Porté par le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC), le projet Francobadges vient de franchir une nouvelle étape. L’organisme a signé une entente avec l’organisation Chantier de l’économie sociale pour faire de Francobadges une coopérative de solidarité.
L’initiative vise la mise en place de badges numériques afin de valoriser les compétences sociales et économiques des francophones d’un bout à l’autre du pays.
Le RESDAC assurera la coordination et le développement global du projet. Le Chantier de l’économie sociale doit fournir un accompagnement stratégique et une expertise-conseil pour guider la création de la coopérative. L’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICEA) participe également au projet.
Les badges seront accessibles via les organismes de la francophonie partenaires.
À lire aussi : Un premier sommet pour répondre à l’urgence éducative des francophones
Du formel à l’informel
Le but est de faire valoir les compétences et les expériences acquises dans des contextes formels, non formels ou informels.
Denis Desgagné est le directeur général du Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC).
«Ce qui est formel, ce sont des formations dans des écoles, dans des institutions reconnues par l’État», explique le directeur général du RESDAC, Denis Desgagné. Il cite les diplômes délivrés par les institutions postsecondaires.
Le non formel peut concerner le milieu du travail, par exemple des formations liées à un emploi en particulier. «Ce sont des formations bien organisées, structurées, comme dans le formel, sauf qu’elles ne sont pas reconnues par l’État», précise le responsable.
Enfin, l’informel désigne tout ce qu’on peut apprendre dans une vie, hors des cadres professionnels ou institutionnels.
C’est comme si on s’en va en auto et puis on a une crevaison et on me montre comment changer le pneu, où il est, les outils, etc. Ce n’était pas planifié, ce n’était pas structuré, mais j’ai appris dans l’action.
Un employeur pourra ainsi cliquer sur le badge numérique, qui regroupera toutes les compétences acquises par une personne dans ces différents contextes.
Un outil pour les organismes francophones
«C’est un outil qu’on remet à l’ensemble des organisations, des entreprises et des composantes de la francophonie au Canada pour vraiment reconnaitre les apprentissages, surtout dans des contextes non formels et informels», appuie Denis Desgagné.
Pendant presque deux ans, le RESDAC a consulté les organisations et fait des présentations pour mieux faire connaitre le projet Francobadges. «Il faut dire que c’est assez nouveau au Canada, encore plus nouveau dans la francophonie canadienne, donc il fallait démystifier cette plateforme de reconnaissance», conçoit le directeur général.
«Plusieurs partenaires sont déjà en train de travailler de près ou de loin avec nous pour devenir membres et s’approprier les outils de reconnaissance.»
Denis Desgagné espère que cette initiative améliorera l’apprentissage tout au long de la vie. «Il y a beaucoup d’improvisation et très peu de financement pour l’apprentissage ou la formation dans nos milieux, que ce soit pour les bénévoles ou les employés […] On a tellement de rattrapage à faire dans l’apprentissage chez les francophones du Canada.»
Il espère que la coopérative sera entièrement opérationnelle au cours de l’année.
