En résumé, la politique 713 du Nouveau-Brunswick, entrée en vigueur en aout 2020, établit les exigences minimales afin que les écoles publiques soient des milieux sécuritaires, inclusifs, et favorables à l’affirmation pour tous les élèves 2ELGBTQI+.
Malgré le fait que cette politique est généralement applaudie par les élèves, par une majorité de parents et intervenants du milieu scolaire néobrunswickois, l’administration du gouvernement en place a décidé d’en opérer une révision controversée.
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Droits fondamentaux
Étaient mises en cause dans le cadre de cette révision : les dispositions qui traitent de l’accès aux toilettes sur la base de l’identité de genre, la participation aux sports d’équipe et la permission pour les élèves de moins de 16 ans de changer de prénom et de choisir leurs pronoms préférés sans aucune communication aux parents.
Bien que cette révision pouvait sembler assez inoffensive aux yeux de plusieurs, rappelons-nous que toute remise en question des droits de minorités constitue une menace pour l’intégrité du droit en question. Des droits fondamentaux peuvent être si facilement enlevés que nous ne pouvons les tenir pour acquis, même dans un pays comme le Canada. L’annonce de la nouvelle mouture de la politique 713 qui empêchera les élèves de moins de 16 ans d’utiliser le prénom ou pronom de leur choix à l’école si leurs parents ne l’ont pas autorisé ne fait que confirmer ce constat.
C’est dans ce contexte que nous souhaitons réitérer qu’en plus d’être tenu de respecter son propre cadre législatif en matière de droits de la personne, le gouvernement d’une province est assujetti aux dispositions de la Charte canadienne des droits et libertés (article 32) sous certaines réserves.
La Charte est on ne peut plus claire à l’effet que tous ont droit à la même protection et au même bénéfice de la loi, indépendamment de toute discrimination, notamment fondée sur la race, l’origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, le sexe, l’âge ou les déficiences mentales ou physiques (article 15).
La Cour suprême a d’ailleurs été non équivoque à l’effet que l’orientation sexuelle est un motif sur lequel une plainte pour discrimination est fondée (Egan c. Canada). De plus, les tribunaux peuvent déterminer d’autres motifs illicites analogues à ceux énumérés à la Charte, notamment lorsqu’ils visent une caractéristique personnelle qui est immuable.
Un contexte «inquiétant»
En tant que législateurs, nous sommes d’avis que toute démarche législative, règlementaire ou politique devrait en tout temps tendre vers la progression des droits plutôt que de les faire régresser.
En 2020, la politique 713 a été mise en œuvre pour faire exactement cela : s’assurer que les étudiants 2ELGBTQI+ sont en mesure d’apprendre, de vivre et de s’épanouir dans des espaces éducatifs surs et positifs.
La régression des droits des étudiants 2ELGBTQI+ devrait tous nous inquiéter. Nous ne devrions en aucun cas priver les étudiants de leur droit à la non-discrimination et à des environnements d’apprentissage surs.
À notre point de vue, si la révision de la politique 713 se veut sérieuse et légitime, nous estimons qu’elle devrait faire l’objet d’un processus de consultation rigoureux des parties prenantes et le résultat devrait tendre vers le progrès et l’égalité, en conformité avec les impératifs législatifs qui l’imposent.
Considérant ce qui précède et comme la nouvelle mouture de la politique 713 n’entrera en vigueur qu’au 1er juillet 2023, nous ne pouvons qu’espérer comme dénouement positif, une volteface quant à la disposition traitant de l’auto-identification ci-dessus mentionnée.
Alors que le contexte actuel entourant la nouvelle mouture de la politique 713 nous inquiète, tout comme le climat dans lequel s’inscrit la saison de la Fierté 2023, nous souhaitons rappeler qu’il est du devoir de tout un chacun d’œuvrer à rendre notre société plus ouverte et inclusive. Il est de la responsabilité des parlementaires, gouvernements, parents, organismes de la société civile et citoyens, d’être bienveillants, de reconnaitre les réalités des personnes 2ELGBTQI+ et de s’engager dans la progression de leurs droits par des actions concrètes.
Plus sur la francophonie
Le comité sénatorial des langues officielles a fait salle comble lundi soir pour le retour du projet de loi C-13.
Deux visions claires s’y sont affrontées : les francophones en situation minoritaire souhaitent que le projet soit adopté avant le 23 juin, tandis que la minorité anglophone du Québec pousse plutôt pour que les sénateurs «prennent leur temps», afin d’évaluer leur demande de suppression des références à la Charte de la langue française du Québec.
Ces derniers plaident depuis des mois que la mention de la Charte dans C-13 porte un coup à leurs droits. La ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, a défendu le contraire, assurant que le projet de loi était solide et englobait la protection de toutes les communautés.
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Feux de forêt et «guérilla parlementaire»
Après l’Alberta et la Nouvelle-Écosse, le nord du Québec flambe à son tour depuis la semaine dernière. La Colombie-Britannique, l’Ontario et les Territoires du Nord-Ouest sont également touchés par les incendies de forêt.
En point presse mercredi, le premier ministre Justin Trudeau accompagné de Bill Blair, ministre de la Protection civile, a fait état de plus de 400 incendies toujours actifs à travers le Canada, dont la moitié hors de contrôle, et 40 000 km2 de territoire brulé. C’était toujours le cas jeudi.
De fait, 2023 se classe au quatrième rang des pires années en matière de feux de forêt au Canada.
Cette situation compromet la qualité de l’air non seulement au Canada, mais aussi aux États-Unis où près de 75 millions de personnes seraient touchées par des avertissements de pollution de l’air, devenu irrespirable par endroits.
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Le rapporteur spécial indépendant sur l’ingérence étrangère a remis sa démission au premier ministre Justin Trudeau vendredi, en fin de journée. David Johnston quittera officiellement ses fonctions après avoir remis son rapport final, attendu à la fin juin.
L’ancien gouverneur général souligne dans sa lettre que «[…] le climat hautement partisan entourant ma nomination et mon travail» a nui à son objectif «d’aider à accroitre la confiance envers nos institutions démocratiques».
Quelques jours plus tôt, l’ancien gouverneur général avait défendu son poste au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre. La semaine dernière, les partis d’opposition avaient voté en faveur d’une motion non contraignante pour qu’il quitte ses fonctions.
Le texte, présenté par le NPD, demandait aussi le déclenchement d’une enquête publique, ce qu’exigeaient également les conservateurs et le Bloc québécois. Une demande réfutée par David Johnston dans sa lettre de démission tout comme dans la conclusion de son premier rapport, pour des questions de sécurité nationale, entre autres.
David Johnston encourage le premier ministre à consulter les partis d’opposition pour nommer son successeur.
Selon une source parlementaire, Pierre Poilievre mènerait une «guérilla parlementaire» cette fin de session, à cause de vœux non exaucés.
Le chef du Parti conservateur, parrain de cette motion, a vu sans surprise les libéraux, le Bloc québécois et le NPD s’unir pour voter contre sa demande de rejet de la taxe carbone mise en place par le gouvernement libéral.
En début de semaine, Pierre Poilievre avait menacé de faire obstruction à l’adoption du budget fédéral, présenté le 28 mars dernier.
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Le chef conservateur avait exigé que libéraux répondent à deux conditions pour éviter cette obstruction : pas de hausse de la taxe carbone et une annonce du fédéral pour faire baisser l’inflation.
Depuis le rejet de la motion, les conservateurs ont déposé plusieurs projets de loi pour ralentir les travaux. Une source au Parlement a qualifié de «guérilla parlementaire» la tactique du chef conservateur, qui a eu pour effet de garder les députés en Chambre jusqu’à minuit mercredi, pour adopter les projets de loi avant la fin de session parlementaire, le 23 juin.
La Banque du Canada a augmenté mercredi son taux directeur de 25 points de base, pour atteindre 4,75 %, le plus haut depuis 2001. En cause : l’inflation élevée et les prêts hypothécaires.
Pour justifier sa position, l’institution a assuré que «sur la base de l’accumulation des données, le Conseil de direction a décidé de relever le taux directeur, jugeant que la politique monétaire n’était pas suffisamment restrictive pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande et assurer un retour durable à la cible d’inflation de 2 %».
C’est la première fois que la Banque du Canada augmente son taux directeur en six mois : il était à 4,5 % en janvier.
Le ministre de la santé fédéral Jean-Yves Duclos a annoncé le financement de trois projets pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre, jeudi.
Le ministre de la Santé Jean-Yves Duclos a annoncé jeudi un financement de 78,5 millions de dollars pour appuyer trois nouveaux projets visant à répondre à la pénurie de personnel dans le secteur de la santé.
Une enveloppe de 29 millions permettra au Conseil médical du Canada (CMC) de créer un registre national des médecins pour «améliorer la mobilité des médecins et faciliter leur réemploi en cas de crise», selon le ministre. Deux autres organismes se sont partagé le reste de l’enveloppe.
L’annonce de jeudi ne comporte aucune mesure spécifique pour les francophones. Le ministre a cependant indiqué en conférence de presse que les travailleurs de la santé étrangers pourront profiter des changements pour les professions de la santé et les compétences linguistiques en français annoncées par le ministère de l’Immigration la semaine dernière.
Jeudi sur la Colline, le premier ministre Justin Trudeau et la ministre de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, Marci Ien, étaient entourés de parlementaires et de centaines de membres de la communauté LGBTQIA2+ du pays pour hisser le drapeau de la Fierté sur le Parlement.
«Vous avez votre place ici, vous avez une voix ici, vous êtes respectés et entendus et votre existence n’est pas à débattre, ni maintenant, ni jamais», a martelé Justin Trudeau devant la tour du Parlement. Ce dernier avait déjà marqué les esprits en étant le premier chef d’État canadien à participer à la marche de la Fierté.
La ministre Ien a annoncé qu’une enveloppe de 1,7 million provenant du Plan d’action fédéral 2ELGBTQI+l financera six organisations du pays.
Scott Moe! Selon un sondage Angus Reid [uniquement disponible en anglais], le premier ministre de la Saskatchewan récolte 57 % de cote de popularité, reléguant le Québécois François Legault, auparavant premier, à la troisième place avec 48 %. Tim Houston, à la tête de la Nouvelle-Écosse, se hisse quant à lui à la seconde place du podium.
Les trois derniers sont, dans l’ordre : Doug Ford en l’Ontario, Blaine Higgs, impopulaire chez les francophones au Nouveau-Brunswick, et Heather Stefanson, première ministre du Manitoba, qui ne recueille que 25 % des sondages.
Le premier ministre de la Saskatchewan prend la place que François Legaut occupait lors de la pandémie. Photo : Facebook Scoot Moe
Hormis ces trois derniers, «la plupart [des premiers ministres] obtiennent une évaluation positive de la part d’au moins 40 % de la population de leur province».
Le Canada s’est bâti comme un pays européen, une nouvelle France (et un Québec dont le Code civil est inspiré de celui de la France), puis il a adopté un système reposant sur les mêmes principes que le Royaume-Uni.
Les impératifs de la colonisation et du développement économique capitaliste ont été renforcés par les attitudes que disséminaient les organisations religieuses qui ont participé à la construction du pays.
Le résultat de cette fondation économique et idéologique du pays est l’exclusion de plusieurs formes de vies non seulement de l’espace public, mais aussi de l’espace privé.
Il n’a jamais été suffisant pour les groupes dominants que les membres des communautés 2ELGBTQIA+ gardent leur sexualité dans la chambre à coucher ou que les Premiers Peuples demeurent isolés dans des réserves.
Une répression souvent violente trouvait les membres de ces groupes et nations pour les punir et empêcher qu’ils aient des pratiques jugées contraires à celles du reste de la population – et surtout pour qu’ils se conforment aux normes et à l’ordre que l’on cherchait à imposer.
Cette visée de faire disparaitre les personnes 2ELGBTQIA+ et les Premiers Peuples n’a malheureusement pas été abandonnée par toutes les parties de la population.
Des changements qui tardent à se faire sentir
Ce n’est que très récemment que l’interdiction constitutionnelle de discriminer sur la base de l’orientation sexuelle a été reconnue par la Cour suprême (2006) et qu’une loi protégeant la diversité de genre a été adoptée (2017).
On voit également un désir d’inclusion plus grand au sein de plusieurs organismes, comme au sein de l’Assemblée communautaire fransaskoise.
Toutefois, les avancées ne sont pas acquises pour de bon. Un mouvement homophobe et transphobe plus large a notamment mené des conseils scolaires en Ontario et en Saskatchewan à signaler leur opposition à la reconnaissance des personnes 2ELGBTQIA+.
Et il ne faut pas oublier que l’interdiction de la participation de policiers et policières en uniforme par les comités d’organisation des défilés de la Fierté à Toronto et à Vancouver ces dernières années répond à une histoire de violence et de persécutions policières.
Et la question du racisme autochtone
La Loi sur les Indiens régit la vie seulement des personnes autochtones et demeure toujours en vigueur aujourd’hui, malgré quelques modifications qui ne font que l’adoucir sans éliminer la discrimination envers les femmes qu’elle renferme.
Par ailleurs, les droits que la Constitution devait définir par le biais d’une conférence constitutionnelle – donc une négociation qui reconnaitrait la souveraineté autochtone – n’ont fait l’objet d’une véritable discussion qu’à la Cour Suprême.
Le racisme et la discrimination envers les personnes autochtones demeurent par ailleurs bien ancrés dans la société canadienne. Le sociologue Brieg Capitaine a pu montrer comment ce racisme, tout en se manifestant de plusieurs manières, est lié aux enjeux politiques et économiques.
Le racisme n’est pas seulement une question de préjugés; il permet aussi à la majorité de continuer à exercer un contrôle sur les groupes minorisés et, ici, à empêcher le partage des ressources et la détermination par les Premiers Peuples de leur propre destinée.
Des enjeux démocratiques en commun
Il demeure aujourd’hui difficile pour les personnes 2ELGBTQIA+ et pour les personnes autochtones de participer à la vie politique commune.
Des enjeux démocratiques en commun
Il demeure aujourd’hui difficile pour les personnes 2ELGBTQIA+ et pour les personnes autochtones de participer à la vie politique commune. Peu de personnes appartenant à ces groupes siègent au Parlement. Pourtant, leur présence permet de porter certains des problèmes qui touchent leurs communautés à l’attention du gouvernement.
Il en va de même pour les Autochtones. Les premières femmes autochtones à siéger au Parlement d’une province ont été élues seulement en 2022 au Québec et le mois dernier en Alberta.
Même après avoir remporté une élection, il est difficile pour une personne autochtone d’être en politique. L’ancienne députée fédérale du Nunavut, Mumilaaq Qaqqaq, a expliqué qu’elle avait quitté la vie politique à cause du profilage, du racisme et de la discrimination dont elle a été victime pendant tout son mandat.
Et tandis qu’elle a pu amener une autre perspective au Parlement, la possibilité d’y apporter des changements demeurait limitée.
Ainsi, l’élection de membres des communautés 2ELGBTQIA+ et des nations autochtones ne signifie pas que les intérêts de ces groupes seront représentés. Il faut encore que ces personnes puissent porter la voix de leur communauté ou nation et puissent en mettre les intérêts devant certaines questions chères à leur parti, que leur parti soit enclin à les écouter, et que les plateformes incluent des politiques favorisant l’égalité.
Autodétermination et fierté
Plusieurs des enjeux propres aux communautés de la diversité sexuelle et de genre diffèrent de ceux au centre des préoccupations des Premiers Peuples. Mais de part et d’autre, au cœur des revendications se trouvent le désir et le droit à l’autodétermination et à la fierté.
La Fédération des nations autochtones souveraines a récemment affirmé que la fierté d’être soi-même et d’appartenir à une communauté est un enjeu commun aux deux groupes et que ce sentiment est nécessaire à la contribution de chaque personne à ses communautés d’appartenance.
La fierté n’est pas, ou pas seulement, une question d’identité. En termes politiques, elle est plutôt liée au sentiment d’être respecté·e tant par ses droits que par le traitement réservé par autrui.
Elle se ressent aussi par le sentiment de compter pour l’autre, qui passe par le droit et la possibilité pour une personne non seulement d’apparaitre dans l’espace public et d’être entendue et prise en compte, mais aussi de pouvoir y demeurer en vie, comme l’a montré le mouvement Black Lives Matter.
La question de l’autodétermination se pose alors de manière individuelle et collective.
Au niveau individuel, il s’agit de pouvoir prendre ses propres décisions et de participer pleinement aux décisions collectives.
Et au niveau collectif, à plus forte raison pour les Premiers Peuples, ce pouvoir de décision renvoie à la capacité de vivre selon ses propres lois et structures politiques – ensemble, avec ceux et celles qui désirent vivre comme soi, et sans ceux et celles qui empêchent cette forme de vie.
Notice biographique
Jérôme Melançon est professeur agrégé en études francophones et interculturelles ainsi qu’en philosophie à l’Université de Regina. Ses recherches portent notamment sur la réconciliation, l’autochtonisation des universités et les relations entre peuples autochtones et non autochtones, sur les communautés francophones en situation minoritaire et plus largement sur les problèmes liés à la coexistence. Il est l’auteur et le directeur de nombreux travaux sur le philosophe Maurice Merleau-Ponty, dont «La politique dans l’adversité. Merleau-Ponty aux marges de la philosophie» (Metispresses, 2018).
Lindsay Tremblay Cr. Courtoisie : Lindsay Tremblay, directrice générale de l’Association des théâtres francophones du Canada (ATFC), craint que le théâtre francophone «soit en déclin dans les prochaines années».
Pour Lindsay Tremblay, directrice générale de l’Association des théâtres francophones du Canada (ATFC), la situation est plutôt bonne, «pour l’instant» : «Nos compagnies ont accès à des fonds de relance qui leur donnent un immense coup de main.»
«Le problème, c’est qu’il n’y a pas de fonds de relance annoncés pour la prochaine année», nuance-t-elle.
«J’ai vraiment peur que ce soit en déclin dans les prochaines années, confie-t-elle. Pas parce qu’il n’y a pas d’offres [ou] de bonnes idées, de bonnes visions artistiques. C’est vraiment au niveau des capacités financières et opérationnelles des compagnies qui ne pourront pas suivre la demande artistique des communautés. J’espère qu’il y aura d’autres annonces.»
Selon elle, un manque de financement dans le théâtre se traduit par une diminution du nombre de projets qui sont montés, mais aussi mène à des coupures de postes. «Ça affecte tout ce qui est offre culturelle francophone dans une ville qui vit en situation minoritaire.»
«Si tout le monde est obligé de réduire, comment est-ce qu’on veut contribuer au développement de la francophonie?, s’interroge la directrice générale. Les compagnies jouent un rôle identitaire et de développement de la langue très important.»
De nouveaux défis
«Ce qui est de plus en plus difficile, ce sont les conditions de tournée. L’accès au financement des tournées n’est pas évident, lance Lindsay Tremblay. Les bailleurs de fonds n’arrivent pas à suivre le cout de la vie.»
Lindsay Tremblay souligne que les conditions de tournée sont de plus en plus difficiles pour les artistes. Les compagnies de théâtre et les producteurs éprouvent parfois de la difficulté à accéder à du financement pour faire circuler un spectacle parce que «les bailleurs de fonds n’arrivent pas à suivre le cout de la vie», précise-t-elle.
«Depuis la pandémie, […] les gens veulent leur propre chambre, pis c’est correct, ils ont raison. Ça coute plus cher per diem parce qu’avoir un hôtel à 90 $ la nuit, ça n’existe plus nulle part. Manger pour 50 $ par jour tes trois repas, ça n’existe pas non plus.»
La pandémie aurait aussi changé le comportement du public. «Les salles se remplissent, mais à la dernière minute, remarque Lindsay Tremblay. Pour tout ce qui est des abonnés, on a vu une baisse importante, évidemment pendant la pandémie, mais les gens ne reviennent pas […] Leur fidélisation n’est pas la même qu’avant.»
La baisse des abonnements, qui assurent une certaine de garantie aux compagnies, «ajoute un stress à l’équipe», se désole la directrice générale de l’ATFC.
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Joël Beddows est professeur de théâtre à l’Université d’Ottawa.
Pour Joël Beddows, professeur de théâtre à l’Université d’Ottawa, «un savoir-faire a été perdu» quant au développement de publics : «[Certains disent] “je crée une ou deux fois et je cherche à vendre mon show. Je veux tourner, et je laisse ce travail de mise en rapport avec le public à d’autres”, comme si ça avait quelque chose d’un peu vulgaire.»
Le professeur a aussi l’impression «que les directions artistiques sont plus intéressées parfois par faire venir des spectacles d’ailleurs que de créer des spectacles». Pourtant, selon son expérience à la direction du Théâtre la Catapulte, les créations locales attirent plus de spectateurs.
La disparition du théâtre jeune public est l’une des causes potentielles des difficultés de fidélisation des publics.
«Il y avait un temps où on faisait beaucoup [de théâtre pour les jeunes], ce qui a été essentiel à maintenir et à créer un public. Là, il y a beaucoup de compagnies qui en font moins. Il faudrait deux fois plus de théâtre jeune public que de théâtre pour adultes», ajoute le chercheur.
Manque de formation
Pour la directrice générale de l’Association des théâtres francophones du Canada (ATFC) Lindsay Tremblay, il y a un manque d’offres de formation francophone en théâtre.
Après la disparition du programme en la matière de l’Université Laurentienne de Sudbury, seules l’Université de Moncton et l’Université d’Ottawa proposent aujourd’hui des études en théâtre dans la francophonie minoritaire.
«Il faut que [les étudiants suivent] une formation en anglais […] ou ils doivent s’expatrier, à l’Université d’Ottawa ou au Québec, et après on espère qu’ils vont revenir», précise-t-elle.
Dans un tel contexte, l’ATFC essaie d’offrir de la formation continue aux artistes, comme les stages qui ont eu lieu au Centre des arts de Banff, en Alberta pendant dix ans.
S’il manque de programmes de formation d’interprètes des arts de la scène, Lindsay Tremblay remarque que la situation est encore pire pour les techniciens et autres artisans du théâtre, mais aussi pour l’administration des arts, où «il n’y en a pas pantoute» de formation.
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Les jeunes et le théâtre
Également conseiller spécial en francophonie au décanat de la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa, Joël Beddows déplore le manque d’exposition des jeunes au théâtre francophone : «Un show par année, par groupe d’âge, ce n’est pas assez.»
Tibor Egervari, professeur émérite de théâtre à l’Université d’Ottawa, insiste sur l’importance de la rencontre entre les jeunes et le théâtre.
«Le théâtre, c’est quand tu le fréquentes souvent que ça prend un sens. Mais tu dois composer avec le réseau scolaire, les enseignants, les autobus et il y a des gens qui ne veulent pas faire ça», rapporte le professeur.
Le théâtre étant beaucoup moins accessible que la musique ou le cinéma, il «est à peu près le seul domaine où on peut arriver à l’âge adulte sans ne l’avoir jamais affronté, confronté, absorbé», rappelle Tibor Egervari, professeur émérite de théâtre à l’Université d’Ottawa.
Cela est d’autant plus vrai en situation linguistique minoritaire : «Si vous êtes minoritaire, même dans un environnement urbain, il y a des chances que vous ne voyiez jamais de spectacle dans votre langue au théâtre», regrette le professeur.
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«Le théâtre est une rencontre, dit-il. Ce n’est pas simplement d’absorber quelque chose, c’est de participer à une sorte de cérémonie, et il faut qu’on arrive à instiller chez les personnes que c’est un plaisir.»
IRCC a indiqué que le chemin Roxham concentrait «90 % des entrées irrégulières au Canada».
Au fil de ses 13 recommandations, le rapport du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration (CIMM) est clair : il faut durcir la politique pour les personnes qui passent la frontière canadienne aux points d’entrée irréguliers.
Le rapport appelle ainsi le gouvernement à «moderniser» l’Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS), sans fermer le chemin Roxham. Le rapport a été basé sur une étude menée en automne 2022, soit avant l’accord entre le Canada et les États-Unis de fermer les points de passage non officiels à l’immigration irrégulière.
Plusieurs experts qui ont témoigné devant le Comité avaient prévenu que la fermeture du chemin Roxham aurait pour effet un «[accroissement] des risques pour les demandeurs d’asile, qui contourneraient probablement les barricades et emprunteraient plutôt d’autres itinéraires dangereux». Ce dont convenait à l’époque Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC).
Le gouvernement fédéral a tout de même fermé le chemin Roxham le 25 mars dernier, à travers un élargissement de l’Entente aux points de passage irréguliers de la frontière avec les États-Unis.
Entente sur les tiers pays sûrs (ETPS)
L’Entente, qui vise les demandeurs d’asile les oblige à présenter leur demande «dans le premier pays sûr où ils arrivent, à moins d’être visés par une exception prévue par l’Entente».
L’Entente a pour mission de répartir et protéger les réfugiés qui tentent d’immigrer au Canada, souvent pour des questions de sécurité. Seuls les États-Unis ont été désignés comme tiers pays sûr par le Canada en vertu de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés.
Conclue entre les États-Unis et le Canada en 2004, l’Entente est actuellement devant la Cour suprême du Canada, car elle est considérée comme une violation à la Charte canadienne des droits et libertés, notamment son article 7, qui garantit «le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne».
Des chiffres à la baisse
Selon la professeure Luisa Veronis, la suspension de l’Entente aurait permis aux personnes qui veulent traverser la frontière de le faire où elles le souhaitent. Ce n’est plus le cas depuis mars dernier.
Le rapport n’a pas pu peser dans la décision d’IRCC de passer l’accord avec les États-Unis, puisque l’élargissement de l’Entente est entré en vigueur en mars, tandis que le rapport a été déposé mi-mai.
Déjà en novembre dernier, Christiane Fox, sous-ministre d’IRCC, avait rapporté devant le comité que le chemin Roxham concentrait «90 % des entrées irrégulières au Canada».
Le bureau d’IRCC a affirmé que depuis l’élargissement de l’Entente aux points d’entrée non officiels du Canada, le nombre d’immigrants qui passent la frontière de manière irrégulière a décru.
Les interceptions de ces personnes par la GRC sont passées de 4,173 en mars, à 85 en avril.
Pour Luisa Veronis, professeure agrégée de géographie à l’Université d’Ottawa et spécialiste en immigration canadienne, il est normal que ces chiffres aient diminué, vu le changement annoncé en mars.
Mais impossible d’avoir les chiffres véritables : «Le Canada n’intercepte pas tous les immigrants qui passent tous les points de la frontière de façon irrégulière», nuance-t-elle.
Le Bloc québécois et le NPD en désaccord avec le rapport
Selon Jennifer Lopes, anthropologue à l’Université d’Ottawa, le rapport présente des contradictions, dont une majeure : la mise en avant des conditions inhumaines causées par l’Entente sur les tiers pays sûrs.
La professeure de l’Université d’Ottawa Jennifer Lopes, anthropologue, voit un «paradoxe» dans le fait de durcir la frontière à l’immigration irrégulière tout en se préoccupant des conditions d’accueil des demandeurs d’asile aux États-Unis.
«Mais [en parallèle] on va tenter de justifier le renforcement de ce cadre législatif. On souligne la sécurité des migrants, que cette entente est là pour les protéger alors que de l’autre côté, les conditions vont se dégrader de plus en plus avec la fermeture du chemin Roxham.»
C’est aussi l’avis du Bloc québécois et du NPD qui ont chacun rédigé un rapport dissident en réaction à celui du Comité.
Les deux partis, notamment le NPD, mettent de l’avant leurs inquiétudes sur les conditions dans lesquelles les personnes traversent la frontière.
«Le fait que le rapport du Comité ne reflète pas une telle recommandation illustre clairement le fait que la majorité des membres ont des préjugés préexistants», conclut le NPD dans son rapport.
«Le rapport [officiel] ne reflète pas du tout les témoignages qui ont été entendus en comité», laisse tomber de son côté Alexis Brunelle-Duceppe, membre du Bloc québécois au Comité.
Le gouvernement fédéral sourd aux demandes de levée de l’Entente
Par ailleurs, dans le rapport du Comité, plusieurs témoins d’organismes d’aide aux immigrants réguliers ou irréguliers plaident pour une levée de l’Entente. Ce à quoi le gouvernement n’a jamais entendu accéder, vu qu’il avait déjà conclu l’élargissement de l’Entente en février 2022, un an avant son entrée en vigueur.
À quelques recommandations près, les deux partis d’opposition souhaitent également suspendre l’Entente.
Les personnes venant au Canada par les États-Unis pouvaient alors faire une demande d’asile et vice-versa. C’était le cas avant que l’Entente ne soit signée, c’est conforme avec le droit international de la Convention de Genève de 1951 référant aux réfugiés, de laquelle le Canada et les États-Unis sont signataires.
Le Bloc québécois et le NPD demandent également qu’IRCC et l’Agence des services frontaliers du Canada émettent un permis de travail et des documents de demandeur d’asile aux migrants réguliers ou irréguliers sans différence, tout en réduisant les délais.
De leur côté, les conservateurs assurent dans le rapport être «d’accord avec toutes les recommandations», sauf une demande liée à la livraison de documents aux demandeurs d’asile.
La mention de la Charte de la langue française du Québec et la place des langues autochtones ont mené les sénateurs à poser des questions à maintes reprises lundi soir, lors de l’étude du projet de loi C-13 en comité sénatorial.
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Deux sénateurs anglo-québécois, Marc Gold et Judith Seidman, ont d’entrée de jeu montré leur désaccord quant aux références à la Charte incluses dans le projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles.
L’organisme de représentation des communautés anglophones du Québec, le Quebec Community Groups Network (QCGN), a aussi présenté ses arguments pour amener les sénateurs à retirer cette mention.
Ce travail avait été amorcé sans succès à la Chambre des Communes, par les députés québécois anglophones Anthony Housefather et Marc Garneau, qui a démissionné de son poste de député depuis.
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Dernière tentative des Québécois anglophones de modifier C-13
«Pourquoi vous compliquez cette loi?», a asséné la sénatrice Judith Seidman à la ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor, invitée à témoigner.
Pour la sénatrice anglo-québécoise, l’utilisation de la clause dérogatoire sera enchâssée dans C-13 si la référence à la Charte québécoise y demeure inscrite. La sénatrice a aussi déploré que le Québec soit la seule province citée dans le texte.
Je ne suis pas d’accord avec votre interprétation, avec tout le respect que je vous dois. [Cette mention] est juste à titre descriptif. N’allez pas croire que je ne suis pas sensible à la question [des droits linguistiques des Québécois anglophones]. La loi 96 et C-13 ne sont pas la même loi. Je pense que l’anxiété n’est pas face à C-13, mais par rapport à la loi provinciale.
Ginette Petitpas Taylor a ajouté que la partie VII de la future Loi sur les langues officielles crée plus de possibilités, «car le fédéral devra analyser les décisions prises pour les communautés linguistiques minoritaires».
Interrogée à la suite de son témoignage, la ministre Petitpas Taylor a assuré à Francopresse qu’elle ne craignait pas d’obstruction de la part des sénateurs plus frileux envers C-13.
La ministre des Langues officielles Ginette Petitpas Taylor a défendu son projet pour qu’il passe rapidement au Sénat avant le 23 juin, fin de la session parlementaire.
«Je respecte le travail de tous les sénateurs. Les gens qui ont posé des questions […] veulent faire l’étude appropriée, mais je pense qu’ils attendent aussi avec impatience [l’adoption du projet de loi].»
Le commissaire aux langues officielles Raymond Théberge, qui comparaissait également devant le comité sénatorial, a lui aussi défendu le projet de loi C-13, notamment sur le traitement asymétrique des deux langues dans le texte.
«C-13 comprend encore des éléments d’asymétrie, mais certains autres aident à l’équilibrer, notamment la reconnaissance des différences des communautés linguistiques.»
Pour l’organisme QCGN, la Loi sur les langues officielles est une «bouée de sauvetage pour les minorités anglophones du Québec». Selon sa présidente, Eva Ludvig, les anglophones du Québec se sont tournés vers le fédéral après avoir subi des restrictions de leurs droits à cause de la loi 96.
«On compte sur le Comité pour protéger les droits de nos communautés», a-t-elle insisté. QCGN veut en effet voir le projet de loi C-13 retourné en troisième lecture au Sénat avec des amendements qui supprimeraient la référence à la Charte de la langue française.
Un «danger» pour les minorités francophones hors Québec
Par ailleurs, Eva Ludvig a mis en garde les communautés francophones en situation minoritaire. Selon elle, le retrait des mentions à la Charte n’aurait aucune incidence pour les francophones en situation minoritaire, mais il y aurait un «danger de les garder», notamment si d’autres provinces souhaitent se doter de «restrictions envers leurs minorités linguistiques».
La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), ainsi que la ministre Petitpas Taylor, qui veulent que le projet de loi C-13 reçoive la sanction royale avant la fin de session parlementaire, le 23 juin, se sont attelées à éteindre cette étincelle.
Le but est de reconnaitre que la réalité des langues est différente sur le terrain. Citer les autres régimes linguistiques permet au gouvernement fédéral d’en faire plus dans certaines régions où il n’y aurait aucune loi linguistique ou aucun appui des gouvernements provinciaux.
Ce dernier a insisté, un peu tendu : «On atteint l’équité quand on reconnait les différences de statut d’usage des langues un peu partout sur le territoire.»
La ministre Petitpas Taylor a abondé dans le même sens : «On ne cause pas de précédent avec C-13, on fait la description de la loi qui existe au Québec, au même titre que la spécificité du Nouveau-Brunswick et des autres provinces.»
Tensions entre communautés ravivées
Alain Dupuis et Liane Roy, présidente de la FCFA, ne voient pas de division entre les deux communautés. «On a consulté des constitutionnalistes, personne ne perd de droits avec ce projet de loi. Les mentions des régimes linguistiques, c’est un élément de contexte. Ils n’enlèvent les droits d’aucune des deux communautés en situation minoritaire», ont-ils martelé.
Pourtant, Eva Ludvig a souligné que C-13 ravivait de «vieux mythes» et de «vieux récits entre anglophones et francophones».
«Ces mythes sont monnaie courante au Parlement et dans l’espace public, a-t-elle déploré. Le chemin que nous avons parcouru depuis 2019 semble loin, depuis notre rapprochement.»
De son côté, la ministre Petitpas Taylor assure que «ce n’est pas une question de division. On veut appuyer toutes nos communautés de langue officielle en situation minoritaire qui incluent les Québécois d’expression anglaise. Leur langue n’est pas menacée, mais ils font partie des CLOSM».
La sénatrice Bernadette Clément a interrogé chaque témoins sur la place des langues autochtones dans le projet de loi C-13.
Quid de la place des langues autochtones?
La sénatrice franco-ontarienne Bernadette Clément a adressé la question de la place des langues autochtones dans C-13 à tous les témoins.
Si les représentants de QCGN, qui représentaient les Anglo-Québécois lundi, ont assuré leur soutien aux Autochtones, ils ne veulent pas que ça réduise «leurs possibilités».
De leur côté, la FCFA, le commissaire aux langues officielles et la ministre Petitpas Taylor se sont dits sensibles à cette question, tout en soulignant que C-13 n’était pas la meilleure occasion d’en parler.
«Quand la Loi sur les langues autochtones est sortie, nous avons manifesté notre appui. Mais on ne pense pas que [C-13] soit le bon véhicule», a expliqué Liane Roy.
Selon la sénatrice Clément, il y a moins de tensions que «d’impatience» : «C’est le ton que j’ai senti ce soir. Mais on va avoir des discussions difficiles après l’adoption de la loi [en rapport aux langues autochtones].»
L’étude du projet de loi article par article débute lundi prochain, deux semaines avant la fin de la session parlementaire.
Eric Lavigne, professeur à la faculté de médecine de l’Université d’Ottawa et épidémiologiste principal à Santé Canada.
Francopresse : Pourquoi l’inhalation de la fumée des feux de forêt est-elle nocive pour le corps humain?
Éric Lavigne : Il y a une certaine quantité d’études, qui ont montré que lorsque les niveaux de fumée augmentent, surtout à cause des particules qui sont dans l’air, le bois qui va bruler va émettre des particules fines.
Ces particules-là, qui vont dans l’air qu’on respire, vont causer des problèmes respiratoires et les particules qui vont être inhalé profondément dans les poumons, peuvent être absorbées dans la circulation sanguine.
Quels sont les effets de l’aspiration de la fumée des feux de forêt à court terme?
Souvent, quand il y a des épisodes de feux de forêt, les gens vont ressentir des symptômes comme l’irritation au niveau du nez, des voies nasales, une toux qui va être sèche, mais aussi des symptômes plus graves comme la difficulté respiratoire qui va nécessiter d’avoir recours à des services de santé. Parfois, davantage de personnes ont des infarctus myocardes, donc des crises cardiaques. On voit aussi une augmentation de la mortalité.
À chaque année au Canada, on dit qu’il y a environ 400 personnes qui vont mourir prématurément en raison des impacts aigus des feux de forêt.
État de la situation en date du 5 juin 2023
Quels sont les impacts à long terme pour les personnes qui sont fréquemment exposées à la fumée des feux?
Le fait d’être exposé de façon répétée à des feux de forêt augmente potentiellement un risque de développer des maladies respiratoires. Mais on n’a pas encore d’évidence claire sur tous les impacts qu’on pourrait observer, mais on pense qu’il pourrait y avoir des impacts quand même importants comme le développement de cancers ou même des problèmes au niveau de la santé mentale.
Qui sont les personnes les plus vulnérables?
On parle surtout des personnes âgées, de jeunes enfants qui sont très à risques. Les tranches d’âges adultes d’âge moyen sont peut-être moins à risque, mais si les gens ont des conditions de santé fragile, ils peuvent être considérés à risques.
Une population qui est quand même importante ici à considérer ce sont les femmes enceintes. On voit de plus en plus d’études qui montrent que le fait d’être exposé à des feux de forêt pendant une grossesse peut avoir des impacts négatifs sur le développement du fœtus. Ça peut potentiellement affecter sa croissance et augmenter le risque d’un accouchement prématuré ou même qu’un enfant naisse à faible poids. C’est une population qui est à risque, mais pas nécessairement discuté, mais qui est très importante à considérer.
Feux de forêt et pollution
La fumée des feux de forêt est composée d’un mélange de gaz, de particules et de vapeur d’eau qui contient des polluants tels :
Source : Gouvernement du Canada
Quelles mesures pouvons-nous prendre pour nous protéger des particules fines de la fumée des feux de forêt?
Si on sait qu’on est dans un secteur qui peut être affecté par les feux de forêt, c’est d’avoir un purificateur d’air qui est muni de la mention HEPA qui est une mention pour filtrer les particules fines. Ça peut être une bonne chose si on met le purificateur d’air portatif dans une pièce à laquelle on passe la majorité de notre temps.
Si les particules sont élevées, c’est mieux de garder les fenêtres fermer, d’éviter d’aller à l’extérieur pour faire une activité surtout une activité physique. Si on doit se déplacer à l’extérieur, on peut porter un masque surtout les masques de type N95 qui sont utiles pour filtrer les particules.
Les feux de forêt ont commencé plus tôt cette année. Est-ce un signe précurseur pour les années à venir?
Les modèles des experts dans le domaine du réchauffement climatique nous indiquent que si les concentrations à gaz à effet de serre augmentent, on va voir davantage des feux de forêt.
Maintenant, au Canada par exemple, ce ne sera pas toutes les régions qui vont être affectées de façon égale. On pense que l’Ouest canadien va être affecté davantage. De façon générale, on va voir davantage de feux de forêt qui vont être plus intenses, qui vont survenir plus tôt durant la saison, et qui vont durer plus longtemps.
Les propos ont été réorganisés pour des raisons de longueur et de cohérence.
Plus sur la francophonie
Mercredi, les sénateurs ont adopté le projet de loi C-13 en seconde lecture, ce qui amènera le texte sur la table du Comité sénatorial permanent des langues officielles dès lundi.
Le Comité accueillera d’ailleurs les ministres Petitpas Taylor et Fortier, respectivement ministre des Langues officielles et présidente du Conseil du Trésor. Des fonctionnaires de Patrimoine canadien et la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) seront également présents comme témoins.
Le commissaire aux langues officielles, qui a déposé son rapport annuel 2022—2023 mardi, sera également entendu.
Après l’étape du Comité sénatorial, il restera la troisième lecture avant que le projet de loi reçoive la sanction royale.
Dans son rapport annuel 2022-2023, le Commissariat aux langues officielles (CLO) montre à nouveau du doigt Air Canada qui a fait l’objet de 276 plaintes sur les 497 reçues sur les services aux voyageurs pendant l’année.
Le CLO a reçu un nombre total de 1788 plaintes entre avril 2022 et mars 2023. Une baisse importante comparativement aux 5 409 enregistrées en 2021-2022 qui portaient en grande partie sur l’unilinguisme du PDG d’Air Canada.
Le rapport de cette année, publié mardi, enregistre notamment une hausse du nombre de plaintes dans les secteurs des services au public et des exigences linguistiques, par exemple, pour la langue de travail dans la fonction publique fédérale.
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Le ministère d’Immigration, réfugiés et citoyenneté Canada a annoncé un avantage pour plusieurs catégories d’immigrants économiques, dont les francophones.
L’annonce est tombée mercredi. Dans un ensemble de six catégories établies par Immigrations, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), les francophones qui voudront s’établir hors Québec ont désormais une catégorie qui leur est réservée dans le système Entrée express qui vise les candidats à des programmes d’immigration économique.
Ce changement permettra au ministère plus de souplesse dans la sélection des candidats, dans le cadre des programmes actuels gérés par Entrée express.
Pour être invité, un candidat devra être admissible à au moins un des trois programmes fédéraux actuellement gérés dans le cadre d’Entrée express : la Catégorie de l’expérience canadienne, le Programme des travailleurs qualifiés ou le Programme des travailleurs de métiers spécialisés.
Pour la catégorie de la compétence linguistique en français, des candidats seront invités à déposer leur candidature pour obtenir leur résidence permanente s’ils ont obtenu la note minimale de 7 à un test de français officiel.
Si par exemple, une infirmière francophone souhaite obtenir la résidence permanente, elle pourrait être invitée à déposer sa candidature à la fois à la catégorie de compétence linguistique en français et à la catégorie des professions de la santé.
Six catégories ont été sélectionnées pour inviter les candidats à présenter leurs demandes, toutes sous certaines conditions :
Le projet de loi sur la garde d’enfants, porté par la ministre fédérale de la Famille, des Enfants et du Développement social, Karina Gould, est passé à l’étape du rapport aux Communes mercredi.
Le projet de loi C-35, qui offre des places à 10 $ en services de garde, ne contient aucune garantie pour offrir des places en garderies francophones en milieu minoritaire.
Le Canada souffre d’un «manque criant» de places pour eux, selon le directeur général de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Alain Dupuis.
La FCFA avait rappelé en comité parlementaire le mois dernier que le projet de loi devait être amendé pour remédier au manque de «clauses linguistiques robustes» et d’engagements financiers du fédéral dans les ententes provinciales.
Le projet de loi est globalement critiqué par les partis d’opposition pour un défaut d’accessibilité générale, anglophones ou francophones, dans les garderies du pays. Les libéraux ont choisi d’axer leurs discours en Chambre sur l’abordabilité des services de garde tel que proposé dans C-35.
Ingérence étrangère, élections albertaines et les feux de forêt
Tous les partis d’opposition ont voté en faveur de la motion portée par le NPD réclamant la démission de David Johnston alors que les libéraux s’y sont opposés.
En plus de demander à David Johnston de quitter ses fonctions de rapporteur spécial, le texte de la motion réclamait également que le gouvernement fédéral mette «d’urgence» sur pied une commission d’enquête publique sur l’ingérence étrangère.
Cette dernière, «dirigée par une personne choisie avec le soutien unanime de tous les partis reconnus à la Chambre», serait pour «examiner tous les aspects de l’ingérence étrangère de tous les États», avec un accent sur la Chine, l’Inde, l’Iran et la Russie.
Toutefois, David Johnston s’est imposé. «Je respecte profondément le droit de la Chambre des communes d’exprimer son opinion sur mon travail à venir, mais mon mandat émane du gouvernement. J’ai le devoir de poursuivre ce travail jusqu’à la fin de mon mandat», a-t-il déclaré dans un courriel envoyé aux journalistes.
La cheffe du Parti conservateur uni de l’Alberta, Danielle Smith a été réélue première ministre de la province lundi.
Le Parti conservateur uni (PCU), dirigé par la première ministre de l’Alberta Danielle Smith, a remporté les élections provinciales par une mince majorité, avec 48 sièges. Son adversaire principal, le NPD, piloté par l’ancienne première ministre Rachel Notley, en a obtenu 38. Un député indépendant a aussi été élu.
Les députés du PCU ont gagné bon nombre de régions rurales alors que le NPD a fait des gains dans les villes de Calgary et d’Edmonton. La cheffe néodémocrate albertaine a, quant à elle, été réélue dans sa circonscription d’Edmonton–Strathcona.
Le NPD a réussi à gagner les sièges de certains ministres du Cabinet Smith dont celui de Kaycee Madu, ministre du Travail et de l’Immigration, dans Edmonton–Sud Ouest et Nicholas Milliken, ministre de la Santé mentale et des Dépendances, dans Calgary–Currie.
Mercredi, le premier ministre de la province, Tim Houston, a appelé le fédéral à «apporter votre contribution avec ce que vous avez» en demandant de l’aide militaire, de l’équipement de lutte contre les incendies et de l’assistance aux personnes déplacées.
Ottawa a envoyé des pompiers, des hélicoptères ainsi que des camions et versera à la province une somme équivalente à tous les dons reçus par la Croix-Rouge canadienne.
Seize feux étaient encore actifs jeudi, dont quatre hors de contrôle, selon le point de presse du gouvernement néoécossais. Près de 20 000 personnes ont été évacuées à travers la province.
Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tom Houston, a réclamé l’aide des autres provinces, du gouvernement canadien et des États-Unis, qui jouxtent la frontière provinciale pour combattre les feux de forêt.
Aucun blessé n’a été déclaré, mais 200 habitations, en date de jeudi, ont été réduites en cendres, a affirmé le premier ministre Tim Houston.
Ottawa a annoncé lundi un soutien financier de 95,8 millions de dollars sur cinq ans destinés aux proches d’Autochtones disparus ou assassinés et les survivants d’actes criminels.
Sur l’enveloppe totale, 20,4 millions de dollars soutiendront de manière permanente les organismes d’aide sur le terrain.
Une ligne nationale téléphonique d’urgence sans frais, accessible tous les jours à toute heure a été créée : 1-844-413-6649.
De l’aide en lien avec les Autochtones disparus ou assassinés est aussi disponible via le site du Gouvernement du Canada.
La pauvreté d’information et le désert médiatique se définissent par l’absence de médias qui couvrent les institutions communautaires ou la faible couverture journalistique des divers enjeux qui touchent une communauté ou une région.
Les institutions communautaires renvoient notamment aux conseils municipaux, aux conseils scolaires, aux établissements d’enseignement ou aux associations qui représentent divers intérêts pour les collectivités.
Les médias locaux rapportent bien sûr les changements d’horaire de la collecte des ordures, l’augmentation des impôts fonciers ou le changement de nom d’une école. Ce sont là des informations d’intérêt public qui ont une incidence directe sur le quotidien d’une collectivité.
Mais les médias locaux ont aussi un important rôle de chien de garde, un rôle trop souvent mésestimé. Ils surveillent les décisions et actions des institutions de proximité pour veiller à ce qu’elles s’acquittent en bonne et due forme de leur devoir de transparence et de leur obligation de rendre des comptes aux citoyens ou aux administrations gouvernementales.
C’est souvent grâce au travail de journalistes locaux que la population découvre, par exemple, que la personne à la tête de la municipalité a accordé un contrat faramineux à un membre de sa famille.
Sans la présence de journalistes sur le terrain, ce genre de situation peut passer sous silence et laisser une trop grande liberté d’action aux élus.
Moins de médias, moins de couverture journalistique
En tant que francophones vivant en contexte minoritaire, nous nous retrouvons souvent dans une zone de pauvreté de nouvelles ou dans un désert médiatique.
Pourquoi? Les médias francophones en milieu minoritaire sont moins nombreux que leurs contreparties anglophones. Aussi, ils ont souvent moins de ressources ; c’est une réalité avec laquelle même Radio-Canada doit composer.
Et, c’est un secret de Polichinelle que le francophone en contexte minoritaire est généralement bilingue et s’abreuve aussi d’informations en anglais.
La couverture des institutions locales est d’ailleurs souvent assurée par les médias anglophones, vu qu’ils sont plus nombreux. En revanche, la perspective journalistique francophone risque de passer sous le tapis.
Par exemple, s’il est question d’octroyer des fonds municipaux à une activité destinée aux francophones, il est probable que le journaliste d’un média anglophone ne traite pas de la nouvelle parce qu’elle ne s’adresse pas à la majorité de son lectorat. Voilà à quoi peut ressembler la pauvreté de nouvelles.
Comprenons-nous bien, ce n’est pas par manque de volonté de la part de votre journal ou de votre radio s’il y a des zones ou des thèmes qui ne sont pas couverts. Tout est une question de ressources humaines et financières.
Les journalistes locaux sont souvent des hommes-orchestres et des femmes-orchestres. En plus de produire des textes journalistiques – ce qui n’est déjà pas une mince affaire –, ils doivent souvent assumer d’autres tâches, comme la mise en ligne des articles, les publications dans les médias sociaux et la parution de l’infolettre.
Pour accomplir toutes ces tâches, les journalistes doivent parfois sacrifier la couverture de certains évènements. Après tout, il n’y a que 24 heures dans une journée… même pour les journalistes les plus dévoués.
Les citoyens font partie de la solution
L’une des clés du succès en journalisme est d’avoir un réseau de contacts. Ces personnes-ressources jouent souvent un rôle officiel auprès d’une institution. Elles permettent au journaliste de confirmer des informations ou de faire le point sur divers dossiers.
Cependant, dans le respect de leurs compétences, ces personnes livrent rarement des informations en dehors du discours officiel de l’institution qu’elles représentent.
C’est ici que la population entre en jeu. L’information ne se fait pas à sens unique, c’est-à-dire du média vers le citoyen. Le citoyen est un observateur important de l’actualité locale et prête mainforte aux journalistes.
Vous l’ignorez peut-être, mais vous êtes sans doute déjà une sentinelle de l’information locale.
Les journalistes n’ont souvent pas la possibilité de sillonner continuellement toute la région à laquelle ils s’adressent – surtout s’il s’agit d’une province ou d’un territoire en entier – et d’entretenir constamment leurs réseaux de contacts.
Parfois, ils doivent se rabattre sur les réseaux sociaux, comme les divers groupes Facebook, pour savoir ce qui se passe en dehors de leur zone de mobilité.
Il s’agit d’une façon de développer un réseau de contacts et de profiter de vos yeux et de vos oreilles pour savoir ce qui se passe dans votre coin du monde.
Mais l’engagement citoyen dans le monde de l’information peut aller encore plus loin. Vous pouvez prendre le téléphone, envoyer un courriel et communiquer directement avec les journalistes.
Étant des bêtes de nature curieuse, ils vont porter attention à ce que vous avez à raconter. Ils iront enquêter, poser des questions et finiront peut-être par écrire un article. Par un simple geste, vous aurez, à votre façon, participé à la vitalité de l’information locale.
Finalement, vous faites partie de la solution pour assurer la couverture journalistique en français.
Le ministère d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé mercredi un ensemble de six catégories au sein d’Entrée express pour faciliter l’immigration économique, dont «la compétence linguistique en français». Cette nouveauté accordera plus de souplesse au ministère dans la sélection des candidats, dans le cadre des programmes gérés par Entrée express.
Les candidats doivent passer par l’un des trois programmes fédéraux d’Entrée express pour bénéficier de plus de points : la Catégorie de l’expérience canadienne (CEC), le Programme des travailleurs qualifiés ou le Programme des travailleurs de métiers spécialisés.
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Entrée express est un système d’immigration économique canadien qui fonctionne par un système de points : plus le candidat en obtient, plus il a de chance d’être retenu comme résident permanent à travers l’un des programmes que gère le système.
Test de français
Pour être sélectionnés dans l’un de ces trois programmes, en vertu de la compétence linguistique en français, les candidats seront invités à déposer leur candidature pour la résidence permanente s’ils ont obtenu la note minimale de 7 à un test de français officiel.
Le ministre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada Sean Fraser n’a pas fait d’annonce formelle. La nouvelle est tombée via communiqué de presse le mercredi 31 mai.
À partir de l’obtention de cette note, le candidat pourra recevoir plus de points dans le système de classement global d’Entrée express.
Dans un courriel à Francopresse, Rémi Larivière, conseiller principal en communication pour IRCC, précise qu’il faut cependant que les candidats aient reçu une note minimale de 7 en compréhension de l’oral, en expression orale, en compréhension de l’écrit et en expression écrite. C’est ce qu’exigent les Niveaux de compétence linguistique canadiens (NCLC).
«Étant donné que les candidats ayant des scores linguistiques plus élevés sont susceptibles d’être mieux classés parmi les autres candidats du bassin, ils [pourront] être invités à demander la résidence permanente par le biais d’un tour de sélection par catégorie pour les personnes maitrisant le français», précise-t-il.
Si, par exemple, une infirmière francophone souhaite obtenir la résidence permanente et qu’elle obtient la note de 7 aux tests, elle pourrait être invitée à déposer sa candidature à la fois dans la catégorie de compétence linguistique en français et dans la catégorie des professions de la santé.
«[Ces candidats] seraient invités à par le biais d’une ronde d’invitation à postuler pour les candidats maitrisant le français, ou d’une ronde d’invitation à postuler pour les travailleurs de la santé», ajoute Rémi Larivière.
Six catégories ont été sélectionnées pour inviter les candidats à présenter leurs demandes, toutes sous certaines conditions :
«Ce n’est pas ce qu’on demandait, mais c’est une bonne nouvelle»
Pour Alain Dupuis, directeur général de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), c’est une «bonne nouvelle».
Alain Dupuis, directeur général de la FCFA, qualifie de «bonne nouvelle» l’annonce d’IRCC pour les immigrants francophones hors Québec, même si l’organisme souhaite un programme économique distinct réservé à ces immigrants pour répondre aux besoins précis des communautés.
«Avant, il fallait des permissions spéciales pour favoriser les candidats francophones. C’était selon le principe du premier arrivé, premier servi.», affirme-t-il.
Pourtant, l’annonce n’est pas à la hauteur de ce que demandait l’organisme : un programme économique distinct pour les francophones. L’annonce ministérielle «est une réforme qui existe depuis des années», souligne Alain Dupuis.
En effet, la nouvelle annonce se concentre sur les besoins de main-d’œuvre au Canada, mais elle n’est pas taillée sur mesure pour les besoins des communautés francophones, ce que voudrait la FCFA.
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Immigration économique
Par ailleurs, vu qu’IRCC ne collecte pas les données sur la main-d’œuvre francophone, il y a lieu pour la FCFA de se demander sur quelles données le ministère va se baser pour répondre spécifiquement à ces besoins, comme dans les garderies ou les écoles en milieu minoritaire par exemple.
«Mais ça va permettre au gouvernement à ce qu’il y ait plus de tirages dans les bassins [de candidats francophones] pour atteindre les cibles d’immigration», nuance-t-il.
Toutefois, le ministère ne précise pas dans quelle proportion il projette d’augmenter le nombre d’immigrants francophones à l’extérieur du Québec. Rémi Larivière précise ne pas pouvoir «spéculer sur le nombre de personnes qui soumettront une demande sous l’ensemble relatif à la maitrise du français».
Des consultations publiques sont prévues cet été. Les cibles d’IRCC pour l’immigration francophone en milieu minoritaire devraient tomber cet automne, au moment du dépôt du Plan pluriannuel.