De la pop aux couleurs folk
Pochette de l’album Rien qu’un animal
Jeune auteur-compositeur-interprète montréalais, Matt Stern présente son premier opus Rien qu’un animal. L’artiste francophone, désormais installé à Victoria en Colombie-Britannique, nous invite dans son univers intimiste et funky. Il nous captive de plage en plage par des orchestrations tout à fait remarquables.
Avec une fluidité mélodique, Matt Stern propose des musiques pop aux couleurs folk et funky. Tout au long de l’album, le musicien a peaufiné des partitions de cordes et de cuivres qui viennent appuyer des refrains accrocheurs.
Des morceaux comme Ne me dis pas, T’es magique et C’est la faute de personne sont des univers irrésistibles. Le blues Rien qu’un animal est l’un des plus beaux textes du disque.
Pour ce soir, une petite fraicheur au ukulélé tout à fait magique, nous décroche un certain sourire. Berceuse nous offre un autre moment de tendresse. La pièce Une autre chance termine cet opus sur un air funky fort agréable.
Une autre tempête folklorique
Pochette de l’album Tempête.
La formation de musique traditionnelle québécoise Le Diable à Cinq a lancé au printemps un troisième opus, Tempête. Le groupe est originaire du village de Ripon dans la région de l’Outaouais.
Ce nouvel album comprend dix pièces, écrites et composées par les cinq membres de la formation : les jumeaux Félix et Samuel Sabourin, leur frère Éloi Gagnon Sabourin, leur cousin André-Michel Dambremont et un ami du nom de Rémi Pagé.
Les textes, bien écrits, sont profonds et engagés. Les chœurs font preuve d’harmonies vocales fort intéressantes. La podorythmie captivante guide des orchestrations solides. Le disque à l’univers folklorique entrainant est un produit riche et intimiste.
Richer #44 est un hommage à Stéphane Richer, ancien membre du club de hockey des Canadiens de Montréal. Le Diable à cinq salue également la légende Jos Montferrant, grand bâtisseur de la région de l’Outaouais. Le quintette nous offre une belle ballade touchante, Le dernier pétale, un texte profond sur le cycle de la vie.
Souvenir d’harmonies
Pochette de l’album De la rivière à la mer.
En attendant le prochain album de Geneviève et Alain, je vous invite à vous laisser bercer par de beaux souvenirs. Le duo nous offrait un peu de tendresse avec son deuxième opus De la rivière à la mer, belle suite au premier disque On est les deux.
Leur univers folk est une véritable oasis musicale. On ressent et on entend l’union de deux plumes en parfaite harmonie. Les superbes textes parlent d’écoute, d’accompagnement, du besoin d’une âme sœur.
Le réalisateur Carl Bastien a ajouté un peu de pedal steel et de claviers pour peaufiner un produit déjà proche de la perfection.
Il y a quelques pièces qui m’ont beaucoup touché par la profondeur de leurs émotions. Des nouvelles de toi est selon moi le plus beau texte de l’album. Sur une trame country folk, les paroles évoquent l’écoute, le soutien et l’accompagnement, des gestes qui se perdent de plus en plus à l’ère des médias sociaux.
Pour une variation sur les mêmes thèmes, Solitude est une berceuse pour l’âme. Sans que…, trame folk un peu à la Fleetwood Mac, est un autre excellent texte sur la routine par rapport au moment présent.
Geneviève nous pose une question existentielle de façon vraiment charmante avec l’excellent extrait, Qui je suis. Le duo d’Ottawa nous offre également deux petits instrumentaux, Rivages et Moonbeam.
Marc Lalonde, dit Lalonde des ondes, est chroniqueur musical depuis plus de 25 ans au sein de la francophonie musicale canadienne et animateur de l’émission radiophonique Can-Rock. Il se fait un malin plaisir de partager cette richesse dans 16 stations de radio à travers le pays chaque semaine.
Plus sur la francophonie
En début de semaine, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a déposé une plainte formelle auprès de l’ombudsman provincial contre le gouvernement de l’Ontario, pour protester contre le refus de ce dernier de financer l’Université de Sudbury.
L’AFO accuse le gouvernement de violer la Loi sur les services en français de la province, qui désigne l’établissement et l’oblige à offrir des programmes de premier cycle en français.
Le 30 juin, le gouvernement ontarien a annoncé son refus d’investir dans un troisième établissement francophone en Ontario. Le ministère des Collèges et Universités, qui a refusé de rencontrer l’AFO, a justifié sa décision en raison du petit nombre d’étudiants à l’Université de l’Ontario français et à l’Université de Hearst.
Édith Dumont (en photo) remplace Elizabeth Dowdeswell au poste de lieutenante-gouverneure sortante, qui était en fonction depuis 2014.
Édith Dumont devient la première Franco-Ontarienne à être nommée à ce poste. Le bureau du premier ministre Trudeau en a fait l’annonce jeudi matin, par voie de communiqué.
La nouvelle lieutenante-gouverneure a mené toute sa carrière dans le milieu de l’éducation. Orthopédagogue de formation, elle a été la première femme à diriger le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario.
Récemment, elle a également été vice-rectrice du service Partenariats, collectivités et relations internationales de l’Université de l’Ontario français, à Toronto.
Blocage des nouvelles par Meta, critiques et séparation des Trudeau
L’opération a débuté mardi. Pour protester contre la Loi sur les nouvelles en lignes, qui a reçu la sanction royale fin juin, Meta a commencé à bloquer l’accès aux contenus médiatiques aux Canadiens sur Facebook et Instagram.
Les utilisateurs de ces réseaux sociaux au Canada ne pourront ni accéder aux nouvelles sur leurs profils ni partager des liens provenant de médias.
Le blocage affecte également les médias étrangers. Autrement dit, les utilisateurs canadiens ne pourront plus voir de contenus provenant de médias sur les plateformes.
Google menace d’en faire autant lorsque la loi entrera officiellement en vigueur, en décembre prochain.
Pierre Poilievre a profité d’une conférence de presse sur le cout de la vie et le logement pour condamner son adversaire politique qu’il considère comme «responsable» du blocage des nouvelles par Meta.
Dans un point de presse tenu à Ottawa mardi, le chef de l’opposition a qualifié d’«inacceptable» la décision de Meta de bloquer l’accès des Canadiens aux contenus des médias sur ses plateformes.
«Je trouve incroyable que dans une démocratie, le premier ministre ait adopté une loi pour faire disparaitre les nouvelles d’internet. On penserait qu’on est en Corée du Nord. Ce n’est pas la démocratie […]. C’est la conséquence des projets de loi de censure qu’a adoptés Justin Trudeau […]»
La grande cheffe de l’Assemblée des Chefs du Manitoba (ACM), Cathy Merrick, a réclamé dimanche une rencontre avec le nouveau ministre des Relations Couronne-Autochtones, Gary Anandasangaree.
L’Assemblée des Chefs du Manitoba (ACM) attend une réponse du nouveau ministre, Gary Anandasangaree (à gauche), sur un possible financement fédéral pour reprendre les recherches des corps de femmes autochtones dans une décharge au Manitoba. Son prédécesseur, Marc Miller (à droite), s’était montré ouvert à un financement fédéral.
Elle demande un financement fédéral pour poursuivre les recherches des corps d’au moins deux femmes autochtones dans le dépotoir de Prairie Green, au nord de Winnipeg.
Le gouvernement du Manitoba avait refusé de financer les fouilles au début juillet par crainte que les déchets toxiques de la décharge ne portent atteinte à la santé et à la sécurité humaines. La province s’était ensuite tournée vers le gouvernement fédéral.
L’ex-ministre Couronne-Autochtones, Marc Miller, avait démontré une ouverture pour financer les recherches, après avoir demandé la collaboration de la province et qualifié la décision de la première ministre manitobaine de «sans cœur».
De son côté, l’ACM avait fixé un ultimatum au 31 juillet. Pour le moment, le gouvernement fédéral n’a pas encore rendu de décision.
L’absence de Sophie Grégoire avait été observée lors du remaniement du 27 juillet.
Ce n’est pas un titre de mauvaise série, mais la réalité du couple formé par Justin Trudeau et sa Sophie Grégoire. Ils ont fait part de leur séparation par voie de communiqué et sur leurs réseaux sociaux respectifs, mercredi.
Le bureau du premier ministre a assuré, dans un courriel aux journalistes, que «Sophie et le premier ministre se concentrent sur l’épanouissement de leurs enfants dans un environnement aimant et collaboratif.»
«Les deux parents seront constamment présents dans la vie de leurs enfants et les Canadiens peuvent s’attendre à voir régulièrement la famille ensemble», peut-on encore lire dans le courriel.
Sophie Grégoire sera libérée de ses obligations de représentation officielle du Canada, de voyages officiels et n’aura plus accès à tous les types de ressources que leur union impliquait. Le couple a trois enfants.
Cet article publié en 2023 reflète l’état de la réflexion avec les données disponibles à cette époque.
La loi, promulguée en mars 2023, donne aux parents le droit d’interdire l’usage des réseaux sociaux à leurs enfants ou d’installer un couvre-feu afin d’en limiter l’accès. Le texte impose aussi aux plateformes de ne pas enregistrer les données des plus jeunes utilisateurs.
Linda Pagani, professeure à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, est d’avis «que la meilleure chose c’est de les interdire».
«Je pense que les jeunes adolescents devraient comprendre que ces outils-là vont les affaiblir dans leur développement, car ils sont créés par des algorithmes qui sont là pour les accrocher», explique celle qui est aussi chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine.
Des jeunes de plus en plus perturbés
Au Canada, 23,5 % des garçons et 32,4 % des filles de 12 ans utilisent les réseaux sociaux de manière intensive, selon l’enquête sur les comportements de santé des jeunes d’âge scolaire de Statistique Canada, parue en 2018.
Ce temps passé sur les réseaux sociaux n’est pas sans conséquence pour les plus jeunes, selon Marie-Pier Jolicoeur, doctorante en droit à l’Université Laval.
«Les impacts sur le sommeil des adolescents sont très préoccupants. […] Tous les enjeux de la lumière bleue, ça réduit la qualité et la quantité de sommeil»
L’usage accru rend aussi les enfants et les adolescents plus vulnérables, particulièrement pendant la période prépubertaire où «les hormones les rendent un peu plus sensibles», observe Linda Pagani.
Les jeunes adolescentes sont particulièrement à risque de développer des troubles alimentaires comme la boulimie ou l’anorexie, révèle la psychoéducatrice.
Elle évoque notamment les distorsions de l’apparence chez les filles.
«Quand on est jeune […] on pense que l’idéal c’est ce que l’on voit dans les médias sociaux, qu’on devrait avoir des lèvres ou des cils plus étoffés.»
Interdire : mission impossible
Serge Larrivée, professeur titulaire à l’école de psychoéducation de l’Université de Montréal, considère que l’interdiction des réseaux sociaux est inutile : «Tu n’interdis pas ce que tu ne peux pas contrôler. Les adolescents vont trouver un autre moyen pour être sur les réseaux sociaux.»
Hanadie Chebib, résidente de Toronto et mère de deux enfants devenus aujourd’hui adultes, partage ce constat : «S’ils veulent cacher, mentir, ils vont le faire alors c’est inutile de se mettre vraiment contre eux pour ça.»
Elle a permis à ses fils d’avoir un téléphone cellulaire vers l’âge de 14 ans tout en s’assurant qu’ils en faisaient une utilisation responsable.
«Je n’aurais pas été capable [d’interdire] parce que technologiquement parlant ils sont beaucoup plus avancés que nous, donc ils connaissent tous les trucs et les astuces qu’on utiliserait pour contrôler», détaille-t-elle.
Ailleurs dans le monde
L’Utah n’est pas le seul à légiférer sur les réseaux sociaux. Le 7 juillet 2023, la France a rendu obligatoire l’accord parental pour accéder aux réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 15 ans.
Attendre 18 ans pour avoir une vie privée
«L’idée de mettre des enfants dans des bulles de verre, qu’ils ne touchent pas au numérique jusqu’à 18 ans, c’est irréaliste et ce n’est pas souhaitable», indique Marie-Pier Jolicœur.
Le manque de vie privée étonne également la doctorante. À ses yeux, il existe un risque de tomber dans le paternalisme auprès de l’enfant, «ce qui ne favorise pas le développement de son autonomie dans l’environnement numérique».
Selon Serge Larrivée, professeur titulaire à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal, il serait inutile d’interdire les réseaux sociaux.
«On met dans le même bateau un enfant de 3 ans puis un adolescent de 17 ans alors que les enjeux développementaux et d’autonomie ne sont pas les mêmes», ajoute-t-elle.
L’interdiction des réseaux sociaux peut par ailleurs devenir un sujet de division dans les écoles.
Un adolescent interdit de réseaux sociaux se «ferait ostraciser par ses amis, autrement dit il pourrait se faire dire : « tu ne fais pas partie de la gang, tu n’as pas de réseaux sociaux, toi »», assure Serge Larrivée.
L’éducation est la clé
D’autres avenues peuvent être offertes aux parents inquiets du temps passé par leurs enfants sur ces plateformes.
«Je fais partie d’un organisme qui s’appelle Le Ciel situé à Montréal, qui offre des ateliers pour faire de la sensibilisation dans les écoles au primaire et au secondaire», informe Marie-Pier Jolicœur.
Hanadie Chebib déclare ne pas avoir eu des enfants accros aux réseaux sociaux
Même si des écoles offrent des ateliers de sensibilisation aux risques des réseaux sociaux, Hanadie Chebib est d’avis que l’éducation doit se faire aussi en dehors de la salle de classe et surtout par l’exemple.
«Ils nous voient ne pas être sur les réseaux sociaux, ne pas poster des selfies et donc ça aide beaucoup», souligne-t-elle.
Heureuse d’avoir pu éviter les problèmes avec ses fils, la mère de famille connait des parents qui ont vécu des expériences plus difficiles dans son entourage.
Elle est d’avis qu’une loi, comme en Utah, pourrait aider, sans que ce soit une solution parfaite. «Les enfants seront plus tentés de faire quelque chose d’illégal», prévient Hanadie Chebib.
«Abonnez-vous à notre infolettre!» Voilà le message que placardent les médias canadiens partout sur les réseaux sociaux depuis quelques semaines. Leur objectif est de continuer à vous rejoindre quand les géants du Web auront retiré votre accès aux nouvelles canadiennes.
Meta a d’ailleurs parti le bal le 1er août en commençant à retirer les nouvelles canadiennes sur ses plateformes Facebook et Instagram. Un acte contre l’adoption de la Loi concernant les plateformes de communication en ligne rendant disponible du contenu de nouvelles aux personnes se trouvant au Canada, qui oblige les géants du Web à payer les médias canadiens pour les contenus qu’ils partagent.
Google a aussi brandi la menace et a annoncé le retrait des nouvelles provenant de médias canadiens lorsque la loi entrera en vigueur, soit en décembre 2023.
Le désaccord entre les géants du Web et le gouvernement canadien nous force, en tant que citoyen, à réfléchir à la transformation lente mais constante de nos habitudes de consommation de l’information au cours des dernières décennies.
En une génération seulement, nous sommes devenus des consommateurs d’information passifs.
L’humain est une créature d’habitude
Nos habitudes de consommation de l’information ont changé de façon radicale. Quand j’étais plus jeune, le journal se lisait encore strictement sur papier et le téléjournal n’était qu’à la télévision. Puis est venue la révolution numérique qui a bouleversé nos habitudes.
Racontons l’histoire en accéléré : fin des années 1990, Internet arrive dans nos foyers, rapidement les premiers sites Web des médias apparaissent. En 2004, nous devenons amis sur Facebook et en 2010, tout le monde s’informe en ligne et sur les réseaux sociaux. C’est moderne, c’est révolutionnaire, c’est facile. Entre les photos du petit dernier de la voisine et le gâteau au chocolat du beau-frère, nous avons le sentiment d’avoir accès à des nouvelles.
L’information venait à nous sans effort, nous nous sentions mieux informés. Mais tout cela a eu un effet pervers et nous sommes devenus un peu plus paresseux.
Aujourd’hui, la plupart des journaux sont disponibles en ligne. Tristement, ils sont même de plus en plus nombreux à ne plus imprimer. Et pour ce qui est du téléjournal, nous pouvons le regarder au moment qui nous convient le mieux.
Champ libre aux fausses nouvelles?
Selon le plus récent Digital News report, 48 % des francophones de 35 ans et plus et 39 % des 18-34 ans ont utilisé Facebook au Canada pour s’informer dans la semaine précédant l’enquête. YouTube et Instagram figurent aussi parmi les sources importantes d’information chez les 18-34 ans.
Au fil des années, les médias ont investi temps et argent pour que leurs nouvelles soient mieux classées dans les recherches sur le Web et pour être plus visibles sur les réseaux sociaux.
Le retrait des nouvelles canadiennes sur Meta et Google ne se fera pas sans heurts. Les temps seront difficiles ; pour les médias certes, mais surtout pour les citoyens.
Que verrons-nous à la place des nouvelles des médias canadiens sur Meta et sur Google? Des nouvelles américaines? Des commentaires provenant de soi-disant journalistes? Des fausses nouvelles, du moins, plus que d’habitude?
C’est inquiétant!
Les intentions du gouvernement étaient bonnes derrière l’adoption de la Loi sur les nouvelles en ligne. Vouloir redonner des revenus publicitaires aux médias canadiens est une ambition louable. Mais la réalité à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui est loin de rendre service à la presse et aux citoyens.
À moins que le fédéral ne réussisse à élaborer des règlements qui conviendront aux géants du Web, ce qui semble peu probable, la disparition des nouvelles canadiennes sur Meta et Google aura des répercussions importantes sur la société canadienne. Du moins, le temps que nous reprenions de saines habitudes d’information.
Nous avons tenu pour acquis, voire surestimé, le rôle du Web dans notre consommation de l’information. Maintenant que le risque de perdre ces sources est réel, il est temps que tout le monde prenne ses responsabilités.
Le gouvernement doit faire sa part. Idéalement, trouver un terrain d’entente avec les géants du Web. Mais surtout, il devra donner davantage de moyens aux médias pour leur permettre d’améliorer la diffusion et la découvrabilité de leurs informations.
Les médias, même si les temps risquent d’être difficiles, devront persévérer et faire ce qu’ils savent faire de mieux, informer.
Et nous, nous avons le devoir de ne plus être paresseux. Notre société mérite d’avoir des citoyens informés pour protéger sa démocratie.
De toute manière, Facebook n’a jamais été une bonne façon de s’informer.
Abonnez-vous donc à vos journaux !
Avec des informations d’Inès Lombardo
«Je ne mange pas, ça me donne des insomnies. Ça affecte ma santé physique et émotionnelle.»
C’est l’état dans lequel se trouve Khadi Fasy, qui a demandé de préserver son anonymat pour des raisons de sécurité, depuis qu’elle a reçu une lettre d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté (IRCC) l’accusant de fraude, au début de l’été 2023.
Après avoir reçu une bourse avec résidence payée d’une université canadienne, l’étudiante sénégalaise a entrepris les démarches pour venir s’installer au Canada. «J’ai vu qu’il y avait beaucoup de documents à déposer et, étant donné que je n’ai jamais fait de demande de permis d’études auparavant, je voulais bien faire», explique-t-elle.
Khadi Fasy est interdite de territoire pendant cinq ans. Si jamais elle refait une demande après ce temps écoulé, elle devra déclarer avoir été interdite de territoire auparavant.
Comme plusieurs demandeurs de permis d’étude, elle est allée chercher de l’aide auprès d’une agence dans son pays.
«L’agence que j’ai contactée offrait des services d’assistance pour les étudiants pour tout ce qui est visa, services d’hébergement, etc. Sur leur page Facebook, il y avait des photos et tout ce qu’il fallait pour me rassurer que ce n’était pas du faux, qu’ils font un bon travail.»
Convaincue par le professionnalisme de l’agent, elle a suivi ses conseils. «C’est une agence vraiment bien d’après Internet, donc les services étaient un peu chers», relate-t-elle. Au total, elle a payé environ 1 500 dollars canadiens pour ces services.
Le personnel de l’agence l’a aidée à monter son dossier, lui indiquant que les documents financiers étaient la seule faiblesse. Comme la mère de Khadi attendait de débloquer les fonds nécessaires avant d’envoyer le dossier, l’agent a insisté qu’il ne fallait pas trop attendre.
Il lui a proposé de soumettre un document provenant d’un compte de banque de l’agence, afin de prouver qu’elle dispose bel et bien des fonds suffisants pour venir au Canada. «Une pratique courante et légale», lui a confirmé l’agent.
C’est ce document qui a sonné l’alerte chez IRCC.
Les limites de la bonne foi
Dans une lettre, IRCC explique que le document bancaire soumis avec son dossier semblait frauduleux. Khadi avait sept jours pour prouver que ce n’était pas le cas, sous peine de se voir interdite de territoire canadien pour une durée de cinq ans, conformément à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR).
Documents et preuves à l’appui, la jeune femme s’exécute pour démontrer qu’elle a été victime de fraude.
«J’ai dénoncé l’agence pour qu’IRCC sache que je suis de bonne foi», dit-elle. «Je suis une personne très honnête de nature. Je ne veux pas entrer dans certaines magouilles», insiste-t-elle.
Le refus d’IRCC est catégorique : en vertu de la LIPR, la jeune femme ne peut venir étudier au Canada et elle est interdite de territoire pendant cinq ans pour fraude, même si elle tenté de prouver le contraire.
Interprétation de la LIPR par le gouvernement du Canada
«C’est un crime grave de mentir, de donner de faux renseignements ou de soumettre de faux documents dans vos démarches auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). C’est de la fraude, car il s’agit de fausses déclarations.»
«Ce qui me fait le plus mal, c’est d’avoir été jugée dans mon honnêteté et mon intégrité», regrette Khadi Fasy.
En raison des lois sur la protection de la vie privée, IRCC ne peut pas commenter le cas de Khadi.
Dans une réponse envoyée par courriel, la conseillère en communication du ministère, Julie Lafortune, explique qu’«en cas de refus, les clients peuvent également demander un réexamen, bien qu’il incombe au demandeur de satisfaire l’agent [d’IRCC] de la nécessité d’un réexamen».
«En fonction de sa situation, une personne peut avoir le droit de faire appel d’une décision auprès de la Section de l’immigration ou de demander un contrôle judiciaire auprès de la Cour fédérale.»
Fatiguée et démoralisée par la situation, Khadi ne sait pas quelle sera la prochaine étape de sa démarche. «Je pense que j’ai pu faire tout ce que j’ai senti nécessaire dans mon cas, dit-elle. Je prie pour que cette situation se résolve et qu’on puisse comprendre que j’ai été naïve, mais que ça ne devrait pas me couter si cher par rapport à ma vie et mon intégrité.»
«Je me sens menacée»
Lorsque Khadi Fady est retournée vers l’agence sénégalaise pour obtenir plus d’informations sur le document bancaire frauduleux, elle a été confrontée à un refus de collaboration. L’agent frauduleux est allé jusqu’à la menacer si elle tentait de le dénoncer.
«Il a dit qu’il connaissait des gens dans la police [et] que si j’en parlais aux autorités canadiennes, ça se retournera contre moi», ajoute-t-elle les larmes aux yeux.
«Je me sens menacée parce que le monsieur a toutes mes informations. Il sait où je vis, il a ma pièce d’identité, celle de ma mère, tous mes documents personnels.»
L’arbre des rues ne fait plus pester parce que les feuilles bouchent les gouttières ou rend les trottoirs glissants. Il est celui qui sauvera les villes de la pollution et du réchauffement climatique. Les élus en réclament, les architectes en font pousser sur le moindre bout de béton.
En 2007, Montréal a lancé un programme participatif de verdissement des voies publiques. Les habitants s’occupent eux-mêmes de la végétalisation une fois le bitume retiré des chaussées.
L’heure est à la plantation massive. Au vu de l’urgence climatique, les propriétaires privés et les organisations non gouvernementales sont appelés en renfort. En 2007, Montréal a lancé un programme participatif de verdissement des voies publiques. Les habitants s’occupent eux-mêmes de la végétalisation une fois le bitume retiré des chaussées.
La ville de Québec fait figure de championne au pays avec un indice de canopée urbaine de 32 %. Autrement dit, près du tiers de son territoire est à l’ombre, couvert par le feuillage des arbres.
Sur l’ile de Montréal, ce fameux indice est passé de 20 % en 2007 à plus de 25 % aujourd’hui. De son côté, Toronto a planté près d’un million d’arbres entre 2008 et 2018, portant son indice à plus de 28 %.
Moins de verdure dans les quartiers pauvres
«L’indice de canopée des grandes métropoles canadiennes se situe en moyenne entre 20 et 30 % et toutes veulent atteindre 40 %», rapporte Janani Sivarajah, professeure adjointe à la Faculté de foresterie de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche sur l’arbre urbain et son milieu.
Calgary est l’un des centres les moins arborés du Canada, avec un indice de canopée de seulement 8 %.
Le couvert végétal varie fortement d’un quartier à l’autre. Les zones les plus défavorisées sont souvent les plus minéralisées. D’après un rapport de Nature Canada, paru en septembre 2022, le boisement diminue considérablement dans les secteurs à faible revenu de Toronto et Vancouver, où la présence de communautés autochtones, noires et de couleur augmente. Il y a également de profondes disparités entre les municipalités. Calgary, en Alberta, est l’un des centres les moins arborés du Canada, avec un indice de canopée de seulement 8 %.
«Il n’y a pas de cadre législatif contraignant et de financement pérenne, que ce soit au niveau fédéral ou provincial. Tout dépend de la volonté politique locale», relève Janani Sivarajah.
«Nous avons justement créé la stratégie canadienne sur la forêt urbaine pour faire avancer le dossier auprès des gouvernements», renchérit Michael Petryk, directeur des opérations d’Arbres Canada.
Milieu hostile
Les petites villes pâtissent, elles, d’un manque de ressources humaines et financières.
«Contrairement aux grandes métropoles qui ont des équipes entières dédiées à la foresterie urbaine, les petites localités n’ont pas de budget spécifique et de personnel doté de l’expertise nécessaire, constate Michael Petryk. Elles doivent faire appel à des associations, car elles n’ont pas les moyens de planter seules à grande échelle.»
Michael Petryk est directeur des opérations d’Arbres Canada.
Entre 2021 et 2022, l’organisation Arbres Canada a ainsi financé la mise en terre de 900 000 arbres dans 183 communautés. Le programme fédéral 2 milliards d’arbres alloue également des fonds.
À lire aussi : Deux-milliards d’arbres pour faire face au changement climatique
Face à l’actuelle frénésie arboricole, Janani Sivarajah rappelle que la croissance des semis en ville représente un défi, en particulier le long des rues et des axes de circulation.
«C’est un milieu hostile. Les arbres ont du mal à croitre, car le sol n’est pas fertile, il est très pauvre en matière organique, explique la chercheuse. De plus, le volume de terre est souvent insuffisant pour assurer un développement correct des racines.»
«À cause de la densification urbaine, les arbres manquent de place. Ils sont plus que jamais sous pression», poursuit Michael Petryk.
Découvrez les secrets de la forêt canadienne
Les arbres plantés survivent-ils à leurs premières années?
«L’entretien des arbres s’est amélioré, ce qui contribue à allonger leur durée de vie, observe Michael Petryk, directeur des opérations d’Arbres Canada. Les taux de mortalité vont dépendre des zones où ils sont enracinés. Leurs chances de survie sont plus grandes dans les parcs.»
«Mais au Canada, nous n’avons pas de cartographie ou de suivi. C’est difficile de mesurer le nombre d’arbres perdus», regrette Danijela Puric-Mladenovic, professeure adjointe à la Faculté de foresterie de l’Université de Toronto.
Pour y remédier, Arbres Canada s’affaire à mettre sur pied un outil de suivi cartographique. L’Institut forestier du Canada a également reçu des fonds fédéraux pour compiler les données géospatiales relatives à la foresterie urbaine des municipalités dont la population est supérieure à 50 000 habitants.
Aux yeux des spécialistes, les villes ne peuvent pas faire l’impasse sur la question des essences et planter n’importe quoi.
Janani Sivarajah est professeure adjointe à la Faculté de foresterie de l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche sur l’arbre urbain et son milieu.
«Il faut tendre vers plus de diversité. Ça permettra aux arbres d’être plus résilients face aux maladies et aux invasions d’insectes qui se développent avec le réchauffement climatique», considère Janani Sivarajah.
Une autre question majeure se pose : les villes doivent-elles privilégier des espèces locales ou anticiper les modifications du climat avec des températures plus élevées en plantant des essences venues d’ailleurs?
«On manque d’études sur le sujet, mais il y a un équilibre à trouver. Il ne suffit pas de changer d’espèces, il faut aussi avoir les conditions suffisantes pour que les plants survivent dès aujourd’hui», estime Danijela Puric-Mladenovic, professeure adjointe à la Faculté de foresterie de l’Université de Toronto.
Le béton reprend du terrain
En réalité, cette poussée des villes-forêts cache un manque de planification stratégique. Les chercheuses interrogées dénoncent une tendance des municipalités à planter n’importe où et n’importe comment.
«Les planificateurs pensent aux arbres en dernier, jamais en amont, au moment de l’élaboration des projets ; ils ne prennent pas le temps de réfléchir à où les installer. Les mentalités doivent changer», insiste Janani Sivarajah.
Danijela Puric-Mladenovic est professeure adjointe à la Faculté de foresterie de l’Université de Toronto.
«Les villes ont une approche fragmentaire, les forêts urbaines ne sont pas assez intégrées à l’aménagement du territoire, renchérit Danijela Puric-Mladenovic. De nouveaux bâtiments sortent de terre, et les planificateurs se disent après coup, “oh il n’y a pas de parcs, il faudrait peut-être planter des arbres”.»
Dans certaines villes, le béton reprend carrément du terrain. À Charlottetown, l’indice de canopée urbaine était de 20,91 % en 2020, soit une baisse de 1,29 point de pourcentage par rapport à 2014.
«Nous observons un déclin de la canopée dans plusieurs municipalités à travers le pays», confirme Michael Petryk.
Danijela Puric-Mladenovic analyse ce déclin à la lumière de la crise du logement qui frappe le pays : «La priorité est de construire plus, plus vite. Cette pression du développement foncier est extrêmement brutale, il n’y a aucune stratégie pour préserver le sol et la forêt.»
Les bénéfices des arbres
Les forêts urbaines sont une arme efficace pour lutter contre les effets du changement climatique. Elles rafraichissent l’air des villes tout en réduisant leur pollution.
De nombreuses études scientifiques montrent que les arbres absorbent le CO2 et filtrent les particules et bien d’autres polluants contenus dans l’atmosphère. Elles révèlent aussi que l’ombre qu’ils projettent et la transpiration végétale produite lors de la photosynthèse contribuent à faire baisser la température de l’air.
Les arbres jouent par ailleurs un rôle clé dans la prévention des inondations, grâce à leur système racinaire qui absorbe l’eau dans le sol. Ils limitent enfin les éboulements des terrains et hébergent une riche biodiversité.
«C’est aussi un plaisir esthétique. C’est bon pour la santé mentale et physique des résidents, ça les encourage à sortir se promener», détaille Janani Sivarajah, professeure adjointe à la Faculté de foresterie de l’Université Laval.
«Une de mes recherches a montré que la présence d’arbres dans une cour d’école d’un quartier défavorisé contribuait à améliorer les résultats scolaires des élèves de 3e et 6e années en lecture, écriture et en mathématiques.»
Feux de forêt, sècheresse, tempêtes historiques… les catastrophes naturelles n’ont pas fini d’alimenter les nouvelles. Avec le concours «1.5 ALIVE : Sois la voix du changement», l’organisme à but non lucratif d’éducation à l’environnement EcoNova veut sensibiliser la jeune génération.
Le nom de l’évènement fait référence à l’Accord de Paris issu de la COP 21 de 2015, qui visait à limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C.
Le concours invite les jeunes à écrire une chanson et à enregistrer un clip vidéo en français ou en anglais, mais «10 % de la chanson peut être dans une autre langue, autochtone ou étrangère», indique Caroline Malczuk, éducatrice à l’environnement chez EcoNova.
À noter que l’organisme met à disposition des tutoriels vidéos pour composer une chanson ou encore réaliser un clip digne de ce nom.
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L’année dernière, les candidats devaient s’essayer au rap. Pour la présente édition, ils ont l’embarras du choix. Que ce soit sur des airs de country ou avec des accents pop, le but est d’«appeler à l’action climatique», souligne l’animatrice.
Action climatique
«On attend des jeunes qu’ils abordent le sujet des changements climatiques dans les chansons et que cela les inspire à agir. Ce n’est pas seulement faire un constat, ce qui peut être déprimant, angoissant, mais c’est aussi aller chercher des solutions et des pistes d’action pour agir sur ce climat qui change», poursuit-elle.
Les critères d’évaluation tiendront bien évidemment compte de l’originalité, mais au niveau technique, «on n’attend pas forcément des résultats professionnels», rassure l’éducatrice.
Ainsi, la forme ne doit pas prendre le pas sur le fond. «Il y a un critère sur les données qui sont mobilisées et le message transmis pour appeler à l’action», précise Caroline Malczuk.
«Ce qui nous intéresse dans la chanson, encore plus que les qualités de chanteur des uns et des autres, c’est le message qui passe par le texte, complète Aloïs Gallet, cofondateur d’EcoNova. On demande qu’ils nous fournissent le transcript de la chanson, car les paroles sont importantes.»
Musicalité, rimes, rythme, chorégraphie, le jury sera également sensible à toutes les propositions créatives, ajoute-t-il.
Culture environnementale
Ce concours est aussi l’occasion de mettre en évidence l’importance de l’art par rapport à la question du climat, remarque Caroline Malczuk. «C’est important qu’au Canada, il y ait une culture environnementale.»
Pour Aloïs Gallet, cofondateur d’EcoNova, l’art est un moyen d’éduquer les jeunes, mais aussi de leur permettre d’exprimer leurs émotions, notamment l’écoanxiété.
Elle explique que «pour la développer, ça passe forcément par l’art et ce qui est communiqué à travers la chanson ou l’art en général. Ce sont des choses qui vont rester à l’esprit, qui vont infuser dans la société, et si en plus ce sont les jeunes qui sont derrière ce message-là, c’est encore plus fort».
«On voulait aussi permettre que l’art soit une manière pour eux de communiquer leurs émotions», poursuit Aloïs Gallet. Notamment leur écoanxiété. Selon une étude menée auprès de jeunes au Canada, au moins 56 % d’entre eux se disent effrayés, tristes, angoissés et impuissants face au changement climatique, rapporte EcoNova.
«C’est sûr que la situation cette année, avec des feux historiques, ça n’a pas du tout arrangé les choses», admet Caroline Malczuk.
Écoanxiété
«L’écoanxiété est particulièrement présente chez les adolescents, avec des émotions telles que la colère, la tristesse, la frustration», précise-t-elle.
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Mais selon elle, cette écoanxiété peut mener à l’action. «Loin d’être une maladie, c’est une sensibilité saine à un monde qui est en train d’être bouleversé, raisonne-t-elle. La question c’est : qu’est-ce qu’on en fait? […] Une des premières solutions à l’écoanxiété, c’est d’agir, et finalement créer une chanson, c’est une forme d’action.»
Selon Caroline Malczuk, éducatrice à l’environnement chez EcoNova, l’écoanxiété peut aussi mener à l’action.
Ce concours est aussi un moyen pour EcoNova de documenter ces inquiétudes et d’essayer de les comprendre, indique Aloïs Gallet.
Grâce aux ateliers offerts par l’organisme, les animateurs et les enseignants perçoivent ces sentiments au sein des classes : «Cette année, on a récolté plus de commentaires qui pouvaient témoigner d’une écoanxiété.
À notre niveau, on voit que c’est quelque chose qui est plus présent et qui se développe», constate Caroline Malczuk.
EcoNova propose d’ailleurs des formations aux enseignants pour pouvoir répondre aux questionnements des élèves.
Affiche concours – EcoNova Education
Comment participer au concours?
Tout jeune de 12 à 21 ans vivant au Canada peut écrire et enregistrer une chanson avec un clip vidéo. Les participants ont jusqu’au 30 septembre 2023 pour soumettre leur vidéo.
Toutes les règles du concours se trouvent ici.
Pour s’inscrire : https://econova.ca/concours-15alive-2023-formulaire/
À gagner : l’équivalent de 250 dollars de matériel technique d’enregistrement, un enregistrement professionnel de la chanson sélectionnée, ainsi qu’une production et un montage professionnel de la vidéo.
À noter que les participants peuvent s’inscrire individuellement ou en groupe de deux à quatre personnes. Les enseignants peuvent également concourir avec leur classe entière, avec à la clé des prix spéciaux.
Plus sur la francophonie
Le Cabinet de ministres de Justin Trudeau a changé de visage mercredi, avec sept têtes tombées et sept nouvelles recrues.
Randy Boissonnault est le nouveau ministre des Langues officielles et de l’Emploi et du Développement de la main-d’œuvre.
Au total, 23 des 39 ministres ont changé de portefeuille. La majorité des élus issus de communautés francophones en situation minoritaire restent au Cabinet.
Le député franco-albertain Randy Boissonnault devient le nouveau ministre des Langues officielles. Il récupère aussi l’Emploi et le Développement de la main-d’œuvre, alors que sa prédécesseuse Ginette Petitpas Taylor n’avait que celui des Langues officielles à gérer.
Les Franco-Ontariens perdent Mona Fortier, écartée de ses fonctions de présidente du Conseil du Trésor. Elle a toutefois confirmé sur Twitter qu’elle se représentera dans la circonscription d’Ottawa—Vanier aux prochaines élections.
Le remaniement ministériel a eu lieu mercredi 26 juillet, à Rideau Hall, à Ottawa.
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La ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, Marci Ien, a annoncé mardi la signature d’une entente bilatérale pour le Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe avec la Saskatchewan. Le Manitoba est la première province à avoir signé à ce jour et des négociations sont en cours avec la Nouvelle-Écosse.
Marci Ien, ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, est l’une des seules élues à avoir gardé le même portefeuille dans le remaniement.
Dans un courriel envoyé à Francopresse, Femmes et Égalité des genres Canada assure que «tous les accords bilatéraux contiennent une clause sur les langues officielles». L’une des priorités du Plan est de joindre les populations qui ne reçoivent pas de services et celles qui sont à risque.
«Les provinces et les territoires peuvent déterminer les communautés de langue française en situation de minorité comme faisant partie des populations qui ne reçoivent pas de services et de celles qui sont à risque dans leur plan de mise en œuvre», complète le ministère.
La ministre ontarienne des Affaires francophones Caroline Mulroney a annoncé mardi en point de presse que le gouvernement allait «continuer à parler avec l’Université de Sudbury concernant leur demande».
Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones au gouvernement de l’Ontario, assure qu’une conversation avec l’Université de Sudbury est en cours.
L’établissement nord-ontarien s’était vu refuser le financement du gouvernement ontarien il y a quelques semaines. Selon l’attachée de presse au ministère des Collèges et des Universités (MCU) Liz Tuomi, la proposition de l’Université de Sudbury «ne reflète pas la demande actuelle ni les tendances en matière d’inscription», rapporte le quotidien Le Droit.
En entrevue pour l’émission «Le matin du Nord» de Radio-Canada, le chef de l’opposition Pierre Poilievre a affirmé être en faveur de la demande de financement de l’Université de Sudbury.
L’Université de Sudbury, en Ontario, ne sera pas financée par le gouvernement de Doug Ford.
Le conservateur Shuvaloy Majumdar a remporté la circonscription du sud de l’Alberta avec 65 % des voix. Les candidats libéral et néodémocrate étaient loin derrière, avec 14 % chacun. Le taux de participation a à peine dépassé les 28 %.
Le député a été conseiller politique de l’ancien premier ministre Stephen Harper et de l’ex-ministre des Affaires étrangères, John Baird. Il comble désormais le siège laissé vacant depuis la démission du conservateur Bob Benzen.
Élection partielle, remboursements compliqués et tournée carbonée
L’Association de l’industrie touristique du Canada (AITC), accompagnée de 250 associations d’affaires et signataires, appelle d’urgence la ministre des Finances Chrystia Freeland à retarder la date limite de remboursement pour le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC).
La ministre des Finances a confirmé, il y a quelques semaines, qu’environ 20% des entreprises canadiennes avaient remboursé leur prêt d’urgence.
Les signataires d’une lettre adressée à la ministre affirment que plusieurs entreprises n’ont toujours pas retrouvé leurs revenus d’avant la pandémie de COVID-19.
Environ 49 milliards de dollars ont déjà été accordés à des centaines de milliers d’entreprises. Il y a quelques semaines, Chrystia Freeland a déclaré que 21 % d’entre elles avaient remboursé leur prêt au 31 mai. La date limite a déjà été reportée au 31 décembre 2023.
Pierre Poilievre a amené son mouvement «Abolir la taxe» cette semaine dans le nord de l’Ontario, à Thunder Bay, Timmins, Sault Ste. Marie, en passant par Sudbury et North Bay.
Pierre Poilievre effectue une tournée au pays pour mettre de l’avant sa position contre la taxe carbone.
Le chef du Parti conservateur a remis de l’avant sa position contre la taxe carbone, l’un de ses sujets phares lors de la session parlementaire. Pour lui, celle-ci reste un échec du gouvernement libéral, pour qui cette taxe est une manière de lutter contre le réchauffement climatique.
Avant la fin de la session, Pierre Poilievre avait martelé qu’il exigeait du gouvernement libéral l’annulation de toute augmentation future de la taxe sur le carbone, pour lutter contre l’inflation.
Sénateurs et ministres lui ont répété que le projet de loi C-13 sur les langues officielles n’était «pas le bon véhicule» pour reconnaitre les droits liés aux langues autochtones au Canada. Le sénateur francophone du Nouveau-Brunswick, René Cormier, défendait en comité le 12 juin dernier que la Loi sur les langues autochtones «permettrait de faire un travail pour approfondir la question».
«Il ne faut pas me renvoyer à la Loi sur les langues autochtones, qui n’a pas les mêmes poignées juridiques que la Loi sur les langues officielles. Je le dis avec beaucoup d’amour», déclare Michèle Audette.
«C’était la seule rencontre avec le Comité permanent des langues officielles du Sénat sur les langues autochtones», note la sénatrice, évoquant ce même 12 juin.
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Responsabiliser le fédéral
Michèle Audette avait tenté, sans succès, de faire reconnaitre dans C-13 la conformité et l’application de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, notamment son article 13, afin que les Autochtones puissent conserver leurs droits et langues.
La sénatrice innue et québécoise Michèle Audette a tenté de faire reconnaitre les langues autochtones au sein de la Loi sur les langues officielles.
Selon elle, la mention de la Charte de la langue française dans la Loi sur les langues officielles est «légitime». «Mais pourquoi ça marche pour le Québec et pas pour moi?» questionne-t-elle.
La sénatrice précise qu’elle ne demande pas que tous les services soient en innu-aimun. «La question est plutôt : comment va-t-on responsabiliser un gouvernement fédéral qui finance des entités fédérales, mais qui ferme les yeux sur langue française? Des Nations qui ont le français comme deuxième langue n’ont aucun service au Commissariat des langues autochtones!»
En comité, elle déplorait également le fait que Patrimoine canadien «refuse de traduire les communiqués de presse dans les langues autochtones» et que le commissaire aux langues autochtones rejette la responsabilité sur le Commissariat aux langues officielles.
Pressée par la crainte que le projet de loi C-13 ne meure au feuilleton comme le projet de loi C-32 en cas de prorogation ou d’élections, Michèle Audette déplore ne pas avoir pu exposer son point de vue comme elle l’entendait en comité, quelques jours avant l’adoption de la Loi sur les langues officielles.
Créer des «vases communicants»
Avec du recul, la sénatrice estime que le fédéral a «manqué le bateau», puisqu’il ne crée pas de «vases communicants» entre les entités qu’il finance, comme le commissaire aux langues autochtones et le Commissariat aux langues officielles.
La ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, a garanti que sa Loi n’était pas la bonne place pour évoquer la question des langues autochtones.
Selon elle, l’étude aurait notamment été plus profonde si la Chambre des Communes avait porté attention à l’enjeu des langues autochtones.
«J’ai toujours senti la ministre Ginette Petitpas Taylor de bonne foi, mais elle a un agenda politique. Moi, je voulais savoir si C-13 passait le test de la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et le respect des droits autochtones. Je trouvais que non.»
«Nous nous sommes assurés que le projet de loi C-13 n’était pas un obstacle à la promotion des langues autochtones. Mais je reconnais qu’on a encore beaucoup de travail à faire», lançait la ministre des Langues officielles, peu après l’obtention de la sanction royale, le 19 juin dernier.
Mais ce n’est pas assez pour Michèle Audette, pour qui la mise à l’écart d’experts autochtones en langues ou en droit lors de l’étude en comité à la Chambre des Communes surtout, a achevé de révéler le manque de responsabilité du gouvernement sur la question des langues autochtones.
Un «déchirement»
Lors de son plaidoyer en comité sénatorial, la sénatrice a tout de même senti un «déchirement» de ses collègues allochtones en comité sénatorial : «Ils me comprenaient, et je les comprenais aussi. Si j’étais eux, j’aurais peut-être agi de la même manière [l’adoption de C-13, NDLR].»
À la fin, je leur ai donné du foin d’odeur [car] ce projet de loi a été très émotif pour eux et pour moi. J’ai perdu ma langue innue à cause des langues officielles.
Le foin d’odeur est considéré comme une plante sacrée pour les peuples autochtones d’Amérique du Nord. En donner est «une offrande», explique la sénatrice Audette. «Il y en a pour qui c’est une poignée de main ou un câlin.»
Depuis que la Loi sur les langues officielles a été modernisée en juin dernier, c’est le projet de loi S-13, porté par le sénateur Marc Gold, qui devient un outil législatif important pour les langues autochtones.
Actuellement en deuxième lecture au Sénat, le projet de loi prévoit que les lois fédérales maintiennent les droits des peuples autochtones tels que reconnus dans l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982.
Michèle Audette assure que pour les Canadiens, un tel projet de loi s’inscrirait dans la continuité du «changement» et de la «relève» qu’elle observe chez les allochtones par rapport aux Autochtones. Et pas uniquement sur le terrain des langues.
«Les gens tentent de faire leurs recherches universitaires différemment et se demandent comment être un meilleur juge. C’est pour ça que je me dis qu’il faut que le changement soit aussi dans les lois, dans le curriculum, mais aussi chez le journaliste ou l’entrepreneur.»
Ex-ministre du Tourisme, Randy Boissonnault reprend les Langues officielles, ainsi que l’Emploi et le Développement de la main-d’œuvre.
Comme annoncé dans les jours précédents le remaniement, sept têtes importantes ont été coupées au sein de la nouvelle équipe ce 26 juillet. Sept nouvelles les remplacent, dont plusieurs élus torontois. Sur 39 ministres, 23 changent de portefeuille.
Les francophones en situation minoritaire auront su en majorité rester au Cabinet. C’est le Franco-Albertain Randy Boissonnault qui reprend non seulement les Langues officielles, mais aussi l’Emploi et le Développement de la main-d’œuvre.
Cela indique que le portefeuille des Langues officielles, qui a détaché d’autres portefeuilles uniquement sous le mandat de Ginette Petitpas Taylor, devient moins conséquent après l’adoption de la Loi sur les langues officielles en juin dernier. L’Acadienne hérite quant à elle des Anciens combattants et est promue comme associée à la Défense nationale.
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Dominic Leblanc conserve le portefeuille des Affaires intergouvernementales et Institutions démocratiques et hérite d’un nouveau : la Sécurité publique.
Un autre francophone de l’Atlantique reprend un portefeuille décisif : Dominic LeBlanc s’occupera désormais de la Sécurité publique, en plus des Affaires intergouvernementales et des Institutions démocratiques.
Dans un communiqué, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a offert sa «collaboration» aux ministres Randy Boissonneault et Anita Anand, qui reprend le Conseil du Trésor : «Maintenant que la nouvelle Loi a reçu la sanction royale, il faut penser aux décrets et à la prise de règlements pour la mise en œuvre.»
En revanche, la Franco-Ontarienne Mona Fortier sort du Cabinet. Nommée en 2021, celle qui était à la tête du Conseil du Trésor laisse sa place après une gestion compliquée de la grève des fonctionnaires, ce printemps. L’ancienne ministre a précisé le 26 juillet dans un gazouillis qu’elle se représenterait aux prochaines élections, dans sa circonscription d’Ottawa—Vanier.
J'ai hâte de continuer à travailler fort pour représenter les résidents d'#OttawaVanier. Je vais également me présenter aux prochaines élections. Meilleurs vœux à @AnitaAnandMP pour votre nouveau rôle!
— Mona Fortier 🇨🇦 (@MonaFortier) July 26, 2023
Au Québec, plusieurs élus prennent du galon, à l’instar de Pablo Rodriguez. Après avoir tenu tête aux géants du web à Patrimoine canadien (PCH), il devra désormais le faire avec les grandes compagnies de transports.
Il laisse ainsi le Patrimoine à Pascale St-Onge, anciennement responsable des Sports. La députée québécoise s’était fait remarquer dans sa gestion des scandales qui ont éclaté dans le sport canadien, en particulier à Hockey Canada.
Changements majeurs
En Atlantique, le Néoécossais Sean Fraser laisse le portefeuille de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada (IRCC) pour reprendre celui du Logement, de l’Infrastructure et des Collectivités, perdu par Ahmed Hussen. Son mandat a notamment été marqué par l’atteinte de la cible d’immigration francophone hors Québec.
Marc Miller, ancien ministre des Relations Couronnes-Autochtones, reprend l’Immigration.
Juste après sa nomination, Sean Fraser a assuré que sa politique de catégories spécifiques menée le mois dernier permettra d’attirer des immigrants qui ont «des compétences en construction», pour répondre à la crise du logement qui sévit au pays.
C’est son collègue anglo-québécois, Marc Miller, qui récupère IRCC. Le Congrès des Peuples autochtones du Canada (CPA) avait demandé sa démission en tant que ministre des Relations Couronne-Autochtones, l’accusant d’avoir ignoré et exclu les Métis et Inuits du sud du Labrador pendant des années.
«Nous avons également hâte de travailler avec le ministre Miller pour une politique en immigration francophone assortie de cibles ambitieuses pour rétablir et faire croitre le poids démographique de la francophonie», a déclaré le vice-président de la FCFA, Yves-Gérard Méhou-Loko.
Dossiers chauds à venir
Nouvelle venue au Cabinet des ministres, Jenna Sudds reprendra le ministère Famille, Enfants et Développement social, anciennement dirigé par Karina Gould, qui devient leader du gouvernement à la Chambre des Communes.
Quant au dossier chaud de l’entente sur les garderies, qui ne garantit pas un minimum de places pour les francophones en situation minoritaire, ou de manière inégale au pays, ce sera désormais à la nouvelle venue Jenna Sudds, nommée à la tête du ministère Famille, Enfants et Développement social, de s’en charger.
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La Santé est reprise par l’ancien leadeur du gouvernement à la Chambre, Mark Holland, à la place du Québécois Jean-Yves Duclos, qui lui hérite de Services et Approvisionnements. Ce dernier devra notamment gérer le souci des blessures et du manque d’effectif au sein des interprètes de la Colline.
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L’ex-ministre de la Justice, David Lametti, tire sa révérence et quitte le Cabinet, emboitant le pas à Mona Fortier, Joyce Murray (Pêches et Océans), Helena Jaczek (Services Publics et Approvisionnements), Carolyn Bennett (Santé mentale et Dépendances) et Marco Mendicino (Sécurité publique).
Dans un français truffé de fautes, ce dernier a déclaré sur Twitter : «Je suis fier du travail que j’ai accompli en tant que ministre de l’immigration et de la sécurité publique. […] Je suis très reconnaissante envers les gens de mon compté, que j’ai bien l’intention de continuer à servir jusqu’à la fin de ce mandat, me présenter aux prochaines élections et au-delà.»
Ce fut un honneur de servir les Canadiens en tant que ministre pendant près de quatre ans.
— Marco Mendicino (@marcomendicino) July 26, 2023
Je suis fier du travail que j'ai accompli en tant que ministre de l'immigration et de la sécurité publique.
Ma déclaration 👇 pic.twitter.com/VbCVB4ZO81
Marco Mendicino avait multiplié les faux pas, entre autres sa gestion de la Loi sur les armes à feu et le transfert du criminel Paul Bernardo.
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Sept nouveaux venus
Le Cabinet compte sept nouveaux ministres, dont la majorité est issue du Grand Toronto, un bastion libéral : Gary Anandasangaree (Relations Couronne-Autochtones), Arif Virani (Justice et procureur général du Canada), Ya’ara Saks (Santé mentale) et Rechie Valdez (Petite Entreprise).
Justin Trudeau a également nommé l’Ottavienne Jenna Sudds, à la tête de Famille, Enfants et Développement social, l’élu britanno-colombien Terry Beech au nouveau portefeuille de Services aux citoyens, et la montréalaise Soraya Martinez Ferrada, qui prend la tête du ministère du Tourisme. Elle devient aussi responsable de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec.