Jérôme Hellio et Yann Paquet lors du lancement de la programmation de printemps de TV5 et de TV5 Unis.
Q : Un vent de renouveau souffle chez TV5 Québec Canada. Vous demeurez néanmoins fidèle à votre vocation, celle d’être une fenêtre sur les francophonies canadiennes. Comment ce changement se reflète-t-il?
Jérôme Hellio : On a baptisé notre ligne éditoriale « francophones et fiers de déranger». On prend un virage plus en frondeur, plus audacieux par les sujets qu’on va traiter, que ce soit par la fiction, le documentaire, le magazine, avec des vraies questions. C’est important pour nous d’aborder des sujets qui dérangent comme la santé mentale ou l’identité de genre. La réponse des producteurs partout au pays a été extraordinaire. Ils sont ravis de pouvoir sortir des cadres de ce qu’on voit en télé en général.
Q : Vous continuez donc de porter haut et fort les voix francophones de partout au pays?
JH : Nos productions sont un vrai outil de résistance, de combat, de volonté d’exister. On l’assume avec beaucoup de fierté.
Yann Paquet : Pour moi, notre signature «TV5, une voix qui porte» veut tout dire. On est dans un univers où il y a beaucoup de médias, de contenu et de bruit. On veut mettre en lumière le caractère unique de TV5. Personne d’autre ne joue ce rôle au sein de la francophonie.
Q : L’auditoire trouvera-t-il toujours vos contenus sur vos chaînes télévisuelles?
JH: Il y a une posture numérique d’abord, avec TV5+. Les projets vont ensuite être déposés sur chacune de nos chaînes, selon leur vocation : le meilleur des contenus francophones de l’international à TV5, et les contenus du Canada à TV5 Unis.
Q : Vous avez indiqué que les maisons de production de la francophonie canadienne ont bien répondu à votre approche plus frondeuse. Y aura-t-il davantage de productions en provenance des francophonies canadiennes?
JH : On a tellement d’artisans et de producteurs de qualité, qui racontent des histoires avec beaucoup d’universalité et qui cartonnent d’un océan à l’autre. On veut de l’accent, on veut de la couleur. Je pense par exemple à Jeunes et retraités, produite à Vancouver : c’est un sujet qui touche tout le monde.
Q : Ce positionnement se traduit-il par un souci de faire rayonner plus fort le Canada et le Québec à l’international?
YP : On est déjà bien positionnés. Les contenus canadiens représentent environ 30 % des contenus disponibles sur la plateforme internationale TV5MONDE+. Depuis deux ans, le contenu le plus regardé sur cette plateforme, loin devant les autres contenus qui proviennent des plus grands diffuseurs publics francophones à travers le monde, c’est un contenu canadien : U-Hauling. L’objectif, c’est de faire encore plus rayonner les contenus, la culture et les artisans et artistes d’ici.
U-Hauling a été conçue pour une diffusion numérique.
Q : La marque TV5 est est une fenêtre extraordinaire : elle est connue dans le monde entier.
YP : Les contenus locaux qu’on propose, et qui se combinent aux contenus internationaux, c’est une recette parfaite.
JH : Quand les immigrants arrivent au Canada, ils connaissent déjà TV5. Ils vont écouter une émission française, belge, suisse, africaine, selon leurs référents. Puis, ils vont voir FEM ou Le monde est à nu!. Ça crée des référents communs. Pour nous, arriver par TV5 et ressortir par TV5 Unis, c’est un parcours d’intégration parfait.
Q : Justement, en terminant : quelles productions surveille-t-on pour comprendre la diversité des francophonies canadiennes?
YP : On a plusieurs coups de cœur, mais Surf Bay, côte Ouest, la première série de fiction tournée en français en Colombie-Britannique, est une série extraordinaire. Elle est présentée sur TV5+ dès le 24 avril, et à la télé sur TV5 Unis dès le 28 avril. C’est une série de calibre international, tournée avec des artisans qui sont extraordinaires, créatifs, qui font des miracles avec les ressources à leur disposition. C’est une série magnifique.
JH : Cuisiner le Nord, qui se déroule au Yukon, à l’antenne à l’automne. Le réalisateur Simon d’Amours reçoit des chefs, dont Danny St-Pierre, Marthe Laverdière, Gino Chouinard et Martin Juneau. On cueille, on chasse, on pêche. On est dans le territoire, on a les mains dedans. Ça remplit le fantasme des grands espaces, ça remplit la liberté, ça remplit l’abondance. C’est extraordinaire. C’est du bonbon.
Cuisiner le Nord mettra en valeur le Yukon.
