédéral de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et des Langues officielles, Randy Boissonnault.

Ses relations d’affaires avaient soulevé les doutes du comité d’éthique. Des messages laissaient croire qu’il était encore engagé dans les activités d’une entreprise qu’il a cofondée et qui a vendu de l’équipement de protection médicale au Québec pendant la pandémie, alors qu’il avait été assermenté ministre. Or, la loi interdit aux ministres de participer à des activités commerciales.

Selon le commissaire à l’éthique, l’enquête préliminaire n’a pas apporté de preuves indiquant que le ministre a enfreint les règles.

Le Parti conservateur du Canada a indiqué qu’il continuerait toutefois d’enquêter sur la question.

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Francis Drouin a été président de l’Assemblée parlementaire de la francophonie pendant deux ans. 

Photo : Marianne Dépelteau – Francopresse

Le député libéral franco-ontarien Francis Drouin a laissé, mardi, son siège de président de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF) à Hilarion Etong, premier vice-président de l’Assemblée nationale du Cameroun.

Le transfert de pouvoir a eu lieu lors de la clôture de la 49e session plénière de l’APF, qui s’est tenue à Montréal en début de semaine.

Francis Drouin retient de son mandat la découverte «de la culture francophone dans d’autres pays». «Pour moi, c’est une richesse que je vais retenir toute ma vie», a-t-il déclaré en entretien à Francopresse.

Occuper ce poste lui a permis d’apporter à Ottawa des enjeux qui touchent les francophones, notamment ceux en situation minoritaire, comme l’étude du continuum de l’éducation. Cette dernière sera amorcée par le Comité permanent des langues officielles lors de la prochaine session parlementaire de l’automne 2024.

Quant à Hilarion Etong, il assure que l’APF se penchera sur la jeunesse francophone au cours de son mandat. 

Il s’est également dit ouvert à accueillir de nouveaux parlements qui souhaiteraient se joindre à l’Assemblée : «La francophonie va vraiment s’élargir», a-t-il prédit en conférence de presse à Montréal.

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Nour Enayeh a assuré que recevoir le Prix du Réseau des femmes parlementaires constituait «une marque de reconnaissance de notre travail auprès de plus de 1,5 million de femmes francophones et acadiennes vivant en situation minoritaire». 

Photo : Ericka Muzzo – Francopresse

L’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC) a reçu lundi le prix du Réseau des femmes parlementaires, lors de la session plénière de l’APF.

Le prix est remis à un organisme qui œuvre à la promotion de l’égalité entre les genres au sein de la francophonie.

«Il s’agit d’une marque de reconnaissance de notre travail auprès de plus de 1,5 million de femmes francophones et acadiennes vivant en situation minoritaire», a déclaré la présidente de l’AFFC, Nour Enayeh.

Protection de la jeunesse autochtone, investissement militaire et un chef vert en moins

Le gouvernement fédéral versera 47,8 milliards de dollars dans la réforme profonde du programme de protection des enfants des Premières Nations. 

Photo : Mélanie Tremblay – Francopresse

La cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Cindy Woodhouse Nepinak, a annoncé que l’Assemblée et le gouvernement fédéral avaient conclu une entente de 47,8 milliards de dollars sur 10 ans pour réformer le système de protection de la jeunesse autochtone en profondeur, notamment le soutien aux enfants des Premières Nations et à leurs familles. 

Cette annonce a eu lieu dans le cadre de la 45e assemblée annuelle de l’APN, qui se déroulait à Montréal cette semaine.

Le montant a plus que doublé depuis la dernière annonce du gouvernement en la matière en 2022, soit 19,8 milliards de dollars sur cinq ans.

Cette annonce sajoute aux plus de 23 milliards dindemnisation pour environ 300 000 enfants et leurs proches lésés par le système de protection de la jeunesse.

Le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre du Canada a prononcé un discours à l’Assemblée des Premières Nations, avec certains chefs qui lui tournaient le dos pour marquer leur désapprobation. 

Photo : Inès Lombardo – Francopresse 

Pendant l’assemblée, le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Pierre Poilievre, a fait une intervention pour tenter de séduire les leadeurs des Premières Nations. Il a mis l’accent sur ses engagements économiques pour les Premières Nations, comme une réduction des taxes ou l’accès à des logements abordables.

Plusieurs chefs lui ont délibérément tourné le dos pour protester contre certaines positions des conservateurs.

Pierre Poilievre n’a pas émis d’excuses, comme lui avait demandé le chef de Kahnawà:ke, Cody Diabo, pour l’usage de l’armée contre sa nation lors de la crise d’Oka il y a 34 ans. 

Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), a pour sa part présenté ses excuses.

Justin Trudeau en a fait l’annonce ce jeudi au sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) : le Canada atteindra la cible de 2 % de son PIB en dépenses militaires d’ici à 2032.

Le premier ministre prévoit notamment de renforcer la protection de l’Arctique aux côtés des États-Unis et de la Finlande, au sein du Pacte de collaboration sur les brise-glaces. La collaboration sur la construction de ces derniers entre les trois pays sera renforcée, pour contrer d’éventuelles ambitions russes dans les mers de l’Arctique.

Cet accord «vise à donner aux nations aux vues similaires les moyens de faire respecter les règles et les normes internationales afin de maintenir la paix et la stabilité dans les régions de l’Arctique et de l’Antarctique pour les générations à venir», ont conjointement affirmé les trois chefs d’État, dans une déclaration commune.

Le Canada devrait également acquérir 12 sous-marins. 

Le soutien pour l’Ukraine se maintient également, avec une aide militaire de plus de 500 millions de dollars. Les chefs d’État ont en outre rappelé leur solidarité à l’Ukraine.

En réaction, le Parti conservateur du Canada a réagi par communiqué : «Les libéraux ont publié une mise à jour de la politique de défense il y a à peine trois mois, qui n’indiquaient aucune voie pour atteindre les 2 %. Si cet engagement à atteindre les 2 % était sérieux, il aurait été inclus dans ce plan.»

Jonathan Pedneault, qui codirigeait le Parti vert du Canada (PVC) aux côtés de la députée Elizabeth May, a quitté ses fonctions mardi.

Le dernier départ d’une personne à la tête du parti remonte à 2021, quand Annamie Paul avait quitté son siège sur fond de tensions.

Il en serait autrement cette fois-ci, puisque Jonathan Pedneault a évoqué des «raisons familiales» pour expliquer son départ. Elizabeth May a expliqué en conférence de presse en avoir «le cœur brisé».

Jonathan Pedneault avait échoué à se faire élire à la Chambre des Communes en 2023, lorsqu’il s’était présenté à l’élection complémentaire dans la circonscription montréalaise de Notre-Dame-de-Grâce–Westmount. La libérale Anna Gainey avait remporté plus de 50 % des suffrages.

Le 28 juin, Victor Boudreau a été nommé sénateur indépendant pour représenter le Nouveau-Brunswick.

Il a été député et ministre à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick et chef intérimaire au Parti libéral du Nouveau-Brunswick. Il a ensuite été vice-président de l’entreprise d’affaires publiques et de markéting m5. Depuis mars 2023, il est directeur général de la Ville de Shediac.

Cette nomination vient combler tous les sièges du Sénat en Atlantique. Les neuf sièges au Sénat encore vacants à l’heure actuelle se trouvent en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Nunavut et au Québec.

Francopresse s’est entretenu avec Victor Boudreau au sujet de sa nomination et de ses aspirations.

Francopresse : Au Nouveau-Brunswick, vous avez été ministre des Finances, du Développement économique, de la Société de développement régional et de la Santé, tous des portefeuilles particulièrement importants pour les francophones. Selon vous, quelles seront vos priorités pour les francophones de tout le Canada?

Victor Boudreau : Étant un représentant du Nouveau-Brunswick – la seule province bilingue au Canada – et étant un sénateur francophone acadien, j’ai un devoir de porter une attention particulière à toutes les questions entourant les langues officielles, la francophonie, la culture acadienne et francophone à l’extérieur du Québec. C’est quelque chose que j’ai toujours fait durant ma carrière. 

Les francophones sont minoritaires, alors on doit constamment être aux aguets pour être certains que nos droits et nos libertés sont protégés. Je vais certainement continuer à jouer ce rôle au Sénat, mais cette fois-ci pour l’ensemble de la province, en sachant aussi que ça peut avoir un impact sur les minorités francophones ailleurs au Canada également.

Que dites-vous à ceux qui craignent que votre passé politique libéral influence votre travail législatif?

Je pense que ceux et celles qui me connaissent et qui ont suivi mon parcours politique savent que je ne suis pas un partisan aveugle. J’ai toujours travaillé avec les autres partis politiques lorsque j’étais député et lorsque j’étais ministre. J’ai toujours travaillé avec des personnes.

Je me considère un peu comme un rassembleur. Si la cause est bonne, on va se rallier, on va travailler ensemble pour la faire avancer.

J’ai probablement autant d’amis conservateurs et NPD et Parti vert qui m’ont félicité depuis ma nomination que d’anciens collègues libéraux. J’ai toujours eu cette réputation-là. Je pense que les gens qui me connaissent savent que je vais faire mon travail de façon juste et claire envers tout le monde, peu importe le parti politique.

Vous avez étudié à l’Université de Moncton. Vous êtes surement bien au fait des difficultés auxquelles font face les établissements postsecondaires francophones hors Québec. Croyez-vous en la nécessité d’une stratégie nationale sur le postsecondaire, comme le demande la sénatrice franco-ontarienne Lucie Moncion?

À première vue, ce n’est certainement pas une mauvaise idée. Je ne suis pas au courant des détails, alors je ne vais pas me prononcer de façon très spécifique. Je vais quand même prendre le temps de m’orienter, de connaitre les dossiers et les enjeux. Ça fait quand même six ans que je ne suis plus politicien au Nouveau-Brunswick. Je suis l’actualité, mais j’avais quand même pris un certain recul. 

L’idée derrière une stratégie comme celle-là, je pense que c’est certainement important. Il faut continuer à offrir l’enseignement postsecondaire aux francophones du Canada à l’extérieur du Québec, il n’y a aucun doute sur cette question.

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De manière générale, quels dossiers vous tiennent à cœur?

Je n’ai pas voulu, jusqu’à date, me prononcer sur des projets de loi ou des dossiers spécifiques, parce que je veux prendre le temps d’apprendre le rôle et le fonctionnement du Sénat. 

Mais c’est certain que pour moi, dans ma carrière, les causes sociales ont toujours été importantes. Beaucoup de gens que j’ai représentés à l’Assemblée législative sont, par exemple, des employés saisonniers. Les questions sociales comme le logement abordable, les sans-abris et le cout de la vie sont tous des dossiers qui ont toujours été importants pour moi. 

Les causes économiques sont aussi importantes, parce que ce sont elles qui payent pour les programmes sociaux. Alors il faut toujours essayer d’équilibrer les deux.

Aussi, étant Acadien, c’est certain que les questions culturelles et de langues officielles seront importantes pour moi.

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Compte tenu de votre affiliation antérieure au Parti libéral du Nouveau-Brunswick, comment vous sentez-vous à l’idée de faire partie du Groupe des sénateurs indépendants?

Depuis 2016, tous les nouveaux sénateurs font leur entrée en tant qu’indépendants, et des regroupements se sont faits à l’intérieur du Sénat au fil des années. Jusqu’à date, je n’ai pas choisi de quel regroupement j’allais faire partie. Je veux quand même prendre le temps de connaitre ces trois groupes-là, leurs représentants et leurs idéologies avant de décider. 

À un moment donné, probablement que je déciderai de rejoindre un des trois groupes.

Dans une tentative de réduire la partisanerie à la Chambre haute, Justin Trudeau a annoncé que les sénateurs libéraux ne seraient plus affiliés au Parti libéral du Canada. Le  Parti conservateur du Canada (PCC) n’a pas emboité le pas.

Au Sénat, outre les sénateurs affiliés au PCC, il y a des sénateurs non affiliés ainsi que des sénateurs affilés au Groupe des sénateurs indépendants, au Groupe des sénateurs canadiens ou au Groupe progressiste du Sénat.

Et si un groupe de parlementaires acadiens se forme, en ferez-vous partie?

Je ne savais pas qu’un groupe de parlementaires acadiens se formait, mais si oui, c’est certain que je vais y participer.

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Vous avez été membre de l’Association internationale des parlementaires de langue française. Qu’en avez-vous tiré?

Je n’ai jamais eu la chance de jouer un rôle très actif au sein de cette association, mais je pense que c’est quand même une bonne chose d’échanger entre partenaires à l’international et entre partenaires francophones, que ce soit d’apprendre les meilleures pratiques ou de continuer à faire la promotion des différentes cultures. 

J’écoute beaucoup ces associations-là et j’ai justement vu qu’il en existe plusieurs différentes au Sénat, alors ça sera certainement quelque chose à regarder. […]

Ici, au Nouveau-Brunswick, nous avons quand même eu la chance d’accueillir le Sommet de la francophonie et le Congrès mondial acadien à quelques reprises. Ces échanges internationaux du côté francophone sont quand même très intéressants et très importants pour l’épanouissement de l’Acadie à l’international.