Vira vient d’une ville en Ukraine qui s’appelle Zaporijjia. Elle a déménagé au Canada et vit à Moncton, au Nouveau-Brunswick, depuis 2019.
Ça va te surprendre, mais ce n’est pas en Ukraine qu’elle a appris à faire ces magnifiques œufs multicolores. «Je viens d’une région où, pendant l’époque soviétique, on parlait surtout russe et où certaines coutumes ukrainiennes étaient défendues», raconte-t-elle.
Elle explique même que certains enfants pouvaient être punis s’ils arrivaient à l’école avec de la teinture de pysanka sur les doigts.
C’est finalement au Canada que Vira découvre le pysanka. «J’ai appris en participant à un atelier organisé par la communauté ukrainienne de Moncton. J’ai tout de suite été interpellée par cet art», se souvient-elle.
Vira Kostenko Schitterer
La tradition des pysankas est très ancienne et elle est liée à Pâques. «Pour les Ukrainiens, l’œuf est un symbole de vie et de continuité», précise Vira.
Pysanka provient du mot «pysaty», qui signifie «écrire» en ukrainien. «On dit qu’on écrit le pysanka, puisque chaque motif et chaque couleur a une signification», explique Vira.
Par exemple, on utilise le rouge pour représenter l’amour, ou le noir pour la richesse de la terre et la fertilité. Les formes, elles, peuvent être géométriques, comme des lignes et des triangles, ou inspirées de la nature, comme des fleurs, des feuilles ou des animaux. Selon les régions et les familles, ces significations peuvent varier.
Mais comment on fait ça, un pysanka? D’abord, il faut être patient! On utilise souvent un vrai œuf qu’on vide en faisant deux petits trous aux extrémités, puis en soufflant doucement pour enlever l’intérieur.
Ensuite, on le laisse sécher. Lorsque c’est fait, on peut commencer à le décorer!
Regarde cette vidéo pour voir comment on fait! 👇😍
Il faut plonger l’œuf dans différentes couleurs, une à la fois. On commence par les plus claires, comme le jaune. Entre chaque couleur, on trace des motifs sur la coquille avec de la cire chaude.
Chaque fois qu’on met de la cire, on «cache» une couleur pour qu’elle reste visible à la fin. Ensuite, on plonge l’œuf dans une couleur plus foncée, comme le rouge, on remet de la cire, et on répète ces étapes plusieurs fois. À la fin, l’œuf est presque entièrement recouvert de cire! Quand on fait fondre la cire, toutes les couleurs apparaissent d’un coup… comme par magie!
Pour Vira, fabriquer un pysanka est plus qu’une activité créative. «C’est un moment culturel et amusant, mais aujourd’hui, ça a beaucoup d’importance. Avec la guerre et la tentative de la Russie d’effacer la culture ukrainienne, c’est crucial pour nous, à l’étranger, de la partager et de la pratiquer», explique-t-elle.
Et toi, si tu devais faire un pysanka, quels motifs aimerais-tu dessiner?
