Cette question est légitime, car pour les propriétaires qui ont une hypothèque, l’incidence de ces hausses de taux est loin d’être négligeable. Par exemple, si le taux passe de 2,5 % à 7 % sur un prêt hypothécaire de 400 000 $, il faut prévoir environ 1 000 $ de plus par mois, seulement pour couvrir les nouveaux intérêts.
Pour la banque centrale, l’idée est aussi simple que l’outil du taux directeur. Quand le cout des intérêts augmente, vous payez plus cher pour financer l’achat de votre voiture ou de votre maison. Vous devez donc réduire vos dépenses ailleurs. Il y a moins d’activité économique. L’inflation baisse.
Cependant, si vous êtes propriétaire et que vous remboursez une hypothèque sur un logement acheté dans un marché en surchauffe, vous êtes en droit de vous questionner sur cette stratégie. Après tout, votre seule faute aura été de vouloir vous loger.
La Banque du Canada et les gouvernements possèdent d’autres leviers pour limiter l’inflation, mais il n’y a pas de solution miracle.
Agir sur l’offre plutôt que sur la demande
L’ajustement du taux directeur se fait sentir sur la demande, la capacité des gens à dépenser, mais les raisons pour lesquelles le Canada et la plupart des pays du monde ont connu une poussée d’inflation ont moins à voir avec la demande excédentaire qu’avec l’offre qui a été bouleversée par la pandémie et la guerre en Ukraine.
Cependant, il est difficile d’augmenter l’offre de produits à court terme ou de manière efficace. Si tout le monde est confiné à la maison et décide de se lancer dans des rénovations en même temps parce qu’il n’est plus possible de voyager ou d’aller au restaurant, les prix du bois vont monter parce que la demande excède l’offre.
Mais tous les biens ne sont pas ou ne devrait peut-être pas être affectés de la même manière par le libre marché.
Par exemple, le Canada a choisi un modèle de développement de l’habitation où le gouvernement intervient très peu dans le marché. Résultat, les ménages canadiens sont les plus endettés des pays du G7. La majorité de cet endettement provient de leurs dettes hypothécaires.
L’offre de logements est insuffisante au Canada depuis plusieurs années, ce qui est un facteur déterminant dans l’augmentation des prix de l’habitation aux quatre coins du pays.
D’autres pays ont choisi une voie différente. À Singapour par exemple, le logement abordable est un droit. Le gouvernement choisit d’y investir massivement. C’est un choix de société qui a un cout, mais qui comporte aussi de nombreux avantages, dont le fait que les ménages dépensent une part moins grande de leurs revenus pour se loger.
D’autres pays plus comparables au nôtre, comme la Suède ou la Finlande, déploient des stratégies de développement de l’habitation multiples pour tenter d’endiguer leur propre crise du logement.
Des initiatives semblables de la part des gouvernements au Canada ne règleraient pas le problème de l’inflation à court terme, mais elles pourraient aider à réduire l’inflation à long terme en s’attaquant au problème de l’abordabilité du logement tout en réduisant les inégalités.
Agir sur la demande autrement
Le gouvernement canadien laisse le soin à la Banque du Canada de juguler l’inflation en bonne partie parce que c’est une institution indépendante. Ses dirigeants peuvent prendre des décisions impopulaires ou qui se répercutent sur le portefeuille des ménages sans se soucier de devoir être réélus aux quatre ans.
Mais les gouvernements peuvent aider la banque dans sa mission de réduire la capacité de dépenser des ménages en ajustant la fiscalité.
Par exemple, ils pourraient temporairement augmenter certains impôts, de manière ciblée. Ils pourraient aussi éliminer certains crédits d’impôt. Ce serait certainement impopulaire, mais si l’objectif est de réduire la demande, pourquoi envoyer votre argent sous forme d’intérêt sur vos prêts à votre institution financière plutôt qu’aux gouvernements?
Une fois l’inflation affaiblie et stabilisée, les gouvernements pourraient utiliser la marge de manœuvre financière ainsi acquise pour s’attaquer à certains problèmes structuraux comme l’offre insuffisante de logements abordables ou pour lutter contre les changements climatiques qui plomberont la croissance à long terme de l’économie.
Faut-il conserver la cible des 2 % d’inflation?
En juin, l’inflation s’est établie à 2,8 % au pays. Mais la Banque du Canada pense que l’inflation se maintiendra au-delà de sa cible de 2 % parce qu’il y a beaucoup d’épargne dans le système financier et que l’économie est résiliente dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.
Pourquoi alors s’entêter à maintenir cet objectif de 2 % si l’outil de la banque centrale pour y parvenir, le taux directeur, a peu d’effet sur les causes sous-jacentes de l’inflation? Après tout, cet objectif n’a rien de scientifique. C’est plutôt une convention que les principales banques centrales occidentales ont adoptée dans les années 1990.
On sait qu’une inflation élevée et récurrente est nuisible à l’économie. Une hausse des prix de 10 %, 15 % ou 20 %, année après année, crée des attentes inflationnistes et risque d’entrainer une spirale inflationniste.
Mais 3 ou 4 % plutôt que 2 %? Rien n’indique que cela ait le même effet.
La Banque du Canada devrait-elle garder les taux d’intérêt élevés pendant plusieurs années pour abaisser le taux d’inflation de 3 % à 2 %, quitte à provoquer au passage des faillites personnelles par millier, des difficultés généralisées pour les ménages et une éventuelle récession?
David Dagenais est journaliste économique indépendant et entrepreneur. Auparavant, il a été journaliste à Radio-Canada après avoir achevé des études supérieures en économie politique à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université d’Ottawa.
Des spécialistes de l’ingénierie, de la conservation, de l’architecture et de l’environnement ont été mobilisés pour travailler sur ce qui est qualifié du plus grand chantier de restauration entrepris au Canada.
Les changements prévus à l’édifice du Centre permettront de «réduire les gaz à effet de serre de 93 % comparativement au bâtiment préexistant», déclare Martin Sing, chef d’équipe chargé du développement durable et des questions énergétiques au sein de Centrus, l’équipe d’experts-conseils responsable des travaux de réhabilitation.
«Plein de choses vont changer dans l’édifice, mais ce qui va rester pareil, c’est le côté patrimonial. On essaye de faire le minimum d’interventions, de garder les choses telles quelles, toutes les façades», insiste Asha Boucher, directrice du projet pour Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC).
Protection sismique
L’édifice du Centre sera notamment surélevé et mis sur des isolateurs de base qui lui permettront de résister à d’éventuelles secousses sismiques.
Expositions et théâtre multimédia
Bonne nouvelle pour les touristes et les personnes intéressées par la politique canadienne ou l’architecture : l’édifice du Centre aura «la capacité d’accueillir deux fois plus de visiteurs», promet la gestionnaire des services aux visiteurs à la Bibliothèque du Parlement, Kali Prostebby.
Le centre des visiteurs occupera deux étages. Son étendue permettra de relier l’édifice du Centre à ceux de l’Ouest et de l’Est.
Des matériaux utilisés pour restaurer des détails des façades.
«On va inclure des espaces de programmation pour le grand public, des espaces d’exposition, un théâtre multimédia, des salles de classe pour des programmes éducatifs offerts sur place», décrit-elle.
Un toit en verre recouvrira les cours intérieures, ce qui permettra de tirer parti d’espaces inutilisés auparavant.
Les sièges, les toilettes et les moyens technologiques seront adaptés pour les personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap.
Le quatrième étage accueillera les rencontres informelles et une salle sera dédiée aux traditions autochtones, comme les cérémonies de purification.
«On a aussi des prières d’accueil. Donc, si un parlementaire reçoit un invité ou un membre du public, ils peuvent aller faire la prière ensemble avant de comparaitre en comité. C’est vraiment un endroit qu’on peut utiliser à cette fin», explique Josée Labelle, conseillère principale, planification et projets d’aménagement des locaux au Sénat.
Technologie de pointe
Les deux antichambres qui encadrent la Chambre des communes – une pour les membres du gouvernement et une pour les membres des partis d’opposition – seront agrandies pour donner plus d’espace de travail aux parlementaires.
Certains éléments décoratifs sont nettoyés au laser.
De nouveaux fauteuils seront installés dans la Chambre des communes pour accueillir davantage de députés.
En revanche, aucun nouveau fauteuil ne sera ajouté dans la Chambre du Sénat, mais l’espace réservé au public y sera élargi. La salle adoptera aussi une technologie de pointe. «On va équiper la Chambre du Sénat avec de la télédiffusion, et ça, c’est un gros changement», se réjouit Asha Boucher.
Seulement, «côté patrimoine, le plafond est très spécifique. On ne veut pas nuire aux autres éléments patrimoniaux et décoratifs de la pièce, mais on veut faire sûr que la technologie pourrait être capable de faire de la radiodiffusion. C’est vraiment là l’enjeu», ajoute-t-elle.
Conserver le patrimoine
Tous les éléments retirés sont gardés, protégés et numérotés pour qu’il soit possible «de tout remettre exactement là où on l’a trouvé», assure Asha Boucher.
«Quand les gens vont rentrer dans l’édifice, ils vont se retrouver parce qu’il y a plein de choses qui vont avoir l’air d’être pareilles, mais l’édifice tel quel va être amélioré», précise-t-elle.
À gauche se trouve la copie d’une sculpture détériorée et à droite son moule.
Les plafonds en toile de lin dans la Chambre des communes ont été retirés temporairement pour les travaux. Il a fallu procéder avec prudence, informe le chef de l’équipe spécialisée en patrimoine de Centrus, Pascal Létourneau.
«Le tissu, avec le temps, devient fragile, surtout avec les couches de peinture. Il acquiert une rigidité. […] Tout ça est enlevé très délicatement et entreposé pour une restauration future.»
La poussière des éléments décoratifs de tout l’édifice du Centre sera nettoyée pour leur redonner leur apparence d’origine, complète-t-il.
Le plafond peint à la feuille d’or du Sénat ne sera toutefois pas retiré. Puisqu’il est en assez bon état, il sera seulement nettoyé. De toute façon, «tout ça est vraiment très solidement ancré à la structure du plancher», confie Pascal Létourneau.
Un travail de reconstitution
Selon John-Phillipe Smith, sculpteur du Dominion du Canada, il peut falloir entre une journée et quatre mois pour restaurer une sculpture, selon la somme de détails et la taille.
Les sculptures de l’édifice du Centre ont été analysées pour déterminer celles qui avaient besoin d’être restaurées. Les œuvres qui se sont détériorées ou brisées au fil du temps sont soumises à de minutieux travaux de restauration.
La restauration d’une sculpture peut prendre entre une journée et quatre mois, selon la somme de détails, indique le sculpteur du Dominion du Canada, John-Philippe Smith.
Un laser est employé pour nettoyer les sculptures et les murs noircis au fil du temps. Dans le cas où cette technique ne fonctionne pas, les professionnels reviennent à la méthode traditionnelle : celle du chiffon et de l’eau.
«La situation des diocèses est vraiment le reflet de la société. L’Église est en crise», lâche l’abbé François Kibwenge, vicaire épiscopal de l’archidiocèse d’Ottawa-Cornwall, dans l’Est ontarien.
«Il n’y a rien de surprenant [au manque de prêtres] dans la mesure où ça obéit à la tendance générale qu’on observe partout en Occident», renchérit Christian Dionne, professeur de théologie à l’Université Saint-Paul à Ottawa.
«Plusieurs lieux de formation de prêtres ici au Canada ont fermé, même ce qui était de grandes institutions à Montréal, à Québec, à Toronto, à Vancouver. Soit ils sont fermés ou soit ils sont devenus des institutions très réduites», observe le spécialiste.
Lieux de culte menacés
En 2020, la Fiducie nationale du Canada estimait que 9000 édifices religieux étaient menacés de fermer définitivement leurs portes d’ici à 2030.
Absence de relève
«Les paroisses sont tenues par des gens d’un certain âge. D’ici cinq ans, ils ne pourront plus être en charge. On est face à une crise générationnelle», remarque, lucide, l’abbé François Kibwenge.
Selon lui, les jeunes veulent expérimenter de nouvelles choses : «La religion avec la prêtrise vient un peu restreindre cette liberté. Donc ce n’est pas un âge où on est à l’aise pour une vocation qui demande beaucoup de discipline.»
Selon abbé François Kibwenge, l’Église fait face à une crise générationnelle.
Pour Christian Dionne, c’est l’Église qui ne prend pas suffisamment en compte l’expérience des personnes qui s’engagent dans un cheminement vers la prêtrise : «Les quelques jeunes rentrent plus tard, dans la trentaine, la quarantaine. Ça veut dire qu’ils sont porteurs de tout un bagage de vie et nous [l’Église], on les accueille comme des enfants», souligne Christian Dionne.
«Les milieux où les jeunes sont condamnées à la passivité, c’est terminé, ça ne marche plus. Il faut que ces milieux un peu plus revitalisés trouvent le moyen d’impliquer, d’engager les jeunes», poursuit le professeur de théologie.
«On tenait pour acquis que le fait que les gens venaient à l’église ça suffisait. Maintenant, on réalise qu’il faut aller dehors. Il faut aller vers les gens. On ne peut plus se contenter de rester dans nos églises», reconnait François Kibwenge.
Le rôle du diacre
Le diacre est un membre du clergé qui apporte son soutien au prêtre lors des célébrations liturgiques. Il peut aussi célébrer quelques sacrements, comme le baptême et le mariage, et prêcher. Il ne peut toutefois pas célébrer la messe ni confesser les fidèles, par exemple.
Un avenir sans curé?
Un nombre croissant de paroisses catholiques se retrouvent aujourd’hui sans curé, faute de vocations.
Josiane Édith Beaudry déplore le départ d’un prêtre dans la communauté francophone où elle vivait en Ontario.
«Quand j’habitais à Barrie, en Ontario, à la fin, on n’avait plus [de] curé. C’est vraiment triste. Après la pandémie, le curé a décidé de ne plus revenir», témoigne Josiane Édith Beaudry. Après avoir vécu pendant 15 ans en Ontario, cette catholique originaire du Québec a depuis peu déménagé à Vancouver, en Colombie-Britannique.
Cependant, elle salue l’effort de la communauté pour assurer la survie de la foi. Après la pandémie, elle explique que ce sont des paroissiens responsables de la catéchèse qui tentaient de réunir les pratiquants.
«Ce qu’on faisait, c’était des rassemblements sans communion, puis on lisait ensemble.»
Un élan communautaire qui, pour Josiane Édith Beaudry, pourrait constituer l’avenir des paroisses. «Je pense que, ce qui s’en vient, c’est beaucoup de mouvements communautaires, avec ou sans curé. Je pense que c’est l’avenir et la seule façon de garder la religion vivante.»
Accueillir des prêtres étrangers
Pour lutter contre la pénurie, des prêtres étrangers sont parfois invités à venir s’installer au pays. À leur arrivée, ils se dirigent vers la paroisse à laquelle l’évêque les a affectés et dans laquelle ils sont initiés par le curé à la culture canadienne.
«Malheureusement, le temps d’accueil, d’adaptation, d’acclimatation n’est pas suffisant», déplore Christian Dionne. Le professeur cite l’exemple de l’Université Saint-Paul : «On n’a pas à l’heure actuelle un programme à la Faculté de théologie qui semble être un programme d’accueil de ces prêtres.»
Selon le professeur de théologie Christian Dionne, l’Église ne prend pas suffisamment en compte actuellement l’expérience des plus jeunes intéressés par la prêtrise.
Venu de la République démocratique du Congo en 1997 pour étudier dans cette université, l’abbé François Kibwenge intègre l’archidiocèse d’Ottawa en 1999 et il devient prêtre en 2014. Durant ses premières années, il découvre une culture religieuse différente, à laquelle il a dû s’adapter.
«Par exemple, pendant un chant où l’on glorifie, comme le Gloire à Dieu, les gens avaient les bras croisés. Dans ma culture, c’est une opposition, une contradiction. Ce n’est pas la position de quelqu’un qui remercie. Ce n’est pas la position de quelqu’un qui louange.»
«Avec le temps, j’ai commencé à comprendre que ce sont des gens qui s’expriment avec leur cœur, mais pas nécessairement avec leur corps, alors je devais m’adapter à ça, je n’avais pas le choix. J’ai commencé à accepter cette façon d’être qui était différente», confie l’abbé François Kibwenge.
Pour réussir à s’adapter à cette nouvelle culture, les prêtres étrangers étaient guidés par un père, ajoute-t-il. «Il nous parlait de la culture d’ici : comment faut-il s’habiller? Comment faut-il se tenir avec les gens? Comment faut-il parler avec les gens? Beaucoup de choses qui concernaient le savoir-vivre, l’aspect culturel.»
«Moi personnellement, c’est quelque chose qui m’a beaucoup aidé à m’intégrer», avoue-t-il.
Selon lui, inviter des prêtres étrangers pour contrer l’enjeu du manque des prêtres francophones est une bonne idée.
«Il faut accueillir l’immigration des gens qui pratiquent notre religion, il faut les accueillir dans nos communautés, sinon la réalité va nous rattraper. Il y a des communautés qui vont mourir.»
Selon le Commissariat aux langues officielles, le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, François-Philippe Champagne, aurait dû communiquer davantage en français dans ses discours prononcés au Canada.
Plus sur la francophonie
Dans un rapport préliminaire obtenu par le quotidien Le Droit en début de semaine, le commissaire pointe du doigt le ministre fédéral de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, François-Philippe Champagne, pour avoir prononcé neuf discours hors Québec, avec seulement quelques mots en français.
Mais c’est surtout son ministère qui est visé, puisque ce dernier est assujetti à la Loi sur les langues officielles, contrairement à la personne du ministre lui-même. Selon le commissaire Raymond Théberge, le ministère a en effet le devoir de fournir au ministre des discours dans les deux langues officielles, rapporte l’article du Droit.
Le ministère s’est engagé à ce qu’«au moins 30 % du contenu de tous les discours» soient fournis au cabinet du ministre.
Des logements pour les réfugiés, une grève et des pesticides
Le ministre de l’Immigration Sean Fraser a annoncer une aide de 97 millions de dollars pour que la Ville de Toronto loge provisoirement les demandeurs d’asile et les réfugiés.
Le ministre de l’Immigration Sean Fraser a annoncé l’injection de 212 millions de dollars dans le Programme d’aide au logement provisoire (PALP), qui sera prolongé jusqu’au 31 mars 2024.
97 millions doivent aller à la Ville de Toronto, où des dizaines de demandeurs d’asile dorment dehors. La métropole demandait toutefois 157 millions.
La mairesse Olivia Chow qualifie l’investissement fédéral d’insuffisant, mais estime que c’est un «pas dans la bonne direction».
Selon les informations d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), 700 millions de dollars avaient déjà été versés dans le cadre du programme, dont plus de 215 millions pour la Ville Reine.
Le Syndicat qui représente les débardeurs en grève affirmait jeudi soir avoir conclu une nouvelle entente de principe avec l’Association des employeurs maritimes de la Colombie-Britannique (BCMEA), dans le cadre d’une grève qui touche les ports de la province.
L’entente fait désormais l’objet de discussions pour savoir si elle sera soumise au vote des membres, ce qui n’a pas été le cas de la première entente rejetée mardi par le syndicat.
Plus tôt jeudi, le syndicat avait annulé un préavis de grève de 72 heures soumis mercredi, ce qui laissait penser que la grève ne serait pas reconduite samedi matin.
Mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a convoqué le Groupe d’intervention en cas d’incident, en pressant pour que les affaires portuaires reprennent, car des «milliards de dollars de marchandises» ont déjà été perdus, rapporte le bureau du premier ministre.
Nommé l’an dernier conseiller pour Santé Canada en matière de pesticides, le chercheur en santé environnementale des enfants, Bruce Lanphear a annoncé sa démission le 27 juin dernier, évoquant un manque de transparence du gouvernement fédéral à l’égard de la sécurité de pesticides.
Selon un reportage de Radio-Canada, ses demandes pour examiner les données de deux pesticides controversés utilisés au pays, l’herbicide glyphosate et l’insecticide chlorpyrifos, ont été refusées.
Dans sa lettre de démission, il partage ses inquiétudes quant à l’influence de l’industrie agrochimique et aux failles du système d’autorisation des pesticides.
C’est la décision tirée jeudi par Anne Kelly, commissaire de Service correctionnel Canada (SCC), et le comité d’examen mis sur pied pour juger si le transfert du tueur en série était conforme à la Loi.
La reclassification de Bernardo au niveau de sécurité moyenne et son transfert étaient «judicieuses et conformes à toutes les lois et les politiques applicables», précise-t-elle dans un communiqué.
Hormis la décision, deux recommandations ont émané du comité : la communication de l’examen aux victimes avant les médias et le public – ce que la commissaire a fait – et la mise en place d’un autre comité pour renforcer la communication avec les victimes.
Dans cette optique, le ministre de la Sécurité publique Marco Mendicino a émis dans la foulée de l’examen de Kelly une directive ministérielle à l’intention du Service correctionnel du Canada, pour renforcer la communication du SCC aux victimes et au gouvernement.
David Lametti, ministre de la Justice et procureur général du Canada, veut faire adopter le projet de loi C-48 qui modifie le Code criminel dès cet automne.
En réponse au dépôt du projet de loi C-48, qui modifierait le Code criminel, la Fédération de la police nationale (FNP) demande un meilleur échange des données du système de justice pénale entre Ottawa et les provinces. L’idée est de rendre le système de mise en liberté sous caution plus sécuritaire.
Le projet de loi, qui a passé l’étape de la première lecture à la Chambre des communes, est fortement appuyé par le ministre de la Justice et procureur général du Canada, David Lametti, qui espère le faire adopter cet automne.
Cette mesure a pris fin le 15 juillet. Le gouvernement n’a pas encore annoncé si un accueil à long terme sera offert aux Ukrainiens qui ont fui la guerre.
Le visa a vu le jour l’année dernière et a été prolongé par le ministre de l’Immigration Sean Fraser en mars dernier. Il a permis à un nombre illimité d’Ukrainiens de travailler et d’étudier au Canada pendant trois ans, évitant ainsi le statut de réfugié pour directement accéder à celui de résident temporaire.
Le sénateur conservateur Michael MacDonald a justifié ses actions lors des convois des camionneurs en assurant qu’il avait bu.
Le sénateur conservateur de la Nouvelle-Écosse Michael MacDonald aurait enfreint le code de conduite des sénateurs à six reprises, selon le conseiller sénatorial en éthique, Pierre Legault, dans un rapport publié mardi.
Lors du convoi des camionneurs en janvier 2022, MacDonald a été filmé en train de critiquer vivement et de se moquer des résidents d’Ottawa qui se plaignaient des manifestations. Il avait notamment indiqué qu’ils étaient surpayés et sous-employés.
Neuf sénateurs avaient déposé plainte à l’encontre de leur collègue. Ce dernier s’est excusé et s’est justifié en disant qu’il avait bu au moment de la vidéo.
J’écris sous la fumée. Le soleil est rouge, distant. Il fait bruler les grandes forêts de l’autre côté des montagnes que les nêhiyawak (ou Cris des Plaines) appelaient assinwati.
Mes amis parlent des tornades qui ont dévasté une partie d’Ottawa et de celle qui a touché Mirabel, près de Montréal. Des voitures ont été englouties pendant des chutes de pluies torrentielles à Montréal, comme ça a été le cas ici à Regina il y a quelques semaines à peine.
Des membres de ma famille ont toujours du mal à reprendre leur souffle, plusieurs mois après avoir contracté la COVID. Les grandes entreprises continuent sur le souffle pris en 2020 à bénéficier des urgences et se vantent de profits en croissance.
À Winnipeg, on refuse de fouiller un dépotoir pour retrouver les corps de femmes autochtones dont la présence est probable. Je ne connais pas cette douleur de manière intime, mais je la devine.
Et je ne connais certainement pas la violence des inondations ou d’une chaleur jamais ressentie auparavant dans plusieurs parties du monde, les si nombreux contrecoups de la pandémie, ni les guerres dont tant de pays, classes dirigeantes ou autres grandes entreprises profitent, tandis que d’autres s’accrochent à la vie.
La poésie n’y règlera rien.
Arrêter l’attention
La poésie n’y règlera rien, sauf qu’il faut bien vivre – et que nous voulons une bonne vie. Nous devons bien trouver des moments de réconfort, de beauté et de joie.
La poète québécoise Louise Dupré s’est justement mise à la tâche au fil de la dernière décennie. Elle cherche à durer, à ne pas se laisser abattre. La poésie lui permet de s’exercer à la joie pour continuer à faire face au reste, comme elle écrit en se parlant peut-être à elle-même : «Tu t’inscris dans l’humanité qui résiste sans hurler.»
Elle re-suscite ce qui a déjà pu et dû être dit, re-donne ce qui lui est imposé. Elle se retrouve dans ces moments de retour :
le poème ressuscite
des paroles
assassinées
il dépose des œillets
sur le malheur
afin de le rendre
supportable
Dire ce qui n’a jamais pu être dit
La poésie ne règlera rien à la catastrophe, sauf que nul·le n’est capable de regarder tant de souffrance en face, ni de vivre dans une distraction sans fin.
Les maux présents nous touchent quotidiennement. Les mots nous manquent pour exprimer cette expérience, pour exprimer et vivre de manière plus consciente nos inquiétudes, nos solidarités.
Nous devons refaire la langue, le langage lui-même, chaque jour ; faire des phrases qui n’ont jamais été dites, dire des phrases toutes faites dans des moments inusités.
La poésie pousse cette nouvelle expression encore plus loin que la vie quotidienne.
Si je n’ai jamais pu vivre un moment comme celui-ci, assis sur un balcon en campagne au sein d’un bourdonnement d’abeilles pendant qu’à l’intérieur la télévision montre des gens dans des bunkers improvisés, ce que je peux en dire n’aura jamais pu être dit auparavant. J’y apporte mon propre vécu, ma propre manière d’aligner les mots.
On voit cette invention dans la poésie expérimentale, bien entendu, mais aussi dans la surprise que crée le mouvement du langage.
Le poète franco-ontarien Robert Dickson nous en donne de grands exemples, notamment en laissant couler la langue pour se rapprocher des moments de bonheur et de beauté, comme lors d’une baignade au lac où nous pouvons sortir de nous-mêmes et nous mêler aux éléments :
dans l’eau touche la peau se meut dans l’eau
caresse la peau fend l’eau accueille
la peau caresse l’eau entoure la peau
à l’aise dans l’eau et dans la peau
l’eau et la peau
Quand le passé demeure vivant
La poésie ne règlera rien aux maux et désastres du présent, et pas plus à ceux du passé. Leurs contrecoups nous suivent, tant en diminuant notre capacité à trouver une place dans le monde que par le legs des générations passées.
Le poète et traducteur Dominique Bernier-Cormier n’est certes pas le premier à revenir sur ce grand dérangement que fut la Déportation des Acadien·nes. Mais il a su le faire entièrement à sa manière, en reprenant l’histoire de son ancêtre, Pierrot Cormier, qui s’est évadé du Fort Beauséjour en s’habillant en femme et en traversant une rivière à la nage.
Ces deux manières d’être soi-même pour échapper à la déportation deviennent des symboles que Bernier-Cormier reprend encore et encore, dans des poèmes bilingues et des poèmes en anglais, mais aussi dans des poèmes visuels qui dépassent l’image qu’on se fait d’un poème dans une langue.
En écrivant de manières aussi éclatées, il arrive à assumer le fait de vivre en deux langues, de porter la langue de sa famille tout en travaillant et écrivant dans une autre, par choix. Il décrit «Ma gorge glissée through an X-ray» et rappelle que :
Comme Celan I know
qu’only une lettre sépare word from épée,
and I wonder comment écrire
dans une langue soiled by darkness.
Il écrit, ou en fait traduit l’histoire originale, «dans une langue qui tresse ensemble // the different threads of myself». Et il le fait d’une manière à faire comprendre sa vie entre deux rives à ceux et celles qui se tiennent de chaque côté.
La violence demeure, la poésie aussi
Robert Dickson décrit bien le recours à la poésie que je tente de communiquer :
la poésie sa carte de droit de cité en poche
est assise sur la roche face à la violence
et face à la paix temporaire du paysage
Son action n’est que temporaire, mais elle demeure citoyenne, elle a aussi ses droits. Et Dickson écrivait déjà à la page précédente : «j’extrais plus de poésie du lac de la roche / du souffle de l’amour que de la guerre» – la guerre revient toujours, mais la poésie aussi.
Jérôme Melançon est professeur agrégé en études francophones et interculturelles ainsi qu’en philosophie à l’Université de Regina. Ses recherches portent notamment sur la réconciliation, l’autochtonisation des universités et les relations entre peuples autochtones et non autochtones, sur les communautés francophones en situation minoritaire et plus largement sur les problèmes liés à la coexistence. Il est l’auteur et le directeur de nombreux travaux sur le philosophe Maurice Merleau-Ponty, dont «La politique dans l’adversité. Merleau-Ponty aux marges de la philosophie» (Metispresses, 2018).
La publicité est vue en politique comme un produit de luxe, une façon de promouvoir, de mettre en valeur les actions du gouvernement, mais dans l’écosystème médiatique canadien, la réalité est toute autre.
L’investissement publicitaire incombe aux gouvernements afin de s’assurer de livrer des messages au plus grand nombre de citoyens possible, de garantir un accès équitable à tous, peu importe la situation géographique, et d’investir de manière responsable dans des entreprises d’ici. Chaque dollar, investi dans une entreprise qui n’a pas de retombées dans une collectivité au pays, est un pas dans la mauvaise direction et n’atteint pas la cible.
La publicité nécessaire
En 2022, la station de radio FM 103,3 sur la Rive Sud de Montréal et l’Association des radios communautaires du Québec (ARCQ), avaient publié deux études démontrant la corrélation entre l’investissement publicitaire au sein d’un média et la croissance du nombre d’articles produits au sein de ses organisations.
Que ce soit Le Devoir, les Coops de l’information, nos radios communautaires, les membres de Réseau.Presse, tous les médias misant avant tout sur leur mission d’informer, investir des montants publicitaires dans ses entreprises, souvent à but non lucratif, est un des meilleurs moyens pour les gouvernements de créer des retombées économiques positives sur chaque dollar injecté. Sans compter que dans ce type de média, où l’indépendance des travailleurs de l’information est respectée, la démocratie ne fait que mieux s’en porter. Ce qui n’a pas toujours été le cas avec Meta, où son rôle dans la démocratie a souvent été mis en cause.
Peu ou pas d’investissement publicitaire fédéral
Ayant accès au placement publicitaire dans les radios communautaires québécoises, j’ai comptabilisé les investissements publicitaires du gouvernement fédéral dans la dernière année. À vrai dire, le calcul a été rapide à faire chez certains, le montant étant de 0 $ depuis le but de l’année et la somme totale pour les 37 radios membres est d’environ 20 000 $ depuis janvier 2023. On est loin des 11 millions que recevait Facebook annuellement, soit 916 000 $ chaque mois, sans nécessairement avoir de retour sur l’investissement.
À l’ARCQ, ce sont 250 employés qui payent des impôts, sans compter les nombreuses retombées économiques dans diverses communautés au Québec. Si le gouvernement fédéral ne se donne pas de directive et de cible, on aura ce même constat année après année.
S’inspirer du modèle québécois
Il n’y a rien de parfait, mais le modèle que le Québec a adopté en février 1995, soit d’investir un minimum de 4 % dans les médias communautaires (incluant la radio, la télé et les imprimés), peut inspirer le gouvernement canadien. Cette mesure doit être mise à jour au Québec étant donné la transformation des médias depuis 30 ans, et le pourcentage revu à la hausse dans les prochains mois, surtout que la cible a rarement été atteinte. Cette directive politique a traversé les décennies et les gouvernements successifs, et a permis de mesurer les progrès, et de rappeler au gouvernement du Québec ses responsabilités.
L’équité du territoire demeure un enjeu primordial en la matière et les intervenants politiques, peu importe le palier, doivent être plus attentifs. Trop souvent, des messages, qui doivent s’adresser aux régions, ne sont disponibles que dans un certain type de média.
On a d’ailleurs même vu des campagnes sur la sécurité en motoneige, sur des postes à pourvoir durant les élections municipales, ou encore sur la chasse, ne pas être diffusées dans certains marchés comme Maniwaki, Amos, le Bas-St-Laurent, la Côte-Nord, la Gaspésie et plusieurs autres, mais être accessibles à plusieurs reprises dans des marchés urbains et sur les plateformes de Meta.
Entendons-nous, les gens des grands centres font aussi de la motoneige, chassent et vont voter, mais en toute logique, ces messages ciblent une réalité régionale, la moindre des choses serait de les inclure.
Lorsque des campagnes publicitaires du gouvernement manquent leurs cibles, c’est le contribuable qui écope. Si les gouvernements se donnent des objectifs, cela leur permettrait aussi d’avoir un meilleur contrôle sur le placement sélectionné par les agences publicitaires. Les gouvernements transmettent des campagnes à des agences qui doivent être redevables et sélectionner le placement publicitaire de manière équitable et éthique.
L’annonce du ministre Rodriguez et de ses collègues bloquistes et néodémocrates a beau être courageuse, mais si elle s’arrête ici, elle n’aura pas eu le résultat escompté. Ces mesures doivent être inclusives, non seulement pour les médias, mais pour les Canadiens. Ce n’est pas une mince tâche, mais elle est nécessaire. De plus, il s’agit d’un autre moyen de maintenir la démocratie, puisqu’on ne parle pas de nouvelles dépenses, mais de mieux investir.
Si le gouvernement canadien veut réellement avoir un impact positif, il sera primordial qu’il agisse dans les prochaines semaines.
Avec le programme 2 milliards d’arbres, le gouvernement fédéral s’est engagé à planter plusieurs millions d’arbres sur dix ans et prévoit d’investir plus de 3 milliards de dollars afin d’augmenter la surface forestière à travers le pays, aussi bien en ville qu’à la campagne, sur des terres publiques ou privées.
Municipalités, provinces et territoires, mais aussi entreprises et Premières Nations reçoivent des financements pour repeupler les forêts.
«Ce chiffre de deux-milliards n’est pas basé sur un calcul scientifique précis, il se voulait surtout impressionnant», prévient d’emblée Christian Messier, professeur en aménagement forestier et biodiversité à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université du Québec en Outaouais.
«C’est un gros chiffre rond, fixé un peu arbitrairement, renchérit Gregory Paradis, professeur adjoint en aménagement forestier à l’Université de la Colombie-Britannique. Ça correspond à un accroissement de moins de 1 % de la superficie totale des forêts existantes.»
Les forêts couvrent 35 % de la surface du Canada, soit 3 470 690 km2. C’est plus que la superficie de l’Alberta, de l’Ontario et du Québec réunis.
«Objectifs irréalistes»
Aux yeux des scientifiques interrogés, la clé du succès consiste à planter les bons arbres aux bons endroits et au bon moment.
«Il s’agit de gérer des écosystèmes, d’imaginer les forêts du futur constituées de milliards d’échanges de matière et d’énergie entre la faune, la flore et le sol. C’est une dynamique très complexe», précise Gregory Paradis.
Gregory Paradis est professeur adjoint en aménagement forestier à l’Université de la Colombie-Britannique.
Les chercheurs rejettent sans exception les peuplements monospécifiques et militent pour le mélange d’espèces, locales si possible.
«Quand on a une diversité d’espèces, on a des forêts qui fonctionnent mieux et qui sont beaucoup plus résilientes et résistantes aux maladies et au changement climatique», affirme Maria Strack, professeure au département de géographie et de gestion de l’environnement de l’Université de Waterloo et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les écosystèmes et le climat.
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Deux ans après son lancement, le programme fédéral accuse déjà des retards de plantation. Si l’objectif de mettre 30 millions d’arbres en terre a presque été atteint en 2021, grâce au financement de 72 projets, la cible a été de loin manquée l’année suivante. Sur 60 millions d’arbres prévus, seuls 16,5 millions ont été plantés (le nombre définitif d’arbres plantés à l’été 2022 n’est pas connu).
«Il est peu probable que les objectifs du programme soient atteints, à moins que des changements importants soient apportés», conclut un rapport du commissaire à l’environnement et au développement durable, Jerry V. DeMarco, publié en avril 2023.
«Les objectifs fixés sont irréalistes», assure Christian Messier.
Manque de partenariats
Une série de failles dans la conception et la mise en œuvre du programme expliquent la situation. Le rapport du commissaire à l’environnement pointe notamment le manque de partenariats noués avec les porteurs de projets, ainsi que l’absence d’un mécanisme de surveillance pour évaluer la santé et la survie des arbres mis en terre.
Christian Messier est professeur en aménagement forestier et biodiversité à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université du Québec en Outaouais.
En outre, Jerry V. DeMarco constate que Ressources naturelles Canada n’a «toujours pas signé d’accords de projet à long terme avec les provinces et les territoires». Ottawa s’attendait pourtant à ce que 67,5 % de tous les fonds du programme soient utilisés par ces derniers, pour planter 1,34 milliard d’arbres, détaille-t-il dans son rapport.
«On se perd dans beaucoup de discussions inutiles pour essayer de satisfaire tout le monde autour de la table et pendant ce temps-là, on ne plante pas», regrette Christian Messier, qui a été pendant un an membre du Comité consultatif pour les solutions climatiques fondées sur la nature qui conseille les ministères sur le programme.
Le 5 juillet dernier, Ottawa a fini par signer un accord de neuf ans avec le Manitoba en vue de planter jusqu’à un million d’arbres supplémentaires par an, notamment sur des terres forestières ravagées par des feux.
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Pénurie d’arbres à l’horizon
L’absence d’entente avec les pépinières inquiète également les spécialistes. «Les pépinières n’ont pas la capacité de produire autant d’arbres du jour au lendemain. Il risque de ne pas y avoir assez de semis», alerte Christian Messier.
Gregory Paradis explique que les pépinières ont besoin d’en moyenne deux ans de préparation avant de pouvoir planter des semences, et de un à huit ans de plus avant que les semis ne soient prêts à être plantés en forêt.
«Ça représente un défi logistique et demande de gros investissements. Les producteurs ont besoin de garanties sur l’achat de leurs semis», poursuit l’ingénieur forestier.
Ces fausses notes sont d’autant plus préoccupantes que le gouvernement fédéral compte sur le programme pour réduire de 40 à 45 % les émissions de gaz à effet de serre au Canada.
Car les forêts constituent ce qu’on appelle des puits de carbone. Autrement dit, les arbres captent le CO2 émis dans l’atmosphère par les activités humaines, conservent le carbone et rejettent l’oxygène. Les spécimens en pleine croissance sont particulièrement efficaces pour séquestrer rapidement ce carbone.
Planter des arbres en ville est l’une des solutions pour éviter la montée des températures.
Arbres en ville
En milieu urbain, les arbres sont des alliés de taille. Ils rafraichissent l’air des villes et luttent contre les ilots de chaleur tout en réduisant la pollution. Ils diminuent également l’imperméabilité des sols et préviennent le risque d’inondation.
«Là où vous plantez un arbre, vous êtes obligé de remplacer le béton par de la terre, où l’eau va pouvoir entrer et favoriser la biodiversité», observe Christian Messier, professeur en aménagement forestier et biodiversité à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université du Québec en Outaouais.
Maria Strack appelle de son côté à ne pas négliger le potentiel des forêts anciennes : «On doit aussi les protéger. Elles stockent beaucoup de carbone accumulé dans le passé et certaines en absorbent encore beaucoup dans le sol et dans les arbres.»
Puits de carbone à sec
Quel que soit leur âge, les forêts canadiennes sont des puits de carbone en péril. Depuis dix ans, elles sont devenues émettrices de carbone à cause de la multiplication des sècheresses, des incendies et des attaques de ravageurs, rapporte Christian Messier.
Maria Strack est professeure au département de géographie et de gestion de l’environnement de l’Université de Waterloo et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les écosystèmes et le climat.
Par ailleurs, toujours selon le professeur, le bilan carbone de ce projet gouvernemental ne sera pas positif à court terme. Les travaux de plantation vont émettre plus de CO2 dans l’atmosphère que les arbres ne vont en absorber.
«Mais dans 50 ans, le bilan sera très positif, c’est pourquoi il faut pérenniser le dispositif. Le plus important est de laisser les arbres en terre et de ne pas les couper pour une exploitation commerciale», insiste-t-il.
Si les bénéfices du programme sont indéniables, les plantations ne suffiront pas à elles seules à régler la crise climatique. «C’est un outil parmi d’autres pour fixer le carbone. Ça doit aller de pair avec une réduction rapide de la production et de l’utilisation des combustibles fossiles», résume Maria Strack.
Plus sur la francophonie
L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a déposé lundi un mémoire sur le postsecondaire dans lequel elle formule sept recommandations pour l’éducation postsecondaire en français en Ontario. L’organisme demande notamment une formule de financement exclusive à l’éducation supérieure francophone.
Le mémoire a été déposé quelques jours après le refus du gouvernement ontarien de financer le projet de l’Université de Sudbury. À la suite de ce choc pour la communauté franco-ontarienne, l’AFO a demandé une réunion d’urgence à la ministre des Collèges et Universités de l’Ontario, Jill Dunlop.
Les sept recommandations ont été transmises à un groupe d’experts, formé par le ministère de Dunlop, qui conseillera le gouvernement sur la marche à suivre pour assurer la stabilité du secteur postsecondaire en français.
Université de Sudbury, en Ontario.
Les Franco-Albertains attendent toujours les résultats découlant de l’accord de principe de 3 milliards, conclu en février entre le fédéral et la province, en vue d’améliorer les services de santé. Cette somme provient d’une entente de 24,18 milliards sur 10 ans pour les soins de santé en Alberta.
Les francophones s’attendent surtout à une amélioration de l’accès aux services de santé en français. L’entente bilatérale contient notamment un principe d’appui envers la communauté francophone, selon un rapport de Réseau Santé Alberta (RSA).
Nouvelle plateforme de médias sociaux et conseil des ministres
Le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, étudie la possibilité d’inclure l’application Threads sous C-18.
Le ministre de Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, n’est pas fermé à l’idée de règlementer la nouvelle plateforme de médias sociaux de Meta. Threads, une application de microblogage similaire à Twitter, pourrait donc être soumis à la Loi sur les nouvelles en ligne (le projet de loi C-18).
Le ministre s’est prononcé mercredi, soit près d’une semaine après avoir annoncé le retrait des publicités du gouvernement fédéral de Facebook et Instagram.
C’est à Winnipeg que les premiers ministres des provinces et des territoires se sont réunis pour la rencontre annuelle du Conseil de la fédération. Il s’agissait de la première rencontre en personne depuis 2019.
En plus de l’économie, le sujet de l’immigration a été sous les projecteurs. Un consensus des premiers ministres sur le besoin d’accélérer l’arrivée et l’intégration de travailleurs étrangers dans le secteur de la santé a vu le jour.
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Les premiers ministres en ont profité pour réitérer leur besoin d’une aide supplémentaire du fédéral dans ce domaine.
En février, Justin Trudeau avait proposé 46 milliards de dollars supplémentaires en échange de réformes ciblées par les provinces et territoires. Toutes avaient accepté, sauf le Québec.
La Banque du Canada a annoncé mercredi la hausse de son taux directeur d’un quart de point le portant désormais à 5 %, le plus élevé depuis 2001. Il s’agit de la dixième hausse consécutive du taux directeur depuis mars 2022.
La prochaine révision du taux directeur aura lieu le 6 septembre 2023.
Affaires autochtones
Le ministre de la Justice et procureur général du Canada, David Lametti.
Le 7 juillet, le Congrès des peuples autochtones (CPA) a déposé une action en justice contre le programme Service aux Autochtones Canada et contre le procureur général du Canada, David Lametti.
Le CPA souhaite mettre fin à l’exclusion discriminatoire des Indiens non inscrits des prestations d’éducation postsecondaires, administrées par Service aux Autochtones Canada.
Le CPA demande également aux tribunaux fédéraux de veiller à ce que les ministres respectent leurs obligations au titre de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones en matière d’accès à l’éducation postsecondaire.
Le gouvernement du Manitoba a affirmé que la recherche des restes de deux femmes autochtones, présumées avoir été assassinées par un tueur en série, est trop dangereuse. Ces restes se trouvent dans une décharge de la région de Winnipeg qui contiendrait de l’amiante et des gaz toxiques comme de l’ammoniac.
Brenda Lucki, ancienne commissaire de la GRC, a pris sa retraite le 17 mars dernier.
Ces dangers faisaient partie des avertissements formulés à l’intention des responsables fédéraux par l’ancienne commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Brenda Lucki, dans des documents obtenus par La Presse canadienne.
En décembre, l’ancienne cheffe de la GRC avait déclaré que la police n’était pas équipée pour faire face à la complexité de cette recherche.
Le ministre fédéral des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, qualifie la décision du gouvernement manitobain de «sans cœur».
Selon l’Alliance nationale de l’industrie musicale (ANIM), la révision de la licence de Sirius XM en 2012 a mené à une réduction des contributions à Musicaction, une organisation qui redistribue les redevances à l’industrie musicale francophone au pays.
Clotilde Heibing, directrice générale de l’ANIM, est fière du travail accompli, peu importe ce qui arrivera en Cour fédérale.
C’était la première fois que le CRTC renouvelait des licences sans consulter l’ANIM. «Ça nous a empêchés de pouvoir réagir et ç’a eu une incidence monétaire sur l’ensemble de l’industrie musicale», déclare Clotilde Heibing, directrice générale de l’Alliance nationale de l’industrie musicale (ANIM).
Ce renouvèlement a fait en sorte que les artisans de l’industrie francophone (incluant le Québec) reçoivent deux fois moins de financement de Sirius XM que leurs homologues anglophones.
«Quand on voit nos droits acquis remis en cause, on sait qu’au lieu de les voir s’améliorer, on va passer plusieurs années à revenir au niveau initial. C’est vraiment frustrant», lâche Clotilde Heibing.
«Jusqu’en 2012, les contributions étaient égales entre Musicaction et Factor, qui finance des projets anglophones», assure Audrey Mayrand, l’avocate chez Juriste Power qui représente l’ANIM.
Un premier mur
L’ANIM a porté plainte auprès du Commissariat aux langues officielles (CLO) en 2013 en accusant le CRTC d’avoir contrevenu à la Loi sur les langues officielles (LLO) en omettant la consultation.
Dans un rapport de 2018, le CLO a donné raison à l’ANIM avant de revenir sur sa décision en février 2019, à la suite d’un jugement de la Cour fédérale dans l’affaire opposant la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique et le gouvernement fédéral. Ce jugement, qui affectait l’interprétation de la LLO, a été partiellement infirmé par la Cour d’appel fédérale en janvier 2022, sans toutefois modifier la décision du CLO.
Le cas des centres d’aide à l’emploi
En 2008, le gouvernement fédéral a signé une entente qui permettait le transfert des services d’aide à l’emploi aux provinces. La Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB) a contesté l’entente, mais ses arguments ont été rejetés par le juge Denis Gascon en 2018.
La question de compétences entre les paliers de gouvernement a donc eu une incidence dans le dossier de l’ANIM qui accusait une instance fédérale de ne pas avoir respecté ses obligations.
Une seconde déception
La décision de la Cour d’appel fédérale de ne pas imposer une compensation financière au CRTC est finale.
Selon des calculs de l’ANIM, l’inégalité dans les contributions de Sirius XM représente un manque à gagner d’environ 2,3 millions de dollars pour l’industrie musicale francophone en situation minoritaire, entre 2013 et 2019.
L’ANIM a décidé de porter l’affaire en Cour suprême. Le 29 juin dernier, le plus haut tribunal du pays a refusé d’entendre la cause qui avait pour objet une compensation pour les dommages et intérêts.
«La décision de la Cour suprême nous déçoit, mais s’entend quand on sait que de très nombreux dossiers sont présentés en comparaison de ceux qui sont entendus, concède Clotilde Heibing. Cela n’enlève en rien que le dommage est réel pour notre industrie.»
C–11 : «On a déjà gagné»
Mais la directrice générale de l’ANIM se veut optimiste depuis l’adoption du projet de loi C-11 sur la radiodiffusion, qui a reçu la sanction royale le 27 avril 2023. «Quelle que soit l’issue, on a déjà gagné. Ça, c’est un gain essentiel et tout le monde le reconnait.»
L’article 5 de la Loi sur la diffusion continue en ligne oblige le CRTC à consulter les communautés de langue officielle en situation minoritaire «lorsqu’il prend toute décision susceptible d’avoir sur elles un effet préjudiciable».
Concrètement, le CRTC ne pourra donc plus renouveler une licence de Sirius XM sans consulter l’ANIM. «Le CRTC ne peut plus utiliser l’excuse que “la LLO n’est pas claire si la Partie VII oblige la consultation”, affirme Audrey Mayrand. Maintenant, c’est très explicite.»
L’ANIM a d’ailleurs comparu devant le Sénat dans le cadre de l’étude du projet de loi C-11. C’est pour cette raison que, selon Clotilde Heibing, cette affaire a un impact qui va «au-delà de l’ANIM».
Prochaine étape
Mais l’affaire n’est pas close. «On continue à demander une reconnaissance de l’obligation de consulter [et] de l’obligation de réparer le tort pour rectifier les contributions à l’avenir», assure Audrey Mayrand.
Il n’y aura pas de compensation pour le passé, mais il pourrait y avoir une rectification du tir pour l’avenir, et c’est ce que demande désormais l’ANIM.
«L’enjeu pour ce litige est par rapport aux contributions pour le développement de contenu canadien, explique l’avocate. Est-ce que le CRTC va devoir le rectifier pour qu’il y ait des contributions égales aux industriels francophones et anglophones? À date, on ne connait pas leur position.»
«Si le CRTC souhaite, maintenant que C-11 est adopté, approcher l’ANIM avec des propositions, c’est sûr qu’on serait très ouvertes à ça», ajoute-t-elle.
Le CRTC a refusé nos demandes d’entrevue tant que l’affaire est devant la Cour fédérale.
Peu importe le dénouement, Clotilde Heibing est heureuse d’avoir poursuivi la lutte : «Sans contestation judiciaire, l’ANIM envoyait le message que le CRTC peut ne pas communiquer les informations essentielles au milieu de la musique et de tout ce qui est concerné par le CRTC, ce qui nous privait d’une capacité très importante de pouvoir réagir.»
Quelques chiffres pour situer le débat
Depuis longtemps, les chercheurs et les organismes dans le domaine de l’immigration tirent la sonnette d’alarme sur les problèmes de logement vécus par les nouveaux arrivants.
Le logement est pourtant l’élément incontournable, premier, à la réussite du parcours d’immigration.
Sans logement, il est impossible d’avoir accès aux services d’aide à l’emploi ou aux services de formation linguistique. Sans adresse, pas de carte santé, pas d’inscription possible pour les enfants à l’école. Tout cela va de soi.
En 2022, le Canada a accueilli 437 180 immigrants. À ce nombre, il faut ajouter 607 782 résidents non permanents, qui incluent les demandeurs d’asile, les travailleurs temporaires et les étudiants étrangers.
L’année dernière toujours, le Canada a recensé l’achèvement de 219 942 nouvelles unités de logement en tout genre.
On se retrouve donc avec un rapport d’un logement pour 4,75 immigrants toutes catégories confondues. Inutile donc de préciser que l’on est loin du compte.
Et pour le gouvernement fédéral, il faut continuer à augmenter les niveaux d’immigration. La cible fixée pour 2024 est de 451 000 immigrants.
En attendant, dans les rues de Toronto, des demandeurs d’asile sont obligés de dormir dans la rue et les centres d’accueil débordent.
Dans tout le pays, les centres d’accueil pour personnes itinérantes manquent de places. Le sans-abrisme (aux multiples causes) se retrouve aujourd’hui dans toutes les villes du Canada, même les petites villes en régions éloignées.
Les mises en chantier ne suivent absolument pas les niveaux d’immigration décrétés par le gouvernement fédéral.
La crise du logement n’est pas qu’un problème de grandes villes
Dans les communautés francophones en situation minoritaire, éparpillées un peu partout au Canada, souvent dans des régions éloignées et des petites et moyennes villes, on sait très bien que la crise du logement sévit également.
En 2022, le taux d’inoccupation était par exemple de 1,6 (la situation est jugée alarmante quand ce taux est inférieur à 3) dans le Grand Sudbury en Ontario, de 1,7 à Moncton au Nouveau-Brunswick, de 0,9 à Vancouver en Colombie-Britannique et de 2,7 à Winnipeg au Manitoba.
La situation du logement n’a rien d’enviable non plus dans les plus petites villes où se trouvent des communautés francophones. Le taux d’inoccupation s’établit par exemple à 1,9 à Bathurst au Nouveau-Brunswick et à 0,2 à Hawkesbury en Ontario.
Alors, tous les efforts des organismes pour attirer des immigrants ne servent à rien s’il n’y a pas de logement.
Les organismes se sont battus auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour obtenir des programmes cibles (par exemple, l’initiative des Communautés francophones accueillantes, le projet pilote d’immigration dans les communautés rurales et du Nord), mais toutes ces énergies sont réduites à néant s’il n’y a pas de logement.
Toutes les recherches s’accordent à dire qu’il faut régionaliser l’immigration pour éviter, entre autres, la ghettoïsation, mais comment y arriver quand il n’y a quasiment rien à louer ou à acheter dans une ville comme Hearst ou Kapuskasing en Ontario?
Cela a également une incidence sur nos institutions postsecondaires, qui sont pourtant le moteur de notre économie à maints égards (réflexions nécessaires sur nos communautés, étudiants consommateurs, formation de la main-d’œuvre, futurs citoyens participant et contribuant pleinement à la vie communautaire).
S’il n’y avait pas de problème de logement, l’Université de Hearst en Ontario pourrait accueillir un bien plus grand nombre d’étudiants ; de même pour l’Université de l’Ontario français si les prix du logement n’étaient pas exorbitants à Toronto.
Et ne cherchez pas de logement à louer à Pointe-de-l’Église, en Nouvelle-Écosse, si vous étudiez à l’Université Sainte-Anne. Selon Kijiji, il n’y en a pas!
Les dangers liés à la crise du logement et aux perceptions de l’immigration
Les dangers sont nombreux. Tout d’abord, il a déjà été établi que l’intégration sociale et économique des nouveaux arrivants ne peut débuter s’ils n’ont pas de logement à leur arrivée. Cela les fragilise grandement.
Ensuite, c’est désagréable à dire, mais c’est mathématique : l’arrivée d’un si grand nombre de nouvelles personnes chaque année met forcément une pression à la hausse sur le prix des loyers et des maisons.
Il y a une logique économique évidente : cela crée plus de demandes et contribue donc à l’augmentation des prix.
Par conséquent, on peut supposer que cette situation crée des perceptions négatives envers les immigrants et l’immigration en général. On passe du «ils viennent nous voler nos jobs» au «ils viennent nous voler nos logements», les deux pour les racistes endurcis.
D’autant que les recherches montrent qu’un nombre significatif d’immigrants arrivent avec des économies et sont donc en mesure d’acheter un logement. De quoi alimenter les discours populistes voulant que les Chinois et les «maudits Français» soient responsables, à eux seuls, de la pression sur les prix de l’immobilier.
Il est grand temps que le gouvernement fédéral arrête de mettre la charrue devant les bœufs.
Oui, le Canada est un immense pays à la densité dérisoirement basse ; oui, le Canada connait une importante pénurie de main-d’œuvre ; oui, le Canada a une population vieillissante. Pour toutes ces raisons, nous avons besoin d’une immigration forte.
Mais il faut avant tout s’assurer de pouvoir accueillir convenablement ces futurs citoyens.
Aurélie Lacassagne est politicologue de formation et doyenne des facultés de Sciences humaines et de Philosophie de l’Université Saint-Paul à Ottawa. Elle est membre du Comité de gouvernance du Partenariat Voies vers la prospérité.