La ministre de l’Immigration, Lena Metledge Diab, a annoncé que la cible fixée par les gouvernements de Justin Trudeau, puis celle de Mark Carney de 8,5 % d’immigrants francophones en 2025 a été dépassée de 0,4 point de pourcentage.
Avec les informations de Julien Cayouette – Francopresse
FRANCOPHONIE
- L’immigration francophone dépasse la cible prévue pour 2025
Le Canada a dépassé de 0,4 % sa cible d’immigration francophone à l’extérieur du Québec en 2025. Une progression saluée par la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) et le Parti conservateur.
Malgré cette hausse en pourcentage, le nombre total d’immigrants francophones a diminué par rapport à 2024 en raison de la réduction globale des admissions.
Le gouvernement maintient toutefois des cibles croissantes jusqu’en 2029 et ajoute 5000 places au Programme des candidats des provinces afin de renforcer le poids démographique et économique de la francophonie.
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- Entrée express pour plus de 48 000 francophones
Selon les données gouvernementales pour 2025, 48 000 invitations à la résidence permanente ont été envoyées pour des demandes d’immigration à travers la catégorie Compétence linguistique en français du programme Entrée express.
Cela représente 42 % des près de 114 000 invitations émises par ce programme, qui ne s’applique pas au Québec.
Probablement plus : Les francophones peuvent faire leur demande à travers d’autres catégories, ce qui pourrait faire grimper le total. Selon des données incomplètes pour 2025, 4400 autres offres ont été envoyées entre janvier et octobre pour d’autres catégories où le français était la langue principale évaluée.
- La Cour suprême devant la cour fédérale
L’organisme Droits collectifs Québec (DCQ) et le Bureau de la Registraire de la Cour suprême du Canada (BRCSC) étaient devant la Cour fédérale les 21 et 22 janvier.
En novembre 2024, DCQ a déposé une poursuite contre le BRCSC dans l’espoir de forcer la traduction des jugements de la Cour suprême rendus avant 1970 – dont 70 % sont en anglais seulement.
Sans le CLO : Dans un communiqué envoyé le 16 janvier, DCQ indiquait que la Cour fédérale avait refusé que le commissaire aux langues officielles (CLO) intervienne. Les avocats du BRCSC s’opposaient à la participation d’un autre organe fédéral. Le CLO a déjà déposé des avis favorables à la traduction des documents dans le passé.
Plus que 24 : Au cours de 2025, le BRCSC a lancé un processus de sélection et de traduction de 24 anciennes causes. Un nombre largement insuffisant pour DCQ et la Fédération des associations de juristes d’expression française de common law. La Cour suprême a rendu plus de 6000 jugements avant 1970.
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CANADA
- Un Cabinet axé sur «l’économie, l’abordabilité et la sécurité»
Jeudi et vendredi, le Cabinet des 27 ministres de Mark Carney s’est réuni à Québec pour établir son plan d’action avant la rentrée parlementaire du 26 janvier.
À l’ordre du jour : la réduction du cout de la vie quotidienne, selon le communiqué envoyé par le Bureau du premier ministre, ainsi que des présentations d’experts sur le contexte mondial et les technologies de pointe qui pourraient aider les ministres à atteindre les objectifs fixés dans la lettre unique de mandat que leur a adressé le premier ministre en mai dernier.
Pied de nez à Trump : Dans un discours-fleuve adressé jeudi aux Canadiens et aux Canadiennes, depuis Québec, le premier ministre a répondu à Donald Trump, qui avait suggéré la veille que le Canada devait se montrer plus «reconnaissant» envers les États-Unis, grâce à qui «le Canada existe», selon le président américain.
En rappelant à de maintes reprises les bases de l’histoire du Canada, et en repoussant la réflexion de Trump, le premier ministre a affirmé sous les applaudissements que le Canada «n’existe pas grâce aux États-Unis, mais le Canada prospère, car nous sommes Canadiens».
Il a rappelé notamment que les peuples autochtones sont «les premiers gardiens de cette terre».
Références au bilinguisme : Mark Carney a fait référence à «l’avènement du bilinguisme officiel» depuis Québec, notamment grâce à «la résilience des francophones – toujours déterminés à préserver une langue, une culture, une identité».
Les propos de Mark Carney ont été appuyés par le Bloc québécois et le NPD après son discours à Davos.
INTERNATIONAL
- Le discours de Carney salué par l’opposition
«Je parlerai aujourd’hui de la rupture de l’ordre mondial, de la fin d’une fiction agréable et du début d’une réalité brutale où la géopolitique des grandes puissances n’est soumise à aucune contrainte.»
Le discours du premier ministre Mark Carney à Davos, en Suisse, lors du Forum économique mondial, a fait des vagues au Canada, mais aussi à l’étranger. Son honnêteté, de même que son opposition aux tarifs douaniers et aux attaques de Donald Trump contre plusieurs pays, ont retenu l’attention.
L’exemple le plus récent étant la volonté du président des États-Unis d’acquérir le Groenland – sans «employer la force», a-t-il nuancé, alors qu’il était lui aussi présent à Davos. Aux dernières nouvelles, il souhaiterait «acheter» le territoire autonome.
«Nouvel ordre» : Mark Carney a misé sur «l’espoir» et l’union entre les pays, sans mentionner Donald Trump, la Chine ou la Russie, mais en rendant ses cibles claires. «Si nous ne sommes pas à la table, nous sommes au menu», a-t-il dit.
«Les autres pays, en particulier les puissances moyennes comme le Canada, ne sont pas impuissants. Ils possèdent la capacité de construire un nouvel ordre qui intègre nos valeurs, comme le respect des droits de la personne, le développement durable, la solidarité, la souveraineté et l’intégrité territoriale des états.»
Réactions de la classe politique canadienne : Dans un communiqué de six pages envoyé aux médias mercredi soir, le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a adressé «toutes ses félicitations» à son rival en offrant la collaboration des conservateurs pour que le Canada devienne «plus autonome, moins dépendant et travaille avec des pays qui partagent nos intérêts».
Le ton plaisant s’est toutefois arrêté à la fin du premier paragraphe : le reste du communiqué est une liste des «promesses non tenues» des libéraux, selon le chef de l’Opposition officielle, agrémentée de mesures que le Parti conservateur propose pour rendre le pays plus «abordable, autonome et souverain».
De son côté, Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, a «salué» la position «générale» du premier ministre.
«Le Bloc québécois est favorable à l’idée d’agir de façon concertée et de renforcer l’alliance avec l’Europe pour faire front commun face aux multiples menaces et pressions exercées par Donald Trump», a-t-il exprimé, par voie de communiqué.
Le Bloc attend désormais «des gestes clairs» de la part de Mark Carney et de son gouvernement.
Selon le chef intérimaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), Don Davies, le premier ministre a «bien parlé de l’évolution de l’ordre mondial et de la nécessité pour le Canada de prendre des mesures efficaces et fondées sur des principes pour répondre à cette nouvelle réalité».
- Ottawa ne siègera pas au «Conseil de la paix»
Donald Trump a retiré son invitation faite à Mark Carney de rejoindre son nouveau «Conseil de paix» à Gaza, jeudi dans la soirée, sans en préciser les raisons.
Cette décision survient peu après le discours remarqué de Mark Carney au Forum économique mondial de Davos (lire plus haut).
À la base, le premier ministre canadien s’était montré ouvert à participer, jusqu’à que le président américain fasse payer un milliard de dollars le siège au Conseil. Mark Carney avait avancé que le Canada contribueraittout de même à l’aide humanitaire Gaza.
«Conseil de la paix»? Initialement pensé pour superviser la reconstruction de Gaza, ce «Conseil de paix» du président Trump viserait plus largement la résolution de conflits à l’échelle mondiale, avec un droit d’entrée d’un milliard de dollars américains pour l’obtention d’un siège permanent.
Ce prix d’entrée et la structure de sa gouvernance ont été la cible de critiques, certains y voyant une alternative à l’ONU. Les critiques se sont intensifiées lorsque Donald Trump a assuré que le président russe, Vladimir Poutine, a accepté l’invitation, alors que la Russie évoque davantage un «examen en cours».
Dix pays ont accepté d’y participer : l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Égypte, la Jordanie, les Émirats arabes unis, la Turquie, l’Indonésie, le Pakistan, le Koweït et Israël, ce dernier étant accusé de génocide en Palestine.
Cette initiative fait ressortir d’autres tensions, notamment sur le rôle du Qatar et de la Turquie à Gaza.
