Une photo de l’un des camps sport et plein air de 2022.
«La pandémie a illustré à quel point le sport ou l’activité physique sont essentiels pour la santé physique et psychologique, a déclaré la ministre des Sports, Pascale St-Onge, en entrevue avec Francopresse. On sait très bien qu’il y a des barrières à la pratique du sport dans quelques communautés que ce soit à cause des couts, des frais, de l’équipement.»
Parmi les obstacles, la pratique d’un sport dans sa langue se démarque. «Que ce soit dans les sports ou dans d’autres domaines, on a toujours plus à faire pour que les communautés en situation minoritaire aient accès à tous les services. Ça inclut le sport», poursuit-elle.
«La demande est tellement plus grande que l’offre»
Chantal Young, directrice générale de Sports en français au Manitoba, voit le sport comme un outil de rassemblement.
«La demande est tellement plus grande que l’offre», observe Chantal Young, directrice générale de Sports en français au Manitoba. Avec sa programmation, l’organisme veut créer des espaces où les gens peuvent parler en français en faisant du sport.
«C’est dans une province où la plupart du sport se fait en anglais, souligne la directrice. Notre mission est d’améliorer l’accès aux sports et à l’activité physique ici au Manitoba.»
En tant que mère, Chantal Young a personnellement ressenti le besoin d’offrir des activités sportives en français à ses enfants : «Mes filles ont d’abord fait du sport en français, parce qu’on ne parlait qu’en français à la maison. Dans les premières années de la vie de mon ainée, faire du sport en anglais n’était pas une option.»
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Parler français hors de l’école
Pour Céline Dumay, directrice générale de la Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA), le sport reste «un moyen de parler sa langue maternelle dans un contexte hors-scolaire pour les jeunes, même pour les adultes […] de parler sa langue en ayant du plaisir».
La FSFA organise notamment les Jeux francophones de l’Alberta, dont la dernière édition a réuni plus de 315 participants et 150 bénévoles. L’organisme a aussi participé à la campagne de sensibilisation #ELLEBOUGE et organisé des formations sur les ainés afin de vaincre l’isolement linguistique.
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Manque de financement
Céline Dumay insiste malgré tout sur le manque de financement : «Il y a des barrières, c’est certain. De notre côté, on est une petite équipe […] on ne peut pas aller beaucoup plus loin que notre programmation actuelle. En Alberta en général, ce n’est pas toujours possible de s’entrainer et de pratiquer dans sa langue.»
Pour Céline Dumay, directrice générale de la Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA), le financement fédéral n’est toujours pas suffisant de manière générale.
En 2020, des organismes francophones ont participé à une table ronde avec Sport Canada où ils ont soulevé le problème des couts associés à la participation au sport. Ils avaient alors recommandé à l’agence du gouvernement fédéral de dédier du financement aux communautés francophones afin d’inciter la pratique du sport en français.
Après le dépôt du budget fédéral de 2021, la ministre des Sports a lancé l’initiative Le sport communautaire pour tous.
Ce volet du Programme de soutien au sport a pour objectif d’appuyer la participation des groupes sous-représentés et représente 80 millions de dollars sur une période de deux ans.
Parmi les groupes concernés : les communautés noires, autochtones, racisées, 2ELGBTQI+, les personnes à faible revenu et les nouveaux arrivants.
Du canoë pour tous
La ministre des Sports a annoncé le 21 juin que Canoe Kayak Canada fait désormais partie de la liste des bénéficiaires de l’initiative Le sport communautaire pour tous.
Canoe Kayak Canada recevra jusqu’à 404 700 dollars d’Ottawa qui pourront être redistribués dans des clubs de kayak.
La ministre des Sports, Pascale St-Onge. Photo : Marianne Dépelteau
Le travail n’est pas terminé
«Dans la population, on sait que des groupes communautaires qui desservent des communautés de langue officielle en situation minoritaire ont besoin de ressources pour élargir l’accessibilité de façon générale à leurs services, incluant le sport. Ça fait partie des réalités sur lesquelles on continue de travailler», indique Pascale St-Onge.
La ministre des Sports dévoilera bientôt un plan pour le sport sécuritaire et assure que la langue fait partie des réflexions.
«Tout ce qui concerne la discrimination, que ce soit par rapport à la langue, la religion, l’orientation sexuelle ou la race, ça n’a pas sa place dans le sport. Des efforts doivent être faits par toutes les organisations pour éliminer la discrimination dans le sport.»
Dans sa réforme visant à mettre fin à la culture toxique des sports, une clause appuie «l’importance d’avoir des conseils d’administration qui sont diversifiés. Avoir des personnes qui parlent les deux langues officielles, ça fait partie de la solution pour avoir de meilleures pratiques, gouvernance et décisions pour desservir les personnes francophones ou anglophones.»
Manifestation devant le Parlement canadien, conférences de presse virulentes, déclarations publiques acérées, le torchon brule entre les Premières Nations et les Métis de l’Ontario.
Au cœur des tensions, le projet de loi fédéral C-53 qui reconnait officiellement le droit à l’autogouvernance de la Nation métisse de l’Ontario (NMO).
Autrement dit, les communautés métisses ontariennes sont en voie d’obtenir le droit de choisir leurs représentants, d’écrire leurs propres lois et de se doter d’une constitution.
Le texte du projet de loi a d’ores et déjà été adopté à l’unanimité en deuxième lecture à la Chambre des communes. S’il est adopté en troisième lecture par les deux chambres, il gravera dans le marbre une entente relative à l’autonomie gouvernementale signée en 2019 entre la NMO et Ottawa.
L’accord, mis à jour en février dernier, identifie formellement la Nation métisse de l’Ontario comme la représentante des communautés métisses vivant sur le territoire ontarien.
«L’entente porte atteinte à nos droits fonciers»
Margaret Froh est présidente de la Nation métisse de l’Ontario.
«C’est le résultat d’un travail pour lequel notre peuple s’est battu pendant quelque 200 ans. Il s’agit d’une réconciliation pour des dizaines de milliers de Métis», salue Margaret Froh, présidente de la NMO.
Dans un communiqué de presse, Marc Miller, ministre des Relations Couronne-Autochtones, considère que cette entente et les ententes similaires conclues avec les Nations métisses de la Saskatchewan et de l’Alberta «jettent les fondements nécessaires au renouvèlement des relations entre le Canada et chacun de ces gouvernements métis» et créent «de nouvelles occasions de bâtir avec eux un avenir meilleur».
Qui sont les Métis?
La Constitution canadienne de 1982 reconnait trois groupes autochtones au pays : les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Être Métis signifie plus que de posséder un héritage familial mixte autochtone et européen.
Le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, paru en 1996, affirme que «bon nombre de Canadiens ont des ancêtres autochtones et non autochtones, mais que cela n’en fait pas des Métis ou même des Autochtones. […] Ce qui distingue les Métis, c’est qu’ils s’associent à une culture typiquement métisse».
En 2003, dans l’arrêt Powley, la Cour suprême a établi une liste de 10 critères, dont les liens ancestraux et l’appartenance à une communauté, afin de déterminer si une personne peut bénéficier des droits accordés aux Métis.
Les 133 Premières Nations de l’Ontario, représentées par les Chefs de l’Ontario, dénoncent, elles, une menace pour leurs terres.
«L’entente porte atteinte à nos droits fonciers et à nos titres ancestraux», critique Veldon Coburn, membre de la Première Nation des Algonquins de Pikwakanagan et professeur adjoint à l’Institut de recherche et d’études autochtones de l’Université d’Ottawa.
Jason Batise est directeur général du Conseil tribal Wabun, composé de six Premières Nations situées dans le Nord de l’Ontario.
«Nous rejetons la présence de Métis sur nos territoires ancestraux. C’est nous et nous seuls qui sommes ici depuis des temps immémoriaux», poursuit Jason Batise, directeur général du Conseil tribal Wabun, composé de six Premières Nations situées dans le Nord de l’Ontario.
Le Conseil tribal Wabun a soumis une demande de révision judiciaire à la Cour fédérale pour faire annuler l’entente conclue en février de cette année.
«Nous n’avons jamais été consultés ou invités à discuter. Ce manque de collaboration du gouvernement nous laisse perplexes», relève Jason Batise.
À ses yeux, certaines communautés représentées par la NMO n’existaient pas historiquement et n’attestent pas d’une présence continue sur le territoire. De ce fait, elles ne peuvent pas être titulaires de droits en vertu de l’article 35 de la Constitution, lequel reconnait les droits ancestraux ou issus de traités.
«Ils revendiquent près des deux tiers de la province. Ils n’ont aucune terre, alors ils essaient de s’approprier les nôtres», s’inquiète le directeur général.
Identité métisse controversée
Face à ces accusations, la NMO assure que l’entente concerne uniquement la gestion des affaires internes.
«L’accord est très clair. Il n’aura aucune incidence sur les droits des Premières Nations. Il ne porte ni sur les terres ni sur les ressources. Il s’intéresse seulement à notre capacité à élire nos dirigeants, à gouverner et à prendre soin de nos enfants», insiste Margaret Froh.
L’entente stipule que la NMO a la compétence pour exercer des «pouvoirs internes et de base», comme pour les questions liées à la citoyenneté, aux élections et à l’administration. La NMO devient également responsable de l’application de la Loi fédérale concernant les enfants, les jeunes et les familles des Premières Nations, des Inuits et des Métis.
Un document mis en ligne par le ministère des Relations Couronne-Autochtones précise que «si d’autres domaines de compétence ou enjeux susceptibles d’avoir une incidence sur d’autres groupes autochtones étaient négociés à l’avenir, des consultations appropriées seront entreprises par la Couronne».
Cette controverse cache un débat sur l’authenticité de certaines communautés métisses. En 2017, le gouvernement de l’Ontario en a identifié six nouvelles, étendant le territoire métis jusqu’à la frontière provinciale avec le Québec.
Deux nouvelles communautés métisses ont notamment été reconnues sur le territoire du Conseil tribal Wabun et sur celui de la Première Nation des Algonquins de Pikwakanagan.
Dialogue au point mort
Veldon Coburn est membre de la Première Nation des Algonquins de Pikwakanagan et professeur adjoint à l’Institut de recherche et d’études autochtones de l’Université d’Ottawa.
«Ça n’a rien à voir avec la reconnaissance du peuple métis dont le statut autochtone est validé depuis 1982, mais selon tous nos experts, rapports et recherches, il n’y a jamais eu de groupes métis qui ont vécu sur nos terres», assène Veldon Coburn.
«La nation métisse de l’Ontario n’a pas de patrie et d’assise territoriale traditionnelle», ajoute Jason Batise.
Margaret Froh de la NMO conteste vivement cette position : «D’un point de vue juridique et factuel, c’est totalement faux de dire que ces communautés n’existaient pas. On doit arrêter de dénier l’identité métisse et de hiérarchiser les droits.»
Les positions semblent irréconciliables. Si Margaret Froh se dit prête à poursuivre un «dialogue respectueux», Jason Batise assure que les Premières Nations vont continuer à se battre devant les tribunaux.
«Quand il s’agit de nos terres, nous ne pouvons pas faire de compromis. J’ai du mal à voir comment on pourrait arriver à un consensus», estime-t-il.
Sur la colline du Parlement, le projet de loi a été renvoyé devant le Comité permanent des affaires autochtones et du Nord. Il reviendra sur les bancs de la Chambre des communes à l’automne pour une troisième lecture, avant d’être examiné par le Sénat.
En attendant, les Premières Nations de l’Ontario sont plus que jamais mobilisées. Elles viennent même de mettre en ligne un site Internet dédié à la lutte contre le projet de loi C-53.
Inquiétudes autour du Cercle de feu
Les Premières Nations craignent que le projet de loi C-53 n’ouvre la porte à l’exploitation minière dans la région dite du Cercle de feu, à 500 kilomètres au nord de Thunder Bay, en Ontario.
Jason Batise, directeur général du Conseil tribal Wabun, s’interroge sur les motifs réels de l’entente : «Serait-ce aussi un moyen de faire progresser l’exploitation minière dans des endroits où les gouvernements sont confrontés à l’opposition des communautés autochtones existantes?»
Jusqu’alors, la Première Nation Nishnawbe Aski s’opposait à l’exploitation d’un gisement minier présent sur ses terres ancestrales. Mais une communauté métisse y revendique également des territoires.
«Il y a un léger chevauchement. Métis et Premières Nations coexistent dans une petite partie de cette région», reconnait Margaret Froh, présidente de la Nation métisse de l’Ontario.
La cheffe de file métisse se veut néanmoins rassurante : «Nous serons toujours aux côtés des Premières Nations pour veiller à ce que la Couronne respecte son obligation de consultation lorsque les droits des peuples autochtones sont susceptibles d’être touchés.»
Avec des informations de Mélanie Tremblay
Le fédéral retire ses publicités de Facebook et Instagram
Jugeant la réaction de Meta de bloquer l’accès aux nouvelles canadiennes «déraisonnable et irresponsable», le gouvernement fédéral suspend la publicité sur Facebook et Instagram. Le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, en a fait l’annonce lors d’une conférence de presse conjointe avec le Bloc québécois et le NPD, mercredi.
Le député bloquiste Martin Champoux était aux côtés du ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez, et du député néodémocrate Peter Julian pour annoncer le retrait de la publicité fédérale sur Meta.
En 2021-2022, le gouvernement fédéral a dépensé 11,4 millions de dollars en publicité sur les plateformes de Meta. «On va réinvestir cet argent-là au niveau des médias, a indiqué le ministre. Les détails seront communiqués dès que possible.»
Ne voyant pas de résolution dans le processus de règlementation de la loi, Google a à son tour annoncé son intention de retirer les liens vers les nouvelles canadiennes de ses produits lors de l’entrée en vigueur de la loi, ce qui se fera en décembre prochain.
Le ministre Rodriguez demeure cependant convaincu de trouver un terrain d’entente avec Google. «Nous sommes convaincus, au sein du gouvernement, que ce que Google demande actuellement peut être fait et le sera par le biais de règlementations».
Le député bloquiste, Martin Champoux soutient que «le seul moyen de les faire plier, ça va être de montrer une solidarité, une unanimité». Après l’annonce gouvernement fédéral, le gouvernement du Québec, les Villes de Québec et de Montréal ainsi que plusieurs organismes médiatiques ont annoncé le retrait de leurs publicités sur Meta.
Le gouvernement veut aider les Canadiens à payer leur épicerie
Mercredi, 11 millions de personnes et de familles à revenu faible ou modeste ont commencé à recevoir un remboursement fédéral unique pour l’épicerie.
Cette aide financière peut atteindre «467 $ pour les couples admissibles ayant deux enfants, 234 $ pour les Canadiennes et les Canadiens célibataires sans enfant et 225 $ pour les personnes âgées, en moyenne», a confirmé le ministère des Finances par communiqué.
En conférence de presse, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a avoué les limites de la mesure : «Je sais que ça ne compensera pas tout l’impact de l’inflation, mais pour ceux qui en ont vraiment besoin […] le remboursement apportera un répit important»
Analyse du cout des ingrédients dans un contexte inflationniste.
La Maison de la francophonie de Victoria devient réalité
La ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, a annoncé mardi l’octroi de plus d’un million de dollars à la Société francophone de Victoria (SFV). Cet argent lui permettra d’acquérir et de rénover la Maison de la francophonie de Victoria, un espace de rencontre et de partage.
Le projet a pour but de favoriser la collaboration entre la SFV et les organismes partenaires de la région en centralisant les activités et services à la communauté francophone au même endroit.
«Je n’étais même pas encore au monde lorsque ce projet germait dans l’esprit des membres de la communauté francophone de Victoria», a indiqué la présidente de la SVF par voie de communiqué. «Cette journée, un grand nombre d’entre nous l’ont attendue avec impatience, et nous y sommes!»
La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) va entendre la Nation Wet’suwet’en
L’audience virtuelle qui permettra d’examiner le traitement du Canada et de la Colombie-Britannique envers cette Première Nation dans le cadre de la construction du gazoduc de Coastal GasLink aura lieu le 10 juillet.
Des représentants de la Nation Wet’suwet’en, opposés à ce projet depuis 2019, parleront notamment d’interactions avec le Groupe d’intervention pour la sécurité de la collectivité et de l’industrie (GISCI) de la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
En 2020, l’opposition à la construction du gazoduc s’est manifestée partout à travers le pays alors que divers groupes ont bloqué des chemins de fer. La même année, la GRC avait déployé la GISCI afin d’empêcher tout blocage de l’accès à la route lors de la construction du gazoduc et avait procédé à des arrestations.
Affaire Paul Bernardo : Marco Mendicino encore dans l’eau chaude
Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino.
La loi sur l’accès à l’information a permis à La Presse canadienne d’obtenir des courriels démontrant que la commissaire du Service correctionnel du Canada, Anne Kelly, a avisé le bureau du ministre de la Sécurité publique du transfert du criminel Paul Bernardo
Une semaine avant le transfert du criminel, Anne Kelly a envoyé des courriels à la sous-ministre déléguée, Tricia Geddes et au sous-ministre, Shawn Tupper, qui a accusé réception.
Quand la nouvelle a fait surface, le 2 juin, le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a affirmé ne pas avoir été mis au courant. Quelques jours plus tard, les médias dévoilaient que son personnel avait été informé du transfert. Des membres du Parti conservateur du Canada ont alors réclamé sa démission.
Une première femme à la tête de Hockey Canada
Hockey Canada a confirmé mardi la nomination de Katherine Henderson au poste de présidente et cheffe de la direction. L’ancienne directrice générale de Curling Canada est la première femme à diriger la fédération. Elle succède à Scott Smith.
Aux prises avec des scandales sexuels et financiers, l’ensemble du conseil d’administration et la direction générale avaient remis leur démission. L’équipementier Bauer Hockey, qui avait suspendu son partenariat avec Hockey Canada, est revenu sur sa décision suite à l’annonce de mardi.
Denise Bombardier s’est éteinte
La journaliste, essayiste et chroniqueuse s’est éteinte mardi des suites d’un cancer. En 2018, elle avait provoqué de vives réactions dans la francophonie canadienne en affirmant à l’émission Tout le monde en parle que les francophones «avaient à peu près disparu». Propos qu’elle a tenus après un séjour en Ontario et au Manitoba.
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Aryel Maharaj, coordinateur chargé des activités de vulgarisation et de sensibilisation au Centre national d’information sur les troubles de l’alimentation.
Le gouvernement fédéral s’est penché sur la question des troubles alimentaires en 2014, puis à nouveau cette année sommairement dans un rapport sur la santé mentale des filles et des jeunes femmes. Force est de constater qu’entre 2014 et 2023, presque rien n’a changé dans l’offre de soins.
«Nous n’avons noté aucune augmentation des ressources», regrette Aryel Maharaj, coordinateur chargé des activités de vulgarisation et de sensibilisation au Centre national d’information sur les troubles de l’alimentation (NEDIC).
«Il y a un intérêt accru et plus de financement depuis la pandémie. Nous avons vu plus d’annonces de financement au cours des trois dernières années, mais il s’agit généralement de programmes pilotes de financement. Rien à long terme.»
Selon des calculs de l’Association des troubles alimentaires du Canada (ATAC), près d’un million de personnes au pays répondent aux critères correspondant à un diagnostic de troubles alimentaires. Ce sont les troubles mentaux qui causent le plus de décès.
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Manque de ressources
Shaleen Jones, directrice générale de l’organisme Eating Disorders Nova Scotia, déplore elle aussi le sous-financement chronique du système de santé.
Selon Shaleen Jones, directrice générale de l’organisme Eating Disorders Nova Scotia, «la clé est d’intervenir rapidement».
«Les ressources sont dispersées et n’ont pas été adaptées à la gravité et à l’ampleur des besoins, dit-elle. Généralement, les ressources se concentrent dans les zones urbaines. Si vous vivez dans une grande ville et si vous avez de l’argent, vous avez beaucoup plus d’options que quelqu’un qui n’a pas de moyens financiers.»
Au Nouveau-Brunswick, à l’Île-du-Prince-Édouard et dans les territoires, il n’existe aucun programme financé publiquement qui est spécialisé dans les troubles de l’alimentation.
«Les patients très malades sont soit hospitalisés dans un lit de psychiatrie générale, ou alors la province paie leur transfert vers une autre province où il y a un lit de soins spécialisés», rapporte Aryel Maharaj.
Selon lui, dans l’ensemble du pays, il faut attendre entre 6 mois et 2 ans pour obtenir des soins publics contre les troubles de l’alimentation. «Dans tout le pays, des personnes sont mortes pendant qu’elles étaient sur la liste d’attente.»
Aryel Maharaj explique que l’attente allonge la durée nécessaire de traitement : «Si le cerveau n’est pas nourri, il est très difficile d’effectuer le travail de traitement psychologique. Plus le temps passe, plus il faut passer de temps [en traitement].»
À 12 ans, Kira McCarthy a développé ce qui sera plus tard diagnostiqué comme un autre trouble spécifié de l’alimentation et des conduites alimentaires (ATSACA). C’est à 40 ans qu’elle est allée chercher de l’aide pour la première fois.
Kira McCarthy est enseignante et a une compagnie d’art dont les profits sont versés à l’organisme torontois Sheena’s Place.
Elle s’est d’abord tournée vers Sheena’s Place, un organisme torontois qui offre du soutien sans diagnostic aux personnes atteintes d’un trouble alimentaire. Quatre ans plus tard, après un rendez-vous chez le médecin, elle s’est retrouvée sur une liste d’attente de deux ans avant d’avoir droit à une évaluation de son état.
Frôler la mort pour être enfin pris en charge
D’après Kira McCarthy, les chiffres sur le pèse-personne et la quantité de calories consommées avaient plus d’importance pour les équipes médicales que ses comportements. «Sur papier, j’avais l’air en bonne santé. Je n’avais pas besoin d’aller aux urgences.»
«Les listes d’attente pour accéder à un programme public de traitement sont si longues que les patients se retrouvent aux urgences tellement ils sont malades», souligne April Elliott, pédiatre pour adolescents et accompagnatrice personnelle.
«Souvent, une personne est médicalement compromise, mais pas suffisamment pour être hospitalisée», affirme-t-elle.
Quant aux personnes admises, elles se voient généralement renvoyées de l’hôpital trop tôt, explique Aryel Maharaj. Faute de ressources, «les gens sortent de l’hôpital et n’ont pas le temps de résoudre quoi que ce soit.»
Sterling Renzoni est étudiant en biochimie à l’Université Trent, à Peterborough, en Ontario, et conseille le ministère de la Santé de l’Ontario sur les soins aux patients.
Sterling Renzoni l’a vécu plus d’une fois. Après une consultation chez son médecin de famille, il a été hospitalisé puis renvoyé chez lui.
«Après deux semaines, j’ai atteint le poids magique qu’ils considèrent comme suffisamment stable, mais mentalement, je n’étais pas assez bien pour prendre soin de moi en dehors de l’hôpital, raconte-t-il. J’ai eu mon congé de l’hôpital et j’ai été suivi aux soins ambulatoires [pendant un an].»
«Tout a bien commencé […], mais mon état a fini par se dégrader.»
Ce qui l’a mené à vivre le même cycle une deuxième fois : consultation aux urgences, admission à l’hôpital local, transfert vers un plus grand hôpital pédiatrique, obtention du congé de l’hôpital dès l’atteinte d’un certain poids pour poursuivre en clinique ambulatoire.
Sterling Renzoni estime que les soins qu’il a reçus étaient inadéquats : «Les soins ambulatoires n’ont pas fonctionné la première fois. Ça ne me convenait pas d’y retourner et d’essayer la même chose, mais c’était ma seule option.»
Agir de manière précoce
April Elliott, pédiatre pour adolescents et accompagnatrice personnelle, espère voir plus de financement à différentes échelles de soins.
«La clé est d’intervenir hâtivement. Si l’on peut détecter la maladie dès l’apparition des symptômes, les chances de guérison précoce et de réduction de la douleur et de la souffrance augmentent considérablement», indique Shaleen Jones.
Pour April Elliott, «il faut plus de financement pour soutenir les personnes à divers stades de la maladie, comme des efforts pour réduire les listes d’attente, des groupes de soutien en personne et en virtuel».
«Nous savons tous que le traitement au sein de la communauté est bien plus responsable sur le plan financier que l’hospitalisation ou les programmes intensifs», ajoute-t-elle.
Aryel Maharaj relate que le virtuel, qui diminuait les séjours dans les hôpitaux, a permis d’aider plusieurs personnes pendant la pandémie.
Mais aujourd’hui, «plusieurs provinces» n’offrent plus ces services pour lutter contre les troubles de l’alimentation. «Imaginez les personnes qui avaient finalement accès à des services grâce à ça et qui soudainement n’y ont plus accès», se désole-t-il.
Si le Comité permanent de la condition féminine s’est attardé à la santé mentale de ce groupe de la population, ce n’est pas par hasard. Déjà en 2013, Statistique Canada rapportait que les jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient plus susceptibles de développer des troubles de santé mentale que n’importe quelle autre tranche d’âge.
Dans son rapport de mars dernier, le Comité souligne que ces troubles ne se manifestent pas de la même façon selon le sexe.
Un groupe à risque
Leora Simon est présidente du Conseil national des personnes ayant une expérience vécue.
«Pour bien des problèmes de santé mentale, comme les troubles alimentaires, la dépression et les troubles anxieux, les filles présentent des taux plus élevés que les garçons, et cet écart s’accentue au fil du temps», peut-on lire dans le document.
Leora Simon est présidente du Conseil national des personnes ayant une expérience vécue, un comité consultatif de l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM). Ayant elle-même lutté contre des troubles alimentaires dans sa jeunesse, elle reconnait que «c’est une période très spécifique […] où tu peux vraiment changer la vie [d’une personne]».
Pour les jeunes filles et femmes, le Comité s’est penché sur cinq grands aspects : les troubles alimentaires, les troubles anxieux, la consommation de substances et la toxicomanie, le suicide et les idées suicidaires, ainsi que la santé mentale périnatale.
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Des lacunes dans les services
L’accessibilité aux services en santé mentale reste aussi un enjeu important.
Dans un mémoire présenté au Comité, l’organisme sans but lucratif Les enfants d’abord note que les délais d’attente pour obtenir des services spécialisés dépassent parfois les limites acceptables d’un point de vue clinique. En Ontario par exemple, ces délais peuvent aller jusqu’à deux ans et demi.
Mais pour Leora Simon, l’accessibilité va au-delà de la simple présence de services : «Les jeunes ne sont pas nécessairement à l’aise d’accepter des services à l’hôpital ou au centre médical. On conseille des programmes dans les communautés, particulièrement dans les carrefours jeunesse.»
Peu de traitements adéquats
D’après la Commission de la santé mentale du Canada (CSMC), 1,2 million d’enfants et de jeunes Canadiens ont des troubles de santé mentale suffisamment graves pour perturber leur fonctionnement et leur développement, mais moins de 20 % d’entre eux reçoivent un traitement adéquat.
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S’attaquer à la racine du problème
Le Comité permanent de la condition féminine a formulé 18 recommandations au gouvernement fédéral dans son rapport, telles que soutenir la recherche et la collecte de données, investir dans la prévention et la sensibilisation, mais aussi s’attaquer à des questions sociales.
En ce sens, il recommande notamment de réduire la pauvreté, d’améliorer l’accès au logement, de financer des services communautaires de transition ainsi que d’appuyer la formation à la fois des professionnels et dans les écoles.
Leora Simon se réjouit que le Comité parle de la «racine» de plusieurs problèmes de santé mentale.
Si tu peux intervenir plus tôt dans la vie, si tu peux fournir du logement abordable, du soutien alimentaire, des choses comme ça, ça peut améliorer la santé des jeunes. C’est une question de prévention et d’intervention précoce. Tu as vraiment la chance de changer la vie de la personne et d’éviter des crises.
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Le rapport fait aussi ressortir des facteurs influant sur la santé mentale des filles : stéréotypes sexistes, normes sociales, violence sexuelle, Internet, médias sociaux, cyberintimidation et pandémie de COVID-19.
Toujours selon le document, les filles sont beaucoup plus susceptibles que les garçons «d’avoir une utilisation plus problématique des médias sociaux», entre autres à cause de l’hypersexualisation.
«C’est aussi important d’informer les gens sur les effets des réseaux sociaux», commente Leora Simon. Le Comité recommande d’ailleurs que le gouvernement fasse de la sensibilisation aux méfaits en ligne et qu’il légifère pour contrer la cyberintimidation et l’exploitation sexuelle en ligne.
Nour Enayeh, présidente de l’Alliance des femmes francophones du Canada, est «choquée» que la prestation de services en français dans le domaine de la santé mentale ne soit pas incluse dans le rapport du Comité permanent de la condition féminine.
Et les francophones?
Malgré les 18 recommandations du Comité, aucune ne porte explicitement sur la prestation de services de santé mentale en français.
«C’est assez choquant que le français en tant que langue officielle ne soit pas du tout mentionné», déclare Nour Enayeh présidente de l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC).
Une étude universitaire de 2019 sur les barrières linguistiques en santé dans les communautés francophones en situation minoritaire a pourtant déjà montré que l’absence de services dans sa langue peut «nuire aux soins, les retarder ou entrainer un mauvais diagnostic».
«Quand on parle de santé mentale, c’est beaucoup les émotions, remarque Nour Enayeh. Déjà c’est compliqué d’expliquer ses émotions, mais si en plus on ne peut pas le faire dans notre propre langue, c’est très compliqué. Le pire, c’est de comprendre les diagnostics.»
L’incompréhension d’un diagnostic peut en effet mener les patients francophones à commettre des erreurs dans les soins à la maison, confirme l’étude.
L’intersectionnalité de la santé mentale
Le fait d’être francophone n’est pas le seul obstacle à l’obtention de soins et de services d’aide en santé mentale.
Les victimes de marginalisation ou de discrimination, que ce soit en raison de leur identité de genre, de leur situation de handicap ou de leur appartenance ethnique sont aussi souvent négligées.
C’est le cas notamment des jeunes issus des communautés 2ELGBTQI+ pour qui «seulement 20 % des prestataires de services de santé mentale au Canada offrent des services adaptés», selon le rapport du Comité permanent de la condition féminine.
Les peuples autochtones n’échappent pas non plus à la pénurie de services. Pour cette raison, le rapport leur accorde une importance particulière dans presque toutes ses recommandations. Il faut dire que les taux de troubles mentaux et de suicide chez les jeunes autochtones demeurent inquiétants.
Le rapport souligne également qu’il «existe très peu de services pour répondre» aux besoins des femmes immigrantes et réfugiées, qui se retrouvent parfois socialement et linguistiquement isolées.
Pourtant, Nour Enayeh, souligne que «l’accès à des soins de santé en français était la priorité pour [plusieurs] femmes» selon une étude menée par son organisme sur les besoins des femmes immigrantes francophones en situation minoritaire.
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La présidente est d’avis que la langue fait partie de l’intersectionnalité : «On peut avoir des femmes ou des filles qui ont des problèmes de santé mentale, qui en plus sont racisées, en plus sont issues de l’immigration, qui ont des traumatismes reliés à l’immigration, en plus sont francophones […] c’est tout interrelié.»
Les géants du Web ripostent
Google a annoncé jeudi sa décision de bloquer les liens vers les actualités canadiennes de ses plateformes dès que la Loi sur les nouvelles en ligne, auparavant connue sous le nom de projet de loi C-18, entrerait en vigueur.
La Loi, qui a obtenu la sanction royale le 22 juin, doit entrer en vigueur dans six mois.
Cette annonce survient une semaine après l’annonce de Meta de bloquer l’accès aux nouvelles canadiennes sur Facebook et Instagram au Canada. Le géant de la technologie a annoncé mercredi mettre un terme à ses ententes de redevance conclues avec des médias canadiens. La Presse, Le Devoir, le Toronto Star, le Globe and Mail et les journaux des Coopératives nationales de l’information indépendante (CN2i), dont fait partie le quotidien Le Droit, sont touchés par cette décision.
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Le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté (IRCC), Sean Fraser, a annoncé des mises à jour en termes d’immigration afin de remédier à la pénurie de main-d’œuvre qui affecte plusieurs secteurs.
Processus d’immigration et d’étude facilités
Le ministère de l’Immigration a annoncé le lancement des premières invitations du système Entrée express pour les travailleurs dans les domaines de la science, technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) et de la santé.
Le ministre de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Sean Fraser, a annoncé sur Twitter cette semaine que 500 professionnels de la santé ont été invités à immigrer au Canada et que 1500 de plus le seront à partir du 5 juillet. La première ronde d’invitation pour les travailleurs des domaines STIM sera lancée la même semaine.
Au début du mois, le ministère avait annoncé un ensemble de six catégories au sein d’Entrée express pour faciliter l’immigration économique, dont la compétence linguistique en français.
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Les travailleurs étrangers auront désormais accès à des programmes d’études de plus de six mois. Le ministre Sean Fraser a annoncé mardi une nouvelle mesure temporaire de 3 ans levant la limite de six mois d’études qui leur était imposée.
«Nous ouvrons la porte à un nombre accru de médecins et d’infirmières formés à l’étranger, a déclaré le ministre par voie de communiqué. Nous ouvrons également la voie aux manœuvres en construction pour qu’ils deviennent des personnes de métier, renforcent nos collectivités et construisent de nouvelles habitations.»
Nous invitons plus de travailleurs de la santé au 🇨🇦!
— Sean Fraser (@SeanFraserMP) June 28, 2023
Nous avons modifié notre approche d'immigration en nous concentrant davantage sur certains secteurs confrontés à de graves pénuries de main-d'œuvre.
Le 1er secteur à bénéficier de ce nouveau processus est celui de la santé. pic.twitter.com/jADMPTRml4
Les dossiers d’ingérence suscitent de l’intérêt
Dans une lettre ouverte adressée aux chefs des quatre partis d’opposition ainsi qu’à trois ministres libéraux, le sénateur progressiste Andrew Cardozo propose une «troisième option» pour une enquête sur l’ingérence étrangère.
Cette option «inclut le meilleur des deux modèles» développés par le rapporteur spécial David Johnston, affirme le sénateur.
En plus de la création d’une «commission d’enquête publique pour examiner tous les types d’ingérence étrangère, dirigée par un juge, avec la possibilité d’avoir un panel de trois personnes». Dans sa liste de recommandations, le sénateur Cardozo suggère notamment l’examen des méthodes de lutte contre l’ingérence qu’utilisent l’Union européenne, l’Australie et Taiwan.
L’ancien rapporteur spécial sur l’ingérence étrangère, David Johnston, a remis son rapport final confidentiel au premier ministre cette semaine. Dans son rapport initial, il avait assuré qu’une enquête publique serait inutile et proposait plutôt des audiences publiques pour sensibiliser les Canadiens à l’ingérence.
La présidente du Conseil du Trésor, Mona Fortier.
Il n’y a aucune preuve d’ingérence politique de la part de la firme McKinsey. C’est ce que concluent la présidente du Conseil du Trésor, Mona Fortier, et la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Helena Jaczek, que le premier ministre avait mandatées d’examiner le processus d’attribution des contrats fédéraux au cabinet-conseil McKinsey & Company.
Les deux ministres ont toutefois soulevé quelques irrégularités quant à des exigences et procédures administratives comme des documents manquants ou des erreurs dans la déclaration des marchés, confirmant ainsi des conclusions d’un rapport préliminaire publié en mars.
Destitution et demande de démission
La cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations (APN) a été destituée mercredi lors d’une réunion virtuelle. La motion de non-confiance a obtenu 71 % des voix des membres de l’APN.
RoseAnne Archibald avait été suspendue en juin 2022 à la suite «d’une déclaration publique qui a enfreint ses obligations» envers l’APN. En mai dernier, une enquête externe a conclu que deux employés de l’APN avaient été victimes de harcèlement et de représailles.
La première femme élue cheffe de l’APN, de la Première Nation de Taykwa Tagamou (en Ontario), avait déjà fait l’objet d’une enquête qui n’a pas abouti pour des allégations similaires quand elle était cheffe régionale de l’Ontario.
La requête vient du Congrès des Peuples autochtones du Canada (CPA) qui déclare, dans un communiqué, avoir «perdu confiance» envers le ministre des Relations Couronne-Autochtones après des «années d’ignorance et d’exclusion de centaines de milliers de Métis et d’Inuits du sud du Labrador vivant hors des réserves et sans statut».
L’organisme déplore également l’exclusion du CPA et de voix autochtones urbaines du projet de Conseil national de réconciliation et du plan d’action canadien de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
«Malgré leurs besoins croissants, les autochtones vivant dans les villes et les zones rurales ont du mal à trouver les mêmes soutiens que ceux qui vivent dans les réserves ou dans les établissements du Nord», déplore dans ce même communiqué Elmer St -Pierre, chef national du CPA.
Olivia Chow a remporté la course à la mairie de Toronto, lundi soir. L’ancienne députée fédérale néodémocrate de Trinity–Spadina a récolté 37 % des voix, soit cinq points de plus que sa principale adversaire, Ana Bailão, ancienne mairesse adjointe de la Ville Reine.
Le premier ministre ontarien, Doug Ford, a changé son discours après l’élection de lundi. Pendant la campagne, il avait indiqué l’élection d’Olivia Chow serait un «désastre complet», notamment pour des raisons économiques.
Mais au lendemain de sa victoire, il a évoqué qu’il trouverait «terrain d’entente» avec l’la nouvelle mairesse. Ce qu’Olivia Chow a confirmé.
Personne ne sera étonné d’apprendre que les salaires ne suivent pas le rythme de l’augmentation des prix des logements.
En tenant compte de l’inflation, les salaires ont augmenté d’environ 25 % depuis le début des années 2000 au Canada. Or, dans la plupart des régions du pays, le prix d’achat des logements, lui, a doublé ou triplé, voire quintuplé dans des villes comme Ottawa, Toronto ou Vancouver.
Il n’y a plus une province où le prix de référence d’une maison unifamiliale est de moins de 250 000 $.
Les ménages dépensaient le cinquième de leur budget pour se loger il y a 20 ans. C’est presque le tiers aujourd’hui. Jamais le marché immobilier n’a été aussi inaccessible.
De nombreux facteurs expliquent la hausse des prix de l’immobilier au pays depuis une vingtaine d’années : forte croissance de la population, déséquilibre entre l’offre et la demande de logements, faibles taux d’intérêt, hausses du prix des matériaux, etc.
Plus récemment, la vague sans précédent d’immigration que connait le pays, l’épargne accumulée pendant la pandémie et la hausse des salaires liée à la pénurie de main-d’œuvre ont été les principaux moteurs de la hausse des prix.
Et avec la montée rapide des taux d’intérêt, voilà maintenant que les promoteurs retardent les mises en chantier de logements neufs, ce qui accroit encore la pression sur les prix.
Le cout élevé des logements n’affecte pas que l’accès à la propriété.
Les locataires aussi dépensent davantage pour se loger puisque les prix des logements locatifs ont suivi la même tendance que ceux des maisons unifamiliales et des condos. La pression est forte sur les propriétaires pour augmenter les loyers.
Les jeunes et les locataires sont laissés pour compte
Conséquence de la bulle immobilière, les jeunes adultes commencent leur vie active avec un boulet financier que leurs parents ou leurs grands-parents n’ont pas connu, et ce, même si la pénurie de main-d’œuvre actuelle joue en leur faveur pour leur permettre d’accroitre leurs revenus.
À court terme, la bulle immobilière a comme première conséquence de contraindre les jeunes à dépenser une part supérieure de leurs revenus pour se loger.
L’accès à la propriété est souvent conditionnel à l’aide financière de la famille.
Au Québec, ce sont 20 % des jeunes qui reçoivent un appui financier de leurs parents pour financer l’achat d’une première propriété. En Ontario, ce sont 4 parents sur 10 qui financent l’achat du premier logement de leurs enfants. La majorité d’entre eux empruntent pour donner un coup de pouce à leur progéniture.
Les jeunes restent aussi plus longtemps chez leurs parents et ont des enfants plus tard que les générations précédentes. Il y a un lien direct entre l’abordabilité des logements et l’âge moyen du premier accouchement des femmes.
À long terme, le manque de logements abordables pour les jeunes réduit leur capacité à épargner. Cela pourrait avoir des conséquences importantes sur leurs possibilités de bien vivre à la retraite.
La part des biens immobiliers dans le patrimoine des familles est très importante et elle ne cesse de s’accroitre.
En moyenne au pays, la valeur des propriétés immobilières représente 40 % de la valeur nette des ménages. Ce pourcentage est de près de 50 % en Colombie-Britannique et en Ontario. C’est une composante cruciale de la richesse des familles canadiennes.
Mais une cassure se dessine. De moins en moins de jeunes auront accès à cette richesse.
Des inégalités plus grandes
La bulle immobilière a aussi comme conséquence d’accroitre les inégalités au sein de la population.
Il y a toujours eu des ménages plus pauvres pour qui l’accès à la propriété était plus difficile. Or, de nos jours, même un salaire de 50 000$ par an ne suffit souvent plus pour accéder à la propriété.
Il y aura donc de plus en plus de travailleurs qui habiteront dans des logements à loyer, non pas par choix, mais par obligation.
L’héritage jouera aussi un rôle prépondérant dans la capacité à accéder à la propriété.
Les babyboumeurs canadiens sont assis sur une fortune de près 3 800 milliards de dollars. Les biens immobiliers représentent plus de 1 500 milliards de dollars dans ce pactole.
Au cours des 20 à 25 prochaines années, une bonne partie de cette richesse sera transmise aux générations futures. L’écart de richesse entre les jeunes qui ont des parents ou des grands-parents possédant une propriété et ceux dont les ainés sont locataires deviendra alors plus grand.
Malgré de beaux discours, les gouvernements de tous les ordres ne saisissent pas encore l’ampleur du problème qui se dresse devant la société canadienne.
Le nombre de logements abordables financés par les gouvernements est dérisoirement inadéquat pour répondre à la crise actuelle. Le logement est encore trop souvent considéré comme un bien privé, un secteur où les gouvernements ont peu de marge de manœuvre pour intervenir.
Pourtant, c’est de l’équité intergénérationnelle et de l’égalité des chances entre les citoyens dont il s’agit. Les gouvernements feraient bien d’accorder plus d’importance à l’accessibilité au logement.
Plus on attend avant d’agir, plus la tendance sera difficile à renverser.
David Dagenais est journaliste économique indépendant et entrepreneur. Auparavant, il a été journaliste à Radio-Canada après avoir achevé des études supérieures en économie politique à l’’UQAM et à l’Université d’Ottawa.
Un enfant des Iles
Claude Cormier, l’une des voix les plus emblématiques des Îles-de-la-Madeleine, revient avec un 8e album à la hauteur de son talent. Tavernier est rempli de cette énergie et du gout du partage qui caractérisent l’artiste. Le timbre de voix du Madelinot est toujours aussi réconfortant après plus de 20 ans de carrière.
Pochette de l’album Tavernier.
Disque après disque, Claude Cormier n’a jamais cessé de charmer le public, avec des mélodies accrocheuses et une plume qui témoigne du quotidien et des retrouvailles entre amis.
Sur Tavernier, il y a toujours ces chansons bretonnes qui nous invitent à la fête telles que C’est pas demain la veille, ou encore La galère continue.
On y retrouve également quelques chansons plus profondes comme Leurs cris de détresse ou Perdu dans le temps, parmi les plus beaux textes de l’album.
L’opus se termine par deux excellents duos avec Keven Landry, originaire de Havre-Saint-Pierre au Québec : Parlons de chez nous et Y reste encore du bon monde, deux excellents textes à saveur country.
Claude Cormier réussit encore une fois à nous séduire. Avec des musiques tantôt entrainantes tantôt berçantes, il nous livre des textes puissants qui nous captivent mot après mot.
Hommage à ses origines
L’auteure-compositrice-interprète franco-manitobaine Geneviève Toupin, connue sous le nom de Willows, offre un 4e disque toute en douceur. Maison vent propose un parcours intérieur rempli de tendresse et de générosité.
Pochette de l’album Maison vent.
Geneviève Toupin signe un opus personnel qui rend hommage à ses origines métisses, à travers 14 chansons.
Une brise folk nous guide tout au long de l’album. La voix feutrée de la chanteuse s’harmonise avec des arrangements parfois tout en douceur, parfois plus rythmiques. Les textes sont empreints de résilience et de compassion.
Willows parle d’origine, de souvenir et de fierté. Elle partage ses sentiments intérieurs en français, en anglais et même en métchif (langue mixte incorporant des éléments du français et du cri).
Il y a quelques pièces qui résument bien la spiritualité de la démarche artistique.
Des chansons comme Li bwé, Mémère ou Lignées décrivent bien l’essence de la culture de Willows. Twé tchu-li Métchif, qui rappelle que la perte du matériel ne peut jamais éteindre la flamme de l’intérieur, est l’un des meilleurs textes de l’album.
Oh Marie est un autre petit bijou de courage et de résilience. Willows termine cet opus avec Who I am, un autre excellent texte sur la dualité linguistique.
Souvenir d’un homme du pays
À l’automne 2019, la voix chaleureuse de Michel Lalonde revenait en force après huit ans sans disque. Avec Comme un engin, l’ex-membre de Garolou, nous interpelle avec des mélodies folk et country captivantes.
On retrouve dans les deux premières pièces, J’suis fait comme ça et Tout ce qu’on avait, cette chaleur humaine et cette tendresse propre à Michel Lalonde.
Michel Lalonde est un auteur-compositeur franco-ontarien.
Tout ce qu’on avait est une adaptation francophone d’une chanson de John Prine. C’est l’artiste acadienne Patricia Richard qui fait les chœurs. Marilou est une autre excellente pièce country-folk où la charmante voix de Caroline Bernard vient appuyer celle de Michel Lalonde.
Cap sur l’amour est le plus beau texte de l’album sur une trame à la Gordon Lightfoot. Une belle partition de violon dresse une toile de fond nostalgique alors que le texte parle de tendresse. C’est toujours toi est une autre belle mélodie folk à la Eagles, avec une touche d’amertume.
Sur cet opus, Michel Lalonde nous offre aussi un p’tit clin d’œil à son époque Garolou avec une belle version de Joli cœur de rosier.
Je termine avec une mention spéciale pour la pièce titre très actuelle. Comme un engin est une road song puissante avec un superbe texte engagé.
Marc Lalonde, dit Lalonde des ondes, est chroniqueur musical depuis plus de 25 ans au sein de la francophonie musicale canadienne et animateur de l’émission radiophonique Can-Rock. Il se fait un malin plaisir de partager cette richesse dans 16 stations de radio à travers le pays chaque semaine.
Céline Bellot s’intéresse à la réalité des femmes en situation d’itinérance. La professeure à l’École de travail social de l’Université de Montréal et directrice de l’Observatoire des profilages (ODP) remarque que les idées reçues sur la réalité des itinérantes sont nombreuses.
«Quand on en voit une, on a l’impression vraiment que c’est la déchéance. On côtoie des femmes en situation d’itinérance partout, mais sans les voir parce qu’elles ne veulent pas se faire voir», indique-t-elle.
Statistique Canada distingue deux types d’itinérance : l’itinérance sans-abri, qui définit notamment les personnes qui fréquentent les refuges ou qui dorment à l’extérieur, et l’itinérance cachée, qui désigne les personnes qui n’ont pas de domicile fixe, mais qui habitent temporairement chez des connaissances.
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Se cacher pour se protéger
«Essayer de passer du temps chez l’un, chez l’autre, chez des amis, chez des familles éloignées, passer d’un endroit à l’autre», constitue la réalité de plusieurs femmes en situation d’itinérance cachée, confirme Sophie Rousseau, travailleuse en santé mentale en maison d’hébergement pour femmes en Colombie-Britannique.
Selon Sophie Rousseau, les refuges mixtes pour les personnes en situation d’itinérance ne répondent pas aux besoins des femmes.
«Les femmes vont tout faire pour ne pas être dans la rue, et lorsqu’elles arrivent à la rue, elles vont tout faire pour cacher leur situation d’itinérance. Elles vont essayer de ne pas paraitre dans les milieux où on a des personnes en situation d’itinérance», ajoute Céline Bellot.
Se tenir propre, invisible, ne pas transporter beaucoup de choses au risque de se faire repérer, éviter un certain nombre de lieux, notamment mixtes : tels sont les défis quotidiens auxquels beaucoup de femmes itinérantes sont confrontées, déclare la chercheuse.
Des hébergements inadéquats
Le Canada comptait 437 refuges d’urgence pouvant accueillir 15 185 personnes en 2021. En tout, 53 refuges étaient réservés aux femmes, 82 étaient réservés aux hommes et 161 accueillaient des hommes et des femmes.
«Le système leur impose de se débrouiller par elles-mêmes parce que même le système de l’intervention ne parvient pas à les accueillir faute de place», déclare Céline Bellot.
Dans la maison d’hébergement où elle travaille, Sophie Rousseau côtoie des femmes qui se retrouvent en situation d’itinérance cachée et sans-abri. Celles qui refusent de respecter les règles des maisons d’hébergement choisissent de rester à l’extérieur tout en accordant une grande priorité à leur sécurité.
Elles vont privilégier des parcs publics qui ont des petites zones nature, qui ont un certain espace entre les arbres, qui ne sont pas tendus et qui sont volontairement laissés plus ou moins dans un état simili sauvage et donc les personnes vont aller avec leur tente et camper.
Selon elle, «une femme qui se retrouve sans logement parce qu’elle fuit la violence va rarement vouloir s’approcher d’une maison d’hébergement mixte et donc elles sont doublement pénalisées, parce que les services ne sont pas à la mesure des besoins.»
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Le cercle vicieux de la violence
Céline Bellot est professeure à l’École de travail social de l’Université de Montréal et directrice de l’Observatoire des profilages (ODP).
«Une des voies du passage vers l’itinérance des femmes, c’est la question de sortir de la violence conjugale, qui les précipite finalement dans une perte de logement, la perte de chez soi. Il va y avoir des trajectoires aussi spécifiques de femmes qui vont avoir des problèmes de santé mentale qui ne sont pas pris en charge, non reconnus comme la dépression», constate Céline Bellot.
Une fois en situation d’itinérance, les femmes «vont être constamment dans l’hypervigilance, à essayer de s’assurer une sécurité tout en s’invisibilisant, poursuit-elle. Elles vont essayer constamment de travailler pour leur sécurité».
Même après avoir fui la violence dans leur propre foyer, ces femmes sont exposées à la violence de la rue.
«Après avoir passé plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois dans la rue, elles ont toutes subi de la violence sexualisée pendant leur période dans la rue», confie Sophie Rousseau, d’après les témoignages recueillis auprès des femmes rencontrées dans la maison d’hébergement où elle travaille.
Ce que nous on observe, c’est que les femmes se mettent en couple avec quelqu’un qui est un peu craint dans la communauté de la rue. C’est l’une des façons les plus rapides d’obtenir une protection.
Écouter ces femmes
Améliorer la condition des femmes en situation d’itinérance commence par «la reconnaissance qu’elles existent pour, par la suite, trouver des solutions qui leur sont adaptées et leur sont spécifiques», déclare Céline Bellot.
Parmi celles-ci, favoriser un environnement sécuritaire dans les centres d’hébergement mixtes, indique la professeure.
À l’échelle individuelle, la meilleure façon d’aider les femmes en situation d’itinérance est «de laisser la personne exprimer ses besoins plutôt que de les assumer et imposer nos propres préjudices et préjugés sur la personne», suggère Sophie Rousseau.
«On a trop tendance à finalement les positionner en victime et donc à les prendre en charge comme si on savait tout sur ce qui était meilleur pour elle, alors qu’elles savent ce qu’il y a de mieux pour elles», conclut Céline Bellot.
Les organismes à but non lucratif (OBNL) ont également dû faire preuve de souplesse, avec des moyens souvent moindres, pour s’accommoder de cette nouvelle réalité.
L’évènement Frye Jam avec le groupe musical umLäb, lors du Festival Frye 2023
«Avec la pandémie, on a fait un virage numérique très très rapide», confie Léonore Bailhache, responsable des communications, du marketing et du développement des publics du festival littéraire Frye, qui se déroule chaque année à Moncton.
«Pour notre édition 2020, on a mis en place des évènements virtuels sur Facebook Live. Ça n’avait pas été très facile parce qu’à cette époque-là, on n’avait pas les outils ni l’expertise pour développer tout ça. Mais ça s’est quand même très bien passé», assure-t-elle.
Du rattrapage à faire
À la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), cette période pandémique a permis de faire la lumière sur les retards que les OBNL francophones avaient pris en matière de transition numérique.
La pandémie, couplée à l’essor des pratiques numériques, a changé notre façon de travailler. Les entreprises ont dû s’adapter pour rester compétitives, en adoptant notamment le travail à distance.
«Ce retard avait des conséquences qui pénalisaient les artistes, mais aussi pour les financements, parce que de plus en plus de programmes ont des composantes numériques», explique Marie-Renée Duguay, gestionnaire de projet de la Bande numérique de la FCCF.
Les participants à la formation Bootcamp en gestion du changement pour gestionnaires proposée en mars 2023 par la Bande numérique à l’Académie de transformation numérique de l’Université Laval.
«Les organismes culturels canadiens n’étaient pas compétitifs par rapport à ceux du Québec, qui investissait depuis 20 ans dans le virage numérique alors que les autres provinces le faisaient très peu, et encore moins en français», ajoute Marie-Renée Duguay.
C’est de ce constat qu’est née la Bande numérique.
L’objectif était clair : offrir gratuitement aux organismes francophones les outils pour les aider à se développer numériquement.
«On avait un diagnostic numérique avec plein de questions sur les outils et les stratégies des organismes participants», décrit Marie-Renée Duguay.
«Après trois ou quatre sessions d’information, on assignait [aux organismes] un conseiller numérique qui révisait [le diagnostic] avec eux et leur donnait une feuille de route, poursuit-elle. Suite à ça, on leur offrait 10 heures d’accompagnement avec un conseiller pour démarrer leur feuille de route et jusqu’à 50 heures d’accompagnement avec des experts extérieurs.»
À cela s’ajoutaient les 23 formations proposées à un rythme soutenu pendant toute l’année, ainsi que la création d’une communauté de pratique sur Facebook, où les membres peuvent «échanger, poser des questions et partager des bonnes pratiques».
Au total, 43 organismes – dont 12 de la FCCF –, répartis dans 3 cohortes différentes, ont profité de l’aide fournie par la Bande numérique.
Retours d’expérience très positifs
«On est extrêmement satisfaits d’avoir pu bénéficier de cet accompagnement-là complètement gratuitement. C’est un cadeau incroyable, soutient Léonore Bailhache. On n’est pas expert, et il y a plein de pratiques externes ou internes qui avaient besoin d’amélioration. Notre nouvelle plateforme Web est un des résultats.»
Élise Anne LaPlante et Véronique Leblanc sont codirectrices de l’Association des groupes en arts visuels francophones depuis février dernier.
«Séraphin Vandegar [un des trois conseillers de la Bande numérique] nous a incroyablement aidés à identifier quels étaient nos besoins et comment faire en sorte que [notre plateforme] soit fonctionnelle», déclare Léonore Bailhache.
Élise Anne LaPlante et Véronique Leblanc ont commencé les formations peu de temps avant de prendre la codirection de l’Association des groupes en arts visuels francophones (AGAVF) en février dernier.
Si elles n’ont pas encore lancé de grands chantiers numériques depuis leur entrée en fonction, les codirectrices estiment tout de même que la Bande numérique leur a permis de commencer du bon pied.
«On a optimisé certaines choses, comme les envois d’infolettres, la rédaction d’une politique éditoriale pour nos réseaux sociaux ou le transfert de nos archives vers l’infonuagique. Ce sont des choses très concrètes qui améliorent notre manière de communiquer», se réjouit Véronique Leblanc.
Marie-Renée Duguay, gestionnaire de la Bande numérique depuis mars 2022.
«Ce qui a permis d’aller aussi loin, c’est la partie accompagnement par des consultants, est d’avis Élise Anne LaPlante. Ça nous a été particulièrement utile, parce qu’on pouvait cibler nos besoins. Ça nous permettait de mettre en perspective ce qui était à faire.»
Elle précise même que «quand on bloquait, on pouvait reparler avec cette personne-là, dénouer l’enjeu et continuer d’avancer. C’était bien parce qu’on pouvait comprendre ce que l’on faisait et pas juste se le faire dire.»
De l’aveu de Marie-Renée Duguay, cet accompagnement a même fait plus que donner des outils numériques aux OSBL.
Beaucoup d’organismes nous ont dit que faire un diagnostic numérique, c’était comme faire une minithérapie.
«Pour bien t’en servir, il faut que tu te poses les bonnes questions. Quels outils on utilise, mais aussi pourquoi on les utilise? Ça a un impact sur le numérique, mais aussi sur tout ce qui est gestion du changement. Ça force les organismes à regarder leur processus.»
Phase 2 bonifiée
Bonne nouvelle pour les participants au programme et pour ceux qui souhaiteraient en bénéficier : la Bande numérique a obtenu 500 000 $ de financement annuel pour les deux prochaines années grâce au Fonds stratégique de Patrimoine canadien.
Léonore Bailhache, responsable des communications, du marketing et du développement des publics du Festival Frye.
Pour cette deuxième phase, quelques modifications ont été apportées au programme. «On veut que chacun des organismes membres de la FCCF puisse avoir un vrai plan numérique. Et on va leur offrir l’occasion d’accueillir chez eux un atelier ou une conférence sur le numérique», annonce Marie-Renée Duguay.
«On va étoffer le travail fait avec les organismes de la phase 1 en leur offrant 150 heures additionnelles. Les nouveaux auront le droit à 200 heures», ajoute-t-elle.
Ainsi, 15 OSBL par an pourront profiter du soutien de la Bande numérique, en plus des 12 affiliés à la FCCF. Trois nouveaux conseillers numériques seront également recrutés.