le Jeudi 2 juillet 2026

En quoi consiste le régime des retraites en France?

Le système des retraites en France est un legs de la Seconde Guerre mondiale.

En 1945, la France a mis en place la Sécurité sociale et, dans ce cadre, un régime d’assurance vieillesse.

À cette époque, l’âge légal de la retraite était de 65 ans, mais il a été abaissé à 60 ans en 1983.

Le système français de retraite par répartition repose sur la solidarité intergénérationnelle. On peut le qualifier à la fois de régime juste, a priori égalitaire et relativement généreux mettant de l’avant le bien commun. En 1956, le gouvernement français a également mis en place un minimum vieillesse.

Le principe de solidarité intergénérationnelle signifie que les cotisations au régime d’assurance vieillesse versées par les travailleurs actifs servent à payer les retraites des personnes inactives.

Or, si en 1950 il y avait 4 actifs pour 1 retraité, en 2020 il y avait moins de 3 actifs pour 1 retraité. Selon les prévisions de l’OCDE, ce rapport s’établira à 1,8 pour 1 en 2050. Autant dire aujourd’hui, puisque le système repose sur une logique intergénérationnelle.

En 1991, un livre blanc fort important a mis en lumière l’incidence des changements démographiques à venir sur ce système basé sur le principe de répartition. De là découle une première réforme, en 1993, qui fait passer la durée de cotisation pour obtenir une retraite pleine de 37,5 ans à 40 ans.

Cependant, cette réforme ne touchait pas au problème épineux des régimes spéciaux, qui se comptent par dizaines en France.

Ces régimes spéciaux visent notamment certaines catégories professionnelles, telles que les cheminots de la Société nationale des chemins de fer français, les employés de la société Électricité de France et de la Régie autonome des transports parisiens, et les élus.

D’autres réformes ont suivi, comme celle de 2010, qui a reculé à nouveau l’âge de la retraite pour la fixer à 62 ans.

Chaque fois qu’un gouvernement a tenté de modifier en profondeur l’assurance vieillesse afin d’harmoniser les différents régimes et de maintenir le financement du système, la fronde s’est organisée, et les grèves ont habituellement eu raison des grandes ambitions de réforme.

Autrement dit, depuis trois décennies, les gouvernements successifs n’ont pu faire que des réformettes.

Que propose la réforme actuelle?

Depuis sa première élection à la magistrature suprême en 2017, le président Macron s’attèle à une nouvelle réforme qui permettrait de répondre aux besoins du régime.

Sa proposition consiste principalement à faire passer l’âge légal de la retraite de 62 à 64 ans et la durée de cotisation à 43 années. Non pas pour embêter les Français, mais tout simplement parce que la réalité démographique fait en sorte que la pérennité du régime est en jeu à terme.

De la part des syndicats, des manifestants et de la majorité des Français opposés à cette réforme, il y a donc un déni flagrant de la réalité.

La France n’a certainement pas le meilleur système au monde, mais quand on se compare, on se console.

Le système français correspond, régimes spéciaux mis à part, à l’idéal républicain d’égalité et de fraternité. Il mutualise le risque vieillesse. Il réduit considérablement la pauvreté des personnes âgées (4,1% des plus de 75 ans ont un revenu inférieur à 50% de la médiane nationale par comparaison à 16,2% dans les autres pays de l’OCDE).

Il est à bien des égards à l’opposé du régime de pensions du Canada qui repose largement sur un principe de capitalisation individuelle selon lequel plus on est riche, plus on peut mettre de l’argent dans ses REER pour se faire une retraite dorée.

Le régime de base de pensions du Canada permet à peine de vivre au-dessus du seuil de pauvreté, le montant mensuel de la pension de la Sécurité de la vieillesse en 2023 étant de 687,56 $ pour les 65 à 74 ans et de 756,32 $ pour les 75 ans et plus; en France le minimum vieillesse au 1er janvier 2022 était de 916,78 € (soit environ 1 353 $ CA).

Par ailleurs, le Canada ne prend pas en compte le fait d’avoir eu des enfants dans le calcul de la retraite, alors qu’en France, huit trimestres (soit deux ans) de cotisation sont octroyés pour chaque enfant.

Enfin, la plupart des pays de l’OCDE ont un âge de départ à la retraite qui s’établit à 65 ans, voire 67 ans. Il ne semble donc pas complètement aberrant de travailler jusqu’à 64 ans pour conserver un régime qui fait l’envie de plusieurs.

L’impasse démocratique

Cela étant dit, vu ce que ce système représente dans l’imaginaire des Français, une réforme comme celle souhaitée par l’exécutif français exige l’adhésion d’une majorité de la population.

Force est de constater que ce n’est pas le cas.

Il aurait fallu que le gouvernement fasse preuve d’un effort pédagogique soutenu pour convaincre la population française du bienfondé de cette réforme, et notamment du recul de l’âge de départ à la retraite.

On le sait, le président Macron a été «mal élu». Il n’est pas le pire, mais en aucun cas, il n’a recueilli un large appui parmi l’électorat. Son gouvernement est minoritaire à l’Assemblée nationale.

Il aurait donc fallu que Macron prenne le temps de bâtir un consensus politique.

Alors soit, le gouvernement Borne a bien tenté de créer ce consensus, mais il n’est pas facile dans un parlement où rivalisent les discours populistes de trouver des élus qui pensent encore à l’intérêt général.

L’utilisation de l’article 49.3 (qui, pour faire court, permet l’adoption d’un projet de loi sauf si une motion de censure est déposée puis adoptée à la majorité) est une faute politique dont le gouvernement et le président ne se remettront pas.

Mais surtout, le recours à cet article vient enfoncer un peu plus le clou dans le cercueil de la démocratie française, déjà bien malade.

Les Français aiment manifester. C’est un droit sacrosaint dans ce pays depuis 1789, et tant mieux.

Néanmoins, on ne peut que désavouer les saccages de bâtiments publics, les feux de poubelles, les dégradations, tout comme il faut condamner l’usage excessif des forces de maintien de l’ordre.

La sortie d’Emmanuel Macron sur la foule était plus que maladroite et déplacée.

En revanche, oui, il y a danger quand le peuple, le corps citoyen, se transforme en foule. Mais justement, c’est parce que la France n’a jamais été aussi proche du renversement de sa démocratie qu’il est du devoir des responsables politiques de ne pas jeter de l’huile sur le feu et de montrer l’exemple.

Ni Macron ni les partis d’opposition ne semblent comprendre l’urgence qu’il y a à ramener l’ordre, mais surtout à réparer la démocratie, à recréer du lien social, à rebâtir la confiance entre les citoyens et leurs élus.

Le climat délétère qui sévit actuellement est extrêmement inquiétant et on peine de plus en plus à voir comment la France évitera l’arrivée des forces néofascistes au pouvoir lors des prochaines élections.

Notice biographique

Aurélie Lacassagne est politicologue de formation et doyenne des facultés de Sciences humaines et de Philosophie de l’Université Saint-Paul à Ottawa. Elle est membre du Comité de gouvernance du partenariat Voies vers la prospérité.

En tout, la ministre des Finances, Chrystia Freelan a annoncé réserver près de 3,8 milliards sur cinq ans pour le prochain Plan d’action pour les langues officielles. Le nouveau financement, qui s’élève à 1 077 400 000 $ s’ajoute aux 2,8 milliards déjà inclus dans le Plan d’action précédent, qui arrive à échéance le 31 mars 2023.

En 2022, ni le budget fédéral ni l’énoncé économique de novembre ne comprenaient de mesures supplémentaires pour les langues officielles ou la francophonie.

Plus d’un demi-milliard pour l’enseignement de la langue de la minorité

Le gouvernement investit 679,2 millions sur cinq ans dès 2023-2024 dans l’accès égal à des services d’enseignement «de qualité égale» dans la langue de la minorité. Cette somme, gérée par Patrimoine canadien, servira aussi à offrir des possibilités d’apprentissage de la langue seconde et à offrir des services gouvernementaux bilingues dans l’ensemble du Canada.

Le budget fédéral ne réserve aucune somme pour les établissements postsecondaires, en contexte minoritaire ou majoritaire. Le gouvernement vise les étudiants en consacrant 813,6 millions dans l’amélioration de l’aide financière et en faisant passer le plafond des retraits pour les régimes enregistrés d’épargnes études (REEE) de 5000 $ à 8000.

Peu pour les organismes communautaires, rien pour les médias

Une somme de 373,7 millions sur cinq ans, dès 2023-2024, est répartie en quatre piliers, avec l’immigration francophone en tête.

Budget fédéral 2023

Photo : Gouvernement du Canada

Toutes les sommes couvrent une période de cinq ans

123,2 millions — Immigration francophone
Somme destinée principalement à l’appui au recrutement des travailleurs francophones et à l’augmentation de l’aide fournie aux immigrants après leur arrivée.

117 millions — Services en français
Sommes divisées entre les organismes sans but lucratif, la formation d’infirmières et de préposés aux soins aux personnes bilingues et à la promotion de la recherche en français.

111,4 millions — Bilinguisme dans la justice, activités culturelles et petite enfance
Somme divisée entre le soutien au bilinguisme dans la justice canadienne, l’appui aux activités culturelles et à la formation d’éducatrices et éducateurs de la petite enfance dans les communautés de langue officielle en situation minoritaire.

25,5 millions – Programme de contestation judiciaire
Somme destinée à fournir de l’aide dans les dossiers juridiques d’importance nationale qui clarifient et confirment certains droits en matière de langues officielles et de droits de la personne.

22,1 millions — Respect de l’application de la Loi sur les langues officielles
Somme destinée au financement d’un centre d’expertise qui veillera à ce que les institutions fédérales se soumettent à leurs obligations inscrites dans la Loi sur les langues officielles.

 

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a demandé l’automne dernier un financement de 300 millions pour les organismes francophones en situation minoritaire, en mal de financement. Selon le budget de cette année, ces organismes devront se partager 117 millions sur cinq ans avec d’autres initiatives appuyées par le gouvernement fédéral.

La création d’un programme économique à part pour l’immigration francophone ne fait pas partie du budget 2023, tel que l’avaient demandé des experts.

Peu pour les arts et la culture, rien pour les médias

Le Fonds des médias du Canada, piloté par Patrimoine canadien, recevra 40 millions sur deux ans entre 2023 et 2025, pour appuyer la sous-représentation dans les médias et l’augmentation au contenu de langue française à l’écran. Le budget réserve aussi 14 millions sur deux ans pour développer les communautés par le biais des arts et du patrimoine et 10 millions sur deux ans pour l’Office national du film.

Aucune somme n’est annoncée pour appuyer le secteur des médias spécifiquement. La plateforme TV5MONDEplus recevra quatre-millions sur deux ans à compter de 2024-2025.

À l’exception du prix des aliments, l’inflation se résorbe progressivement.

Dans ce contexte, une seule nouvelle mesure fiscale aidera les ménages à faibles revenus à combattre l’inflation, selon les données du budget 2023 déposé le 28 mars par la ministre des Finances, Chrystia Freeland.

Le gouvernement doublera à nouveau le crédit TPS cette année. Cette mesure coutera 2,5 milliards et touchera 11 millions de personnes ; une information que le gouvernement avait laissé filtrer la veille du budget.

Selon leur situation, un couple avec deux enfants pourrait recevoir une aide allant de 467 $ à 234 $ pour les personnes seules sans enfant.

Les personnes âgées pourraient recevoir un supplément de 225 $ en moyenne.

Le budget Freeland prévoit peu de mesures pour favoriser le logement abordable contrairement à la demande du NPD et des conservateurs. Les libéraux se contentent de rappeler qu’ils ont investi 32,27 milliards pour le logement abordable à travers la Stratégie nationale sur le logement.

Le budget 2023 prévoit peu de mesures pour favoriser le logement abordable. Les mesures ont déjà été annoncées dans Stratégie nationale pour le logement selon la ministre Chrystia Freeland. 

Photo : Mélanie Tremblay-Francopresse

«Le grand plan pour le logement a été annoncé en 2022, a expliqué la ministre des Finances en conférence de presse. On est en train de mettre en œuvre les programmes annoncés en 2022».

Le budget de l’an dernier prévoyait 1,8 milliard de dollars. Pour couvrir les années de 2022 à 2027, le gouvernement avait annoncé un investissement total de 10 milliards pour les mises en chantier de construction rapide.

«Le plus grand problème concernant le logement est la construction, a précisé la ministre. Vu la croissance de la population, on devra avoir plus de logements. On doit créer une approche qui permettra cela. […] Le logement n’est pas juste une question fédérale. La question principale est de trouver une façon de construire.»

Le budget réserve tout de même une enveloppe de 4 milliards sur 7 ans pour le logement autochtone en milieu rural, urbain et nordique. Le gouvernement Trudeau accède ici à une autre demande du NPD.

Bonification du Régime canadien de soins dentaires

Le budget 2023 présente un investissement de 7,3 milliards pour les soins de santé dentaires pour les cinq prochaines années, sans toutefois préciser les prochaines étapes du plan d’expansion de la couverture. Cette somme fait partie des 13 milliards sur cinq ans déjà annoncés par le gouvernement.

Cette nouvelle prestation, disponible depuis septembre 2022 pour les familles dont le revenu annuel est inférieur à 90 000 $, cible prioritairement les enfants de moins de 12 ans et s’ouvrira cette année pour les moins de 18 ans, les ainés et les personnes en situation de handicap.

Le Régime canadien de soins dentaires coutera deux fois plus cher que prévu au gouvernement, qui répond de nouveau aux attentes néodémocrates.

En santé, le fédéral injecte 46,2 milliards sur dix ans dans les transferts en santé aux provinces. Cette somme s’ajoute au financement déjà prévu.

Décarboner en grand, demeurer compétitif avec les États-Unis

Fait marquant du budget 2023, le gouvernement se dote d’une politique industrielle ambitieuse. Ce sont 80 milliards sur 10 ans qu’Ottawa consacrera à la décarbonation de l’économie et à la production d’énergie propre.

Le plan de décarbonation du fédéral était attendu depuis que le passage du président américain Joe Biden à Ottawa, le 25 mars dernier. 

Photo : Inès Lombardo-Francopresse

Cette réponse était attendue, quelques jours après la visite officielle du président américain Joe Biden. Les États-Unis ont annoncé l’été dernier le Inflation Reduction Act (IRA), un programme de près de 400 milliards américains pour subventionner la transition écologique de leur économie.

À lire aussi : Visite officielle de Joe Biden : la frontière fermée à l’immigration irrégulière dès le 25 mars

Cette initiative constitue «un défi majeur pour notre capacité à soutenir la concurrence dans les industries qui feront prendre de l’expansion à l’économie propre au Canada», peut-on lire dans le budget 2023. Justin Trudeau avait certifié, en conférence de presse avec le président américain, que le Canada resterait compétitif avec les États-Unis.

Le gouvernement fédéral entend doubler, voire tripler, la production d’énergie propre au pays d’ici à 2050. Ce sont 50 milliards sur 10 ans qui seront dédiés à la seule production d’énergie propre comme l’hydroélectricité et l’éolien, mais aussi le nucléaire, la production d’hydrogène ou la captation du carbone.

Les 30 milliards restants faciliteront les investissements dans des technologies vertes dans des secteurs comme l’extraction et la transformation de minéraux critiques, le développement de batteries ou de véhicules zéro émission et de leurs composantes.

Le gouvernement fédéral ne subventionnera pas les entreprises directement, mais mettra plutôt en place des crédits d’impôt ou un cadre de financement pour les entreprises canadiennes dans des secteurs ciblés.

En outre, l’«assurance Poilievre», qui a fait les manchettes ces derniers jours, n’est pas nommée au budget 2023. Cette expression serait utilisée au sein du parti libéral pour qualifier l’assurance que les futurs gouvernements ne modifient pas la taxe carbone instaurée par le gouvernement Trudeau.

Le budget annonce simplement que des consultations seront menées sur «l’élaboration d’une approche générale des contrats sur différence pour le carbone afin de rendre la tarification sur le carbone plus prévisible […]».

Source : Gouvernement du Canada

Un déficit budgétaire pire que prévu, mais soutenable

Le gouvernement fédéral anticipe une croissance économique plus faible que prévu cette année, ce qui aura une incidence sur le déficit à court terme.

Grâce à un marché de l’emploi dynamique et à un essoufflement de l’inflation, le ralentissement économique devrait être de courte durée. Le produit intérieur brut (PIB) devrait faire du surplace à 0,3 % cette année pour remonter à 1,6 % en 2024, selon les prévisions du ministère des Finances.

Le taux de chômage très bas compense ce ralentissement du PIB réel. Fixé à 5 % en moyenne au pays actuellement, il devrait avoir légèrement augmenté à la fin de l’année 2023, selon les prévisions gouvernementales, avant de redescendre en 2024.

Interrogé sur le fait de savoir si le scénario pessimiste de l’énoncé économique de l’automne 2022 se concrétise à cause de l’augmentation des dépenses, un haut fonctionnaire du gouvernement a répondu positivement.

«Il y a plus de déficit dans le budget, mais ce n’est pas parce que l’économie va moins bien, c’est parce que les investissements gouvernementaux augmentent», a-t-il souligné.

Il a par ailleurs noté que le budget 2023 présente encore deux cadres, un optimiste et un pessimiste, mais que le gouvernement a choisi cette fois une voie mitoyenne dans ses prévisions pour faire face à l’incertitude économique.

Le déficit budgétaire fédéral sera donc plus élevé que prévu au cours des prochaines années. Il devrait être de 40,1 milliards pour l’exercice financier 2023-24, l’équivalent de 1,4 % du PIB. À moins d’imprévus, ce rythme d’endettement devrait décroitre par la suite et rester somme toute près de l’équilibre budgétaire.

«Face à l’urgence de la crise environnementale, le pire, c’est de rester passif. On veut aider les jeunes à lutter contre leur écoanxiété, leur permettre d’exprimer leurs peurs et leurs émotions négatives à travers l’art», explique Elsa Morin, animatrice d’ateliers et d’évènements au sein d’EcoNova, un organisme d’éducation à l’environnement et au climat, basé à Vancouver.

Elsa Morin est animatrice d’ateliers et d’évènements au sein d’EcoNova, un organisme d’éducation à l’environnement et au climat, basé à Vancouver.

Photo : Courtoisie

L’association organise un concours de bandes dessinées intitulé «Le Futur se dessine!». La compétition est réservée aux francophones et francophones de langue seconde en milieu minoritaire, âgés de 8 à 19 ans.

«Il n’y a pas besoin d’être parfaitement bilingue, au contraire, la bande dessinée est une porte d’entrée pour s’essayer au français, insiste Elsa Morin. C’est moins effrayant qu’un livre pour donner le gout de la langue.»

Les jeunes peuvent participer à titre individuel, mais des enseignants ont également la possibilité d’inscrire une classe entière. Jusqu’à 11 ans, les enfants doivent soumettre une planche, écrite majoritairement en français.

De 11 à 19 ans, ils doivent en concevoir deux. Tous les thèmes sont acceptés, que ce soit le récit intime, la science-fiction, l’aventure, ou encore l’humour.

À lire aussi : L’école n’a pas la main verte 

Une image, une infinité de mots 

«On fait appel à l’énergie et la créativité des jeunes. Ils vont pouvoir mettre en scène le futur qu’ils souhaitent pour notre planète, proposer des solutions et une vision concrète d’une société plus verte», détaille Elsa Morin.

Nina Six, autrice de bande dessinée belge, est l’une des deux membres du jury du concours organisé par EcoNova.

Photo : Courtoisie

«On a besoin de nouvelles formes de récits pour parler d’écologie et sensibiliser les enfants et les adolescents. La bande dessinée est un médium parfait pour ça», complète Nina Six, l’une des deux membres du jury qui évaluera les œuvres envoyées à EcoNova.

L’autrice de bande dessinée belge évoque les liens entre le neuvième art et l’écologie : «Pour que le monde aille mieux, on doit faire plus attention à la nature, lui accorder de notre temps. C’est la même chose quand on est devant une bande dessinée, on doit lire doucement, prêter attention aux moindres détails d’une image, car elle peut véhiculer à elle seule énormément d’idées.»

«La bande dessinée est très accessible et permet de toucher un large public. Les dessins facilitent la compréhension de sujets complexes, contribuent à vulgariser des concepts scientifiques», explique Elsa Morin.

 

Les deux jeunes femmes constatent d’ailleurs le succès grandissant en librairie du neuvième art, consacré à l’écologie.

Inventer un monde plus vert

En 2022, Nina Six a publié Les Pissenlits. L’histoire d’enfants qui s’aventurent dans la mystérieuse végétation d’un camping français et en ressortent transformés. Photo : Courtoisie

«Les lecteurs sont touchés par la sensibilité de l’auteur, sa perception du monde. Ils sont comme happés par les émotions qui transparaissent à chaque page», avance Nina Six, qui a publié Les Pissenlits en 2022. Il s’agit de l’histoire d’enfants qui s’aventurent dans la mystérieuse végétation d’un camping français et en ressortent transformés.

«Les auteurs partagent leur point de vue subjectif sur la crise que nous vivons. C’est un plus par rapport aux livres scientifiques, ça rend les défis plus humains, moins abstraits, ça parle aux gens», poursuit Elsa Morin.

EcoNova compte attirer quelques centaines de participants de tout le pays. L’ensemble des concurrents recevront des cadeaux, mais seuls les lauréats exposeront leurs planches originales en Colombie-Britannique. L’organisation aimerait également les afficher dans des centres culturels de différentes régions canadiennes.

Avec ce concours, les organisateurs espèrent voir émerger de nouveaux talents. Aux yeux d’Elsa Morin, les artistes contribueront à changer les mentalités et à démocratiser des modes de vie plus durables : «La culture fait partie des solutions pour façonner un monde meilleur.»

À lire aussi : Body Ngoy : «Le Canadien», ou comment interpeler les Noirs sur leur histoire

Y PARTICIPER : Le concours de bande dessinée écologique «Le futur se dessine!» est ouvert jusqu’au 20 avril 2023. Pour s’inscrire : https://econova.ca/le-futur-se-dessine/

Le président des États-Unis à Ottawa

Le président des États-Unis est arrivé jeudi soir au Canada. Accueilli par la gouverneure générale et la vice-première ministre Chrystia Freeland, il a prononcé un discours au Parlement vendredi et a tenu une conférence de presse avec le premier ministre Justin Trudeau.

La question de l’immigration à la frontière canado-américaine a notamment été abordée. Une entente a été conclue entre les États-Unis et le Canada sur la fermeture du chemin Roxham, pour endiguer l’immigration irrégulière, a rapporté jeudi Radio-Canada.

Nouveaux épisodes sur l’ingérence étrangère

Han Dong, député de Don Valley-Nord dans la région de Toronto, aurait recommandé à Pékin de reporter la libération des Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig, détenus en Chine pendant près de trois ans.

Han Dong a quitté le caucus libéral mercredi, après avoir qualifié de «fausses» les informations rapportées par Global News, selon lesquelles il se serait opposé à une libération des deux Michael détenus en Chine.

Photo : Facebook Han Dong

Han Dong a contesté les allégations, rapportées par Global News, selon lesquelles il aurait affirmé qu’une libération des deux Canadiens aurait bénéficié au Parti conservateur du Canada. Le leadeur du parti à l’époque, Erin O’Toole, souhaitait durcir les relations avec la Chine.

Les deux Michael ont été libérés en septembre 2022, après que la Cour suprême de Colombie-Britannique a décidé de relâcher Meng Wanzhou, directrice financière de l’entreprise de télécommunications chinoise Huawei, détenue au Canada à la demande des États-Unis en 2018.

Le député Dong s’est retiré du caucus libéral mercredi, peu après la publication de Global News. Il siège désormais comme indépendant.

Les partis d’opposition continuent de réclamer une enquête publique et indépendante sur les allégations d’ingérence chinoise dans les scrutins fédéraux de 2019 et 2021.

Le Cabinet du premier ministre l’a confirmé mardi par courriel : Katie Telford comparaitra finalement devant le Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre.

«Bien qu’il y ait de sérieuses contraintes sur ce qui peut être dit en public sur les questions sensibles de renseignement, dans un effort pour faire fonctionner le Parlement, Mme Telford a accepté de se présenter devant le Comité de la procédure et des affaires de la Chambre dans le cadre de son étude», précise le Cabinet.

Demandée depuis des semaines par les conservateurs et le Bloc québécois, notamment dans une motion conservatrice défaite en Chambre par les libéraux et les néodémocrates, la comparution de Katie Telford a suscité de la résistance chez les libéraux du Comité en question qui ne souhaitaient pas accéder à la requête de l’opposition.

Une motion du NPD réclamant la tenue d’une enquête indépendante et publique sur les allégations d’ingérence étrangère dans les élections canadiennes de 2019 et 2021 a été votée jeudi en Chambre.

Au total, 172 députés néodémocrates, conservateurs et du Bloc québécois l’ont appuyée, contrairement aux 149 libéraux. La motion a été appuyée par le député Han Dong, qui s’est retiré du caucus libéral la veille.  

Justin Trudeau a précisé, mardi, le mandat de David Johnston, nommé la semaine dernière pour évaluer les conséquences de l’ingérence étrangère lors des élections fédérales de 2019 et 2021.

Selon le communiqué de presse du Cabinet du premier ministre, M. Johnston aura pour tâche de «dégager les mesures prises par le gouvernement afin de défendre le Canada contre l’ingérence étrangère».

David Johnston devra aussi faire des recommandations «pour renforcer la confiance des Canadiens dans l’intégrité de nos institutions démocratiques, par exemple une enquête publique formelle, d’ici le 23 mai 2023», peut-on lire dans le communiqué.

Il devra en outre remettre des rapports périodiques au premier ministre. Le Cabinet a exprimé qu’il aura accès à tous les documents pertinents, «qu’ils soient classifiés ou non».

Le rapporteur devrait terminer son examen d’ici le 31 octobre 2023.

Immigration : soutien aux Turcs et aux Syriens, et les mesures pour les Ukrainiens prolongées

Samedi dernier, Sean Fraser, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, a annoncé que dès le 29 mars 2023, les ressortissants turcs et syriens pourront continuer à étudier, travailler ou rendre visite à leur famille en demandant gratuitement une prolongation de leur statut.

Sean Fraser, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, a annoncé de nouvelles mesures pour les ressortissants turcs et syriens et un prolongement de l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU) pour les Ukrainiens.

Photo : Inès Lombardo – Francopresse

Le Canada lève également l’obligation pour ces ressortissants de détenir un passeport ou un titre de voyage. De plus, les citoyens canadiens et les résidents permanents originaires de Turquie et de Syrie peuvent revenir au Canada en annulant les frais de certains passeports et titres de voyage, précise le communiqué de presse.

Ces pays ont été frappés par d’importants tremblements de terre le mois dernier.

Mercredi, une autre annonce a visé cette fois le prolongement de l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU). Sous certaines conditions, précise le communiqué gouvernemental.

Le 16e Symposium annuel sur l’immigration francophone à guichet fermé

Avec une thématique portant sur le parcours d’intégration francophone, le Symposium a attiré près de 300 personnes, inscrites aux dix ateliers proposés.

Des chercheurs ont notamment expliqué le projet de l’Observatoire de l’immigration francophone au Canada (OIFC), qui devrait voir le jour en septembre.

À lire aussi : Bientôt un Observatoire de l’immigration francophone au Canada

Organisé par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, l’évènement a rassemblé notamment des chercheurs et des intervenants communautaires pour «faire le point sur les enjeux de l’heure en matière d’immigration francophone», rapporte l’organisme dans un communiqué.

Les ambassadrices du Mali et du Sénégal étaient présentes, ainsi qu’une représentation de l’ambassade du Maroc. Roda Muse, secrétaire générale de la Commission canadienne de l’UNESCO, était la conférencière d’honneur.

Poser des questions difficiles et exiger une reddition de compte des actions du gouvernement est dans le mandat du chef de l’opposition officielle. Thomas Mulcair, qui a occupé cette fonction de 2012 à 2015 avec le NPD, était particulièrement efficace avec son style direct et inquisitoire.

Formuler ses questions ou ses critiques de façon à retenir l’attention publique et médiatique sur un enjeu, comme l’inflation, la sécurité publique ou les finances publiques, est un atout. Pierre Poilievre va toutefois parfois plus loin et n’hésite pas à tomber dans la désinformation ou la sursimplification pour arriver à ses fins.

L’exemple du dossier de l’ingérence chinoise

Le premier ministre Justin Trudeau a tardé à réagir aux révélations d’ingérence chinoise lors des élections générales de 2019 et de 2021. Il a aussi esquivé les questions sur le moment où il a été mis au courant de la situation.

Plutôt que de mettre en place une enquête publique, demandée unanimement par les partis d’opposition, Justin Trudeau a plutôt créé un poste de rapporteur spécial indépendant sur l’ingérence étrangère. Il a nommé l’ancien gouverneur général, David Johnston, à cette fonction.

Sur le fond, il est tout à fait normal que Pierre Poilievre talonne le gouvernement dans ce dossier. Il s’agit d’un enjeu qui met en cause la sécurité nationale et l’intégrité du processus démocratique. Le gouvernement doit rendre des comptes sur ses actions pour renforcer la protection de nos institutions contre toute ingérence étrangère.

Toutefois, les réactions du chef de l’opposition officielle dans ce dossier ne sont pas de la qualité de celles que l’on peut attendre d’un premier ministre potentiel.

Ses propos ont manqué de sérieux à plusieurs reprises. Par exemple, durant la période des questions, il a fait un lien entre le poste de rapporteur et la tendance à Justin Trudeau à se costumer : «Le rapporteur nous arrivera-t-il avec un costume, peut-être une cape et une épée?»

Sur Twitter, il n’y est pas non plus allé de main morte pour discréditer la nomination de M. Johnston. Selon lui, «Justin Trudeau a nommé un “ami de la famille”, ancien voisin du chalet et membre de la fondation Trudeau financée par Pékin, pour être le rapporteur “indépendant” sur l’ingérence de Pékin» [traduction libre].

Rappelons que c’est l’ancien premier ministre conservateur, Stephen Harper, qui a nommé David Johnston au poste de gouverneur général en 2010.

Critiquer l’approche du gouvernement de faire appel aux services d’un rapporteur spécial plutôt que d’annoncer une enquête publique indépendante immédiatement est légitime. Ce qui l’est moins, c’est de tenter d’entacher la crédibilité d’une personnalité publique avec une feuille de route sans faute à des fins purement partisanes.

Par ses propos, M. Poilievre s’en prend aussi à la Fondation Pierre Elliott Trudeau, un organisme de bienfaisance indépendant et sans affiliation politique. Cette fondation offre des bourses doctorales parmi les plus prestigieuses au pays.

D’éminentes personnalités publiques au Canada sont associées à la Fondation à titre de membres ou de mentors. Le fait que David Johnston en a été membre ne remet en rien sa capacité à occuper ses nouvelles fonctions.

De même, laisser entendre que la Fondation est financée par Pékin est une déformation de la réalité. En fait, après avoir été mise au courant d’un lien potentiel entre un don de 200 000 $ reçu en 2016 et le gouvernement chinois, la Fondation a remboursé le montant dans son intégralité.

Une accusation très sérieuse

Plus problématique encore, en point de presse, Pierre Polievre a déclaré que Justin Trudeau «a encouragé l’ingérence étrangère parce que c’était son intérêt et l’intérêt de son parti». Il s’agit d’une accusation très sérieuse.

Il n’y a aucune raison de croire que les libéraux aient joué un quelconque rôle pour encourager une puissance étrangère à interférer dans les élections. Ce type d’insinuation, sans fondement, ne peut que miner la confiance du public dans le processus électoral.

Dans le contexte d’une montée des propos haineux en ligne, la classe politique devrait être d’autant plus aux aguets des répercussions de leur propos.

M. Poilievre devrait relire le blogue publié en début d’année par son prédécesseur, Erin O’Toole, dans lequel il met en garde contre la détérioration du climat politique au Canada. M. O’Toole rappelle d’ailleurs que «M. Trudeau était son adversaire politique pas son ennemi».

Une remise en cause des médias

La gestion du dossier de l’ingérence chinoise n’est pas une anecdote dans le parcours de M. Poilievre, mais est plutôt illustrative de son approche politique.

Un autre élément problématique est son aversion à l’égard des médias, pourtant essentiels à une démocratie saine. Il a d’ailleurs boudé la presse parlementaire pendant plusieurs mois, avant de se résigner à répondre aux questions des journalistes.

Peu de temps après son entrée en poste, il demandait à ses partisans des dons pour l’aider à contourner les «médias biaisés». Il a d’ailleurs déjà qualifié à plusieurs reprises la CBC «d’outil de propagande gouvernemental». Ce type de propos ne sont pas sans rappeler ceux d’un ancien président au sud de la frontière…

Les élus, en particulier les personnes qui occupent un poste de premier plan, ont un rôle à jouer pour conserver la confiance du public envers les institutions démocratiques et préserver un climat social sain.

Jusqu’à présent, Pierre Poilievre n’a pas fait la démonstration qu’il est prêt à occuper les fonctions de premier ministre.

Jouer avec les faits, attaquer les médias et faire preuve de partisanerie à outrance en s’en prenant à la réputation d’autrui ne semble pas être la meilleure approche pour élargir sa base électorale. Au contraire, cela pourrait avoir des conséquences négatives à long terme sur le climat politique au Canada.

Guillaume Deschênes-Thériault est doctorant en science politique à l’Université d’Ottawa. Il détient un baccalauréat de l’Université de Moncton et une maitrise de l’Université d’Ottawa. Dans le cadre de ses recherches, il s’intéresse aux communautés francophones en situation minoritaire, avec un intérêt particulier pour l’enjeu de l’immigration. Depuis mai 2021, il est conseiller à la municipalité de Kedgwick au Nouveau-Brunswick.

Régulièrement, le sujet des châtiments corporels revient de plein fouet dans l’actualité, à la faveur d’un fait divers saisissant l’opinion. En novembre dernier, ce sont des allégations d’isolement forcé et d’immobilisation d’élèves dans une école primaire de Whitehorse, au Yukon, qui ont fait polémique.

Peu de temps après, le Nouveau Parti démocratique (NPD) du Yukon en a profité pour réitérer son appui au projet de loi d’initiative parlementaire C-273. Présenté à la Chambre des communes en mai 2022, ce texte a pour ambition de bannir la punition physique du Code criminel.

Car depuis plus d’un siècle, l’article 43 du Code criminel confère aux parents et aux enseignants le pouvoir d’utiliser une force raisonnable pour corriger un enfant qu’ils ont sous leur garde.

«C’est en totale contradiction avec les valeurs canadiennes d’ouverture et de tolérance», regrette Lila Amirali, pédopsychiatre et présidente de l’Académie canadienne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (ACPEA).

Lila Amirali est pédopsychiatre et présidente de l’Académie canadienne de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.

Photo : Courtoisie

Employer une «force modérée»

En 2004, la Cour suprême a pourtant confirmé ce droit à condition d’employer une «force modérée» et de respecter certaines règles. Néanmoins, la décision du plus haut tribunal du pays n’a pas fait l’unanimité parmi ses neuf juges : trois s’y sont opposés. Signe que ce sujet de société reste controversé.

La Cour avait été saisie par un organisme de défense des droits des enfants, la Canadian Foundation for Children, Youth and the Law, qui voulait faire invalider l’article 43.

Les juges ont estimé que la disposition n’allait pas à l’encontre du droit des enfants à la sécurité, garanti par la Charte des droits et libertés, et qu’elle ne constituait pas un châtiment cruel ou inhabituel.

L’article 43, dit le jugement, donne aux parents et aux enseignants «la capacité d’éduquer raisonnablement l’enfant sans encourir de sanctions pénales».

Les exposer à cet «instrument radical» qu’est le droit criminel pour une correction physique mineure pourrait, à l’inverse, «détruire les rapports au sein de la famille et à l’école», peut-on encore lire dans la décision.

Le droit de correction est toutefois limité. Les tout-petits de moins de 2 ans doivent en être épargnés, dit le tribunal, de même que les adolescents qui pourraient réagir à une punition physique par un «comportement agressif ou antisocial».

L’emploi d’objets, comme une règle ou une ceinture, est proscrit, tout comme les gifles et les coups à la tête.

L’emploi d’une force modérée doit avoir pour seul objectif d’éduquer ou de discipliner l’enfant. […] Le droit de correction ne peut pas excuser les accès de violence qui sont dus à la colère ou à la frustration.

— La juge en chef Beverley McLachlin

«Une vision dépassée»

Les conditions fixées par la Cour suprême ne sont pas du gout des défenseurs des droits des enfants. «Ça ne repose sur une aucune donnée scientifique et ne protège pas les enfants contre l’abus physique», réagit Elisa Romano, professeure à l’école de psychologie de l’Université d’Ottawa.

Elisa Romano est codirectrice du programme clinique en psychologie à l’école de psychologie de l’Université d’Ottawa.

Photo : Courtoisie

Elle dénonce par ailleurs «une vision dépassée», perpétuant l’idée que «les enfants sont la propriété de leurs parents plutôt que des sujets de droit».

«Les conceptions de ce qui est raisonnable en matière de châtiment corporel varient énormément d’un individu à un autre, ce n’est pas suffisamment clair et précis», estime quant à lui Jean-Michel Robichaud, professeur à l’école de psychologie de l’Université de Moncton.

Autrement dit, tout le monde n’a pas la même appréciation de la légèreté : une petite fessée paraitra grande à une autre personne, et inversement.

Aux yeux des deux psychologues cliniciens, les gifles et les fessées n’ont aucune valeur éducative et sont au contraire dangereuses.

Des châtiments dangereux

«Dans l’immédiat, la claque peut permettre d’obtenir de l’enfant qu’il arrête ce qu’il fait, car il a peur, il est blessé et humilié, décrit Elisa Romano. Mais ce n’est pas un moment d’apprentissage où l’adulte lui explique pourquoi son comportement est inacceptable.»

Pour Jean-Michel Robichaud, «le but de l’éducation est que l’enfant obéisse aux règles parce qu’il en a compris le sens». Or, l’atteinte corporelle n’atteint pas cet objectif selon lui. «Il ne comprend pas l’intention éducative et apprend la violence par l’exemple. Il acquiert le geste et il va l’utiliser à son tour pour obtenir ce qu’il veut», alerte le psychologue.

Un avis que partage la pédopsychiatre Lila Amirali : «Les corrections physiques sont souvent disproportionnées, car elles sont données en fonction de l’humeur et de l’impulsivité des parents, plus qu’en fonction des actes de leurs enfants.»

Des enfants violents à leur tour

De nombreuses recherches ont démontré les effets néfastes à court et long terme des châtiments corporels sur le développement et la santé mentale des plus jeunes.

En 2002, une méta-analyse (nouvelle analyse de données existantes) de 88 études a mis en évidence une corrélation entre le fait d’avoir reçu des coups (en excluant les cas de maltraitance) et une plus grande agressivité ultérieure, la dégradation du lien parent-enfant, une hausse des comportements délinquants ou encore une propension supérieure à maltraiter ses enfants.

Selon une étude réalisée aux États-Unis en 2010, les petits qui reçoivent fréquemment une fessée à 3 ans ont toutes les chances de devenir plus agressifs dès l’âge de 5 ans.

D’autres travaux ont révélé un risque de glissement vers la maltraitance. Au Canada, trois recherches majeures ont montré que 75 % des cas de maltraitance graves avaient lieu pendant des épisodes de punition physique.

Par quoi remplacer les coups?

Contre la violence éducative, Elisa Romano et Jean-Michel Robichaud prônent la discipline positive. Mais ils insistent : l’éducation positive, ce n’est pas le règne de l’enfant roi auquel on passe tout.

Jean-Michel Robichaud est professeur à l’école de psychologie de l’Université de Moncton.

Photo : Courtoisie

«Ne pas frapper n’empêche pas de donner un cadre stable et solide, de fixer des limites, les plus jeunes ont besoin de discipline, relève Elisa Romano. L’autorité parentale doit être exercée, mais par d’autres moyens, en étant un guide.»

La première alternative, c’est la parole. «On doit aider l’enfant à mettre des mots sur ses émotions pour désamorcer les crises, lui expliquer pourquoi c’est important d’obéir et l’encourager à trouver des solutions», détaille Jean-Michel Robichaud.

«Ça règle la grande majorité des situations. Si ça ne marche pas, il faut remplacer les punitions brutales par des conséquences liées à l’action : réparer sa bêtise, s’excuser…», poursuit-il.

Les deux psychologues mettent également l’accent sur le besoin de créer un climat empathique et bienveillant. «Les enfants sont constamment en train d’apprendre, leur cerveau est en plein développement, on ne peut pas exiger qu’ils soient parfaits, c’est légitime qu’ils fassent des erreurs», affirme Jean-Michel Robichaud.

Elisa Romano appelle de son côté à faire preuve de patience et à avoir des attentes réalistes, adaptées à l’âge.

Changer la loi

Dans ces conditions, faut-il retirer l’article 43 du Code criminel? Le Repeal 43 Committee, qui regroupe près de 200 organisations au pays, le réclame depuis 1994.

Fred Phelps est directeur général de l’Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux.

Photo : Courtoisie

«Ottawa doit envoyer un message clair : aucune forme de violence n’est autorisée, la force est inacceptable pour contrôler le comportement d’une personne vulnérable», insiste Fred Phelps, directeur général de l’Association canadienne des travailleuses et travailleurs sociaux (ACTS), membre du Committee.

Le responsable associatif rappelle que l’article 43 contrevient à l’article 19 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, signée par le Canada. Son retrait est par ailleurs l’un des points de l’appel à l’action du rapport de la Commission de vérité et réconciliation. 

Lors des élections fédérales de 2015, l’abrogation de l’article 43 a fait partie des promesses de campagne du Parti libéral. De nombreux projets de loi en ce sens ont également été déposés au Parlement, mais aucun n’a abouti.

Une société encore réticente

En réalité, la question semble toujours susciter des réticences au sein de la société. «Certaines familles, déjà dans le système de protection de l’enfance, ont peur de perdre toute latitude dans l’éducation de leurs enfants. Elles voient le retrait de l’article comme une manière de les surveiller davantage», analyse Fred Phelps.

«Une partie de la population a peur que sans cette protection légale, toute personne qui donne une fessée ou une gifle soit poursuivie et mise en prison», ajoute Elisa Romano.

La psychologue estime ces inquiétudes infondées. Elle prend l’exemple de la Suède, le premier État à avoir interdit les châtiments corporels en 1979 : «Il n’y a pas plus de parents poursuivis depuis.»

Au contraire, depuis la promulgation de la loi, beaucoup moins d’enfants sont morts des suites de violence familiale et le nombre de procès pour maltraitance d’enfants a diminué, de même que le nombre d’enfants soustraits à la garde de leurs parents.

Pour dépasser ces craintes, pédopsychiatres et travailleurs sociaux sont unanimes : la suppression de l’article 43 doit s’accompagner d’investissements massifs dans des programmes de soutien aux parents. Avec un objectif : montrer qu’il est possible de dissocier l’autorité des coups.

Le président des États-Unis et le premier ministre Justin Trudeau se sont adressés aux médias après son discours à la Chambre des communes le 24 mars. 

Photo : Inès Lombardo - Francopresse

C’était le sujet le plus attendu. Radio-Canada en avait laissé filtrer certains détails la veille de l’annonce. Justin Trudeau l’a confirmé lors de la conférence de presse conjointe avec le président américain : les deux pays ont durci le ton sur la question de l’immigration irrégulière. Les migrants qui tentent de traverser la frontière pour se rendre au Canada seront refoulés tout le long de la frontière terrestre canado-américaine et vers les postes réguliers frontaliers.

De plus, le Canada accueillera bien 15 000 migrants pour honorer cet élargissement de l’Entente sur les pays tiers sûrs.

«On ne peut pas tout simplement fermer le chemin Roxham et espérer que tout se règlerait puisqu’on a une extrêmement longue frontière et les gens chercheraient d’autres endroits ou passer. […] On a modernisé pour que quelqu’un qui traverse entre nos postes frontaliers officiels […] demande l’asile dans le premier pays sûr dans lequel il arrive», a affirmé Justin Trudeau en conférence de presse conjointe avec Joe Biden.

«On continue d’être ouvert à des arrivées régulières. On va augmenter les demandeurs d’asile, particulièrement de l’hémisphère, pour compenser pour la fermeture de ces passages irréguliers», a-t-il ajouté.

Selon des données fédérales, 92 720 demandeurs d’asile ont traversé la frontière canado-américaine en 2022, dont près de 40 000 personnes au chemin Roxham. Interrogé sur l’accueil de seulement 15 000 demandeurs d’asile, le premier ministre Trudeau a botté en touche.

Un communiqué émanant de son Cabinet a toutefois précisé que ces migrants seront principalement issus de l’hémisphère occidental [Amérique du Sud et Amérique du Nord, NDLR], «et ce, pour des motifs d’ordre humanitaire, et que [le Canada] leur offrirait des débouchés économiques pour contrer le déplacement forcé».

Joe Biden est le 9e président américain à prononcer un discours à la Chambre des communes.

Photo : Inès Lombardo - Francopresse

Autres annonces

Sur une autre note, Justin Trudeau a annoncé que le Canada investira 100 millions $ pour aider les forces policières en Haïti et notamment fournir un meilleur équipement à la Police nationale. Ceci, dans un contexte où les États-Unis demandaient depuis des mois au Canada de prendre le leadership pour une intervention.

Le président américain Joe Biden et Justin Trudeau à la sortie de la conférence de presse conjointe du 24 mars à Ottawa. 

Photo : Inès Lombardo - Francopresse

Les deux dirigeants ont fait les annonces suivantes en rafale : le Canada investira dans un projet de 7,3 milliards de dollars pour notamment moderniser et construire de nouvelles infrastructures qui accueilleront une flotte d’avions de chasse F-35, dans le cadre du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD).

Le Canada mettra également 420 millions dans la préservation des Grands Lacs. Un groupe de travail sur la transformation de l’énergie sera mis en place pour que les deux pays collaborent dans le domaine de l’économie propre.

Plus tôt, le président Joe Biden a prononcé un discours à la Chambre des communes, devant une salle comble de députés, de sénateurs et d’invités tels que l’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien et l’ancien premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty.

Sur un ode à l’amitié et la solidarité qui lie le Canada et les États-Unis, il a conclu par un vibrant : « Vous pourrez toujours, toujours compter sur les États-Unis d’Amérique », suivi d’une ovation de part et d’autres de la Chambre.

En cette première Journée québécoise de la francophonie canadienne, c’est l’occasion d’être solidaires et d’exprimer avec passion et résilience notre attachement commun à la langue française.

Nos carrières respectives nous ont menées à la rencontre de gens formidables qui vivent en français, que ce soit sur les rives de l’Acadie, au cœur des Prairies, en Ontario, au Yukon et au Québec. Ces personnes qui continuent de résister avec force et conviction méritent toute notre admiration.

Même si les racines de la francophonie canadienne sont profondément ancrées dans l’histoire, ces communautés n’échappent pas aux défis engendrés par l’omniprésence de la langue anglaise, la mondialisation et la proportion toujours décroissante du nombre de francophones, comme le confirment les récentes statistiques.

Au Québec, bien que nous soyons majoritairement francophones, nos enjeux sont essentiellement les mêmes ; la découvrabilité des contenus en français sur le web, l’attractivité de l’anglais chez les jeunes, la francisation des nouveaux arrivants et la diminution de la proportion de locuteurs de langue française.

Face à ces enjeux, nous devons faire front commun pour freiner le déclin du français. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée québécoise de la francophonie canadienne, engageons-nous avec bienveillance et solidarité à nous rapprocher afin de bâtir un réseau de francophones déterminés à protéger ainsi qu’à valoriser la langue française.

Un pas dans la bonne direction serait d’aller à la rencontre de l’autre pour connaitre sa réalité et mettre de l’avant ce qui nous unit : notre histoire, nos racines et notre désir de vivre en français. C’est aussi, notamment, de favoriser la mobilité d’étudiants et d’étudiantes francophones, de développer des réseaux d’affaires, de municipalités et de miser sur la jeunesse afin d’afficher notre fierté d’être francophones. Nous avons tout avantage à partager nos expertises en construction identitaire, en éducation, en formation professionnelle, en culture et dans le secteur de la recherche en français.

La francophonie est présente sur l’ensemble du territoire canadien depuis plus de quatre siècles. À divers moments de notre histoire, nous avons tous mené des luttes pour préserver nos droits. Ensemble, nous devons tout mettre en œuvre pour protéger les acquis et favoriser la pérennité de notre langue et de nos communautés.

L’honorable Liza Frulla – C.P., C.M., O.Q., directrice générale de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec et ancienne ministre de la Culture et des Communications du Québec (1990-1994) et ministre du Patrimoine canadien (2004-2006)

Louise Beaudoin – O.Q., ancienne ministre déléguée aux Affaires intergouvernementales canadiennes (1994-1996), ministre de la Culture et des Communications (1995-1998) et ministre des Relations internationales du Québec (1998-2003)

Avouons-le : il fallait faire preuve de témérité et être un peu fou pour explorer des eaux glacées, à des températures horriblement basses dans un dédale d’iles inconnues pour trouver une voie depuis l’Atlantique vers le Pacifique et les Indes orientales, but ultime de cette quête.

Premières escapades européennes

Cinq-cents ans avant les voyages de Christophe Colomb, les Vikings se sont aventurés dans les eaux marquant le début du Passage du Nord-Ouest. Les archéologues ont trouvé des traces de leur séjour sur l’ile de Baffin et l’ile d’Ellesmere, où les vestiges d’un navire viking échoué ont été découverts.

Pour l’époque, atteindre Ellesmere était tout un exploit. Il s’agit de l’ile la plus au nord du Canada. Sa pointe nord-est n’est qu’à 26 kilomètres du nord-ouest du Groenland.

Le planisphère de Cantino est considéré comme étant la plus ancienne et l’une des plus importantes cartes de «l’âge des découvertes». D’un auteur inconnu, elle date du début du XVIe siècle.

Photo : Wikimedia Commons, domaine public

Mais délaissons le Nord quelque peu et parlons du Sud, car il y a un lien assez direct entre les expéditions européennes en Amérique du Sud — et centrale — et les explorations dans les eaux arctiques.

Comme on le sait, lorsque Christophe Colomb débarque sur une ile des Bahamas le 12 octobre 1492, il pense avoir atteint les Indes. Quelques années plus tard, d’autres explorateurs et Colomb lui-même se rendront compte qu’ils ont atteint un tout autre continent.

Le détroit d’Arán, tel qu’imaginé par certains cartographes.

Photo : Carte de Guillaume Sanson, 1687, Wikimedia Commons, domaine public

Mais il a fallu encore quelques années pour déterminer si l’Amérique du Nord et du Sud formait un seul continent ou si un détroit les séparait. Vient alors le mythe du détroit d’Anián.

Des explorateurs et des cartographes ont imaginé (le mot est faible) qu’un long (très très long) détroit servait de trait d’union entre les océans Atlantique et Pacifique à travers l’Amérique du Nord. L’une des hypothèses voulait que le détroit d’Anián relie le golfe de Californie et celui du Saint-Laurent.

Imaginons un instant quelle aurait pu être la devise du pays traversé par ce détroit au long cours : «D’un golfe à l’autre»! Mais on s’égare.

Ce mythe perdurera quand même tout au long du XVIIIe siècle et motivera la quête d’un lien maritime entre les deux océans.

Jean Cabot et les autres

L’explorateur Jean Cabot — Giovanni Caboto de son vrai nom — avait bien avant imaginé qu’il était possible d’atteindre la Chine en passant au nord du continent américain.

En 1497, il gagne les côtes de l’ile de Terre-Neuve et du Labrador. Certains pensent que cette terre est la Chine. Mais le Passage du Nord-Ouest échappe à Cabot. Il remet ça l’année suivante ; hélas, sa flotte disparait en mer.

Jean Cabot, peint ici en vêtements vénitiens traditionnels.

Photo : Giustino Menescardi, 1762, Wikimedia Commons, domaine public

On est un peu dans la brume aussi pour ce qui est des voyages de son fils, Sébastien Cabot. Suivant les traces (maritimes) et le rêve d’un Passage du Nord-Ouest, de son père, Cabot fils aurait navigué le long du Labrador, traversé le détroit d’Hudson et même atteint la baie d’Hudson avant de rebrousser chemin.

Les explorateurs français Jacques Cartier et Samuel de Champlain croiront pouvoir trouver ce passage plus au sud en explorant le fleuve Saint-Laurent. Là encore, un rêve inassouvi.

Entretemps, la Grande-Bretagne avait repris le flambeau de l’exploration des eaux arctiques. En 1576, Martin Frobisher se rend jusqu’à la Terre de Baffin (plus grande ile du Canada, partie du Nunavut) et pénètre dans ce qu’il croit être un détroit, mais qui s’avèrera être une baie, qui porte aujourd’hui son nom.

Peu après, son compatriote John Davis se butera lui aussi, par trois fois, à la Terre de Baffin.

Au début du XVIIe siècle, l’explorateur anglais Henry Hudson pousse le rêve un peu plus loin. Il atteint la grande baie à laquelle il donnera son nom. Mais, victime d’une mutinerie, il est abandonné dans un canot avec son fils et sept membres d’équipage. Il sera établi plus tard qu’il s’avère impossible d’atteindre le Pacifique en empruntant le détroit et le nord de la baie d’Hudson.

Trois survivants de cette expédition participeront à d’autres tentatives qui, même si elles n’aboutissent pas, orienteront les explorateurs suivants vers la bonne route, soit au nord de la Terre de Baffin.

Près de deux siècles s’écouleront avant que d’autres ne se lancent dans cette aventure.

En 1845 et 1846, John Franklin et ses 133 marins à bord de deux navires vont plus loin que tous leurs prédécesseurs : ils contournent la Terre de Baffin, piquent vers le sud, mais restent emprisonnés dans les glaces près de l’ile du Roi-Guillaume. Personne ne survivra.

Peinture de John Everett Millais montrant un vieux marin désabusé et sa fille lisant un journal de bord. L’œuvre représente la frustration britannique après plusieurs échecs pour trouver cette voie maritime.

Photo : Wikimedia Commons, domaine public

L’aboutissement de siècles d’efforts

Finalement, en 1854, Robert McLure est le premier à franchir le passage d’ouest en est sur mer, mais aussi en partie sur la glace.

Malgré tous ces efforts, toutes ces pertes de vie lors d’expéditions britanniques, ce sera un Norvégien, le célèbre explorateur Roald Amundsen (qui sera d’ailleurs le premier, cinq ans plus tard, à atteindre le pôle Sud), qui parviendra à franchir complètement le Passage du Nord-Ouest par la mer, et cette fois de l’ouest vers l’est 1450 kilomètres.

L’une des raisons de son succès : sa goélette. La Gjøa était un petit navire, ce qui fait qu’elle a réussi à naviguer dans des eaux peu profondes.

Comme les nombreuses autres expéditions qui l’ont précédée, celle d’Amundsen a été atroce. L’équipage a failli y laisser sa peau à plusieurs reprises.

Équipage de la Gjøa au lendemain de son arrivée à Nome, en Alaska. Amundsen se trouve devant, à gauche.

Photo : Frank N. Powel, Wikimedia Commons, domaine public

C’est sur cette petite goélette qu’Amundsen et ses hommes ont réussi à franchir le Passage du Nord-Ouest.

Photo : Wikimedia Commons, domaine public

Arrivé en eau libre, Amundsen écrira d’ailleurs dans son journal : «Le passage du Nord-Ouest est ouvert. Mon rêve d’enfance vient de se réaliser à ce moment. Une étrange sensation me prend à la gorge. Je suis surmené et à bout — c’est une faiblesse —, mais je sens les larmes me monter aux yeux.»

De nos jours, le Passage du Nord-Ouest est de plus en plus facilement navigable, résultat des changements climatiques. Il ouvre la voie à une course à l’exploitation controversée des richesses naturelles de l’Arctique et il ravive les questions de souveraineté de ces eaux.

Le rêve pourrait encore se transformer en cauchemar.